Vanaryon, l’auteur de ce billet, est un lycéen qui fréquente les communautés du logiciel libre et du jeu vidéo. Nous republions aujourd’hui un billet qu’il a écrit dans son blog sur au sujet de Movim, un réseau social décentralisé, dans la même veine que Diaspora que nous vous présentions hier.
Facebook, Twitter, Flickr, Skyrock et j’en passe : tous sont des réseaux sociaux ciblés sur quelque-chose (le micro-blogging pour Twitter), et tous sont propriétaires. Mais ils ont un autre point commun : tous sont centralisés. Libriste comme vous êtes, n’avez-vous jamais rêvé d’un réseau social qui fait tout et qui, en plus, est décentralisé et ouvert ?

Le projet Movim (prononcez « mauvim« ) est fait pour vous ! Commencez par visiter son site de développement. Celui-ci, encore au stade embryonnaire, est né de l’imagination de Jaussoin Timothée (edhelas). Ce n’est qu’après que j’ai rejoint l’équipe de développeurs. Dans ce billet, je vais vous expliquer ce qu’est Movim (ce qu’il sera surtout), ses avantages et faire un appel à la communauté.
1. Constats et idées
Commençons par un premier constat : notre activité sur l’Internet est beaucoup trop dispersée. Exemple : je veux récupérer mes mails, j’utilise un programme dédié (Evolution pour ma part), je veux discuter sur les réseaux Jabber, j’en utilise un autre (Gajim), je souhaite lire mes flux RSS, et c’est encore un autre (Liferea)… Pour les activités que nous faisons tous les jours, ne serait-ce pas génial si une seul application pouvait tout centraliser : me notifier mes nouveaux e-mails, les récupérer, en écrire, visualiser les actualités, discuter en messagerie instantanée ? Oui, mais tout centraliser, c’est mal ! Il faudrait alors pouvoir décentraliser cette même application… Puisque nous sommes dans le monde du Logiciel Libre, notre philosophie nous guide vers des terrains encore non explorés : ne serait-ce pas super si une même plateforme pouvait tout faire ? Comme c’est pratique d’aller chez un ami et de retrouver mes applications préférées sans rien installer !
Je vais vous l’avouer, Movim n’est pour le moment qu’une effusion d’idées, bonnes et mauvaises. Cependant, nous avons fait du chemin depuis les débuts : le projet souhaitait à l’origine créer un agrégateur de contenus (mes dernières photos Flickr, mes derniers billets sur mon blog, etc…) qui afficherait tout sur une seule page et qui constituerait une sorte de carte d’activité numérique. Nous sommes allés plus loin : le projet Movim veut maintenant créer une plateforme sociale modulable avec un peu de public et beaucoup de privé : notre objectif étant de pouvoir tout faire via Movim !
Ainsi, pour simplifier, Movim peut se définir comme un Facebook additionné à un Flickr, Google Documents, Google Reader, Dailymotion, etc… Le tout pouvant être déployé sur un serveur qui vous appartient, et qui pourra se connecter au réseau des autres serveurs Movim, de manière totalement transparente pour l’utilisateur. Bien sûr, des serveurs publics seront proposés, un peu comme pour les réseaux XMPP (Jabber) avec jabber.fr, im.apinc.org et le reste. Justement, en parlant de XMPP : c’est le protocole principal utilisé par Movim pour les communications entre les serveurs, surtout au niveau du réseau social en lui-même. Liste d’amis, autorisations, transferts, messages et j’en passe. SMTP, IMAP et un protocole développé pour Movim seront aussi de la partie, ce dernier permettant d’effectuer des communications que XMPP lui-même ne permet pas.
Embrayons sur le deuxième constat : Facebook est en train de créer un monopole effrayant, et si l’on ne fait rien, il pourrait très vite devenir plus que géant… C’est exactement la même chose pour Google : avec toutes leurs applications web (superbes, je l’avoue), ils sont bien partis pour devenir le futur Microsoft du web au niveau suite logicielle ! Il est donc temps de réagir face à cela. Développons une plateforme non-commerciale, publique, satisfaisant tous nos besoins et que tout le monde pourra étudier et redistribuer, c’est urgent ! L’internaute moyen se contre-fiche de savoir s’il utilise des choses ouvertes ou fermées. Lui, ce qu’il cherche, c’est un truc qui réponde à ses besoins. Dans notre domaine, nous sommes plutôt soucieux de la liberté et porterons bien sûr attention à ce détail. C’est pourquoi il faut que Movim soit le plus ouvert possible au grand public, en étant une plateforme d’innovation d’un genre nouveau. Voyez le succès de Ubuntu face aux autres distributions Linux, n’est-ce pas parce-qu’il est très « user-friendly » et ouvert au grand public ?
