Lumière sur les effets du piratage de films

pirateComme le dit très justement Alban Martin, spécialiste des médias informatisés et des stratégies de communication : « poser la question et toi, tu télécharges ? en 2010, c’est un peu comme demander et toi, t’es sur Facebook ou pas ?. Ou bien se demander entre professionnels du cinéma et toi, tu vas à Cannes cette année ?« . Il est un fait établi que le téléchargement de films est désormais une pratique généralisée.

Et, tout comme le magnétoscope était, à ses débuts, comparé à l’étrangleur de Boston, l’industrie du cinéma crie à l’assassin face à l’échange de films sur Internet. Or, si le piratage n’a pas baissé, le chiffre d’affaires de l’industrie cinématographique, lui, a explosé. En 2009, les salles françaises connaissent leur plus forte fréquentation depuis 27 ans. Par ailleurs, tandis que les ventes de DVD chutent, les autres modes de diffusion progressent : la VOD apparaît prometteuse, les nouveaux supports vidéo haute définition prennent la relève du DVD et de la VHS.

Alors, pourquoi l’Hadopi et sa croisade contre le vol à l’étalage et tous ces pirates assoiffés de gratuit ? Pourquoi avancer que le piratage fera 1,2 million de chômeurs en Europe en 2015 ?

Comme le souligne un récent rapport de la Cour des comptes américaine (GAO), qui a étudié les recherches sur les effets du piratage parues entre 1999 et 2009, il n’existe aucune méthodologie unique de collecte et d’analyse des données pour mesurer les effets de l’échange illégal de fichiers numériques sur les industries culturelles. La manière dont les informations sont collectées, dont le taux de substitution est calculé et dont la valeur des produits est estimée, varient selon les pays et les industries. Les études et les experts suggèrent que le piratage est un phénomène qui influe sur les comportements et la propension à innover des entreprises. Les effets sont multiples sur les consommateurs, les industries, les gouvernements et l’économie.

Il faut bien comprendre la spécificité de la consommation de films

Rares sont les études consacrées uniquement à l’impact de l’échange illégal des films. Les analyses font souvent le parallèle entre plusieurs domaines culturels touchés par le téléchargement illégal, ou bien sont uniquement consacrées à la musique, domaine qui fut le premier touché par le phénomène.

Or, comme le soulignent les trois chercheurs de Télécom ParisTech dans leur étude de 2006 sur le téléchargement illégal des films dans les universités françaises : « […] la consommation des films comporte d’importantes différences avec la consommation de musique ; de ce fait, les résultats obtenus pour l’industrie de la musique ne peuvent pas être appliqués en tant que tel pour analyser le piratage des films ».

Les auteurs montrent ainsi qu’il est plutôt rare de visionner un film plusieurs fois. L’effet positif du test gratuit avant achat (sampling effect) semble plus faible pour les films que pour la musique, même si des externalités positives existent avec le phénomène du bouche à oreille. Par ailleurs, le téléchargement et le stockage d’un film demeurent plus coûteux en matériel et en temps, puisque le fichier est plus lourd et qu’à la différence d’un DVD, il faut trouver sur Internet la bonne version et éventuellement les sous-titres correspondants. Enfin, pour un même produit, les revenus sont générés sur plusieurs supports : la salle, le DVD, la TV et désormais Internet. Les effets du piratage de films peuvent alors varier selon les différents segments de l’économie du cinéma. Tout en étant conscient de la spécificité des effets du piratage sur l’industrie du film, des tendances communes se dessinent entre les diverses industries du contenu.

Depuis 2005, le P2P n’affecterait plus les ventes…

Malgré le manque de données disponibles, les recherches révèlent une évolution substantielle de la nature du phénomène dans le temps. Les trois chercheurs de Télécom ParisTech décrivent ainsi dans leur étude comment, de 1998 à 2002, les entrées en salles étaient en augmentation constante dans la plupart des pays de l’UE (+12% en France, +17% en Allemagne) et aux US (+37%), pour ensuite chuter de 2002 à 2005 (-1% en France, -22,5% en Allemagne, -5,6% aux US). De même, les ventes de DVD ont augmenté de moitié en 2003 et dans des proportions égales en 2004, pour ensuite n’augmenter que de 9% en 2005. Un phénomène similaire apparaît pour l’industrie de la musique. Ainsi, Martin Peitz et Patrick Waelbroeck concluent, dans leur étude de 2004, à une perte en terme de ventes de 1998 à 2002, induite par le téléchargement illégal, ce que peu d’économistes contestent sur cette période et qui correspond aux débuts des réseaux P2P.

Par contre, les deux économistes relativisent les résultats et avancent que « d’autres facteurs que le téléchargement de musique sur les réseaux d’échange de fichiers peuvent expliquer le déclin des ventes de musique en 2003″. Les cycles technologiques provoquent ainsi un phénomène de substitution entre les différents formats : du CD au MP3 pour la musique, de la maturité du format DVD au développement de la VOD pour le cinéma. Par ailleurs, le raccourcissement des délais de la chronologie des médias pourrait expliquer une baisse relative des ventes sur chaque support.

À partir de 2005, une fois que la pratique de l’échange de fichiers par Internet fut adoptée par un large public, nombre d’études tendent à montrer que le piratage n’affecterait pas les ventes, voire auraient un effet positif sur la consommation légale des contenus. Ainsi, pour Felix Oberholzer-Gee, professeur à la Strategy Unit au sein de la Harvard Business School, « le téléchargement a un effet sur les ventes [de musique] statistiquement proche de zéro ». Une analyse partagée par l’OCDE dans un rapport de 2005 :

« Il est toutefois très difficile de démontrer une relation de cause à effet entre l’ampleur de la chute des ventes de musique et l’essor de l’échange de fichiers. Les ventes de CD, de même que le succès des services commerciaux de musique en ligne, ont sans doute été affectés dans une certaine mesure par tout un ensemble de facteurs, par exemple, le piratage physique et la gravure de CD, la concurrence d’autres produits de loisirs plus innovants et la baisse des dépenses des consommateurs sur certains marchés. »

Les chercheurs de Télécom ParisTech, observent pour leur part que le piratage des films sur Internet n’a pas d’impact sur les entrées en salles et ont un effet positif sur la location et la vente de DVD.

… ou bien est-ce le contraire ?!

Pourtant, des études comme le Rapport Hadopi du cabinet d’expertise économique Tera Consultant (qui compte Vivendi parmi ses clients), commanditée par le cabinet de conseil en stratégie Equancy & Co (qui compte parmi ses clients la FNAC, dirigée de 2003 à 2008 par Denis Olivennes, l’instigateur de la loi Hadopi, comme le remarquait Fabrice Epelboin), dénoncent un effet négatif persistant du téléchargement illégal sur les industries culturelles :  » « l’empreinte » économique en France de la copie illégale peut être estimée à une perte de 10 000 emplois. Et ce montant d’emplois détruits pourrait n’être qu’un « palier » intermédiaire. À mesure de la progression (souhaitable) de la pénétration d’Internet dans les foyers, la base des internautes s’adonnant à la copie illégale se trouvera élargie. »

Ainsi, un rapport de 2010 réalisé par Tera Consultant sur commande du lobby anti-piratage BASCAP (co-présidé par Jean-René Fourtou, président du conseil de surveillance de Vivendi), prévoit 1,2 million de chômeurs en Europe d’ici à 2015 à cause du piratage numérique. Cette étude, commissionnée par un organisme industriel et appuyée par des syndicats, a examiné l’impact du piratage sur Internet en Allemagne, au Royaume-Uni, en France, en Italie et en Espagne.

Dénoncés comme « propagande d’entreprise » (corporate propaganda) par ses détracteurs, les résultats de cette étude ont été fortement relayés par les médias et les politiques. Ainsi, dans une tribune publiée dans Le Monde, le Commissaire européen au marché intérieur et aux services, Michel Barnier reprend les conclusions du rapport et déclare qu’il est « toujours possible de discuter de l’exactitude de ces chiffres […] [mais] il est impossible de nier l’impact destructeur du piratage sur l’industrie créative ». Cette affirmation dogmatique semble alors balayer d’un revers de la main toute démonstration contradictoire.

Le taux de substitution, une hypothèse variable

Pourtant, comme le rappelle le GAO, les méthodes pour calculer les estimations des pertes économiques induites par l’échange illégal de fichiers impliquent forcément de prendre en compte certaines hypothèses. Le résultat de ces estimations varie alors en fonction des hypothèses considérées. Le taux de substitution, qui représente le nombre de films qui auraient pu être vendus s’il n’y avait pas de piratage, constitue une hypothèse centrale, qui peut avoir un impact crucial sur les résultats de l’estimation des pertes économiques.

Il est désormais admis qu’un fichier téléchargé illégalement n’équivaut pas à une vente en moins pour l’industrie et que les pratiques légales et illégales se combinent. Comme le révélait une étude de 2004 du CNC, les téléchargeurs vont plus au cinéma, sont plus consommateurs de DVD et regardent plus souvent la télévision que les non-téléchargeurs.

L’étude de Tera Consultant, effectuée en 2008, considère que : « De même que pour l’estimation réalisée pour la musique, […] 10% des téléchargements gratuits se substituent à un acte payant. Sachant qu’on observe près de 13,2 Millions de téléchargements par mois en moyenne, soit 159 Millions de téléchargements par an, la perte de revenus pour les exploitants en salles se chiffre à 264 Millions d’euros. » Idem pour la vente et la distribution de DVD et VOD.

Cependant, comme le souligne l’étude de 2009 commissionnée par le gouvernement néerlandais, le téléchargement gratuit d’un film est plus susceptible de se substituer à l’achat que pour un morceau de musique, puisqu’une fois visionné, le film ne se prête pas vraiment à être regardé à nouveau dans l’immédiat. L’étude de Tera Consultant, effectuée en 2010, fait alors une différence entre les divers supports de distribution d’un film. Le taux de substitution de 10% est conservé pour la vente de DVD, la diffusion TV et la VOD. Par contre, le taux est revu à la baisse pour la distribution en salles qui passe à 5%, et devient nul pour la location de DVD et le téléchargement légal .

