Une heure et demi d’entrevue durant laquelle Hervé Morin a eu la gentillesse (et le courage, on ne l’a pas épargné) de venir nous rencontrer pour nous parler de sa déclaration des droits numériques, répondant aux questions d’Alban Martin, du Social Media Club, de Frédéric Bascuñana, de Techtoc.tv, ainsi que de contributeurs de Techtoc.tv et de moi même.
Net Neutrality, Hadopi, Loppsi, droit à l’oubli, respect de la vie privée… tous les sujets ont été abordés, et nous ont donné l’occasion de voir la façon dont le ministre de la défense et patron du Nouveau Centre appréhendait des enjeux, jugés critiques par beaucoup au sein de la communauté internet, au lendemain de la publication des décrets Hadopi, et à la veille des débat sur la Loppsi à l’Assemblée Nationale.
Hervé Morin nous a promis de revenir pour la prochaine itération de sa déclaration (on en est à la v 2.0), et force est de constater qu’il prend en compte les avis qu’il reçoit.
N’hésitez pas à poster le votre sous forme de commentaire, ici ou chez Techtoc.tv, soyez sûr qu’il les lira.
(média, si vous souhaitez obtenir la vidéo broadcast de cette émission, n’hésitez pas à nous contacter)













05 janvier 2010 à 11:39
Courage et gentillesse, oui — mais c’est dommage d’en être à quémander l’attention des responsables publics alors qu’Internet a à ce point changé la société depuis 15 ans. On ne peut quand même pas accuser des politiques français de faire des gros efforts pour comprendre Internet. Tant qu’aucun n’aura publiquement supplié Lefèbvre de se taire, ils seront en retard.
05 janvier 2010 à 11:43
Eh… Césure automatique ? Wow : je veux bien les références de cet outil là. (Oh, on est un peu trop des dandys de la typo.)
05 janvier 2010 à 11:48
Quand l’un de ses conseillers m’a appelé pour me proposer de participer au groupe de travail sur la fameuse « déclaration » je lui ai dit que j’étais contre Hadopi … il ne m’a pas rappelé.
A écouter les propos de Morin dans le début de cet interview, il a une vision de vieux comme ses pairs de la classe politique, il ne connait pas Internet, tout ce qu’il sait dire c’est « il faut réguler, il faut réguler » à cause de toutes les horreurs qu’on trouve sur le Net, les insultes, etc… C’est du grand n’importe quoi. Les lois existent déja par exemple pour faire condamner la diffamation, il n’y a pas besoin d’en rajouter.
Bon, il en est à blablater sur le respect de l’ordre public, je baille … je raccroche.
05 janvier 2010 à 12:15
@Berthil
Objectivement, cela a pris un peu de temps, mais il s’est plié sans soucis à l’idée de nous rencontrer devant des caméras de télévision. Il en a été de même pour NKM, Sandrine Belier ou Nicole Guedj. Jusqu’ici, nous n’avons pas essuyé de refus quand nous avons demandé à un politique de venir parler à batons rompus de l’internet. Le problème vient plus de la télévision elle même qui refuse absolument d’organiser de tels débats ou qui les organise systématiquement à charge en mettant internet en position d’accusé hérétique.
Pour le plugin qui fait les césure (et bien d’autres choses), c’est http://kingdesk.com/projects/wp-typography/
@Pierre
Tu raccroche trop vite, ca commence à devenir intéressant à partir de 6-10 minutes…Tu as sans doute fait parti des premiers à qui son staff a demandé de participer à son groupe de travail, sans doute imaginaient-ils à l’époque pouvoir trouver des professionnels qui n’étaient pas violemment contre Hadopi. Au bout d’un moment, ils ont du renoncer et faire avec la réalité : personne, parmi les pro de l’internet, n’était pour cette loi ;-)
05 janvier 2010 à 13:58
On sent à partir des questions qui sont posées, qui vont au delà d’une simple charte des droits numériques, qu’il y a un besoin, un manque, d’une voix politique porteuse et directrice (au sens direction=orientation) des problématiques du net. Francophonie, Entreprises, absence d’acteurs économiques français d’envergure internationale : à quand une vraie politique d’Etat de l’internet ?
