Predictions 2010 and beyond

C’est la saison des prédictions, alors pour ne pas faillir à la tradition, voici ce petite exercice traditionnel de prospective version ReadWriteWeb. -

Technologies & services

Ikea révolutionne l’ecommerce

Premier à proposer sur iPhone 3GS une large sélection de son catalogue en Réalité Augmenté, Ikea sonne le départ d’une nouvelle ère pour l’eCommerce. Cette première donnera lieu, dans les mois et années qui suivent, à une multitude de répliques de tous les marchands susceptibles d’utiliser la réalité augmentée.

La plupart de ces tentatives seront des échecs dus à une mauvaise compréhension des enjeux par les services marketing, et un manque criant de compétences technologiques sur le marché. L’application iKea, elle, sera un succès majeur. Téléchargé à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires durant la semaine de sa sortie officielle, elle sera rentabilisée en moins de deux semaines.

Sa sortie sur Androïd boostera les ventes de cette plateforme jusqu’ici limitée aux geeks, et fera entrer la réalité augmentée dans le quotidien de millions de personnes. Ikea, qui était déjà une marque mythique au sein de la génération X, hissée au même niveau que Microsoft par des auteurs comme Douglas Coupland, s’affirmera comme LA marque qui n’a rien à voir avec le numérique mais qui s’y est pourtant parfaitement intégré. Image de prévisualisation YouTube -

Popularisation des Darknets

Des solutions de P2P cryptés et autres Darknets, indétectables par la surveillance mise en place par Hadopi et Loppsi, deviennent suffisamment ergonomiques et simples à configurer pour être adoptées par le grand public.

En un an, on y retrouvera une richesse en contenus comparable à ce que l’on pouvait trouver dans les réseaux P2P. Même si les performances ne sont pas encore au rendez-vous, l’argument de la sécurité, qui ne profite pas toujours aux mêmes, est suffisant pour initier une bascule inexorable vers des systèmes qu’aucune loi ne peut prétendre arrêter.

Il est désormais trop tard pour envisager de réformer le copyright et l’adapter au monde du numérique, c’est sa mise à mort qui est désormais prononcée.

L’utilisation de ces réseaux est perçue comme un acte de rébellion face à un pouvoir vécu comme oppressant, et rencontre un succès foudroyant dans les écoles, lycées et universités.

Mais leur succès a un coté obscur : en précipitant des millions d’adolescents dans la clandestinité, l’Etat a pris la responsabilité de les précipiter dans un espace où se côtoient pèle mêle des gamins cherchant le dernier épisode de leur série préférée et des criminels profitant de l’anonymat numérique et de celui offert par la foule pour se livrer à des trafics qui avaient autrefois lieu dans des espaces bien distincts. Tout comme enfermer un voleur de bicyclette avec un grand délinquant n’a jamais eu d’effet particulièrement rédempteur, une cohorte d’adolescents à la recherche de revenus faciles viendra par la suite grossir les rangs de la mafia 2.0. -

Evolution en douceur de la marque Free

Démarré comme un service d’accès gratuit d’accès à internet – d’où le nom ‘Free’ -, le fournisseur préféré des geeks s’affirme comme le garant de la neutralité des réseau, même s’il est contraint par la loi à certaines entorses.

Avant même de proposer au public son offre mobile, la société repositionne fortement sa marque sur ce concept pour l’instant assez obscur mais que Loppsi contribuera grandement à populariser. La surveillance des réseaux fera des geeks les prescripteurs ultimes pour tout ce qui touche à internet, et ceux-ci, déjà massivement client de Free, porteront la marque au nues.

Pour Free, dont la gestion de marque n’a jamais été un point fort, c’est l’occasion de s’imposer auprès d’une population qu’il n’arrivait pas jusqu’ici à toucher. Le passage de Free comme gratuit à Free comme Libre s’effectue sans à coup : il reflète assez fidèlement l’évolution, ces dix dernières années, de l’ADN de la société et de ses dirigeants.

Prévue pour 2012, l’offre mobile de Free contraint les grands opérateurs à changer durant les années 2010-2011 leurs tarifs en les faisant chuter de façon phénoménale, afin de ne pas subir d’exode massif de leurs abonnés une fois que ceux-ci découvriront à quel point les tarifs exigés durant des années étaient prohibitifs.

