Kaliya Hamlin qui a écrit ce billet est connue sous le nom de Identity Woman, elle plaide depuis longtemps pour des standards ouverts et une identité centrée sur d’utilisateur. Elle a cofondé et anime les “Internet Identity Workshop”, un groupe de travail sur les standards portant sur l’identité, rassemblant de grands portails, des acteurs majeurs du secteur NTIC et des innovateurs.
Votre nom, votre image de profil, votre sexe, votre ville, la liste de vos amis et les pages dont vous êtes fan sont désormais publiquement visibles sur Facebook. Tout le monde peut les voir, à commencer par le moteur de recherche de Facebook.
Ceci représente la dernière évolution dans la violation du contrat entre Facebook et ses utilisateurs, et ce n’est pas une mince affaire [ndt: juridiquement, le contrat a évolué, le problème n’est pas d’ordre juridique]. De nombreuses personnes auront de très bonnes raisons de s’opposer à ce changement qui touche à la distinction entre ce qui est public et ce qui est privé sur Facebook.
Personnellement, j’ai dès le début fait en sorte que ma liste d’amis ne soit pas publique. Pourquoi ? Tout simplement parce que je ne voulais pas que tout le monde puisse voir avec qui j’étais ami. Ce changement est pour moi une violation du contrat social que j’avais passé avec Facebook. Le minimum aurait été de me prévenir à temps et de me laisser la possibilité d’ôter certains ‘amis’ de ma liste.
Les dangers de rendre votre liste d’ami publique
Pourquoi une liste d’ami a-t-elle autant d’importance ? Parce qu’elle peut révéler des informations importantes sur vous, comme votre orientation sexuelle, une information que vous n’avez pas nécessairement envie de partager sur le web.
Le Boston Globe avait écrit, au sujet du projet du MIT appelé “Gaydar” :
“en utilisant les données issues de Facebook, ils ont fait une découverte surprenante : en regardant simplement la liste d’amis d’une personne, ils pouvaient prédire si elle était ou non homosexuelle. Ils ont réalisé cela à l’aide d’un programme informatique qui analysait le sexe et l’orientation sexuelle des amis d’une personne, et utilisaient un algorithme statistique pour faire une prédiction. Les deux étudiants n’avaient aucun moyen de vérifier leurs prédictions, mais en se basant sur leurs connaissances dans le monde réel, leur programme semblait donner de très bon résultats en ce qui concerne les hommes. Les utilisateurs pouvaient donc se ‘outer’ eux même uniquement à travers leurs listes d’amis.”
Les pages dont vous êtes fan sont désormais également une information publique. Imaginez le cas où vous êtes atteint du Sida et fan d’une page en rapport avec l’infection. Que se passerait-il si vous n’aviez pas mis au courant votre employeur et vos collègues de bureau ?
Peut-être appartenez-vous à un groupe religieux, une organisation syndicale, un parti politique qui a une page fan que vous suivez. Ces informations sont désormais publiques. Vos amis, votre famille, vos amis et votre employeurs : tout le monde est désormais au courant.
Chaque site a un contrat spécifique avec ses utilisateurs
Ces informations sont publiques, de toutes façons, alors pourquoi s’en soucier ? N’est ce pas comme sur Twitter ? Tout le monde peut voir ce que vous y postez, et vous pouvez voir ce que postent tous les utilisateurs.
Le contrat social que vous passez avec Twitter est clair. Ce que vous y publiez est public et peut être référencé. Cela ne s’appelle pas du mircoblogging pour rien. Quand vous bloggez, tout ce que vous écrivez est public. en publiant, vous faites explicitement le choix d’être vu aux yeux de tous.
Le contrat social passé avec Facebook, lui, n’a pas cessé d’évoluer depuis les débuts du service. Au départ, en janvier 2004, Facebook était réservé aux étudiants de Harvard. La viralité a été telle qu’ils ont décidé d’étendre le service à d’autres écoles en mars de la même année. A l’époque, vous ne pouviez voir que les élèves de votre université. Les étudiants qui utilisaient Facebook avaient une idée très claire de qui pouvaient les voir : leurs camarades d’école. Ils utilisaient le service avec ce contexte social en tête.
Facebook a ensuite étendu son service aux lycées en septembre 2005, puis aux sociétés comme Apple et Microsoft. Enfin, en septembre 2006, le service a été ouvert au public.
C’est à ce moment que le contrat social passé avec les premiers étudiants d’université a été rompu.