Néanmoins, le surplus piraté n’est pas forcément consommé, comme le remarquent dans leur étude de 2010, Felix Oberholzer-Gee et Koleman Strumpf. Il faut donc relativiser l’impact du piratage sur les ventes de l’industrie et s’intéresser à l’usage réel des consommateurs. Selon les deux chercheurs, « pas plus de 20% du récent déclin des ventes [de musique] est dû au partage ». Cependant, comme le rappellent les auteurs du rapport néerlandais, « comme le rôle du partage de fichiers, qui est celui de découvrir un produit, que les téléchargeurs pourront ensuite acheter, est moins valable pour les films, l’industrie ne devrait pas se satisfaire des chiffres d’affaires toujours croissants ».

Télécharger plus pour acheter plus, effet global positif

Le téléchargement illégal engendre un manque à gagner difficile à chiffrer pour l’industrie du cinéma. Toujours est-il que de nombreuses études tendent à montrer qu’il existe aussi un effet global positif sur la bonne santé de l’économie, notamment par la stimulation de l’offre. Ainsi, une enquête ministérielle réalisée en 2008, sur le rapport qu’entretiennent les Français avec la consommation des biens culturels, révèle que la tranche d’âge des 15-19 ans témoigne de la plus grande propension à acheter. Même si l’étude fait l’amalgame entre pratiques de téléchargement légales et illégales, il n’en demeure pas moins que les 15-19 ans vont bien plus souvent au cinéma et achètent bien plus de DVD que la moyenne des Français. Or, ce sont ces mêmes individus parmi lesquels la pratique du téléchargement est la plus répandue.

L’étude de 2009, commissionnée par le gouvernement néerlandais, va plus loin et montre que « parmi [les Néerlandais] qui téléchargent de la musique et des films, le pourcentage d’acheteurs est aussi élevé que parmi ceux qui ne téléchargent pas. […] et ceux qui partagent les films ont tendance à acheter plus de DVD en moyenne que ceux qui ne s’échangent pas de fichiers ». L’étude conclut à un effet positif de l’échange de fichiers sur le bien-être de la société néerlandaise à court et à long terme. Le partage de fichiers, pratiqué par 30% des Néerlandais, permet aux internautes d’accéder à un large choix de films et de découvrir des contenus avant de les acheter plus tard. Selon les chercheurs, la plupart des personnes interrogées n’auraient en effet jamais acheté les fichiers s’ils ne les avaient pas téléchargé et essayé auparavant.

Aussi, il ressort que, ceux qui téléchargent, ne consomment pas moins de biens culturels que les autres ; bien au contraire. Un résultat qui rejoint celui de l’étude commissionnée par le ministère canadien de l’Industrie en 2007, et qui indique que, parmi les 2 100 ménages canadiens interrogés, ceux qui téléchargent de la musique sont ceux qui achètent le plus de CD. Par ailleurs, le téléchargement crée aussi des marchés, notamment en créant une demande pour des artistes non disponibles en magasins. Les passionnés de musique téléchargent donc plus et achètent plus.

De la même façon pour les films, l’étude réalisée pour Vuze, l’un des principaux clients de téléchargement via BitTorrent, montrait en 2009, que sur 1 299 internautes américains interrogés, ceux qui utilisent Vuze vont plus souvent au cinéma, louent plus de films et achètent plus de DVD que la population moyenne d’Internet. L’étude montre également que les usagers de la plateforme BitTorrent sont particulièrement gros consommateurs de nouveautés technologiques et ont un réseaux social en ligne un tiers plus large que les autres, ce qui en fait des leaders d’opinion relativement puissants .

Cependant, comme le souligne la journaliste Astrid Girardeau : « Cette étude s’inscrit dans la lignée de l’objectif de Vuze : convaincre les fournisseurs de contenus de s’associer avec eux. […] comme c’est souvent le cas avec des études commandées par le premier intéressé, elle a ses défauts. Pour pouvoir donner des conclusions poussées (et rejoindre les études menées par les gouvernements canadien et néerlandais), il aurait fallu par exemple qu’elle soit plus précise sur le panel sondé […]. »

Les recherches du groupe de recherche M@rsouin, spécialiste des usages numériques à l’Université de Rennes I, ont aussi trouvé un effet positif du téléchargement de films sur les ventes dans leurs études de 2008 et 2010 (avec certes quelques problèmes de méthodologie puisque l’étude n’était basée que sur le questionnement d’un échantillon de 2 000 Bretons, non représentatif de toute la population française, et uniquement basée sur des déclarations par téléphone, sans possibilité de savoir si la personne interrogée répond aux questions de manière totalement libérée ou en ayant peur de dévoiler ses pratiques illicites à un inconnu, même si celui-ci lui promet l’anonymat). Il en ressort que ceux qui téléchargent des films via les systèmes P2P sont également ceux qui achètent le plus de DVD et qui ont une disposition à payer élevée pour une offre légale de films en ligne adaptée. L’échange P2P apparaît alors comme une passerelle vers l’achat en ligne.

Au final, l’industrie n’est pas la seule concernée

Comme le résume le GAO dans son rapport, le téléchargement illégal a produit une vaste gamme d’effets sur les consommateurs, les industries, les gouvernements et l’économie dans son ensemble, et ces effets varient largement entre les secteurs, les entreprises, les pays. « Pour déterminer l’effet réel, les éventuels effets positifs sur l’économie de la contrefaçon et du piratage devraient être pris en compte, de la même façon que les effets négatifs. »

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Pour le consommateur, les effets positifs sont indéniables car les films sont plus accessibles. Les prix ont tendance à baisser pour être plus compétitifs à l’ère du numérique, ou bien car les films sont disponibles gratuitement. Comme l’écrit Alban Martin : « Les médiations gratuites auront servi de « produit d’appel » pour baisser au maximum la barrière à l’entrée, c’est-à-dire lever tous les freins qui empêchent une première exposition au contenu. Cette première exposition est la première étape dans la consommation d’un bien d’expérience : n’oublions pas que les morceaux, films, jeux et autres séries sont autant de biens dont la valeur – et la propension à acheter qui en découle – est uniquement appréciable par l’usage ou la recommandation de quelqu’un qui en a fait l’usage. »

Par ailleurs, certains films ne sont pas ou plus distribués et sont donc accessibles uniquement via les réseaux P2P. Par contre, cela peut demander plus de temps pour trouver le bon fichier, les sous-titres, éviter les mauvaises versions. La qualité du film et du service peut être bien inférieure à celle d’un film obtenu par voies légales.

Pour l’industrie, le fait que les internautes puissent tester avant d’acheter, et surtout l’importance du phénomène de bouche à oreille, permettent d’augmenter le volume des ventes sur les différents supports. La baisse des tarifs pour être plus compétitif, entraîne l’augmentation du nombre de ventes, dans ses secteurs complémentaires notamment, comme l’équipement des ménages en Home Cinema, en 3D.

En revanche, l’industrie a pu enregistrer moins de ventes. Si le film n’a pas convaincu le public internaute, certains téléchargeurs vont préférer le visionner gratuitement plutôt que de payer. Par ailleurs, les moyens financiers substantiels qui doivent être mobilisés pour la production de films, avec des perspectives de recettes incertaines, nécessitent la confiance des investisseurs dans le marché. Or, le téléchargement illégal vient menacer cette confiance, puisque les films peuvent être consommés gratuitement de façon massive à travers les réseaux P2P. L’enjeu est d’importance pour le cinéma, puisque le coût de production moyen d’un film américain est de 58,8 millions de dollars et de 4,6 millions d’euros pour un film français.

En outre, les délais de diffusion pour chaque format de la vie d’un film ont été raccourcis avec l’arrivée de la diffusion par Internet, ce qui peut entraîner une réduction de l’ensemble des recettes acquises dans chaque fenêtre. Cependant, l’effet négatif sur la propension à innover et à produire de nouveaux films, ne semble pas s’appliquer à l’industrie du film. Le nombre de films produits n’a cessé d’augmenter depuis 2006 aux États-Unis.

Alban Martin remarque : « Le seul impact que l’on puisse trouver de la démocratisation du piratage sur le fonctionnement de l’industrie cinématographique est une accélération du rythme d’innovation de cette dernière, afin justement de rester étanche aux autres impacts […]« . Par exemple, la 3D permet à la filière cinéma de se démarquer.   »Le succès au box-office du film de James Cameron entièrement en 3D, Avatar, dont des copies ont largement circulé sur Internet en même temps que sa sortie en salle, en est la preuve. Ce film s’est classé en moins de trois semaines d’exploitation à la période de Noël 2009 en troisième position des plus gros succès commerciaux de tous les temps. La complémentarité, plutôt que l’opposition, entre le contenu gratuit de qualité dégradée et l’expérience enrichie en salle a marché. La version piratée a notamment servi comme moyen de promotion indirect, en tant que palliatif pour les personnes qui, de toute façon, ne seraient pas allées le voir – mais ont pu en parler et alimenter ainsi le bouche à oreille. »

Par contre, un effet négatif indubitable du piratage sur l’industrie est l’augmentation substantielle des coûts d’application du droit d’auteur. Les majors doivent ainsi investir dans le développement de technologies pour protéger le contenu dématérialisé, surveiller les usages qui sont fait de leurs œuvres pour pouvoir demander le retrait du contenu illicite, poursuivre en justice les « pirates ». « Hadopi coûtera plusieurs millions d’euros aux ayants droit » titrait ainsi le magazine PC INpact.

Pour sa part, le gouvernement ne connaît que des effets négatifs. Pour lui aussi, le téléchargement illégal de films augmente considérablement les coûts d’application du droit d’auteur. Ainsi, le député Hervé Féron remarque en juin 2010, que le coût d’application de la loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur Internet pourrait dépasser les subventions octroyées annuellement à la production cinématographique, que cette loi dite Hadopi est censée protéger. Le coût d’identification des adresse IP, permettant d’obtenir de la part d’un FAI les données personnelles d’un abonné à l’ADSL, afin de lui envoyer un email d’avertissement, serait ainsi de 8,50 euros par adresse IP. « Si l’on table, comme les majors de la musique et du cinéma, sur 50 000 identifications quotidiennes – chiffre confirmé par le directeur général de la fédération française des télécoms (FFT) – cela ferait 425 000 euros par jour […]. »

Par ailleurs, la perte de ventes entraîne forcément une perte de recettes fiscales. Le GAO souligne ainsi que « la perte de droits de propriété intellectuelle est beaucoup plus importante que la perte de revenus ».

