Le Woerthgate, Mediapart et la renaissance des média Français

Alors que partout dans le monde, l’industrie des média s’interroge sur la façon de muter afin de s’insérer dans le numérique, un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur digital.

Subventions, connivences, guerre ouverte avec les représentants de l’envahisseur numérique – comme Google qu’il s’agit de taxer – tout est bon pour conserver le monde d’antan, y compris relancer des journaux moribonds en faisant mine de croire que les années 60 sont revenues.

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Les subventions permettaient d’imaginer un monde où la presse gauloise aurait enfin trouvé un succédané de modèle économique, à défaut de comprendre que la publicité, dans le numérique, devait être partagée avec beaucoup d’autochtones, et qu’il y avait bien d’autres voies à explorer, mais c’était sans compter sur les lecteurs – en voie de disparition – et le rôle supposé de la presse dans une démocratie, celui d’un quatrième pouvoir.

Contre toute attente, alors qu’Hadopi et Loppsi avait déjà réduit à néant auprès d’une génération toute entière la crédibilité de la presse traditionnelle, c’est la presse en ligne qui a adopté le modèle économique le moins imaginatif qui est en passe de donner ses lettres de noblesses à l’information sur internet : Mediapart.

En partant du principe – juste mais jugé irréaliste par beaucoup (dont moi) – que les lecteurs se devaient de financer l’indépendance de la presse, le « pure player » fondé par Edwy Plenel a su, après quelques années d’existence, renverser l’équation funèbre en commençant par le commencement : démontrer l’utilité démocratique d’un média indépendant pour attirer à lui des lecteurs payants. Et ça marche.

Depuis l’affaire Woerth-Bettencourt, Mediapart engrange les abonnements au rythme de plusieurs centaines par jour, au point où il est raisonnable d’estimer désormais qu’il atteindra tôt ou tard le seuil fatidique de la rentabilité. Un cap que bien peu d’organes de presse d’information peuvent se targuer d’avoir dans leur objectif.

En imposant l’agenda politique plusieurs semaines de suite, Mediapart a réussi de façon flagrante ce que les blogs avaient fait de façon plus discrète avec Hadopi dans les années qui précédèrent : perturber la machine médiatique au service de l’Etat, imposer un débat là où les propriétaires de groupes de presse n’en voulaient pas. Sauf que cette fois, il ne s’agit pas de démontrer l’iniquité d’une loi, mais du système tout entier.

Comme le résume fort à propos Le Point, s’adressant à ses lecteurs dans un article reprenant leurs commentaires sous le titre explicite de « Affaire Woerth-Bettencourt : faut-il faire table rase ? » :

« Législateurs, politiques de tous bords, institutions judiciaires, médias : tous les acteurs de la vie publique vous apparaissent entachés, leur légitimité dégradée. »

Une situation unique dans une démocratie

Dans la plupart des autres démocraties de la planète, la presse traditionnelle, même si elle est également dans une situation dramatique face au numérique, a gardé la main sur ce rôle de quatrième pouvoir : aucun acteur n’est venu lui ravir cette position. Il existe bien des exemples, comme le Huffington Post, où des ‘pure players’ sont venu s’insérer dans le club du contre pouvoir, mais sans jamais jusqu’ici les en évincer.

En France, Mediapart, accompagné de Rue89 et de bakchich, et suivi d’une cohorte de blogs dont certains affichent désormais des fréquentations et une ‘influence’ naguère réservée aux titres de presse, on tout simplement ravi à la presse traditionnelle ce rôle de quatrième pouvoir.

Car la presse traditionelle, de l’aveu même de la directrice de la rédaction du Monde,  »se laisse trop souvent instrumentaliser et perd son rôle de contre-pouvoir ». Un constat amer pour ce qui fut autrefois un journal de référence, symbole même de ce contre pouvoir.

L’actualité politique (et pas seulement) se fait désormais exclusivement ou presque sur internet, les média traditionnels, eux, se contentent désormais d’en rendre compte à leur lecteurs (en prenant trop souvent le soin de filtrer ce qui pourrait déplaire aux actionnaires ou aux annonceurs).