La liberté de ne pas être en face du ministre m’autorise dans ce commentaire à fendre cependant une certaine hypocrisie ambiante : lorsque Mr Morin dit « faisons en sorte que les libertés anciennes ne soient pas bafouées par les libertés nouvelles », personne n’a osé lui dire que le combat était perdu d’avance ;-). Votre démonstration sur le cryptage en est pourtant l’illustration parfaite.
Enfin, il y a un problème grave de droit numérique qui me semble-t-il n’a pas été abordé ici. C’est la prédominance de sociétés privées en situation de monopole dans le contrôle du net. Je pense bien évidemment en premier lieu à Google, dont la question se posera à mon avis à un moment ou à un autre. Car Google pourra-t-elle soutenir longtemps la position de neutralité (apparente tout du moins) qu’elle a aujourd’hui face à des enjeux, notamment de politique d’Etats (USA, mais aussi des autres états) ?
05 janvier 2010 à 14:08
lorsque Mr Morin dit “faisons en sorte que les libertés anciennes ne soient pas bafouées par les libertés nouvelles”, personne n’a osé lui dire que le combat était perdu d’avance ;-). Votre démonstration sur le cryptage en est pourtant l’illustration parfaite.
Ben si, on lui a bien fait remarquer, entre autre avec la démonstration sur le cryptage. Aborder une telle question de front avec un prof de droit, c’est s’assurer de ne pas avoir de réponse, non ?
Je crois qu’il a bien saisi, lui et son équipe, que l’on ne pouvait avoir à la fois le respect de la vie privée ET de un quelconque contrôle de l’internet (le beurre et l’argent du beurre).
Le bon coté, c’est que je crois sincèrement que cette valeur – le respect de la vie privée – est très forte chez lui, et qui plus est, son groupe parlementaire est très engagé sur le sujet à travers leurs propositions de loi (un peu maladroites, certes, mais il leur est désormais impossible de faire machine arrière la dessus).
la prédominance de sociétés privées en situation de monopole dans le contrôle du net. Je pense bien évidemment en premier lieu à Google, dont la question se posera à mon avis à un moment ou à un autre. Car Google pourra-t-elle soutenir longtemps la position de neutralité (apparente tout du moins) qu’elle a aujourd’hui face à des enjeux, notamment de politique d’Etats (USA, mais aussi des autres états) ?
Google, pour ce qui est de la neutralité du net, est pour l’instant d’autant plus irréprochable qu’il n’est pas opérateur de réseau, et rappelons le, la neutralité du net ne touche pas les fournisseur de web services.
Pour ce qui est de la neutralité politique des services sur le web, c’est une toute autre histoire, et il est difficile de se plaindre de l’absence de l’Etat (e.g. de la prédominance du privé) quand on voit ce que l’Etat veux faire du net, non ?
Je doute fort qu’ils se mettent un jour à bidouiller leurs résultats de recherche pour favoriser un candidat plutôt qu’un autre. Il y a tellement d’observateurs attentifs (notamment dans les rangs des pros du SEO), qu’ils se feraient griller très rapidement, et le résultat pourrait être catastrophique (d’autant que les alternative à Google, enfin, commencent à être crédibles). Ceci dit, il convient de rester vigilant…
06 janvier 2010 à 7:23
@Quidam
« On sent à partir des ques tions qui sont posées, qui vont au delà d’une simple charte des droits numériques, qu’il y a un besoin, un manque, d’une voix politique porteuse et directrice des problématiques du net. »
==> effectivement, les questions soulevées par cette déclaration des droits d’internet vont au delà du simple contexte législatif : d’une posture de défense/défiance, comment passer à un projet politique d’accompagnement/développement de l’internet français hors de nos frontières, avec tous les acteurs qui vont avec !
