Curieux, cette sortie au tout dernier moment du patron de MyMajorCompany dans La Tribune. Après un silence radio absolu lors de la bataille d’Hadopi, et ce malgré deux demandes d’interviews de notre part (et vraisemblablement de la part de beaucoup d’autres), voilà qu’ils choisissent un journal économique pour faire leur première déclaration concernant la loi Création & Internet, fustigeant à la fois Hadopi mais également Deezer, tout en prônant la licence globale.
Les rapports entre MyMajorCompany et Deezer ne datent, en réalité, pas d’hier. Sûr de son bon droit (il faut dire que l’un des fondateurs de MyMajorCompany, le fils Goldman, a en quelque sorte hérité d’une part significative de l’industrie de la musique), MyMajorCompany avait, au plus fort de la bataille Hadopi, initié des discussions avec Deezer en vue de devenir le label officiel du leader Européen de la musique en stream.
Le modèle économique de MyMajorcompany, bancal à en croire la plupart des professionnels du secteur que nous avons interrogé, a tenu jusqu’ici grâce à l’incroyable succès de Grégoire, et, il faut le reconnaitre, au talent de producteur des patrons de ce nouveau venu dans l’univers des labels indépendants, mais le point fort de MyMajorCompany n’est pas, loin s’en faut, internet.
Pressé par ses investisseurs de trouver au plus vite d’autres moyens de survie (Stéphane Courbit est le principal investisseur, avec l’idée de pouvoir en faire quelque chose qui puisse se décliner en télévision), MyMajorCompany s’est donc tout naturellement imaginé devenir le label de Deezer.
Le deal était simple, le label dispose d’une grande quantité d’artistes n’ayant pas réussi à séduire les internautes afin de réunir les quelques dizaines de millier d’euros nécessaires à la production d’un album, la tentation était forte de s’allier à un acteur de poids, susceptible de mettre en avant un artiste pour le transformer, au forceps, en hit.
On transformait par la même occasion un label indépendant en véritable startup sans avoir besoin de monter en compétence en terme de vision technologique, celle-ci étant apportée par Deezer. Simple, et efficace.
Sauf qu’entre Deezer enivré par le succès et le jeune héritier de l’arrière garde de la musique Française, le courant n’est pas passé, mais alors pas du tout. Le clash, d’après nos informations, aurait même été assez violent, Deezer estimant qu’il pouvaient très bien se passer de MyMajorCompany et devenir eux même label au besoin.
Qu’à cela ne tienne, après s’être répandu auprès du monde de la finance en colibets sur Deezer, voilà que MyMajorCompany est allé voir le numéro deux du stream, puis le trois, et ainsi de suite. A chaque fois, la même histoire, le label tente de pousser un deal consistant à se réserver la plus grosse part du gâteau, car, c’est bien connu, ce que l’on ne sait pas faire et que l’on ne comprend pas ne vaut rien. A chaque fois, la même conclusion, et à chaque fois, les même méthodes de rétorsions de la part de MyMajorCompany : aller dire discrètement au milieu de la finance à quel point tel ou tel acteur de la musique en stream est nul.
De toutes évidence, cela ne suffisant pas, autant aller dire cela dans un journal lu par tout le milieu de la finance, cela pourrait s’avérer plus efficace… ou pas.
MyMajorCompany, profiteurs d’Hadopi ?
Reste une question, pourquoi une entreprise aussi introduite dans les rouages d’Hadopi (papa Goldman, qui a déjà beaucoup donné de sa personne pour la promotion de la boite du fiston, a été l’un des premiers signataires de la pétition pro-Hadopi de la Sacem), se met elle à cracher sur ce que les défenseurs d’Hadopi présentaient il y a encore quelques mois comme la solution au piratage ?
Une piste de réponse pourrait se trouver au ministère de la Culture, où l’on planche sur un ersatz de licence globale, celle défendue par MyMajorCompany, une taxe à la charge des internautes et des fournisseurs d’accès, qui permettrait à ces derniers de devenir les fournisseurs officiels de musique gratuite.
Deezer devient, du coup, gênant, car bien trop gros – contrairement à ses concurrents – pour être racheté à un prix raisonnable par un fournisseur d’accès à internet dont aucun à ce jour n’a réussi à imposer son propre clone de Deezer. Il faut donc éliminer Deezer au plus vite, qui pourrait bien être un obstacle à la grande arnaque à venir de la pseudo licence globale. Les griller dans le milieu de la finance alors qu’ils sont en pleine levée de fonds est une méthode des plus malhonnêtes, mais pas forcément inefficace.
