Les usines à contenus, une menace pour les media, les blogs et Google

usine-a-contenuCes der­niers temps, on a assisté à une véri­table explo­sion de ce qu’il convient d’appeler des ‘usines à contenu’  telles que Demand Media ou Answers.com. Ces socié­tés créent des mil­liers d’articles par jour et ont un impact consi­dé­rable sur l’écosystème infor­ma­tion­nel du web anglo­saxon. Preuve de leur avan­cée, ces deux entre­prises sont désor­mais bien ins­tal­lées dans le top20 du web amé­ri­cain, aux cotés de géants tels AOL et Apple.

Les grands groupes média, les blogs et Google sont désor­mais assez pré­oc­cu­pés par ces nou­veaux entrants qui, même s’il ne sont pas encore arri­vés dans la fran­co­pho­nie, ne sau­raient tarder.

Chris Ahearn, le Président de la branche Media de Thomson Reuters, a récem­ment publié un article sur la façon dont le jour­na­lisme peut sur­vivre à l’ère d’internet. Michael Arrington de Techcrunch a fait de même, par­lant d’AOL, lui aussi en train de deve­nir une usine à conte­nus, comme ayant adopté “la stra­té­gie de Toyota, consis­tant à fabriquer des mil­liers de sites de conte­nus de niche, à l’aide de ceux qui se sont fait licen­cier des vieux média”, et citant un article de Wired sur Demand Media d’octobre dernier.

Richard MacMannus avait lui com­mencé son ana­lyse du phé­no­mène Demand Media en août en mon­trant com­ment la société opé­rait sur une recette du suc­cès sim­plis­sime : créer des tonnes de sites de conte­nus de niche, la plu­part du temps sans inté­rêt, des­ti­nés essen­tiel­le­ment aux moteurs de recherche, puis uti­li­ser les bonnes vieilles recettes du mar­ke­ting viral à tra­vers les réseaux sociaux et les moné­ti­ser avec de la publicité.

Demand Media a levé des fonds afin de mener à bien cette mis­sion : 355 mil­lions de dol­lars. C’est énorme. C’est une véri­table machine de guerre, bien hui­lée et par­fai­te­ment opé­ra­tion­nelle, la plus effi­cace géné­ra­trice de pages vues qui soit, et elle s’abat sur un uni­vers par­ti­cu­liè­re­ment fra­gile ces temps ci : les contenus.

En novembre, Marshall Kirkpatrick, encore lui, avait enquêté sur la façon dont Demand Media pro­duit 4000 articles par jour en se basant sur un inter­view du fon­da­teur qu’il avait réa­lisé en sep­tembre – c’est dire s’il est par­ti­cu­liè­re­ment atten­tif au sujet, pour ne pas dire pré­oc­cupé. Il avait par la suite publique­ment posé la ques­tion : le contenu fait pour la moné­ti­sa­tion a-t-il fran­chi la ligne jaune ?

Qualité médiocre, gros impact

Une chose est claire : la qua­lité des contenu ainsi créé est très médiocre, et ceci a un impact sur les éditeurs et les lecteurs.

La semaine der­nière, nous avions ana­lysé la façon dont wiki­How pro­duit ses conte­nus : ses uti­li­sa­teurs font le tra­vail d’écriture et d’édition gra­tui­te­ment, sur une pla­te­forme simi­laire à celle de Wikipedia. Il y a de bonnes rai­sons de pen­ser que le modèle pro­posé par wiki­How pro­duit des conte­nus de meilleure qua­lité que celui de Demand Media, en tout cas en ce qui concerne les tuto­riaux, dont eHow, filiale de Demand Media, est spécialiste.

Le web va-t-il bien­tôt être envahi de conte­nus médiocres créés dans des usines à conte­nus telles que Demand Media, Answers.com et désor­mais AOL ? A priori, la réponse est oui.

Les conte­nus issus de telles usines sont creux et ne contiennent aucune forme d’analyse, c’est ce qu’il est res­sorti de plu­sieurs explo­ra­tions faites par Marshall Kirkpatrick. Jack Herrick, le fon­da­teur de wiki­How, parle lui car­ré­ment d’eux comme n’ayant ‘pas d’âme’, et même sans aller aussi loin, on peut cer­tai­ne­ment affir­mer qu’il ne contiennent ni pas­sion et reflètent sou­vent un manque cri­tique de connais­sances sur le sujet qu’il traitent. L’analogie uti­li­sée par Mike Arrington est lim­pide : c’est du fast food.

