L’Afrique en haut débit

afrique-cable-sous-marinLa pose annoncée d’un câble sous marin assurant une liaison très haut débit sur toute la façade ouest du continent Africain, qui viendra compléter un dispositif haut débit en place depuis peu annonce une décennie de changement radicaux pour toute une partie de l’Afrique.

Entre les différents dispositifs mis en place par des consortiums télécom français ou américains, plus un seul pays de l’Afrique de l’ouest n’est désormais coupé du très haut débit, et ceci pour un prix divisé par 10. En tout, c’est plus d’une vingtaine de pays, dont une large partie sont francophones (et dont tous pratiquent couramment une langue Européenne), qui vont pouvoir tirer partie, dans la décennie à venir, de l’économie numérique et de la société du savoir.

Pour ceux qui sauront prendre le train du numérique qui entre en gare, les bouleversements à venir s’annoncent considérables, non seulement au plan national, mais également au niveau du continent Africain tout entier, de sa relation avec le Nord, et avec la France en particulier.

Les secteurs qui pourraient connaitre une transformation radicale sont nombreux, et pour peu que cela soit correctement orchestré, l’entrée de l’Afrique sub Saharienne dans la société du numérique pourrait profiter massivement à l’ensemble de sa population.

Un pari qu’ont déjà relevé plusieurs pays d’Afrique du nord, qui mobilisent des investissements colossaux, comme au Maroc, où plus de 700 millions d’euros ont été alloués à un plan de développement «Maroc Numéric 2013» destiné à amener à 13% du Produit National Brut la part liée aux nouvelles technologies.

Economie

Avec l’accélération du télétravail au Nord, les délocalisations ne seront plus à l’avenir l’apanage de l’industrie. Comme ce fut le cas entre les Etats-Unis et l’Inde, on pourrait assister à une délocalisation progressive du secteur des services vers l’Afrique où les diplômés ne manquent pas, parlent la même langue, et son situés, qui plus est, dans un créneau horaire parfaitement compatible avec les heures d’ouverture des bureaux en Europe.

Du graphisme à la comptabilité en passant par l’informatique, ce sont ainsi des milliers d’entreprises du secteur tertiaire qui pourraient, grâce au haut débit, naître un peu partout en Afrique et proposer leurs services aux sociétés occidentales à la recherche de souplesse et de réduction de leurs coûts, en particulier pour des fonctions qu’elle jugent peu stratégiques. Cela vous semble fou ? Affiliated Computer Services, une société Texane spécialisé dans l’outsourcing de services, est pourtant dors et déjà le premier employeur privé du Ghana.

On pourrait même assister à des spécialisations dans certains pays, et même, pour les plus opportunistes, à un véritable boom de l’économie des services, appelée à représenter une partie conséquente du PIB et une proportion importante de la croissance, à l’image de l’île Maurice, qui a connu une telle période d’euphorie ces dix dernières années.

Après avoir pillé ses matières premières durant plusieurs siècles et avoir annoncé son intention de faire de même avec sa matière grise sous la terminologie d’ «émigration choisie», c’est en pratique le contraire qui pourrait prendre place. Un joli pied de nez à l’histoire, qu’internet n’a pas fini de bouleverser, tout comme l’imprimerie en son temps.

Education

Dans un continent où la population est beaucoup plus jeune qu’au Nord, l’éducation est plus encore qu’ailleurs le meilleur investissement qu’un pays puisse faire pour son avenir, or là aussi, internet a tous les atouts pour changer de façon radicale les fondamentaux de cette équation.

L’homme a toujours su s’adapter aux réalités de sa situation, mais avant d’affronter les problèmes auxquels il doit faire face, il doit être en mesure de les voir clairement. A cet égard, l’éducation est un outil vital dont internet est en passe de devenir la clé du développement en Afrique.

