Elysée.fr : la partie immergée de l’iceberg

sarko-elysee.frCertes, en surface, la similarité graphique du site de Nicolas Sarkozy et de Barack Obama est confondante. Le brief graphique, comme l’ont souligné la plupart des commentateurs depuis la sortie du site, a très certainement consisté à s’approcher au mieux de la référence Obama, mais sous la surface, les différences sont tranchées.

Whitehouse.gov est le site de la maison Blanche, s’y expriment une multitude de personnes, dont bien sûr le président Obama, mais pas que, loin de là. Sur Elysée.fr, c’est Nicolas Sarkozy qui s’exprime, et personne d’autre. Personnalisation du pouvoir, mais aussi centralisation. Les “dossiers” d’Elysée.fr ressemblent à s’y méprendre à des ministères : agriculture & pêche, culture, défense, développement durable, économie, éducation… Chaque ministère de la république est ici représenté, au détail près que les contenus de ces dossier sont, là encore, signés Nicolas Sarkozy, ou parlant de Nicolas Sarkozy et n’arborant, bien sûr, aucune signature. Pas de trace d’un quelconque ministre, tout juste quelques liens, noyés au sein du textes relatant les ambitions et les actions du grand timonier, qui renvoient, parfois, vers un ministère.

Les médiathèques des deux sites sont similaires, mais sur ce point, Elysee.fr a une nette avance : indexation automatique des discours, recherche au sein des vidéos, sur le chapitre vidéo, Elysee.fr est nettement en avance, grâce à Exalead, qui beta teste ici une technologie d’indexation des vidéos particulièrement réussie (également en usage chez France24). C’est un gage de transparence, mais également une manne pour les milliers d’internautes souhaitant remixer et détourner les discours du président, le moteur de recherche est tout ce qu’il y a de plus efficace.

Exalead n’est pas le seul partenaire à trouver une place sur le site Elysee.fr, celui-ci se veut – de l’aveu même de Nicolas Princen qui en a orchestré la conception et la réalisation – une “vitrine” des technologies Françaises. On y retrouve par exemple des cartes issue de l’IGN (qui eu la prétention, un temps, de concurrencer Google Maps avant de disparaitre de façon plutôt humiliante, le site n’ayant jamais réussi à répondre aux pics de demandes des premiers jours et ayant fait fuir ses utilisateurs dès le départ). Bien d’autres acteurs Français, plus ou moins numériques, ont été mis à contribution, comme l’INA ou le CNDP, faisant de l’ensemble un portail très riche en contenus.

On trouve aussi une très jolie mappemonde en Flash, localisant les déplacements du président à l’étranger. Ca ne sert pas à grand chose, mais c’est beau, et c’est le résultat d’une collaboration entre l’Elysée et une école d’ingénieur, l’Epita, dont les élèves ont été mis à contribution pour la réalisation de certaines partie du site – plus pour mettre en avant le génie Français que pour réaliser des économies, soyons honnêtes.

Le système de gestion de contenu est lui aussi Français, une technologie propriétaire issue de l’agence qui a réalisé le site. Pas d’open source à l’horizon. Là où Obama utilise du Drupal (un CMS open source d’origine Belge), on fait ici dans le propriétaire Français. On aimerait y voir un méta-discours, mais de toute évidence, ce niveau de langage n’est tout simplement pas entendu – et encore moins parlé – à l’Elysée.

Pour ce qui est de l’interaction sociale, les deux sites ont choisi de reporter le problème sur des sites web 2.0 extérieurs. C’est compréhensible, ni Barack ni Nicolas n’ont envie de voir déferler des commentaires désobligeants sur leur site amiral. Barack vient tout juste de faire passer une réforme de la santé très délicate, et Nicolas s’est mis à dos la totalité du monde internet et une large majorité des jeunes – connus pour participer plus que les autres au web 2.0, l’un et l’autre ont beaucoup à perdre à devoir censurer des milliers de commentaires agressifs sur leurs site.

