ReadWriteWeb French edition » Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com Libertés numériques, innovations disruptives, et trucs digitaux en tout genre Tue, 07 Feb 2012 23:21:47 +0000 en hourly 1 Fhimt.com : la démocratie 2.0 en Tunisie, c’est parti http://fr.readwriteweb.com/2012/02/08/divers/f8imtcom-contre-g20-du-net-dmocratie-20-en-tunisie-cest-parti/ http://fr.readwriteweb.com/2012/02/08/divers/f8imtcom-contre-g20-du-net-dmocratie-20-en-tunisie-cest-parti/#comments Tue, 07 Feb 2012 23:21:47 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12383

Donner et partager une multitude de points de vue sur la démocratie, la façon dont internet peut aider à la construire, et le futur de la Tunisie, ainsi que refléter les débats qui traversent le web Tunisien, c’est l’une des missions que s’est fixé Fhimt.com.

Derrière le site, actuellement en version alpha, se trouve une l’Association Tunisienne pour les Libertés Numériques (ATLN), une organisation ‘non-profit’ imaginée durant la révolution Tunisienne par une bande de copains.

Réunis via Facebook et Twitter, de part et d’autre de la Méditerranée, certains organisaient ou particiapaient à la lutte sur place, défilant au son du ‘dégage’, un slogan qui depuis a gagné de nombreux pays, d’autres luttaient derrière leur clavier, à Paris, aux cotés des Anonymous et des hackers comme Telecomix, apportant un soutien logistique et technologique.

“Fhimt com”, en Tunisien, signifie ‘Je vous ai compris’, une phrase que Jacques Séguéla a imaginée pour ponctuer le discours final de Ben Ali, récité le 13 janvier 2011, la veille de sa chute, et qu’il a plagié sur le discours que le général De Gaulle a prononcé le 4 juin 1958 à Alger. Brand hacking, nous y reviendrons.

Le site s’offre ainsi l’un des meilleurs ‘brand manager’ du XXe siècle pour lancer un site résolument tourné vers le XXIe, celui de la réinvention de la démocratie.

Fhimt.com est, pour ce qui est de ses fondamentaux technologiques, profondément ancré dans le logiciel Libre, et ces racines là sontTunisienne. La communauté du Libre locale, longtemps restée dans une forme de semi clandestinité tant elle se confondait avec le milieu des cyber activistes et des hackers tunisiens, a tissé des liens étroits avec l’internationale du Logiciel Libre, notamment à travers ReadWriteWeb France.

A peine sortie de l’ombre, cette communauté réalisait un premier coup d’éclat au dernier StartupWeekend, où Chemseddine Ben Jemâa et son équipe lançaient le projet OpenTunisia, qui vise à développer et à packager des solutions Libres destinées à mettre en place une gouvernance ouverte et transparente (Open Government). Un projet adoubé par Richard Stallman lui même, et soutenu un peu partout sur la planète par la communauté toute entière. Ce projet, tout comme Fhimt.com, fait parti de ceux que porte l’ATLN, et ils sont nombreux.

OpenTunisia a comme objectif de développer des solutions open source destinées à faciliter l’interaction citoyens-élus, et à les rendre riches et constructives. Il développera également des outils destinés à prendre le pouls de l’opinion Tunisienne qui s’exprime sur les réseaux sociaux afin de faire porter leur voix.

A l’image de Mediapart, le site sera lui également associé avec un Wikileaks-like, lui aussi issu de la communauté du logiciel Libre de Tunisie, et lui aussi imaginé dans les jours qui ont suivi la fin du régime de Ben Ali. Un petit nouveau destiné à donner au peuple Tunisien une certaine autonomie dans ce monde de transparence qui s’annonce.

L’équipe derrière le projet rassemble une dizaine de personnes, essentiellement des Tunisiens, la plupart vivant en Tunisie. Elle a dors et déjà noué de nombreux partenariats, notamment avec des écoles à Tunis, ainsi qu’avec plusieurs institutions.

(full disclosure : je suis cofondateur de l’ATLN)

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Gagnez des places pour l’avant première du prochain documentaire de France4 sur le hacking http://fr.readwriteweb.com/2011/03/22/agenda/gagnez-des-places-lavant-premire-du-prochain-documentaire-de-france4-sur-hacking/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/22/agenda/gagnez-des-places-lavant-premire-du-prochain-documentaire-de-france4-sur-hacking/#comments Tue, 22 Mar 2011 15:20:02 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12415

A l’occasion de l’avant-première du documentaire « Pirat@ge » au MK2 Bibliothèque à Paris, le Jeudi 24 Mars à 20h, nous sommes heureux de vous faire gagner des invitations. Les neuf premiers commentaires (avec nom et prénom) seront inscrits sur la guest list de ReadWriteWeb.

Pour une fois que France Télévision fait du bon travail (j’ai vu le documentaire en avant-avant première), c’est une occasion à ne pas manquer :-)

Plus d’info sur Le Post >>

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ReadWriteWeb met fin à ses éditions Européennes :-( http://fr.readwriteweb.com/2011/03/17/a-la-une/readwriteweb-met-fin-ses-ditions-europennes/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/17/a-la-une/readwriteweb-met-fin-ses-ditions-europennes/#comments Thu, 17 Mar 2011 07:35:55 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12406

Des explications contradictoires et sommaires, et une absence totale de communication : dans des emails adressés aux éditions Françaises et Espagnoles de ReadWriteWeb, la maison mère annonce en quelques lignes sa volonté de mettre fin à son expérience Européenne.

“Pas de modèle économique”. Une explication étonnante dans la mesure où elle suivait une proposition détaillée faite par l’édition Française de mettre le turbo sur les traductions et les contenus en embauchant une équipe en Tunisie, et de monétiser les contenus par de la publicité, en visant le cap du million de visiteurs uniques, indispensable pour commencer à financer ainsi un site d’information. Une explication d’autant plus surprenante que l’édition Espagnole, elle, monétise ses contenus, et que plusieurs annonceurs se sont récemment signalés à l’édition américaine avec des propositions généreuses destinées à devenir annonceurs auprès d’un public européen.

Même réponse négative faite à la demande d’une licence pour lancer ReadWriteWeb en langue arabe, justifiée d’une façon tout aussi maladroite : le blog techno se concentrerait en se moment sur sa marque, quitte à la suicider en France et en Afrique francophone où elle s’est établie comme une référence au fil des années.

La participation active de l’édition Française et de plusieurs de ses auteurs à la révolution Tunisienne n’est pas forcément étrangère a cette soudaine décision. Les informations sur le coté obscur de l’univers de la high tech recueillies à l’occasion sont, il faut le reconnaître, quelque peu incompatibles à une monétisation par de la publicité, tant bon nombre de grands annonceurs sont concernés, aussi bien Français qu’Américains.

Pas de garanties apportées pour autant à la préservation des contenus accumulés depuis trois ans sur l’édition francophone de ReadWriteWeb, au contraire. Le système fonctionne sur une technologie WordPress hébergé par nos soins, est totalement distinct de son grand frère américain, qui utilise MovableType. Malgré des demandes répétés ces trois dernières années, il ne m’a jamais été autorisé de passer les contenus de RWW France en Creative Commons, et juridiquement, ils leur appartiennent. Le DG américain, dans un mail parvenu cette nuit, nous affirme ne pas avoir la volonté de maintenir le blog. Le 22 avril, selon les termes du contrat de licence qui me lie à ReadWriteWeb US, ce blog sera mis hors ligne.

Pas de craintes pour autant à avoir sur une véritable censure, au pire, cela nous vaudra les honneurs d’un mirroring de masse qui placera les archives de l’édition Française aux cotés de celles de Wikileaks. Datalove.

L’édition Espagnole, qui ne fait pas, elle, dans le militantisme, a eu la possibilité d’opérer un rebranding qui lui permettra de continuer avec ses archives sous une autre marque, mais pour ce qui est de l’édition Française, le ton est plus sévère : le site, son nom de domaine, son compte Twitter ainsi que sa page Facebook doivent être remis à la maison mère dans le délais réglementaires prévus par le contrat de licence. Dans quelques semaines, ReadWriteWeb en Français ne sera plus.

Qu’il s’agisse d’une tentative de censure opérée par un gros annonceur de la version US, ou par une approche de mystérieux investisseurs souhaitant rentrer au capital de la maison mère sous certaines conditions, ou bien encore que nous ayons à faire en réalité à la décision business la plus stupide du moment dans le monde des média 2.0, les conséquences seront les mêmes.

Vous retrouverez les différents rédacteurs qui se sont illustrés depuis trois ans chez nous dans différents blogs – certains publient dors et déjà chez Techcrunch – et je tiens à l’occasion à les remercier de leurs efforts et de la confiance qu’ils m’ont accordé durant toutes ces années.

Quant à moi, je m’apprête à rejoindre d’autres aventures, de l’autre coté de la Méditerranée, où il ne sera plus désormais question de combattre mais de construire. A 40 ans, il est temps de passer à autre chose. A l’instar de MAM, remerciée brutalement elle aussi, j’écrirais probablement ‘un livre ou deux’, et j’irai publier chez mes petits camarades ce que vous auriez pu lire ici, une stratégie dite ‘du coucou’, inventée par Enikao. Ce n’est pas un mal, finalement, tant les sujets et les informations amassées ces derniers temps vont bien au delà du seul secteur high tech.

Les temps qui viennent en France sont terrifiants pour internet et les libertés numériques. Du point de vue des lois qui s’y appliquent, nous ne sommes plus, sur l’internet Français, dans une démocratie. Les dérives à venir qui vont s’y dérouler, en terme d’infowar notamment, rabbatrons le caquet de tous ceux qui se sont foutus de la gueule de la iRiposte de Benjamin Lancard.

Avec quelques gus dans un garage, nous avons réussi a sensibiliser pas mal de monde à ce problème, mais force est de reconnaître que nous avons, au mieux, mis des bâtons dans les roues d’un char d’assaut qui écrase toutes les velléités de liberté sur internet, et veut le civiliser comme il a colonisé hier ceux qu’il qualifiait de sauvages.

Un autre monde est possible, mais en France, ça va prendre du temps. Une fois de plus, le pays va prendre un retard considérable en matière de numérique, au point que sa place dans le monde de demain est désormais totalement compromise, mais ça, même sans comprendre quoi que ce soit à la neutralité du net ou aux enjeux sociétaux d’Hadopi et de Loppsi, vous avez du vous en apercevoir.

Fabrice Epelboin (Facebook, Twitter)
ex directeur de publication de ReadWriteWeb France

ce billet est en Creative Commons CC-by

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Les Anonymous publient des emails révélant une fraude de grande ampleur chez Bank Of America http://fr.readwriteweb.com/2011/03/14/a-la-une/les-anonymous-publient-des-documents-censs-montrer-limplication-de-bank-america-dans-une-fraude-de-grande-ampleur/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/14/a-la-une/les-anonymous-publient-des-documents-censs-montrer-limplication-de-bank-america-dans-une-fraude-de-grande-ampleur/#comments Mon, 14 Mar 2011 14:20:43 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12395

A 00h00 lundi, heure de New York, le groupe Anonymous a fait fuiter une première série de documents – des archives d’emails – censés prouver l’implication active de Bank Of America dans une fraude de grande ampleur. Le site sur lequel ces informations ont été mis à disposition du public est difficilement accessible mais des opérations de mirroring ont rapidement eu lieu afin de parer à toute tentative de censure.

Les conversations que l’on découvre à travers les emails rendus public font apparaître des tentatives de dissimulation d’une vaste fraude à l’assurance crédit, et laissent penser que la catastrophe des subprimes était parfaitement anticipée bien avant qu’elle n’éclate, avec pour seule préoccupation, du coté de la banque et de l’assureur qui s’occupait des assurances liés aux emprunts, de dissimuler ce qui pourrait par la suite les incriminer.

Fail

La fuite viendrait de l’intérieur, comme pour les cables diplomatiques américains, qui aurait fourni à Anonymous une série d’emails echangés entre les membres de la direction de Bank Of America, prouvant, selon lui, l’implication de l’assureur Balboa, racheté depuis par BOA, dans une fraude de grande ampleur sur les assurances liées aux crédits.

L’employé responsable de la fuite, dans ses échange avec Anonymous, souhaite encourager ses collègues à faire de même : “une fois que les autres employés auront réalisé que c’est faisable, vous n’aurez pas seulement une hache pour décapiter une tête, mais 1000 haches pour vous débarrasser de toutes les têtes”.

Le fait de passer par les Anonymous plutôt que de publier ces données sur un site comme Wikileaks est une évolution intéressante de la synergie Wikileaks / Anonymous et les armes choisies par ces derniers pour lutter contre ceux qui combattent la liberté d’expression et justifient la censure de l’internet. Plus mature qu’un DDoS, la stratégie ‘à la Wikileaks’ des Anonymous semble ancrer le concept Wikileaks dans une pratique hacktiviste et ne plus le limiter aux seuls sites de publication qui fleurissent ça et là en ce moment.

Il sera très difficile, pour ne pas dire impossible, de stopper Anonymous sur ce genre d’opérations, tout comme il s’est avéré vain de stopper les pratiques d’une génération habituée à télécharger ses mp3 gratuitement. La boite de Pandore de la surveillance et de la censure est désormais grande ouverte.

Consequences will never be the same

L’analyse de ces documents risque de prendre beaucoup de temps, et il ne faut pas s’attendre à des conséquence concrètes avant un moment. On peut s’attendre, par contre, à une multiplication de ce genre d’opération. Vous pensiez que votre admin réseau était un employé sous payé et inoffensif ?

Think again.

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Cyber censure : la France entre dans le rouge, la Tunisie sort du noir http://fr.readwriteweb.com/2011/03/12/a-la-une/cyber-censure-france-entre-dans-rouge-tunisie-sort-du-noir/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/12/a-la-une/cyber-censure-france-entre-dans-rouge-tunisie-sort-du-noir/#comments Sat, 12 Mar 2011 14:25:12 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12371

La soirée de Reporters Sans Frontières destinée à lutter contre la cyber censure a mis l’ONG qui lutte pour la liberté d’expression, et avec elle une bonne partie de la profession, dans une position très claire. La France, grâce à Hadopi et Loppsi, fait une entrée remarquée dans la liste rouge des pays sous surveillance, la Tunisie, elle, tire sa révérence de façon magistrale. Elle disparaît de la liste des pays ennemis de l’Internet, et Nawaat, le site symbole de la résistance au régime de Ben Ali, repart avec le prix décerné chaque année par RSF à l’occasion.

L’inversion des pôles

Cette theorie qui se discute à la terrasse des cafés à Tunis, veut que l’avenir qui se dessine voit s’installer des ‘démocraties éclairées’ au nord et des ‘démocraties 2.0’ dans le sud. Si RSF est un thermomètre, alors il nous en a signalé hier un signe avant coureur fort.

A l’heure où la France ou l’Italie se font peur à l’idée que quelques milliers de Tunisiens ou de Libyens ne débarquent sur leurs côtes, la Tunisie, elle, accueille bras ouverts près de cent milles réfugiés à sa frontière Est. Toutes proportions gardées, c’est comme si un demi million de Belges, brusquement frappés par une guerre civile, se massaient à nos frontières, et que la France entière remplissait sa voiture de vivres et de couvertures pour se précipiter à la frontière et venir en aide.

Ce dernier épisode en date illustre l’apparition d’une conscience aigue de la solidarité comme mission citoyenne et d’une prise de conscience, portée par l’élan de la révolution, que chacun peut (et doit) contribuer à faire changer les choses.

Il illustre également l’inversion des pôles, au point de voir les Tunisiens s’accaparer une slogan politico-publicitaire aujourd’hui piétiné par ses créateurs : ‘Ensemble tout devient possible’, y compris faire face avec dignité à une catastrophe humanitaire majeure.

La carte projetée durant la cérémonie de remise de prix qui a récompensé l’équipe de Nawaat faisait apparaitre le pays de Voltaire en rouge, isolé au sein d’un continent Européen encore vierge de tout abus significatif vis à vis de la liberté sur internet. La tension est palpable dans la salle où a lieu la remise des prix et où se presse le gratin du journalisme Français, venu saluer le triomphe de Nawaat, un site ayant pris une part centrale lors de la première révolution du XXIe siècle, et huer Bernard Kouchner venu faire un discours.

Il semble que la profession réalise enfin qu’il se passe quelque chose de grâve, et que c’est sur internet que cela se joue. Pas sur l’internet média, ni l’internet outil, mais dans la civilisation de l’internet, celle qui a fait de l’internet son OS, et qui s’oppose violemment à l’internet civilisé que cherche à imposer le gouvernement Français.

Avec une population âgée, la France peut jouer la montre face aux changements systémiques en cours, et s’offrir un répis à travers la surveillance, la désinformation et la censure. La Tunisie, dont la population est bien plus jeune et tout aussi éduquée, a elle basculé dans le monde d’après.

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Le Quai d’Orsay attaqué par des pirates http://fr.readwriteweb.com/2011/03/10/analyse/quai-dorsay-attaqu-par-des-pirates/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/10/analyse/quai-dorsay-attaqu-par-des-pirates/#comments Thu, 10 Mar 2011 17:23:15 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12346

Après les intrusions révélées en septembre dernier dans nos colonnes, et l’attaque de Bercy de soi disant espions Chinois qui a fait les grands titres de la presse il y a peu, c’est désormais au tour du Quai d’Orsay de se faire piller.

