Plainte contre Facebook pour homophobie : Houston, we have a problem

L’information du Midi Libre relayée hier par Guillaume Champeau hier n’a pas fait grand bruit pour cause d’actualité numérique chargée. Elle revêt pourtant une importance considérable, et pourrait mettre en péril l’un des fondements de la démocratie Française, et même, à terme, la déstabiliser profondément.

C’est un débat qui courre de façon récurrente entre deux auteurs chez RWW. D’un coté de l’Atlantique, un bloggeurs/journaliste reconnu pour sa lutte pour la défense des libertés sur internet, Curt Hopkins, auteur (entre autre) des chroniques hebdomadaires sur les atteintes aux droits de l’hommes sur internet, et fondateur du Comité de Protection des Bloggeurs, activiste notoire luttant pour les libertés un peu partout sur la planète (je vous laisse regarder sa bio, c’est assez parlant), bref, quelqu’un au dessus de tout soupçon pour ce qui est d’être raciste ou homophobe. De l’autre, un petit frenchy qui lui raconte qu’au pays du fromage, il est interdit d’être ouvertement homophobe ou explicitement raciste.

Du coté du pays des cowboys, des indiens et du premier amendement, ce n’est même pas de l’incompréhension, c’est carrément un rejet clair et net. J’avoue que je suis de son coté, non pas que la perspective de voir arriver un monde où l’on puisse ouvertement être raciste me réjouisse, mais objectivement, le choix est limité, et l’alternative est bien pire.

A l’ouest, les USA, à l’est, la Chine

Il existe sur Facebook comme ailleurs, des quantités invraisemblables de groupes racistes, homophobes, islamophobes, antisémites, j’en passe et des meilleurs. D’ailleurs, inutile d’aller sur internet, un rapide coup d’oeil aux résultats électoraux dans notre beau pays vous montrera qu’ils sont là, tout autour de nous, dans nos frontières. Simplement en France, ils n’ont pas droit à la liberté d’expression qui leur permettrait d’afficher ouvertement leurs opinions. A-t-on résolu le problème du racisme pour autant ?

Objectivement, non.

Si je vous disais qu’un backlink en provenance d’un site come ‘Le projet Juif‘, ouvertement antisémite et très clairement destiné aux Français, ramène presque autant de visiteurs sur ReadWriteWeb qu’un backlink fait par lemonde.fr ?

Voilà, c’est dit. Si vous voulez les stats de Google Analytics, c’est sans problème.

Aux Etats-Unis, pays de Billy the Kid et de l’internet, la liberté d’expression est absolue. Là où en France la doctrine qui la soutien consiste à dire que la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres, là bas, on n’est pas d’accord avec quelqu’un, mais on est prêt à se battre pour qu’il puisse exprimer son opinion. Ironie du sort, les deux doctrines sont ‘made in France’. On en a exporté une, qui malgré le soutien de Robespierre n’est pas passée à l’Assemblée, et on a fini par construire la société post révolutionnaire Française avec l’autre, celle de la liberté d’expression… restreinte (ou raisonnée, enfin, appelez cela comme bon vous semble, cela n’a guère d’importance).

Tant que les frontières et la barrière linguistique s’imposait plus ou moins aux média, tout allait bien, ces deux formes de libertés d’expression pouvaient fort bien cohabiter. Tant qu’internet était le domaine des géants, à l’époque du web 1.0, ça tenait encore. Souvenez vous, l’affaire des objets nazi en vente sur Yahoo! dans les années 90… Tout cela pouvait se régler tranquillement, entre les autorités Françaises et Yahoo!. Mais avec le web 2.0, rien ne va plus. Des centaines de millions de personnes s’y expriment, issues de centaines de nations, régies par des régimes politiques allant de la liberté d’expression absolue des Etats-Unis à la censure sévère de Cuba. Entre les deux : la France (plus proche des USA que de Cuba, bien sûr).

En France, un propos raciste ou homophobe est sanctionné. La plupart du temps, c’est la justice qui se charge de ce genre de choses, et en général, si c’est une personnalité publique, elle est immédiatement bannie des média. Les associations de lutte contre le racisme/l’antisémitisme/l’homophobie/etc. se contentent bien souvent, en guise de lutte, de trainer tout ce qui peut l’être devant un tribunal.

