Google compromet l’analyse statistique de l’audience sur Internet

Alors que Google Analytics domine lar­ge­ment le mar­ché des solu­tions weba­na­ly­tics, il sem­ble­rait que les pontes de Google aient décidé de lui tirer plu­sieurs balles dans le pied en annonçant trois dis­po­si­tions visant à com­pro­mettre l’envoi de don­nées ana­ly­tiques. La four­ni­ture de ces don­nées, pour­tant ano­nymes, serait une façon pour Google de faire montre de bonne volonté.

Trop sou­vent com­paré à Big Brother, la firme de Mountain View sou­haite pas­ser pour le bon élève. Car si Mark Zuckerberg a avoué ses erreurs de com­mu­ni­ca­tion quant à la sécu­rité de Facebook, Google aime à rap­pe­ler qu’il n’est pas le diable et qu’il se doit de faci­li­ter aux inter­nautes la maî­trise de leurs don­nées confidentielles.

1 – Le plu­gin Google Analytics Optout

La pre­mière dis­po­si­tion de Google est un plu­gin conçu pour Chrome, Firefox et Internet Explorer. Installé, celui-ci va empê­cher Google Analytics d’enregistrer les don­nées ano­nymes que sont la réso­lu­tion d’écran, le navi­ga­teur, le FAI ou le sys­tème d’exploitation. Très concrè­te­ment, le script ga.js pré­sent sur les sites tra­ckés par Google Analytics sera désac­tivé et dans l’incapacité de four­nir ces informations.

À noter que si une visite n’est plus prise en compte par Google Analytics, elle conti­nuera d’être détec­tée et comp­ta­bi­li­sée par le ser­veur du site Web. Cette déci­sion est donc exclu­si­ve­ment rela­tive à l’outil de Google et tout autre outil sera en mesure de récu­pé­rer les informations.

Il sera sûre­ment inté­res­sant d’observer quelle réson­nance aura cette déci­sion sur la poli­tique des autres four­nis­seurs de ce type de solu­tion. Car même si Google Analytics est un des ser­vices les plus uti­li­sés, d’autres com­pa­gnies (Woopra, StatCounter, Clicky, SiteMeter etc…) conti­nue­ront de col­lec­ter les don­nées des inter­nautes. Il est évident que les uti­li­sa­teurs, qui se seront rués sur le plu­gin fourni par Google, vou­dront égale­ment pré­ser­ver leurs don­nées vis à vis de ces autres solutions.

2 – Une option pour régler le niveau de vie privée

Par ailleurs, Google met à la dis­po­si­tion des web­mas­ters une option de confi­den­tia­lité visant à rendre par­tielle l’adresse IP, entraî­nant un ren­for­ce­ment de l’anonymat des infor­ma­tions recueillies. Google Analytics devra alors se conten­ter de cette IP tronquée. Dans ces condi­tions, côté ana­lyse sta­tis­tique, la loca­li­sa­tion géo­gra­phique reste effec­tive mais sa fia­bi­lité devient toute relative.

Ainsi, les web­mas­ters vont-ils spon­ta­né­ment déci­der en leur âme et conscience de dimi­nuer la fia­bi­lité des don­nées géo­gra­phiques qu’ils recueillent ? Faut-il rap­pe­ler que la géo­lo­ca­li­sa­tion d’une adresse IP est au mieux approxi­ma­tive et que sa pré­ci­sion ne passe que rare­ment sous la barre du kilomètre ?

Même si Google Analytics ne révèle aucune infor­ma­tion, il sem­blait indis­pen­sable à Google de don­ner, autant que pos­sible, plus de choix et de controle à ses utilisateurs.

3 – Une ver­sion sécu­ri­sée du moteur de recherche

Troisième dis­po­si­tion : la pos­si­bi­lité pour l’internaute d’effectuer ses recherches sur le moteur de Google en HTTPS (pro­to­cole SSL). Ainsi les don­nées sont chif­frées et les requêtes ne seront plus acces­sibles auprès du pre­mier hacker venu. Pour le moment, il sem­ble­rait que seule la ver­sion .com pro­pose une ver­sion sécu­ri­sée du moteur.

