Corentin Allard participe au premier Startup Weekend qui a lieu à LaCantine. Événement importé des USA où le but est de réunir une équipe pour créer une entreprise en 56h… Pour ReadWriteWeb, il nous raconte l’aventure entrepreneuriale et nous fait part de ses impressions.
Les trois mots les plus excitants pour un événement sans précèdent.
Je ne sais pas où vous étiez vendredi soir, mais tandis que vous étiez probablement confortablement en train de dîner, à la Cantine, une bande de jeunes, la boule au ventre présentait pour la première fois une idée de création d’entreprise à un par terre d’inconnus. Au total une trentaine de projets sont présentés, seulement douze seront sélectionnés par les participants et les coachs.
Il faut maintenant fonder les équipes, réunir les compétences, très vite les développeurs et les graphistes deviennent des denrées rares et chaque chef de projet doit mouiller la chemise pour séduire les développeurs et les graphistes à rejoindre son projet. Par manque de « ressources humaines», certaines équipes fusionnent pour réfléchir en commun, malheureusement deux projets sont abandonnés, mais qu’importe, tout le monde rejoint une autre équipe… On commence à réfléchir au concept. Certains projets sont parrainés par entre autres l’équipe d’UpShot qui permet de rapidement faire avancer le débat.
Samedi, après une courte nuit, car pleine de réflexion sur le projet, il est temps de s’y remettre. Comment va-t-on se faire connaître ?, comment convaincre le client ? Comment peut-on régler problèmes législatifs du produit ? Comment peut-on automatiser la récolte d’information ? Comment atteindre la masse critique ? Bref, comment créer une startup? Heureusement, les coachs sont là pour nous faire part de leur expérience (ah notre concept existe déjà ?) et nous poser les bonnes questions…
Au même moment, les équipes techniques commencent à coder les premières lignes, et les graphistes font chauffer photoshop. Les premiers noms de domaines sont achetés…
Au même moment, les équipes techniques commencent à coder les premières lignes, et les graphistes font chauffer photoshop. Les premiers noms de domaines sont achetés…
Samedi soir, pendant que vous regardiez les miss en maillot de bain, notre bande de jeunes était encore en train de bosser sur leur prototype de site internet, de stabiliser le business model, et de peaufiner le business plan… facile le break even ;)
Les hommes… et les femmes !
La population du SWPA est incroyablement jeune, il y a quelques ‘vieux’ de 35 ans, mais la moyenne d’âge doit être de 25 ans. On trouve principalement trois profils : commerciaux issus d’écoles de commerce parisiennes, les dev sont en général ingénieurs et les graphistes… je ne sais pas de quelle école ils sortent, mais certains ont du talent sous la souris !
Les projets
Voici une rapide présentation des projets et surtout des concepts afin de donner une idée des entreprises qu’on voudrait créer en France :
Photopickups, qui vous permet de créer des diaporamas à partir des photos qui sont sur vos différents comptes internet (facebook, picasa, flickr, etc) et aussi de les diffuser via un flux RSS, notamment sur les cadres numériques. Pour ce qui est du business modèle : de la pub est insérée dans le diaporama.
Submate : Le réseau social du transport en commun. Chacun peut renseigner l’itinéraire des trajets réguliers et ses centres d’intérêt, l’algorithme se charge de la mise en relation.
Le business model est basé sur un local advertising.
The3amigos : Un plug-in navigateur qui détecte si une page internet traite d’un artiste et fournit des informations provenant d’autres sources si c’est le cas… Le business modèle repose sur de publicité (album, événement, etc)
LePotiron : Une place de marché pour les produits du jardin pour permettre à ceux qui cultivent la terre, de vendre, d’échanger ou de donner leur surplus. La monétisation du service est basée sur un modèle freemium qui propose des services en plus (visibilité, outils de gestions…)
FaisMaCourse : Mise en relation entre particuliers ayant une course à faire et une communauté prête à donner un coup de main en échange de quelques euros. Le business model repose donc sur une commission prélevée sur le prix de la course.
MonPetitSyndic : Propose une solution en ligne de gestion des tâches et du workflow pour les syndics d’immeubles. Une commission est prélevée sur les prestations du syndic.
