ReadWriteWeb French edition » un auteur invité http://fr.readwriteweb.com Libertés numériques, innovations disruptives, et trucs digitaux en tout genre Tue, 07 Feb 2012 23:21:47 +0000 en hourly 1 Le Générateur Poïétique, Cybermandala des réseaux ? http://fr.readwriteweb.com/2011/03/14/nouveautes/gnrateur-potique-cybermandala-des-rseaux/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/14/nouveautes/gnrateur-potique-cybermandala-des-rseaux/#comments Mon, 14 Mar 2011 13:00:10 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=12377

Dans l’ancien monde, Olivier Auber est la fois artiste et ingénieur. Dans dans le nouveau, il préfère dire simplement « bricoleur » comme tout le monde.

Il est engagé dans de nombreux projets qui, disons, ont tous à voir avec la position relative de l’humain et de la technologie (bio).

Un appel est lancé sur KissKissBankBank, afin de produire une version libre du Générateur Poïétique pour l’internet mobile et des expérimentations dans la ville.

Le Générateur Poïétique est une sorte de « cybermandala temps réel », un jeu collectif synchrone. Son principe est très ancien, il est né avec le Minitel en 1886 1986, a été développé en version totalement acentrée sur une partie expérimentale de l’internet en 1995, puis il a été adapté au web en 1997. La version pour l’internet mobile qu’il s’agit de réaliser pourrait bien lui donner une toute nouvelle dimension…

Le Générateur Poïétique n’a rien perdu de son actualité, ô combien! Il s’agit en effet d’une sorte de modèle des « réseaux sociaux », qui on envahi la planète depuis quelques années et dont commence à comprendre l’importance… Contrairement à Twitter, Facebook, etc. qui centralisent jalousement les données des utilisateurs, notamment ce qu’on appelle le « graphe social », tout dans le GP est accessible, libre et ouvert, non seulement les données qu’il produit, mais aussi son logiciel. De plus, comme les expériences de 1995 l’ont montré, il peut fonctionner de manière totalement acentrée sur l’Internet (aucune serveur).

Pourquoi est-ce important que cette nouvelle version existe ?
Pour au moins trois raisons :

1 – Le Générateur Poïétique propose une expérience extrêmement intéressante, parfois même émouvante : chacun est confronté à tous les autres rassemblés dans une grande image fluctuante, imprévisible, qui s’auto organise étrangement et raconte des histoires… Avec la nouvelle version qu’il s’agit de développer, ce sont peut-être plusieurs milliers de personnes qu’il nous sera donné de contempler dans une même image, visible sur n’importe quel écran connecté, ou projetée en géant dans l’espace public.

2 – En tant que modèle praticable par tous, le Générateur Poïétique permet simplement de « mettre en perspective » le fonctionnement des réseaux sociaux commerciaux, leur dynamique et leur logique propres. C’est en cela un outil de « digital litteracy » comme on dit, c’est à dire d’(auto) éducation au numérique.

3 – Le Générateur Poïétique ne sera jamais directement un concurrent de Twitter ou de Facebook, ce n’est pas l’objet. Le GP est développé sous licence Art Libre (prédécesseur de la licence Creative Commons by-sa). Aussi, toutes ses briques, conceptuelles, logiques, esthétiques et logicielles peuvent être utilisées librement par qui veut dans le respect de cette licence.
Qui sait ? Ainsi le Générateur Poïétique pourra-t-il contribuer indirectement aux efforts que l’on constate partout pour mettre au point des réseaux aussi libres et acentrés que possible?

Enfin, précisons que depuis sa naissance, le Générateur Poïétique s’est toujours développé grâce à la passion, l’expertise et la bonne volonté de nombreuses personnes, indépendamment de toute entreprise, institution ou groupe d’intérêt. C’est véritablement une œuvre libre.

Pour apporter votre soutien au projet, ne serait-ce que symboliquement, c’est ICI Merci !
Pour proposer des mise en oeuvre dans la ville, contacter Olivier Auber : olivier.auber AT km2.net

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Quora ou les bonnes pratiques d’utilisation du Facebook graph API http://fr.readwriteweb.com/2011/03/02/analyse/quora-ou-les-bonnes-pratiques-dutilisation-du-facebook-graph-api/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/02/analyse/quora-ou-les-bonnes-pratiques-dutilisation-du-facebook-graph-api/#comments Wed, 02 Mar 2011 07:28:53 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=12165

Ce billet a été rédigé par Thibaut Le Pellec, product manager des APIs Viadeo, et créateur de Meilleurcoiffeur.com. Dans le cadre de son travail, Thibaut passe énormément de temps à cogiter sur les APIs Facebook. Il a trouvé l’intégration de Facebook Connect à Quora tellement bien ficelée qu’il en a écrit un article et me l’a suggéré à la publication. De mon côté, l’expérience d’inscription à Quora m’avait fortement déplu, justement car j’avais trouvé que le processus de mis en place était trop automatisé. Face à cette opposition parfaite des opinions sur un même sujet, je me suis dit qu’il ne restait plus qu’à partager ce billet sur ReadWriteWeb pour récolter les avis d’autres experts du Web.

Après avoir étudié en profondeur le processus d’inscription de Quora, j’en suis arrivé à me poser la question suivante : est-ce que Quora va réussir là ou Twitter a échoué ? A savoir, proposer aux utilisateurs non avertis une interface personnalisée dès son premier contact avec le site.

Ce n’est un secret pour personne, Twitter, en France, a bien du mal à percer au niveau du grand public. Et pour cause, nombre de mes amis « non geeks » ont essayé Twitter après en avoir entendu parler à la télé, et on bien vite abandonné le site : « Je ne sais pas quoi faire dessus », « Comment je fais pour retrouver mes amis » ou encore « Je ne sais pas qui suivre (follower pour les plus geeks) » sont monnaie courante dans mon réseau. Et en effet, nombre d’utilisateurs quittent Twitter dès les premiers pas sur la plateforme, faute d’avoir réussi à trouver du contenu pertinent sur le site, alors que celui-ci en abonde… Comment faire pour résoudre ce problème ? Quora semble avoir trouvé la solution en s’appuyant sur le réseau social Facebook. Et après avoir testé le processus d’inscription en long, en large et en travers, j’en viens à me dire que si la perfection n’existe pas, on en est tout de même assez proche avec Quora.

Quora et l’utilisation de l’API Facebook

Avant d’attaquer le sujet de l’intégration effectuée par Quora de l’API Facebook, il est nécessaire de comprendre les grands concepts du graph API de Facebook. La structure du graph API Facebook est composée de 2 éléments simples :

  • Les nœuds : Il s’agit de tous les objets que vous pouvez trouver sur Facebook : un profil de membre, une page fan…
  • Les connections : Il s’agit des liaisons entres tous les nœuds. Par exemple, 2 membres sont reliés par une connection « contact », l’appartenance d’un membre à un groupe est signalé par la présence d’une connection « likes »…

A tout cela, Facebook ajoute un système de permissions autorisant ou non l’accès aux données. Il existe à l’heure actuelle une multitude de permissions que vous pouvez consulter sur cette page (http://developers.facebook.com/docs/authentication/permissions).

Quel rapport avec Quora me direz-vous ? Pour bien comprendre l’utilisation que Quora effectue de la graph API, il est nécessaire de se pencher sur les autorisations demandées par Quora lors de l’inscription via Facebook ainsi que sur le traitement des données qui en est effectué par la suite.

Permissions demandées par Quora aux membres Facebook

Quora demande 3 permissions à ses utilisateurs s’inscrivant via le processus Facebook :

  • Access my basic information : Cette autorisation permet à Quora, en plus de récupérer des informations de base sur le profil (photo, nom…), le social graph du membre ainsi que les « intérêts » de ce membre (si on détaille le flux retourné par Facebook, Quora va principalement exploiter les connections « activities, interests, music, books, movies, television, likes »). C’est précisément là-dessus que Quora marque des points par rapport à toutes les intégrations que j’ai pu voir de l’API Facebook, nous y reviendrons dans la dernière partie de cet article…
  • Post to my wall : Il s’agit d’une des autorisations les plus intéressantes de chez Facebook en terme de viralité. En effet, celle-ci permet à l’application de publier sur le wall d’un membre une news en son nom, qui sera diffusée dans le newsfeed de tous les amis du membre. Il ne semble pas que Quora utilise cette fonctionnalité pour le moment, mais je vous laisse imaginer le potentiel viral d’une telle permission, en ayant bien en tête qu’un membre Facebook a en moyenne 120 contacts…
  • Access my data any time : Une autorisation qui permet une mise à jour des données Facebook récoltées à n’importe quel moment, sans redemander l’autorisation à l’utilisateur. Idéal pour maintenir parfaitement à jour sa base de données et proposer des contenus toujours plus pertinents…

Exploitation des données Facebook par Quora

Si vous avez testé le processus d’inscription via Facebook, vous avez probablement été choqué comme moi par la pertinence des contenus qui sont poussées sur le tableau de bord de Quora dès la fin de l’inscription. Comment Quora arrive à me pousser sur le tableau de bord des topics comme « Web Development », « Facebook Platform » ou encore « San Francisco », qui correspondent parfaitement à ma personne ? De nombreux sites me proposent de suivre les contenus de mes amis Facebook inscrits sur le site, mais c’est bien la première fois que les contenus de mon « topics feed » sont en totale adéquation avec ma personne, sans que j’ai à aller moi-même à la pêche aux infos…

Et bien Quora a tout simplement poussé au maximum l’intégration de l’API Facebook. Comme je vous le disais, Quora va récupérer toutes les informations relatives à mes intérêts sur Facebook. Et en regardant de plus près mon profil Facebook, il se trouve que j’ai déclaré comme ville actuelle habiter à San Francisco, et que je suis fan des pages « Développement web » et « Facebook Platform » sur Facebook. Pas la peine de vous faire un dessin, je pense que vous avez saisi le concept. Quora matche les intérêts de ses membres avec ses contenus propres afin de pousser sur son tableau de bord des contenus plus que pertinents et répondants parfaitement aux attentes de ses membres. L’utilisateur n’a plus besoin d’aller chercher les contenus pertinents sur le site, ceux-ci lui sont apportés directement sur un plateau d’argent. Il ne reste plus qu’à faire son choix…

Qu’en conclure en termes d’expérience utilisateur ?

En ce qui me concerne, il s’agit de l’une des plus belles intégrations de l’API Facebook que j’ai eu l’occasion de voir. En proposant un tel processus d’inscription, Quora permet à l’utilisateur de ne pas focaliser son attention sur le fonctionnement du site, mais plutôt sur son contenu. Pas de période de prise en main de l’outil, l’utilisateur est directement enclin à utiliser le site et à contribuer pour enrichir la base de données. Selon moi, cet exemple d’intégration de l’API Facebook est un cas d’école. A l’heure ou l’intégration du Facebook connect se limite pour la plupart des sites à simplifier les formulaires d’inscription, Quora jette un pavé dans la mare et nous donne une bien belle leçon d’utilisation du graph API Facebook !
Reste à savoir si cette expérience utilisateur va s’inscrire dans l’histoire comme un standard, mais je ne me prononcerais pas sur le sujet… :D

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http://fr.readwriteweb.com/2011/03/02/analyse/quora-ou-les-bonnes-pratiques-dutilisation-du-facebook-graph-api/feed/ 27
Une clef pour comprendre les évènements de Tunisie http://fr.readwriteweb.com/2011/03/01/a-la-une/une-clef-comprendre-les-vnements-de-tunisie/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/01/a-la-une/une-clef-comprendre-les-vnements-de-tunisie/#comments Tue, 01 Mar 2011 07:25:52 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=12189

Pierre Bellanger fut tour à tour un pionnier des radios Libres avec Skyrock au début des années 80 puis à nouveau pionnier des média sociaux avec les Skyblogs, l’un des plus importants média sociaux en langue française après Facebook, qui, au même titre que Facebook, a joué un rôle clé dans la révolution Tunisienne. Discret jusqu’ici sur le rôle joué par Skyrock dans les événements récents en Tunisie (tout en nous fournissant de précieuses informations), il nous livre aujourd’hui son analyse du rôle joué par le couple formé par sa radio, qui fut l’une des premières a expérimenter la libre antenne où les auditeurs participent aux contenus, couplée à l’une des plus importantes plateformes sociales francophones, dont l’activité a littéralement explosé à l’occasion de la révolution Tunisienne.

Le rôle clef de la France dans la révolution tunisienne n’a pas été vu. Il a été masqué par polémiques sur notre diplomatie et par la seule invocation des réseaux sociaux américains.

Chaque jour, pourtant, la nouvelle génération française démontre par Internet aux jeunesses francophones de par le monde que la liberté, le succès, la reconnaissance appartiennent à tous, quelles que soient ses origines, quels que soient les obstacles, et qu’il n’y a pas de fatalité. En direct à la radio – transmise par Internet ou échangée par cassettes – par millions de témoignages sur les blogs, l’expression libre sur la sexualité, les joies, les rires, les soucis, les sentiments, les injustices, le bonheur se font entendre partout. Certains, ici, n’y ont vu que trivialité et vulgarité ; là-bas, c’est en texte et en son, le goût de la liberté.

Les nouvelles générations des deux rives de la Méditerranée ont fusionné voici déjà quelques années pour ne former qu’un seul et même réseau culturel et électronique d’expériences et de sons partagés. La ressemblance générationnelle, identitaire, a propagé, par-dessus les frontières, une expérience démocratique unique. Ce vibrant réseau de jeunes anonymes partageant leurs existences est resté sous le radar. Il a fallu les évènements récents de Tunisie pour en révéler la magnitude.

Cet écosystème souterrain de blogs, de profils, de micro-messages, de musique, de radios, de séries télés, de vidéos, de photos transitant par Internet et téléphones mobiles bruit à l’unisson. Française, algérienne, marocaine ou tunisienne, la nouvelle génération kiffe les mêmes sons de rap et rnb, regarde les mêmes séries, les mêmes matches, écoute sur le web, la libre antenne de Difool et se retrouve sur des dizaines de millions de blogs publiés en français.

Et que disent-ils ? Pas de discours, pas de politique, pas de théorie, mais une immense envie de liberté, de reconnaissance, de s’en sortir, d’avoir son mot à dire sur sa propre vie et de ne laisser personne décider à sa place.

Méprisée souvent en France, discriminée, humiliée, la culture de la nouvelle génération et sa libre expression radio et Internet ont été au Sud, un moteur à suivre, un objectif : être libre. Même si des deux côtés, sans illusion, on partageait des frustrations semblables, des destins bloqués et le chômage.

La connexité du réseau a fondé une nouvelle génération consciente d’elle-même et informée en temps réel. La mixité des origines et des expériences échangées a instauré l’uniculture ouverte et mondialisée de la nouvelle génération francophone. C’est celle-là qui s’est embrasée l’occasion venue en Tunisie ; pour s’étendre ensuite, puisque soudain l’impensable devenait possible. Et chaque fois les écosystèmes électroniques se mettent en mouvement.

Sans nul doute, la nouvelle génération française a contribué à faire tomber le premier domino de ce printemps arabe. Et voici, en retour, que nous revient cette formidable entrée dans la politique d’une jeunesse qu’on disait désintéressée de la chose publique et qui a fait tomber en quelques semaines deux dictateurs.
Qu’en ferons-nous ? Laisserons-nous encore, ici, en France, la nouvelle génération sur le côté, déclassée et ignorée ? N’y a-t-il pas là un vide politique majeur ? Vide comme la place Tahir. Qui, un jour, fut noire de monde.

Pierre Bellanger
Fondateur et Président de Skyrock

(Cet article est sous licence CC-by-nc, illustration CC-by de jeepnovak2)

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http://fr.readwriteweb.com/2011/03/01/a-la-une/une-clef-comprendre-les-vnements-de-tunisie/feed/ 35
Sarkozy, Ben Ali, et l’internet civilisé http://fr.readwriteweb.com/2011/01/24/analyse/sarkozy-ben-ali-linternet-civilis/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/24/analyse/sarkozy-ben-ali-linternet-civilis/#comments Mon, 24 Jan 2011 14:37:22 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=11867

Karim Guellaty est un bloggeur Français particulièrement au fait de la situation Tunsienne, il s’était fait remarquer sur Twitter, entre autre, par la précision des renseignements qu’il avait donné  sur les péripéties de la fuite de Ben Ali.

Je reviens de Tunisie où j’ai la tête encore pleine de nos libertés, de nos fraternités, je reviens fier, droit comme un i, tête haute, et je me dis que j’ai de la chance de vivre entre deux pays… libres.

Je repense à  la vie avant. Je repense à ce ammar404 ; ce droit le plus élémentaire de naviguer librement sur le net, nous ne l’avions pas. Une dictature finalement, ça ne fait pas dans le détail, on coupe l’accès, point barre. On pense le peuple anesthésié… il était juste en train de s’organiser.

Je rentre donc à  Paris, et je regarde ce que dit la presse, après une si longue absence. Et je suis interpellé par ce Hadopi, je lis, je me documente, et je trouve ça tout de même très limite. Puis je tombe sur un papier qui parle de la LOPPSI. Je lis, je me documente et je trouve que ça commence à faire beaucoup. Mais bon, je suis encore sous l’euphorie, alors je me trouve des prétextes pour ne pas considérer tout ça dramatique. Puis je tombe sur un article sur le CSA qui veut également intervenir sur le web. Je lis, je me documente et je me dis qu’il faut peut être quand même envisager de regarder tout ça de plus près. Je m’apprête à refermer mon journal pour aller effectuer mes recherches sur le net quand je tombe sur l’ARJEL. Je lis, je me renseigne. Je referme mon journal et je me dis que la France a peut-être refusée l’asile à Ben Ali, mais ammar404 est bien en France et il s’est drôlement bien intégré celui-là.
Je résume.

Avec Hadopi on est responsable de son accès internet. Et si quelqu’un s’y connecte pour commettre un délit, c’est le propriétaire de l’accès internet qui est juridiquement responsable. Et vous savez quoi ? La défense n’est possible qu’une fois la sanction mise en œuvre. Ça s’appelle, en droit, une présomption de culpabilité. Présomption simple, c’est à dire qui tombe sous la preuve contraire. Et la preuve contraire, c’est soit dénoncer l’auteur, soit prouver qu’on a tout faire pour l’empêcher, mais qu’on n’a pas réussi. Ça s’appelle une obligation de moyen. Vous n’êtes pas tous informaticien ? Pas de panique, l’état va nous fournir un petit logiciel de sécurité, et ce petit logiciel de rien du tout va surveiller votre trafic sur le web pour censurer les sites dont les contenus sont illégaux.

Ce logiciel, même Ben Ali n’aurait pas osé.

Il manque 404. Ne bougez pas, on a tout prévu. LOPPSI. Il faut lutter contre la pédophilie, nous sommes tous d’accord. Et pour ça, le ministère de l’intérieur communiquera aux FAI une liste secrète de sites à interdire. Il n’y a que des sites pédophiles dans la liste ? On ne sait pas elle est confidentielle on vous a dit. Mais ne vous inquiétez pas, elle sera auditée dans 2 ans. En même temps je suis prêt à accepter ce risque de censure discrétionnaire, parce que ça permet que d’innocents petits enfants ne se fassent plus ignoblement abuser… Quoi ? Comment ça, ça ne change rien ? Ce n’est pas parce que ce n’est plus diffusé sur internet qu’il n’y aura pas pédophilie ? Ben oui, c’est évident. Je suis désolé, mais dans mon autre pays, ça fait dix ans qu’on nous bloque internet pour ne pas qu’il n’y ait d’islamistes, alors pour nous quand on ne voit plus, ça n’existe plus. On a encore quelques mauvais réflexes, désolé. Bien sur que ça ne règle rien au problème et que la pédophilie continuera à exister, sinon à prospérer.

Pendant qu’on y est, on contrôle aussi grâce à l’ARJEL les sites de jeux et on censure ceux qui ne paient pas leurs redevances à l’état français. Le CSA qui lève le doigt aussi et veut pouvoir contrôler la VOD, pour le moment. Mais les élections approchent, et à mon avis les sites qui ne respecteront pas le temps de parole des politiques, censurés.

Et vous savez quoi, ils ont voulu fusionner tout ce petit monde.

Alors moi, je vais vous dire une chose, nous autres tunisiens, nous ne savons peut être pas encore grand chose de la démocratie, mais en revanche on sait comment un régime autoritaire s’installe gentiment dans l’inconscient collectif,  on en connaît les ficelles, les mécanismes, les attributs. Certes, nous ne serons jamais sous la dictature d’un homme en France, mais une dictature est sournoise et peut prendre plusieurs formes, croyez nous. Et l’une de ces formes, c’est aussi la dictature de l’État, la dictature du Système. Mes chers amis du Parti Pirate, il n’est pas très loin le jour où vous devrez agir à partir de la Tunisie. Et vous pourrez compter sur notre coup de main comme nous avons pu compter sur le votre. Car au delà d’être peuple d’un pays, nous sommes tous le peuple de la terre, libre de choisir notre destin, mais il faut choisir.

En France, on pense le peuple anesthésié, mais s’il était en train de s’organiser ?

(texte initialement publié sur le blog du parti pirate Français, en licence CC-by)

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http://fr.readwriteweb.com/2011/01/24/analyse/sarkozy-ben-ali-linternet-civilis/feed/ 7
Tribune : Wikileaks, la première Infowar a commencé http://fr.readwriteweb.com/2010/12/10/analyse/tribune-wikileaks-premire-infowar-commenc/ http://fr.readwriteweb.com/2010/12/10/analyse/tribune-wikileaks-premire-infowar-commenc/#comments Fri, 10 Dec 2010 12:55:03 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=11173

Pierre Chappaz est un entrepreneur français, né le 12 avril 1959 à Toulon (Var). Il est l’un des fondateurs de Kelkoo et de Wikio, un moteur de recherche d’informations dans les sites médias et blogs. Il a été, jusqu’à Juillet 2007, l’un des dirigeants de Netvibes service de portail personnalisable.

Il faut se rendre à l’évidence: Les gouvernements du monde entier se sont ligués pour faire taire Wikileaks.

C’est la première Infowar: pour la première fois, une tentative de censure est à l’oeuvre à une échelle mondiale sur Internet. Pour la contrer, les défenseurs de la liberté du Net vont se liguer dans le monde entier.

Les forces sont inégales: d’un côté les pouvoirs d’Etat, les agences de renseignement prêtes à tout pour réduire Assange au silence. De l’autre, l’équipe de Wikileaks et tous les geeks de la planète prêts à la soutenir. Geeks de tous les pays, unissez-vous!

Cette guerre de l’information sera fondatrice. Soit les gouvernements réussiront à mettre l’Internet sous contrôle, soit les geeks parviendront à gagner cette bataille qui concerne la liberté et la démocratie du futur.

J’attends avec intérêt que les journaux qui ont bénéficié des fuites de Wikileaks, comme Le Monde en France, prennent clairement parti pour ou contre la censure des gouvernements et les méthodes barbouzardes. A propos de méthodes, on a tout entendu concernant celles de Wikileaks, mais il faut se souvenir que…

1/ Wikileaks n’a fait que recueillir les données transmises par un soldat américain et a pris toutes sortes de précautions pour protéger les personnes citées dans les documents américains avant de les diffuser et

2/ le soldat américain qui a transmis les informations est en tôle, et pour un bon moment.

Le fond du débat c’est: est-ce que les gouvernements peuvent légitimement censurer la diffusion d’informations qui leur déplaisent?