Comme l’écrit le GAO, l’argent économisé par les pirates n’est pas perdu. Il est au contraire réinvesti ailleurs dans l’économie, créant ainsi de l’emploi. Malgré les discours alarmistes, l’échange de fichiers a eu un effet plutôt modéré sur l’économie du cinéma dans son ensemble et n’a certainement pas découragé les artistes de créer, comme le montrent les deux chercheurs Felix Oberholzer-Gee et Koleman Strumpf, dans leur étude de 2010.

Pour la musique, l’impact effectif de l’utilisation des réseaux P2P n’expliquerait pas entièrement la crise des industries des phonogrammes, qui commencent à réaliser qu’elles ne peuvent plus centrer leur modèle économique sur la vente d’albums ou de morceaux, mais plutôt sur les concerts, services et produits dérivés.

Pour ce qui est du cinéma, les majors ont bien compris, que pour rester compétitif, il leur fallait développer des services innovants et exploiter au mieux les nouvelles possibilités d’appropriation et de diffusion des contenus numériques. La demande de contenus étant particulièrement forte, l’enjeu stratégique demeure la compréhension des nouveaux comportements et attentes du public internaute, ainsi que l’identification des nouvelles sources de création de valeur. Le modèle dominant du futur n’est pas encore stabilisé, plusieurs scénarios sont envisageables, mais une chose est sûre : les magasins et les médias de masse doivent désormais compter avec l’Internet, dont les règles de fonctionnement ont toutes les chances d’être très différentes de celles qui prévalaient jusqu’aux années 1980.


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47 commentaires pour cet article

  1. 1001p

    Depuis Hadopi , je boycotte le cinéma et les concerts payants (ou j’y réfléchis à 2 fois) . Des bétises payés au Cinéma , ou vus à la TV sont les mêmes … Déjà ceux de la Télé, j’ai pas le temps de les regarder, alors payer pour cela . Pour se faire mettre des mouchards, et se faire traiter de voleurs par ces mêmes , je préfère m’abstenir de leurs conneries commerciales) . A bon entendeur …

  2. soƒie

    Le pire je pense est qu’Hadopi ne va finalement bénéficier à personne :
    - pas aux industries ni à l’économie, puisque même si cette loi se veut rassurante pour les investisseurs, seul un libre marché peut permettre à des offres innovantes, type YouTube, d’émerger, mais certainement pas les offres labellisées…
    - pas aux politiques, puisque le manque à gagner sur les recettes fiscales des ventes de films est mille fois inférieur à tous les frais pour la mise en application de cette loi, et ne parlons même pas de la carte musique jeune…
    - pas aux Français, mais ce n’est que juste retour de bâton puisqu’apparemment les foyers français ne semblent composés que de criminels délinquants pirates…
    - et surtout pas à l’image de la France ni du cinéma, qui finalement ne va pas trop mal !

  3. RilaX

    Les effets négatifs du téléchargement illégal ne sont subits qu’exclusivement par ceux qui font tout pour les subir.
    L’industrie culturelle en tentant de protéger vainement ses fichiers numérique (quitte à emmerder le client plus qu’a empêcher le piratage), ou en intentant des procès couteux tant pécuniairement qu’en image de marque.
    Les gouvernements ne se retrouvent à payer que parce qu’ils n’ont écouté que le son de cloche des lobby de l’industrie culturelle. En reformant le droit d’auteur pour qu’il s’adapte à l’ère numérique, on aurait tout eu à gagner.

    Les différents actionnaires de l’industrie de la culture devraient commencer à se poser des questions quant à la gestion par les dirigeants de ces entreprises à propos des échanges de fichier.

  4. Homie

    moi, depuis déjà bien longtemps, je n’achète plus de CD et DVD. En revanche, je vais un peu au cinéma, mais je vais surtout à des festivals de musique. Et très franchement, je peux vous dire que je dépenses beaucoup plus dans ces festivals que lorsque j’achetais des CD.

    et bien sur, en plus tout cela, je me suis abonné chez un fournisseur de newsgroups et à un fournisseur de VPN… d’ailleurs, je vous conseil de faire pareil, au moins sur le VPN. Grâce à Hadopi, j’ai découvert que l’on pouvait sécurisé sa connexion très facilement en devant complétement anonyme. pour plus d’info sur ce sujet, voir : http://en.start-vpn.com

  5. soƒie

    Internet bouleverse l’échiquier des « différents actionnaires de l’industrie de la culture » et c’est ce qui pose problème. Qui doit payer quoi, qui bénéficie de quoi, qui est responsable ?… D’où tout le bazar avec la taxe google et la neutralité du net… D’autant qu’avec le cinéma, ce sont des millions qui sont en jeu… et l’accès à l’espace de cerveau disponible par là-même !

  6. Florent

    5e paragraphe en partant de la fin : « Le coût d’identification des adresse*s* IP, [...]« 

  7. soƒie

    merci florent, oui malheureusement des petites coquilles se sont glissées dans le texte :p

  8. Jice

    Article un peu trop long à lire au boulot (ca sera ce soir au calme), mais qui s’annonce très intéressant. Hop, c’est partagé sur Facebook … et comme je suis en Italie depuis un mois, ca me remet à jour sur Hadopi.

  9. Ageur

    Le téléchargement illégal de fichier culturel sur Internet a également énormément fait avancer les FAI et équipementiers.
    La rapidité des lignes ADLSL, le dégroupage, la fibre optique…
    Il pourrait être interessant de rapprocher ces telechargements (et à la demande de débit qui va avec) aux emplois créés permettant d’augmenter les débits.

  10. Christophe

    Selon moi, il y a un petit biais dans le raisonnement, caché dans le nouveau théorème des pourfendeurs de la lutte anti-piratage (« La fréquentation en salles va, donc c’est que le piratage n’a pas d’effet, d’autant que les gens qui consomment du cinéma sont ceux qui téléchargent, donc tout va bien »).

    On oublie juste qu’un film coûte tellement cher à fabriquer qu’il ne se rembourse qu’en additionnant les revenus du cinéma, du dvd, du téléchargement payant, de la diffusion « pay tv » (canal plus), des diffusions successives à la télé. Les seules recettes du cinéma ne servent généralement qu’à rembourser à peine… les frais de sortie du film (la publicité, les copies), et pas même le premier centime du coût de fabrication du film !
    Or, avec la démocratisation du piratage, la location dvd a disparu, la vente de dvd a tellement chuté que les prix ont été laminés, le téléchargement légal est minuscule (qui irait payer quand il peut avoir gratuit ?), et les films étant « sur-consommés », ils n’intéressent plus les chaines de télé, qui leur préfèrent des séries ou de la télé réalité : les prix de diffusion se sont écroulés. Le piratage n’a pas eu d’effet sur la « vitrine » (les salles), mais il a eu un effet dévastateur sur tout le reste de la « vie » du film. Résultat : l’exploitation d’un film deviennent déficitaire. Allez donc convaincre des « financeurs » de remettre de l’argent dans une activité déficitaire…

    De manière simple, vu la somme faramineuse que coûte un film, toute l’économie du cinéma est basée sur le fait qu’un consommateur va payer plusieurs fois le même film (en salles, en dvd, à la télé par l’achat par la chaine). D’où les « fenêtres ». Aujourd’hui, le consommateur qui pirate continue bien à aller au cinéma, mais il ne rachète plus de dvd, ne regarde plus les films à la télé, etc…
    C’est ce qui est rapidement abordé à la fin de cet intéressant article (« réduc­tion de l’ensemble des recettes acquises dans chaque fenêtre »). Il manque juste la conclusion : on en arrive aujourd’hui à une balance déficitaire !

    Dommage, comme d’habitude, on cède plutôt au politiquement correct du net, on crie à la « propagande de l’industrie » face aux nombreuses études qui pointent le ravage du piratage, ou bien on sort un contre-exemple hors du commun : pour un « Avatar » épargné par le piratage, pour quelques films 3d, combien de films laminés par le piratage ?

    Le paradoxe, c’est que les industriels sont pour le téléchargement massif. Mais légal ! Le volume permettrait logiquement de faire baisser rapidement les prix, tout en reconstituant de réels revenus. On marche sur la tête quand on lit que des gens sont prêts à payer des fournisseurs de VPN pour du téléchargement illégal… plutôt que de payer légalement. En gros, le téléchargement était illégal, et en plus il devient payant !

    Comment ne pas trouver déplacées également les « leçons d’innovation » données à un secteur cinématographique qui, en dix ans, a multiplié les révolutions, en inventant le dvd, le blue ray, les multiplexes, le son numérique « spacial » (DTS, dolby digital,…), l’animation 3D, les abonnements cartes illimitées de cinéma, et nouvellement le cinéma en relief !!

    Enfin, il me semble que l’on ne peut pas faire un tableau et mettre sur le même plan l’intérêt du « consommateur » et l’intérêt de « l’industrie », tout simplement parce qu’un système pérenne n’est viable que si l’industrie peut d’abord trouver un modèle économique viable. Sinon, il n’y aura tout simplement plus d’industrie… donc plus de films.

    Je me doute bien que le discours démagogique est plus porteur sur internet, il suffit de lire les précédents commentaires. Cet article a l’avantage d’être étonnamment mesuré pour un article du net !! Dommage qu’il ne soit pas allé plus loin, en démontant les études 1998-2006 (les faits leur ont donné tort, notamment sur la chute de la location/vente du dvd et la non-compensation par des revenus alternatifs), en expliquant que comme tout secteur d’activité, un film doit rapporter de l’argent à ses petits et gros investisseurs (notons au passage qu’il n’existe pas d’entreprises ou de groupe cinéma qui roulent sur l’or, il suffit de regarder leurs cours de bourse en berne depuis une décennie).

