Sports électroniques, le coup d’envoi est donné !

jaedong

C’est bien connu : les jeux vidéos abrutissent la jeunesse, coupent du monde réel et créent des troubles psychologiques chez les ados. Certes c'est une dérive des jeux vidéos, un point de vu extrême sur le sujet, souvent relayé par les médias pour informer des parents désemparés. Mais il existe un autre point de vu, lui aussi extrême, qui soutient que les jeux vidéos feront partie intégrante des sports de demain: ce sont les sports électroniques (e-Sports).

Les sports électroniques sont aujourd'hui en tout point comparables aux sports plus traditionnels que nous connaissons tous. On y retrouve différentes disciplines qui se pratiquent par équipe ou de manière individuelle: Warcraft III produit des faces à faces épiques tandis que Counter-Strike demande une cohésion d'équipe sans failles. Chaque pays a sa discipline de prédilection : les américains sont redoutables dans les jeux de tir alors que les jeunes coréens ont des joueurs de Starcraft sur leurs paquets de céréale. Il existe des e-sportifs de tout niveau: des joueurs du dimanche, des amateurs passionnés, des joueurs semi-professionnels et enfin des joueurs vivant de leur passion. Les sports électroniques ont progressivement affiné leurs règles et structuré leurs fédérations de manière à montrer la voie aux joueurs voulant devenir pro. On retrouve ainsi des ligues nationales qui permettent aux meilleurs équipes ou joueurs d'accéder à des événements internationaux. Championnats du monde, jeux olympiques et autres tournois internationaux rassemblent les meilleurs joueurs (et joueuses) du monde entier pour s'affronter. Aux derniers World Cyber Games pas moins de 70 pays étaient représentés. Et comme pour les sports traditionnels, ces événements, massivement suivis, attirent les annonceurs: la CPL (Cyberathlete Professional League) a ainsi distribué près de 3 millions de dollar de prix depuis sa création.

Les annonceurs et les sponsors investissent dans des clubs qui ont maintenant les moyens de rémunérer les joueurs. On assiste aux premières négociations de contrats et aux premiers transferts. Toutes les équipes professionnelles ont un ou plusieurs coachs, et même parfois des préparateurs physiques ou mentales. Et devinez quoi, certains joueurs vont jusqu’à avoir des fans clubs (celui de SlayerS_BoxerS, surnommé "l'Empereur" compterait plus de 600.000 membres). Ce dernier, au sommet de sa gloire, gagnait plus de $300.000 par ans. Riche, célèbre et respecté des autres joueurs, à la manière d'un grand maître d'échec, il aura inventé pendant sa carrière de nombreuses "ouvertures" dans le jeu de stratégie Starcraft (ex.). Dans les stars du moment on citera le hollandais Manuel "Grubby" Schenkhuizen (orc à Warcraft III), le polonais Filip "Neo" Kubski (la gâchette la plus rapide de Counter Strike) et le coréen Lee Jae Dong (zerg invincible à Starcraft).

e-Sport en France

Les sports électroniques sont donc aujourd'hui une réalité. Et même si ils ne sont véritablement populaires que dans un nombre limité de pays, leur développement est porté par la démocratisation de l'informatique et l'augmentation des débits. Comme le montre le contenu de la perle ci-contre l'écosystème de l'e-sport en France se structure lui aussi, reste à changer les mentalités. Au moment où la Corée investit près de 3 milliards de dollars dans un stade dédié aux sports électroniques, il serait temps de valoriser nos jeunes joueurs au lieu de diaboliser leur passion.

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11 commentaires pour cet article

  1. rom1

    Nous venons jus­te­ment d’ajouter la Discipline E-sport à la liste des sports éligibles sur sportganizer.com et espé­rons ainsi appor­ter notre modeste contri­bu­tion à sa struc­tu­ra­tion en France et dans les autres pays francophones.

  2. eMeRiKa

    Article inté­res­sant mais une telle vision idyl­lique de l’esport est éton­nante vu l’actualité récente.

