Dictature 2.0 : think global, act local

1984-hadopi-loppsi Selon un projet de traité commercial international jusqu’ici secret, un accord multilatéral de lutte contre la contrefaçon annoncerait l’arrivée de temps sombres pour les fournisseurs d’accès internet et les internautes dans un futur proche.

Un chapitre, rédigé par les américains, imposerait aux fournisseurs d’accès internet de faire la police des contenus utilisateurs, de couper l’accès internet de ceux qui porterait atteinte aux copyrights, et de censurer les contenus accusés de les violer, et ce sans la moindre preuve apportée pour soutenir l’accusation. Ce même chapitre interdirait totalement toute manœuvre visant à contourner les DRM, même pour accéder à son propre travail.

J’en ai rêvé, Sony l’a fait.

Les Etats-Unis on rédigé ce chapitre dans les conditions les plus strictes possibles du secret afin d’en assurer la confidentialité. Seul 42 personnes, comme des représentants de Google, d’Intel, de Verizon, de Time Warner, de Sony, de News Corp, d’eBay, et bien sûr de la MPAA et de la RIAA, ont eu accès au document après avoir signé des accords de confidentialité particulièrement stricts.

Les politiciens impliqués dans la rédaction de ce document sont par ailleurs lourdement financés par l’industrie de la culture et des média, on trouve parmi leurs généreux mécènes des entreprises comme Sony, Time Warner, News Corp et Disney.

Comme d’autres sections de ce projet de traité, plusieurs portions ont fait l’objet de fuites et se sont retrouvés en ligne. En l’état de nos informations, les fuites suggèrent que les internautes à travers le monde vont se retrouver sous un régime où les perquisitions numériques arbitraires, les violations de la vie privée, le principe de la présomption de culpabilité et des mesures destinés à mettre fin aux pratiques de partage de fichiers, aux logiciels libres, au téléchargement, à la culture du remix et à nombre de libertés fondamentales seront la norme.

Visiblement inspiré du traité commercial passé entre la Corée et les Etats-Unis, le traité imposera aux fournisseurs d’accès d’assurer le rôle de policiers vis à vis des activités de leurs utilisateurs au regard de possibles atteintes au copyrights. Les fournisseurs d’accès seront par ailleurs tenus responsables pour tout contenu copyrighté passant illégalement dans leurs tuyaux. C’est un rêve sur le point de devenir une réalité pour l’industrie de la Culture et un cauchemar pour les fournisseurs d’accès à internet et les internautes.

“Pour prétendre se mettre à l’abri des poursuites”, écrit Michael Geist, qui a publié l’essentiel des fuites du projet de traité, “les fournisseur d’accès internet devront établir des règles pour dissuader le stockage et la transmission de contenus litigieux. Les dispositions [...] incluront des règles pour mettre fin aux abonnements dans certaines circonstances”. Cela impliquerait que le dispositif de la riposte graduée, inauguré en France, s’appliquerait à quiconque accusé de violer le copyright de quelque façon que ce soit. Un lip-sync, un photomontage, ou même une photo de votre moitié posant fièrement devant la tour Effeil est, rappelons le, une infraction aux copyrights.

Les fournisseurs d’accès seraient obligés de couper l’accès internet d’un utilisateur pour quelque atteinte aux copyright que ce soit, et ce après trois plaintes déposées par un détenteur de droits.

What else ?

Geist continue et commente : “Censurer un contenu suite à une simple demande [ndlr: une pratique déjà en œuvre chez Dailymotion], et qui n’est pas conforme – pour l’instant – à la loi Canadienne [Geist est Canadien] ni même requis par l’organisation internationale de la propriété intellectuelle, serait requis par le traité”. Autrement dit, qu’un contenu viole ou pas un copyright serait décidé de façon parfaitement arbitraire, son simple signalement suffirait à sa censure, sans autre forme de procédure.

La censure aurait lieu sans la moindre prise en compte de notions juridique telles que le Fair Use, un élément critique de la loi sur la propriété intellectuelle dans le dispositif législatif américain, considéré par beaucoup comme une pièce fondamentale de la liberté d’expression (lire à ce sujet ‘Culture Libre’ de Lawrence Lessig, plus que jamais, une lecture indispensable).

Cette législation, qui reflète celle du Digital Millenium Copyright Act, serait instaurée dans toutes les nations signataires du traité.

Cerise sur le gâteau, le traité inclue une interdiction formelle de contourner les dispositifs de DRM (protection logicielle des contenus) ainsi que toutes les mesures de protections que l’on trouve dans des logiciels ou sur du matériel, tout comme une l’interdiction d’importer et de distribuer les outils permettant de contourner ces protections. Là aussi, cette interdiction ne prend nullement en compte les circonstances ou le fait d’être propriétaire du contenu (une spéciale dédicace pour les hackers, en quelques sorte).

Nos amis de l’Electronic Frontier Foundation, grands gardiens des libertés sur internet, on fait la déclaration suivante :

“Les négociateurs Américains mettent au point une législation qui portera atteinte à l’industrie des technologies américaine et aux citoyens du monde entier. La riposte graduée est la priorité de l’industrie de la Culture [...] Le texte de l’ACTA ouvre la porte à des changements majeurs dans les régimes appliqués à internet depuis le milieu des années 90, qui préservaient un status quo. Ces régimes ont permis et porté à la fois une innovation technologique phénoménale et une avancée de la liberté d’expression dans un monde où les contenus générés par les utilisateurs ont fait leur apparition, choses que nous considérons comme acquises aujourd’hui.

Les citoyens Européens devraient également être concernés et indignés [ndt: tu m’étonnes]. En l’état, le traité apparait comme incompatible avec les directives européenne et les lois nationales existantes”

What’s next ?

Plus que jamais, après la trahison de Catherine Trautmann (député PS Européenne) lors des dernières négociations du paquet Télécom à Bruxelles [update: l'accord final est finalement positif pour l'internet Libre], l’enjeu des prochaines élections est critique, c’est la dernière occasion pour faire en sorte que les dirigeants politique entendent l’opinion de la population et cessent de n’écouter que la voix des lobbys. L’enjeux est désormais clair, il ne s’agit plus du tout de défendre un quelconque piratage, mais de ne pas prendre la voie d’une société réprésive basée sur la surveillance généralisé, des enjeux parfaitement décris par Orwell dans 1984. Le monde d’Orwell est bel est bien celui décrit par ce traité, la seule chose qu’Orwell n’vaiat pas prévu, c’est que cela aurait lieu sur internet et non dans la vie réelle.

Les élections dans les années qui viennent – le temps qu’il nous reste avant que ce traité deviennent une réalité, sont la dernière occasion pour lutter contre cet avenir qui s’annonce de façon démocratique. La seule alternative, après demain, sera de l’ordre de la résistance, et ne passera vraisemblablement pas par les voie de la démocratie.

Ce traité est également une réponse cinglante à ceux qui, comme moi, voyaient dans Hadopi, le résultat de l’ignorance de la classe politique et refusaient de croire à une théorie du complot.

La position de la France [mp3:play:La Marseillaise] est, à ce moment de l’Histoire, unique et décisive. Nous avons été le territoire d’expérimentation de la riposte graduée, nous somme à l’avant garde de cette lutte que les américains observaient jusqu’ici d’un œil distant et amusé, et qui s’avère aujourd’hui globale et mondialisée. La bataille d’Hadopi est belle et bien une bataille, un épisode, pas plus, le début d’un période qui s’annonce longue, et cette bataille est très loin d’avoir été perdue.

