Régionales 2010 : l’année (zéro) des candidats sur Facebook et Twitter

Passionné par l’usage du Net dans le domaine politique, Hervé Pargue évolue dans le web publique depuis maintenant près de 10 ans,

Il a commencé son parcours au sein de grandes institutions publiques telles que l’Assemblée Nationale, Matignon et la Mairie de Paris. Il intervient à la Sorbonne dans un Master de communication politique et dans des formations organisées par le CFPJ.

Il est aujourd’hui consultant en stratégie Digitale avec une forte expertise dans le web publique et territorial.

L’animation éditoriale, la dimension servicielle des sites, le développement de l’internet mobile et l’innovation TIC sont ses quatre chevaux de bataille. Vous pouvez lire son blog ici.

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A chaque élection depuis maintenant près de 10ici. ans, on proclame l’avènement du média Internet dans la campagne. En ce début d’année 2010, il y a fort à parier que les commentateurs nous expliquent qu’il s’agit de la 1ère élection « 2.0 ». En effet, la présence en masse des candidats sur les deux principaux médias sociaux a toute les chances d’accréditer cette formule pour experts et journalistes en mal de formule !

A contrario du médiatiquement correct qui se féliciterait de voir nos hommes politiques débarquer sur Facebook et Twitter sans dépasser ce simple constat, une étude publiée sur Pargatruk.fr s’est attaché à analyser les stratégies de présence des candidats PS et UMP. Les résultats sont peu glorieux.

Focus sur les chiffres clés

Présence sur Twitter

Sur les 44 candidats étudiés, 29 sont présents sur Twitter soit les deux tiers. C’est le premier enseignement de cette étude : après les sites et les blogs, les candidats ont ajouté Twitter à leur panoplie de campagne. L’effet d’entrainement aidant, il est d’ailleurs fort à parier que d’ici la fin de la campagne, d’autres candidats débarqueront également sur Twitter !

Stratégie de « Followers / Followés »

La plupart des candidats ayant ouvert leur compte sur Twitter à l’occasion de la campagne, les chiffres de followers ne sont pas encore significatifs. l’étude par pudeur :-) a choisi de ne pas les recenser. Côté stratégie de suivie (personnes suivis) notons que dans leur majorité les candidats ne suivent que très peu de monde voir personne. Outre que le fait qu’une telle posture soit maladroite, elle trahit leur posture : les candidats sont là pour relayer leur agenda de campagne pas pour écouter. Une telle posture a peu de chance de donner beaucoup de résultat en recrutement de followers.

Présence sur Facebook

Sur les 44 candidats étudiés, 43 sont présents sur Facebook, soit une écrasante majorité.

24 candidats sont présents par l’intermédiaire d’une Fan page

12 candidats sont présents par l’intermédiaire d’un profil perso

9 candidats sont présents par l’intermédiaire d’un groupe

A noter : certains d’entre eux cumulent les dispositifs (profil perso, Fan page, Groupe)

Palmarès des candidats comptant le plus de soutien sur FB (touts dispositifs confondus) :

N°1 : Ségolène royal avec une Fan Page comptabilisant près de 10 000 supporters. Notons tout de même que cette Fan Page n’est pas dédiée aux régionales, c’est le dispositif permanent de l’élue.

N°2 : Caroline Cayeux (UMP Picardie) avec 3 800 amis

N°3 : Valérie Pecresse (UMP IDF) avec 3600 supporters.

Les candidats sont donc présent en nombre sur les deux principaux médias, ok mais pour y faire quoi ? Pas grand chose de neuf, malheureusement.

Sur Facebook comme sur Twitter, la majorité se contente de copier coller liens vers leur site, communiqué de presse, Interviews dans la presse et agendas de campagne.

Sur Facebook, les prises de paroles sur la forme comme sur le fond sont profondément ennuyeuses, sans style (ou style télex). Bref, rien qui ne corresponde au style d’échanges que l’on peut y voir habituellement.

Seul phénomène intéressant sur Facebook, la manière dont parfois, les sympathisants se saisissent du Wall d’un candidat pour prendre la parole et commenter la campagne, contribuant par là même à animer son Wall.

A quelques très rares exceptions (ponctuelles) aucun candidat n’engage le dialogue avec les internautes sur ses pages facebook ou Twitter. Les propos personnels sont l’exception et les réponses aux commentaires des internautes tout aussi rare.

Sur Twitter les RT sont très rares et les reply tout autant. Les profils ne suivent d’ailleurs en moyenne qu’un nombre très faible de personne, preuve s’il en était besoin qu’ils ne sont pas là pour dialoguer ou même juste écouter mais avant tout pour « pousser » leurs infos.

En résumé, les candidats se contentent de relayer sur FB et TW les infos de campagne dans une bonne vieille logique Top >> Down sans se soucier d’engager aucun dialogue avec leurs supporters et followers.

Malgré la nouveauté de ces outils (mais en fait, c’est peut être à cause) les candidats en arrivent à faire du vieux avec du neuf.

En fait, les candidats ne sont présents que parce qu’en cette année 2010, la dictature du médiatiquement correct contraint chacun à être présent sur les médias sociaux. Mais la démarche s’arrête là : y être. Pour faire comme les autres. Sans réfléchir, surtout, à une stratégie innovante d’utilisation des plateformes. Alors, dira-t-on, cette élection 2010 aura été la 1ère à voir les candidats investir massivement les médias sociaux. Ils essuient les plâtres et ne peuvent que progresser. Moui, peut être. Quoique à bien y regarder … le web existe en France depuis une bonne grosse douzaine d’année (1997). Depuis toutes ces années les sites de candidats auraient pu / dû s’améliorer. Quand on voit la piètre qualité de la cuvée 2010, on est en droit d’être septique.