Selon Zataz, un site spécialisé dans la sécurité informatique, le ministère des Affaires (étrangères) s’est fait dérober des documents sensibles, traitant de la sécurisation informatique des ministères Français. Ces derniers auraient été publiés sur un site américain dans la nuit de mercredi à jeudi, quelques jours après la révélation des attaques de Bercy.

Les documents mis a disposition sous forme d’une archives Zip semble concerner la sécurisation informatique des ministères, et contiennent des données liées au « cadrage du projet de mise en oeuvre d’une politique de sécurité du système d’information ». C’est toute la sécurité des ministères qui pourrait être compromise par la révélation de ces documents. Non, en fait, c’est pas un drame, mais c’est tout de même humiliant (toujours remonter à la source, c’est à dire pas à Zataz, mais L’Informaticien, mea culpa)

C’est un quelque sorte un énorme doigt d’honneur adressé à l’ANSII par les pirates, tant il est désormais totalement idiot de retenir l’hypothèse d’un espionnage du gouvernement Chinois.

La piste, évoquée par la plupart des spécialistes du sujet, est désormais clairement celle d’une opération d’hacktivistes. Cette attaque porte à sept le nombre de ministères Français ainsi visités.

Hasard du calendrier, le premier Wikileaks national, Frenchleaks, lancé par Mediapart, vient d’ouvrir ses portes. Autant dire que la fin du quinquennat va être très agitée.

Reste à voir comment la presse va pouvoir expliquer que les Chinois d’hier sont soit dotés d’un sens de l’humour inhabituel pour des espions censés rester discrets, soit qu’ils sont allés un peu vite en besogne en reprenant sans les vérifier les fausses informations de l’Elysée (pas tout à fait fausse pour être honnête, juste destinées a induire en erreur).

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Interview avec Communication Sans Frontières http://fr.readwriteweb.com/2011/03/10/entrevues/interview-avec-communication-sans-frontires/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/10/entrevues/interview-avec-communication-sans-frontires/#comments Thu, 10 Mar 2011 15:11:49 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12337

Interview réalisé il y a deux semaines par Communication Sans Frontière, à la veille d’un départ pour un premier voyage d’étude à Tunis.

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Communication Sans Frontières :
Vous êtes l’un des grands spécialistes du Net et vous avez plusieurs cordes à votre arc. Comment pourriez vous nous expliquer le sens de toutes vos activités et ce qui vous motive?

Fabrice Epelboin :
Je travaille essentiellement à anticiper les évolutions à long terme de l’internet, notamment son impact sur le social, la culture et la politique. La dimension économique m’intéresse, mais ce n’est plus là que les grands bouleversements ont lieu désormais. La Tunisie puis l’Egypte ont montré au monde que le réseau était un puissant outil de changement social, les démocraties, elles aussi, sont appelées à évoluer en profondeur dans les décennies à venir, et, avec elles, la culture et une certaine forme d’économie qui les portent.

Comme les écrits publiés dans la publication que je dirige ont systématiquement anticipé avec pas mal d’avance l’essentiel des bouleversements en cours, je commence à être pris au sérieux, notamment par les politiques, en particulier à l’étranger.

Ma motivation est très liée à la promotion de certaines valeurs ou de certains concepts liés à internet, indispensables si l’on souhaite profiter de cette technologie en tant que société, et pas seulement en tant qu’économie. La seule approche économique met nos systèmes politiques en danger. Des concepts comme le logiciel Libre, la neutralité du net ou les licences Creative Commons, une alternative au Copyright, sont essentiels à mes yeux. A l’opposé, je me bat contre l’idée de censurer le web (ou le filtrer, c’est rigoureusement la même chose), ou de laisser les Etats y pratiquer une surveillance de masse. En France, ça s’est traduit par de nombreux combats contre Hadopi et Loppsi, à l’étranger contre ACTA, ou bien encore contre la police internet de Ben Ali.

CSF :
Vous êtes très actif sur la toile et vous avez pris partie récemment pour défendre les cyberdissidents lors de la révolution en Tunisie. Etes vous un cyberdissident, ou comment vous définiriez vous?

FE :
S’affirmer cyberdissident en France est très exagéré. Je ne crains pas de me voir embarqué par la police en sortant de chez moi le matin, ou de terminer dans un cachot à écouter mes proches se faire torturer. Ce qui a été le cas de mes petits camarades Tunisiens. Ici, à Paris, c’est assez confortable d’être cyber dissident, ça donne droit à rencontrer tout le gratin politique et permet de leur expliquer son point de vue. On aurait pu croire que tout cela a été fait en pure perte, au vu de l’inexorable avancée de la France vers une répression sévère et une surveillance étroite de l’internet, mais nous avons tout de même accumulé, avec le clan des anti Hadopi, une expérience unique au monde que même les américains saluent.

Comme celle-ci est par nature très bien documentée – les blogs servent à cela – nous avons très vite eu un lectorat Tunisien, et plus largement francophone et issu de zones où la démocratie n’a pas cours (ReadWriteWeb est régulièrement censuré en Iran, en Chine et ailleurs, il a été censuré en Tunisie ce qui a donné naissance à des protestations, forçant le pouvoir à passer à une censure partielle et nous amenant à publier régulièrement des billets à l’intention des Tunisiens sans jamais évoquer la Tunisie dans leurs contenus, dans le seul but de passer la censure – une tradition initiée par Voltaire en France). Le hasard a voulu que nous publions début 2010 un papier sur la Tunisie, qui a non seulement permis aux lecteurs Tunisiens de RWW de se signaler en tant que tel, mais a déclenché les foudres de la police tunisienne (et le début de la censure).

A partir de là, nous avons entamé une collaboration étroite avec de nombreux Tunisiens, simples opposants au régime, blogueurs ou véritables cyberdissidents. Le rapprochement avec la cyberdissidence tunisienne était totalement naturel, nous partagions les mêmes valeurs, et nous avions beaucoup à apprendre les uns des autres. Le partage des connaissances faisant parti des valeurs communes, tout s’est fait de façon évidente.

Après avoir mis à nu une stratégie mise en place par la police internet de Ben Ali consistant à se faire passer pour des Islamistes et d’évincer de Facebook les opposants au régime, nous avons beaucoup gagné en popularité en Tunisie, et nous avons par ailleurs aidé des cyberdissidants blogueurs à atteindre un audience internationale en les publiant dans nos colonnes.

Avec une telle visibilité, le but était non seulement d’appuyer leur combat, mais également d’attirer l’attention du gouvernement Français sur le problème (nous sommes dans les revues de presse de plusieurs ministères, nous avons beaucoup de lecteurs à l’Assemblée Nationale, notamment dans les rangs des assistants parlementaires, mais également chez certains députés), que nous avons à l’époque signalé au Ministre de la défense Hervé Morin ainsi qu’aux services de la Secrétaire d’Etat aux nouvelles technologies, Nathalie Kosciusko-Morizet.

Quand la révolution a commencé, nous avons évidement cherché à nous rendre utile. Cela a consisté, en dehors de l’écriture de nombreux articles, à contacter la presse pour les sensibiliser au problème tunisien et leur donner accès à des informations exclusives ou à des sources (en vain), à faire énormément de mises en relation entre des besoins en matière de technologies sur le terrain et des ressources disponibles en France et aux Etats-Unis où ReadWriteWeb bénéficie d’un gigantesque réseau d’influence, et à mobiliser sur le terrain, en France et à l’étranger, la communauté internet.

A partir du moment où l’un des nôtres, Slim Amamou, a été arrêté, nous sommes passés en mode war room, assurant une veille 24h/24 entre la France et les USA et avons lancé, auprès de tous nos contacts, des appels à l’aide répétés. C’est là que nous sommes passés à un mode très offensif en terme d’infowar, la lettre ouverte à Frédéric Mitterrand étant la partie visible de l’iceberg. Il faut dire que la tête de Mitterrand est mise à prix depuis longtemps chez les anti Hadopi, et que la chute de Ben Ali le condamne irrémédiablement. Une aubaine pour les cyberdissidents français qui vont s’en donner à cour joie dans les mois à venir.

CSF :
Vous avez écrit une lettre ouverte au Ministre Frédéric Mitterrand pour sa tolérance à géométrie variable notamment avec le régime de Ben Ali. A t-il donné une suite à votre proposition de le voir dénoncer les entraves à la liberté en Tunisie ?

FE :
Oui, le gouvernement a répondu à mes demandes d’éclaircissements quelques jours plus tard, par la voix de Michèle Aliot Marie. Je dois avouer que j’ai été très choqué par la réponse. Si mes souvenirs sont bons, on avait à l’époque dépassé le cap des 100 morts, mais je ne suis plus très sûr, et j’ai arrêté de compter après Kasserine.
Ca a été pour moi la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. ReadWriteWeb «France» est mort ce jour là pour s’orienter vers la francophonie, en attendant que la structure suive et s’exile. La position du gouvernement français est très claire, et peu de gens réalisent ce que cela signifie en terme de surveillance et de contrôle de l’internet, et ce que cela dessine comme intentions derrière Hadopi et Loppsi. Les approches de Ben Ali et du gouvernement français sont cependant étrangement similaires : civiliser internet, faire en sorte qu’il ne soit pas en mesure de remettre en question le pouvoir. C’est raté pour la Tunisie. Le ratage en France fera dégringoler ce pays dans le rang des nations et lui ôtera pour un bon bout de temps son air hautain pour tout ce qui est de la défense des droits de l’homme. Les conséquences économiques devraient également êtres significatives. Rater le train de l’Histoire à ce point se paiera très cher.

La France vient de perdre son terrain d’expérimentation de ses intentions civilisatrices vis à vis des réseaux, tout comme elle a perdu ses colonies hier. De toute façon, on est passé à une phase d’infowar sur ce genre de gouvernance très offensive, Wikileaks et les Anonymous n’étant que des hors d’ouvres. La démocratie française, telle qu’elle existe aujourd’hui, n’a pas la moindre chance de survivre, il lui faudra évoluer vers plus de transparence et plus de dialogue avec ses citoyens, ou vers un régime beaucoup plus autoritaire et bien plus répressif encore vie à vis d’internet. Ce choix est dans les mains du peuple français, les cyberdissidents dans mon genre ne peuvent pas vraiment faire plus que ce qu’il s’acharnent à faire depuis des années : informer le public sur les dangers d’Hadopi, dénoncer la manipulation et la désinformation effectuée par le gouvernement et les organes de presse qu’il contrôle. Nous ne pouvons guère aller plus loin en restant dans le cadre de la légalité, et ce cadre légaliste est un consensus assez clair dans le clan des anti Hadopi.

A moins qu’un Wikileaks vienne à la rescousse, il est peu vraisemblable que le gouvernement cesse d’imposer ses lois et stoppe sa volonté de contrôle Orwellien des réseaux. Le peuple français, lui, semble parfaitement inconscient et continue à voir un monde manichéen, avec les méchantes dictatures d’un coté et les gentilles démocraties de l’autre. Les complicités mise à jour récemment ne semblent pas leur faire réaliser que la dictature est en train de s’installer chez nous, insidieusement, se limitant à internet. Au final, après toutes ces années de lutte, je ne suis pas vraiment convaincu que la France mérite de vivre en démocratie, les privilèges acquis, ça se défend ou ça se perd. La liberté a un prix et les Français semblent assez radins à ce sujet, il préfèrent la tranquillité d’esprit et la sécurité, et comme le disait si justement Benjamin Franklin, «ceux qui sont prêts à abandonner une liberté essentielle pour obtenir temporairement un peu de sécurité ne méritent ni la liberté ni la sécurité». Le fils de l’ancien déporté Jorge Semprun, James, a également eu récemment une très belle façon de résumer cela : «ceux qui veulent la liberté pour rien manifestent qu’ils ne la méritent pas». C’est la formule qui caractérise le mieux le peuple Français aujourd’hui.

La suite de cette longue interview sur le site de CSF >>

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http://fr.readwriteweb.com/2011/03/10/entrevues/interview-avec-communication-sans-frontires/feed/ 7
Telecomix invité par RSF à Genève : les hackers de l’humanitaire http://fr.readwriteweb.com/2011/03/09/a-la-une/telecomix-invit-par-rsf-genve-les-hackers-de-lhumanitaire/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/09/a-la-une/telecomix-invit-par-rsf-genve-les-hackers-de-lhumanitaire/#comments Wed, 09 Mar 2011 08:39:16 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12322

Humanitaire, c’est un bon terme pour qualifier l’action de Telecomix en Tunisie, en Egypte, en Libye et ailleurs. C’est probablement l’une des raison qui a poussé Reporter Sans Frontière à inviter deux agents de Telecomix, Chrisk et Fo0, à Genève, le 12 mars prochain, à l’occasion de la journée mondiale contre la cyber censure, afin qu’ils expliquent en détail à un parterre d’ONGs la façon dont Telecomix a porté assistance aux révolutions en cours en Afrique du nord et ailleurs.

Bienvenue au club de l’humanitaire, en quelque sorte.

L’année dernière, nous avions eu l’honneur de tisser des ponts entre le bureau internet de RSF Paris et Xerobank, une organisation issue de Hacktivismo, acteur historique du hacking militant. Cela a permit la mise en place de l’abri anti censure aujourd’hui en service au siège de RSF. Cette année, c’est à l’initiative de Stephane Koch que se tient ce premier workshop, et comptez sur notre capacité de lobbying pour que ce ne soit pas le dernier /-)

Nous l’avions déjà évoqué ici, Telecomix se trouve derrière des opérations comme le rétablissement d’une connectivité internet pour l’Egypte (avec la FDN) quand Mubarak avait décrété un blackout, l’exfiltration de vidéos de Tunisie quand Ben Ali a bloqué leur transfert sur Facebook, le mirroring massif de Wikileaks quand le gouvernement américain a tenté de le censurer, ou bien encore de la mise à disposition de technologies de cryptage, d’anonymisation ou de contournement de la censure destinées aux cyberdissidents. La liste, bien plus longue encore, ressemble à un inventaire à la Prévert d’un hacking éthique et militant, qu’on peut désormais qualifier d’humanitaire.

L’aspect humanitaire est certain, bien plus interventionniste que ne l’aurait jamais imaginé Kouchner 1.0, mais néanmoins évident.

Knowledge sharing

Telecomix animera à Genève un workshop, à destination des ONG, dont le but est de leur transmettre les connaissance essentielles et de les sensibiliser à la gestion de nouveaux risques liés à l’utilisation des NTIC (anonymat des communications, sécurité de l’information, protection des sources), mais également d’expliquer la façon dont Telecomix a utilisé les réseaux sociaux lors des révolutions.

A travers ce workshop qui durera une journée, la matinée étant consacré à une approche théorique, Telecomix tentera de répondre a une série de question essentielles :

  • Quels sont les moyens d’interception ou d’écoute des régimes autoritaires ou des dictatures ?
  • Quelles sont les traces – exploitables – que l’on laisse quand on utilise ces outils et technologies ?
  • Comment contourner la censure ?
  • Comment protéger ses données et ses sources ?
  • Comment sécuriser ses échanges (emails, messages, utilisation du Web) ?
  • Quelle démarche et quel comportement adopter quand on se rend dans un pays étranger ?

Des connaissances essentielles pour tout travailleur du secteur humanitaire, mais pas que.

Et en bonus track, un reportage de la Télévision Suisse Romande sur Telecomix avec Chrisk en guest star.

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http://fr.readwriteweb.com/2011/03/09/a-la-une/telecomix-invit-par-rsf-genve-les-hackers-de-lhumanitaire/feed/ 25
Wikileaks IRL : retour sur le ‘Bastille Day’ Egyptien http://fr.readwriteweb.com/2011/03/08/analyse/wikileaks-irl-retour-sur-bastille-day-egyptien/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/08/analyse/wikileaks-irl-retour-sur-bastille-day-egyptien/#comments Tue, 08 Mar 2011 15:00:44 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12310

Quand on voit plus de 400 articles sur une info bidonnée et qu’une information de nature à changer le monde ne fait pas un entrefilet dans la presse, en général, on insiste. Voici donc, rédigé par Mohamed ElGohary et traduit par Claire Ulrich de Global Voices, le récit des événements qui ont menés à l’assaut par la population Egyptienne de différents lieux d’archivage de la police secrète, ainsi que de leur mise en ligne à disposition du public par les assaillants. Une date clé dans les événements qui secouent actuellement le monde, passée parfaitement inaperçu en France… Reste à savoir pourquoi.

Ce billet fait partie du dossier de Global Voices sur les événement en Egypte en 2011 [dossier central en anglais]

[Liens en anglais ou en arabe] Peu de temps après la démission de l’ancien premier ministre égyptien Ahmed Safik, le 4 mars, des citoyens égyptiens ont pris d’assaut les sièges de la détestée Sécurité d’état (Amn El-Dawla en arabe) de plusieurs villes telles que Alexandrie, Ismailia et d’autres. Le 5 mars, les manifestants ont investi le siège principal de l’appareil de sécurité d’état à Nasr City, au Caire. Il avait été remarqué que beaucoup d’employés de la sécurité d’état étaient en train de détruire et de bruler de nombreux documents et dossiers pour effacer les preuves des abus et des atteintes aux droits humains perpétrés en Egypte au cours des dernières décennies.
The archive room in main State Security HQ in Nasr City, Cairo: Reports about citizens and activists. By Hossam ElHamalawy – under CC license.

Une salle des archives dans le siège principal de la sécurité d’état à Nasr City, au Caire : les dossiers sur les citoyens et les activistes. Photo de Hossam ElHamalawy publiée sous licence CC license.

