Le fondateur de Facebook, ce week-end, a annoncé à un auditoire médusé que le monde avait changé. Qu’il était devenu plus ouvert, plus public, moins privé, que les réglages publics par défaut et les options de vie privée supprimées ne faisait que refléter la façon dont il créerait le site, s’il avait à le concevoir aujourd’hui.
Tout le monde n’est pas d’accord avec cette décision et avec la justification qui l’accompagne.
La société est elle devenue moins portée sur la vie privée, ou Facebook est-il en train d’initier ce mouvement ? La vie privée en ligne n’est elle qu’une illusion, de toutes façons ? Voici quelques réflexions, basées sur les commentaires faits contre la décision de Facebook, et qui ont fait suite aux déclarations de Zuckerberg, d’autres billets suivront pour rendre compte de l’opinion de ceux qui pensent que oui, Facebook ne fait qu’entériner une profonde mutation culturelle.
Il y a beaucoup à dire sur l’analyse de données publiques (nous en avons déjà beaucoup parlé, et nous y reviendrons), mais je crois que Facebook fait une grosse erreur en s’éloignant de ses origines, très respectueuses de la vie privée.
Depuis ses premiers jours, et pour l’essentiel de son existence, le principal différenciateur de Facebook était que les données des utilisateurs n’étaient visibles que par ceux que celui-ci avait approuvé comme amis. Depuis mi-décembre, les utilisateurs de Facebook sont obligés de rendre publiques des informations comme leur photo de profil, leur liste d’ami et leurs centres d’intêret (les pages dont ils sont fans).
Les mises à jour de statut, de photos et de vidéos partagés sur le site ont toujours été privées par défaut (réservés aux amis), mais si vous n’aviez jamais changé vos réglages de vie privée avant le mois dernier, Facebook vous aura suggéré de les rendre publiques. C’est désormais le réglage par défaut.
Voici trois raisons pour lesquelles rendre ces données publiques par défaut ou imposer qu’elles le soient est une mauvaise idée, et qui contredisent le changement culturel que Zuckenberg plaide comme raison pour ces changements.
Faire évoluer les préférences ne justifie pas d’imposer un réglage
Marc Zuckenberg a peut être raison, les gens sont probablement plus à l’aise aujourd’hui avec l’idée de raconter au monde entier les détails de leur existence. Mais pourquoi cela signifierait-il qu’il faille imposer d’autorité que certaines données, autrefois privées, deviennent publiques ? Cela n’a pas de sens.
Le droit à la vie privée est un droit fondamental pour tout être humain, et même si cela semble moins vrai quand cette vie prend place sur un site commercial comme Facebook, ce dernier a jusqu’ici été basé sur le respect de la vie privée et son contrôle. Pourquoi renoncer à cela ? Le fait que beaucoup de nos engagements citoyens se fassent aujourd’hui à travers ce genre de sites ne devrait-il pas être une raison supplémentaire pour nous inquiéter ?
Il est très difficile de croire que des centaines de millions d’utilisateurs de Facebook veillent jeter aux orties leur vie privée, et si Facebook pense que c’est le cas, pourquoi ne pas tout simplement le leur demander ?
La vie privée ne se résume pas au secret
Cet été, nous avons rapporté la sortie d’une recherche universitaire publiée par un étudiant du Massachusetts-Amherst Legal Studies, Chris Peterson, qui défendait le point de vue que la compréhension de la vie privée, dans le monde contemporain, se basait plus sur l’intégrité du contexte que sur le secret absolu. Peterson prend Facebook comme cadre de recherche pour son étude de la réalité contemporaine de la vie privé dans sa thèse, relativement facile à lire (en anglais), titrée : “Sauver la face : l’architecture de la vie privée sur Facebook” (pdf)
L’un des arguments que Petersen développe est le suivant : “publier” quelque chose, compris comme étant une intention de le distribuer publiquement, est une idée du passé. Une idée qui date d’une époque où publier était cher et demandait des efforts. Le contraire est vrai aujourd’hui : publier peut se faire gratuitement, et c’est relativement facile. Du coup, des informations destinées à différents cercles de publics sont publiées quotidiennement. Pourquoi ne pas être – ou ne pas rester – la plateforme qui permet cela ?
A l’opposé de ce que Facebook fait aujourd’hui, Peterson explique que pour comprendre le concept de vie privée aujourd’hui, il faut se rapporter au contexte. Nous nous attendons à ce que nos actes de communication soient fait dans un contexte approprié, et nous avons envie de comprendre comment cette communication que nous émettons sera diffusée.
