C’était la dernière startup Française ambitieuse et indépendante dans le secteur de la distribution musicale en stream : Jiwa vient de jeter l’éponge.
Le retrait par Warner de son catalogue pour les acteurs du stream, des aides sectorielles promises par le gouvernement qui sont restés… à l’état de promesses, et des demandes venues de toutes parts d’une licence comparable à celle obtenue par la radio dans les années 30, rejetées avec véhémence par Christine Albanel au parlement lors des discussions sur la loi Hadopi, rétorquant alors que le secteur n’en avait pas besoin : l’Etat a fait tout ce qui était en son pouvoir pour prendre le contrôle de cette forme de distribution, quitte à la tuer.
L’ancienne ministre, qui patauge dans les conflits d’intérêts plus que quiconque, profite aujourd’hui de ses manoeuvres d’hier. Grâce au travail accomplit, celle qui est désormais l’une des dirigeantes de l’opérateur historique, n’a plus personne pour lui barrer la route vers la domination espérée par Orange de la distribution musicale (pour ce qui est des acteurs Français, bien entendu).
La stratégie gouvernementale vis à vis du stream, qui s’annonce comme le véritable remplaçant du CD, pour le moment tout du moins, s’est avérée un tantinet machiavélique (ce qui, dans la novlangue instaurée depuis peu se dit ‘pédagogique’). Un temps tenté, par le biais de l’opérateur internet contrôlé par l’Etat, de s’aventurer dans le secteur, il lui a bien fallu reconnaitre que jouer à la startup revenait pour Orange à courir une régate avec un supertanker tournant aux 35 heures. Wormee, bien qu’ayant pris soin de maquiller sa filiation à l’opérateur historique avec autant de soin qu’un travesti qui se maquille pour sortir en boite, espérant tomber sur un internaute passablement éméché avec lequel il pourra terminer la nuit, n’a jamais réussi à séduire.
Il ne restait à Orange que la prise de contrôle de Deezer pour espérer devenir un acteur qui compte dans le secteur. Mais l’avenir s’annonce sombre, à l’image du vieux riche qui prend pour épouse une jeune pucelle, l’alliance est de raison, et les chances pour la mariée, une fois ramenée au donjon, d’y couler des jours heureux, sont aussi grandes que si elle avait épousé Henri VIII.
Enfant mort né d’un coté, sur le point d’être étouffé par un ogre de l’autre, il ne reste plus donc en France le moindre acteur innovant dans la distribution de la musique (et avant de remplir les commentaires de mentions d’obscures startups, précisons que ce panorama concerne celles ayant levé quelques millions, et qui ont, du coup, été jugés comme à fort potentiel par des investisseurs).
Le contrôle absolu et la ferme volonté de conserver les choses telles qu’elles étaient avant la révolution du numérique commence à porter ses fruits : l’économie numérique en France n’est décidément qu’une vaste blague.
La musique est pourtant un vecteur de socialité d’une importance première, et ce depuis… toujours. Son potentiel d’innovation, sans même parler de ce que lui apporte le web des données, est encore vaste rien qu’avec le web social. Certes, ni Jiwa, ni Deezer, n’ont su apporter une véritable dimension sociale à la consommation de musique, et aucun de ces deux acteurs n’a trouvé comment faire de la musique un liant dans le social du web contemporain, mais peut-on décemment reprocher à celui qui tente de faire pousser du blé dans le désert de ne pas avoir su développer l’art culinaire qui va avec ? Cette innovation là, à moins d’un miracle, ne se fera pas en France : l’agent Orange n’est pas propice à la culture.
Au delà du formidable gachis qui fait rater au pays, une fois de plus, un train dans la gare de l’innovation, et après deux années de lutte acharnée menée par les autorités contre toute forme de consommation culturelle qui ne rentrerait pas dans une vision étriquée du monde dictée par des lobbies, il est probablement temps, à l’heure ou l’emprise de ces même lobbies semble se desserer, de se poser quelques questions.
On passera rapidement sur l’aspect malsain et nauséabond de ce que réserve à la démocratie l’alliance en cours des contenus et des réseaux. A ceux qui doutaient encore du caractère indispensable à l’innovation de la neutralité des réseaux – dont le principe est d’interdire à ces derniers de faire quoi que ce soit d’autre que de transmettre du contenu, quel qu’il soit, d’ou qu’il vienne et où qu’il aille, la mort de Jiwa souligne également que cet accouplement contre nature (allez, carrément) sonne également le glas de l’économie numérique.
L’autre enseignement, c’est qu’avec la disparition avérée ou prochaine des acteurs Français du stream, c’est la mort de tout espoir de préserver un autre archaïsme bien Français, celui de l’exception culturelle qui se manifeste dans les quotas obligatoires.
Dans un monde où la musique sera consommée ‘on demand’ depuis l’étranger, les chances d’imposer à un acteur américain ou suédois une proportion de musique Française sont de l’ordre du ridicule, et sans cette béquille, la production locale au pays du fromage risque de souffrir terriblement.
En voulant tout contrôler, les autorités Françaises ont tué dans l’œuf tout espoir de voir naitre sur nos terres un champion de la distribution culturelle. Les petits labels auront le plus grand mal à négocier avec des acteurs internationaux bien trop débordés pour s’occuper d’eux, ils seront dès lors sous le joug des majors, la boucle est bouclée.
Les fondateurs de Jiwa l’affirmaient depuis le début : Les conditions commerciales imposées par les majors font qu’aucun business de musique sur Internet n’est viable.
Tout se passe pour l’instant comme si l’industrie de la Culture, qui contrôle de façon étroite l’appareil d’Etat, avait déclaré la guerre à internet. Cette guerre est la sienne, ce à quoi elle fait face n’est que résistance, et celle-ci ne peut qu’aller en s’amplifiant.
Tenter de faire culpabiliser les gamins qui téléchargent risque d’être un exercice des plus délicats. Plus que jamais, pirater sera un acte de rébellion valorisé par ses pairs, plus que jamais, rentrer dans les rangs clairsemés de la légalité sera vécu comme une soumission à un pouvoir aveugle, injuste, et qui ne sert que ceux qui savent le nourrir.
« Puisque c’est comme ça, je vais reprendre mes habitudes et pirater des mp3, hors de question de nourrir ces gorets » nous confiait, sous couvert d’anonymat, l’un des dirigeants du département internet d’un grand groupe média, habitué de Jiwa, avec qui nous échangions aujourd’hui.
Si la France ne veut pas devenir rapidement une puissance culturelle de troisième plan, il devient plus qu’urgent de changer de cap, de s’ouvrir à autre chose, de cesser surveillance et répression, fussent-elles ‘pédagogiques’, et de faire l’autopsie de l’innovation française, incapable de survivre en dehors des grands groupes, eux même coupés du monde et trop gras pour adopter le style des startups, indispensable dans un monde en pleine mutation où la révolution se fait par les idées et les usages, et non par les investissements industriels dans la technologie.