La presse papier Française réduite à un rôle de ‘follower’, là où le New York Times, le Washington Post ou le Guardian ont montré qu’ils sont encore les maitres sur leurs terres pour ce qui est d’imposer l’agenda politique : cette situation est unique dans le monde, résultante d’une conjoncture de musellement de la presse, doublée d’une crise économique qui l’a poussé à une crise existentielle (tardive) qui confine à l’apathie.

Ce constat ne surprendra nullement ceux qui ont suivit depuis le début les affrontements entre les politiques au pouvoir et la bloggosphère au sujet d’Hadopi, débat promptement muselé dans les média sous divers prétextes : ‘trop geek’ pour certains, trop dangereux au vu de la proximité des actionnaires avec les intérêts en jeu pour d’autres. Mais les conséquences de trois années de contrôle et d’auto censure sur la presse officielle on provoqué une double décrépitude de celle-ci : abime financière, doublée d’une perte absolue de crédibilité.

En France, qu’une information soit donnée sur du papier, à la télé, ou sur internet, il est prudent de la vérifier soit même et de la remettre en question.

Seuls quelques rare sources d’information peuvent être jugées crédibles car réellement indépendantes, et toutes ou presque, sont exclusivement disponibles sur internet (dont certains titres de la presse papier Suisse et Belge, bien plus lucides et courageux quel leurs homologues Français).

Pire encore, en refusant le dialogue entre ceux qui produisent l’information et des lecteurs devenus contributeurs, elle s’est aliéné toute possibilité de pouvoir un jour rebondir sur une communauté, à l’image des blogs, mais également de sites comme Mediapart ou Rue89 qui eux ont compris que les lecteurs avaient radicalement changé, notamment par le fait qu’ils contribuaient désormais de façon active à l’information, à sa dissémination, et à l’âme d’un média sur internet, là où ils n’étaient naguère que de simples portes monnaie.

La communauté a remplacé depuis longtemps le lectorat, et très peu de média en France sont conscient du bouleversement systémique que cela représente, du marketing à la façon même de produire de l’information, tout, absolument tout a été changé par ce simple fait. En continuant sa course effrénée au lectorat en ligne, à coup de référencement et de Google News, et en négligeant de façon systématique la dimension communautaire, la presse traditionnelle n’a guère fait que creuser sa tombe un peu plus profondément.

Une chance pour la France ?

Ce qui pourrait n’apparaitre que comme une situation dramatique pour l’écosystème de l’information politique Français pourrait s’avérer en réalité une fantastique opportunité pour la presse Française.

Une entreprise de presse est infiniment difficile à reconvertir. Lois sociales rendant tout changement en terme de personnel dispendieux, habitudes gravées dans des conventions collectives impossibles ou presque à faire évoluer, droit d’auteur bloquant tout – jusqu’à la fameuse Hadopi, ce qui pour le coup est assez drôle -, un constat s’impose : face à un système aussi conservateur, il est beaucoup plus simple de tout effacer et de recommencer à partir d’une feuille blanche.

Du passé faisons table rase

C’est probablement ce constat qu’on du faire, à un moment ou un autre, les fondateurs de Mediapart, de Rue89 ou de bakchich, respectivement des anciens du Monde, de Libération et du Canard Enchaîné. Car derrière ces pure players, ce sont bien des vieux briscards de la presse traditionnelle que l’on retrouve aux commandes, qui ont emporté avec eux leurs idéaux d’une presse qui a un rôle central dans le fonctionnement d’une démocratie, qu’elle soit en ligne ou sur papier.

L’étouffement par le pouvoir en place de la presse «pas vraiment en ligne» n’aura au final qu’un seul effet, celui de donner un territoire au pure players. Un territoire très difficile à préempter pour le pouvoir en place, à moins de passer de façon radicale dans le camps des dictatures. Le pouvoir se contente pour l’instant de tout faire pour le discréditer, à l’aide d’une méthode appelée Loi de Godwin, en usage depuis déjà plusieurs années chez les communicants de l’UMP dès qu’il s’agit de parler d’internet.