Si ce « mode privé » est excellent pour la confi­den­tia­lité des don­nées, il est en revanche néfaste pour l’analyse des sta­tis­tiques Web, et ce, quelque soit son outil de pré­di­lec­tion : en effet, il n’est alors plus pos­sible de connaître la pro­ve­nance de l’internaute : sans ce fameux réfé­rant, dif­fi­cile par exemple d’évaluer la per­ti­nence d’un partenariat.

Quelle conséquence pour l’analyse statistique ?

Je n’irais pas jusqu’à dire que ces annonces remettent en cause le socle même de l’analyse sta­tis­tique sur le Web, mais avouons qu’elles ne mettent pas les Webanalystes dans de bonnes dis­po­si­tions pour la suite de leur activité. Pour les éditeurs Web, les conséquences ne sont pas ano­dines puisqu’ils comptent sur ses don­nées pour amé­lio­rer, régler et opti­mi­ser l’expérience uti­li­sa­teur de l’internaute. Par exemple, l’ergonomie d’un site peut dépendre de la réso­lu­tion de l’écran, de la ver­sion du navi­ga­teur, de la prise en charge de Flash ou Javascript, de la langue du clavier…

Avoir une vue d’ensemble des pré­fé­rences de sa com­mu­nauté en matière d’outil Internet est un atout for­mi­dable et un gain de temps ines­ti­mable. Ce sont ces don­nées sta­tis­tiques, dont la trans­mis­sion est jus­te­ment remise en cause, qui per­mettent au Webdesigner, au Webmaster ou au créa­teur de contenu de se poser les bonnes ques­tions et par­fois de s’adapter à son lec­to­rat : ai-je inté­rêt à pro­po­ser mon contenu dans une autre langue, dois-je son­ger à déve­lop­per une ver­sion iPad de mon site, doit-il sup­por­ter Internet Explorer 6, est-il per­ti­nent d’aborder régu­liè­re­ment l’actualité Linux ? Autant de ques­tions auxquelles ils auront au mieux des réponses de plus en plus partielles.

Certains com­mencent à lever la voix en esti­mant qu’ils auraient du avoir la pos­si­bi­lité d’autoriser le plu­gin. D’autres ne com­prennent pas l’intérêt de déve­lop­per des outils de Webanalytics aussi sophis­tiqués puis d’encourager les Webmasters à les uti­li­ser dans de telles condi­tions. En défi­ni­tive, deux néces­si­tés anta­go­nistes viennent de se télescoper.

Quel accueil de la part des internautes ?

Par ailleurs, comme vous pou­vez l’imaginer, les enjeux sont bien plus colos­saux sur le plan mar­ke­ting où la conver­sion est une don­née essen­tielle. Mais il convient de res­ter pru­dent et de se gar­der de l’alarmisme : il reste à obser­ver quelle part des uti­li­sa­teurs ins­tal­le­ront effec­ti­ve­ment le plu­gin. D’ailleurs, d’après Brian Richardson, porte parole de Google, seul un visi­teur sur quinze s’est employé à désac­ti­ver ses don­nées per­son­nelles dans Google Ads Preferences.

En réa­lité, ce type de pro­blème s’est déjà posé, certes de manière plus offi­cieuse, avec les bloqueurs de pub, véri­table menace pour l’économie publi­ci­taire en ligne, et qui a d’ailleurs déjà porté préju­dice à plu­sieurs sites (on se sou­vient des dif­fi­cul­tés de PC INpact). Ce type de bloqueur désac­tive Javascript et fausse les leviers sta­tis­tiques du Web Marketing (CPM, CPC, CTR…).

