Oubliez les iTunes LP, l’avenir est à l’application iPhone

iTunes LP est l’une des nombreuses fonctionnalités nouvelles présentées le 9 septembre dernier lors de la conférence d’Apple It’s only Rock and Roll. Mais contrairement aux autres, qui ne sont que de simples améliorations de la précédente version du logiciel, iTunes LP porte une lourde tâche sur ses épaules : elle est censée revitaliser l’industrie musicale en encourageant les consommateurs à acheter des albums plutôt que des singles. Avec ce nouveau format d’album digital, l’idée est de répliquer l’expérience d’achat d’un album, avec paroles, notes de livret, illustrations, photos, etc., donnant ainsi à l’acheteur du contenu supplémentaire à consulter pendant qu’il profite de la musique. Le seul problème est que ce format supposé interactif est en réalité tout sauf interactif. Les artistes les plus innovants ont déjà compris comment monétiser leur musique en amenant les fans sur des nouvelles voies qui n’ont rien à voir avec un LP réinventé. Le format interactif de demain ce n’est pas l’album, c’est l’application.

iTunes LP, bien mal inspiré

Il y a quelques années, les consommateurs n’avaient pas vraiment le choix quand il s’agissait d’acheter de la musique. Si vous aviez un morceau préféré d’un artiste ou d’un groupe, vous achetiez le CD entier. Les singles avaient déjà progressivement disparus, donc le choix était simple : acheter le CD ou bien ne rien acheter du tout. Grâce à cela, certains artistes pouvaient gagner un maximum d’argent bien qu’étant de simples one-hit wonder.

L’industrie musicale d’aujourd’hui reste pourtant persuadée que le public achetait des CDs pour le contenu qui se trouve dans les pochettes de disques. Avec iTunes LP, on adapte ces pochettes à notre époque et on rassemble paroles, notes, illustrations, photos et mêmes vidéos – ce dernier étant évidemment le seul celui que l’on ne pouvait pas intégrer dans un CD à l’époque. Grâce à cet album digital amélioré, les maisons de disque espèrent que les consommateurs vont à nouveau se tourner vers des albums plutôt que des morceaux à l’unité.

Malheureusement, ce qui est censé être « l’album interactif de demain », destiné à redresser les ventes de disques, n’est qu’un effort triste et mal inspiré qui essaie désespérément de forcer la porte du nouveau paradigme digital avec un modèle économique largement obsolète. Bien que tous ces contenus supplémentaires soient très appréciables, iTunes LP n’offre rien de plus que ce que certains sites de fans proposent, comme nous l’avions noté il y a quelques jours lors de notre analyse des nouveaux services d’Apple. Et, contrairement aux sites de fans, qui évoluent et s’enrichissent sans cesse, le iTunes LP est un produit statique, qui ne tire aucun avantage de la plateforme où il se trouve : un lecteur de musique digital et interactif.

Laissez tomber les albums, achetez une application

Et pendant que les labels tentent péniblement de sauver leur peau avec ce nouveau format (ainsi qu’avec celui qu’ils développent eux-mêmes, baptisé « CMX »), certains artistes commencent à mettre au point la bonne formule dans cette nouvelle ère du single-roi et des applications mobiles et – surprise – ca ne ressemble pas d’un album. Une poignée d’avant-gardistes ont trouvé un moyen d’offrir à leurs fans un contenu résolument interactif, qui à son tour les encouragent à se procurer davantage de musique de cet artiste. La réponse ? Une application iPhone.

Au lieu de réinventer la roue, ces applications innovantes sont un outil idéal qui permet au fan d’interagir avec du contenu produit par ses artistes préférés. Nine Inch Nails, par exemple, a sorti il y a quelques mois une application multimédia qui offre la possibilité aux fans d’accéder à une version mobile du site nin.com, d’interagir avec d’autres fans via un chat géo-localisé, de partager de photos, d’écouter des morceaux et des playlists exclusives en streaming, de télécharger des fonds d’écran et bien d’autres services.

Même si l’application est gratuite via l’app store d’iTunes, le fait d’avoir davantage de fans connectés signifie avoir davantage de personnes susceptibles d’acheter leur musique.