En forçant les politiques à dévoiler leur incurie et leur ignorance, ces derniers ont laissé des traces indélébiles qui seront très sévèrement jugés par les générations futures, quand l’écrasante majorité de la population considèrera comme tragi-comique la confusion entre firewall et openoffice, quand, d’ici à quelques années, Hadopi sera enfin appréhendé par toute une population comme le début de l’instauration d’une dictature numérique, où les tyrans sont des industriels et non des politiques (bien que dans bon nombres de pays la distinction soit subtile).

La bataille d’Hadopi, épisode exotique aux relents comiques, qui a tourné en ridicule bon nombre de politiciens Français au point de faire trembler les puissants et de ruiner carrières et réputations, est désormais une guerre mondiale. Si ce traité est mis en application, les conséquences sur la démocratie telle que nous la connaissons, sur la culture, sur le monde de demain, seront phénoménales, et nous avons, nous, petits Français, un savoir faire à partager avec la terre entière.

Demain, des dizaines de batailles similaires aurons lieu aux quatre coins du globe.

Identité Nationale

La lutte menée par les opposants à Hadopi et celles qui ont suivit (#mitterrand, #jeansarkozypartout, etc) sont un phénomène pour l’instant assez unique dans les grandes démocraties du monde, à ce titre, c’est une nouvelle et moderne composante de notre identité nationale. Ce billet sera donc une modeste contribution au débat participatif initié récemment par celui qui fut naguère secrétaire d’état à l’économie numérique. Ecoutez bien les paroles, finalement, ça n’a pas pris une ride, et il y a de quoi être fier, non ?

http://www.dailymotion.com/videoxy05i

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59 commentaires pour cet article

  1. Dominique Rabeuf

    Ceci ne va pas faire plai­sir à la NSA.
    N’oublions pas qui sont les prin­ci­paux contri­bu­teurs connus de TOR.
    Cela res­semble à un futur grand coup d’épée dans l’océan.

  2. fbparis

    Pourquoi ne pas com­men­cer par boy­cot­ter tout ce qui est “copy­righté” ? L’industrie “cultu­relle” n’a de cultu­relle que le nom et on peut très bien s’en pas­ser, ce serait un juste retour des choses.

  3. Fabrice Epelboin

    @Dominique

    Oui, la NSA et les ser­vices Secrets Britanniques sont nos alliés… ca fait bizarre, hein ? Du coté des RG Français, leur récent rema­nie­ment fait qu’on ne peux visi­ble­ment pas trop comp­ter sur eux… Faut que je ponde un article là dessus.

    @fbparis

    Absolument, il faut taper au por­te­feuille, pas évident à faire et à orga­ni­ser, et cela sort tota­le­ment du cadre de ce blog, mais c’est une piste à l’étude qu’il faut abso­lu­ment mettre en œuvre. Pour mémoire, Nokia, quand le scan­dale Iranien a éclaté, a perdu plus de 10% en bourse, c’est ce type d’action qu’il faut désor­mais mener. Les blogs arrivent bien à flin­guer les poli­ti­ciens, il n’y a pas de rai­son que les entre­prises soient à l’abri.

  4. Thierry Lhôte

    Si l’information “secrète” que tu relaies concerne une volonté glo­bale, Fabrice.

    Il fau­dra se poser la ques­tion de savoir si Obama a plu­tôt été élu par l’argent des indus­tries cultu­relles et celui du milieu finan­cier, plu­tôt que du mythe de la petite obole appor­tée par chaque amé­ri­cain sur le site Web de cam­pagne, qui nous a fait croire à l’ange “qui com­pre­nait mieux l’Internet que qui­conque”. Cette der­nière infor­ma­tion a bien mani­pulé tout le monde, 

    Quant à l’alliance pos­sible des usa­gers et des ISP, face à la col­lu­sion des Etats et des four­nis­seurs de contenu, les fabri­cants de sof­ware se ran­geant cer­tai­ne­ment du côté du plus fort, vu qu’il appa­raît à pré­sent qu’Obama ne veut pas rigo­ler en ayant ins­tallé tous ses potes au bons endroits du sys­tème.
    C’était un magni­fique coup stra­té­gique d’avoir fait jouer et assu­mer le rôle de méchant aux ISP, grâce à l’enfume de la neu­tra­lité.
    Parlez moi de ceux qui se tirent dans le pied… ;-)

  5. Fabrice Epelboin

    Pas très cohé­rent…
    D’une part, j’ai dénoncé dès le départ l’arnaque des petites oboles finançant Obama, d’autre part, la net neu­tra­lity et son res­pect est, avec la sécu­rité natio­nale (cf com­men­taire de Dominique), un rem­part effi­cace contre tout cela. Donc, oui, plus que jamais, la Net Neutrality est un rem­part contre la dictature.

    Sinon, oui, tu as rai­son, il va fal­loir qu’Obama s’explique la dessus.

  6. Thierry Lhote

    La neu­tra­lité n’est pas un rem­part, car une fois de plus je te rap­pelle que ses idéo­logues ne prennent en compte que les ISP. Avoir des tuyaux neutres, beau pro­grès, car rien n’empêche de se faire ins­tal­ler un petit ser­veur résident par “Disney” ou “Sony” pour moni­to­rer sa connexion à l’Internet. L’avantage ? bah mieux télé­char­ger ou strea­mer de chez Disney, ou Sony, et puis à l’occasion bien véri­fier qu’il n’y ait pas un gramme de fichier non DRMisé qui passe par le canal ou qui soit sur le disque dur…
    Il y a des prin­cipes supé­rieurs dans la démo­cra­tie qui s’occupent de cela, beau­coup mieux que la neutralité.

  7. Sylvain

    Tout cela confirme en tout cas la thèse de Guillaume Champeau de Numérama sur le ‘grand plan’ de Sarkozy concer­nant Hadopi et Loppsi. C’est effrayant.

  8. Fabrice Epelboin

    @Sylvain

    Oui et non, appa­rem­ment, tout cela dépasse de loin les poli­tiques Français, qui ne seraient que de simples exé­cu­tants. Le vrai pro­blème vient de l’industrie de la Culture qui pré­fère mettre en place une dic­ta­ture 2.0 plu­tôt que d’avoir à se réinventer.

  9. tcrouzet

    J’ai toujours vu Hadopi comme une manœuvre cal­cu­lés pour reprendre le contrôle du peuple… c’est inévi­table, je le montre et le remontre dans mon bouquin sur le Flux. Tu as une époque qui se ter­mine et qui veut sur­vivre et une autre qui com­mence. Clash inévi­table. Et comme tu le dis nous n’échapperons sans doute pas à l’insurrection généralisé.

  10. Fabrice Epelboin

    Une ancienne malé­dic­tion chi­noise consis­tait à sou­hai­ter à son ennemi : “puis­siez– vous vivre des temps intéressants !”

    Je crois que l’on va sou­hai­ter cela à ceux qui sont der­rière tout cela. Une insur­rec­tion, oui, mais 2.0 ;-)

    Tu ne crois pas qu’elle a déjà commencé ?

  11. tcrouzet

    Je crois pas… pour le moment ils montent au cré­neau, ils com­mencent à avoir peur… les camps se forment… mais ils agissent plus que nous, plus vite que nous… dans “notre camps”, plu­tôt “nos camps”, c’est encore timide et nous sommes peu nom­breux. La plu­part des gens n’ont pas pris conscience de ce qui se joue. C’est pour ça que j’écris Croisade pour essayer de le faire com­prendre par une histoire.

