Yahoo! a commencé, après tout, comme un annuaire de liens collectés à la main et soigneusement classés. Le géant (aux pieds d’argiles) revient aujourd’hui au curatoring de liens avec son dernier projet dirigé par le journaliste Andrew Golis, débauché de chez Talking Point Memo, l’une des plus belles références qui soit en matière de journalisme en ligne.
“Le site sera une combinaison de curatoring de liens et de reportages exclusifs” rapporte Golis sur son blog personnel, “avec des liens sociaux et des écrits pointus et malins”, “Je vais mettre sur pied une équipe pour amener les sites d’informations les plus populaires des Etats-Unis dans l’économie du lien”.
On imagine facilement que ce nouveau site sera alimenté par une multitude de technologies de recherche destinées à mettre en avant les meilleurs contenus, mais en créant ce genre de site, Yahoo! surfe sur l’impression partagée par de nombreux internautes concernant le rythme frénétique des flux d’information : ils sont plus intéressants à parcourir s’ils savent combiner un éditorial composé par des hommes et des algorithmes. Le curatoring de lien est un sujet chaud depuis un bon moment, et cela ne peut que s’accentuer à l’avenir, le métier de curateur de liens pourrait même devenir particulièrement recherché.
(via niemanlab.org)













30 octobre 2009 à 10:36
Ca fait plaisir de voir que Yahoo! se distingue de Google Reader avec ce service. Mais ce concept me fait penser à une petite start up française http://smallbrother.info
31 octobre 2009 à 18:04
@Benamails
Pas vraiment, Smallbrother et consort ne sont que l’aggrégation de liens réunis par des veilleurs, là, on a en plus une multitude de technologies de recherche issues de Yahoo!
01 novembre 2009 à 15:03
« Le curatoring de lien est un sujet chaud depuis un bon moment, et cela ne peut que s’accentuer à l’avenir, le métier de curateur de liens pourrait même devenir particulièrement recherché. »
Qu’est-ce donc que ce nouveau mot ? Curatoring ? Curateur de liens ???
Je dois être has been, jamais entendu parlé de ça jusqu’à aujourd’hui…
Détour su wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/Digital_curation
Ok, pas de traduction de l’article en français, voyons curator : http://en.wikipedia.org/wiki/Curator
Intéressant, en plus il y a une traduction en français : http://fr.wikipedia.org/wiki/Conservateur
Tiens en plus il y a un lien : http://fr.wikipedia.org/wiki/Archiviste
Dixit :
Les tâches de l’archiviste sont au nombre de quatre :
Collecter, c’est-à-dire faire entrer dans les archives tous les documents qui ont vocation à s’y trouver et seulement ceux-là, ce qui implique d’y faire un tri entre ce qui mérite d’être conservé et ce qui peut être détruit ; cette capacité à choisir est d’ailleurs la compétence première de l’archiviste, qui est d’abord « celui qui sait détruire » ;
Inventorier, c’est-à-dire décrire le contenu des documents archivés en élaborant des instruments de recherche afin qu’on puisse retrouver facilement le(s) document(s) dont on a besoin ;
Conserver, c’est-à-dire protéger les documents archivés de tout ce qui pourrait menacer leur intégrité, que ce soit des détériorations dues à des causes naturelles (feu, dégâts des eaux, micro-organismes, etc.) ou des actes de malveillance ;
Communiquer, c’est-à-dire rendre matériellement et intellectuellement possible la consultation du contenu des documents, en faisant connaître l’existence de ceux-ci, en fournissant des renseignements à leur sujet, en publiant les plus intéressants, en faisant reproduire et diffuser les plus fragiles ou les plus demandés, etc.
Voilà, tout ça pour dire que le terme « curateur de liens » ou « curatoring de liens » ne me parlaient pas du tout, en plus ça fait un peu le mec qui se cure le nez non ? Etant donnée l’importance du sujet, on pourrait peut-être trouver une traduction qui écorche un peu moins les oreilles, qu’en pensez-vous ?
