La gendarmerie nationale confond déja filtrage et censure

gendarme-1 La riposte à l’étude sur la pédopornographie publié la semaine dernière a été pour le moins molle, pour ne pas dire inexistante. Au point que c’est l’armée que l’on a fait intervenir pour tenter de rétablir l’ordre, par le biais de Eric Freyssinet, chargé des projets cybercriminalité à la direction générale de la gendarmerie nationale. Le gendarme a pris sa plume (son blog) pour essayer maladroitement de contrer l’étude… Affirmant qu’elle n’apportait rien de nouveau en terme d’élément (heureusement que la gendarmerie était au courant avant moi, en même temps), avant de finir par censurer le débat et apporter de l’eau au moulin de ceux qui voient dans la Loppsi une potentielle atteinte à la liberté d’expression.

Son argumentation est disparate, et dans un premier temps, consiste à cracher sur ses petits camarades qui luttent, eux aussi (mais en Angleterre) contre la pédopornographie, ainsi qu’à ressortir des chiffres aberrants pour tenter de montrer que ceux qui sont avancés par l’étude sont faux.

La pornographie infantile, selon Eric Freyssinet, pourrait représenter 3 milliards de dollars de chiffre d’affaire. Diantre. Sachant que 3 milliards, c’est aussi le chiffre d’affaire de l’entertainment « adulte » aux States, on se dit tout de même que cela fait beaucoup…

En même temps, quand on regarde les sources utilisées par Eric Freyssinet, on se met à avoir peur (et avoir peur d’un militaire, ce n’est pas bon signe dans une démocratie). Le National Center for Missing & Exploited Childrens, une organisation appartenant à un groupe de chrétiens fondamentalistes américains, est gérée par Morality in Media, et les vues que ce lobby souhaite imposer sont… hallucinantes.

[edit: autant pour moi, la source est... en fait... inexistante. Ce chiffre a été inventé de toutes pièces et est utilisé depuis par beaucoup de partisans d'une société de surveillance. Si vous voulez voir le travail de sourcing de ce chiffre, c'est ici]

Interdiction de la pornographie, criminalisation de l’homosexualité, répréhension du sexe hors mariage… Le genre de discours que l’on a du mal à voir arriver en France. Alors que dire d’un militaire qui utilise ces sources pour tenter de discréditer une étude ?

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Parmi les autres points avancées par Eric Freyssinet, le fait que les technologies utilisées par les réseaux de distribution de pédopornographie sont également en usage chez d’autres cybercriminels… Manque de pot (à ce stade de la discussion, mes commentaires ne sont pas encore censurés chez Eric Freyssinet), cela ne fait guère qu’apporter de l’eau à mon moulin… Ces techno ne peuvent être filtrés, évitons qu’elles ne servent demain à distribuer de la culture, une fois les sites de ‘pirate’ bloqués.

Pas facile d’être militaire et de conserver un esprit de dialogue. L’Irak est là pour nous le rappeler tous les jours. Mais en France, à la gendarmerie nationale, on est tout de même moins violent, préférant le comique à la guerre, Eric Freyssinet se réfugie alors dans la mauvaise foi : mes écrits l’aurait blessé (dans son amour propre, hein, pas physiquement), il aurait pris la mouche, et j’aurais traité les forces de gendarmerie d’incompétentes (assez difficile à croire si vous avez vu cet interview réalisée avec… un gendarme).

Le texte cité par Eric Freyssinet pour justifier les dégâts psychologiques infligés à son honneur militaire est en réalité, bien sûr, destiné aux décideurs politiques, et cette étude n’a jamais été destinée aux forces de l’ordre (en France ou à l’étranger).

« S’imaginer que le business de la pédopornographie se laisserait éliminer sans réagir est d’une naïveté incroyable. Ne pas s’intéresser à la façon dont ce business s’est adapté à la technologie est ahurissant, cela revient à se battre contre un ennemi que l’on ne connaît pas, avec des armes qui ont toutes les chances de s’avérer inappropriées. Chasser le sanglier au lance-pierre ou la perdrix au bazooka. À moins que les armes en question ne soient pas en réalité destinées à lutter contre les pédophiles, en ce cas ce serait complètement stupide. » (extrait de “Le Commerce de la pédopornographie de 2000 à 2010« )

Reste que commentaire après commentaire, je continue sur ma question : donc, Mr le gendarme (à ce stade, je reste poli), vous êtes d’accord avec la conclusion de mon enquête, à savoir que le filtrage des sites pirates étendra le marché des distributeurs de pédopornographie à la Culture et fera d’eux des hommes riches ?