Là où le bât blesse pour l’Elysée, c’est que le génie Français de l’économie numérique s’arrête au social. Les deux seules réussites du secteur initiées par des Français sont Meetic – peu propice aux débats politiques – et Skyrock, peuplé de millions d’adolescents qui – du fait même d’avoir été traités comme des criminels avec Hadopi – ne seront vraisemblablement pas enclins à encenser la présidence Française (Barack, lui, est présent sur MySpace).

Voilà donc le social numérique Français contraint, y compris en haut lieu, à s’exhiler en terre américaines : Facebook, Twitter, et Flickr, on s’est contenté du minimum syndical, là où Barack Obama ajoute Linkedin et MySpace, s’ouvrant ainsi un spectre de présence sur les réseaux sociaux bien plus large, et bien plus ciblé.

Pour la vidéo, Dailymotion d’un coté, dans lequel l’état Français a récemment investit, YouTube et Vimeo de l’autre. Des deux cotés, les fonctionnalités sociales des plateformes vidéos ne sont pas utilisées, pas moyen de commenter une vidéo de Barack Obama ou de Nicolas Sarkozy.

En cas d’attaques organisées, comme celles que vient de connaitre Nestlé sur Facebook, ce qui, dans un cas comme dans l’autre, quand les élections présidentielles arriveront de part et d’autre de l’Atlantique, a une probabilité de 99,86% d’arriver, les options dont disposeront la Maison Blanche et l’Elysée seront radicalement différentes.

Barack pourra compter sur une armée de sympathisants, dûment répertoriés lors de la campagne de 2008, et sur des dispositifs de campagne rodés, il pourra également compter sur Facebook, dont l’un des fondateurs est un proche conseiller.

Nicolas, lui, ne pourra compter que sur sa bonne étoile. Son armée militante en ligne, de toutes évidences, est inexistante – ou en tout cas s’est montrée extrêmement discrète lors des dernières élections – les forces adverses, elles, sont multiples, rodées, et pour certaines commencent à accumuler une expérience qui leur donneraient un grade de général dans une armée Napoléonienne. Quant à compter sur l’aide de Facebook, ce serait pour le moins invraisemblable. Le gouvernement, et bon nombre de média qui lui emboitent le pas, ne cesse de cracher sur l’internet et ses acteurs – dont Facebook -, il n’a strictement aucune chance d’obtenir de l’aide de ce coté là. Bien au contraire, Facebook, en cas de crise à la Nestlé, aurait tout intérêt à favoriser l’arrivée d’une alternative à Sarkozy. Le gouvernement américain ayant clairement déjà utilisé des sociétés comme Google pour porter sa politique étrangère sur le terrain (en l’occurrence, en Chine), il n’y a aucune raison pour qu’il ne fasse pas de même avec Facebook, et dans ce cas, tout dépendrait de la bonne volonté de la Maison Blanche, or les relations semblent pour le moins tendues…

Très beau – pas cher

La facture étonnamment faible – 100.000€ – reste un mystère. Même en internalisant des tâches couteuses comme la maitrise d’œuvre ou la conception, et même en imaginant que bon nombre de partenaires n’ont pas facturé leurs services en échange d’une prestigieuse visibilité, la facture – juste en dessous du seuil à partir duquel un appel d’offre est indispensable – est vraiment peu salée pour un site aussi complet.

Autant l’UMP a payé le prix fort pour ses dispositifs internet, autant l’Elysée semble avoir joué l’économie sans pour autant faire cheap. Etonnant pour une maison qui n’a pas la réputation de faire des économies quand il s’agit de communiquer.

Tout est dans le contexte

Ces différence sont déjà suffisamment marquées pour que, une fois le vernis gratté, la similarité graphique entre les deux sites laisse clairement entrevoir une profonde divergence en terme de conception et de philosophie. Ne vous y trompez pas, les deux sites sont de très bonne facture, et présentent chacun une cohérence remarquable, l’un et l’autre sont très réussits, mais radicalement différents. En même temps, si Nicolas Sarkozy était à l’image de Barack Obama, cela se saurait.

Le point d’orgue de cette différence très marquée dans la façon dont la Maison Blanche et l’Elysée entrevoient l’utilisation d’internet est sans conteste dans le rôle, assigné à chacun des sites présidentiels, qu’ils sont censés remplir en terme de transmission d’information.