L’eLearning, déjà largement expérimenté en Europe, aux Etats-Unis, mais aussi un peu partout en Afrique, même s’il est loin de pouvoir se substituer aux modèles traditionnels de l’enseignement, a pour lui le mérite de pouvoir en abaisser les coûts et de permettre une montée en puissance rapide de la capacité de formation d’un pays.

Au delà de la scolarité, l’eLearning recèle aussi une mine d’opportunités pour ce qui est de la formation permanente, et là encore, le jeune âge des populations africaines laisse entrevoir un public par nature moins réticent à l’outil informatique pour se former tout au long de la vie.

Au passage, la France dispose d’une collection qui commence à être conséquente en terme de matériel pédagogique en ligne, qu’elle pourrait tout a fait envisager de partager (il suffirait d’appliquer les dispositifs de la DAVDSI relatifs aux droits d’auteur dans les documents pédagogiques).

Les enseignants ont montré leur capacité à créer des outils pédagogiques numériques disponibles gratuitement en dehors des systèmes commerciaux, et hors de l’emprise du copyright, c’est d’ailleurs un mouvement qui, même en France, semble inéluctable tant les réductions de coûts semblent indispensables.

Ce corpus pédagogique, qui fait désormais parti du bien commun de l’humanité, ne va cesser de croitre dans les années à venir et pourrait profiter demain tout autant à un élève de primaire de Rennes qu’à celui de Brazzaville.

Même si l’infrastructure n’est pas le seul frein, loin de là, à l’avancée de l’eLearning en Afrique, celui-ci devrait pour ainsi dire disparaitre petit à petit, permettant aux différents acteurs du système de se concentrer sur les derniers obstacles à l’extension des dernières technologies de l’éducation.

En poussant vers le haut le système éducatif Africain et en permettant à un plus grand nombre de ses citoyens d’accéder aux savoirs, l’Afrique pourrait ainsi relever un autre défi qui se pose à elle pour le XXIe siècle et qui marquerait symboliquement son accession à la société du savoir : inscrire l’un des sien dans la liste des prix Nobel en sciences.

Santé publique

Mais l’eLearning peut également servir à des objectifs de santé public, comme la lutte contre le Sida, ce que soulignait déjà en 2008 un rapport de l’Institut de Recherche pour le Développement. L’eLearning peut se mettre au service de la lutte contre les multiples problématiques sanitaires, qu’une meilleure information des populations peut grandement contribuer à enrayer, et qui empoisonnent encore de nombreuses zones du continent Africain.

Ajoutez à la popularisation de notions d’hygiène quelques notions de nutrition, et l’effet démographique pourrait devenir radical : chute de la mortalité infantile et augmentation de la durée de vie (et non, une augmentation de la population ne serait pas une catastrophe, bien au contraire).

Médecine

Le mobile a déjà largement fait ses preuves pour ce qui est de la démocratisation des services de médecine sur le continent Africain, en particulier dans les zones où le personnel médical vient à manquer, mais le très haut débit pourrait apporter sur le continent des innovations en terme de télémédecine, permettant à la qualité des soins de s’améliorer de façon considérable.

De l’opération chirurgicale réalisée à distance – probablement ce qu’il y a de plus impressionnant en télémédecine, mais également de plus expérimental à ce jour – au diagnostic réalisé à distance, quelque chose de courant désormais aux Etats Unis où les radiologues Indiens sont très présents et effectuent leurs diagnostics à distance, le secteur médical qui évolue à grand pas dans le monde du numérique, pourrait voir l’Afrique profiter pleinement de ses dernières innovations.

Au regard du sort réservé dans les hôpitaux Français aux diplômés de médecine issus du continent Africain, un retour au pays où leurs compétences seraient reconnues à leur juste valeur serait, là encore, un pied de nez cocasse fait par l’internet à une politique d’émigration discutable.