Là, pas de réponse.

A partir de là, mes commentaires seront censurés, comme celui ci :

commentairecensure

Jusqu’au lendemain, où suite à une interpellation sur Twitter, Eric Freyssinet fermera ses commentaires invoquant un devoir de réserve… Qui tombe fort à propos.

L’opération de censure est malgré tout un échec cuisant : Jérémie Zimmerman, Jean Michel Planche et Benjamin Bayart, venus en renfort, auront eu le temps de montrer à quel point l’avis du gendarme est borné et obtus d’un point de vue technique.

D’un point de vue de la dialectique de la conversation sur les blog, ce n’est pas mieux.
gendarme-3

Mais que reproche-t-on aux gendarmes exactement ?

Avant tout, je dois dire que ne disposant pas de carte de presse et ne pouvant pas assurer une quelconque protection à un témoin, je suis forcément assez limité pour le dire, mais en réalité, mis à part le coté Louis de Funès de la bloggosphère de Eric Freyssinet, on ne peut pas leur reprocher grand chose.

Leur reprocher leur manque critique de moyens pour lutter contre la pédopornographie serait manquer sa cible : ils n’y sont évidement pour rien. Si l’on s’apprête à dépenser des dizaines, si ce n’est des centaines de millions d’euros pour soi disant filtrer uniquement la pédopornographie, alors qu’ils ne disposent que de moyens ridicules pour enquêter décemment, ce n’est certainement pas leur faute.

La motivation des équipe (très réduites au demeurant) ? Assez impressionnante, en fait. Passer son temps à pister – et depuis peu à interagir, maintenant que c’est légal – avec des pédophiles, demande un cœur bien accroché. D’autant que la plupart sont pères de famille.

Objectivement, après avoir vu ce à quoi ressemble le travail d’un enquêteur de gendarmerie dans une affaire de pédopornographie, je suis assez convaincu que le caractère ‘militaire’ des forces de l’ordre en charge du problème est un atout. Pas le genre à compter leur RTT ou à demander une augmentation : un militaire, ça la ferme (sauf Eric) et ça exécute la mission qu’on lui a donné. Et plutôt bien : arrestation par centaines, compétence technologiques indiscutables, vu les faibles moyens à leur disposition, c’est très impressionnant.

S’ils avaient un chef comme Eric capable de leur obtenir des moyens à la hauteur de leur mission, ce serait encore mieux, mais de toutes évidence, ça coince quand on remonte la hiérarchie. S’ils avaient un ministre susceptible de leur donner des crédit supplémentaires, ce serait parfait, mais si les ministres sont informés par de tels chefs…

[edit: Mr Freyssinet a fini par valider mon commentaire, puis de conclure que 'non, le filtrage ne renforcera pas le commerce de la pédopornographie'... On rappelle a toutes fin utile que ce n'est pas la conclusion de l'étude, c'est le filtrage des contenus pirates qui ouvrira à la distribution de la pédopornographie de nouveaux marché]

(photos © AMLF)


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20 commentaires pour cet article

  1. clarinette02

    Sur le cout de l’operation comparee a son efficacite, l’exemple Australien est fort instructif:

    1 – Extrait du Blog d’Anne Collier, de NetFamily , child safety advocate: « Australian IT reports. « Both Save the Children Australia and the National Children’s & Youth Law Centre believe the resources could be better spent on law enforcement agencies battling to eradicate child pornography on the Internet. »
    http://www.netfamilynews.org/2009/07/filtering-critics-issues-in-3-countries.html

    2 – A teenager cracked the $84-million the Australian Internet porn filter in 30 minuteshttp://www.newlaunches.com/archives/australian_teenager_cracks_84million_internet_porn_filter_in_30_minutes.php

    En somme, memes genres de remarques que pour la surveillance camera: beaucoup de depenses inutiles, creant de plus un climat hostile de surveillance et de repression encourageant la riposte.
    Le jeu une fois de plus, n’en vaut pas la chandelle ou en terme plus juridique: EXCEPTION DE PROPORTIONALITE.