Tout le monde, et en particulier des employeurs potentiels, se retrouvaient dans un espace où les étudiants ne s’attendaient pas du tout à les voir arriver. Pour ces premiers arrivants, il était difficile de leur faire la leçon sur la légèreté qu’il y a à publier des photos compromettantes de soirée étudiantes : ils étaient, à l’origine, entre eux, à l’abri de tout employeur ou de leur parents. Facebook n’aurait pas dû, déjà, à l’époque, laisser les employeurs et les parents entrer sur Facebook.
La façon dont, à l’époque, les utilisateurs du service se renseignaient sur les activités de leurs amis consistait à cliquer sur leur profil et à consulter leur mur. L’introduction du Newsfeed a, une fois de plus, changé le contrat social entre Facebook et ses utilisateurs. Désormais, toute action d’un utilisateur était portée à la connaissance de ses amis. Facebook prévenait tous vos amis de ce que vous écriviez sur la page de quelqu’un (auparavant, il vous fallait vous rendre sur la page en question pour en prendre connaissance).
Les changements opérés la semaine dernière dans le fonctionnement de Facebook changent à nouveau le contrat social passé entre Facebook et ses utilisateurs. Cette fois-ci, vous vous retrouvez, pour ainsi dire, “en slip”.
Ces changements ont fait tellement de bruit que Facebook s’est fendu d’une réponse :
“En réponse à vos feedbacks, nous avons amélioré l’option de visibilité de la liste d’ami. Désormais, quand vous décochez “Afficher ma liste d’amis sur mon profil” sur la boite affichant les amis de votre profil, vos amis n’appraitront pas, que la personne qui regarde votre profil soit logguée ou pas. Cette information est toutefois accessible publiquement, et peut être accessible via des applications tierces.
Facebook prépare l’API de son social graph
Ce changement repose avant tout sur la volonté de préparer l’arrivée de l’API Social Graph de Facebook (voir ci dessous), grâce à laquelle des applications pourront à l’avenir demander à Facebook la liste de vos amis et l’utiliser à des fins diverses.
Le changement majeur dans tout cela consiste à vous suggérer que tout ce que vous publiez – statuts, liens, photos, vidéo, annotation – sera partagé publiquement et ouvertement, y compris en dehors de Facebook.
Or la plupart des utilisateurs de Facebook on adopté et mis en place des usages qui sont en adéquation avec le précédent contrat social de Facebook, à savoir que seuls vos amis peuvent voir ce que vous faites sur la plateforme (contrairement à Twitter). Interrogez des utilisateurs autour de vous, la plupart sont parfaitement inconscients des récents changements opérés par Facebook.
Zuckenberg, le fondateur de Facebook, a décidé de rendre public son profil et de partager les 290 photos qu’il y stocke, ainsi qu’une mine d’informations le concernant, lançant en quelque sorte le message : “si je peut me mettre en slip, vous pouvez également le faire, c’est fun !”.
Pourquoi Facebook fait-il cela ?
Les listes d’amis doivent devenir publiques parce que Facebook travaille au lancement de l’API Social Graph, au second semestre 2010. Or c’est dans le social graph que se trouve le pétrole que cherche depuis longtemps Facebook. Facebook et les autres acteurs des réseaux sociaux veulent analyser ces données pour y trouver vos connaissances et vos intérêts afin de mieux vous cibler. Peut être arriveront-ils même un jour à juger de votre capacité à rembourser un crédit en se basant sur vos connaissances.
Il est désormais évident que d’autres ruptures de contrat social se profilent à l’horizon entre Facebook et ses utilisateurs. La roadmap censé amener la société à faire des profits colossaux ne se souciant guère de respecter la vie privée de ses utilisateurs.
Google travaille également à une API pour son Social Graph, mais celle-ci sera basée sur des relations sociales déclarées publiquement sur des blogs ou des sites tels que Flickr et Friendfeed. Tout cela soulève de nombreuses questions. Ben Laurie, Monica Chew et Dirk Balfanz de chez google on publié un article intitulé “(under)mining Privacy in Social Network” [ndt: jeu de mot entre ‘sous estimer/analyser la vie privé dans les réseaux sociaux, assez intraduisible].
Facebook, lui, est pour l’instant en position de force, il pense pouvoir faire évoluer à sa guise les règles qui régissent son univers car ses utilisateurs y retrouvent tous leurs amis, mais cette conduite est dangereuse pour l’internet tout entier.
