Alors que l’ensemble des organisations représentant les ayant droits s’opposent à la neutralité du net, et poussent le législateur à inclure dans sa régulation des dispositions visant à lutter contre le piratage, la Writers Guild of America, une organisation syndicale qui regroupe des milliers d’auteurs de scénarii travaillant pour le cinéma, la télévision, le dessin animé et le multimédia, fait entendre une position différente.
Pour le syndicat d’auteurs, la neutralité du net est essentielle à la protection de acteurs indépendants du monde de la création, qui sans elle seraient irrémédiablement écrasés par l’industrie du divertissement (c’est à dire les financiers qui se trouvent derrière les lobbies des ayants droits).
Le syndicat mesure bien le besoin de lutter contre la piraterie, mais réalisent (enfin) que les créateurs, dans la bataille qui s’annonce autour de la neutralité du net, ont bien plus a perdre si celle-ci était remportée par l’alliance actuelle entre industries de la culture et industrie des télécoms. Pour la Writers Guild, l’arrivée d’un internet à péage signifierait leur disparition, et la fin de leur capacité à être visible face aux géants du secteur.
L’innovation dans la création, tout comme dans les technologies, semble, selon les propos de la Writers Guild of America, condamnée à mort elle aussi.
C’est cette même organisation syndicale qui avait déclenché une grève des scénaristes américains en novembre 2007, paralysant la machine Hollywoodienne, afin d’obtenir une juste rémunération de leur travail diffusé sur internet par les producteurs de contenu.
Dans un appel à la FCC, l’autorité de régulation des télécoms américaine, la Writers Guild appelle au respect du premier et du quatrième amendement de la constitution, et reconnait que bien qu’opposé à toute forme de piratage, la neutralité du net est indispensable et doit coexister avec un respect plus strict du copyright.
Le premier amendement, mis en péril dans le cas ou la neutralité du net viendrait à disparaitre, concerne la liberté d’expression, et le quatrième protège les citoyens américains de toute perquisition déraisonnable, ce qui en l’occurrence, est une allusion la mise en place de technologies de Deep Packet Inspection destinées à être utilisées à des fins de lutte contre le partage de contenus copyrightés.













24 août 2010 à 9:36
Ça bouge chez les Ricains !
On commence à bien voir qui sont les moines copistes de DVD et quels sont leurs vraies motivations !
Reste que le Droit d’Auteur pourrait aussi être mit à mal dans cette histoire, et si il ne se trouvera personne pour pleurer sur universal, ce sera plus délicat et plus problématique quand ce serons les Auteurs qui protesteront (à juste titre).
Les procès pour plagiat vont peut être ressortir, va falloir que je relise la lettre de Cyrano de Bergerac à Dassoussy et celle à Montfleury…
24 août 2010 à 11:05
@Emma indoril :
Je ne vois pas en quoi la situation dont on traite ici mettrait à mal le copyright (qui a atteint à notre époque une puissance colossale). Mais, quand bien même ce serait le cas, il n’y aurait pas de quoi s’en plaindre. Rappelons que le copyright est à l’origine un moyen de censure et de contrôle de la diffusion de l’information et des connaissances. Ce n’est que bien plus tard que les fils spirituels des moines copistes d’antan l’ont transformé en une prétendue nécessité pour les auteurs. Et, à l’heure actuelle, on en revient aux origines. Les exemples de situations où le copyright (ou le droit d’auteur) servent à la censure sont (re)devenus légion…
Je vous invite à lire ce texte (in English), qui revient notamment sur les origines du copyright, les dangers qu’il pose (y compris en termes de censure) et la manière dont il a acquis sa puissance, basée en grande partie sur la mauvaise interprétation que nous en faisons (grâce au très efficace lobbying à long terme) : http://www.open-spaces.com/article-v2n1-loren.php
Je pense que ceci vous fera remettre en perspective la façon dont vous abordez le copyright. Et, plus globalement, je crois que ce texte mérite de gagner en visibilité. Il a l’avantage d’éviter de partir sur des bases erronées quant aux buts du copyright, évitant ainsi un écueil commun à la plupart des interventions pro et anti copyright que l’on peut voir aujourd’hui.
24 août 2010 à 11:20
ATTENTION, ATTENTION !
Pour le première fois, vous allez assister à Fabrice défendant le copyright !
@unpassant
A l’origine, le copyright a été inventé pour se soustraire de la censure et du contrôle. C’est sa rencontre avec le digital qui l’a transformé ainsi.
