Le renouveau annoncé de la télévision

tvGoogle TV et Apple TV sont les premiers pas d’une grande mutation annoncée de la télévision à travers le cloud computing. Cela fait des années que la télévision et l’internet vivent des vies séparées, alors qu’internet a changé la plupart des autres média en profondeur.

Dans un premier temps, la télévision avait pour elle sa capacité à «monter en charge» sans soucis là où cela s’avérait impossible pour internet, mais nous sommes entrés dans un nouvelle ère, et cette barrière technique a disparu.

Le cloud computing rend désormais possible la personnalisation à outrance de la télévision, la possibilité pour chaque téléspectateur de composer lui même, ou avec l’aide de sa communauté, son propre programme, et de renouveler, par la base, l’intégralité de ce qu’était jadis le média dominant du XXe siècle.

Ce que Google et Apple sont sur le point de démontrer va au delà de la capacité à provoquer une disruption totale sur le marché de la télévision, c’est une illustration parfaite de la façon dont l’industrie des contenus et celle du logiciel peuvent donner naissance à une nouvelle forme d’interface qui transcende la télévision, le web et le mobile.

La promesse est celle d’une nouvelle génération de culture de masse acheminée dans les foyers qui embrassera aussi bien les productions excentriques des amateurs que les formes plus traditionnelles du spectacle télévisuel auxquelles nous étions habitués.

Cela ne s’arrêtera pas à Google et Apple : celle nouvelle interface avec le téléspectateur sera un riche écosystème composé de marchands de logiciels d’analyse d’audience et de média sociaux, de technologies collaboratives et de technologies sociales. Ces forces convergeront pour créer de nouvelles expériences qui changeront de façon radicale la façon dont nous abordons la télévision, le web et le mobile.

IBM est un exemple intéressant qui montre à quel point Google et Apple ne sont pas, de loin, les seuls acteurs du logiciels appelés à renouveler en profondeur le média télé. RTL utilise les technologies d’analyse prédictive d’IBM pour mesurer le feedback fait sur ses programmes à travers le web social. Les données fournies à RTL permettent à ce média d’adapter sa programmation en fonction des réactions du public. RTL a ainsi surveillé les impressions de 71.000 conversations au sujet d’un de ses programmes qui lui ont donné toutes les indications nécessaires à la mise au point d’une façon plus adaptée de présenter ce programme à son public. Les spectateur ont réagit positivement et l’audience a augmenté, et l’activité en ligne concernant le programme a bondi de 400%. A l’aide de solutions d’analyses sophistiqué, RTL a commencé à s’adapter à ce nouveau paradigme pour la télévision qui prend en compte le web, le mobile et la télévision.

C’est l’interface avec le spectateur qui importe le plus dans ce nouveau territoire dans lequel entre la télévision, et en freinant l’arrivée de ce nouveau monde, Hollywood ou les diffuseurs que sont les chaînes de télévision ne peuvent que se précipiter dans la spirale infernale de l’obsolescence dans laquelle l’industrie de la musique se trouve empêtrée.

Le cloud computing change la télévision de multiples façons : de nouveaux genres émergeront, des créateurs mettrons au point de nouvelles façons d’interagir avec un public, les communautés prendront une part active à l’expérience télévisuelle…

Google et son modèle ouvert, et Apple avec son modèle fermé, donneront naissance sous peu à une myriade d’applications télévisuelles, tout comme ils ont donné naissance à des applications sur mobile, et seront rejoints sous peu par les fabricants de télévisions et de «box» qui verront là une occasion de créer une cohérence parfaite justifiant, au delà du marketing, leur modèle triple voir quadruple play.

Les grands gagnants seront ceux qui sauront s’ouvrir vers l’expérimentation et l’adoption d’expériences innovantes, et qui sauront impliquer leurs audiences dans leur réinvention. Une changement de paradigme phénoménal pour un média qui pensait y a encore peu de temps n’avoir à faire qu’à du temps de cerveau disponible.

(image CC de autowitch)


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12 commentaires pour cet article

  1. Tomy13

    Ça c’est le coté idyllique de la chose mais le plus souvent les accords du moment portent sur des services de catch-up qui proposent de visionner des programmes après leur diffusion par les canaux habituels. Quid de l’interactivité dans ce cas, mais proposition commerciale à sens unique assurée.
    Bon, d’un autre coté les millions de visiteurs (plus de 15 en France) par mois de youtube ça attire. Pas sur que ce soit ce que propose les groupes de médias traditionnels qui intéresse ceux qui font cette audience, même si des outils permettront d’affiner ce que désire voir le net-spectateur. Enfin ils peuvent toujours le rêver, mais voila encore une tentation de mettre en cause un jour ou l’autre la neutralité du réseau en privilégiant ce que veulent voir la majorité des internautes payant.

  2. Steph

    Je ne comprends pas bien.
    C’est de la TV + ou de l’Internet – ?