La France a par exemple une vraie expertise dans les media sociaux (vitalité de l’innovation dans les nouveaux modèles de presse en ligne (rue 89 et quebec 89…), savoir faire des agences qui s’exporte, maturité de la blogosphère etc), qui font de la france le premier pays non anglophone dans lequel se développe les grands noms américains (myspace, facebook etc), et souvent le premier pays européen à égalité avec le UK… Ne pourrait-on pas aider ces acteurs à s’étendre à l’étranger !
Et comme l’a dit l’un des membres du public dans ce débat: aurais-tu pu voir naitre un google en 2010 (ou un facebook) avec des règles et des lois endurcies par rapport à 1998 ou 20004? souhaitons-nous être le premier pays à se retirer des marges de manoeuvres dans la course aux services web d’envergure mondiale…
Sur tes autres points, je rejoins Fabrice…
07 janvier 2010 à 4:55
Chers amis,
Gardons bien à l’esprit qu’au lieu de relever les déficits chroniques de la part des politiques sur le web, en somme, se concentrer sur le verre vide comme souvent, il n’est pas totalement idiot de se réjouir que de premiers pas, certes petits et timides, mais probants et sincères, soient faits pour enclencher le débat.
Je sais bien qu’on attend toujours que les politiques prennent des initiatives.
Mais responsabilisons-nous : c’est à nous aussi de mettre à profit nos supports pour les interpeler et provoquer leur venue.
Pour monter ce plateau il a suffi de passer quelques coups de fil et d’être un peu patients (sans trop souffrir ni trop attendre je vous le promets). Et aujourd’hui j’ai parlé à l’une des conseillères politiques d’HM, je la revois la semaine prochaine: clairement, au lendemain même de cet enregistrement, ils veulent continuer l’expérience.
Sommes-nous instrumentalisés dans un coup de pub ? Fabrice, Alban, dites-moi ce que vous en pensez, moi je n’en ai pas eu l’impression (si ce n’est qu’il y a par essence, toujours, un léger objectif secondaire mais c’est une composante indissociable de l’action politique, c’est normal) . J’ai vraiment ressenti qu’ils ne voulaient tout simplement pas passer à côté d’un sujet dont ils subodorent en toute modestie qu’ils n’en saisissent pas tous les tenants et aboutissants, et qu’ils leur faut écouter les experts pour avancer.
Non, vraiment, faites comme nous : provoquez la tribune, vous verrez, les choses avancent ! Et je ne suis pas connu pour avoir un caractère béatement optimiste loin s’en faut.
Venez même poser un sujet sur techtoc.tv : je ne fais pas de la pub (j’en ai pas besoin), je suis juste en train de vous interpeler à mon tour : c’est gratos, venez posez LA question et le sujet qui va avec. Et vous verrez, ils viendront. Mais si.
Prenez votre e-democratie en mains les gars et arrêtez de râler sans proposer un dialogue concret dans la foulée : le dispositif est facilité par la diffusion web, vous le voyez bien, c’ets accessible à tous les bosseurs. Perso, je suis totalement agnostique en politique, et j’avance pour tout dire dans la plus suspicieuse des postures – sans compter que j’ai tendance à avoir d’autres préoccupations plus terre-à-terre.
Mais Fabrice m’a montré un bel exemple : il va les chercher, les politiques. Tout simplement. Et ça marche. Ne vous arrêtez pas à de petits malentendus, je vous assure que le débat est ouvert.
Ils sont largués sur beaucoup d’aspects techniques, mais ils ont aujourd’hui une grande force : ils l’admettent. Et ils ont compris qu’ils ne se mêlent pas à la « foule intelligente » rien ne marchera. Pour moi ça veut dire qu’ils ont saisi l’essentiel.
En ce qui nous concerne on va continuer ces plateaux avec des politiques : participez avec nous.
Le signal donné par ce plateau c’est aussi notre absence de snobisme. On ne ne s’est pas « positionnés » pour faire les malins et se la péter « influents » ou que sais-je : la preuve en est que nous avons accepté sur le plateau tous les volontaires, sans restriction. On était juste inquiets, on voulait des réponses.
