L’économie numérique a beau être responsable d’une infime part de la croissance en France, ce n’est pas le cas partout ailleurs. Dans des pays comme les Etats Unis ou Israël, le numérique représente une part significative de la croissance, et il n’est pas surprenant de voir certains passer à l’offensive pour attirer à eux tout ce qui pourra les aider à entrer de plein pied dans l’économie du XXIe siècle.
La proposition du député américain Jared Polis, si elle était adoptée, pourrait permettre aux Etats Unis de s’appuyer sur ce qui l’a construit pour relancer son économie en crise : l’émigration.
Le député envisage d’accorder un “visa Startup” de travail à tout entrepreneur ayant levé au moins 175.000€ auprès d’un fond de capital risque américain, ou 70.000€ auprès de business angels. La startup doit également prévoir de créer cinq emplois tous les deux ans, ou de lever 700.000€ tous les deux ans, ou bien encore de faire un chiffre d’affaire de 700.000€.
De leur coté, les investisseurs, qui jusqu’ici se voyaient accorder jusqu’à 10.000 visas par an pour peu qu’ils investissent plus de 700.000€ avec l’intention de créer 10 emplois ou plus verraient ces conditions s’assouplir, en particulier pour ceux venant de pays pauvres.
L’idée de départ émane de Paul Graham, de Y Combinator, qui a écrit ce qu’il avait appelé le “visa pour fondateur” en avril dernier.
L’obtention d’un visa de travail aux Etats Unis peut être, comme dans beaucoup de pays, particulièrement difficile, et cette initiative est clairement destinée a faciliter la vie des candidats à l’émigration issus de l’économie numérique étrangère.
“Je pense que l’effet sur l’économie sera tel qu’il fera du législateur qui proposera cette idée un homme célèbre” commentait Graham. “la seule façon de savoir si cela marche, c’est d’essayer, d’autant que cela ne couterait quasiment rien”. Surprise : aux USA, les législateurs piquent les bonnes idées des experts de l’internet pour en faire des lois (ça laisse réveur).
De son coté, et suite aux déclaration de Paul Graham au début de l’année dernière, Brad Feld, cofondateur du Foundery Group, a mis en place une initiative similaire au sein de son programme TechStar, un incubateur de startup dans le Colorado, dont plusieurs startups ont des fondateurs étrangers.
“Cet été, nous avons eu les pire difficultés pour leur obtenir des visas, toutes les solutions s’avéraient chères, risquées et éreintantes”
Field a du coup mis en place StartupVisa.com, avec l’aide de plusieurs autres entrepreneurs, consultants et investisseurs. “Dans les six prochains mois, nous allons considérablement améliorer la portée de l’offre” a-t-il confié à ReadWriteWeb.
La volonté d’attirer aux Etats Unis les talents du monde entier est réelle, et une fuite massive des startups à l’étranger n’est pas à exclure, d’autant que, certaines l’on prouvé, en France, il est parfaitement possible de garder un pied au pays tout en allant chercher la croissance aux USA.
Si la loi proposée par Jared Polis venait à passer, on peut craindre, vu le climat anti internet qui domine en France, une véritable hémorragie.













07 janvier 2010 à 8:34
A propos de ton article, j’aimerai ajouter que la fuite des cerveaux en France, notamment dans l’informatique et la R&D est surtout dûe à un salaire trop bas par rapport à celui pratiqué pour le même emploi aux USA (même si là-bas, tout n’est pas rose, bien sûr).
Après, le VISA, même si c’est quelque fois compliqué à obtenir, me semble n’être qu’une « procédure », mais le fond du problème réside dans le fait qu’on a tendance en FR à prendre les personnels techniques un peu trop pour des cons.
07 janvier 2010 à 10:33
Pas besoin d’aller aux US, en allemagne les salaires des ingénieurs sont plus élevés. Et qu’on ne me disent pas que c’est la faute aux 35 heures, j’étais chez Continental et la bas les cadres pointent leurs heures !
Donc en résumé : ils gagnent plus pour travailler moins.
07 janvier 2010 à 15:31
C’est incroyable le nombre de hackers qui rêve d’une expatriation en Allemagne… De ce que j’ai pu en voir, il y a là bas un vrai respect des compétences informatique et d’une certaine forme de débrouillardise…
07 janvier 2010 à 19:59
Hello Fabrice.
Je me sens obligé de réagir à ton commentaire concernant l’Allemagne, pour les affinités des Hackers avec ce pays, ceci est explicable pour deux raisons majeures :
- Le marché de la sécurité : en France, quand une entreprise développe en interne une application, la dernière des choses qui lui viendrait à l’esprit est de la faire auditer avant la mise en production. On appelle ça le phénomène « no monster here ». Quand une entreprise française fait appelle à une entreprise en vue de pentest, c’est souvent suite à une intrusion ou un leak afin de trouver un coupable. La France ne pratique pas ou très peu la sécurité pro-active, notre truc à nous c’est plus le disaster recovery : on attend que ça pète avant de voir si … éventuellement … y’avait pas un trou quelque part. L’Allemagne en revanche est un pays où on se pose ce genre de question avant la mise en production : vous ne verrez jamais un groupe industriel mettre en route un intranet sans l’avoir fait passer par la case pentest et audit. Il en résulte donc que l’Allemagne est un marché particulièrement prédisposé et en avance sur les questions relatives à la sécurité. En clair, il y a bien plus de business à y faire là bas qu’en France.
- Le second point, c’est qu’historiquement, l’Allemagne est le pays d’une team bien connue : le Chaos Computer Club, du coup Berlin grouille de gros nerds aux compétences plutôt au dessus de la norme. Transmission de connaissances, nombreux événements organisés, la communauté de la sécurité qui a toujours évolué de façon plus ou moins proche du CCC est très active, elle produit beaucoup, du coup elle rayonne et tous les ans, les hackers de toute l’europe se rendent à Berlin pour le Chaos Computer Congress ou le Chaos Communication Camp (tous les 4 ans).
Voilà, tout ça pour dire que si les hackers sont attirés par l’Allemagne c’est aussi bien pour des raisons de business que de communautés ;)
08 janvier 2010 à 14:51
Article intéressant. Je vais de ce pas aller voir sur le site startup.com. Vu les difficultés que j’ai à lancer mes projets en France (http://www.crimere.com/drupal-6.10/content/about), peut être les US seront elle une meilleure terre d’ accueil ?
10 janvier 2010 à 18:24
Les Etats-Unis n’ont jamais appuyé leur développement sur… l’émigration. Mais bien sur… l’immigration ;-)
Enfin, c’est un point de détail, j’imagine que tout le monde avait compris !
Sur le contenu : avez-vous des éléments, des références, concernant la part de croissance économique de la France, des Etats-Unis ou autre due à l’économie numérique ? Il y a souvent, très souvent, en France notamment, des images d’Epinal diffusées sans fondement réel sur le fait que la France est en retard etc… Ayant beaucoup, beaucoup visité les Etats-Unis, et connaissant bien la France aussi, on peut affirmer que la France n’est pas en retard du tout ! Elle est légèrement différente, dans bien des domaines, des Etats-Unis. Elle utilise les technologies de manière différente, mais dans de nombreux domaines, technologiques, on se croirait franchement en 1970 aux Etats-Unis ! ;)
05 mars 2010 à 10:29
MERCI POUR LES INFO VOUS MAVER BOCOU AIDER