A la Maison Blanche, les dossiers sont organisés par thèmes : droits civils, ethique, famille, énergie, pauvreté, santé… A l’Elysée, nous l’avons vu plus haut, l’organisation se fait par ministère, donnant l’impression que ces derniers sont relégué à l’arrière plan, et que c’est rue du faubourg Saint Honoré que tout se décide.
A la Maison Blanche, l’information est donnée soit sur un ton personel, à travers un blog collectif où s’expriment conseillers et experts, une “briefing room”, où les journalistes trouveront discours, communiqués de presse, et tout le nécessaire pour être au courant des activités de la maison blanche dans son ensemble.

obama-page-contenu
(page présentant un discours sur Whitehouse.gov)

A l’Elysée, on est allé beaucoup plus loin dans la présentation de l’information. Pas question de blog collectif, ni même d’une autre voix que celle du président, par contre, on a pris soin de systématiser une mise en contexte de l’information, mise à jour en quasi temps réel (quelques heures de décalage) de tous les faits et gestes du président.

elysee.fr-contextualisation
(page présentant un discours sur Elysee.fr)

Un déplacement dans quelque endroit que ce soit sera ainsi encadré, dans une mise en page parfaitement pensée, de documents permettant une mise en contexte du déplacement, aussi bien sur les thèmes abordés par le président lors de son déplacement, que sur la chronologie dans laquelle celui-ci a lieu. Quelques heures à peine après que le discours du président n’ait été prononcé, celui ci sera mis en ligne et indexé automatiquement, puis aussitôt, des morceaux choisis, sous forme de citations, seront disponibles, ainsi que, si nécessaire, une série de “bullet points” résumant les point clés du discours présidentiel. Le dossier se clôturera, quand c’est nécessaire, d’une indication sur la prochaine étape du président sur une thématique similaire.

C’est à la fois remarquable en terme de présentation de l’information – là dessus, la Maison Blanche ne propose absolument rien de similaire – très pratique en terme de parcours possibles dans l’information, clair d’un point de vue ergonomique, et disposant d’une navigation originale et innovante, la mission du site, faire la “pédagogie de l’action présidentielle”, est parfaitement réussie, mais c’est aussi… quelque peu dérangeant.

Est-ce bien le rôle d’un chef d’Etat de réaliser ce qui aurait du être expérimenté par la presse, en terme de visualisation de l’information, depuis des lustres ? Est-ce bien là une façon transparente de présenter l’information ? Comment prétendre à l’objectivité quand ont livre à la fois la contextualisation et la synthèse d’une information en pâture à une meute de journalistes qui travaillent un chronomètre à la main ?

Au final, les sites de la Maison Blanche et de l’Elysée, bien qu’assez uniformes graphiquement parlant, sont à l’opposé l’un de l’autre, à l’image des locataires de ces deux grandes maisons, ce qui est une preuve supplémentaire qu’ils sont touts deux parfaitement pensés et réalisés sur mesure.


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34 commentaires pour cet article

  1. Jackson London

    « La facture étonnamment faible – 100.000€  »

    Il faut relativiser, ce n’est pas vraiment faible… surtout au vu du produit final et de sa qualité de finition: http://www.blup.fr/2010/03/29/un-nouveau-site-pour-lelysee/

    Enfin l’avantage est de nous proposer de bien belles images du président: http://jacksonlondon.fr/2010/03/fist-mon-poing-leur-cul-sarkozy-politique/

  2. OrangeOrange

    L’Elysée fait peau neuve numérique. Quelle note de 0 à 20 ?

    C’est la question du sondage vu sur Pnyx.com ( pour participer: http://www.pnyx.com/fr_fr/poll/616 ), en dehors du bug ridicule de l’audio de la version anglaise du CV de N Sarkozy (fonction qui a été vite désactivée, heureusement, des vidéos en gardent une trace … pour l’Histoire !).