Appliqué au monde ancien, la tentative de censure des gouvernements contre Wikileaks est comparable à ce que serait une censure du Canard Enchaîné par le gouvernement français. Impensable? et pourtant … la tentative des gouvernements est à l’échelle de la puissance américaine … énorme!

D’abord, salir, et paralyser. Mandat d’arrêt international d’Interpol contre son fondateur Julian Assange, au motif qu’il aurait agressé sexuellement une femme en Suède. Cette affaire, lancée contre lui lors de la précédente vague de révélations du site il y a quelques semaines, avait été présentée comme une accusation de viol. Il s’avère que la plaignante se plaint seulement du fait qu’un préservatif se serait déchiré au cours d’un rapport sexuel désiré. Il y a vraiment là de quoi mettre Assange sur la liste mondiale des criminels les plus recherchés, vous ne trouvez pas? Comment ne pas voir dans cette grotesque histoire la main de la CIA, avec la collaboration des autorités suédoises?

Ensuite, bloquer. Attaques contre les serveurs de Wikileaks dans le but de les réduire au silence, ce qu’on appelle le « déni de service »… ça n’arrête pas … tous les hackers de la CIA sont sur le coup, et les serveurs de Wikileaks sont down la plupart du temps.

Eliminer. Pressions du gouvernement américain contre Amazon qui hébergeait Wikileaks. Amazon, évidemment, s’est couché et Wikileaks a dû chercher un autre hébergeur …

Expulser. Wikileaks avait justement trouvé un hébergeur en France, le « pays de la liberté ». Voila que Besson, ce ministre devenu tête de turc des opposants aux expulsions d’immigrés, applique au numérique, sa nouvelle responsabilité, les mêmes méthodes: dehors Wikileaks!

Là, j’avoue que j’ai la honte … la honte que ce gouvernement, pas plus que le gouvernement suédois, ne soit pas capable de s’opposer aux pressions du gouvernement américain, dirigé par le grand démocrate Obama.

Pour plus de sûreté le gouvernement américain a carrément tué le nom de domaine Wikileaks.org! inoui !!!!!!!

Julian Assange a fait savoir qu’il a diffusé les documents à 10.000 personnes s’il lui arrive quelque chose. Vrai ou faux, on peut imaginer qu’il avait anticipé cette guerre mondiale de l’information dont il est l’élément déclencheur. Je suis inquiet pour lui, ils vont sans doute le capturer et le mettre en tôle, à moins que nous n’apprenions son suicide demain matin?

Les révélations de Wikileaks sont un torrent d’air frais sur la diplomatie internationale. Cela dérange les puissants? soyons solidaires d’Assange et de son équipe!

Nous sommes tous des Julian Assange! (ou nous aimerions!)

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Communicationisyourright.org : un site pour défendre l’article 19 sur la liberté d’expression http://fr.readwriteweb.com/2010/12/09/divers/communicationisyourrightorg-site-dfendre-larticle-19-sur-libert-dexpression/ http://fr.readwriteweb.com/2010/12/09/divers/communicationisyourrightorg-site-dfendre-larticle-19-sur-libert-dexpression/#comments Thu, 09 Dec 2010 17:32:56 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=11166

Global Voices Advocacy Ce billet a été publié sur Global Voices Advocacy , l’un des sites de Global Voices, destiné à défendre la liberté d’expression en ligne et à combattre la cyber-censure · Tous les billets

Ceci est un billet des blogueurs invités Mera Szendro Bok, Matthew Schroyer, et Abby Martin de Communication is Your Right.

Le site Communication is Your Right! a récemment interviewé Larry Cox, Directeur Exécutif d’Amnesty International USA, qui a affirmé que la liberté d’expression est fondamentale dans la lutte pour les droits humains. « Les gens doivent comprendre que communiquer est un droit, un droit bien trop souvent bafoué », a –t-il affirmé. « C’est d’ailleurs le plus important, car si les gens ne peuvent pas s’exprimer, ils ne pourront donc pas dénoncer les différents abus dont ils sont témoins. »

Communication is Your Right! est une nouvelle plateforme qui permet aux différents acteurs, dans les médias, dans les associations pour les droits humains, et à tout citoyen de s’exprimer. Où en est le droit de communiquer dans votre communauté ou votre pays ? Partagez en créant une vidéo, un blog ou un podcast et ajoutez-le à notre campagne.

« Quand des gens essayent de détourner le pouvoir, les premières personnes à qui ils s’attaquent sont les journalistes » rappelle M. Cox. Ainsi, le projet Threatened Voices de Global Voices fait état de plus de 267 affaires concernant des journalistes ou blogueurs muselés, arrêtés, tués ou  disparus. On peut y lire que « Jamais autant de blogueurs n’ont été emprisonnés ». C’est inacceptable, non pas seulement parce que communiquer nous est indispensable pour changer nos vies et notre communauté – mais parce que c’est un droit humain.

L’article 19 de la déclaration Universelle des Droits de l’Homme, relative au droit de communiquer, fait de la censure une atteinte aux droits humains. Cet article stipule: « Chacun a droit à la liberté d’expression et d’opinion ; ceci inclus la liberté de s’exprimer librement et de chercher, recevoir et diffuser des informations et des idées à travers n’importe quel média, sans limitation de frontières ».

Sur la page principale de notre site apparaît une pétition demandant aux Nations Unies de reconsidérer le droit de communiquer. « Suite à ces changements profonds qui s’opèrent dans la manière dont les gens se connectent à Internet et partagent, il est plus important que jamais de protéger le droit de se connecter et d’échanger », explique Matthew Schroyer, journaliste (www.mentalmunition.com) et fondateur de Communications is Your Right! « Si vous ne pouvez pas protéger ce droit, alors, vous ne pouvez pas protéger la démocratie».

La pétition lancée par Communication is Your Right! rappelle aussi que la concentration des groupes de médias affaiblit la communication universelle et, sans un soutien digne de ce nom de la part des Nations Unies, aucun des Objectifs du Millénaire pour le Développement ne pourra être atteint.

Nous encourageons vivement ceux qui exercent leur droit de communiquer via des blogs, des podcasts, ou des vidéos à soumettre leur travail à cette campagne. Nous aimerions pousser les citoyens du monde entier à réfléchir sur les raisons pour lesquelles ils ne sont pas encore écoutés au sein de leur communauté. Les groupes de presse (traditionnels) vous offrent-ils la possibilité/les moyens/des plateformes pour le faire ? Dans quelle mesure le contrôle de l’Etat et la politique des médias sont-elles une entrave à la liberté d’expression dans votre pays ? Toutes ces questions méritent réflexion et nous devons agir tous ensemble pour créer des solutions.

Nous sommes entrain de mettre en place une campagne décentralisée visant à réunir des hommes/acteurs de médias, des réformateurs et des activistes travaillant ensemble, afin de former un réseau d’associations dans le but de pouvoir échanger avec nos communautés respectives et de créer un média autour de l’article 19. « Nous avons besoin d’une révolution de la communication pour obtenir une révolution des droits humains», a affirmé Abby Martin, fondateur of www.MediaRoots.org et entre autre organisateur de Communications is Your Right.

Pour vous joindre à Communication is your right  et plaider pour que les citoyens puissent communiquer ouvertement, pleinement et librement, vous pouvez visiter notre page “Organizing Together” si vous voulez apprendre comment devenir organisateur et partager le message de cette campagne.

Traduit par Philippe Menkoue

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http://fr.readwriteweb.com/2010/12/09/divers/communicationisyourrightorg-site-dfendre-larticle-19-sur-libert-dexpression/feed/ 2
Les Startups Weekends quittent la grisaille et migrent au soleil http://fr.readwriteweb.com/2010/11/26/agenda/les-startups-weekends-quittent-grisaille-migrent-soleil/ http://fr.readwriteweb.com/2010/11/26/agenda/les-startups-weekends-quittent-grisaille-migrent-soleil/#comments Fri, 26 Nov 2010 16:37:38 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=11010

Créer une entreprise en un weekend relève du domaine de l’impossible pour certains. Et pourtant cela 3 ans que dans le monde entier se développe des Startups Weekends. Près de 750 startups ont ainsi été crées en un weekend en 3 ans. Ce concept né au États-Unis à pour but de jouer le rôle d’un accélérateur (au même titre que notre nouveau Camping) mais en 54h !

A Marseille ils ont résumé cet étonnement de façon très claire : « Créer ma startup en un weekend ? T’y es fada ou quoi ! ».

Concrètement, comment est-ce que cela se passe ?


Les participants arrivent le vendredi soir avec leurs idées et leurs compétences, le soir même les participants auto-sélectionne les idées à poursuivre et constituent des équipes et … c’est parti pour un weekend développement de prototype technique, ainsi que de business model. Le tout est pitché à un jury d’entrepreneurs / incubateurs / sérial –entrepreneurs le dimanche soir, avec à la clef des feedbacks.

Depuis décembre 2009 ces Startups Weekends se développent en France. Trois éditions parisiennes ont déjà eu lieu, rassemblant à chaque fois plus de 100 personnes devenues entrepreneurs en un weekend à la force du poignet. C’est maintenant au tour de Toulouse ce weekend (26-27-28 novembre) et de Marseille le weekend prochain (3-4-5 décembre) de mener la danse.

Le concept est-il viable ?

Depuis 2007 les organisateurs commencent à avoir du recul sur l’évènement et les projets qui en sortent.

  • 30% des projets en sortant sont toujours actifs dans les 6 mois qui suivent ;
  • 10% d’entre eux lèvent des fonds et/ou génèrent leur premier chiffre d’affaire durant cette période (presque 1 startup par weekend).

De belles réussites en sont sorties, en France comme à l’étranger. Les précédentes éditions ont notamment vue le développement de Foodspotting qui fait figure d’emblème pour Startup Weekend. Il s’agit d’une société basée à San Francisco qui permet à une communauté d’identifier et partager les meilleurs restaurants. Coté Européen on a vu se créer Submate, lepotiron.fr ou CheckMyControler pour la France, ou encore Memolane qui créé au Startup Weekend d’Amsterdam en Avril dernier a levé 2 millions en Septembre.

Les prochaines étapes ?

Les organisateurs de Startup Weekend ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Après Marseille et Toulouse les éditions à venir en 2011 se passeront à Sophia Antipolis, Ajaccio, Montpellier, au Maroc, en Tunisie. D’autres sont en cours de préparation partout en France et en Europe … Affaire à suivre !

D’ailleurs le concept est en train de s’enrichir car le développement du programme ne se limite pas à la géographie ! L’équipe est également en train de travailler avec d’autres organisations, afin de concevoir un type de structure hybride entre un accélérateur et un incubateur pour mieux accompagner les startups dans leur développement après les premières 54 heures.

N’hésitez pas à vous inscrire pour participer à Toulouse et à Marseille dès maintenant ! L’expérience dans le sud se promet d’être très enrichissante avec de beaux sponsors et des accès privilégiés aux acteurs de l’innovation en dehors des murs de Paris !

Clément Cazalot
Antoine Laurent

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Pour plus d’informations (et votre inscription) sur :
http://marseille.startupweekend.org/
http://toulouse.startupweekend.org/

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http://fr.readwriteweb.com/2010/11/26/agenda/les-startups-weekends-quittent-grisaille-migrent-soleil/feed/ 12
“Gmail Api” just unfriend “Facebook” ! http://fr.readwriteweb.com/2010/11/09/analyse/gmail-api-unfriend-facebook/ http://fr.readwriteweb.com/2010/11/09/analyse/gmail-api-unfriend-facebook/#comments Tue, 09 Nov 2010 08:13:16 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=10871

Olivier Desbiey a 30 ans et vit à Paris. Il écrit (entre autre) à propos des nouvelles technologies avec de vieux réflexes d’économiste, sa formation initiale. Il travaille à la Direction de l’Innovation d’une grande entreprise dont l’une des activités est de distribuer vos courriers.

Ces derniers jours ont été marqués par un certain nombre d’annonces des grands acteurs du Web, et en premier lieu le dévoilement par Mark Zuckerberg de la stratégie mobile de Facebook.

Aujourd’hui, on apprend que Google a décidé de fermer l’API Contacts de Gmail à Facebook en mettant en avant le caractère asymétrique de leurs relations et le manque d’ouverture du réseau social. A mon sens ces mouvements sont importants et en disent beaucoup sur leurs velléités de gestion de notre identité numérique !

Présente-moi tes amis et ils resteront… avec les miens.

Revenons d’abord sur la fermeture de l’API Gmail. Cette API, fournie par Google, permet à des services tiers de fouiller dans le carnet d’adresses Gmail de leurs utilisateurs pour savoir qui de leurs amis utilisent déjà le service.

C’est une option qui n’est absolument pas anodine dans un web de plus en plus social, où la valeur d’un service va croître avec le nombre de ses contacts /amis /followers. Imaginez par exemple que vous soyez le seul à utiliser Foursquare…

Ce type d’API permet ainsi de lever la plus importante barrière à l’entrée lorsque l’on s’inscrit à un nouveau service. Google a donc décider d’exclure Facebook car le réseau social n’autorise pas la réciproque et ne joue pas le jeu de la libération des données. C’est en tout cas l’explication officielle fournie par la firme de la Mountain View. Pourquoi pas ?

Il est vrai que Google revendique le “pouvoir donné aux utilisateurs” dans la gestion et la portabilité de leurs données personnelles comme le Google Dashboard par exemple (cf. le blog de Peter Fleisher dont les billets défendent cette philosophie).

Je crois néanmoins que la vraie raison est que le célèbre moteur de recherche ne souhaite pas favoriser davantage le développement de Facebook, et surtout pas sur le terrain de la gestion de notre identité numérique. Car l’annonce des nouvelles conditions d’utilisation de l’API Contacts est intervenue au lendemain seulement de celle du réseau social sur la dissémination de Facebook Connect sur les smartphones.

Facebook enfonce le clou de l’identifiant unique

Lors de la conférence de presse du 3 novembre, la firme de Palo Alto a présenté les deux axes de sa stratégie sur mobile.

Le premier, sans surprise, est la monétisation de la fonction de géolocalisation “Places” (dont je parlais ici) au travers d’offres de couponing numériques, et la seconde, très importante à mon sens,porte sur le déploiement de Facebook Connect sur les applis mobiles afin de faciliter l’inscription ou l’authentification à des services tiers (vidéo explicative de FB avec le Nexus One de Google ;-) ) .

one-id-rule-them-all

La fonction Facebook Connect vous permet en effet de vous logger à un site sans avoir à saisir ou à re-saisir vos informations personnelles. De cette manière, FB Connect traite de l’une des spécificités de la gestion de notre identité en ligne: la dispersion. En ligne, notre identité est fragmentée sur différents espaces, qui se traduit concrètement pour l’internaute par la gestion d’une multiplicité d’identifiants (login / mdp). On connaissait déjà cette difficulté, mais elle est exacerbée sur un mobile où il est tout de même moins aisé de retaper ses identifiants, et où le non accès à un service peut s’avérer plus critique en mobilité.

Depuis plusieurs années, un certain nombre d’initiatives émanant de différents acteurs ont été lancées précisement pour tenter de faciliter la vie des internautes qui doivent jongler avec un grand nombre de couples login/mdp: système d’authentification décentralisé pour l’utilisateur comme OpenID, standard technologique Oauth pour faciliter l’échange d’attributs entre sites, système fédéré comme Liberty Alliance et plus récemment des solutions propriétaires comme Google Friend Connect, MySpace Connect et la plus répandue désormais Facebook Connect. Pour plus de détails cf. la perle “Technologies d’authentification” Technologies Authentification Unique

Avec plus de 500 millions d’utilisateurs, Facebook est déjà incontournable comme solution d’authentification pour des usages disons “classiques” d’Internet (hors signature électronique et transactions sensibles) et avec l’extension vers le mobile la firme de Palo Alto s’apprête à prendre des positions décisives.

Établir le lien entre identité réelle et identité numérique: le Graal ?

Si pour le moment FB Connect ne peut viser que des usages classiques, cela est dû à l’autre spécificité de nos identité en ligne à savoir que “On the Internet, nobody knows that you are a dog” c’est à dire qu’un internaute ne dispose pas vraiment de moyen de prouver sa véritable identité “qui il est”, et qu’il doit donc sans cesse faire la preuve qu’il dispose bien des droits pour accéder à tel ou tel service en saisissant et re-saissant ses différents identifiants.

Facebook pourrait revendiquer ce lien entre réel et numérique puisque les membres sont majoritairement présents sous leur véritable identité (même si depuis quelques temps, je ne sais si vous constatez la même chose, un certain nombre de mes amis “pseudonymise” leur compte…).

Toutefois le fait qu’un utilisateur puisse créer un compte avec une fausse identité ou alors un compte avec une véritable identité qui n’est pas la sienne, est susceptible de générer une suspicion générale empêchant d’aller vers des usages plus “officiels” de cette identité. Il faudrait pour cela des comptes vérifiés un peu à la manière de ce que fait Twitter avec les comptes de personnalités (il semblerait que Twitter va d’ailleurs abandonner ou en tout cas faire évoluer cette option). La valeur de cette vérification reposera sur deux éléments clés : la procédure de vérification utilisée et l’entité qui l’opère.

Aujourd’hui, cette préoccupation semble bien réelle chez Google si l’on en croit les différentes déclarations d’Eric Schmidt depuis un an environ, qui ne cesse de clamer que l’anonymat devient trop dangereux “In a world of assymetrics threats, true anonymity is too dangerous” (25’17 dans la vidéo ci-dessous à propos du futur du Web)

En modifiant les conditions d’accès à son API Google indique clairement à “the social network” qu’il n’y aura plus de conversion d’utilisateurs Gmail en compte Facebook Connect.

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http://fr.readwriteweb.com/2010/11/09/analyse/gmail-api-unfriend-facebook/feed/ 11
Retour du Plastic Hacker Space Festival http://fr.readwriteweb.com/2010/11/02/a-la-une/retour-du-plastic-hacker-space-festival/ http://fr.readwriteweb.com/2010/11/02/a-la-une/retour-du-plastic-hacker-space-festival/#comments Tue, 02 Nov 2010 11:01:02 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=10837

Ce WE, l’association des bidouilleurs de Vitry, le tmp/lab, organisait un festival, le Plastic Hacker Space Festival. Le cadre était alternatif, au sous-sol d’une usine désaffectée, mais pas forcément son contenu: le public était varié et les concepts avaient un doux parfum de projets universitaires. Le hacking des objets a prédominé sur le hacking logiciel, et j’ai retenu deux concepts de base: le Do-It-Yourself et les objets libres.

Romain Lange est cofondateur de Cibul, une application web qui permettra de trouver les événements proches de soi. Il partage sur son blog ses rencontres d’organisateurs et ses participations à des événements.

DIY: « ça vous plait? C’est moi qui l’ai fait »

L’individu est plus qu’un simple consommateur, il peut assimiler des savoir-faire et fabriquer lui-même les objets dont il a besoin, voire même s’amuser à fabriquer ses objets. Une délicieuse toulousaine a ainsi exposé comment fabriquer ses sex-toys avec le vibreur d’une manette de jeu vidéo et des moules de cuisines en silicone.

Je me suis dit que l’idée du DIY était déjà bien diffusé dans notre société et qu’en un sens C’est du propre, l’émission de M6, où deux super-ménagères apprennent à fabriquer ses propres détergents avec du vinaigre, du citron et de la bière, c’est du DIY.

Les objets libres

C'est du propreUn objet libre est un produit librement reproductible et modulable dont la documentation technique est en libre accès. L’idée est de faire passer en bien commun tout une série de savoir-faire. Christophe André, de l’association Entropie, est allé plus loin avec le concept de design libre qui encourage les concepteurs à documenter également les faiblesses des produits afin de bénéficier de contributions des utilisateurs. Sur ce festival, le plus emblématique de ces produits hackables étaient les imprimantes 3D.

Les imprimantes libres

Deux projets d’imprimantes 3D étaient présents: Makerbot, une boutique en ligne américaine qui propose ses machines en kit, et RepRap, un projet communautaire initié par l’université de Bath. Ces machines sont libres de droit, se revendiquent « hackables » et sont en partie auto-réplicables, puisqu’une imprimante peut produire les éléments plastiques la composant.

Les objets peuvent être créés avec le logiciel Blender, partagés sur ThingIverse, puis reproduits par l’imprimante par couches successives de plastique. En France, les fournitures et pièces détachées sont disponibles chez Hackable Devices, une société issue d’un partenariat entre Kd85, Bearstech et FaberNovel, afin de promouvoir et diffuser la culture de la bidouille et l’apprentissage par la pratique, et qui sait, de faire naître un modèle économique viable.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

L’impression d’objets en Nutella a été tentée, mais le réglage de la température n’étant pas encore au point, un repli sur les dessins en 2D sur pain de mie a eu plus de succès.

Nutella 2D printing with a 3D printer

Un dernier projet avait à mon sens une application commerciale proche: le matériel de muscu-musical. Un potentiomètre permet de faire varier une note de musique suivant le mouvement sur un matériel et l’objectif est de « jouer » à plusieurs de ces instruments, comme dans un groupe: transpiration assurée.

Le hacktivisme en question

Les dernières conférences du festival était dédiées au questions politiques, et ce ne fut pas la partie la plus passionnante du WE. Un avocat en a fait des tonnes sur l’Hadopi, puis se posa la question de la voix des hackers: plusieurs membres de hackerspaces/hacklabs, notamment de Suède et d’Espagne, ont confronté leurs points de vue sur l’opportunité d’un parti pirate, d’une fédération ou confédération des hackerspaces, ou d’une organisation hacker telle que préconisée par DecereBrain, dont j’entendais parler pour la première fois. Au final, c’est l’option du hacktivisme qui a été retenue: pas de structure centralisée, les hackerspaces sont des lieux d’actions et pas de théorie, chaque groupe peut décider de petites actions autonomes relayées par des portails, tels hackerspaces.org.

En quittant le festival dimanche soir, je suis sorti du sous-sol, ai marché en évitant la boue du chemin qui ramène à la route, l’air de Vitry empestait l’odeur des usines de retraitement de déchets. Je suis demandé si la voix des hackeurs, qu’elle soit centralisée ou non, n’avait pas tout à gagner à être plus accessible, plutôt que de résonner dans une cave de Vitry-Sur-Seine. Le Hacker Space Festival 2011 aura-t-il lieu à la Cantine? Alors les hackeurs, quand est-ce que vous sortez de votre squat?

l'entrée du tmp/lab

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http://fr.readwriteweb.com/2010/11/02/a-la-une/retour-du-plastic-hacker-space-festival/feed/ 6
Oubliez la Silicon Valley : bienvenue à Paris http://fr.readwriteweb.com/2010/10/28/divers/oubliez-silicon-valley-bienvenue-paris/ http://fr.readwriteweb.com/2010/10/28/divers/oubliez-silicon-valley-bienvenue-paris/#comments Thu, 28 Oct 2010 12:00:18 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=10761

Témoignage d’une entrepreneuse américaine sur l’écosystème high tech parisien, à l’attention de ses compatriotes (article

paru à l’origine sur l’édition anglo saxonne de RWW
, qu’il nous a semblé opportun de publier ici).

Pamela Poole est une geek bloggeuse, traductrice, auteur, et fait partie des fondateurs de Francophilia.com, la startup sociale des francophiles. Originaire de Californie, elle vit aujourd’hui à Paris, où son engagement sur la scène des entreprises high-tech la maintient à l’écart des boulangeries françaises. Dans ce billet adressé à ses compatriotes outre atlantique, elle décrit le paysage des startups parisiennes du point de vue d’une entrepreneuse américaine. Intéressant.

