Bill Gates, l’ancien PDG de Microsoft a fait la Une des média américain le mois dernier quand il a décidé de rejoindre Twitter, accumulant des centaines de milliers de followers quelques heures à peine après avoir créé un compte. La semaine dernière, il faisait une apparition dans le célèbre Daily Show de Jon Steward pour évoquer la sortie de la seconde lettre d’information de la Bill and Melinda Gates Foundation, qui décrit les travaux réalisés et financés par sa fondation. L’année 2010 s’annonce chargé pour Bill Gates.
La fondation de Gates se consacre à l’amélioration des conditions de vie dans les pays en voie de développement en leur apportant des fonds pour du matériel, en finançant des recherches et en informant le public. Mais désormais, Gates se concentre également sur un autre moyen pour améliorer le monde de demain : la Green Tech.
Dans une interview donnée a Ina Fried de CNET la semaine dernière, Bill Gates a annoncé avoir investit dans le fond de Vinod Khosla, qui a levé plus d’un milliard de dollars l’an dernier, destinés à financer l’innovation dans le secteur des technologies verte.
“Il y a une avancée [technologique] que tout le monde attend, c’est celle qui permettra de produire de l’électricité à des coûts moins élevés qu’aujourd’hui, et sans émission de CO2” confie Gates. “J’ai investi dans le fond de Vinod Khosla parce qu’il soutien de fantastiques entrepreneurs”.
Bill Gates, qui publie ses réflexions sur différents sujets au sein de son nouveau site Gates Notes, affirme que l’innovation est attendue comme le messie pour arriver un jour à produire de l’énergie sans rejeter de gaz carbonique.
“Les changements dans les comportements, à eux seuls, ne nous permettrons pas de réduire de façon suffisamment importante les émissions de CO2” écrit Gates sur son site web. “Nous devons également nous concentrer sur le développement de technologies innovantes qui produisent de l’énergie sans le moindre rejet de CO2”
Bille Gates affirme que le monde est “détourné de ce qui importe vraiment sur ce sujet” et que les objectifs à court terme importent moins que le fait de ceux à long terme. Il pense que le but que l’on doit se fixer est la réduction de 80% des émissions de CO2 d’ici à 2050, un but qui ne peut être atteint que par l’innovation technologique.
(image CC World Economic Forum)













03 février 2010 à 12:21
L’Homme (pas bill mais nous tous) a une fâcheuse tendance à s’en remettre perpétuellement à la technologie, c’est toujours plus facile pour lui qu’une remise en question.
80% de reduction de co2 en 2050 avec l’explosion démographique que l’on connait ? et par le seul fait du progrès technologique? je n’y crois pas du tout.
C’est l’ensemble des deux (comportement et techno) qui pourra nous sauver mais je n’y crois plus trop non plus…
Par contre bonne nouvelle que Gates se tourne vers l’innovation puisque cela signifie qu’il abandonne la logique de brevet pour s’adonner à l’opensource, seul à même de conjuguer la créativité et les compétences de tous pour tous.
Quoi ? j’aurais dit une connerie?
03 février 2010 à 12:24
par le seul fait du progrès technologique
Non, il n’a pas dit cela, il affirme que cet objectif n’est pas atteignable sans innovation technologique. Il dit que le changement des comportements ne suffira pas à lui seul.
03 février 2010 à 13:22
Ne serait-ce pas une manière d’affirmer « laisser nous faire, on va régler le problème » ? Le faites-nous confiance ?
En caricaturant grandement, d’un côté on trouve le progrès (industriel) dirigé par une élite – car moi seul, je n’ai pas la capacité de le produire en masse – qui engendrent des problèmes auxquels doit faire face la « planète ».
D’un autre, l’innovation – le mot 2.0 du progrès industriel – dirigé par cette même élite, qui se voit présenté comme la solution à ces problèmes.
Sans se poser la question de savoir si ce Progrès_2.0 à son rôle à jouer, j’y vois dans ce type de discours l’opportunité pour Gates et les gens qu’il représente de boucler la boucle et d’en revenir une fois de plus à eux comme solution, comme finalité. Comme acteur central dans le merdier.
Et surtout de ne pas remettre en cause la question du développement de cette « innovation ».
03 février 2010 à 13:29
Aujourd’hui, les industries des pays du « Sud » polluent plus que leurs voisines du « Nord », parce qu’elles ne bénéficient pas des mêmes technologies. Donc, j’en déduis qu’il veut faire des transferts de technologie Nord/Sud. Franchement, ou alors Bill est en train de changer (Bill faire la guerre aux brevets, mouarf), ou alors il fait comme d’habitude, il raconte n’importe quoi avec sa fondation.
03 février 2010 à 13:45
@K1n
Je ne crois pas, non, c’est plus un façon de dire que le monde des technologies et de l’innovation a lui aussi des choses à apporter la dedans.