Si un camarade d’école prend une photo de vous en train de boire dans une fête et la montre à vos collègue de travail, vous pourriez penser – à raison – que le contexte et la distribution sont inappropriés, et que votre vie privée n’a pas été respectée.
La fête en question a pu avoir lieu dans un lieu public, on est donc loin du secret. Le besoin pour une compréhension plus sophistiquée de la vie privée va bien au delà de l’idée du secret.
En rendant public vos informations personnelles et vos conversations, à travers vos statuts, Facebook élimine le contexte de ces conversations. Les petits textes que vous publiez sur Facebook peuvent être destinés à un public restreint d’amis avec lesquels vous entretenez une connivence. Or cette option est désormais enterrée sous le réglage public par défaut de Facebook, et beaucoup des activités des utilisateurs sur le site ne peut même plus être privées.
Marc Zuckenberg avait pour habitude de dire que les gens partageraient plus d’informations s’ils se sentaient à l’aise, sachant que que seul des personnes de confiance pourraient les voir. Il me disait, dans une interview il y a deux ans, que le contrôle de la vie privée était “la pierre angulaire de Facebook”. Apparemment, il a changé d’avis.
Beaucoup de gens ont besoin de contrôler leurs informations personnelles
Les internautes n’auraient ils plus besoin de limiter le partage de certaines informations à un cercle restreint d’amis ? Pour Facebook, ce besoin semble avoir disparu.
La liste de ceux qui ont besoin d’un tel contrôle est longue : ceux qui viennent de rompre après une relation difficile, ceux qui ont des croyances religieuses marginales, des préférences sexuelles particulières, ceux qui ont peur de perdre leur emploi à cause de cela, ou ceux qui se sont fait chahuter toute leur vie. La liste est bien plus longue, en réalité, et s’étend à une bonne partie de la population.
Le groupe de dirigeants issus de grandes écoles qui sont à la tête de Facebook pensent peut être qu’il n’y a aucune raison de vouloir contrôler l’accès à ses données personnelles, mais beaucoup d’entre eux sont moins vulnérables et ont certainement moins besoin de contrôler ces informations.
Des dizaines – voir des centaines – de millions de personnes dans le monde ont de bonnes raisons de limiter la visibilité de leurs données personnelles, tout en voulant garder la possibilité de les partager avec un environnement qu’ils contrôlent, ce que Facebook leur permettait jusqu’ici. Facebook est devenu un géant en offrant cette possibilité, et devrait pouvoir continuer sa croissance sans avoir à faire un virage à 180 degrés sur la façon dont il gère la vie privée.
A venir : rendre les données personnelles visible a tout de même du bon (un indice)
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13 janvier 2010 à 9:56
Je me demande si c’est vraiment Facebook le problème. Les gens ont besoin de se montrer. D’un côté, les émissions télé-réalité ont démontré que tout un chacun pouvait devenir une star et créer une sorte de mythe de la réussite, de l’autre il y a un fort nombrilisme qui est « noyé » dans une masse de nombrilisme, en gros chacun se donne dans une surenchère du moi je.
Facebook est avant tout une entreprise, sacrifié la vie privé sur l’autel de l’argent est une chose à laquelle on pouvait s’attendre. Maintenant avec ses 300 millions d’utilisateurs et l’effet boule de neige, ils sont loin du temps où les internautes faisaient pliés le réseau (cf Beaccon). Aujourd’hui, ils sont dans une position de force. C’est amusant de voir que plus il y a de monde, moins ce dernier a un impact fort sur FB, mais bref c’est un autre sujet.
Si la vie privé se meurt, s’est parce que les gens ne sont pas éduqués aux pratiques du web. Et cela manque cruellement. Le web n’est pas un monde merveilleux dans lequel vous pouvez vous donner sans qu’en conséquence vous receviez des coups de baton. Facebook se doit de faire de l’argent, c’est une entreprise et pour eux la vie privé c’est un moyen de monétiser une énorme machine.
La question qui se pose, c’est pourquoi les gens ont ce besoin de tout divulguer. C’est là le propre de l’éducation, faire en sorte que les internautes appréhendent les enjeux du web et soit à même d’utiliser les outils. Facebook ne fait que répondre à un double enjeux, économique pour eux, social pour les internautes qui souhaitent de plus en plus se « starifier ».
