Les analyste de Gartner ont du être drôlement impressionnés par l’iPad, leur dernier rapport d’étude prédit que plus de 50% des ordinateurs achetés pour les enfants seront dotés d’écrans tactiles d’ici à 2015. Gartner définit les enfants comme ayant moins de 15 ans, ce qui correspond peu ou prou à la génération digitale. Ils sont nés dans un monde où les ordinateurs et les téléphones portables sont disponible dès le plus jeune âge, où les iPods ont toujours existé, et où tous ceux qu’ils connaissent sont sur Facebook. Désormais, il semble qu’ils sont appelés à grandir avec des ordinateur d’une façon radicalement différente.
En tant que jeune mère de famille, je suis à la fois fascinée et effrayée par la façon dont la technologie s’est immiscée dans nos vie. Mon bébé de quatre mois adore les “couleurs” de l’iPad et je regrette encore de ne pas avoir filmé ce moment, j’aurais fait un carton sur YouTube. Mais regardez cette vidéo où l’on voit une fillette de deux ans et demi s’amuser avec un iPad, elle donne toute la mesure de la capacité des enfants à interagir avec ces nouvelles interfaces. Une révolution est en marche, cela ne fait aucun doute.
D’un autre coté, je suis inquiète à l’idée qu’un jour ma fille préfère son écran virtuel à ses crayons de couleur. Je suis dubitative concernant les conséquences qu’auront les histoires que l’on raconte aux enfants à l’heure du coucher quand elles seront lues par un outil métallique et froid plutôt que choisies parmi une pile de livres pour enfants – physiques et tangibles – rangés dans une bibliothèque, et qu’elle pourra retrouver avec émotion dans vingt ans, rangés au grenier.
Les enfants qui grandiront en jouant sur un iPad appréciront-ils les jeux de société faits de carton et de petits bout de plastique avec lesquels on interagit avec un dé ? Apprendra-t-elle un jour à battre un jeu de cartes ?
Quand l’ordinateur n’était encore qu’un écran, une souris et un clavier, il n’était qu’un outil. Un moyen pour réaliser une tâche. C’était quelque chose que l’on utilisait au bureau, à la place d’un stylo et d’un cahier, un moyen pour communiquer avec les autres situés à l’autre bout du monde, mais au final, ce n’était qu’un objet.
Désormais, grâce à l’internet mobile, aux tablettes comme l’iPad, et à Apple et ses iToys, l’ordinateur n’est plus seulement un objet. C’est bien plus que cela.
160.000 applications – et ce n’est pas fini – sont disponibles sur l’iStore, et des applications pour l’iPad apparaissent chaque jour. L’iPad peut remplacer de nombreux objets de tous les jours : un livre, un lecteur de mp3, un poste de télévision, un lecteur de DVD, un livre de coloriage, un jeu de société, un canevas pour dessiner, un cahier pour prendre des notes, une table de mixage de DJ, un globe terrestre, une carte, etc, etc…
Pour les enfants nés dans l’ère du digital, il y a de fortes chances qu’il en soit ainsi.
Que les analystes de Gartner se trompent ou pas dans leurs prévisions concernant les chiffres d’affaire, les parts de marché et les délais quant à l’adoption de l’écran tactile importe peu, il est plus intéressant de lire qu’ils prédisent également que dans les cinq ans qui viennent, ils s’attendent à ce que plus de la moitié des écoles américaines adoptent ces technologies. D’une façon ou d’une autre, à plus ou moins brève échéance, l’écran tactile est l’avenir.
Quant à nous, nous risquons rapidement de n’être qu’une bande de dinosaures pestant contre le progrès et nous lamentant du bon vieux temps où l’ont pouvait taper avec confort sur des claviers digne de ce nom.