Ce n’est pas la première fois que le groupe Nine Inch Nails, via son leader Trent Reznor, est à l’initiative de concepts originaux comme celui-ci. Ce dernier a expérimenté plusieurs façons d’augmenter les revenus de son groupe, comme lors du lancement l’année dernière de leur dernier album, où l’internaute pouvait télécharger des morceaux de l’album en payant ce qu’il voulait : il pouvait ainsi ne rien reverser du tout, ou bien payer les 300$ qui lui donnent accès au pack premium.

En trois jours, le groupe a réalisé un chiffre d’affaire d’environ 750 000 $, ce qui n’est quand même pas rien.

Mais Trent Reznor n’est pas le seul artiste à avoir une application aujourd’hui. Le DJ et musicien américain Moby a lui aussi sorti une application officielle, développée par le service social iLike qui offre à peu près les mêmes fonctionnalités. Au delà d’un accès à du contenu exclusif, les fans peuvent interagir via Facebook et iLike, et peuvent notamment partager des photos avec le reste de la communauté directement via l’application.

Mais contrairement au cas de Nine Inch Nails, l’application de Moby n’est pas gratuite ; elle est actuellement vendue 1,99$. Il est encore trop tôt pour savoir si ce modèle s’avèrera pertinent et si les fans paieront pour un tel produit.

Pendant que ces applications tentent de satisfaire les communautés de fans sur mobile, l’artiste hip hop Soulja Boy a choisi un autre chemin il y a quelques mois. Via une nouvelle plateforme, baptisée Romplr, et son application Soulja Boy Tell ‘Em (vendu 2,99$), les fans peuvent remixer les morceaux de l’artiste et les partager via email, Facebook ou directement via le site www.romplr.com.

En permettant une interactivité totalement inédite avec la musique, cet outil est probablement ce que la technologie peut offrir de mieux aujourd’hui. Le communiqué de presse déclarait d’ailleurs « la prochaine génération d’interaction entre fan et artiste se fera via l’iPhone ». Peut être que l’avenir des ventes de musique aussi.

La tendance des artistes sortant des applications ne montre aucun signe de fléchissement. Il y a quelques jours, la star du R&B Usher a d’ailleurs lui aussi lancé la sienne : Usher’s Top 100. Elle permet aux fans d’explorer les influences de la star aux cinq Grammy Awards en écoutant une sélection des 100 morceaux qui l’ont le plus inspiré. Elle aussi coûte 2,99$. Il ne faudra pas longtemps avant de voir si elle se vent bien.

Ce n’est que le début

Bien qu’il n’existe pour l’instant qu’une poignée d’artistes utilisant les plateformes mobiles pour offrir aux fans une interaction nouvelle avec leur musique, ces initiatives sont probablement plus pertinentes que celle d’iTunes avec son album digital.

Au lieu de se contenter d’adapter de vieilles recettes au monde digital, ces artistes développent des interactions inédites qui seront des sources de revenus directes (en tant qu’applications payantes) ou indirectes (en encourageant ces nouvelles communautés de fans à acheter leur musique).

Bien qu’il soit encore trop tôt pour savoir combien ces applications peuvent rapporter in fine, si l’on devait parier sur une façon de « sauver » l’industrie musicale, ce n’est pas sur l’album digital que nous miserions notre argent. Les applications ont tout l’air d’être l’avenir de la musique.

En France aussi, on innove

Une start up française, MXP4, a décidé de pousser l’expérimentation encore plus loin en mettant au point un nouveau format (littéralement un nouveau codec) : le .mxp4. Combinaison de textes, de fichiers audio et vidéo, il permet de mixer en temps réel différentes versions d’un morceau, de synchroniser les paroles sur la musique en mode karaoké, ou encore d’accéder aux différentes pistes du morceau pour le « remixer » en quelques clics. Bref une interactivité inédite avec la musique, qui même si elle peut paraître à première vue amusante et légère, s’avère impressionnante.

Le format peut être intégré sous forme d’application mobile, de widgets, ou bien dans des jeux-vidéo. De nombreux artistes ont déjà accepté de se laisser prendre au jeu : Basement Jaxx, Jack Penate, Wax Taylor, La Roux ou les français de Pony Pony Run Run.

Dans une interview récente à Wired, Albin Serviant, le CEO de MXP4, expliquait que le temps passé à streamer un format .mxp4 était de 5 minutes, contre environ 30 secondes pour des services classiques comme Spotify ou Deezer. Les utilisateurs ont donc l’air séduit par l’interactivité et l’originalité du format, et même si le chemin est encore très long avant qu’il soit adopté au point de devenir la norme, en offrant une expérience inédite au fan, nul doute que son utilisation devrait se propager rapidement. Elle rend en tout cas les « innovations » iTunes LP et CMX dore et déjà obsolètes.