Effet sur le racisme ? Pas grand chose, il faut le reconnaitre. Même des mouvements comme SOS Racisme, qui initialement avaient d’autres formes d’actions, ont fini dans le juridique à plein régime.

Avec internet, adieu veau, vache, frontières…

Mais si le raciste est à l’étranger ? On fait quoi ? S’il habite la Tunisie ou les Etats-Unis ? S’il monte un groupe Facebook homophobe et francophone ? Et tous ces sites web racistes, homophobes et/ou antisémites ? D’autant que le Français n’est pas la France, c’est une langue, largement utilisée sur internet, et pratiquée par près de 250 millions de personnes dans le monde, soit plus de quatre fois la population Française.

La seule solution, à ce stade de développement de l’internet, c’est le filtrage, et attention, un filtrage massif, à la Tunisienne, où des dizaines de millions de sites seront rayés de la carte. A la Pakistanaise, où une version spécifique de Facebook vera le jour, interdisant l’accès aux locaux à des pans entiers du site. Les effets de bords seront considérables, des erreurs par millions, des abus par milliers, aucun moyen de contrôle (il y aurait de quoi occuper l’ensemble des tribunaux Français pendant un siècle, vous vous doutez bien que l’on ne passera pas par un tribunal pour filtrer un site, si c’était le cas, d’ailleurs, le Sénat n’aurait pas pris soin de retirer l’amendement Tardy qui justement rétablissait le juge dans le processus de censure de l’article 4 de la Loppsi).

C’est vraiment ce que vous voulez pour la France ?

Peut être faudrait-il alors ne poursuivre que les Français qui se rendraient coupables de telles infractions ? Va-t-on lancer des enquètes sur chaque propos raciste francophone ? Une très large partie d’entre eux sont hébergés à l’étranger (quasiment tous, en pratique), quant aux services web 2.0 tels que Facebook, quand bien même ont obtiendrait d’eux, par je ne sait quel miracle de la justice internationale, qu’il dénoncent à la justice Française les IP des racistes indélicats (mais parfaitement dans leur droit aux USA), pensez-vous un instant que ces derniers, s’ils étaient Français, ne sachent pas utiliser un proxy afin d’apparaitre comme de simples américains dans les logs ?

Communautarisme, liberté d’expression absolue, et – dans une moindre mesure – libéralisme économique : ces concepts totalement exogènes à notre culture et à notre démocratie sont les fondements même de la démocratie américaine, et curieusement (cela demanderait un livre en tant que tel), ils sont au coeur même de l’ADN d’internet.

Voilà un débat moins urgent que la Net Neutrality ou les droits d’auteurs, mais ô combien plus lourd de conséquences pour nous, en France : notre constitution n’est pas plus adaptée à internet que ne le sont les majors du disque. Il va falloir choisir entre une grande muraille de Chine et une profonde et violente réforme constitutionelle. Rien ne presse, mais il va bien falloir s’atteler au problème tôt ou tard, et plus on tardera, plus ce sera douloureux.

A vrai dire, si un tel débat mérite calme, recul et reflexion, une chose pourrait s’avérer urgente, celle de ne pas choisir la solution Chinoise trop rapidement, et de se donner le temps de réfléchir. En l’occurrence, rétablir le juge dans le processus de filtrage des sites pédophiles de la Loppsi serait prudent, d’un point de vue démocratique, parce que vous vous imaginez bien que l’on ne va pas s’arrêter aux pédophiles et aux nazis.

Houston, we have a problem.

(la photo est de Loren Javier et ne choquerait pas le moins du monde mon ami Curt, qui  y verrait l’expression d’une démocratie où les opinions se confrontent, s’affrontent, et avancent : le mariage gay en Californie est en passe de devenir un droit, alors qu’en France, on attend encore)

Pour voir le problème sous un autre angle que celui d’internet,
je vous recommande Philippe Bilger, Avocat Général près la cour d’appel de Paris


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25 commentaires pour cet article

  1. martin-paris

    Très intéressant ton article..
    Cela dit permet moi d’émettre un doute sur le comparatif du lien Le Monde / Projet Juif => http://trends.google.com/websites?q=http://www.le-projet-juif.info/,http://www.lemonde.fr&geo=all&date=all&sort=0

    Tout dépend peut être de l’endroit ou le lien était placé, non ?

