Ces derniers temps, on a assisté à une véritable explosion de ce qu’il convient d’appeler des ‘usines à contenu’ telles que Demand Media ou Answers.com. Ces sociétés créent des milliers d’articles par jour et ont un impact considérable sur l’écosystème informationnel du web anglosaxon. Preuve de leur avancée, ces deux entreprises sont désormais bien installées dans le top20 du web américain, aux cotés de géants tels AOL et Apple.
Les grands groupes média, les blogs et Google sont désormais assez préoccupés par ces nouveaux entrants qui, même s’il ne sont pas encore arrivés dans la francophonie, ne sauraient tarder.
Chris Ahearn, le Président de la branche Media de Thomson Reuters, a récemment publié un article sur la façon dont le journalisme peut survivre à l’ère d’internet. Michael Arrington de Techcrunch a fait de même, parlant d’AOL, lui aussi en train de devenir une usine à contenus, comme ayant adopté “la stratégie de Toyota, consistant à fabriquer des milliers de sites de contenus de niche, à l’aide de ceux qui se sont fait licencier des vieux média”, et citant un article de Wired sur Demand Media d’octobre dernier.
Richard MacMannus avait lui commencé son analyse du phénomène Demand Media en août en montrant comment la société opérait sur une recette du succès simplissime : créer des tonnes de sites de contenus de niche, la plupart du temps sans intérêt, destinés essentiellement aux moteurs de recherche, puis utiliser les bonnes vieilles recettes du marketing viral à travers les réseaux sociaux et les monétiser avec de la publicité.
Demand Media a levé des fonds afin de mener à bien cette mission : 355 millions de dollars. C’est énorme. C’est une véritable machine de guerre, bien huilée et parfaitement opérationnelle, la plus efficace génératrice de pages vues qui soit, et elle s’abat sur un univers particulièrement fragile ces temps ci : les contenus.
En novembre, Marshall Kirkpatrick, encore lui, avait enquêté sur la façon dont Demand Media produit 4000 articles par jour en se basant sur un interview du fondateur qu’il avait réalisé en septembre – c’est dire s’il est particulièrement attentif au sujet, pour ne pas dire préoccupé. Il avait par la suite publiquement posé la question : le contenu fait pour la monétisation a-t-il franchi la ligne jaune ?
Qualité médiocre, gros impact
Une chose est claire : la qualité des contenu ainsi créé est très médiocre, et ceci a un impact sur les éditeurs et les lecteurs.
La semaine dernière, nous avions analysé la façon dont wikiHow produit ses contenus : ses utilisateurs font le travail d’écriture et d’édition gratuitement, sur une plateforme similaire à celle de Wikipedia. Il y a de bonnes raisons de penser que le modèle proposé par wikiHow produit des contenus de meilleure qualité que celui de Demand Media, en tout cas en ce qui concerne les tutoriaux, dont eHow, filiale de Demand Media, est spécialiste.
Le web va-t-il bientôt être envahi de contenus médiocres créés dans des usines à contenus telles que Demand Media, Answers.com et désormais AOL ? A priori, la réponse est oui.
Les contenus issus de telles usines sont creux et ne contiennent aucune forme d’analyse, c’est ce qu’il est ressorti de plusieurs explorations faites par Marshall Kirkpatrick. Jack Herrick, le fondateur de wikiHow, parle lui carrément d’eux comme n’ayant ‘pas d’âme’, et même sans aller aussi loin, on peut certainement affirmer qu’il ne contiennent ni passion et reflètent souvent un manque critique de connaissances sur le sujet qu’il traitent. L’analogie utilisée par Mike Arrington est limpide : c’est du fast food.
La qualité peut-elle survivre ?
A en juger par l’impact que les usines à contenu ont aujourd’hui, comment les éditeurs de contenus ‘de qualité’ peuvent-ils survivre ?
Chris Ahearn de Thomson Reuters affirme que le journalisme fera “plus que survivre à l’ère d’internet, il en sortira grandi”. Il note que Reuters réalise “la majorité de ses revenus” avec des services payants destinés à des sites verticaux et des sites de niches, de plus, ajoute-t-il, Reuters offre “des services, pas juste du contenu”.
Ahearn indique également que certaines technologies comme Open Calais, le moteur d’analyse sémantique maison donnera naissance à de nouveaux type de réseau de contenus B2B, où les créateurs de contenus et les éditeurs pourrons aisément collaborer et faire de l’argent.