Dès 2010, le taux de renouvellement de contrat de téléphonie mobile pour une durée de 24 mois chute de façon significative, les consommateurs souhaitant garder la possibilité de changer d’opérateur dès que l’offre Free sera disponible. Free, loin de faire la confusion entre Gratuit et Libre, réussi une transition sans que qui que ce soit y trouve à redire. Image de prévisualisation YouTube -

Media -

Evolution des blogs

2009 a été l’année où, grâce à Hadopi, les blogs se sont imposés comme média alternatifs à par entière. Démarré relativement timidement en 2008, les protestations émises par la blogosphère contre la loi Hadopi ont été massive et ont rassemblé des milliers de blogs en 2009, face à des média de masse silencieux pour la plupart jusqu’en mars. 2010 verra la continuité de cette affirmation des blogs comme média alternatifs et la montée en puissance de plusieurs d’entre eux comme média à part entière.

Leur mode d’expression ne se limitera plus au simples billets mais mettra en musique tout une palette de mode de communication destiné à devenir un véritable média d’opinion. -

La TV s’affirme comme média pour vieux

tf1 Déjà marquée par un retour en arrière à travers l’update récente d’émissions qui ont fait sa gloire comme L’Ecole de Fans, Tournez Manège, La Roue de la Fortune ou encore le retour en grâce de Patrick Sabatier, la télévision affirme son emprise sur une classe d’âge marquée par une ferme volonté de regarder son avenir dans un rétroviseur.

L’arrivée de séries américaines à succès comme The Mentalist, bien qu’elle rencontre un réel succès, ne permet en rien de renouveler et de rajeunir un public, habitué depuis des années à s’approvisionner en série américaines à la source à travers le piratage. L’apprentissage de l’anglais, naguère vécu comme une matière rébarbative par les élèves de la génération X, est désormais perçu comme un préalable indispensable pour accéder à une culture qui ne se réfugie pas dans son passé, et le niveau d’anglais des jeune génération connait une nette amélioration.

Le piratage de série TV américaines et de films en V.O. est l’un des principaux facteurs de ce soudain sursaut dans le niveau d’anglais traditionnellement faible des petits français. -

La Tablet Mac : l’iPod de la presse

Même si elle ne présente pas une disruption aussi grande que l’arrivée de l’iPhone en terme d’interface utilisateur, la tablette Mac est un succès et elle est perçue comme une bouée de sauvetage par l’industrie de la presse, qui s’y jette à corps perdu. iTunes, qui a réussi sa transition vers l’appStore, devient rapidement un kiosque et certains journaux, qui ont su y proposer de véritables expérience interactive comme le New York Times, y génèrent des revenus significatifs, bien qu’insuffisants pour espérer y voir une issue à la crise. Le journalisme de données connait un succès notable grâce à la capacité qu’offre la tablette de ‘jouer’ avec les données, de le manipuler, et de partager ses découvertes ou ses interrogations.

Les interfaces d’exploration de données brutes deviennent un enjeu critique pour le journalisme et certains comme le New York Times (encore eux) excellent à cette nouvelle forme d’information.

De nouveaux acteurs comme la Sunlight Foundation et, en France, Regards Citoyens, proposent également ce type de journalisme ou tout du moins les données nécessaires pour le réaliser. Cette forme de journalisme sera critique (et largement critiquée) durant les élections de 2012. La vidéo sur internet est également l’un des grands succès sur la nouvelle plateforme d’Apple, qui voit les ventes de ses programmes vidéo exploser.

Politique & société numérique

Prohibition 2.0

prohibition Hadopi passera à l’action, avec de nombreux hics, Loppsi passera en force avec une assemblée qui se discréditera définitivement aux yeux d’une population pro internet de plus en plus contingentée à la jeunesse du pays, et la fracture générationelle continuera de s’accentuer.

Parallèlement à cette fracture générationelle, une autre fracture, celle qui sépare les utilisateurs avancés d’internet du tout venant, fera de ces premiers les seuls à pouvoir se risquer sur internet à la recherche de bien numériques ‘piratés’ sans craindre la surveillance mise en place. prohibition-ad Une véritable ère de prohibition s’installe brutalement en France, ponctuée d’arrestations qui feront la Une des journaux où des adolescents imprudents seront déférés devant des tribunaux pour avoir mis en place des solutions plus ou moins intelligentes destinées à perpétuer une culture du partage, désormais indissociable d’une génération toute entière.