  3. Fabrice Epelboin

    @jack

    pour avoir réalisé des centaines de sites de cette dimension dans différentes agences, si, vraiment, ce n’est pas cher du tout, et non, navré, le produit final est très bien léché. Quelques bug ça et là, certes, mais je n’ai pas souvenir d’un site qui soit sorti sans bugs. Honnêtement, si j’avais pensé un tant soit peu autre chose, vous pouvez me faire confiance, je l’aurais descendu en flamme.

  4. lorenzo

    L’appel d’offres en procédure adaptée est obligatoire des 20 000 euros HT ( bientôt repassé à 4000 euros). L’appel d’offres en procédure ouvert pour les administrations étatique (dont l’Élysée) est obligatoire à partir de 133 000 euros HT.
    A priori cette dépense a donc été passé sous marché public passé selon la procédure adaptée, dans les règles de la commande publique.

  5. Fabrice Epelboin

    Sans appel d’offre, donc.
    En même temps, vu la façon dont il a du être conçu, passer par les étapes d’un appel d’offre, cahier des charges et tout le toutim, aurait terriblement complexifié la chose, pas sûr du tout qu’ils aurait aboutit à un tel résultat.

  6. Jmini

    Le paragraphe sur la presse est à mon avis hors de propos.

    Bien sûr la presse en ligne devrait faire plus de «dossiers numériques» (avec des cartes, des visualisations dynamiques… ). Il me semble que la seule démarche dans ce sens qui existe depuis longtemps soit les cartes de résultats d’élection dynamique (cliquable en flash). Je peux me tromper, mais je pense que ça existait déjà en 2002. Depuis c’est vrai qu’il n’y a pas grande innovation, ou du moins que ces synthèses numériques n’ont pas été généralisées (ou commencent juste à l’être, cf ce blog, ou les réflexions sur http://medias2.tv avec l’exemple de média part).

    Pour moi ce que propose l’Élysée c’est du dossier de presse numérique accessible à tous. C’est bien présenté, c’est bien fait… Vraisemblablement que c’est fait entre autres pour donner des billes aux journalistes (en espérant qu’ils ne comparent pas avec d’autres sources / docuements)…
    Je n’ai pas regardé en détail les dossiers en question, mais j’imagine assez facilement que la «mise en contexte de l’information, mise à jour en quasi temps réel» est fait pour soutenir le discours. Qu’on va chercher les faits qui servent le propos et pas les autres… Bref qu’on sert l’action du président.
    Il me semble que c’est normal pour une institution (politique, ou pour une entreprise, ou un projet) de communiquer en regroupant les informations qui servent le propos.

    Ca me fait penser aux sites que l’on voit pour certains projets (construction d’une ligne de TGV), là aussi comme dans le dossier de presse, on nous montre tout ce qui se fait de bien (et pas le gars qui râle parce que la ligne de TGV fait trop de bruit devant son jardin dont une partie a été réquisitionné dans l’intérêt collectif). C’est cliquable, les infos d’avancement du projet sont données régulièrement.
    Si on veut des infos plus neutres (et encore) on peut acheter une revue spécialisée (type la vie du rail — mais ils ne sont pas [encore ?] en ligne). La page Wikipédia (si elle est bien fait) donnera les faits et les chiffres sans prendre parti. Et il faudrait effectivement un dossier numérique pour faire la synthèse de tout.

    Pour en revenir à l’Élysée (sur ce point, parce que globalement j’adore cet article), tu sembles admettre que le dossier présenté ne devrait pas être fait par eux. C’est leur droit de faire de la com’ et visiblement ils le font bien.

    Le problème est plutôt : il n’y a pas de contre pouvoir pour présenter les faits de manière peut-être plus objective (ou prenant un autre parti / point de vue — car la neutralité des médias ou des communicants est à mon avis une chimère) dans un emballage aussi agréable.

  7. Jmini

    Comparatif en image :

    http://twitpic.com/1bq6bn

  8. alain chaumet

    Bonsoir,
    à propos des « cartes de l’IGN » (on voit en fait sur le site de l’Elysée des orthophotographies issues de photographies aériennes et des orthoimages satellitaires) je ne comprends pas bien que vous puissiez rapporter que l’affichage dynamique de ces images servies par le Géoportail et son API le serait par un site qui aurait disparu de façon prétendument humiliante.