09 avril 2010 à 14:19
Rien de surprenant. Je pense que la grande majorité des moins de 15 ans ne connaissent déjà pas les claviers. Voilà longtemps qu’ils interagissent surtout avec des écrans via des gamepad… En ce sens, le tactile n’est qu’une évolution…
La question n’est pas de savoir si le numérique se substituera au réel, si l’écran va remplacer le crayon… (ça me paraît peu probable en fait). La bonne question à poser est de savoir s’ils viendront un jour au clavier ou pas. S’ils taperont d’un doigt ou de deux mains. Car comme le dit très bien Jean-Noël Lafargue : “Les outils cessent d’être des vecteurs d’émancipation lorsqu’on n’en a aucune maîtrise.”
09 avril 2010 à 16:27
la génération digitale… ça ne veut rien dire (la génération des doigts ??)
09 avril 2010 à 18:40
Gartner, toujours les études pourries sur un vague de mode.
10 avril 2010 à 5:47
Les 10-15 ans sont très nombreux sur MSN et croyez-moi ils utilisent déjà largement le clavier ! Et amha vu le temps que leur ferait perdre, pour saisir leurs messages, le passage au clavier tactile d’une tablette style iPad ou HP Slate, ils ne sont pas prêts à abandonner le PC classique et son clavier !
C’est le constat d’un père qui a 3 enfants de 13, 11 et 8 ans qui tous se servent depuis des années d’un PC. C’est aussi celui du directeur marketing de Kizz TV, un service utilisé, depuis des PC et Mac, par près d’un millier d’enfants âgés de seulement 3 à 6 ans :-)
Quant à la pertinence du Gartner sur l’électronique grand public, hein… il surfent sur la vague iPad en affirmant ce qui leur passse par la tête autour de la mode du moment et c’est tout !
10 avril 2010 à 12:38
@pierre
Pour avoir testé le clavier de l’iPad, j’avoue que je suis assez bluffé. Cela ne vaut pas un bon vieux clavier de qualité, mais franchement, écrire un texte relativement court – typiquement, un billet de blog – n’est pas un problème. Avec un autocomplete fonctionnel (ce qui, pour le Français, est encore loin d’être le cas), et peut être une ou deux innovation sur l’évolution du clavier comme interface de saisie, il n’est pas interdit de penser que l’on arrive rapidement à quelque chose qui puisse rivaliser, en terme de rapidité et de confort, avec nos bon vieux claviers.
10 avril 2010 à 14:22
autre question si l’on retrouve nos livres d’enfance et que nous les faisons partager avec nos enfants aujourd’hui, quand est il de la survit de cet ipad première génération qui dans 20 ans n’existera plus (sous cette forme) même dans les greniers, déjà un vieux DVD gravé ça ne passe pas toujours. Ni même mon premier ipod qui m’a laché et que je ne peux même pas « transmettre » à ma fille après 4 ans de service… Bref c’est de la mémoire que je parle. Je peux faire écouter mes vieux vinyls…mais la suite?
10 avril 2010 à 14:33
J’ai dans mes cartons plein de vieux CDrom devenus illisibles (à moins de remettre en fonction un mac avec OS7), des piles de cartouches Syquest (et un vieux lecteur hors d’usage), des tonnes de disquettes 3″1/4 et même de vieilles 5″1/2…
La réponse est simple : aucune chance de retrouver ses vieux souvenirs sous cette forme… Par contre, on pourra toujours trouver une archive d’un blog tenu lors de l’adolescence… ce n’est pas la même chose, mais ce n’est pas inintéressant, et pour le moins plus chargé en souvenirs qu’un vieil album photo trouvé chez sa grand mère…
10 avril 2010 à 15:27
Pourquoi toujours associé le terme « froid » à un Ipad, un ordinateur ou un téléphone portable. Moi qui ne suis pas de la génération digitale (45 ans aux fraises), je n’ai pas plus de rapport chaleureux avec un bon bouquin qu’une version numérique du rouge et le noir lu sur mon netbook avec Mobipocket (ou Le marquis de Sade pour faire plus chaud encore…)
Les rapports à l’objet ne sont que les souvenirs d’événement que nous avons vécu avec eux, et je ne vois pas pourquoi il y aurait moins de rapport d’affect avec un objet qui vous connecte au monde, qu’un autre qui vous rappelle les devoirs obligés…
10 avril 2010 à 16:05
En l’occurrence, c’est peut être également du au fait que l’iPad est construit avec un blog monocorps en aluminium, ce qui laisse il est vrai une impression de froideur quand on a l’objet dans les mains. L’iPhone, dont le corps est fait de plastique, ne donen pas du tout cette impression.
