Le discret sondage IPSOS qui discrédite Hadopi

guillaumeGuillaume Main est passionné par les chiffres et par le Web, il a créé Statosphère début 2009 et tente petit à petit d’en faire un lieu incontournable pour qui recherche des statistiques fiables. Guillaume a une formation de chargé de traitement statistique et a travaillé pendant 8 ans dans plusieurs instituts de sondage.

Le 23 septembre dernier, l’institut IPSOS jetait littéralement un pavé dans la mare avec la publication sur leur site des résultats d’une enquête traitant entre autre, du téléchargement illégal. La dépêche AFP relatant cette étude ne fut vraisemblablement qu’assez peu relayé par les médias de masse, tant les conclusions de ce sondage allaient à contre courant de l’argumentaire asséné par les pro-HADOPI et par nos deux derniers ministres de la culture depuis près d’un an.

Pour commencer, voici un premier point rarement précisé mais qui a son importance : le terrain de cette étude a en fait été mené entre janvier et février 2009, c’est à dire bien avant les débats parlementaires portant sur les différents volets successifs du projet de loi HADOPI. Il est donc très improbable que ces débats (durant lesquels furent évoquées une éventuelle portée pédagogique du projet et la peur de l’internaute pour son caractère répressif) aient eu une quelconque incidence sur les réponses des internautes sondés.

À l’instar de toute enquête réalisée dans les règles de l’art, il est bon de rappeler les méthodes utilisées :

  • Connections est une enquête internationale réalisée dans 12 pays par Ipsos MediaCT, la filiale d’Ipsos dédiée aux marchés des médias et des nouvelles technologies.
  • Le terrain s’est déroulé sur Internet entre janvier et février 2009
  • 6521 individus ont été interrogés (environ 1000 individus aux USA et 500 dans tous les autres pays)
  • Pour chaque pays, l’échantillon est construit en respectant la méthode des quotas (âge, sexe, critère géographique). Chaque échantillon est donc représentatif de la population des internautes du pays considéré.

Les sujets abordés par l’étude sont :

  • la consommation de musique
  • la consommation de vidéo (au sens large : TV, sport, films…)
  • la consommation de jeux vidéo
  • la consommation de support physique : achat ou location, en ligne ou en magasin
  • le téléchargement et le streaming : sur des plates-formes gratuites ou payantes, officielles ou non officielles

Nous pouvons désormais joyeusement entrer dans le vif du sujet.

1/ Les français NE SONT PAS les champions du monde du piratage

Le 10 mars 2009, Christine Albanel (alors Ministre de la Culture), pratiquant l’emphase avec une verve inouïe, affirmait par voie radiophonique, sur RMC : « Nous sommes les champions du monde du piratage ». Ne cherchez surtout pas une quelconque justification ou ne serait-ce qu’une source sérieuse et fiable qui aurait permis d’illustrer la crédibilité de l’affirmation. Car, en l’occurrence, l’enquête d’IPSOS est loin de confirmer cela. Pire : elle établit pratiquement l’exact contraire. Sur les 12 pays concernés par l’étude (France, UK, Espagne, Allemagne, Italie, USA, Japon, Chine, Brésil, Emirats Arables Unis, Russie et Inde), la France se place en 9ème position sur le secteur musical et en 8ème position sur le secteur de la vidéo. Je ne résiste pas à la tentation de vous montrer cet histogramme, assez éloquent :

ipsos

Pourcentage d’internautes déclarant se rendre au moins une fois par mois sur des sites non officiels pour télécharger ou écouter de la musique ou des vidéos (source)

La SACEM espagnole y est également allée de son affirmation faite maison en accusant son pays d’être la championne du piratage. Le Canada a également eut son heure de gloire dans ce qu’il adviendrait d’appeler la grotesque valse des affirmations non vérifiées, en étant à son tour désigné comme LE champion du monde.

Par ailleurs, et pour être tout à fait complet, il est bon de rappeler qu’Albanel avait finalement pris soin de préciser que son affirmation ne prévalait que pour les pays « comparables », admettant probablement par ce biais que la Chine est bel et bien la championne toute catégorie. Sauf que même dans cette optique, les français se montrent moins adeptes du piratage que les italiens, les américains ou les espagnols.