Mafia 2.0

NORML_Remember_Prohibition_ Le Peer to peer n’ayant plus les faveurs du grand public, des solutions plus frustres mais plus sécures dans une société numérique désormais devenue société de surveillance, se mettent en place.

En mettant en œuvre des schémas ingénieux destinés à proposer des fichiers copyrightés au grand public tout en se jouant des lois et des frontières, certains petits malins accumulent très rapidement des fortunes colossales.

Streaming illégaux, sites de direct download et solutions de VPN génèreront d’ici à la fin de l’année 2010 un chiffre d’affaire avoisinant des dizaines si ce n’est des centaines de millions d’euros rien que sur le territoire Français.

D’ici à la fin de la période de prohibition, ces mafias seront en mesure de corrompre des gouvernements, de financer les campagnes de ceux qui leur seront favorables, et de porter au pouvoir les candidats qu’elles auront choisi.

Le numérique fait dans l’action sociale

Face à l’incapacité des politiques de proposer des solutions à une crise sociale qui s’installe, une multitude d’initiatives visant à utiliser le numérique pour l’action sociale se font jour.

On distingue rapidement deux camps : celui constitué par le monde issu de l’open source, qui fonctionne sur le mode du partage d’expérience, et pour qui de telles initiatives ne représentent pas une évolution philosophique fondamentale, et celui du monde commercial, en quête d’un renouveau en terme d’image, fait d’initiatives isolés et lourdement financées.

Ce dernier se heurte à son ADN de base fondamentalement étranger à l’action sociale, et quelques rares acteurs arrivent à jouer sur les deux tableaux. Le discours de SAS la reine Rania de Jordanie à l’édition 2009 de LeWeb restera comme le coup d’envoi symbolique d’une tendance qui marquera la décennie à venir et qui finira par redéfinir le rôle de l’Etat dans l’action publique.

Le Hacker s’impose comme figure moderne du révolutionnaire

Dans une société qui n’arrive pas à s’adapter au monde moderne et qui accumule les tensions intergénérationelles, le Hacker est de plus en plus perçu comme montrant la voie d’un avenir possible basé sur une nouvelle forme de contrat social entre les hommes, que ce soit en terme de redistribution des richesses matérielles et (surtout) immatérielles, de solidarité et de partage, ou de transmission de la connaissance.

Les premières tentatives de récupération par le monde de la communication se heurte à un contre buzz phénoménal en réaction à la vision pasteurisé du hacker proposé au public, et ils sont propulsés comme la figure de proue d’une culture alternative qui s’affirme de plus en plus comme porteuse de solutions constructives et non en simple opposants.

Cette culture, underground en France, est bien plus visible à l’étranger, notamment aux Etats Unis où elle est désormais passé dans le mainstream à travers, par exemple, des séries TV comme JPod ou Mythbusters, où le hacking est présenté comme un mode d’exploration du savoir parfaitement légitime. Elle est également de plus en plus visible en Russie où une large presse lui est déjà consacrée mais elle s’y montre sous un angle plus obscur dans un pays qui s’affirme de façon ostensible comme une grande puissance dans les cyberguerres à venir.

Aux coté des hackers se retrouverons différents mouvements culturels comme la Culture Libre ou l’Open Source, qui sera de moins en moins perçu comme un phénomène purement technologique mais comme un phénomène issu des technologies et visant à une dimension sociale. Ce bouillon de culture sera à l’origine des plus grandes avancées de la décennie à venir en matière d’action sociale par le numérique.

Le Remix s’affirme comme œuvre culturelle et création à part entière

Fini les remix de manga agrémenté de musique techno montré en exemple par Lawrence Lessig durant ses conférences sur la Free Culture, on voit désormais apparaitre de véritables petits chefs d’œuvres entièrement composés en remixant des sons et des images d’autres œuvres protégées par le droit d’auteur, et donc parfaitement illégales.

Cette forme de création est adoubée par certains détenteurs de droits, mais quand la liste des ayants droits remixés est trop longue, ils sont inexorablement condamnés à la clandestinité et contribuent à l’émergence d’une culture artistique alternative et underground. Image de prévisualisation YouTube (Upular, trouvé chez Astrid)

(image d’ouverture en CC par Terwilliger911)


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22 commentaires pour cet article

  1. Louis

    OK pour la majorité des prédictions (j’aime bien l’aspect militant de celles du début), mais par contre, celles de la fin du billet me semblent un peu trop « underground » pour devenir « mainstream » d’ici moins d’un an.