ChicMeUp.com : Site internet de conseil vestimentaire pour homme. Le business model n’est pas encore déterminé, publicité, suggestion d’achat, freemium, marque blanche…
Widililk : qui se propose de mettre en relation des concepteurs de produit innovant avec des industriels afin de concrétiser le produit. Une commission est donc prélevée si le produit est créé.
1lieu1date : Pour retrouver les personnes qui étaient présentes à un endroit et un moment donné. La base de données est alimentée directement par les utilisateurs, mais aussi par les flux d’activité de type Twitter & Co.
Entreprunner : Un réseau social de la course à pied permettant aux utilisateurs de se retrouver pour les entraînements et les compétitions, mais aussi de gérer leurs performances. Orienté vers les événements, le business model repose sur des services vendus aux organisateurs.
Cash2web : mets en relation des utilisateurs dépourvus de carte de crédit avec des personnes qui en possèdent une, qui feront la transaction pour eux en échange d’une petite rémunération. Le business model repose sur une commission prélevée et de la publicité.
ArtPlateforme permet de mettre en relation des artistes afin de permettre un partage des moyens et des compétences pour mener à bien un projet artistique. Le modèle est freemium (personnalisation des pages ou privatisation des projets …)
Les Concepts
Après un bref constat, on sent que le crowdsourcing, le collaboratif et le communautaire sont à la mode… L’autre tendance est celle de l’instantanéité, de la localisation dans le temps et l’espace. L’internet continue son invasion.
Concernant les idées des projets, elles sont pertinentes dans la mesure où elles sont presque toutes l’expression d’un besoin ressenti par le créateur que ce soit dans leur vie personnelle comme professionnelle. Pour l’anecdote le porteur de Cash2Web a été interdit bancaire pendant 2 ans… Certains ont eu l’idée il y a plusieurs années, d’autres il y a quelques semaines seulement.
Un seul projet a été inspiré sur un projet déjà existant aux USA… En France, on n’a pas de Silicon Valley, mais on a des idées…et des week-ends chargés !
Il n’y a qu’un seul projet ‘technologique’ et vu le contexte (56h pour construire un prototype) cela est logique. Surtout que le projet en question est basé sur un outil déjà développé.
Il y a des projets beaucoup plus ambitieux, je pense notamment à la plate-forme permettant de mettre en relation des concepteurs de produits avec des industriels pour les réaliser. Mais comme dit le dicton “ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait”.
Il y a deux principales problématiques qui ressortent : soit la monétisation est définie (commission, etc.) et il faut s’assurer d’avoir une offre et une stratégie d’attaque pertinentes, soit au contraire, le produit est défini, mais c’est la monétisation qui fait défaut.
Ces réflexions réalisées autour du business model et de la stratégie sont extrêmement enrichissantes pour toute l’équipe qui reçoit en quelques heures une formation extrêmement concrète sur la création d’entreprise.
Si je dois retenir quelque chose de ce startup weekend, c’est l’absolue conviction que se lancer dans un projet sans faire d’étude de marché est de la folie douce. Une bonne partie des équipes se sont rendu compte que des systèmes plus ou moins concurrents existaient.
Je pense que le premier Startup WeekEnd en France est un succès. Les projets sont de qualités, et la volonté et la détermination sont bien concrètes, sur les 12 projets seulement quatre ne savent pas encore s’ils vont continuer après le week-end. (Pour les autres, la réponse est évidemment OUI).
ChicMeUp annonce déjà son service : chicmeup.com,
MonPetitSyndic à lancé le sien, le temps que j’écrive l’article : monpetitsyndic.fr
D’autres équipes ont créé des blogs :
Vous pouvez aussi suivre le reste de l’aventure en temps réels sur Twitter avec le hashtag #swpa













06 décembre 2009 à 18:30
La phase deux est bien une phase d’adaptation.
Certains ne s’adapteront jamais vraiment tout en faisant tout et surtout n’importe quoi pour être présent.
S’adapter à la nouveauté tout en gardant les avantages liés au passé et en recopiant les vieilles habitudes avec des nouvelles couleurs est un art difficile.
Les nouveaux produits et services se dessinent à peine que déjà ils sont vendus pour une quantité impressionnante de vendeurs dont beaucoup ne ferons aucune affaire sérieuse si ce n’est que vendre la direction probable du vent.