Comme vous le voyez, des idées, nous en avons plein : selon nous, Movim ne sera qu’un empilement de paquets logiciels, tout comme un système Linux. La plateforme sera donc composée de deux paquets nécessaires à l’installation : Movim Core et Movim Application Center, permettant pour la première de faire tourner les modules, et pour la seconde de les gérer (installation, suppression). Pour décrire cet « Application Center« , c’est simple, vous n’avez qu’a imaginer le Ubuntu Software Center à la sauce Movim ! L’utilisateur sera libre de personnaliser à fond son Movim (cependant, il ne pourra pas désinstaller Movim Core et Movim Application Center, nécessaires à la plateforme). Les modules conseillés à l’utilisateur pourraient être Movim Actuality (pour la page d’accueil privée), Movim Photos, Movim Videos, Movim Profile, Movim Music, Movim Documents, Movim Web, Movim Notifications, Movim Mail, Movim Talk et j’en passe.
2. Questions au fondateur
Pour obtenir de plus amples détails, j’ai posé quelques questions à Timothée Jaussoin (edhelas), fondateur du projet Movim :
» Salut Tim’, peux-tu te présenter brièvement ?
Je m’appelle Jaussoin Timothée et je suis depuis pas mal d’année déjà un membre actif de la communauté du libre en France (RMLL, conférences, présentations…) et je défend tous les jours les intérêts du logiciel libre si bien que je compte trouver après mes études un emploi dans ce domaine.
Je suis aussi le papa du projet Movim sur lequel je travaille depuis 2 ans déjà.
» Tout d’abord, que vois-tu en les réseaux sociaux ?
Au travers des réseaux sociaux je vois un formidable moyen de communication moderne entre tout les hommes et cela peu importe leur sexe, leur religion, leur culture ou leurs origines. Grâce à ceux-ci il devient alors facile de renouer contact avec un ami, d’informer ses proches d’une nouvelle importante, d’organiser un événement.
Pourtant je souhaiterai que ceux-ci respectent l’élément central qui les animent : l’utilisateur qui pour le moment est plus traité comme une « marchandise d’informations ».
» Quels sont les choses qui t’ont amené à imaginer Movim ?
Le projet m’est apparu progressivement suite à ma désinscription du réseau social Facebook sur lequel je suis resté 2 mois, il y a deux ans de cela déjà. En effet j’ai rapidement été impressionné par « l’éponge informative » qu’est la plateforme et apeuré du nombre d’informations que je pouvais y laisser sans le vouloir (notamment au travers de ces petits questionnaires que l’on s’envoie entre amis).
De plus je suis absolument contre la centralisation des données sur internet (surtout quand cela concerne les données personnelles de quelques 350 millions de personnes). J’ai alors cherché sur internet si il n’existait pas un réseau social similaire mais décentralisé (où les données des utilisateurs sont chez eux ou sur des serveurs de confiance, à la manière des serveurs Jabber pour la messagerie instantanée).
Les recherches n’ayant pas été fructueuses j’ai alors lancé le projet (fou ?) qu’est Movim avec le peu de connaissances que j’avais à l’époque (un peu de HTML et de CSS) avec comme but d’approfondir mes connaissances sur les langages et technologies web actuels. J’en ai parlé autour de moi et j’ai alors compris qu’il existait une véritable demande d’un projet semblable et que les technologies qu’on pourrait utiliser pour son développement existaient déjà (XMPP, HTML5, JavaScript…).
J’ai aussi, en observant le fonctionnement de Facebook et ses confrères, vu que ces plateformes étaient peu personnalisables (tout le monde sur Facebook a sa petite barre bleu en haut et les éléments aux mêmes endroits ou presque), les modification sont imposées aux utilisateurs. J’ai donc voulu que dans le projet Movim l’utilisateur puisse totalement personnaliser son interface et en faire ce qu’il souhaite et garder un contrôle total sur ses données (c’est sa vie privée avant tout non !).