    Passé un lancement en effet pas très glorieux, le Géoportail (www.geoportail.fr) a pris un rythme de croisière d’environ 1 million d’internautes par mois; à ce niveau, certes encore insuffisant, on ne peut tout de même pas parler de disparition. Quant à la légende d’une imaginaire concurrence entre le Géoportail et GoogleMaps, j’ai expliqué ici ce qu’il en était : http://bit.ly/3FMVp2

    Pour terminer, voici une indication de l’intérêt des internautes pour différents sites : http://bit.ly/ay56os
    Bien cordialement

  9. Fabrice Epelboin

    navré Alain, mais si, par rapport aux centaines de millions de visiteurs de Google Maps chaque mois, sur Google maps ou dans l’une des dizaines de milliers d’implémentations dans divers services, pro et amateurs, son omniprésence dans l’univers mobile, son intégration de la 3D, les multiples modèles économiques qui y sont en cours d’expérimentation, oui, on peut dire que un million de visiteur sur l’IGN, c’est une mort clinique. Désolé.
    http://searchengineland.com/comscore-to-report-google-maps-now-number-1-16570

    Ceci dit, pour en revenir à votre second lien, le fait que Geoportail ait plus du double de visiteurs que RWW France, et près d’un quart de RWW US (soit un cinquième de RWW Chine) m’impressionne beaucoup.

    Bien cordialement

  10. Jaz

    « Au final, les sites de la Maison Blanche et de l’Elysée, bien qu’assez uni­formes gra­phique­ment par­lant, sont à l’opposé l’un de l’autre, à l’image des loca­taires de ces deux grandes mai­sons, ce qui est une preuve sup­plé­men­taire qu’ils sont touts deux par­fai­te­ment pen­sés et réa­li­sés sur mesure » lol

    elisee.fr est hébergé aux Etats-unis et whitehouse.gov en France ??? quoique Obama se sent peut-être pas américain vu que le notre ne se sent pas français :)

    Heureusement que l’on a remplacé le mot tuning par bolidage :) et non ce n’est pas un ramdam :)

  11. emery

    Bien que n’ayant pas pratiqué un audit poussé du site en termes d’accessibilité, il semble que cette nouvelle version ne soit pas conforme au Référentiel Général pour l’Acessibilité des Administrations (RGAA) qui a pris un cadre légal grâce au décret d’application qui a été pris en novembre dernier. Pour ne prendre qu’un exemple il est impossible de procéder à une navigation au clavier (sans souris). Cela valait le coup de passer un décret d’application pour faire comme s’il n’existait pas 3 mois après.

  12. Romain

    +1

    “La fac­ture éton­nam­ment faible – 100.000€ ”

    Arrêtons de croire qu’il faut autant d’argent pour réaliser un site de cette qualité…

  13. Jaz

    U speak very well english :) push the button « écouter » :)
    http://www.elysee.fr/president/la-presidence/le-president-de-la-republique/nicolas-sarkozy.6907.html

    Concernant la tarification, la solution est la http://whiteelysee.fr/ au moins ça a le mérite d’être clair comme ça.

    M’enfin d’ici peu ils vont nous sortir un nom de domaine .govworld

  14. Fabrice Epelboin

    @Jmini

    Oui, c’est tout à fait ça, c’est un dossier de presse plutôt qu’un communiqué de presse – qui est l’approche d’Obama.

    Effectivement, le problème c’est le manque de contre pouvoir… J’ai souvenir de pas mal d’expérimentations sur les cartes interactives, mais là, on cumule cartes interactive, timelines générales et thématiques pour accéder aux contenus, liens contextuels de mise en contexte, et de multiples niveaux de lectures, du petit détail au bullet points. Assez balèze, il faut le reconnaitre. Personne dans la presse Française n’en est là, même au New York Times, ils ne le font pas de façon aussi poussée (c’est réservé à des dossiers spéciaux).

    @Romain

    Je maintiens ce que je dis, et franchement, je crois vraiment que je sais de quoi je parle. Prends le temps de naviguer ne serait-ce que vingt minutes dans le site pour en voir tous les aspects, tu changera d’avis.

    @emery

    LOL. Bien vu.