Le véritable danger, comme le souligne Jason Calacanis, est que cela affectera l’ensemble des sociétés sur internet, et aiguisera les appétits d’Etats souhaitant prendre le contrôle du social sur le web, au prétexte que certaines sociétés ont un comportement discutable : “le comportement irresponsable de Facebook provoque une perte de confiance des utilisateurs vis à vis d’internet et attire inutilement l’attention du législateur [...] Ce changement affectera tous ceux qui travaillent à construire une nouvelle architecture sociale pour nos sociétés à travers le web”.
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16 décembre 2009 à 17:08
J’ai pas encore tout lu, mais Facebook est un petit peu revenu sur ses pas et on peut de nouveau passer sa liste d’amis en privé (Friends only)
16 décembre 2009 à 17:13
Arf… J’aurais mieux fait de lire jusqu’au bout. Mais cette “nouvelle politique” ne me choque pas. Quasiment tout mon profile est public ou au moins visible a tous mes amis. Je n’ai rien à cacher, et si j’avais quelque chose à cacher, pourquoi je le mettrais sur Facebook ???
16 décembre 2009 à 17:21
Cet article ne manque pourtant pas d’exemples où cela pose problème, y comptis des exemples comme Gaydar où les utilisateurs n’ont rien mis de particulier.
16 décembre 2009 à 17:28
Gaydar a dépassé les limites mais ce n’est pas sur (Je peux être hétéro et avoir plus d’amis homos.).
Pour les exemples maladie et religion, je ne suis pas d’accord. Soit j’assume, tout le monde est au courant, et je peut en parler sur FB; soit je le cache à certains et dans ce cas là pourquoi j’en parlerai ici ??
On n’est plus aux débuts du web, on sait très bien que TOUT se sait et que RIEN n’est privé.
C’est pas Facebook le problème, le problème c’est les gens qui n’assument pas ce qu’ils y font dessus.
16 décembre 2009 à 19:52
Pour moi le passage important et qui résume le problème avec FB par rapport à Twitter, c’est
“Le contrat social que vous passez avec Twitter est clair. Ce que vous y publiez est public et peut être référencé. Cela ne s’appelle pas du mircoblogging pour rien. Quand vous bloggez, tout ce que vous écrivez est public. en publiant, vous faites explicitement le choix d’être vu aux yeux de tous.
Le contrat social passé avec Facebook, lui, n’a pas cessé d’évoluer depuis les débuts du service. ”
Et demain on aura droit à quoi ? FB garde tout de vous depuis votre inscription, j’ai souvenir que je supprimais des statuts et parfois ils revenaient… Bref je me suis désinscris et je ne m’en porte pas plus mal j’avoue depuis quelques jours :)
16 décembre 2009 à 21:41
@brunjaa
Parce que vous pouvez avoir un cancer, assumer, appartenir à un groupe de soutien sur Facebook, et ne pas souhaiter pour autant que votre employeur ou votre banquier soit au courant. Ca s’appelle la vie privée.
17 décembre 2009 à 2:55
superbe article qui reflete exactement la situation actuelle sur facebook !!
je me suis fait avoir en beautée par ces nouveaux reglages
ma liste d’amis fut visible par tout mes amis et je vous dis sincerement ca ma apporté des souci j’ai du desactiver mon compte en vitesse !
facebook nous a tous decu
la vie privée n’est plus respecté
a quand un nouveau resau social qui lui saura respecter la confidentialité de nos données !
17 décembre 2009 à 9:33
Je vais me faire l’avocat du diable !
1. “contrat social” comporte une ambiguïté sur laquelle l’auteur de cet article surfe avec aisance. Qualifier de contrat les conditions d’utilisation est abusif et sous-entend que les utilisateurs et FB ont signé un accord qui ne pourrait être modifié que par consentement mutuel. Or il n’en ait rien ! “contrat social” nous fait également penser à Rousseau, mais la notion de Rousseau n’a rien à voir avec celle de l’auteur.
2. Je vais être très polémique mais je pense que lorsque l’on publie des info perso sur FB on renonce à la protection de la vie privée ! Chacun est libre de déterminer sa sphère privée ou plus exactement de garder le secret sur ses info personnelles. Ma vie privée est cachée et non pas sur FB.
3. Il ne faut pas mélanger les abus qui peuvent être fait avec certains traitements de données perso (Gaydar) et le statut des données perso. Concrètement si je mets sur la place publique des info perso, tout le mode peut les voir et je perds la protection de la vie privée (statut des données) en revanche l’on doit avoir mon accord pour les réutiliser.