Au final, si tant est que l’on reste encore quelques années dans une démocratie (ce qui reste encore à ce jour assez probable), le territoire médiatique Français sera fondamentalement différent de ce qu’il était avant que l’actuel président de la république – ami intime avec la plupart des patrons de l’ancienne presse – n’arrive au pouvoir. Une accélération de la mutation de la presse unique dans le monde d’aujourd’hui. Seules les dictatures ont connu un tel basculement, et encore, pas dans un laps de temps aussi court.

Du point Godwin à l’explosion nucléaire ?

Mais non content de détruire les entreprises de ses amis, le pouvoir en place pourrait bien être sur le point, avec sa stratégie de Godwin, de faire de même avec l’entreprise de l’un de ses financiers occultes.

Pour défendre son territoire, celui d’une presse docile qui ne fait guère que reprocher au pouvoir en place ses choix en matière d’horlogerie Suisse, la stratégie de gestion de crise choisie par le pouvoir – discréditer l’adversaire «internet» en le qualifiant de fasciste et de collabo – défie l’entendement, et montre une incapacité à anticiper les réactions du camp d’en face, celui de l’internet tout entier, du plus respectable organe de presse en ligne au plus hargneux des trolls, soudés et coalisés contre un pouvoir unanimement ressenti comme injuste, inique et corrompu.

La menace d’un revival du Front National ? N’est-ce pas précisément la stratégie mis en place par «l’internet» lors de l’affaire Mitterrand ?

Car la question qui commence à déferler dans les commentaires des lecteurs-citoyens n’est pas loin s’en faut en faveur du FN – assez discret qui plus est dans le Woerthgate – elle consiste a faire rebondir le point Godwin sur l’origine même des fonds suspects, au risque de transformer un scandale politique en catastrophe industrielle et boursière. Une catastrophe qui reposera entièrement sur les épaules de l’UMP.

Même si les accusations de fascisme et de collaborationniste à l’égard d’internet sont monnaie courante dans le camp de l’UMP, quel est l’abruti qui a décidé d’adopter la même stratégie dans l’affaire Woerth-Bettencourt, ex affaire Barnier-Bettencourt, au risque d’en faire une affaire Bettencourt-tout-court et de provoquer un examen de conscience de la France toute entière sur son passé collaborationniste et fasciste ?

N’y a-t-il pas quelqu’un au château capable de voir là un jeu à deux bandes offert sur un plateau d’argent à ses adversaires ? En accusant l’internet de fascisme, le pouvoir n’est-il pas tout simplement en train de creuser sa propre tombe ?

La presse libre désormais synonyme d’internet

Tout cela ne serait pas complet sans citer un autre média, monté lui aussi pas un ancien de la presse traditionnelle, qui s’est échappé pour monter un média online avec, qui plus est, le même modèle économique que Médiapart : Arretsurimages, qui décrypte comme personne l’affrontement médiatique entre la presse libre et celle qui est plus ou moins sous contrôle. Edifiant, et indispensable.

http://www.dailymotion.com/videoxdz1ky

En tant que citoyens – pour peu que vous soyez soucieux de rester en démocratie -, il ne vous reste plus qu’une chose à faire :

Soit une dizaine d’euros par mois pour conserver une démocratie. Ce n’est pas bien cher, à peine plus que le prix d’une hypothétique licence globale, alternative à la surveillance généralisée de la population instaurée par Hadopi puis Loppsi, autre grande menace pour la démocratie Française.