Accessoirement, ce serait une mauvaise nouvelle pour les hôpitaux Français qui ont cruellement besoin de cette main d’œuvre peu chère, compétente, et corvéable à merci. Une vision plus optimiste serait d’envisager des programmes de coopération Nord-Sud sur la télémédecine, mutuellement bénéfiques.

Média

Il existe déjà de nombreux média sociaux Africains, et la plupart des pays d’Afrique ont aujourd’hui leurs portails d’information, mais le marché est loin d’être arrivé à maturité, et avec l’arrivée et la démocratisation de l’accès à internet, il y a fort à parier que le marché de l’information explose. Qu’il s’agisse de journaux en ligne ou de blogs personnels, le Nord a clairement montré que l’usage massif par les populations de l’outil internet s’accompagnait inexorablement d’une explosion et d’une redéfinition du secteur média.

La situation sur place est fort différente de ce que l’on connait ici, et l’avenir dira si l’on assistera à un déploiement des média traditionnels sur le numérique ou si de nouveaux acteurs se feront jour pour devenir demain de véritables petits empires médiatiques nationaux, voir trans nationaux.

Une chose est certaine cependant, le secteur va connaitre une évolution rapide dans la décennie à venir.

Longtemps restée sur un modèle média où la radio dominait largement, l’Afrique pourrait tout simplement zapper l’étape de la télévision dominante et aller directement à la phase des média numériques, notamment mobiles. Une évolution qui semble coller avec les développements de France24, très présent sur le continent Africain, qui donne, au fur et à mesure des ses différentes versions, l’impression que la télévision n’est qu’une étape vers une autre forme de média d’information mêlant vidéo, internet et mobilité, où l’actualité elle même est en partie issue de réseaux citoyens orchestrés par des journalistes.

Vie sociale et culturelle

La Tunisie a montré a quel point un outil comme Facebook pouvait se retrouver dans une situation centrale pour l’animation et le développement de la vie sociale et culturelle, les autres pays d’Afrique n’ont aucune raison de ne pas suivre ce chemin, que ce soit sur Facebook ou sur d’autres système sociaux, comme Twitter, qui a une très belle carte à jouer en Afrique ou de nouveaux entrants dans le secteur des média sociaux, qui auront su proposer une formule adaptée à la culture locale. Il n’est pas impossible non plus qu’un des nombreux acteurs de la scène startup africaine remporte le marché de la vie sociale en ligne en Afrique de l’Ouest.

Montée en puissance de la eFrancophonie

Parmi les pays de la côte ouest Africaine désormais reliés massivement à internet se trouvent un grand nombre de pays francophones, et la possibilité pour des millions d’habitants de disposer d’outils d’autopublication gratuits tels que les blogs ne peut qu’avoir un effet radical sur la francophonie sur internet.

Au début des années 90, la francophonie sur internet était dominée par les Québécois, le temps pour les Français d’oublier le minitel pour entrer timidement, à la fin des années 90, dans l’ère du numérique. Les années 2010 pourrait marquer l’arrivée des Africains dans la francophonie numérique, et impacter durablement la Culture de la langue française.

La culture des pays d’Afrique francophone a toutes les chances de prendre une place plus importante dans la décennie à venir. Jusqu’ici négligée par les média traditionnels et reléguée à des niches, la voici, avec internet, dans la position de participer pleinement à la culture du XXIe siècle d’une façon bien plus proactive que durant le siècle précédent, où même si son apport à l’art contemporain est incontestable, elle n’a pas eu l’occasion de maitriser son impact et moins encore d’en tirer un quelconque bénéfice.

Même si la musique du siècle passé a largement puisé dans des racines africaines, il faudra, grâce au numérique, faire désormais avec toutes les palettes de la culture d’un continent tout entier : cinéma, art contemporain, littérature, mythologies… Le réservoir est immense et promet de donner à ceux qui s’en empareront un rôle de premier plan dans la culture du XXIe siècle, où le poids des réseaux de distribution et des mass média aux mains des pays du nord aura bien moins d’impact sur la Culture qu’il n’en a eu au XXe siècle.