01 novembre 2009 à 15:07
Ben c’est un peu tard pour imposer une terminologie, le terme curateur de liens est hérité du curateur (de musée), je n’avais pas fait le rapport avec le fait de se curer le nez, c’est vrai que ce n’est pas heureux, mais ca fait plusieurs années qu’il est en usage, et preuve en est qu’il décrit parfaitement ce métier, en trois lien wikipédia, tu en a déduit une définition parfaite… C’est moche, mais c’est clair ;-)
01 novembre 2009 à 16:30
Merci pour ta réponse Fabrice. Je n’ai aucunement l’intention d’imposer quoi que ce soit, je me suis simplement posé la question de savoir ce que ce mot voulait dire. Il me semble que le terme « curateur de musée » est fort peu utilisé, je ne le connaissais pas et Google pas beaucoup plus que moi visiblement (3 pages de résultat).
Sinon la définition que j’ai reproduite est celle d’archiviste bien que la traduction stricte du mot curator semble être conservateur plutôt qu’archiviste.
01 novembre 2009 à 16:42
Je crois que curateur à une dimension supplémentaire concernant la mise en valeur et l’organisation d’exposition (e.g. éditorialisation de liens) qui est peu présente dans la notion d’archiviste…
Quoi qu’il en soit, le mot, si mes souvenirs sont bons, a été introduit en France par Eric Scherer d’AFP-mediawatch, et recouvre complètement la définition que tu en donne :-)
02 novembre 2009 à 1:46
Dans ce cas ne parle t-on pas plutôt de conservateur de musée (qui effectivement est chargé de constituer et nourrir une collection, de la mettre en valeur, d’organiser des expositions) ?
02 novembre 2009 à 10:32
Je crois bien que celui qui organise les expos dans un musée, c’est le curateur, le conservateur, c’est autre chose.
02 novembre 2009 à 11:01
Effectivement, il semblerait que le curateur d’exposition (ou curator) est un terme apparu récemment pour désigner le commissaire d’exposition. Dans ce cas, il y aurait sélection dans le but de fournir une interprétation personnelle, en accord ou non avec le travail des artistes (voir http://www.paddytheque.net/article-2883391.html).
02 novembre 2009 à 11:07
Yep, absolutely. En terme de curatoring de liens, ca corresponds à une « éditorialisation » des liens.
02 novembre 2009 à 11:22
Ok, je me pose alors la question suivante : existe-t-il une différence entre un curateur de liens et un journaliste de liens ? Le curateur fournit une interprétation, est-ce en accord avec « l’objectivité » attendue de la part d’un journaliste ?
02 novembre 2009 à 11:29
Bonne question… Faudrait demander a Eric d’AFP Mediawatch…
A priori, un journaliste, en France, n’est pas censé donner un point de vue, la différence pourrait etre là, ceci dit, c’est un mythe, il suffit de lire le Figaro ou le Monde pour s’en apercevoir, donc j’aurais tendance à dire qu’il n’y a pas grande différence…
02 novembre 2009 à 15:07
Salut
La traduction de « currator » nous pose un problème en effet depuis longtemps. ;-)
Le terme désigne bien en anglais les conservateurs de musée, mais je crois que dans notre cas il fait référence aux commissaires d’exposition.
Le travail de ces derniers consiste à rassembler les éléments d’une exposition, à effectuer à leur sujet un travail de vérification et de documentation, puis un travail de rédaction (notices de présentation des éléments de l’exposition et édition de son catalogue).
Vu comme ça, en français, c’est le terme de journalisme de liens qui me semble convenir le mieux.
Au passage : Dans la pratique française, la conception du journalisme n’exclue nullement la prise de position, l’analyse et l’interprétation. La conception d’un « journalisme objectif » est en réalité surtout américaine. On ne crois guère, dans le journalisme français, que l’objectivité soit possible dans le « tempo » du journalisme. L’objectivité relève du domaine des scientifiques, de leurs méthodes longues et précises, et de leurs très lourdes procédures de vérification et contre-vérification.
On met en avant plutôt dans le journalisme français les critères d’honnêteté et de sincérité, et le travail de vérification par confrontation des sources (tout ça reste théorique, bien entendu…).
Le journalisme recouvre en réalité plusieurs métiers très différents, dont certains restent invisibles, car ils opèrent « en coulisses » et sont donc méconnus du public. Ainsi les métiers qui relèvent du « journalisme technique », liés à l’édition et à la fabrication. Il s’agit des secrétaires de rédaction, chefs d’éditions, etc. On peut considérer que le journalisme de liens/currator relève en partie de ce journalisme technique.
Voilà mon point de vue. ;-)