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25 commentaires pour cet article

  1. jmax

    Actuellement, l’abonnement à Mediapart est à 1€ pour 15 jours. Un moyen d’envoyer un signal fort de soutien

  2. OlivierAuber

    excellent

  3. Dominique Rabeuf

    Le village
    Le village bénéficie de subventions (environ 600 millions ~ pour quelque millions de lecteurs réguliers [*]), sans compter les campagnes institutionnelles d’«information».
    [*] De l’ordre de 60€ par an et par lecteur régulier

    La dépendance de la presse du «village» vis à vis des grandes formations politiques est évidente. Les critiques sont sporadiques, les interviews sont très encadrés, l’insolence est juste celle qui est permise au fou du roi.

    Presse Indépendante
    Le lecteur la financera tout naturellement, surtout si on le libère de ses contributions obligatoires à la «presse du village».

    Les Aboyeurs
    Les chiens du parking s’illustrent en étalant leur culture lacunaire, leur langage de semi-illettré, l’absence de savoir technologique minimal et les qualificatifs grotesques comme «trotskisme – fasciste»

  4. leon morin

    Il faut raison garder: rempart de la démocratie, lettre de noblesse, etc. Eh ho, faut pas pousser mémé. Super travail de médiapart c’est vrai, mais c’est pas du travail d’investigation, ce sont des bandes qu’on leur a données! pas des trucs qu’ils sont allés chercher au péril de leur vie. Après, bien sur, l’ump déconne dans les grandes largeurs, mais la france de sarko n’est pas la france de pétain. Attention aux comparasons foireuses.

  5. Petaudiere

    Effectivement, on leur a données les bandes sauf qu’elles ont également et préalablement été données au Monde qui les a refusées (voir interview d’un journaliste du Monde sur arretsurimages) et je me demande bien pourquoi !

  6. deadalnix

    Très bon article ! On en veut d’autre des comme ça :D

  7. Fabrice Epelboin

    @leon morin

    Le moyen importe peu, non ? Si je risque ma vie pour acheter une glace à la vanille, je sauve la démocratie ? Si je prends une photo du président en train de compter des billets de banque issus d’une enveloppe sur le pas de porte de chez Bettencourt, je risque ma vie ? En quoi le fait de risque sa vie apporte quoi que ce soit ?

    @Petaudiere

    J’ai de mon coté l’écho également de très nombreux journalistes qui avait de quoi faire des articles, des témoignages d’autres personnes de l’entourage de Bettencourt, enregistrés, et soigneusement rangés dans un placard. Beaucoup de journaux aurait pu faire ce que Mediapart a fait, car comme le souligne Léon, ca ne demandait pas des masses d’enquète, juste du courage.

  8. Fabrice Epelboin

    v

  9. Olivier Cimelière

    Très bonne analyse ! C’est dommage qu’elle ne soit pas plus largement reprise. Je partage votre avis. C’est amusant, j’ai publié un peu dans le même esprit un post sur le sujet de Mediapart et l’affaire Woerth .. Voici le lien :
    http://www.leblogducommunicant2-0.com/2010/07/11/communication-information-2-observations-sur-mediapart-et-l%e2%80%99affaire-bettencourt%e2%80%93woerth/

    Bonne continuation en tout cas !!

  10. wilnock

    Je comprends bien que les lecteurs se soient tout naturellement désintéressés de la presse quotidienne/hebdomadaire d’actualité, car je crois que les maux énoncés touchent principalement ces 2 types de presse.
    Mais qu’en est-il des journalistes travaillant tous les jours dans ces rédactions?
    Je veux bien croire que tous n’ont pas la possibilité ni la volonté de s’affirmer, mais j’ose croire qu’un journaliste arborant fièrement sa carte de presse à voulu le devenir avec un minimum d’idéal – tout comme un professeur entrant à l’éducation nationale.
    Pourquoi réagissent-ils si docilement, et comment acceptent-ils de ternir leurs propres idéaux?

    Veuillez excuser ma naïveté et mes illusions.

  11. Fabrice Epelboin

    Il faut se mettre à leur place, la situation de crise absolue dans laquelle ils vivent les poussent à se resserrer sur la base de la pyramide de Maslow, qui plus est, un journaliste n’est pas maitre de ce qu’il publie, il doit avoir l’aval du rédacteur en chef, d’autres personnes dans sa hiérarchie, quand ce n’est pas carrément du service marketing.