Si vous êtes capable de voir au-delà les vieilles pierres et des villages ruraux pittoresques, vous réaliserez que la France est aussi technologiquement avancée que n’importe quel autre pays occidental, plus dans certains secteurs. Non seulement le pays affiche un pourcentage de foyers disposant d’une connexion haut-débit plus élevée que les États-Unis (les connexions sont plus rapides et coûte deux fois moins cher). La France est surtout championne du monde pour le nombre de blogs par internaute, et a un marché formidable de web-consommateurs dépassant 5.5 milliards d’euros dépensés en ligne dans le premier trimestre de cette année.

Quand je suis venue à Paris en 2006, j’avais une idée de startup bien arrêtée et rien de plus. Ca fait maintenant environ trois ans que je suis entrée dans la danse en tant qu’entrepreneur et tech-blogger. J’ai découvert un terreau riche de passion, d’énergie et d’un fort esprit de collaboration.

Une culture geek prospère à Paris. Aucun manque d’expertise dans le développement de logiciel, grâce à des universités compétentes produisant des ingénieurs compétents. Cependant, la scène des startups parisiennes reste relativement jeune du fait de quelques barrières culturelles assez fondamentales. Mais ces barrières montrent des signes de faiblesse.

Vous désirez monter une startup en France ?

Tandis que les entrepreneurs étrangers attendent que le Visa Startup devienne une réalité pour se lancer aux USA, la France a tranquillement mis en place un programme similaire depuis quelques temps. Le gouvernement français a traduit le programme Jeune Entrepreneur Indépendant (JEI) en Young Entrepreneurs Initiative (YEI), une compétition annuelle organisée par l’ambassade de France aux USA. J’ai trouvé le nom un peu trompeur : vous n’avez pas réellement besoin d’être jeune, mais votre projet si. YEI est sensiblement identique au programme JEI, les gagnants du challenge peuvent venir en France et bénéficier des mêmes avantages que des startups labellisées JEI [nde: Pamela a écrit cet article avant la crise des JEI]. Alors qu’attendez-vous ?

Il y a de nombreux événements et organismes parisiens dont le seul but est de stimuler l’innovation et l’esprit d’entreprise, la plupart bénéficiant d’aides financières des autorités locales, régionales et nationales. La France n’est pas un pays socialiste, mais c’est un pays socialisé, et les français obtiennent beaucoup en échange des impôts qu’ils payent.

The Big Players

Silicon Sentier est peut-être l’acteur le plus connu sur la scène des startups parisiennes [disclosure : la structure qui porte RWW ainsi que son éditeur sont proches de Silicon Sentier, laCantine.org est un partenaire contenu, évènementiel, apéritifs et soirées tardives].

C’est un écosystème dont la mission est essentiellement le soin et l’encouragement à l’innovation. Entre autres activités et programmes, Silicon Sentier gère La Cantine, un espace de travail coopératif, lieu de passage de geeks branchés et hub actif des événements et des activités technologiques de Paris : barcamps, ateliers, concours, fêtes de lancement, conférences de presse, etc.


Cap Digital
et System@tic font partie des nombreux pôles technologiques de Paris. Ces organismes incluent de grandes compagnies, des représentants gouvernementaux locaux et régionaux, des universités/laboratoires de recherches publics et des PME. A travers eux, les entrepreneurs peuvent se connecter aux ressources de recherche et développement des universités et des compagnies, et avoir accès à un solide réseau de soutien offrant des opportunités de visibilité, de croissance et de financement.

La FING, un autre acteur de premier plan, est « un accélérateur d’idées, un groupe de réflexion et une ressource pour innovateurs. » La FING est peut être un groupe de réflexion, mais elle stimule le succès de startups de manière très concrète. Les startups peuvent soumettre leurs projets à la FING, qui fournit un appui à plus de 200 projets par an avec des événements, des programmes, et l’accès à un réseau de ressources important.

LeWeb, la plus importante conférence Internet d’Europe (la deuxième plus importante du monde) est tenue à Paris chaque décembre. Elle a été créée et est organisée par l’entrepreneur français Loïc Lemeur (Seesmic), elle inclut une compétition pour les startups européennes. Elle se produit à Paris mais est se déroule en anglais, car il s’agit d’une conférence internationale. LeWeb est une conférence technologique de classe internationale, et les intervenants à l’affiche sont toujours la crème de la crème du monde des startups.

Incubateurs, Accélérateurs, Challenges

Nous en avons aussi en France. Certains, comme SeedcampStartup Weekendbarcamps et l’OpenCoffee Club sont des importations provenant d’autres pays. D’autres sont du cru, comme SeedNetworking, le bébé de quelques élèves d’HEC (une des meilleures écoles de commerce de France) et de l’Ecole des Mines (une des excellentes écoles d’ingénieur), qui ont lancé le concept de speed-networking en rassemblant les entrepreneurs ayant besoin de développeurs et les développeurs ayant besoin de projets dans une même salle pour face à face intense.

Les principales écoles d’ingénieur et de commerce ont des incubateurs destinés aux étudiants, bien que certaines soient moins orientées vers Internet que d’autres. On trouve quelques incubateurs non affiliés, comme
Paris Pionnières
, qui reçoit des fonds publics et privés pour soutenir des startups créées par des femmes, les incubateurs de Paris Développement, fondés par la ville de Paris et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris. Des célébrités telles que Microsoft BizSpark et Sun Startup Essentials sont présentes ici, naturellement, The Funded a récemment lancé son Founder Institute à Paris.

Une chose dont nous manquons à Paris : des accélérateurs intensifs à plus long terme du type Y Combinator. Mais ils existent au R-U, ils ne devraient pas mettre longtemps à traverser la Manche par le tunnel. [update ici]

Le financement

La problématique financière est complexe d’un point de vue étranger parce que le gouvernement est très souvent impliqué d’une façon ou d’une autre. Il y a des entités publiques qui semblent fusionner ou changer de nom fréquemment (les acronymes c’est l’enfer), aussi bien que les organismes privés, sans parler des semi-privés. Leurs activités sont toujours entrelacées les uns avec les autres. Mais au résultat il y a de l’argent pour les startups, dont une bonne part vient de ces euros des contribuables dont j’ai parlé précédemment. En fait, environ trois-quarts de l’argent des startups viennent des fonds publics.

Les financements publics et privés sont en grande partie détournés vers des projets comprenant une partie de recherche et développement, c’est un obstacle que les startups rencontrent traditionnellement ici. Les investisseurs français sont plus prudents face aux risques encourus que leurs homologues américains, et la possibilité d’un brevet les rassure.

Jusque récemment, les business angels été relativement loin et peu nombreux. C’est en partie parce que, historiquement, le gouvernement a joué le rôle d’aide à la création d’entreprises, et c’est vers là que les gens ont tendance à se tourner. Mais les business angels deviennent plus structurés, plus actifs, et il y en a plus. Autre développement important : plusieurs entrepreneurs français à succès devenus investisseurs, considérablement moins capricieux que l’investisseur français traditionnel, sont devenus accessibles (Meet France’s New and Awesome Super Angels).

Le graphique ci-dessous montre les options de financement général pour les startups françaises.

Les Startups peuvent accéder aux financements publics de différentes manières. Le passage par
OSEO
, qui analysera et validera un projet, est souvent un rite d’initiation. La validation OSEO donne accès à de jeunes startups à une série de services de soutient et d’options de financement. OSEO peut être impliqué dès les premières étapes, avec des études de faisabilité et des plans de financement. Il fournit également appui et conseils bien au-delà de cette phase.

Une startup peut aussi être labellisée Jeune Entreprise Innovante. Le programme JEI a été créé en 2004 par le ministère de la recherche. Avoir le statut JEI est un joli billet d’or pour le financement, et les startups JEI obtiennent également des allégements fiscaux et d’autres avantages. Pour être éligible, votre projet doit comprendre un élément de recherche et développement. Il y a également le Concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes. Les gagnants de ce concours peuvent être crédités jusqu’à €450,000 pour du R&D.

Les particuliers désirant un allégement fiscal peuvent investir de l’argent dans des compagnies innovatrices par le biais de fonds d’investissements spéciaux (Fonds commun de placement dans l’innovation). Ceux-ci sont contrôlés par diverses Conseils en Gestion de Patrimoine Indépendant, ou CGPI. Condition pour obtenir un allégement fiscal sur ces investissements : 60% de l’argent doit aller à de nouvelles compagnies innovatrices, et être investi dans un délai de deux ans après réception par le CGPI. OSEO peut désigner une startup comme Entreprise innovante au titre des FCPI, qui la rend habilitée à recevoir ce genre de financement. Cette désignation est semblable au JEI avec une idée plus large du terme « innovant », et est moins strict au sujet de l’élément R&D.

Pôle emploi est l’organisme gouvernemental qui fournit l’indemnisation au chômage. Ils aident également leurs inscris qui créent une petite entreprise ou une startup en fournissant une indemnisation prolongée et des allégements de charges (impôt retraite, médical, incapacité, etc.) que les entreprises payent normalement au gouvernement.

Réseau Entreprendre Paris, un réseau d’entrepreneurs, et France Initiative, un réseau d’organismes locaux, sont des exemples des nombreux organismes semi-privés qui soutiennent les startups. Ils reçoivent eux-mêmes des financements publics et privés, qu’ils emploient à leur tour pour fournir une aide financière aux startups à travers des incubateurs et d’autres canaux établis.

Je me suis concentrée dans cet article sur quelques options pour le lancement de startups, je n’ai pas parlé de capital-risque ou des nombreux organismes qui aident les startups françaises à s’étendre à l’international. Pour un guide complet (en français) du lancement de startup en France, je recommande fortement Accompagnement des startups high-tech en France [PDF], et pour une vue d’ensemble du cycle de financement, Exemple de cycle de financement de startup en France [PDF], tous écris par Olivier Ezratty.

Les Startups

Vous pensez peut-être que vous n’avez jamais entendu parler d’aucune startup française, mais il est possible que vous utilisez des applications sans même réaliser qu’elles sont françaises. Si elles ont choisi un nom que les anglophones peuvent prononcer et traduit leurs sites en anglais, elles se fondent dans le paysage. Prenez Netvibes, le pionnier du tableau de bord personnalisé, qui a fait le sujet d’un
certain nombre
d’articles ici même sur ReadWriteWeb (dans sa version anglaise, ndlr). Netvibes se développe et adapte constamment sa plate-forme à l’évolution des besoins des utilisateurs en termes d’information et d’agrégation aux médias sociaux. Et DailyMotion, qui mange des parts de marché à YouTube, a connu un bond de 70% de son trafic d’utilisateurs américain en 2009.

Il y a une abondance de startups à succès en France qui ont habilement profité du fait que les startups étrangères ne localisent pas le marché français. Le modèle
Sarenza
est semblable à celui de Zappos, et il domine le marché européen de la chaussure en ligne. Il y a également des modèles originaux qui sont copiés et entrent furtivement dans les marchés anglophones, comme Vente-Privée et PriceMinister. PriceMinister, un site de ventes C2C/B2C de marchandises neuves et d’occasion (à un prix fixe) est la plate-forme leadeur du commerce électronique en France (surpassant depuis peu eBay.fr et Amazon.fr). Ils ont infiltré le R-U, et je ne serais pas étonnée que les États-Unis soient sur leur radar, où ils donneront sûrement à eBay.com une saine – et si nécessaire – concurrence. Vente-Privée est un site de vente au détail dont les membres doivent être parrainés pour bénéficier des services proposés. C’est un des sites de commerce électronique majeurs en France, qui s’est répandu à d’autres pays européens et dont modèle à engendré quelques imitations dans d’autres pays.

Les français ont leur part de startups exemplaires dans le monde des entreprises, y compris
BlueKiwi
, une plate-forme sociale d’entrepreneurs, et Exalead, qui offre de puissants outils de recherche pour aider les entreprises et les établissements à obtenir la plupart de leur capital d’information. Exalead montre toujours de belles performances entrepreneuriales, grâce à son incubateur de projet interne,
Exalabs
(Exalead vient d’être racheté par le géant technologique Dassault Systems).

Il y a donc quelques startups françaises de premier rang. Mais que diriez-vous des petits ? Tout ceux qui luttent, se débrouillent, se serrent la ceinture ? En fait, Paris se bat avec eux. Certains ne visent clairement pas plus loin que le marché français, mais un certain nombre d’entre eux ont franchi le cap en vue de conquérir le Web. Comme n’importe où ailleurs, le panel des startups françaises va des applications Web basiques qui se concentrent sur un besoin de niche, aux plates-formes ambitieuses et puissantes susceptibles de donner des sueurs froides aux leaders d’aujourd’hui. Voici une liste de quelques-unes de nos jeunes pousses.

(A= disponible en anglais)

  • English Attack : Site d’ « édutainment » qui enseigne l’anglais en utilisant des contenus web de divertissement : musique, vidéo, jeu, et plus. (A)
  • GameCreds : Impressionnant réseau social de gamers. (A)
  • Kontest : Solution prête à l’emploi pour créer et contrôler une grande variété de concours interactifs offrant des expériences mémorables aux communautés d’utilisateurs sur Facebook et iPhone. (bientôt en anglais)
  • Meetings : Sympathique application collaborative pour manager toute activité liée au meeting : communications, ordre du jour, agenda, actions à entreprendre, planning, etc.
  • MonArbre-MaTribu : Projet de reforestation basé sur du crowd-sourcing, très bien fait. 1 euro pour 1 arbre. (Disponible uniquement en France, pour l’instant).
  • Pearltrees : Un site de marque-pages avec une nouvelle approche d’organisation du contenu ressemblant à du mind mapping (cartographie par l’esprit, ndlr). (A,
    précédemment couvert par RWW
    )
  • Plyce : Réseau social géolocalisé. (A)
  • Regioneo : Vous connaissez tous ces mignons petits marchés français en plein air où les petits producteurs vendent leurs produits alimentaires extraordinaires ? Ce site vous permet de passer commande directement aux producteurs. (En France seulement, malheureusement).
  • Synthesio : Application web proposant des données de sources multiples pour les entreprises qui cherchent à dépister les buzz et les réputations en identifiant les tendances et leurs influenceurs. (En anglais, entre autre)
  • TellMeWhere : Un guide urbain en temps réel basé sur les recommandations des utilisateurs, traitant de toutes choses, des bars jusqu’aux coiffeurs, tout autour du monde. Application web et mobile. (A, précédemment couvert par RWW)
  • Yoocasa : Un espace privé en ligne, développé en collaboration avec des psychologues pour enfant, où les familles interagissent en temps réel à travers des diaporamas, des chats vidéo, des jeux interactifs, et plus. (A)
  • Ulule : Une plateforme admirablement conçue pour le financement par la population de projets ayant des prétentions artistiques ou d’intérêt général.

Cet article donnera lieu à une émission TV sur la future ReadWriteWeb TV, si vous souhaitez y assister (à Paris) ou y participer, inscrivez vous sur Techtoc.tv et demandez à participer sur cette page.

[MAJ: orthographe]

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http://fr.readwriteweb.com/2010/10/28/divers/oubliez-silicon-valley-bienvenue-paris/feed/ 24
Extrait de « Do more Faster » (Faire plus, plus vite) de David Cohen et Brad Feld http://fr.readwriteweb.com/2010/10/22/divers/extrait-de-faster-faire-vite-de-david-cohen-brad-feld/ http://fr.readwriteweb.com/2010/10/22/divers/extrait-de-faster-faire-vite-de-david-cohen-brad-feld/#comments Fri, 22 Oct 2010 10:07:05 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=10682

Do more Fatster: Les leçons de TechStars pour accélérer le lancement de votre startup, nouveau livre de David Cohen (fondateur et président de TechStars) et de Brad Feld (directeur général de Foundry Group), sorti la semaine dernière. Les auteurs sont en pleine tournée aux Etats-Unis. L’écriture de ce livre a duré un an, le but, selon Cohen, étant « d’essayer de capturer les expressions qui semblent être souvent répétées dans le cadre du programme » (programme de formation à la gestion de startup dispensé par ces mêmes auteurs, ndlr). Des douzaines de mentors et d’élèves de TechStars ont apporté leur contribution. Voici le chapitre d’introduction, écris par Cohen.

Presque toutes les startups partent avec de gros désavantages. Au commencement, la plupart ont moins d’argent et de crédibilité que leurs concurrents. Elles ont peu de clients, peu d’employés, ce qui signifie en général peu de personnes concentrées sur des choses telles que le marketing, les ventes, et le développement de produit. Les ressources se font rares au démarrage.

Mais, comme dans les arts martiaux, les meilleures startups utilisent le poids de leurs adversaires contre eux. La bureaucratie ralentit les entreprises plus grandes. Les gens en font moins car commettre une erreur peut être politiquement coûteux. Les audacieux qui se trompent se font virer ou perdent le pouvoir qu’ils avaient acquis en interne. Plus la compagnie est grande, plus elle aura tendance à ralentir.

Si il ya un avantage que la plupart des startups ont, c’est leur capacité à faire toujours plus, toujours plus vite. Et parce qu’elles peuvent aller toujours plus vite, elles peuvent apprendre toujours plus vite. Les entrepreneurs peuvent immédiatement rejeter ce qui ne marche pas car ils sont les seuls à s’en inquiéter. Personne n’essaye de protéger une marque qui n’existe pas, et personne n’a de raison d’avoir peur de petits échecs. Ceux-ci font parti du processus de lancement d’une startup.

Quand vous demandez aux présidents des compagnies majeures ce qui les inquiète le plus, une réponse courante est  » deux ou trois types dans un garage, quelque part ». Pourquoi ? Parce que les compagnies les plus importantes et les mieux implantées ont tout simplement trop à perdre pour tenter quelque chose de radicalement différent. Il ya a trop en jeu pour qu’elles essayent de révolutionner le marché dans le but de perturber les acteurs existants. Relativement parlant, les startups n’ont rien à perdre et tout à gagner à essayer des choses radicales ou inattendues. De plus grandes compagnies sont souvent déroutées et effrayées à juste titre par le potentiel productif d’une startup.

Faire toujours plus, toujours plus vite, c’est une des choses sur laquelle nous insistons avec nos startups chez TechStars. Ca ne signifie pas lancer des produits hasardeux–ils doivent toujours être mûrement réfléchis. Mais si ces petites entreprises ne sont pas hyper productives, si elles ne sont pas « agiles », alors elles partent au combat avec un vrai désavantage. Je crois profondément à ça, à tel point que j’ai appelé mon propre fond d’investissement Bullet Time Ventures (Entreprises Rapides comme une Balle, ndlr). Ce nom vient de la mode Matrix: Neo est tellement rapide qu’il peut facilement esquiver les balles. Ses ennemis semblent ainsi ralentis, ce qui lui donne un avantage évident sur eux, qui peut faire toute la différence.

Quand Occipital faisait partie de TechStars en 2008, ils étaient plus rapides qu’une balle de revolver. En tant que compagnie de recherche visuelle, ils ont essayé plusieurs produits avant de lancer RedLaser. Tous étaient intéressants, mais ce qui a vraiment payé pour Occipital, c’était leur capacité à essayer leurs idées rapidement et à jeter ce qui ne marchait pas en se concentrant sur ce qui marchait. RedLaser était le quatrième produit sur lequel Occipital a travaillé en à peu près six mois. Ca peut sembler désorganisé et aléatoire en surface, mais Jeff et Vikas ont beaucoup délibéré pour évaluer leur progrès à chaque étape.

Next Big Sound a élaboré un produit incroyablement beau et fonctionnel en moins de trois mois. SendGrid a trouvé le moyen de calibré son infrastructure de mailing à 20 millions d’email par jour en moins d’un an. Oneforty a rassemblé une communauté de milliers de développeurs d’application pour Twitter en à peine quelques mois. Intense Debate a été élaboré puis installé sur des centaines de blogs au cours d’un seul été. Les compagnies qui marchent donnent l’impression de se déplacer à une vitesse foudroyante. En revanche, celles qui ne marchent pas semblent toujours parler de lancements et de produits qui arrivent « dans quelques mois ». Comment les compagnies rapides font-elles ? Elles se concentrent sur ce qui compte, et accomplissent des progrès massif sur des secteurs disposant d’un réel impact.

Chez TechStars et en tant que « business angel » en général, j’ai collaboré avec peu de startups capables de faire toujours plus, toujours plus vite. Ils étaient simplement aussi lents leur concurrents plus important. Ils ont utilisé trop de processus trop tôt, ils ont voulu se convaincre qu’ils avaient absolument raison avant de prendre des risques, et ils ont trop réfléchi aux dépenses liées à la création de nouveaux produits. Leurs grandes idées ne pouvaient pas les sauver. Abandonner un avantage compétitif évident s’avère souvent mortel. Si une startup ne peut pas aller toujours plus vite, elle meure souvent très vite.

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Innovation et fiscalité en France : deux poids et une mesure http://fr.readwriteweb.com/2010/10/21/a-la-une/innovation-fiscalit-en-france-deux-poids-une-mesure/ http://fr.readwriteweb.com/2010/10/21/a-la-une/innovation-fiscalit-en-france-deux-poids-une-mesure/#comments Thu, 21 Oct 2010 06:05:43 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=10674

Conseil dans le domaine de l’innovation des NTIC, à la croisée des chemins entre la technologie, le marketing, l’organisation et la sociologie, Olivier Ezratty est également un grand connaisseur des rouages des aides à l’innovation en France. Il décrypte pour nous aujourd’hui les bouleversements à venir qui pour beaucoup porteront des dommages considérables à l’écosystème Français des nouvelles technologies.

L’été 2010 fut le pré­lude à un grand net­toyage des niches fis­cales pour contri­buer à la réduc­tion de l’endémique défi­cit public de l’Etat. Après d’intenses acti­vi­tés de lob­bying des uns et des autres pour éviter des réduc­tions d’avantages fis­caux, le sus­pens sub­sis­tait pour tous les acteurs du finan­ce­ment des star­tups et des star­tups elles-mêmes.

Les déci­sions gou­ver­ne­men­tales sont tom­bées dans le pro­jet de loi de finance 2011. Elles défrayent la chro­nique par cet Article 78 qui réduit for­te­ment le dis­po­si­tif d’exonération de charges sociales pour les Jeunes Entre­prises Inno­vantes (JEI).

Tou­cher à toute sup­pres­sion de niche ou d’avantage génère une réac­tion cour­rou­cée de l’industrie concer­née. On n’y échappe pas ici : France Bio­tech a été le pre­mier à lan­cer un cri d’alarme le 14 octobre. S’en est sui­vie la créa­tion d’une page Face­book sur le sujet, puis un relai chez de nom­breux inter­ve­nants blog­geurs : Henri Ver­dier (pré­sident du pôle de com­pé­ti­ti­vité Cap Digi­tal), les 17 pôles de com­pé­ti­ti­vité à voca­tion mon­diale, l’AFDEL, Roxanne Varza qui relaye l’avis de Gilles Babi­net sur Tech­Crunch France et même sur Teh­Crunch Europe en anglais, et aussi Pierre Chap­paz (Wikio). J’en oublie cer­tai­ne­ment plein d’autres. Le tout pour “exi­ger le retrait de l’article 78 du Pro­jet de loi de finances 2011 qui casse le sta­tut JEI”. Et de dénon­cer une mesure qui écono­mi­se­rait 57m€ alors qu’elle per­met la créa­tion de mil­liers d’emplois.

Je sou­tiens dans l’ensemble cette démarche mais avec quelques nuances sur l’impact réel de l’article 78, qui est variable selon le type et la taille d’entreprise inno­vante considérée.