  12. Fabrice Epelboin

    #jean­sar­ko­zy­par­tout, c’est quand même mas­sif, non ? Comme qui dirait : “ce n’est qu’un début…”

  13. tcrouzet

    #jean­sar­ko­zy­par­tout Je com­mence le cinquième pou­voir par la même his­toire sur­ve­nue en 2006! Rien de neuf.

    #jean­sar­ko­zy­par­tout est sans impor­tance. Nous savons nous mobi­li­ser pour des affaires people pas pour les choses pro­fondes et qui ne touchent pas encore au quo­ti­dien des gens… même si elles vont le massacrer.

  14. Fabrice

    Palladium et Lagrande…l’avant-garde des DRM déjà en 2000. Anonymiser, outil du MI6…les normes de l’ITU sur les déri­va­tions de rou­teurs. Leslois sur les réseaux aux US pilo­tés par l’IAA en 2006. L’histoire est un long fleuve et les lob­bys per­sé­vé­rants. Next step ?

  15. tcrouzet

    Nous avons besoin d’une idéo­lo­gie, d’un mani­feste, d’un ordre de bataille… car la bataille commence.

  16. infogere

    Je n’ai pas envie d’être alar­miste. Oui le projet existe en secret, et alors ? Il fal­lait s’attendre à quoi ? A une appli­ca­tion stricte de la chan­son Imagine de John Lennon ? Si ce n’est pas ce projet, ce sera un autre projet res­tric­tif qui s’appliquera. Quant à dire que c’est la mort du Net libre, là je sou­ris. Un exemple : Quand toute la bande pas­sante des ondes radio fut satu­rée, com­men­cèrent à naître les radios libres. Nous sommes bien à l’ère de l’Internet sans fil, non ? Et je ne pré­tends pas déte­nir toutes les solu­tions. Le Web est comme l’eau, il trou­vera toujours son che­min, mal­gré les embuches. Ce n’est pas de l’optimisme, c’est de la logique.

  17. Nicolas Clavreul

    J’ai l’impression que les divers pou­voirs écono­miques et indus­triels, finan­ciers et poli­tiques avancent, en ce moment, tout une série de pions afin d’exercer un contrôle le plus com­plet pos­sible (euphé­misme ?!) d’Internet.
    Au niveau euro­péen, on peut citer la révi­sion des stan­dards de l’interopérabilité http://www.pcinpact.com/actu/news/53945-europe-eif-standards-version-2-lobbies.htm qui pour­rait avoir des effets simi­laires au traité que vous évoquez, mais il ne faut pas oublier le projet INDECT (par exemple ici : http://www.automatesintelligents.com/edito/2009/oct/edito.html )qui nous pro­met d’autres sur­prises (à condi­tion d’être informé de leurs activités !).

    La presse “ins­ti­tu­tion­nelle” jouant de moins en moins son rôle de contre-pouvoir, la démo­cra­tie va avoir du mal à s’exprimer. A titre d’exemple de détour­ne­ment de démo­cra­tie, on peut citer le “grand débat sur l’identité natio­nale”, où, sauf preuve du contraire, les com­men­taires défa­vo­rables semblent avoir été cen­su­rés dès le pre­mier jour.

    On aura connu ave­nir plus radieux !

  18. Fabrice Epelboin

    @infogere

    Personne ne dit que c’est la mort du net libre, il va juste être under­ground mais il sur­vi­vra sans pro­blèmes, c’est clair ;-)

    @thierry

    Vaste sujet… trop vaste pour des com­men­taires… Dis moi quand tu passes sur Paris qu’on orga­nise quelque chose :-)

  19. Fabrice Epelboin

    @fabrice

    Next step ? La pro­li­fé­ra­tion des outils de cryp­tage et de VPN dans les cours d’écoles… je sens que l’on va voir appa­raitre une mul­ti­tude d’offres de ce genre, les dark­net, les réseaux paral­lèles, les mesh wifi locales, plein de choses… ca va être fun, mais ça exclura tous ceux qui ne sont pas geeks…

    @nicolas

    Le qua­trième pou­voir, à mon sens, est défi­ni­ti­ve­ment passé du coté des média sociaux, les agi­ta­tions coor­do­nées du pou­voir et de la presse ces der­nier temps sont jus­te­ment des­tiné à masquer cela. 

    Pour ce qui est du débat sur l’identité natio­nale, vous aurez noté que ce billet est une contri­bu­tion citoyenne au débat j’espère. 

    On peut tout hacker, même un contre feu ;-)

  20. Antoine Dupin

    Il ne reste qu’a espéré qu’une chose. Qu’un des petits malins de l’industrie de la culture se dise “bon tous mes copains mettent leur ener­gie à défendre leurs inter­ets plu­tôt qu’à les faire evo­luer. On ne resiste pas aux révo­lu­tions (révo­lu­tion indus­trielle, révo­lu­tion du livre, révo­lu­tion de la radio …). Donc moi, je vais me mettre sur le nou­veau mar­ché, là où per­sonne n’est et je vais muter mon cata­logue et mon modèle écono­mique en conséquence des choses. Là où eux établissent des tra­vaux de recherche de droit, moi ce sera de tech­no­lo­gie”. Hop là, le petit malin (rien à voir avec les our­sons) prend une avance consi­dé­rable sur ses concur­rents (genre Itunes qui a tout balayé ou Amazon avec son Kindle), les obli­geant à eux même ren­trer dans la course (bah oui, ils peuvent pas l’attaquer). 

    Donc la seule solu­tion, qui sera sans nul doute la réponse, c’est cette soif d’argent frais. Hors les plans d’actions de ce type met­tront du temps à se mettre en place, sur­tout à une échelle mon­diale. Plus le temps passe, plus les solu­tions pour contour­ner sont effi­caces, plus ils perdent de l’argent. 

    Alors qui sera le petit malin qui saura prendre le tour­nant? Qui des stu­dios uni­ver­sal ou war­ner bross pro­po­sera demain son cata­logue entier (et pas les films pour­ris des années 80) contre un abon­ne­ment / ou avec un modèle écono­mique? Qui de Sony ou que sais je pro­po­sera des chan­sons à prix vrai­ment inté­res­sants, sans DRM? 

    L’appât du gain, le temps et les tech­no­lo­gies for­ce­ront cer­tai­ne­ment avant l’application de telles mesures mon­diales un de ces acteurs à enclen­cher la marche. Du moins je l’espère. 

    Les gens arri­ve­ront de toute façon toujours à se pro­cu­rer ce qu’ils veulent, c’est indé­niable. Donc bon.

  21. Pierre-Alexandre XAVIER

    @Fabrice
    Crouzet a rai­son. Il faut une forge idéo­lo­gique. Et il faut s’y mettre main­te­nant, car la fenêtre d’opportunité est encore ouverte mais plus pour très long­temps. Je ne sais pas ce que vous en pen­sez de votre côté mais à l’horizon 2012 ce sera très sur­veillé et très dif­fi­cile d’opérer en pleine lumière.

    @Antoine
    Désolé de jouer les rabat-joie, mais l’Inquisition a très bien résisté aux révo­lu­tions. Elle les a même écra­sées ou brû­lées en place publique. On peut pinailler sur la Renaissance mais c’est aussi une révo­lu­tion reli­gieuse (la seule interne qu’il était dif­fi­cile de com­battre). Il ne faut pas croire à un mou­ve­ment imma­nent. Aucun tour­nant de l’Histoire n’est dû à un mou­ve­ment imma­nent. Il faut des hommes et des femmes, des idées et des dis­cours, des com­bats paci­fiques ou armés…

  22. Fabrice Epelboin

    Visiblement, la ver­sion Française arrive sous peu :
    http://www.authueil.org/?2009/11/01/1480-hadopi-4&cos=1

  23. Fabrice Epelboin

    @ Pierre-Alexandre XAVIER 

    Deux choses :

    1) ils ne vont pas nous empê­cher de pen­ser et d’écrire d’ici 2012, ca me semble un peu rapide pour la mise en place d’une dic­ta­ture, faut arrê­ter de paniquer. Dans le pire des cas, je prends un TGV et je suis à Londres en moins de deux heures, ça me don­nera une pos­ture Gaulliste rigo­lote, et j’attends de voir le gou­ver­ne­ment Français cen­su­rer un média comme RWW, publié dans le New York Times.

