Le Social Rich Media : la télévision devient sociale

Frédéric Bascuñana est le CEO de Webcastory, qui produit différentes chaines de WebTV dont Techtoc.tv dont RWW est partenaire. A la veille de la sortie de plusieurs nouvelles chaînes thématiques (RWW sera partenaires de certaines d’entres elles), il fait le point sur l’arrivée de cette nouvelle forme de télévision spécifique à internet où la dimension sociale est présente de bout en bout. Outre une plateforme mêlant diffusion de contenus vidéo et réseau social, Webcastory opère deux studios de télévision et produit plusieurs centaines d’émissions par an. Techtoc.tv, la chaine la plus populaire du groupe, a atteint une fréquentation de près d’un million de pages vues par mois en proposant des contenus centrés sur les nouvelles technologies au sein d’un réseau social dédié.
__________________________


Nous avions jusqu’ici le Social Media d’une part, avec son tissu complexe de technologies et d’influences croisées, et le Rich media d’autre part, qui depuis un peu plus de 10 ans désigne les sites web enrichis de vidéos, scénarisées de façon plus ou moins complexe, parfois même synchronisées entre elles.

En mariant les deux approches on obtient le « Social Rich Media ».

De la même façon que les interfaces sont devenues des « interfaces riches », que les plateformes e-commerce ont évolués vers le « rich commerce », une partie du Social Media s’engage dans le « Social Rich Media ». Il ne s’agit pas ici de plateformes de diffusion comme YouTube, mais de plateformes permettant aux participants de travailler ensemble à la conception et la création d’un contenu “rich media”.

Quelle pertinence y a-t-il à pointer cette nuance conceptuelle ?

Tout d’abord, elle nous projette dans une nouvelle dimension : la scénarisation collective.

Cette évolution de certains média sociaux n’affecte en rien ce qui fait leur force, à savoir une alchimie communautaire qui permet à chacun de poser sa brique participative. Elle encourage en le structurant un peu plus un certain engouement collectif spontané. Elle repose enfin sur la production d’intelligence qui surgit de la friction et des frottement des points de vue – qui permet d’ailleurs de parler d’apprentissages informels croisés.

Désormais l’enrichissement du média social par la vidéo permet d’accentuer ce qui fait la force des communautés qui durent au-delà d’un engouement initial : avoir un but commun, construire quelque chose ensemble.

Plusieurs expériences récentes sur lesquelles nous reviendrons dans de prochains billets montrent clairement que le partage d’un objectif commun, matérialisé en l’occurrence dans la cocréation d’un talk-show (ce qui exige un minimum de scénarisation ), crée une vrai légitimité tant communautaire qu’éditoriale.

Le Social Rich Media se révèle donc un dispositif stimulant : c’est une opportunité pour concrétiser collectivement un message formalisé dans une émission et préparé par plusieurs intervenants dont l’expertise assure la légitimité au sein de la communauté et la qualité éditoriale du résultat final.

Ce résultat final est qui plus est discuté afin de poursuivre la conversation et également dans le but de préparer les prochaines vidéo sur des sujets similaires. La boucle est bouclée, on obtient ainsi une conversation continue, qui se traduit par une véritable ligne éditoriale, non plus pour une vidéo mais bel et bien pour une chaîne webTV.

Wikipedia est un media collaboratif par excellence, mais il a pour finalité la production d’un contenu encyclopédique patrimonial, qui justifie par essence l’intervention d’experts ainsi que d’un filtre qualitatif assuré par une police de conformité (les power users).

Dans le Social Rich Media, le mécanisme vu de très haut est le même, mais l’objectif est de créer et diffuser à l’arrivée un contenu rich media. On ne peut néanmoins pas dire par exemple que YouTube soit un support « collaboratif » : c’est un support communautaire dédié à une diffusion de contenus créés par des utilisateurs individuels, même si parfois ces contenus se répondent les uns aux autres, la création des contenus se fait en dehors de YouTube.

A l’opposé, une webTV dite « collaborative » mobilise sa communauté pour la cocréation du contenu : celui-ci est discuté en amont, et sa diffusion en aval nourrit la réflexion sur les sujets des épisodes suivants.

Enrichir le media social de cette logique peut être un excellent levier pour motiver la formalisation et la structuration d’un objectif éditorial commun.

Ce concept étant au stade de la réflexion expérimentale – osons le mot, “beta” -, dites-nous si vous souhaitez que nous allions plus avant dans sa formalisation, avec votre aide, et vos propres retours d’expérience si le cœur vous en dit.


Recommandez cet article à vos amis

et rejoignez nous sur Facebook et Twitter...



1 commentaires pour cet article

  1. PERON

    Les médias de demain doivent avoir une dimension collaborative et démocratique c’est indéniable. Le projet UPINDE agit dans ce sens, nous partons à la recherche d’identités fortes de la toile, des personnes qui ont su tirer parti de l’audience d’internet pour faire naitre des comunautés autour d’eux et de leurs talents.
    Le projet casse les frontieres et s’adresse aux communautés linguistiques, le contenu s’enrichit de part la palette de culture qui nous rassemblent autour d’une langue. Une équipe « d’ambassadeurs » représentera leur communauté lors de grands rassemblements internationaux. Le media devient social, la communauté le construit.
    Rejoignez nous sur notre site!

2 Trackbacks For This Post

  1. Le Social Rich Media : la télévision devient sociale « :

    [...] Le Social Rich Media : la télévision devient sociale 18 mars 2010 http://fr.readwriteweb.com/2010/03/18/prospective/social-rich-media-tlvision-… [...]

  2. Social Media Club : l’actu de la semaine (19/03/10) : Social Media Club France :

    [...] se développe sur le modèle gratuit sur les smartphones – How can writers prepare for the iPad? – Le Social Rich Media : la télévision devient sociale | ReadWriteWeb France – Les Raconteurs » Perdus dans la forêt du transmedia ? Les Raconteurs vous éclairent ! – Faits [...]

  • A propos
  • Best of
  • Buzzing
  • Tags

ReadWriteWeb est un blog dédié aux technologies internet qui en couvre l’actualité et se distingue par ses notes d’analyse et de prospective ainsi que par l’accent mis sur les usages et leurs impacts sur les média, la communication et la société. Il est classé parmi les blogs les plus influents de la planète par Technorati et Wikio. Publié en cinq langues, il s'appuie sur un réseau de correspondants locaux en Nouvelle-Zélande, aux Etats-Unis, en France, en Espagne, au Brésil, en Chine ainsi qu'en Afrique francophone. Ses articles sont publiés dans la rubrique technologie du New York Times.


Partenaires

hébergement infogérance Bearstech
ATLN Association Tunisienne pour les Libertés Numériques

af83



Tunisie média

Appli iPhone


 

Recommandés



Activité sur le site