Alors que Google Analytics domine largement le marché des solutions webanalytics, il semblerait que les pontes de Google aient décidé de lui tirer plusieurs balles dans le pied en annonçant trois dispositions visant à compromettre l’envoi de données analytiques. La fourniture de ces données, pourtant anonymes, serait une façon pour Google de faire montre de bonne volonté.
Trop souvent comparé à Big Brother, la firme de Mountain View souhaite passer pour le bon élève. Car si Mark Zuckerberg a avoué ses erreurs de communication quant à la sécurité de Facebook, Google aime à rappeler qu’il n’est pas le diable et qu’il se doit de faciliter aux internautes la maîtrise de leurs données confidentielles.
1 – Le plugin Google Analytics Optout
La première disposition de Google est un plugin conçu pour Chrome, Firefox et Internet Explorer. Installé, celui-ci va empêcher Google Analytics d’enregistrer les données anonymes que sont la résolution d’écran, le navigateur, le FAI ou le système d’exploitation. Très concrètement, le script ga.js présent sur les sites trackés par Google Analytics sera désactivé et dans l’incapacité de fournir ces informations.
À noter que si une visite n’est plus prise en compte par Google Analytics, elle continuera d’être détectée et comptabilisée par le serveur du site Web. Cette décision est donc exclusivement relative à l’outil de Google et tout autre outil sera en mesure de récupérer les informations.
Il sera sûrement intéressant d’observer quelle résonnance aura cette décision sur la politique des autres fournisseurs de ce type de solution. Car même si Google Analytics est un des services les plus utilisés, d’autres compagnies (Woopra, StatCounter, Clicky, SiteMeter etc…) continueront de collecter les données des internautes. Il est évident que les utilisateurs, qui se seront rués sur le plugin fourni par Google, voudront également préserver leurs données vis à vis de ces autres solutions.
2 – Une option pour régler le niveau de vie privée
Par ailleurs, Google met à la disposition des webmasters une option de confidentialité visant à rendre partielle l’adresse IP, entraînant un renforcement de l’anonymat des informations recueillies. Google Analytics devra alors se contenter de cette IP tronquée. Dans ces conditions, côté analyse statistique, la localisation géographique reste effective mais sa fiabilité devient toute relative.
Ainsi, les webmasters vont-ils spontanément décider en leur âme et conscience de diminuer la fiabilité des données géographiques qu’ils recueillent ? Faut-il rappeler que la géolocalisation d’une adresse IP est au mieux approximative et que sa précision ne passe que rarement sous la barre du kilomètre ?
Même si Google Analytics ne révèle aucune information, il semblait indispensable à Google de donner, autant que possible, plus de choix et de controle à ses utilisateurs.
3 – Une version sécurisée du moteur de recherche
Troisième disposition : la possibilité pour l’internaute d’effectuer ses recherches sur le moteur de Google en HTTPS (protocole SSL). Ainsi les données sont chiffrées et les requêtes ne seront plus accessibles auprès du premier hacker venu. Pour le moment, il semblerait que seule la version .com propose une version sécurisée du moteur.
Si ce « mode privé » est excellent pour la confidentialité des données, il est en revanche néfaste pour l’analyse des statistiques Web, et ce, quelque soit son outil de prédilection : en effet, il n’est alors plus possible de connaître la provenance de l’internaute : sans ce fameux référant, difficile par exemple d’évaluer la pertinence d’un partenariat.


Quelle conséquence pour l’analyse statistique ?
Je n’irais pas jusqu’à dire que ces annonces remettent en cause le socle même de l’analyse statistique sur le Web, mais avouons qu’elles ne mettent pas les Webanalystes dans de bonnes dispositions pour la suite de leur activité. Pour les éditeurs Web, les conséquences ne sont pas anodines puisqu’ils comptent sur ses données pour améliorer, régler et optimiser l’expérience utilisateur de l’internaute. Par exemple, l’ergonomie d’un site peut dépendre de la résolution de l’écran, de la version du navigateur, de la prise en charge de Flash ou Javascript, de la langue du clavier…
Avoir une vue d’ensemble des préférences de sa communauté en matière d’outil Internet est un atout formidable et un gain de temps inestimable. Ce sont ces données statistiques, dont la transmission est justement remise en cause, qui permettent au Webdesigner, au Webmaster ou au créateur de contenu de se poser les bonnes questions et parfois de s’adapter à son lectorat : ai-je intérêt à proposer mon contenu dans une autre langue, dois-je songer à développer une version iPad de mon site, doit-il supporter Internet Explorer 6, est-il pertinent d’aborder régulièrement l’actualité Linux ? Autant de questions auxquelles ils auront au mieux des réponses de plus en plus partielles.