15 avril 2010 à 11:24
// C’est pas étonnant que les ventes soient amenées à grimper de la sorte. Pour un enfant, c’est moins contraignant, et c’est plus ludique le tactile, ça apporte de nouvelles expériences, contrairement à la souris et le clavier, qui pour moi étaient un frein à l’utilisation d’un ordinateur pour un enfant. JE dis frein pas dans le fait que les enfants ne pouvaient pas s’en servir, mais frein dans le sens ou ça enlève le côté plaisir. Dans tous les cas, j’attend de voir comment on va avancé dans ce sens pour en acheter un a ma fille ;-)
11 mai 2010 à 16:03
Curieux quand même cette frénésie actuelle autour des interfaces tactiles au mieux, voir carrément sans interface physique pour le projet NATAL de la XBOX 360.
Sans rire, vous croyez réellement que les claviers ‘mécaniques’ vont disparaitre ??
Autant je ne doute pas une seconde que les nouveaux utilisateurs maitriseront magistralement un clavier virtuel tactile avec une aisance ecoeurante pour un dinosaure de l’informatique comme moi (36 ans, clavier dans les mains depuis le commodore 64 de mon grand frère dans les années 80). Mais il y a une chose que tout le monde oublie constamment dans cette mode du tactile : le feedback.
Un clavier 104 touches, certes c’est pas beau, c’est plein de bouton, faut le mémoriser, mais c’est bien plus versatile qu’un clavier tactile, et on sait, les yeux fermés ou ailleurs, les oreilles bouchées que telle action est demandée et ‘validé/réalisé’ grace au petit retour physique de la touche.
Bien évidemment, pour taper un SMS ou un petit texte pendant 5 min, ça va le faire. Mais passer voir une journée sur un pavé tactile, vous rigolerez moins. Tenter plusieurs jours à taper un rapport ou bien à jouer à CounterStrike, vous allez crier au crime contre l’humanité tant pour la faiblesse de la précision d’action que la variabilité du résultat des ‘touches pressées’ !!
Le hic, c’est que vous avec ces interfaces au mieux qu’un retour visuel, au mieux on a en plus un feedback sonore de l’activation d’une touche, appelant soit simplement un caractère (corrigé automatique ou non selon le contexte) soit une action plus complexe (macro, programme, etc…).
Ok, la technologie évolue à grand pas, on ne sait pas ce qui existera d’ici 6 mois, 1 an en terme d’interface d’input, les clavier virtuel vont gagner en intelligence et en performance. Ok, la mémorisation spatiale du clavier/souris virtuel tactile résoudra nombre de problème pour la nouvelle génération, mais quid des autres, des handicapés (un mal voyant, il vous jettera à la tête votre iPad totalement lisse, déjà un simple balladeur mp3 tactile est totalement useless quand on a pas de controle visuel de l’interface, alors un équipement complexe comme un ordinateur ou un iphone/pad…).
Rappeler vous seulement que l’intérêt des interfaces tactiles ne sont que pour résoudre les problème de ‘transportabilité’ d’une interface efficace et éprouver du clavier, mais totalement encombrant. Après, vouloir accommoder à tout les systèmes informatiques une interface virtuelle simulant une interface physique éprouver, je ne trouvez pas ça d’une ergonomie révolutionnaire mais plutôt régressive. Après, je ne suis pas docteur en ergonomie, et les Gartner et autres oracles se plantent souvent (pour ne pas dire quasiment tout le temps) mais on oublie toujours de le leur rappeler.
11 mai 2010 à 17:30
C’est pas pour demain matin, mais oui, sincèrement, je suis persuadé que cela deviendra un périphérique annexe. La reconnaissance vocale va faire des progrès incroyables, le confort de ces claviers virtuels aussi, et les interfaces de type iPad vont radicalement changer la façon dont on interagit avec une machine. Ceci dit, j’insiste, ce n’est pas pour demain…