Un autre aspect est en parfaite contradiction avec les fumeuses théories de l’industrie culturelle et de certains de nos politiques : selon eux, plus la connection Internet est rapide, plus elle constitue une incitation au téléchargement illégal. Mais deux contre-exemples sont connus et reconnus : le Japon, profitant d’une des meilleures infrastructures de réseau Internet au monde grâce notamment à la fibre optique, n’est pas un mauvais élève, tandis que la Russie, subissant un réseau très hétérogène et dépassant péniblement le premier mégabit, caracole à la seconde place juste derrière la Chine.

2/ Les pirates français consomment illégalement MAIS AUSSI légalement

L’enquête contredit une fois encore l’argumentaire pro-HADOPIste et confirme ce que bon nombre de blogueurs rabâchent depuis des mois et des mois : les jeunes pirates achètent davantage de musique que la moyenne des internautes, qu’il s’agisse de consommation en ligne ou en magasin. Selon IPSOS, si les pirates sont effectivement en partie responsables de la baisse des ventes de disques ou de vidéos, ils sont aussi les principaux consommateurs de musique et de films.

pdfipsoshadopi1

Extrait du communiqué de presse « Téléchargement légal et illégal sur Internet » (format PDF)

Kirsten Bartels, directrice du département Industrie/Services (Ipsos Marketing Allemagne), est d’ailleurs habitée d’une candeur touchante puisqu’elle rappelle à l’industrie du disque et du cinéma que ce profil de consommateurs devrait constituer leur cible marketing de prédilection. Manque de bol, ces consommateurs sont justement ceux dans la ligne de mire du projet de loi HADOPI, et des diverses ripostes graduées à l’étranger.

3/ Si les pirates ne téléchargent pas, alors ils n’achètent pas NON PLUS

Si les pirates n’avaient pas la possibilité de télécharger illégalement des morceaux de musique, les achèteraient-ils pour compenser ? La réponse est clairement non. Les pirates français estiment à 32% qu’ils ne les auraient pas écoutés, ou qu’ils auraient emprunté le CD (42%). Sur le marché du contenu vidéo, la tendance est moins marquée, les pirates étant relativement disposés à investir les salles de cinéma (30%). Pour autant, ils préfèrent encore majoritairement emprunter le DVD (33%) ou faire l’impasse sur le film (25%).

pdfipsoshadopi2

Extrait du communiqué de presse « Téléchargement légal et illégal sur Internet » (format PDF)

En définitive, les résultats de l’enquête Connections réalisés par IPSOS corroborent une autre étude, réalisée par TNO aux Pays-Bas et à l’issue de laquelle il était donc possible, en substance, d’en tirer les mêmes conclusions : l’étude montre que le partage de fichiers est bénéfique et fortement positif à court et à long terme économiquement parlant. Le partage de fichiers fournit aux consommateurs l’accès à un éventail de produits culturels très large, ce qui est également largement bénéfique.

Ce qu’on retiendra, c’est que la France se situe bien en dessous de la moyenne du taux de piratage mondial. Par ailleurs, l’étude confirme que ceux qui téléchargent illégalement ne consomment pas moins de produits culturels payant que ceux qui ne téléchargent pas, mais pire, ils en consomment plus (cinéma, concert…) ! Naturellement, ces enquêtes sont perçues comme autant d’effroyables démons venant défaire l’insidieux argumentaire gouvernemental, qui est lui-même soufflé par une industrie culturelle méprisante.

Quelques sources :

A lire également :