  2. Giom

    « Si je vous disais qu’un back­link en pro­ve­nance d’un site come ‘Le projet Juif‘, ouver­te­ment anti­sé­mite et très clai­re­ment des­tiné aux Français, ramène presque autant de visi­teurs sur ReadWriteWeb qu’un back­link fait par lemonde.fr ? »

    euh oui, moi je cliquerais par curiosité … n’y entendant rien à la chose.
    Le monde.fr je peux y aller tout seul. L’idée même qu’il exista un « projet juif » (comme site) n’a jamais germé en moi.

  3. Fabrice Epelboin

    @martin

    Ben j’aimerais bien qu’il y ait une telle explication, mais après trois backlinks différents en provenance du ‘projet-juif’ et un très grand nombre de backlinks en provenance du Monde… Non… C’est terrible, mais parfois, il faut savoir regarder la vérité en face, et cette vérité s’appelle la France.

    @giom

    Jettes un oeil à ce site, tu verra que certains de ces billet consistent à ‘dénoncer’ des complot juifs (quitte à pousser dans le ridicule). Les visiteurs sont donc des gens à priori tout ce qu’il y a de plus interessés pour ce qui est d’avoir leur dose quotidienne de haine, et qui comme tout internaute, clique sur des liens. Sur ce billet par exemple, où RWW est cité au 50e commentaire (par même dans le corps du billet), cela a apporté ici plus d’une cinquantaine de visiteurs. Il n’y a guère que Numérama ou PC impact qui peuvent en amener autant à travers un lien laissé dans une file de commentaire. Ni Le Monde, ni Le Figaro arrive a en faire autant.

    A partir de là, faire une extrapolation sur les audiences respectives de tout cela est un peu hasardeux, mais affirmer haut et fort que ce site a un traffic absolument énorme, non.

  4. Fabrice Epelboin

    Bon, ceci dit, le sujet n’est pas là, cette anecdote n’est là que pour montrer à quel point censurer les racistes ne résout pas du tout le racisme, que notre approche juridique et légale du problème ne fait que mettre un cataplasme sur une jambe de bois, et que le fond du problème, c’est que notre constitution n’est pas adaptée à la révolution internet.

  5. khalid

    Y’a une piste à suivre (et deja suivi), sur le taux de backlinks provenant des commentaires (ou forum) d’un site à faible audience mais ultra de niche (dans ce cas ci, j’espere).
    Je lis presque jamais les commentaires sur un gros site de news, c’est meme un truc dont j’ai horreur, mais sur un blog comme celui ci, j’en apprend autant dans les commentaires que l’article.
    Et c’est une réflexion éprouvé des « internets » et du reseau…

    Je ne sais pas si c’est du à la France, si c’ést le cas ce serait du à quoi?

  6. Fabrice Epelboin

    Ben si c’est ça, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle, parce que les audiences de Numérama et de PCimpact sont colossales, et eux aussi, ils s’adressent à des niches :(

    Bon, ceci dit, ce n’est pas tant le sujet, savoir combien de français sont nazis importe peu, ce qui importe ici c’est que nous ne tombions pas dans une dictature parce que l’on s’obstine à les censurer, non ?

  7. nico

    ça me rappelle un débat sur Chomsky et Faurisson, en remplaçant « bloggueurs » par « intellectuels » :
    http://www.youtube.com/watch?v=zz6Vbl-TWgI

  8. Fabrice Epelboin

    @nico

    C’est absolument le même gap culturel, oui, et Chomsky avait raison, j’en ai peur. Qui plus est, internet va nous imposer son point de vue avant qu’on ai eu le temps de réaliser qu’il avait raison…

    (désolé, votre commentaire est resté en file de modération toute la matinée)

  9. Silex

    En préambule à mon propos, je tiens à préciser que je ne soutiens aucune forme de racisme, juste une idée d’Internet tel qu’il a été conçu : libre et sans entrave, offrant le pire comme le meilleur, en laissant à l’internaute le libre arbitre de ses choix.