Ceux qui se réjouissent ne réa­lisent pro­ba­ble­ment pas la somme d’informations per­dues pour les uti­li­sa­teurs de Google Analytics, des infor­ma­tions de toute façon ano­nymes et non per­ti­nentes, lorsque trai­tées à l’échelle indi­vi­duelle. Bien sûr, du point de vue de Google, la por­tée n’est pas la même. Mais au delà des pré­oc­cu­pa­tions sur la confi­den­tia­lité, Google a-t-il envi­sagé les conséquences que ces don­nées manquantes auront sur l’analyse ?

Un coup de machette pour les outils d’Analytics ?

Au delà des consi­dé­ra­tions tech­niques et de l’impopularité de ces mesures auprès des Webmasters, on ne peut s’empêcher de pen­ser à la por­tée sym­bo­lique des annonces de Google et à la volonté de la firme de se rache­ter une conduire, à l’heure où le Web s’enflamme au sujet des clauses de confi­den­tia­lité de Facebook. Alors évidem­ment, il serait inap­pro­prié de cri­tiquer un ser­vice qui four­nit des outils per­met­tant à ses uti­li­sa­teurs de maî­tri­ser les infor­ma­tions qu’ils trans­mettent impli­ci­te­ment pen­dant leurs péré­gri­na­tions sur le Web. Les AdBlocks et les désac­ti­veurs de Javascript ont déjà fait beau­coup de mal. Espérons sim­ple­ment qu’ils ne seront pas trop nom­breux à pas­ser le cap et qu’il ne s’agisse que d’une tem­pête dans un verre d’eau. Car, après tout, cette obses­sion de l’anonymat, cette para­noïa mala­dive de la confi­den­tia­lité n’est peut-être la pré­oc­cu­pa­tion que d’une poi­gnée de geeks. Or jus­te­ment : les blogs et sites High Tech risquent d’être les plus handicapés.

(article ini­tia­le­ment publié sur Statosphère,
le site des sta­tis­tiques du web et du web des statistiques)


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21 commentaires pour cet article

  1. Gordontesos

    Ils cal­culent peut-être effec­ti­ve­ment que ces mesures n’auront qu’un impact mineur sur les habi­tudes des uti­li­sa­teurs, et que suf­fi­sam­ment conti­nue­ront de four­nir leurs don­nées de manière à gar­der des sta­tis­tiques fiables, tout en pro­po­sant le choix et la pos­si­bi­lité à ces mêmes uti­li­sa­teurs de pro­té­ger leur anonymat.

  2. Clement Toulemonde

    Hello, Merci pour ce résumé.
    Je tiens à pré­ci­ser un point qui n’est pas évoqué dans cet article et pour­tant capi­tal:
    je connais très peu d’internautes qui
    1) Savent que leurs navi­ga­tion est traquée par des outils Analytics
    2) Savent ins­tal­ler une exten­sion de navi­ga­teur
    3) Savent ce qu’est un navigateur

    C’est la même chose qu’avec les AdBlocker: au delà d’une cer­taine sphère geek, per­sonne n’utilisera vrai­ment ces solu­tions dans la mesure ou elles ne sont vrai­ment pas visibles et acces­sibles.
    l’extension AdBlocker est même dis­po­nible sur le navi­ga­teur Chrome, un pro­duit de… Google; c’est dire !

    A mons avis cela ne concerne qu’un faible pour­cen­tage, qui n’impactera en rien l’analyse statique. 

    je trouve plu­tot sympa de la part de Google de lais­ser le choix aux web­mas­ter de tronquer ou non les IP. Cela peut être un argu­ment pour des sites à contenu sensible.

  3. sarje

    Le pro­blème du blo­cage des outils ana­ly­tics est à mon sens lié au manque de contrôle des uti­li­sa­teurs sur leur don­nées, et au manque d’information sur la nature des don­nées qu’on col­lecte à par­tir d’eux. Faute de savoir ce qui est col­lecté, par qui, com­ment et pourquoi, les gens tendent à accep­ter de bloquer autant que pos­sible les outils ana­ly­tics. Je ne sais pas s’il faut regret­ter leur atti­tude ou le manque géné­ral de contrôle des inter­nautes sur les don­nées qu’ils transmettent.