Après la Coupe du Monde de Football – qui ne durera qu’un temps – la Culture est sans aucun doute le moyen de plus sûr et le plus «durable» de projeter dans le monde entier une image positive du continent Africain, apte à compenser une image d’Epinal peu flatteuse véhiculée par un Nord qui se complait dans une supériorité culturelle qui repose, en grande partie, sur la puissance déclinante de son industrie culturelle et son circuit de distribution obsolète.

Agriculture

L’agriculture en Afrique n’a pas été massivement industrialisée comme au Nord, c’est à la fois une chance – pour l’environnement – et un drame, car il lui faut nourrir une population de plus en plus nombreuse.

Internet, là aussi, peu apporter un plus indéniable, notamment en mettant en place des outils permettant aux agriculteurs de partager leurs savoirs faire afin d’augmenter l’efficacité de leurs fermes sans pour autant sacrifier l’environnement.

L’arrivée et la pénétration progressive de l’internet dans le territoire Africain pourrait dynamiser le secteur agricole et lui offrir une voie en matière de développement radicalement différente de celle emprunté dans les pays développés durant le XXe siècle.

Un espoir, tant pour la préservation de la nature que pour la population tout entière, qui pourrait ainsi bénéficier des gains substantiel de productivité apportés par les nouvelles technologies.

Avec la montée en puissance de l’agriculture, on peut également imaginer l’arrivée d’une industrie agro-alimentaire locale, ce qui permettrait au pays d’être moins dépourvus face aux variation des matières premières agricole.

Internet pourra également servir de vitrine aux productions agricoles locales, et à la défense d’un patrimoine qui, comme partout ailleurs, se retrouve souvent en danger, comme le miel Malgache, en voie de disparition (à vrai dire ce sont plutôt les abeilles qui sont menacées). La valorisation par les technologies de l’information de ce patrimoine agricole pourrait demain permettre d’ouvrir de nouveaux marchés, et permettrait également d’assoir le commerce équitable sur une véritable relation entre producteurs et consommateurs, incarnée par des média sociaux.

Conclusion (provisoire)

L’internet apporte une mine d’opportunités au continent Africain, mais il existe bien sûr des spécificités et des obstacles avec lesquels il devra faire face, que nous passeront en revue dans un prochain article.

Le champ des possibles n’est reste pas moins immense, et la course est lancée.

(Photo d’ouverture CC-by de noodlepie, infographies de Appfrica)

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15 commentaires pour cet article

  1. Al-Kanz

    C’est le genre d’articles qu’on a grand plaisir à lire. Le prochain article (sur les obstacles et les spécificités) est prévu pour quand ?

  2. Fabrice Epelboin

    Plusieurs gouvernements ont convoqué des réunions spécifiquement axées sur ce sujet, on va leur laisser un peu de temps (ainsi qu’à moi, ça prend pas mal de temps à rédiger ;-)

  3. Al-Kanz

    Rho ! On va devoir attendre :(. Merci :)

  4. Ravaged

    C’est une joie de retrouver tous ces africains sur le web en haut débit, surtout pour une communauté francofonne qui s’agrandit ;) mais dans une prochaine conclusion il faudra revenir sur les problèmes que vont apporter ces milliers (millions?) d’ordinateurs qui vont se retrouver du jour au lendemain connectés en permanence au web… dans les mains de personnes qui ne maitrisent pas forcément l’outil.
    Les spams, les scams, les arnaques et les botnets n’ont pas dit leur dernier mot… j’espère que les éditeurs de logiciels de sécurité vont vite réagir face aux hackers qui ne tarderont pas à étendre leurs virus, et les pratiques d’arnaques, aussi grossières soient-elles doivent certainement porter leur fruit à leurs auteurs…
    à suivre…
    sur ce sujet : http://www.pcinpact.com/actu/news/57256-spam-afrique-botnets-cable-sous-marin.htm