Les habitants du Caire ont organisé un événement sur Facebook entre le 4 et 5 mars pour assiéger tous les bâtiments de la Sécurité d’état au Caire, car leurs requêtes auprès du Haut conseil militaire demandant de dissoudre l’appareil de sécurité de l’état n’avait reçu aucune réponse.

Les blogueurs égyptiens ont couvert eux-même le déroulement des événements, comme Sarah, qui a publié des photos et des informations depuis les lieux via Twitter :

@sarrahsworld: Papiers brulés à #amndawla !!!! http://yfrog.com/gz7fjarj

The charred remains of dossiers burnt at the State Security headquarters in Nasr City

Les cendres des dossiers brulés par la sécurité d’état au siège de Nasr City

@sarrahsworld: Des documents sur les étudiants salafistes http://yfrog.com/gzvlyqqj

Burnt documents on students with Salafi leanings

Documents à moitié brûlés sur des étudiants attirés par le salafisme

@sarrahsworld: #amndawla essaie de sauver du feu http://yfrog.com/hsr7vdsj

Protesters climbing the State Security building walls to try and save documents from burning

Les manifestants passent par-dessus le mur d’enceinte du siège de la sécurité d’état pour tenter de sauver des dossiers avant qu’ils ne soient brulés

Lilian Wagdy mentionne que :

@lilianwagdy: الجيش يبدأ السيطرة على مقر أمن الدولة في ستة اكتوبر #AmnDawla #Jan25

L’armée a commencé à prendre le contrôle du QG de la Sécurité d’état de la ville du 6 octobre.
Mosa’ab ElShamy :

@mosaaberizing: certains des dossiers à moitié brulés #amndawla #october http://twitpic.com/46cy3d

Some of the half-burnt documents #amndawla #october

Ce qui reste de certains dossiers#amndawla #october

Amr Magdy avertit :

@ganobi: نشطاء يحاولون قطع الطريق على عربات محملة بأوراق تخرج من أمن الدولة في 6 أكتوبر #Jan25 #Egypt #StateSecurity #AmnDawla

Des activistes essaient d’arrêter les camions remplis de dossiers qui sortent de la sécurité d’état de la ville du 6 octobre.
Pendant ce temps, la blogueuse The barefooted Countess avait publié la liste des adresses de tous les sièges de la sécurité d’état du pays :

تحرك أكثر تنسيقا لمحاصرة مباني امن الدولة ومنع اتلاف المستندات فيها.

Pour avoir les informations, afin d’assiéger tous les bâtiments de la sécurité d’état et les empêcher de détruire les documents qui s’y trouvent.
Voici une vidéo d’un colonel de la sécurité pris en otage par des citoyens à Ismailia :

Dans la vidéo ci-dessous, des agents de la Sécurité d’état lancent des cocktails Molotov sur les manifestants et l’armée.

Certains ont décidé de lancer une initiative similaire à Wikileaks et ont publié les documents trouvés dans les locaux de la Sécurité d’état sur Internet, comme ceux trouvés dans le QG de Damanhour, situé dans le gouvernorat de ElBeheira.

Hossam ElHamalawy, un photographe et activiste égyptien connu, a documenté la prise du siège principal de la sécurité à Nasr City sur son compte de photos sur Flickr, tandis que le blog Kashfun (Révéler) l’a fait en vidéo.

Enfin, le blogueur Tarek Amr fait cette réflexion sur ce qui se passe :

أما الذي لم يكن يمكنني حتى الحلم به أبد، هو أن أرى أحدهم على تويتر يقول أنه في طريقه إلى أمن الدولة، ثم يتمادى في سريالية الموقف بأن يتبعها بإبتسامة. و كانت مداهمة المتظاهرين في الأسكندرية لمبنى أمن الدولة هناك قرابة الفجر و تفتيشة و ربما إعتقال من بداخله، و كانها صورة معكوسة في المرآة لما كان يتم قبل الثورة، هي بمثابة البداية لتلك الأحداث السريالية الجميلة.

Ce à quoi je n’avais jamais pensé, et je n’en avais même jamais rêvé, c’est de voir quelqu’un sur Twitter dire qu’il est en chemin pour le siège de la Sécurité d’état, et pas seulement ça, mais avec le sourire en plus ! Prendre l’assaut le QG de la sécurité d’état à Alexandrie à l’aube, le fouiller, et même détenir des officiers a été l’exact opposé de ce qui se passait avant la révolution. Et ça, c’est le début du début surréaliste de ce qui va se passer.
Ce billet fait partie de notre dossier sur les événement en Egypte en 2011

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http://fr.readwriteweb.com/2011/03/08/analyse/wikileaks-irl-retour-sur-bastille-day-egyptien/feed/ 5
La France attaquée par les CyberChinois : mais que fait la CyberPolice ? http://fr.readwriteweb.com/2011/03/08/a-la-une/france-attaque-par-les-cyberchinois-mais-fait-cyberpolice/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/08/a-la-une/france-attaque-par-les-cyberchinois-mais-fait-cyberpolice/#comments Tue, 08 Mar 2011 07:30:20 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12293

Bercy subit une attaque informatique et c’est le buzz. Plus de 400 articles dans Google News, contenant 3 versions des faits, égrenés au fil des heures par les services de l’Etat. Les informations révélées au compte goutte et contredites aussitôt en ce qui concerne une attaque de l’Elysée, la presse s’affole, mettant en scène ministres effarés, députés opportunistes, mais surtout, un nouvel entrant dans le jeu médiatique : Patrick Pailloux, le patron de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), la cyberpolice Française fraîchement crée.

Intox ? Info ?

Commençons par l’ami Manach, qui explique cela de façon limpide.

Cette coincidence heureuse de dates qu’évoque Manach est également soulevée par Olivier Tesquier dans Owni.

Les propos tenus (toujours sur Owni) par un professionnel reconnu et respecté de la sécurité informatique évoquent un “altermondialisme numérique”, en ligne avec l’analyse que nous en faisions hier, contredisent totalement ceux du patron de la cyberpolice Française qui affirme, méprisant, que cela n’a pas été fait par “3 pc dans un garage”.

Revoilà les trois gus dans un garage

Un groupe que l’on pourrait qualifier d’alter-numériques a tout de même réussi à rétablir des connexions internet avec l’Egypte suite au blackout imposé par Moubarak, à créer des passerelles pour exfiltrer des vidéos de Tunisie, d’Egypte ou de Libye, ou a développé des solutions pour échapper à toute surveillance sur le web… Certes, le groupe en question ne ferait jamais d’intrusions informatiques de ce genre, ce serait aller à l’encontre de leurs principes fondateurs, mais ils démontrent tout de même que la vision des 3 gus dans un garage est un tantinet… dépassée.

De toutes évidences, des ‘organisations’ de cyber-activistes sont en mesure de réaliser des tâches incroyablement complexes.

D’ailleurs, cet élément de language, popularisé par Christine Albanel, et piqué au monde des startups, était destiné à minimiser l’adversaire. Il a été imaginé par des gens pour qui internet ne pouvait s’aborder que par sa dimension économique, les startups, pas par sa dimension sociale, comme les hackers, les netocrates, ou les Anonymous.

Eat your own dogfood ? Pas une bonne idée quand on produit de la propagande. Par ailleurs, il serait temps de réaliser que les hackers ne fonctionnent pas du tout sur le modèle des startups. (leur mode d’approche du travail en commun est riche d’enseignements, et, au vu des performances, il mérite que l’on s’y attarde).

Les Anonymous sont l’arbre qui masque la forêt. Il existe une multitude de groupes de hackers, pour la plupart très discrets. Certains font ça pour de l’argent, d’autres pour le sport, certains sont à cheval sur les deux, beaucoup sont activistes, et les valeurs qui rassemblent la plupart d’entre eux sont celles que piétine l’Etat Français. Hadopi, Loppsi, cybersurveillance, et sous peu censure, la France a tout fait pour s’attirer les foudres des activistes de la planète entière.

L’élite hacker, longtemps dubitative face aux Anonymous, leur reprochant le coté aggresif et/ou illégal du DDoS, est bien obligée de reconnaître qu’ils ont leur place dans les changements en cours. Beaucoup sont tentés d’apporter aide et assistance.

C’est les niakoué, mon général !

La version officielle pointe discrètement du doigt une puissance étrangère, la Chine, connue pour être remplie de hackers, qui n’hésitent pas à attaquer Google. Peu crédible, selon Eric Filiol, l’un des plus grands experts Français du sujet.

Autre élément troublant : pourquoi la presse ne s’est-elle pas enflammée de la sorte que nous révélions, début septembre 2010, que de tels raids informatiques destinés à voler des données sensibles avaient eu lieu au ministère des finances, au secrétariat d’Etat à la prospective et au numérique, au ministère de l’agriculture, ou bien encore à Matignon. Des informations aujourd’hui niés par l’ANSSI, mais à l’époque, les services de l’Etat s’était contentés d’accuser reception auprès des hackers ayant dévoilé les trous de sécurité, et de corriger les failles critiques. (nde: c’est une pratique courante chez les hackers de prévenir de façon confidentielle d’une faille de sécurité, avant de le faire de façon publique si la faille n’est pas corrigée au bout d’un certain temps)

Les Chinois ont bon dos, et comme souvent quand il s’agit d’internet, la presse passe totalement à coté du sujet. Pourquoi tout ce barouf pour quelque chose qui existe depuis belle lurette ? Qu’y avait-il de si différent en septembre pour qu’une cyber-attaque de plus grande envergure encore, ne provoque pas le moindre entrefilet dans la presse ?

La réponse est très simple : en septembre dernier, la plupart des Français n’avaient jamais entendu parler de Wikileaks, des cables diplomatiques, des révolutions Facebook, ou des Anonymous. Bien sûr, si vous lisez ReadWriteWeb régulièrement, vous connaissiez tout cela depuis belle lurette, mais madame Michu, elle, a découvert tout cela il y a très peu de temps.

Pour les Etats, la nature du risque a changé. Les méchants Chinois ont toujours été là, et pour ce genre de cyber-attaques, la France n’a rien à apprendre de la Chine, Wikileaks nous l’a appris. Ce qui a changé, c’est qu’un risque supplémentaire est apparu, un risque qui a déjà fait tomber plusieurs chefs d’Etats : la population.

Vite, votons des crédits pour la cyberpolice. Renforçons la censure. Les Chinois sont à nos portes. Ayez peur.

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http://fr.readwriteweb.com/2011/03/08/a-la-une/france-attaque-par-les-cyberchinois-mais-fait-cyberpolice/feed/ 27
AmnDawla en France ? Prémices d’une révolution Française 2.0 http://fr.readwriteweb.com/2011/03/07/a-la-une/amndawla-en-france-prmices-dune-rvolution-franaise-20/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/07/a-la-une/amndawla-en-france-prmices-dune-rvolution-franaise-20/#comments Mon, 07 Mar 2011 11:30:21 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12281

Le “Bastille Day” Egyptien, tel que l’a qualifié SandMonkey, célèbre bloggeur Egyptien, est sans nul doute à ce jour l’opération d’hactivisme la plus spectaculaire jamais menée. Une utilisation conjointe et synergique de méthodes d’action ‘old school’ combinées à l’utilisation d’une multitude d’outils internet, reprenant à la fois les concepts de l’opération LeakSpin des Anonymous, de l’esprit Wikileaks et d’une ‘Egyptian touch’ unique : synchronisation d’actions via les outils sociaux, combinaison IRL/online, et opération de mobilisation de grande ampleur.

Mais la France, ex patrie des droits de l’Homme, dont on se demande si elle aura une place, demain dans le concert des nations, pourrait bien se relever des abysses dans lesquelles l’ont entraînée ses dirigeants, à travers une opération similaire d’Open Data radical : la mise à disposition du public d’une quantité pharaonique de données gouvernementales.

Un peu de mise en contexte

L’opération a débutée, en pratique, il y a déjà un certain temps. Nous annoncions dans nos colonnes, le 11 septembre dernier, quelques semaines avant le CableGate de Wikileaks et quelques mois avant le début de la révolution Tunisienne, qu’une quarantaine de site gouvernementaux dont ceux de six ministères avaient fait l’objet d’intrusions informatiques plus ou moins sévères, certains ministères s’étant fait dérober une large part de leur ‘patrimoine informationnel’.

Parmi les ministères ainsi dépouillés, celui de l’intérieur, de l’Agriculture, du premier ministre, et de l’Economie Numérique. Désormais, avec Bercy, il semblerait que la collection soit presque complète.

Avant toute choses, il convient de rappeler quelques éléments de mise en contexte.

Ces attaques ne sont pas le fait d’une organisation ou d’un grand plan. Le propre de ce à quoi font face les dictatures et les ploutocraties du monde entier est justement de n’être pas organisé au sens traditionnel du terme, je vous renvoi à ce billet pour mieux comprendre cet aspect fondamental des choses.

Ces attaques – ou tout du moins leur révélation faite au grand public par le biais de sites comme RWW – font suite à la révélation, début septembre, via une fuite de documents issus de Bruxelles et publiés par Marc Rees de PCinpact – figure historique de la lutte anti Hadopi – d’un plan datant de 2007, fomenté entre l’Elysée et les majors du disque, et destiné à filtrer, surveiller et censurer l’internet Français, façon Ben Ali. Ammar404 en VF.

Ensuite, il est indispensable de comprendre le type de données informatiques qui représente le saint Graal du vilain pirate qui attaque ainsi de pauvres ministères sans défense.

L’Agriculture, c’est le nerf de l’Europe, et le poids (pour ne pas dire l’influence) de la France dans les affaires Européennes pourrait être anéanti en cas de révélations embarrassantes. Or durant la courte période où la France a assuré la présidence de l’Europe, on a vu les lobbies du disque s’y renforcer. La France s’est toujours opposée à l’Europe en matière de respect des libertés liées à internet, tous ceux qui ont suivit l’affaire Hadopi savent à quel point la bataille qui s’est joué autour d’Hadopi a vu l’Europe se révéler comme le dernier rempart des libertés numérique, et cette bataille n’est pas finie. Mettre fin à l’influence de la France sur les institutions Européennes apparaît désormais comme une mission salvatrice.

Le ministère de l’intérieur, c’est l’Elysée. Ces deux organisations sont tellement fusionelles qu’attaquer l’un ou l’autre revient au même. Les archives dérobées pourraient contenir la préparation de la campagne de Nicolas Sarkozy, à l’époque où ce dernier occupait la place Beauvau, en compagnie de celui qui était à l’époque son chef de campagne et le patron du plus gros cabinet de lobbying Français, Frédéric Lefebvre. Mettre à jour ces documents permettrait de révéler ce que tout le monde sait déjà : la France est dirigée par les lobbies. Avec un peu de chance, on pourrait même apprendre combien ça leur coute d’écrire eux même une loi.

Si vous avez cinq minutes, cette vidéo – non censurée pour le moment – est assez parlante.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Le secrétariat d’Etat au numérique, c’est juste pour le LULZ. Peu de chance de trouver quoi que ce soit d’utile dans ses archives, mais sait-on jamais.

Le premier ministre, c’est pour le principe, il est évident qu’il doit y avoir dans les tonnes de documents qui pourraient contenir des choses instructives.

Plus récemment, Bercy, c’est carrément le saint Graal. C’est là, selon de multiples sources, que s’est rédigé une large partie du rapport gouvernemental sur la net neutralité, un copier coller grossier d’arguments issus des lobbies. Bercy, cela ne fait aucun doute aux yeux des anti Hadopi, est le véritable lieu de la gouvernance du numérique en France, ou tout du moins du bras armé numérique du gouvernement Français : Orange. Or Orange est désormais sous le feu nourri des hactivistes Français et Tunisiens. Ce Elf 2.0 de la Françafrique Sarkozienne, et avec lui son cortège d’intégrateurs, de prestataires obscurs de solutions de sécurité, de surveillance, de fichage des individus, de censure et de fichage, est le summum de l’internet civilisé, grand rêve du gouvernement actuel, dont la Tunisie était encore il y a peu un showroom pour les dictateurs d’Afrique de l’Ouest, dans lesquelles Orange est très présent, et un laboratoire de R&D géant, afin d’affiner la mission civilisatrice des gouvernants sur leur propres peuples par le biais d’internet.

Les hacktivistes pourraient bien, en faisant tomber Orange, faire tomber la politique numérique de la France, à l’international comme sur le territoire Français, et mettre fin aussi bien à un vaste programme de surveillance de la population Française qu’à la fourniture d’armes numérique à des dictatures Africaines. Une mission salvatrice, qui pourrait bien redorer le blason de la France à l’Etranger et lui faire renouer avec une tradition oublié de promotion des droits de l’Hommes.

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http://fr.readwriteweb.com/2011/03/07/a-la-une/amndawla-en-france-prmices-dune-rvolution-franaise-20/feed/ 49
Bastille Day à #AmnDawla en Egypte : la révolution par l’open data radical http://fr.readwriteweb.com/2011/03/06/a-la-une/bastille-day-amndawla-en-egypte-rvolution-par-lopen-data-radical/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/06/a-la-une/bastille-day-amndawla-en-egypte-rvolution-par-lopen-data-radical/#comments Sun, 06 Mar 2011 02:26:39 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12254

Vendredi dernier, des milliers de manifestants ont fait irruption au quartier général de la police secrete (markaz amn eddawla) Alexandrie, au Caire, ainsi que dans six autres villes, paralysant le fonctionnement du service et saisissant une vaste quantité d’archives.