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19 commentaires pour cet article

  1. tyches

    MXP4: Rien que la norme mpeg 4 ne per­mette déjà… le reste est affaire de logi­ciel. En outre il me semble bien mal­adroit que cela soit un codec (comme vor­bis, theora), je pense plu­tôt que c’est un conte­neur (comme ogg).

  2. Philippe DUPUIS aka WEBENTERTAINER

    Effectivement, ITUNES LP n’apporte rien aux consom­ma­teurs, rien qui jus­ti­fie d’acheter un album entier si l’on appré­cie seule­ment quelques titres de l’artiste.
    Les appli­ca­tions IPHONE sont une piste per­met­tant à moyen terme de fidé­li­ser les fans mais les majors sont actuel­le­ment obsé­dées par le fait de géné­rer des reve­nus à court terme…

  3. Bertil Hatt

    Une réponse en trois chiffres : 148.

    C’est for­mi­dable d’avoir des expé­ri­men­ta­teurs comme Reznor qui pro­pose des nou­velles inter­ac­tions — mais com­ment je fais pour écou­ter une play­list élec­tro si Moby, B-Jaxx et Air ont cha­cun leur concep­tion de ce que doit être l’interactivité en musique, ou sim­ple­ment des choix de déve­lop­peur ou de for­mat différent ?

    Arrêtez d’écrire des articles qui se résument à “Apple sort un nou­veau pro­duit —— sauf que ça exis­tait déjà” Apple n’a jamais innové radi­ca­le­ment : ils ont toujours réa­lisé mieux que les autres et apporté au grand public des choses qui avaient déjà lar­ge­ment prouvé leur pertinence.

    Donc, oui : l’avenir est vers plus d’interactions en musique, génial, et Apple a réussi a le faire accep­ter aux Majors en leur pré­sen­tant une nou­velle techno inter­ac­tive comme une re-mastérisation des albums phy­siques. Ils n’ont pas inventé l’appli musi­cale, mais ils ont sim­pli­fié la manière d’en faire une : plus besoin d’un pro­gram­meur Objective-C, un gra­phiste com­pé­tent sait conce­voir un LP convainquant.

  4. Fabrice Epelboin

    @bertill

    je crois que tu te trompe de blog, on ne fait que rare­ment des revue d’appli iPhone ici. Par ailleurs, dire qu’Apple n’innove pas, c’est un peu fort, faire pas­ser un concept à un pro­duit de masse est une forme d’innovation, et dire que l’iPhone n’apporte pas son lot d’innovation est ridicule.

    Qui plus est, en l’occurence, ils n’y sont pour rien et n’innovent en rien dans les pro­duits pré­sen­tés dans cet article, ce sont des musi­ciens qui innovent, ici, pas Apple.

  5. Raphaël Briner

    … Oubliez les iTunes LP (de Apple), l’avenir est à l’application iPhone (de Apple)

    Apple aime les envi­ron­ne­ments fer­més.
    L’affichage des LP s’effectue dans iTunes soit via une appli­ca­tion desk­top.
    L’affichage des appli­ca­tions iPhone ne s’effectue que sur un iPhone.

    Nous avons donc là deux modes de consul­ta­tion, dont les for­mats et inter­ac­tions sont réso­lu­ment dif­fé­rents, sans par­ler du busi­ness model.

    Les com­pa­rer est un exer­cice déli­cat, sur­tout que iTunes LP vient de sor­tir. Si Apple se lance dans la créa­tion de ce for­mat LP, c’est que cela cor­res­pond à une demande des majors, que cela ren­force son lien fusion­nel et com­mer­cial avec le milieu de la musique et tout ça sans devoir déve­lop­per un mys­pace incon­trô­lable, dif­fi­ci­le­ment monétisable.

    La ques­tion que j’aimerais sou­le­ver est: quand est-il de la tablette Mac ? Jusqu’où servira-t-elle de sup­port de lec­ture de sons audio ?