  5. moussa

    oh lala vous oparlez comme si l’afrique est plongé dans l’age glaciale 2 ou l’ere des tenebres que l’europe a surmenté ya 3 siecles?
    reveillez vous les meilleurs systemes educatifs dans le monde sont dans l’affrique
    la couverture sociale et medicale est meilleure en tunisie qu’en france?
    l’utilisation de l’internet par rapport a la population totale et au secteur d’age des jeunes est presque le double en nord afrique que celui en france?
    tout ces conneris de haut debit n’est qu’une façade pour’ externaliser les marchés de technologie de point pour en profiter (nord afrique l’explosion de l’utilisation de technologie aux pays du golf et atteindre l’inde la chouchou pays des genies avec ces grands monopoles technologique americains )
    oubliez cette notion des pays frencophones (on vous a largué y a lentemps)
    Nous aussi on commence a developper un reseau propre a nous entre musulmants pour l’avenir si proche
    CIAO CIAO EUROPE on ne veut plus de voleurs chez nous (vos mentalités de profitance n a geure changé depuis l’ages des moyens ages toujours si grotesque et clairvoyante lol …….)
    le pire pour l’europe c’est a venir
    le faussé est de plus en plus grave avec l’ usa et l’orientation de tout du golf est orienté vers elle et meme l’Afrique de nos jours mutte pour l’anglais comme langue vivante dans les ancienens colonies…chose certaine qui est catalysée par le fait d’ajouter un TCF pour la plupart des pays d’afrique pour evaluer leurs niveau de français en degradation inquietante(la raison est connue l’anglais prend place en 1er)
    bye bye EUROPE

  6. Fabrice Epelboin

    @moussa

    sauf que je parle de l’Afrique de l’ouest, pas de l’afrique du nord (cf premier lien sur le maroc où j’explique que justement, il en est tout autrement là bas, ou la remarque plus loin sur la Tunisie, connectée au haut débit dès les années 80)

    bref, hors sujet ;-)

  7. Patrice

    @moussa

    Pas très malin de cracher sur l’un des rares blogs techno qui a toujours traité de l’actualité des technologies en Afrique sans la moindre condescendance ni mépris. Vous cherchez vraiment à nous faire passer pour des crétins arrogants ? C’est réussi.

    @Fabrice

    Merci pour cet article, j’attends avec impatience la suite, moi aussi.

  8. G.Kacem

    Très bon article Fabrice ! L’analyse est d’une qualité notable !

    C’est un Africain (Marocain) qui vous le dit :)

    Je vaudrai seulement signalé que l’Afrique du Nord a certes réalisé du progrès durant la dernière décennie (en IT et autres …), mais elle doit encore miser sur l’Education et la formation du Capital Humain (Les africains de demain).

  9. Electrosphère

    @ Mr Epelboin

    Merci infiniment pour cet article que je mentionnerais (avec qq extraits) dans mon blog Electrosphère et redirigerais vers cette page.

    J’ai remarqué que vous vous analysez régulièrement l’Afrique numérique. Ce qui est plutôt louable. Sauf indiscrétion, qu’est ce qui suscite cet intérêt (plutôt rare dans la presse techno) pour l’Afrique et ses « afronautes » (LOL) ?

    Cordialement

  10. Fabrice Epelboin

    @Electrosphère

    Un mélange de pas mal de choses… Des rencontres, beaucoup de rencontres (ça ne manque pas d’Africains à Paris), des liens familiaux, une certaine fascination pour l’innovation dans les situations de débrouille (ce qui est très lié à la culture du ‘hacking’), infiniment plus présente en Afrique qu’en Europe, et des engagement personnels en matière de développement durable et d’écologie qui résonnent bien avec l’Afrique et les technologies. Pour finir, enfin, la conscience que le français n’est pas la France, et que la France, en matière de NTIC, n’a aucune chance de rester le centre du monde francophone en terme d’innovation internet ;-)

  11. Grays

    Ben désolé, mais c’est mignon de vous voir vous attendrir, mais vous êtes un peu à la ramasse. Cet article est sympa à lire, bien écrit, tout ça, rien à dire, mais il a au moins 6 ans de retard, voir plus si on compte la mise en place des structures.

