Dans un billet d’une candeur stupéfiante, le cofondateur de Spotify, Daniel Ek, partage la vision qu’il a de la situation actuelle du service de streaming en ligne et de son avenir. Le but principal de son billet semble avant tout de faire une mise au point sur le fait que même si Spotify est depuis peu devenu une startup iconique dans l’univers de la musique, elle est encore loin d’avoir un modèle de revenu stable.
C’est cependant bien son but : toujours selon Daniel Ek, les fondateurs de Spotify se sont embarqués dans une longue aventure et n’ont nullement l’intention de vendre leur entreprise en cours de route. Mais la société est loin de générer des revenus et doit encore se battre contre des coûts de licences exorbitants exigés par l’industrie de la musique, sans pour autant rencontrer de succès significatif avec leur modèle gratuit financé par la publicité.
Ne vous attendez pas à un succès du jour au lendemain
Selon Daniel Ek, l’idée d’un succès rapide est fausse et dangereuse, car elle nourri l’espoir d’un possible avenir pour la musique en stream. Il en appelle à la raison auprès de l’industrie musicale qui s’attend à voir un modèle économique validé dans les mois qui suivent un lancement. “Ce n’est pas comme cela que ça marche”, insiste-t-il, rappelant que iTunes n’était pas, au départ, la machine à cash qu’elle est aujourd’hui, et que durant sa première année, la boutique d’Apple avait raté son objectif de chiffre d’affaire de 30% alors que la plupart des responsables de label prévoyaient sa disparition.
Bien que Daniel Ek réalise à quel point la comparaison entre iTunes et Spotify est limitée étant donnée leurs modèles économiques très différents, son point reste cependant valable : le succès n’arrive pas du jour au lendemain.
Spotify, qui est très populaire en Europe, finalise les signatures de contrats qui lui permettront de se lancer sur le territoire américain. Ceci dit, au stade où en est le produit, il lui reste encore beaucoup de chemin à parcourir tant en terme d’offre que de monétisation. Daniel Ek reconnait que l’acte d’achat – le fait d’acheter un single à l’écoute – est loin d’être évident : 80% des utilisateurs de Spotify ignorent que l’application leur offre cette possibilité, ce qui n’empêche pas Spotify d’être un très gros vendeur. Une ressource inexploitée, donc.
L’autre grand défit que doit affronter Spotify est la course à la rentabilité car le coût des licences, en particulier pour les modèles économiques sous tendant la diffusion gratuite financée par la publicité, est totalement prohibitif. Last.fm a par exemple supprimé ses formules gratuites pour ces même raisons.
L’industrie de la musique doit changer
Pour le cofondateur de Spotify, l’industrie de la musique doit changer d’attitude et affronter son avenir plutôt que se battre contre lui. Pour renouer avec le succès, cette industrie doit réaliser que les nouveaux modèles de revenus sont “un mix entre la publicité, le téléchargement, les abonnements, la vente de billets” et où la clé du succès viendra “d’un packaging approprié des droits d’accès et de la portabilité de ceux-ci”.
Si elle est prêt à s’adapter, l’industrie pourrait générer jusqu’à 40 à 50 milliard de dollars et devenir plus puissante qu’elle ne l’a jamais été, mais d’ici là, il reste du chemin à parcourir pour Spotify, ainsi que pour l’ensemble des startups de la musique en stream qui doivent avant tout affronter l’obscurantisme des détenteurs de droits, persuadés qu’il peuvent arrêter le temps et revenir à l’âge du vinyl avec l’aide de quelques politiciens, tout autant décidés à arrêter le temps.













14 octobre 2009 à 20:34
J’ai un peu de mal à croire que l’industrie de la musique puisse changer comme ça et surtout générer autant de profits grace à internet… Même si les solutions de paiement évoluent, les plus efficaces sont déjà abusives et je ne crois pas que tout ça marche des masses dans un monde où désormais tout sera toujours à portée de main gratuitement.
14 octobre 2009 à 22:31
Daniel Ek soulève les 2 problèmes liés à la musique en stream.
1. La vision rétrograde des majors qui persistent à considérer la musique en ligne comme un CDthèque. Et par conséquent, les prix inadaptés qui en découlent.
2. S’en suit la difficulté pour Spotify et frères de trouver un modèle économique fiable.
J’apprécie sa vision long terme de Daniel Ek :a contrario de la plus part des startups et de leur leitmotiv « le modèle économique pérenne ? on verra plus tard », Spotify fait le pari de l’avenir. Je crois beaucoup à leur modèle économique, notamment avec l’intégration mobile et autres terminaux universels. Egalement, j’imagine que pour des raisons de coup, la version gratuite devrait disparaître au profit d’une version d’évaluation. La startup cherche donc a obtenir une certaine maturité si j’ai bien compris le message d’Ek.
En revanche, je me pose une question. Certes, nous vivons une période de transition entre 3 modèles : le « physique » (achat de CD, etc), le micropaiement (Itunes) et l’illimité streaming. Le risque de ce dernier modèle n’est-il pas dans la multiplication des startups « court terme » ?
15 octobre 2009 à 1:36
Certes, mais en même temps, que risquez vous vraiment ? De perdre vos playlists ? C’est pas un drame ;-) On n’a pas à faire à une bulle financière, à un risque systémique pour le réseau ou quoi que ce soit de bien grave…
C’est clair que dans le stream, il y aura beaucoup de morts, mais ce ne sont que des morts virtuelles ;-)
15 octobre 2009 à 21:17
Je pense que c’est important de demander la possibilité de pouvoir exporter/importer ses playlists sur ces nouveaux services. Ces services n’en seront que plus crédible vis-à-vis de nous (surtout qu’une playlist ca prend pas plusieurs GB)
L’autre point qui me parait primordial est qui manque cruellement, c’est la possibilité d’intégrer dans ces services, au minimum pour soi, au mieux avec ses amis, une collection de titres qui ne sont pas sur ces sites.
Le problème, c’est comme si il y’a qq années des producteurs refusaient de vendre leurs CD à la FNAC! refuser de metter des titres sur Spotify, c’est pareil, c’est ce qui encourage le piratage depuis le début.
15 octobre 2009 à 21:20
Une précision je suis à la fois abonné premium (10€/mois) de spotify et pirate sans aucun complexe quand ce que je cherche n’est pas légalement sur internet.
15 octobre 2009 à 21:25
Il existe un format de playlist ouvert, XSPF (il y en a peut être d’autres, je ne suis pas sûr). Le problème, c’est que cela faciliterait le transfert des clients d’un service à l’autre, et donc il n’y a que très peu de chances qu’ils s’y mettent.
Regardez le networking social, où un tel standard existe depuis des lustres, FOAF, qui n’est pour l’instant proposé par aucun des grands nom du secteur…
Bon, ceci dit, avec des API, il est permis d’espérer que quelqu’un fasse un petit script…
30 octobre 2009 à 13:41
je vais essayer, mais la vrai nouveauté sera quand on pourra enfin écouter et acheter de la musique en qualité audio cd et trouver toute les titres d’un artiste jusqu’à maintenant cela n’existe pas, les itunes etc ne propose qu’un catalogue assez pauvre et la qualité audio est horriblement mauvaise.
on a déjà perdu en qualité en passant du vinyle au cd mais les formats compressé c’est affreux tout les subtilités du son disparaissent
mp3 etc > pas plus de 320 kbts
audio non compressé > plus de 1411 kbts mininmum
vinyle > format analogique donc non encodé, les fréquences couvertent sont plus large que celle du cd audio actuelle !