Certains commencent à lever la voix en estimant qu’ils auraient du avoir la possibilité d’autoriser le plugin. D’autres ne comprennent pas l’intérêt de développer des outils de Webanalytics aussi sophistiqués puis d’encourager les Webmasters à les utiliser dans de telles conditions. En définitive, deux nécessités antagonistes viennent de se télescoper.
Quel accueil de la part des internautes ?
Par ailleurs, comme vous pouvez l’imaginer, les enjeux sont bien plus colossaux sur le plan marketing où la conversion est une donnée essentielle. Mais il convient de rester prudent et de se garder de l’alarmisme : il reste à observer quelle part des utilisateurs installeront effectivement le plugin. D’ailleurs, d’après Brian Richardson, porte parole de Google, seul un visiteur sur quinze s’est employé à désactiver ses données personnelles dans Google Ads Preferences.
En réalité, ce type de problème s’est déjà posé, certes de manière plus officieuse, avec les bloqueurs de pub, véritable menace pour l’économie publicitaire en ligne, et qui a d’ailleurs déjà porté préjudice à plusieurs sites (on se souvient des difficultés de PC INpact). Ce type de bloqueur désactive Javascript et fausse les leviers statistiques du Web Marketing (CPM, CPC, CTR…).
Ceux qui se réjouissent ne réalisent probablement pas la somme d’informations perdues pour les utilisateurs de Google Analytics, des informations de toute façon anonymes et non pertinentes, lorsque traitées à l’échelle individuelle. Bien sûr, du point de vue de Google, la portée n’est pas la même. Mais au delà des préoccupations sur la confidentialité, Google a-t-il envisagé les conséquences que ces données manquantes auront sur l’analyse ?
Un coup de machette pour les outils d’Analytics ?
Au delà des considérations techniques et de l’impopularité de ces mesures auprès des Webmasters, on ne peut s’empêcher de penser à la portée symbolique des annonces de Google et à la volonté de la firme de se racheter une conduire, à l’heure où le Web s’enflamme au sujet des clauses de confidentialité de Facebook. Alors évidemment, il serait inapproprié de critiquer un service qui fournit des outils permettant à ses utilisateurs de maîtriser les informations qu’ils transmettent implicitement pendant leurs pérégrinations sur le Web. Les AdBlocks et les désactiveurs de Javascript ont déjà fait beaucoup de mal. Espérons simplement qu’ils ne seront pas trop nombreux à passer le cap et qu’il ne s’agisse que d’une tempête dans un verre d’eau. Car, après tout, cette obsession de l’anonymat, cette paranoïa maladive de la confidentialité n’est peut-être la préoccupation que d’une poignée de geeks. Or justement : les blogs et sites High Tech risquent d’être les plus handicapés.
(article initialement publié sur Statosphère,
le site des statistiques du web et du web des statistiques)











28 mai 2010 à 9:19
Ils calculent peut-être effectivement que ces mesures n’auront qu’un impact mineur sur les habitudes des utilisateurs, et que suffisamment continueront de fournir leurs données de manière à garder des statistiques fiables, tout en proposant le choix et la possibilité à ces mêmes utilisateurs de protéger leur anonymat.
28 mai 2010 à 10:42
Hello, Merci pour ce résumé.
Je tiens à préciser un point qui n’est pas évoqué dans cet article et pourtant capital:
je connais très peu d’internautes qui
1) Savent que leurs navigation est traquée par des outils Analytics
2) Savent installer une extension de navigateur
3) Savent ce qu’est un navigateur
C’est la même chose qu’avec les AdBlocker: au delà d’une certaine sphère geek, personne n’utilisera vraiment ces solutions dans la mesure ou elles ne sont vraiment pas visibles et accessibles.
l’extension AdBlocker est même disponible sur le navigateur Chrome, un produit de… Google; c’est dire !