La qua­lité peut-elle survivre ?

A en juger par l’impact que les usines à contenu ont aujourd’hui, com­ment les éditeurs de conte­nus ‘de qua­lité’ peuvent-ils survivre ?

Chris Ahearn de Thomson Reuters affirme que le jour­na­lisme fera “plus que sur­vivre à l’ère d’internet, il en sor­tira grandi”. Il note que Reuters réa­lise “la majo­rité de ses reve­nus” avec des ser­vices payants des­ti­nés à des sites ver­ti­caux et des sites de niches, de plus, ajoute-t-il, Reuters offre “des ser­vices, pas juste du contenu”.

Ahearn indique égale­ment que cer­taines tech­no­lo­gies comme Open Calais, le moteur d’analyse séman­tique mai­son  don­nera nais­sance à de nou­veaux type de réseau de conte­nus B2B, où les créa­teurs de conte­nus et les éditeurs pour­rons aisé­ment col­la­bo­rer et faire de l’argent.

Google doit se réveiller

Les créa­teurs de conte­nus et leurs éditeurs doivent tra­vailler sérieu­se­ment pour faire gagner les conte­nus de qua­lité. Il est clair qu’un article issu du New York Times est plus inté­res­sant qu’un article trai­tant du même sujet pro­duit par Demand Media, mais les lec­teurs ont besoin de l’aide de Google et des autres moteurs de recherche.

Pour l’instant, la quan­tité est le maitre mot sur le web, la qua­lité est dif­fi­cile à trou­ver. C’est peut être ce qui fait pen­cher Reuters pour un modèle payant, fai­sant ainsi payer pour accé­der à de la qua­lité sans avoir à la cher­cher, un jeu qui pour­rait vite se retrou­ver aussi dif­fi­cile que de trou­ver une aiguille dans une bote de foin, au rythme où vont les choses.

Si c’est bien dans cette direc­tion que vont les choses, Google sera à l’avenir moins utile, et de nou­veaux acteurs, que ce soit du coté des tech­no­lo­gies séman­tiques ou de la cura­tion de liens, pour­raient deve­nir les pas­sages obli­gés vers le web de qualité.

Sont-il inquiets ? Oui, sans aucun doute, si le web conti­nue a être envahi de contenu médiocres comme c’est le cas aujourd’hui, leur pré­do­mi­nance en terme d’accès à l’information pour­rait bien fondre comme neige au soleil.

Pour John Battelle, Google échoue sur le front de la qua­lité et c’est tout le web qui pour­rait s’en trou­ver changé.

Vu des média, la situa­tion est dou­ble­ment iro­nique : c’est l’industrialisation extrême d’un pro­cess de créa­tion de conte­nus demeuré jusqu’ici, sommes toute, plu­tôt arti­sa­nal, qui pour­rait venir à bout de ce qu’il s’évertuent à consi­dé­rer comme leur ennemi juré. Le revers de la médaille, c’est que cela repré­sente un dan­ger tout aussi consi­dé­rable pour eux.

Les média sont-il en danger ?

Alors qu’en France, il est de bon ton, quand on est dans l’industrie des média, d’accuser Google de tous les maux, les usines à conte­nus repré­sentent une menace bien plus grande encore : celle de concur­rents directs, ayant trouvé le moyen de réa­li­ser des conte­nus à un prix impos­sible à atteindre pour les média classiques.

Ceux qui pro­duisent de la qua­lité devraient – s’il passent les autres obs­tacles qui se pré­sentent à eux – pour­rait sur­vivre, mais ceux qui ont déja pris le parti de la quan­tité et sacri­fié depuis long­temps la qua­lité, n’ont aucune chance.

Ceci dit, il leur fau­dra pour sur­vivre s’appuyer sur de nou­veaux acteurs – dans l’hypothèse où Google serait défaillant – et faire avec une réa­lité désor­mais bien ins­tal­lée : l’internet a créé et conti­nuera de créer de nou­veaux inter­mé­diaires entre les lec­teurs et les créa­teurs de conte­nus, que cela leur plaise ou non.

