Une étude publiée la semaine dernière par l’American Consumer Satisfaction Index et ForeSee Results affirme de façon brutale que «malgré le fait qu’ils en ait fait le site web le plus populaire des Etats-Unis, les consommateurs n’aiment pas Facebook». Le plus grand réseau social de la planète, qui compte un demi milliard d’utilisateurs, se classe dans les profondeurs du classement des marques, aux cotés des compagnies aériennes, des fournisseur d’accès internet câblés (les plus farouches adversaires de la Net Neutrality), et du fisc américain.
Selon les résultats de l’enquête, Facebook a atterri «dans les 5% des plus mauvais scores du secteur privé», avec une note de 64 sur une échelle de 100, volant la vedette du plus mauvais élève à MySpace, qui a tout juste un point de plus.
Larry Freed, le PDG de ForSee Results note dans le communiqué de presse qui accompagne l’étude que les raisons du désamour de Facebook d’avec ses utilisateurs varient, mais délimitent une ligne de tension qui n’a rien d’inattendu.
«Facebook est un succès phénoménal, du coup, nous ne nous attendions pas à lui voir attribuer un si mauvais score» commente Freed. «Notre étude montre que les interrogations concernant la vie privée, les changements fréquents de design du site, et les tentatives de commercialisation hasardeuses de la publicité ont affecté la perception de l’expérience Facebook. Comparé à Wikipedia, qui est une organisation sans but lucratif et qui a gardé la même interface durant des années, il est clair que bien que l’innovation soit un élément critique, parfois les consommateurs préfèrent l’évolution à la révolution.»
La catégorie des média sociaux – une nouveauté dans le classement de cette année – ne contient cependant que cinq entrées, avec Facebook et MySpace qui ferment la marche. Wikipedia et Youtube occupent la tête du classement, avec respectivement des scores de 77 et 73. Il faut le souligner, une catégorie qui pourrait compter les entrée en centaines et qui s’en contente de cinq pourrait prêter à discussion, mais si l’on regarde les scores affichés pour les marques des autres catégories, aucune n’affiche une note aussi basse que Facebook et MySpace.
Le site n’a cessé de se heurter aux activistes de tout poil, qui lui reprochent son comportement on ne peu plus léger avec les problématiques relatives à la vie privée, et se heurte régulièrement à la grogne de ses utilisateurs à chaque évolution de son interface, indispensable cependant à son évolution vers un système ouvert et public, alors qu’il fut à l’origine un réseau social privé, particulièrement soucieux du respect de la confidentialité des données confiées par ses utilisateurs.
Un parcours boursier qui s’annonce mouvementé
Les résultats catastrophiques sur la marque Facebook, liés à son incapacité à établir une relation de confiance avec ses utilisateurs et les média qui relatent ses déboires, ne devraient pas pour autant affecter sa croissance, mais les analystes financiers ne manqueront pas d’y voir un talon d’Achille, et à l’heure où une part de plus en plus grande de la valorisation boursière des entreprises est liée aux marques qu’elles portent, cela pourrait affecter le parcours boursier à venir de Facebook, et donner aux activistes un moyen de pression supplémentaire.
Cette nouvelle forme de régulation entre consommateurs et entreprises est pour l’instant très peu explorée, d’autant que, en ce qui concerne Facebook, l’introduction en bourse n’est pas encore faite, mais Nestlé et Nokia ont montré par le passé que le marché prenait désormais en compte les conflits propres au virtuel dans leur façon d’aborder une position.

Un pied de nez plutôt drôle à ceux qui ont tendance à prendre au premier degré la caricature que les Guignols font du marché et de ses acteurs, et qui place celui-ci dans un rôle que la justice semble avoir du mal à tenir, sans le moindre idéal de justice ou d’éthique cependant – il s’agit juste de gagner de l’argent – mais qui converge désormais avec des aspirations jadis largement ignorées par le marché, qui se retrouve sur un terrain commun au web social et au day-trading : le temps réel. Une situation qui pour un service de RP qui se prend les pieds dans le web social peut se qualifier de « Perfect Storm« .
Facebook, plus que toute autre marque au monde sans doute, sera en proie à des fluctuations de cours liées à ses accrochages réguliers avec le web social, ce qui pourrait orienter sa stratégie différemment, à moins que les grandes orientations ne soient déjà en place d’ici l’IPO, ce qui, entre l’abandon de la vie privée, l’Open Graph et les Crédits Facebook, semble bien être le cas.











29 juillet 2010 à 14:45
Merci pour l’article. Juste quelques corrections:
ligne 2: on dit “malgré *le fait* que…” et pas “malgré que …”
ligne 5: “aux cotéS des compagnies aériennes, des fournisseurS …”
Après le second titre: “Les résultats catastrophiques … ne devraiENt pas”
29 juillet 2010 à 15:33
Ouch… malgré que… j’ai honte… je corrige ;-)
29 juillet 2010 à 17:13
Oui, en effet, une sacrée méforme avec 500 millions d’abonnés, soit 7.35% de l’humanité ! ;+)
29 juillet 2010 à 17:37
Facebook intéresse encore, heu … certaines personnes ;)
http://www.engadget.com/2010/07/28/100-million-facebook-pages-leaked-to-a-torrent-site-creating-th/
29 juillet 2010 à 17:49
Je viens de voir aussi que les données de 100 millions de personnes trainées sur la toile, et sont trouvables en 2 secondes montre en main. J’ai hésité à télécharger le document pour juger par moi-même le contenu, mais je n’ai pas envie de seeder ce genre de fichiers, par éthique.
Maintenant, que ces données là soient accessibles en local ou en ligne sur Facebook, c’est du pareil au même. Tant mieux cependant si ça met un gros coup de projecteur sur les lacunes de Facebook.
03 août 2010 à 12:07
On ne dit ni “Malgré que”, ni “malgré le fait que”, on dit “Bien que”.
L’article est intéressant autrement.