L’opération, organisée sur Facebook, a ensuite fait appel à une multitude de services web 2.0 d’auto publication.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Wikileaks, dont rien de permet de dire qu’il est à l’origine de l’affaire, apporte son soutien. Il a annoncé que le dossier de Khaled Said a été trouvé, ainsi que des documents révélant l’outsourcing de la torture par la CIA et la Suède en Egypte, et des fichiers numériques circulent déjà. Un compte Flickr – une propriété de Yahoo! – a déjà publié une série de scans.

Twitter est enthousiaste, et parfois s’interroge, comme pour cette cassette VHS, censé contenir les ébats sexuels d’une princesse de la famille royale Koweitienne avec un homme d’affaires égyptien, dans un hôtel en Alexandrie, le 05/10/2002…

Plus sérieusement, c’est la mise à jour d’un pan majeur de la géopolitique du monde qui se retrouve mise en ligne à la vue de tous. Encore un secret qui disparait, avec un mode opératoire très Egyptien. Connus pour être extrêmement créatifs dans leurs opérations d’activismes qui combinent IRL (‘in real life’) et online, le “Bastille Day” Egyptien rapelle les ‘freeze’ synchronisées de la première commémoration de l’assassinat de Khaled Said.

La mise en ligne sur Flickr de scans des documents relève du bras de fer politique. Yahoo! censurera-t-il le compte ? Résistera-t-il à la pression du gouvernement américain qui va voir son image sérieusement se ternir dans les semaines à venir ? D’autres scans apparaissent sur Prosperous, et gageons que sous peu, c’est tout le web 2.0 qui en sera envahit. Tout se passe comme si chacun repartait avec son lot de documents à scanner et à mettre en ligne, avec comme seul mot d’ordre un tag : #amndawla

La plus grande opération de crowdsourcing de la planète sera-t-elle une révolution 2.0 ?

Bien sûr, que Flickr censure ou pas ne changera rien, mais la mise en ligne de ces documents en licence Creative Commons, autorisant le remix, la réutilisation, et l’usage commercial (spécial dédicace à Jean-Marc Ayrault), est sans nul doute une étape politique majeure pour l’Open Data, un poil radical, ceci dit.

Robert Gates, le secrétaire d’Etat à la Défense Américain a été dépêché sur place en urgence, nul doute que la réaction des USA fera ou affaiblira la position des USA dans le monde de demain.

History is being made.

Cliquer ici pour voir la vidéo.


vidéo tournée par @moftasa

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http://fr.readwriteweb.com/2011/03/06/a-la-une/bastille-day-amndawla-en-egypte-rvolution-par-lopen-data-radical/feed/ 12
Contre toute attente, le cours d’Orange reste stable http://fr.readwriteweb.com/2011/03/05/divers/contre-toute-attente-cours-dorange-reste-stable-2/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/05/divers/contre-toute-attente-cours-dorange-reste-stable-2/#comments Sat, 05 Mar 2011 13:59:58 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12245

Le marché avait réagit violemment à l’annonce de la collaboration de Nokia avec le régime Irakien, qui portait sur la surveillance de la population et qui avait permit de cibler la répression durant la révolution verte. Or dans la journée de vendredi qui a suivit la révélation par Owni d’une affaire de corruption susceptible de violer la convention de Mérida censée lutter contre la corruption, et d’amener Orange à répondre de ses actes devant la commission Européenne, le cours de bourse n’a pas varié d’un poil, et on a enregistré des volumes d’échanges qui ne sortent pas de l’ordinaire.

Tout se passe comme si le marché considérait Orange comme étant au dessus des lois. Il faut dire qu’il y a de quoi, et on peut comprendre le marché. En pratique, Orange écrit les lois et les appliquent avant même qu’elle ne soient votées. Pas très démocratique pour une entreprise détenue en partie et contrôlée en totalité par l’Etat.

Dirigé par Stéphane Richard, grand ami de la Net Neutralité, ancien chef de cabinet de la ministre des finances, Christine Lagarde, qui a remplacé une Michèle Alliot Marie encore ministre il y peu dans un déplacement officiel à Tunis. Orange a à la tête de la direction de sa branche entertainment l’ancienne ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, alias Madame Hadopi (le Ammar404 Français).

Orange, même s’il n’en possède que 27%, est un peu le prolongement du gouvernement Français dans le numérique.

Orange, c’est un peu Elf en 2.0. Surtout dans son rapport à l’Afrique.

L’apathie des marchés est d’autant plus étonnante que l’enquête d’Owni est menée par deux journalistes enquêteurs de talent, Olivier Tesquet, ‘pure player’ du journalisme, l’un des spécialistes “Wikileaks” maison, et Guillaume Dasquié, un ancien de Libé, spécialiste des affaires de corruption, en particulier dans cette zone du monde, et/ou quand cela touche à de grandes multinationales.

Ces deux gus dans leur garage (en l’occurence une soucoupe), croient fermement que le journalisme est un contre pouvoir (et pas un pouvoir tout court) et s’en donnent les moyens. Un duo qui rassemble tout ce que le journalisme sait faire et peut potentiellement faire, avec les outils d’hier et d’aujourd’hui, lancé aux trousses d’une entreprise qui est la bête noire des anti hadopi, et qui a juré la mort de la Neutralité du Net.

Autant dire que tout ce que l’internet a de militant trouvera dans tout cela une raison ou une autre de se mobiliser. Il suffit d’une étincelle pour mettre le feu au poudres d’un conflit ouvert entre une entreprise et ses clients : et si les suicides n’étaient plus seulement un problème RH chez Orange ? Imaginez que le CRM s’y mette !?

FUD, les marchés n’aiment pas cela. Ca les rends nerveux.

Hasard du calendrier

Le même jour où émergait les premières révélations sur la corruption d’une dictature Africaine par Orange (et la France), Didier Lombard, sentant visiblement un autre scandale arriver, renonçait à un poste de conseiller payé un demi millions d’euro par an. Une pré-retraite dorée ?

Peu de chance pourtant que le départ de Didier Lombard, l’ex président d’Orange, grand ami de la neutralité du net lui aussi, suffise à calmer la crise qui vient d’éclater, et qui ne devrait pas tarder à devenir une affaire d’Etat, une de plus.

Les rapports entre Orange et l’Etat Français sont tellement fusionnels que s’il était avéré que l’entreprise ait versé de l’argent au clan de Ben Ali, cela devrait avoir l’effet d’une bombe atomique. Une enquête que le parlement Européen devrait logiquement diligenter (violation d’une convention Européenne sur la corruption oblige), devrait, outre certifier que les documents révélés par Owni sont authentiques (ce qu’Orange ne nie pas), répondre à la question suivante : qu’a reçu Orange, ou l’Etat Français, ou les dirigeants de l’un ou de l’autre, en échange de cette commission ?

One more thing. Pendant ce temps, Facebook est évalué à 75 milliards de dollars sur le marché gris… Les grands changements auxquels nous assistons dans le monde ne passent donc pas clairement inaperçu aux yeux de tous les marchés. Les transferts de valeur entre les anciens maîtres des forges de l’information et les nouveaux sont en cours.

Bon week end, les marchés sont fermés. LULZ.

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France 2 vs. Anonymous (MAJ) http://fr.readwriteweb.com/2011/03/05/a-la-une/france-2-anonymous/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/05/a-la-une/france-2-anonymous/#comments Sat, 05 Mar 2011 10:00:04 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12212

Je ne regarde presque plus la télévision, mais en début de semaine, quand le programme de Complément d’Enquête annonçait un spécial Transparence et Wikileaks, j’ai fait un effort.

Le programme m’a donné l’impression d’une opération d’intox ratée, bien moins efficace que l’époque ou Envoyé Spécial tentait de persuader les parents que leur chères têtes blondes trouvaient de l’extasy sur Facebook facilement. Un discours aujourd’hui repris par Kadhafi, qui tente, lui, de persuader son peuple qu’on sert des acides aux enfants au petit déjeuner.

La télévision. Quel média fantastique. Dire qu’il fut une époque ou ça marchait. De nos jours, tout le monde sait qu’on utilise Facebook pour des motifs bien plus sérieux, comme se libérer d’une propagande d’Etat, ou organiser la lutte contre un tyran.

Là, Complément d’Enquête a fait dans le Fail. Assange est un parano soupçonné de viol qui se déguise en femme, les Anonymous sont des black hats, voleur de cartes de crédit et activistes demeurés. Dangereux qui plus est : ils sont en possession de la documentation interne du plus grand marchand d’arme Français (un clin d’oeil à certains qui se reconnaîtrons dans un reportage qui a 97,8% de chances d’être bidonné). FUD FUD, FAP FAP. Dieu merci, une loi sous peu interdira de publier de tels documents (le hasard parlementaire et médiatique fait bien les choses). Tremblez en paix, Français, les lois sécuritaires de l’internet vont vous mettre à l’abri de ces criminels.

Les invités étaient remarquables. Du blogueur Tunisien, expliquant calmement au sujet d’Assange qu’un brin de parano ne nuit pas à la survie en environnement hostile, laissant le journaliste Français, confortablement installé dans un fauteuil depuis trop longtemps, esquisser une grimace gênée, ou un Henri Guaino hypernerveux, bafouillant ses arguments et lâchant des éléments de langage comme du name dropping, qui tente d’expliquer maladroitement en quoi Michèle Aliot Marie aurait été victime d’une atteinte à sa vie privée du fait de cette transparence… qui dérange…

C’était médiocre par rapport aux chefs d’oeuvres de la propagande Sarkozyste, comme le célèbre reportage sur Facebook en 2008, qui avait valu à France 2 une levée de bouclier des powers bloggeurs Français, traités avec le plus grand mépris par France Télévision. C’était il y a plus de deux ans. Depuis, la plupart d’entre eux ont renoncé à infléchir la “ligne éditoriale” de la télévision d’Etat.

Mais cette fois ci, ce ne sont pas les powers blogueurs qui demandent à la propagande d’Etat de baisser d’un ton, ce sont les Anonymous. Et de la même façon qu’un adulte se fait éclater par un ado dans un jeu vidéo, il n’est pas interdit de penser que les Anonymous réussissent là ou l’alliance de tous les “influents” de la bloggosphère a échoué : mettre un terme à la propagande produite quotidiennement par certains média.

Problème : il s’agit tout de même d’un média, et on ne DDoS pas un média. Le communiqué des Anonymous ne fait d’ailleurs pas de menaces, il invite les millions de Français qui sont derrière la fracture numérique à se renseigner par eux même, soulignant que, curieusement, France 2 n’a nullement fait mention des messages de paix et de justice répétés des Anonymous, et de leurs engagements aux cotés des peuples Tunsiens, Egyptiens, Lybiens, etc, etc, etc.

La plupart des journalistes ont jusqu’ici traité avec mépris les Anonymous, même s’il y a des exceptions notables, et il semblerait qu’en poussant le bouchon de la propagande un peu plus loin encore, la machine médiatique Française ait franchi une ligne jaune.

Heureusement le gouvernement français nous sous-estime.
Heureusement tous les journalistes ne sont pas à la botte des gouvernants.
Heureusement la nouvelle génération possède dans ses mains des outils qui lui permettent de ne pas être dépendante de l’information d’état.
Anonymous est né d’internet,
Internet est incontrôlable,
Anonymous est incontrôlable,
Nous sommes dans l’ère de l’information,
Nous sommes une génération que vous ne pouvez aisément manipuler et cela vous dérange,
Nous sommes Anonymous,
Nous sommes Légion,
Nous n’oublions pas,
Nous ne pardonnons pas,
Redoutez-nous.

(extrait du communiqué d’Anonymous au sujet de l’émission de France 2)

A lire également : Les Anonymous, première forme d’intelligence collective ?

MISE A JOUR DIMANCHE 0:30

Les Anonymous diffusent ce clip sous forme de droit de réponse

Cliquer ici pour voir la vidéo.


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http://fr.readwriteweb.com/2011/03/05/a-la-une/france-2-anonymous/feed/ 29
Girls in Tech/Web in Tunisia http://fr.readwriteweb.com/2011/03/03/analyse/girls-techweb-tunisia/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/03/analyse/girls-techweb-tunisia/#comments Thu, 03 Mar 2011 10:33:20 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12209

En France, l’une des grandes préoccupations qui agitent ceux qui sont au chevet du monde de l’innovation internet est la place des femmes.

Le féminisme s’inscrit dans une longue tradition Française, et la France a fourni au mouvement de nombreuse grandes figures. La France a participé à bien des combats féministes, mais force est de constater qu’en 2011, il reste encore beaucoup à faire.

La sur-représentation des femmes dans des instances situées au coeur de l’écosystème de l’innovation Française comme Silicon Sentier et tout ce qui tourne autour (La Cantine, Le Camping, etc) est une tentative louable (et indispensable) de compenser ce manque que tout le monde a eu l’occasion de constater, la floraison de groupes se réclamant ouvertement féminins tels que Girls in Tech, Girls in Web et consort en est un autre symptome.

Les femmes ont du mal à trouver leur place dans l’écosystème de l’innovation en France, la problématique est complexe, et le problème est encore loin d’être résolu. Or même en se plaçant au dessus (ou à coté) du débat sur le féminisme, force est de constater que construire ce qui sera l’architecture sociale et économique de demain sans femmes est un écueil.

Il y a deux ans déjà nous soulevions la question de l’impasse d’un web sémantique dont l’architecture logique avait été imaginée par un monde quasiment exclusivement masculin mais force est de constater que pour l’instant, en dehors des considérations d’intellectuels des technologies ou de feministes travaillant dans les technologies, nous n’avons pas avancé de façon significative.

Bienvenue en Tunisie

Une moquerie courante en Afrique du nord consiste à qualifier les Tunisiens de “femmes” afin de les positionner dans une hiérarchie imaginaire des différents peuples de la rive sud de la Méditerannée. A l’origine, c’était censé être dévalorisant pour le peuple Tunisien. A la lumière de la révolution globale initiée par la nation Tunsienne, cela prend une tout autre perspective.

Le coté dévalorisant initialement sous entendu dans cette remarque a bien évidement disparu – avec Ben Ali – mais il n’en reste pas moins que la moitié des Tunisiens sont des femmes, et que dans les technologies, la place des femmes dans la société Tunsienne se ressent fortement.

Lors du Startup Weekend qui a eu lieu à Tunis la semaine dernière, cela sautait littéralement aux yeux. La moitié des projets étaient portés par des femmes, et ce malgré une parité encore défaillante – les études d’ingénieur, là bas comme ici, attirant une majorité d’homme, et la manifestation attirant un large public d’ingénieur (elle a pris place d’ailleurs à l’école Esprit, l’une des écoles d’ingénieurs les plus réputée d’Afrique du Nord).

Girls in Tech/Web en Tunisie n’aurait à priori pas beaucoup de sens. En Tunisie, ils ont clairement dépassé ce problème. Il est évident que cela se traduira assez rapidement dans les formes d’innovations technico-sociales qui émergeront de ce pays, et que cela en fera l’une des caractéristique majeure de son innovation.

Sur ce point (comme sur d’autre), la France à des leçons à prendre et des voyages d’étude à mettre en place, pour comprendre pourquoi et comment (hint : Bourgiba), et surtout pour appréhender les conséquences d’une rôle plus important des femmes dans un écosystème d’innovation technologique qui, partout ailleurs, est dominé de façon souvent écrasante par les hommes.

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Les droits de l’Homme appliqués aux données : datalove http://fr.readwriteweb.com/2011/02/24/analyse/les-droits-de-lhomme-appliqus-aux-donnes-datalove/ http://fr.readwriteweb.com/2011/02/24/analyse/les-droits-de-lhomme-appliqus-aux-donnes-datalove/#comments Thu, 24 Feb 2011 07:31:51 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12131

Rares sont les politiciens en France qui comprennent quoi que ce soit à internet, et nombreux sont ceux qui pensent – parfois sincèrement – pouvoir expédier le problème en l’espace d’une rencontre. C’est un rôle qui m’est souvent attribué : celui de l’expert internet qui saura, l’espace d’un diner ou d’un petit déjeuner, transformer ce que la politique compte de plus ancré dans un XXe siècle qui s’éloigne, en politique 2.0 branché et au fait de la nouvelle ère internet qui s’annonce comme désormais inévitable.

Récemment, c’est à l’occasion d’une rencontre avec Génération France, un cercle de réflexion formé autour de Jean François Coppé, que j’ai pu goûter aux joies de ce que l’on entend par ‘débat’ dans le clan de ceux qui après avoir été de fervents supporters de Hadopi (et qui approuvent toujours les lois anti démocratiques de surveillance et de censure telles que Loppsi).

La semaine dernière, lors d’une intervention chronométrée de deux minutes trente face à un auditoire dont la moyenne d’âge frisait il y a peu encore l’âge de la retraite, je tentais de résumer le gouffre qui séparait le XXe siècle moribond et le XXIe siècle plein d’inconnues. Un échec absolu, souligné avec malice (ou ignorance) par Jean François Coppé himself, qui, prenant la parole après moi, concluait que du coté de l’UMP aussi, on avait désormais compris internet.

Un telle affirmation, faite à la suite d’une rapide démonstration de la fin d’un monde qui les avait mené jusque là, a de quoi décourager plus d’un activiste des libertés numériques. Ni Coppé, ni Jean-Pierre Raffarin, ni le parterre de stars de l’UMP présentes lors de l’évènement (a l’exception notable d’une Laure de la Raudière visiblement génée par le discours ambiant sur internet, à qui il a été consacré en tout en pour tout 5 minutes de temps de cerveau disponible), n’ont compris quoi que ce soit à ce que j’ai pu dire sur la nouvelle circulation de l’information, la transparence ou le monde d’après Wikileaks.