    2) un cor­pus idéo­lo­gique, ça me semble, à pre­mière vue, seg­men­tant, à moins de consi­dé­rer la net neu­tra­lity comme un cor­pus idéo­lo­gique… L’importation du parti pirate en France, qui à pris soin de gom­mer toute sa dimen­sion ultra libé­rale pour cause de poli­tique­ment cor­rect en France me semble assez par­lante sur les limites de l’exercice. CECI DIT, ce n’est pas une rai­son pour ne pas en dis­cu­ter et ne pas essayer, bien au contraire.

  24. Hasard Du Jour

    Merci pour ce billet,

    Quelques autres lec­tures sur les menaces qui pèsent actuel­lemnent sur Internet :-(

    Bill would give pre­sident emer­gency control of Internet
    http://news.cnet.com/8301-13578_3-10320096 – 38.html

    et

    http://www.christian-faure.net/2009/11/03/menaces-a-lencontre-du-net/

    Sinon je suis un peu moins opti­miste quand à “En forçant les poli­tiques à dévoi­ler leur incu­rie et leur igno­rance, ces der­niers ont laissé des traces indé­lé­biles qui seront très sévè­re­ment jugés par les géné­ra­tions futures, quand l’écrasante majo­rité de la popu­la­tion consi­dè­rera comme tragi-comique la confu­sion entre fire­wall et ope­nof­fice”…
    Moi j’ai plu­tôt l’impression qu’à part quelques blog­geurs ten­dance geek, la majo­rité des per­sonnes ne sont même pas au cou­rant des enjeux et des conséquences beau­coup plus larges qu’ont le genre de loi Hadopi, malheureusement.

  25. Fabrice Epelboin

    @ Hasard Du Jour 

    Je parle des “géné­ra­tions future”, atten­tion, ce jour ne vien­dra pas avant une bonne dizaine d’année ;-))

    Mais la vidéo d’Albanel confon­dant Firewall et OpenOffice, en cas d’installation de la dic­ta­ture que nous pro­pose l’industrie musi­cale, entrera dans les livres d’histoire et fera rire une large par­tie de la popu­la­tion en… 2030 ?

  26. Antoine

    Pourquoi seule­ment 6 com­men­taires sur la ver­sion amé­ri­caine de l’article. Ils s’en branlent ou quoi ?

  27. Thomas

    Le Sénat don­nant en ce moment l’impression d’être la seule poche de “liberté” au sein des ins­ti­tu­tions, on peut tout aussi bien s’attendre de la part de cette chambre à une relec­ture liber­taire de la loi — manière, pour elle, de rap­pe­ler son poids, son pou­voir de nui­sances, dans la pers­pec­tive de débats de toute autre nature comme celui consa­cré aux col­lec­ti­vi­tés locales, leur finan­ce­ment, leur admi­nis­tra­tion, etc. I have a dream : les vieux en sau­veurs de la jeunesse.

  28. Fabrice Epelboin

    @antoine

    tout cela vient d’arriver aux States, nous avons, nous, une année si ce n’est plus avec la Davdsi, de lutte et de mobi­li­sa­tion. La dic­ta­ture, enfin un sec­teur des NTIC où la France est en avance sur les US, cocorico !

    @thomas

    puisse tu avoir raison !

  29. U.H.M.

    Bien… Les lois IPRED, HADOPI et le projet LOPPSI, après la loi DADVSI et la Directive Européenne sur le droit d’auteur et la légis­la­tion amé­ri­caine du DMCA, n’étaient que des pré­mices. Ce projet de traité, qui enté­rine en réa­lité la confis­ca­tion finale du droit d’auteur par les éditeurs et indus­tries cultu­relles, consti­tue le vais­seau amiral.

    Il a pour but de ver­rouiller les grands mono­poles capi­ta­lis­tiques au détri­ment de la pro­pa­ga­tion de la culture. Il a pour but d’étendre le bio­con­trôle à inter­net, de mettre fin à la neu­tra­lité tech­no­lo­gique du réseau. Il a pour but de qua­driller le monde vir­tuel pour y pro­lon­ger la domi­na­tion des oli­garques qui pré­sident déjà, dans le monde tan­gible, à la pro­duc­tion du sens et des contenus.

    Souches géné­tiques, obten­tions végé­tales, créa­tions artis­tiques, déve­lop­pe­ments logi­ciels, inven­tions tech­no­lo­giques, res­sources agroa­li­men­taires, tout doit aujourd’hui être sou­mis à leurs bre­vets et leurs cata­logues. Car en cela résident les socié­tés de contrôle : de notre ADN à notre patri­moine maté­riel, de notre vie pri­vée à nos idées poli­tiques, nos modes de vies et nos lec­tures, tout doit être arrai­sonné par leurs logiques consu­mé­ristes, ren­ta­bi­listes et dés­in­car­nées. L’hypermassification mar­chande, ani­mée par le mar­ke­ting intru­sif et la répres­sion judi­ciaire, veut cap­tu­rer l’intégralité du vivant dans une dys­to­pie tota­li­taire écrasante.

    Et pour­tant, il est clair que même à un niveau bas­se­ment écono­mique, les logiques pro­prié­taires de ces indus­tries vont pure­ment et sim­ple­ment mou­rir. Les grands mono­poles des indus­tries cultu­relles, logi­cielles, phar­ma­ceu­tiques, etc.. devront être rame­nés à des dimen­sions humaines, ou alors dis­pa­raître. Ce sont des dino­saures concep­tuels qui se battent pour pré­ser­ver leurs mono­poles, que ni la pro­tec­tion de la créa­tion ni l’intérêt géné­ral ne jus­ti­fient aujourd’hui. 

    En France, la néoa­ris­to­cra­tie politico-médiacratique a clai­re­ment déclaré la guerre à inter­net, en l’accusant de tous les maux. Les réels, et les ima­gi­naires. Criminaliser la contes­ta­tion civile en la taxant de “ter­ro­risme”, voilà ce qui consti­tue le pro­gramme de nos poli­tiques en matière d’internet.L’exécutif actuel a la main-mise sur les grands médias clas­siques, qui s’autocensurent en fonc­tion des ami­tiés du roi­te­let du Fouquet’s. L’opposition poli­tique est exsangue, elle se cherche, elle n’existe pas réel­le­ment. Le der­nier espace de contes­ta­tion et par consé­quent de liberté, il est ici, sur le net — mal­gré toutes ses propres dérives orwel­liennes, ses dérives ignobles et sa plate fri­vo­lité socialisante.