    Dernier point : mélanger le piratage de musiques et de films, c’est à mon sens mélanger les torchons et les serviettes. Evidemment, l’impact sur l’industrie de la musique (on produit un tube avec 50 000 euros) n’est pas du tout le même que l’impact sur une industrie où le « produit » coûte plusieurs dizaines de millions d’euros…

    Bref, selon moi, vive la lutte contre le téléchargement illégal, bienvenue le téléchargement légal, et vive les films de demain, en espérant des prix accessibles de téléchargement. C’est juste de l’honnêteté intellectuelle. Mais j’imagine bien que personne n’osera sur internet défendre cet horrible point de vue, de peur de faire fuir ses lecteurs ou de provoquer leur courroux ! ;-))

  11. soƒie

    Merci Christophe pour ce commentaire bien étoffé à hauteur de la longueur de l’article ;)

    Je suis d’accord, comparer la situation des industries du film et de la musique face au défi du numérique n’est pas très juste aux vues des intérêts financiers mille fois plus complexes pour le cinéma, avec des budgets énormes, divers supports de diffusion, divers acteurs qui financent la production… Cependant, ceci étant posé, ne peut-on pas se poser simplement la question « quel avenir pour les industries du contenu à l’ère du numérique ? », mettre dans le même sac musique, cinéma, jeu vidéo, logiciel, édition, presse… pour être en mesure de regarder « the big picture » du multi-média ?… C’est une question ouverte, je n’ai pas la réponse, mais il me semble que pour être innovant en la matière, il faut pouvoir être pragmatique et précis vis-à-vis de l’industrie concernée, mais également être transversal, ce que nombre d’acteurs font déjà.

    Pour ce qui est du « numériquement correcte », je suis tout à fait d’accord. L’industrie n’est pas la seule à utiliser un discours emprunt de symboles (téléchargement=vol / piratage=acte criminel / internet=pédopornographie) afin de sauver ses intérêts et d’empêcher toute contestation. Non, il y a en effet également un autre courant, qui semble utiliser aussi un discours emprunt de mythes, celui du pirate comme figure idéalisée de l’anarchisme, figure contestataire des pouvoirs centralisateurs et capitalistes…

    Alors comment y voir clair ? Chacun y voit son intérêt. Et il me semble que justement, avec Internet, le consommateur a son mot à dire, et si l’on veut pouvoir prendre en compte les intérêts, demandes et contraintes de chaque acteur afin d’innover dans les solutions proposer, on ne peut décemment pas oublier le consommateur.

    Pour ce qui est du téléchargement légal, une offre labellisée ne sera certainement pas innovante. Et si les internautes sont prêts à payer pour pirater, c’est que l’offre légal doit vraiment se développer. La mort du DVD et les débuts difficiles de la VOD ont certes donné un coup à l’industrie du film. Mais le téléchargement illégal me semble être un coupable trop facile. Rassurer les financiers avec l’Hadopi est une chose, vouloir contrôler Internet, au risque de provoquer un Minitel 2.0, c’est autre chose !…

  12. Gunthert

    L’argument de Christophe est étrange. Dans n’importe quelle industrie, les prix sont commandés par le rapport de l’offre et la demande. Si la demande baisse, on ne voit pas en effet ce qui permettrait de maintenir une escalade des coûts qui est devenue indécente. Le raisonnement consistant à dire: les coûts du cinéma sont exorbitants, faisons tout pour les maintenir, est strictement anti-économique. On peut heureusement réaliser de bons films à des niveaux de coût qui n’ont rien à voir avec les blockbusters. Et rogner le cachet de quelque stars multi-millionnaires n’est pas une perspective forcément affligeante.

  13. Christophe

    Chère Sofie,

    Je me permets de répondre à votre sympathique réponse, toujours aussi mesurée. C’est définitivement très rare sur le net de trouver des interlocuteurs « dépassionnés » et avec une approche aussi réfléchie !
    De mon point de vue, je ne crois pas que les professionnels militent pour un modèle unique, ou cherchent à « se rassurer ». La preuve, aujourd’hui déjà, dans le monde « physique », les films peuvent être « consommés » à l’unité (le ticket de cinéma) ou en abonnement (les cartes illimités des circuits de salles), à des prix variables de dvd (nouveautés ou catalogue), en abonnement télé (en s’abonnant à canal plus par exemple) ou en regardant gratuitement la télévision (le film étant acheté par la chaîne qui se rémunère par la pub via l’audience). Bref, on a déjà la coexistence de modèles gratuits et payants, mais toujours légaux.
    Pour le téléchargement et le monde « dématérialisé », le raisonnement est le même : on peut très bien imaginer une coexistence de différents modèles de téléchargements (du visionnage payant à l’acte, du visionnage par abonnement, et même du visionnage gratuit financé par l’audience et la pub) du moment qu’il est légal, donc qu’il rémunère les « propriétaires / fabricants / investisseurs » ! mais avouez qu’aucun de ces modèles n’est réellement viable tant qu’il est concurrencé par du téléchargement illégal… car personne ne privilégiera jamais le payant sur le gratuit, si celui-ci est toléré, voire même promu sur le net. Aujourd’hui, celui qui paie passe plutôt pour un crétin !

    Pour finir – j’arrêterai là de polluer votre site, rassurez-vous ! ;-) – je trouve amusant que tous les geeks libertaires de France s’enthousiasment pour l’iphone ou l’ipad (vantés comme « l’avenir radieux des contenus ») alors que ce sont des systèmes outrageusement fermés, où le contenu est ouvertement censuré, et où tout est (ou devient) payant, mais qu’ils se déchaînent contre de simples « avertissements » hadopi à des téléchargeurs (on peut quand même admettre que la France a tenté d’être pédagogue dans son dispositif), criant à l’archaïsme (le minitel), à la tyrannie des auteurs et acteurs milliardaires (sic), ou pire dénonçant l’arrivée d’une prochaine « dictature » (les pourfendeurs n’y vont pas de main morte !)…

    Cher Gunthert, votre remarque est très juste. D’un point de vue strictement économique, la baisse des revenus devrait entrainer la baisse des budgets. Et bien c’est justement ce qui se passe sur les films français, dont le coût moyen baisse. Même les acteurs ont du revoir leur salaire à la baisse. Mais malheureusement, on arrive aujourd’hui a un niveau de couts incompressibles ! Pourquoi ? Parce que le réel coût d’un film, c’est le temps (difficile de rogner et de réaliser un film en 5 semaines au lieu de 11 par exemple) multiplié par les charges salariales : il ne s’agit pas des salaires de stars (dont le poids relatif est somme toute plus faible que beaucoup d’idées préconçues sur le sujet), mais de tous les ouvriers, techniciens et employés du cinéma ! Il faut beaucoup de monde pour fabriquer un film et c’est souvent le poste le plus important. Evidemment, on peut bien sûr appeler à une baisse des budgets, mais qui demain ira voir un film sans stars, sans effets spéciaux, tourné dans un 2 pièces ? ;-)
    Selon moi, à moyen terme, le danger n’est pas la disparition du cinéma, bien sûr, mais la disparition de certains types de films, notamment parmi les films européens, vraiment fragilisés. Soyons pragmatique : demain, on ne produira logiquement plus que des films « licences » (toy story, pirates des caraïbes, etc…), autour de « marques » qui permettront d’aller chercher d’autres revenus, en produits dérivés, en jeux vidéos, en attractions de parc (Disney lance par exemple la production d’un film « manoir hanté » dérivé de son attraction phare Disneyworld). A défaut d’être viable sur son exploitation, les films devront aller chercher des revenus ailleurs ! Mais voudra-t-on demain d’un cinéma devenu uniquement « publicitaire » pour vendre des jouets, des voitures « Peugeot / Toy Story 3″ ou des cartes bancaires « Crédit Agricole / Twilight » ?

  14. wilnock

    Merci beaucoup à RWW, Sofie et Christophe pour ce billet et ces commentaires.
    J’ai beaucoup appris sur la problématique du piratage.

    De mon côté, je considère la consommation illégale de films comme la seule forme possible d’accéder à un mode de consommation personnalisé.
    Malgré l’avalanche de nouvelles technologies que nous subissons ces dernières années, il est toujours difficile de visionner une bande annonce de films en Version Originale, de bonne qualité quand on est en train d’attendre dans la file du cinéma. Il est toujours difficile de trouver l’intégrale de la filmographie de Mr. Resnais, ou encore, il est impossible de souscrire d’avance à tous les films que réalisera Takeshi Kitano en Version Originale, et d’avoir accès aux sous-titres moyennant un surplus quand ils seront disponible.
    Bien sûr qu’une plateforme de VOD efficace est difficile et complexe à mettre en place, mais depuis 5 ans que le piratage monte en puissance, les efforts se sont concentrés sur la répression, par la mise en place de lois propédeutiques (HADOPI). En revanche, aucune démarche n’a été mis en place pour comprendre qu’elles sont réellement les usages de consommations.
    Tant et si bien que l’ironie atteints un seuil critique: ‘le consommateur est prêt à payer illégalement pour accéder aux modes de consommations qu’il souhaite’

  15. soƒie

    @ christophe : Internet permet de s’isoler encore plus facilement en n’allant que sur des sites dans le droit fil des ses convictions… alors je trouve plus que positif cet échange de points de vues ; surtout ne vous retenez pas !

    La législation évoluera toujours moins vite que la technique, et il me semble (il faudrait peut être creuser l’investigation…) que les montants investis par le gouvernement (aka le contribuable) pour luter contre le téléchargement illégal d’œuvres sur Internet est à la hauteur du désengagement de l’Etat dans le soutien de la création… Ce même Etat qui permet en France de faire vivre un cinéma d’auteur qui, par nature, n’est pas voué à rencontrer le grand public. Internet permet alors de changer la donne, pas complètement puisque les blockbusters existeront plus que jamais, mais le cinéma d’art & essai pourrait trouver avec la VOD, ce que le DVD lui apportait. Reste donc à savoir qui gagne quoi, investit quoi… on y revient !

    @ wilnock : tout à fait d’accord. Et ceci dit en passant, les industries devraient se réjouir : les internautes qui téléchargent sont prêts à payer et ne se sont pas habitué au gratuit, loin de là…

  16. soƒie

    Je n’ajouterai qu’une chose : quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doit ;)

  17. milouse

    Bonjour,

    Félicitations pour ce très bon billet, malheureusement je n’ai pas pris le temps de lire tous les commentaires.