» Que comptes-tu accomplir avec Movim ?
Grâce au projet Movim j’aimerai offrir une véritable plateforme performante, modulable à souhait, simple, stable et sécuritaire, respectant ses utilisateurs et leurs informations personnelles. De plus au travers du projet je n’utiliserai que des technologies libres pour garder une pérennité et un contrôle total de l’utilisateur sur son environnement.
L’Internet que nous connaissons aujourd’hui s’est développé en grande partie grâce aux logiciels libre, je souhaite garder cette vision d’un réseau libre, décentralisé et permettant à chacun de partager avec le reste des internautes.
Le projet sera aussi une merveilleuse opportunité pour montrer qu’il existe des technologies libres pour répondre aux besoins de tous.
» Quelles sont les réponses de la communauté face à ton projet ?
J’ai déjà eu pas mal de retours positifs de la part de la communauté du libre avec des demandes de contributions, des conseils sur des chemins à prendre ou de simple questions sur l’avancée du projet.
» Penses-tu que le développement de Movim sera difficile et de longue haleine ?
Oui et je m’en rends compte un peu plus chaque jours, je ne possède pas encore toutes les connaissances pour développer activement (surprenant non ?) et celui-ci est tellement gros que je ne saisit pas encore totalement tout les engrenages qui se mettent en place il ne faut donc pas s’attendre à avoir quelque chose d’utilisable tout se suite mais bon, on a fait pas mal de chemin depuis le début (vous auriez vu les premiers essais c’était pas très concluant …) et je persiste à croire qu’on y arrivera à un moment ou a un autre.
» Comment penses-tu financer les serveurs public ?
On m’a déjà fait plusieurs offre d’hébergement gratuit pour les futurs serveurs public du projet, c’est une question que nous nous sommes posés. Étant contre le matraquage publicitaire je pense un qu’un système de dons ainsi que l’affichage de petites publicités très discrètes sur la plateforme seulement après l’acceptation ou non de l’utilisateur de les afficher pourrait déjà être pas mal.
Nous pensons aussi créer à terme une association pour poser une base légale au projet et ainsi avoir des subventions de l’État.
» Où rencontrer l’équipe Movim (durant des évènements) ?
Bonne question, je dirais un peu partout ! Enfin vous pouvez nous trouver sur movim@chat.jabberfr.org ou en nous contactant directement par email.
De plus je serai présent aux Rencontres Mondiales du Logiciel Libre de cette année avec (peut-être) un stand et je prépare aussi une conférence sur le projet.
» Merci à toi !
Merci à toi aussi.
3. Appel à participations
Comme un projet ne se fait pas seul (surtout un gros projet comme celui-là), je lance un appel aux développeurs, aux traducteurs, ou tout simplement aux personnes ayant des bonnes idées pour Movim. Aussi, si du monde a des serveurs à proposer (rho allez, des baies carrément) pour les plateformes publiques (bon, ça ne se fera pas avant quelques années), nous sommes intéressés.
En parler sur les blogs ou autour de vous est aussi une bonne idée, afin de sensibiliser les gens sur les problèmes qu’il y a actuellement, et les informer que des alternatives à ce qu’ils utilisent existent ou vont exister (ici Movim).
Si vous souhaitez participer, visitez le site de développement de Movim et inscrivez-vous ! Pour ce qui est des développeurs, nous recherchons du monde ayant des connaissances en xHTML, CSS, PHP, SQL et peut-être en C (pour la partie conversion des vidéos par exemple) voire Python. Un dépôt SVN public est mis à votre disposition et le wiki du projet vous renseignera sur les méthodes de développement. Si vous souhaitez vous renseigner sur l’architecture de Movim, jetez un coup d’œil à ce billet. Sinon pour ce qui est de la traduction, il faudra attendre que nous développions les bases en anglais et français, afin d’avoir de la matière à traduire. Et pour les idées, nous les attendons avec impatience !
Voilà donc, j’imagine que j’ai dit l’essentiel. Maintenant c’est à nous tous de réagir, et de créer LA plateforme sociale libre de référence !