    Exemple :

    « Le Hacker s’impose comme figure moderne du révolutionnaire » Peut-être que cette prévision sera juste aux USA, mais pas en France (à mon avis). Pas avant deux ou trois ans. Pareil pour « Le Remix s’affirme comme œuvre cultu­relle et créa­tion à part entière ».

  2. Fabrice Epelboin

    Pour le remix, oui, je ne crois pas au mainstream, juste à l’apparition répétée de petits chef d’œuvre qui marque l’arrivée de ce mode d’expression comme une création à part entière, pour les hacker, non, je pense vraiment que ca va ariver bien plus vite. Merci Loppsi ;-)

  3. genaro

    Excellent, dense, bravo.
    On a l’impression qu’il y a peu de prise de risque, cela semble naturel avec la situation actuelle. Mais tout n’est pas sûr non plus…

    Je ne crois pas que la TV devienne vite un média pour vieux, ni que les remix percent vraiment. Ou alors c’est vraiment loin après 2010 :)

    La TV reste extrêmement populaire, et l’offre pléthorique.
    Le Remix a une grosse barrière techno, c’est pas à la portée du premier lipdubber venu.

  4. Fabrice Epelboin

    La TV continuera d’être un média majeur, on est d’accord, mais je sens qu’elle va arrêter sa course au jeunisme de l’audience et s’assumer comme un truc pour vieux. Vu la démographie en France, c’est, en terme de taille de la cible, un bon calcul (même s’il est de court terme).

    Pour le remix, jette un œil au clip que j’ai mis pour illustrer, bluffant, non ? Et pour ce qui est de la barrière techno, elle reste somme toute faible pour ce qui es de faire du remix, c’st à la portée de beaucoup de gens, des millions sur le milliard que compte internet, mais tout le monde n’a pas le talent nécessaire, c’est sûr…

  5. Fabrice Epelboin

    @genaro

    La TV reste extrê­me­ment popu­laire, et l’offre plé­tho­rique.

    Tu ne télécharge pas assez toi ;-)
    L’herbe est infiniment plus verte dans le camp des pirates en terme d’offre pléthorique :-)

  6. Arnaud

    Salut,
    Toujours à propos de la TV, je vous trouve bien sévère, oui le support TV est bien vieux mais je pense que le format télévisuel se diffuse de plus en plus.
    Les offre de catch-up TV se développe de plus en plus en France, l’offre hulu est quand même un bon succès et fait baisser les téléchargement illégaux aux US. Les émissions ont leurs propres channels sur dailymotion et Youtube.
    Quand les chaînes Françaises et les boîtes de prod’ vont-elles se décider pour faire un hulu à la Française sous peine de se faire manger? c’est une autre histoire…

    De plus les productions audiovisuelles amateures ou pro’ sur le web n’inventent pas vraiment de nouveaux formats mais copient les format télévisuels (et qu’on ne me parle pas de formats courts, les shadocks ont existé bien avant Internet ;) ).

    Alors oui, le support TV vas peut être arrêter son « jeunisme » pour son support consacré et réajuster ces cibles vers des personnes moins Internet-addict mais sa distribution va bel-et-bien se diversifier. (Bien qu’en France on soit en retard, ce n’est pas le cas de la TV américaine et je ne parle pas en terme de production mais de distribution).

    Bref sur ce commentaire un peu confus et bordélique, mon point est le suivant, j’ai l’impression que vous confondez distribution de la TV sur les différents supports et la qualité de la production (qui est un point bien subjectif même si sans doute comme vous je préfère regarder une bonne série américaine que Julie femme flic)

  7. Fabrice Epelboin

    Quand les chaînes Françaises et les boîtes de prod’ vont-elles se déci­der pour faire un hulu à la Française sous peine de se faire man­ger? c’est une autre histoire…

    Avec Julie Lescaux en streaming ? Parce que pour ce qui est des séries Américaines, ils n’ont pas les droits suffisants pour le faire, et les studios américains attendent patiemment la fin des contrats, 2011, pour faire cela tout seuls, ou avec l’aide d’Hulu ;-)

    Sinon, je parle en effet des chaines TV Françaises – de leurs grilles de programmes -, pas du support en tant que tel, et encore moins de système comme Hulu (mais peut on encore appeler cela de la TV ?
    Saviez-vous que la moyenne d’âge des téléspectateurs du JT de France2 est de 60 ans ? Surprenant, non ? (ou pas)

  8. Arnaud

    « Avec Julie Lescaux en strea ming ? Parce que pour ce qui est des séries Américaines, ils n’ont pas les droits suf fi sants pour le faire, et les stu dios amé ri cains attendent patiem ment la fin des contrats, 2011, pour faire cela tout seuls, ou avec l’aide d’Hulu ;-) »
    Et pourquoi pas, ma mère surf aussi ;-).