03 août 2010 à 8:56
Une Honte !! je ne vois pas d’autre expression plus appropriée !! Je pourrai en mettre des tonnes pour exprimer mon dégoût envers les Majors de l’industrie du divertissement, mais je crois que cet article est suffisamment clair et développe parfaitement le pourquoi du comment, sans qu’il soit nécessaire d’en rajouter !!!
Une note positive malgré tout : Les affiches de propagande sont excellentes :)
03 août 2010 à 9:08
Autant on peut détester Orange et rejoindre votre position sur le fond du problème, autant cette attaque sur Wormee et l’impossibilité pour Orange de vivre dans le monde de la culture ressemble à une vendetta.
Quels sont les vrais arguments qui feront du Deezer Orange un échec ? Où est l’analyse qui serait plus digne de votre niveau ?
Je faisais partie des sceptiques au moment du lancement de Studio 37 mais force est de constater que leur catalogue est loin d’être ridicule. On est pas encore au niveau d’un Studio Canal, mais l’inspiration est là (et l’époque est bien différente…).
Très belles fausses affiches de propagandes et bon article pour le reste.
03 août 2010 à 9:17
Wormee, c’est Orange, et il n’y a pas de vendetta, je vous l’assure, j’ai plutôt de la sympathie pour l’équipe de Wormee. Ce qui fera de Deezer un échec ? Jamais une telle alliance n’a marché par le passé, donc j’aurais tendance à répondre : les probabilités et les statistiques.
Pour ce qui est du cinéma, c’est absolument une autre économie, qui n’a rien de bien numérique pour l’instant, d’ailleurs, là, ça peut marcher.
03 août 2010 à 9:32
En matière de site de téléchargement légal et de streaming il y a aussi qobuz.com qui prone la qualité et l’editorial puisque nous proposons sur de très nombreux albums la VRAIE qualité CD au prix du mp3 ailleurs, beaucoup de livret numeriques en pdf et sur certains albums la qualité STUDIOMASTERS.
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De plus nous avons la meilleure qualité disponible sur le marché en streaming sans pub ni écoute imposé.
Pour vous faire un avis je vous propose de tester le site en vous inscrivant via ce lien http://ow.ly/2kajy qui vous donnera 24h de streaming, 4 albums offert sélectionnés par qobuz et 5% de remise sur votre première commande.
Il existe donc en France encore des startup qui se battent pour que la musique en ligne soit de qualité et a prix raisonnable.
03 août 2010 à 9:36
Quelle vaste blague tout ca… Ceci dit, Spotify est loin de venir aux us et le marche du streaming n est pas tres glorieux. Quant a Deezer, il y avert un serieux probleme d’exécution et de produit. Les chiffres misérables de conversion a l offre premium ne sont pas imputables a la mauvaise volonté du gouvernement.
Mais je hais profondément la France pour aussi peu valoriser l entrepreneuriat. C est plus que dommage… C est un problème contemporain majeur !
03 août 2010 à 9:41
@Gregb
Greg, avant de te faire flammer, j’ai dit pas de pub pour d’obscures startups, ce paysage décrit celles qui ont levée quelques millions.
03 août 2010 à 10:00
Merci pour cet article qui m’attriste de la fin de Jiwa et la quasi mort de Deezer…
Il est vrai que dans la pratique, j’ai du mal à faire confiance à Orange. Malgré tout, il est vrai que ça semble fonctionner !
Nous ne pourrons pas attendre de l’opérateur historique un certain avant gardisme ni une expansion à l’international. Néanmoins, pour l’écoute légale de musique en ligne du tout un chacun, ça a le mérite d’exister pour l’instant !
Faute de mieux, le streaming légal de musique n’est pas mort…
03 août 2010 à 10:01
@fabrice: ben justement nous avons levé 5 millions d’euros en 2008 donc nous ne sommes pas une obscure startup ;) c’est pour ça que je me suis permis de poster cette reponse.
03 août 2010 à 10:03
@Fabrice Cela dit, avec la fin de Jiwa prononcée, et celle annoncée de Deezer, quid du modèle de type Jamendo, dans lequel l’internaute est libre de rémunérer (ou non) l’artiste qui diffuse son oeuvre via cette plateforme ? Ou est ce que çà n’a rien à voir et je dis une grosse bêtise ?
03 août 2010 à 10:16
+1 @Gregb
Qobuz mérite un peu plus d’attention, il était déjà un des seuls à faire quelque chose de qualité. Maintenant avec tout ce chamboulement, c’est le seul qui reste à m’aspirer confiance.
03 août 2010 à 10:18
Est-ce une fin « annoncée » ou bien une fin officielle ?
03 août 2010 à 10:20
C’est bizarre ce discours caricatural sur Orange. On y comprend vaguement qu’Albanel avait tout prévu quand elle était au gouvernement, y compris sa nomination chez Orange à la tête des contenus. Mouais. C’est un peu la théorie du complot (mais les blogs, héritier mal-assumés de la presse racoleuse, adorent ça).
On sait quel le problème du streaming on demand ce sont les minimums garantis demandés par les ayant-droits et que c’est uniquement cela qui a porté préjudice au secteur. Et on se souvient des affaires rendus publiques entre Jiwa et les majors.
Mais bien sur, c’est de la faute du grand méchant Orange (cette bande de fonctionnaire caricaturaux qui sabordent l’innovation) qui pourtant doit se battre contre les futurs géants US que sont Google et Apple sur ce terrain de sable mouvant. Si Jiwa avait été racheté par un de ces géants, quel aurait été le discours ; « ouais tant mieux, ils vont pouvoir enfin virer Orange du secteur ».
Oui ça sent la vendetta.
Les articles à charge sont faciles à écrire. Les analyses de fond beaucoup moins.
NDE: Ce commentaire plus ou moins anonyme a été fait avec une IP du réseau interne ORANGE VALLEY
03 août 2010 à 10:22
@cwicket : l’affiche de propagande utilisée (et que tu aimes) est me semble-t-il le fruit de la propagande du gouvernement de Vichy, en réaction à un raid aérien allié qui toucha Paris ;-)
03 août 2010 à 10:26
@guillaume : j’aime surtout l’art propaganda et le style, je ne suis pas fan pour autant du genre de propagande ;)
03 août 2010 à 10:28
@cwicket : c’était juste pour vérifier et te taquiner ;-) Rien de méchant. Je suis moi aussi très attiré par l’art de la propagande. On devrait d’ailleurs retrouvé celui de Vichy dans ce groupe Flickr : http://www.flickr.com/groups/851409@N20/
03 août 2010 à 10:29
@grosbof
héritier mal-assumés de la presse racoleuse…
Vous confondez RWW avec Mediapart ? Merci du compliment.
C’est bizzare aussi, votre IP qui sort tout droit du réseau interne de France Télécom/OrangeValley, non ?
Vous pourriez nous dire pourquoi
Orangevous adoptez la même ligne de défense (presse racoleuse et collaborationniste) que les ultras du gouvernement ?EDIT: suite aux réclamations d’Orange Vallée, il nous est demandé d’insister sur le fait qu’il ne s’agit pas là d’une réaction officielle, au cas où quelqu’un aurait pris un commentaire anonyme pour un communiqué de presse.