Les usines à conte­nus n’ont pour l’instant pas encore per­turbé l’écosystème Francophone, mais ce n’est qu’une ques­tion de temps. Prenez un call cen­ter situé dans un pays où la main d’œuvre n’est pas chère, recru­tez des diplô­més du supé­rieur, qui ne manquent pas en Afrique Francophone, rem­pla­cez les télé­phones par des ordi­na­teurs : et voilà.

La seule véri­table ques­tion n’est pas de savoir si cela va se pro­duire mais quand, et qui va le faire : un média Français ? Une star­tup lour­de­ment finan­cée ? Une société amé­ri­caine parti à l’assaut du mar­ché Européen ?

(image CC par Poolie)


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40 commentaires pour cet article

  1. [Enikao]

    A noter une pro­po­si­tion inté­res­sante de Jay Rosen, qu’il bap­tise “explainthis.org”, et qui per­met­trait aux jour­na­listes de recueillir les besoins de com­pré­hen­sion de l’audience.
    Ce serait une forme de crowd­sour­cing de besoins péda­go­giques.
    http://jayrosen.tumblr.com/post/281058818/this-is-a-mock-up-for-a-news-site-that-i-think

  2. Nils Oj

    Peut-être est-ce au contraire une chance pour le jour­na­lisme de trou­ver un modèle écono­mique si Google échoue sur la qua­lité… Comme sou­li­gné dans l’article : la cura­tion peut deve­nir un ser­vice pour lequel on est prêt à payer. 

    Dans un registre proche, à pro­pos de l’influence des algo­rithmes de clas­se­ment sur les stra­té­gies édito­riales, j’ai essayé de démê­ler les conséquences que pour­rait avoir le déré­fé­ren­ce­ment des conte­nus de Murdoch : http://ow.ly/JX5y

  3. Olivier Bauchat - Proxiti

    Les usines à contenu misent tout à la fois sur la puis­sance, l’affinité thé­ma­tique et la longue traine.

    Même si leur contenu n’est pas de qua­lité extrême, ils vont for­cé­ment drai­ner une part de l’attention si dif­fi­cile à cap­ter des internautes.

    Mais comme tout géant, ces usines assez imper­son­nelles ont des fai­blesses.
    Un contenu de qua­lité supé­rieure ne suf­fira pas à les contrer, il faut autre chose : l’avenir appar­tien­dra aux REFERENCES, et à la confiance.
    La vieille presse perd peu à peu ces notions dont elle avait jusqu’ici le mono­pole.
    D’autres acteurs, pure player vont prendre le relai.

    Et puis des usines à conte­nus, ou canons à dépêches, il en existe en France : lorsque l’on regarde lepost.fr, n’est ce pas déjà une usine à contenu ?

  4. Etienne

    Je trouve que c’est peut-être de bon augure effec­ti­ve­ment. La répu­ta­tion, la qua­lité etc… devraient reve­nir en force si la quan­tité de faible qua­lité sature. Et donc valoir quelque chose, et qui dit valeur dit busi­ness model.

    Depuis quelques temps, on parle sou­vent de la crise du gra­tuit, que la gra­tuité abime la valeur perçue, et que rendre gra­tuit c’est en par­tie abi­mer sa valeur.
    Voici donc peut être l’opportunité de ré affir­mer la valeur de l’information pro­duite par de réels jour­na­listes, et d’assumer cette valeur en fai­sant payer. cf. Reuters.

    Si je ne me trompes, les réseaux P2P ont été satu­rés de mau­vais conte­nus, et les accros ont tous bougé vers des réseaux payants. Pourquoi ce phé­no­mène ne se repro­dui­rait pas sur les conte­nus licites ?

  5. Fabrice Epelboin

    @etienne

    oui, vous vous trom­pez en ce qui concerne le p2p, on y trouve des conte­nus de qua­lite en pro­fu­sion, du fait meme que plus ils sont par­ta­gés, plus ils sont dis­po­nibles. La rai­son du depart des uti­li­sa­teurs vers des sys­temes tout autant ille­gaux mais payants est simple : echap­per a la sur­veillance de l’etat.