Bonne journée
17 décembre 2009 à 9:57
C’est vrai, le terme contrat social est flou, ce que Kaliya dénonce, c’est la constante évolution de la notion de sphère privée sur Facebook. Il fut un temps (pas si lointain), où l’on pouvait tout a fait avoir un espace semi privé sur Facebook et beaucoup ont adopté des usages en rapport avec cela. Tout ça s’est terminé de façon assez abrupte, et ces disruption sur la frontière privé/public sont régulière sur FB.
Pour ce qui est du traitement des statuts (ou d’autres données sur FB) et de leur statut, il ne faut pas non plus perdre de vue que c’est FB qui le premier effectue ces traitement ;-) Gaydar était une démonstration de ce que l’on peut déduire sur une personne sans qu’elle ait à révéler quoi que ce soit, juste à travers son social graph. L’autre exemple cité dans cet article que personne n’a relevé est à mon sens bien plus flippant dans le sens qu’il sera sans aucun doute utilisé rapidement : on peut déduire de votre profil FB votre risque de crédit. Pensez vous un instant que votre banquier va se priver de la faire ?
http://www.fastcompany.com/blog/lucas-conley/advertising-branding-and-marketing/company-we-keep
17 décembre 2009 à 11:18
Il fut un temps que de gens était discret , mais de nos jours je pense que des gens s’en foutent.
Regardez, il suffit de se rendre dans un moyen de transport en commun , et la vous allez écouter ces gens parler,crier avec leurs téléphones. Et quand ils ont fini vous connaissez leurs nom,adresse,numéro téléphone et emploi de temps. Ca leur gênent pas de tout que tout le monde peut écouter leurs conversations qui révèlent souvent des renseignements que moi personnellement je donnerai jamais , même pas sur Facebook ou autre
17 décembre 2009 à 11:49
Je suis utilisateur de FB et souhaite conserver mes informations visibles uniquement par mes amis. Quand je lis dans votre article “Désormais, quand vous décochez “Afficher ma liste d’amis sur mon profil” […] vos amis n’appraitront pas […] Cette information est toutefois accessible publiquement”, je ne comprends pas, ces deux phrases me semblant contradictoires: y-a-t-il une subtilité que je ne saisis pas? merci de votre réponse.
17 décembre 2009 à 12:45
assez d’accord avec brunjaa et bergeaud,
Le terme contrat social est clairement utilisé abusivement ici (même si c’est une traduction).
Il me paraît clair qu’on ne passe pas un pacte avec facebook mais qu’on utilise un service soumis à des conditions d’utilisation qui peuvent évoluer du jour au lendemain, je ne crois pas que facebook s’en cache.
On peut discuter sur la moralité ou l’aspect éthique de ces changements soudains qui s’imposent aux utilisateurs.
Mais je voudrais rappeler quand même qu’on est pas obligé d’utiliser facebook, première chose, quand les termes d’usages ne me plaisent pas je ne signe pas !!!
Ensuite je suis un peu d’accord aussi pour dire que les gens, un peu comme IRL, n’assument pas vraiment ce qu’ils font quand ils sont pris par surprise… Sur facebook comme ailleurs.
Je ne veux pas que quelque chose soit su ou vu, je ne le met pas sur facebook, point barre, le reste est assumé.
Vous parlez du cas du cancer mais n’y a t il pas paradoxe à ne pas vouloir “qu’on sache” et rejoindre en parallèle un tas de groupes qui trahissent votre maladie, ou encore à en parler sur le mur de ses “amis” ???!!!
Je ne nie pas du tout les problèmes éthiques, et je suis dérangé de ces changements, mais je en suis ni naïf ni surpris, facebook est une boite commerciale tout comme google et devra générer des bénéfices d’une façon ou d’une autre.
Autre chose, peut être pourrait on aborder le problème d’une autre manière : n’est ce pas plutôt l’indexation par les moteurs de recherche qui est le nœud des choses ????? La possibilité de retrouver les données …
Concernant le banquier et la solvabilité, personnellement qu’il regarde sur facebook pour espérer savoir si je suis solvable ou pas .…. je me doute que celà soit fort productif et devienne une pratique généralisée dans le milieu du crédit, ca me paraît peu réaliste (genre sur 100 crédits dans combien facebook serait “utile” ??? c’est une perte de temps et de productivité au final), prendre une anecdote (cette pratique) pour monter le truc et en faire une “voyance” sur les pratiques futures… Ça c’est plutôt les diseurs de bonaventure qui le font. Mais c’est très courant sur le net de tirer des plans sur la comète en croyant analyser des signaux faibles sans avoir la compétence d’analyste… Beaucoup de blogueurs le font promettant monts et merveilles ou alertant sur des choses qui au final ne se produisent pas … Qui n’a pas entendu parler de Joost qui allait révolutionner le visionnage de vidéos (c’est un exemple mais il y en a d’autres) ou qui n’avait pas dit que le CD tuerait le vinyle et le mp3 le cd.… c’est loin d’être une réalité…
Le vrai scandale la aussi c’est plutôt les conditions à réunir pour obtenir des crédits.… pas de pb de santé etc… Mais c’est un autre sujet.