@Guillaume
Officielle pour Jiwa, annoncé pour Deezer, comme le souligne si justement GrosBof, faute de facultés à innover, ils n’en ont plus pour longtemps, d’autant qu’une fois la tête coupée, le poulet continue de courir quelques temps, mais son sort est scellé.
@Gregb
Jamais entendu parler, vous devriez investir un peu plus dans les RP… Get in touch ;-)
03 août 2010 à 10:38
Et MusicMe dans tout ça ?
03 août 2010 à 10:48
Merci pour cet article très agréable à lire, un peu drôle, surtout déprimant ; c’est encore et toujours le même problème des situations de monopole.
Excellente découverte que Qobuz, je n’ai pas perdu ma journée !
03 août 2010 à 10:53
Je ne comprends pas l’allusion aux quotas de titres français ? Je suppose qu’il y a une certaine références aux quotas imposés aux radios, mais pour de la diffusion à la demande, la programmation, c’est l’utilisateur qui la définit : celui ci pourra s’auto imposer un quota, ou pas..
03 août 2010 à 10:57
@Alexandre
Avec un acteur Français qui domine le marché, on aurait pu imaginer (c’est tordu mais le gouvernement n’est plus à cela près) un certain quota de musique française dans les algos de génération de playlist automatisées…
03 août 2010 à 11:11
la fin de Jiwa, les difficultés financières de Spotify qui ne parvient toujours pas à trouver l’équilibre (comme Youtube d’ailleurs !) et l’adossement (un peu contraint ?) de Deezer à Orange montrent ce que je dis depuis déjà un certain temps : le modèle économique « streaming + freemium » n’est pas viable actuellement en Europe, que ce soit pour la musique ou la vidéo.
Pour autant, si QoBuz trouve le succès rapidement et que Greg B. me démontre que j’ai tort, j’en serais heureux… mais amha il faudra pour cela que les majors fassent une révolution copernicienne à laquelle elle ne sont pas encore prêtes.
03 août 2010 à 11:24
Là où je pense que l’alliance Orange / Deezer peut fonctionner, contrairement à vous, c’est justement parce qu’elle permet à Deezer d’améliorer son taux de transformation vers les offres d’abonnement. Imaginez que ces dernières soient couplées à des forfaits mobile.
Avec la puissance de feu d’Orange, les voyants pourraient rapidement passer au vert de ce côté là…
03 août 2010 à 11:26
@antoine
un exemple de rapprochement similaires qui ont fonctionné ? Même Google a du mal à ne pas tuer les startups dont il prend le contrôle… Si c’était aussi simple, Wormee aurait fait un carton, non ? Par ailleurs, ce secteur est encore en pleine course à l’innovation, on en est pas aux consolidation. Trop tôt, imho.
03 août 2010 à 11:30
Je me demandais simplement d’où venait l’information, je ne trouve aucune autre source et même sur Jiwa je ne vois pas la nouvelle comme quoi ils vont fermer, si vous pouviez me renseigner là-dessus ? ;-)
03 août 2010 à 11:33
@Marien
De plusieurs investisseurs qui sont au capital. Décision du tribunal de commerce en date du 29 juillet.
03 août 2010 à 11:39
@Pierre Col Qobuz comme acteur indépendant ne croit pas au modèle Streaming+Freemium mais plutôt à l’Abonnement+Telechargement
@Fabrice: vous allez bientôt entendre parler de nous à la rentrée de nombreuses innovations feront leurs apparitions ;)
@AddiKT1ve merci et bonne écoute
03 août 2010 à 11:48
@Guillaume : Dans le genre propaganda, je te conseille aussi ce lien (orienté Soviétique) http://abduzeedo.com/47-soviet-propaganda-posters?page=3,2
@Fabrice : pas de réponse à mon dernier commentaire. Je me rend aussi compte que j’ai peut être dit une petite bêtise. Le modèle Jamendo concerne des artistes indépendants qui choisissent de diffuser leur oeuvres sous licence CC.
(http://www.jamendo.com/fr/faq#artist)
Néanmoins, je repose la question du Quid par rapport à ce modèle économique. Si celui du type Jiwa/Deezer vient à s’écrouler, pourquoi celui de Jamendo tiendrait mieux, si l’on prend compte du fait que le modèle économique global est en principe surtout entretenu pour permettre à des plateformes comme deezer/Jiwa de perdurer ?
N’étant pas économiste, ma question peut paraitre naïve, mais j’aimerai bien un avis sur cette question…(de Fabrice ou autre ;) )
03 août 2010 à 11:48
Bonjour Fabrice,
Il reste encore un autre acteur français et totalement indépendant que tu n’as pas mentionné dans ton article. Il s’agit de musicMe.
03 août 2010 à 12:00
@cwicket
Si, si, Jamendo est une startup des plus interessante, mai ce n’est pas du tout dans le même secteur. Concrètement, dans les années 30, quand les majors ont fait le même coup aux radios FM (prix prohibitifs, puis retrait du catalogue), les radios ont adopté un modèle proche de celui de JAmendo, elles sont allé chercher des artistes ailleurs que chez les majors… et cela les a fait plier.
Ca va être plus difficile pour Jamendo, mais leur aventure est interessante et potentiellement, ils peuvent toucher le jackpot, ne serait-ce qu’en devenant un acteur de poids dans la sonorisation et en évitant à des supermarchés ou des parkings de se faire raqueter par des ayants droits.
Le problème du modèle économique de Jiwa/Deezer est différent. Si le prix des semis était basé sur 95% des revenus des agriculteurs, ces derniers ne vivraient pas (ils ont d’autres soucis par ailleurs), il ne peut y avoir d’économie dans une modèle dominé par des acteurs qui s’entendent entre eux. Vraiment. Chercher un modèle économique dans un tel environnement est une perte de temps, et quand en plus l’Etat est complice…
03 août 2010 à 12:05
Il faut atterrir un peu dans la vrai vie. La France d’en bas gagne 1100 euros. Une connexion internet c’est 29.99 et un forfait mobile moyen dans les 30 euros soit déjà 60 euros. Vous croyez sérieusement que ces français là vont dépenser 100 à 150 euros par mois pour une offre culturelle sur le net?
La musique amortie devrait être en licence globale et les nouveautés payantes.
03 août 2010 à 12:57
Gregb dit « Qobuz comme acteur indépendant ne croit pas au modèle Streaming+Freemium mais plutôt à l’Abonnement+Telechargement »
Je lui répondrai donc que son site (Qobuz) n’a donc pas à être cité en comparaison de Deezer, Wormee, Spotify, Jiwa puisqu’il se dirige vers un modèle qui n’est PLUS du streaming. Il faudrait arrêter de prendre les utilisateurs pour des ânes.
Pour ce qui est de MusicMe, il me semble que c’est la société qui fournit le service derrière les bornes d’écoute en supermarché, notamment dans les point Culture Leclerc. Mais est-ce que cela suffira à porter un modèle économique plombé d’avance (comme ça l’a été dit plus haut) par les exigences astronomiques des majors…?