  4. bob

    Je pense que c’est une bonne chose de sen­si­bi­li­ser un peu les uti­li­sa­teurs sur la ges­tion des don­nées. Il y a cepen­dant une confu­sion entre don­nées per­son­nelles (nom, adresse), et don­nées tech­niques (iden­ti­fiant unique, ver­sion de flash…).

    Par aii­leurs, Google Analytics per­met de suivre les taux de conver­sion, ainsi que de conso­li­der toute don­nées four­nies par le site. Si vous êtes iden­ti­fiés sur le site web, et que le site vous demande votre date de nais­sance, elle peut être trans­mise à google ana­ly­tics si le web­mas­ter le sou­haite.
    Même si le visi­teur est d’accord pour four­nir sa date de nais­sance au site, le fait que les don­nées soient sto­ckées aussi (même sous forme conso­li­dée) chez google, et donc sur un ser­veur sur lequel s’applique une légis­la­tion dif­fé­rente en matière de réten­tion de don­née peut ouvrir de nou­velles dis­cus­sions.
    D’après ce que je constate, GA ne sup­prime pas les don­nées de plus de x ans, contrai­re­ment à cer­taines direc­tives appliquées dans cer­tains états membres.

  5. Steeve BOIS

    Je pense per­son­nel­le­ment qu’il peut s’agir d’une manoeuvre pour dire : “Google n’est pas si vilain que cela”.
    A cela s’ajoute le fait que les web­mas­ters seront peut-être plus enclins à uti­li­ser GA au lieu d’un autre outils de stats car ils auront l’impression de don­ner aux gens le choix d’être plus ou moins sur­veiller ou non et de dire : “puisque que je me sou­cis de la vie privé des inter­nautes et que j’ai besoin de sta­tis­tiques, j’opte pour GA qui me per­met d’avoir de bonne stats et les inter­nautes qui ne sou­haitent pas être sur­veillés de trop près peuvent le bloquer”.
    De là à ce que les inter­nautes non ini­tiés (et ils sont de plus en plus nom­breux) adoptent un plu­gin pour être plus ano­nyme, c’est une autre his­toire. Les gens sont trop peu sen­sibles au droit à l’oublie ou autre sujet pri­mor­diale comme la neu­tra­lité du Net.
    Enfin, ce sont peut-être les sites high tech qui en souf­fri­rons : sauf s’ils jouent la carte de la com­mu­nauté : “je laisse mon site pré­féré voir ce que je fais par ce que je l’aime bien”.

  6. Boudah Talenka

    “En réa­lité, ce type de pro­blème s’est déjà posé, certes de manière plus offi­cieuse, avec les bloqueurs de pub, véri­table menace pour l’économie publi­ci­taire en ligne”

    Et si jus­te­ment ce para­digme de l’économie publi­ci­taire en ligne était à repen­ser. Que dire des pages sur­char­gées de publi­cité, du para­si­tage omni­pré­sent des infor­ma­tions inté­res­santes par la publi­cité. Cet article, dont le style est très bon, me semble très cen­tré sur les desi­de­rata d’un webmaster.

  7. Guillaume

    @Clément : ce point est en parti abordé à plu­sieurs reprises, notam­ment ici.

    “Car, après tout, cette obses­sion de l’anonymat, cette para­noïa mala­dive de la confi­den­tia­lité n’est peut-être la pré­oc­cu­pa­tion que d’une poi­gnée de geeks.”

    M’enfin il faut être réa­liste : plus tu mul­ti­plies les moyens d’être ano­nyme sur la toile, plus les inter­nautes s’ont empare, même s’ils ne connaissent pas les véri­tables tenant et abou­tis­sant de la chose.

    HADOPI et tout le bat­tage pour y échap­per a quand même pro­fon­dé­ment oeu­vré pour que l’internaute com­prenne pourquoi il est, dans l’absolu, pré­fé­rable d’être anonyme.