Il ne faut pas tout mélanger et prendre les choses pour ce qu’elles sont…
Quand la télé m’insupporte.….. j’appuie juste sur le bouton off.
On contrôle si on veut …
17 décembre 2009 à 13:42
@stephane
Vous pouvez choisir de ne pas afficher votre liste d’amis sur votre profil, mais une application qui se connectera à l’API Social Graph pourra, elle, y avoir accès…
17 décembre 2009 à 13:58
@biblioroots
Pas vraiment, vous passez à coté du suet : jusqu’ici, il était possible de partager avec un entourage que vous controliez sur FB (vos amis, ou un sous groupe que vous contrôlez) certaines information, et de les garder confidentielles pour les autres. Beaucoup d’usages se sont installés sur ce ‘contrat social’ (le terme est abusif, j’en conviens), comme le fait de rejoindre des groupe de soutiens, des groupes syndicaux, etc, en prenant garde que cela ne soit partagé que par un groupe d’individus contrôlé par vous. Cela va être visible de tous du jour au lendemain, d’où le problème.
FB a commencé, comme c’est décrit dans ce billet, sur un concept de maitrise par l’utilisateur de la façon dont il partageait ses données privés, changer cela en cours de route, c’est multiplier les apparitions de problèmes divers et variés.
Gadar est une autre dimension du problème. Là l’utilisateur n’a partagé aucune données, mais on peut statistiquement faire des hypothèses sur vous en se basant sur votre social graph (homosexualité, appartenance à une organisation politique/syndicale, etc). Après, que vous trouviez inutile que l’on alerte l’opinion publique sur cette dimension du problème soulevé par l’ouverture d’une API, cela vous regarde ;-)
17 décembre 2009 à 14:50
oui c sur ! ca me regarde… si je vous suis, ce dont vous parlez n’est pas encore arrivé donc .……
c’est bien ce que je dis
Pour l’instant on peut encore gérer sa confidentialité dans facebook de façon quasi optimale pour peux qu’on s’y penche un peu ????
en tout cas c’est l’impression que j’ai concernant mon compte, je ne me trouve ni sur google ni par le moteur facebook, j’ai des groupes d’amis, et , il me semble car, je suis connecté très souvent qu’on peut très bien contrôler tout ça…
Que ca change prochainement est une chose, si c’est vraiment catastrophique je vous suivrais volontiers dans le raisonnement…
concernant le “concept de base” ou “le contrat social” :
moi il me semble que le concept affiché dès que facebook est devenu grand public , c’était d’atteindre un chiffre astronomique d’utilisateurs pour pouvoir monétiser cette masse de données et donc le site…
Mais j’avais mal compris, apparemment facebook est un truc de philanthropes humanistes et non pas une grosse boite de capitaliste avec des gros actionnaires et des méga valorisation par levées de fonds, avant la rentabilisation pour entrer en bourse. et oui facebook a évolué … beaucoup …
Maintenant une petite question de vocabulaire, et de remise des choses dans leur contexte. “Alerter l’opinion publique” pour moi ce n’est pas faire un article sur read write web (site de très bonne qualité)… mais qui à mon avis s’adresse plutôt à une niche de spécialiste ou de technophiles.
Je m’occupe au quotidien d’un espace public d’accès à internet et il me semble que 90 % des utilisateurs ne sont pas au courant de ces problématiques, car elles ne sont traitées que par les médias spécialisés. CQFD
;-)
17 décembre 2009 à 14:52
lol je me trompe concernant les actionnaires ;-) enfin vous aurez compris mon raisonnement
mea culpa
17 décembre 2009 à 15:18
Pour l’instant on peut encore gérer sa confidentialité dans facebook de façon quasi optimale pour peux qu’on s’y penche un peu ???? en tout cas c’est l’impression que j’ai concernant mon compte
Ce n’est qu’une impression, relisez cet article, la réponse est non, vous ne pouvez pas, ou plutot, vous ne pouvez plus.