    2 remarques :
    Marsouin n’est pas rattaché à Rennes 1 mais regroupe plusieurs laboratoires Bretons en sciences humaines et sociales. (Rennes 1 est plutot « étiqueté sciences dures »)

    Les remarques que vous faites quant à la méthode employée (question par téléphone) peuvent s’appliquer à l’ensemble des sondages réalisés en France par les organismes professionnels. C’est un biais inhérent dès lors que l’on produit des données représentatives, elles sont toujours inexactes.

    Continuez comme ça
    Merci :o)

  18. fassil

    Passionnant débat !!
    Chère sofie, le doigt !! (avec un G, comme la zone éponyme ;-)

  19. yann

    hadopi je m’en tape le coquillart velu, y avait qu’a faire la licence global.
    les concerts j’y court et achète direct a l’artiste sur place, cd d’occase sur les marcher et chez des petit disquaire (total heaven).
    pour le cinéma no problemo (utopia) j’y vais aussi j’ai memes acheté des dvd (morse, s01 trueblood)
    pourtant mes dd sont plein, va comprendre charle.
    les majors in the hole le balais vive l’indé.

  20. soƒie

    @ milouse : merci beaucoup pour ces rectifications et remarques !
    @ fassil : c fassil ça ;) mais nécessaire :)

  21. el loudo

    Il faut bien garder à l’esprit que même si HADOPI ne sert à rien, elle a la vertue de formater les esprits à la soumission et à la culture « big brother ».

    Parce qu’en voyant les moyens que ce sont donnés les politiques pour lutter contre le piratage, il y a fort à parier que ça relève plus du gag qu’autre chose.

  22. Andrelg

    @ Christophe : « Disney lance par exemple la pro­duc­tion d’un film “manoir hanté” dérivé de son attrac­tion phare Disneyworld ». Il me semble que c’était déjà exactement le même schéma (attraction puis cinéma) pour les Pirates de Caraïbes, qui en sont à combien d’épisodes (4, 5 ? je plaisante) ? Mais vous avez pertinemment corrigé le tir, par rapport à votre précédent message qui parlait de « produits » à des dizaines de millions d’euros, ce qui mettait dans le même sac « Avatar » et « C’est arrivé près de chez vous »… Par ailleurs, je connais beaucoup de vrais libertaires, geeks ou non, qui sont comme vous -et moi- épouvantés par l’Iphone…

  23. Matis

    L’avantage du P2P :
    Tous les films sont disponibles tout le temps dans toutes les versions possibles.
    Le principal inconvénient : le temps nécessaire pour récupérer le film dans une bonne qualité et la version souhaitée.
    Quelle offre légale et payante propose aujourd’hui cet avantage tout en corrrigeant cet inconvénient ?
    En ce qui me concerne je n’en ai trouvé aucune pour l’instant.
    Je loue de temps en temps des DVD dans un vidéo club proche. Le prix de 1,50 euros est correct, mais le fait de perdre 20 minutes à aller chercher le DVD puis 20 minutes à nouveau pour le rapporter me gonfle.
    Toujours cette histoire de temps.
    On peut faire aussi un paralèlle avec l’Iphone où beaucoup d’applications ne sont que des reformatages de contenu existant sous forme de site web utilisant des tehnologies web standard. Mais une application native iphone est plus ergonomique et rapide à utiliser. Facilité et gain de temps, he oui encore lui !

  24. euh

    dsl mais useless

  25. Pirate

    Je sais que mon avis est forcément biaisé.
    Mais je rappelle que certains passages de l’article indiquent clairement que les internautes qui téléchargent illégalement sont également, en moyenne, les plus gros consommateurs de l’offre en salle et en DVD. Cela s’explique par le fait que même si nous, pirates sans aucune considération, consommons du film à vitesse grand V, nous sommes également plus exigent sur la qualité quand nous considérons que le film est à la hauteur de nos exigences en terme de divertissement. En résumé, je vais voir les films qui, selon moi, mérite le traitement sur grand écran ; et j’achète les DVD de films qui m’ont touché ou que je serais prête à visionner plus d’une fois. (Rq: je me rends de temps en temps dans des magasins de location lorsque je n’ai pas d’idée précise en tête et que j’ai l’occasion de me rendre sur place)
    Ce qui me fait aussi dire que le pirate d’aujourd’hui est le plus grand drogué de produits multimédia et le phénomène atteint des sommets vertigineux qui ne feront que s’élever de plus en plus. Donc c’est la cible la plus importante dans la consommation de divertissement.

    Je souligne également dans le texte : « Cependant, l’effet néga tif sur la pro pen sion à inno ver et à pro duire de nou veaux films, ne semble pas s’appliquer à l’industrie du film. Le nombre de films pro duits n’a cessé d’augmenter depuis 2006 aux États-Unis. » En ajoutant plus haut qu’un film hollywoodien coûte beaucoup plus cher qu’un film français.
    Le fait que les producteurs français soient frileux et refusent d’investir dans autre chose que des films grands publics portés par des têtes d’affiche connues, n’a rien de nouveau. Et ce n’est sûrement pas le téléchargement illégal qui a changé la mise. Je doute même que la situation ira en s’aggravant, puisque les petits films doivent déjà se financer par eux-mêmes. De plus, ces-dites productions françaises s’adonnent allègrement à des gaspillages importants sur les plateaux de tournage. Un assistant-réalisateur de ma connaissance me racontait certaines anecdotes de tournage et notamment que certains réalisateurs faisaient tourner et retourner des scènes qui étaient ensuite coupées au montage, parce que ce dernier n’avait pas forcément une bonne vision d’ensemble de l’oeuvre finale. Quel gaspillage de bobines (je ne vous parle même pas de leur prix) et de temps !
    Comme le précisait Sofie, les sommes astronomiques dépensées dans la mise en application de la Loi devraient plutôt servir à supporter le cinéma d’auteur.

    Parce que tenter de dissuader ou même de freiner le téléchargement illégal est une vraie stupidité en soi. Elle ne forcera que l’internaute a être encore plus intelligent ou à provoquer des comportements absurdes comme ‘payer illé­ga le ment pour accé der aux modes de consom ma tions qu’il souhaite’ (dixit wilnock)
    Je plaide en faveur d’un modèle économique innovant.
    Pour ce qui est de la distribution, une VOD efficace, de qualité, avec une offre conséquente semble une solution viable. Payer ne serait pas un problème si je pouvais accéder à des raretés ou des films plus difficiles à trouver sur internet.
    Je proposerais même de donner la possibilité à l’internaute de contribuer individuellement pour les produits (quelqu’ils soient : films, musique, jeux vidéos, logiciels) qu’ils apprécient et qu’ils souhaitent soutenir. De nombreux sites de téléchargement vivent grâce aux dons des abonnés et je vous assure que ça marche. Si la proposition de don commençait par un montant dérisoire (0,50 cts par exemple), un grand nombre d’internautes seraient prêt à débourser beaucoup plus.
    Ce qu’on a tendance à oublier, c’est que sur internet, le sentiment communautaire est encore plus fort que dans la vraie vie. Et c’est bien dommage de ne pas en prendre avantage, que ce soit pour le financement d’un film d’auteur ou le développement d’un logiciel. Ensuite tout est question d’éducation et de communication !

  26. Terry31

    Dès les premières lignes, l’article met le doigt sur le point essentiel : télécharger des contenus illégaux est entré dans les moeurs.
    Et c’est bien là, le grand problème, les industries ont été prises de cours et n’ont pas cherché à proposer de parade quand il en était encore temps et n’en proposent toujours pas qui puisse répondre à une demande très très exigeante.

    Et la grande question qui se pose aujourd’hui, avec la mise en place de l’HADOPI, c’est est-ce que cette habitude va disparaître ? Pour ma part, je n’y crois pas trop, les gens trouveront des alternatives en utilisant des technologies toujours plus en avance que les lois qu’auront votées les gouvernements. Ils paieront pour un service illégal, faute de pouvoir trouver son pendant dans la légalité (licence globale).

  27. Titties and beer

    @ Christophe, sans animosité aucune
    Une remarque concernant la musique : Frank Zappa qui est mort en 93 avait déjà imaginé un système de distribution de musique dématérialisée à partir de la constatation suivante : le marché de la musique déplace des galettes de vinyle d’un bout à l’autre du pays puis retour pour les invendus alors que le produit c’est la musique! et il imaginait un système à base de coupleur acoustique sur un téléphone relié à un enregistreur cassette, qui permettrait d’enregistrer tout un catalogue pour un abonnement mensuel. c’était la licence globale avant l’heure, la proposition d’un visionnaire. Dans le domaine de la musique, seul Apple qui n’était pas un acteur du domaine a su proposer une alternative crédible avec l’Itunestore, les majors se sont arcboutées sur des modèles dépassés. Le modèle d’Apple n’est sans doute pas parfait, mais Apple est devenu N¨1 de la vente de musique aux US. (l’imagination au pouvoir sans doute ;o))
    Les majors se sont contentés de :
    - refuser la mise en vente sur Itunes de certains catalogues
    - de mettre en place des protections rendant incompatibles les cd acquis légalement avec certains matériels.
    - faire du lobbying auprès des politiques pour plus de répression, et pas de licence globale.
    - faire diversion avec des plates-formes de téléchargement qui ont toutes plus ou moins fermé depuis ( exemple celle de sony).
    - campagnes de communications pour stigmatiser le méchant internaute.
    - taxes à tout va sur tous les supports numériques, même sur les cartes SD qui sont utilisées le plus souvent pour les photos de familles!!!!

    remarque : je note que j’ai passé ma jeunesse à sillonner les disquaires pour trouver tel ou tel disque sans succès, que les commandes en import étaient hors de prix avec une réception de commande parfois au bout de 5/6 semaines alors qu’on peut récupérer ce disque en quelques secondes sur la toile. Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner que le chemin le plus court soit privilégié.

    Concernant le cinéma, personnellement, j’ai une anecdote qui pour moi illustre parfaitement la complexité des droits de diffusion , d’édition etc…
    je devais enregistrer à la télévision française un film conseillé par un prof d’histoire pour mon fils. Malheureusement, suite à un incident technique, l’enregistrement ne s’est pas déclenché. Pour rattraper le coup, j’ai téléchargé le même film, qui a été visionné une fois par mon fils avant d’être effacé.
    Pour un résultat absolument identique, je suis une fois dans la loi, une fois en dehors. Pour moi ce manque de cohérence, de lisibilité par le simple citoyen montre que nous sommes aujourd’hui arrivé à un moment où les droits d’auteurs doivent être révisés pour tenir compte du numérique.