Voilà : on y est. ON Y EST ! Oui, les politiques ne sont peut-être pas totalement dans le coup, mais ils vont l’être bientôt. Plus vite que beaucoup ne le pensent.
09 janvier 2010 à 18:43
Je suis d’accord avec M. Morin quand il dit qu’il faut respecter des règles et des principes sur internet. En particulier, il faut garantir la neutralité du réseau, principe fondateur de l’Internet.
10 janvier 2010 à 16:11
Plutôt que de réguler Internet, je propose à nos politiques de créer un espace de droits numériques à l’intérieur de celui-ci : http://is.gd/60hN2 . Créer le prochain Google, c’est plus difficile que taxer ou filtrer, mais c’est beaucoup plus efficace pour promouvoir notre patrimoine culturel : http://is.gd/5YaLz .
10 janvier 2010 à 21:24
Avant toute chose et sans avoir visionner le Techtoc, un préalable, car il faut SEVEREMENT sanctionner les parlementaires : que personne en mars ne vote pour un élu qui a voté Hadopi !
Préalable non négociable et même s’il faut se tromper de scrutin, sanctionnons sans exception, c’est la seule façon de faire prendre conscience à nos zélus zélés godillots que la liberté est fondamentale.
Fabrice, tu as suffisamment dénoncé comme tant d’autres ce vote. Nous devons passer à l’acte.
Et je vais plus loin : que ceux qui ont voté contre, s’expriment clairement pour une abrogation de la loi ! La démocratie est à ce niveau d’exigence. On peut se tromper (encore que…) mais de là à cautionner par le silence : c’est intolérable/inadmissible…
Quelle position ont tous ces élus sur les droits d’auteurs, sur une nécessaire remise en cause de la convention de Berne.
Citoyen, je serai vigilant et voterai donc en mon âme et conscience pour le parti qui aura satisfait à cette exigence. Je crains devoir m’exprimer nul ou blanc…
C’est dit (comme le rappelle le bandeau rouge au blanc ci-dessous !)
10 janvier 2010 à 22:29
@jeanlou
Les seuls à s’être prononcés clairement sur le sujet sont Europe Ecologie, les autres sont, dans le meilleur des cas, dans le flou ou dans l’opposition systématique.
Il ne faut pas perdre de vue qu’en Espagne et en Angleterre, où des législations similaires sont en cours (moins violentes qu’en France, certes, mais avec un esprit similaire), les gouvernements au pouvoir sont issus du courant Socialiste.
Pour ma part, je n’ai pas le moindre doute qu’en cas de victoire aux élections présidentielles, Ségolène Royal aurait fait exactement la même chose concernant Hadopi (j’ai plus de réserves concernant Loppsi).
Pour mémoire : http://owni.fr/2009/06/06/les-verts-europeens-veulent-legaliser-le-partage-de-fichier/
/-)
10 janvier 2010 à 22:32
Ha, oui, il y a ça aussi, à voir :
http://fr.readwriteweb.com/2009/12/11/a-la-une/hadopi-sandrine-belier-europe-ecologie-webtv/
13 février 2010 à 16:23
Bonjour.
Étant un utilisateur citoyen conscient, inquiété, et suspicieux de trouver des réponses aux difficultés, j’observe avec intérêt votre initiative de débat démocratique sur le net.
Bien que vous le savez déjà ( étant un commentateur parmi d’autres), je fait parti de ceux qui sont impressionné par cette organisation citoyenne de partage de savoir pour la défense de nos droits en faisant intervenir des gens concernés et de responsabilité.
C’est très encourageant de découvrir que le support internet se transforme en une conscience universel contrairement à tous les médias des compagnies privés qui dominent l’information des masses. J’encourage cette initiative, et la fait partager à mon entourage, en attendant de trouver le moyen de moi même participer à la défense de nos droits.
Merci à vous et continuez ainsi, c’est porteur d’espoir. ;)