    La constitution, inadaptée ? J’ai un doute, la constitution s’applique là où il est de sens qu’elle soit appliquée : sur le territoire physique français, Et c’est faire un amalgame dangereux (dans lequel s’engouffre un certain nombre de démagogues notoires) que d’assimiler Internet à une entité physique, qu’elle soit nationale ou supra-nationale !

    Si on part de ce constat, il n’est ni besoin de censure, ou encore de communautarisme (communautarisme qui, dans ce pays que tu loues, a probablement pour conséquence de créer chaque jour plus de morts dues aux guerres entre communauté, gangs, etc. que la France n’a jamais connu de crimes racistes depuis le début du siècle… ). C’est par là même une question de responsabilité individuelle, et de choix.
    La constitution intervient alors si il y a expression sur le territoire Français de chose qui lui sont contraires, et non avant.

    Vous avez dit liberté ? Ne faîtes pas d’Internet ce qu’il n’est pas. Éduquez plutôt les gens sur la façon de bien l’utiliser.

  10. Fabrice Epelboin

    @Silex

    Je ne loue personne, je me contente de constater que jusqu’ici, en France comme ailleurs, les législation locale ont des véléités de s’appliquer à un ‘internet local’, qui est effectivement un concept martien pour vous et moi, mais pas pour les législateurs, d’où le problème.

    Maintenant, que le communautarisme ne soit pas un modèle de construction sociale tip top pour la France, entre nous, j’en suis assez convaincu, que le modèle d’intégration soit lié à une paix relative, soit (de là à dire qu’il n’y a pas eu de crime raciste en France depuis le début du siècle, là, faut pas pousser, hein), mais le fond du problème, c’est que tant que l’on cherchera à appliquer un droit Français basé sur une constitution elle même basée sur la liberté d’expression restreinte et sur l’intégration, on ira dans une impasse.

    La solution passe en effet par une constitution propre au ‘territoire’ de l’internet, mais c’est pas demain la veille que cela arrivera :-(

  11. UnPassant

    Bonjour,

    vous écrivez « Simplement en France, ils n’ont pas droit à la liberté d’expression qui leur per­met­trait d’afficher ouver­te­ment leurs opi­nions. A-t-on résolu le pro­blème du racisme pour autant ? ».

    Primo, si on prend votre argument littéralement, ça veut dire que puisque un délit ou un crime ne peut pas être empêché, il est inutile, voire contreproductif, de l’interdire.

    Secundo, ce sont les propos racistes *publics* qui sont interdits, précisément parce que le législateur n’est pas suffisamment idiot pour penser qu’il va contrôler les pensées des citoyens.

    Toutefois, et puisque vous citez Chomsky plus loin, vous savez grâce à la « Fabrique du Consentement », que toutes les idées et opinions ne bénéficient pas de la même exposition publique, et qu’en particulier une part importante de l’industrie médiatique est aux mains des « neo-cons », dont la recherche de boucs émissaires est une stratégie bien ancrée.

    Or, un des buts de la loi est aussi de protéger ceux qui sont victimes de ces agressions verbales. Les arabes et les noirs, et les roms car en ce moment c’est la mode, n’ont pas forcément envie de se faire insulter quotidiennement et qu’en plus ce soit légal.

    Je suis d’accord avec vous qu’internet oblige à revoir ou à repenser certaines institutions ou organisations de la société, mais je vous trouve un peu rapide à dire que les valeurs états-uniennes (respectables au demeurant) font partie de l’ADN d’internet et que la Constitution doit en être modifiée. Au passage il s’agit bien d’un débat au moins aussi urgent que la sacro-sainte neutralité du réseau !

    Pour finir, vous mettez en balance la liberté d’expression totale avec la dictature (filtrage, etc.). Mais il y a une solution intermédiaires, prises par la plupart des pays européens d’ailleurs : la modération. Quand un propos raciste est signalé, les modérateurs doivent le faire disparaître (sous les modalités prévues par la loi). Évidemment, ça a un coût (en personnel notamment), que les grands acteurs du web ne veulent pas payer. Il est alors plus simple de faire payer ça à la société en disant qu’elle doit s’adapter à internet.

