Facebook a annoncé cette semaine qu’il mesurera désormais ce qu’il appelle sa version du bonheur national, basé sur l’analyse des mots positifs et négatifs utilisés par les utilisateurs de la plateforme dans leurs statuts.
C’est un éclairage intéressant sur la perception qu’on les utilisateurs de Facebook à l’occasion de certains évènements comme Noël, la Saint Valentin ou Thanksgiving, c’est également un écho amusant à l’annonce récente du président Sarkozy qui veut mesurer le bonheur national brut (ou plus exactement le « bien être ») ainsi qu’à une étude Hollandaise ayant estimé le « bien être national brut » apporté par le partage de fichier en P2P à 100 millions d’euros.
Le nouvel index ainsi créé est intéressant, mais il est également frustrant tant il souligne à quel point Facebook dispose de données auxquelles il ne donne pas accès et qui pourraient donner lieu à une multitude d’analyses.

Il y a un an, nous écrivions sur le fait qu’un moteur d’analyse de sentiments pourrait constituer un énorme atout pour Facebook, cette possibilité – théorique – pourrait apporter des données tout aussi intéressantes que celles fournies, par exemple, par Google sur les recherches en temps réel lors des débats de la présidentielle américaine.
Voilà ce que nous imaginions pour Facebook à l’époque :
Imaginez les usages non commerciaux, d’intérêt public, que l’analyse de telles données pourraient apporter. Quand le plan de relance de 2009 a été annoncé à la télévision, quelle était la réaction des téléspectateurs âgés d’une vingtaine d’années vivant dans le centre des Etats Unis ? Quelle était la réaction de tel ou tel groupe par rapport à tel autre ? Comment cette réaction a-t-elle évolué dans les heures qui ont suivit – suite à des conversations ? Ces données sont non seulement intéressantes, mais potentiellement utiles, et pour la première fois dans l’histoire, elles sont potentiellement accessibles en temps réel, simplement en écoutant ce que les gens racontent à travers leurs status.
Malheureusement, ce n’est pas la direction que prend Facebook, un an après ces écrits, tout ce à quoi nous avons droit est un graphique simplet nous apprenant que les Facebookeur se sentaient tristes quand Heat Ledger est décédé et heureux à l’arrivée des vacances. C’est, le moins que l’on puisse dire, très décevant.
Il est plus que probable que d’ici quelques années, nous regardions cela et nous étonnions qu’une société se soit assis sur un tel trésor en l’exploitant aussi mal.
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07 octobre 2009 à 16:03
Je t’aime beaucoup Fabrice, mais nous sommes en plein vaporware Facebookien.
07 octobre 2009 à 16:12
Ben on est d’accord, oui, c’est bien l’analyse qu’on en fait ;-)
07 octobre 2009 à 16:24
Les gens deviennent des no life adeptes des réseaux sociaux mais pourront désormais afficher leurs bonheurs virtuels…
07 octobre 2009 à 16:27
est-ce vraiment pire que les couch potatoes de la génération précédente ? Au moins, ils sont plus actifs et plus sociaux que leurs ainés ne l’étaient avec une télécommande…
07 octobre 2009 à 16:39
Je dois être celui qui compatit le plus avec cette fermeture : ma thèse sur Facebook n’avance pas depuis des années à cause de ça — — mais leur passivité apparente cache deux réalités que vous avez déjà évoquées :
- révéler des données même très agrégées, c’est prendre le risque que, plus tard, avec des technologies de ré-association et des données futures, on en tire des informations personnelles ; ça peut paraître de la science fiction actuellement, mais je suis sûr que des chercheurs à Facebook travaillent à déterminer ce qu’ils peuvent révéler publiquement sans qu’il soit possible de revenir en arrière —— des questions distinctes d’entropie informationnelle, puisqu’on est confronté à des problèmes de spécularité intéressants, comme “S’ils n’ont pas été plus précis, c’est qu’ils savaient qu’on pouvait deviner quelque chose avec les détails, donc ces détails sont probablement…”
- ces études sont vendues, et c’est même leur principal modèle d’affaire (lucratif si on en croit leur récente déclaration de rentabilité) ; la majorité des sondages politiques ne sont pas publiés, et les études par questionnaires sur d’autres ne le sont pratiquement jamais —— rien de surprenant donc en combinant tout ce qu’on a (enquêtes chères, ultra-précises, révélatrices, explosives si combinées librement) que Facebook préfère que ces résultats restent confidentiels.
Le problème que ça ouvre, c’est qu’une institution privée dispose de données décisives pour la démocratie et le bien public et puisse les cacher. Comment s’appliquent les principes de non-assistance à personne en danger, dénonciations obligatoires face à une intelligence nouvelle ? Facebook doit-il stocker toutes les requêtes de ses employés pour prouver par exemple, qu’aucun ne savait qu’une crise financière se préparait et n’a rien dit ?
07 octobre 2009 à 16:44
Bonne remarque, pas sûr que l’exemple de la crise soit bien choisi, dans les milieux ‘autorisés’, tout le monde savait depuis longtemps, mais effectivement, la détention de telles données devrait un jour donner lieu à des devoirs autant qu’à des droits…
Tu ne crois pas ceci dit que FB s’oriente vert une ouverture relativement complète de leurs données (en prenant soin de garder de quoi vivre de leurs analyse) ??
14 octobre 2009 à 13:01
Dans le langage + que courant, nous utilisons beaucoup de négation pour intensifier quelque chose de positif. Comment leur logiciel va t il fonctionner ??
14 octobre 2009 à 18:52
Tout cela fonctionne avec des moteurs d’analyse de sentiments :
http://fr.readwriteweb.com/2009/08/28/analyse/analyse-semantique-sentiments-technologie/