La vie privé n’existe plus depuis longtemps sur internet, personnellement j’en veux plus à l’Etat qui laisse toute une génération née avec le web continuer à balancer des conneries au travers de FaceBook, Skyblog et qui d’ici quatre cinq ans à leur arrivée sur le marché du travail, les recruteurs pourront retrouvés ces traces. De même pour les adultes qui balancent sur leur entreprise et qui ont laissé leur profil ouvert …
C’est à l’Etat d’éduquer ses citoyens aux pratiques web, ce n’est pas le rôle d’une entreprise de se conforter à une forme d’éthique qui ceci dit au passage n’en est pas vraiment une. Le dernier buzz sur Facebook, c’était bien que toutes les femmes disent la couleur de leur soutif, et ça a marché du tonnerre alors bon, parler de vie privé d’un côté pour afficher de telles conneries de l’autre, c’est un peu hypocrite. Une entreprise doit faire du chiffre, les utilisateurs s’affichant d’eux même, je ne vois pas en quoi ce virement de cap est à proprement parler scandaleux, il ne répond qu’à une logique économique.
Après ce n’est qu’un avis :)
13 janvier 2010 à 9:59
Ah oui et désolé pour les fautes, je suis pas réveillé :)
13 janvier 2010 à 10:14
Je n’ai pas encore lu l’article mais juste pour annoncer qu’on dit : avoir tort et non avoir tord !! Facebook a tort, etc.
13 janvier 2010 à 10:20
Facebook se fait tordre par RWW !
ou
Facebook c’est des tordus ?
ou
C’est privé la vie privée ?
;-)
C’est dommage pour la crédibilité de RWW toutes ces fautes.
13 janvier 2010 à 10:33
avoir tort même si on peut être tordu de rire :-)
13 janvier 2010 à 10:39
l’un des très gros problèmes de Facebook est qu’on ne peut pas cloisonner les amis. Ainsi, on met au même niveau la famille, les amis loisirs et le travail. Évidemment, on peut refuser les amis mais beaucoup ne comprennent pas un tel refus. Ainsi, si je publie des photos du nouveau né à destination de ma famille, tous mes amis les verront y compris de vagues relations loisirs ou professionnelles. De même, si un ami de loisir publie une photo où je figure, toute ma famille le verra. Ne parlons pas de tous ces gens qui gardent le réglage par défaut sur les « amis des ami »s et si on a eu le malheur de mettre en « ami » le troquet où on a va se torcher, tous les milliers d’ »amis » de ce troquet auront accès à des informations très personnelles. Bien sur que j’aurais pu limiter strictement à mes amis mais combien ont pensés au danger représentés par cette les « amis des amis » ?
13 janvier 2010 à 10:55
@jmax > Il semblerait que la création de liste d’amis permet de résoudre ton souci de partage de photos.
Cf ce tuto : http://www.balencourt.com/blog/2008/11/14/comment-gerer-ses-amis-sur-facebook
13 janvier 2010 à 11:16
au temps pour moi. Super tuto qui m’ouvre bien les yeux. merci
13 janvier 2010 à 11:28
@antoine
sacrifié la vie privé sur l’autel de l’argent est une chose à laquelle on pouvait s’attendre
Nous, les pro du web, bien sûr, mais FB est peuplé par 350M de personnes…
@jacques
Yes, je suis conscient qu’il y a plein de fautes d’orthographe. Pas de correcteurs, pas de budget pub, c’est le prix à payer pour l’indépendance de nos jours. Pas si sûr que cela joue en notre défaveur en terme de crédibilité, bien au contraire.
Demande toi pourquoi aucun journal ne parle d’ACTA. Aucun. Ils ont de la pub, des correcteurs, ne publient pas de fautes d’orthographe, mais à quel prix ?
Ca bousille ma réputation personnelle en ce qui concerne l’orthographe, c’est clair, mais ma mère est prof de français, c’est freudien, le problème est profond, faut me comprendre… ;-)
13 janvier 2010 à 11:51
Des fautes, tout le monde en fait. Il faut se relire et même après relecture on peut en avoir oubliées.
Cependant, une faute dans le titre c’est quand même super discréditant. Le contenu passe, les titres non.
N’est-il pas possible d’éditer pour corriger ?
13 janvier 2010 à 12:41
@Fabrice Y a quand même une différence entre des fautes grossières et des petites fautes dans le texte. Là c’est un titre relayé partout.
Suggestion : Demande à ta mère de relire les articles avant publication. ;-)
13 janvier 2010 à 12:50
oh purée… elle m’avait échappée celle là… Je vais me faire engueuler par @clarinette :-) Je corrige…
13 janvier 2010 à 12:56
S’offusquer de certaines manœuvres de Facebook relève de la naïveté.