    Cordialement.

  12. Fabrice Epelboin

    @unpassant

    ça veut dire que puisque un délit ou un crime ne peut pas être empêché, il est inutile, voire contre productif, de l’interdire

    Pas du tout, vous renversez ma proposition logique. Il pleut donc je prends mon parapluie n’implique pas qu’il va pleuvoir parce que je vais prendre mon parapluie.

    Ce que j’entends c’est que le but du législateur est de lutter contre le racisme, pour aboutir a une société moins raciste, et que là dessus, les lois en vigueur sont un échec, donc il serait souhaitable de s’y prendre autrement. On pourrait imaginer un fond de soutien aux associations qui font des actions contre le racisme, des campagnes officielles, etc.

    un des buts de la loi est aussi de protéger ceux qui sont victimes de ces agressions verbales. Les arabes et les noirs, et les roms car en ce moment c’est la mode, n’ont pas forcément envie de se faire insulter quotidiennement et qu’en plus ce soit légal.

    Belle illustration de l’inefficacité de la loi, non ? C’est carrément les représentants du gouvernement qui les aggressent en ce moment ;-)

    il y a une solution intermédiaires, prises par la plupart des pays euro­péens d’ailleurs : la modération. Quand un propos raciste est signalé, les modérateurs doivent le faire disparaître (sous les modalités prévues par la loi).

    Tant que l’on a à faire a des système sous juridiction Française (ici, chez rue89 ou au Figaro), bien sûr, ça marche très bien, mais si sur Facebook vous trouvez un groupe raciste, vous faites quoi ? Vous allez expliquer aux américains qu’il leur faut abandonner le premier amendement ?

    Tous les ‘grands acteurs’ que vous évoquez vivent sous ce régime du premier amendement (e.g. sont américains), et il suffit aux racistes de paramétrer un proxy (1 minute montre en main) pour être protégé par le premier amendement, on ne va tout de même pas prétendre à appliquer la juridiction française à tout ce qui est écrit en français, si ?

    Pour ce qui est de l’urgence du débat, je pense sincèrement que l’urgence est de ne pas se précipiter, vous avouerez que cela demande énormément de discussion, ne serait-ce que pour mettre tout un tas d’acteurs de la vie publique française à niveau sur ce type d’enjeux (imaginez BHL débarquant dans ce débat). Il faut s’y mettre, mais l’urgent n’est-il pas avant tout de ne pas s’interdire d’entrée de jeu certaines solutions, ce que l’on est en train de faire avec Loppsi ?

  13. cora

    je viens de « découvrir » votre site que j apprécie énormément – en ce qui concerne cet article, je suis frappée par plusieurs choses. Les commentaires: il est remarquable que des que le mot « juif » apparait dans un texte, cela suscite des commentaires « herisés » – j ‘aimerai attirer votre attention sur le fait que si les medias dans leur ensemble ont pris fait et cause contre iosrael , donc automatiquement contre les sjuifs puisqu ils sont censes soutenirisrael,les commentaires seraient bel et bien moins « herissé » et remontons encore plus loins. Ecoutez sur AKADEM Finkelkraut nous expliquer, lui homme de gauche, ou ex, comment la gaucje a continué à reporter d’a, anna sultana sur facebook

  14. Fabrice Epelboin

    @cora

    J’ai peur que vous confondiez… Ce ne sont pas les juifs qui sont censés soutenir Israel, ce sont les sionistes, ce n’est pas la même chose, loin de là.