Google doit se réveiller
Les créateurs de contenus et leurs éditeurs doivent travailler sérieusement pour faire gagner les contenus de qualité. Il est clair qu’un article issu du New York Times est plus intéressant qu’un article traitant du même sujet produit par Demand Media, mais les lecteurs ont besoin de l’aide de Google et des autres moteurs de recherche.
Pour l’instant, la quantité est le maitre mot sur le web, la qualité est difficile à trouver. C’est peut être ce qui fait pencher Reuters pour un modèle payant, faisant ainsi payer pour accéder à de la qualité sans avoir à la chercher, un jeu qui pourrait vite se retrouver aussi difficile que de trouver une aiguille dans une bote de foin, au rythme où vont les choses.
Si c’est bien dans cette direction que vont les choses, Google sera à l’avenir moins utile, et de nouveaux acteurs, que ce soit du coté des technologies sémantiques ou de la curation de liens, pourraient devenir les passages obligés vers le web de qualité.
Sont-il inquiets ? Oui, sans aucun doute, si le web continue a être envahi de contenu médiocres comme c’est le cas aujourd’hui, leur prédominance en terme d’accès à l’information pourrait bien fondre comme neige au soleil.
Pour John Battelle, Google échoue sur le front de la qualité et c’est tout le web qui pourrait s’en trouver changé.
Vu des média, la situation est doublement ironique : c’est l’industrialisation extrême d’un process de création de contenus demeuré jusqu’ici, sommes toute, plutôt artisanal, qui pourrait venir à bout de ce qu’il s’évertuent à considérer comme leur ennemi juré. Le revers de la médaille, c’est que cela représente un danger tout aussi considérable pour eux.
Les média sont-il en danger ?
Alors qu’en France, il est de bon ton, quand on est dans l’industrie des média, d’accuser Google de tous les maux, les usines à contenus représentent une menace bien plus grande encore : celle de concurrents directs, ayant trouvé le moyen de réaliser des contenus à un prix impossible à atteindre pour les média classiques.
Ceux qui produisent de la qualité devraient – s’il passent les autres obstacles qui se présentent à eux – pourrait survivre, mais ceux qui ont déja pris le parti de la quantité et sacrifié depuis longtemps la qualité, n’ont aucune chance.
Ceci dit, il leur faudra pour survivre s’appuyer sur de nouveaux acteurs – dans l’hypothèse où Google serait défaillant – et faire avec une réalité désormais bien installée : l’internet a créé et continuera de créer de nouveaux intermédiaires entre les lecteurs et les créateurs de contenus, que cela leur plaise ou non.
Les usines à contenus n’ont pour l’instant pas encore perturbé l’écosystème Francophone, mais ce n’est qu’une question de temps. Prenez un call center situé dans un pays où la main d’œuvre n’est pas chère, recrutez des diplômés du supérieur, qui ne manquent pas en Afrique Francophone, remplacez les téléphones par des ordinateurs : et voilà.
La seule véritable question n’est pas de savoir si cela va se produire mais quand, et qui va le faire : un média Français ? Une startup lourdement financée ? Une société américaine parti à l’assaut du marché Européen ?
(image CC par Poolie)











14 décembre 2009 à 10:52
A noter une proposition intéressante de Jay Rosen, qu’il baptise “explainthis.org”, et qui permettrait aux journalistes de recueillir les besoins de compréhension de l’audience.
Ce serait une forme de crowdsourcing de besoins pédagogiques.
http://jayrosen.tumblr.com/post/281058818/this-is-a-mock-up-for-a-news-site-that-i-think
14 décembre 2009 à 11:11
Peut-être est-ce au contraire une chance pour le journalisme de trouver un modèle économique si Google échoue sur la qualité… Comme souligné dans l’article : la curation peut devenir un service pour lequel on est prêt à payer.
Dans un registre proche, à propos de l’influence des algorithmes de classement sur les stratégies éditoriales, j’ai essayé de démêler les conséquences que pourrait avoir le déréférencement des contenus de Murdoch : http://ow.ly/JX5y
14 décembre 2009 à 11:23
Les usines à contenu misent tout à la fois sur la puissance, l’affinité thématique et la longue traine.
Même si leur contenu n’est pas de qualité extrême, ils vont forcément drainer une part de l’attention si difficile à capter des internautes.
Mais comme tout géant, ces usines assez impersonnelles ont des faiblesses.
Un contenu de qualité supérieure ne suffira pas à les contrer, il faut autre chose : l’avenir appartiendra aux REFERENCES, et à la confiance.
