La ville de Portland en Oregon ouvre officiellement ses données

portland Le conseil municipal de la ville de Portland en Oregon (US) a voté récemment à l’unanimité l’ouverture de ses données aux développeurs tiers pour encourager des initiatives open sources.

De la même manière que les constructions de voie ferrées et d’autoroutes ont favorisé la croissance économique par le passé, donner aux développeurs informatiques la possibilité  d’accéder à un éventail large de données concernant la municipalité peut être à l’origine d’une nouvelle vague d’innovation.

« Cette [résolution] va augmenter l’efficacité dans la gouvernance locale… démocratiser les données publiques… et va susciter l’innovation au sein de la communauté de développeurs de haut vols qui vivent à Portland », a dit Skip Newberry en compagnie du Maire selon un article de Silicon Florist (un blog local consacré aux nouvelles technologies).

Le texte complet de la résolution est disponible ici en pdf (source Silicon Florist).

Portland a ainsi rejoint San Francisco, Chicago et Vancouver (Canada)  dans leur démarche importante de proposer les données municipales dans des formats qui permettent à des développeurs indépendants des construire de nouvelles applications utilisant ces données. Rendre les données municipales disponibles aux développeurs peut être l’équivalent contemporain en terme économique que la construction de routes et d’installations électriques qui permettent de créer de nouvelles entreprises et de mieux servir les gens vivants dans cette ville.

Portland n’est clairement pas novice en terme d’innovation technologique. C’est une ville où les bus municipaux ont leur propre app store, où il existe de nombreuses sociétés qui développent des applications mobiles comme Small Society (qui a développé les applications iPhone de Starbucks, WholeFoods…) et Urban Airship (infrastructure de push pour iPhone) et c’est la ville de Linux Torvalds (créateur de Linux), de Ward Cunningham (inventeur du wiki) ainsi que d’un tiers de l’équipe de ReadWriteWeb US entre autres geekeries.

Quelle est la prochaine étape ? Pourquoi pas plus de villes qui ouvrent leur données, l’adoption de standards pour publier ces données municipales en temps réel ? Une ville au Japon a annoncé qu’elle utilisera l’application de Réalité Augmenté Sekai Camera pour afficher des informations historiques sur les endroits de la ville. Voir des villes éloignées aller dans cette direction est un très bon début.

Paris, Lyon, Marseille ? Et en France ?

La France a beaucoup de retard en la matière. Comme Fabrice Epelboin le dit dans un article consacré à Data.gov :

« En France, il n’est à ce jour pas question de donner accès au public aux données de l’état, les programme concernant l’eDemocratie se limitant en réalité à de l’eAdministration, fournissant un service aux administrés mais en aucun cas des données publiques aux citoyens. »

A votre avis, combien de villes dans le monde vont ouvrir leurs données avant qu’une ville française ne le fasse ? Personnellement, je suis assez pessimiste. Mais il est vrai qu’avec tout le travail inutile et couteux que va représenter l’application d’Hadopi 2.0, le gouvernement aura probablement d’autres chats à fouetter… Si vous voulez vous laisser aller à des spéculations sur le nombre de villes, n’hésitez pas !

(image du phare de Portland en CC-by de Treehouse1977)


Recommandez cet article à vos amis

et rejoignez nous sur Facebook et Twitter...



5 commentaires pour cet article

  1. AbriCoCotier

    JE suis également pessimiste, mais davantage pour l’esprit français bien plus frileux que l’esprit anglo-saxon et américain, que pour les potentiels budgets à allouer.

    N’oublions pas que l’INSEE est spécialement conçu pour « traiter » les statistiques… c’est pas pour que d’autres aillent le faire à sa place. L’INSEE est avant tout un outil de contrôle de ce qui sort (les chiffres), donc il est hors de question pour l’instant de faire autrement (à mon avis).

  2. Gael

    Juste pour correction, il me semble que la photo d’illustration ne coincide pas avec la ville de Portland, Oregon qui est à une heure de la mer. Portland est connue pour ses nombreux ponts et non pas pour ses phares;-)
    Il y a sans doute eu méprise avec Portland, Maine.
    Pour la petite histoire, le nom de la ville de Portland a été désigné à pile ou face entre Boston et Portland qui étaient les villes d’origine des pionniers de cette cité.

  3. Fabrice Epelboin

    arg.. ca m’apprendra… je ne connais pas Portland, j’ai fais une recherche rapide pour une image en CC… sorry.

  4. calimaq

    Cette semaine a également été lancée une grande initiative d’Open Access aux données publiques en Australie. 59 bases publiques ont été placées par le gouvernement sous licence CC-BY et ouvertes largement à la réutilisation. Cette opération s’accompagne d’un grand concours national de mashup, que l’on peut suivre sur le site Mashup Australia : http://mashupaustralia.org/
    On imagine les effets en terme d’innovation, d’information, d’impulsion économique, mais aussi de renouvellement de l’image de l’administration que cette initiative va générer.
    Pour un peu, on aurait presque envie de devenir citoyen du pays des kangourous, non ?

  5. Fabrice Epelboin

    Il en faudrait beaucoup plus pour donner envie d’aller vivre en Australie (clic), mais c’est une information très intéressante… Thanks :-)

3 Trackbacks For This Post

  1. Tweets that mention La ville de Portland en Oregon ouvre officiellement ses données | ReadWriteWeb France -- Topsy.com :

    [...] This post was mentioned on Twitter by Ecriture Web. Ecriture Web said: #ReadWriteWeb La ville de Portland en Oregon ouvre officiellement ses données http://bit.ly/1Ma7MX [...]

  2. Filons de S.I.Lex #9 : le relevé des fouilles de la semaine « :: S.I.Lex :: :

    [...] Update de la soirée : Visiblement la ville de Portland dans l’Oregon a choisi elle-aussi d’ouvrir ses données…. [...]

  3. Atelier Communia “Les institutions de mémoire et le domaine public” – Barcelone 1 & 2 oct. 2009 (Compte-rendu et impressions) « :: S.I.Lex :: :

    [...] Les gouvernements et les institutions publiques peuvent aussi jouer un rôle décisif dans l’extension de ce domaine public fonctionnel, à la fois en édictant des lois étendant les usages couverts par des exceptions au droit d’auteur et en plaçant les oeuvres et données qu’ils produisent sous des régimes d’Open Access [voir ici un exemple en Australie et là dans la ville de Portland] [...]

  • A propos
  • Best of
  • Buzzing
  • Tags

ReadWriteWeb est un blog dédié aux technologies internet qui en couvre l’actualité et se distingue par ses notes d’analyse et de prospective ainsi que par l’accent mis sur les usages et leurs impacts sur les média, la communication et la société. Il est classé parmi les blogs les plus influents de la planète par Technorati et Wikio. Publié en cinq langues, il s'appuie sur un réseau de correspondants locaux en Nouvelle-Zélande, aux Etats-Unis, en France, en Espagne, au Brésil, en Chine ainsi qu'en Afrique francophone. Ses articles sont publiés dans la rubrique technologie du New York Times.


Partenaires

hébergement infogérance Bearstech
ATLN Association Tunisienne pour les Libertés Numériques

af83



Tunisie média

Appli iPhone


 

Recommandés



Activité sur le site