    Comme dans l’éducation nationale, certains perdent la foi, d’autres attendent patiemment la retraite, les plus jeunes sont généralement lessivés après quelques années passées à faire les « forçats de l’info » (rewriter des dépêches d’agence à la chaîne). Enfin, il y a la pression du groupe, pas facile a gérer, d’autant que l’un des premier coup d’éclat du pouvoir fut de faire virer Ginisty, alors patron de Paris Match, pour avoir publié une photo de Cécilia, lançant ainsi un avertissement clair à l’ensemble de la profession.

    Ajoutez à cela qu’il est clair que la profession est dans une situation proche de celle de la sidérurgie dans les années 80, et que la plupart d’entre eux vont devoir se reconvertir dans les années qui viennent… Le climat n’est pas vraiment cool. Ceci dit, il en reste pas mal qui osent, et beaucoup se réfugient dans la presse en ligne, lassé de se battre contre les moulins à vent corporate de la presse papier…

    Le fond du problème, ceci dit, n’est pas tant sur les journalistes, mais sur les média, ce qui n’est pas du tout la même chose ;-)

  12. 8119

    en tant que pauvre je n’ai jamais acheté le moindre journal papier de ma vie, ni ne paierai jamais le moindre abonnement de ma vie, même si je devenais riche, car c’est mal par rapport à ceux qui ne le peuvent pas.
    je n’ai pas accès aux trucs payants, et de plus, tout comme la méthode des « donations », ce mode de financement de constitue pas une solution à grande échelle, c’est seulement une solution égoïste, dont seuls ceux qui ont des investisseurs peuvent profiter.
    -
    alors que au contraire le logiciel libre (utilisé par ces trucs payants) impose la gratuité, et permet à ceux qui le désirent de monter leurs propres sélection et organisation de l’information. c’est plutôt ici qu’il y a « révolution ». cette solution impose que le logiciel libre et la presse libre soit financée autrement, entre autres, avec l’argent qui sert à faire des guerres. et c’est précisément pour ce genre de choses que les peuples ont créé les états à qui ils donnent des impôts.

  13. Fabrice Epelboin

    Sauf que la solution du logiciel libre (et Dieu sait que j’en suis un fervent partisan) ne s’applique pas à l’info. Il faut se rendre à l’évidence, cela ne marche pas.

    Dans certaines niches, comme la high-tech, certes, cela fonctionne à merveille, Techcrunch, Mashable et RWW remplacent très bien et font bien mieux que le meilleur des quotidien de la presse papier, mais pour l’info politique, celle qui demande des investigations, des enquètes… ben non…

    Il va bien falloir financer tout cela, et la France est une magnifique illustration du fait que la subvention d’Etat (e.g. qui sert à faire la guerre) n’est pas une solution qui garanti un rôle de quatrième pouvoir à la presse… Ces quatre dernières années, c’est plus d’un milliard et demi qui ont été donné à la presse (de quoi acheter un paquet de char d’assaut) et le résultat est catastrophique.

    Donc non, pour résumer, la solution des impôts, qui est précisément celle en place en France en ce moment, ne marche pas du tout.