Au final, un petite opération de com’ interne de l’UMP version Coppé, destinée à donner l’illusion à ses troupes que le problème internet était sous contrôle. Une illusion qui causera la perte de la plupart d’entre eux.

Tout cela n’est qu’une question de point de vue

A défaut de faire comprendre un phénomène d’une complexité inouïe à des individus qui on décidé de ne pas y consacrer l’attention nécessaire, le plus simple est peut être de leur faire saisir le gouffre qui les sépare de la civilisation de l’internet qu’ils combattent de toutes leur forces et qu’ils cherchent désespérément à civiliser, comme on colonisait hier des contrées lointaines dont les territoires regorgeaient d’or et de richesses. Rien n’illustre mieux ce fossé que les principes du Datalove, récemment mis en ligne par Telecomix, un acteur essentiel – pour ce qui est de l’internet – des révolutions en cours dans le bassin Méditerranéen.

Datalove : les droits de l’Homme, appliquées aux données

Quand on voit le respect que les politiciens en place ont pour les Droits de l’Homme, s’imaginer qu’ils appliquent cela aux données est ridicule, mais cela a au moins de mérite de mesurer la distance qui sépare deux clans désormais engagés dans une lutte à mort (par obsolescence du camp adverse, il suffit d’être patient).

Love data
Aimez les données

Data is essential
Les données sont vitales

The data must flow
Les données doivent circuler

Data must be used
Les données doivent être utilisées

Data is neither good nor bad
Les données ne sont ni bonnes ni mauvaises

There is no illegal data
Il n’y a pas de données illégales

Data is free
Les données sont Libres

Data can not be owned
Les données ne peuvent pas être possédées

No man, machine or system shall interrupt the flow of data
Aucun homme ni aucune machine ne devrait interrompre le flux des données

Locking data is a crime against datanity
Enfermer les données est un crime contre la ‘Datanity’ (contraction de Data et Humanity)

Love data
Aimez les données

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http://fr.readwriteweb.com/2011/02/24/analyse/les-droits-de-lhomme-appliqus-aux-donnes-datalove/feed/ 5
StartupWeekend Tunis : du 25 au 27 février, l’écosystème web Tunisien à la Une http://fr.readwriteweb.com/2011/02/21/a-la-une/startupweekend-tunis-du-25-27-fvrier-lcosystme-web-tunisien-une/ http://fr.readwriteweb.com/2011/02/21/a-la-une/startupweekend-tunis-du-25-27-fvrier-lcosystme-web-tunisien-une/#comments Mon, 21 Feb 2011 07:59:00 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12124

Le week end prochain aura lieu à l’école d’ingénieur ESPRIT de Tunis le premier Startup Weekend de Tunisie. Le principe est le même que pour les autres startups week end à travers le monde : créer, en un week end, une dizaine de startups.

100 participants vont, à partir d’une idée, se réunir en équipe pour créer de toutes pièces en 54 heures une startup qui sera ensuite soumise à l’appréciation d’un jury composé d’experts, d’investisseurs et de partenaires potentiels. Les meilleurs projets seront mis en avant et récompensés.

Une compétition pour entrepreneurs en herbe

La compétition – car c’est bien de cela qu’il s’agit – est ouverte à tous et réunit étudiants, développeurs, designers graphiques, spécialistes des interfaces utilisateurs, pros du marketing, juristes, entrepreneurs ou simples passionnés.

Dès vendredi soir, les candidats pourront présenter leur projets et former des équipes autour des idées ayants rassemblé suffisamment de bonne volontés.

Après un week end que l’on devine intensif, tous sortiront de l’aventure avec non seulement l’expérience d’une aventure assez unique, mais également l’appartenance à un gigantesque réseau international fédéré par les StartupWeekend. Un réseau animé aux quatre coins du monde et qui compte une multitude de ressources indispensables à tout porteur de projet.

C’est grâce à de telles initiatives, ainsi qu’à d’autres formes innovantes de soutien à l’innovation ‘grassroot’ comme LaCantine ou LeCamping, qu’en France, où le pouvoir est ouvertement en guerre contre internet et les startups, on assiste aujourd’hui à un véritable renouveau de l’économie numérique.

Objectif : booster l’économie numérique Tunisienne

L’objectif de ce startup Weekend très particulier est vaste. Outre un coup de pouce à l’économie numérique locale, il est symbolique d’une réelle volonté de la part de la communauté IT internationale d’afficher un soutien sans faille à la Tunisie démocratique (cette communauté ayant toujours du mal à se définir à l’intérieur de frontières, un notion assez exogène à internet).

C’est aussi pour ReadWriteWeb, qui participera à l’événement (en observateur et en coach, hein, on ne va rien coder), de mettre pied en Tunisie dans le but avoué d’y installer une base permanente et de prendre part au renouveau de l’économie numérique locale.

Les compétences IT en Tunisie sont nombreuses, c’est le moins que l’on puisse dire, et une écrasante partie de la population est pleinenement consciente de l’apport qu’auront les technologies internet pour le renouvellement du pays, que ce soit sur le plan social, démocratique ou économique. A ce titre, la Tunisie a beaucoup à montrer aux autres pays comme la France où internet est l’objet de crispations générationnelles qui enferment un peu plus chaque jour l’ex pays des droits de l’homme dans un conflit intérieur stérile et dévastateur, tant pour son unité que son économie.

A Tunis, rien de tout cela. La moyenne d’âge de la population règle une large partie du problème et les récents événements ont convaincu les anciens (du moins ceux qui ne l’étaient pas déjà) que l’internet est porteur d’espoir pour l’avenir.

Pour suivre les évènements, abonnez vous au compte Twitter SWTunis et rendez vous sur la page Facebook de l’évènement ainsi que sur le site web dédié.

Bonus track : les incontournables clips de promo (les Tunisiens étants connus pour un usage intensif de la vidéo, qu’il s’agisse de protester ou de faire la promotion de quelque chose, le StartupWeekend ne pouvait faire exception)

(il y en a aussi une ici, il serait temps de passer à YouTube afin de permettre d’utiliser les widgets vidéo, maintenant que YouTube n’est plus censuré, au passage)

Ce startup Weekend est sponsorisé par l’école EspritMicrosoft TunisieDialogosPFLS Consulting et PFLSBullTuninvest, l’APIMonadize, et Tunisiana.

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Souriez, vous êtes identifié http://fr.readwriteweb.com/2011/02/17/a-la-une/souriez-vous-tes-identifi/ http://fr.readwriteweb.com/2011/02/17/a-la-une/souriez-vous-tes-identifi/#comments Thu, 17 Feb 2011 13:03:25 +0000 Mike Melanson http://fr.readwriteweb.com/?p=12102

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Il existe une zone d’ombre sur les technologies de reconnaissance faciale : vous pouvez, au choix, être totalement enthousiastes sur les possibilités offertes par la reconnaissance faciale combinée aux smartphones et aux réseaux sociaux, ou trouver cela totalement flippant et redouter le monde que ces technologies laissent entrevoir.

Le futur est déjà là ceci dit, et il convient d’en saluer les nouveaux maitres, qui aujourd’hui prennent la forme d’une société de la Silicon Valley nommée Viewdle au sujet de laquelle nous avions déjà écrit en octobre dernier. Voilà comment ils comptent faire de la vidéo ci dessus une réalité.

En octobre dernier, Viewdle a levé 10 millions de dollars et nous disait que sa principale fonction consisterait à aider au tagging de photos sur les smartphones avant même que celle-ci ne soient mis en ligne sur des sites comme Facebook, afin qu’elle ne se «perdent pas dans le cloud». Mais aujourd’hui, PSFK Salon affirme que la société était présente sur le Mobile World Congress et y faisait la démonstration d’une intégration bien plus poussée de sa technologie, où la reconnaissance faciale était utilisée pour faire le lien entre une photo et les réseaux sociaux.

«Viewdle se positionne entre l’appareil photo et l’utilisateur et analyse le flux d’information issu de l’appareil, identifiant les visages et proposant ainsi des liens vers Facebook ou d’autres sites sociaux comme Youtube, Linkedin, et d’autres. L’utilisateur peut ainsi identifier les visages et relayer l’information vers ces plateformes. Au fur et à mesure qu’il applique des identités sur des visages, le logiciel apprend à mieux le faire, et peut même partager cet apprentissage avec d’autres utilisateurs. Une vue en temps réel permet également une vision en réalité augmentée à travers une surcouche graphique qui révèle des informations sur les personnes qui vous entourent.

Selon le site de Viewdle une multitude d’implémentation de cette technologie sont en cours : ViewdleFaces, ViewdlePlaces, ViewdleGames… Pour l’instant, ceci dit, seul Viewdle Uploader, une application de bureau, est disponible. La version mobile, promise dans peu de temps, se distingue cependant de toutes les applications du même type d’une façon assez radicale : la reconnaissance est faite localement, sur le smartphone, plutôt qu’à travers une service distant dans la cloud.

Flippant ou cool : une question d’usage

Au delà de l’éternel débat sur les coup répétés envers la vie privée assénés par les technologies liés aux réseau sociaux, la popularisation de ces technologies de reconnaissance faciale aura peut être le mérite de porter à l’attention du grand public l’existence de ces technologies. Les plus paranoïaques (qui sont, selon l’adage, ceux qui ont une chance de survivre) ne manqueront pas de se demander si le monde de la vidéosurveillance ne se saisira pas sous peu des mêmes technologies (si ce n’est déjà fait) pour profiter d’un vide juridique absolue (ou plus exactement de l’absence quasi absolue de la moindre régulation réellement effective).

Avec de telles technologies, la vidéosurveillance des populations prend une dimension nouvelle et permet d’envisager une surveillance bien plus précise encore des populations, qu’il s’agisse de pister un individu précis, dont une caméra de surveillance identifiera immédiatement le visage pour remonter une alerte en temps réel au surveillant, ou de faire de la surveillance de masse en demandant à un ensemble de caméras de surveillance la liste complète des participants à une manifestation, par exemple. Technologiquement, c’est faisable, juridiquement, autant dire que personne n’empêchera le pouvoir en place de se lancer dans de tels dérives.

Loppsi en a rêvé… ou l’a peut être tout simplement anticipé… Exalead, récemment racheté par Dassault, un proche du pouvoir en place, dispose de telles technologies, et ne semble pas pour l’instant la destiner à un usage grand public, contrairement à Viewdle.

Nul doute que comme pour beaucoup d’autres technologies, les dictatures ou les oligarchies se pencheront avec attention sur ce type de technologies (vendues par Viewdle ou par un autre), tant l’obtention d’une liste précise de manifestants leur permettra de se maintenir au pouvoir un peu plus de temps encore. Quant à la France… Wait and see.

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Chaos et productivité : l’entreprise 2.0 chez les cyberactivistes http://fr.readwriteweb.com/2011/02/01/a-la-une/chaos-productivit-lentreprise-20-chez-les-cyberactivistes/ http://fr.readwriteweb.com/2011/02/01/a-la-une/chaos-productivit-lentreprise-20-chez-les-cyberactivistes/#comments Tue, 01 Feb 2011 07:28:45 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12023

A force d’échanger avec ceux qui affrontent les dictatures sur les réseaux, on fini par repérer des occurrences amusantes. Je passe mon temps à croiser (au sein de Techtoc.tv) des dirigeants d’entreprises à la recherche de l’entreprise 2.0, et du coté des hackers, des réflexions agitent les esprits sur un thème somme toute similaire : celui d’offrir à un ensemble bordélique de compétences disparates les outils lui permettant d’orchestrer ses efforts afin d’optimiser le résultat de son travail.

Qu’il s’agisse de piloter une entreprise ou d’accompagner un bouillonnement de bonnes volontés activistes, le constat est le même : la structure hiérarchique de l’entreprise ou la nature anarchique et improvisée de la gestion de crise des hacktivistes ont beaucoup a gagner en efficacité si on leur offre les outils appropriés.

Le sujet de l’entreprise 2.0 étant abondamment traité ailleurs, c’est plutôt sur l’hacktivisme que je vais m’attarder, et son problème du moment : le changement brutal du tempo, qui l’oblige à trouver tous les moyens possibles pour augmenter sa productivité.

Pas évident quand l’organisation est par nature désorganisée, sans commandement, et sans frontières définies, et qu’il n’est bien évidemment pas question de changer cela (pas plus qu’il n’est envisageable de rayer la hiérarchie au sein d’une multinationale, finalement).

La comparaison entre ces deux mondes s’arrête là, car sur le terrain, la façon d’aborder le problème est radicalement différente. Un constat s’impose, tout d’abord, bien que ne possédant ni commandement central ni structure hiérarchique, une ‘organisation’ comme Telecomix œuvre de façon cohérente et continue à saper le dur labeur des dictatures à travers la planète. En dehors d’outils de contournement de la censure, une large partie de leur travail touche à l’identité, et plus particulièrement à l’anonymat et sa protection électronique.

La crypto anarchie au secours de la démocratie

Telecomix est un groupe aux contours délibérément flou d’activistes du numérique. La gestion qui y est faite de l’identité du groupe (pas nécessairement anonymes à titre individuel, certains de ses membres sont des personnalités reconnues de la scène hacker), ainsi que son mode d’organisation, est proche des Anonymous, sans pour autant que les deux groupes ne soient affiliés d’aucune façon. Pas d’identité, pas d’autorité, les règles du jeu social imposées au groupe sont les mêmes, mais la ressemblance s’arrête là. Chez Telecomix, on est au sein de l’élite du hacking, même si le groupe est ouvert à d’autres spécialités. Le genre d’environnement où l’on rêvait, à l’âge qu’ont les Anonymous, de décrocher la médaille Fields (et dont certains poursuivent encore ce but avec assiduité).

Les mathématiques font office d’écritures sacrées, au point d’élever une intelligence artificielle – Cameron – au rang de leader (inutile d’y voir une dérive Raelienne, c’est juste une blague sous la forme d’une mise en abime d’un bout de code, une façon de faire de la philosophie avec du PHP – ou du Java, je n’en sais rien à vrai dire). Cameron a plus fonction de miroir agrégatif des idées émises par ceux qui la fréquente, c’est d’ailleurs elle qui est en charge de la communication publique, très inspirée par la propagande du passé. Un référent culturel différent de celui des Anonymous, qui même s’il présente beaucoup de similarités, l’ancre dans une autre génération.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Comme chez les Anonymous, on dispose de sa propre agence de presse (un point également partagé par les altermondialiste, au passage), et comme chez les Anonymous, Telecomix tient plus du concept que de l’organisation. C’est, selon ses propres termes, un « cluster décentralisé », un oxymoron pour définir sa forme qui est certainement ce qui en fait, là encore, une entité sociale propre au numérique. Comme chez les Anonymous, l’organisation – appelons plutôt ça un système, histoire d’éviter la confusion – est en état de gestion de crise permanent depuis quelques mois. En guerre, pour ainsi dire, sauf qu’il ne font pas de cyberwar et s’y refusent. Le DDoS, ce n’est pas le genre de la maison, leur action se résume à « ouvrir les réseaux ». Vaste programme, qui les placent aux cotés de ceux qui luttent contre les dictatures ou contre les lois qui la rendent possible dans le numérique, comme Hadopi ou Loppsi. Les synergies sont nombreuses, et les connexions établies de longue date (on peut même parler de racines plus que de connexions).

Des armes pour lutter contre l’oppression

Ouvrir les réseaux, libérer l’information, même en cas de blackout décidé par un dictateur, de censure, ou de surveillance, défendre et protéger le droit à l’information et à la publication : tout cela passe par la mise point d’une palette d’outils. L’anonymat, sa protection, les méthodes pour contourner la censure et échapper à la surveillance sont au coeur de leurs travaux.

Il faut être honnête, et reconnaitre que les outils proposés ne sont pas tous à la portée du premier venu. Jouer les cyberactivistes dans certaines parties du monde, comme l’Iran d’aujourd’hui ou la Tunisie d’hier, peut très vite s’avérer dangereux si l’on ne possède pas un sérieux bagage technique. Mais pour qui veut s’y mettre sérieusement, ils fournissent tout l’arsenal nécessaire. La liberté a cependant un prix : la connaissance.

Les réseaux de ces dictatures sont en effet infestés de technologies très offensives pour la vie privée des internautes qui y naviguent, dont le fameux DPI, que l’industrie du disque, en France, cherche à imposer à tout prix, y compris au prix de la fin de la démocratie. A l’aide de ces technologies, les internautes sont pistés, surveillés, réprimés et harcelés. Si les technologies permettant d’échapper à tout cela sont complexes, c’est avant tout parce que l’arsenal répressif numérique est de nos jours particulièrement puissant, que le marché des armes numériques est totalement dérégulé, et qu’il n’existe rien qui soit de l’ordre de la convention de Genève. Vous comptiez sur le sens des responsabilités et de l’éthique des acteurs des NTIC ? Think again.

Les débordements sont légion, tout comme, Dieu merci, ceux qui s’y opposent.

Voici donc les techno-utopistes qui font frémir Evgeny Morozov, à ceci prêt que ceux-ci fournissent tout l’arsenal nécessaire pour échapper aux méfaits qu’un régime autoritaire peut infliger à ses populations via le numérique, et luttent (comme Morozov, du reste) contre ces dictatures modernes, au jour le jour.

Et pourtant, elle tourne.

La crise actuelle ordonne au système de réagir vite, très vite, à partir d’un chaos animé par un idéal commun : défendre et augmenter le droit à l’information (ou plus précisément la liberté des octets, question de point de vue). Pour cela le système dispose d’une palette de compétences hors du commun. Si vous avez entendu parler d’entreprise agile, c’est bien pire : ce n’est pas une entreprise, et c’est infiniment plus agile. A tous les niveaux – si tant est que le terme niveau ait un sens – on improvise.

