Des chercheurs européens travaillent depuis longtemps sur des systèmes qui permettent à des applications internet de se réparer toutes seules. Le projet Selfman a pour objectif de fournir ce type de solution aux applications confrontées aux problèmes inhérents aux projet de grande envergure. D’après Peter Van Roy, le coordinateur du projet, « le défi majeur lorsqu’on crée de grosses applications est de faire en sorte qu’elles continuent à fonctionner sans avoir à les faire évoluer en permanence. Nous voulions rendre les grosses applications simples, pour que les problèmes de maintenance classiques soient gérés par le système lui-même. Cela va permettre à Interner de passer à la vitesse supérieure ».
Effectivement, il a raison.
Comment ça marche
Au sein du projet Selfman, il faut distinguer 4 parties principales pour permettre aux applications distribuées de s’auto-entretenir : auto-configuration, auto-paramétrage, auto-réparation et auto-protection.
Pour se configurer toute seule, une application a besoin de pouvoir suivre tous ses composants, des les mettre à jour si besoin, et de s’assurer que toutes les différentes parties sont en mesure de communiquer entre elles. Dans le système Selfman, un composant individuel peut être interrogé pour récupérer des informations, comme son numéro de version et les autres composants avec lesquels il interagit. Si son numéro de série révèle qu’il n’est plus à jour, une mise à jour s’effectue automatiquement.
La partie d’auto-paramétrage est un système qui implique que l’application puisse s’adapter automatiquement aux charges ainsi qu’aux changements ayant lieu parmi les différents nœuds du réseau. Ceci est rendu possible grâce à un algorithme qui détecte les surcharges, le plantage de nœuds et les autres problèmes.
La partie d’auto-défense du système Selfman a été la plus compliquée pour les chercheurs. Ils ont découvert que les systèmes les plus sûres sont ceux dont les nœuds ne sont pas liés directement mais ceux dans lesquels les nœuds peuvent communiquer avec d’autres nœuds en quelques étapes intermédiaires. Avec ces sorts de réseaux, surnommés réseaux en « petit monde », le service de sécurité de Selfman peut automatiquement repérer les comportements anormaux et éjecter les mauvais nœuds si besoin.
Les résultats jusqu’à présent
L’équipe a déjà eu des résultats encourageants. Par exemple, Sacalaris, un système open-source de stockage transactionnel robuste pour les services du Web 2.0 a gagné le premier prix dans le IEEE Concours International de Services Robustes en 2008. PeerTV, l’application de streaming vidéo pair-à-pair utilise aussi Selfman pour tester rapidement et évaluer un nouveau composant P2P. Il y a aussi une démo d’un wikipédia distribué qui permet de gérer plus de requêtes que la version actuelle et qui permet aux utilisateurs de collaborer sur le design du site.
Van Roy croit que Selfman représente la première étape vers un Internet composé d’application « incassables ». « Actuellement, nous n’en sommes qu’au tout début » dit-il.
Pour plus d’informations sur ces applications, consultez régulièrement ICT Results, une entreprise qui suit toute la recherche européenne, et qui va faire le point sur toutes les applications.
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06 octobre 2009 à 9:24
Il est vrai qu’il y a un monde entre le développement d’un site Internet et l’administration des serveurs nécessaires à son bon fonctionnement.
Si pour le premier le marché est très dynamique, c’est moins le cas pour le deuxième. Ravi de voir que des gens s’y intéressent !
06 octobre 2009 à 16:09
Petite remarque, ICT Results n’est pas une entreprise mais l’un des services de la Commission européenne visant à diffuser les résultats des projets de recherche, financés par l’UE, en matière de société de l’information. Le portail général est http://cordis.europa.eu/.