    « Hulu (mais peut on encore appe ler cela de la TV ? »
    je pense qu’on peut appeler ça une nouvelle façon de distribuer de la télévision. Au même titre qu’Itunes distribue différemment de la musique et pourtant Apple n’est pas une maison de disque.

    Pour ma part je pense vraiment que la distribution de la TV à la grand papa va se concentrer encore plus sur une TV de flux. C’est à dire que sur celle-ci il n’y aura plus que des contenus faciles à produire (ce qui est déjà le cas), des émissions plateaux, de la real TV ( et même si tout le monde dit que c’est nul, pas mal de gens la regarde) et bien sur les grand rendez-vous sportifs (ce qui n’est vraiment pas négligeable niveau audience).

  9. Fabrice Epelboin

    Oui, je suis assez d’accord, mais Hulu marquera la fin de la notion de grille de programme, et donc de TV (au sens, assez restrictif, j’en conviens) ou je l’entends ici.

    C’est le début de la fin (pour les plus jeunes) de la télévision au bénéfice de l’émission comme marque fédératrice (ou de la série TV, car près tout, on regarde Les Expert, pas TF1)…

  10. Gonzague

    Pas grand chose à dire si ce n’est excellent article :-)

    (et ouais la TV me fait penser au media des vieux couples …)

  11. Gorwel2

    Bjr,

    Merci pour l’analyse : bel exercice. Je m’étonne que personne n’ait parlé de l’émergence de la Tv sur mobile !? Personne n’y croit ou faudra-t-il -encore- dix de retard pour le rattrapper en toute urgence ?…
    J’ai bien aimé votre passage sur « le passage au social » des mouvements de cultures techno : je m’y reconnais assez et souhaiterais voir l’émergence massives des partis pirates et autres anonymous groups…
    Bonsoir.

  12. Fabrice Epelboin

    @Gorwel2

    La TV sur mobile… heu… il n’y a guère que NKM qui y croie… En pratique, c’est très répandu en Corée, où ils n’ont jamais été foutus de lui trouver un modèle économique, du coup, je ne vois pas bien ce qui va motiver qui que ce soit pour s’y lancer sérieusement ici. Rien a gagner et tout à perdre.

    Le seul intérêt, mais qui va payer pour cela, c’est d’accentuer un peu plus la mainmise de la TV sur les cerveaux disponibles. Est-ce pour cela que le ministère de l’économie numérique s’y intéresse tant ?

    Toujours est-il qu’il n’y a pas un centime à y gagner, donc les acteurs privés ne vont pas s’y risquer.

    Donc à priori, no future :-( Désolé…

  13. Arnaud

    Les opérateurs de télécom’ auraient peut être à gagner de mettre en place la TMP au sens où ça désengorgerait le réseau 3G. Et pour le consommateur, il pourrait y gagner car ça lui permettrait de réduire sa conso 3G de TV et donc sa facture. (enfin tout dépend ce qu’on a décidé comme financement pour la mise en place du réseau)
    En sachant aussi que la TMP a une meilleure réception que la 3G … mais ça coûte très chère, personne veut financer le réseau (surtout qu’on est juste au moment où la 3G a atteint son seuil de rentabilité alors si on re-finance un autre réseau derrière …)

  14. Fabrice Epelboin

    Au final, ca fait pas beaucoup d’incentive économique, non ?

  15. Frilouz

    Pour ce qui est de la TV, assez d’accord : La grille de programme est un truc de vieux. Pour ce qui est du journal télévisé, je croiserais Laurence Ferrari dans la rue que je ne la reconnaitrais pas (et j’ai 47 ans…). J’ai deux enfants ados de 16 et 18 ans qui ne regardent pas DU TOUT la télé (On n’est pas des fans de sport ni de télé réalité…). Seule la petite de 12 ans y passe du temps, et encore, le plus souvent sur M6 Replay, et donc là encore, en dehors des grilles fixes. Quant à la TV sur mobile, le monsieur de SRF essaie régulièrement de me la refourguer, mais ça ne m’intéresse pas du tout.
    Pour le reste, la bagarre entre tenants de canaux de diffusion sous contrôle et libertaires du web ne fait que commencer et s’annonce longue et rude, et pas qu’en France. Et je ne me risquerai pas à avancer un pronostic. Je crains en effet une période de prohibition, vu que cette fois, et les états, et l’industrie privée y ont intérêt.