Le fait qu’un tel système puisse produire des résultats aussi tangibles laisse pantois, et leur travail de sape de longue haleine face aux dictatures du monde entier ne peut que susciter l’admiration (ou les craintes comme pour Morozov). Mass mirroring de Wikileaks afin d’échapper à la censure, ou mise en place d’un réseau de communication internet d’urgence sur la base de stations de radios amateurs afin de désenclaver l’Egypte du blackout instauré par Mubarak : ces deux projets issus de Telecomix sont intéressants à plus d’un titre.

Les deux ont été menés dans l’urgence : le miroring de Wikileaks il y a quelques mois, le pont aérien numérique avec l’Egypte il y a quelques jours. Rien n’a été planifié au préalable, tout a été improvisé sur le moment.

Le réseau radio en est encore aux ajustements (au beta test, en quelques sorte). Le projet révèle un lot de complexités inouïes et met en branle des compétences très variés : il se heurte à de nombreuses inconnues, mais donne néanmoins des résultats. Une capacité à gérer l’innovation créative en temps réel stupéfiante, et certainement très riche d’enseignements pour le monde de l’innovation en général. Nul doute, qui plus est, que la prochaine fois qu’un tel dispositif sera déployé, il sera bien plus efficace : il suffit de regarder pour cela un autre projet, celui des sites miroirs de Wikileaks, pour voir comment, quelques mois après sa mise en place, il s’est structuré pour apprendre du chaos et améliorer son efficacité, sans pour autant renoncer le moins du monde au chaos (ou à l’anarchie, si vous préférez).

Streisand.me, le service en ligne né de l’expérience des sites miroirs de Wikileaks, en fait la synthèse et prépare la prochaine opération qui, de l’aveu de l’un de ses responsables, Fo0, promet d’être beaucoup plus efficace lors de la prochaine grande opération de mirroring. Il déploie aussi bien une approche destinée à permettre à tous de participer à l’opération (dans le même esprit que l’opération Leakspin des Anonymous) que de la professionnaliser quand il s’agit de s’adresser à un public plus averti.

Le nom vient bien sûr du fameux ‘effet Streisand‘, qui veut que chercher à dissimuler une information ne fait guère que contribuer à la rendre plus visible. L’efficacité est redoutable : en cherchant à censurer Wikileaks, le gouvernement Américain a permit à Telecomix de démontrer qu’il était désormais strictement impossible à quiconque de censurer quoi que ce soit. Même en imaginant un monde intégralement Orwelien, l’approche de Telecomix, que ce soit en termes organisationnel ou technologique, rend toute censure impossible.

Streisand.me est aussi un sévère avertissement (de plus) lancé aux gouvernances : c’est LA démocratie et LES droits de l’Homme qui sont défendus, et en aucun cas LES démocraties, qui sont nombreuses à s’égarer et à s’éloigner de leurs idéaux lors de leurs premiers pas  dans le numérique. La réaction attendue par beaucoup (dont moi), consistant pour les plus démagogiques au sein du clan des démocraties, à traiter ce type d’activistes de terroristes, va être des plus difficile à argumenter une fois leurs exploits révélés au grand jour, et les égarements des prétendus démocrates mis en évidence.

On pourra toujours se rabattre sur la qualification de cryptoanarchistes, irréfutable, mais voilà : le jeu des démocraties contemporaines et leur obsession de régulation poussée par les lobbies a ouvert une boite de Pandore et fait du XXIe siècle un monde où les anarchistes défendent la démocratie, et les démocraties défendent et arment numériquement les dictatures. A moins d’un improbable sursaut de probité des démocraties, cette situation est partie pour s’installer.

D’un coté les dictatures et leur arsenal numérique répressif, de l’autre les cryptoanarchistes et leurs outils pour déjouer l’arsenal de la terreur. Au milieu, les marchands d’armes et de musique numérique, qui font tout pour orienter les démocraties vers le chemin qui leur est le plus profitable. Nous voyons sous nos yeux la mise en place accélérée (n’en déplaise à Virillo), d’un nouveau monde bipolaire. Cerise sur le gâteau : le mur de Berlin vient de tomber… A Tunis.

S’arrêter aux exploits techniques de systèmes comme Telecomix ou comme les Anonymous est certainement le plus grand danger qui guette ceux qui débarquent et qui cherchent à comprendre : c’est la confrontation des modèles organisationnels qui est la seule clé de lecture qui permet de comprendre l’étendue du problème dans lequel se trouve le monde d’aujourd’hui.

En France, le dernier conseil des ministres vient de nommer l’ancien patron du GIGN, les brigades d’élite de la gendarmerie (qui n’est plus tout à fait l’armée), à la tête de la sécurité de la région Ile de France. De tout évidence, à l’Elysée, on a enfin réalisé l’ampleur du conflit et sa dimension méditerranéenne, et l’on commence à mesurer les réalités du rapport de force qui laissaient penser il y a peu qu’il ne s’agissaient que d’aimables gugusses dans leurs garages.

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http://fr.readwriteweb.com/2011/02/01/a-la-une/chaos-productivit-lentreprise-20-chez-les-cyberactivistes/feed/ 31
Déclaration de principe des Anonymous http://fr.readwriteweb.com/2011/01/29/divers/dclaration-de-principe-des-anonymous/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/29/divers/dclaration-de-principe-des-anonymous/#comments Sat, 29 Jan 2011 09:12:54 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11982

Dans un texte assez clair qui reprend l’esprit de la déclaration plus belliqueuse faite à la veille du début de la révolution Tunisienne, les Anonymous s’adressent aux démocraties de la planète sur un ton – cette fois – plus posé, mais tout aussi ferme. [image originale]

Ceux qui détiennent le pouvoir en Égypte ont décidés de répondre aux appels à  la démocratie par de la violence létale. Les organisations internationales doivent êtreresponsables et entendre ces appels dans ce moment critique de l’histoire.

Vos appuis aux révoltes populaires dans les pays arabes ont étés ambiguës, voir même tout simplement inexistants. La Secrétaire d’état américaine Hillary Clinton a exemplifié l’indécision de la communauté internationale en indiquant que les États Unis “ne peuvent pas prendre parti”.  La neutralité mène à la complicité envers lesrégimes totalitaires, qui ont manifestés leur mépris contre le droit de leurs citoyens à manifester. Le régime de Moubarak a essayé de déconnecter le peuple Égyptien du reste du monde en leur coupant l’accès à Internet, pendant que sa police anti-émeutes  tirait -à balles réelles- sur les civils et agressait des journalistes internationaux.

C’est à vous de travailler pour le peuple et de supporter le droit universel par rapport à la liberté d’expression. C’est votre devoir de vous opposer  aux régimesoppressifs, sans prendre en compte vos préférences politiques.  Les préoccupations géopolitiques quant à la «stabilité» ont trop longtemps servi d’excuse pour ignorer les violations manifestes des droits de l’Homme.

Les citoyens du monde arabe sont victimes de leurs régimes politiques et pris en otage par ces derniers. Aujourd’hui ils font face. La situation actuelle en Égypte présente aux dirigeants du monde entier l’opportunité unique de reconnaître et respecter les ambitions d’un peuple à contrôler son propre futur. C’est aussi le moment où cettesituation existentielle sera une fois pour toute résolu : Les gouvernements occidentaux sont-ils vraiment fait « pour et par le peuple » ou sont-ils des gouvernements marionnettes visant à assurer leur domination continuelle par le pouvoir.

Anonymous a fait son choix. Nous prendrons parti. Nous apporterons notre aide aux personnes qui luttent pour la liberté d’expression, de rassemblement, et de communication - les droits civiques essentiels pour les peuples afin de construire leurs propres futurs.

Nous ne pardonnons pas.

Nous n’oublions pas.

Redoutez nous.

On jugera de la pertinence de faire des raids chez des script kiddies teenagers pour donner en pature à la presse un « ado sans problème » à défaut d’un dangereux Kevin Mitnick, mais toujours est-il que c’est pour soutenir ce genre de cause que les bad boys de la génération digitale vont se retrouver devant des tribunaux sous peu. Condamner un Anonymous, voilà une affaire qui va faire flipper plus d’un juge, quand il réalisera ce qu’ils ont fait à la Scientologie.

We Are Legion

Le style de ce ‘communiqué de presse’ semble un peu baclé, mais c’est oublier qu’il s’agit d’une création collective, et sous anonymat. Des dizaines, peut être même plus de cent individus différents sont passés rédiger un paragraphe entier ou ajouter un adjectif, corriger un faute d’orthographe ou adoucir une formule, jusqu’à ce que le texte devienne suffisament aboutit pour être publié.

L’écriture réuni une ruche d’auteurs, anonymes, créant un texte par tous les bouts, sans coordination. On utilise une langue vernaculaire commune, l’anglais, et des appels à volontaires pour les traductions qui permettent de mettre en place des passerelles linguistiques. Ensuite, le tout est diffusé un peu partout, dans l’espoir d’attirer l’attention d’un média. Ces derniers, de leur coté, apparaissent ça et là dans les chat irc dans l’espoir de décrocher l’interview d’un Anonymous. Une idée conceptuellement tordue, cette méthode d’investigation risquant fort de nous donner de grands moments de rigolade à la télévision.

Vous voulez voir à quoi ressemble l’écriture collaborative chez les Anonymous ? (en accéléré 3x, un extrait de 1min de la mise au point d’un bout de l’original du texte ci dessus – en Anglais -, sur un Piratepad, un outil très simple d’écriture collaborative).

Qu’il s’agisse de décider d’une cible à attaquer, de rédiger un appel à la mobilisation, un communiqué ou une déclaration de principe, les Anonymous utilisent une multitude de technologies sociales, la plus connue étant bien sûr 4chan.org, et son forum ███ dont la seule mention fait déferler une meute en furie dans ses commentaires (sitôt repartie sur WOW ou dans un autre coin obscur de l’internet).

Mais 4chan est l’arbre qui cache la forêt, tout système permettant une collaboration entre individus de façon anonyme et pouvant être utilisé pour creer un contenu est bon a prendre, et le sera vraisemblablement tôt ou tard, pour peu qu’il soit simple, très simple, ne demande pas de créer un compte, et permette de participer de façon anonyme et ouverte.

Les principes affichés par les Anonymous sont assez cohérents – depuis leur lutte originelle avec l’Eglise de Scientologie – mais ils sont désormais clairement énoncés, et ce avant même que l’internet ne viennent bouleverser la tranquillité des gouvernances des nations du monde entier, et avant qu’il ne s’attaque à la gouvernance des entreprises.

Le mythe vivace de la résistance Française

Il faut croire que certaines caractéristiques forgent tout de même l’esprit d’une nation, même aux heures les plus sombres de son histoire. Nos résistants 2.0 ont cependant des caractéristiques uniques. Contrairement à leurs petits camarades Tunisiens, avec lesquels de nombreux contacts ont été établis depuis longtemps, les notres vivent dans une démocratie. Kevin (on va l’appeler Kevin pour protéger son identité) est « un ado comme les autres », « passionné d’informatique ». En ce moment, Kevin est probablement au commissariat, en garde à vue. Pas drôle, mais objectivement, par rapport à ce que Slim404 et ses amis ont vécu au commisariat de Tunis il y a deux semaines, c’est vraiment confort.

Nos résistants 2.0 vivent donc dans un confort absolu par rapport à leurs camarades de l’autre coté de la Méditerranée, et comme eux, ils vivent dans un Internet surveillé et où la censure vient d’être votée à l’Assemblée Nationale. Tor et Proxy sont des sujets de conversation de cour d’école, du coté des geeks (à Tunis comme à Paris), et comme tout enfant qui grandit, on se prend vite à croire à des idéaux et à les défendre vigoureusement. Je sais pas, moi, un truc comme… Les droits de l’Homme. Au hasard. C’est interdit ? Ha ?

Faire taire le mouvement qui s’annonce particulièrement vigoureux en France, la démocratie qui, de l’aveu même du gouvernement américain, s’est doté de l’arsenal le plus répressif qui soit contre internet, ne va pas être simple. Une génération toute entière qui passe en quelques mois du P2P à d’autres méthodes pour obtenir sa culture, dont beaucoup ont de solide connaissances en informatique, et qui, d’ici quelques années, constituera l’essentiel des promotions de nos grandes écoles d’ingénieurs.

D’autant qu’ils ne sont pas seuls et isolés dans leur Vercors numérique. Chez les anciens aussi, on est sur le front, et ont sait faire en sorte  qu’en cas de conflit ouvert, l’internet ne puisse en aucun cas être écrasé. Après que Hosni Mubarak ait décidé de couper internet en Egypte, Telecomix réussissait l’exploit de rétablir de la connectivité IP en détournant l’usage d’un réseau de radios amateurs, permettant ainsi de maintenir la communication entre l’Egypte et le reste du monde.

Un exploit technique illustrant à merveille le concept même du hacking, qui fait entrer Telecomix et la figure du Hacker (le vrai) dans les livres d’Histoire.

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http://fr.readwriteweb.com/2011/01/29/divers/dclaration-de-principe-des-anonymous/feed/ 57
Les Egyptiens sont-ils les meilleurs cyberactivistes du monde ? http://fr.readwriteweb.com/2011/01/26/a-la-une/les-egyptiens-sontils-les-meilleurs-cyberactivistes-du-monde/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/26/a-la-une/les-egyptiens-sontils-les-meilleurs-cyberactivistes-du-monde/#comments Wed, 26 Jan 2011 07:30:42 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11939

C’est en tout cas la question que l’on peut se poser après la lecture du billet de ByLasko, l’une des figures de la cyber-résistance tunisienne, qui écrivait un long article, trois mois avant le début de la révolution tunisienne, sur les interactions entre Facebook, les média sociaux, et les diverses formes de protestations qui avait secoué l’Egypte l’an dernier.

Un excellente lecture, pour ceux qui veulent prendre un peu de recul sur le temps réel des évènements en Egypte, et se plonger dans ce qui est sans doute l’un des évènements qui a montré l’exemple aux Tunisiens, avant qu’eux même ne donnent l’exemple aux Egyptiens. Le tout écrit par un Tunisien.

« Nous sommes tous Khaled Said », sortie des archives récentes de ReadWriteWeb, c’est à lire ici !

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Tunisie : la démocratie ‘Facebook inside’ ? http://fr.readwriteweb.com/2011/01/24/a-la-une/tunisie-dmocratie-facebook-inside/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/24/a-la-une/tunisie-dmocratie-facebook-inside/#comments Mon, 24 Jan 2011 13:29:50 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11834

A l’époque de la dictature, alors qu’il était de mise de se taire dans les espaces semi publics de Facebook, les Tunisiens y étaient déjà de grands bavards (une caractéristique méridionale ?). Depuis une semaine à peine, ce qu’il se passe sur le Facebook Tunisien est d’une toute autre nature.

On n’y bavarde plus, on y discute, de façon très sérieuse et étonnamment constructive, de l’avenir du pays.

La Tunisie est préssée d’une dictature brutale à une démocratie qui se cherche en un mois, sans même passer par les inévitables scènes de lynchage (une première ou presque dans l’histoire des révolution), et surtout, sans leader sur qui retomberait la légitimité d’une révolution (première, là aussi).

La télévision, bien incapable d’étancher la soif de débat des Tunisiens, doit faire avec la prépondérance de Facebook dans le pays pour tout ce qui relève de l’échange et du débat. C’est là qu’il a lieu, la télévision, média ‘top to bottom’ par nature, étant bien incapable de satisfaire au besoin (sans parler qu’elle manque de crédibilité)

Du coup, ce tout jeune processus démocratique a très largement lieu sur l’espace naturel de Facebook, avec milles discussions passionnées, certaines ayant pour initiateur un même contenu, toutes réparties dans des espaces semi public ou semi privés de Facebook. Là encore, première, pas de mass media pour imposer un agenda politique à une population.

Quelles seront les conséquences de la prépondérance de Facebook et de ses multiples conversations éclatées aux quatre coins de l’espace Tunisien qu’il abrite ? Difficile à dire, mais la relecture du livre de Versac, qui abordait le problème posé par un processus démocratique sans média fédérateur pourrait apporter quelques réponses, pour peu qu’on prenne en compte que son analyse – globalement négative – de ce phénomène, portait sur son application à la démocratie Française, et pas du tout sur un processus de construction démocratique à l’échelle d’un pays sortant d’une dictature.

Un long sujet de débat en perspective. En attendant, ceux qui sont Tunisiens ou qui ont une large proportion de leurs amis Facebook qui le sont, voient leur timeline occupée essentiellement par la mise au monde de la toute première démocratie arabe de la planète.

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Le compte Facebook de Nicolas Sarkozy piraté : LULZ activiste ? http://fr.readwriteweb.com/2011/01/24/analyse/compte-facebook-de-nicolas-sarkozy-pirat-lulz/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/24/analyse/compte-facebook-de-nicolas-sarkozy-pirat-lulz/#comments Mon, 24 Jan 2011 02:01:49 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11839

C’est courant en Tunisie, où de nombreuses personnalités ont vu leur compte Facebook piraté à la veille d’élections, pour se voir déclarer soudainement pro RCD (le parti de Ben Ali), mais c’est la première fois que cette mésaventure arrive à un chef d’Etat.