    + mon petit mot sur ‘L’ETAT EN CHARGE DES CAME RAS DE SUR VEILLANCE NE FERA JAMAIS RIEN DE MAL, SOYONS CONFIANTS.’
    http://clarinettesblog.blogspot.com/2009/11/cameras-de-surveillance.html

  2. leblase

    J’apprécie sincèrement votre travail de veille (ainsi que votre style, d’ailleurs). J’ai moi-même pu admirer il y a quelques années le dévouement et le professionnalisme de ceux qui travaillent contre la pedopornographie (sachant aussi tout ce que ce terme entraîne de trafic d’êtres humains).

    Je redoute surtout, comme beaucoup,l’alibi que cette lutte fournit à ceux qui voudraient rogner sans cesse la liberté de ce (et ceux, et celles) qu’ils ne contrôlent pas pour leurs petits besoins électoralistes.
    Hélas, le champ des libertés individuelles rétrécit à chaque loi, et la majorité, inerte, semble s’en contenter sans voir le danger que cela représente.
    Keep up the good work

  3. deadalnix

    Il y a eu un jour une différence entre filtrage et censure ? Ils n’ont rien confondu comme e dis votre titre. Ils ont simplement compris de quoi il s’agit.

    Je n’ai de plus bien bina saisis le lien entre ce titre et le reste de l’article. Il semblerait surtout (tout du moins c’est ce dont j’ai l’impression) que ce monsieur ai des ordre venus de plus haut.

  4. fdecourt

    Et oh les gars, faut se calmer….
    Mr Freyssinet, j’ai lu l’étude de Mr Epelboin, et à aucun moment je n’ai eu l’impression que l’action des forces de l’ordre étaient remise en cause. Et toute remise en cause de la qualité et du dévouement des entités qui luttent contre ce traffic malsain est pitoyable.
    Mr Epelboin, votre article, contrairement à votre étude, est plutôt virulent contre Mr Freyssinet, qui à le droit de ne pas être d’accord, et qui source ses contres arguments.
    Ca cétait sur votre petit guégerre personnelle.

    Pour en revenir sur le sujet, l’étude est toute à fait intéressante, et ne fait que mettre en exergue une situation bien dangereuse. Ils ne sont pas innovants dans l’utilisation de ces techniques, ils sont ultra innovants dans l’ouverture au « grand publique » de ces techniques pour accéder à du contenu. Et c’est cela qui représente un énorme danger pour la lutte contre cette forme de pornographie. La loi Hadopi a mis sur la place publique les possibilités de contournement de ce filtrage, et en le rendant plus conviviale pour l’utilisateur lambda, bien sur que cela fera le jeux de la pedopornographie.

  5. dju

    juste une remarque -ce n’est sans doute pas à moi de le dire-, il y a une faute au nom de Benjamin : « Bayart » et non « Bayard »… mais comme j’ai l’air d’être le premier à l’avoir remarqué ; appliquons la célèbre devise du ll :)

    étude très intéressante, mais malheureusement, son aspect quelque peu technique est décidément bien loin de l’entendement de vos interlocuteurs ; même l’argumentation de monsieur Freyssinet faisant visiblement l’impasse sur ces aspects techniques essentiels confirme mon sentiment là dessus…

  6. Fabrice Epelboin

    L’aspect technique est incroyablement évolué, et le pire, c’est que d’un point de vue ‘geek’, c’est assez bluffant d’inventivité et de malice.

    Si tout cela servait à diffuser les message de la résistance d’un pays opprimé, on applaudirait au génie créatif. Malheureusement, les personnes au commande de ce réseau de distribution ne sont pas du tout, mais alors vraiment pas bien intentionnées.

    Mr Freyssinet fait l’impasse parce que son seul argument là dessus est que d’autres types de contenus illégaux fnt également usage de ce genre de techno… donc comme ses collègue, mais plus implicitement, il admet que c’est bel et bien comme cela que ça se passe…

    Sinon, je corrige pour Benjamin… ;-)

  7. Antoine Dupin

    Bon allez, pour détendre l’athmopshère :

    - La plus petite unité de mesure de volume = le millilitre
    - La plus petite unité de mesure de distance = le millimètre
    - La plus petite unité de mesure d’intelligence = le millitaire

    Bon d’accord, ce n’est pas vrai. La plus petite unité de mesure doit être le nano ou un truc du genre, mais c’était pour détendre. Ah oui, et je n’ai rien contre les millitaires … militaires donc ne me filtr …

  8. Thomas Guillot

    J’ai lu avec intérêt votre étude et l’ai d’ailleurs transmise à mon député pour compléter les remarques que je lui avais adressées à propos des dangers et des potentielles dérives que pouvaient représenter les dispositifs de filtrage en coeur de réseau.
    J’ai lu également avec un grand intérêt le débat qui s’est déroulé sur le blog d’Éric Freyssinet.