A mons avis cela ne concerne qu’un faible pourcentage, qui n’impactera en rien l’analyse statique.
je trouve plutot sympa de la part de Google de laisser le choix aux webmaster de tronquer ou non les IP. Cela peut être un argument pour des sites à contenu sensible.
28 mai 2010 à 10:47
Le problème du blocage des outils analytics est à mon sens lié au manque de contrôle des utilisateurs sur leur données, et au manque d’information sur la nature des données qu’on collecte à partir d’eux. Faute de savoir ce qui est collecté, par qui, comment et pourquoi, les gens tendent à accepter de bloquer autant que possible les outils analytics. Je ne sais pas s’il faut regretter leur attitude ou le manque général de contrôle des internautes sur les données qu’ils transmettent.
28 mai 2010 à 11:42
Je pense que c’est une bonne chose de sensibiliser un peu les utilisateurs sur la gestion des données. Il y a cependant une confusion entre données personnelles (nom, adresse), et données techniques (identifiant unique, version de flash…).
Par aiileurs, Google Analytics permet de suivre les taux de conversion, ainsi que de consolider toute données fournies par le site. Si vous êtes identifiés sur le site web, et que le site vous demande votre date de naissance, elle peut être transmise à google analytics si le webmaster le souhaite.
Même si le visiteur est d’accord pour fournir sa date de naissance au site, le fait que les données soient stockées aussi (même sous forme consolidée) chez google, et donc sur un serveur sur lequel s’applique une législation différente en matière de rétention de donnée peut ouvrir de nouvelles discussions.
D’après ce que je constate, GA ne supprime pas les données de plus de x ans, contrairement à certaines directives appliquées dans certains états membres.
28 mai 2010 à 11:55
Je pense personnellement qu’il peut s’agir d’une manoeuvre pour dire : “Google n’est pas si vilain que cela”.
A cela s’ajoute le fait que les webmasters seront peut-être plus enclins à utiliser GA au lieu d’un autre outils de stats car ils auront l’impression de donner aux gens le choix d’être plus ou moins surveiller ou non et de dire : “puisque que je me soucis de la vie privé des internautes et que j’ai besoin de statistiques, j’opte pour GA qui me permet d’avoir de bonne stats et les internautes qui ne souhaitent pas être surveillés de trop près peuvent le bloquer”.
De là à ce que les internautes non initiés (et ils sont de plus en plus nombreux) adoptent un plugin pour être plus anonyme, c’est une autre histoire. Les gens sont trop peu sensibles au droit à l’oublie ou autre sujet primordiale comme la neutralité du Net.
Enfin, ce sont peut-être les sites high tech qui en souffrirons : sauf s’ils jouent la carte de la communauté : “je laisse mon site préféré voir ce que je fais par ce que je l’aime bien”.
28 mai 2010 à 12:41
“En réalité, ce type de problème s’est déjà posé, certes de manière plus officieuse, avec les bloqueurs de pub, véritable menace pour l’économie publicitaire en ligne”
Et si justement ce paradigme de l’économie publicitaire en ligne était à repenser. Que dire des pages surchargées de publicité, du parasitage omniprésent des informations intéressantes par la publicité. Cet article, dont le style est très bon, me semble très centré sur les desiderata d’un webmaster.
28 mai 2010 à 13:08
@Clément : ce point est en parti abordé à plusieurs reprises, notamment ici.
“Car, après tout, cette obsession de l’anonymat, cette paranoïa maladive de la confidentialité n’est peut-être la préoccupation que d’une poignée de geeks.”
M’enfin il faut être réaliste : plus tu multiplies les moyens d’être anonyme sur la toile, plus les internautes s’ont empare, même s’ils ne connaissent pas les véritables tenant et aboutissant de la chose.
HADOPI et tout le battage pour y échapper a quand même profondément oeuvré pour que l’internaute comprenne pourquoi il est, dans l’absolu, préférable d’être anonyme.
@Bob : ce n’est pas du tout une confusion dans la mesure où ces données sont récupérées de manière “équitable”. On ne va pas, par exemple, préférer les données personnelles aux données techniques. Par ailleurs, les données techniques ont un intérêt bien plus élevées que les données personnelles vis à vis de l’utilisation qui en est faite concrètement.
Je suis de ceux qui pensent qu’il serait bien plus réaliste de dire aux internautes qu’ils cessent de visiter les sites qui n’annoncent pas explicitement renoncer à leurs données.