  16. Philippe

    Bravo pour ce post que nous fait réfléchir. Je ne suis pas toujours en ligne avec tous les éléments et pense que d’autres évolutions majeures nous attendent. Géolocalisation, agrégation de données personnelles, profiling et targeting toujours plus pointu et intrusif, début de la TV interactive, e-émeute anti-Google, objets communiquants.
    Mais il faut bien choisir et laisser le débat se mettre en place.

  17. Arnaud

    @Fabrice Epelboin
    Oui peut être, et au final ça n’aboutiras pas comme la radio numérique.

    « Pour ce qui est de la TV, assez d’accord : La grille de pro gramme est un truc de vieux. Pour ce qui est du jour nal télé visé, je croi se rais Laurence Ferrari dans la rue que je ne la recon nai­trais pas (et j’ai 47 ans…). J’ai deux enfants ados de 16 et 18 ans qui ne regardent pas DU TOUT la télé (On n’est pas des fans de sport ni de télé réa lité…). Seule la petite de 12 ans y passe du temps, et encore, le plus sou vent sur M6 Replay, et donc là encore, en dehors des grilles fixes. Quant à la TV sur mobile, le mon sieur de SRF essaie régu liè re ment de me la refour guer, mais ça ne m’intéresse pas du tout. »

    Tout cela reste personnel, la TV fait encore de très (trop) bon score même chez les jeunes. Ils la consomment juste différemment. Car quand on se gausse qu’une vidéo sur Internet fait un million de vue, c’est rien face aux millions de téléspectateur par soir. Si TF1 faisait un million de téléspectateur par soir il aurait depuis longtemps mis la clé sous la porte.

    La programmation n’a peut être pas, elle aussi, disparu, regardez l’intronisation d’Obama, les gens qui regardent en direct (d’ailleurs une des premières qualités de la TV était le direct à la base) et la catch-up TV et plateforme vidéo serait une sorte de gigantesque magnétoscope. Bon arrêtons la poésie ici.

    Et ne perdons surtout pas de vue que si les télécoms gagnent le combat de la distribution des contenus, eux ils ne les financent pas ou très peu (hormis Orange) contrairement à la Télévision qui est un acteur majeur dans le financement des films français.

    En tout cas, ce qu’on peut prédire, c’est qu’on va vivre une époque intéressante en changement :) !

  18. Fabrice Epelboin

    juste un truc pour que ce soit clair, je ne crois pas du tout à la disparition de la vidéo, ni même à la disparition de sa consommation sur un grand écran, juste à la fin de sa consommation à travers une grille de programmes par les plus jeunes.

    Pour les grand évènement ‘live’, que ce soit l’intronisation d’Obama ou la coupe du monde de foot, la télé restera reine pour très longtemps, mais cela ne représente qu’une très petite partie des programmes…

    Pour ta remarque sur le financement du cinéma par la TV, effectivement, c’est un modèle économique qui va s’avérer précaire dans les années à venir… Gageons que l’Etat taxera les ISP pour compenser ;-)

  19. Thierry Lhôte

    Article distrayant, j’ai cependant les oreilles qui sifflent ou les yeux qui me font mal lorsque j’entends ou lis le terme « hacker » assimilé aux blackhats, d’ailleurs les plus grands hackers n’ont été que très constructifs, ouverts, pas du tout underground et extrêmement utiles : Linus Torvalds, Larry Wall, etc. et pas l’image d’idiots utiles dont les médias font la promotion.