  1. Comprendre les raisons et les risques de la loi Hadopi — Création & Internet Ce 10 mars est le jour de pré­sen­ta­tion à l’Assemblée Nationale de la loi Hadopi (renom­mée Création et Internet). Cette loi répres­sive ouvrira, si elle est votée, des heures sombres pour l’internet français. Afin de bien com­prendre le pourquoi d’une telle hos­ti­lité à son égard, ReadWriteWeb France vous pro­pose une...
  2. Rapport Hadopi : le piratage en ligne a détruit 10.000 emplois… fictifs ? résumé : Le « Rapport Hadopi » n’est ni plus ni moins qu’une opé­ra­tion d’intox – reprise en coeur dans les média début novembre – menée par l’industrie de la Culture et des­ti­née à influen­cer le par­le­ment, qui doit voter la loi Hadopi en jan­vier pro­chain. C’est une chose de le dire, c’est autre­ment...
  3. Hadopi : la décision du Conseil Constitutionnel expliquée… … à la façon Mortal Kombat. Ça a le mérite d’être ori­gi­nal et didac­tique, et sur­tout écrit par deux juristes dont un avo­cat en acti­vité. Ils ont lu la déci­sion du Conseil Constitutionnel, et l’on inter­prété à leur manière. Détendez vous, tout va bien se passer… Analyse de la cen­sure du...
  4. Jim Kerr des Simple Minds donne son avis sur Hadopi Alors que peu d’artistes Français se sont levés contre Hadopi, il semble désor­mais évident que les artistes étran­gers sont d’un avis radi­ca­le­ment dif­fé­rent. Interviewé à chaud à la suite du vote de la loi Hadopi, Jim Kerr donne son avis sur la loi. ...
  5. « Hadopi est une mauvaise réponse faite par des gens désemparés » Patrick Waelbroeck est pro­fes­seur asso­cié à l’ENST au dépar­te­ment Economie et Science Sociale. Il y enseigne l’économie indus­trielle et l’économétrie. Il est déten­teur d’un doc­to­rat  obtenu à la Sorbonne et fait une par­tie de ses études à Yale. Ses recherches actuelles portent sur une approche à la fois pra­tique, scien­ti­fique...
  6. Suivre en direct les débats de l’Assemblée Nationale sur la loi Hadopi C’est notre confrère Numerama qui met en place une page spé­ciale pour suivre les avan­cées de la loi. Vous pou­vez aussi suivre les débats sur Twitter, tag #Hadopi. Enfin, vous pou­vez vous rendre phy­sique­ment à l’Assemblée, ou bien via la webtv en ligne. ...
  7. Cali se désolidarise des artistes Français pro Hadopi Alors que les artistes Anglais ont formé une coa­li­tion pour dénon­cer les majors dans leurs lutte contre les télé­char­geurs et demandent à ce que les « pirates » ne soient pas inquié­tés, le chan­teur Cali, auteur, com­po­si­teur et inter­prète, dénonce le projet de loi et se déso­li­da­rise des artistes pro Hadopi....

21 commentaires pour cet article

  1. Guillaume

    Si cet article vous a plus, vous pou­vez voter pour lui sur Fuzz et Scoopeo.

    Scoopeo : http://www.scoopeo.com/politique/comment-un-recent-sondage-ipsos-donne-tort-a-la-hadopi
    Fuzz : http://www.fuzz.fr/story/comment-un-recent-sondage-ipsos-donne-tort-a-la-hadopi-statosphere-les-statistiques-du-web-et-dailleurs

    Merci ! :-)

  2. AN

    Bon article, juste un détail que je trouve un peu trou­blant : il me semble dif­fi­cile de pou­voir pré­tendre à une réelle repré­sen­ta­ti­vité, sur l’ensemble des inter­nautes. Si des sta­tis­tiques natio­nales (recen­se­ment) existent bel et bien concer­nant l’ensemble de la popu­la­tion, et peuvent consti­tuer des objec­tifs per­met­tant de redres­ser l’échantillon ini­tial, il me paraît pro­blé­ma­tique d’obtenir ces mêmes stats sur l’ensemble des inter­nautes d’un pays de manière aussi exacte.
    Cela dit, si quelqu’un sait où trou­ver ce type de don­nées, fiables et récentes, pour la France, je suis pre­neuse, car c’est un pro­blème récur­rent dans le monde des études d’opinion et de marché.

  3. Donjipez

    Des chiffres qui parlent :) La dépêche AFP, suc­cinte, a connu un étrange des­tin. Peu (ou pas) reprise dans les médias, elle a fait un pas­sage éclair sur le site du minis­tère avant d’en être reti­rée mais on la trouve encore en cache : http://donjipez.wordpress.com/2009/09/21/le-sondage-qui-acheve-la-credibilite-de-hadopi/

  4. Pi

    Un petit flo­ri­lège d’études indé­pen­dantes qui arrivent aux mêmes conclu­sions que le son­dage IPSOS :

    http://www.laquadrature.net/wiki/Documents

    N’hésitez pas à venir l’enrichir (et à le traduire!)

  5. fransk26

    @donjipez: En fait la reponse se trouve sur le site du Ministere en ques­tion:
    “Grâce à cette rubrique, vous pou­vez consul­ter les 15 der­nières dépêches de l’Agence France-Presse sur le thème des médias. Classées par ordre chro­no­lo­gique, ces dépêches ne sont pas archivées.”

    Elle n’a donc pas ete reti­ree manuel­le­ment, elle a subi le sort de toutes les depeches AFP reprise sur ce site.