  6. Rat Mort

    La rêgle du jeu pro­po­sée par google est simple: du contenu mis à jour très régu­liè­re­ment et des textes ori­gi­naux, avec un peu de liens vers le site. Monter une nébu­leuse de sites mis à jour plu­sieur dizaines de fois par jour pour répondre à ces attentes a toujours été une solu­tion qui néces­site beau­coup de moyens. Chauffeurdebuzz, ou doc­tis­simo et autres com­ment­ca­marche ne sont pas si dif­fé­rent. Seule la taille reste encore faible pour le moment par rap­port aux exemple pro­po­sés dans cet article.

  7. Etienne

    Justement je ne suis pas cer­tain que la seule rai­son du départ soit unique­ment la crainte de la sur­veillance. Des retours que j’en ai lu, il y a certes la sécu­rité vis à vis de la sur­veillance, mais aussi un débit meilleur, pas de quo­tas d’échange, des conte­nus mieux indexés et toujours de bonne qua­lité, sur­tout pour ceux qui ne sont pas encore par­ta­gés en masse, et j’en passe: un ser­vice com­plet et de qualité.

  8. leafar

    En france on a com­ment ca marche mais c’est bien plus quali est orienté unique­ment sur les ques­tions réponse. En tt cas on est pas sorti de l’auberge.

  9. Martin

    @rat mort

    Effectivement je par­tage votre point de vue. Même si les sites cités ont cer­tains conte­nus de qua­lité, sur la masse de leurs pages, on perd en qua­lité, et le but est juste de pas­ser de la publi­cité avant d’informer.

    Il va fal­loir fil­trer ces conte­nus de manière effi­cace. La qua­lité n’est déjà pas toujours facile à trou­ver sur le web, mais ces pra­tiques risquent d’accélérer la tendance.

  10. Daniel Gergès

    Article excellent,

    Assez d’accord pour dire qu’une cer­taine forme de ça existe déjà en France avec CDBuzz, CCM, mais qui ne sont pas encore assez indus­tria­li­sés pour élimi­ner toute concurrence.

    Par contre petite réflexion : est-ce que le filtre social peut mar­cher pour ce genre de contenus ? 

    En gros si on consi­dère que demain je n’accède plus au contenu via Google unique­ment mais via un outil de décou­verte social (FB, Twitter, ou plus pro­ba­ble­ment qq chose qui n’existe pas encore…) est-ce que ce modèle tient aussi bien la route ?

    (J’ai bien peur que oui malheureusement)

    http://twitter.com/@danielito

  11. bcurdy

    Je vois mal ce qu’il y a de dif­fé­rent par rap­port au modèle actuel et passé de la presse. La plu­part des jour­naux, et pas seule­ment les gra­tuits, sont d’une qua­lité très rela­tive et visent tout d’abord à faire plai­sir à leurs annon­ceurs. Et je ne parle pas de la télé­vi­sion, reine en ce domaine (et hop, on cen­sure un repor­tage parce qu’un spon­sor pour­rait etre dérangé) Je ne crois pas que la qua­lité de l’information soit meilleure ou pire sur le net qu’elle l’était aupa­ra­vant. Nous avions en majo­rité de l’information super­fi­cielle ou/et biai­sée hier et ce sera, mal­heu­reu­se­ment, encore la cas demain… Mais sur de nou­veaux supports.

  12. Fabrice Epelboin

    @etienne

    pour le débit, oui, pour le reste, vrai­ment pas (ou alors on parle de tout autre chose), les sites qui réfé­rences les conte­nus ‘pira­tés’ en direct down­load sont bien moins pra­tiques que des sites comme Thepiratebay qui sont de véri­tables moteur de recherche (et qui n’imposent aucun ratio, au pas­sage). Quant à la qua­lité, ce sont les même fichiers…

    @Daniel Gergès

    A priori, via un outil comme Twitter, si la sélec­tion des gens sui­vis est bien faite, on échappe aux conte­nus de mau­vaise qua­lité, mais il reste encore beau­coup à faire tant en terme de fonc­tio­na­li­tés (les listes de twit­ter sont un bon début) et de tech­no­lo­gies qu’en termes d’usages…

    @bcurdy

    C’est pire encore ques­tion conte­nus (je sais, c’est dif­fi­cile à croire), et il faut recon­naitre que jusqu’à récem­ment, les conte­nus presse de qua­lité ne nui­saient pas aux conte­nus presse bas de gamme. Avec Google comme inter­mé­diaire, tout change…

  13. Yann

    Euh pour Chauffeur de Buzz qui a une fréquence de publi­ca­tion rai­son­nable, on ne peut pas dire qu’il inonde le web de textes comme les ricains, c’est sou­vent une vidéo et une pauvre ligne de texte.