    Ces poli­ti­cards français, ivres de leur pou­voir pseudo-démocratique, vou­draient cri­mi­na­li­ser inter­net ? Nous mettre au pas à coups d’Hadopi et de Loppsi ? Ils ne vont pas être déçus… Les Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, Patrick Devedjian, Alain Finkielkraut, Jean-François Copé, Eric Raoult, Philippe Val, Nadine Morano, Christophe Lameignère, Henri Guaino et Claude Guéant, Frédéric Lefebvre, Denis Olivennes, Pascal Nègre, Jacques Séguéla, tous ces petits marquis, tous ces déten­teurs oli­gar­chiques des pou­voirs poli­tique, média­tique et cultu­rel, toutes ces ordures qui fus­tigent la liberté d’internet, seront encore vic­times de notre liberté dans 10 ou 20 ans. Ils n’ont pas la moindre chance, nous sommes légion. Ils ont le droit, nous avons la tech­nique. Ils ont les fron­tières étriquées de leurs cer­velles archaïques, nous avons le monde à por­tée de clic.

    Leur bêtise sys­té­mique sera dénon­cée par nos mani­festes poli­tiques et nos actions “ter­ro­ristes”. Leur fichage géné­ra­lisé sera anéanti par nos mal­ver­sa­tions infor­ma­tiques et nos détour­ne­ments génétiques.

    Ce projet de Traité montre en tous cas, si besoin était, que l’Oligarchie est mon­diale. Elle n’est pas que le fait des Copains du Fouquet’s, elle est le fait des indus­tries du Kapitalisme de 4e espèce, au pre­mier range desquelles les indus­tries dites “cultu­relles”. La ligne de front va être bien plus glo­bale que prévu, mal­gré les aver­tis­se­ments d’économistes aussi éminents que Joseph Stiglitz ou Paul Krugman. 

    Cette fois, c’est la guerre.

    Si un tel Traité devait entrer en vigueur (après j’imagine une longue guerre de tran­chées et des mani­pu­la­tions à n’en plus finir à côté desquelles les mal­ver­sa­tions de la France contre l’amendement Bono inclus dans le Paquet Télécom, paraî­tront des enfan­tillages), alors il convien­dra d’en prendre acte. De prendre acte que les élites diri­geantes de la sphère capi­ta­liste nous déclarent une guerre sans merci aux fins de réi­fi­ca­tion inté­grale du vivant. 

    Et de décla­rer très clai­re­ment que, puisque l’Oligarchie qui pré­side à la pro­duc­tion des normes juri­diques a décidé de prendre en otage la créa­tion artis­tique pour défendre ses mono­poles et étendre son contrôle, nous n’observerons plus aucune de leurs lois. Face au Grand Marché et à ses ver­rous légis­la­tifs, nous oppo­se­rons la maî­trise tech­nique des réseaux, et les tac­tiques insur­rec­tion­nelles néces­saires au dyna­mi­tage de leurs mono­poles. Face à la stan­dar­di­sa­tion payante et à la confis­ca­tion bio­po­li­tique, nous oppo­se­rons nos uto­pies pri­vées et cryp­tées, nos réseaux invi­sibles et nos actions de résistance.

    Les socié­tés de contrôle explo­se­ront de l’intérieur. Nous y veille­rons. Et les petits marquis qui se met­tront en tra­vers de nos routes le paie­ront au prix fort.

    Cette fois, c’est la guerre.

  30. Fabrice Epelboin

    Ha, je crois qu’on a le prix du com­men­taire du mois alors que nous ne sommes que le 4… Chapeau ;-)

  31. Quidam

    Peut-on réel­le­ment résis­ter sans remettre en cause tout le système ?

    Ce que je veux dire, c’est que le pre­mier pas de la résis­tance revient à se poser la ques­tion de nos propres com­por­te­ments. Tu écoutes la musique des majors ? Alors tu paies la musique des majors. Tu regardes le cinéma Holywoodiens ? Alors tu paies ton film, et tu t’écrases. 

    On ne peut pas sou­te­nir un sys­tème et se plaindre des contraintes de ce sys­tème. Je ne suis pas sûr que tous ceux qui par­ti­cipent à ce débat en soient conscients. Et il ne faut pas croire que tous seront soli­daires, au moment où leurs propres pri­vi­lèges seront remis en question.

  32. U.H.M.

    A titre per­son­nel, je n’écoute pas la musique des majors, et ne regarde pas de block­bus­ter hol­ly­woo­dien. Mais la ques­tion n’est pas là : libre à cha­cun d’écouter cette musique ou de regar­der ce cinéma — le prin­ci­pal est d’avoir le choix de le faire, et le choix des moda­li­tés pour accé­der à ces “pro­duits culturels”.

    Pendant que d’aucuns res­te­ront les bras croi­sés en fai­sant preuve de ce fata­lisme si post-moderne, de cette fausse dis­tance, de cette fausse sagesse, l’Oligarchie ren­force son emprise dés­in­car­née, son dik­tat mer­can­tile et affine ses dis­cours scé­lé­rats. Je ne sou­tiens pas ce sys­tème, et ce d’autant moins que j’ai adhéré, dans le temps, à cer­tains de ses prin­cipes fon­da­teurs. Seulement voilà : le per­son­nel poli­tique trompe la démo­cra­tie. Les grands médias trompent l’exigence de plu­ra­lisme. Les grandes firmes trompent le monde et se gobergent de leur puis­sance devant des états dépas­sés, sinon complices.

    C’est ter­miné. Plus aucune fadaise ne fonc­tion­nera. A force de per­ver­tir la langue pour en faire leur che­val de Troie, à force de l’avilir en dis­cours publi­ci­taire et en pro­pa­gande élec­to­rale, ces néoa­ris­to­crates infects ont dévoilé son vrai visage : une dys­to­pie en for­ma­tion. Une société de contrôle transnationale.

    A cha­cun de choi­sir son camp, nous ne sommes pas pro­sé­lytes. Nous savons ce qu’est le tota­li­ta­risme, et nous connais­sons les bien­faits de la démo­cra­tie. Nous savons donc les dis­tin­guer l’un de l’autre. Nous vous sou­hai­tons de pou­voir le faire, vous aussi, à temps.

  33. Fabrice Epelboin

    Il y a du nou­veau : l’amendement 138 n’est fina­le­ment pas mas­sa­cré, tout cela se heur­tera vio­lem­ment à un mur et les pays Européens ne pour­rons pas signer un tel accord… Comme quoi… il faut savoir gar­der espoir :-)
    http://www.numerama.com/magazine/14426-un-accord-final-globalement-positif-sur-l-amendement-138-a-bruxelles.html

  34. Fabrice Epelboin

    @Quidam

    Vous marquez un point, mais vous pas­sez à coté d’un autre : toute la culture du XXe siècle est copy­righ­tée, il est très dif­fi­cile de créer quoi que ce soit sans avoir quelque part un petit bout de quelque chose de copyrighté.

    Si vous vous pre­nez en photo devant la tour Eiffel, par exemple, tech­nique­ment, vous vio­lez un copy­right (enfin, si la photo se fait de nuit, car si l’image de la tour Eiffel est tombé dans le domaine public, son éclai­rage contem­po­rain est, lui, protégé).

    Le copy­right a été conçu à l’époque de l’analogique, son pas­sage au digi­tal et son exten­sion (de 25 ans au début du XXe siècle à près de 100 aujourd’hui) en on fait un monstre dangereux.

  35. Quidam

    Fabrice Epelboin > je ne passe à coté de rien, et je par­tage ces points de vue. Je vou­lais juste faire remarquer que ce n’est pas juste un pro­blème de liberté d’expression, que c’est bien de la poli­tique que nous fai­sons là, et que ceux qui sou­tien­draient ces idées sous pré­texte qu’ils l’ont mau­vaise de s’être fait gaulé pour avoir télé­chargé 2 films ne font pas le même combat.