Je t’invite à lire Culture Libre, qui en retrace l’histoire, mais malgré tout ce que l’on peut lui reprocher aujourd’hui, le copyright inventé au XVe siècle par les anglais permettait justement la diffusion des savoirs et des connaissance. C’est bien plus tard que c’est parti en sucette ;-)
Sans Copyright, il n’y aurait pas eu de diffusion des écrits dans l’Europe du nord à la renaissance.
L’article que tu a lié est tout aussi objectif qu’un écrit de Vivendi, mais il fait dans l’excès inverse. En particulier, il porte un jugement contemporain sur un période éloigné de 4 siècle, ce qui d’un point de vue historique, est de l’ordre de la manipulation.
Ce n’est pas parce que le camp d’en face se livre lui aussi à des manipulations facile qu’il faut prendre pour argent comptant tout ce qui s’y oppose ;-)
Je ne connais pas OpenSpace, mais cela ne me semble pas une ‘peer-review’, et je ne vais pas juger un livre sur sa couverture ou un site sur un article, mais celui-ci (d’article) est clairement biaisé.
Le vrai problème avec le copyright réside essentiellement en deux choses : l’extension délirante de sa durée, qui date du début du XXe, et son passage au digital, fin XXe, qui a étendu son contrôle à tout et n’importe quoi.
http://fr.readwriteweb.com/2009/02/05/a-la-une/culture-libre-free-culture-lawrence-lessig-ebook/
24 août 2010 à 11:56
Et pan, dans mes dents !
Merci pour cette intervention, qui va me permettre de relire ce texte avec un autre point de vue (et sans doute plus attentivement).
Culture Libre fait bien évidemment partie de ma pile d’indispensables à lire mais je n’ai pas encore pu trouver d’occasion de lui accorder tout le temps et l’attention qu’il mérite :(
Mais je finirai par le lire, ça c’est sûr.
Cela dit, le copyright et ses amis (brevets, droit des marques, etc.) n’ont pas attendu le numérique pour étendre leurs tentacules partout. Les brevets sur des semences ou des gênes, par exemple, ne sont pas neufs mais sont pourtant à la fois délirants et dangereux. Idem en pharmacologie (c’est vraiment pas beau, ce qui se trame là-dedans, de quoi faire passer les moines copistes de DVD pour des enfants de chœur…). Mais c’est vrai que, si l’on considère le copyright seul, le passage au numérique est sans doute ce qui a provoqué sa plus violente remise en question.
Fabrice momentanément transformé en défenseur du copyright… Mon dieu, qu’ai-je fait ? ;-)
24 août 2010 à 12:21
Pour la pharmaco, c’est un long débat, mais vu les sommes à investir pour mettre au point un médoc, il n’y a pas d’alternative ‘open source’, encore a ce jour (et ce ne sont pas les labo publics qui manquent), pour ce qui est de breveter des gènes, ce n’est pas si étranger que cela avec le numérique, et c’est aussi un abus absolu du copyright, c’est clair…
Le passage sur l’histoire du copyright dans Culture libre ne fait qu’une dizaine de pages, et le bouquin peut se livre en morceaux discontinus ;-)
24 août 2010 à 17:55
Pour le peu que je connaisses de la « psyché » américaine, quand il s’agit de faire plus d’argent, ils sont plus rapide a se faire une opinion
Si eux, ce rendent enfin compte que la neutralité est:
- une infrastructure moins couteuse car uniquement dédié au transport
- une « sécurité » car si l’infrastructure est « prope » on localise plus facilement les besoins et les pannes
- pour les contenus, la possibilité pour tous de mettre en place sa solution
- etc etc…
et que cela colle assez proprement à « american way of life », possible que ça améne une certaine « préservation ».
Pasque si la neutralité tombe, personne ne pourra faire démarrer de nouveaux service, à moins que les grands groupes s’assoient sur leur idées de dîme via FAI ( et cela parait peux probable.
Mais quequ’un aurait’il une explication à une chose qui me parait lié et pourtant mystérieuse:
- dixit FAI: y’a plus assez de bandes passantes
- re FAI: le réseaux est correctement dimensionné
c’est moi, où ils n’ont même pas fait attention à apparaitre cohérent à travers les articles sur des sujets certes différents, mais qui montrerait un certain niveau de « foutage de gueule ».
Quand on parle de déployer pleins de services en lignes, de se plaindre de la bande passante, et dire qu’il y’a suffisement de « tuyaux ». Et donc à premiere vue a terme des service de fait inutilisable a des familles?