Ma contri­bu­tion va consis­ter ici à creu­ser les tenants et abou­tis­sants de cette mesure contes­tée et contes­table. Je vais donc…

  • Ana­ly­ser l’article 78 de la loi de finance 2011, son impact poten­tiel et ses effets pervers.
  • Evo­quer les autres mesures fis­cales de ce pro­jet de loi de finance qui ont un impact sur le finan­ce­ment de l’innovation. Notam­ment les réduc­tions d’exonérations d’ISF pour les inves­tis­se­ments dans les PME ou celles qui impactent le Cré­dit Impôt Recherche.
  • Décrire le pro­ces­sus qui semble avoir conduit le gou­ver­ne­ment à prendre ces déci­sions. Et l’équilibre ban­cal des aides à l’innovation.
  • Four­nir quelques pistes pour éviter le vote de cet article 78 par les deux assemblées.

L’article 78

Une loi de finance est une sorte de “busi­ness plan” de l’Etat avec des recettes et des dépenses. L’Etat est une grande star­tup de près de 1000Md€ de compte d’exploitation (com­pre­nant la pro­tec­tion sociale) qui en est à son tren­tième “tour de table” pour cou­vrir son défi­cit chro­nique. Une loi de finance sert à décrire les évolu­tions des recettes et des dépenses de l’Etat. L’ordre du jour est d’augmenter les pre­mières et de dimi­nuer les secondes. Les mesures concer­nant les recettes relèvent en géné­ral de la modi­fi­ca­tion du code géné­ral des impôts.

Le dos­sier com­plet de ce pro­jet de loi de finance est dis­po­nible sur le site de l’Assemblée Natio­nale, avec le texte du pro­jet de loi tout comme les amen­de­ments sou­mis par les dépu­tés ainsi que les pre­mières déli­bé­ra­tions en com­mis­sions, notam­ment la com­mis­sion des finances. Pen­dant ces com­mis­sions, des amen­de­ments sont accep­tés ou reje­tés. Lorsqu’ils sont accep­tés, ils modi­fient le pro­jet de loi qui est ensuite déli­béré en séance plé­nière de l’Assemblée. Des amen­de­ments peuvent encore être dépo­sés à ce moment là. Tout comme ensuite, dans la dis­cus­sion au Sénat, puis en seconde lec­ture à l’Assemblée. Le tout sous l’étroite sur­veillance du gou­ver­ne­ment qui peut aller jusqu’à refaire voter des amen­de­ments lorsque cela ne lui convient pas.

L’exposé des motifs du gou­ver­ne­ment décrit bien l’article 78 :

“Afin de tirer les consé­quences de l’amplification du sou­tien à l’innovation mise en œuvre avec la réforme du cré­dit d’impôt recherche, inter­ve­nue au 1er jan­vier 2008 et qui béné­fi­cie désor­mais à hau­teur d’environ 800 M€ aux petites et moyennes entre­prises (PME) indé­pen­dantes (soit une aug­men­ta­tion de l’ordre de 100 % par rap­port à la situa­tion anté­rieure à la réforme), et d’améliorer l’efficience des dépenses bud­gé­taires en faveur de l’innovation des PME, le pré­sent article vise à modi­fier le dis­po­si­tif d’exonération de coti­sa­tions sociales à la charge de l’employeur au titre de l’aide au pro­jet des jeunes entre­prises inno­vantes en introduisant :

- un pla­fond de rému­né­ra­tion men­suelle brute par per­sonne, fixé à 4,5 fois le salaire mini­mum (SMIC) ;

- un pla­fond annuel de coti­sa­tions éligibles par établis­se­ment, fixé à trois fois le pla­fond annuel de la sécu­rité sociale, soit 103 860 € pour 2010 ;

- une dimi­nu­tion pro­gres­sive des exo­né­ra­tions au cours de la vie de l’entreprise.

Le carac­tère pro­gres­sif de cette dimi­nu­tion per­met­tra, en outre, d’éviter les sor­ties brusques du dis­po­si­tif, appli­cables actuel­le­ment lorsque les entre­prises atteignent leur hui­tième année, qui peuvent conduire à des dés­équi­libres de tré­so­re­rie. Ce prin­cipe de sor­tie pro­gres­sive est déjà en vigueur pour les dégrè­ve­ments fis­caux dont béné­fi­cient les mêmes entre­prises (exo­né­ra­tion totale sur trois ans, puis à hau­teur de 50 % les deux années sui­vantes). Il est ainsi pro­posé que, sur la base du mon­tant d’exonération auquel peut pré­tendre l’établissement, le taux d’exonération atteigne 100 % de ce mon­tant de la pre­mière à la qua­trième année, puis connaisse une réduc­tion pro­gres­sive au cours des quatre années sui­vantes (res­pec­ti­ve­ment 75 %, 50 %, 30 % et 10 % de ce mon­tant) avant son extinction.

Cette réforme entraî­nera une écono­mie bud­gé­taire de l’ordre de 57 M€ par an dès 2011, dont envi­ron 1,7 M€ au titre du pla­fon­ne­ment de rému­né­ra­tion, envi­ron 31 M€ au titre du pla­fon­ne­ment par établis­se­ment et envi­ron 24 M€ au titre de la sor­tie progressive.”.

Réa­li­ser une écono­mie de 57m€ est bien modeste au regard du Cré­dit Impôt Recherche qui coute plus de 4Md€ et pro­fite aux grandes et moyennes entre­prises à plus des 3/4. Sans comp­ter le Grand Emprunt et ses 35Md€ dont une par­tie signi­fi­ca­tive doit ser­vir à finan­cer l’innovation. Le gou­ver­ne­ment met en avant les 800m€ de CIR qui béné­fi­cie­raient aux PME inno­vantes. Le pro­blème est que les exo­né­ra­tions de charge des JEI inter­viennent en amont des dépenses tan­dis que le CIR inter­vient en aval. Même si son “rem­bour­se­ment” pour les socié­tés non béné­fi­ciaires est main­te­nant accé­léré. Le dis­po­si­tif JEI est plus effi­cace car il réduit le besoin en fonds propres tan­dis que le CIR pro­fite plus à celles des entre­prises qui sont mieux finan­cées. Bref, le sta­tut JEI et le CIR ne sont pas anti­no­miques mais plu­tôt complémentaires.

Le plus sur­pre­nant est ce pla­fon­ne­ment des salaires concer­nés, une mesure qui fait écono­mi­ser 1,7m€ ! Quel tra­vers du sys­tème exis­tant est-elle cen­sée cor­ri­ger ? Les PME inno­vantes embauchent-elles des scien­ti­fiques trop bien payés ? C’est pour­tant rare d’en croiser…

L’application de cet Article 78 aurait en tout cas plu­sieurs impacts :

  • Une forte péna­li­sa­tion des JEI du sec­teur des bio­techs dont les cycles de R&D avant géné­ra­tion de chiffre d’affaire durent bien plus que trois ans. Plom­bez le compte d’exploitation de ces socié­tés à par­tir de la qua­trième année, et vous ris­quez de les tuer dans l’œuf avant même l’arrivée de chiffre d’affaire. Cela leur deman­de­rait d’accélérer leurs tours de table de finan­ce­ment, alors qu’elles ne génèrent pas encore de reve­nus et dans un cli­mat écono­mique pas évident.
  • Elle tou­che­rait les JEI de plus de 10 sala­riés, jus­te­ment au stade encore pré­caire ou elles cherchent à deve­nir des PME. Or, on sait qu’en France, il n’y a pas assez de PME dans les sec­teurs de pointe. L’exemple est relayé par un des lec­teurs de ce blog, Daniel Cohen-Zardi, dont la star­tup emploie une quin­zaine d’ingénieurs et qui devrait ralen­tir ses recru­te­ments si cet article 78 était voté en l’état.
  • Elle épar­gne­rait seule­ment les JEI en phase d’amorçage et de moins d’une dizaine de per­sonnes qui conti­nue­raient de béné­fi­cier à plein des réduc­tions de charges sociales. Le pla­fon­ne­ment à 4,5 fois le SMIC cor­res­pond à une pra­tique cou­rante dans ces entre­prises. Rares sont celles qui peuvent se payer des experts au delà de ce niveau de salaire compte tenu de leur mode de finan­ce­ment (busi­ness angels, aides publiques). Un ingé­nieur débu­tant est à envi­ron 2,5 fois le SMIC. A 4,5 fois le SMIC on peut se payer un ingé­nieur avec cinq à dix ans d’expérience. Bref, les star­tups qui en ont le plus besoin sont épar­gnées. Le cur­seur a peut-être été mis un peu trop bas (104k€ / an de charges exonérables).

Se pose aussi l’éternelle ques­tion du cout du tra­vail en France et quels sont les emplois dont il est jus­ti­fié de bais­ser les charges sociales, au détri­ment des autres emplois sala­riés qui sup­portent la charge de la pro­tec­tion sociale (en plus des reve­nus du patri­moine, mis à contri­bu­tion via la CSG/RDS). On touche aux deux extrêmes : les emplois très qua­li­fiés (avec cette mesure qui affecte les métiers de la R&D) et les emplois fai­ble­ment qua­li­fiés. Ces der­niers béné­fi­cient aussi de réduc­tions de TVA (tra­vaux d’aménagement, cafés/restaurants). Il serait logique de favo­ri­ser d’abord les emplois qui sont expo­sés à la concur­rence inter­na­tio­nale où à l’exode des cer­veaux. Les emplois de R&D com­mencent à être expo­sés, au delà des emplois de pro­duc­tion. Les emplois de ser­vices locaux sont moins exposés.

Par ana­lo­gie, que se passe-t-il dans la Sili­con Val­ley ? Le cout du tra­vail “chargé” est voi­sin à celui de la France. Les charges sociales “upfront” sont plus faibles mais les salaires net sont plus élevés. Les sala­riés se pro­tègent ensuite avec des assu­rances pri­vées très chères. Une bonne cou­ver­ture style “mutuelle” y repré­sente plus d’un SMIC pour une famille de quatre per­sonnes. Mais mal­gré les aides fis­cales en France, une star­tup amé­ri­caine aura plus avan­tage à out­sour­cer des déve­lop­pe­ments logi­ciels dans les pays de l’Est qu’en France.

Enfin, cer­tains évoquent l’accoutumance des entre­pre­neurs aux aides publiques. Est-ce que cela génère une pos­ture d’assistanat ? La France est connue pour être une sorte de para­dis fis­cal de l’innovation. Notam­ment autour des finan­ce­ments de la R&D, là où on est censé obser­ver une défi­cience du mar­ché. Mais beau­coup de star­tups très inves­ties dans la R&D ont ten­dance à s’éloigner des mar­chés et des clients. Sans comp­ter les struc­tures créées spé­cia­le­ment pour béné­fi­cier du CIR et du sta­tut JEI. Au risque de perdre de vue les inves­tis­seurs tra­di­tion­nels et les clients qui payent.

Vous aime­riez comme moi que le dis­po­si­tif des aides à l’innovation de l’Etat soit un bel ensemble struc­turé, cohé­rent et vision­naire ? Que nenni ! C’est un gros bazar conti­nuel­le­ment rapiécé sans véri­table archi­tecte. Pas­sez votre chemin !

Les autres mesures de la loi de finances 2011

L’Article 78 n’est pas isolé dans ce pro­jet de loi de finance 2011. D’autres mesures impactent le finan­ce­ment de l’innovation, cette-fois au niveau des inves­tis­seurs. Et la com­mis­sion des finances les a déjà amen­dées :

L’article 14 réduit le champ des exo­né­ra­tions d’investissement dans les PME, dites “ISF”. Il exclue les socié­tés dans les domaines immo­bi­liers, finan­ciers ou à ren­de­ment garanti et pour les foca­li­ser sur les PME en phase d’amorçage. Ce sont des mesures de bon sens per­met­tant d’éviter les abus. En effet, à quoi bon inci­ter fis­ca­le­ment les hauts patri­moines à inves­tir sans risque avec une forte exonération ?

Un amen­de­ment pro­posé par le rap­por­teur et voté en com­mis­sion des finances abaisse de 75% à 50% le taux de réduc­tion d’ISF au titre des inves­tis­se­ments dans les PME en direct ou via des fonds ISF. Il vise à rendre plus “ration­nels” les inves­tis­se­ments dans ces PME. Pour­quoi pas. Cela amé­lio­re­rait l’effet de levier de cette dépense fis­cale. Cela pour­rait réduire les finan­ce­ments allant vers les PME inno­vantes, mais cela sera peut-être com­pensé par la limi­ta­tion des abus décrits dans le para­graphe précédent.

Un autre amen­de­ment lui aussi voté réduit cette exo­né­ra­tion à 40% dans le cas de l’appel à des tiers com­mis­sion­nés comme les fonds et hol­dings ISF. Tan­dis qu’un amen­de­ment com­plé­men­taire épargne les “hol­dings ani­ma­trices ISF” qui inter­viennent dans la ges­tion des socié­tés en por­te­feuille. Les SIBA (socié­tés d’investissement de busi­ness angels) pour­raient aussi être épar­gnées lorsqu’elles fonc­tionnent sans commissionnement.

Consé­quence impor­tante: l’alignement du béné­fice fis­cal des inves­tis­se­ments dans les PME inno­vantes entre fonds ISF de tous poils et les FCPI (pour les 60% des FCPI affec­tés aux PME inno­vantes). Ce qui va don­ner de l’air à ces der­niers qui en avaient bien besoin (avec le risque d’assèchement de leurs sources de finan­ce­ment ins­ti­tu­tion­nelles). Les FCPI inves­tissent certes dans des PME inno­vantes avec moins de risques que les star­tups en phase d’amorçage cou­vertes en amor­çage par les fonds ISF. Mais les PME des FCPI doivent être label­li­sées “inno­vantes” par Oséo alors que ce n’est pas le cas des PME inves­ties par les fonds ISF. Cela va limi­ter l’attractivité de fonds ISF pas tou­jours orien­tés vers les PME pre­nant des risques.

Seul hic dans tout cela, les FCPI ne pour­raient plus inves­tir plus de 1,5m€ par entre­prise et par an, pour res­pec­ter l’ambigu pla­fond des mini­mis. Suite à une dis­cus­sion en com­mis­sion des finances, le gou­ver­ne­ment devra pré­ci­ser si le pla­fond s’applique à l’investissement ou à la part cor­res­pon­dante qui a béné­fi­cié d’un abat­te­ment fis­cal. Dans ce cas, l’investissement maxi­mal devien­drait 3,75m€ par an.

Dans l’ensemble, à part ce der­nier point, l’article 14 et ses amen­de­ments sont donc plu­tôt bien vus. Ils réduisent les abus et per­mettent d’assainir un mar­ché du finan­ce­ment des PME devenu quelque peu anar­chique depuis 2008. Jusqu’à l’éventuel grand soir fis­cal qui ver­rait dis­pa­raitre l’ISF et le bou­clier fis­cal, et néces­si­te­rait un trans­va­se­ment vers l’impôt sur le revenu des mesures fis­cales favo­ri­sant l’investissement dans les PME innovantes.

L’article 15 pro­pose le rem­bour­se­ment immé­diat du cré­dit d’impôt recherche aux PME inno­vantes qui ne dégagent pas de béné­fices et ne payent donc pas d’impôt sur les socié­tés. Il péren­nise ainsi une dis­po­si­tion mise en place lors du plan de relance de l’économie.

Un amen­de­ment a été accepté en com­mis­sion des finances pour la prise en compte du mon­tant total des dépenses de recherche au sein des groupes d’entreprises liées et non plus par filiales. Il met fin à l’optimisation des grands groupes qui deman­daient leur CIR au niveau des filiales. Cette astuce leur per­met­tait d’obtenir un taux plus élevé de rem­bour­se­ment : en étant en des­sous du seuil de 100m€ de dépenses de R&D, le pas­sage à la faible tranche des 5% de CIR était évité. Cela per­met d’économiser envi­ron 400m€ dans les 4Md€ et quelques du CIR 2010. 4Md€ de CIR qui pour­raient atteindre 8Md€ en 2013 ! Mazette !

Le CIR touche aussi les filiales de grands groupes étran­gers. Il explique d’ailleurs en par­tie l’établissement en France de labo­ra­toires de R&D chez Micro­soft ou Google…

Enfin, un dis­cret amen­de­ment du rap­por­teur (Car­rez) – voté – dimi­nue de 75% à 50% les dépenses de per­son­nel prises en compte dans le CIR, plus quelques autres res­tric­tions. Et de plus, avec un effet rétro­ac­tif. Bon­jour la pré­vi­si­bi­lité des comptes pour les PME innovantes !

Amendement sur CIR PCF

Notons que le parti com­mu­niste pro­po­sait car­ré­ment de sup­pri­mer le CIR pour les PME car il serait trop dis­pen­dieux et inef­fi­cace (ci-dessus) ! Il fau­drait les faire pas­ser à la mou­li­nette d’une for­ma­tion sur le fonc­tion­ne­ment de l’innovation en France !

Ori­gine de ces mesures

C’est assez simple au départ : la chasse aux niches fis­cales, notam­ment celles qui concernent les entre­prises. Vu des syn­di­cats, il s’agit de “cadeaux aux entre­prises”. Le plus sou­vent, il s’agit de mesures qui per­mettent de créer ou de sau­ver des emplois, voire d’éviter des délo­ca­li­sa­tions. Le plus sou­vent à la marge. La grande ques­tion étant la ren­ta­bi­lité écono­mique de ces mesures. Cer­taines coutent par­fois plus cher que les emplois qu’elles sont cen­sées protéger !

A la demande du gou­ver­ne­ment, l’Ins­pec­tion Géné­rale des Finances de Bercy a mené plu­sieurs enquêtes. L’une por­tait sur le CIR en sep­tembre 2010 dont le rap­port est dis­po­nible et l’autre sur l’ensemble des niches fis­cales, fina­li­sée en août 2010. Cette enquête a été menée par quelques ins­pec­teurs des finances et a donné lieu à des ren­contres avec des dizaines de repré­sen­tants de l’industrie, notam­ment au tra­vers des repré­sen­ta­tions professionnelles.

La loi de finance est indi­rec­te­ment la consé­quence du lob­bying plus ou moins effi­cace de ces indus­triels. L’AFIC – qui repré­sente les VC – s’en est très bien sor­tie pour pré­ser­ver les déduc­tions ISF sur les FCPI. Les hol­dings ani­ma­trices ISF égale­ment, en pré­ser­vant un bon taux d’exonération contrai­re­ment aux fonds ISF, man­quant peut-être d’arguments. En gros, les inves­tis­seurs se sont mieux défen­dus ou étaient peut-être mieux repré­sen­tés que les PME innovantes.

Le rap­port sur le CIR pro­po­sait un cer­tain nombre de mesures dont quelques-unes sont reprises dans le pro­jet de loi de finance. Les autres sont peut-être lais­sées en pâture aux élus de la majo­rité pour appa­raitre sous forme d’amendements.

Le rap­port sur les niches fis­cales d’août 2010 n’est mal­heu­reu­se­ment pas dis­po­nible. Pro­ba­ble­ment parce qu’il contient des infor­ma­tions sen­sibles sur l’optimisation fis­cale de cer­tains hauts patri­moines. Cela induit une belle obs­cu­rité sur le pro­ces­sus de déci­sion du gou­ver­ne­ment. Il a tou­te­fois orga­nisé une fuite dans un jour­nal de confiance, Les Echos, reprise ensuite à l’unisson par les autres médias, aucun n’ayant pu lire ledit rap­port, qui n’est donc pas télé­char­geable sur le site de l’IGF.

Ce qu’il reste à faire

Pre­mier point inquié­tant : il n’y a visi­ble­ment pas d’amendement pro­posé par les dépu­tés concer­nant l’article 78. Il n’a pas encore été étudié en com­mis­sion des finances. Cela veut dire qu’aucun lobby ne s’est mani­festé dans un sens ou dans l’autre. L’opposition elle-même n’a rien relevé. Il est vrai que son réflexe assez pav­lo­vien consiste à deman­der et rede­man­der l’arrêt du bou­clier fis­cal voire de de récla­mer la fin de nom­breuses aides aux entre­prises. Cela ne va donc pas dans le sens d’une remise en cause de l’article 78.

Le lob­bying média­tique contre l’article 78 a com­mencé mais cela ne suf­fit pas. Il doit être mené par les asso­cia­tions concer­nées (France Bio­tech, AFDEL, Syn­tec, Crois­sance Plus, etc) de manière concer­tée sur plu­sieurs “cibles” :

  • Les dépu­tés, notam­ment ceux de la com­mis­sion des finances qui exa­mine les amen­de­ments face à un rap­por­teur qui est en géné­ral la voie du gou­ver­ne­ment. Il faut com­men­cer plu­tôt par les dépu­tés de la majorité.
  • Les séna­teurs, là encore, de la com­mis­sion des finances, puis les plus influents de cette assem­blée. Et ceux qui s’intéressent par­ti­cu­liè­re­ment aux nou­velles technologies.
  • Le gou­ver­ne­ment, à com­men­cer par les cabi­nets des ministres et secré­taires d’Etat de Bercy : Lagarde, Novelli et Estrosi.

Il faut aussi déve­lop­per un argu­men­taire. Avec des don­nées chif­frées sur les emplois créés par le sta­tut JEI et ceux qui sont mena­cés par l’article 78.

L’Etat apporte fon­da­men­ta­le­ment deux types d’aides aux PME inno­vantes : celles qui sont dis­po­nibles toute l’année et sont pérennes, et celles qui sont caden­cées par des appels à pro­jets et autres appels à mani­fes­ta­tion d’intérêt. Le mou­ve­ment de balan­cier a ten­dance à s’orienter vers ces der­nières aides. Et elles sont géné­ra­le­ment plus dif­fi­ciles à obte­nir pour les PME et ne cor­res­pondent pas for­cé­ment à leur cycle de vie.

Le JEI et le CIR sont de la pre­mière caté­go­rie: ils sont intem­po­rels pour les star­tups. Ils réduisent leur struc­ture de coût au moment le plus oppor­tun. Les dis­po­si­tifs sont neutres par rap­port au sec­teur d’activité et à la géo­gra­phie, ce qui n’est ni le cas des pôles ni celui du grand emprunt. Ils ne requièrent pas non plus de faire un lob­bying inten­sif ou de la R&D col­la­bo­ra­tive comme l’exigent sou­vent les appels à projets.

Nous avons vu dans un article pré­cé­dent que le grand emprunt allait géné­rer une bureau­cra­tie bien com­plexe et que l’Etat avait bien du mal à s’instituer “inves­tis­seur avisé”. Il sort en effet de son domaine de com­pé­tences, il doit délé­guer. Entre une délé­ga­tion “au mar­ché”, ou une délé­ga­tion “à des experts rému­né­rés”, où est la différence ?

Autre piste à envi­sa­ger : iden­ti­fier où lâcher du lest pour par­ti­ci­per à l’œuvre louable de réduc­tion des défi­cits. On pour­rait par exemple envi­sa­ger un pla­fon­ne­ment de l’exonération de charges sociales pour les JEI qui sont pro­fi­tables avant cette déduc­tion. Même si cela entrai­ne­rait des mon­tages arti­fi­ciels avec des JEI fai­sant tout leur pos­sible pour ne pas affi­cher de tels résul­tats positifs.

Ce débat met en tout cas en évidence la frag­men­ta­tion de la repré­sen­ta­tion pro­fes­sion­nelle des PME inno­vantes. Un peu de sim­pli­fi­ca­tion et de regrou­pe­ment serait bien­ve­nus pour que ces entre­prises soient mieux enten­dues par le gou­ver­ne­ment… que ne le sont les taxis !