    Quel dommage que cet article vienne ponctuer ainsi le débat. Éric Freyssinet n’est pas en accord avec vos conclusions et reproche à votre étude son manque de rigueur. C’est son droit, d’autant plus qu’il argumente son avis. Il se place du point de vue de son activité professionnelle et sur le strict plan de l’article 4 du projet de loi LOPPSI. Dans votre étude vos conclusions sont basées sur une extrapolation : celle de l’extension du filtrage au profit d’autres intérêts que celui de la lutte contre la diffusion de contenus pédopornographiques. Je rejoins sur ce point pleinement vos conclusions, car elles s’inscrivent dans un contexte politique qui va dans ce sens (HADOPI, ACTA, déclaration du président et des représentants de l’industrie du divertissement, etc.).
    Éric Freyssinet refuse de se placer sur ce champ ce qui s’explique sans doute par sa fonction (et son devoir de réserve …).

    Il en reste que vous êtes en accord sur la majorité des points essentiels sur ce sujet:
    => le filtrage (ou blocage) ne règle en rien le problème de l’atteinte aux mineurs
    => le filtrage est complètement inefficace pour celui qui à la volonté de le contourner
    => les réseaux qui font commerce de la diffusion de contenus pédophiles utilisent des techniques de diffusion avancées insensibles au filtrage
    => il faut s’attaquer aux flux financiers que généré par cet odieux commerce

    Finalement, vous êtes en désaccord sur la méthode à adopter pour protéger Mme Michu (et le pedo curieux) d’un éventuel clic malheureux…
    Freyssinet dit que sur ce point le filtrage est efficace c’est tout !

    Voilà, je trouve dommage que la passion conduise à ce genre de billet qui, à mon avis, ne sert pas votre argumentaire auquel je souscris pleinement par ailleurs.

  9. Fabrice Epelboin

    Absolument, je me suis laissé emporter… la suite est chez Bluetouff :-)
    http://bluetouff.com/2010/02/10/loppsi-et-filtrage-du-net-il-faut-sauver-le-soldat-freyssinet/

  10. Raphaël Florès

    Je pense que mettre en parallèle l’industrie de la pédopornographie et de la scene warez serait une bonne chose, vous y apprendrez beaucoup de choses (si ce n’est déjà le cas !).

  11. Athanagor Znort

    Monsieur Fabrice Epelboin,

    J’aurais quelques questions.
    Vous êtes qui ? d’abord, et quelles sont vos compétences pour vous permettre de juger ainsi le travail et les compétences d’Eric Freyssinet ?
    Quel est votre rôle sur Internet et qu’apportez vous comme solutions ?
    Depuis quand vous intéressez vous au sujet ?
    Et ce seulement parce qu’il est porteur depuis peu ? Pour vous faire entendre et avoir l’air d’exister ?
    Les personnes comme Eric Freyssinet et bien d’autres traitent de ce problème depuis de nombreuses années et n’ont certes pas attendu vos conseils, ni même votre « étude ».
    Et puis un conseil, lorsque l’on parle des militaires qui accomplissent leur travail dans le domaine, soit l’on sait ce que l’on dit et l’on n’affirme pas n’importe quoi, soit on la ferme.
    Un Cruchot parmi tant d’autres.

    Cordialement.

  12. Fabrice Epelboin

    @Athanagor Znort

    Pour ce qui est de qui je suis, une simple requête Google vous en dira beaucoup. Je fais parti des petits malins qui ont mis un bordel pas possible lors de la précédente loi liberticide, Hadopi, et qui continuent de plus belle à la suivante, Loppsi. Je me suis certes emporté contre un des votres (qui n’était guère qu’en service commandé, je sais), mais sachez, cher Monsieur, qu’un militaire qui intime l’ordre à un civil de fermer sa gueule… comment dire… Une peu de patience, que Diable, encore quelques années, et vous serez en dictature, vous pourrez intimer ce genre d’ordre sans avoir à vous cacher derrière un éphèmère anonymat… Vous pourrez alors m’enfermer dans un Guantanamo local, et montrer aux petits crétin de mon espèce comment on se sert de la gégène.

    En attendant, il va vous falloir être patient, navré. Pour l’instant, hors de question de me faire subir de tels traitements, d’autant que j’ai un carnet d’adresse qui me ferait sortir de Guantanamo en un rien de temps (je connais bien votre patron par exemple). LOL.