    J’ai long­temps pensé que cette tablette uti­li­se­rait le sys­tème iPhone, très moné­ti­sable. Apparemment le choix s’est porté sur Leopard…et donc la moné­ti­sa­tion revient à iTunes, qui se trans­forme en brow­ser fermé.

    Pourquoi ne pas déve­lop­per deux modes de consul­ta­tions ? Un concen­tré sur les updates, le single-track, la mobi­lité totale (l’iPhone) et l’autre le plai­sir de la sur­face, des grands bou­tons, des belles images avec 1000px de réso­lu­tion (la Tablette et son MacBook) ?

    L’un n’empêche pas l’autre. Au contraire, Apple s’assure de cou­vrir les besoins de cha­cun. Je par­tage l’avis que la musique s’expérimente de dif­fé­rentes façons, tout comme le déve­lop­pe­ment de l’interface ne doit pas être effec­tué obli­ga­toi­re­ment via un dev Objective-C, source rare et occu­pée sur des appli­ca­tions ban­caires. Un web éditeur CSS/html est lar­ge­ment plus acces­sible pour les bud­gets de petites mai­sons de pro­duc­tion, qui sont actuel­le­ment les plus grandes pro­duc­trices de LP (techno/electro/hip-hop).

    Where is the money ? Mais sur­tout: Where is the openness ?

  6. Fabrice Epelboin

    Demander de l’ouverture à Apple, c’est un peu confondre Steve Jobs avec le Père Noël, non ? ;-))

  7. Guillaume G

    @ tyches : merci pour tes pré­ci­sions ! au final, meme si de telles tech­nos de com­pres­sions exis­taient déja (et depuis long­temps), elle n’ont jamais été uti­lisé dans ce sens la, donc mxp4 innove bien en pro­po­sant un tel for­mat pour l’industrie musi­cale non ?

    @ Berti Hatt : Je pense aussi que cest un peu fort de dire qu’Apple n’innove pas radi­ca­le­ment. Qu’entends tu par “radi­ca­le­ment”. Apple n’est pas un labor­taoire de R&D, et l’innovation n’est pas l’invention, mais l’application d’une inven­tion. Il me semble pas que l’internet mobile avait “lar­ge­ment prouvé sa per­ti­nence” avant l’iPhone. Ce pro­duit a bel et bien bou­le­versé le mar­ché et ouvert des pers­pec­tives, bref inno­ver.
    Par ailleurs, ils ont inno­ver en ouvrant leur pla­te­forme iPhone à tt le monde, mais à par­tir de la, comme l’a dit Fabrice, ils mettent a dispo des outils pr inno­ver et des cer­tains ont su les sai­sir pr offrir qchose de nou­veau.
    Je consi­dère que “sim­pli­fier la facon de faire une appli” EST une inno­va­tion.
    C’est comme si on disait que Wordpress n’a pas innové, pasqu’il n’a pas inventé qqchose de radi­ca­le­ment inno­vant mais a juste faci­li­ter la facon de faire un blog/site…
    Qu’en penses tu ?

  8. Michael

    Il y a quelque­chose que je ne com­prends pas trop. C’est que l’on a sou­vent l’impression que vous voyez “l’industrie cultu­relle” d’un point de vue tech­no­phile et ludique. Mais est ce qu’il ne faut pas se recen­trer sur ce qu’est la musique et à quoi elle sert à la base ? A dan­ser, à ecou­ter au casque, dans son salon ou dans une soi­rée entres amis.… Donc MXP4, iTunes LP, Appli iPhone ne servent à rien de plus qu’à creer un peu de buzz pro­mo­tion­nel et pourquoi pas une expe­rience inter­es­sante en plus aux plus fans. Mais aucune mai­son de disques ne tente de sau­ver sa peau avec ces nou­veaux formats.… 

    Et com­bien d’artistes peuvent se tar­guer de gagner de l’argent grace à une appli iPhone ou à un don facul­ta­tif en echange d’une oeuvre ? Attention à ne pas uti­li­ser des situa­tions excep­tion­nelles pour demon­trer des theories ! :)

  9. Fabrice Epelboin

    @Michael

    “C’est que l’on a sou­vent l’impression que vous voyez “l’industrie cultu­relle” d’un point de vue tech­no­phile et ludique.”