03 août 2010 à 13:11
Le pseudo-anonymat (procédé que je n’aime pas plus que vous mais vous comprendrez aisément pourquoi il était nécessaire dans ce cas) supposait le caractère personnel d’une position. Personnelle donc pas forcément objective non plus. Je n’ai aucune légitimité à prétendre avoir la position officielle de quoi que ce soit (je ne suis ni dans la comm, ni même dans le marketing).
Le procédé qui consiste à donner la provenance de mon IP et de twitter le commentaire ne risque pas de ne me faire changer d’avis sur les façons de faire des bloggueurs. Dommage. Mais dans ce cas c’est moi le fautif.
Cordialement.
03 août 2010 à 13:14
@grosbof
Sans blague ? Il semblait pourtant que votre opinion sur les blogueurs était déjà bien arrêtée.
03 août 2010 à 14:39
@Maxx dans quelle définition du mot « streaming » as-tu lu que c’était forcement gratuit et que le faire payer à l’abonnement (ce que fais aussi spotify et deezer par ailleurs) revenait à prendre les utilisateurs pour des ânes ?
03 août 2010 à 15:11
Excellente (et triste) analyse…
03 août 2010 à 15:12
J’utilise Grooveshark…
mais j’étais fan de Jiwa.
C’est triste…
03 août 2010 à 15:44
Cet article est un tissu de mensonges qui crie sottement au complot.
Orange, l’opérateur leader français s’allie avec le leader des solutions de stream à savoir Deezer, qui sans cette alliance serait aujourd’hui ou demain à l’agonie. Car une réalité de base, c’est que la musique et tout autre contenu professionnel ne peut être gratuit et que jusqu’à présent, aucun distributeur de musique gratuite n’a su générer suffisamment de revenus pour payer ses contenus.
A ce titre, la France sera en mesure de présenter sur le marché international un champion français, alors même que le marché de la musique numérique se concentre en outre-atlantique grâce à iTunes, qui d’ailleurs va bientot compléter son offre par une brique de stream.
Cette alliance Orange Deezer est donc une bonne nouvelle pour la musique, et plus particulièrement en France, qui est un marché à peine rentable voire déficitaire (pour les distributeurs) et qui par conséquent ne peut supporter une multitude d’acteurs.
Évidemment, on rentre aujourd’hui dans une logique de concentration et d’alliance, c’est douloureux mais c’est naturel.
Cessons donc de crier à tort et à travers à un complot fomenté par Albanel. C’est absolument ridicule !
NDE: Cette fois-ci, c’est une IP de Orange FT Group… sans commentaire…
03 août 2010 à 15:45
Radio Christine : « Si tu veux pas de ma musique à moi, la mienne, je vais te la faire bouffer en intraveineuse entre les doigts de pieds, tu comprends ? Christophe, pourriez-vous me repasser un peu de délation pour accompagner cette divine période de l’histoire culturelle de notre pays, la France ? Merci. »
03 août 2010 à 15:46
Praidac (le commentaire au dessus) il confond un peu le tiercé et la création mais c’est pas grave.
03 août 2010 à 15:49
Comment se fait-il que les personnes décisionnaires et membres du gouvernement (qui sont sensés avoir fait de hautes études) n’aient toujours pas compris qu’un modèle économique basé sur un monopole lorsqu’il ne s’agit pas de produits de première nécessité (encore que) n’est pas viable et favorise au contraire le développement de marchés parallèles?!!!! Il n’y a qu’à ouvrir les livres d’histoire pour voir que c’est la concurrence qui fait tourner le commerce, quel qu’il soit.
A moins que ce ne soit une façon déguisée d’encourager le téléchargement illégal afin de rentabiliser moralement et économiquement l’Hadopi!
Il y a de quoi se poser des questions…
03 août 2010 à 15:49
Pour appuyer l’idée d’une alliance Deezer/Orange (site de steaming/opérateur), c’est notamment une des clés de l’actuel succès de Spotify avec ses 500.000 abonnés payants.
Donc il y a un petit précédent, et tout le monde se dit que la musique sera demain essentiellement consommée (achetée) sur des périphériques nomades (et plus seulement écoutée).
La « Music As Service » est en marche. Elle colle d’ailleurs très bien avec la désaffection du public pour l’album au profit du « titre ».
03 août 2010 à 15:53
Ah… Ça me répugne, cette alliance du contenu et du réseau ! Je trouve que ça devrait presque être illégal. C’est comme être juge et partie, ça ne devrait pas être possible. C’est sûr que dans un monde parfait, ça pourrait bien se passer. Mais dans la vraie vie, on sait comment ça finit, un jour ou l’autre. Il y a conflit d’intérêts, c’est indéniable. Ça a commencé avec les box des offres « triple play »… il est hors de question que ça finisse en Minitel 2.0 !
03 août 2010 à 16:08
Avis personnel
S’il s’agit de musique dite de variété ce n’est pas bien difficile de nouveaux artistes hors des circuits des majors qui elles créent une nomenclatura d’artiste officiel
Problème français
L’exception culturelle nombriliste et l’acharnement à promouvoir une culture officielle.
Stratégie Orange
Afficher le même logo pour divers business très différent n’est pas forcément astucieux.
Depuis Orange FAI en passant par Orange Business jusqu’à Orange chansons, cela fait un peu Mega Store
03 août 2010 à 16:08
Ce billet m’a scotché! Il recoupe des observations que j’ai pu faire sur le lobbying culturel bien-pensant qui étouffe déjà le cinéma, l’animation et la musique réellement populaire (au lieu de populistes et catégorielles). Merci! :-)
03 août 2010 à 17:30
De toute façon Jiwa, Deezer et même Spotify auront du mal à lutter le jour où Apple lancera iTunes.com :/
03 août 2010 à 17:59
@Baptiste
Apple est totalement nul pour tout ce qui touche au web social, c’est de ce coté là qu’il existe des voies à explorer pour la musique en stream ;-)
03 août 2010 à 18:11
Pour moi, contrairement à Jiwa et Deezer, Spotify est un acteur crédible de la musique en ligne. En lancant leur propre soft (proche de iTunes au niveau de l’interface et de l’expérience utilisateur), ils ont réussi un tour de force ! Avec un catalogue impressionnant (j ai trouvé des morceaux de groupes émergents que je cherchais depuis des années), la possibilité d’avoir sa musique offline, sur tous supports (@home, @work, sur smartphone), ils ont réussi là ou les autres acteurs ont échoué. Je pense qu’ils réussiront, ils doivent encore se développer et se faire connaître
03 août 2010 à 18:20
oui je bosse chez Orange ce qui n’invalide pas nécessairement mon point de vue, et ce qui ne m’empêche pas d’avoir non plus un avis PERSONNEL qui n’engage que moi.
C’est curieux ces façons de traquer les IP et de les flagger.
Sans commentaire…
03 août 2010 à 18:45
Ca va mieux en le précisant, non ? Dans le petit monde des blogs, on appelle cela un disclosure, ceux qui ne respectent pas cela se font systématiquement cramer. Deux avis contraires, tout deux d’employés chez Orange… en effet, sans commentaire, ou plutôt si, vous montrez qu’il y a quoi qu’on en dise un véritable esprit corporate dans cette boite, exception faites des mails que j’ai reçus d’employés qui se gaussent et de ceux qui se sont défenestrés, bien sûr.