@Rewind
Je ne vois pas comment vous en arrivez à de telles déduction. Il finance lourdement les Greentech. Si l’une des boites financées trouve le moyen de capter le CO2 dans l’atmosphère, ce dernier n’ayant pas vraiment de frontière, c’est à la planète que cela bénéficiera (et aux actionnaires, bien sûr). Les ampoules à basse consommation sont elle aussi une innovation qui permet de réduire les rejets de CO2, cela ne les a pas empêché de faire la fortune de leur inventeur.
Je peux difficilement être accusé d’être un partisan des brevets, mais de là a voir le monde de façon aussi manichéenne, c’est s’assurer de rester dans la protestation. L’heure est aux solutions, la protestation, c’est top tard.
Ceci dit, la pollution due aux pays du nord ne se réduit pas, loin de là, à l’inégalité face à l’accès aux technologies, on peut aussi incriminer la délocalisation de l’outil industriel polluant, et bien d’autre choses, ce serait bien de ne pas avoir des visions trop simplistes, cela n’aide en rien à résoudre quoi que ce soit.
Bill Gates a tourné une page de sa vie, cela semble curieux (pour ne pas dire invraisemblable) vu d’ici, mais aux US, c’est assez classique chez ceux qui ont fait fortune et qui ‘rendent à la communauté’ (une fonction régalienne ici).
L’heure, encore une fois, n’est plus du tout à la recherche de coupables (si tant est que Microsoft ai une responsabilité en terme de pollution), mais à la recherche de solutions, et il existe pas mal de gens très riches (dont Bill Gates, à l’évidence), qui se rendent bien compte qu’ils peuvent contribuer à trouver des solutions et que, riche ou pas, leurs enfants devront vivre dans ce monde.
03 février 2010 à 14:20
Effectivement, pas par le seul fait du progrès tecnologique, j’avais mal lu.
Néanmoins, je ne crois pas du tout en sa philantropie.
On ne peut pas dire que l’open source est une idéologie communiste, que linux est un cancer et se racheter une virginité en créant une fondation qui n’aurait comme seul but d’aider son prochain. Culturellement c’est un grand écart impossible.
Deux petits articles pour illustrer :
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/bill-gates-philanthrope-oui-mais-19525
http://opendotdotdot.blogspot.com/2009/10/gates-gives-300-million-but-with-catch.html
Après c’est un avis personnel, pas une vérité
03 février 2010 à 14:22
Oui, on a tellement « forcé sur la dose » que maintenant, pour s’en sortir, il va falloir jouer de tous les leviers possibles, dont le levier technologique, ne serait-ce que pour éviter de continuer à produire les mêmes erreurs.
Quant aux idées possibles, il y en a pleins, voir par ex le blog http://effervesciences.blog.fr – que j’aime bien – de la revue Effervesciences.
03 février 2010 à 14:33
@obrowny
Bon… difficile de se faire comprendre. On va essayer autrement.
Asseyez vous, vous allez en avoir besoin, pensez très fort à l’open source, et surtout, dites vous bien, si vous nous lisez régulièrement, que nous avons toujours défendu l’open source, les licences libres, combattu les excès du copyright, tout ça.
C’est fait ?
Le monde n’est pas fait de chevaliers blancs et de méchants tout plein, tout est nuance de gris, et il est bon d’apprécier toute trace de clarté.
Toujours convaincu que l’open source c’est que de gentils bisounours ?
Accrochez vous : http://lwn.net/Articles/372264/
03 février 2010 à 15:10
On ne va pas polémiquer, mais je n’ai jamais dit que le libre était le nirvana ou irréprochable mais au moins j’ai une liberté de choix, de modification…Et une philosophie de travailler ensemble pour le bien commun. (j’ai aussi des doutes sur le « don’t be evil » de google par exemple.) Dans la mesure ou l’intérêt privé est au dessus de l’intérêt général, le monde est effectivement obligatoirement gris.
Je dis juste que je ne crois pas à la nouvelle virginité de Bill Gates. Je pense que l’on ne peut pas passer d’une culture d’ayatolah du copyright et du brevet à une culture de philantropie et de participation à l’émancipation du bien commun.
Quand il parle de semence ogm qui capte le co2, j’y vois la brevetabilité du vivant et quand je vois que le boss de l’AGRA a fait 25 ans chez Monsanto, j’ai des doutes sur les coïncidences…
C’est la même chose que les doutes que nous partageons sur le lien entre LOPSSI et lutte contre la pédophilie. Il y a l’arbre et la forêt derrière.
Après j’ai bien précisé que c’était un avis personnel ce qui sous entend que penser le contraire de ce que je pense est tout à fait légitime. :-)
Sinon continuez votre travail, j’en suis fan
03 février 2010 à 16:36
C’est pas la peine de partir dans la caricature, personne ici n’en a envie. Je ne pense pas avoir dit que les Greentech sont des idées futiles et inutiles. Je pense que c’est un chemin nécessaire parmi d’autres. Si la protestation tout azimut n’est pas une attitude constructive, la vigilance, en revanche, n’est pas interdite.