Les gens veulent bien se montrer à poil ou bourré, mais uniquement à leurs amis Facebook ? Comme si être un ami Facebook était autre chose qu’un attribut dans une base de données.
C’est plus une question de culture et de mentalité. Les ados ne se posent déjà plus ce genre de questions depuis quelques temps déjà, ils déballent tout ou presque sans même comprendre à quoi ça servirait de mettre un frein.
13 janvier 2010 à 13:00
Les ados, oui, mais ils ne représentent qu’une minorité des utilisateurs de Facebook aujourd’hui…
13 janvier 2010 à 13:07
Je rejoins Antoine sur pas mal de point.
Mais je ne pense pas que ce soit à l’état d’éduquer la populace sur l’utilisation du net. Je ne vois d’ailleurs pas comment il pourrait faire. Des spots de publicité dans la mouvance de ceux contre l’alcool au volant ? On y verrait quelqu’un en train de faire la fête, des personnes le prenant en photo avec leur Iphone (petite pub inside) alors qu’il a la tête dans les toilettes, ça se retrouverait sur FaceBook, et notre malheureux fêtard au final ne décrocherait pas le travail pour lequel il postule car des « chasseurs de têtes » l’auraient vu sur le site ?
Il me parait évident qu’à partir du moment où, pour X raisons, une personne balance sur un site grand public des informations personnelles, ces informations risquent de lui nuire. Je n’arrive pas à comprendre qu’on puisse penser autrement.
Facebook n’est pas, malgré ce que pensent certains, un journal intime, un lieu privé de diffusion de photos dans un cercle restreint et controlé, ou quelque chose approchant.
Gmail controle et garde des traces de nos mails. Google fait pareil avec nos recherches internet. Et Facebook nous fiche. Sans tomber dans la parano, nous progressons à grands pas vers Big Brother, et les gens foncent, tête baissée. Je ne comprend pas.
Bien sur que ce serait idéal de pouvoir profiter d’un espace de partage privé, modulable à souhait, mais il faut à un moment arreter de rêver en couleur. Vous imaginez une entreprise dépenser des sommes hallucinantes, et mettre à disposition de tous ce genre de chose, sans aucune contrepartie ? Réveillez vous !
Les nouveaux réglages ne me choquent aucunement. Ils ne sont que la révélation de ce qu’est Facebook. Une immense base de données publique.
13 janvier 2010 à 19:50
Sur ce sujet, voici une vidéo de The Onion :
Google Opt Out Feature Lets Users Protect Privacy By Moving To Remote Village
14 janvier 2010 à 21:55
Il y a pas mal de dispositifs gratuits pour corriger l’orthographe sur un blog, non ? Je me rappelle en particulier d’une extension pour WordPress avec un logo en forme de cygne noir qui faisait appel aux lecteurs.
Sinon, il y a une chose que je ne comprends pas bien : si Facebook garde les informations privées, il peut vendre aux publicitaires un ciblage que lui seul peut proposer ; si Facebook révèle des informations, il perd l’exclusivité, et la manne correspondante. Pourquoi est-ce qu’ils devraient s’exposer à toutes ces critiques pour *perdre* de l’argent ? Le sacro-saint référencement pour plus de traffic ? Ben… non : Facebook a déjà 5% du traffic mondial — plus on est riche, plus on en veut, ej sais… mais à part faire encore un peu plus de bruit et rendre le site encore plus visible, je ne vois pas le bénéfice à long terme pour la société. Et je ne veux pas douter des bienfaits d’un buzz de plus, mais bon : ils ont déjà tout ce qu’il faut, de ce coté-là pour se concentrer sur l’avenir, non ?
Même sur des sites où tous les comptes sont publics, le gros des consultations se fait sur des pages d’amis et là, en plus les pages publiques sont des versions très limitées, sans pub, donc Facebook ne gonfle pas vraiment son traffic déjà considérable. Ils ont augmenté significativement le nombre de relations avec les suggestions, mais c’est une fonctionnalité vieille de plusieurs mois (et peu de gens ont souligné l’histoire comme la trahison d’une confidentialité, alors que c’était nettement plus susceptible de provoquer des effondrements de contexte). De toutes façons, les revenus publicitaires c’est une part assez constante des ventes générés — et ouvrir ne génère pas plus de ventes…
J’ai peur qu’une fois de plus Zuckerberg soit un peu plus visionnaire que ses bruyants critiques : après avoir imposé le flux d’activité et su faire oublier ses expérimentations maladroites sur la connexion à des sites extérieures, l’ado milliardaire propose sincèrement une plus grande transparence, pour une plus grande tolérance. On peut être PDG et avoir des photos avec ses peluches. Il y a évidemment des cas très douloureux qui sont sortis, mais je n’ai pas vu de départ massif depuis le réglage ; et vous ?