  14. Jean Robin

    Dans ce concert de louanges pour Mediapart, notre nouveau site journalistique en ligne souhaite apporter un léger bémol.
    D’une part, nous voyons d’un œil critique la constitution d’un nouveau corporatisme, celui des médias en ligne, qu’hélas votre article ne mentionne pas.
    Les médias en ligne se sont constitués notamment pour faire contrepoids aux médias traditionnels, mais si c’est pour refaire les mêmes erreurs, ça n’a pas grand intérêt. Le Spiil regroupe des médias en ligne qui n’osent pas, semble-t-il, se critiquer entre eux, à de rares exceptions près. L’affaire Bettencourt en est un nouvel exemple, Daniel Schneidermann n’ayant pas critiqué Edwy Plenel pour lequel il nourrit pourtant une rancoeur tenace depuis qu’il l’a limogé du Monde.
    Pourtant, et c’est mon deuxième point, M. Plenel n’est pas un perdreau de l’année, et son passé journalistique est plutôt chargé, comme l’ont établi dans La face cachée du monde Pierre Péan et Philippe Cohen. Nous sommes le seul média à avoir rappelé ces quelques vérités, et les liens avec l’affaire Bettencourt, alors qu’elle se dégonfle et qu’il ne s’agissait pas du fruit de l’investigation de Mediapart ou d’Edwy Plenel mais d’une information donnée à Mediapart et au Point par une source qui cherchait à faire du buzz en plein procès Bettencourt.
    Pour ceux que ça intéresse, notre article est là :
    http://www.enquete-debat.fr/archives/plenel-le-machiavelique/

    Par ailleurs nous avons relayé sur notre site une arnaque de Mediapart, concernant les abonnements à 1€ qu’ils proposent « en période d’essai » et qui se transforment comme par magie en abonnements fermes au bout de ladite période d’essai… :
    http://www.enquete-debat.fr/archives/mediapart-arnaque-en-ligne/

    Bref, le travail journalistique de qualité doit se faire à charge et à décharge, voilà pourquoi il est important que d’autres sites émergent, Enquête et débat a été créé notamment pour ça. Donc libre à chacun de s’abonner à Mediapart et à Arrêt sur images, d’excellents sites en effet, mais n’oubliez pas de vous abonner également à Enquête et débat, qui n’est pas un site partisan et qui défend la liberté d’expression, en invitant des personnalités que les médias ignorent royalement.
    Nous visons une diffusion virale et conforme à Internet, donc la plupart de nos contenus sont gratuits, mais nous proposons aussi des privilèges pour ceux qui nous soutiennent financièrement.

  15. Fabrice Epelboin

    Je ne vois pas où vous voyez que l’affaire Bettencourt se dégonfle… Un espoir ? Un vœux ?

    Je vous prédis (c’est facile, j’ai des potes journalistes) de multiples témoignages à venir d’employés de Bettencourt affirmant avoir vu a de multiples reprise Sarko, contredisant ainsi son émission d’hier ;-)

    Ainsi que d’autres casseroles à venir, comme le rapprochement de ces deux infos :
    http://www.lesechos.fr/info/marches/020627519479-les-negociations-sur-le-projet-de-directive-hedge-funds-patinent.htm
    http://www.telegraph.co.uk/finance/newsbysector/banksandfinance/7626725/John-Paulsons-donations-to-Carla-Bruni-could-embarrass-Nicolas-Sarkozy.html

    Sinon, jamais entendu parler de votre site, mais votre ton hargneux a intérêt a révéler une plume digne de Bakchich, sinon, vous tombez dans ce que l’on appelle un troll (ce qui n’est pas incompatible avec un journaliste).

  16. Romain

    @Fabrice

    La plume d’Enquête-débat est malheureusement bien plus proche de Riposte Laïque que de Bakchich…

  17. hlfx

    Enquête-débat ? Ne serait-ce pas l’UMP qui tente de s’imposer dans la presse web des francs tireurs ? Nul doute que ce parti va tenter (si ce n’est déjà fait) une intrusion dans ce petit monde de l’info libre et éclairée. N’étant ni libres ni éclairés, je ne leur prédis aucun avenir dans ce crédo. Et puis le Figaro, porte-voix de la France moisie, rance, vermoulue, hystérique et paranoïaque distille déjà sur papier le sectarisme, la réaction et une haine recuite des libertés individuelles et collectives. Tout cela auprès d’un public à qui l’on explique qu’Internet, c’est le mal, un repère de pédo-islamo-terroristo-trostko-nazis. Un public qui se contente donc du format papier, son âge moyen n’étant pas la dernière raison pour expliquer ce fait…

