Fuite de l’ISOC : des précisions sur l’origine et l’intention du document

Bon, il faut se rendre à l’évidence, je suis allé bien trop vite dans l’analyse du document fuité de l’ISOC (dont je persiste à penser qu’il est authentique). Mon interprétation, faite dans la précipitation à la suite de la découverte de ce que l’AFP présente comme un « avocat d’affaire » et qui s’avère être un partisan du DPI de longue date, et dans un climat de guerre contre les libertés numériques (Christine Albanel arrivant chez Orange, etc, etc), mon interprétation, donc, est pour le moins biaisée pour ne pas dire foireuse. [lire la suite]

Dans un vieux numéro de ‘Société de l’Information’ daté de l’été dernier, on trouve l’évocation du travail en cours dont le document fuité de l’ISOC révèle aujourd’hui la vrai nature.

Surprise, celui-ci est en rapport avec Hadopi, et il sera désormais très difficile pour le gouvernement de prétendre qu’il n’était pas au courant, depuis un an, d’une réflexion (pour ne pas dire plus) sur la mise en place de Deep Packet Inspection au sein du réseau internet Français (qualifié il y a peu de « fantasme » par NKM).

L’installation de systèmes de surveillance de la population sur le réseau Français est-il en cours à l’heure où vous lisez ces lignes ? Une part des 2,5 milliards du grand emprunt réservé à « l’infrastructure internet » est-elle réservée à cet effet ? Pour l’instant, seule des rumeurs concordantes laissent penser que c’est le cas, aucune preuve formelle ou témoignage non anonyme ne nous est encore parvenu (vous avez remarqué l’onglet contact en haut de la page ? C’est fait pour cela).

En attendant d’en savoir plus sur la réalité de ce qu’il se passe sur les inFrasctructures Télécom françaises, les extraits suivants issus de la newsletter ‘Société de l’Information’ permettent de retracer l’origine et la genèse du document qui a fuité ce matin.

« Face aux expressions d’inquiétude croissantes concernant le niveau de « piratage en ligne », les gouvernements du monde entier ont répondu par un grand nombre de mesures punitives destinées à enrayer la marée de violations de droits d’auteur via Internet. Ces réponses – sous forme de politiques, notamment la loi française « Hadopi » – ont suscité, au sein de la communauté d’Internet, un débat sur la meilleure façon de traiter les violations de droits d’auteur en ligne tout en veillant à préserver l’accès à Internet. L’Internet Society considère qu’il s’agit là d’un sujet important et actuel pour la communauté d’Internet, en particulier parce que les décisions prises aujourd’hui par les gouvernements vont soit faciliter soit entraver l’accès à Internet et son développement. » [...]

« l’équipe chargée des politiques générales de l’Internet Society a pris l’initiative d’inviter tous les membres concernés à constituer un groupe de travail pour préparer une position quant aux politiques publiques de l’Internet Society [...] Celui-ci est ainsi composé de fournisseurs de contenu et de services, d’experts techniques, de membres de la communauté universitaire, d’utilisateurs finaux, d’avocats, de Chapitres de l’Internet Society et d’autres. » [...]

« l’expertise et les points de vue divers que les membres apportent au groupe de travail, ainsi qu’une approche multilatérale et collaborative au travail, produisent une analyse utile des politiques existantes et contribueront au développement de solutions de rechange. [...] Ensemble, ils évaluent les implications des différentes réponses en matière de politiques et collaborent pour trouver des solutions de rechange qui reflètent la mission globale de l’Internet Society, à savoir « promouvoir le développement, l’évolution et l’utilisation ouverts d’Internet au profit des personnes du monde entier. » [...]

« Par ce projet, l’Internet Society démontre son engagement à appliquer les principes du modèle d’Internet au développement de réponses en matière de politiques générales sur un problème important d’Internet auquel la communauté globale est confrontée. Nous sommes impatients de voir les résultats du groupe de travail, convaincus qu’ils constitueront un apport précieux au débat international. »

C’est signé Christine Runnegar (l’auteur du document fuité de ce matin) et Frédéric Donck

Ce texte semble bien confirmer que le document de l’ISOC est un programme de bataille destiné aux gouvernements du monde entier soucieux de préparer l’après Hadopi. Au programme, donc, surveillance, violation de la vie privée, mise à mort du P2P et de la Net Neutrality, et filtrage généralisé.

Du coté du chapitre Français, les nouvelles ne sont pas meilleures, les récents remaniements de l’ISOC ont vu Gérad Dantec prendre la présidence de l’ISOC France, poste qu’il cumule avec celui de responsable informatique au Ministère de l’Ecologie de l’Energie du Développement Durable et de la Mer. Un mélange des genre qui termine de discréditer les initiatives de NKM, qui travaillait elle aussi il y a à peine plus d’un an dans ce même ministère, sous la direction de Jean-Louis Borloo, numéro 2 du gouvernement.

Tags :


Recommandez cet article à vos amis

et rejoignez nous sur Facebook et Twitter...



2 commentaires pour cet article

  1. Dominique Lacroix

    Cet article comporte d’énormes contresens.

    1/ Le groupe international de travail de l’Isoc (auquel je participe un peu) consiste à produire une étude sur les initiatives prises par les gouvernements pour lutter contre le téléchargement illégal. Ce n’est pas « un programme de bataille destiné aux gouvernements du monde entier ».

    2/ On ne peut pas parler de « cumul «, ni a fortiori de « mélange des genres », à propos d’un emploi salarié d’un côté et d’une fonction élective bénévole dans une association 1901 (même si à l’Isoc France on est peu scrupuleux sur ce que signifie « électif » et que le mot « bénévole » a disparu des statuts !).

    On peut difficilement imaginer que je dise cela par complaisance envers l’Isoc :
    - http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/le-pouvoir-en-embuscade-ou-69766
    - http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/l-isoc-france-invente-la-57912
    - http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/delits-d-opinion-a-l-isoc-france-52008

    ;-)

  2. Fabrice Epelboin

    hum…

    relis l’intro du doc, c’est tout de même beaucoup moins clair que cela (et pour le point 2, cumul est peut être abusif, mais mélange des genre…). Le moins que l’on puisse faire, c’est remettre sérieusement en doute l’indépendance de l’organisation.

  • A propos
  • Best of
  • Buzzing
  • Tags

ReadWriteWeb est un blog dédié aux technologies internet qui en couvre l’actualité et se distingue par ses notes d’analyse et de prospective ainsi que par l’accent mis sur les usages et leurs impacts sur les média, la communication et la société. Il est classé parmi les blogs les plus influents de la planète par Technorati et Wikio. Publié en cinq langues, il s'appuie sur un réseau de correspondants locaux en Nouvelle-Zélande, aux Etats-Unis, en France, en Espagne, au Brésil, en Chine ainsi qu'en Afrique francophone. Ses articles sont publiés dans la rubrique technologie du New York Times.


Partenaires

hébergement infogérance Bearstech
ATLN Association Tunisienne pour les Libertés Numériques

af83



Tunisie média

Appli iPhone


 

Recommandés



Activité sur le site