La vieille presse perd peu à peu ces notions dont elle avait jusqu’ici le monopole.
D’autres acteurs, pure player vont prendre le relai.
Et puis des usines à contenus, ou canons à dépêches, il en existe en France : lorsque l’on regarde lepost.fr, n’est ce pas déjà une usine à contenu ?
14 décembre 2009 à 11:37
Je trouve que c’est peut-être de bon augure effectivement. La réputation, la qualité etc… devraient revenir en force si la quantité de faible qualité sature. Et donc valoir quelque chose, et qui dit valeur dit business model.
Depuis quelques temps, on parle souvent de la crise du gratuit, que la gratuité abime la valeur perçue, et que rendre gratuit c’est en partie abimer sa valeur.
Voici donc peut être l’opportunité de ré affirmer la valeur de l’information produite par de réels journalistes, et d’assumer cette valeur en faisant payer. cf. Reuters.
Si je ne me trompes, les réseaux P2P ont été saturés de mauvais contenus, et les accros ont tous bougé vers des réseaux payants. Pourquoi ce phénomène ne se reproduirait pas sur les contenus licites ?
14 décembre 2009 à 12:01
@etienne
oui, vous vous trompez en ce qui concerne le p2p, on y trouve des contenus de qualite en profusion, du fait meme que plus ils sont partagés, plus ils sont disponibles. La raison du depart des utilisateurs vers des systemes tout autant illegaux mais payants est simple : echapper a la surveillance de l’etat.
14 décembre 2009 à 12:20
La rêgle du jeu proposée par google est simple: du contenu mis à jour très régulièrement et des textes originaux, avec un peu de liens vers le site. Monter une nébuleuse de sites mis à jour plusieur dizaines de fois par jour pour répondre à ces attentes a toujours été une solution qui nécessite beaucoup de moyens. Chauffeurdebuzz, ou doctissimo et autres commentcamarche ne sont pas si différent. Seule la taille reste encore faible pour le moment par rapport aux exemple proposés dans cet article.
14 décembre 2009 à 12:36
Justement je ne suis pas certain que la seule raison du départ soit uniquement la crainte de la surveillance. Des retours que j’en ai lu, il y a certes la sécurité vis à vis de la surveillance, mais aussi un débit meilleur, pas de quotas d’échange, des contenus mieux indexés et toujours de bonne qualité, surtout pour ceux qui ne sont pas encore partagés en masse, et j’en passe: un service complet et de qualité.
14 décembre 2009 à 13:34
En france on a comment ca marche mais c’est bien plus quali est orienté uniquement sur les questions réponse. En tt cas on est pas sorti de l’auberge.
14 décembre 2009 à 13:46
@rat mort
Effectivement je partage votre point de vue. Même si les sites cités ont certains contenus de qualité, sur la masse de leurs pages, on perd en qualité, et le but est juste de passer de la publicité avant d’informer.
Il va falloir filtrer ces contenus de manière efficace. La qualité n’est déjà pas toujours facile à trouver sur le web, mais ces pratiques risquent d’accélérer la tendance.
14 décembre 2009 à 17:09
Article excellent,
Assez d’accord pour dire qu’une certaine forme de ça existe déjà en France avec CDBuzz, CCM, mais qui ne sont pas encore assez industrialisés pour éliminer toute concurrence.
Par contre petite réflexion : est-ce que le filtre social peut marcher pour ce genre de contenus ?
En gros si on considère que demain je n’accède plus au contenu via Google uniquement mais via un outil de découverte social (FB, Twitter, ou plus probablement qq chose qui n’existe pas encore…) est-ce que ce modèle tient aussi bien la route ?
(J’ai bien peur que oui malheureusement)
http://twitter.com/@danielito
14 décembre 2009 à 19:15
Je vois mal ce qu’il y a de différent par rapport au modèle actuel et passé de la presse. La plupart des journaux, et pas seulement les gratuits, sont d’une qualité très relative et visent tout d’abord à faire plaisir à leurs annonceurs. Et je ne parle pas de la télévision, reine en ce domaine (et hop, on censure un reportage parce qu’un sponsor pourrait etre dérangé) Je ne crois pas que la qualité de l’information soit meilleure ou pire sur le net qu’elle l’était auparavant. Nous avions en majorité de l’information superficielle ou/et biaisée hier et ce sera, malheureusement, encore la cas demain… Mais sur de nouveaux supports.
