Dans la bataille qui oppose les partisans et les adversaires de la neutralité du net, le monde de la finance semble avoir choisi son camp. Les analystes les plus reconnus de la place se sont joints pour affirmer que l’argument – mis en avant par les lobbys des fournisseurs d’accès – consistant à faire planer la menace d’un gel des investissements en cas de loi sur la neutralité du net était, selon eux, parfaitement erroné.
Thomas Seitz, directeur de Height Analytics et ancien vice président de Barclays Capital, John Hodulik, l’un des analystes les plus reconnus du secteur des telcos, Craig Moffett un analyste «star» du secteur du cable et du satellite, Michael Rollins de Citigroup ainsi que d’autres analystes financiers, tous spécialistes du secteur des télécommunications, ont affirmé qu’un hypothétique gel des investissements du à la neutralité du net ne faisait aucun sens et que les faits prouvaient le contraire.
«la concurrence est un facteur bien plus important pour susciter des investissements [et] le marché s’ajuste habituellement sans soucis à ce genre de choses» a lancé l’un des analystes financiers. Robert Atkinson de l’université de Colombia, qui a mené un rapport de recherche sur les investissement à venir dans le très haut débit, a de son coté affirmé qu’il ne pensait pas que la neutralité du net – ou quelque mesure législative que ce soit – puisse avoir un impact significatif sur les investissements à venir dans le secteur.
Sa dernière étude sur le sujet (pdf) est utilisés aussi bien par les adversaires que par les partisans de la neutralité du net, et sa déclaration revet, du coup, une importance considérable.
La crainte du milieu de la finance – celui de Wall Street, pas celui de la Silicon Valley – repose plus sur une éventuelle régulation des prix des forfaits internet par l’Etat. Le haut débit est particulièrement cher aux USA, et la nation américaine accuse du coup des performances médiocres en terme de pénétration du haut débit (contrairement à la France, où son prix est très bas). Une intervention de l’Etat sur le prix de l’accès internet pourrait, selon eux, porter atteinte aux investissements en terme d’infrastructure.
Du coté des milieux financiers spécialisés dans l’innovation et les startups, le message est encore plus clair : sans neutralité du net, pas d’innovation. Autant Wall Street n’a pas grand chose a perdre non plus (à court terme) en cas d’abandon de la neutralité du net, autant en Californie, c’est une question de vie ou de mort. Ceci dit, l’un dans l’autre, et d’un bout à l’autre du milieu de la finance (du seed capital au Nasdaq), le message est unanime : la neutralité du net n’est en rien un obstacle à l’économie et à la croissance, bien au contraire.
(image CC-by de massmatt)













06 septembre 2010 à 9:09
Voila qui fait plaisir pour un Lundi matin…
Si la Net Neutrality n’est pas un obstacle au developpement et a l’investissement et favorise l’innovation, autant la garantir, non?
06 septembre 2010 à 14:41
@ wilnock
Pour un politicien avisé normalement oui, mais pour les culs terreux qui sont aux manettes apparemment non. Enfin ce n’est pas aussi simple, le fait d’interdire la concurrence l’accès a toute la bande passante est pour les poids lourds du marché une façon illusoire et obtuse de protéger leur job.