Maintenant une petite question de vocabulaire, et de remise des choses dans leur contexte. “Alerter l’opinion publique” pour moi ce n’est pas faire un article sur read write web (site de très bonne qualité)… mais qui à mon avis s’adresse plutôt à une niche de spécialiste ou de technophiles.
Détrompez vous, les techno geek ne représentent qu’une partie des lecteurs de r2w, nous avons énormément de politiques (assistants parlementaires, personnel politiques en tout genre, quelques rares députés qui nous lisent en direct et deux ministres pour ce que j’ai pu voir de visu, rien que via le proxy de l’assemblée nationale, nous avons plus de 100 visiteurs uniques par mois), et faisons parti de la ‘revue de presse’ de trois ministères. Nous sommes également très lu par des journalistes (c’est par ce biais que l’on peut viser à toucher le grand public), ainsi que par le lanterneau de la com’ (notamment via les newsletter de Stratégie et de CB News qui nous citent régulièrement). C’est une stratégie par ricochet, mais ca reste efficace ;-)
17 décembre 2009 à 15:54
facebook c pr les naap
17 décembre 2009 à 16:01
naap, ça veux dire quoi ?
17 décembre 2009 à 16:14
Ah Facebook, à chaque fois que je demande à une personne de m’expliquer les avantages, j’ai le droit à des exemples très précis, la plupart du temps permettant juste de ne pas téléphoner à ses amis. C’est là que j’ai compris que pour beaucoup, il FAUT y être par effet de mode.
Et après, je leur demande s’ils connaissent les conditions d’utilisation à ces personnes “ben ouais comme sur tous les sites”…
Quel est le but de Facebook, informer ces amis (les vrais, ceux avec qui j’aime bien faire des trucs réels) ou avoir 200 amis virtuels en leur présentant qu’une version biaisée de nous mêmes?
17 décembre 2009 à 16:28
politiques et journalistes ne veut pas dire opinion publique, mais plus “intelligentsia” non ???
ce qui pour moi fait une grosse différence.
Par exemple, dans mon réseau plus proche du “francais moyen” (si on ose); je ne crois pas que quelqu’un d’autre que moi lise RWW.
Ce qui ne renie ni votre “influence” (ce qui est encore quelque chose de différent), ni votre traffic, ni la qualité du travail effectué…
Mais passer de “l’opinion publique”, à un lectorat que vous décrivez et qui parle de lui même, c’est un peu exagéré !!!! voire d’un peu mauvaise foi.
Vous n’êtes pas sans savoir il me semble qu’entre les classes “dirigeantes”, “la fabrique de l’information”, le monde politique, et l’opinion publique, il y a de GROS d’ENORMES décalages. On est pas dans les même sphères il me semble.
Un des reproches qui est fait aux journalistes (pas tous) et à juste titre c’est leur trop grande proximité avec les différentes formes de pouvoirs. Ce qui influe sur beaucoup de choses…
Enfin ce n’est pas le sujet je ne veux pas troller dsl !
Juste pour dire que les journalistes qui alertent .….… pour moi c’est un reve car trop de gens s’informent encore sur les médias les plus mainstream qui je le répètent, traitent ce genre d’infos par dessus la jambe.
J’aurai aimé que les journalistes en place à l’époque de l’hormone de croissance aient la même éthique et la même “envie d’alerter l’opinion publique que vous”, ayant pris des hormones durant mon enfance.…… vous comprendrez mieux ma méfiance concernant les divers traitement de l’information.
Bravo pour cette mentalité que tous n’ont pas…
je me suis beaucoup éloigné du sujet c’est vrai, ce n’est pas contre vous ou votre site vous l’aurez compris.….
pour en revenir à FB.….. j’utilise quotidiennement depuis plusieurs années, il me semble que malgré les changements j’ai toujours le contrôle sur mes infos.…
on fait un petit test … on se supprime de nos amis… et tu essayes de me chercher (attention je veux un lien qui n’est pas maitrisé, d’un moteur vers mon profil, ou encore mieux une photo de moi qui m’échapperait…)
car 123 people offre un lien certes … mais ca n’est (pour l’heure) rien de plus qu’un élément maitrisé (il me semble).