  18. Boddisatva

    Je ne souscris pas à l’idée que « Mediapart » aurait été créé pour échapper aux lois sociales régissant la presse écrite. Il se trouve qu’Edwy Plenel a été refusé pour diriger « Libération ». Un ancien rédacteur en chef du « Monde » ne pouvait apparemment se contenter d’être simple journaliste, d’où « Mediapart ».
    Je ne suis pas non plus d’accord avec cette dichotomie presse écrite/internet. Il s’agit des mêmes journalistes, et il y a une réelle intrication.
    D’ailleurs le « blanchiment » des écoutes clandestines Bettencourt souhaité par une des parties au procès a été effectué le même jour par « Mediapart » et par « Le point ».

  19. Jean Robin

    @Fabrice
    merci d’avoir passé mon commentaire, mais je n’ai pas un ton hargneux, me semble-t-il, j’essaie juste de faire mon travail de journaliste en mettant la plume dans la plaie, comme le dit ce cher Edwy. Contrairement à Mediapart, @rretsurimages, Bakchich, Rue89 et d’autres, nous ne sommes pas partisans sauf du débat, ce qui nécessite d’avoir plusieurs sons de cloche. Pour ne prendre qu’un exemple, @rret sur images vient de faire une émission de plus d’1h sur l’affaire Bettencourt, uniquement à charge. Sur notre site vous trouverez des contenus à charge et à décharge sur cette affaire comme sur les autres que nous traitons. Nous pensons que le rôle du journalisme est de favoriser l’esprit critique, l’indépendance d’esprit, et la responsabilité.

    @Romain
    merci pour votre commentaire, je vous invite à visiter notre site, Riposte laïque ne parle que d’islam et pas nous, Riposte laïque est partisan et pas nous, Riposte laïque est de gauche et pas nous (nous ne sommes pas plus de droite), Riposte laïque sont des éditorialistes et pas nous.

    @hlfx
    merci pour votre commentaire, je comprends que pour vous un journaliste qui donne des faits qui arrangent le pouvoir soit obligatoirement affidé ou financé par le pouvoir, mais si tel était le cas tous les médias le seraient aussi, pour avoir donné à un moment ou à un autre des faits à l’avantage du pouvoir. Les faits doivent être donnés, qu’ils avantagent le pouvoir ou pas, c’est la base du journalisme.
    Par ailleurs si nous étions un sous-marin de l’UMP, nous ne commencerions pas en allant dans leur sens. Mais à vous également je vous recommande une petite visite sur notre site, vous jugerez réellement de notre relation avec l’UMP, plutôt que sur un seul article. Je vous signale pour terminer que Mediapart est plus proche de l’UMP que nous, puisqu’ils touchent une subvention de l’Etat et pas nous. Nous sommes pour l’indépendance de la presse, et nous dénoncerons les subventions et pas seulement pour la presse car c’est un système qui favorise le copinage et qui défavorise le mérite, le tout avec l’argent du contribuable ce qui est un peu facile.

  20. Fabrice Epelboin

    @ Boddisatva

    la difference tient au média, pas au journalistes, et la corrélation (qui n’est pas raison) entre presse libre et internet n’est liée en rien au support, comme je l’explique dans cet article, mais au poids et à la coloration des actionnaires et à celui des annonceurs (L’Oreal, premier annonceur pour le presse je crois bien).
    C’est un concours de circonstance qui a provoqué tout cela en France, et pas du tout le média internet. Si vous relisez mon article plutot que de vous précipiter pour faire un commentaire anonyme, c’est très clairement expliqué.

  21. Fabrice Epelboin

    @Jean Robin

    Pour moi, ça reste un torchon anti islam, mais pour reprendre un Voltaire qu’on a oublié en France et dont les américains ont fait le socle de leur constitution, je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrais pour que vous puissiez le dire.
    Vous noterez au passage que @rretsurimage que vous vous plaisez a écharper a refusé les subventions dont vous parlez à propos de Médiapart.
    Oubli ou malveillance de votre part ? Je ne sais pas, mais se revendiquer journaliste dans la même phrase, ce n’est pas sans manquer d’un certain sens du comique.