  15. Lord BlackFox

    La parodie d’une présidence spectacle… Il s’agit plus au « président » de se montrer qu’autre chose en donnant à ses actions un air pseudo-sérieux…

  16. AlexCaban

    Ce qui retient mon attention aussi, c’est le faible niveau d’accessibilité de ce site.
    Alors que les sites publics sont censés être tous accessibles dès 2011.
    La description de l’accessibilité dans le lien du footer est très risible.
    Pas un bel exemple dans ce domaine :-(

  17. Gastlag

    « Là où le bât blesse pour l’Elysée, c’est que le génie Français de l’économie numé­rique s’arrête au social. »

    Mais deux alternatives aux produits américains propriétaires et centralisés sont en train d’être mis en place.

    L’une française : Movim
    http://www.vanaryon.tk/2010/03/movim-reseau-social-decentralise/

    L’autre francophone (québécoise) : Status.net
    http://status.net/

  18. CUT HERE

    Vous travaillez où les personnes qui disent que c’est cher ? Vous ne connaissez rien, désolé.
    Un site comme ça serait facturé 1 million d’euro par certaines agences et je ne rigole pas, j’en ai vu. Dans ce prix je ne sais pas ce qui est vraiment inclus : DA / Développement / Partenariat / Hébergement / Gestion de projet + marge.

    On ne parle pas d’un site OVH, mais d’un site institutionnel avec un nombre d’aller/retours conséquents pour respecter un cahier des charges. Etant chef de projet, je peux vous dire que le CP dessus a bien du s’arracher les cheveux.

    Pour en revenir à la production finale, oui le design reste globalement fortement influencé (brief client, cela m’étonnerait que Soleil Noir ait volontairement fait une copie, suivez un peu leur production) par le site de la Maison Blanche. Cela reste un site de très bonne facture malgré quelques bugs (ceux qui crient au loup, cela m’étonnerait que vous ayez fais autre chose de votre vie qu’installer un WordPress).

    Niveau accessibilité, ça pêche. A revoir.

    Un site on le met en ligne, on l’améliore, corrige ses bugs petits à petits. On appelle ça la maintenance.

  19. Fabrice Epelboin

    Je plussoie. 1M c’est un chouilla cher mais certaines agences arriveraient. 300-500k serait un bon prix, 700k commencerait a etre cher…

  20. Talk

    Eh, les rois du webminitel 2.0, vous avez fini de vous tripoter avec vos css, php, html, java et flash tout foireux

    Pas un pour développer l’argument du cher pas cher, pfff

    Allez 100 000 boules pour un copié collé (seulement en français et rempli de bugs), à 300 boules de l’heure, ça nous donne 42 jours ouvrable pour 8 heures de « travail », ouai mais tu comptes pas la maintenance et les frais de gestion :) powwaaaa lol, ba maxi 2 ans et renégociable dans peu de temps lol

    C’est pas les informaticiens qu’il faut licencier en France et embaucher en Inde mais ces pseudo webistes :(

  21. Bilou

    Petit complément : l’agence qui a réalisé ce site travaille avec l’Elysée depuis des années. 100k€ officiels (pour cette presta brute, après on fait ce qu’on veut avec la maintenance et les évolutions), pas d’appel d’offres, hello les copains j’ai du boulot pour vous…

  22. Antoine Dupin

    Fabrice, je t’invite à aller voir le site du gouvernement Polonais :)

  23. Fabrice Epelboin

    Got link ?

  24. Antoine Dupin

    http://www.kprm.gov.pl/ :)

  25. Antoine Dupin

    http://www.kprm.gov.pl/

  26. Hubert Guillaud

    Dommage que la copie en reste à la forme, pas au fond : http://www.zdnet.fr/blogs/l-esprit-libre/l-elysee-pompe-la-maison-blanche-mais-pas-son-ouverture-du-copyright-39750547.htm

  27. elarips

    merci antoine pour le lien
    très beau site !