    Pour ce qui est des média qui soutienne les palestiniens, franchement, on s’éloignent vraiment trop des sujet sur lesquels ce blog peut revendiquer une quelconque pertinence, mais j’imagine que vous êtes conscient que c’est une question de point de vue et que dans « l’autre camp », ils sont persuadé du contraire…

    Sinon, honnêtement, les commentaires ci dessus ne sont si si hérissé que cela, si ? En tout cas jusqu’au moment ou ‘Le projet Juif’ fera un backlink, mais pour l’instant, c’est tout ce qu’il y a de plus courtois et constructif ;-)

  15. Phil86

    ce n’est pas parce que le concept états-unien de la liberté d’expression est sans limites aucune, qu’il faut que nous l’adoptions obligatoirement ; c’est à nous de décider de ce que nous voulons pour nous-mêmes… je pense que l’on continuera à voir cohabiter les deux philosophies : la liberté d’expression absolue à la sauce états-unienne, et la liberté d’expression relative à la sauce européenne, et qu’il continuera donc à y avoir des points de friction à la confluence de ces deux espaces culturels constituée par Internet

  16. Fabrice Epelboin

    @Phil86

    Ce n’est pas un concept Etats-Unien, c’est Voltairien et soutenu par Robespierre, difficile de faire plus Français que cela, non ?

    Le problème que je tente de soulever ici, c’est que la friction que vous soulignez mènera à une radicalisation de part et d’autre, et à des atteinte de plus en plus grandes à la liberté d’expression de notre coté de la barrière.

    Sinon, la fracture n’est pas située entre l’Europe et les Etats-Unis, elle est au sein de l’Europe elle même, j’en ai peur…

  17. Curt

    First, this was a great article, even if you did insist on writing it in a dead language. (I’m not going to have to insert one of those asinine emoticons every time I twig you am I?) The mere idea that we should explore things that make us uneasy using a combination of fellow-feeling and reason (ugh, I love reason SO MUCH – it’s dreamy!) is bracing and unfortunately increasingly rare.

    Look, here are my three main issues:

    First, are « we » going to stop « them » from saying evil shit? Because if « we » are, what happens when « we » and « they » trade places? And anyone whose lived through Clinton –> Bush –> Obama knows damned well that it happens all the time, at least in representational democracies. There’s a saying I like, « What’s good for the goose is good for the gander. » To do it French-style (so to speak) would require I trust someone else to determine when and where and whose mouths to stop. Having been, as my friend Kelvin described me, « the most disaffected white man (he’s) ever met, » I’m not willing to take the chance.

    Second, my country as a whole – and I suspect yours – is adequately strong as a whole to put up with any poison. There’s an emphasis on « common sense » here as an ideal. It works, more often than not. Maybe in France, it’s the triumph of reason. But a citizenry made afraid of its own shadow is useless, easily cowed. Jesus, we saw enough of that in the aftermath of 9/11 – no one could have thought we’d let a government get away with what was welcomed. (As Ben Franklin said, « Those who would give up Essential Liberty to purchase a little Temporary Safety, deserve neither Liberty nor Safety. ») That has faded to some degree, but if we set up a Ministry of Information to tell us what is acceptable, it never ever would.

    Finally, my belief is strong in the need for government to keep their paws off us (you damned dirty apes!) when it comes to speech. No government, government agency, representative, or private party or group with the connivance of the government, should be allowed to shut people up. That does NOT mean I believe – nor does common sense dictate – that scumbags, shit-heels, crumb-bums and fucktards should be allowed to decamp in my neighborhood and vomit their bile about without getting braced hard by private citizens and groups. I had an argument with some people at my university, who labored under the illusion that anti-semites deserved ASSISTANCE – money, time, space, credit – for their bilious gibberish. They did not, they do not. Their ability to stand on a street corner, write a blog, publish a newspaper is ASSURED. And once the ability to air different ideas IS assured, then the second part of the responsibility of free speech occurs: Your responsibility to weigh and judge those ideas. Are they shit? Make it abundantly clear they are.

    So, « no law…abridging the freedom of speech »? Exactly. And that is absolute (there are laws about actions that ameliorate this but don’t essentially qualify it). The imaginary moral « duty » to enable human sewers to reach audience? Non-existent.

    Although my foundational POV is American, free speech is not. Free speech is an inherent human right, not a political one. How do I know? Because there’s not a single country on earth where people have not insisted on speaking freely and paid the price for it. The world’s jails are full of these people whose human rights have been abrogated. (And if you need paperwork to « prove » the universality of free speech, check the UN’s Declaration of Human Rights – Article 19.) So every qualification based on « hurting someone’s feelings » or insulting their tinpot dictator or religious figurehead is a fiction used by whichever greasy mob’s got their finger on the button. You think I give a shit if I « hurt the feelings » of someone who throws children into prison to be raped because they called an Ayatollah or a General or a Committee Member a twat? FUCK that.