    Enfin un dernier point: Il n’est pas normal qu’un artisan qui sauvegarde son travail sur un CD paye une taxe sorecop pour les ayants droits de la musique (j’espère que vous serez au moins d’accord avec ça)

  28. Wilbrod

    Au Canada Les ventes de films et de musique progressent, et pourtant c’est le seul pays occidental a ne pas interdire le piratage. Mais ne pas revendre les copies. Pourquoi? Parce que le gouvernement fédéral estime qu’il ne doit pas contrôler l’internet qui ne lui appartiens pas. Et que de toute façon le prix des cd et dvd est déjà taxés pour les ayants droit. Le ministère des communications ne légifère que dans la téléphonie, au Canada bien sûr même si ce sont des compagnies privées.
    Pour ma par j’ai plus de six-cents films de piraté. Surtout les grands classiques du cinéma que l’on ne peu plus voir sur les écrans. Que mes petits enfants regarderont un jour, je l’espère. Quand a la musique classique j’aime enregistrer différentes interprétations de celles que j’ai achetées.

  29. soƒie

    @ wilbrod : si par piratage tu entends le téléchargement P2P, l’Espagne aussi ne l’interdit pas :) Pour ce qui est du Canada, inondé de produits culturels en provenance des US, Internet ne représenterait-il pas une aubaine, puisqu’il est possible d’avoir tout ça gratuitement !?…

  30. Incognitototo

    Passionnant cet article et très exhaustif, merci.

    Juste une question de bon sens à propos du taux de substitution : a-t-on déjà mesuré dans la population des téléchargeurs illégaux le pourcentage de ceux qui n’auraient de toute façon pas pu acheter le produit à cause de leur situation économique ?
    Parce qu’en fonction d’où se situe ce taux, les industries en question ne peuvent pas perdre ce que de toute façon, elle n’aurait pas pu vendre à ceux qui ne peuvent pas payer…
    Simple, non ?
    Plutôt que d’avancer des chiffres fantaisistes sur leurs fantasmes de perte, elles feraient mieux de miser sur la culture d’abondance que ça crée chez tout le monde… et que ces téléchargeurs illégaux auront sûrement un jour l’envie et les moyens de s’acheter leurs rêves…

  31. Matis

    Génèralement les offres de VOD ne proposent que des catalogues limités. Parfois à cause justement des segmentations des films entre différents ayants droits qui eux même les segmentent entre différents catalogues, ce qui complexifie encore les choses. Un autre exemple pour la musique. Dans certains abonnements internet on vous propose des abonnements à de la musique mais comprenant que certains label, segmentée par thème et parfois limité en terme de possibilité d’utilisation. En gros la prise de tête. Alors qu’avec le P2P tu as accès à tout, tu écoutes ou regarde ce que tu veux quand tu veux comme tu veux.

  32. Christophe

    Si l’on récapitule ces derniers arguments, on trouve : la lutte contre le piratage n’est que « la soumission à big brother » (vive l’esprit libertaire et démago), le cinéma coûte cher à cause de gabegies et de gaspillages, ou de salaires faramineux (que de fantasmes ! Imaginez-vous vraiment un secteur en crise où l’on regarderait l’argent être dilapidé ? Pour une star, savez-vous combien de techniciens sont payés au smic horaire ? Savez-vous combien de films dits « français » sont tournés en Hongrie, en Pologne, en Bulgarie, pour faire baisser les dépenses ? Ces contrevérités sont assez horripilantes…), la possibilité de trouver des financements alternatifs, comme… des dons (ahahah !), des participations communautaires (quel film sera produit avec 15 000 euros, l’apport de sites comme peopleforcinema ou touscoprods ?) ou de la licence globale (sic)…
    Je ne parle pas de la musique, encore une fois les coûts n’ont tellement rien à voir que ca n’a pas de sens de comparer les modèles. On n’achète pas une baguette comme on achète une maison…

    De manière plus sérieuse, il me semble que les gens confondent allégrement l’usage dématérialisé – que tout le monde appelle évidemment de ses voeux, pour la simplicité d’usage, le choix, le temps, etc… – et le fait de… payer. Tout le monde est d’accord pour l’un, mais pas pour l’autre. Or, n’en déplaise à tous ces commentateurs, le payant ne pourra jamais rivaliser avec le gratuit, c’est illusoire… d’où la nécessité de lutter contre le piratage des films. Il est frappant de voir qu’il y a déjà avec itunes, canalplay, TF1vision, Orange,etc. plusieurs milliers de films récents aisément téléchargeables légalement, et pourtant le piratage reste massif. Ce qui veut bien dire que l’argument « offrez-moi un service simple, j’irai » me paraît finalement assez peu crédible, puisque en toute objectivité, les services simples et payants existent aujourd’hui…

    Le paradoxe est que le public est prêt aujourd’hui à payer beaucoup pour de la technologie et des « tuyaux », mais pas pour le « contenu » ! A mon sens, le vrai problème est là : la perte de la « valeur perçue » d’un film, en dépit de son coût monstrueux, et du plaisir qu’il suscite. Après tout, si les gens piratent les films, c’est bien parce qu’ils adorent le ciné. Alors pourquoi ne veulent-ils pas payer ? Car si l’on y réfléchit, quelle sortie coute moins cher que le cinéma ? Un restau, un concert, un théâtre, 2 bières ? Aucune ! Quel produit culturel coûte moins cher ? Même le prix moyen du livre de poche était supérieur au prix moyen d’une entrée de cinéma en 2008 !
    Aujourd’hui, en vérité, tout le monde a bien conscience que ca n’est pas bien de pirater – les arguments pro-piratages ressemblent souvent à des arguments d’enfants pris la main dans le pot à confiture ;-)) – mais on voudrait nous faire avaler la pillule que « puisque c’est déjà comme ça, l’usage s’étant imposé, on ne peut plus faire machine arrière, nananère, c’est trop tard ! ». Je m’inscris en faux : en matière d’usage, rien n’est jamais définitif…

    Evidemment, la lutte contre le piratage n’éradiquera pas tout le piratage, de la même façon que les radars routiers n’empêchent pas tous les excès de vitesse. Bien sûr cette loi hadopi n’est pas parfaite, loin de là. Mais elle a le mérite d’exister, plutôt que de ne rien faire… (tordons le coût au passage aux mythes du net : les pays où l’offre légale est la plus développée sont les pays qui luttent le plus contre le piratage ; et certains pays n’hésitent pas à aborder le sujet de manière beaucoup plus dure que la France : les USA par exemple ont confié à plusieurs agences gouvernementales le rôle de cette lutte, au premier rang duquel le FBI (!), qui ferme l’accès aux sites et bloque les comptent bancaires de pirates. A mon sens, la voix choisie par la France devrait doucement permettre de remettre les consommateurs sur la voix d’une consommation légale…

    Enfin, je finis sur la lutte : pourquoi pourrait-on lutter sur internet contre le terrorisme ou la pédopornographie au moyen de filtrage, pourquoi pourrait-on vous couper l’abonnement si vous oubliez de payer votre facture, pourquoi accepte-t-on que des entreprises américaines (google, apple, visa, etc…) conservent des données confidentielles et personnelles sur vos « usages » virtuels sans le moindre contrôle, mais que l’on refuserait ces mêmes droits à une autorité de tutelle, légale, archi-surveillée et agissant au nom de l’Etat ? Après tout, la France est bien le premier pays à avoir inventé la CNIL, on peut aussi lui faire confiance sur la protection de la vie privée. Il est un peu facile de brandir le risque de la dictature pour justifier le pillage, non ?

  33. Incognitototo

    @ Christpohe, on ne peut être que d’accord sur ce que vous énoncez… Cependant, je répète ma question : quelles sont les pertes réelles pour les industries culturelles, alors qu’on ne connaît pas la proportion de pirates qui n’aurait de toute façon pas pu s’acheter ces produits ?
    C’est très différent, si on raisonne à partir de 90% des gens qui auraient pu payer ou 10 % seulement… Notamment parce que dans le deuxième cas toutes les lois répressives ne changeraient strictement rien au problème des pertes de ces industries et qu’en plus les dispositifs légaux répressifs risquent de coûter plus cher que les quelques amendes qu’ils vont rapporter…
    Par ailleurs comme le suggère cet article, il ne semble pas y avoir de corrélation entre le piratage et la hausse ou la baisse des CA, et même entre des lois répressives ou pas…
    Maintenant, si on veut raisonner d’un point de vue uniquement légal et moral, oui, c’est pas bien ; mais du point de vue de l’efficacité est-ce que les téléchargeurs illégaux ne sont pas rendus addicts par leurs besoins et ne constitueront pas forcément, à un moment ou un autre, de futurs acheteurs ?
    On peut faire un parallèle avec la contrefaçon : vous pensez vraiment que ceux qui achètent des contrefaçons Vuitton, ne s’achèteraient pas un vrai Vuitton, s’ils en avaient les moyens ?
    Bé non, je ne pense pas qu’ils préfèreraient continuer à porter leur contrefaçon et je pense que c’est pareil pour le culturel.
    Quand j’étais jeune, j’allais dans les bibliothèques ou je me faisais prêter les livres (déjà une atteinte aux droits d’auteur), puis quand j’ai pu, j’ai aimé acheter ces livres, même ceux que j’avais déjà lus !…