    En revanche, il met en exergue une autre dérive du sys­tème google à savoir la sur­puis­sance des liens qui lui per­mettent de squat­ter des miliers de requêtes.

    Une fois qu’on a com­pris qu’il fal­lait géné­rer du texte au kilo­mètre et avoir une stra­té­gie de net­lin­king effi­cace ( agres­sive ? ) on a la clé du succès…

  14. Eric

    A sa façon, twit­ter est la pre­mière usine à contenu UGC non ?

  15. Fabrice Epelboin

    D’une cer­taine façon, oui, mais là il ne s’agit pas du tout de conte­nus UGC, mais de conte­nus écrits à la va vite par des pros dans le seul but de squat­ter les résul­tats de Google et de géné­rer du cash… Un peu l’assaut par le fast food de l’univers de la res­tau­ra­tion… d’où la peur qui envahi pas mal de monde…

  16. Alain

    un autre exemple en France c’est excite.Fr

  17. Thomas

    Une ques­tion naïve , désolé. Que signi­fie le mot cura­tion ? J’imagine qu’il a aban­donné son domaine d’élection native, la médecine.

  18. Thomas

    Allez, une deuxième dans la fou­lée : Google peut-il déci­der de ne pas réfé­ren­cer un site ?

  19. Fabrice Epelboin

    Curation : col­lec­tion­ner dans un but pré­cis, on parle aussi de jour­na­lisme de liens. Si vous regar­dez le compte Twitter de bon nombre de jour­na­listes ou de blog­geurs, c’est ce qu’ils font : ils col­lec­tionnent des liens menant à des conte­nus qu’ils jugent de qua­lité. Du coup, si vous appré­ciez leur tra­vail, il y a de bonne chances pour que les liens qu’ils vous pro­posent vous plaisent.

    Sinon, oui, Google peut tout a fait déci­der de ne plus réfé­ren­cer un site, ca arrive régu­liè­re­ment pour diverses rai­sons. La plu­part du temps, c’est l’algorithme de Google qui décide cela.

  20. Jmini

    @Fabrice :

    Par rap­port aux remarques d’@Etienne, c’est peut être pas le bon endroit pour le faire, mais c’est la pre­mière fois que je lis quelqu’un chal­len­ger ta réflexion sur la monté des sites pirates payants. Il me semble les argu­ments sont bons, mais il ne vont pas dans ta théo­rie {Hadopi => Surveillance => Fuite des gens vers les site de par­tage payant}.
    Certainement qu’il y a du vrai par­tout… Même des indexeurs comme PirateBay ou Torrent-Search n’ont pas toujours les indi­ca­tions indiquant un mau­vais contenu à jour.

    C’est à mon avis très difi­cile de connaître les rai­sons d’adoption de ces réseaux payants. (cf dicus­sion http://fr.readwriteweb.com/2009/12/11/a-la-une/hadopi-sandrine-belier-europe-ecologie-webtv/) A mon avis il y a un petit peu de tout.
    NB: prendre un autre pays euro­péen sans HADOPI et dire là bas les réseaux payants ne se déve­loppent pas me semble aussi un rac­cour­cit (peut être que dans un autre pays euro­péen un tel ser­vice ne vaut pas le coup, ou que le bouche à oreille n’a pas encore eu lieu).

    _____

    Pour en reve­nir au vrai sujet.
    Je n’ai jamais été confronté à trop de réponses mau­vaise dans une recherche (peut être parce qu’effectivement les usines à contenu n’en sont qu’à leur début en France).

    Mais j’ai l’impression que ce n’est pas très grave : comme d’autre l’ont déjà dit, s’il y a un réel besoin, un nou­veau sys­tème se met­tra en place (google, ou wikio ajou­te­ront une com­po­sante répu­ta­tion ou trust, dans leur cal­cul. Aaaliens pro­po­se­ras en plus de leur fonc­tion live, la pos­si­bi­lité de cher­cher dans les archives des liens qui avaient été signalé comme digne de contenu…) Bref un ser­vice appa­raî­tra (et je ne suis pas cer­tain qu’il sera payant).