Comme pour le droit d’auteur où personne dans les débats ne semble défendre les droits de lecteurs, personne ne semble vouloir défendre les curieux, qui sont privés d’information par la discrétion excessive de leurs proches. Ça m’amuserait de voir une défense de la “serendipity” émerger de ce bouhaha.
Personnellement (en tant que gros power-user) j’ai applaudi l’introduction de nouveaux réglages : je peux enfin annoncer l’anniversaire surprise d’un ami en masquant la mise à jour à mes collègues et à l’intéressé. Sous réserve de sortir du par-défaut, c’est un le plus gros plus pour la confidentialité que je n’ai jamais osé imaginer. Si, en anticipant tous ces hurlements, Facebook a su simultanément vacciner les internautes contre le par-défaut et leur offrir ça… Bravo.
14 janvier 2010 à 23:50
Est-ce qu’il est possible de prendre un peu de hauteur sur le sujet et d’arrêter de trembler devant le nouveau gourou? La vidéo de son intervention est édifiante : le vieux journaliste en costard, soucieux de son image et de son emploi (mais qui s’est quand même lâché en retirant sa cravate), interrogeant un jeune self-made man de 25 ans (fantasme et glorification de la réussite matérielle) et qui se la joue bobo décontracté ou banlieusard en tennis, sweat et jean ultra délavé ? Le contraste est hilarant. C’est qui Zückenberg ? Un fils à papa, diplômé de Harvard, qui a encore tout à apprendre de la vie et qui change d’éthique comme de chemise. Du haut de ses 25 ans, il prétend imposer à 350 millions d’êtres humains, bientôt 1 milliard et plus, sa morale à 2 balles et à géométrie variable, selon ses intérêts personnels.
Depuis quand un freluquet qui a encore du lait au bout de son nez serait habilité à décider ce qui est bon ou mauvais pour la liberté ?
Qu’il aille s’instruire d’abord chez les philosophes, chez les Lumières et qu’il découvre les horreurs de l’Histoire que tous les mégalomanes (dont il prend le chemin) ont provoquées. Après, il reviendra nous faire la leçon.
En ce qui me concerne, je n’ai pas besoin de Fessebouc pour avoir beaucoup d’ « amis ». Des vrais.
14 janvier 2010 à 23:58
« le vieux journaliste en costard, soucieux de son image et de son emploi »
Hum… c’est Michael Arrington, le patron de Techcrunch, l’un des hommes les plus puissants de la silicon valley… S’il t’entendait, il t’arracherait les yeux et les mangerait en consommé.
La seule chose qu’on peut lui reprocher, c’est de n’avoir qu’une seule façon d’analyser les choses : le business. D’un point de vue business, c’est une très bonne décision, d’un point de vue communautaire, ca reste à voir… Mais Arrington ne voit guère que le business…
15 janvier 2010 à 0:02
@bertil
On prépare un billet là dessus, serendipicité, mais aussi analyse sémantique de sentiment appliquée aux données publique, tout ça… Ca arrive ;-)
J’ai croisé le plugin dont tu parles, mais je ne me souviens plus où… got link ??
15 janvier 2010 à 0:28
@Fabrice Epelboin
Plutôt sérendipité.
Un grand bonjour au sieur Harrington qui, puisqu’il est un homme puissant, est parfaitement habilité à faire sa propre justice ;-)
Nous sommes d’accord, Fessebouc c’est une fausse liberté qui cache un méga business.
Au fond, la Montagne-de-Sucre est un dangereux sophiste. Son discours se résume à ceci : « libérez-vous en renonçant à votre liberté »
15 janvier 2010 à 0:39
« Libérez vous en renonçant à votre vie privée » serait plus exact, et il serait sot de ne pas prendre ce garçon (Zuckenberg) au sérieux, rien que pour envisager l’hypothèse où, malheureusement, ce soit là l’alternative à la dictature numérique qui s’annonce ici…
Bon, dans l’immédiat, je suis comme vous, ça me fait flipper, mais posons nous 5 minutes. Et si c’était dans ce sens qu’allait la société (américaine, hein, ici, on va rester au néandertal encore un bon moment)…
C’est aps joyeux, j’en conviens, mais faire l’économie de cette réflexion peut mener à de bien plus fâcheuses surprises demain…
15 janvier 2010 à 23:28
@jmax
Lire le mode d’emploi;
via les listes. affiner dans paramètres, applications, ce que les amis peuvent voir ». CQFD
ce qui est plus que limite de la part de FB c’est de faire sauter les réglages sans préavis.
