Certains d’entre vous ont peut-être lu notre série d’articles sur l’Internet des Objets et se demandent : comment cela va affecter mon travail au quotidien ? Très bien, un jour mon frigo pourra me dire que je suis à court de lait, mes bagages auront une puce RFID pour ne pas être égarés et ma maison sera automatisée via Twitter. Mais rien de tout ça ne va changer mon travail ? Et bien non : le monde d’objets connectés à Internet va changer votre manière de travailler autant que votre quotidien.
Si vous êtes un chef de produit, un responsable marketing ou travaillez simplement dans un entreprise qui un rapport de près ou de loin avec des produits physiques (donc des objets), lisez ce qu’il suit pour découvrir comment cela va vous affecter.
Lorsque les produits commerciaux seront connectés à Internet, cela permettra tout un éventail de nouvelles possibilités et de solutions marketing. En juin, nous avons interrogé Tim Berners-Lee, l’inventeur du Web. En prenant l’exemple d’un téléphone fixe, Berners-Lee nous a expliqué comment il peut se connecter à Internet avec une simple URI (Uniform Ressource Identifier ou une adresse internet) :
« Je peux attribuer une URI à mon téléphone [...] ou le fabricant peut donner une URI au modèle de mon téléphone. Il peut aussi mettre en ligne toutes les caractéristiques de mon téléphone et je peux ensuite faire un lien pour dire que mon téléphone est de ce modèle. Ce qui signifie que tout système qui a accès à ces données sera capable de savoir ce que je peux faire avec mon téléphone, ce qui est une source d’information précieuse.»
Le scénario de Tim Berners-Lee se focalisait surtout sur le consommateur, mais les fabricants et les revendeurs peuvent aussi faire des choses intéressantes avec ces produits reliés à Internet.
Suivre les utilisations : Hmmmm, des données marketing
Si un produit est connecté à Internet, alors en théorie le fabricant et/ou le revendeur peut suivre les utilisations de ce produit. Le téléphone en question embarquera certainement une puce RFID, qui se connectera à Internet et permettra une communication dans les 2 sens entre le consommateur et vous.
En tant que chef de produit ou responsable marketing, imaginez toutes les informations que vous pourriez obtenir grâce à cette puce RFID ! Voici le genre de choses que vous pourrez suivre :
- Avec quelle fréquence un client utilise son téléphone
- Le temps moyen de chaque appel
- Quelle fonctionnalité du téléphone il utilise le plus
- Où il l’utilise le plus (grâce une puce de géo-localisation)
- Qui dans le foyer l’utilise et le temps que chacun l’utilise
Au moment où le suivi d’utilisation sera possible, il est probable que les lois de respect de la vie privée auront évolué. Mais même dans ce cas, le fabricant pourra toujours négocier avec ses clients : donnez-nous toutes vos données, par exemple, et nous vous offrons un rabais de 10% !
Brand management
La gestion de l’image d’une marque devient aussi plus riche si le produit est connecté à Internet. Avez-vous déjà entendu parlé de personnalisation ? Ca fait des années que les services marketing nous le promettent. Mais pour l’instant, seuls les consommateurs se connectaient à Internet & sur Twitter, Facebook et les autres plateformes sociales.
Cependant lorsque vos produits aussi sont connectés à Internet, cela peut vous donner accès à une quantité colossale d’informations sur vos utilisateurs : en plus des données mentionnées plus haut, vous pouvez savoir ce que disent vos clients sur Facebook, Twitter etc… Cela vous permet de cibler très précisément les messages marketing que vous adressez à vos clients en fonction du produit, des fonctionnalités qu’ils utilisent, où ils les utilisent, ainsi qu’avec ce qu’ils disent sur les plateformes sociales. Vous pouvez même être en mesure d’obtenir des informations démographiques asses précises sur vos clients, vous permettant ainsi de filtrer vos réseaux sociaux plus finement.
