Dans la course à l’interdit et au tabou en France, les nazis arrivent de façon systématique derrière les pédophiles, c’en est devenu un mot usuel sur l’internet national, celui de «pédonazi», lancé par Jean-Marc Manach et largement popularisé depuis.
Dans moins d’un mois, l’Assemblée Nationale aura à se prononcer sur l’adoption définitive (avant intervention éventuelle du conseil constitutionnel) de la loi Loppsi qui prévoit ni plus ni moins de censurer la pédopornographie. Difficile de ne pas obtenir un consensus sur de tels contenus, et si ceux-ci n’avait pas depuis longtemps déserté le web pour occuper d’autres espaces sur internet impossibles à censurer on pourrait même croire à la bonne foi du législateur (qui est parfaitement au courant de cela, ce livre leur ayant gracieusement et largement été distribué).
Mais le passage de la loi au sénat en juin dernier donne tout de même un aperçu des véritables intentions qui se profilent derrière l’article 4 de la Loppsi.
Au programme des amendements votés par le Sénat, la suppression du passage par l’institution judiciaire pour obtenir la censure d’un site, qui a beaucoup fait parler d’elle, mais également l’introduction discrète d’un nouveau critère justifiant de la mise à l’index d’un site web : l’amendement proposé par Philippe Goujon prévoit de censurer également les «jeux violents» pratiqués par les enfants. Cette brèche par rapport aux promesses faites par les politiciens – dont NKM – d’une Loppsi se limitant strictement aux contenus pédophiles, est bien la preuve que le législateur n’a nullement l’intention de s’arrêter aux pédophiles, et que la liste des contenus à censurer sur le web ne fait que commencer.
En toute bonne logique, les nazis et leurs héritiers, les révisionnistes, devraient suivre sous peu. Ils sont déjà interdits de parole dans les média, étendre cette interdiction au online fait sens. Ouvrir la boite de pandore de la censure numérique dans une démocratie aura des conséquences funestes que nous avons déjà évoqué et sur lesquelles nous reviendrons, mais l’épisode d’aujourd’hui est plus anecdotique et donne à l’ensemble un caractère risible, celui d’un pays connu pour son usage intensif de la censure (en ligne et ailleurs), une autre démocratie située à quelques heures d’avion de Paris, l’Iran.
Holocartoons.com, la dernière provoc d’Ahmadinejad
Mahmoud Ahmadinejad, le président élu (et réélu dans des conditions discutables) de la République Islamique d’Iran est un habitué des provocations révisionnistes, et son dernier ‘coup’, financé par une fondation culturelle locale, même s’il n’était très certainement pas prévu ainsi, est un gigantesque défi lancé à la France et son modèle démocratique.
Holocartoons.com est l’adaptation multimédia d’un recueil de caricatures révisionnistes et antisémites, initialement destiné au marché intérieur iranien, mais on a pris soin ici de s’adresser au monde entier. Le site est disponible en persan (la langue pratiquée en Iran), en arabe, mais également en Anglais.
Cité dans le New York Times, Haaretz, The Atlantic et de nombreux autres journaux occidentaux, le site connait un succès certain et a du mal à tenir le coup devant l’afflux de visiteurs (ce qui ne veut en rien dire que ces derniers approuvent ses contenus), mais sera-t-il possible encore longtemps pour les citoyens français d’accéder à de tels contenus ?
Les chances sont minces tant la brèche ouverte par le sénateur Philippe Goujon dans la Loppsi ne manquera pas de s’élargir au révisionnistes et aux nazis, en attendant de passer à autre chose.
L’Iran va-t-il, avec cette ultime provocation numérique, pousser la France à l’imiter et a la rejoindre dans le camps des nation qui censurent l’internet, aux cotés de la Tunisie et de la Chine ?
Qui suivra les pédonazis sur l’échafaud de la censure ? Les anti avortements ? Les islamistes jugés trop intégristes (enfin, jugés, façon de parler, il convient de rappeler que pour l’instant, il n’est pas question de passer par un juge). Où s’arrêtera-t-on ? Et seront nous toujours dans une démocratie le jour où l’on s’arrêtera ?













09 août 2010 à 18:08
Commentaire à censurer.Bien sûr ! Il faut balayer d’abord devant sa propre porte.
Sur le site en question il est fait un distingo entre le sionisme qui est une doctrine politique et le judaisme qui est une religion.
Il est dit aussi que du point de vue racial il n’y a pas de différence entre juifs et palestiniens.
L’auteur de l’article l’a til lu ? Et s’il l’a lu pourquoi n’en fait il pas mention ?
09 août 2010 à 18:17
L’auteur de l’article ne prone en rien la censure de ce site, bien au contraire, il incite plutôt à aller le voir pour que chacun se fasse une opinion, plutôt que de confier le soin à une autorité centrale de décider pour vous.
Vous avez vraiment lu cet article avant de tomber tête baissé dans la critique ? (quant à faire une distinction raciale entre quoi que ce soit, cela suppose l’existence de ce concept idiot, mais c’est une autre histoire, sinon, oui, le sionime est une doctrine politique, on est d’accord)
10 août 2010 à 11:14
Respecter la liberté d’expression (même des expressions les plus connes, les plus rances et les moisies) ne doit poser de problème dans une démocratie, si l’Etat assume son rôle pédagogique. Notamment au travers de l’école et de l’université, en distinguant les vérités historiques et scientifiques des mythes révisionnistes en tous genres, en fondant également le savoir sur les principes des Droits de l’Homme et de l’humanisme. Mais aussi dans sa communication quotidienne élaborée au travers de ses choix politiques.
Forcément, avec les rednecks bas du front au pouvoir actuellement, on est bien loin des plus basiques principes de l’humanisme… Avec un nain-président qui éructe sa haine de l’étranger et met en place une xénophobie d’Etat.