En France le logiciel est quasi moribond depuis des années mais on a néanmoins des idées pour en bricoler et surtout en vendre.
Les écoles et universités ne sont pas si mauvaises en France.
Mais la culture de l’innovation est très particulière en France, car ce que savent ou pourraient réaliser certains pour le mettre à disposition du marché en se préoccupant de l’utilisateur est orienté par les idées des dirigistes interventionnistes.
07 décembre 2009 à 1:43
Je trouve le concept intéressant. Un weekend pour créer une start ça donne des idées. A vrai dire, l’idée nous avait traversé l’esprit (mes associés et moi même).
En lisant ton récit, je m’aperçois que l’envie que je ressentais dès le départ et celle sur laquelle spéculent les partenaires pour qu’un maximum de personnes ciblées (je dis bien ciblées) soient directement touchées.
Je ne dis pas qu’il ne s’agit que d’un évènement marketing pur pour StartupWeekend (et ses partenaires) mais plutôt que le concept n’est qu’une utopie pour les créateurs probablement très talentueux. Et justement, c’est là où je veux en venir ; par expérience (2 créations) et par bon sens, rien n’est plus nécessaire que le temps pour réussir un projet aussi important que la création d’un business (quel qu’il soit).
Comment peut on avoir la prétention de régler des problématiques aussi variées que complexes, d’autant plus lors d’un lancement et ce en seulement quelques jours. Rien n’est plus important que de ne pas se précipiter afin de ne pas confondre production de livrables pour un délais précis (j’entends lors de ce weekend ) avec production de valeur ajoutée. Car il faut savoir que bien qu’on ait une activité spécifique très clairement établie, c’est avec un minimum de temps et d’expérience que l’on crée un réelle valeur ajoutée, celle qu’on a été capable de comprendre à travers le comportement de nos clients.
Il y aurait encore beaucoup à dire.
Je trouve qu’il y a cependant du bien (qui serait presque parfait si cela n’était pas marketé en « création de start up en 56h ». Je veux parler de la rencontre de toutes ces personnes qui ont mis leur réflexion à disposition de tous pour partager leurs ressentis et opinions.
Pour ce le coup, rien que pour cela ça mérite très certainement de participer à cet évènement (mais il faut bien garder à l’esprit de ne jamais négliger le facteur temps).
Bon courage à tous ;)
07 décembre 2009 à 8:16
@Ben
Vraiment pas du tout d’accord… (et j’en ai 6 à mon actif de mon coté, oui, je suis un vieux et j’ai commencé tôt).
Une startup se doit d’être agile de nos jours : rapide et capable de fonctionner dans des conditions extrême de stress et d’environnement changeant. Ce concept de week end me semble un excellent moyen de ‘forger le caractère’ de nos petit jeunots ;-)
Quant à l’aspect marketing, pour monter de mon coté ce genre d’évènements, je peux vous assurer qu’il n’y a pas moyen de se faire de l’argent la dessus, c’est vraiment pour la beauté du geste, et sans la participation de LaCantine (qui par définition n’a rien à vendre), ce genre d’évènement n’aurait tout simplement pas lieu en France.
07 décembre 2009 à 13:47
merci la cantine d’organiser ce genre d’évènements! J’avais déjà pensé à l’idée de « Le Potiron », mais si qqun veut bien s’y coller pour moi je suis preneur. Précisons, il me faut qqun dans la même ville que moi ou à côté, sinon ça perd de son sens. En plus qui sait, on pourrait échanger des bonnes idées sur la culture des tomates.
Ariel, jardinier du Web
07 décembre 2009 à 16:20
Bah moi je créé mon service et en plus j’ai regardé les belles miss samedi soir avec ma copine.
Et je le lance dans une semaine, tranquille… Je préfère faire la tortue que le lièvre.
Cela dit, si je pouvais trouver un graphiste talentueux avec qui bosser ce serait pas mal non plus
07 décembre 2009 à 19:23
Perso, j’ai suivi ces deux jours de chez moi, et les moyens mis en oeuvre pour le suivre de l’extérieur était très bien conçu et agréable, entre les live, les tweets et la soirée en direct!
Et ce que je peux en tirer, c’est que j’ai vu des équipes partir d’un projet qui tenait en qqs phrases, pour arriver à un début de design, un début de site, un début d’organisation, un début de direction et un début de business plan! Tout cela en 54 heures!!!