Mais on ne m’empéchera pas de penser qu’il y a dans le discours de Mr Gates quelque chose de contradictoire. Quand on investit dans les GreenTech, le but est quand même d’améliorer les performances énergétiques des industries polluantes, entre autre. Quand on sait, et cela a été rappelé, que ces mêmes industries sont délocalisées dans des pays pauvres, on se demande bien comment, sans passer par des transferts de technologie, on va faire pour les moderniser. Aujourd’hui, une aciérie chinoise consomme 20 fois plus d’énergie qu’une aciérie européenne. Si l’on veut réduire la pollution, on sait ce qu’il nous reste à faire. Si le CO2 n’a pas de frontières, les lois économiques n’en ont pas non plus.
Quand à penser que Bill Gates a tourné une page de sa vie, je pense amha, que c’est une vision un peu simpliste. Les volontés écologiques affichées cachent trop souvent des volontés d’ingérence (et dont les OGM sont un excellent exemple). Mais bon, après tout, on peut croire le contraire…
Ah, oui, et si j’écris ca, c’est pour critiquer la Fondation Gates, et sûrement pas le travail fait ici, qui est pour moi admirable.
03 février 2010 à 16:51
Aciéries Européennes ? Vous devez sans doute faire allusion aux aciéries indiennes délocalisée en Europe ? Mittal ?
La chine est pleine d’usines fonctionnant sur des brevets occidentaux (où sont donc fabriqués les iPhones ?), il existe moultes solutions en dehors du transfert de technologie, rejeter en bloc tout ce qui n’est pas dans une ligne idéo-techno-whatever ne sert qu’à une chose : diminuer les chances d’y arriver. Par ailleurs, les transfert de techno, ce n’est pas si simple. La France a transféré des technologies nucléaires à l’Iran dans le but (officiel en tout cas) qu’ils produisent de l’énergie plus propre… joli résultat.
Par ailleurs, voir la Chine comme un pays pauvre… quand on sait qu’il dépasseront la puissance économiques des USA avant la fin de notre vie et qu’ils possèdent déjà l’essentiel de leur dette… Fortes inégalités, faible coût de la main d’œuvre, je veux bien, mais pauvre… Pour trouver des pays pauvre, il faut aller voir ailleurs, et vous n’y trouverez pas tant d’industries que cela.
Franchement, si Gates investit quelques milliards dans les greentech, de quoi se plaint-on bordel ? S’il y en a un qui est insoupçonnable de chercher à se faire de l’argent, c’est bien lui. Il a – pour mémoire – réduit l’héritage de ses enfants de façon considérable pour consacrer sa fortune à cette fondation… un signe, non ?
05 février 2010 à 11:34
Je suis inquiet d’être d’accord avec lui. Son passif dans le domaine de la prédiction n’est pas bien glorieux (640ko de mémoire seront suffisant pour tout le monde, internet, ça ne marchera jamais, de même que linux . . .).
07 février 2010 à 16:33
bon article
« l’innovation dans le secteur des technologies verte »
oui il y a urgence car l’extraction du coltan détruit des vies tout les jours au congo, sans parler des métaux rares…
il faut trouver urgement une autre techno pour fabriquer tout nos outils ( portable, ordi, jouer électronique etc.)
07 février 2010 à 18:36
c’est un peu hors sujet mais l’innovation doit aussi passer par la responsabilité !
un jolie clip pour éduquer et responsabiliser les djeunes et les moins djeunes :
http://www.les-courts-metrages.fr/carpa-diem-de-sergio-cannella/
08 février 2010 à 12:53
Comme le montre toutes les études sérieuses, ces technologies sont indispensables pour accompagner la transition (c’est à dire les changements de comportement et d’organisation socio-économique) entre la société actuelle et celle que connaîtront les enfants qui naissent aujourd’hui.
L’erreur à ne pas commettre, c’est de se concentrer sur uniquement sur l’efficience des processus actuels. Avec la fin du pétrole en 2030/2050 (sans parler des autres ressources), il y a une société entièrement nouvelle à penser et à construire. Si la technologie peut aider, tant mieux. Mais ça ne sera qu’un outil au service d’un projet politique (au sens noble du terme).
17 février 2010 à 16:11
Bill Gates a tord. Ce sont les changements de paradigme et de comportement qui sauveront la planète. La technologie n’est qu’un moyen, certes indispensable, pour favoriser ces changements. Sans les TIC pas d’industrialisation du covoiturage par exemple. Mais c’est bien le fait de covoiturer qui divise les émissions de CO2, recrée du lien social, et permet de réaliser des économies.
Bill Gates a raison. Car, à court terme, l’humanité n’a pas envie de changer ses habitudes. Le développement de technologies qui réduisent notre impact sur l’environnement est donc indispensable. Mais ça ne sera jamais suffisant. Si nous ne nous bougeons pas rapidement, cela sera bientôt trop tard.