@Steeve : ils le sont trop peu, mais ils le sont de plus en plus… Parallèlement, il y a le problème de la fiabilité des statistiques et des sondages en général. Pourquoi une personne sondée (au téléphone, sur Internet, par courrier) accepterait de donner son année de naissance, sa ville, sa profession et de répondre à une multitude de choses relatives à sa vie privée si parallèlement on lui apprend à être vigilant avec d’autres données moins sensibles ? (parce que oui : la résolution de l’écran, le système d’exploitation ou la langue de son clavier ne sont pas données “dangereuses”)
D’ailleurs, dans le cadre d’un sondage, il est toujours possible de restructurer l’échantillon et de l’extrapoler. Dans le cadre du recueil de donnée tel que le propose Google Analytics, le seul moyen d’améliorer la qualité de l’analyse c’est de travailler sur des données exhaustives puisque les redressements sont quasi impossibles à faire. Il n’est même plus possible de maîtriser le recueil du profil des gens qui nous visitent : je trouve que c’est un comble.
28 mai 2010 à 13:24
@Boudah Talenka : par la force des choses, mon point de vu est simultanément celui d’un Webmaster, d’un chargé de traitement statistique (de métier) et d’un internaute. Je pense donc avoir toutes les cartes en main pour me rendre compte des risques à prendre ou des pratiques auxquelles il faut renoncer.
Pour ce qui est de la publicité en ligne : je pense que la publicité non ciblée (ou extrêmement mal ciblée) telle qu’elle est diffusée à la télévision, à la radio et dans la presse a littéralement tué la publicité ciblée sur Internet. Les internautes se détournent des encarts publicitaire avec des AdBlocks ou même, plus simplement, ils ne les voient carrément plus. Désormais, le réflexe courant est de dire : c’est une pub, donc ça ne m’intéresse pas, je ne lis pas, et je ne clique pas. Je trouve que l’énorme potentiel de la publicité ciblée a été gâché par plusieurs décennies de publicité non ciblée.
28 mai 2010 à 14:48
Sinon il y a http://www.ghostery.com/
28 mai 2010 à 18:49
Mouais.
En tant que webmaster je ne vois pas pourquoi je me préoccuperais des données provenant de gens qui font l’effort de les cacher (au moins en partie). Je présume qu’ils ont d’excellentes raisons de refuser des fonctionnalités menant à une personnalisation du site, donc je n’ai pas à raffiner mon produit pour des gens qui tiennent à rester lambda -> et donc, le site web que je leur fournis restera lambda aussi.
28 mai 2010 à 18:55
Oui c’est sûr, après faut voir aussi qu’il y a des gens qui n’écrivent pas pour être lu. ;) Pour bon nombre de blogueur / webmaster, la qualité de l’audience est le cadet de leur souci.
28 mai 2010 à 19:50
“Je trouve que l’énorme potentiel de la publicité ciblée a été gâché par plusieurs décennies de publicité non ciblée.”
C’est énorme !!! L’inefficacité des publicités ciblées sur internet serait causée par la télévision et la presse. Et les problèmes de freinage des voitures japonaises aux Etats-Unis sont causés par la vétusté des rickshaws en Inde. C’est l’avis d’un mécanicien auto qui a voyagé en Asie et qui a donc toutes les cartes (routières) en main pour donner un avis éclairé et définitif sur le sujet.
Heureusement, c’est vendredi.
28 mai 2010 à 20:00
Euh du calme, effectivement c’est vendredi et j’aurais probablement trouvé ton commentaire plus intéressant si tu m’expliquais pourquoi des décennies de pubs non ciblées ont été bénéfiques pour la publicité en ligne. ;)
28 mai 2010 à 22:42
@Guillaume, j’ai l’impression que @Marcel D. n’a pas du comprendre ton raisonnement en entier ^^
Sinon, j’ai du mal à comprendre comment on peut critiquer le fait de donner le choix ? Même si c’est vrai, ça peut nuire aux statistiques en ligne, mais comme le dit un commentaire, si certains internautes ne veulent pas autorisé le partage de ces statistiques anonymes, ca me parait normal qu’on lui laisse le choix, même pour des données qui paraissent peu importante (du point de vue de l’internaute lambda).
