
Axelle Tessandier participe à l’expérience Palomar5 à Berlin, une initiative inspirée aussi bien des Barcamps, des Thinktanks que des incubateurs de startups qu’elle qualifie de ‘do-tank’. Pour ReadWriteWeb, elle nous raconte cette aventure unique chaque semaine.
Très amusant. Oui, j’ai beaucoup souri en relisant mon billet de la semaine dernière.
Je peux affirmer que la quatrième semaine a été à peu de chose près l’opposé de la semaine précédente et je l’ai adorée… Probablement aussi pour cette raison. Je relis ma belle conviction sur ce projet auquel je me disais attachée et que j’ai totalement détruit pour mieux le reconstruire.
Je me délecte de mon étonnement naïf sur le fait que je n’ai pas encore expérimenté l’angoisse du processus créatif et je m’étonne même de ce relatif calme à mi-parcours. Et bien, c’est fait chers lecteurs. J’ai totalement « pété les plombs » cette semaine, finalement ! Les larmes, la tension, les cris, l’incompréhension vis-à-vis des autres membres du groupe, qui tout autant investis que vous sur le projet s’emportent aussi vite. L’intensité est là, la pression se fait sentir de plus en plus à l’approche du Sommet.

Tout cela est très bon signe avec le recul. Mais sur le coup, vous avez envie de sauter dans le premier avion le lendemain matin et rentrer chez vous, sortir de cette bulle, vous rappeler que cette aventure ne dure que six semaines, vous essayez de vous convaincre que l’essentiel est ailleurs. Trop facile. Surtout que cela n’a rien à voir avec votre motivation, au contraire ; Mais plus à un manque d’oxygène.
Et le lendemain, vous respirez de nouveau. Vous êtes à 200%, comme si l’explosion de la veille s’intégrait en elle-même au processus, vous permettait même d’avancer, de discuter plus librement avec celui ou celle que vous avez insultée, enfin disons, bousculée le jour précédent.
La première semaine, quand je suis arrivée à Palomar5, l’un des membres de l’équipe a fait référence à la « Positive Terror » . En associant volontairement deux mots qui ne font pas bon ménage, vous créez déjà un premier choc, pour permettre au changement de s’imposer. A Palomar5, il ne suffit pas d’imaginer de nouvelles solutions pour le monde du travail du futur, celui que la Génération Y va expérimenter. Il s’agit surtout selon moi de proposer une vision, dessiner déjà un état d’esprit qui ne sert pas l’actuel système, mais l’oblige à se repenser intégralement.
La destruction positive repose sur le même principe et j’ai vraiment eu l’impression de la découvrir cette semaine. J’ai quasiment « brûlé » mes 3 premières semaines de travail ici et pourtant je ne serais jamais arrivé dans la phase actuelle de mon projet, la phase de travail sur le prototype, sans cette première ébauche.
J’ai provoqué une violente dispute, qui menaçait la solidité et la solidarité du groupe, et pourtant, elles semblent renforcées. Derrière chaque acte de destruction se cache une volonté de création. Etre dans un projet tel que celui-ci m’a permis de le vivre véritablement pour la première fois me semble-t-il.
Cette semaine, des développeurs et autres experts sont venus nous aider, nous conseiller. Même si beaucoup de projets impliquent des outils technologiques, les « digital natives » comme nous appellent nos visiteurs ne semblent pas être obsédés par la révolution technologique. En tout cas, pas uniquement. Nous étions nombreux dans le groupe des résidents à participer ce week-end au Vision Summit. Même si cela était censé être un break, cette conférence a évidemment été un moment très inspirant.
Quand vous êtes impliqué dans un projet, il n’est jamais très loin de votre esprit et tout vous permet de le nourrir. Palomar5 a fait une présentation sur place pour le moins différente. Nous sommes rentrés tous plus convaincus que les nouveaux outils à notre portée, la récente crise économique nous obligeait à une nouvelle responsabilité. Avoir une impacte et assumer celle-ci : ma génération a tout à fait intégré ces données, beaucoup plus que ne le pensent certains dirigeants, notamment en France.
C’est sur cette tonalité que j’entamerai donc le début de la cinquième semaine…













11 novembre 2009 à 12:33
Bon travail. J’aime lire tes articles.
11 novembre 2009 à 14:28
@laurent : MErci beaucoup !
12 novembre 2009 à 2:25
Accouchement dans la douleur ? Cela ne va t-il vous projeter idealement bien plus loin que dans deux semaines ? La finalite etant peut-etre le Parlement europeen precede de deux ou trois grosses societes allemandes, desireuses d’innover, en guise de « Lab » ?
Thanks for sharing.
13 novembre 2009 à 10:38
oui, merci pour le partage! et merci pour l’inspiration… cette notion, très juste, de « destruction positive » nourrit ma propre réflexion :) toute cette analyse du processus de création en groupe est aussi passionnante. trop peu de gens qui en font l’expérience en ont conscience ou, a fortiori, le documente…
j’ai hâte de lire la suite.
13 novembre 2009 à 13:34
Félicitations, cette analyse de l’esprit qui rend les armes
pour entamer un processus de création est formidable.
A très vite la suite
14 novembre 2009 à 16:40
@audrey : je suis ravie si mon expérience créative ici peut être utile à d’autres. Même pour moi, ce n’est pas toujours facile de mettre des mots dessus !