    Pour y avoir travaillé, le elearning date de vers 2002, l’adsl pour les particuliers doit dater de 2003/2004 ça dépends des pays. Et je ne parle pas pour l’afrique du nord que je ne connais pas, mais de l’afrique de l’ouest et l’afrique centrale. Les premières soutenances de mémoire/thèse avec des enseignants en europe/amérique du nord datent de 2004. Les visio-conf multi-points sur 3-4 pays en même temps aussi. Le tout avec des FAI locaux. Les câbles étaient déjà là. Alors on augmente probablement le débit encore plus, comme on fait aussi en europe, sauf qu’en europe on ne prends pas ce ton paternaliste qu’on a avec l’afrique. Les prix ne devraient pas baisser, car on est déjà à de l’adsl domestique pour 30 euros par mois, par contre le débit proposé pour ce prix pourra augmenter.

    Donc désolé, ca fait au moins 6 ans que le haut débit est déjà présent, que des gens en profite, que des personnes suivent des formations à distance; avec examen écrit/oral, qu’on fait des visio-conférences, de la voip, etc.

    Ca me rappelle une conversation avec une personne qui pensait qu’en afrique on ne pouvait pas héberger de sites webs, car le débit n’était pas suffisant. Tu parles, ça doit faire 10 ans que des sites sont hébergés ici.

    Au contraire, sur certain point l’afrique est en avance sur l’europe. Un opérateur téléphonique gsm a réussi à unifier son réseau sur une vingtaine de pays en afrique de l’ouest/centrale. Ce qui fait qu’une personne au mali peut appeler au congo sur le même réseau pour le prix d’un appel local. On arrive à faire ça entre la france et la belgique (je parle de gsm)? Ca date de 2004 ce truc là.

  12. Fabrice Epelboin

    Hum… C’est toujours préférable de lire avant de tomber tête baissé dans la critique en affirmant corriger quelque chose qui est clairement mentionné dans l’article en question, non ?

    Vous avez remarqué ce lien dans le corps de l’article ?
    http://www.tic.ird.fr/spip.php?article259

    Parce que ce lien que j’ai pris soin de placer dans l’article dit précisément cela sur l’elearning, et pointe vers un rapport de l’IRD qui explique de façon détaillée ce que vous abordez ;-)

    Pour ce qui est du mobile en Afrique, il n’en est nullement question dans cet article, mais là aussi, si vous vous donnez la peine de cliquer sur quelques liens, vous verrez que l’on a déjà abordé ce sujet en long et en large ici.

  13. Grays

    Bonjour Fabrice,

    Hahaha, l’ird, ils ont des infras et des réseaux eux? C’est nouveau ;) Bon, c’est bête et méchant, ça fait pas avancer. Mais c’était trop tentant.

    Oui, je n’ai pas lu tous les articles de ce site web, ni les articles des sites webs en lien, donc j’ai probablement manqué des articles. Cependant, ça va m’en faire de la lecture avant de pouvoir critiquer ces affirmations sur le haut débit qui arrive tout juste en afrique. C’est plus facile de prendre pour argent comptant et de dire «ho, c’est chouette, enfin ils vont pouvoir avoir accès à facebook, twitter et wow.»