Article publié initialement sur le blog d’Olivier Ezratty
Photo ©
downtheavenue.com

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http://fr.readwriteweb.com/2010/10/21/a-la-une/innovation-fiscalit-en-france-deux-poids-une-mesure/feed/ 3
Informatique, libertés, identités http://fr.readwriteweb.com/2010/10/13/analyse/informatique-liberts-identits/ http://fr.readwriteweb.com/2010/10/13/analyse/informatique-liberts-identits/#comments Wed, 13 Oct 2010 12:56:20 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=10586

Daniel Kaplan est le délégué général de la Fondation pour l’Internet Nouvelle Génération (FING), un projet collectif et ouvert qui « explore le potentiel transformateur des technologies, notamment quand il est placé entre des millions de mains ». Il a été responsable des adhérents de l’Internet Society et a contribué à la création de l’Icann, fait partie de la Chambre d’experts du programme e-Europe et il a pris part pendant 6 ans au Conseil stratégique des technologies de l’information (CSTI), rattaché au Premier Ministre. Il a été distingué en 2010 du Prix des technologies numériques au titre de la « Promotion de la société de l’information ».

Couverture A l’issu du programme “Identités actives” de la Fing, nous publions sous la signature de Daniel Kaplan un ouvrage intitulé “Informatique, libertés, identités” (Fyp Editions). Cet article en présente la philosophie, que l’on peut résumer en une phrase : “La valeur de la vie privée, c’est de nous permettre d’avoir une vie publique !”

Longtemps réservé aux spécialistes et aux militants, auxquels nous devons savoir gré de leur engagement, le sujet de la “protection des données personnelles” a gagné depuis quelques mois ses lettres de noblesse politiques. Le fichier policier Edvige, l’extension sans fin des services de Google, l’usage des données personnelles par Facebook, les pièces d’identités biométriques, les puces “sans contact”, ont fait l’objet de débats publics et de protestations audibles, conduisant parfois à de véritables (quoique provisoires) reculs de la part des entreprises ou gouvernements mis en cause.

Amère victoire

Beaucoup de bons livres et rapports paraissent sur ce thème. La Cnil et ses homologues européennes, réunies dans le “G29″, prennent des positions fermes (.pdf) sur les réseaux sociaux, les étiquettes Rfid, la vidéosurveillance. Aux Etats-Unis, Mecque de la liberté contractuelle et des lois sectorielles, la nécessité d’une réglementation plus englobante et plus stricte convainc un nombre croissant de personnes.

Et pourtant il n’y a guère lieu de se réjouir.

Les capacités de surveillance et de traçage des individus, par les autorités comme par les entreprises, n’ont jamais été aussi développées, omniprésentes, puissantes et discrètes. Les individus n’ont pas plus de contrôle sur ce que les organisations savent d’elles qu’hier, et même probablement moins. A tout le moins, le déséquilibre des connaissances, et donc du pouvoir, entre les individus et les organisations, tend plutôt à s’élargir.

Les moyens juridiques et techniques de protection existent. Mais ils demeurent mal connus et mal aimés, perçus comme des corps étrangers, tant par les organisations (ce qui se conçoit) que par les individus. Ces derniers semblent prendre un malin plaisir à ne pas faire ce que l’on attend d’eux. Ils ne participent guère à leur propre protection. Ils semblent prêts à dévoiler leur intimité à la première occasion, en échange, au mieux, d’un plat de lentilles. Ils se dévoilent sur le web et dans les réseaux sociaux. Ceux qui s’efforcent depuis 30 ans de les protéger s’interrogent : mais qu’est-ce qui leur prend ? Puis ils se rassurent : les individus sont “paradoxaux” (.pdf), ils s’affirment inquiets en général du grignotage de leur vie privée, mais leurs pratiques particulières ne reflètent pas leur attitude.

Mais constater un paradoxe ne suffit pas bien longtemps. Nous formulons une autre hypothèse : que ces pratiques obéissent en fait à une forme de rationalité (ou, au moins, de cohérence) fondée sur la valeur qu’on accorde à la possibilité d’agir, de se projeter vers le monde et vers les autres.

Protection et projection

Dans cette perspective, protection et projection de soi forment un couple indissociable, et l’on n’assurera pas l’une sans faciliter la seconde.

L’identité n’est pas une donnée fixe, donnée une fois pour toute, qu’il s’agirait simplement de garantir et protéger. C’est une construction permanente, multiformes, qui marie des éléments extérieurs et intérieurs à l’individu, objectifs et subjectifs, pérennes et éphémères. C’est surtout une construction sociale : l’identité se définit dans la relation aux autres, comme l’explique par exemple Daniel Solove. La “vie privée” forme la base de départ à partir de laquelle nous pouvons aller vers les autres, en revenir et réfléchir à nos expériences, pour repartir de l’avant. La vie privée ne prend son sens que lorsqu’elle forme la base… de notre vie publique ! On ne peut pas dissocier la protection de la première, de ce qui rendra la seconde riche, diverse, créative, plaisante, efficace…

La protection de la vie privée a une valeur à laquelle les individus tiennent. Mais celle-ci se mesure face à d’autres valeurs : élargir et entretenir son réseau relationnel, obtenir une reconnaissance personnelle ou professionnelle, partager ses passions, gagner du temps, accéder à des services. Quand la protection s’oppose à la projection, la protection ne gagne pas toujours.

Or l’édifice “Informatique et libertés”, comme la plupart de ses équivalents dans le monde, ne se préoccupent que de protection.

Et si… ?

C’est souvent le lot des lois que de dire “non” plutôt que “tu peux”. Dans une société démocratique, il est heureusement plus aisé de fixer des limites que de proposer des modèles. Et puis, lorsque les lois “Informatique et libertés” ont été écrites, dans les années 1970 et 1980, seuls les riches et les puissants avaient accès à des moyens informatiques. La ligne de fracture entre l’individu nu et l’organisation puissamment armée apparaissait nette et claire.

Ces déséquilibres n’ont pas disparu et il demeure nécessaire de les prévenir et de les corriger. Mais quelque chose d’essentiel a changé : les individus disposent désormais de puissants moyens de traitement et d’échange d’informations. Ils s’en servent en particulier pour s’affirmer, s’exprimer, échanger, collaborer, contracter, apprendre…

On leur apprend à se protéger, jamais à s'exprimer en ligneImaginons maintenant que les individus puissent utiliser à leurs propres fins les masses de données dont les organisations disposent sur eux, que ce soit pour retourner la surveillance, ou pour mieux se connaître eux-mêmes ; qu’à l’école, on enseigne non seulement à se prémunir des dangers de l’internet, mais à en tirer tout le parti possible pour se construire comme individu autonome et socialement inséré, reconnu et apprécié par ses pairs ; que nous, et nos employeurs, sachions valoriser les myriades de compétences informelles que nous ne trouverons jamais dans nos CV ; qu’il devienne possible de faire vivre simultanément plusieurs “hétéronymes“, de véritables personnalités alternatives, pérennes et crédibles, qui reflètent les différentes facettes de nos personnalités…

Que pourrais-je accomplir, moi si je disposais, sous une forme réellement exploitable, des informations sur mes trajets et mes communications des années passées ? Et de mes dépenses par carte bancaire, de mes requêtes auprès de mes moteurs de recherche, du détail de mes achats auprès de mon supermarché local ? Pas seulement pour contrôler ce que d’autres en font, mais pour les utiliser à mes propres fins ? Aujourd’hui nous serions fondés à nous gratter la tête : à quoi cela pourrait-il bien nous servir ? Comme, sans doute, les constructeurs informatiques des années 1970 qui ne voyaient pas quel usage les individus pourraient bien faire d’un ordinateur personnel. Ou les informaticiens des années 1980 faisant face à leurs marketeurs, qui leur demandaient de construire d’immenses bases de données dans lesquelles ils aimeraient “miner” des croisements pertinents. Puis sont apparus des logiciels, des modèles décisionnels, des représentations nouvelles, qui ont donné sens à cette masse d’information. Et si nous inventions les outils, les modèles, les représentations, qui feraient sens pour les individus ? Voire, au-delà, un véritable Internet des sujets, comme nous y invite Serge Ravet ?

Se protéger est raisonnable, triste et ennuyeux, si cela ne sert aucun autre but. En revanche, si nous avons quelque chose vers quoi nous projeter, la protection vient par surcroît, comme une condition nécessaire, mais non suffisante.

Changer d’ère

Associer protection et projection de soi, dans les pratiques, la technique, la législation, l’éducation : c’est la piste (féconde, du moins nous l’espérons) que nous souhaitons désormais explorer. Elle ne va évidemment pas de soi. Les changements auxquels elle invite présentent à leur tour des risques. Elle n’émergera pas sans une mobilisation conjointe des citoyens (parce qu’il y a des droits à revendiquer), des chercheurs (parce qu’il reste beaucoup de questions ouvertes), des innovateurs (parce qu’il y a des outils à inventer) ; et, ce qui ne sera pas forcément le plus facile, des experts de la protection des données personnelles, lesquels, après avoir fait preuve d’une exceptionnelle prescience il y a 30 ans, semblent trop souvent enfermés dans le cadre qu’ils se sont alors fixé.

Qui orchestrera cette mobilisation ? Quel en sera l’élément déclencheur, le “fichier Safari” de 2010 ? La discussion s’ouvre aujourd’hui !

Vous pouvez découvrir le livre Informatique, libertés, identités de Daniel Kaplan sur le site de son éditeur Fyp Editions.

Article initialement publié sur Internet Actu et RWW US.

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Un Parti Pirate en Tunisie http://fr.readwriteweb.com/2010/09/29/agenda/parti-pirate-en-tunisie/ http://fr.readwriteweb.com/2010/09/29/agenda/parti-pirate-en-tunisie/#comments Wed, 29 Sep 2010 06:18:49 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=10374

Ancien journaliste dans la presse Informatique et ingénieur en développement, Paul Da Silva est le porte parole du Parti Pirate Français, c’est un hacker reconnu dans la communauté, dont le blog regorge de pépites.

Alors qu’en Iran la peine de mort a été requise puis abandonnée au profit d’une lourde peine de prison pour un blogueur, alors qu’en Russie les blogueurs qui déplaisent au pouvoir en place sont la cible des hackers rouges, alors qu’en Chine on finit par s’habituer au grand firewall et surtout aux méthodes permettant de le contourner, la vigilance à l’échelle internationale est de mise lorsque l’on parle de liberté d’accès à l’information et de neutralité des réseaux en général.

En Tunisie c’est un problème que l’on connait bien puisque le filtrage que l’on souhaite appliquer à « l’Internet français » est depuis longtemps réalité avec la fameuse ATI du « président » (depuis plus de 20 ans) Ben Ali qui se charge de rayer du paysage numérique tous les opposants et tous les contenus subversifs au pouvoir en place.

C’est dans ce contexte compliqué que le Parti Pirate Tunisien monté par une poignée de résistants et que l’on espère voir rejoints très vite par de nombreux sympathisants a vu le jour le 26 Septembre 2010. Sa tache sera probablement plus dure et plus risquée que celle de la quarantaine de Parti Pirates existants à l’heure actuelle mais ils seront aussi probablement les plus surveillés et les plus soutenus.

Le site du Parti Pirate Tunisien n’affiche pour le moment que le logo de celui-ci et une traduction de la Déclaration des Droits de l’Internaute, projet initié par le Parti Pirate Français et d’ores et déjà traduit dans près d’une dizaine de langues.

Faire respecter cette DDI sera une tâche complexe et risquée, que les Partis Pirates à travers le monde tenteront de les aider à accomplir en espérant bientôt voir un net quasi-neutre (ça ne vous rappelle rien ?) arriver en Tunisie !

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Deux net-citoyens menacés de la peine capitale http://fr.readwriteweb.com/2010/09/23/divers/deux-netcitoyens-menacs-de-peine-capitale/ http://fr.readwriteweb.com/2010/09/23/divers/deux-netcitoyens-menacs-de-peine-capitale/#comments Thu, 23 Sep 2010 20:43:24 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=10314

Reporters sans frontières s’inquiète vivement des graves violations des droits de l’homme perpétrées par les Gardiens de la Révolution contre les journalistes et les net-citoyens dans les prisons iraniennes. La peine capitale pourrait en effet être requise contre deux blogueurs, Vahid Asghari et Hossein Derakhshan, emprisonnés depuis 2008.

« Les lourdes accusations contre Vahid Asghari et Hossein Derakhshan, pourtant dénuées de tout fondement, sont punissables, en vertu de la loi islamique, de la peine capitale. La communauté internationale doit intervenir et demander des comptes à Mahmoud Ahmadinejad, président soutenu par les Gardiens de la Révolution, ainsi qu’aux autorités judiciaires, qui se rendent ainsi coupables d’un détournement de la loi », a déclaré l’organisation.

Le Centre de surveillance des délits organisés
Depuis sa création en mars 2009, le Centre de surveillance des délits organisés instauré par les Gardiens de la Révolution et son site officiel Gerdab (www.gerdab.ir) ont participé activement à la traque des net-citoyens en les identifiant et en les arrêtant.

En mars 2009, ce centre a officiellement annoncé le démantèlement d’un réseau Internet « malveillant » et l’arrestation de plusieurs modérateurs des sites incriminés. Quelques jours plus tard, des « aveux » des personnes arrêtées ainsi que leur photo ont été diffusés, notamment par le site Gerdab. Les accusés ont été forcés de reconnaître la présence de sites critiques contre l’islam et le régime en place, ainsi que leur intention de « détourner » la jeunesse iranienne par la diffusion de sites pornographiques. Ils ont également dû avouer leur participation à un complot soutenu par les Américains et les Israéliens.

Le 17 juin 2009, suite aux protestations massives de la population à l’annonce de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence, le Centre de surveillance des délits organisés déclare avoir observé sur Internet « plusieurs cas de sites et blogs personnels publiant des articles incitant au trouble à l’ordre public, et invitant la population à se rebeller ». Ces sites, « créés avec l’aide de sociétés américaines et canadiennes, bénéficieraient du soutien de médias, tels que la BBCRadio Farda (Free Europe) etRadio Zamaneh, et seraient protégés par les services de sécurité américains et britanniques ». Dans ce même communiqué, le Centre a sommé tous les directeurs des sites Internet de supprimer « les contenus incitant la population à participer aux mouvements émeutiers, propageant menaces et rumeurs ».

Le 20 mai 2010, Ebrahim Jabari, l’un des commandants des Gardiens de la Révolution, a confirmé officiellement la création d’une « cyber-armée », responsable des actions de répression contre les réseaux qualifiés de « destructeurs », et de l’arrestation de centaines de net-citoyens. Plusieurs sites, tels queTwitter ou Radio Zamaneh, ont fait l’objet d’attaques.

Conditions de détention et passage aux aveux
Les détenus ont été soumis à de longues périodes d’isolement et ont été brutalement torturés pour obtenir des aveux, utilisés par la suite contre eux lors de leurs procès. Le net-citoyen, Vahid Asghari, principal accusé dans ce dossier de « démantèlement de réseaux », est l’une des premières victimes de ces atrocités. Ce jeune homme de 24 ans, qui étudiait l’informatique en Inde, a été arrêté le 11 mai 2008 à l’aéroport de Téhéran pour possession de plusieurs cartes de crédit.

Plus de deux ans après son arrestation, il est toujours en attente de son verdict, après une mascarade de procès. Maintenu pendant sept mois en isolement, il a subi mauvais traitements et tortures afin qu’il avoue être l’organisateur d’un réseau pornographique blasphémant l’islam et critiquant le régime en vue de pervertir la jeunesse iranienne. Le véritable crime de Vahid Asghari ? Avoir hébergé des sites, notamment ceux d’opposants iraniens.

Dans une lettre datée du 17 octobre 2009, adressée au président de la 15e chambre du tribunal de la révolution, le net-citoyen décrit en détail le calvaire qui a été le sien pendant les interrogatoires. « On m’a frappé avec un bâton pendant des heures et des heures, alors que j’avais les yeux bandés et les mains menottées. J’ai été menacé de mort et de viol avec un couteau sous la gorge. J’ai été insulté ainsi que ma famille. Ils m’ont obligé à faire des aveux et à les signer. Ils ont ensuite filmé mes aveux et ont diffusé le film avec la complicité de la télévision nationale alors que j’étais légalement présumé innocent. »

En outre, d’après l’article 168 de la Constitution de la République islamique d’Iran, les procès de délits politiques doivent être publics et se dérouler en présence de jurés populaires. Pourtant la plupart se déroulent à huis clos. Les accusés ne sont parfois pas informés de la tenue de leur procès et de leur condamnation. Les avocats eux-mêmes peuvent être écartés, et n’ont, dans bien des cas, pas accès au dossier de leur client. Vahid Asghari explique dans ce courrier : « Je n’ai jamais vu mon avocat et même au tribunal, je n’ai pas eu le droit de lui dire bonjour ».

« On m’a reproché de recevoir de l’argent de l’étranger à cause des publicités de Google sur les sites que j’hébergeais. J’ai été accusé d’insultes envers les imams chiites et envers le prophète à cause de leur contenu. On m’a forcé à affirmer que le blogueur irano-canadien Hossein Derakshan était un agent du ministère des renseignements iranien et de la CIA », a écrit le blogueur.

Le blogueur Hossein Derakshan a, quant à lui, été arrêté par les Gardiens de la Révolution le 1er novembre 2008. Il est depuis maintenu en détention en attente de son verdict, après avoir comparu dans un procès non équitable. Victime d’un scénario monté de toutes pièces, il est accusé d’ »insulte envers des responsables du régime et les textes sacrés de l’islam », alors qu’il avait clairement défendu les principes de la révolution islamique et la politique de Mahmoud Ahmadinejad. Il est une des victimes colatérales de la guerre fratricide entre les services de renseignements iraniens et les Gardiens de la Révolution.

Deux autres blogueurs, Kouhyar Goudarzi et Hossein Ronaghi Maleki, sont eux aussi détenus dans conditions extrêmement difficiles.

« Le Canada et l’ensemble de la communauté internationale doivent redoubler d’efforts pour obtenir des autorités iraniennes la libération de tous les journalistes emprisonnés », a déclaré Reporters sans frontières, qui rappelle que l’Iran figure sur la liste des « Ennemis d’Internet » établie par l’organisation. Neuf net-citoyens et vingt-six journalistes sont actuellement détenus dans le pays.

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E-Blogs, un nouveau média qui porte la voix des blogueurs européens en cinq langues http://fr.readwriteweb.com/2010/08/19/analyse/eblogs-nouveau-mdia-qui-porte-voix-des-blogueurs-europens-en-cinq-langue/ http://fr.readwriteweb.com/2010/08/19/analyse/eblogs-nouveau-mdia-qui-porte-voix-des-blogueurs-europens-en-cinq-langue/#comments Thu, 19 Aug 2010 08:43:44 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=9894

Narvic, l’auteur de ce billet, est un journaliste bien connu de la blogosphère pour ses analyses portant sur les média et le journalisme et leur évolution à l’ère d’internet. Il nous livre ici un retour d’expérience du tout dernier service offert par Wikio à la communauté des blogueurs : e-blog.
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E-Blogs, c’est un tout nouveau média européen d’information, mais il ne ressemble pas vraiment à quoi que ce soit qui ait existé auparavant. Il préfigure même un des avenirs possibles du blog, du journalisme et de l’information, sur un mode à la fois numérique, international… et « pro-am », comme on dit, c’est à dire en collaboration entre des journalistes professionnels et ces journalistes amateurs que sont bien des blogueurs (Les blogueurs sont déjà des journalistes, et ils ne le savaient même pas – juillet 2008).

Le principe est simple, mais la mise en œuvre est plus laborieuse : sélectionner tous les jours des billets de blogueurs de cinq pays européens différents, qui pourraient intéresser un public lui-aussi européen, et les faire traduire dans les autres langues par des traducteurs professionnels. Ça donne cette « revue européenne des blogs par Wikio », en français, en italien, en espagnol, en anglais et en allemand, qui s’étoffe chaque jour un peu plus.

L’opération est lancée par Wikio depuis trois mois et prend gentiment de l’ampleur pour atteindre peu à peu sa vitesse de croisière… L’opération est pilotée par une équipe formée majoritairement de journalistes et de traducteurs multilingues, sous la houlette de la journaliste Cathy Nivez. Les blogueurs s’inscrivent volontairement (et bénévolement) au projet, la seule condition demandée étant de figurer parmi les 1000 premiers blogs du classement Wikio des blogs dans son pays.

Une relation donnant-donnant

Cathy Nivez m’avait proposé de participer à ce projet il y a quelques mois, et j’ai accepté, car je trouve l’idée intéressante et innovante. Autant, par le passé, j’avais pu avoir quelques doutes sur la démarche de Wikio, notamment dans ses relations avec les blogueurs (n’y revenons plus), autant cette fois, je suis partant dans une relation que je trouve vraiment basée sur un principe de donnant-donnant. On pourrait donc voir très bientôt du novövision, en allemand ou en espagnol sur E-Blogs… Pour ce qui est de l’italien, j’ai déjà fait l’expérience de me lire dans une langue que je ne parle pas… ;-)

Les premiers qui « donnent » dans cette affaire, ce sont les blogueurs, bien entendu, qui fournissent la « matière première ». Ce qui fait d’E-Blogs un média entièrement rédigé par des blogueurs. Mais Wikio fournit pour sa part un service à valeur ajoutée très réelle, la traduction professionnelle (ce qui représente un investissement financier, et donc une prise de risque). Au final, si l’opération fonctionne, c’est à dire si elle trouve un nouveau lectorat européen pour les blogs, tout le monde y gagne : Wikio en audience et en affirmation de son rôle de service d’accès aux blogs, et les blogueurs s’y retrouvent dans la reconnaissance de la qualité de leurs contenus, mais aussi en touchant un public international qu’ils ne pourraient pas atteindre seuls, ce qui ne peut qu’être bénéfique à leur notoriété. :-)

Prendre les blogueurs au sérieux

E-Blogs est bien un projet qui vise à faire la promotion des blogs comme une source d’information (de témoignages, d’analyses, de commentaires, etc.) légitime, valable et de qualité, au niveau international. Ça démarque d’un certain discours de journalistes « old fashion », qui seraient seuls à même de fournir des contenus de qualité en matière d’information. Ça nous change aussi d’un discours plus général, mais systématiquement relayé dans les médias traditionnels, sur l’internet « tout à l’égout », foyer de toutes les rumeurs et repère de tous les pédo-nazzis !

La démarche d’E-Blogs n’est donc pas sans rejoindre celle qu’avait eue l’hebdomadaire Vendredi, en version papier quant à lui : un projet de journalistes qui prend les blogueurs et les blogs au sérieux et leur propose un travail en partenariat. Sauf que Vendredi n’a pas rencontré le succès espéré en diffusion. Pour une raison, à mon avis, surtout éditoriale dans le choix des articles repris (une question de « format éditorial », comme on dit). Mais Jacques (Rosselin) [fondateur de Vendredi, avec qui j'ai travaillé. NDB/"Note Du Blogueur"] , si tu passes par ici, tu as peut-être un avis, avec quelques mois de recul ? ;-)

Le nœud, où se joue la réussite ou l’échec de tels projets, c’est donc vraiment la question de la ligne éditoriale. E-Blogs est certes un média d’agrégation de contenus, mais cette agrégation n’est pas automatisée, effectuée par des ordinateurs et des algorithmes (contrairement à Wikio… ou Google News/Google Blogs). C’est de l’agrégation « à la main », effectuée par une équipe formée, notamment, de journalistes professionnels (comme Vendredi).