  13. n!mrod

    Je tenais tout d’abord à vous remercier pour la publication de cette étude, et pour le choc qu’elle semble avoir provoqué.

    Pour faire écho à Dju, je suppose que l’aspect technique peut se résumer à ceci: les techniciens permettant la diffusion de la pédopornographie ont réussi le tour de force de dématérialiser totalement leur structure -que l’on pourrait modéliser par un réseau mouvant et se déplaçant à volonté-, et à l’abriter derrière une série de portails éphémères, qui lui offrent une carapace changeante. Ils ont créé leur internet dans l’internet. Un tel assemblage présente plusieurs années -une éternité-d’avance sur les techniques actuelles, et la seule parade -pour le moment, et autant que je sache- est donc l’infiltration.

    A ce propos, je suis heureux que vous reconnaissiez votre réaction « épidermique » à l’encontre de personnels dont la tâche est tenue par le devoir de réserve, et pour laquelle le manque de soutien doit parfois être difficile. Les militaires sont aux ordres des politiques, sur lesquels votre étude est destinée à taper. Dommage que vous soyez tombé sur le commandant Freyssinet. Il est certain qu’on vous reprendra sur des points (3Mds/100M), mais je pense que vous devez continuer à préserver la réalité technique et le choc de votre étude.

    Il paraît que votre document fait en ce moment le tour de l’Assemblée Nationale, j’espère que c’est vrai et que cela ne vas pas tomber dans l’oubli. Merci encore pour votre travail.

  14. Fabrice Epelboin

    @Antoine Dupin

    Oui, le texte tourne partout à l’Assemblé, c’est assez efficace, j’ai rencontré quasiment tous les groupe parlementaire (aucune nouvelle du Modem, qui semble pour l’instant pro filtrage), et même à l’UMP, ils sont très embarrassés… Ceux que j’ai rencontré à l’UMP semblaient tout de même assez sincères sur leur volonté de lutter contre la pédopornographie et ne semblaient pas avoir envisagé les contenus comme un écosystème (ce que Mr Freyssinet se refuse aussi d’envisager, mais c’est une autre histoire, lui se garde bien de faire de la politique).

  15. Layerstake

    La version au 11/02 du projet de loi n’a pas été modifiée profondeur sur l’aspect filtrage. Suite des combats au Sénat, donc !
    Avez-vous pu trouver des sénateurs qui s’impliquent sur le sujet ? Déjà des retours à date ?

  16. Fabrice Epelboin

    Je suis invité à déjeuner par une délagation du sénat demain… il reste un peu d’espoir…

    Beaucoup de députés UMP se sentent très ‘sales’ après le passage de l’article 4, je ne crois pas que ce soit tous des pourris. Autant sur Hadopi, il se foutaient de l’évolution de la culture, autant là, ils sont conscient d’avoir fait une très grosse bétise. En ‘off’, le deal est clair : sans l’UMP, pas d’élection, ils ne peuvent pas ne pas voter pour l’article 4, et sont très conscient qu’on va leur ressortir cela en 2012 et leur demander des comptes.

  17. Layerstake

    Good news !
    Oui malheureusement, le vote n’est pas forcément complètement libre. Mais a minima, peut-être qu’une version amendée de l’article 4 pour imposer la saisine du juge est envisageable. Par ailleurs, la commission des lois de l’assemblée a peut-être un peu trop facilement élagué le problème de la coopération internationale (pas que informelle ! la procédure officielle) avec des pays comme la Russie et les US. Ce serait peut-être une bonne chose que le Sénat aborde sérieusement et en profondeur la question de savoir pourquoi cette coopération est si difficile à mettre en place.

    Le sujet est massif, vous aviez envoyé le rapport auprès de l’ELysée, je crois. Des retours ?

  18. Fabrice Epelboin

    A l’évidence, Frédéric Lefebvre a lu l’étude :-)
    http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/La-polemique-culturelle/Videos/Loi-Loppsi-censure-ou-protection-137417/

  19. Fabrice Epelboin

    Par contre, Christophe Girard ne la pas lu, lui… gros fail du PS.

  20. Lathan

    « En ‘off’, le deal est clair : sans l’UMP, pas d’élection, ils ne peuvent pas ne pas voter pour l’article 4″

    Y’a quelque chose de pourri quand une démocratie en arrive là…

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