(cet article est publié sous licence CC-by)













07 mai 2010 à 22:25
Ouééééé super la démo http://www.movim.eu/demo/public/index.php
Bon, on va se calmer sur le buzz alter-facebookien et retrouver un peu de sérieux ?
Sinon dans la même veine y’a ça aussi http://onesocialweb.org/, m’a l’air déjà un poil plus sérieux.
Après la sempiternelle question : mais pourquoi tout les développeurs développent un truc dans leur coin ? pourquoi tant de mal à se fédérer ?
07 mai 2010 à 22:28
La réponse a votre question est assez simple : ils ont besoin d’être visibles pour se fédérer, d’où le buzz alter facebookien sur un gros blog high tech ;-)
Diaspora a atteint son objectif de levée de fond 48h après être passé dans RWW, espérons que nous auront un effet tout aussi positif sur Movim :-)
08 mai 2010 à 11:37
Bon, déjà Movim a pour but primaire d’avertir et de réunir des développeurs, c’est normal si la démo ne marche pas (en fait, on est passé sur une nouvelle architecture totalement différente : on recommence de zéro mais bien, il y a énormément de choses que vous ne voyez pas).
Ensuite, pour le cas de la levée de fonds de diaspora, pour nous ça ne sert strictement à rien : de l’argent ? Et pour quoi faire dans un projet Libre qui se base sur la communauté ?
08 mai 2010 à 21:03
La dernière remarque m’inquiète, pas besoin d’argent pour développer un projet, même libre ? je n’y crois pas vraiment.
Je cherchais aussi un projet de réseau social ou je pourrais m’inscrire sans arrière pensée. Ubuntu fait mon affaire en système d’exploitation, mais si je dépends de yahoo, google, facebok etc pour ma vie sur le web ; alors la liberté de mon OS est une liberté presque dérisoire.
J’aspire à pouvoir utiliser
- une messagerie instantanée comme Jabber
- un microblogging comme identi.ca
mais pour le moment cela reste une utilisation marginale
Les projets qui se développent fortement sont « privateurs » comme dirait Stallman. Je le constate et le regrette.
J’encourage pleinement Movim et OneSocialWeb ,
Mais il faut dépasser le stade du développement confidentiel et aller chercher les gros moyens nécessaires à leur développement et leur diffusion.
Pour le moment je Bookmarque et j’espère avoir de bonnes surprises quand je reviendrai te temps en temps dessus.
09 mai 2010 à 0:51
Je plussoie, comme je le disait dans les commentaires sur Diaspora, vous avez une approche un tantinet naïve du logiciel libre.
Open source ou pas, développer un logiciel coute cher, même après avoir rassemblé une communauté, ce qui n’est pas encore votre cas. Faites quand même gaffe à ne pas faire du concept de logiciel libre un fourre tout idéologique alter-je ne sais quoi.
Jetez un œil aux théories de Lessig sur l’économie hybride, regardez ce qu’à fait un garçon comme Matt Mullenweg de WordPress. Je connais bien Matt, c’est l’extrême inverse de Mark Zuckenberg, cela ne l’empêche pas d’avoir levé des fonds et d’être aujourd’hui millionnaire, tout en étant une figure de l’open source, le tout avant même d’avoir atteint 25 ans.
09 mai 2010 à 1:55
@Vanaryon : Lever des fonds pour un projet libre ? Bien sûr que c’est utile.
Cela permet d’accélérer considérablement le développement, de financer du hardware comme de la main d’oeuvre (pour s’y consacrer pleinement), de communiquer (très important), d’être crédible auprès de partenaires, etc.
cf :
http://fr.readwriteweb.com/2010/05/06/a-la-une/projet-diaspora-anti-facebook/#comment-12987
Dans tous les cas, très heureux de voir que l’on parle (enfin ?) de ce type de projets. :)
En pleine réflexion pour mon mémoire sur la gestion des données personnelles, c’est typiquement ce vers quoi j’imaginais orienter mes recommandations. Mais il y a énormément de points et de subtilités à prendre en compte, que ça soit de l’ergonomie, à l’infrastructure, la sécurité, etc., etc. tout comme la visibilité auprès du public.
J’ai vu passer récemment un service proposant des packages pour installer en 2 temps 3 mouvements des CMS et autres softwares, sans se creuser la tête. Une piste à creuser pour Movim ?
Des partenariats avec des assembleurs/vendeurs de hardware est-il imaginable ?