    Il est clair que de plus en plus de joueurs jouent dans un esprit com­pé­ti­tif et que les consoles sont elles aussi des sup­ports pour le déve­lop­pe­ment de l’esport, en plus du PC.

    Néanmoins la crise a laissé des traces, les équipes et com­pé­ti­tions étant très dépen­dantes des spon­sors. Games ser­vices (créa­teur de l’ESWC, la coupe du monde des jeux-vidéo), MYM (l’une des plus grosses équipes mon­diales), les CGS (un show télé à l’américain autour de l’esport) ont tous pas­sés l’arme à gauche.

    La démo­cra­ti­sa­tion de l’esport se fait main­te­nant attendre depuis pas mal d’années, on regarde tous atten­ti­ve­ment le modèle de la Corée en atten­dant de voir le même phé­no­mène en Europe ou aux USA sans ne rien voir apparaitre.

    Toujours le même dis­cours néga­tif autour des jeux-vidéo (l’interdiction des LAN Counter-strike dans cer­taines régions d’Allemagne) par les médias, l’essoufflement des jeux CS, War3 même si Starcraft 2 et à un degrés moindre CS Promod devraient faire bou­ger les choses.

    Bref les sports élec­tro­niques ne sont qu’un épiphé­no­mène des jeux en réseaux pour le moment…

  3. Godefroy (@Skreo)

    Oulah, je ne suis abso­lu­ment pas d’accord pour asso­cier la notion de sport à ces dis­ci­plines !
    Le Poker, les Échecs, et beau­coup d’autres jeux ayant aussi des struc­tures orga­ni­sées avec com­pé­ti­tions, sponsors…etc existent depuis bien plus long­temps, et les appelle-on pour autant des sports ?
    Un sport désigne un exer­cice phy­sique, qu’il néces­site la force, l’endurance ou l’adresse…

  4. Stéphane Laborde

    Vous décou­vrez un phé­no­mène connu depuis 200 ans par le Jeu d’Echecs !

    6 mil­lions de joueurs licen­ciés dans le Monde, 400 mil­lions de joueurs loi­sir, 1000 clubs en France, des Champions du Monde Stars… les sports élec­tro­niques ont encore beau­coup de che­min à faire avant d’arriver au niveau du Roi des Jeux…

    Sur inter­net il y a envi­ron 300 000 joueurs d’échecs connec­tés à chaque ins­tant sur plus de 100 sites spé­cia­li­sés échecs…

  5. Nicolas Cynober

    Salut eMe­RiKa, la vision idyl­lique de l’article se vou­lait être jus­te­ment l’opposée du dis­cours néga­tif habituel.

    En effet tu fais bien de pré­ci­ser que la crise a tou­ché un sec­teur déjà fra­gile. Même si l’ESWC et la CPL ferment leur porte, je ne pense pas que cela reste long­temps un épiphé­no­mène. Les nou­veaux inves­tis­seurs de la CPL ont les poches profondes ;)

    On connait le suc­cès de World Of Warcraft qui a apporté beau­coup aux MMORPGs, mais final­le­ment assez peu aux com­pé­ti­tions. On peut ima­gi­ner que Starcraft 2 appor­tera un grand vent de frai­cheur. La suite début 2010 ;)

    @Godefroy. Les meilleurs joueurs effec­tuent plus de 400 actions par minutes (et de manière très pré­cise), dans ces condi­tions je t’assure que les par­ties deviennent physiques.