    @Bob : ce n’est pas du tout une confu­sion dans la mesure où ces don­nées sont récu­pé­rées de manière “équi­table”. On ne va pas, par exemple, pré­fé­rer les don­nées per­son­nelles aux don­nées tech­niques. Par ailleurs, les don­nées tech­niques ont un inté­rêt bien plus élevées que les don­nées per­son­nelles vis à vis de l’utilisation qui en est faite concrètement. 

    Je suis de ceux qui pensent qu’il serait bien plus réa­liste de dire aux inter­nautes qu’ils cessent de visi­ter les sites qui n’annoncent pas expli­ci­te­ment renon­cer à leurs données.

    @Steeve : ils le sont trop peu, mais ils le sont de plus en plus… Parallèlement, il y a le pro­blème de la fia­bi­lité des sta­tis­tiques et des son­dages en géné­ral. Pourquoi une per­sonne son­dée (au télé­phone, sur Internet, par cour­rier) accep­te­rait de don­ner son année de nais­sance, sa ville, sa pro­fes­sion et de répondre à une mul­ti­tude de choses rela­tives à sa vie pri­vée si paral­lè­le­ment on lui apprend à être vigi­lant avec d’autres don­nées moins sen­sibles ? (parce que oui : la réso­lu­tion de l’écran, le sys­tème d’exploitation ou la langue de son cla­vier ne sont pas don­nées “dangereuses”)

    D’ailleurs, dans le cadre d’un son­dage, il est toujours pos­sible de restruc­tu­rer l’échantillon et de l’extrapoler. Dans le cadre du recueil de don­née tel que le pro­pose Google Analytics, le seul moyen d’améliorer la qua­lité de l’analyse c’est de tra­vailler sur des don­nées exhaus­tives puisque les redres­se­ments sont quasi impos­sibles à faire. Il n’est même plus pos­sible de maî­tri­ser le recueil du pro­fil des gens qui nous visitent : je trouve que c’est un comble.

  8. Guillaume

    @Boudah Talenka : par la force des choses, mon point de vu est simul­ta­né­ment celui d’un Webmaster, d’un chargé de trai­te­ment sta­tis­tique (de métier) et d’un inter­naute. Je pense donc avoir toutes les cartes en main pour me rendre compte des risques à prendre ou des pra­tiques auxquelles il faut renoncer.

    Pour ce qui est de la publi­cité en ligne : je pense que la publi­cité non ciblée (ou extrê­me­ment mal ciblée) telle qu’elle est dif­fu­sée à la télé­vi­sion, à la radio et dans la presse a lit­té­ra­le­ment tué la publi­cité ciblée sur Internet. Les inter­nautes se détournent des encarts publi­ci­taire avec des AdBlocks ou même, plus sim­ple­ment, ils ne les voient car­ré­ment plus. Désormais, le réflexe cou­rant est de dire : c’est une pub, donc ça ne m’intéresse pas, je ne lis pas, et je ne clique pas. Je trouve que l’énorme poten­tiel de la publi­cité ciblée a été gâché par plu­sieurs décen­nies de publi­cité non ciblée.

  9. Francois.l

    Sinon il y a http://www.ghostery.com/

  10. Steph

    Mouais.
    En tant que web­mas­ter je ne vois pas pourquoi je me pré­oc­cu­pe­rais des don­nées pro­ve­nant de gens qui font l’effort de les cacher (au moins en par­tie). Je pré­sume qu’ils ont d’excellentes rai­sons de refu­ser des fonc­tion­na­li­tés menant à une per­son­na­li­sa­tion du site, donc je n’ai pas à raf­fi­ner mon pro­duit pour des gens qui tiennent à res­ter lambda -> et donc, le site web que je leur four­nis res­tera lambda aussi.

  11. Guillaume

    Oui c’est sûr, après faut voir aussi qu’il y a des gens qui n’écrivent pas pour être lu. ;) Pour bon nombre de blo­gueur / web­mas­ter, la qua­lité de l’audience est le cadet de leur souci.