Vous savez pas utiliser un VPN ?
03 août 2010 à 18:58
beezik
03 août 2010 à 19:52
Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi vous tapez sur les majors tout en réclamant la musique des majors.
Personne ne vous empêche de diffuser, à vos conditions, de la musique indépendante, en accord avec des artistes indépendants.
Jiwa ferme, parce que Jiwa voulait diffuser la musique des majors, sans vouloir en payer le prix.
Le discours de liberté et d’indépendance doit être cohérent : développez des circuits de diffusion de musique indépendante, et ne réclamez pas la musique signée chez les majors.
On n’a pas besoin de diffuser la musique de Johnny Hallyday pour défendre la culture musicale.
A l’avenir, il y aura de gros diffuseurs diffusant la musique « officielle », la soupe des majors, aux conditions des majors.
Et il y aura des réseaux sociaux diffusant librement de nouveaux artistes, pas signés chez les majors.
Pourquoi cet entêtement à vouloir diffuser la soupe des majors ? Créez autre chose !
03 août 2010 à 21:03
C’est un peu plus compliqué tout de même. On en peut pas dire que les Rolling Stones c’est de la soupe, si ?
Un peu de lecture pour aller plus loin ?
http://fr.readwriteweb.com/2009/02/05/a-la-une/culture-libre-free-culture-lawrence-lessig-ebook/
03 août 2010 à 22:12
Et MusicMe ?
03 août 2010 à 22:54
C’est n’importe quoi, vous n’y connaissez rien dans ce domaine.
Au delà de l’acharnement contre orange dont je ne vois pas le sens,
Il y en France de très bons outsiders mondiaux du marché de la musique : Deezer, Qobuz, MusicMe, Mondomix, sans parler de Believe et un leader mondial : Vivendi, pourquoi prendre cet argument nationaliste ?
Si vous voulez critiquer Hadopi et la normalisation de l’échange de fichiers sur internet, donnez d’autres arguments que celui très populiste et que vous n’avez pas compris de la neutralité d’internet.
Et concernant les majors, je rejoins l’avis d’Incoherence : pourquoi les réclamer quand le marché se fait ailleurs.
Au lieu de checker mon IP, allez plutôt voir ce que font les labels indépendants (dont Qobuz fait également partie) http://www.discograph.com/ourshop
03 août 2010 à 22:56
et en plus vous croyez que levez plusieurs millions d’Euros c’est un gage de qualité et de réussite !
03 août 2010 à 23:09
Alors… Qobuz, voir plus haut, Deezer, pris d’assaut par Orange après avoir été décapité, Mondomix, sympathique, mais comme spécifié dans ce billet, si on fait la liste de tous les acteurs qui sont sur le secteur musique, on n’est pa sorti de l’auberge, d’où un panorama limité à ceux qui ont levé des fonds suffisants pour payer les majors, Believe, à ma connaissance, ne fait pas dans le stream, quant à Vivendi, c’est le principal lobby pro DPI en France ! Vivendi, une startup ?? vous vous foutez de qui ?
Lever plusieurs millions n’est un gage de rien du tout, si ce n’est une façon arbitraire de faire un état du marché des startups qui ont été jugées aptes par des investisseurs (il y en a deux qui ont commenté plus haut d’ailleurs, de deux des plus gros fonds Européens).
03 août 2010 à 23:36
@Dominique Rabeuf
Effectivement, la stratégie de marque global d’Orange est casse gueule… Vivendi/SFR/Neuf est plus prudent sur ce coup là, c’est dingue le nombre de personnes qui ne sont pas conscient qu’il s’agit de la même chose, au moins, ça fait des compartiments étanches en cas de catastrophe avec une de ces marques…
04 août 2010 à 3:26
Le fait que le gouvernement intervienne ne me choque pas (meme si cela me déplait), au fond le débat est de savoir si la musique est un bien culturel et donc public ou un produit/consommable. Aujourd’hui pour tuer les majors il suffit de promouvoir et d’écouter des labels libres. Ca ne va pas se faire tout de suite, mais j’imagine qu’une nouvelle forme de major plus ouverte devrait voir le jour.
PS: j’ecoute spotify depuis les US ca marche tres bien
04 août 2010 à 4:56
Ce qui est très regrettable chez les « pirates », c’est que c’est une culture de la simple consommation gratuite, et non pas un mouvement créatif.
Ce qu’on voudrait, c’est une « Nouvelle vague » : un mouvement de jeunes créatifs, qui, librement, fassent l’essai de nouveaux modèles économiques, pour leurs propres créations.
Comme le monde du libre a fait avec les logiciels.
Jamais le monde du libre n’a réclamé la gratuité des logiciels payants : il a créé d’autres logiciels, selon ses propres règles, en respectant les licences, en encourageant le modèle du don, etc.
Le monde des logiciels libres est un modèle créatif, initié par des créateurs;
le monde des pirates de la musique est un modèle destructeur, réclamé par des consommateurs.
L’honnêteté est d’écouter un artiste selon les règles du modèle économique qui permet son existence, comme pour les logiciels.
La démarche de rechercher de nouveaux modèles économiques pour la musique est très intéressante, mais il faut la lancer avec des artistes contemporains, qui sont OK pour l’aventure.
Il y a une vie culturelle à créer après les Rolling Stones.
Levez les yeux des produits des majors, si vous récusez leur modèle économique.
ça fera le plus grand bien à la musique, de ne plus diffuser partout les mêmes produits du siècle dernier.
04 août 2010 à 5:13
Désolée de ce commentaire, mais n’avez-vous donc personne pour relire ce texte? Sa lecture est pénible, les fautes d’orthographe y étant nombreuses, les virgules placées au hasard (même dans le titre)et la construction des phrases bien maladroite. Il est dommage qu’un article tel que celui-ci, notamment du fait des détails importants qu’il souligne, soit si désagréable à lire.
04 août 2010 à 7:34
bin alors fab tu ne connais pas quobuzz ?? c’est pas bien :):)humour !
Qobuz a conclu un partenariat capitalistique et rédactionnel avec le Groupe Express Expansion (GEE), membre du groupe Roularta, l’un des tout premiers groupes de presse européens.
en parcourant la rue je viens aussi de découvrir ceci:
http://www.subsonic.org
tes articles sont tj très sympa
ne soit pas tout le temps sur la défensive sniff
04 août 2010 à 7:47
Tout comme certains commentaires, je pense que vous enterrez Deezer trop rapidement, J’imagine très bien Orange proposer une offre global: TV+Internet+Téléphone+Mobile+Music sur le modèle d’un packaging ciblé par familles, par tranche d’âges, par lieux d’écoute. J’imagine très bien Vinci avoir un accord avec Orange pour tous ces services de parkings…
Bien sûr, cela donnera naissance à un gloubi-boulga très fade, qui ne favorise pas la création/innovation, mais qui assurera un revenu minimum garantie aux majors.
La force de Spotify vis à vis de Deezer est son vecteur social par l’intégration de facebook (vous avez très bien mentionnez cela), mais Spotify est également multi-plateforme, là où Deezer est enfermé dans un navigateur web, et pire Wormee est enfermé dans un lecteur Flash cacochyme.