« Le reflet de la société civile européenne »

Il est encore un peu tôt, pour le moment, pour juger de la ligne éditoriale que l’on pourrait dégager des sélections effectuées par l’équipe de Cathy Nivez, mais on sent déjà nettement qu’elle se démarque de celle de Vendredi, qui était très axée sur la politique française.

Cathy Nivez s’en explique, sur le blog de Wikio : Pourquoi E-Blogs ? Donnons du sens à nos liens…

« L’objectif d’E-Blogs ?

Faire circuler les contenus de la blogosphère au delà des frontières et des barrières linguistiques, leur donner une dimension européenne .

La sélection des billets traduits se fait sur une dizaine de critères comme : quel est l’intérêt du sujet traité par le blogueur pour les internautes des autres pays ? Quelle est la valeur ajoutée du blogueur ? Son regard est-il différent d’un article de presse ou d’un communiqué ? De quoi parlent les blogueurs aujourd’hui en Italie, en Espagne, en France… ? Les blogs sélectionnés doivent aussi être classés dans le TOP 1000 Wikio de chaque pays.

Au delà de la barrière linguistique et au delà de la valeur des liens (page rank), c’est cette prise de parole qui nous intéresse. E-Blogs se veut le reflet de la société civile européenne . Notre regard est forcément subjectif et vivant. Cette revue de blogs évoluera au fil des semaines en fonction de vos retours… pour trouver on l’espère, un sens commun, un lien commun entre tous les blogueurs européens. »

On verra ce que ça donne en pratique. Pour info, le billet de novövision en cours de traduction (dans une version réduite de moitié par mes soins, pour des raisons de coût de traduction que je comprends) est celui que j’ai récemment consacré à l’iPad : On vous avait bien dit que l’iPad ne sauverait pas la presse.

Ce n’est pas moi qui vais dire que c’est un mauvais choix ;-)

Ce billet est disponible grâce au service e-blog dans différentes langues :

(photo CC-by de alibaba0)

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Lawrence Lessig : De l’économie de la Culture http://fr.readwriteweb.com/2010/08/18/analyse/lawrence-lessig-de-lconomie-de-culture/ http://fr.readwriteweb.com/2010/08/18/analyse/lawrence-lessig-de-lconomie-de-culture/#comments Wed, 18 Aug 2010 11:07:16 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=9866

lessigLawrence Lessig est un militant de la neutralité du net. Cofondateur des Creative Commons et expert de la propriété intellectuelle, il est professeur de droit à Harvard. Le texte dont nous vous proposons aujourd’hui une traduction dans de 2006, mais comme vous allez pouvoir le constater, et comme pour beaucoup des écrits de Lawrence Lessig, il n’a pas pris une ride.
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L’une des plus importantes conclusions que l’on peut tirer des travaux de Benkler, von Hippel, Weber (mon analyse est disponible ici) et de beaucoup d’autres, est que l’internet nous a rappelé que nous ne vivons pas dans une seule économie, mais dans deux, au moins. L’une est l’économie «commerciale» traditionnelle, une économie régulée par une règle simple : tout travail mérite salaire. L’autre économie revet bien des dénominations, l’économie des amateurs (a), l’économie du partage (b), l’économie de la collaboration (c), l’économie non commerciale (d) ou l’économie de pair à pair (e). Cette seconde forme d’économie (quel que soit le nom que vous lui donniez, je m’en tiendrais pour ma part à l’appeler «seconde économie») est l’économie de Wikipedia, du logiciel libre et de l’open source, celle du travail des astronomes amateurs, etc. Elle posède une logique différente, plus complexe, que l’économie commerciale. Si vous tentez de traduire toutes les interactions qui y prennent place dans le cadre proposé par l’économie commerciale, vous êtes sûr de la tuer.

Nous avons tous constaté aujourd’hui la valeur incroyable que peut créer cette seconde économie, et je pense que la plupart serait d’accord pour dire que nous devons réfléchir d’arrache pied à la meilleure façon de l’encourager et de la faire fructifier : quels techniques sont requises pour lui donner naissance, comment peut on la soutenir, qu’est-ce qui la fait croitre. Je ne pense pas que quiconque sache exactement comment faire cela correctement. Ceux qui vivent dans les communauté de la seconde économie (comme Wikipedia) ont cependant de bonne intuitions sur ce sujet.

Mais le corollaire, particulièrement délicat, est de savoir comment ou s’il est utile de lier ces deux économies. Existe-t-il des passerelles entre l’économie commerciale et la seconde économie ? Y a-t-il un moyen de mettre en place et de gérer une économie hybride, une économie qui se situerait à la frontière de ces deux économies ?

Le défi que pose cette économie hybride est celui que Mozilla, RedHat, SecondLife, MySpace et d’autres tentent de relever. Comment continuer à faire appel à la main d’œuvre créative de la seconde économie, tout en tirant partie de la création de valeur propre à l’économie commerciale ? C’est un défi différent de celui qui consiste à savoir comment faire s’épanouir la seconde économie, mais objectivement, ces deux défis sont liés. Mais ce défit là n’est pour l’instant pas encore pleinement compris.

Alors que j’observe le développement de Creative Commons, je suis enthousiasmé par les expériences qui tentent de trouver un moyen de développer cette seconde économie, tout en établissant des liens vers l’économie commerciale. Je l’ai déjà écrit dans un billet à propos de Yehuda Berlinger, qui a mis les lois du réseau en versets. Dans ce billet, je l’incitai à adopter une licence Creative Commons. Il l’a fait, mais d’une façon particulièrement interessante, comme il le mentionne sur son site :

«Ces travaux sont protégés par une licence Creative Commons Attribution-Non commerciale. L’attribution signifie que vous devez mettre un lien en dur sur ce billet, partout où cela est possible. Une licence commerciale est également disponible auprès de l’auteur»

Cette idée fait partie de celles que nous expérimentons avec les Creative Commons : une licence non commerciale qui inclue un lien explicite vers un autre site qui propose une licence commerciale. C’est une façon de préserver la séparation de ces deux sphères de l’économie.

Mais le point le plus important ici est de reconnaitre l’effort mis à préserver cette séparation, fort différent de celui de beaucoup des partisans du «logiciel libre» et des «contenus libres» qui veulent que toutes les licences «libres» autorisent tout type d’usages, commerciaux ou non.

A mon humble avis, ils ignorent tout simplement une réalité cruciale concernant la différence entre ces deux économies. En pratique, ils font l’erreur inverse de celle comise par ceux venus du monde de l’économie commerciale : beaucoup d’ayants droits pensent que chaque utilisation de leur œuvre doit être soumise au copyright (il suffit de se référer aux multiples abus des détenteurs de copyright pour s’en convaincre), et leurs opposants mettent en avant l’idée de contenus «libres» en poussant leurs partisans à traiter tous contenus comme s’ils était hors d’atteinte des lois du copyright (en pratique, pas que techniquement). La seconde économie pense cela différemment : certains usages devraient être libres, d’autres soumis à autorisation.

C’est parce que je suis rempli d’un profond respect envers ceux qui font cette erreur au sein des partisans du libre (et que je suis convaincu que leur motivations sont pures) que je les enjoins à reconsidérer la simplification radicale du projet social qu’ils défendent. J’aime la dynamique de la seconde économie. Benkler lui a donné sa théorie. Je pense que nous devons tous travailler à lui apporter notre soutien, et cesser d’ignorer cette réalité.

La réponse la plus évidente (et la plus déconcertante) est le logiciel libre et l’open source. Je disais au début de ce billet que ceux-ci opéraient dans la seconde économie. Mais c’est le mouvement des contenus « libres » au sujet duquel je suis septique, et a sa volonté de pousser les concepts issus du logiciel libre dans le monde des contenus.

Comment pourrait-il en être autrement ?

A mon sens, la différence tient à la disparité dans la nature de ces deux choses (logiciel et contenus). Certaines productions culturelles peuvent se faire de façon collaborative dans un mode identique à celui adopté par le logiciel libre – Wikipedia. Mais prouver que cela s’applique à tous les contenus est autrement plus difficile. Reste a prouver qu’il existe véritablement une différence, mais il est important d’avoir cette discussion.

(ce texte est en CC-by)

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http://fr.readwriteweb.com/2010/08/18/analyse/lawrence-lessig-de-lconomie-de-culture/feed/ 3
Les petits secrets de la censure Tunisienne http://fr.readwriteweb.com/2010/08/17/analyse/tunisie-censure-tunisienn-rvle-prcieux-secret/ http://fr.readwriteweb.com/2010/08/17/analyse/tunisie-censure-tunisienn-rvle-prcieux-secret/#comments Tue, 17 Aug 2010 08:48:42 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=9832

Nous avons appris que la censure imposée illégalement à des centaines de blogs et de sites tunisiens et étrangers a été « levée » temporairement durant la mi-journée du lundi 16 Août, 2010.

Bien que les informations sur cette « levée » soient encore contradictoires – certains affirmaient qu’il n’avaient pas accès à certains sites, pourtant accessibles à d’autres – il est encore tôt pour trancher sur ce qui s’est vraiment passé au niveau de la machine à censurer Tunisienne, qui reste, rappelons-le, obscure, top-secrète et centralisée au plus haut niveau de l’Etat et n’est en aucun cas entre les mains des quelques fournisseurs tunisiens d’accès à Internet (FAI); même si, et par excès de zèle, ils ont la possibilité d’ajouter une couche supplémentaire de censure visant leur clientèle.

Ainsi, nous avons appris que l’accès à flickr, le site de partage d’images (censuré le 22 Avril, 2010) ainsi que les sites de partage de vidéos, blip.tv et wat.tv (respectivement censurés le 22 et le 28 avril 2010), a été rétabli. Idem pour de nombreux sites d’actualité Français et Arabes.

Très curieusement, durant ce même laps de temps, qui n’a duré quelques heures, l’accès aux deux sites populaires de partage de vidéos, Dailymotion et Youtube (respectivement censurés le 3 Septembre, 2007 et le 2 November, 2007) n’a pas été débloqué. Chose qui soulève des questions – mais surtout apporte des éléments de réponse – sur la nature, ô combien discrète, de l’infrastructure de la censure en Tunisie.

Durant ce laps de temps qui n’a duré que quelques heures, suscitant plein d’espoir parmi les usagers du Net tunisiens, beaucoup se sont posé la question à savoir pourquoi Youtube et Dailymotion sont resté inaccessibles alors que d’autres sites du web social, comme flickr, étaient consultables à partir de la Tunisie ? Pourquoi la page française relative à la biographie de Ben Ali sur Wikipédia était inaccessible alors que les sites des partis de l’opposition tunisienne, actuellement censurés, avaient été débloqués ? Pourquoi le blog collectif de nawaat était accessible alors que sa page sur twitter était portant bloquée ?

Afin de comprendre ce qui s’est vraiment passé, et de là se prononcer s’il s’agit d’un changement de stratégie au niveau de l’organe de la censure; il est utile de clarifier d’abord les techniques de filtrage appliquées en Tunisie.

On peut résumer la censure tunisienne à quatre procédés. Ces quatres techniques ont été adoptées par le censeur tunisien à des moment variés de l’histoire du Net tunisien, puis graduellement combinées pour former ainsi l’une des machines les plus répressives dans le monde de la censure en ligne.

  • Le blocage sélectif par URL : tel par exemple le cas de Wikipedia. En effet, plutôt que de bloquer la totalité de l’encyclopédie online, on bloque sélectivement les pages les plus embêtantes. C’est ce qu’il en est de la page française relative à la biographie de Ben Ali ou de celle relative à la pratique de la censure en Tunisie. Idem pour le site Google vidéo. Si la majorité des vidéos demeurent accessibles, quelques-unes, en revanche, sont bloquées.
  • Au deuxième cran, le censeur tunisien passe au blocage du site en bannissant le nom de domaine et le sous-domaine qui lui est rattaché. C’est le procédé le plus couramment mis en œuvre, notamment pour sanctionner les blogueurs Tunisiens émettant des opinions déplaisantes [...] Ce qui d’ailleurs provoque parfois un jeu d’usure entre les blogueurs et la censure par l’entremise de la création successive de nouveaux sous-domaines neutralisés, de sitôt, par la police de l’internet.
  • Filtrage du DNS et/ou de l’adresse IP : Avec le cran au dessus, c’est le blocage total de la DNS (DNS, système de noms de domaine) et/ou de l’adresse IP du site en question, quel que soit le sous-domaine utilisé, c’est le cas de youtube.com, dailymotion.com et de tant d’autres.
  • Filtrage par mots-clefs : En dernier lieu, on pratique, pour les plus récalcitrants, le blocage radical par DNS et par mot clé contenu dans l’URL. Ainsi est-il de Tunisnews.net ou de Nawaat.org. Avec cette dernière procédure, toute URL contenant la chaîne de caractères « nawaat », et quel que soit le nom de domaine, est systématiquement bloquée. La technique du mot clé au sein de l’URL cherche ainsi à bloquer la moindre bribe d’information qui pourrait s’afficher sur l’écran du Tunisien. Le blocage par mot clé « nawaat » fait aboutir toute recherche sur Google sur une page 404. [...] Par ailleurs, le mot-clé au niveau de l’URL bloque toute image en rapport avec nawaat, y compris lorsqu’elle est hébergée sur les serveurs de Google image. Cette procédure de filtrage engendre également le blocage de tous les autres supports du web social utilisés par nawaat, dès lors que l’URL contient la chaîne « nawaat ». Ainsi, « twitter.com/nawaat », « blip.tv/nawaat », « facebook.com/pages/wwwnawaatorg/186352466213 » ne risquent pas d’être vus en Tunisie. Pareillement, la chaîne de caractères «Tunisnews » produit les mêmes effets. A noter que le bocage par mot clé peut également contenir l’intégralité du domaine et sous-domaine bloqué.

Ainsi, et afin de répondre aux questions soulevées ci-dessus, rappelons les faits suivants :

  • La totalité des sites censurés par un filtrage des DNS, dont Flickr, ont été temporairement débloqués.
  • Les deux sites de partage de vidéos, youtube et dailymotion, qui sont bloqués en Tunisie, et au niveau de leurs DNS et au niveau de leurs adresses IP, n’ont pas été débloqués durant cette « levée » de censure.
  • La page de Ben Ali sur Wikipédia qui est censuré par un blocage sélectif d’URL n’a pas été débloquée.
  • La page de Nawaat sur twitter qui est visée par filtrage par mots-clefs elle aussi n’était pas accessible durant la courte « levée » de la censure.

Cet incident très révélateur de la brève « levée » de la censure, nous a offert, et pour la première fois, des indications extraordinaires sur la sophistication de l’infrastructure technique du filtrage en Tunisie.

En ce sens, s’il s’était agi d’une opération de maintenance, ceci nous amène à relever qu’il existe au moins deux sous-infrastructures indépendantes, l’une dédiée au filtrage des DNS, et la seconde au filtrage des mots-clé au sein des URLs et au filtrage des IPs (et peut–être il y aurait une troisième couche spécialement dédiée aux numéros des adresses IP).

De ce fait, si une couche de filtrage tombe en panne ou est neutralisée pour une quelconque raison, telle une maintenance ou une mise à jour du serveur, la seconde, et éventuellement la troisième, indépendantes qu’elles sont, continuent à fonctionner.

Ainsi, nous sommes en mesure de conclure que ce récent incident de « levée » temporaire de la censure n’a affecté en fait qu’une seule couche de la machine de la censure en Tunisie, celle responsable du filtrage des DNS. C’est en tout cas ce qu’on a pu relever hier.

Si on prend l’exemple de nawaat (l’un des rares sites tunisiens censuré et par DNS et par filtrage par mots-clefs ), on a constaté que le filtrage par DNS ne fonctionnait plus pendant ce laps de temps alors que, durant ce même laps de temps, le filtrage par mot-clé au sein de l’URL continuait à fonctionner toujours aussi efficacement. Par conséquent, et durant cette courte « levée » de la censure, nawaat.org était accessible sous son DNS alors que tous les URLs contenant la chaîne de caratères « nawaat » étaient bloqués (voir ci-dessous les copies d’écran du test qu’on a effectué à partir de la Tunisie) :

censure-16-aout-dns-key-word-tunisie.png

Maintenant, l’autre question qu’on peut se poser et qui est aussi importante est de savoir pourquoi la couche de filtrage par DNS a-t-elle cessé de fonctionner pendant quelques heures alors que l’autre ou les autres couche(s) continuai(en)t à censurer « normalement » tous les sites visés par un filtrage par adresse IP, par URL et par mots-clés ?

Il est possible que notre censeur tunisien soit en train de perfectionner son contrôle sur l’infrastructure du réseau en vue d’un meilleur filtrage des sujets « sensibles », voire même d’une analyse plus rigoureuse des paquets de données transitant entre le réseau tunisien et le réseau international.

Une sophistication de l’infrastructure pourrait être très utile à un fichage et un contrôle plus policier des usagers du Net tunisien. Avec plus d’un million et demi de Tunisiens sur facebook, des centaines de blogs de plus en plus critiques, dont plus d’une centaine déjà censurés, et un stream assez politisé sur twitter et autres sites du web social, le régime tunisien n’a d’autre choix que d’accentuer son contrôle sur le réseau par le biais d’une sophistication à la chinoise de l’infrastructure de filtrage et de traçage.

Toujours est-il, s’il y a eu une mise a jour de l’infrastructure, voir un autre cran de sophistication, n’hésitons pas tous à être vigilants et attentifs aux procédés utilisés.

Il est aussi probable qu’il s’agissait d’une « simple » mise à jour du serveur; plutôt que de débloquer tout le trafic, le censeur a maintenu la ou les couche(s) du filtrage par IP, par mots-clefs et par adresse IP tout en débloquant l’autre couche, celle du filtrage par DNS. Une fois la mise à jour ou le changement de serveur effectué, tout est revenu à la « normale ».

Autres extrapolations, selon le Forum de « Démocratie Syndicale et Politique », ceci pourrait expliquer cette levée provisoire de la censure :

Il parait qu’une délégation internationale est en visite dans notre pays pour discuter de la liberté de la presse et de la véracité des accusations des activistes de la société civile sur la censure sur internet….nous nous attendons donc à ce que la levée de la censure soit temporaire juste le temps de leurrer la délégation ci-haut évoquée.

C’est en effet possible, mais peu probable pour la raison suivante : en certaines circonstances, il est arrivé au censeur tunisien de débloquer certains sites pour justement leurrer l’opinion publique Internationale. Nous avons connu ça lors du SMSI et lors de certaines manifestations internationales en Tunisie.

Mais à chaque fois, cela s’est limité à certain sites comme ceux des partis politiques actuellement censurés. Ainsi, cette levée provisoire n’a jamais été si systématique que celle que nous avons connue hier, mais toujours au cas par cas. En tout état de cause, durant ces parenthèse de « liberté », jamais le blog de nawaat ou celui de Tunisnews n’ont échappé à la vilenie des filtres de la censure.

Bien sur que tout cela demeure des spéculations. Ce n’est qu’un effort de notre part d’essayer de mieux comprendre un des systèmes de répression les plus secret de la Tunisie et contribuer à démystifier ses procédés. Et évidemment, nous invitons toute personne ayant d’autres informations à les rendre publiques, et à fortiori, il est peut–etre tant pour que d’anciens collaborateurs de ce système répressif révèlent enfin ce qui peut aider la Tunisie à ce débarrasser de ce mal.

De toute façons ce n’est qu’une question de temps, tôt ou tard, des révélations de la part de ceux qui sont aujourd’hui impliqués dans cette censure auront lieu. Aussi, nous rappelons encore notre email nawaat [ @ ] gmail [ dot ] com. Notre site est toujours ouvert à tout collaborateur. Il va de soit que ces collaborateurs ont l’assurance absolue quant à la confidentialité de leur identité.

Rédigé conjointement par Sami Ben Gharbia et Astrubal.

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http://fr.readwriteweb.com/2010/08/17/analyse/tunisie-censure-tunisienn-rvle-prcieux-secret/feed/ 18
Christian Paul publie une proposition de loi sur la Neutralité du Net http://fr.readwriteweb.com/2010/08/17/entrevues/proposition-de-loi-sur-neutralit-du-net/ http://fr.readwriteweb.com/2010/08/17/entrevues/proposition-de-loi-sur-neutralit-du-net/#comments Tue, 17 Aug 2010 08:28:11 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=9826

christian-paulChristian Paul, l’auteur de cette proposition de loi, est député socialiste de la Nièvre depuis 1997. Il fait parti des rare députés (autant à droite à qu’à gauche) disposant de bonne connaissance sur le monde du numérique, et s’est distingué lors du passage de la loi Hadopi à l’Assemblée par son opposition féroce à la loi.

Sa proposition de loi fait beaucoup de bruit depuis hier soir, date à laquelle elle a été publiée (en creative commons, bien sûr). Nous avons reçu plusieurs coup de fils, venant de personnes impliquées dans les libertés numérique, aussi bien de gauche comme de droite, pour nous dire à quel point elle leur semblait juste et équilibré.

Nous vous proposons d’en prendre connaissance. Nous y reviendrons ultérieurement pour y apporter un commentaire.

Exposé des motifs

Outil de travail, moyen d’exercer sa citoyenneté, mode d’accès aux savoirs, aux biens culturels, et à leur production : Internet est devenu incontournable dans la vie quotidienne de la plupart des Français.
Son omniprésence, son « ubiquité » est la caractéristique la plus visible de l’Internet. Mais elle n’est cependant pas la plus originale. La force transformatrice du net est ailleurs.

Internet a été et est encore l’incubateur de nouvelles pratiques. En combinant un ensemble de biens privés en un bien commun devenu une infrastructure essentielle, Internet a généralisé une nouvelle manière de créer et vivre en société. Au-delà de la seule infrastructure, les nouveaux usages, souvent participatifs, interactifs, distinguent l’Internet des outils de communication traditionnels.

S’il soulève bon nombre de questions importantes, dont notamment celles de la protection de la vie privée ou encore de la rémunération des créateurs, Internet n’en reste pas moins une raison de croire encore aujourd’hui à la possibilité du progrès.
L’accès au net est désormais reconnu comme l’une des conditions d’exercice des libertés essentielles d’expression, d’information et de communication.

Son caractère ouvert et de « pair à pair » a permis la réussite des projets de jeunes entrepreneurs. De nouveaux auteurs ou interprètes se sont ainsi fait connaître. L’émergence de puissantes dynamiques, pas nécessairement commerciales, comme celle qui soutient l’ascension du logiciel libre est irréversible. La plupart des principaux acteurs – commerciaux ou non – de l’Internet d’aujourd’hui n’existaient pas il y a dix ans. D’autres, les opérateurs de télécommunications en particulier ou les géants de l’informatique recherchent là de nouveaux horizons.

Avec le temps, quelques leaders se sont dégagés dans les différents métiers de l’Internet, de l’édition à la fourniture de l’accès au « réseau des réseaux ». Loin de s’opposer au foisonnement précédemment décrits, ils en sont pour beaucoup issus et cohabitent, parfois fructueusement, avec les initiatives non-commerciales ou plus modestes.

Aujourd’hui, certains de ces acteurs sont tentés, par recherche d’un profit à court terme, de porter atteinte au caractère ouvert et égalitaire de l’Internet – de porter atteinte à sa neutralité, notamment en privilégiant tel ou tel type de communication ou certains contenus.

Quelles sont les menaces ?