  34. Christophe

    @incognitototo Vous avez évidemment raison. Certes, tous les pirates n’auraient pas les moyens d’acheter une place de ciné (quoi qu’il ne s’agit souvent pas d’un manque de moyens mais plus d’une question de définition de priorités pour le consommateur, qui arbitre entre ses achats…), un téléchargement payant ou un dvd. Mais à l’inverse, on peut considérer que parmi les téléchargeurs, une proportion – même faible ou moyenne – se reporterait quand même vers du payant. pensez-vous par exemple que parmi les 500 000 téléchargements quotidiens constatés sur « Twilight 2″ alors qu’il était en exploitation, aucun des « pilleurs » n’aurait eu les moyens d’acheter une place ou plus tard un téléchargement payant ? A l’inverse imaginez que seuls 10% ou 15% des téléchargeurs paient. Dans une économie où la rentabilité est minime, ce simple apport supplémentaire pourrait permettre de faire passer une économie déficitaire en économie viable.
    Vous allez me dire : mais que de déçus qui ne pourront pas se payer une place de ciné ou un sac Vuitton ! Et oui. Notez que j’aimerais pour ma part rouler en Aston Martin et partir en vacances aux Caraïbes. Mais je ne peux pas. C’est tout simplement l’économie de marché. Mais je ne crois pas qu’on puisse réellement crier au scandale quand on voit que le prix moyen en France d’une place de ciné était de 6.14€ en 2009 (source CNC). C’est un faux procès de dire que le cinéma est cher. Cher par rapport à quoi ? Chacun devra simplement choisir ses priorités, ciné pour les uns, téléchargement de jeux sur son iphone pour les autres, etc. Et arbitrer entre différents « prix ». Dans cette économie normalisée, les prix pourraient même baisser logiquement pour attirer plus de consommateurs…
    Enfin, je reviens sur 2 points que vous citez : la corrélation et le sac Vuitton.
    Il n’est pas exact de dire que rien ne vient prouver la corrélation. les faits parlent déjà d’eux-mêmes. Le cinéma espagnol est en dépot de bilan, il n’y a quasiment plus de nouvelles productions dans le pays où le téléchargement pirate est le plus développé. Les studios américains en sont réduits à ne même plus y sortir certains dvd de films laminés par le piratage. Les pirates espagnols n’auront bientôt plus grand chose à pirater…
    Quant à l’exemple du sac Vuitton, je vous le présente différemment : pensez-vous vraiment que les clientes qui paient une fortune des sacs conçus et fabriqués en France continueraient longtemps à payer pour s’offrir les plus jolis sacs si on les narguait continuellement dans la rue avec les mêmes sacs contrefaits en Chine ? Je ne crois pas. Je crois que le préjudice pour la marque est important. Aujourd’hui, il en va de même pour le ciné : tout le monde pirate et ceux qui paient sont ceux qui passent pour des crétins… le monde à l’envers.

  35. Matis

    @Christophe
    Je suis allez voir les offres dont vous parlez. Mais pour ce qui est de la simplicité, il faudra repasser car ils utilisent des DRM et des players propriétaires.
    Par exemple si vous changez d’OS vous ne pouvez plus voir les film que vous avez acheté voir même utiliser le service. Autre exemple, une de mes connaissances avait achetée des films en WMV avec DRM, suite a un plantage il a du réinstaller son OS ce qu’il lui a fait perdre les DRM rattaché à ces fichiers vidéos. Il ne pouvait donc plus lire les fichiers qu’il avait achetés.
    En ce qui concerne le prix, si je reprends mon postulat de départ, à savoir de regarder ce que je veux sans contrainte, je suis obligé de payer 4,99 euros pour une location.
    1. Cela représente le prix d’une place de ciné que j’ai avec mon CE, alors que je vais regarder ce film sur mon écran de télé.
    2. C’est extrêmement cher par rapport à mon vidéo club ou les nouveautés sont à 1,50 euros. Et ne venez pas me dire qu’il y a le cout de l’infrastructure qui joue. Car le vidéo club ou je vais a une boutique franchisée et 1 employé (donc couts immobilier, franchise et salariaux). Mais également 2 distributeurs automatique de DVD. Ce sont des machines qui coutent une fortune à l’achat et qui ont également un cout en terme de maintenance. Il faut également prendre en compte que ces couts sont rentabilisés sur un marché local et non national ou internationnal.
    J’ai donc la désagréable impression que l’on veut nous vendre un service dématérialisé, qui permet des économies d’échelles, plus cher que son équivalent physique qui lui n’en permet pas.
    Maintenant en ce qui concerne la grande détresse du monde de la culture audiovisuel, je serais curieux de connaitre tous les chiffres. Car pour exemple, il y a quelques temps de cela, j’ai appris au court d’un article de presse qu’effectivement le CA du CD avait baissé mais que dans le même temps le marché du DVD musical avait fait un bond de 75% et que le marché des sonneries de portable basé sur des titre musicaux avait lui aussi explosé. Mais les maisons de disques dans leurs communiqués officiels ne parlais que des pertes et pas des gains. Autre exemple, on a jamais autant diffusé de musique, elle est partout, j’ai repéré des morceaux d’artistes que je connais dans des reportages, emissions et autres pub TV, il y a de plus en plus de festivals dont beaucoup d’ailleurs laissent une place aux nouveaux artistes. Qu’on ne vienne pas me dire que tout cela ne représente pas des nouvelles formes de revenus. J’ai l’impression que c’est le business model de ce marché qui change mais que le marché existe toujours. Comme vous le dite, les gens sont près à payer cher pour un produit technologique tel que l’iphone par exemple mais pas quelques euros pour un film. Il y a eu une étude de réalisée sur le cout industriel (conception physique et fabrication) de l’Iphone. Il s’élève aux environs de 150$ l’unité. Si on rajoute environ 150$ par unité pour la R&D (OS et ergonomie) et le maketing on arrive à 300 $. Quand on sait que c’est vendu plus de 600 euros et qu’il y a ensuite iTunes en vache à lait derrière, cela laisse rêveur…
    Et je ne parle que du téléphone iPhone. Mais il y a également les iPod, iPad, iPhone Touch et autre PC et notebook. Et ce petit calcul de proportion pourrait être appliqué à d’autres acteurs du secteur des TIC. Et il ne faut pas oublier que sans contenu, beaucoup de ces appareils et services ne se vendraient pas.
    Moi ce qui me gêne dans cette histoire d’Hadopi, outre le coté un peu liberticide de la loi, c’est qu’à se focaliser sur les « méchants pirates », on occulte un peu tout le reste.

  36. Incognitototo

    @ Christophe, j’apprécie beaucoup ces débats où finalement personne n’a tort, mais où les conclusions diffèrent…

    Vous citez trois exemples intéressants :

    I – l’Espagne, plus de 20 % de la population active au chômage, un PIB par habitant de 22 486 $ contre 32 700 $ pour la France, quasiment 1/3 de revenu en moins par rapport à un Français.
    Même si vous avez parfaitement raison sur le problème du choix et de la priorité des achats, il semblerait qu’il se confirme que le niveau du piratage soit corrélé à des situations économiques précaires, et cela se confirmerait encore par ce que je connais de la situation des pays de l’Est par exemple, ou encore de l’Inde (où l’industrie du cinéma est néanmoins florissante)…

    II – vous dites, imaginons que ceux qui peuvent payer payent et pour aller dans mon sens vous proposez de fixer cette proportion (que personne ne semble connaître) à 15 % en suggérant que ça changerait tout. Oui, c’est probable d’un point de vue économique immédiat. Mais à moyen et long terme, les 85 % que vous avez « privé » de culture qu’est-ce que vous pensez qu’ils feront ? Ils regarderont la télé ? Comment leur donnerez-vous le goût du produit culturel ?
    Je ne fais pas de mon cas une généralité, mais il est probable que si entre 14 et 20 ans, je n’avais pas pu, uniquement grâce aux prêts, dévorer 98 % des livres que je lisais et que mes parents ne pouvaient pas m’offrir, jamais je ne serais devenu un addict des bouquins qui achète, encore aujourd’hui, en moyenne 4 livres par mois, alors que je n’ai le temps d’en lire que 2…
    Donc, je vous repose mon hypothèse autrement : en empêchant, 85 % des pirates d’accéder aux produits (ce qui suppose en plus un système répressif « sans trou », ce qui, en soi, est parfaitement impossible et qui en plus coûte cher au contribuable), est-ce que l’industrie n’est pas en train de privilégier de petits profits à court terme, au détriment de beaucoup plus gros profits à moyen et long terme ? Personnellement, il me semble qu’il en va de la culture, comme de bien d’autres « produits », c’est l’abondance (fut-elle en partie illégale) qui crée le besoin, pas sa privation… Même si c’est immoral, c’est extrêmement pragmatique, par rapport à des intérêts bien compris.

    III – pour avoir été dirigeant d’une grosse entreprise de maroquinerie, je connais bien le problème de la contrefaçon que j’ai toujours combattu, par tous les moyens légaux à ma disposition, et en « roulant des mécaniques » médiatiquement contre les « affreux » contrefacteurs. Seulement, je n’ai jamais été dupe des « bénéfices » indirects qu’ils m’apportaient. Avoir un modèle copié était :
    - un, le marqueur évident de son succès,
    - deux,le signal qui m’obligeait à innover pour produire de nouveaux modèles dérivés ; et non accessoirement le signal pour mes consommatrices qu’il fallait se distinguer en achetant un nouveau modèle,
    - trois, une certaine façon de valoriser celles qui portaient du « vrai » par des campagnes de communication habiles ; être une figure d’identification qu’on envie et qu’on copie, est quand même assez valorisant pour le commun des consommatrices,
    - quatre, la confirmation que mon coeur de cible marketing était le bon, car, les catégories sociales qui achetaient ces produits contrefaits, ne pouvaient en aucune manière acheter mes produits (j’ai fait faire une étude là-dessus)… À l’exception du problème de l’image à gérer, ça ne me privait donc que très marginalement de CA.
    - cinq, le stimulant qui m’a permis d’élargir les gammes pour proposer du « vrai » à moins cher…
    Cette entreprise, que j’ai quittée maintenant, avait en permanence 4 à 8 procès en cours contre des contrefacteurs, mais elle était florissante et je situe parfaitement bien son essor fulgurant aux premières années où sont apparues les premières copies !!!

