Droit à l’oubli : la CNIL lance un site web et une mini série

Dans le débat qui agite les ins­ti­tu­tions Française sur le droit à l’oubli, et qui a vu appa­raitre son lot de pro­po­si­tions fan­tai­sistes et tech­nique­ment aber­rantes, la CNIL vient de se posi­tion­ner d’une façon qui semble par­ti­cu­liè­re­ment bien pensée.

Le pro­blème, pour le CNIL, doit être traité à la source, c’est à dire au niveau de ceux qui publie­raient sur inter­net des infor­ma­tions qu’ils pour­raient regret­ter un jour. La solu­tion est simple, et rejoint les pro­po­si­tions que nous avions faites à la suite du sémi­naire orga­nisé par Nathalie Kosciusko Morizet sur le Droit à l’oubli : l’éducation.

C’est donc une pierre sup­plé­men­taire qui vient s’ajouter au dis­po­si­tif de la CNIL à l’intention des jeunes : JePublieJeReflechis.net, un site d’information pro­po­sant 10 conseils avi­sés pour ne pas avoir, un jour, à regret­ter une trace lais­sée sur internet.

Le site ren­voi vers d’autres dis­po­si­tifs mis en place par la CNIL, comme le site InternetSansCrainte.fr et le tout nou­veau 2025exMachina.net sur lequel appa­rai­tra dès le 9 février pro­chain (date de l’ouverture des dis­cus­sion sur la Loppsi à l’Assemblée), une mini série des­ti­née à sen­si­bi­li­ser les jeunes sur la ges­tion de leur e-reputation en ligne.

http://www.dailymotion.com/videoxc0flj

Réalisé par Tralalere, un spé­cia­liste du site web des­tiné à un jeune public, la série s’annonce d’autant plus pro­met­teuse que la com­mu­ni­ca­tion de la CNIL tranche agréa­ble­ment avec les dis­cours alar­mistes répé­tés par les poli­tiques et les média dès qu’ils abordent le sujet.

La CNIL entre-t-elle en résis­tance face au gou­ver­ne­ment ? Elle a clai­re­ment émis de nom­breuses réserves sur de mul­tiples aspects du projet de loi Loppsi, et prend visi­ble­ment le contre pied de la com­mu­ni­ca­tion gou­ver­ne­men­tale en matière d’internet. Toujours est-il que la Comission National Informatique et Liberté prend déci­dé­ment au pied de la lettre sa devise : « L’informatique doit res­pec­ter l’identité humaine,  les droits de l’Homme, la vie pri­vée et les libertés ».

Quoi qu’il en soit, c’est une ini­tia­tive qu’il convient de faire connaitre, et les dif­fé­rents sites pro­po­sés par la CNIL seront d’un grand secours pour les parents qui ne savent pas com­ment par­ler de l’internet avec leurs enfants (et les autres égale­ment, d’ailleurs).

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5 commentaires pour cet article

  1. deadalnix

    Et bien, je vois qu’il y en a qui prennent le sujet sérieu­se­ment :D

    Ça fait plaisir.

  2. Antoine Dupin

    Ce qui me dérange, c’est que la CNIL n’a aucun pou­voir. A la base, elle est cen­sée nous pro­té­ger. On le voit bien au Canada, les pou­voirs publics ont fait flan­cher FaceBook. Par contre, en France, la CNIL qui était censé pro­té­ger nos don­nées n’a plus qu’un rôle de prévention. 

    Il serait peut être temps de mettre en place un vrai organe pour la pro­tec­tion des don­nées vis à vis de sites comme FaceBook (par exemple, tout con, mais en France c’est inter­dit les études sur les orien­ta­tions sexuelles ou la reli­gion … et c’est dans FB donc la CNIL devrait pou­voir dire stop). 

    Enfin bon, je doute que ça fasse vrai­ment réflé­chir les jeunes sur leur exhi­bi­tion­nisme, ce n’est pas des minis spots et un site qui feront que ces der­niers ne se met­tront pas nu, alcoo­li­sés ou que sais je encore. 