Bref, cette élection régionales aura été l’année (zero) des candidats sur Twitter et Facebook.


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11 commentaires pour cet article

  1. Cédric DENIAUD

    Ce qui est dommage dans cette étude, c’est que l’on s’arrête trop aux chiffres et que l’on oublie l’analyse politique et communication de cette présence. Certains, encore trop rares, font un usage pertinent de ces outils et il convient de comparer ceux les plus actifs sur ces outils avec les autres, mais aussi de voir comment s’intègre l’utilisation de ses outils dans des dispositifs de communication plus globaux (la place des nouveaux outils dans la stratégie de communication de chaque candidat)

  2. Fabrice Epelboin

    Je crois que c’est jestement le but de cette étude, servir de référence chiffré, elle n’a pas vocation a être une analyse au même titre qu’un sondage ou un recensement n’a pas vocation à faire de la sociologie.

    Pour ce qui est de l’analyse, tu t’en doute, on va en faire ;-) Patience, patience…

  3. deadalnix

    Les chiffres ne se trompent pas. Par contre, on se plante parfois dans leur interprétation. C’est bien de commencer par eux non ?

  4. CCachera

    Les chiffres confirment ce que nous constatons: la politique est toujours 1.0 même les sur le Web 2.0. Pour une raison simple, peu d’élus ou de candidats gèrent eux-même leur présence sur les médias sociaux.

    Et sinon…
    « Il est aujourd’hui consultant en stratégie Digitale avec une forte expertise dans le web publique et territorial ».
    Le web publique?

  5. Benjamin

    Vous ne faites pas mention de Nathalie Kosciusko Morizet avec ses 39 000 followers sur Twitter ! Certes en tant que Secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique mais les chiffres sont là :)

    Cordialement

  6. Fabrice Epelboin

    NKM est recommandée par twitter, dès lors, ce chiffre n’a aucun sens.

  7. Remy

    Une démocratie se caractérise par (Amartya Sen, la démocratie des autres, 1999) :
    1. Un appareil électoral faisant usage du suffrage universel pour l’élection de ses représentants, référendums, etc., mais aussi
    2. La possibilité pour les citoyens de débattre entre eux et avec leurs représentants des problèmes sociaux et politiques.
    Les questions que je me pose : Je suppose que les sites des candidats sont officiels. Par conséaquent, Est-ce que ces sites permettent aux protagonistes (sympatisants + intermédiaires concepteurs du site(perso, fan, groupe)) de débattre entre eux des problèmes ? Le relai d’information vers le candidat (et du candidat vers les sympatisants !) est a priori fait par ces intermédiaires, car nous savons tous qu’un candidat est d’abord une équipe !

  8. Guillaume

    Article tres interessant et super style IMO.
    Merci Hervé Pargue!

  9. Mpok

    « A quelques très rares exceptions (ponctuelles) aucun candidat n’engage le dialogue avec les internautes sur ses pages facebook ou Twitter. Les propos personnels sont l’exception et les réponses aux commentaires des internautes tout aussi rare. »

    On se demande alors POURQUOI ils ont ouvert ces comptes ?
    Simple effet de « mode » ?
    En tout cas, cela prouve (une fois de plus…) que les politiques n’ont rien compris..
    Si on va sur un réseau social, c’est pour COMMUNIQUER. Sinon, ça ne sert A RIEN.
    En l’occurrence, c’est juste une POSTURE (histoire de couper court aux vannes « Ah ? t’es pas sur Facebook ? »).
    C’est donc assez lamentable, et « l’année zéro » ressemble à une « année -2″ (au mieux).

    Quand les responsables politiques DISCUSTERONT EFFECTIVEMENT avec leurs administrés, là, ce sera l’année 0.

  10. pargatruk

    euh, Guillaume, pardonne mon ignorance crasse mais qu’est-ce que le style IMO ?! je ne sais pas si je dois bien ou mal le prendre ?! :-)
    tu m’aurais dit, le style SUMO, j’aurais compris car je ne fais pas dans la dentelle (quoi que je me suis bcp assagi et censuré dans cette étude !) mais le style IMO, j’avoue ne pas connaitre !
    SVP, éclaire ma lanterne …
    thanks
    Hervé

  11. Aa

    IMO, c’est la même chose qu’amhà ;-)

    In My Opinion, à mon humble avis…

    Je ne suis pas d’accord pour dire que le nombre de followers de NKM n’a aucun sens parce qu’elle est recommandée par Twitter. Elle a quand même une pratique de Twitter qui dénote de la plupart de ses collègues politiciens. Elle RT, elle follow, elle répond parfois, elle pose des questions. Et elle ne fait pas que balancer des liens vers son site. Bref, je trouve que c’est celle qui maîtrise le mieux l’engin. Bon, ce n’est pas une grande nouveauté, elle est connue pour ça, c’était juste pour rétablir un peu les choses ;-)

    Je regrette sinon le grand nombre de fautes d’orthographes dans ce billet pourtant intéressant…

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    [...] de l’Internet. On y parle (oui, je n’ai pris que les articles de la home, et alors ?) des politiques sur facebook et twitter, Loppsi, etc. Bref, la culture d’Internet.Mais on y parle également [...]

  3. Jouanno, Twitter et la campagne | On the cake :

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