    Technophile, oui, ludique, pas vrai­ment. C’est un peu la ligne édito­riale de ce blog, en même temps ;-)

    ReadWriteWeb est un blog dédié aux tech­no­lo­gies inter­net qui en couvre l’actualité et se dis­tingue par ses notes d’analyse et de pros­pec­tive ainsi que par l’accent mis sur les usages et leur impact sur les média, la société et la communication.

    Et com­bien d’artistes peuvent se tar­guer de gagner de l’argent grace à une appli iPhone…

    Pour l’instant, tous ceux qui ont essayé, mais tu as rai­son, ce n’est pas la solu­tion universelle

    …ou à un don facul­ta­tif en echange d’une oeuvre ?

    Pareil, tous ceux qui ont essayé ce busi­ness model y ont gagné, et plus que dans d’autres mode de ventes, main­te­nant, là aussi, il n’y en a pas eu assez pour en tirer une règle générale.

    Michael, ce ne sont pas des situa­tions excep­tion­nelles, c’est l’apparition de quelque chose de nou­veau, atten­tion à ne pas confondre, cela n’a rien à voir.

  10. Michael

    Oh mais je connais la charte Read Write Web !!! Je vous lis souvent.…mais je rea­gis­sais sur le fait qu’on avait l’impression en vous lisant que pour vous ces dif­fe­rentes inno­va­tions sont posées comme solu­tions pos­sibles pour une indus­trie qui cherche à “sau­ver sa peau” et il me semble que ce n’est pas le cas.
    A mon avis, l’innovation qui sau­vera l’industrie sera cen­trée sur l’accés à la musique mais pas autour de sa diver­si­fi­ca­tion par des for­mats ou des Applis.
    J’admets cher­cher la petite bete dans un dis­cours dont le but n’est pas for­ce­ment de don­ner des solu­tions mais le sujet etant sen­sible pour certains… :)

  11. Fabrice Epelboin

    Petite confu­sion tout de meme, payer ‘ce que l’on veut’, c’est le modèle ini­tié par Radiohead, et il ne sau­vera en rien les mai­son de disque (les artistes, c’est une autre his­toire), pour ce qui est de la dis­tri­bu­tion, c’est clair, mais alors, qu’attendent-ils ? Pourquoi avoir laissé le P2P prendre ce role depuis main­te­nant 10 ans sans réagir ? Et pour finir, le seul a avoir pris le pas et fait quelque chose, c’est Apple. L’avenir des mai­son de disque, c’est le sub­ven­tion­ne­ment par la taxe (et le cime­tierre pour EMI), l’avenir de la musique, lui, est ailleurs…

    On a tous besoin de musique, de son indus­trie, c’est une autre his­toire, et s’imaginer que l’un ne peut pas aller sans l’autre, une grosse erreur…

  12. Thomas

    Assez sen­sible aux pro­pos de Michael.
    Le mélo­mane est, certes, tout aussi tech­no­phile, socia­lisé à outrance, (et acces­soi­re­ment plein de thunes à dépen­ser) que tout un cha­cun, il n’en est pas moins d’abord mélo­mane. La recherche déses­pé­rée (par ailleurs com­pré­hen­sible) de moyens de moné­ti­ser la pro­duc­tion et la dif­fu­sion de musique donne par­fois l’impression d’une course au gad­get, sans grand rap­port avec la musique.
    (Vivement que les musi­ciens acceptent le sta­tut des écri­vains : cinq années pas­sées à écrire un roman, lu, en moyenne par 2000 per­sonnes, et un tra­vail, à côté, parce qu’il faut bien vivre.)

  13. Hugues

    Un article avec un point de vue ori­gi­nal. Super. ça fait réflé­chir.
    Mais pas d’accord quand même.

    D’abord, un artiste pour gagner sa vie, il faut qu’il ait beau­coup beau­coup de fans.
    Déjà, creer pour un sup­port qui ne concerne que 0,5% de la popu­la­tion mon­diale (l’iphone), c’est for­cé­ment une stra­té­gie mar­ke­ting de buzz, pas pérenne ni scalable

    Ensuite la musique n’est pas inter­ac­tive, c’est comme ça. C’est pas­sif. On l’écoute quand on veut,où l’on veut, mais c’est de la consom­ma­tion. Peter Gabriel et Laurie Anderson en leur temps avait créé les pre­miers CD-ROMs musi­caux. Il n’y a pas eu beau­coup d’émules, et pour­tant c’etait du mate­riel de qualité