    Merci pour le lien sur les tic. Mais c’est un genre de préparation de séminaire sur, en gros: ce qu’il faudrait faire pour développer le elearning en afrique (Généralement ça donne: Bon qu’est ce qu’on fait? Ha il faudrait faire quelque chose. Ha mais c’est super ce que vous avez là. Vous nous donnez des ordinateurs? Sans oublier le, quand est ce qu’on mange? Donc lopster et burger pour accra!). A ce niveau, il y a microsoft et consort qui sont à fond pour faire des cadeaux empoisonnés aux écoles et gouvernements. Mais ça date toujours de 2008. Les FOAD dans les pays francophones existent depuis 2002, je crois. Bon, mais c’est toujours bien d’en parler, c’est à développer, mais en marge du système éducatif local, le but ne doit pas être de peupler nos formations en europe au détriment des formations équivalentes locales.

    Donc non, désolé, je n’ai pas lu tous les articles du site, mais je maintiens qu’annoncer enfin le haut débit pour l’afrique: est réducteur pour l’afrique; qui le possède déjà depuis un moment, et est une information qui a au moins 6 ans de retard. Les réseaux 4G Wimax ont déjà commencé à fleurir et à fonctionner en afrique. Pour l’europe, il y a le danemark qui l’annonce pour 2011; est ce qu’à ce moment là vous écrirez un article: « l’europe, enfin le haut débit. »?

  14. Fabrice Epelboin

    L’infra et les réseaux ? L’IRD non, mais l’Orstom, oui ;-)

    Par ailleurs, je n’annonce pas ‘enfin’ le haut débit en Afrique de l’ouest, mais la chute conséquence des couts d’accès et la palette des conséquences possible…

  15. Patrice

    @Grays

    Je vais prendre une fois de plus la défense de ce blog, ne serait ce que pour l’encourager à continuer à écrire sur l’Afrique, car c’est le seul blog techno en France qui le fait.

    Je ne vois pas où vous avez vu l’annonce de « enfin » le haut débit pour l’Afrique dans ce post, et même si je comprends l’énervement qu’on bon nombre de mes compatriotes (je suis d’origine Camerounaise) et leur entêtement à voir de la condescendance partout où un Européen parle d’Afrique, je persiste à n’en voir aucun ici. Reawriteweb parle régulièrement des technos en Afrique, et y a même sponsorisé plusieurs Barcamps, dont un au Cameroun : Grays, vous vous trompez de cible.

    @Fabrice Epelboin

    J’ai peur que vous ayez a assumer un lourd héritage, j’espère que cela ne vous découragera pas :-)

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  1. Tweets that mention L’Afrique en haut débit | ReadWriteWeb France -- Topsy.com :

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  2. Internet, une solution pour l’Afrique | Debout Les Jeunes ! :

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    [...] voir se developper des partenariats importants. Je vous laisse les détails sur l’excellent article de RWW concernant cette future [...]

  4. L’Afrique n’est pas que le continent de la vuvuzela « Le blog de Laurent Blanchard :

    [...] vous invite à lire le post très pertinent de Fabrice Epelboin sur le sujet. Tout y est dit, je ne ferais que le répéter. C’est une formidable démonstration de comment [...]

  5. L’Internet haut débit et abordable, bientôt une réalité en Afrique :

    [...] encore limité dans les marchés émergents. C'est seulement lorsque les marchés émergents auront un accès abordable et généralisé au reste du monde qu’apparaitront de façon significative des contenus créés localement, des systèmes [...]

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ReadWriteWeb est un blog dédié aux technologies internet qui en couvre l’actualité et se distingue par ses notes d’analyse et de prospective ainsi que par l’accent mis sur les usages et leurs impacts sur les média, la communication et la société. Il est classé parmi les blogs les plus influents de la planète par Technorati et Wikio. Publié en cinq langues, il s'appuie sur un réseau de correspondants locaux en Nouvelle-Zélande, aux Etats-Unis, en France, en Espagne, au Brésil, en Chine ainsi qu'en Afrique francophone. Ses articles sont publiés dans la rubrique technologie du New York Times.


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