Ajoutez à cela que Xavier Niels, l’empêcheur de tourner en rond du monde des télécoms, est actionnaire de Deezer, et vous avez de quoi soupçonner MyMajorCompany d’être à l’avant garde d’une belle opération d’intox à son plus grand profit, mais pas que.
Ce ne serait pas la première fois que le ministère de la Culture s’immiscerait dans les affaires et la communication d’une startup Française avec la complicité des lobbys pro Hadopi, mais il y a peut être moyen que ce soit la dernière, car c’est avec votre argent que MyMajorCompany fait son business.
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16 septembre 2009 à 17:21
Heu, au contraire, je trouvais ça sain que MyMajorCompany se base sur les deuniers des internautes pour produire des artistes.
Pour le reste, je n’aime pas beaucoup Deezer, en cela qu’ils se sont pliés à beaucoup de contraites qui leurs ont été imposés par les majors (résistance un peu trop faible…).
Bref : que penser ?
16 septembre 2009 à 17:22
Que tu t’es fait avoir par une grosse opération d’intox ? ;-)
16 septembre 2009 à 17:30
@Fabrice : Bizarre quand même, parce que Deezer a été maintes fois cité aux cotés de Dailymotion pour justifier Hadopi…
16 septembre 2009 à 17:33
Mais je ne dis nullement que Deezer ce sont les gentils et MyMajorCompany les méchants, juste que MyMajorCompany est une bande d’hypocrites manipulateurs.
16 septembre 2009 à 19:23
@Fabrice : Ah ok ;-)
Enfin au final, c’est quand même moche de voir que tous les plus gros services web français sont mouillés près ou de loin dans la boue…
(j’ai beau chercher, je ne trouve pas de service “clean” jusqu’au bout…)
16 septembre 2009 à 20:47
“au final, c’est quand même moche de voir que tous les plus gros services web français sont mouillés près ou de loin dans la boue”
Exactement.
Merci tout de même pour cet article, j’en ai appris beaucoup, et manquerais pas de diffuser tant que je peux.
17 septembre 2009 à 10:04
“MyMajorCompany est une bande d’hypocrites manipulateurs.”
T’as tout de même l’air de ne pas être très impartial là.
On dirait franchement un règlement de compte de ta part ??
Ils t’ont fait quoi ???
Et qui manipule qui ?
17 septembre 2009 à 10:10
Il ne m’ont rien fait du tout (et je ne les connais pas, vu qu’ils ont refusé tout contact pendant la bataille d’Hadopi), mais c’est clair qu’ils ont énervé tous ceux qui se sont battu à sortir du bois et se déclarer anti Hadopi quelques heures avant le vote final. Pour le reste, jouer le double jeu de façon systématique et descendre en flamme tous ceux avec qui ils n’ont pas réussi a faire du biz… c’est pas de la manipulation ? ni de l’hypocrisie ?
17 septembre 2009 à 10:43
MyMajorCompany anti-hadopi c’est de la fumisterie on est d’accord.
Reste que Deezer.…
Il ne faut tout de même pas être trop naïf.
A la base Deezer était un petit site qui s’appelait BlogMusik (créé par Daniel Marhely). Une sorte de clone de feu RadioBlogClub avec un look et une ergonomie à la Ipod.
Un petit site de rien du tout…Puis arrive Jonathan Benassaya, on ne sait pas d’où il sort, il vivait au Japon parait il. Bref, le gars à lui tout seul en 3 mois il nous signe des contrats avec toute l’industrie du disque. Il réussit à faire tout seul ce que personne à l’époque n’avait réussit à faire malgré de nombreuses initiatives . (je sais de quoi je parle j’avais moi même essayé).
Bref le Jonathan , il signe les contrats avec les plus gros et il crée Deezer.
Après cela Radioblog disparait… Bizarre très bizarre..
Mon sentiment est que les Majors étaient térrifiées par RadioblogClub et son succé mondial.
Ce que je veux dire c’est qu’il y a de fortes probabilités que Deezer ait été créé de toute pièce par les Majors et qu’elles ont ensuite dans la foulée , détruit RadioblogClub.
Donc MyMajarCompagny , Deezer même combat ????.
Le showbizz apprend très vite contrairement à ce que beaucoup croient.