  12. Marcel D.

    “Je trouve que l’énorme poten­tiel de la publi­cité ciblée a été gâché par plu­sieurs décen­nies de publi­cité non ciblée.”
    C’est énorme !!! L’inefficacité des publi­ci­tés ciblées sur inter­net serait cau­sée par la télé­vi­sion et la presse. Et les pro­blèmes de frei­nage des voi­tures japo­naises aux Etats-Unis sont cau­sés par la vétusté des rick­shaws en Inde. C’est l’avis d’un méca­ni­cien auto qui a voyagé en Asie et qui a donc toutes les cartes (rou­tières) en main pour don­ner un avis éclairé et défi­ni­tif sur le sujet.
    Heureusement, c’est vendredi.

  13. Guillaume

    Euh du calme, effec­ti­ve­ment c’est ven­dredi et j’aurais pro­ba­ble­ment trouvé ton com­men­taire plus inté­res­sant si tu m’expliquais pourquoi des décen­nies de pubs non ciblées ont été béné­fiques pour la publi­cité en ligne. ;)

  14. Mickael GOUBIN

    @Guillaume, j’ai l’impression que @Marcel D. n’a pas du com­prendre ton rai­son­ne­ment en entier ^^

    Sinon, j’ai du mal à com­prendre com­ment on peut cri­tiquer le fait de don­ner le choix ? Même si c’est vrai, ça peut nuire aux sta­tis­tiques en ligne, mais comme le dit un com­men­taire, si cer­tains inter­nautes ne veulent pas auto­risé le par­tage de ces sta­tis­tiques ano­nymes, ca me parait nor­mal qu’on lui laisse le choix, même pour des don­nées qui paraissent peu impor­tante (du point de vue de l’internaute lambda).
    Et les gens qui n’autoriseront pas ces infor­ma­tions, le feront en toute connais­sance de cause, donc il suf­fit de ne pas les inclure dans les sta­tis­tique, non ?

  15. Fabrice Epelboin

    C’est la rançon du suc­cès, en pra­tique, dès que l’on dépasse une cer­taine fréquen­ta­tion, et en par­ti­cu­lier quand on se posi­tionne dans le champs poli­tique, on accueille un bon nombre de per­sonnes habi­tuel­le­ment qua­li­fiés de trolls. 

    La publi­cité a ten­dance a suci­ter toutes les pas­sions et à mettre en valeur les para­doxes, comme l’utopie d’une société de l’information et de la culture gra­tuite, débar­ras­sée de la pub, une uto­pie dans laquelle beau­coup d’entre nous vivons, en réa­lité, car elle est à la por­tée de tout geek mai­tri­sant suf­fi­sam­ment une palette d’outils.

    Réaliser que ce monde, s’il était géné­ra­lisé à tous, s’autodétruirait de facto requière une cer­taine matu­rité, une com­pré­hen­sion du fait que cela ne peut en aucun cas être un modèle de déve­lop­pe­ment durable que ce soit pour l’information, la culture ou l’internet dans son ensemble, et qu’il nous faut trou­ver autre chose avant qu’un tel arma­gue­don nous tombe des­sus et que le para­dis se trans­forme en enfer.

    Dieu merci, l’internaute lambda n’a pas idée de ce qu’est un proxy, un VPN ou un ad blo­cker, et n’utilisera cer­tai­ne­ment pas cet outil ser­vant à dis­pa­raitre de la comp­ta­bi­lité de Google Analytics, mais il n’en reste pas moins que la conclu­sion de Guillaume est évidente : les sites high tech sont plus expo­sés à un risque que les autres, et leurs reve­nus pour­raient en patir.

  16. julien

    Puisque je fais par­tie des « méchants » (cela fait des années que je bloque les publi­ci­tés ainsi que le script ga.js), je vais expliquer mon choix afin d’offrir un autre point de vue.