Durant cinq minutes, hier soir, le compte de Nicolas Sarkozy a donc été piraté. Les pirates y ont déposé une phrase dans la bouche du chef de l’Etat :

Chers Compatriotes, compte tenu des circonstances exceptionnelles que connait notre pays, j’ai décidé en mon âme et conscience de ne pas me représenter à l’issu de mon premier mandat en 2012. Pour vous expliquer ce geste, je vous convie tous d’ors et déjà à ce grand rassemblement populaire [lien vers un rendez-vous Facebook]

(Screenshots rtlinfo.be)

L’information vient à priori de Franck Margain, conseiller régional UMP d’Ile-de-France, ou de ses services, qui hébergent sur son blog deux copies d’écran prise cinq minutes après le piratage du compte, dimanche 23 janvier a 20:51. Neuf minutes plus tard, RTL réalisait les screenshots qui lui ont servi a illustrer son article, avant de déclencher un joli buzz :  26 article à l’heure où j’écris ces lignes, 5 heures après le piratage, dont un nombre anormalement élevé de titres de presse pour que ceci puisse être un phénomène ‘naturel‘ pour un buzz. Entendez par là qu’il s’agit d’un coup préparé, planifié et exécuté, avec des compétences de RP évidentes alliés à du hacking. Le genre de chose dont est capable la police de l’internet de Ben Ali (toujours pas démantelée à ce jour), pour l’avoir fait à de nombreuses reprises en Tunisie. (update : Vincent Glad avait le scoop 4 minutes après le piratage, il suit la page de Nicolas Sarkozy sur Facebook – on hésite cependant à dire qu’il est fan de Sarko pour autant, du coup la propagation, à partir d’un compte twitter d’un journaliste très branché Twitter et qui y est très suivit est plus crédible, la méthode de piratage reste elle très louche)

TF1, 20minutes, France Soir, Europe 1, RTL, sans oublier l’indispensable Jean-Marc Morandini, en moins de trois heures chrono. Il ne s’agit pas d’un buzz mais d’un plan média, conçu pour l’heure du web temps réel. Reste à voir si ce buzz si savamment orchestré n’est qu’un coup ou s’il fait parti d’une séquence qui pourrait s’accélérer dans la journée.

Ce piratage ‘à la Tunisienne’, où l’on fait dire ce que l’on veut à ses opposants politiques pour déclencher un buzz (l’acteur Mohamed Ali Ben Jemaa avait ainsi vu son profil piraté), n’est pas sans rappeler une pratique assez courante des Anonymous, le piratage de compte pour le simple plaisir sadique d’en ridiculiser son propriétaire (attention, ce lien est ‘not safe for work‘). Une pratique qualifiée de LULZ.

On retrouve derrière l’opération un évènement Facebook qui compte à cette heure plus de 200.000 participants confirmés, créé en juillet dernier par un groupe dont les administrateurs ont pris soin de se retirer afin qu’on ne puisse les pister plus loin. Du travail soigné, mais rien n’indique qu’il y ait un rapport entre le piratage du compte de Nicolas  Sarkozy et ce groupe, les pirates ayant peut être choisi d’ajouter ce lien à leur ‘coup’ pour brouiller les pistes.

Rappelons que le timing est particulièrement bien choisi. Aujourd’hui lundi 24 janvier, le chef de l’Etat doit faire une déclaration à la télévision sur des sujets d’actualité. On voit mal comment il pourrait éviter d’aborder la Tunisie.

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http://fr.readwriteweb.com/2011/01/24/analyse/compte-facebook-de-nicolas-sarkozy-pirat-lulz/feed/ 13
Revolution Facebook (LCI) #sidibouzid http://fr.readwriteweb.com/2011/01/22/divers/revolution-facebook-lci-sidibouzid/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/22/divers/revolution-facebook-lci-sidibouzid/#comments Sat, 22 Jan 2011 08:08:06 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11813

Avec Malek Kadhraoui, co-administrateur Nawaat.org, Amira Yahyaoui, cyberactiviste, et Fabrice Epelboin, éditeur de ReadWriteWeb Francophone.

De son coté, Al Jazzera invite Sami (Nawaat, Global Voices), Weddaby et Wael Abbas, des figures bien connues des média sociaux impliquées dans la révolution Tunisienne, dont l’analyse rejoint celle du panel réunit par LCI.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Ainsi que dans cette éùission qui réuni d’autres figures de la cyberrésistance…

Cliquer ici pour voir la vidéo.

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http://fr.readwriteweb.com/2011/01/22/divers/revolution-facebook-lci-sidibouzid/feed/ 4
Le web, cauchemar des dictatures du bassin méditerranéen ? #sidibouzid http://fr.readwriteweb.com/2011/01/19/entrevues/web-cauchemar-des-dictatures-du-bassin-mditerranen-sidibouzid/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/19/entrevues/web-cauchemar-des-dictatures-du-bassin-mditerranen-sidibouzid/#comments Wed, 19 Jan 2011 04:56:34 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11792

Mes journées ne me laissent pas vraiment le temps d’écrire, alors voilà les pensées du jour chez France 24, qui a couvert la révolution Tunisienne très tôt et qui creuse de plus en plus le sujet. Ce qu’il se passe en ce moment est véritablement historique et touche le monde bien au delà de la Tunisie.

Au grand dam des autorités qui peinent à les contrôler, les réseaux sociaux sont devenus dans les pays arabes une caisse de résonance des revendications des populations. Au point de reproduire ailleurs le scénario tunisien ?

A lire et voir sur France24>>>

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http://fr.readwriteweb.com/2011/01/19/entrevues/web-cauchemar-des-dictatures-du-bassin-mditerranen-sidibouzid/feed/ 13
Slim Amamou, ministre de la jeunesse et des sport de Tunisie #sidibouzid http://fr.readwriteweb.com/2011/01/17/a-la-une/slim-amamou-ministre-de-jeunesse-des-sport-de-tunisie-sidibouzid/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/17/a-la-une/slim-amamou-ministre-de-jeunesse-des-sport-de-tunisie-sidibouzid/#comments Mon, 17 Jan 2011 17:18:31 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11783

Pas évident d’écrire sur une telle nouvelle. Au delà des félicitations d’usage, et de la grande fierté de compter parmi nos auteurs un ministre d’une grande nation, la présence de Slim dans le gouvernement Tunisien est un signe des plus positifs pour l’avenir du pays. Les réserves de champagne, déjà largement entammées à sa libération et quasiment finies lors du départ de Ben Ali, vont devoir être renouvellées de toute urgence.

Ce sera pour moi l’occasion de tutoyer pour la première fois un ministre, et comme je le prédisais à Alkanz une semaine avant la fin de Ben Ali, de passer un peu de temps au soleil de Tunisie.

Un mot pour conclure ce qui est sans doute le billet le plus court de l’histoire de ReadWriteWeb : Vive la Tunisie, Vive la France (nan, je déconne)…Vive la Tunisie Libre !

(les curieux qui s’interrogent sur tout cela peuvent aller lire ceci sur RWW US)

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http://fr.readwriteweb.com/2011/01/17/a-la-une/slim-amamou-ministre-de-jeunesse-des-sport-de-tunisie-sidibouzid/feed/ 36
Ceci n’est ni une Wikileaks-révolution ni une Twitter-révolution #sidibouzid http://fr.readwriteweb.com/2011/01/16/a-la-une/ceci-nest-ni-une-wikileaksrvolution-ni-une-twitterrvolution-sidibouzid/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/16/a-la-une/ceci-nest-ni-une-wikileaksrvolution-ni-une-twitterrvolution-sidibouzid/#comments Sun, 16 Jan 2011 08:09:41 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11756

Avant de se ruer sur les analyses d’un phénomène que beaucoup viennent de découvrir, ou pire de ressortir les vieux papiers sur la révolution verte iranienne – et d’en tenter une réecriture rapide – pour être les premiers sur Google News, il conviendrait d’entendre ceux qui sont au front et qui m’ont poussé à écrire ce billet. Il serait, au regard de la disproportion entre l’ampleur de l’évènement et la taille de sa couverture par la presse, de bon ton de laisser les héros de cette révolution laisser lui apposer des qualificatifs marketing tels que Jasmin, qui semble en énerver plus d’un.

Ils sont artistes, blogueurs, rappeurs, et même si leur agenda est quelque peu bousculé ces temps-ci et qu’ils sont difficiles à joindre, ils sont parfaitement rompus à l’art de l’expression publique. Leur demander leur avis (ou à défaut les lire), évitera bien des malentendus, et surtout contribuera à limiter les dégâts considérables qu’a subie l’image de la France en Tunisie ces dernières semaines.

Les Tunisiens, très connectés et désormais libérés, ne manqueront pas pour témoigner (on va en publier ici, vous vous en doutez). De mon coté, après quelques Tweets et quelques mails échangés, il m’a paru important de donner une impression globale, notamment sur le rôle de Twitter et Wikileaks, dont le choix pour illustrer journalistiquement la Revolution 2.0 exaspère ceux qui, sur place, comptent les morts.

Twitter n’est apparu que très récemment dans la Révolution Tunisienne. Il n’y a eu qu’un rôle tardif et secondaire. Il montre une vraie capacité à lancer des alertes, qu’elles soient issues d’un individu isolé appelant à l’aide ou destiné à prévenir d’un évènement, au milieu du chaos qui a suivit le départ de Ben Ali (et qui semble être repris en main par l’armée, je vous incite à rester des plus vigilants là dessus).

Comme durant la révolution verte, il sert à diffuser l’info, a approuver les Tweet des uns et des autres par un retweet. Assez classique, finalement, en dehors des alertes qui pourraient jouer un rôle intéressant et utile dans le chaos post-exil de Ben Ali.

Nous auront droit sans nul doute aux habituelles ritournelles sur la fiabilité des sources, et la façon de faire avec des sources non vérifiées en abordant le problème de façon plus statistique (il y a une mine d’or, au passage, en matière de realtime datajournalism, à bon entendeur…/-).

On a aussi assisté à de réelles difficultés de compréhension des usages de la part de journalistes, qui peinent à saisir qu’ils sont face à des activistes en pleine infowar et pas face à des confrères ou des apprentis journalistes. L’épisode de l’avion de Ben Ali en fuite fut un sommet d’incompréhension savoureux.

Facebook, lui, a eu un rôle bien plus profond. Seul service social non censuré en Tunisie (enfin, partiellement censuré), il a agit comme une distribution gratuite de liberté d’expression, à la sortie des écoles et chez pas mal d’adultes, et force est de reconnaitre que les Tunisiens sont devenus accros à leur petit fix de liberté virtuelle, au point de se prendre à rêver de liberté tout court.

Wikileaks, quant à lui, n’a pas eu le moindre rôle sur le territoire Tunisien, pour autant que j’ai pu en juger. A l’extérieur, par contre, c’est une autre histoire. Autan certains cables concernant la Tunisie étaient sinistres, autant l’un d’entre eux, traitant de la corruption poussée au paroxysme du système Tunisien, peut se lire en quelques minutes, et ressemble à un scénario de film comique, parodiant Le Parrain, avec Leslie Nielsen dans le rôle de Ben Ali.

La réalité n’a(vait) bien sûr, rien de drôle, mais l’épisode du yatch volé, à lui seul, est un classique de l’histoire de fin de repas chez les Tunisiens de la diaspora (et sans doute au pays), et si vous savez raconter une histoire, vous pouvez faire rire vos amis, tout en œuvrant pour la cause Tunisienne. Ce câble, en particulier, a beaucoup servi pour faire découvrir la situation Tunisienne à beaucoup de ceux qui n’en avait jamais entendu parler, partout dans le monde.

Mais avant tout, la révolution Tunisienne est due à une situation générationelle désespérée, et a été déclenchée par le geste tragique d’un jeune enfermé dans une situation d’une banalité affligeante en Tunisie. Vendeur ambulant, à vie, avec l’équivalent d’un bac+5, c’est un sort courant là bas, lié à un système éducatif qui a hissé vers le haut toute une génération, sans pour autant lui offrir de débouchés à la hauteur de leurs espérances et de leur capacités. Eduqués, informés, jeunes et enfermés dans un système absurde ne leur offrant pas la moindre perspective, la situation était explosive, avec ou sans internet.

Infowar

Le rôle joué par les technologies sociales (et les technologies tout court) est radicalement différent selon que l’on parle de ce qu’il s’est passé en Tunisie ou à l’extérieur, en soutien à celle-ci.

Al Jazeera a commencé là dessus un travail de synthèse interessant qui permet de remettre les choses en perspective.

Nawaat.org est sans doute l’acteur qui a le plus et le mieux déployé les usages possibles de technologies sociales durant la révolution Tunisienne. Il se retrouve, du coup, au centre d’une infosphère Tunisienne en pleine recomposition. Le site se charge, en dehors de son rôle de portail d’informations politiques sur la Tunisie qu’il tient depuis longtemps, d’inventorier de façon exhaustive les témoignages, notamment vidéo. Il effectue également, entre autre choses, un travail de curatoring militant sur une quantité faramineuse de vidéos, exfiltrées de Tunisie via différentes filières, mise en place par des hackers, avant et durant la révolution, à l’époque du filtrage frénétique de Ben Ali.

Les contenus rassemblés par Nawaat sont ensuite publiés via Prosperous. Le compte Twitter de Nawaat, lui, servant de fil de news, de caution réputationelle dans ses retweets, et de lanceur ou relais d’alerte. Autant dire qu’ils ne dorment pas beaucoup depuis un mois. Le site impressionne par sa capacité à encaisser aussi bien des arrivée massives de vidéos aussitôt classés et documentés au mieux, que les attaques informatiques de la police de l’internet, qui l’ont réduit au silence plus d’une fois.

C’est d’ailleurs le besoin de déborder du cadre de l’audience de Nawaat, ainsi que l’urgence d’alerter la presse, mardi dernier, sur la brusque montée de violence lors des massacres de Kasserine, liés à des témoignages faisant état d’escadrons de la mort, qui nous a poussé à rentrer dans le lard de YouTube en hurlant un peu vite à la censure sur un service de modération… qui n’avait tout simplement pas entendu parler de la Tunisie (et qui a laissé passer tout ce qui venait de Tunisie dès qu’il a été mis au courant, tout en nous fournissant un guide destiné à en optimiser le référencement et à faciliter le travail de leur service de modération, que nous avons retransmit à nos lecteurs).

Une opération parfaitement réussie. Autant la presse française ne se ruait pas sur la Tunisie pour en parler à ses lecteurs, autant quand il s’agit de casser du sucre sur le dos de Google…

Inside eTunisia

A l’intérieur du pays, tout se passe sur Facebook. Il n’y avait jusqu’à vendredi dernier rien d’autre en dehors de quelques courageux blogs, dont la censure soudaine relevait souvent de l’arbitraire idiot, au point de se demander si le but n’était pas tout simplement de semer le chaos et la peur plus que de censurer quoi que ce soit (spéciale dédicace à Massir ;-). Facebook, le géant américain si tancé pour ses atteintes aux libertés, est là bas le seul espace de liberté.

Adolescents, lycéens, étudiants, homme de la rue, universitaires, journalistes, avocats, écrivains : tout le monde est sur Facebook.

Imaginez que vous croisiez, ‘en France’ et sur Facebook, la plupart des grands professeurs d’universités, des avocats de renom, des poètes célèbres, des icones culturelles de la scène locale… Imaginez la richesse de la vie qui s’y développerait…

Ajoutez à cela l’angoisse, la paranoïa, l’obligation de cacher son identité de peur d’être reconnu et harcelé, le soupçon permanent d’un délateur potentiel, caché parmi un groupe, la coupure de l’accès à votre compte Facebook comme une épée de Damoclès, qui peut vous couper de tout contact culturel et social (autre que la télévision d’Etat, bien sûr), et vous avez une idée de ce à quoi ressemblait Facebook en Tunisie jusqu’ici.

Imaginez qu’après avoir mis au point une astuce de community management consistant à faire vivre la population Facebook Tunisienne dans la crainte d’un harcèlement islamiste fabriqué de toutes pièces, la police internet se soit mis à mettre au point un stratagème destiné à vous voler vos identifiants Facebook et Gmail (ici pour l’alerte US), et qu’une fois celui-ci découvert, il redouble de technicité pour en mettre au point un autre beaucoup plus sophistiqué encore (découvert en début d’année 2011 par TheTechHerald)…

C’est ça, le climat sur Facebook en Tunisie.

Le rôle de Facebook comme outil de support opérationnel à la révolution Tunisienne, qui reste à étudier de près par ceux qui l’ont utilisé pour coordonner des actions et des rassemblements sur place, finira par émerger assez rapidement. Il a indéniablement servi, mais la nature même du réseau social qui sous tend Facebook (bidirectionel, contrairement à Twitter) n’a pu en faire un outil de coordination des masses, un vieux fantasme en passe de devenir un marronnier, né en Iran lors de la révolution verte.

Mais avant tout il émergera parce qu’il existe des centaines de milliers de tunisiens parfaitement en mesure de témoigner. Parmi eux, des sociologues, des experts internet de tout poil, quantité de journalistes…

Sur Facebook, bien avant la révolution tunisienne, une vie culturelle prolifique s’est déployée malgré un climat littéralement étouffant (y compris vu de Paris où il ne présentait pas le moindre risque, et où une désactivation de compte se règle en 5 minutes avec un mail à un VP).

Le Facebookeur tunisien est particulièrement bavard, je l’ai appris à mes dépends après avoir publié ce billet repris sur TunisiaWatch et qui m’a valu un afflux de demandes d’amis sur mon compte. En tout, un bon quart de mes ‘amis’ sur Facebook doivent être des ressortissants Tunisiens (je met ‘amis’ entre guillemets parce qu’avec un score de plus de 1600, ça ne veut plus rien dire).