Et les gens qui n’autoriseront pas ces informations, le feront en toute connaissance de cause, donc il suffit de ne pas les inclure dans les statistique, non ?
29 mai 2010 à 10:37
C’est la rançon du succès, en pratique, dès que l’on dépasse une certaine fréquentation, et en particulier quand on se positionne dans le champs politique, on accueille un bon nombre de personnes habituellement qualifiés de trolls.
La publicité a tendance a suciter toutes les passions et à mettre en valeur les paradoxes, comme l’utopie d’une société de l’information et de la culture gratuite, débarrassée de la pub, une utopie dans laquelle beaucoup d’entre nous vivons, en réalité, car elle est à la portée de tout geek maitrisant suffisamment une palette d’outils.
Réaliser que ce monde, s’il était généralisé à tous, s’autodétruirait de facto requière une certaine maturité, une compréhension du fait que cela ne peut en aucun cas être un modèle de développement durable que ce soit pour l’information, la culture ou l’internet dans son ensemble, et qu’il nous faut trouver autre chose avant qu’un tel armaguedon nous tombe dessus et que le paradis se transforme en enfer.
Dieu merci, l’internaute lambda n’a pas idée de ce qu’est un proxy, un VPN ou un ad blocker, et n’utilisera certainement pas cet outil servant à disparaitre de la comptabilité de Google Analytics, mais il n’en reste pas moins que la conclusion de Guillaume est évidente : les sites high tech sont plus exposés à un risque que les autres, et leurs revenus pourraient en patir.
31 mai 2010 à 9:36
Puisque je fais partie des « méchants » (cela fait des années que je bloque les publicités ainsi que le script ga.js), je vais expliquer mon choix afin d’offrir un autre point de vue.
Déjà, pour ce qui concerne la publicité. Guillaume, vous avez écrit « […] je pense que la publicité non ciblée (ou extrêmement mal ciblée) telle qu’elle est diffusée à la télévision, à la radio et dans la presse a littéralement tué la publicité ciblée sur Internet. » Pour moi, ce n’est pas ça la source du problème. Ce qui m’a poussé à bloquer les publicités, c’est d’avoir subi durant des années des publicités sur le web bien trop intrusives : Gator, X10, pop-ups, pop-under, … Tout cela a fini par rendre l’accès au contenu tellement compliqué, que j’ai sauté sur des proxies filtrants où des plugins filtrants dès que la possibilité m’a été donnée. On pourra me rétorquer que ces années d’excès furent une erreur et que la pub en ligne s’est « assagie » (via l’utilisation de pubs textuelles ciblées par exemple), je ne suis pas de cet avis. Les quelques fois où il m’arrive de naviguer sans bloqueur de publicité, je tombe encore trop régulièrement sur des pubs en Flash venant recouvrir le texte après un délai de lecture (comportement que je trouve aussi désagréable que l’utilisation abusive du tag blink dans une page HTML… tag que je me suis fait également un grand plaisir de désactiver dès que Netscape l’a proposé). Je perçois donc la « mort » de la pub en ligne comme étant avant tout due à quelques personnes ayant voulu avant tout faire un maximum d’argent en un minimum de temps avec ce nouveau media qu’est le web.
Maintenant au tour du blocage du ga.js… Il m’est arrivé plusieurs fois que le chargement de ce bout de code JavaScript bloque complètement l’affichage de la page web qui m’intéresse (page web restant blanche, nécessitant un rechargement forcé de la page). Cela était probablement dû à un problème de connectivité entre moi et les serveurs de Google Analytics, mais cela s’est produit de manière suffisament fréquente (j’ai encore eu le problème ce matin sur un poste où j’avais oublié de bloquer ga.js) et systématique pour me rendre compte qu’en bloquant simplement ce petit script cela me permettait d’avoir un affichage plus rapide des pages web qui m’intéressent (et également beaucoup moins de demandes de la part de mon navigateur d’accepter un cookie nommé __utma ;-) ).
Pour résumer mon point de vue : je bloque ces deux technologies parce que je les trouve par trop intrusives sur mes habitudes quotidiennes d’utilisation du web. Le jour où elles seront devenues suffisament transparentes (ce qui est antithétique pour de la publicité) pour ne plus perturber mon confort de lecture, je pourrai peut-être considérer de les débloquer (mais j’en doute : chat échaudé craint l’eau froide).