  22. hlfx

    @ Jean Robin

    Si je peux me permettre, vous perdez votre temps avec votre webzine. Votre cœur de cible, la France moi­sie, rance, ver­mou­lue, sectaire, réactionnaire, hys­té­rique et para­noïaque, a déjà le Figaro pour lui faire peur et exciter ses plus sombres instincts.

    Ce cœur de cible n’a bien souvent pas Internet et n’en a entendu vaguement parler qu’en tant que repère des pédo-islamo-trotsko-terroristo-mafios-nazis. Il ne vous reste donc que ce qui naissent vieux, qui ont des obsessions de vieux, des peurs de vieux, des haines de vieux, bref, le fond de commerce de l’actuelle majorité.

    N’hésitez pas à vous proclamer de droite, dans votre cas, ça crève les yeux. Pourquoi la profession de journaliste serait-elle la seule à devoir être neutre politiquement ? Alors que quand elle traite des sujets économiques, politiques, sociétaux, sociaux, elle s’engage nécessairement dans une vision de notre société, de droite ou de gauche (que je traduits par cynique ou humaniste… un peu trop rapidement dans certains cas je le reconnais) que chacun est libre de partager ou de rejeter.

  23. Olivier

    Juste une précision, le patron viré de Paris Match ne s’appelle pas Ginisty mais Alain Genestar, fondateur depuis de la revue Polka .. Le Ginisty en question est patron de l’agence Rumeur Publique .. Un peu de précision que diable ! :-)

    Et sur Mediapart :
    http://www.leblogducommunicant2-0.com/2010/07/11/communication-information-2-observations-sur-mediapart-et-l%e2%80%99affaire-bettencourt%e2%80%93woerth/

  24. Nono

    Tout cela est fort intéressant, mais le pourquoi du refus de la journaliste du Monde est pourtant clair:
    - ce n’est pas son boulot, elle est chroniqueuse judiciaire et veut arriver à l’audience le plus possible l’esprit « vierge ». Et les Cd ont été livrés par l’avocat d’une des parties à 15 jours de l’audience.
    - Mediapart n’a fait aucun travail d’investigation, il s’est contenté de relayer ce qu’on a bien voulu lui fournir. Si vous appelez ça du journalisme d’investigation, alors effectivement le monde des médias est en très mauvaise posture, et le web ne le sauvera pas. Mais ça n’est que mon avis.
    - De quand date ces enregistrements? de 2009 il me semble, non? Et on est mi 2010, à 15 jours du procès, et hop, comme par magie, ils apparaissent!!! Pourquoi maintenant? se poser la question, c’est déjà du journalisme d’investigation..

  25. Fabrice Epelboin

    et s’auto censurer, c’est quoi ?

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    [...] [readwriteweb.com] Le Woerthgate, Mediapart et la renaissance des média Français [readwriteweb.com] La police israélienne ordonne le blocage de sites de paris en ligne [readwriteweb.com] Wikileaks remplace-t-il la presse en Afghanistan ? [...]

  5. Wikileaks n’est pas une solution à la crise du journalisme d’investigation :

    [...] cet été. Fabrice Epelboin, sur ReadWriteWeb France avait bien raison de saluer, en juillet : Le Woerthgate, Mediapart et la renaissance des média Français. Il n’est pas interdit [...]

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ReadWriteWeb est un blog dédié aux technologies internet qui en couvre l’actualité et se distingue par ses notes d’analyse et de prospective ainsi que par l’accent mis sur les usages et leurs impacts sur les média, la communication et la société. Il est classé parmi les blogs les plus influents de la planète par Technorati et Wikio. Publié en cinq langues, il s'appuie sur un réseau de correspondants locaux en Nouvelle-Zélande, aux Etats-Unis, en France, en Espagne, au Brésil, en Chine ainsi qu'en Afrique francophone. Ses articles sont publiés dans la rubrique technologie du New York Times.


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