    Déjà, pour ce qui concerne la publi­cité. Guillaume, vous avez écrit « […] je pense que la publi­cité non ciblée (ou extrê­me­ment mal ciblée) telle qu’elle est dif­fu­sée à la télé­vi­sion, à la radio et dans la presse a lit­té­ra­le­ment tué la publi­cité ciblée sur Internet. » Pour moi, ce n’est pas ça la source du pro­blème. Ce qui m’a poussé à bloquer les publi­ci­tés, c’est d’avoir subi durant des années des publi­ci­tés sur le web bien trop intru­sives : Gator, X10, pop-ups, pop-under, … Tout cela a fini par rendre l’accès au contenu tel­le­ment com­pliqué, que j’ai sauté sur des proxies fil­trants où des plu­gins fil­trants dès que la pos­si­bi­lité m’a été don­née. On pourra me rétorquer que ces années d’excès furent une erreur et que la pub en ligne s’est « assa­gie » (via l’utilisation de pubs tex­tuelles ciblées par exemple), je ne suis pas de cet avis. Les quelques fois où il m’arrive de navi­guer sans bloqueur de publi­cité, je tombe encore trop régu­liè­re­ment sur des pubs en Flash venant recou­vrir le texte après un délai de lec­ture (com­por­te­ment que je trouve aussi désa­gréable que l’utilisation abu­sive du tag blink dans une page HTML… tag que je me suis fait égale­ment un grand plai­sir de désac­ti­ver dès que Netscape l’a pro­posé). Je perçois donc la « mort » de la pub en ligne comme étant avant tout due à quelques per­sonnes ayant voulu avant tout faire un maxi­mum d’argent en un mini­mum de temps avec ce nou­veau media qu’est le web.

    Maintenant au tour du blo­cage du ga.js… Il m’est arrivé plu­sieurs fois que le char­ge­ment de ce bout de code JavaScript bloque com­plè­te­ment l’affichage de la page web qui m’intéresse (page web res­tant blanche, néces­si­tant un rechar­ge­ment forcé de la page). Cela était pro­ba­ble­ment dû à un pro­blème de connec­ti­vité entre moi et les ser­veurs de Google Analytics, mais cela s’est pro­duit de manière suf­fi­sa­ment fréquente (j’ai encore eu le pro­blème ce matin sur un poste où j’avais oublié de bloquer ga.js) et sys­té­ma­tique pour me rendre compte qu’en bloquant sim­ple­ment ce petit script cela me per­met­tait d’avoir un affi­chage plus rapide des pages web qui m’intéressent (et égale­ment beau­coup moins de demandes de la part de mon navi­ga­teur d’accepter un cookie nommé __utma ;-) ).

    Pour résu­mer mon point de vue : je bloque ces deux tech­no­lo­gies parce que je les trouve par trop intru­sives sur mes habi­tudes quo­ti­diennes d’utilisation du web. Le jour où elles seront deve­nues suf­fi­sa­ment trans­pa­rentes (ce qui est anti­thé­tique pour de la publi­cité) pour ne plus per­tur­ber mon confort de lec­ture, je pour­rai peut-être consi­dé­rer de les débloquer (mais j’en doute : chat échaudé craint l’eau froide).

  17. thomas

    Hello,

    depuis votre article j’utilise Google en HTTPS (SSL). Une des limi­ta­tions est qu’il n’y a pas la recherche d’images… en fait, pour éviter de devoir chan­ger de google pour avoir la recherche des images il suf­fit d’ajouter le mot “images” a la recherche et il donne un lien vers google images (sans SSL).

    ex: https://www.google.com/#hl=en&q=Marc+Lipskier+images&aq=f&aqi=&aql=&oq=&gs_rfai=&prmdo=1&fp=7be269fcd6744371

    bàv.