Ok, c’est vrai @ben, il leur faudra encore des mois probablement pour sortir qq chose de ficeler, mais en ces qqs heures, je pense qu’ils ont déjà vu ce qu’il leur aurait fallu des semaines voire des mois de réseautage pour arriver à faire la même chose!
Et non, pas de marketing là-dessous! La France à des idées, vive le Silicon Sentier!!!!
Et encore bravo à l’organisation, loin d’un amateurisme quelconque!!! Pour une première, c’est un réussite, vivement la version 2!!! :)
07 décembre 2009 à 22:16
Le nom de Entreprunner n’était-il pas goodpeoplerun ? (Ils ont peut être changé de nom, même question pour 1lieu1date/lokitime ou The3amigos/Pandapipe ou ArtPlateforme/Project’in)
08 décembre 2009 à 1:24
Bonjour,
Le site de SubMate est fonctionnel, mais nous préférons le peaufiner avant de l’ouvrir publiquement. Entre temps, vous pouvez demander une invitation sur http://www.SubMate.com !
Ce fut une expérience passionnante et très enrichissante. Nous ne comptons pas nous arrêter là et nous serons d’ailleurs présent demain à l’OpenCoffee si certains veulent discuter vous pouvez nous contacter par twitter !
(merci Correntin pour l’article, et si tu peux mettre à jour avec notre lien ce serait top )
08 décembre 2009 à 4:09
Reportage / Animation en dessins, pour le samedi 5 décembre (la suite bientöt …) :
http://bit.ly/4wjCdT
:-)
08 décembre 2009 à 12:44
Pour y avoir participé et etre passé de mon pitch à l’ébauche du projet lepotiron tel qu’il est aujourd’hui, je peux dire que la valeur ajoutée outre les rencontres et le partage de connaissance est d’avoir experimenté de la plus belle manière l’effet 1+1=3 d’une EQUIPE.
A aucun moment je n’ai vu de tirage de couverture contre-productif, et l’implication 100% permanente et la volonté de partage des compétences de mes co-équipiers et pour moi toute à fait inédite.
Tout ca fait de cette expérience quelquechose d’inédit et d’incroyablement enrichissant.
18 décembre 2009 à 7:01
Je trouve ce format intéressant bien sûr, à rapprocher (si ce n’est déjà fait) des « social innovation camp » (SIC) en Uk et Ecosse cette année (vite, en France).
Pour moi, le format court est une façon ludique et efficace de faire de réelle avancées, mais l’élément clé au delà de la réalisation est, en amont, de comprendre si le problème à résoudre est bon..un histoire d »étude de marché » quoi…
De ce point de vue là, rien ne remplace une bonne évaluation des problèmes sociaux ou sociétaux comme point de départ. il faudrait établir une base de référence qui permette de qualifier les idées ou solutions en fonction de leur capacité à résoudre le problème initial.
A ceux que cela intéresse, nous lançons une initiative ouverte « TECHNOLOGIE ET INNOVATION SOCIALE » qui consiste à repartir des besoins sociaux prioritaires et de faire converger des talents du web et des entrepreneurs sociaux (depuis Cap Digital, la Fing jusqu’au groupe SOS ou l’ADIE) ….pour faire émerger des projets et créer de la valeur sociale et sociétale au sein d’écosystèmes.
Voir http://www.slideshare.net/ericchatry/technologie-innovation-sociale-2492502
Ce type de format serait bien adapté.
21 décembre 2009 à 0:30
Trois autres reportages en dessin sur le StartUp Weekend :
http://bit.ly/5znt7D Le Jury
http://bit.ly/4GMTJO Les Sponsors
http://bit.ly/90Tluq Quelques projets
Bientôt la cinquième et dernier reportage en dessins sur le #swpa
Suivez http://twitter.com/ffixx pour en être avertis
:-)
22 décembre 2009 à 10:54
Cinquième et dernière publication des dessins pour le Startup Weekend Paris 2009 :
http://bit.ly/5QF6w3
11 janvier 2010 à 1:20
Il y avait des dessins non encore mis en ligne.
Voici « Le Retour 1″ :
http://bit.ly/5f36ON
12 janvier 2010 à 18:40
… la fin des dessins effectués pendant le SWE Paris 2009 :
http://bit.ly/7vMRE9