    En réa­lité, les gens achètent un sup­port:
    ça tombe bien il y a un article de paul gra­ham qui l’explique en détail
    http://www.paulgraham.com/publishing.html

    Et donc pro­po­ser un nou­veau sup­port plus riche (itunes LP) c’est une voie très pro­met­teuse. Mais bien sûr il faut aller au-delà du recy­clage de conte­nus éculés, inclure des éléments exclu­sifs qui per­mettent d’entrer dans l’intimité du pro­cess de créa­tion ou de l’univers de l’artiste, et là ça peut marcher

  14. Fabrice Epelboin

    Pas d’accord non plus ;-)

    D’abord, un artiste pour gagner sa vie, il faut qu’il ait beau­coup beau­coup de fans.

    Il y en a plein avec un petit groupe de fan qui arrivent a vivre de leur art (encore une fois, pas avec les reve­nus de Pascal Obispo)

    Déjà, creer pour un sup­port qui ne concerne que 0,5% de la popu­la­tion mon­diale (l’iphone), c’est for­cé­ment une stra­té­gie mar­ke­ting de buzz, pas pérenne ni scalable

    Et les Tshirt ? Et les trois tonnes de pro­duits déri­vés ? Et les pic­ture disk d’antant ?

    Ensuite la musique n’est pas inter­ac­tive, c’est comme ça. C’est passif.

    Déja entendu par­ler de Guitar Heroes ? Cela repré­sente un très gros mor­ceau du chiffre d’affaire de Universal, bien supé­rieur à leur artiste best sel­ler… Pas inter­ac­tif ? Pas sûr, mais alors pas du tout.

  15. Michael

    Attention Patrice à ne pas melan­ger “la musique” et ce qu’elle per­met grace aux nou­velles tech­no­lo­gies !
    Guitar Hero n’est pas de “la musique”, c’est un jeu ter­ri­ble­ment pre­nant, convi­vial et tres bien fait qui rap­porte beau­coup d’argent mais ca ne rem­pla­cera sur­ement pas et pour beau­coup de per­sonnes l’experience d’une ecoute pas­sive qui est la defi­ni­tion meme de la musique ! Et encore une fois, il n’y a pas un seul mor­ceau qui n’a pas été un tube mon­dial sur Guitar Hero…
    Savoir si un artiste peut se pas­ser de l’industrie est un autre debat par rap­port à cet article mais c’est avec un petit sou­rire au coin de la bouche que j’imagine la qua­lité des pro­chains albums d’artistes “en developpement” — (sans le sous) enre­gis­trés dans un petit home stu­dio, avec un ingé son impro­visé pour l’occasion et des plug-ins Pro Tools qui ont leurs reglages stan­dar­di­sés car exces­si­ve­ment com­pliqués à mai­tri­ser — que tu auras sur une appli iPhone crée pour l’occasion par un pote (puisque sans aucune aide finan­ciere de la part d’une struc­ture pre­vue pour) :-)

  16. Fabrice Epelboin

    Attention Patrice à ne pas melan­ger “la musique” et ce qu’elle per­met grace aux nou­velles technologies !

    Comme la danse dans un night club grace à l’incroyable évolu­tion des ampli­fi­ca­teurs dans le seconde moi­tié du XXe siècle ? ;-)
    L’écoute en dehors du spec­tacle vivant depuis l’invention du pho­no­graphe ?
    L’écoute en mobi­lité depuis l’invention du Walkman ?

    Pas sûr que ce soit moi qui confonde ;-)))

  17. Michael

    L’ecoute, l’ecoute et l’ecoute. On est bien d’accord donc ! :)

  18. Fabrice Epelboin

    Sur l’écoute, oui, sur la pas­si­vité, non… Jette un oeil à cette pré­sen­ta­tion de Lessig, il décrit les inquié­tude de Souza en ouver­ture sur l’évolution du mode de consom­ma­tion de la musique, avec l’apparition du pho­no­graphe, et montre com­ment la pas­si­vité n’est qu’une nou­veauté intro­duite en masse au début du XXe dans la consom­ma­tion de la musique (qui date de bien avant ;)

  19. MartineBoude

    L’impression que vous lais­sez est que la puis­sance d’Apple vous gêne, why not, c’est rece­vable mais votre ana­lyse est peu convaincante.

    En résumé vous nous pro­po­sez d’acheter un conte­nant le soft. C’est imparable.

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