  18. Jean-Pierre

    Comme Julien, je bloque depuis que j’en ai eu la pos­si­bi­lité la pub et je controle fine­ment javas­cript avec noscript.

    je le fais sans ver­gogne pour trois bonnes rai­sons :
    1/ la sécu­rité : nos­cript est néces­saire pour parer rapi­de­ment à des attaques main­te­nat capables de rou­ler même l’internaute le plus avisé (voir noa­tam­ment le pro­blèmes des onglets qui exploite notre confiance dans ce qu’on déjà véri­fié) ;
    2/ le confort : avec ce couple mes pages ne sont plus pol­luées et sont char­gées plus vite ;
    3/ je n’ai jamais cliqué sur un ban­deau publi­ci­taire sauf quand je cher­chais expli­ci­te­ment ce pro­duit et en fait de ban­deau, c’était une pub tex­tuelle sur google. et encore, je ne les cliques que si les autres n’ont rien donné, car elle ne sont là que pour de l’argent alors que les résul­tats de google sont plus pertinents.

    La pub est une erreur. Les marques feraient mieux de spon­so­ri­ser (discrétement).

    Ah et tiens, j’ai aussi été le cob­baye d,un dis­po­si­tif d’eye tra­cking sur inter­net. Je devais aller sur un site que je ne connais­sais pas, pour y faire une mis­sion simple mais pré­cise, typique de celle d’un vrai visi­teur du site. ce site avait des pubs (et le navi­ga­teur ne les bloquit en rien). le ver­dict du suivi occu­laire fut sans appel : à AUCUN moment mon regard ne s,est posé sur les pubs. Et pour­tant, j’ai regardé un peu par­tout pour trou­ver ce que je vou­lais (assez rapi­de­ment d’ailleurs, l’ergonomie du site était assez bonne).

    donc la pub c’est des gens qui vendent du vent à leurs clients d’annonceurs et qui enquiquinent les clients des autres entre­prises qui uti­lisent les ser­vices d’une régie publi­ci­taire. En tout cas c’est vrai pour moi et donc, je coupe la pub (sa gêne, ses risques) sur tous mes ordinateurs.

    Les gens sont cepen­dant en géné­ral pas assez motivé pour faire comme moi alors le can­cer gagne (ou l’utopie per­dure à mon avan­tage — c,est plus écono­mique mais je pré­fé­re­rais qu’on trouve une vraie bonne solu­tion au pro­blème financier).

    enfin, j’installerai le plu­gin si ce qui reste ge google ana­ly­tics est utile. aujourd’hui, je ne l’exécute pas du tout donc ce serait un mieux pour les webmestres.

  19. Guillaume

    En fait, je pense qu’il n’y a pas à juger la déci­sion de quelqu’un d’utiliser ces moyens (qui troquent en réa­lité une minus­cule part d’anonymat aux inter­nautes contre des désa­gré­ments bien réels pour l’analyse statistique).

    Ce qui me dérange for­te­ment en revanche, c’est cette fierté sys­té­ma­tique qui émane des com­men­taires affir­mant uti­li­ser le plu­gin ou le moteur de recherche sécurisé. 

    Vous vous trom­pez à la fois de cibles et d’ennemis…

    Quant aux publi­ci­tés : quand elles seront toutes au for­mat HTML5 et qu’une simple image ser­vira de tra­cker, vous aurez l’air fin…

  20. Antoine

    J’arrive un peu tard pour commenter.

    Pour ma part, je bloque Google Analytics et cie avec AdBlockPlus, j’ai désac­tivé le refer­rer comme décrit dans ce tuto­riel et j’utilise Scroogle en SSL.

    Personnellement, ce n’est pas tant les stats en elles-même qui me gènent que le fait que ces data partent encore chez Google.

  21. corrector

    Apparemment, ça ne vous dérange pas que Google concentre autant d’informations sur les visites sur autant de sites, dont les vôtres.

    Moi, si.

    Rien que le fait que cela ne vous tra­verse même pas l’esprit, que vous vous moquez sur ceux qui se pro­tègent, qui se défendent un peu contre une hyper-concentration d’information chez Google… et bien vous ne méri­tez pas d’avoir des stats précises.

    Bien fait pour vous.
    :D

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    […] com­pro­met l’analyse sta­tis­tique de l’audience sur Internet » – Readwriteweb Comment donc ? — La pre­mière dis­po­si­tion de Google a été un plu­gin conçu pour Chrome, Firefox […]

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