    Now, it’s Saturday night and I’m going hiking to 10 waterfalls tomorrow with Calamity Jane and Al Capone and Sacajawea (you cheese-eating surrender-monkey), so that’s all you’re getting out of me. Now run along down to Le Wax on rue Duval and sit in a plastic egg and have a kir for me!

  18. Phil86

    je ne suis pas favorable à ce que les propos racistes et homophobes deviennent légaux, je ne vois pas pourquoi on devrait accepter de se faire insulter, sur le net ou ailleurs… l’insulte ne fait pas partie de la liberté d’expression ; cordialement

  19. Fabrice Epelboin

    @Curt

    Great echo from the other side of the Atlantic :-) I’m gonna translate that and make it a post here if it’s ok with you ;-)

    @Phil86

    …et les conséquences de cette limitation de la liberté d’expression sur le reste du système à l’ère du numérique, vous êtes prêt à payer ce prix là ou vous n’en saisissez pas pleinement l’ampleur ?

  20. Phil86

    les insultes qui touchent à l’identité, et donc à la dignité, des personnes, telles que les insultes racistes, sexistes, homophobes, ne sont pas acceptables dans un société civilisée, car elles portent atteintes à ce que sont intrinsèquement les personnes… il n’y a donc aucune raison de modifier la législation française actuelle en la matière…

  21. Fabrice Epelboin

    @Phil86

    J’ai bien compris votre point de vue, mais ma question n’est pas là. Pour conserver ce coté civilisé qui nous distingue du coté assez brutal des américains (sorry Curt), êtes-vous prêt à passer à un Etat de censure à la Tunisienne ? Car c’est la seule raison de changer la législation actuelle, en dehors de cela, effectivement, moi aussi, je m’abstiendrais volontier d’avoir des manifs de nazis en bas de chez moi, mais en même temps, Big Brother, c’est pas mon truc non plus…

  22. Phil86

    rien ne justifie qu’on laisse s’exprimer le racisme et l’homophobie, car ces paroles là TUENT ! alors, désolé, mais pour moi la liberté d’expression s’arrête à ces bornes-là, et je ne vous suivrai pas dans votre volonté de laisser s’exprimer ce qui n’a pas droit de cité au titre de la liberté d’expression ; je dirais même plus : vous me trouverez sur votre chemin pour m’opposer à vos projets mortifères… bonne soirée !!

  23. Fabrice Epelboin

    @Phil86

    …mais vous vous obstinez à ne pas répondre à ma question, j’en conclue que vous acceptez sans broncher les conséquences…

  24. Curt

    No prob.

  25. Pierre Marot

    Pour raisons de vacances, je suis tombé sur ce message 3 semaines après…

    Je suis peut-être un peu libertaire sur les bords, mais je me hérisse quand on parle de limitation sur la liberté d’expression.

    Et d’ailleurs, je ne suis pas le seul, ça fait même partie des traités internationaux (ratifiée par la France)
    http://www.un.org/fr/documents/udhr/#a19

    La liberté d’expression doit être totale, sinon ça n’est qu’on pis aller, à peine acceptable – et avant d’aller plus loin, on est quand même mieux qu’ailleurs (Chine, Iran, Tunisie…)

    Mais bon, on est dans un pays jacobin, on ne se refait pas ;)

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ReadWriteWeb est un blog dédié aux technologies internet qui en couvre l’actualité et se distingue par ses notes d’analyse et de prospective ainsi que par l’accent mis sur les usages et leurs impacts sur les média, la communication et la société. Il est classé parmi les blogs les plus influents de la planète par Technorati et Wikio. Publié en cinq langues, il s'appuie sur un réseau de correspondants locaux en Nouvelle-Zélande, aux Etats-Unis, en France, en Espagne, au Brésil, en Chine ainsi qu'en Afrique francophone. Ses articles sont publiés dans la rubrique technologie du New York Times.


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