Si Spotify représente la jeunesse de l’innovation (intégration du web-sociale), Wormee c’est un service gériatrique à lui tout seul. Deezer semble une solution mature, avec un minimum d’expérience, peut-être peut-on espérer et laisser venir.
D’un autre côté, il est très étrange de continuer de voir Orange s’évertuer à communiquer en marque Global, cela rends les attaques beaucoup répéter et facilite la confusion auprès des non-initiés.
Merci encore pour cet article, et les commentaires qui ont suivis, j’ai tout particulièrement apprécié le passage sur les épouses d’Henri VIII.
04 août 2010 à 8:09
@peignoir
Qu’on puisse apprécier qu’un gouvernement intervienne, je n’y vois pas de problème, mais pour le bénéfice d’une société privée dont il nomme un proche comme président et où il place une ancienne ministre comme haut responsable, ca ne vous choque pas ? Moi si.
@incohérence
Explorez donc un peu plus ce blog, il regorge de propositions. Arts numériques, culture libre, mouvement remix (qui est largement illustré rien que dans cet article d’ailleurs)…
@Madeline
Non, on a personne, pas de pub non plus, pas de revenus, pas de relecteur. Peut-etre serait il prudent de s’en tenir au Figaro qui a tout cela ?
04 août 2010 à 9:01
Waou.
La conclusion résume parfaitement ma vision des choses, j’ai relancé bittorent il y a quelques semaines, je ne vais plus au cinéma, juste pour pas nourir ces porcs.
Je sais pas ce que fait @nk_m pendant ce temps. Un post de secrétaire de plus qui ne sert à rien.
Ils me font tous vomir. Quel plaisir de lire ça, et mettre des mots sur ce que l’on pense.
congratulations.
04 août 2010 à 9:25
Je fais de même mais je préfère nourir l’industrie Suèdoise avec Spotify.
04 août 2010 à 9:29
@incoherence
Je vous rejoins sur le critique que vous faites aux pirates, mais force est de reconnaitre que sur ce blog en particulier, elle tombe à plat.
04 août 2010 à 10:03
Très bon article qui résume en tous points mon opinion.
Je suis un acheteur « normal » de cds, environ deux ou trois galettes dans le mois suivant les sorties/rééeditions. Mais quand je vois qu’on arrive à 20€ le disque avec pochette en carton mâché aux coins qui se tassent juste sur le trajet disquaire/maison et sans aucun contenu à l’intérieur (où sont passées nos transpositions de paroles d’antan par exemple?) ça me fait bien mal.
J’arrive presque à comprendre les pirates (ceux qui n’ont pas les moyens d’accéder à la culture, pas ceux qui piratent pour le plaisir) qui font une sorte de révolution anti-capitalisme des majors et associés.
@incohérence : c’est pas faux ce que vous avancez, mais de ce fait, moi qui suis (entre autres) fan de rock psyché des années 70 je ne peux plus écouter ma musique suivant vos principes car ce catalogue appartient aux majors. Votre modèle n’est valable que pour la « nouvelle » culture et sincèrement la musique d’aujourd’hui n’est pas à mon goût (il y a des exceptions bien sûr, c’est juste un ordre général). Donc quid pour les amateurs de musique passées ?
04 août 2010 à 12:34
@Fabrice pour info la photo flickr à l’adresse http://bayimg.com/jaOEKAACb ne répond plus :) problème de copyright ? :) (c’est celle qui figure dans l’article avant la « LACHES!! »)
04 août 2010 à 12:53
@cwicket
J’imagine bien les héritiers d’un illustrateur collaborationniste porter plainte ;-)
Bayimg est géré par TPB, et comme la plupart de ce qu’ils font en dehors de TPB, c’est d’une fiabilité hasardeuse… J’hébergerais cela ailleurs à l’avenir…
04 août 2010 à 15:02
La musique n’est pas cantonnée au territoire français. Cette disparition et l’uniformisation orange profite aux systèmes étrangers. Beezik (http://www.tubbydev.com/2010/07/telechargement-gratuit-de-musique-sur-beezik.html ) ou même foofind http://www.foofind.com qui est le genre de truc qui prendra le pas sur les sites de distributions puisqu’il organise l’info
04 août 2010 à 15:14
Sans parler de Spotify ;-)
C’est clair que le on demand ou le format radio fera place a autre chose, et les systèmes de recommandation n’ont non seulement pas dit leur dernier mot, mais ils ne sont pas les seuls a pouvoir apporter de l’innovation…
http://fr.readwriteweb.com/2010/07/26/video/les-donnes-sont-lavenir-du-business-de-musique-video/
05 août 2010 à 1:15
@ Fabrice Epelboin
Je me posais des questions au sujet d’OWNI MUSIC.
Je lis de vous, sur un autre blog :
« Owni, dont j’ai été débarqué quand je me suis aperçu que le partage, ça allait un temps, mais qu’accueillir les auteurs au capital, fallait pas pousser non plus »
Pouvez-vous développer / expliquer ?
05 août 2010 à 4:41
Aucune idée de ce qu’est owni music, ce que j’ai contribué à créer, c’est Owni tout court. Owni music, à priori, c’est un dérivé pour la musique, mais je n’en sais pas plus.
05 août 2010 à 10:39
Jiwa meurt… et d’autres suivront, tandis que se forment de nouveau des alliances (conglomérats ?) de l’entertainment qui ajoutent désormais de façon parfois totalement illogique, en tous cas empirique, de nouvelles cordes à leurs arcs et à quelques potences pour créer des monstres. Et ce en commettant les mêmes erreurs que par le passé.
L’article et les commentaires liés sont intéressants puisqu’ils permettent d’affirmer une triste réalité : C’est – aussi – notre rapport à la culture, la compréhension de rouages et des logiques et contraintes de ceux qui font la musique et nos habitudes de « consommations » qu’il faut revoir en profondeur.
La musique doit être valorisée et pas relayée au rang de faire-valoir ou d’emballage clinquant pour du package tout-inclus. Car la musique de qualité, la création, sa production et sa diffusion ont un coût. En cela, le discours des Majors, des FAI et de bon nombre de sites de streaming est incohérent, puisqu’ils parlent de capitalisation, de levée de fonds, de prise de participation, de pérennité économique et de chiffre d’affaires en omettant toujours, souvent par choix, de dire que la musique n’est pas gratuite et d’expliquer pourquoi…
Je ne vais pas me cacher derrière mon petit doigt : Je travaille au sein de CD1D (www.cd1d.com), fédération de quelques 200 labels indépendants. Il y a déjà quelques années que nous avons créé notre propre plateforme de vente de musique en ligne (physique et numérique). Nous ne proposons pas (encore) de service de streaming. Mais notre modèle fonctionne (5 ans déjà), fait des émules et, alors que nous voyons naitre puis mourir des initiatives dont nous avions depuis longtemps jugé qu’elles étaient vouées à l’échec ou condamnées à se fondre dans un moule que nous n’acceptons plus, nos expérimentations portent doucement leurs fruits. Bien évidemment rien n’est gagné, loin de là.