    @Stéphane. Attendons alors 200 ans pour voir ce que deviennent les sports élec­tro­niques ;) Le sujet est ici l’émergence de nou­veaux jeux qui se par­tiquent à niveau pro­fes­sion­nel — pas du nombre de licen­ciés de chaque sport pra­tiqué aujourd’hui dans l’exagone…

  6. Godefroy (@Skreo)

    @Nicolas : Pratiquez-vous un vrai sport ? 400 actions par minutes sur un jeu, ça va peut-être mus­cler les yeux, les doigts et les poi­gnets, certes. Ce n’est pas pour autant que c’est spor­tif. Un sport entre­tient la forme phy­sique, aussi bien au niveau mus­cu­laire que res­pi­ra­toire, sans par­ler de l’aisance avec son corps qu’il fait acqué­rir.
    Personnellement, je ne me limite pas à l’entrainement de mes doigts…

  7. Cosmic Frog

    @emerika: vu l’angle de Blizzard qui axe une part de son mar­ke­ting de Starcraft 2 autour de l’esport, je pense que les choses vont bou­ger avec Starcraft 2, ne serait-ce que parce qu’une démo­cra­ti­sa­tion du mul­tijoueur des jeux de stra­té­gie est à venir.

    @Godefroy: un joueur de Starcraft qui ne joue pas régu­liè­re­ment et qui n’entretient pas sa “forme phy­sique” perd son niveau extrê­me­ment vite. De plus, quelle dif­fé­rence fon­da­men­tale entre un sport pra­tiqué aux JO comme le tir à l’arc et un e-sport ? Les qua­li­tés recquises ne sont pas très différentes…

  8. Nicolas Cynober

    @Godefroy Il s’agit d’adresse, de pré­ci­sion et non de mus­cu­la­tion. Un peu comme le tir, qui n’est pas des plus phy­sique, mais qui reste un sport. Et en jouant à Starcraft 2 je suis sure de ne pas avoir à refaire une Latarjet (le méde­cins du sport apré­cie­rons) sur mon autre épaule ;)

  9. eMeRiKa

    Le débat sport / pas sport n’a pas vrai­ment lieu d’être. C’est comme son nom l’indique un “sport élec­tro­nique” qui par cer­tains côtés res­semblent énor­mé­ment aux com­pé­ti­tions spor­tives clas­siques, mais on ne pourra jamais dire que sport élec­tro­nique = sport. Godefroy a rai­son cela n’a phy­sique­ment rien à voir, inutile d’essayer de prou­ver le contraire !

  10. Paul-Henri

    J’ai plu­tôt été sur­pris à la lec­ture du titre et du contenu de l’article. Pour avoir été un addict au début de son apo­gée à Counter-Strike (dans les plus grandes heures de gloire du réseau IRC QuakeNet), pour avoir été un joueur “spon­so­risé” par une société privé, je peux vous dire que c’est loin d’être le cas par­tout et encore plus aujourd’hui.
    J’ai en effet l’impression qu’au contraire, le phé­no­mène c’est res­treint à une caté­go­rie très spé­ci­fique d’individus. J’ai été der­niè­re­ment au Festival du Jeu Vidéo et la visi­bi­lité de la com­pé­ti­tion était là, une zone spé­cia­le­ment prévu à cet effet, mais je n’ai pas accro­ché, j’ai trouvé ridi­cule la théâ­tra­li­sa­tion d’un jeu qui n’a même plus lieu d’exister compte tenu de sa fai­blesse tech­nique, tant au niveau du Gameplay que l’aspect gra­phique : je parle bien entendu de Counter-Strike 1.6 !

    La réa­lité devrait être que, à mon avis, les ins­ti­tu­tions qui ont émer­gés des phé­no­mènes de démo­cra­ti­sa­tion du jeu en réseau (comme cela a été dit dans ces com­men­taires) n’ont pas su géré de par leur non expé­rience des méca­nismes cultu­rels et socio-économiques. Par ces méca­nismes, j’entends par là que ces orga­nismes manquaient d’expérience pour établir une vraie oppor­tu­nité. Surtout que bien sou­vent, les gens ont manqué de qua­lité. Comprendra qui pourra…

  11. Paul-Henri

    Ah puis oui, il faut arrê­ter le “mas­tur­bing” sur des indi­vi­dus avec des pseu­dos sur leur tshirt !

    Les vrais exploits sont rare.

    P.S : Désolé pour les fautes d’orthographe dans le post pré­cé­dent mais la fatigue se fait sentir !

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