(si IE et Windows sont si répandu, ça n’est pas pour rien… Il est/était installé par défaut partout, et tout l’écosystème d’application qui s’est développé derrière l’a été spécifiquement pour ces plateformes ensuite : s’en est suivi un cercle vertueux/viceux (au choix) : à chaque MàJ, puisque j’ai windows j’utilise tels sofs compatibles, puisque je me sers de/j’ai investis dans tels softs fonctionnant sur windows, je reste dessus).
Mais à l’heure d’Internet démocratisé, du cloud computing et des interfaces mobiles, tout cela peut évoluer sensiblement).
Et deux éléments à avoir à l’esprit : Facebook et Google tirent sur la corde un maximum et tentent de bousculer les notions de vie privée lentement et surement pour engranger un maximum de brouzoufs.
Mais le jour où le sujet sera critique à un niveau politique et sociétal, je pense que l’on peut compter sur eux pour :
- racheter des start-up ou financer des partenaires qui se sont lancé dans ce type d’aventures
- créer du hardware ou financer des partenaires (bientôt chez vous les Facebook Box et Google Box… Google semble investir dans les box TV, ils ne vont pas s’arrêter là… Attendez l’arrivée de ChromeOS (à moins qu’Android l’emporte ? vont-ils entretenir les 2 OS ?). Car il est clair si tout suit niveau infrastructures et hardware, que tout va finir par se jouer au niveau de l’OS)
- si ça ne suffit pas aller toujours plus loin dans la transparence et le contrôle offert aux utilisateurs.
Je doute fortement qu’ils se laissent prendre de court. -_-
Après tout dépend du niveau de développement des solutions qui se créent aujourd’hui au moment où ce moment critique arrivera (si il arrive) et de la perte de confiance potentielle du public auprès de ces géants, tout comme de la facilité à migrer des uns vers les autres.
RWW Us et le NYT ont parlé de l’application Give Me My Data récemment : imaginer une app dans le genre permettant de tout recenser, et faire en sorte que la solution open source décentralisée puisse se baser là dessus pour tout rebatir/faire migrer sera un point clef crucial pour que que les gens suivent. En gros, il faut que le changement soit presque transparent/invisible et rapide pour l’utilisateur final la première fois.
Ne pas sous estimer la flemme/le manque de temps de l’être humain moderne et le fossé qui existe entre préoccupations pour la privacy et faits. (cf.Thèses/recherches sur le dévoilement de soi, le remplissage de formulaires, etc.)
Le problème de tout ça au fond, c’est le contrôle (tout du moins l’impression de contrôle, car un contrôle total est impossible, ne serait-ce que grâce à la volatilité impliquée par le numérique : Tout peut-être un jour ou l’autre dupliqué) de l’utilisateur sur ses données.
Voir aussi la logique de VRM : http://en.wikipedia.org/wiki/Vendor_Relationship_Management
Pas impossible qu’un jour on arrive à un système où l’utilisateur à tous les contrôles, la visibilité possible sur ses données/statistiques, et de ce qui en est fait (mais là il faut un cadre légal, car aujourd’hui il est imposé d’annoncer que les données peuvent être partagées, mais il n’y a aucune traçabilité. Auprès de qui ont été rendues visibles/ont été partagées nos données ? Impossible à savoir). Et que finalement la plateforme propose une base gratuite avec des fonctionnalités limitées, et des fonctionnalités plus poussées accessibles soit en s’abonnant à prix modeste si l’on ne souhaite rien partager, soit en acceptant de vendre ses données/ses statistiques (mais anonymisées, protégées, etc. évidemment et sur un temps défini = licence d’exploitation. On sait l’importance accordée à avoir des données fiables et à jour) à des entités (marques, mais aussi bien d’autres instituts, chercheurs, etc.) qui pourraient exploiter ces données anonymes/altérées mais conformes, etc. pour faire des études (pour les instituts) et évoluer ou faire évoluer leurs services/produits, et proposer des offres perso pour le coup vraiment pertinentes et finalement pas intrusives ou beaucoup moins.