  6. Guillaume

    Pour répondre à AN et éclai­rer les gens qui ne connaissent pas le méca­nisme de créa­tion des échantillons :

    Première chose :

    Contrairement à la croyance popu­laire (et à bon nombre de trol­leurs qui ont pour fond de com­merce de cas­ser les ins­ti­tuts de son­dage), il n’est pas plus dif­fi­cile d’avoir un échan­tillon repré­sen­ta­tif sur Internet que par cour­rier ou télé­phone. Chacun des trois modes de recueil de don­nées pré­sente des avan­tages et des inconvénients.

    - Sur Internet, il est plus facile d’avoir des jeunes
    - Par cour­rier, il est plus facile d’avoir des vieux
    - Par télé­phone, il est plus facile d’avoir des chô­meurs et des vieux

    - Sur Internet et par télé­phone, il est plus facile d’avoir un échan­tillon final repré­sen­ta­tif, car les quo­tas peuvent être adap­tés en temps réel en fonc­tion des son­dés ayant répondu.
    - Alors que par cour­rier, on est obligé de se conten­ter des retours car il est sou­vent très oné­reux de réa­li­ser de nou­velles vagues pos­tales pour com­bler un défi­cit sur une cible.

    C’est pourquoi, les poids de redres­se­ment sont géné­ra­le­ment moins conséquents par Internet que par courrier.

    Pour autant, aucun de ces trois types de recueil de don­nées est meilleur qu’un des deux autres. Par contre, dans 99% de ces son­dages, les redres­se­ments ne sont pas colos­saux et n’induisent pas une défor­ma­tion. Car les panels d’institut sont régu­liè­re­ment réinjec­tés de popu­la­tions défi­ci­taires (il existe des ser­vices spé­cia­li­sés dans la four­ni­ture de pané­listes cor­res­pon­dant à des cibles difficiles).

    Deuxième chose :

    Dans le cas qui nous inté­resse, c’est encore plus facile puisqu’on cherche non pas à être repré­sen­ta­tif de la popu­la­tion d’un pays mais repré­sen­ta­tif des inter­nautes d’un pays, ce qui n’a abso­lu­ment rien à voir.

    En conséquence, l’échantillon peut être construit pra­tique­ment natu­rel­le­ment puisque les panels d’internautes d’instituts de son­dage sont très conséquents et que pio­cher 500 inter­nautes en res­pec­tant des quo­tas revien­drait PRESQUE à sélec­tion­ner 500 inter­nautes aléa­toi­re­ment. Bien sûr, ils ne le font pas : à toutes études repré­sen­ta­tives sont appliquées des quo­tas afin de maxi­ma­li­ser la pré­ci­sion des résultats.

    Troisième chose :

    En ce qui concerne le pro­fil des inter­nautes d’un pays, il est effec­ti­ve­ment assez dif­fi­cile de connaître la véri­table repré­sen­ta­ti­vité puisqu’il n’existe pas à pro­pre­ment par­ler de recen­se­ment d’internautes (contrai­re­ment au recen­se­ment clas­sique de la popu­la­tion réa­lisé par INSEE).

    Pour autant, chaque ins­ti­tut de son­dage dis­pose de son propre panel d’internautes dépas­sant par­fois allé­gre­ment les 10000 indi­vi­dus. Or, si on com­pare les dif­fé­rentes struc­tures de panel d’internautes d’un ins­ti­tut à un autre, on constate qu’elles sont rela­ti­ve­ment proches les unes des autres. 

    De fait, il n’est pas rare que les ins­ti­tuts com­parent leur struc­ture d’échantillon entre eux. Ils savent que ça leur per­met d’affiner leur repré­sen­ta­ti­vité. Par ailleurs, le recen­se­ment de la popu­la­tion française est tout de même un bon indi­ca­teur, puisqu’en plus de leur âge, sexe, pro­fes­sion, on leur demande de décla­rer s’ils sont inter­nautes ou pas.

  7. js

    C’est un détail, mais il manque un “r” dans le titre, à discrédite.

  8. Fabrice Epelboin

    cor­rigé :)

  9. Donjipez

    @fransk26 Merci de l’info. Ils auront été désa­voués par la machine un court moment quand même… :)

  10. Fabien Basmaison

    Un autre détail : “Le Canada a égale­ment eut” > “eu”. :)

    Et pour ce qui est de l’achat de DVD en Chine, je ne peux que sou­rire dans la mesure où les DVD ven­dus en maga­sins indé­pen­dants (donc hor­mis enseignes du type Carrefour etc.) sont la plu­part du temps des copies sous-titrées à l’arrache et dont le son et l’image sont par­fois bien pour­ries, voire pas syn­chro du tout.