Elles sont déjà une réalité dans « l’Internet mobile », où plusieurs opérateurs n’hésitent pas à multiplier les discriminations envers certains contenus, où les internautes sont restreints pour l’essentiel à de la consultation de services et où le choix du terminal support des abonnements « illimités » est déjà imposé. Elles résident aussi dans la tentation de proposer des abonnements restreints à certains services, en prétendant adresser ainsi les besoins spécifique d’une population ainsi en voie de relégation. Si l’on suit cette tendance, l’égalité d’accès à internet ne sera demain plus qu’un lointain souvenir. Une utopie des origines balayée par le marché…

La menace existe aussi du fait de la congestion des réseaux, annoncée depuis les débuts, jamais réellement constatée. Si des situations particulières, notamment dans le cas d’actes malveillants, peuvent appeler des mesures spécifiques, l’encombrement du réseau d’un opérateur ne saurait constituer pour ce dernier un blanc-seing à n’importe quel filtrage ou priorisation de contenu.

L’inquiétude des industries culturelles, en pleine mutation, peut elle aussi susciter la tentation de brider les échanges afin de faire perdurer des modèles économiques devenus obsolètes. La montée irrésistible des échanges hors marché et, plus largement, du gratuit appelle cependant l’invention de nouveaux modèles tirant partie de cette nouvelle abondance et associant les internautes à de nouveaux types d’expériences plutôt que l’illusion d’un rétablissement de la rareté par la force.

Elles sont enfin dans l’illusion sécuritaire de l’application automatique de la loi par les machines…

Nous sommes résolus à tout mettre en œuvre pour lutter contre les contenus et les comportements les plus odieux. Mais nous sommes également soucieux à la fois d’efficacité et de ne pas porter atteinte au passage aux droits des citoyens. Cette lutte passera, comme dans nos villes, par l’accroissement du nombre et des moyens des forces de police, la course sans fin aux armements technologiques ne contribuant, de l’avis des experts, qu’à rendre plus difficile la traque des criminels.

La neutralité de l’Internet doit être, en quelque sorte, similaire à celle du réseau électrique. Aujourd’hui, n’importe quel français est libre de choisir son fournisseur d’électricité, ainsi que les équipements de raccordement au réseau. Dans un passé pas si éloigné, les internautes choisissaient leur modem (modulateur / démodulateur) et ne se voyaient pas imposer l’installation de la « box » du fournisseur d’accès retenu et de son bouquet de services associés. Cette liberté de choix, qui sera à coup sûr féconde en nouvelles offres de services, doit être retrouvée.

L’internaute doit également retrouver ou conserver une totale liberté d’utilisation de sa connexion au réseau. Un fournisseur d’électricité ne se préoccupe pas de la marque ou du nombre d’appareils électroménagers installés chez un particulier, si ce n’est pour lui fournir (et facturer) la puissance adaptée. La même neutralité doit prévaloir dans le transport d’un autre type de signaux électriques : ceux des paquets de données convoyant les textes, images, musiques, vidéos ou tout autre type de contenu ou de services. Si la tarification forfaitaire, indépendante du volume de données réellement échangé, est un acquis sur lequel il ne faut pas revenir, il n’empêche pas une facturation différenciée en fonction du mode d’accès ou du débit. Il ne doit par ailleurs pas être permis d’imposer l’utilisation d’un type ou d’un nombre de terminal, ou de tout autre équipement.

Comme souvent sur l’Internet, sous un fin vernis de technicité, se cachent d’importants enjeux de société. En portant atteinte à la neutralité de l’Internet, les États qui céderaient à cette tentation feraient plusieurs pas vers la transformation de ce réseau en une vaste galerie marchande, gouvernée par les intérêts des plus gros « commerçants ». Dangereuse pour la société dans son ensemble, cette option serait également dangereuse pour la diversité culturelle, les acteurs commerciaux dominants de l’Internet étant pour beaucoup nés hors d’Europe. En préservant et renforçant la neutralité du net, en choisissant de donner les mêmes droits à tous, nous avons au contraire une opportunité historique de « faire société » en ligne.

Dans le monde numérique comme dans le monde physique, nous voulons construire une société solidaire, à laquelle chacun contribue, dans le respect mutuel, et où tous préparent collectivement l’avenir en privilégiant le long terme. C’est pourquoi la loi doit prévenir, et ne pas seulement tenter de réparer quand il est trop tard.

Nous ne sommes ni pour le laisser-faire, ni pour une fausse régulation en trompe-l’œil affirmant un principe en même temps qu’un droit universel à y déroger. Les pratiques acceptables en matière de gestion des réseaux doivent être rigoureusement encadrées par le régulateur. La simple information sur les limitations ne suffit par ailleurs pas : de quels droits effectifs jouirait un internaute confronté à des offres identiquement bridées ?

Le choix d’un Internet défini comme un réseau ouvert, neutre et décentralisé doit être aujourd’hui le nôtre. Il est indispensable que le principe de neutralité soit enfin clairement défini par la loi républicaine. C’est une véritable laïcité informationnelle, une neutralité de l’espace public où chacun est libre de venir avec ses pratiques numériques pour peu qu’il respecte les autres, qu’il nous faut bâtir.

Article 1

Le principe de neutralité doit être respecté par toute action ou décision ayant un impact sur l’organisation, la mise à disposition, l’usage commercial ou privé des réseaux numériques. Ce principe s’entend comme l’interdiction de discriminations liées aux contenus, aux tarifications, aux émetteurs ou aux destinataires des échanges numériques de données.

Article 2

Les personnes dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public en ligne ne peuvent restreindre ou interdire l’accès à un service que sur décision d’une autorité judiciaire indépendante. [1]

On entend par modalités techniques sur l’utilisation d’un accès à des services de communication au public en ligne , l’ensemble des normes et spécifications qu’un équipement doit respecter pour se connecter à un accès à des services de communication en ligne. [2]

Les personnes dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public en ligne mettent gratuitement à la disposition du public, en standard ouvert, les modalités techniques d’utilisations de leur service. [3]

L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes examine les modalités désignées à l’alinéa 3 de cet article. Elle peut ordonner à la personne dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public en ligne ayant publié ces modalités de les réviser dès lors qu’elles portent atteinte à l’interopérabilité et au libre choix du terminal de connexion. [4]

Les personnes dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public en ligne ne peuvent interdire ou appliquer des conditions tarifaires spécifiques à leurs abonnés qui connectent simultanément ou successivement différents équipements à un même accès à des services de communication au public en ligne. [5]

Les personnes dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public en ligne ne peuvent restreindre les capacités d’envoi et de réception de données de leurs abonnés que :

  • Avec l’accord explicite de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, dans un délai de 90 jours suivant leur demande
  • Sur décision d’une autorité judiciaire indépendante

Est puni d’une amende de 1.000.000 d’euros par infraction constatée le fait pour une personne dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public de ne pas satisfaire aux obligations définies au présent article.

Article 3

Les personnes dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public en ligne mettent gratuitement à la disposition du public, en un standard ouvert, les modalités techniques d’interconnexion de leur réseau de communication électronique.
Les modalités techniques d’interconnexion incluent notamment les débits, priorités et tout autres élément de nature à affecter les transmissions de données réalisées via cette interconnexion. [6]

Les personnes dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public en ligne ne peuvent transmettre prioritairement un flux de données que :

  • Dès lors que tous les flux de données du même type, quelque soit le protocole et autres modalités de transmission utilisées, bénéficient de la même priorité ;
  • Sur décision d’une autorité judiciaire indépendante. [7]

L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes examine les modalités désignées par cet article. Elle peut ordonner à la personne dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public en ligne ayant publié ces modalités de les réviser dès lors qu’elles portent atteinte au principe de neutralité défini à l’article 1er. [8]

Est puni d’une amende de 100000 d’euros par infraction constatée le fait pour une personne dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public de ne pas satisfaire aux obligations définies au présent article.

notes__________________

[1] Prohibition des mesures de filtrage du net sur décision d’une autorité administrative. En l’état, seule une autorité judiciaire saura organiser le débat contradictoire nécessaire avant de prendre une mesure aussi grave qu’un filtrage ou une suspension d’accès

[2] Sont visées ici les spécifications des logiciels et matériels permettant de se raccorder au « tuyau » mis à disposition de son abonné par un fournisseur d’accès. Ces spécifications devraient notamment indiquer comment se raccorder au réseau de communication électronique, qui permet d’accéder au web, d’envoyer des emails, etc., mais aussi comment recevoir les chaînes de télévision et accéder aux multiples services aujourd’hui inclus dans les offres dites « triple play ». Armé de ces spécifications, l’abonné, ou un tiers, peut ensuite utiliser les matériels ou logiciels de son choix.

[3] Pour être utile au plus grand nombre, les spécifications doivent être lisibles par tous, et donc écrites en un format ouvert, et accessibles gratuitement. Elles pourraient par exemple être mis en ligne par les opérateurs, et ainsi rendues accessibles pour un coût négligeable.

[4] L’ARCEP se voit confier le rôle d’analyser finement les spécifications et de faire remédier à toute atteinte à la neutralité.

[5] De plus en plus de fournisseurs d’accès Internet, et plus particulièrement ceux proposant des offres « mobiles », imposent des offres différenciées selon l’appareil accédant au réseau. Ainsi, certaines offres mobiles prévoient une utilisation « illimitée » de la connexion depuis le téléphone portable, mais prévoient une tarification différente et le plus souvent prohibitive pour une utilisation de cette même connexion par d’autres appareils, connectés au téléphone qui joue alors le rôle de modem.

[6] Obligation pour les FAI de fournir aux abonnés une information détaillée sur le fonctionnement de leur accès à l’Internet.

[7] Cet alinéa encadre les conditions dans lesquels une priorisation du trafic peut être acceptée. Il permet de définir une exception pour une classe de protocoles. Un exemple de telle classe regrouperait tous les protocoles de voix sur IP.

[8] L’ARCEP se voit confier ici une compétence large de gardien de la neutralité du réseau. Elle veillera notamment à ce que les classes de protocoles ne soient pas définies de manière à avantager une partie, notamment pour des raisons commerciales.

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Initiatives, croyances et cultures de hackers depuis Vienne, Budapest et Berlin http://fr.readwriteweb.com/2010/08/16/entrevues/initiatives-croyances-cultures-de-hackers-depuis-vienne-budapest-berlin/ http://fr.readwriteweb.com/2010/08/16/entrevues/initiatives-croyances-cultures-de-hackers-depuis-vienne-budapest-berlin/#comments Mon, 16 Aug 2010 06:48:47 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=9660

Silicon Sentier a envoyé 2 filles de l’équipe, Alice & Nirina parcourir l’Europe… et ses lieux engagés dans l’émergence d’une culture de l’innovation par “ceux qui font”, les citoyens, les startuppers, les super-doer-maker-inventeurs, les artistes, architectes et designers qui se rassemblent dans des espaces non identifiés. Cela fait déjà une semaine qu’elles voyagent. De leurs rencontres, elles tirent des films et des articles à partager. Focus sur les hackers, pirates et étudiants bidouilleurs ingénieux rencontrés.

logo-ygawIls sont programmeurs, étudiants en « computer science » ou en électronique, net artistes, designers, freelances ou jeunes entrepreneurs, employés dans des boites de sécurité informatique, professeurs de mathématiques…Tous ont en commun d’utiliser leur temps libre pour travailler sur des projets personnels avec passion. Appliquer le modèle de la collaboration initiée par le logiciel libre au monde réel, tel est leur quotidien.

Nous avons visité 3 hackerspaces, MetalabThe Hungarian Center for Knowledge et C-base, respectivement à Vienne, Budapest et Berlin.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Rencontre avec un hacker, un pirate parlementaire et un étudiant ingénieux en Hongrie
Latché SwingCC BY-NC-SA 2.0

D’un point de vue esthétique, Metalab et C-base vouent un culte à l’imagerie intersidérale…C-Base est un objet non identifié qui se serait crashé à Berlin, il y a de cela 12 ans. Le vaisseau spatial doit pouvoir redécoller un jour, c’est ce à quoi travaillent les geek-astronautes cachés dans chaque recoins. Une équipe de C-Base a répondu au concours lancé par Google visant à créer un robot qui puisse faire 500 mètres sur la lune et récolter des données…30 millions de dollars à la clef tout de même, les résultats seront rendus publics en décembre 2012.

D’un point de vue olfactif, ça pue l’homme, la vieille moquette et la clope. Il n’y a pas de femme – donc pas de ménage ? Il y a comme un côté vieil ado qui ne veut pas sortir de sa chambre en bazar. Cependant, on peut noter qu’à Métalab, les pièces détachées sont précieusement rangées dans leurs petites boites alignées. Les jouets sont des makerbots et laser cutter, la nourriture appartient au domaine public : si tu n’as pas mis de copyright dessus, elle peut être mangée par la communauté.

Plus sérieusement, d’un point de vue idéologique, quels sont leurs combats ?

Les influences tiennent d’abord du mouvement du Libre incarné par Richard Stallman pour les puristes, Lessing pour les autres, de la philosophie Punk pour le « Do it Yourself », les détournements de codes, les alternative au capitalisme.
Je ne suis ni experte, théoricienne ou chercheuse, d’autres le font mieux alors autant s’y référer. Un article dans Framasoft donne les résonances politiques des gourous de la culture Hacking, tirant vers le libertarianisme.

L’article analyse le site personnel d’Eric S. Raymond, l’un des programmeurs actifs du projet GNU, connu notamment pour La cathédrale et le bazar. Il y révèle un aspect de son œuvre : Armed and Dangerous, journal personnel où la star du hacking se montre féroce défenseur d’une liberté particulière : le port d’armes légal.
Les libertarians sont inclassables politiquement : « Le libéralisme libertarien semble échapper à la dichotomie politique classique gauche/droite de par ses thèses qui le situent à la fois à gauche au plan des libertés individuelles (dépénalisation des drogues, liberté d’expression, liberté d’immigration, liberté sexuelle, refus de la conscription…) et à droite au plan des libertés économiques (respect de la propriété privée, liberté d’entreprendre, libre-échange, réduction drastique de la fiscalité, rejet des politiques étatiques de redistribution…). » source : wikipedia.

Dans Internet Actu, Xavier De La Porte a écrit un article clair sur l’évolution des hackers, à partir des recherches de Steven Levy, auteur de Hackers, Heroes of the Computer Revolution. L’article synthétise la pensée de Levy sur l’évolution des Hackers.
3 catégories-types en ressortent :

  • “titans”, ceux qui ont réussi, désormais riches et puissants et célèbres : de Bill Gates à Mark Zuckerberg en passant par Paul Graham qui investit aujourd’hui dans les « startups de hackers ».
  • “idéalistes”, qui n’ont pas trahi l’idéal, mais d’une manière ou d’une autre, en souffrent : Richard Stallman, Richard Greenblatt.
  • “nouvelle génération”, des gens qui ne voient pas le business comme un ennemi, mais un moyen pour leurs idéaux et leurs innovations d’atteindre le plus large public possible.

Concrètement, de ce que j’ai pu comprendre, entendre et expérimenter lors de notre voyage à Hackland, la solution chimique de la culture hacker actuelle peut se distiller en quelques us et coutumes :

Just do it : Au Métalab, la règle est que personne ne doit dire : « on devrait faire comme ceci… » mais appliquer soi même les bonnes idées. C’est à la fois un droit et un devoir, la communauté met à dispositions des moyens, les membres s’intègrent par des projets. C’est ce qui fait que pas mal d’entre eux sont critiques vis-à-vis des « labs » où la pratique est devancée par la recherche conceptuelle, où le faire est moins présent et les projets par conséquents, assez peu testables, tangibles ou concrets. Venant de l’univers de la programmation informatique où chaque ligne de code écrite est testée puis améliorée, le fonctionnement itératif est un principe évident pour eux, applicable à tous types de projets. Ils ont l’habitude de répondre à des cas pratiques ou des clients qui veulent un produit finis, ils ont le sens du détail, du forkage et de la livraison: passage de la « proof of concept » au prototype duplicable.

Liberté de l’information : Les données appartiennent à tous, les codes sont partagés, c’est ainsi que la collaboration naît et est créatrice d’innovation. Une idée n’appartient à personne, elle est le fruit de plusieurs étapes de maturation qui ont mêlé différents groupes de personnes. La propriété intellectuelle et les brevets appartiennent à un monde archaïque où l’idée appartenait à celui qui la formulait. Aujourd’hui, non plus simplement l’idée mais sa création est enrichissante, parce qu’elle confère au groupe qui l’a produite, une légitimité et étend son échos, son réseau et sa bonne réputation. J’ai rencontré Amélia à Budapest, avec l’équipe du Hackespace de Stef, elle est membre du parti Pirate en Suède et élue au parlement européen. La Suède est le seul pays à avoir suffisamment voté pour le parti Pirate pour qu’il obtienne 2 sièges au parlement européen. Elle raconte que le parlement n’écoute que des arguments qui entrent dans son cadre : l’économie de marché. Ainsi, elle bénit le principe de libre concurrence qui contre les lois concernant le renforcement des brevets et de la propriété intellectuelle.

La non-sélection : Il n’y a pas de critères de sélection officiels pour être membre, excepté payer la mensualité (entre 15 et 20 euros au Métalab), et encore…Les hackerspaces se veulent ouverts, en opposition au système étatique jugé bureaucratique et injuste. C’est l’envie, la participation aux projets qui comptent, non le style vestimentaire, les diplômes, la classe sociale ou la couleur de peau. « Venez comme vous êtes » pour reprendre le slogan de MacDo.
L’initiative NetzNetz en Hongrie, est un exemple assez intéressant.
Afin d’offrir une répartition plus juste et plus démocratique, du budget que Budapest pouvait allouer à des initiatives sociales et artistiques, un groupe de jeunes gens a créé une plate-forme pour récolter les avis des membres de la communauté des nouveaux média, plus à même de juger de la pertinence d’une initiative ou non. C’est ainsi que le Métalab a pu se lancer, avec un budget de 30 000 euros.

Le rejet du pouvoir industriel et commercial : Aujourd’hui, si les nouveaux entrepreneurs peuvent venir des hackerspaces, que le système capitaliste est donc moins controversé, la virulence envers les grands groupes demeure. Critiqués pour leur incapacité à produire de l’innovation et à vampiriser celles des autres, voire pire, à chercher à empêcher le développement du logiciel libre, les grandes entreprises, comme l’état, sont tenus à l’écart. L’indépendance est une vertu fondamentale qu’il est très difficile de conserver. Stef, fondateur du Hungarian Center For Knowledge a passé plus de 6 ans au département R&D du groupe Siemens, « Je suis resté aussi longtemps car je n’aime pas les échecs, mais j’ai du me rendre à l’évidence que ce n’était pas dans ce cadre que l’innovation pourrait éclore. On courre après des mini changements appelés innovations : des changements dans les matériaux utilisés, plus cheap, moins chers, super. Ici on fait mieux sans tous leurs moyens. » Il donne des cours d’informatique à la faculté et certains des membres du Hackerspace sont d’anciens étudiants, comme Dnet qui a créé HackSens, un boitier qui permet de dire si un membre est présent ou non dans l’espace, ainsi renseigner à quelque visiteur de la page web que ce soit, si le Hackerspace est ouvert ou non.

L’auto suffisance comme garantie de l’indépendance : « Nous sommes indépendants. Tout ce qui est au hackerspace a été fabriqué par nous même, on fait de la bonne récupération. Tout l’immeuble est autogéré » explique Stef. Le Hungarian center est spécialement bien entouré, il y a un bar en plein air au RDC, avec concerts de jazz, des espaces de jeux, des ateliers de graffiti, de peinture… L’ambiance est très agréable et l’état du bâtiment, brut mais solide. « Si demain Stef venait à partir, nous pourrions très bien vivre sans lui » illustre Dnet, l’étudiant bidouilleur et ambitieux…!

Si ces communautés influencent autant notre société, c’est parce qu’ils renversent les principes de l’innovation traditionnelle.
Dans cette vidéo très claire, Charles Leadbeater explique comment des groupes de gens indépendants font les produits « cutting edge » de demain : avec passion et indépendance, juste pour eux.

Pour finir, je dirais que nous nous sommes senties chez nous dans ces hackerspace, ou presque. Par honnêteté intellectuelle, il est à rappeler qu’il n’y a ni femme, ni personne de couleur, mais une moyenne d’hommes occidentaux, geeks et barbus, entre 17 et 40 ans. L’ouverture signifie que la porte est ouverte si on veut bien la pousser. C’est bien là le paradoxe, si le combat idéologique derrière en vaut la chandelle, alors on peut dire que cela manque d’actions qui parlent à tous, qui disent aux jeunes :  » on est là, on sert à ça, si tu veux faire des trucs bien, viens nous voir ».

Retrouvez d’autres billets sur les aventures de Alice et Nirina sur YGAW!

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http://fr.readwriteweb.com/2010/08/16/entrevues/initiatives-croyances-cultures-de-hackers-depuis-vienne-budapest-berlin/feed/ 13
Retour sur l’épisode Stanjames/ARJEL http://fr.readwriteweb.com/2010/08/10/analyse/retour-sur-lpisode-stanjamesarjel/ http://fr.readwriteweb.com/2010/08/10/analyse/retour-sur-lpisode-stanjamesarjel/#comments Tue, 10 Aug 2010 09:15:02 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=9635

Ecrit sur un ton ironique mais renseigné par @ls01, qui se décrit comme « abonné au gaz », et accessoirement à l’internet, ce billet lance un regard amusé et quelque peu effrayant sur le récent jugement concernant la première affaire de filtrage d’un opérateur de jeu en ligne.

L’homme gît sur le trottoir. A côté de lui, un couteau ensanglanté. Le médecin des pompiers se veut rassurant, le pronostic vital n’est pas engagé, comme disent les journalistes à la télévision… Il y a quelques années, on aurait dit dans les gazettes que ses jours n’étaient pas en danger… Il y a quelques années aussi, on aurait confié l’affaire à la police judiciaire… Mais puisqu’il a été décidé l’année dernière, en 2012, au lendemain de la réélection du Président Sarkozy, qu’il était préférable que la police se consacrât au démantèlement de camps roms et à la traque des clandestins polygames, la nouvelle procédure pénale s’est mise en mouvement, et l’enquête confiée à Me Dunette, huissier de justice à Paris. Celui-ci récupère rapidement les premiers indices, parmi lesquels une veste qui ne semble pas appartenir à la victime: Ergo, elle est au criminel! Me Dunette contemple la pièce à conviction, et se dit in petto: “Ah, une étiquette… Tu es fait aux pattes, mon gaillard!” puis il se tourne vers son adjoint: “Tu me convoques tout de suite ce M. Kenzo, son compte est bon”

Cet épisode de justice shadocko-montypithesque vous paraît impossible? Tant mieux, pour le moment, il l’est… du moins en matière criminelle. Pour quelques temps encore, on cherchera à identifier le propriétaire de la veste, pas celui de la maison de confection. Mais dans le monde impitoyable d’Internet, foin de ces subtilités: Vous êtes juge des référés, on vous demande, conformément à la loi, d’empêcher que vos concitoyens n’accèdent à un site de jeux en ligne non autorisé? Condamnez donc des sociétés tierces, n’ayant qu’un vague rapport avec le site que vous prétendez filtrer.

C’est en substance ce que viens de faire le TGI de Paris dans une décision en référé contre… Tiens, contre qui au fait? Contre la société Stanjames Plc, éditrice du site www.stanjames.com? Non, vous n’y êtes pas du tout… Les sociétés défenderesses incluent les principaux fournisseurs d’accès Internet français ( par ordre d’apparition: Numéricable, Orange, SFR, Free, Bouygues Telecom, Darty Telecom, Auchan Telecom) mais aussi une société “de droit anglais”, Neustar… D’après le tribunal, il s’agit là de l’hébergeur de Stanjames, qu’il convient donc d’assigner en application de l’article 61 de la loi du 12 mai 2010 relative à l’ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne.