14 décembre 2009 à 19:31
@etienne
pour le débit, oui, pour le reste, vraiment pas (ou alors on parle de tout autre chose), les sites qui références les contenus ‘piratés’ en direct download sont bien moins pratiques que des sites comme Thepiratebay qui sont de véritables moteur de recherche (et qui n’imposent aucun ratio, au passage). Quant à la qualité, ce sont les même fichiers…
@Daniel Gergès
A priori, via un outil comme Twitter, si la sélection des gens suivis est bien faite, on échappe aux contenus de mauvaise qualité, mais il reste encore beaucoup à faire tant en terme de fonctionalités (les listes de twitter sont un bon début) et de technologies qu’en termes d’usages…
@bcurdy
C’est pire encore question contenus (je sais, c’est difficile à croire), et il faut reconnaitre que jusqu’à récemment, les contenus presse de qualité ne nuisaient pas aux contenus presse bas de gamme. Avec Google comme intermédiaire, tout change…
14 décembre 2009 à 20:27
Euh pour Chauffeur de Buzz qui a une fréquence de publication raisonnable, on ne peut pas dire qu’il inonde le web de textes comme les ricains, c’est souvent une vidéo et une pauvre ligne de texte.
En revanche, il met en exergue une autre dérive du système google à savoir la surpuissance des liens qui lui permettent de squatter des miliers de requêtes.
Une fois qu’on a compris qu’il fallait générer du texte au kilomètre et avoir une stratégie de netlinking efficace ( agressive ? ) on a la clé du succès…
14 décembre 2009 à 20:31
A sa façon, twitter est la première usine à contenu UGC non ?
14 décembre 2009 à 20:42
D’une certaine façon, oui, mais là il ne s’agit pas du tout de contenus UGC, mais de contenus écrits à la va vite par des pros dans le seul but de squatter les résultats de Google et de générer du cash… Un peu l’assaut par le fast food de l’univers de la restauration… d’où la peur qui envahi pas mal de monde…
14 décembre 2009 à 21:27
un autre exemple en France c’est excite.Fr
14 décembre 2009 à 22:57
Une question naïve , désolé. Que signifie le mot curation ? J’imagine qu’il a abandonné son domaine d’élection native, la médecine.
14 décembre 2009 à 22:59
Allez, une deuxième dans la foulée : Google peut-il décider de ne pas référencer un site ?
14 décembre 2009 à 23:05
Curation : collectionner dans un but précis, on parle aussi de journalisme de liens. Si vous regardez le compte Twitter de bon nombre de journalistes ou de bloggeurs, c’est ce qu’ils font : ils collectionnent des liens menant à des contenus qu’ils jugent de qualité. Du coup, si vous appréciez leur travail, il y a de bonne chances pour que les liens qu’ils vous proposent vous plaisent.
Sinon, oui, Google peut tout a fait décider de ne plus référencer un site, ca arrive régulièrement pour diverses raisons. La plupart du temps, c’est l’algorithme de Google qui décide cela.
14 décembre 2009 à 23:56
@Fabrice :
Par rapport aux remarques d’@Etienne, c’est peut être pas le bon endroit pour le faire, mais c’est la première fois que je lis quelqu’un challenger ta réflexion sur la monté des sites pirates payants. Il me semble les arguments sont bons, mais il ne vont pas dans ta théorie {Hadopi => Surveillance => Fuite des gens vers les site de partage payant}.
Certainement qu’il y a du vrai partout… Même des indexeurs comme PirateBay ou Torrent-Search n’ont pas toujours les indications indiquant un mauvais contenu à jour.
C’est à mon avis très dificile de connaître les raisons d’adoption de ces réseaux payants. (cf dicussion http://fr.readwriteweb.com/2009/12/11/a-la-une/hadopi-sandrine-belier-europe-ecologie-webtv/) A mon avis il y a un petit peu de tout.
NB: prendre un autre pays européen sans HADOPI et dire là bas les réseaux payants ne se développent pas me semble aussi un raccourcit (peut être que dans un autre pays européen un tel service ne vaut pas le coup, ou que le bouche à oreille n’a pas encore eu lieu).
_____
Pour en revenir au vrai sujet.
Je n’ai jamais été confronté à trop de réponses mauvaise dans une recherche (peut être parce qu’effectivement les usines à contenu n’en sont qu’à leur début en France).