    Bref, il y a plusieurs façons d’aborder les problèmes, soit en se rétractant, soit en « surfant » dessus ; et cette litanie des industries culturelles a quand même une petite musique de gens qui n’arrivent plus à se remettre en cause… et qui en conséquence, cherchent des boucs émissaires pour expliquer leurs problèmes bien réels. Et je ne crois pas que 10 ou même 20 % de CA supplémentaire changera quoi que ce soit à leur problème d’adaptation structurelle et de coûts.
    Par contre, suite à cet article brillant et en parlant avec vous, il me paraît de plus en plus évident que la répression « impitoyable » des pirates est un calcul à court terme. D’abord parce que les voleurs pathologiques solvables sont probablement une toute petite minorité parmi cette grande catégorie de voleurs insolvables. Ensuite parce que des voleurs insolvables peuvent devenir un jour solvables et surtout acheteur, s’ils ont pris goût au produit, même si c’est par des pratiques illégales. Et enfin, parce que personnellement s’il y avait des choix budgétaires à faire, je préfèrerais que l’argent qui va être mis dans la répression, serve plutôt à l’éducation et au développement culturel, ainsi qu’à sa démocratisation…

  37. soƒie

    Je rajouterai juste, qu’en plus ce n’est pas comme si l’on avait un vide juridique en la matière… La loi Dadvsi de 2005 avait déjà permis de légiférer sur le téléchargement illégal d’œuvres sur Internet. Le fameux « far-west high-tech » décrit par notre chef du gouvernement (shérif du net) est par ailleurs un espace très régulé, avec des normes et des protocoles, voire qui s’autorégule, avec les adaptations progressives des diverses législations en vigueur…

  38. albin marie

    j’ai envie de tuer

  39. Pierrick

    Le problème posé est aussi celui de l’exploitation gratuite de contenus créés par d’autres, qui ont demandé un investissement financier, et qui se retrouvent à génèrer des bénéfices pour des opérateurs, des agrégateurs, des plateformes et, bien entendu,le grand Google, et qui ne participent en rien à l’économie des secteurs concernés.
    Un tel modèle est tel viable ? Visiblement oui, avec des contenus de plus en plus “low-cost”. On assite à une réelle dégradation de la qualité des contenus en accession gratuite sur le Net.

  40. ofred

    L’industrie du disque et du cinéma se moquent de nous et essayent de nous escroquer…
    Sous pretexte qu’ils pensaient promettre une explosion de leurs CA et des bénéfices grace a internet à leur actionnaires, pleurent car le consommateur internaute n’achetent pas plus leurs produits vendus à des prix prohibitifs etant donné le sup-port numérique reproductible quasiment sans frais…
    Ils essayent de faire payer à la collectivité leur soit disant manque a gagner plutot causé par un deficit créatif à vouloir « merchandiser » la culture comme un produit lessivié.
    L’interdiction de la pub pour les produits culturels est pour moi necessaire car il est scandaleux de faire la promotion d’un livre d’un CD ou DVD plus qu’un autre au titre de l’équité culturelle…les millions d’euros engouffrés dans cette pub au detriment d’autres artistes est aussi une methode visant a concentrer les choix des consommateurs sur une quantité réduite de produits et ainsi tuer les labels ou producteurs et artistes independants au profit des multinationales de la culture (vivendi universal, sony…) qui passe plutot leur temps a compter leur fric plutot qu’a la culture des masses dont il se moquent éperdument.
    Les grandes surfaces ou des spécialistes commme la FNAC et autres Virgin ont tués les disquaires et fait réduire le nombre references par soucis de rationalité de gestion des « rayons » et sciant par la même la branche sur laquelle ils sont assis.
    La menace sur l’emploi culturel n’est qu’une bouffonade de plus…
    Ils on seulement peur pour les objectifs non remplis à la bourse du CAC 40…

  41. Incognitototo

    @ Pierrick, alors là, je suis totalement d’accord avec vous, autant je pense qu’il faut être un peu « compréhensif » avec les téléchargeurs illégaux, autant je pense qu’il faut être impitoyable avec les plateformes qui proposent ces téléchargements illégaux soit parce qu’elles les font payer, soit parce qu’elles font de l’argent avec la publicité qu’elles diffusent à côté.
    Ce n’est pas pareil de prêter un livre à un ami ou d’en faire des photocopies et de les revendre. Dans le deuxième cas, là oui, c’est de la vraie criminalité, qui mériterait d’ailleurs une grosse refonte des lois internationales, parce que la plupart sont à peu près insaisissables. D’ailleurs quand je parlais de mon expérience professionnelle, ça procède bien de la même logique : impitoyable avec les diffuseurs de contrefaçons, mais, jamais je n’ai demandé d’opération, comme Vuitton et d’autres, pour pénaliser les acheteuses de faux à Vintimille ou ailleurs…
    Par contre, si j’arrivais à démanteler les diffuseurs français, c’était une guerre perpétuelle fatigante, parce que je n’ai jamais réussi à atteindre les fabricants (même en les connaissant) ; et ça, c’est quand même un gros problème qui est la conséquence de nos accords internationaux mal faits. C’est d’ailleurs probablement pourquoi, nos gouvernements préfèrent taper sur ceux qu’ils ont sous la main, plutôt que se s’attaquer aux racines du mal… un beau symptôme (de plus) de leur « démission globale » à résoudre les problèmes.

    À propos d’adaptation structurelle : est-ce que les diffuseurs de VOD ou autres, proposent des tarifs progressifs ?
    Par exemple pour les VOD, un tarif progressif du genre :
    - 3 h d’accès,
    - 24 h d’accès,
    - 15 jours d’accès,
    - un mois d’accès.
    Et pour les plateformes légales de ventes en ligne :
    - qualité blue-ray,
    - Standard
    - divx
    Une idée en passant pour ces « pauvres » industries…

    Encore une chose, à l’usage de l’auteure de cet article, pour faire écho à votre introduction, non, je ne suis pas sur Facebook, ni sur aucun réseau social, et j’essaye de dissuader mes amis(es) d’y être… Mais c’est une autre conception de la vie et des rapports sociaux qui disparaîtra probablement avec ma génération.

  42. Nospammer

    Moi c est simple : 4 ans de chomage = 0 consommation! Point barre! Alors leurs DVD, CD je rigole, j ‘en acheterai certainement pas…Que la France nous file déjà un emploi PAYE correctement et là, on consommera, peut etre…car demain on sera tous viré et le fric pas mis dans les DVD servira a simplement arriver a acheter notre baguette de pain! Voilà, arrete de vous faire des noeuds dans la tete: les gens ont pas de fric, c est tou!

  43. Pirate

    J’approuve tout à fait les propos d’Incognitototo, que ce soit au sujet de l’industrie culturelle ou du luxe.
    Le luxe ne perdra jamais sa clientèle. Bien évidemment, la récession aura eu son impact sur les taux de consommation, mais il est resté néanmoins l’un des secteurs les plus stables et les sûrs. Ce qui démontre bien que détenir un vrai produit sera, dans la plupart des cas, gage de qualité et sera plus apte à satisfaire l’ego du possesseur.

    Pour répondre à M. Christophe, ce que je disais sur les revers du décor ne sont pas des fantasmes. Je ne faisais pas non plus des généralités, je donnais juste un exemple parmi tant d’autres. Mais, bien à vous de « fantasmer » sur des grosses productions sans gaspillages (qui seraient, d’ailleurs, mieux tolérés si les techniciens eux-mêmes étaient mieux payés).
    Sinon, les films produits avec un budget de 15000€, voire moins, existent et ont souvent été le fruit d’apports personnels ou de soutien privé de la part de l’entourage.
    http://en.wikipedia.org/wiki/Low-budget_film
    Dans un article que je lisais sur les films à petit budget, un réalisateur affirmait que l’émulsion pour les films indépendants étaient plus palpables aux Etats-Unis. Ce qui prouve encore une fois, qu’Outre-Atlantique, la créativité et l’entreprise individuelle sont beaucoup plus encouragées qu’en France. Et là, on ne parle pas de la possibilité envisagée de retour sur investissements, mais de l’acceptation de la prise de risque.

  44. Pirate

    Autre article intéressant : http://www.01net.com/editorial/519719/des-films-sur-cle-usb-a-la-sortie-des-salles-de-cinema/
    Il traite justement d’une forme alternative de distribution.

    Comme quoi, même les petits cinémas, qui sont probablement les premières victimes du piratage, n’approuvent pas la Loi Hadopi.

  45. soƒie

    plus un effet com’ qu’autre chose je pense, mais c’est une initiative qui mérite d’être saluée en effet !

  46. Matis

    Voici un petit lien, avec des chiffres tirés du baromètre CNC-GFK, pour confirmer que tout n’est pas aussi noir que l’on veut nous le faire croire :
    http://www.afjv.com/press1008/100805_marche_de_la_video.php
    Concernant les volumes de supports physiques vendus (DVD, Blue ray, etc.), je vous laisse apprécier la quantité de plastique et autre polution liée à la fabrication et au transport que tout cela représente.

  47. TroyB

    très intéressant merci pour cet article impartial… c’est rare sur ce sujet ;) !

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  1. Tweets that mention Lumière sur les effets du piratage de films -- Topsy.com :

    [...] This post was mentioned on Twitter by Fabrice Epelboin, raphhiessler, pierreb, djilanihr, bizfolio and others. bizfolio said: Article très intéressant et complet sur les effets du piratage de films par @rwwfr http://goo.gl/fb/CnSL6 [...]

  2. KooNDeLLiTcH² » Evolution du prix de la place de cinéma en France ces 50 dernières années :

    [...] leur plus forte fréquentation depuis 27 ans. D’ailleurs je vous invite à lire ce bel article sur ReadWriteWeb.fr qui décrypte les effets du piratage de films sur l’industrie et notre [...]

  3. R.I.P. JIWA « Blog d'Antoine Lebrun :

    [...] de la musique et du cinéma. Readwriteweb nous fait justement la synthèse de quelques études sur l’impact du téléchargement. Une première chose intéressante qu’on y apprend, la consommation de la musique diffère de [...]

  4. Du 5/08 au 12/08 :

    [...] un article qui explique que le « piratage » est loin d'être aussi néfaste qu'on le croit. ORLY [...]

  5. Quick & Dirty (1B) « Journal du Hack :

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  6. A lire ailleurs du 16/08/2010 au 23/08/2010 | traffic-internet.net :

    [...] Lumière sur les effets du piratage de films – ReadWriteWeb France [...]

  7. A lire ailleurs du 16/08/2010 au 23/08/2010 | Lick My Chip ! :

    [...] Lumière sur les effets du piratage de films – ReadWriteWeb France [...]

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