(Après de là possible que ça dérive sur des offres über ciblées prenant en compte ce que l’utilisateur accepte de partager + un profilage sur des faits et pas uniquement sur le partage volontaire. C’est déjà ce que fais Facebook avec le bouton J’aime quelque part…sauf que l’utilisateur n’a pas vraiment conscience de cela. Ajoutez les pratiques de reciblage qui ont la côte en ce moment, ça fait un sacré bazard. On comprends que Facebook tente à tout prix de garder le conrôle).
Il y a aussi tout un pendant « statistiques personnelles » (self monitoring) à développer (apprendre des choses sur soi que l’on imaginait pas) et monétisable via des services adhoc de comparaisons/recommandations basés dessus, tout en étant respectueux de la privacy.
Mais je me perds dans mes écrits. Désolé si l’ensemble manque de cohérence/pertinence. :)
Bref, il y a beaucoup à imaginer et faire en la matière.
(Je serais d’ailleurs ravi de contribuer à des projets de la sorte, mais je ne suis pas vraiment développeur, et mon temps disponible est malheureusement relativement limité en ce moment).
21 mai 2010 à 22:57
Est ce que se sera interfaçable avec :
http://opendesktop.org/
ou mieux,
est ce que cela sera intégré dedans ?
Si le développeur soitaire rejoignais les équipes opendesktop,
peut être serait il au moins payé de son travail et nous donnerais une meilleure chance d’en profiter un jour ;-)
14 juin 2010 à 12:55
Si cela vous intéresse, nous allons traiter ce sujet sur techtoc.tv :
http://techtoc.tv/event/707//social-media/reseaux-sociaux-decentralises-conte-de-fees-ou-reelle-alternative
Les personnes impliquées dans ce projet, l’auteur de cet article et toutes les autres personnes ayant pris part à la discussion sont bien évidemment invitées à venir en parler sur notre plateau :-)
A bientot j’espère !
05 août 2010 à 11:00
L’argent ne sert a rien dans une société d’abondance.
Hélas, les effort et les bonnes volontés des différentes communautés sont encore trop peu nombreuse dans notre océan humain. Sans compter les indécrottables paresseux, profiteurs et autres bling-bling, il n’y aura pas de société d’abondance sans boulanger, maçon …
Est-ce qu’une société d’abondance est possible ? Dans quel avenir ? … C’est un autre débat, mais aujourd’hui movim a tout de même besoin d’argent pour réussir.
Attention à garder la main trés légère pour le dosage d’utopie dans ce projet, sinon quoi vous risqueriez de rater la recette du succès.
Par contre n’hésitez pas à avoir la main lourde sur la com. ! :-p
03 mars 2011 à 17:46
Salut, Je sais je réagis sur un trucs vieux de presque un an, mais il fallait que je reagisse..
On se demande qui sont les utopistes et les réalistes dans la discussion.. Bien sur qu’on (MOVIM) aimerais bien avoir de l’argent, pourquoi on dirais non ? Mais ca tombe pas du ciel, si encore c’était un logiciel proprio qu’on pouvais vendre a l’unité.. On peut essayer de trouver des subsides, mais pour ca faut remplir des dossiers, y’a aussi les dons, mais faut faire enormement de com, etc. Bref ca demande énormément de travail et de compétences (travail qui n’est pas investit dans le développement du logiciel).
Si l’argent était si facile a trouver, tous les développeurs de projets libres seraient a leur compte et y’aurais plus besoin de bénévoles, le monde des bisounours quoi. En attendant, le libre a montré que malgré le manque d’argent, il est possible d’accomplir de grands projets grâce a la contribution d’une communauté.
On attend vos dons ;)
20 août 2011 à 23:22
Depuis un an, le projet a vraiment avancé, vous pouvez déjà en voir un aperçu ici :
Démo : http://etenil.net/movim/
Login : movim@etenil.thruhere.net
Psswd : movim
C’est encore un peu bancal, mais l’utilisateur ne se rend vraiment pas compte du travail colossal qui se trame en arrière plan.
Le salon a lui aussi changé depuis cet article, vous trouverez l’adresse sur la page d’accueil sous le titre « Communauté » : http://movim.eu/
Le design s’est définitivement éloigné du look Facebook. En effet, le projet n’a pas pour but de concurrencer FB, ni d’en être un clone mais de proposer une alternative pour ceux qui le souhaitent. Comme nous souhaitons ajouter des fonctionnalités, l’interface sera entièrement revue pour la prochaine mise à jour.
Librement,
Vincent