    Merci pour l’article !

  11. Julien Appert

    “… plus la connec­tion Internet est rapide …”

    RAAAAAAH ! En français, on écrit conneXion avec un X.

    Voilà, désolé pour le com­men­taire non construc­tif, mais je ne peux pas m’empêcher de réagir à cette erreur bien trop commune.

    Maintenant que c’est dit, je peux conti­nuer ma lec­ture en toute sérénité ^^

  12. Julien

    Je vais me faire l’avocat du diable… 

    Je me demande : où veut-on en venir en s’opposant ainsi à Hadopi ? Qu’y a-t-il comme alter­na­tive valable en l’état actuel des choses ? Je pré­fère déjà Hadopi à la pers­pec­tive d’un pro­cès comme aux US dernièrement !

    Et puis que se passerait-il si on accep­tait le télé­char­ge­ment illé­gal ? Cela ne deviendrait-il alors pas réel­le­ment dan­ge­reux pour l’industrie du contenu si on ne sur­veillait plus du tout “le mar­ché noir des copies” ?

    NB: Je télé­charge de temps en temps illé­ga­le­ment, mais je suis effec­ti­ve­ment aussi consom­ma­teur légal (iTunes).

  13. birgi

    Enfin des don­nées pré­cises et une étude un peu plus docu­men­tée que les affir­ma­tions péremp­toires des uns et des autres.

    Par contre, la conclu­sion (“l’étude montre que le par­tage de fichiers est béné­fique et for­te­ment posi­tif à court et à long terme écono­mique­ment parlant”)est très rapide : je n’ai pas vu d’éléments écono­miques pré­sen­tés dans ce résumé.

    le télé­char­ge­ment “illé­gal” a un effet indé­niable en termes d’exposition et d’offre musi­cale sur inter­net, par contre de la à dire qu’il n’a que des effets posi­tifs sur le plan écono­mique, c’est un pas que je n’ose pas encore fran­chir : allez poser la ques­tion aux petits labels, dis­tri­bu­teurs et tourneurs

  14. Fabrice Epelboin

    @julien

    Il existe des alter­na­tives, comme la licence glo­bale
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_globale
    Par ailleurs, en l’état, la loi Hadopi per­met les deux, une sanc­tion pénale (comme aux US) ET la cou­pure de ton abonnement.

    @birgi

    De nom­breuses études montrent un apport posi­tif du P2P sur l’économie glo­bale de la musique et l’économie en géné­ral. Je te recom­mande la lec­ture (un peu longue) de ce billet qui les passe toutes en revue :
    http://fr.readwriteweb.com/2008/11/18/a-la-une/rapport-hadopi/

  15. Guillaume

    @Julien :

    Sauf que la loi HADOPI ne va empê­cher ni le télé­char­ge­ment illé­gal, ni le mar­ché noir des copies. Et puis depuis le temps, qui n’a pas encore com­pris que devant le pro­fit, les majors élar­gissent leur marge sans jamais se mon­trer plus géné­reux avec les artistes ? Pris à la gorge, les majors mettent les consom­ma­teurs et les artistes en porte à faux alors que cer­tains artistes com­mencent à com­prendre qu’il est bien plus inté­res­sant pour eux d’utiliser Internet et de s’autoproduire. C’est un vrai signe !

    @birgi :

    Les petits dis­tri­bu­teurs, labels et tour­neurs de la sphère hard rock et heavy metal disent qu’ils appar­tiennent au sec­teur le moins tou­ché par le télé­char­ge­ment illé­gal. Pourquoi ? Exposition com­mer­ciale moins forte, style musi­cal qui plait plus aux jeunes adultes qu’aux ados, pro­duc­tion glo­bale de meilleure qua­lité, artistes plus auda­cieux qui font pas­ser leurs inté­rêts après leur pas­sion, plus d’authenticité et j’en passe. Universal et Warner pour­raient bien cre­ver du télé­char­ge­ment illé­gal, je serais pré­sent pour leur enfon­cer la tête sous l’eau. :-)

  16. rem

    Bravo pour votre article, mais vous ne dites mot sur le com­man­di­taire qui a com­mandé l’enquête d’opinion.