À notre niveau, nous essayons donc de réfléchir à tout cela et d’imaginer des réponses – solutions – nouvelles, alternatives, véritables expérimentations basées sur des logiques différentes que sont le travail collaboratif, l’équité et une autre répartition des revenus. Et l’essentiel de notre travail se fonde sur quelques lignes simples : Le respect des publics et des artistes sans qui nous ne serions rien, une façon différente d’envisager nos métiers – nous ne sommes pas des industriels mais des artisans, et nous le revendiquons – et Internet comme une opportunité qui doit s’adapter à nous autant que nous devons nous y adapter.
Et puisque on en est fier : « L’indépendance s’organise… »
05 août 2010 à 10:46
Le problème, c’est que la chaîne que vous décrivez dans les investissements necessaire à la création musicale est devenu bien plus complexe. Deux exemples, au hasard :
- les coûts de distribution, avec le P2P, sont quasi nuls (d’où la ferme volonté des anciens distributeurs de tuer cette techno)
- dans certains style musicaux (techno, house…), les coûts de production ont considérablement chuté grâce aux technologies, dans d’autres, celle-ci n’ont pas radicalement changé les choses (musique classique, par exemple).
Appliquer uniformément une règle à tout l’ensemble de l’industrie n’a plus aucun sens, et le faire éclater pour que chaque genre adopte un modèle économique qui lui soit propre est très compliqué. Ceci dit, laisser le système pourrir sur place est certainement la pire des solutions, sauf si on part à la retraite dans les années qui viennent ;-)
05 août 2010 à 11:13
@Fabrice Epelboin
Il me semble que la volonté des « anciens » distributeurs de tuer la technologie du P2P était plus liée au fait qu’elle ne générait aucune rémunération plutôt que parce qu’elle permettait une distribution à moindre coût. Et c’est une raison louable parmi d’autres qui le sont moins. (Ou alors je n’ai pas suivi correctement votre raisonnement…)
Vous avez d’autres part en partie raison concernant les ≠ coûts de production selon le style de musique et, donc, ses besoins. C’est notamment pour cela que nous pensons que le prix de la musique doit être en adéquation avec un coût réel justifié, compris et juste par rapport aux publics.
Au-delà de ça, je vous rejoins sur le fait qu’une seule règle pour tout gouverner peut être contre-productive, surtout si ceux ayant édicté ces règles sont ceux qui doivent se les appliquer et qui trust le marché. Et prendre en compte chaque niche, chaque façon de faire est effectivement compliqué.
Pourtant, je crois que ces deux points restent essentiel à nos yeux. Faire bouger les lignes concernant les grandes décisions et les grandes règles (une nouvelle gouvernance et une nouvelle donne concernant la répartition des droits par exemple…) et œuvrer pour que chaque niche, manière d’être et de faire et courant culturel minorisé est droit de cité et fasse bénéficier aux autres d’expériences ou de savoir-faire adaptables…
Vaste chantier… On y travaille d’arrache-pied.
06 août 2010 à 11:06
C’est curieux que personne ne mentionne LastFM dans ce type de débats sur le streaming et la radio online. C’est pourtant une produit génialissime, avec une vraie composante « web2″ au sens propre du terme, au sens crowdsourcing. Plus il y a d’utilisateurs, plus la qualité augmente.
Effectivement, on ne peut pas comparer un lastfm avec deezer&co, puisque les titres ne sont pas tous écoutables directement. On est plutot dans la découverte, dans les flux de musiques/radios. Mais pour un amateur de musique et de découverte, c’est le panard !
C’est un complément parfait à Spotify, par exemple, puisque les deux peuvent tout à fait interagir.
Je ne regrette pas de payer tous les mois mon abonnement à ce service, qui tourne quasiment 24/24 sur tous mes postes.
Je regrette par contre qu’on lui mette des battons dans les roues en France.. Impossible d’installer LastFM sur un iphone francais par exemple (sans le jailbreaker). Et la situation ne semble pas évoluer de ce point de vue la…
Si on regarde du coté du cinéma, même constat.
Pourquoi n’a t’on pas un vrai NetFlix à la française ? C’est incroyable non ?
Je _veux_ payer pour acheter des _bons_ films à la demande. Les catalogues disponibles à l’heure actuelle sur les *box sont franchement maigres.
J’ai donc du passer par un VPN vers les US, et une fausse adresse pour PAYER un compte netflix. Et ENFIN je peux consommer des films en PAYANT..
06 août 2010 à 11:10
@loki
C’est parce que ce billet porte sur les acteurs Français et la situation de l’innovation du stream musical en France ;-)
Last.fm est top, tout comme Hulu et d’autres, mais on n’avait l’occasion d’avoir des acteurs de ce calibre là en France et on a raté le coche…
06 août 2010 à 11:27
@Fabrice
oui bien sur, je ne parlais pas du billet en lui-même mais du débat autour. On mentionne des acteurs étrangers, tels que Spotify, sans parler de mon petit chouchou qui ne semble vraiment pas être reconnu à sa juste valeur sur notre territoire.
Je m’etonne simplement qu’on limite ces services à des contenus « à la demande », qui sont je trouve un tout autre concept que la « »vraie »" radio en ligne non ?
L’approche est tellement différente… :)
C’est la que mon commentaire fait sens (à mon avis hein, je suis peut être mal réveillé). J’ai l’impression qu’on a manqué d’innovation en France. On a raté le coche effectivement, mais est-ce seulement la faute aux autorités ?
Sans vouloir troller, j’ai toujours trouvé Deezer&co assez faiblards au niveau « concept produit », notamment dans leurs dimensions sociales..
Tiens, en parlant de Hulu et Netflix, on est de nouveau à la ramasse sur le futur la TV en France non ? :)
Combien d’utilisateur de Boxee chez nous ? Quels accords entre les acteurs historiques et ce type de services?
Quand on voit la qualité de boxee quand on est sur une IP US (l’intégration avec les contenus des majors, l’intégration de netflix, et hulu dans une certaine mesure..).
Je suis un gros utilisateur de Boxee sur ma TV, et tous les jours je rage de ne pas avoir les contenus de Canal+ (par exemple) intégrés directement dans mon installation. Et à priori rien en vue la dessus du coté de l’équipe de Boxee.. Je doute qu’ils trouvent une oreille attentive dans l’hexagone :(
Bref, encore un fiasco en perspective.
06 août 2010 à 11:33
Jiwa (et Deezer) proposent aussi des webradios, ils se sont gauffré pour communiquer dessus et en faire adopter l’usage, mais Jiwa avait fait des partenariat avec des DJs, pas mal de truc interessant pour pousser le concept…
Pour la TV, le problème est sérieux, mais les contrats de distrib des séries US se renouvellent en 2011, donc ca pourrait bouger ;-)
06 août 2010 à 11:46
« Jiwa (et Deezer) proposent aussi des webradios, ils se sont gauffré pour communiquer dessus et en faire adopter l’usage, mais Jiwa avait fait des partenariat avec des DJs, pas mal de truc interessant pour pousser le concept… »
effectivement, je m’étais arrêté au contenu à la demande qui semblait être le principal usage de ces services, sans creuser du coté webradio.
mea culpa :)
mais bon, faire intervenir des DJs c’est bien, mais créer la radio à la volée en utilisant le ‘social’ (lastfm) ou l’analyse des morceaux (pandora), c’est quand même pas le même niveau. Surtout si on a des gouts assez originaux.. Je doute que le DJ de Jiwa me passerait un set de musique autour du folk metal (raaah, Finntroll !)
on manque de vrais concepts innovants en France :(
Ok pour la TV, attendons de voir. Mais on va prendre de nouveau un sacré retard sur une techno qui va devenir majeure dans les années à venir. J’en connais qui vont se bouffer les doigts. Le fait que Google annonce sa future Google TV ca devrait quand même les faire réflechir un peu..