    Si la CNIL veut vrai­ment agir, c’est peut être en pro­po­sant aux direc­teurs d’etablissements sco­laire des modules d’enseignement à télé­char­ger pour libé­rer une heure par mois à ces pro­blé­ma­tiques (ils y a bien des cours d’éducation sexuel, alors pourquoi pas d’identité sur le web). Une heure par mois, ça ne va pas tuer les élèves, ni même un prof. 

    Après bon, on peut dire que ça bouge, mol­le­ment mais il y a une intérogation

  3. bourgpat

    Une autre vision de la chose par bug brother.

    [quote].….…

    Les ter­ro­ristes ont gagné : ils n’ont plus besoin de tuer des gens pour les ter­ro­ri­ser. Et nos diri­geants foncent dans le pan­neau, et bana­lisent encore et toujours plus les tech­no­lo­gies de surveillance.

    Pendant ce temps-là, la CNIL et ses pairs, créés pour pro­té­ger les citoyens du fichage admi­nis­tra­tif et de la sur­veillance d’Etat, nous alertent sur les dan­gers pris par ces ados qui montrent leurs fesses sur Facebook.

    Il est bon de se rap­pe­ler un vieil adage trop d’informations et d’informations péri­mées tue l’information. C’est bien comme cela que des per­sonnes pro­posent de refaire des vir­gi­ni­tés numé­rique en noyant les infor­ma­tions par du publireportage.

    Il y a un mot pour qua­li­fier cela : c’est de la nov­langue. On ne retient géné­ra­le­ment de 1984, le roman de George Orwell, que la seule société de sur­veillance. On oublie que, pour y par­ve­nir, la Police de la pen­sée de Big Brother orga­nise aussi un appau­vris­se­ment pla­ni­fié de la langue. On ne “sur­veille” pas pour “sur­veiller“, mais pour contrô­ler, et se main­te­nir au pouvoir.

    La ques­tion de la “vie pri­vée” est poli­tique : il n’y a pas de liber­tés sans vie pri­vée. Et je me plais à pen­ser que le sujet est autre­ment plus inté­res­sant, impor­tant et vital pour nos démo­cra­ties que ces his­toires de fesses sur Facebook…[/quote]

    Pendant que la cnil parle des éven­tuels pro­blèmes avec face­book et autre sur lesquels les uti­li­sa­teurs ont la pos­si­bi­lité de ne pas ren­sei­gner leur pro­fil, le fichage géné­ra­lisé de la popu­la­tion conti­nue bon train.

    En 2025 bon nombre de per­sonnes à des postes de déci­sion (drh, .…..) auront eux aussi eut une vie numé­rique et auront peut être autre chose à faire que regar­der les pho­tos de soi­rées de leur recrues.

  4. Fabrice Epelboin

    @bourgpat

    En 2025 bon nombre de per­sonnes à des postes de déci­sion (drh, .…..) auront eux aussi eut une vie numé­rique et auront peut être autre chose à faire que regar­der les pho­tos de soi­rées de leur recrues.

    Absolument, c’est un faux pro­blème, lire 2025 avec un regard de vieux de 2010 est sur le fond stu­pide, mais c’est tout de même infi­ni­ment mieux que le dis­cours ambiant, non ?

    @Antoine Dupin

    La CNIL est ce que nous avons de mieux dans le sec­teur ins­ti­tu­tion­nel (ou de moins pire, ques­tion de point de vue), effec­ti­ve­ment, il y a plus et mieux à faire, mais encou­ra­ger ce qui existe déjà me semble une bonne façon de pro­cé­der, non ?

  5. Antoine Dupin

    @Frabrice oui, c’est sur, qu’il faut un début. Le pro­blème, c’est que la CNIL serait un truc nais­sant, il fau­drait l’encourager. Là, c’est une ins­ti­tu­tion vieillis­sante qui a du mal à s’adapter, il fau­drait peut être plu­tôt la chan­ger, ou l’améliorer. 

    Cependant, ils font avec les moyens qu’ils ont c’est déjà ça :)

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