Mais j’ai l’impression que ce n’est pas très grave : comme d’autre l’ont déjà dit, s’il y a un réel besoin, un nouveau système se mettra en place (google, ou wikio ajouteront une composante réputation ou trust, dans leur calcul. Aaaliens proposeras en plus de leur fonction live, la possibilité de chercher dans les archives des liens qui avaient été signalé comme digne de contenu…) Bref un service apparaîtra (et je ne suis pas certain qu’il sera payant).
J’ai l’impression que le danger est plutôt pour les personnes désirant créer un contenu de qualité… Comment vont elle se faire connaître dans une foule de contenu médiocre (hyper optimisé pour apparaitre en tête dans le moteur de recherche et tous les automates). Si la solution passe par un filtrage humain, j’ai l’impression qu’on retombe 10 ans en arrière (quand les annuaires de liens se faisait à la main), le bruit généré par tout le monde ne plus.
Il y a un risque de contrôle à la porte d’entrée (de la même manière qu’aujourd’hui n’intervient pas dans les média qui veut). Dénicher le bon contenu va être de plus en plus difficile.
15 décembre 2009 à 0:09
Etienne a raison sur un point, c’est infiniement plus rapide en direct download qu’en P2P, pour le reste, je reste à convaincre (des liens ?). Pour être passé moi même du P2P au direct download, je crois sincèrement avoir fait le tour de ce que le web propose, et à une exception près (sinlesslinks), je n’ai rien vu qui approche la facilité de recherche d’un bon vieux tracker bittorent. En ce qui concerne la qualité des fichiers (compression, s’entend), aucun changement, ce sont les même que l’on retrouve sur les newsgroups, les réseaux P2P ou les sites de direct download.
Ceci dit, il faut faire une enquête (bien joué Etienne, vous avez semé le doute)… on va faire ca, ne serait ce que sous la forme d’un sondage en ligne ;-) Idéalement, on devrait faire ca en parallèle sur plusieurs site P2P friendly, comme numérama et PCimpact…
Pour ce qui est de la concurrence contenu fast food/contenu qualité, en français, en effet, cela ne se sent pas, en anglais, et sur des contenus très mainstream, ca commence à ses sentir… faites un test sur des thème bateau (déco, diététique, des trucs comme ça)…
Les systèmes de curation de liens ne sont pas encore au point, Wikio a sa propre vision du ranking, et il n’a aucun rapport avec la qualité, aaaliens est intéressant pour les news techno, mais en dehors de cela, n’a que peu d’intérêt, c’est plus une combinaison de sources (par opposition à un billet) validé par des humain avec une bonne dose d’algo et de sémantique, et ça, ça reste à inventer :-)
15 décembre 2009 à 1:56
Beaucoup de soupe et pas vraiment de menu de composition
Ceci est juste un préliminaire car dans les créations de contenus tout est à faire
15 décembre 2009 à 12:02
En France, des sites se rapprochent déjà de cette démarche. Je pense notamment à l’internaute qui est avant tout une énorme usine à contenus sans réelle analyse et beaucoup de sujets.
15 décembre 2009 à 12:05
Ca reste de l’ordre de l’artisanat… juste pour mémoire :
Demand Media, 350M$ levées, valorisé à plusieurs millairds de dollars, +10.000 personnes travaillant pour eux (en freelance pour la plupart), +4000 articles publiés par jour… C’est une vrai usine.
15 décembre 2009 à 12:33
Qu’est-ce qui définit la “qualité” d’un contenu ?
En quoi un contenu du type CCM serait “de moins bonne qualité” qu’un article du Monde ?
Si par “contenu de qualité” on entend “contenu élitiste”, je pense que certaines “usines à contenus” ont de beau jour devant elles.
Je pense qu’il ne faut point trop simplifier.
15 décembre 2009 à 12:34
C’est quoi CCM ?
15 décembre 2009 à 17:02
http://www.commentcamarche.net (contenu réalisé par des internautes lambda)
16 décembre 2009 à 2:24
Merci Fabrice pour ces éclaircissements.
16 décembre 2009 à 9:48
Une autre technique que la production massive pour générer une présence sur les moteurs : mixer production et agrégation de flux ou d’articles. C’est l’approche d’UPS avec http://brown.popurls.com, qui a trouvé un bon compromis entre qualité et quantité
16 décembre 2009 à 10:18
Bonjour,
Puis-je savoir pourquoi mon commentaire répondant à votre question a été censuré ?