    U.H.M. dit “libre à cha­cun d’écouter cette musique ou de regar­der ce cinéma  —  le prin­ci­pal est d’avoir le choix de le faire”. Mais à par­tir du moment où ces groupes média­tiques et “cultu­rels” (entre guille­mets car peut-on toujours appe­ler ça de la culture) sont plé­bis­ci­tés par les consom­ma­teurs, il gardent le pou­voir, écono­mique, et on le voit, poli­tique également.

    Je pense qu’il faut ren­ver­ser le sys­tème, et je pense, comme dit plus haut, qu’en étant plus nom­breux, nous avons la pos­si­bi­lité de le faire. Il y aurait une méthode pour cela : pro­po­ser en face de cha­cun des ser­vices et pro­duits du mar­ché une alter­na­tive, des pro­duits et ser­vices libres, ou basé sur d’autres prin­cipes que le profit.

    Ce qu’ont fait Firefox ou OpenOffice par exemple doit nous mon­trer la voie. Jamendo est un pre­mier pas pour la musique. Il faut géné­ra­li­ser cela à toutes les indus­tries. Un exemple : pourquoi ne pas créer demain une voi­ture “libre” ? Des banques et des assu­rances à but non lucra­tif ? Des com­pa­gnies élec­triques ou pos­tales à but non lucra­tif ? Des grandes sur­faces du libre, etc, etc … Ces projets s’il voyaient le jour auraient un avan­tage indé­niable sur les pro­duits du sys­tème de consom­ma­tion actuel : pas besoin de payer de copy­right, et pos­si­bi­lité d’investir 100% des pro­fits dans leur pro­mo­tion et dans la baisse des prix.

    Je ne sais pas si de tel projets existent, et s’il y a de par le monde suf­fi­sam­ment “d’altruistes” pour les réa­li­ser, mais il me semble que tout reste à faire, et qu’Internet est l’outil fédé­ra­teur qu’il faut pour y arriver.

  36. Fabrice Epelboin

    Quand les mai­sons de disque ont exigé des droits hal­lu­ci­nants aux radios dans les années 30, ces der­nières ont com­mencé a dif­fu­ser des artistes hors cata­logue… au bout d’environs 10 ans, les mai­son de disques ont craqué et ont négo­cié des droits beau­coup plus rai­son­nables… On peut envi­sa­ger des pistes dans ce genre, à savoir mettre en valeur des artistes hors cata­logue, tels que ceux que l’on trouve chez Jamendo (voir même le pro­chain Francis Lalane), c’est une piste, mais ca va prendre du temps (l’open source, aujourd’hui mains­tream avec des trucs comme Firefox, à presque 40 ans)…

    Reste un pro­blème, c’est tout de même une posi­tion extrê­miste, et à coté de grosses bouses, on trouve aussi des chef d’œuvres dans le cata­logue de la Warner…

    Le vrai but, IMHO, c’est de mettre en place les condi­tions d’épanouissement de la Free Culture et d’assister à une vraie renais­sance cultu­relle (oserais-je dire renais­sance 2.0 ?)

  37. BananeMasqué

    Bonjour,

    Je com­prends que cela soit une perte de liberté, un chan­ge­ment radi­cal quant la vue de tus par les poli­ti­ciens, juges et autres per­sonnes influentes.

    Mais à qui la faute ?

    He oui, nous sommes nous pas res­pon­sable de ce qui arrive en lut­tant fer­me­ment et aveu­glé­ment pour le droit de voler ?

    Allons nous chez le disquaire prendre un CD et par­tir sans payer ?
    Le disquaire aura tôt fait de réagir et tout le monde trou­vera ça nor­mal et le voleur car là, le terme voleur sera uti­lisé, sera una­ni­me­ment condamné par le peuple.

    Quelle dif­fé­rence que ce soit Dans une bou­tique ou sur le net ?

    A-t-on une jus­ti­fi­ca­tion de copier une ver­sion dite pro­fes­sion­nelle d’un logi­ciel, d’un sys­tème alors que nos besoins réels ne jus­ti­fient pas une telle ver­sion ? et que des offre gra­tuite et libre cor­res­pon­dant aux besoins existent ?

    Franchement, a qui la faute ?

    Nous avons par nos mau­vaises habi­tudes, par nos mau­vais rai­son­ne­ment et par notre mau­vaise foi don­née les plus mau­vais argu­ment pour lut­ter contre cette armada de lois tant natio­nales qu’internationalises.

    Avons nous oublié la netiquette ? => http://www.sri.ucl.ac.be/rfc1855.fr.html

    Des nou­velles licences de droits sont appa­rues (GPL, FDL, Creative com­mon…) pour nous pro­té­ger et nous accep­tons pour­tant de ne pas res­pec­ter le droits des autres ?

    Le choix a été donné a cha­cun quant au mode de dis­tri­bu­tion de son bien…

    Pas très clair le “j’exige par la licence que j’ai choisi ceci ou cela, mais je me moque de la licence des autres…”

    Que lis-je ? Le tra­fic P2P dimi­nue ? Mais quel tra­fic ? celui du non respect ?

    Nous avons donné par notre cécité volon­taire la pos­si­bi­lité de tuer le libre… bravo !

    Nul n’est besoin de boy­cot­ter quoique ce soit, car le boy­cotte est déjà fait…

    Il n’est peut-être pas trop tard : reli­sons tous affi­chons devant notre cla­vier la netiquette…

    Le libre aura alors une belle image… ne nous trom­pons pas de cible, ne Ne nous bat­tons pas pour le droit de voler, mais juste pour le droit de res­pec­ter et d’être res­pec­ter… l’un n’allant pas sans l’autre…

    Voilou, ce n’est pas un troll et je ne suis pas pour toutes ces lois… bien au contraire…

    Changeons nos mau­vaises habi­tudes !
    Et ne don­nons pas de pré­texte à légi­fé­rer léga­le­ment la dictature

  38. Fabrice Epelboin

    Voler et par­ta­ger ce n’est pas du tout la même chose, vous devez être nou­veau ici, mais la démons­tra­tion en a été faite dans tous les sens, a com­men­cer par le fait qu’il est scien­ti­fique­ment démon­tré que le par­tage de mp3 n’affecte en rien les ventes de disques : http://fr.readwriteweb.com/2008/11/18/a-la-une/rapport-hadopi/

    Qu’est ce qu’un “vol” qui ne lèse­rait pas le pro­prié­taire ? (pour la petite his­toire, les pertes de l’industrie du disque sont plus à impu­ter à l’explosion du bud­get lié aux jeux vidéo)

    Transposer de façon aveugle des concept IRL dans le vir­tuel et inver­se­ment donne de façon quasi sys­té­ma­tique des idio­ties (partage=vol).

    Vous pas­sez par ailleurs gaie­ment sur le fait qu’il était durant tout le XXe pos­sible de réuti­li­ser une par­tie du maté­riel copy­rig­thé sans sou­cis (Fair Use), ce qui ne sera plus pos­sible (Culture remix, du Rap aux Mixtapes), il s’agit bel et bien d’une confis­ca­tion totale de la culture par l’industrie.
    cf http://fr.readwriteweb.com/2009/01/20/prospective/lawrence-lessig-comment-la-creativite-est-etranglee-par-la-loi/

  39. BananeMasqué

    Non, du tout, je me suis mal exprimé et je m’en excuse…

    Je pré­cise donc…

    Jamais je n’ai pensé que le télé­char­ge­ment est un préju­dice pour l’industrie du disque, bien au contraire.