pas de passage par le blog ou j’ai volontairement posé un lien vers mon facebook… trop facile…
;-) merci pour ces réponses désolé pour le pseudo ou total troll
17 décembre 2009 à 16:41
C’est clair, je ne prétends pas du tout que nous puissions alerter nous même l’opinion publique (quoi que, sur Hadopi, on est monté à 500kVU sur un article), mais par contre, on peut alerter les politiques (qui se délectent à casser du sucre sur le dos de Facebook), et les journalistes. A partir de là, ce n’est plus de notre ressort, mais on a fait ce qu’on a pu ;-)
Pour les problème de FB/Vie privée, c’est vraiment au niveau de l’API que se situe le coeur du problème (concrètement, vous ne verrez rien avant le second trimestre 2010, les changements visibles ne sont qu’une petite partie de la pointe de l’iceberg, d’où la nécessité d’expliquer les tenants et les aboutissants technologiques).
Ce qui vient de se passer n’a pas de conséquences bien graves dans l’immédiat, mais mis en perspective avec l’ouverture prochaine de l’API Social Graph, c’est une toute autre histoire. Encore une fois, c’est sur l’API qu’il faut se focaliser pour comprendre le cœur du problème ;-)
17 décembre 2009 à 18:36
effectivement je comprends mieux !
les conséquences seront réellement engendrée avec l’ouverture de l’API.
dsl !
17 décembre 2009 à 18:37
No problem, au contraire, maintenant, c’est à vous que revient la mission d’alerter le public ;-)
17 décembre 2009 à 20:52
Je n’avais jamais pensé à tout ça mais cela va me faire réfléchir pour l’avenir.
18 décembre 2009 à 23:53
Le raisonnement “je mets ce que je veux sur FB, je maitrise” ne tient pas. Car évidemment que chacun mets ce qu’il veut.
Mais qui contrôle ce que mets qqun d’autre sur vous ???
Un ami peut très bien plaisanter sur un sujet, sur lequel vous êtes au courant tous les deux, et que personne d’autre ne le soit. Et cette plaisanterie peut être prise au sérieux, être déformée, amplifiée, etc.
Je pense que l’interaction sociale à la vue de tous ses contacts (qui ne sont pas forcément des amis, mais des collègues, des cousins, des flirts, etc) est une bombe à retardement pour chaque utilisateur.
Perso je n’ai pas DU TOUT les mêmes sujets de discussion avec un ami proche, ma mère ou un client, ou même entre plusieurs amis différents. Et qu’on le veuille ou non, tout ça se trouve mêler dans une sorte de soupe sociale, ou la singularité du lien perds de sa substance.
Ca simplifie sacrément les rapports humains, dans le mauvais sens du terme. On en arrive à composer un personnage de fiction, une sorte de moyenne tiède de toutes les facettes de notre personnalité, et que chaque être humain a FORCEMENT. On devient peu à peu des êtres de fiction. Même ce qu’on appelle “ami” n’est plus vraiment un ami…
Je me suis désincrit de FB le jour où un VRAI ami m’a demandé en ami, comme des centaines d’autres anonymes. Ce véritable ami n’avait, à mon sens, rien à faire là, parmi la foule grise.
22 décembre 2009 à 10:06
Franchement, il faut avoir un peu de bon sens (comme ça a été dit plus haut) : si on ne veut pas qu’une information de sa vie privée soit potentiellement consultable (allez, soyons vendeur : ce qu’on aime faire au lit autre que dormir ! :) ), le plus simple est encore de ne jamais l’afficher, que ce soit sur FB ou dans la vraie vie.
L’autre coup, je discutais avec un collègue qui se plaignait que FB ne soit pas assez “pratique” côté confidentialité pour permettre d’avoir des amis qui n’ont rien à voir entre eux sans qu’ils le sachent. Traduction un peu extrême : femme et maîtresse (restons vendeur !).
Je ne sais pas si vous vous rendez compte de la bêtise du propos : pourquoi utiliser un site pour s’autoriser ce qu’il ne ferait pas en vrai ? (mettre plus ou moins en relation femme et maîtresse, dans notre exemple vendeur)
Il faudrait à mon sens juste se rappeler que Facebook, Google et consorts ne sont à la base PAS des entreprises philanthropiques : ils mettent à disposition un service (de très grande qualité parfois, reconnaissons-le !), et gratuits, pécuniairement parlant.
Vous vous doutez bien que leur vrai but n’est pas de nous permettre de retrouver nos amis d’enfance mais simplement de faire du pognon. Et y a pas de honte à ça, ce sont des entreprises, leur but est de vivre. Après, il faut juste garder à l’esprit qu’on a le choix… de ne pas faire avec.