  20. Jean-Lou Bourgeon

    je mets mon grain de sel par rapport à le presse :

    (copier-coller de ce que j’ai publié ce matin chez Thierry Crouzet)

    le meilleur est par exemple cette pépite lue ce matin jeudi 31 décembre sur Slate :

    “…Quoi que l’on pense du bouclier fiscal, de la réforme des universités, de la normalisation des régimes «spéciaux» de retraites et, même, de la politique migratoire, la France est actuellement gérée par une équipe de centre-droit dont les référents idéologiques se trouvent plus souvent du côté de la démocratie chrétienne rhénane, voire de la social-démocratie scandinave, que de n’importe quelle expérience totalitaire.”

    sous la plume de Hugues Serraf
    http://www.slate.fr/story/15095/Vichy-sarkozy-petain-laval-deat-badiou-todd-huchon-ndiaye-outrance

    Oui, les chiens viennent manger dans la gamelle du maître…

    Je viens au secours de la sarkozie attaquée par les méchants…

    Mais bien sûr !

  21. Thierry Lhôte

    Jean -Lou, je comprends l’enfume politique au-dessus de la marmite journalistique, mais par exemple, si tu veux une information qui critique le pouvoir politique actuel en France, bah tu écoutes France3, qui est une chaîne d’Etat pourtant.
    Pareil pour Mediapart, je ne vois pas la fonction éditoriale de ce journal changer pour les subventions. Le public de Médiapart est déjà un public militant et convaincu, on ne va pas aller leur faire avaler de l’information exacte et neutre.

    Le régime de subventions de la presse n’existe pas depuis Sarkozy, mais doit remonter au moins depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Et le grand tort là-dedans n’a rien à voir avec le rapport droite-gauche qui est du niveau politichien, mais d’avoir habitué toute une industrie aux petits coups de pognon minables, juste ce qu’il fallait pour vivre avec les subventions, sans avoir souhaité développer des médias puissants par le lectorat.

    Evidemment, la grosse contrainte pour bâtir de tels médias est une certaine exemplarité dans le traitement de l’information, disons de l’exactitude et du sérieux qui fait cruellement défaut. Globalement, la presse d’opinion est morte car trop abondante à présent avec les moyens d’expressions de l’Internet, blogs, radios, vidéos…
    L’opinion ne vaut plus rien sur le marché de l’info, et nous restons avec une presse d’opinion en France en petites unités sous perfusion du contribuable, qui est à peine au courant de cette utilisation de son argent.

    Ce qui fait que pour s’informer correctement demain, bah il faudra payer sûrement une source d’information étrangère sur le Net, ou alors on restera dans le canon à dépêches gratuit ou les « Leposteries » ou les « Morandineries » du Web, le petit scoop de l’après-Week-end de Dailymotion, bref de l’information Jivaro, réductrice de cerveau et de tête…
    C’est assez normal, en tant que peuple de cour (ce qui est le cas de l’état de beaucoup de semi-intellos franchouilles) les français adorent l’info bruit de couloir à la Canard Enchaîné, croyant que c’est là que se passe l’essentiel de l’histoire, dans les complots des arrière-cuisines. Mais bon, il faudra que deux types de personnes grandissent : les journalistes et les lecteurs qui se disent « avertis », si demain nous désirons autre chose que de l’amusement en matière d’info sur le Web

  22. sophie

    Pour la mort inévitable de la télévision, entant que grille de diffusion point-multipoints sur un écran de salon, avec pour modèle économique la vente de temps de cerveaux disponibles, je suis tout à fait de l’avis de Fabrice. Et je trouve que la phrase qui conclut le paragraphe résume tout à fait la situation : ce média regar­de son ave­nir dans un rétroviseur.

    Par contre, il est vrai que les tv sont les gros bailleurs de fonds de la production cinéma et vidéo. Le financement de la création devrait être une question d’Etat, avec des solutions autres qu’Hadopi soufflées par les industriels. Mais je ne pense pas pouvoir inclure ma vision de solutions potentiellement viables dans les prédictions 2010 car cela prendra malheureusement plus de temps j’imagine.

    Pour les hackers, je précise que le terme est né sur le campus du MIT aux Etats-Unis, et définissait initialement des passionnés…

    Merci pour ces très bonnes prédictions et bravo eKea ;)

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ReadWriteWeb est un blog dédié aux technologies internet qui en couvre l’actualité et se distingue par ses notes d’analyse et de prospective ainsi que par l’accent mis sur les usages et leurs impacts sur les média, la communication et la société. Il est classé parmi les blogs les plus influents de la planète par Technorati et Wikio. Publié en cinq langues, il s'appuie sur un réseau de correspondants locaux en Nouvelle-Zélande, aux Etats-Unis, en France, en Espagne, au Brésil, en Chine ainsi qu'en Afrique francophone. Ses articles sont publiés dans la rubrique technologie du New York Times.


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