    J’ai l’impression que le dan­ger est plu­tôt pour les per­sonnes dési­rant créer un contenu de qua­lité… Comment vont elle se faire connaître dans une foule de contenu médiocre (hyper opti­misé pour appa­raitre en tête dans le moteur de recherche et tous les auto­mates). Si la solu­tion passe par un fil­trage humain, j’ai l’impression qu’on retombe 10 ans en arrière (quand les annuaires de liens se fai­sait à la main), le bruit généré par tout le monde ne plus.
    Il y a un risque de contrôle à la porte d’entrée (de la même manière qu’aujourd’hui n’intervient pas dans les média qui veut). Dénicher le bon contenu va être de plus en plus difficile.

  21. Fabrice Epelboin

    Etienne a rai­son sur un point, c’est infi­nie­ment plus rapide en direct down­load qu’en P2P, pour le reste, je reste à convaincre (des liens ?). Pour être passé moi même du P2P au direct down­load, je crois sin­cè­re­ment avoir fait le tour de ce que le web pro­pose, et à une excep­tion près (sin­less­links), je n’ai rien vu qui approche la faci­lité de recherche d’un bon vieux tra­cker bit­torent. En ce qui concerne la qua­lité des fichiers (com­pres­sion, s’entend), aucun chan­ge­ment, ce sont les même que l’on retrouve sur les news­groups, les réseaux P2P ou les sites de direct download.

    Ceci dit, il faut faire une enquête (bien joué Etienne, vous avez semé le doute)… on va faire ca, ne serait ce que sous la forme d’un son­dage en ligne ;-) Idéalement, on devrait faire ca en paral­lèle sur plu­sieurs site P2P friendly, comme numé­rama et PCimpact…

    Pour ce qui est de la concur­rence contenu fast food/contenu qua­lité, en français, en effet, cela ne se sent pas, en anglais, et sur des conte­nus très mains­tream, ca com­mence à ses sen­tir… faites un test sur des thème bateau (déco, dié­té­tique, des trucs comme ça)…

    Les sys­tèmes de cura­tion de liens ne sont pas encore au point, Wikio a sa propre vision du ran­king, et il n’a aucun rap­port avec la qua­lité, aaa­liens est inté­res­sant pour les news techno, mais en dehors de cela, n’a que peu d’intérêt, c’est plus une com­bi­nai­son de sources (par oppo­si­tion à un billet) validé par des humain avec une bonne dose d’algo et de séman­tique, et ça, ça reste à inventer :-)

  22. Dominique Rabeuf

    Beaucoup de soupe et pas vrai­ment de menu de com­po­si­tion
    Ceci est juste un pré­li­mi­naire car dans les créa­tions de conte­nus tout est à faire

  23. Denis

    En France, des sites se rap­prochent déjà de cette démarche. Je pense notam­ment à l’internaute qui est avant tout une énorme usine à conte­nus sans réelle ana­lyse et beau­coup de sujets.

  24. Fabrice Epelboin

    Ca reste de l’ordre de l’artisanat… juste pour mémoire :
    Demand Media, 350M$ levées, valo­risé à plu­sieurs mil­lairds de dol­lars, +10.000 per­sonnes tra­vaillant pour eux (en free­lance pour la plu­part), +4000 articles publiés par jour… C’est une vrai usine.

  25. Gautier

    Qu’est-ce qui défi­nit la “qua­lité” d’un contenu ?

    En quoi un contenu du type CCM serait “de moins bonne qua­lité” qu’un article du Monde ?

    Si par “contenu de qua­lité” on entend “contenu élitiste”, je pense que cer­taines “usines à conte­nus” ont de beau jour devant elles.

    Je pense qu’il ne faut point trop simplifier.

  26. Fabrice Epelboin

    C’est quoi CCM ?

  27. Gautier

    http://www.commentcamarche.net (contenu réa­lisé par des inter­nautes lambda)

  28. Thomas

    Merci Fabrice pour ces éclaircissements.