Malgré cette faible proportion, les Tunisiens sont vite arrivés a représenter l’essentiel de ma timeline. Très, très bavards. Mais il y a pire : ils utilisent couramment trois langues sur Facebook, le Français, l’arabe et le dialecte local. Ajoutez à cela que ce dernier n’est pas compris par Google Translate, qui par ailleurs est nul avec l’arabe… Au final, invitez des Tunisiens, et ils auront tôt fait de vous pourrir votre timeline avec des choses absolument incompréhensibles pour un petit Français installé à Paris. Comme quoi tout ce que dit notre gouvernement n’est pas si idiot : un arabe, ça va, c’est quand il y en a plusieurs ;-)

Tout cela n’est pas une méthode bien scientifique pour déterminer les spécificités du Facebook Tunisien de l’époque Ben Ali, et le lien entre Facebook et la révolution n’est pas évident, mais il est à mon sens profond.

Tout d’abord, à titre personnel, à force d’être en contact avec des interlocuteurs qui vivaient sur place, il m’a permis de réaliser ce que signifiait de vivre dans une dictature comme la Tunisie. La parano, la crainte, les rancoeurs qui s’accumulent, le sentiment permanent d’être surveillé, et pour le coup, des gens qui disparaissent du jour au lendemain, qui voient leur profils désactivés, privés de toute vie sociale en ligne, laissant derrière eux des amis qui s’angoissent et partagent leur angoisse… sur Facebook, ajoutant au climat étouffant de l’ensemble.

Facebook as a platform : le système social de transition de la Tunisie ?

Pour les Tunisiens, Facebook a non seulement été leur seul espace de liberté d’expression dans un cadre public et semi public, mais il a aussi été un espace de rencontre avec d’autres personnes, dont ils partagent les goûts et la langue sans partager la nationalité (l’œuvre de Keny Arkana par exemple). Il a aussi probablement été une alternative au rêve de l’exil pour les plus jeunes, qui comme tous ceux de cette génération, se prennent à imaginer un monde où des règles si naturelles sur internet auraient cours dans la ‘vraie vie’.

Facebook a très profondément structuré la société Tunisienne, en grande partie parce qu’il n’y avait rien d’autre pour le faire, et il aura à l’avenir un rôle essentiel dans le développement de cette nation (et vous imaginez à quel point, après tout ce que l’on a pu dire ici sur Facebook et ses dangers, cela coûte à un auteur de RWW d’écrire cela).

Mis au courant dès les premiers heurts que nous avons rencontré avec ce qui s’est avéré être des policiers de l’internet de Ben Ali, Facebook a continuellement joué a l’autiste, et les rapports entre ReadWriteWeb, complètement soudé à l’occasion, et Facebook, sur lequel nous avons mis toute la pression possible sans jamais obtenir la moindre explication, ont été particulièrement tendus. Il faut reconnaitre que durant la même période, nous sortions au moins un billet par semaine dénonçant les dérives de Facebook sur la notion de vie privée, et ce en cinq langues.

Mais Facebook a agit. Le nombre de profils désactivés a diminué, la police de l’internet a cessé l’escalade entamée de cette stratégie de terreur (pour passer au phising de compte).

Il y a moins d’une semaine, lors de la désactivation du compte de l’un de nos auteurs, le jour où Ben Ali se lançait à la télévision dans l’amalgame entre blogueurs (en cavale), terroristes (imaginaires) et casseurs (ses propres troupes), pour la première fois, Facebook a donné un feedback aux alertes et aux listes de comptes désactivés que nous lui faisons régulièrement parvenir depuis presque un an : «nous sommes au courant et une enquête est en cours». Tout indique que l’enquête Tunisienne ait été ouverte depuis des mois et qu’ils aient agit. Tout indique également qu’ils l’ont fait dans l’intérêt du peuple Tunisien afin de le protéger au mieux de la cyberpolice qui y semait la terreur.

Tout cela n’est qu’une toute petite partie de la galaxie de systèmes sociaux de tout poil qui s’est mis en place avant, et surtout pendant la révolution Tunisienne, et n’est probablement pas grand chose par rapport à ce que cette nation inventera en matière de technologie sociale, si elle s’en saisi pour se reconstruire, demain.

Les photos de la manifestation de samedi à Paris en soutien au peuple tunisien sont © Respect Mag (album Flickr)

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http://fr.readwriteweb.com/2011/01/16/a-la-une/ceci-nest-ni-une-wikileaksrvolution-ni-une-twitterrvolution-sidibouzid/feed/ 65
Les Anonymous appellent à continuer le combat #sidibouzid http://fr.readwriteweb.com/2011/01/15/a-la-une/les-anonymous-appellent-continuer-combat-sidibouzid/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/15/a-la-une/les-anonymous-appellent-continuer-combat-sidibouzid/#comments Sat, 15 Jan 2011 21:52:26 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11744

Dans un appel rédigé de façon collaborative et traduit sur une plateforme de coédition (qui semble être une création maison), localisée sur le serveur AnonNews, les Anonymous appellent à ne pas relacher la pression sur les restes de la dictature de Ben Ali.

Disponible en français, en anglais ainsi qu’en Allemand, l’appel des Anonymous est précédé d’une citation du ‘Cinquième Soleil‘, un texte de la rappeuse Française Keny Arkana. Marseillaise originaire d’Argentine, l’artiste dont les Anonymous ont choisi les vers milite pour des causes proches de la philosophie altermondialiste et de la désobéissance civile, au sein d’un collectif, « La Rage Du Peuple », créé en 2004.

« Prend conscience, mon frère, reste près de ton cœur
méfis-toi du système, assassin et menteur
éloignes-toi de la haine qui nous saute tous aux bras
humanité humaine, seul l’Amour nous sauvera
écoute le silence quand ton âme est en paix
la lumière s’y trouve, la lumière est rentrée
Vérité en nous-même, fruit de la Création
n’oublie pas ton histoire, n’oublie pas ta mission »

Etant donné les engagements de l’artiste, les chances qu’elle porte plainte pour contrefaçon ou violation de copyright sont des plus minimes. Elle saura sans nul doute également leur pardonner d’avoir placé d’autorité sous licence Creative Commons ‘by’ un texte initialement protégé par le droit d’auteur. Une grosse approximation juridique sur la gestion de la propriété intellectuelle, donc (à moins qu’il s’agisse là d’un message subliminal).

‘Cinquième Soleil’, dont est issu cet extrait, est le dernier morceau du dernier album de la rappeuse, il appelle à une prise de conscience sombre mais teintée d’espoir et de solidarité, adressée à la « dernière génération à pouvoir tout changer ».

Le 12 janvier 2011 à 14h, la veille de l’annonce par Ben Ali de son retrait des élections de 2012 et de la fin de la censure, alors que les massacres redoublaient d’intensité, le producteur de la rappeuse annonçait sur Facebook la sortie prochaine de sa mixtape « L’Esquisse 2″, prévue pour le printemps prochain. Une annonce saluée par plus de 1800 clics sur le bouton « j’aime ». De quoi rendre vert de jalousie bien des grandes marques qui se creusent la tête sur la façon de pénétrer la culture Facebook pour y marketer leurs offres.

La jeune femme, qui réuni plus de 80.000 fans sur sa page Facebook, rassemble un public qui réunit une jeunesse francophone venue d’un peu partout. Elle fait un usage intensif des média sociaux : pas moins de 6 sites officiels, touchant aussi bien à sa musique, ses engagements politiques, ses espaces sociaux sur Facebook ou MySpace, ou bien encore un site eCommerce, sans oublier l’indispensable Skyblog (la plateforme, dont le rôle d’agora politique dans les évènements en Tunisie reste à étudier, prend au passage une dimension particulière qui doit en réjouir certains).

Un bon exemple des approches ‘direct to fan‘ que nous avons défendu dans ces colonnes durant la bataille d’Hadopi.

Agressif, mais civilisé

Le texte des Anonymous, outre ce clin d’oeil appuyé entre la France solidaire et la Tunisie qui se révolte, est un point sur les évènements en cours ainsi qu’une mise en garde adressée à ceux qui seraient tentés de porter secours au dictateur Ben Ali.

Il y a un mois, un jeune appelé Mohammed Bouazizi, s’est immolé afin de protester contre les pratiques d’un système corrompu. Son sacrifice a donné à tous les tunisiens le souffle et le courage qu’il leur fallait pour s’émanciper de vingt-trois années de tyrannie. En un mois, les tunisiens et les tunisiennes, ont mis fin à l’injustice avec un acte de civisme exemplaire.

Depuis que les rats on quitté le navire, Anonymous a recu des rapports constants de violations des droits de l’homme, de pillages et de destructions systématiques mises en place par la police tunisienne, les militants du RCD, et les criminels qui sont echappés de prison pendant le chaos.

Peut être, dans votre villa en Arabie Saoudite, vous jouissez des luxes dont vous avez privé votre peuple. Peut-être, vous pensez que vous êtes en securité. Que vos forces de la terreur vont créer une situation si catastrophique, que les tunisiens vous demanderont de revenir en gloire. Comme d’habitude, vous prenez les gens dignes de ce monde pour des cons. Tu te trompes.

On s’addresse a toi, Ben Ali, et à ton régime de terreur. Loin de désirer ta mort, on te jure, sur le sang de tous les martyrs tunisiens et sur les esprits des gens libres de ce monde, qu’on ne s’arrêtera pas jusqu’a ce que TOUS les responsables de ce massacre, soient jugés dans un tribunal Tunisien, formé par le peuple libre de Tunisie.

Aux autorités d’Arabie Saoudite: toute institution qui soutient ces criminels face à la justice tunisienne, sera dès maintenant, un but légitime a nos yeux. Nous vous conseillons vivement de songer aux implications de votre soutien à cet individu.

Aux consciences libres de ce monde: aidez les tunisiens avec toutes vos ressources, identifiez les assassins, localisez-les, faites pression sur vos gouvernements et médias, générez et analysez les preuves, twittez, informez le monde, pour aider le peuple tunisien à avoir une véritable justice, et supprimer TOUTE liberté à ces criminels.

We do not forget.
We do not forgive.
Expect us.

Le mélange d’un ton agressif tenu par des individus qu’on imagine légitimement à bout de nerf, avec l’objectif affichée d’un procès promis à Ben Ali et ses complices sur le sol Tunisien tranche de façon abrupte avec ce à quoi nous a habitué l’Histoire. Même si ce n’est pas une première, c’est une preuve indéniable de maturité et surtout de cohérence avec des idéaux humanistes revendiqués.

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EOT pour ReadWriteWeb France : Francophonie, the final frontier http://fr.readwriteweb.com/2011/01/15/a-la-une/eot-readwriteweb-france-francophonie-final-frontier/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/15/a-la-une/eot-readwriteweb-france-francophonie-final-frontier/#comments Sat, 15 Jan 2011 08:53:50 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11726

En écrivant une lettre ouverte à ce qu’un blog qui s’est battu contre Hadopi se doit de considérer comme un ministre de tutelle, j’étais loin de m’imaginer que c’est sa collègue des affaires étrangères, Michèle Aliot Marie, qui apporterait une réponse.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Le protocole – je crois – me pousse à répondre à la dame de fer du gouvernement Sarkozy.

Madame la Ministre, Chère Madame,

Il est vrai que le sécuritaire est sans nul doute une expertise de votre gouvernement, reconnue dans le monde entier, et discutée entre experts. La proposer pour mater la révolution Tunisienne dans l’œuf m’a fait réaliser qu’il me restait un brin de fierté d’être Français. Faire naitre en moi un sentiment Gaulliste sera sans doute la dernière fierté qu’il vous sera donné d’avoir dans votre vie. Voilà cette fierté irrémédiablement foulé du pied par un duo ministériel tragi-comique qui se termine aujourd’hui en ridicule, et demain en abject.

Certains on pensé à fermer leurs blogs lors du passage de la loi Loppsi, pensant que la coupe était pleine et qu’il fallait prendre le maquis. Il faut croire que de mon coté, il ne manquait qu’une goutte pour faire déborder le vase. En guise de goutte, Madame la Ministre, c’est d’une douche froide dont vous m’avez gratifié.

Certes, je comprends qu’un gus, dans un garage, qui vous fusille vos jolis arguments sécuritaires pédophiles en publiant des documents Wikileaks vous agace. Mais votre goût pour l’ordre et la sécurité vous amène à donner main forte aux pires dictatures sans l’ombre d’une hésitation, et à probablement a avoir envisagé de civiliser internet en faisant, là aussi, un transfert de technologie avec la Tunisie.

Mais trop, c’est trop. Les temps qui viennent balaieront, en Tunisie comme ailleurs, les gouvernances qui permettent de telles choses. Ce pays, la France, n’affiche pas des valeurs compatibles avec celles défendues par cette publication. Il a de toute évidence pris le chemin de s’assumer en Vichyste des grandes mafias, comprenez qu’en petit fils de résistant, je ne puisse que vous souhaiter de vous retrouver, un jour, sur le ban des accusés d’un Nuremberg 2.0.

Cette publication, pour sa part, prend sa liberté numérique, et évitera désormais d’accoler son nom avec celui d’un pays entaché par la honte d’avoir des gens comme vous à sa tête, elle se localisera désormais dans la Francophonie, un espace que vous aurez bien plus de mal à civiliser. Le rebranding a été fait dans la nuit, vous voyez, avec internet, c’est rapide et efficace. Demandez donc à votre ami Ben Ali, grand connaisseur d’internet, il vous confirmera tout cela.

En attendant, entre un défilé de soutien aux Tunisiens à Paris, et un autre contre la loi Loppsi qui devrait le rejoindre, je vous souhaite de passer la journée cloitrée chez vous, un peu apeurée, et quelque peu angoissée pour ce qui est de votre avenir. Vous pourrez ainsi partager avec votre cœur un petit peu du sort de millions de Tunisiens dont les villes sont saccagées par les brigades que votre ami Ben Ali a laissé derrière lui.

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Revolution 2.0 : rebooting Tunisia http://fr.readwriteweb.com/2011/01/15/divers/revolution-20-rebooting-tunisia/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/15/divers/revolution-20-rebooting-tunisia/#comments Sat, 15 Jan 2011 04:07:55 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11720

This last week was one of the most intense moments for the French and Arabic social media sphere since the arrival of Web 2.0. The Tunisian revolution, which has been growing both on the ground and online since Dec. 17, came to a double climax. Yesterday, dictator Zine al Abidine Ben Ali announced the immediate end of all Net censorship, and released the last bloggers still in jail. Among them was Slim Amamou, a writer for ReadWriteWeb France and a Tunisian national hero.

Today, Ben Ali left the country, as of this afternoon his plane is supposedly heading for Saudi Arabia. ReadWriteWeb France has a special relationship with Tunisia and its social media and digital activist scene.

A year ago, after publishing a post written by Jillian C. York about Islamist harassment, we ourself got harassed. After a few months of investigations and many posts, we discovered the Islamists we were facing were, in fact, Ben Ali’s Internet police, who were terrorizing the online Tunisian population.

That was nine month ago. This summer, Slim Amamou published a story showing a sophisticated DNS spoofing technique used by Ali’s Internet police to steal Tunisians’ logins and passwords for Facebook, Gmail and Live.com. It revealed the capabilities of Ben Ali’s cyberarmy to the Tunisian people and the French-speaking hacking community. (This force, according to our sources, was made up of at least 600 government men and a few contractors.) Ben Ali’s cyber police was in fact operating some a kind of community management – but on a country-wide scale.

We ended up with a cool Tunisian social network within the local geek community, and very good posts on Egyptian and Tunisian online activism (written by local activists), not to mention local Barcamp and TEDx endorsement.

When massive demonstrations started in December, we felt concerned and offered help.

What happened this last month still needs to be documented, but this will be an easy job, thanks to the massive production of videos and pictures by the Tunisian people, the most Internet ready country in this part of the world, and to careful curation by the activist website Nawaat.org, now a central part of the Tunisian infosphere. (Nawaat was censored until yesterday.)

What happened this week has nothing to do with previous Twitter-revolutions (sorry Iran), and is more about Facebook than Twitter anyway. Social media was not just a tool to communicate and coordinate action, it was a tool to create worldwide support in little time. From a retweet to an Anonymous LOIC attack, a blog post or a translation, millions have shown their support and took action.

Anonymous have proven to be a mature political entity. And although they could do childish stuff again, what they did with #optunisia was, without any doubt, helpful. In Tunisia, not only did many teen turn Anonymous, but the vast majority of the population supported their actions. Beside a few public figures who took action and spoke up, Anonymous was here, in the name of some sort of global consciousness, not only to show the Tunisians the support of millions of people worldwide, but also to help and give a hand.

Those of us who enjoy freedom and democracy should definitely be thankful for that. Tunisia is a young country, with a very high level of education. With a 16% penetration rate – the highest in Africa (with Mauritius) – Facebook is not only hugely popular there, but it was, until yesterday, the only social-anything available. Up to that point, no YouTube, no Flickr, tons of censored websites (including many pages from RWW France), and it was still Africa’s most active online community.

Transition will not be easy, but there’s a bright future ahead for this country, which will leverage social technologies like no other. Jailing Slim Amamou last week was a terrible mistake for Ben Ali. The founding member of the local Pirate Party, a Net Neutrality advocate, and author in an international and influential blog like ReadWriteWeb, Slim was at the crossroad of a movement that could be mobilized and ready to fight in just a click. And this is precisely what happened.

Please comment on the original post in the US edition >>

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