Le logiciel en tant que service
Jusqu’à présent, nous avons parlé de comment l’Internet d’Objets peut bénéficier aux chefs de produits et de relations clients. Voici quelque chose qui peut être utile à tout le monde : le logiciel embarqué dans un produit peut être automatiquement mis à jour sur Internet, dés que la mise à jour est disponible. Cette fonctionnalité vient tout droit du web 2.0 : n’importe quel logiciel qui tourne sur Internet peut être mis à jour n’importe quand par l’entreprise, sans que l’utilisateur n’intervienne. C’est par exemple l’un des avantages de Google Docs sur Microsoft Office.
Dans le scénario du téléphone, on peut tout à fait imaginer que vous, le fabricant, vienne de sortir un tout nouveau système de répondeur. Vous pourriez très bien ajouter cette fonctionnalité à tous les téléphones qui la supportent en utilisant Internet. La nouveauté peut être installée directement sur vos serveurs si c’est une application web, sinon elle peut être téléchargée et installée directement sur le téléphone. Le client sera averti de la nouveauté par un message s’il choisit d’être alerté. De cette manière l’innovation est distribuée très vite : tout le monde y gagne sauf vos concurrents !
Le Service Client
Le service client peut aussi être révolutionné par l’Internet des Objets. En tant que fabricant ou revendeur, vous pouvez grâce à Internet localiser des problèmes en utilisant des informations précises sur les produit du client, réparer le problème en temps réel, identifier des problèmes avec le téléphone peut-être avant même que le client ne les remarque, surveiller que les téléphones se comportent comme prévu, envoyer des astuces des conseils d’utilisation du téléphone en fonction de comment le client l’utilise, et bien plus.
Conclusion
Avec les produits connectés à Internet, un nouvel univers de possibilités commerciales s’ouvre pour les fabricants et les revendeurs. Dans la plupart des scénarios de l’Internet d’Objets, il y aura sans doute des problèmes de protection de la vie privée à considérer. Mais les fabricants de produits peuvent sans nul doute d’ores et déjà se frotter les mains !
Nous avons seulement effleuré la surface de l’Internet des Objets, et nous avons hâte de connaître vos idées et réflexions sur le sujet.
(photo d’ouverture CC-by de jeanbaptisteparis)













29 septembre 2009 à 13:28
Beaucoup de ces informations sont déjà recueillies « à l’insu de notre plein gré ». Il suffit de contacter son FAI ou son fournisseur téléphonique pour découvrir que le premier agent commercial venu en sait déjà très long sur nos habitudes de communication. Il peut nous donner notre durée de communication, le type d’appels (long, bref, local, national, international, etc.), notre mobilité, notre historique de paiement et bien d’autres choses encore. La RFID en viendrait presque à paraître superflue.
D’ailleurs, Violet (Nabaztag) va très mal :
http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/medias/multimedia/20090911.ZDN0303/ca_sent_le_sapin_pour_les_lapins_nabaztag_violet.html
29 septembre 2009 à 14:36
Dieu merci, Delphine, ces informations, votre opérateur n’a pas le droit de les communiquer à droite et à gauche… (par aileurs, rassurez vous, le commercial de chez Orange ne suit pas et ne peut pas suivre vos déplacement à la trace, c’est bien plus complexe que cela). Par ailleurs, même si Violet est dans le secteur, cela n’explique en rien sa situation financière (doit on conclure, du fait des difficultés de General Motors, que l’automobile n’a pas d’avenir ? Votre raisonnement est un peu simpliste, non ?)
Violet est peut être tout simplement (trop) en avance sur son temps… Connaissant bien l’un des fondateurs, cela ne m’étonnerai guère, c’est un type qui s’enthousiasmait sur le push en 1996, avec au moins 5 ans d’avance…
29 septembre 2009 à 15:25
la technologie NFC (RFID champs proche) qu’on retrouve dans le nabaztag est loin d’être superflue d’un point de vue marketing, elle va arriver sur les mobiles (elle devrais déja être là) et c’est à ce moment là qu’on verra vraiment la démocratisation de l’internet des objets, on taggera à tour de bras!
en même temps c’est plus pratique de tagger avec son mobile qu’avec un nabaztag :D
la société Airtag à déja plusieurs cas concrets, celui de l’enseigne Lacroissanterie montre bien le potentiel commercial: http://www.airtag.com/La-Croissanterie-choisit-AIRFID.html