  29. Laurent Laforge

    Une autre tech­nique que la pro­duc­tion mas­sive pour géné­rer une pré­sence sur les moteurs : mixer pro­duc­tion et agré­ga­tion de flux ou d’articles. C’est l’approche d’UPS avec http://brown.popurls.com, qui a trouvé un bon com­pro­mis entre qua­lité et quantité

  30. Gautier

    Bonjour,

    Puis-je savoir pourquoi mon com­men­taire répon­dant à votre ques­tion a été censuré ?

  31. Fabrice Epelboin

    @Gauthier

    Par ce qu’il a été bloqué par Askimet, l’antispam de Wordpress. Normalement, il faut trois liens pour que cela arrive, donc j’imagine qu’Askimet a un pro­blème avec vous ;-)

    C’est validé, il est désor­mais en ligne, et non, ce n’est pas de la cen­sure, c’est juste un anti spam qui vous a dans le nez (comme Askimet gère l’essentiel du spam sur les blogs Wordpress, j’imagine que vous avez été tag­gué comme spam sur d’autres blogs).

    (par contre, je ne laisse qu’une seule de vos réponse du coup, ça sert pas à grand chose de se repéter)

  32. Gautier

    Bonjour Fhabrice,

    Non à ma connais­sance je n’ai pas été tag­gué comme “spam­meur”. Si cela avait été le cas aucun de mes com­men­taires ne passeraient…

  33. jehv

    @Gautier : mau­vais exemple CCM ne fait que du copier/coller d’articles inter­es­sant le monde infor­ma­tique, ils ne pro­duisent pas vrai­ment ( moi aussi je sais faire :P )

  34. Etienne

    Bon, je suis heu­reux d’avoir fait avan­cer la dis­cus­sion même si mon but n’était pas de mettre le doute.
    Pour ce qui est des sites de down­load, j’attends un article des­sus pour que l’on en dis­cute derrière ?

    Et par rap­port au sujet prin­ci­pal de cet article, la ques­tion est bien com­ment se faire voir et avoir de la visi­bi­lité pour son contenu cf @Jmini.
    Et il y a deux points impor­tants à mon goût:
    D’abord en géné­ral contenu de qua­lité = pas mal de temps pour le faire = coût pour le pro­duc­teur. Coût = valeur. Et à l’inverse gra­tuit = non per­cep­tion de la valeur, consom­mable, dis­po­sable. Mais il faut bien que le pro­duc­teur en retire quelque chose: noto­riété (donc visi­bi­lité) ou revenus.

    Je pense que ce pre­mier point est un des noeuds du problème

    Ensuite, quand on se place du côté du consom­ma­teur, pourquoi payer pour quelque chose que je peux avoir gra­tui­te­ment ?
    Et de ce second point ma reflexion par ana­lo­gie avec le dl, il faut lui appor­ter un ser­vice ou de la qua­lité sup­plé­men­taire, une nou­velle valeur perçue, de manière à ce qu’il ait envie de payer.

    Ce que j’appellerai fran­chir le virage du numé­rique pour la presse !
    Il fau­drait peut-être que j’essaie d’écrire un article plus orga­ni­ser, mais cela deman­de­rait du temps, et … ;-)

  35. Fabrice Epelboin

    L’article sur le direct down­load est en cours :-)

    Sinon, j’ai peur que vos équa­tions ne soient pas aussi évidentes. La musique à la radio est gra­tuit depuis long­temps, on trouve égale­ment (toujours sur la radio) de la qua­lité gra­tuite et perçue comme de la qualité…

    Le noeud du pro­blème, c’est avant tout le poids de Google dans l’intermédiation entre l’audience et les conte­nus, mais les réseau sociaux, twit­ter & co. com­mencent à faire appa­raitre des alter­na­tives, donc il y a de l’espoir… Google n’est pas la fin de l’histoire ;-)

  36. Etienne

    oui, mais d’un autre côté à la radio l’auditeur est consom­ma­teur, il n’a pas le choix de ce qui passe (sauf cas par­ti­cu­liers) et le pro­duc­teur y gagne de la noto­riété pour faire connaitre ses hit et vendre ses albums…

    Complètement en phase sur la fin, google n’est pas la fin de l’histoire !