    Néanmoins, sachant que cela est inter­dit et que cela se fait à grande échelle, n’est pas là une occa­sion rêvé pour l’industrie du disques, de la ciné­ma­to­gra­phie de prendre le télé­char­ge­ment comme excuse de leur manquant de réac­ti­vité tant à la situa­tion écono­mique de cha­cun, de la concur­rence indi­recte tel les jeux vidéo, et sur­tout des nou­veaux modèles écono­miques lié à internet ?

    Se battre pour avoir le droit de télé­char­ger ce que l’on sait inter­dit est à mon sens une mau­vaise bataille. mais se battre pour limi­ter l’abus des res­tric­tions est là tota­le­ment fondé et je m’y ins­crit en allant voir mon député du mon sec­teur et en battant…

    Concernant les remix d’aujourd’hui, c’est comme hier, c’est léga­le­ment pos­sible sous réserve de payer des droits. Celui qui fait un remix, et qui dif­fuse “libre­ment” oublie de s’affranchir de ses obligations.

    Concernant le par­tage, je suis pour sous réserve que l’auteur lui même soit pour…

    Concernant la confis­ca­tion de la culture, là, je suis plus que par­tagé… les tube de l’été ne sont pas de la culture mais des pro­duits com­mer­ciaux dénué de tout sens artis­tique ou cultu­rel… Prendre des gamins et les faire ges­ti­cu­ler sous une rythme étudiée n’est pas pour moi une oeuvre artis­tique mais un pro­duit au même titre qu’un kilo de nouilles ou une botte de poireaux.

    Pour le reste, ce n’est pas les major qui rive de la “culture” (il fau­drait m’expliquer ce qu’on entend par culture) mais les auteurs qui passent par eux…

    Quant aux pro­gramme tel que MS win­dows, MS word ou/excel et bien d’autres non MS pour les appli­ca­tions et Need for Speed car­bon par exemple pour les jeux, je ne vois pas le coté cultu­rel ou artistique…

    Nous don­nons des argu­ments, le légis­la­teur en pro­fite et si nous regar­dions bien, un meilleurs tri serait fait pour ne lais­ser que les vrais oeuvres… Télécharger le tube de l’été c’est jus­ti­fier de mau­vaise créa­tion au nom du fric et non au nom de l’art…

  40. Fabrice Epelboin

    Lis dont Culture Libre et regarde la conf de les­sig (pré­cé­dent com­men­taire), on en reparle ensuite. La Culture est bloquée, mais c’est vrai que ce n’est pas du tout évident à com­prendre (regarde la conf, au moins ;-)

  41. BananeMasqué

    J’ai vu la confé­rence à l’instant mais hélas, n’étant pas trop anglo­phone, je n’ai pu appré­cier le tout :(

    Seule chose que j’ai pu comprendre…

    De tout temps, le com­merce s’est battu et à perdu…
    l’histoire se répète…

    Enfin d’après le peu que j’ai pu comprendre

  42. Fabrice Epelboin

    Faudrait que je fasse des sous titres, mais c’est un bou­lot de dingue… Et Culture Libre (because ça, je l’ai traduit ;-)

    C’est assez rapide a lire et ça vaut vrai­ment le coup d’y pas­ser un peu de temps, ça recadre les enjeux copyright/culture au XXIe siècle de façon étonnante :-)

  43. BananeMasqué

    Et un résume écrit, ce ne serait pas plus simple ? (je sais, c’est aussi pas mal de boulot)

    J’avoue que je vais m’y inté­res­ser de prêt pour bien com­prendre… mais là, ça pren­dra aussi pas mal de temps pour tra­duire d’une part puis ana­ly­ser ensuite

  44. Fabrice Epelboin

    Yes we can : http://fr.readwriteweb.com/2009/02/05/a-la-une/culture-libre-free-culture-lawrence-lessig-ebook/ :-)

  45. DMSR

    VPN! C’est la seule issue, non pas pour pou­voir télé­char­ger libre­ment des oeuvres pro­té­gées mais pour se pré­mu­nir des effets col­la­té­raux de la lutte contre le pira­tage: big-brother is wat­ching you NOW!
    Cette lutte regroupe trop de causes dif­fé­rentes (P2pistes, Logiciels Libres, Anti-capitalistes, etc…) pour avoir un dis­cours clair voir même défen­dable. Il faut se foca­li­ser sur la pro­tec­tion de la vie pri­vée et pro­mou­voir l’usage du VPN comme seule rem­part à la domi­na­tion des lob­bies prédateurs/inquisiteurs. Apprendre aux gens à confi­gu­rer un rou­teur VPN, un ser­veur per­son­nel, etc…
    Ce n’est pas demain que les auto­ri­tés inter­di­ront le cryp­tage des don­nées, il y a trop d’entreprises qui en ont besoin.. mais qui sait?

    Regardez l’exemple de la vidéo sur­veillance en UK. Les flics bri­tish en conviennent eux même: ça ne sert à rien tant que der­rière chaque cam ya pas un employé à temps plein. Alors sur­veillez le réseau! Tout ça sert à nous faire peur. Faut se la jouer cool! Leur rire au nez, “leur mettre au cul” comme disait Coluche avec un grand sou­rire: pas de pro­blème y a le VPN on atten­dait que ça pour s’en servir!

    Et puis un peu de cen­sure va mettre un peu de piment dans nos vies, un peu de plai­sir à obte­nir quoi que soit, tout est devenu si fadasse ces der­niers temps, au point de se rendre compte que même la “culture” (celle du XXe) on s’en branle! ça fait plus ban­der qui que ce soit! On se rend compte que tous ces soient disant artistes +/- enga­gés étaient sur­tout enga­gés avec leur contrat d’avance sur recette! Y en a encore ici qui écoute U2 ici?

    Sinon fran­che­ment vous êtes trop pres­sés les gars! Internet est trop jeune et change trop vite pour savoir quoi que ce soit du futur de la toile.

  46. Fabrice Epelboin

    Les VPN sont une solu­tion au fil­trage, mais pas à la cen­sure opé­rée sur les conte­nus uti­li­sa­teurs, pure­ment et sim­ple­ment reti­rés de la toile sur simple demande non jus­ti­fiée d’un ayant droit, ce n’est mal­heu­reu­se­ment pas la panacée.

  47. Thomas

    Bonjour,

    Je n’aime pas le terme de “cen­sure” dans votre der­nier com­men­taire. D’abord il est impropre (une cen­sure est opé­rée par une auto­rité supé­rieure, par rap­port à la qua­lité du contenu, et pas à la demande de tiers — les ayants-droits — en fonc­tion des liens spé­ci­fiques que ceux-ci ont avec ledit contenu).

    Ensuite de ça, il a une conno­ta­tion très néga­tive : on croi­rait presque lire que pira­ter est un devoir absolu de citoyen. Je sais que cela ne pose­rait pas de pro­blème à cer­tains, mais je serai plus mesuré : pour moi par­ler de cen­sure sans dis­tin­guer le pirate qui met sans ver­gogne toute sa cdthèque en ligne, du tou­riste qui met une photo de la tour Eiffel sur son blog perso, est un point de vue très par­tiel (et partial).

    Donc pas d’amalgame SVP, pour moi un lap­sus pareil dans un bête com­men­taire décré­di­bi­lise le reste du dis­cours. Et sur­tout pas de morale… il y a autant de morales que d’individus, par contre la loi est la même pour tous (en théo­rie… c’est déjà pas mal).

    Voilà.

  48. Fabrice Epelboin

    La cen­sure est opéré par une auto­rité quelle qu’elle soit, je ne voit pas en quoi ce terme est impropre ici. 