Les Majors regardent , estiment ce qui se fait de mieux, puis entame des procès pour au mieux prendre des droits d’édition/Auteurs au pire couler un service pour le recréé.
17 septembre 2009 à 15:10
après l’article sur numerama :
http://www.numerama.com/magazine/13920-mymajorcompany-juge-deezer-pire-que-la-licence-globale.html
je tombe sur la tienne et t’en remercie.
a lire ton article, c’est plus du monopole, c’est l’histoire des mafieux du divertissement qui ce tirent la bourre.
je suis a 100% avec les propos de fab ( un peu hardcore) et dust ( d’ou sort Jonathan Benassaya :-)
après que les majors aient montés de toute pièce deezer j’ai des doutes (ils ne sont pas assez intelligents) par contre qu’ils soient de mèche c’est flagrant.
@fab
” un fournisseur d’accès à internet dont aucun à ce jour n’a réussi à imposer son propre clone de Deezer”
j’ai essayé worme d’orange… c’est une catastrophe avec la force de frappe qu’ils ont c’est étonnant, voir affligeant.
pourtant il existe des solutions… c’est dingue !!
17 septembre 2009 à 18:44
Hé les gars, je n’ai jamais dit que Deezer était le chevalier blanc ;-)
09 octobre 2009 à 16:40
Je voulais dire que je suis d’accord à 100% avec vous,
mais je pense que sur MMC il y a plus encore qu’on peut penser,
une arnaque de première, encore plus depuis qu’ils ont “offert” à tous les artistes l’”opportunité” de s’inscrire sur leur site, comme par hasard les artistes qui prennent le risque de s’inscrire quand même sont mis de côté dès le départ (problèmes de connexion, nombre de caractères restreints pour la bio, impossibilité de télécharger plus d’un titre s’ils dépassent 10 Mo (comme si les autres artistes avaient ce problème), non figuration dans la catégorie “artistes similaires”, une non visibilité de la page de l’artiste).
Tout est fait pour les décourager. Ces artistes qui dérangent, sont ignorés purement et simplement, aucune solidarité par les soit disant producteurs qui ne jouent pas leur rôle de “découvreurs de talents”, car ils ne prennent pas ne serait-ce que la peine de passer sur les pages pour écouter leur travail et de laisser au moins un commentaire pour signaler leur visite (message de soutien, critiques). Les artistes qui dérangent, voient le nombre de lecture augmenter (minimement je vous rassure) mais sans savoir qui a visité leur page.
Alors dîtes-moi, quel est l’intérêt pour un artiste de gaspiller son travail, son énergie, son image, sa motivation sur ce genre de plateforme? Car il faut bien que les français se rendent à l’évidence, que si un artiste n’est pas découvert par MMC lui même, sa chance de pouvoir être découvert, plébiscité et produit est quasiment nulle. J’ajouterai qu’en plus, il y a une concurrence déloyale sur le site entre les artistes qui dérangent et ceux qui sont plébiscités par MMC : on peut constater sans difficulté que ces derniers ont déjà un passé musical des plus surprenants. Leurs démos semblent sortir d’un studio professionnel.
On se demande ce qu’ils font sur ce site s’ils peuvent se payer ce luxe. Leurs photos sont dignes des plus grands photographes, leur image travaillée dans les moindres détails. Il y en a même qui ont déjà sorti des singles chez Universal et qui ont été récompensés pour cela. D’autres ont fait la première partie d’artistes connus. Alors, entre l’artiste qui galère en faisant sa petite démo avec les moyens du bord et celui qui a tous les moyens professionnels entre ses mains, lequel des deux percera le premier? Arrêtez de nous saouler avec MMC et regardez la réalité en face, celle d’une belle mascarade qui dure depuis trop longtemps et qui veut donner l’illusion de donner le pouvoir au peuple mais qui collabore avec des Majors (type Warner, Universal…).
Je ne m’attarderai même pas sur les soit disant producteurs, parce que parmi eux, se cachent des profils suspects. On se demande si on a à faire à une vraie personne ou non. Et si jamais vous caresser encore le rêve d’être plébiscité pour avoir sur votre page d’artiste, un avis de MMC, vous recommandant aux producteurs pour au moins avoir une mise, ne pensez surtout à leur faire une surprise en les démarchant à leur adresse postale, car cette dernière est factice. Il y a tout sauf les locaux de MMC à cet endroit. Je crois ue j’ai honoré mon rôle de citoyenne en dénonçant ces pratiques odieuses.