  17. Guillaume

    @rem

    Exact, mais j’ai fourni tous les liens vers les sources des articles IPSOS et je n’ai pas trouvé de com­man­di­taire explicite…

  18. Anand

    A mon avis Hadopi ne fera que dépla­cer le pro­bleme, par contre je m’étonne quand même mal­gré tout de ces chiffres avec de tels écarts, et le fait que le pira­tage ne change qua­si­ment rien à la consom­ma­tion me parait un peu sur­pre­nant égale­ment… à long terme c’est plu­tot la catas­trophe annon­cée par­tout dans le monde.

  19. Fabrice Epelboin

    pour l’impact du pira­tage sur les ventes, je vous ren­voi au billet sui­vant : http://fr.readwriteweb.com/2008/11/18/a-la-une/rapport-hadopi/

  20. richard

    Bonjour

    éton­nant : au moment où cette loi entre au JO, un plug-in des­tiné à Firefox per­met de ne pas être surveillé.

    Plus de détails ici : http://securiteoff.blogspot.com/

  21. Paul

    J’ai lu cet article en espé­rant qu’il réponde à une ques­tion que je me pose depuis quelques temps :
    Quelle est l’importance en volume des échanges direct de contenu mul­ti­mé­dia? Genre je vais chez un copain avec mon disque dur externe, et je reviens avec 200 films et 40 Go de musique.
    En effet on ne parle que du P2P, mais j’ai l’impression qu’on ne traite ainsi qu’un bout du “pro­blème” si c’en est un. Je connais pour ma part beau­coup de per­sonnes qui ont des tonnes de fichiers acquis illé­ga­le­ment, mais qui n’ont jamais uti­lisé de sys­tème P2P.
    J’aimerai voir la tête du ministre de la culture si il appre­nait que les échanges directs sont plus impor­tants en volume que le télé­char­ge­ment illé­gal, ce que je soupçonne for­te­ment.
    En tous cas je n’ai pas trouvé la réponse à cette ques­tion. Peut être ais-je mal lu. En tous cas si quelqu’un a des éléments de réponse je suis preneur!

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  5. Statosphère, les statistiques du web et d'ailleurs :

    Comment un récent son­dage IPSOS donne tort à la HADOPI…

    Le 23 sep­tembre der­nier, l’institut IPSOS jetait lit­té­ra­le­ment un pavé dans la mare avec la publi­ca­tion sur leur site des résul­tats d’une enquête trai­tant entre autre, du télé­char­ge­ment illé­gal. La dépêche AFP rela­tant cette étude ne fut…

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    […] Le dis­cret son­dage IPSOS qui dis­cé­dite Hadopi | ReadWriteWeb France […]

  11. Hadopi - les contre-vérités du gouvernement mis en avant par un rapport | Gularu #web & blog :

    […] de ReadWriteWeb — C’est par ici ! A voir aussi sur le blog : Les médias sociaux : la socia­lé­co­no­mie est en […]

  12. Revue de Web du lundi 5 octobre 2009 [126] | Captain Web :

    […] y a bien sur quelques ten­ta­tives de contre-attaques comme HADOPI, mais je pense pou­voir dire sans me trom­per qu’elles sont aussi effi­caces qu’un cachet […]

  13. Les séries TV piratées toujours plus populaires | HADOPINFO :

    […] le droit d’auteur. Les Français n’étaient-ils pas d’ailleurs consi­dé­rés comme les cham­pions du monde du pira­tage ? Or, si la menace d’une amende ou d’une sus­pen­sion d’accès Internet aura sans […]

  14. Les français font partie de ceux qui piratent le moins :

    […] Steed, fidèle lec­teur de Korben.info m’a fait part de cet article publié sur RWW dans lequel Guillaume Main, ana­lyse un son­dage IPSOS inter­na­tio­nal ayant pour sujet le […]

  15. Hadopi, c’est du pipo* | Jeromecold's blog :

    […] [Source] Partagez cet article: […]

  16. Le blog de Romain PLANEL :

    […] Le site pour lire l’article de Guillaume Main […]

  17. Une semaine sur la toile 09/10/09. « La vie mobile. :

    […] Le dis­cret son­dage IPSOS qui dis­cré­dite Hadopi.  On nous aurait menti? […]

  18. HADOPI, mise à jour | TOUSSATOUSSA :

    […] vous recom­mande l’article, il est très bien […]

  19. Quelques liens #41 | Titlap :

    […] son­dage IPSOS qui dis­cré­dite les affir­ma­tions enten­dues avec le projet […]

  20. Un reportage d’Envoyé Spécial bidonné « :

    […] http://fr.readwriteweb.com/2009/10/02/analyse/discret-sondage-ispos-qui-󈻘 […]

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