  3. zedia.net

    Je sais bien que cloud computing est un buzz word du moment, mais je crois qu’il est beaucoup trop utilise dans cet article. On parle ici de simplement d’une television branche sur internet. Dans de Google c’est simplement une couche(layer) web sur une tv et pour Apple un PayPerView un peu plus flexible. Le cloud computing est une technologie comme une autre qui rend tout cela possible au meme titre que l’electricite, le protocole http et l’ordinateur.

  4. Fabrice Epelboin

    Pas vraiment, non, le cloud computing ce sont ici ces immenses datacenter qui rendent possible le fait que chacun regarde ce qu’il veut au moment où il veut. Il ne s’agit pas du tout d’une couche sur une tv, que ce soit pour Google ou pour Apple (pour les box des FAI, je dis pas).

  5. Br1c3

    J’ai hate que les tv android sortent. On allume, et on choisi soit de regarder la tv classique, soit la catch up tv (iplayer de la BBC est pour moi le meilleur example, a essayer sur Wii ou PS3), soit un film téléchargé (illégalement?), soit une video qu’un ami nous a conseillé via réseau social, soit du skype avec la famille (parceque la tv a une webcam intégrée), des jeux (flash ou html5, va falloir une meilleure télécommande en tt cas)…

    En gros, une tv pour remplacer toutes les box, multimedia player, blu-ray player, consoles et autres tout en étant connectée en permanance à internet!

  6. Francois

    Je suis surpris de voir le cloud mit en avant ici. Ca va bouleverser la TV, au lieu de l’éteindre, et ça contribue à centraliser un peu plus Internet.
    Entre les migrations du P2P vers le DDL, les GG TV, les sociétés qui utilisent de plus en plus le cloud, on contribue je pense à ne pas préserver un internet décentralisé.

    Un complément à ce que je dis, bien plus interessant, et constructif : http://www.framablog.org/index.php/post/2010/08/04/cloud-computing-hardware-software

  7. Fabrice Epelboin

    @François

    Un peu dans l’extremisme aujourd’hui ?

    Que cela nous plaise ou non, le cloud est là pour rester, et ce n’est pas en le niant que l’on préservera un internet décentralisé. Ce dernier va se centraliser, c’est d’ailleurs déjà le cas, le soucis est bien de retrouver un équilibre et de ne pas basculer entièrement vers un système centralisé ‘minitel 2.0′, ce sur quoi je n’ai aucun doute.

    Maintenant, vous ne pensez pas non plus que quoi qu’il arrive, la télé est loin d’être morte, et que le cloud est tout de même mieux que l’hypercentralisation des pouvoir qu’elle représente aujourd’hui ?

    Ce sont les distributeurs de la télé qui vont mourir avec le cloud computing, à commencer par TF1, qui ne fait que repackager des séries US sur une grille de programme. Le concept de grille va disparaitre, les programmes seront vendus directement par les producteurs, TF1 est mort.

    Vous voyez, il n’y a pas que de mauvaises choses dans le cloud ;-)

  8. Francois

    Je ne cherche pas à nier le cloud, mais je ne pense pas que ce soit une bonne chose.

    Ca change quand même mon point de vu, mais je reste sceptique sur les enjeux. Un service cloud est centralisé par définition, donc contrôlable, filtrable, gérable sans aucune difficulté, contrairement, à un type de service tel que le prépare diaspora etc.

  9. Fabrice Epelboin

    Honnêtement, Joost a montré que pour ce type de service, le P2P n’était pas au point… Ceci dit, il pourra très certainement revenir dans un deuxième temps. Dans l’immédiat, l’heure est – comme dans la musique hier – au transfert de valeur entre les diffuseurs/distributeur comme TF1 et Apple/Google. Si vou avez un portefeuille boursier, il serait bien de renforcer votre ligne AAPL ;-)

  10. LordPhoenix

    Moi j’ai surtout peur que ça contribue encore plus à la minitélisation d’Internet associé à la multiplication d’offres de FAI qui rendront leurs clients encore plus captif cf l’accord Deezer/Orange.

    Et tout ça pour bouffer encore plus du made in universal ou endémol… bof bof bof. Je préférerais garder les acteurs de la télé le plus loin possible d’internet. Moins ils le comprendront moins ils viendront nous le polluer…

    J’ai plus peur d’un Universal qui se lancerait vraiment à fond sur internet avec le raz de marée marketing qu’ils pourraient provoque que des propos débiles d’un Pascal Nêgre.

  11. Francois

    Si on investissait autant d’argent dans le P2P, pour le faire évoluer (car la techno n’évolue pas pour l’instant), il le serait.
    Ca permettrait à chacun de pouvoir diffuser, sans avoir de porte feuille boursier, que je n’ai pas ;) et ne pas laisser la diffusion, une nouvelle fois dans les mains des gros acteurs :/
    ?

  12. Fabrice Epelboin

    Avec ou sans investissements, ça arrivera, c’est inévitable ;-)

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