  37. StarAc4Ever

    Bonjour,
    La ques­tion n’est pas de savoir qui va le faire en France : c’est déjà fait. Lepost.fr est le meilleur exemple, sans vou­loir le frois­ser, de contenu créé en masse unique­ment pour les moteurs même si j’imagine que ce n’était pas le but pour­sui­vit ini­tia­le­ment par ses par­ti­ci­pants.
    @+

  38. Fabrice Epelboin

    Si vous pen­sez que le Post est une usine à contenu, c’est que vous n’avez pas bien com­pris de quoi il s’agit, désolé… Faut pas tout mettre dans le même panier sous pré­texte que l’on aime pas. Ce n’est pas plus une usine à contenu que les “canons à dépèches” des grandes rédacs ne le sont…

  39. Cécile Arbona

    Cet article est vrai­ment très ins­truc­tif. Et comme c’est un sujet auquel je m’intéresse égale­ment, j’ai trouvé lors de mes recherches sur le web, une société off­shore (que je ne cite­rai pas car je ne tiens pas à lui faire de la publi­cité) qui cor­res­pond très exac­te­ment à ce qui est décrit à la fin de cet article ! A savoir une société qui compte un grand nombre de col­la­bo­ra­teurs et qui four­nit des conte­nus divers en langue française pour sites web, à des prix très com­pé­ti­tifs comme ils le mettent en avant sur leur site. Comme quoi, l’avenir n’est jamais très loin !

  40. Fabrice Epelboin

    Si c’est à l’île Maurice, je crois qu’on parle de la même, sinon, je veux bien leur coor­don­nées, j’enquête la dessus ;-)

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  6. Inondations en vue : les usines à contenus arrivent! « La Bibliothèque de l’IUT Paris Descartes :

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  7. Les usines à contenu, une révolution dans les médias ? | Blog du MIP sur l'Innovation et sur Google :

    […] Source : http://fr.readwriteweb.com/2009/12/14/a-la-une/usine-contenus-une-menace-les-media-les-blogs-google/ […]

  8. Revue de blogs – Semaine 51/2009 « Digital Reputation Blog :

    […] Les usines à conte­nus, une menace pour les médias, les blogs et Google : des socié­tés spé­cia­li­sées dans la pro­duc­tion du contenu fleu­rissent et prennent de l’ampleur dans le web. L’article explore l’impact de telles socié­tés sur l’avenir du web en par­ti­cu­lier le réfé­ren­ce­ment web, le buzz et le journalisme […]

  9. Le blog d'Arnaud Vallière Revue de presse :

    […] le tapis et d’être pris sur le fait, d’autres se font prendre leur job par des usines à contenu rem­plies de robots ana­ly­seurs de […]

  10. MySQL pour 1 euro / Wordpress Big Brother / cadeaux libres / usines à contenus – Philippe Scoffoni :

    […] venir ce que cer­tains consi­dèrent comme une menace pour les medias, les blogs et Google : les usines à conte­nus. Il s’agit de site qui génère grâce à des armées de […]

  11. A lire sur le web (23-12-09) | Tête de Quenelle ! :

    […] Les usines à conte­nus, une menace pour les media, les blogs et Google – ReadWriteWeb France – « Ces socié­tés créent des mil­liers d’articles par jour et ont un impact consi­dé­rable sur l’écosystème infor­ma­tion­nel du web anglo­saxon. Preuve de leur avan­cée, ces deux entre­prises sont désor­mais bien ins­tal­lées dans le top20 du web amé­ri­cain, aux cotés de géants tels AOL et Apple. » […]

  12. Revue de presse | Simple Entrepreneur :

    […] Les usines à conte­nus, une menace pour les media, les blogs et Google Certaines socié­tés créent des mil­liers d’articles et de sites de conte­nus de niche par jour (la plu­part du temps sans inté­rêt et des­ti­nés essen­tiel­le­ment aux moteurs de recherche) et ont un impact consi­dé­rable sur l’écosystème du web. […]

  13. Knol … partage de connaissances et visibilité ! « Tout en mots … :

    […] pas un espace de pub gra­tuit, ce n’est pas non plus un annuaire. Les conte­nus « creux » (pro­duits par des usines à conte­nus) sont en train d’inonder le web, n’en rajoutez […]

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