    Le ‘pira­tage’, tel que ce mot est uti­lisé habi­tuel­le­ment, consiste à télé­char­ger une oeuvre copy­ri­thée, pas à mettre en ligne un contenu comme un lip sync ou, dans mon exemple, une photo d’un indi­vidu posant devant la tour Eiffel, qui seraient pas­sibles de cen­sure car vio­lant un droit d’auteur.

    Pas d’amalgame SVP ;-)

    Si vous pen­sez que la dis­tinc­tion se fera de la sorte, think again, déjà qu’aujourd’hui cela ne se passe pas comme cela, on peut etre sûr que demain, le copy­right ser­vira bel et bien à la censure.

    http://www.eff.org/takedowns

  49. DMSR

    L’anonymat en ligne inté­resse de plus en plus d’internautes, selon une étude [Numera] http://www.numerama.com/magazine/14430-l-anonymat-en-ligne-interesse-de-plus-en-plus-d-internautes-selon-une-etude.html

  50. Thomas

    Et une boîte qui fait fer­mer un site don­nant accès à des docs internes confi­den­tiels, c’est de la cen­sure atten­tant à la liberté d’expression ? Un chan­teur qui constate qu’un abruti s’est appro­prié une de ses oeuvres en met­tant sim­ple­ment son nom ? Et un indi­vidu (même quel­conque) calom­nié nomi­na­ti­ve­ment sur un forum ?

    N’y voyez pas d’agressivité, j’essaye de ne pas être mani­chéen, en envi­sa­geant des cas limites. En plus ce sont 3 cas où une longue pro­cé­dure entraî­ne­rait un manque à gagner impor­tant pour les méchants ayants-droits ;-)

    NB : pour “pirate” j’avais plu­tôt en tête celui qui met à dis­po­si­tion, mais vous vous y connais­sez mieux que moi. Quel est le bon terme alors ?

  51. Fabrice Epelboin

    @Thomas

    et ça http://www.eff.org/takedowns c’est quoi ?

  52. Thomas

    C’est l’extrême inverse… Je ne sais pas com­ment on peut conci­lier les deux (pro­tec­tion de la pro­priété intel­lec­tuelle et du fair use) avec un même règle­ment. Si c’est pos­sible tant mieux !! Mon sen­ti­ment c’est que pour chez nous au moins, c’est le juge et la juris­pru­dence qui tran­che­ront, si pos­sible avec sagesse (la sagesse et l’indépendance, c’est un autre débat).

    Perso je n’arrive pas à relier le débat abs­trait aux situa­tions concrètes qu’il sous-entend : entre la com­pé­ti­ti­vité des boîtes et la liberté d’expression au sens noble, je pré­fère pri­vi­lé­gier la seconde. Par contre au jour le jour, je pré­fère que la loi pro­tège une PME qui pour sur­vivre doit gar­der ses recherches en cours secrètes, plu­tôt que la reprise de chan­son d’un ado quel­conque sur you­tube (tant qu’il n’y a pas de pour­suites et qu’on se contente de reti­rer la vidéo évidemment).

    Que vous ins­pirent mes exemples au fait, même s’ils sont caricaturaux ?

  53. Fabrice Epelboin

    Une boite ne sera jamais pro­té­gée par ce type de loi. Si vous par­lez de stop­per un bad buzz, #jean­sar­kozy et #lamau­vai­se­vie ont prouvé que c’était impos­sible, Kriptonite, la pre­mière société vic­time d’un bad buzz aussi, tout comme Nokia.

    Si vous par­lez de secret indus­triels, ils n’ont nul­le­ment besoin d’être publiés publique­ment, il suf­fit de les envoyer aux bonnes per­sonnes pour nuir.

    Enfin, l’alliance du libé­ra­lisme et de la liberté d’expression est loin d’être une évidence, j’en conviens, et vu de France, cela parait curieux de voir dans le camps des défen­seurs de la net neu­tra­lity des ultra libé­raux et des par­ti­sant de la liberté d’expression, mais dans la plu­part des cultures poli­tiques, ils ne sont pas en oppo­si­tion, et dans le cas qui nous inter­esse, ils sont par­fai­te­ment en accord (encore une fois, l’exemple du parti pirate, dirigé par des ultra libéraux).

    Enfin, l’alternative que vous pro­po­sez (secret indus­triel vs. gamin qui déconne) est biai­sée, il ne s’agit pas d’un gamin qui déconne, mais bel et bien d’une forme de culture, qui devrait être pro­té­gée par le Fair Use, culture à laquelle par­ti­cipe des cen­taines de mil­lions de per­sonnes, contrai­re­ment au XXe sicècle où seuls quelques uns avaient les moyens et le droit d’y ins­crire quelque chose.

    Pour conclure, à savoir com­ment on peut pro­té­ger la liberté d’expression et le droit d’auteur, il faut impé­ra­ti­ve­ment réfor­mer l’un ou l’autre, c’est aussi bête que cela. Reste à savoir quelle société l’on veut construire demain.

    (et sinon, reli­sez Hadopi, la jus­tice est encore zappé, contrai­re­ment à ce que vous sem­blez croire, ceci dit, l’Europe risque de mettre Hadopi à la poubelle)

  54. cpolitic

    Sûr qu’avec un tel article, NKM ne vous a cré­di­tés d’aucun point pour le clas­se­ment du meilleur blog.
    A voir sur le long terme, si cela est vrai d’ailleurs. Pour un pre­mier article lu chez vous, ça semble “hon­nête” comme décision ;-)

    Pour l’image paro­diée de 1984, his­toire d’aller un peu plus loin…
    http://www.cpolitic.com/cblog/wp-content/uploads/2009/06/1984_sarkozy_2009.jpg

  55. Fabrice Epelboin

    Détrompez-vous, on avait déjà ce ton et ces posi­tions avant qu’elle ne nous nomme meilleur blog de l’année ;-)

  56. joshuadu34

    Petite réflexion, au pas­sage, concer­nant la pré­sence de GOOGLE et cie dans le lot des condam­neurs : n’est-ce pas eux qui publient des pho­tos de votre habi­ta­tion en ligne sans aucun accord ? N’est ce pas eux aussi qui reprennent des extraits de vos publi­ca­tions en ligne, toujours sans vous deman­der votre accord ? Et si on cher­chait bien une troi­sième “atteinte” au droit, telle qu’ils l’entendent, pour récla­mer la cou­pure du jus, chez GOOGLE ? Ce serait mar­rant, non ?

  57. Fabrice Epelboin

    Pour les pho­tos de Google, oui, pour vos texte, un petit bout de code très simple vous per­met de lui inter­dire cela, c’est très simple à faire, je vous encou­rage a l’ajouter afin de dis­pa­raitre de Google. 

    Qu’est ce que Google vient faire là dedans ceci dit ? Quel rap­port avec ce billet ?

  58. joshuadu34

    ehhhh, il font bien parti des 42 déci­deurs de cette nou­velle saleté, non ? Je rele­vais juste le fait que ces lois qu’ils décident ne s’appliquent qu’à nous, et pas à eux… Quand aux bots des­ti­nés à empê­cher le réfé­ren­ce­ment, je connais… mais ce que fait GOOGLE n’est pas vrai­ment en adéqua­tion avec ce qui sort de leurs arran­ge­ments ! Et une appli­ca­tion stricte et totale de ce texte, impo­sée à tous, eux y com­pris, com­pro­met­trait for­te­ment tout déve­lop­pe­ment d’internet, si ça ne le tue pas…

  59. Fabrice Epelboin

    Pas faux, pas faux… ceci dit, j’ai bien plus peur des Etats que de Google (ce qui n’est pas par­tagé par tout le monde, je m’en rends bien compte)

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