16 décembre 2009 à 10:23
@Gauthier
Par ce qu’il a été bloqué par Askimet, l’antispam de Wordpress. Normalement, il faut trois liens pour que cela arrive, donc j’imagine qu’Askimet a un problème avec vous ;-)
C’est validé, il est désormais en ligne, et non, ce n’est pas de la censure, c’est juste un anti spam qui vous a dans le nez (comme Askimet gère l’essentiel du spam sur les blogs Wordpress, j’imagine que vous avez été taggué comme spam sur d’autres blogs).
(par contre, je ne laisse qu’une seule de vos réponse du coup, ça sert pas à grand chose de se repéter)
16 décembre 2009 à 14:03
Bonjour Fhabrice,
Non à ma connaissance je n’ai pas été taggué comme “spammeur”. Si cela avait été le cas aucun de mes commentaires ne passeraient…
21 décembre 2009 à 0:56
@Gautier : mauvais exemple CCM ne fait que du copier/coller d’articles interessant le monde informatique, ils ne produisent pas vraiment ( moi aussi je sais faire :P )
23 décembre 2009 à 11:46
Bon, je suis heureux d’avoir fait avancer la discussion même si mon but n’était pas de mettre le doute.
Pour ce qui est des sites de download, j’attends un article dessus pour que l’on en discute derrière ?
Et par rapport au sujet principal de cet article, la question est bien comment se faire voir et avoir de la visibilité pour son contenu cf @Jmini.
Et il y a deux points importants à mon goût:
D’abord en général contenu de qualité = pas mal de temps pour le faire = coût pour le producteur. Coût = valeur. Et à l’inverse gratuit = non perception de la valeur, consommable, disposable. Mais il faut bien que le producteur en retire quelque chose: notoriété (donc visibilité) ou revenus.
Je pense que ce premier point est un des noeuds du problème
Ensuite, quand on se place du côté du consommateur, pourquoi payer pour quelque chose que je peux avoir gratuitement ?
Et de ce second point ma reflexion par analogie avec le dl, il faut lui apporter un service ou de la qualité supplémentaire, une nouvelle valeur perçue, de manière à ce qu’il ait envie de payer.
Ce que j’appellerai franchir le virage du numérique pour la presse !
Il faudrait peut-être que j’essaie d’écrire un article plus organiser, mais cela demanderait du temps, et … ;-)
23 décembre 2009 à 12:39
L’article sur le direct download est en cours :-)
Sinon, j’ai peur que vos équations ne soient pas aussi évidentes. La musique à la radio est gratuit depuis longtemps, on trouve également (toujours sur la radio) de la qualité gratuite et perçue comme de la qualité…
Le noeud du problème, c’est avant tout le poids de Google dans l’intermédiation entre l’audience et les contenus, mais les réseau sociaux, twitter & co. commencent à faire apparaitre des alternatives, donc il y a de l’espoir… Google n’est pas la fin de l’histoire ;-)
23 décembre 2009 à 13:44
oui, mais d’un autre côté à la radio l’auditeur est consommateur, il n’a pas le choix de ce qui passe (sauf cas particuliers) et le producteur y gagne de la notoriété pour faire connaitre ses hit et vendre ses albums…
Complètement en phase sur la fin, google n’est pas la fin de l’histoire !
07 janvier 2010 à 9:31
Bonjour,
La question n’est pas de savoir qui va le faire en France : c’est déjà fait. Lepost.fr est le meilleur exemple, sans vouloir le froisser, de contenu créé en masse uniquement pour les moteurs même si j’imagine que ce n’était pas le but poursuivit initialement par ses participants.
@+
07 janvier 2010 à 9:41
Si vous pensez que le Post est une usine à contenu, c’est que vous n’avez pas bien compris de quoi il s’agit, désolé… Faut pas tout mettre dans le même panier sous prétexte que l’on aime pas. Ce n’est pas plus une usine à contenu que les “canons à dépèches” des grandes rédacs ne le sont…
04 février 2010 à 15:52
Cet article est vraiment très instructif. Et comme c’est un sujet auquel je m’intéresse également, j’ai trouvé lors de mes recherches sur le web, une société offshore (que je ne citerai pas car je ne tiens pas à lui faire de la publicité) qui correspond très exactement à ce qui est décrit à la fin de cet article ! A savoir une société qui compte un grand nombre de collaborateurs et qui fournit des contenus divers en langue française pour sites web, à des prix très compétitifs comme ils le mettent en avant sur leur site. Comme quoi, l’avenir n’est jamais très loin !
04 février 2010 à 16:27
Si c’est à l’île Maurice, je crois qu’on parle de la même, sinon, je veux bien leur coordonnées, j’enquête la dessus ;-)