22 décembre 2009 à 10:11
Ok, ok, maintenant, prenons ce cas de figure : vous êtes homosexuel, votre famille est au courant, vos amis également, mais vous travaillez dans une boite où c’est très mal vu et où il est plus que prudent de rester le plus discret possible (il y en a de très — trop — nombreuses). Cela vous condamne-t-il a jouer les honteuse partout sur internet ? Faut-il cacher les photos faites au mariage de votre sœur où vous vous affichez main dans la main avec votre mec ?
(la même question s’applique aux syndicalistes/militants/cancereux/myopathes/séropos/musulmans/juifs/etc///)
23 décembre 2009 à 10:44
Je comprends l’exemple… mais personnellement, déjà par principe, je me verrais mal afficher des photos de ma vie privée sur internet, en libre accès à tout le monde. Et à titre personnel, je fais extrêmement attention à ça, et pourtant, comme aurait pu dire Coluche : je ne suis ni juif, ni musulman, ni syndicaliste, ni homo, ni militant, ni belge, ni suisse, etc… normal quoi, toussaaaaaaaaaaaaaaa ! :)
Pour reprendre l’exemple, je pars déjà de l’idée que si j’ai pas envie que mon homosexualité ne soit affichée au grand public… et bien, il n’y a aucune honte (à mon humble avis) à ne pas l’afficher au grand public… en ligne. Cela n’est pas pour moi “la jouer honteux”, mais tout simplement “garder mon cercle privé… privé”. J’estime que mes penchants sexuels ne regardent que moi, et je n’ai pas besoin de les afficher.
Ou si je veux les afficher, pourquoi ne pas le faire le plus anonymement possible ? (sur un blog où mon nom n’est pas mentionné par exemple)
Pour moi, afficher quelque chose sur internet revient à se mettre au milieu d’une place, et à le crier au public qui y passe. Et il faut l’assumer, ça n’est pas facile, j’en conviens…
Qu’on s’entende bien : à titre personnel, j’en ai rien à cirer qu’une personne soit homo/etc… et je déplore que ça puisse être un critère d’exclusion… et même d’inclusion.
04 janvier 2010 à 12:51
Bonjour,
Depuis le début (2007) où j’étais sur FB j’ai fais attention à mettre ma liste d’amis en invisible (il y avait moyen, il fallait chercher longtemps comment faire mais il y avait moyen). Malgré cela, j’ai fini par me supprimer totalement de ce réseau il y a un an déjà.
La majorité des utilisateurs ne se rendent pas compte de la vitrine qu’ils offrent à tout va, y compris via google. Une simple recherche et l’on a tout de tout le monde. C’est trop. Assumer qui l’on est ne veut pas dire s’offrir volontairement à la vindicte publique, encore moins aux organismes douteux qui traquent les profils.
En revanche, c’est un outil puissant pour établir des liens et des repères de gens mauvais ou peu recommandables (racistes, pédophiles, lobbyistes). Ce que je hais le plus dans FB, et dont vous ne parlez pas ici, c’est la possibilité qu’à FB de laisser un utilisateur emprunter votre nom pour ouvrir un profil vous concernant. N’importe qui peut se faire passer pour vous, il suffit soit d’être le premier à utiliser le nom prénom, soit utiliser un autre email soit ajouter un pseudo, enfin bref le nombre de faux profils est dingue et jamais contrôlé par FB. Pour moi c’est un vrai problème.Il y a abus d’image. On a pas envie d’être sur FB ? Vous y serez quand même, sous le contrôle de quelqu’un qui se fait passer pour vous.…avec tout ce que cela implique…
13 janvier 2010 à 8:21
J’ai trouvé une bonne métaphore (j’espère) pour le (futur) pb Facebook.
- Facebook nous “offre” un espace numérique que l’on peut investir, mais cet espace dispose de plusieurs portes d’accès.
- coté porte d’entrée (web) : avec Facebook, on contrôle les données selon la façon fournie par Facebook; Facebook nous laisse gentiment gérer les paramètres de la porte d’entrée (encore que, déjà, Facebook les aura paramétré par défaut, comme cela l’arrange)
- coté porte de derrière (API) : c’est là où les choses se gatent. Selon la roadmap, sauf erreur de ma part, Facebook va s’arroger le droit de gérer la porte de derrière (le mode API) d’accès à nos données.
Cela peut être plus parlant, peut être, à certains lecteurs.