19 janvier 2010 à 2:14
j’allais donnée mon opinion mais tout compte fait je dirais rien sur cet merde et je vais essayer.
19 janvier 2010 à 19:29
@Bertil Hatt Tu parles certainement du plugin gooseGrade qui effectivement est assez génial (http://wordpress.org/extend/plugins/goosegrade/)
Je suis d’accord avec toi, la possibilité de régler plus finement certains paramètres est très intéressante (en tout cas, elle manquait dans l’ancienne) cela permet « presque » d’avoir un Facebook avec plusieurs profils (personnel, professionnel, …). Bon OK, il faut se pencher un peu sur le biniou, regarder comment il fonctionne et faire des essais… Le problème est peut-être là ! Beaucoup n’ont pas pris la peine de comprendre comment fonctionnaient les nouveaux paramètres et se sont juste contentés de relayer la critique (je ne défends pas Facebook, je fais juste un constat).
@Fabrice Epelboin « ici, on va rester au Néandertal encore un bon moment »
Mhum… j’en suis pas si sûr, il suffit de prendre le métro et de voir le nombre incalculable de gens (plus ou moins polis) qui passent leurs coups de téléphone « privé » en hurlant pour que le correspondant entende bien (c’est connu, plus les gens sont loin au téléphone, plus il faut crier ). Ça me fera toujours rire, car ce sont généralement les premiers à monter au créneau pour dénoncer les abus de telle ou telle société en matière de données privées. Tout à l’heure par exemple, sur la ligne 1 une jolie demoiselle expliquait bruyamment (j’étais à 5 m. et j’entendais distinctement la conversation) au téléphone à une de ses copines que celle-ci devait lui servir d’excuse ce soir vis-à-vis de son mari, car elle avait un rdv avec un type et qu’elle comptait bien (dixit) se le faire… les 20 personnes qui étaient autour d’elle étaient pliées de rire…
21 janvier 2010 à 11:22
Pourquoi c’est toujours Philippe qui rencontre des jolies filles volages… Merci pour la référence à GooseGrade.
Sur l’autorité d’Arrington, ça m’amuse de voir que d’autres ne la voit pas spontanément.
Sur l’autorité de Zuckerberg, son autorité et sa connaissance détaillée vient de la montagne de données qu’il peut analyser. Je suis plutôt déçu par ce qui sort, mais il a largement les moyens de se payer les meilleurs sociologues et eux sont certainement sur des charbons ardents de pouvoir en profiter, donc non, il est obligé de synthétiser, mais il n’est pas ignorant. Quant à avoir 25 ans, je ne vais pas faire la liste de tous ceux qui ont accompli quelque chose de grand et à quel âge, sinon, je vais mettre un gros coup de vieux à tout le monde…
17 février 2011 à 2:34
Bonjour,
Notre objectif est la création d’un réseau social responsable.
Nous sommes convaincus de l’utilité des réseaux sociaux mais leur forme actuelle ne permet pas l’épanouissement des utilisateurs, et cela pour plusieurs raisons:
-non-respect de la vie privée, de la confidentialité
-superficialité des échanges, absence de liens concrets
-modèles économiques décentrés des utilisateurs;
-intrusion permanente de la publicité
-effacement des notions de responsabilité, d’engagement, de dépassement de soi
-anéantissement de la frontière entre jeu social et personnalité
-perte de contrôle de l’identité numérique.
C’est à ce prix que l’on paye la gratuité des réseaux sociaux actuels. Et cette liste n’est pas exhaustive.
Nous voulons un réseau social bienveillant axé autour de valeurs: liberté, partage, réalité, qualité, responsabilité, transparence…
Pour en savoir plus, ce groupe sur linkedin:
http://www.linkedin.com/groups/Prenez-connaissance-lobjet-ce-groupe-3784785%2ES%2E43498101?qid=d158a2ec-c522-4d0e-88b5-56c77d812ceb&goback=%2Egmp_3784785
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