Je me demande régulièrement pourquoi Canal+ ne se lance pas sur le marché. Ils occuperaient probablement complètement le marché FR. Sans parler de séries TV, mais vraiment sur le contenu à la demande sur le net ! Ils devraient monter un NetFlix-like au moins, à défaut de faire de l’innovation..
Tout ça pour conclure: j’aimerais vraiment payer pour des bons services culturels. Peut être que le marché FR n’est pas encore prêt à ça, mais le constat est clair : à l’heure actuelle si on veut PAYER pour du contenu de qualité (cinéma, séries, musiques..), on a pas le choix et il faut aller mettre nos sous à l’étranger :(
06 août 2010 à 12:01
Le problème, avec l’approche de recommandation sociale de Last.fm, c’est qu’il faut soit un algorythme de malade, soit (et) une très grose communauté pour que cela donne des résultat. Bootstrapper le truc avec des dJ n’était pas idiot…
Pour la télé, wait and see. Du coté des ‘gros’, il ne faut pas s’attendre à grand chose dans l’immédiat, ils semblent ravi avec le concept de catchup, pour les petits, il y aura du nouveau à la rentrée… ;-)
09 août 2010 à 11:00
Je suis tout à fait d’accord, l’économie numérique dans son ensemble, et plus particulièrement en ce qui concerne la diffusion de « contenus », semble être devenue la cible prioritaire de cette administration et on ne peu que le déplorer.
Que peut-on faire pratiquement pour changer tout cela ?
Il faut tout de même bien se rendre compte que l’Internet, c’est nous, les utilisateurs, et pas les gouvernements. Il est temps que nous réagissions d’une manière ou d’une autre d’ailleurs.
12 août 2010 à 4:26
bonjour je suis musiquovore,apres radioblog,deezer,puis j’ai émigré chez jiwa ,en ce moment je refaits mes playlists chez « i like » dans l’onglet music de mon facebook
avant tout ce qui me motive c’est de faire connaitre les bons rocks,blues,pops j’ai 62 ans et j’ai dans la tête un demi siècle de musique,il est bien domage que tout soit perdu,heureusement je suis encore chez last fm,grooveshark,spotify,worme,musicme,music brainz,soundcloud,youtube et pour les fan de couleur3 puisque les émetteurs français de cette radio suisse branchée ont été fermés,je faits des playlists chez MX3 le portail des musiques suisses
je n’ai jamais téléchargé,car j’etais pour la survie des artistes modestes j’ai soutenu jolatomate et son site pour faire connaitre « ronnie bird »
j’ai plutôt télédéchargé de la musique pour faire connaitre cet artiste
fini les uploads et les blinds tests chez deezer
la musique deviendra aseptisée sans saveurs ,ou plutôt avec une saveur unique c’est bien triste
a bientôt middo39
12 août 2010 à 15:44
RE Bonjour
merci loki pour parler de last fm,leur bibliotèque est largement a la hauteur,le scroble permet aussi a mes amis de savoir ce que j’écoute ,les jeux et concours sur jiwa etaient tres important et fédérateur le principal argument de jiwa etait de faire entendre la musique des jiwers j’ai moi même intégré des playlist a mes blogs ou a mon facebook
acheter des albums oui mais acheter uniquement des titres n’est pas encore au gout du jour
certains artistes ont disparut de tout catalogues comment les écouter ou mieux les faire écouter
certains compositeurs utilisent la musique pour la déstructurer et ensuite recomposer une nouvelle musique comment continuer si vous leur supprimer la source
ensuite vous ne parlez guerre de soundcloud grace a eux j’ai aimé quicksand par laroux puis ensuite j’ai connu une vingtaine de mix de cette chanson surtout ceux de l’écurie kitsumé
parlons de deezer il y a dix ans mes playlists etaient mixtes c’est a dire je mélangeais mes mp3 perso et d’autres originaux ce qui m’a permit de faire connaitre une trentaine de titres de « ronnie bird » et les originaux qui l’ont inspiré
ces playlist furent un temps installées sur le site « de l’autre coté du mirroir »dédié a cet artiste
il n’y a plus rien maintenant
il existait aussi des blind test ,j’en ai fait une trentaine,tous sont supprimés
pourtant comment voulez vous faire connaitre des artistes cult comme the sensationnel alex harvey band,ou cream,ou traffic,ou ohio express,ou jon & vangélis,satus quo,blind faith,
autre argument ,la biographie des artistes ,quand je vois que roxy music ou brian ferry son chanteur n’ont pas de fans,ni d’ailleur de biographie ,last fm le permet chacun peut la faire
quand au coté social tout est partageable,sur mon facebook je me permets parfois d’éditer un titre phare d’un artiste son adaptation et ceci pour les deux ou trois milles artistes présent dans ma bibliotèque lest fm
si le stream disparait qui saura qu’un jour brian ferry adapta,wilson picket,le canned heat,les talking heads,les stones,salomon burk,john lenon,janis joplin,dylan,et bien d’autres
je n’arriverai pas a refaire ailleur mes playlists a thèmes ,punk,ska,blues,par années ,par genre,new waves ,les reprises
combien connaissent « i put a spell on you »version originale par screaming jay howkins,version populaire la meilleure pour moi par alan price,version bayou par le crédence,version arabisante par natasha atlas et bien d’autres
allez chez un disquaire pour réclamer toutes les versions de sympathy for the devil
ça n’existe pas et ça le streaming le permettait
voila je ne suis pas triste mais en colère ,deezer ,jiwa,last fm plus MX3 pour le rock Suisse je leur ai permit de cohabiter grace aux forum ou je parlais de tous j’ai créé des playlists nomées « Couleur3″ chez chacun d’eux
ne me parlez pas de spotify ou je suis malgré tout présent,leur catalogue est ridicule ils privilégie le r’n beur plutôt que la soul music ,je ne suis pas raciste mais je n’écoute pas forcément nrj ,plutôt farid el attrach,rachid tahar,ou oum calsoum dans ce genre
voila a bientôt j’espère des jours meilleurs
middo39
12 août 2010 à 15:49
@dominique
Français, Dominique, Français ! Ceci est un billet techno nationaliste qui s’arrête aux frontières de notre beau pays ;))))
03 octobre 2010 à 9:31
Euh ! ça sert à quoi de couper la plupart des mots par une espèce d’espace ou de trait d’union invisible ? Pas moyen de faire une recherche, et les citations sont toutes à reprendre au correcteur ! Dommage.