    100 000 € c’est vrai qu’en période de crise …j’ai envie de pleurer

    c’est avec l’argent du contribuable français ??

    je pense aussi que les indiens peuvent le faire pour – cher

    mais peut être que cut-off à raison; nous n’y connaissons rien ;)

  28. Matt

    @Fabrice Epelboin : Geoportail et GoogleMaps n’ont clairement pas la même finalité, je ne comprends pas comment vous pouvez les comparer. Rien qu’une comparaison de leur fréquentation est abérant : GoogleMaps est international, Geoportail est national. Finalement, tout est une question de point de vue, c’est vrai qu’il est plus facile de dire du bien de GoogleMaps qui affiche trois pauvres layers que Geoportail qui peut en afficher plus d’une cinquantaine.

  29. Fabrice Epelboin

    Et si on comparait les usages en pratique plutôt que les intentions (qui ne se sont jamais réalisées ?)

  30. Matt

    Là encore, tout dépend de ce qu’on cherche à faire, à voir.
    Je veux afficher l’itinéraire entre deux adresses postales -> GoogleMaps
    Je veux calculer la superficie de la parcelle cadastrale correspondant à ma propriété -> Geoportail.

    Je vais juste m’arrêter là :
    - parce qu’on ne peut pas comparer ce qui n’est pas comparable.
    - parce que ce n’est pas la source de discussion de l’article.

  31. Fabrice Epelboin

    Le fond du problème reste la lancement catastrophique du géoportail, qui prétendait à l’époque concurrencer GoogleMap et qui s’est magistralement planté sur ce point.

    Qu’en terme d’outil professionnel pour les cartographes, il soit supérieur, cela ne fait aucun doute (pour l’instant), mais en terme d’usage, on est dans une stratégie qui a fait l’échec de Exalead et de tous les projets Français piloté exclusivement par des ingénieurs persuadés qu’il dicteraient les usages là où d’autres les observent et les anticipent. Long story…

  32. amusant !

    le site à 100000€ n’est même respectueux des normes du W3C en effet faire http://jigsaw.w3.org/css-validator/
    puis indiquer le site de l’Elysee et vous verrez !

  33. mike

    Je rejoins l’avis de CUT HERE, 100 000 € pour un site de cet ampleur ce n’est pas cher.
    Arrêtez de comparer le coût de ce site avec votre budget personnel, j’ai l’impression qu’il a très peu de professionnels ici et beaucoup de lycéens qui n’ont aucunes notions d’évaluations des coûts d’un projet.

    Les commentaires d’apprentis programmeurs qui codent des sites webs au fond de leur chambre et qui critiquent le site sur le non respect des normes W3C sont réellement détachés de la réalité.

    elarips > en effet tu as l’air n’y connaitre rien. Dire que les indiens l’auraient fait moins cher, c’est tout bonnement ignorer totalement les contraintes des projets offshores et la complexité des pilotages engendrée par la distance.
    La qualité aurait certainement était moins bonne et les 100 000 € aurait été allégrement dépassé. En comptant simplement les allers/retours chez le MOE, tu engloutis une bonne partie du budget.
    Pour un tel projet, l’offshore n’est pas la solution, ce ne serait rentable que pour des plus gros projets.

    On devrait être satisfait du budget alloué à ce site qui est très raisonnable, l’Élysée aurait pu dépenser beaucoup plus pour moins bien et même si le site est loin d’être parfait niveau accessibilité il est toujours mieux que l’ancienne version.

    Je pense que peu importe le prix, la plupart des gens se seraient plaint de toutes façons car ils ignorent le coût réel d’un projet de cette envergure et ne peuvent occulter leur opinion politique pour faire une analyse réfléchie (je précise que je suis loin d’être sarkozyste).

  34. Fabrice Epelboin

    @mike

    +1

    Chercher la petite bête sur le budget de ce site est vain. Honnêtement, le budget annoncé est même faible pour un résultat de cette qualité (je passe sur le manque total d’originalité de la charte graphique, ce n’est pas ça qui coute, de toutes façon). La seule explication de ce budget faible est qu’il n’inclue pas le coût de Nicolas Princen, qui est une méga chef de projet surqualifié pour ce site, et qui a fait un boulot impressionnant (oui, je peux dire du bien d’un truc de Sarko, c’est exceptionnel, mais ça m’arrive)

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