02 juin 2010 à 16:18
Hello,
depuis votre article j’utilise Google en HTTPS (SSL). Une des limitations est qu’il n’y a pas la recherche d’images… en fait, pour éviter de devoir changer de google pour avoir la recherche des images il suffit d’ajouter le mot “images” a la recherche et il donne un lien vers google images (sans SSL).
ex: https://www.google.com/#hl=en&q=Marc+Lipskier+images&aq=f&aqi=&aql=&oq=&gs_rfai=&prmdo=1&fp=7be269fcd6744371
bàv.
04 juin 2010 à 16:33
Comme Julien, je bloque depuis que j’en ai eu la possibilité la pub et je controle finement javascript avec noscript.
je le fais sans vergogne pour trois bonnes raisons :
1/ la sécurité : noscript est nécessaire pour parer rapidement à des attaques maintenat capables de rouler même l’internaute le plus avisé (voir noatamment le problèmes des onglets qui exploite notre confiance dans ce qu’on déjà vérifié) ;
2/ le confort : avec ce couple mes pages ne sont plus polluées et sont chargées plus vite ;
3/ je n’ai jamais cliqué sur un bandeau publicitaire sauf quand je cherchais explicitement ce produit et en fait de bandeau, c’était une pub textuelle sur google. et encore, je ne les cliques que si les autres n’ont rien donné, car elle ne sont là que pour de l’argent alors que les résultats de google sont plus pertinents.
La pub est une erreur. Les marques feraient mieux de sponsoriser (discrétement).
Ah et tiens, j’ai aussi été le cobbaye d,un dispositif d’eye tracking sur internet. Je devais aller sur un site que je ne connaissais pas, pour y faire une mission simple mais précise, typique de celle d’un vrai visiteur du site. ce site avait des pubs (et le navigateur ne les bloquit en rien). le verdict du suivi occulaire fut sans appel : à AUCUN moment mon regard ne s,est posé sur les pubs. Et pourtant, j’ai regardé un peu partout pour trouver ce que je voulais (assez rapidement d’ailleurs, l’ergonomie du site était assez bonne).
donc la pub c’est des gens qui vendent du vent à leurs clients d’annonceurs et qui enquiquinent les clients des autres entreprises qui utilisent les services d’une régie publicitaire. En tout cas c’est vrai pour moi et donc, je coupe la pub (sa gêne, ses risques) sur tous mes ordinateurs.
Les gens sont cependant en général pas assez motivé pour faire comme moi alors le cancer gagne (ou l’utopie perdure à mon avantage — c,est plus économique mais je préférerais qu’on trouve une vraie bonne solution au problème financier).
enfin, j’installerai le plugin si ce qui reste ge google analytics est utile. aujourd’hui, je ne l’exécute pas du tout donc ce serait un mieux pour les webmestres.
04 juin 2010 à 18:24
En fait, je pense qu’il n’y a pas à juger la décision de quelqu’un d’utiliser ces moyens (qui troquent en réalité une minuscule part d’anonymat aux internautes contre des désagréments bien réels pour l’analyse statistique).
Ce qui me dérange fortement en revanche, c’est cette fierté systématique qui émane des commentaires affirmant utiliser le plugin ou le moteur de recherche sécurisé.
Vous vous trompez à la fois de cibles et d’ennemis…
Quant aux publicités : quand elles seront toutes au format HTML5 et qu’une simple image servira de tracker, vous aurez l’air fin…
10 juin 2010 à 0:46
J’arrive un peu tard pour commenter.
Pour ma part, je bloque Google Analytics et cie avec AdBlockPlus, j’ai désactivé le referrer comme décrit dans ce tutoriel et j’utilise Scroogle en SSL.
Personnellement, ce n’est pas tant les stats en elles-même qui me gènent que le fait que ces data partent encore chez Google.
22 juin 2010 à 21:40
Apparemment, ça ne vous dérange pas que Google concentre autant d’informations sur les visites sur autant de sites, dont les vôtres.
Moi, si.
Rien que le fait que cela ne vous traverse même pas l’esprit, que vous vous moquez sur ceux qui se protègent, qui se défendent un peu contre une hyper-concentration d’information chez Google… et bien vous ne méritez pas d’avoir des stats précises.
Bien fait pour vous.
:D