Le grand atout des anciennes dictatures communistes, c’est que le souvenir d’une société de surveillance est encore frais dans les mémoires et touche toutes les générations. Là bas, le combat pour les libertés numérique n’est pas un truc de geeks fraichement sortis de l’âge ingrat ou d’adolescent attardés.
Aux cris de “La Bulgarie n’est pas Big Brother”, “2010 n’est pas 1984” ou “Surveillance = Terrorisme gouvernemental”, plusieurs centaines de manifestants ont protesté jeudi dernier devant le parlement contre la loi sur les communications électroniques proposée par le gouvernement de centre droit. Ils ont entre autre demandé à ce que la société civile soit associée à l’élaboration d’un nouveau projet de loi.
Cette loi prévoit la possibilité pour le gouvernement de surveiller les communications sur internet et sur les réseaux mobiles de quiconque suspecté d’activités criminelles passibles de deux années de prison ou plus. La loi, sur son chapitre surveillance, est, il faut le reconnaitre, pire encore que la Loppsi Française.
Le président des affaires internes du parlement, Atanas Atanasov, avait pourtant annoncé, deux jours avant la manifestation, que le gouvernement allait retirer son amendement visant à surveiller le trafic sur internet et les communications sur téléphone mobiles, le remplaçant par un autre obligeant les opérateurs de services mobiles et les fournisseurs d’accès internet à transmettre aux autorités, dans un délais de deux heures suite à une demande, les enregistrements en leur possession.
Mincho Spassov, ancien parlementaire et membre du parti national pour la stabilité et le progrès, a appelé à ce que les amendements soient retirés, et a demandé à ce que le premier ministre Boiko Borissov s’implique dans le dossier.
Les manifestations ont vu une foule hétéroclite se former à laquelle s’est mêlée de nombreux politiciens et les représentants de 30 organisations non gouvernementales. Détail amusant, de nombreux drapeaux Européens étaient agités par la foule. Là bas aussi, on place beaucoup d’espoirs dans les autorités Européennes pour couper court aux dérives des démocraties qui la compose.
“Nous ne vivons pas en 1984”
Ce slogan est là bas bien plus qu’une allusion littéraire. Alors que beaucoup de ceux qui luttent en France aujourd’hui pour les libertés numériques n’étaient pas nés en 1984, la Bulgarie, elle, vivait à l’époque sous une dictature qui n’a pris fin qu’en 1990. Ceci explique sans doute la dimension trans-générationelle de la mobilisation dont on trouve de nombreuses photos sur Flickr.




(source AFP via Generation NT – image d’ouverture CC-by de Boyan Yurukov autres photos CC-by de Veni Markovski)













20 janvier 2010 à 19:11
Partout en Europe le scénario est le même… C’est désespérant :/