Voyons voir… Trois petits tours sur le site de Neustar et quelques coups de “whois” plus loin, force est de constater qu’il est prématuré de dire que Neustar héberge stanjames.com, Neustar en est certes un prestataire, puisqu’il lui fournit son service de gestion du DNS UltraDNS, mais pas l’hébergeur. Quelques coups de whois de plus, et on se rend compte que Stanjames s’héberge lui-même, comme un grand, et qu’il dispose même de ce que les spécialistes appellent un AS, un “Autonomous System”. (Pour en savoir plus, je vous laisse consulter l’excellent article d’Astrid Girardeau sur Owni).

Tout ceci n’est pas très grave, le tribunal a cité à comparaître une société qui, ne faisant pas vraiment ce que la partie demanderesse prétendait qu’elle fît, ne pourra de toutes les façons pas proposer une aide utile (et n’était d’ailleurs pas présente à l’audience). Heureusement, les fournisseurs d’accès français étaient là, la patate chaude a pu être valablement déposée dans des mains qui auront deux mois pour la préparer aux petits lardons, sous astreinte de 10.000 €/jour. Force va donc rester à la Loi, gaudeamus!

Il revient à ma mémoire, des souvenirs familiers… Je revois le TGI de Paris, les fournisseurs d’accès alignés en rang d’oignons, la procédure de référé, le filtrage… et déjà, les imprécisions,
l’utilisation de moyens disproportionnés pour aboutir à un but légitime, les imprécisions de la loi…
A l’époque, l’UEJF avait trouvé, dit-on, dans un Que sais-je consacré à Internet le nom des fournisseurs d’accès qu’il convenait d’assigner, on ignore pour le moment comment le président de l’ARJEL a fait son choix…

“…force est de constater que le procès-verbal de constat dressé les 20 & 21 mai 1996 par Maître *******, Huissier de Justice à Paris, et produit par la réclamante au soutien de ses prétentions, renferme un certain nombre d’imprécisions, et que sans qu’il soit le moins du monde question de suspecter la bonne foi des intervenants, diverses incertitudes existent, notamment en ce qui concerne le processus exact de la démonstration opérée devant le constatant, manifestement profane en la matière…”

Que peut-il se passer maintenant?

La décision du TGI donne deux mois aux fournisseurs d’accès pour filtrer stanjames.com, et semble prendre acte des difficultés techniques qui ne manqueront pas de se présenter. Deux mois, cela devrait permettre à l’Arjel de prendre contact avec Stanjames, et de leur expliquer la situation. S’il s’agit d’un intervenant sérieux, il ne manquera sans doute pas de se mettre en conformité avec les exigences de l’Arjel afin de bénéficier d’une autorisation. Cela permettra de constater que cette autorité indépendante est là pour faire respecter des normes éthiques et professionnelles, et fera taire les méchantes langues qui pensent plutôt qu’il s’agit d’un moyen quelque peu hypocrite de faire respecter un numerus clausus… Et comme de toute façon, les coûts probablement conséquents de la mise en place d’une architecture de filtrage retomberont in fine sur le contribuable ou à défaut sur le client, ce coup de téléphone, même à l’international, représentera un investissement terriblement productif pour la Nation…

Deux mois, cela permettra aussi aux parlementaires qui comprennent un peu quelque chose aux réseaux d’éclaircir la situation. Il est positif que les décisions de filtrage soient validées par l’Autorité judiciaire; En revanche, l’idée que la loi puisse se désintéresser des modalités pratiques de sa mise en oeuvre, ouvre de facto la porte à une obligation de résultat qui retombe sur la tête du dernier maillon de la chaîne, le fournisseur d’accès, dans une ambiance d’insécurité juridique absolument incompatible avec la difficulté de mise en oeuvre du dit filtrage.

Des discussions cruciales sur la neutralité du Net devraient occuper le deuxième semestre de cette année, et les partis politiques ne peuvent plus se permettre d’ignorer complètement ce sujet alors que 2012 approche à grands pas. Il reste à espérer que d’un mal, cette décision sans nuance qui ne peut manquer de nous inquiéter, puisse sortir un bien: une réflexion un peu plus aboutie sur les moyens réalistes de faire respecter la loi sans s’affranchir du principe de réalité…

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http://fr.readwriteweb.com/2010/08/10/analyse/retour-sur-lpisode-stanjamesarjel/feed/ 8
Rendre transparent le lobbying à l’aide du crowdsourcing http://fr.readwriteweb.com/2010/08/05/nouveautes/rendre-transparent-lobbying-laide-du-crowdsourcing/ http://fr.readwriteweb.com/2010/08/05/nouveautes/rendre-transparent-lobbying-laide-du-crowdsourcing/#comments Thu, 05 Aug 2010 13:50:30 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=9527

Le collectif RegardsCitoyens.org est une association constituée de citoyens de tous âges qui se sont rencontrés sur Internet dans un désir commun de proposer un accès simplifié au fonctionnement de nos institutions démocratiques.

Nous publions ici leur dernière initiative, qui propose aux internautes de participer à une opération de crowdsourcing destinée à faire la lumière sur une dimension essentielle mais cachée du fonctionnement démocratique : le lobbying.
La première étape, qui s’annonce conséquente mais si tout le monde s’y met, on devrait y arriver, consiste à saisir, à partir de documents numérisés, les nom et quelques renseignements destinés à constituer une base de donnée nationale des acteurs du lobbying.

C’est une initiative qui marque le début d’une véritable démocratie 2.0, où le citoyen, par le biais d’internet, va enfin pouvoir avoir un rôle actif dans la construction au jour le jour de la démocratie de demain, plutôt que d’attendre sagement les élections pour exprimer son opinion. Si vous pensez vous aussi que l’activité de lobbying en France doit être plus transparente, vous vous devez de participer à cette opération. Que vous ayez cinq minutes ou quelques heures à y consacrer, toute aide sera la bienvenue.

Après nous être intéressés à l’activité des députés, au règlement des parlements ou encore au fond et à la forme des débats en séance publique, pourquoi ne pas nous pencher maintenant sur un autre aspect essentiel du fonctionnement parlementaire : le lobbying ? L’idée s’est concrétisée lors d’une rencontre avec des responsables de Transparence International France. Forts de leur expertise sur la question, nous avons décidé de nous associer pour mener une étude à partir des données publiquement accessibles : les rapports parlementaires. Aidés d’un nouveau membre, nous avons traité tous les rapports de la législature depuis 2007 et en avons extrait plus de 15 000 noms. Pour pouvoir tirer des éléments statistiques de ces données, il faut identifier les organismes que ces personnes représentent. Pour ce faire, nous avons développé une application de crowdsourcing. Vous avez un peu de temps et la question vous intrigue autant que nous ?

Aidez-nous à identifier les lobbyistes !

En quoi les rapports parlementaires peuvent-ils révéler des informations intéressantes ? Il se trouve que l’influence des lobbyistes à l’Assemblée nationale est difficile à quantifier du fait des diverses formes qu’elle peut prendre : discussions informelles, réunions en tête-à-tête, suggestions d’amendement… La seule information fiable à ce jour sur les contacts qu’ils peuvent entretenir avec les députés se trouve dans les listes d’auditions présentées en annexes des rapports parlementaires.

Ces rapports sont la synthèse du travail mené par des députés visant à étudier l’impact d’un projet de loi ou à réaliser un travail de contrôle. De nombreux entretiens sont conduits afin de collecter les points de vue d’un maximum d’acteurs concernés. L’étude des personnes auditionnées dans le cadre de ces rapports devrait dès lors permettre d’établir une première cartographie des « influenceurs » jugés importants par les députés.

Avant de réaliser une étude statistique, il faut donc collecter, au sein de ces rapports, les noms des personnes auditionnées. Plus de 15 000 au total ! L’identification de chacun représentant un travail titanesque, nous avons décidé de solliciter votre aide pour nous aider à reconnaître les organisations représentées. C’est l’objet de notre campagne « Numérisons les lobbyistes de l’Assemblée » : à travers une application de travail collaboratif, nous vous invitons à renseigner avec nous chacun des acteurs listés.

Une fois ce travail effectué, nous chercherons à établir la typologie de ces acteurs (organismes publics, entreprises, cabinets de lobbying, ONG, …) et évaluer ainsi si des tendances se dessinent. Ce travail fera l’objet d’une étude publiée par nos deux organisations fin 2010, début 2011. Les données produites seront accessibles à tous afin qu’elles puissent alimenter le travail scientifique et citoyen autour de la question de la représentation démocratique.

Si vous aimez notre démarche, aidez-nous à identifier les personnes auditionnées sur notre application et n’hésitez pas à parler de cette campagne autour de vous ! Si vous souhaitez être tenu informé de l’évolution de ce travail, il vous suffit de nous laisser votre email pour que nous puissions vous prévenir de la publication de nos travaux.

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http://fr.readwriteweb.com/2010/08/05/nouveautes/rendre-transparent-lobbying-laide-du-crowdsourcing/feed/ 8
Code is Law – De la liberté dans le cyberespace http://fr.readwriteweb.com/2010/07/24/a-la-une/code-law-de-libert-dans-cyberespace/ http://fr.readwriteweb.com/2010/07/24/a-la-une/code-law-de-libert-dans-cyberespace/#comments Sat, 24 Jul 2010 07:43:09 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=9187

Lawrence Lessig est professeur de droit des affaires au Centre Berkman de la Harvard Law School. Son dernier livre, « Le code, et les autres lois du cyberespace » (Basic Books), vient d’être publié (voir http://code-is-law.org). Le site du Centre Berkman pour l’Internet et la Société est http://cyber.law.harvard.edu.

Le 5 mars dernier, Tristan Nitot se pose la question suivante sur Identi.ca : « Je me demande s’il existe une version française de Code is Law, ce texte sublime de Lessig ».

Monsieur Nitot qui évoque un texte sublime de Monsieur Lessig… Mais que vouliez-vous que nos traducteurs de Framalang fassent, si ce n’est participer à modifier favorablement la réponse de départ étonnamment négative !

Écrit il y a plus de dix ans, cet article majeur a non seulement fort bien vieilli mais se serait même bonifié avec le temps et l’évolution actuelle du « cyberespace » où neutralité du net et place prise par les Microsoft, Apple, Google et autres Facebook occupent plus que jamais les esprits et nos données[1].

Bonne lecture…

Code is Law – On Liberty in Cyberspace
Lawrence Lessig – janvier 2000 – Harvard Magazine
(Traduction Framalang : Barbidule, Siltaar, Goofy, Don Rico)

lessig À chaque époque son institution de contrôle, sa menace pour les libertés. Nos Pères Fondateurs craignaient la puissance émergente du gouvernement fédéral ; la constitution américaine fut écrite pour répondre à cette crainte. John Stuart Mill s’inquiétait du contrôle par les normes sociales dans l’Angleterre du 19e siècle ; il écrivit son livre De la Liberté en réaction à ce contrôle. Au 20e siècle, de nombreux progressistes se sont émus des injustices du marché. En réponse furent élaborés réformes du marché, et filets de sécurité.

Nous sommes à l’âge du cyberespace. Il possède lui aussi son propre régulateur, qui lui aussi menace les libertés. Mais, qu’il s’agisse d’une autorisation qu’il nous concède ou d’une conquête qu’on lui arrache, nous sommes tellement obnubilés par l’idée que la liberté est intimement liée à celle de gouvernement que nous ne voyons pas la régulation qui s’opère dans ce nouvel espace, ni la menace qu’elle fait peser sur les libertés.

Ce régulateur, c’est le code : le logiciel et le matériel qui font du cyberespace ce qu’il est. Ce code, ou cette architecture, définit la manière dont nous vivons le cyberespace. Il détermine s’il est facile ou non de protéger sa vie privée, ou de censurer la parole. Il détermine si l’accès à l’information est global ou sectorisé. Il a un impact sur qui peut voir quoi, ou sur ce qui est surveillé. Lorsqu’on commence à comprendre la nature de ce code, on se rend compte que, d’une myriade de manières, le code du cyberespace régule.

Cette régulation est en train de changer. Le code du cyberespace aussi. Et à mesure que ce code change, il en va de même pour la nature du cyberespace. Le cyberespace est un lieu qui protège l’anonymat, la liberté d’expression et l’autonomie des individus, il est en train de devenir un lieu qui rend l’anonymat plus difficile, l’expression moins libre et fait de l’autonomie individuelle l’apanage des seuls experts.

Mon objectif, dans ce court article, est de faire comprendre cette régulation, et de montrer en quoi elle est en train de changer. Car si nous ne comprenons pas en quoi le cyberespace peut intégrer, ou supplanter, certaines valeurs de nos traditions constitutionnelles, nous perdrons le contrôle de ces valeurs. La loi du cyberespace – le code – les supplantera.

Ce que contrôle le code

Le code élémentaire d’Internet est constitué d’un ensemble de protocoles appelé TCP/IP. Ces protocoles permettent l’échange de données entre réseaux interconnectés. Ces échanges se produisent sans que les réseaux aient connaissance du contenu des données, et sans qu’ils sachent qui est réellement l’expéditeur de tel ou tel bloc de données. Ce code est donc neutre à l’égard des données, et ignore tout de l’utilisateur.

Ces spécificités du TCP/IP ont des conséquences sur la régulabilité des activités sur Internet. Elles rendent la régulation des comportements difficile. Dans la mesure où il est difficile d’identifier les internautes, il devient très difficile d’associer un comportement à un individu particulier. Et dans la mesure où il est difficile d’identifier le type de données qui sont envoyées, il devient très difficile de réguler l’échange d’un certain type de données. Ces spécificités de l’architecture d’Internet signifient que les gouvernements sont relativement restreints dans leur capacité à réguler les activités sur le Net.

Dans certains contextes, et pour certaines personnes, cette irrégulabilité est un bienfait. C’est cette caractéristique du Net, par exemple, qui protège la liberté d’expression. Elle code l’équivalent d’un Premier amendement dans l’architecture même du cyberespace, car elle complique, pour un gouvernement ou une institution puissante, la possibilité de surveiller qui dit quoi et quand. Des informations en provenance de Bosnie ou du Timor Oriental peuvent circuler librement d’un bout à l’autre de la planète car le Net empêche les gouvernements de ces pays de contrôler la manière dont circule l’information. Le Net les en empêche du fait de son architecture même.

Mais dans d’autres contextes, et du point de vue d’autres personnes, ce caractère incontrôlable n’est pas une qualité. Prenez par exemple le gouvernement allemand, confronté aux discours nazis, ou le gouvernement américain, face à la pédo-pornographie. Dans ces situations, l’architecture empêche également tout contrôle, mais ici cette irrégulabilité est considérée comme une tare.

Et il ne s’agit pas seulement des discours nazis et de pornographie enfantine. Les principaux besoins de régulation concerneront le commerce en ligne : quand l’architecture ne permet pas de transactions sécurisées, quand elle permet de masquer facilement la source d’interférences, quand elle facilite la distribution de copies illégales de logiciels ou de musique. Dans ces contextes, le caractère incontrôlable du Net n’est pas considéré comme une qualité par les commerçants, et freinera le développement du commerce.

Que peut-on y faire ?

Nombreux sont ceux qui pensent qu’il n’y a rien à faire : l’irrégulabilité d’Internet est définitive. Il n’est rien que nous puissions faire pour y remédier. Aussi longtemps qu’il existera, Internet restera un espace incontrôlable. C’est dans sa nature même.

Mais rien n’est plus dangereux pour l’avenir de la liberté dans le cyberespace que de croire la liberté garantie par le code. Car le code n’est pas figé. L’architecture du cyberespace n’est pas définitive. L’irrégulabilité est une conséquence du code, mais le code peut changer. D’autres architectures peuvent être superposées aux protocoles de base TCP/IP, et ces nouvelles couches peuvent rendre l’usage du Net fondamentalement contrôlable. Le commerce est en train de construire une architecture de ce type. Le gouvernement peut y aider. Les deux réunis peuvent transformer la nature même du Net. Il le peuvent, et le font.

D’autres architectures

Ce qui rend le Net incontrôlable, c’est qu’il est difficile d’y savoir qui est qui, et difficile de connaître la nature des informations qui y sont échangées. Ces deux caractéristiques sont en train de changer : premièrement, on voit émerger des architectures destinées à faciliter l’identification de l’utilisateur, ou permettant, plus généralement, de garantir la véracité de certaines informations le concernant (qu’il est majeur, que c’est un homme, qu’il est américain, qu’il est avocat). Deuxièmement, des architectures permettant de qualifier les contenus (pornographie, discours violent, discours raciste, discours politique) ont été conçues, et sont déployées en ce moment-même. Ces deux évolutions sont développées sans mandat du gouvernement ; et utilisées conjointement elles mèneraient à un degré de contrôle extraordinaire sur toute activité en ligne. Conjointement, elles pourraient renverser l’irrégulabilité du Net.

Tout dépendrait de la manière dont elles seraient conçues. Les architectures ne sont pas binaires. Il ne s’agit pas juste de choisir entre développer une architecture permettant l’identification ou l’évaluation, ou non. Ce que permet une architecture, et la manière dont elle limite les contrôles, sont des choix. Et en fonction de ces choix, c’est bien plus que la régulabilité qui est en jeu.

Prenons tout d’abord les architectures d’identification, ou de certification. Il existe de nombreuses architectures de certification dans le monde réel. Le permis de conduire, par exemple. Lorsque la police vous arrête et vous demande vos papiers, ils demandent un certificat montrant que vous êtes autorisé à conduire. Ce certificat contient votre nom, votre sexe, votre âge, votre domicile. Toutes ces informations sont nécessaires car il n’existe aucun autre moyen simple pour établir un lien entre le permis et la personne. Vous devez divulguer ces éléments vous concernant afin de certifier que vous êtes le titulaire légitime du permis.

Mais dans le cyberespace, la certification pourrait être ajustée beaucoup plus finement. Si un site est réservé aux adultes, il serait possible – en utilisant des technologies de certification – de certifier que vous êtes un adulte, sans avoir à révéler qui vous êtes ou d’où vous venez. La technologie pourrait permettre de certifier certains faits vous concernant, tout en gardant d’autres faits confidentiels. La technologie dans le cyberespace pourrait fonctionner selon une logique de « moindre révélation », ce qui n’est pas possible dans la réalité.

Là encore, tout dépendrait de la manière dont elle a été conçue. Mais il n’est pas dit que les choses iront dans ce sens. Il existe d’autres architectures en développement, de type « une seule carte pour tout ». Dans ces architectures, il n’est plus possible de limiter simplement ce qui est révélé par un certificat. Si sur un certificat figure votre nom, votre adresse, votre âge, votre nationalité, ainsi que le fait que vous êtes avocat, et si devez prouver que vous êtes avocat, cette architecture certifierait non seulement votre profession, mais également tous les autres éléments vous concernant qui sont contenus dans le certificat. Dans la logique de cette architecture, plus il y a d’informations, mieux c’est. Rien ne permet aux individus de faire le choix du moins.

La différence entre ces deux conceptions est que l’une garantit la vie privée, alors que l’autre non. La première inscrit le respect de la vie privée au cœur de l’architecture d’identification, en laissant un choix clair à l’utilisateur sur ce qu’il veut révéler ; la seconde néglige cette valeur.

Ainsi, le fait que l’architecture de certification qui se construit respecte ou non la vie privée dépend des choix de ceux qui codent. Leurs choix dépendent des incitations qu’ils reçoivent. S’il n’existe aucune incitation à protéger la vie privée – si la demande n’existe pas sur le marché, et que la loi est muette – alors le code ne le fera pas.

L’identification n’est qu’un exemple parmi d’autres. Prenons-en un deuxième, concernant la confidentialité des informations personnelles. RealJukebox est une technologie permettant de copier un CD de musique sur un ordinateur, ou de de télécharger de la musique sur le Net pour la stocker sur un disque dur. Il est apparu en octobre que le système était un peu trop curieux : il inspectait discrètement le disque dur de l’utilisateur, puis transférait à l’entreprise le fruit de ses recherches. Tout ceci en secret, bien entendu : RealNetworks n’avait prévenu personne que son produit collectait et transférait des données personnelles. Quand cet espionnage a été découvert, l’entreprise a tout d’abord tenté de justifier cette pratique (en avançant qu’aucune donnée personnelle n’était conservée), mais elle a fini par revenir à la raison, et a promis de ne plus recueillir ces données.

Ce problème est dû, une fois de plus, à l’architecture. Il n’est pas facile de dire qui espionne quoi, dans le cyberespace. Bien que le problème puisse être corrigé au niveau de l’architecture (en faisant appel à la technologie P3P, par exemple), voici un cas pour lequel la loi est préférable. Si les données personnelles étaient reconnues comme propriété de l’individu, alors leur collecte sans consentement exprès s’apparenterait à du vol.

Dans toutes ces circonstances, les architectures viendront garantir nos valeurs traditionnelles – ou pas. À chaque fois, des décisions seront prises afin de parvenir à une architecture d’Internet respectueuse de ces valeurs et conforme à la loi. Les choix concernant le code et le droit sont des choix de valeurs.

Une question de valeurs

Si c’est le code qui détermine nos valeurs, ne devons-nous pas intervenir dans le choix de ce code ? Devons-nous nous préoccuper de la manière dont les valeurs émergent ici ?

En d’autres temps, cette question aurait semblé incongrue. La démocratie consiste à surveiller et altérer les pouvoirs qui affectent nos valeurs fondamentales, ou comme je le disais au début, les contrôles qui affectent la liberté. En d’autres temps, nous aurions dit « Bien sûr que cela nous concerne. Bien sûr que nous avons un rôle à jouer. »

Mais nous vivons à une époque de scepticisme à l’égard de la démocratie. Notre époque est obsédée par la non-intervention. Laissons Internet se développer comme les codeurs l’entendent, voilà l’opinion générale. Laissons l’État en dehors de ça.

Ce point de vue est compréhensible, vu la nature des interventions étatiques. Vu leurs défauts, il semble préférable d’écarter purement et simplement l’État. Mais c’est une tentation dangereuse, en particulier aujourd’hui.

Ce n’est pas entre régulation et absence de régulation que nous avons à choisir. Le code régule. Il implémente – ou non – un certain nombre de valeurs. Il garantit certaines libertés, ou les empêche. Il protège la vie privée, ou promeut la surveillance. Des gens décident comment le code va se comporter. Des gens l’écrivent. La question n’est donc pas de savoir qui décidera de la manière dont le cyberespace est régulé : ce seront les codeurs. La seule question est de savoir si nous aurons collectivement un rôle dans leur choix – et donc dans la manière dont ces valeurs sont garanties – ou si nous laisserons aux codeurs le soin de choisir nos valeurs à notre place.

Car c’est une évidence : quand l’État se retire, la place ne reste pas vide. Les intérêts privés ont des objectifs qu’ils vont poursuivre. En appuyant sur le bouton anti-Étatique, on ne se téléporte pas au Paradis. Quand les intérêts gouvernementaux sont écartés, d’autres intérêts les remplacent. Les connaissons-nous ? Sommes-nous sûrs qu’ils sont meilleurs ?

Notre première réaction devrait être l’hésitation. Il est opportun de commencer par laisser le marché se développer. Mais, tout comme la Constitution contrôle et limite l’action du Congrès, les valeurs constitutionnelles devraient contrôler et limiter l’action du marché. Nous devrions examiner l’architecture du cyberespace de la même manière que nous examinons le fonctionnement de nos institutions.

Si nous ne le faisons pas, ou si nous n’apprenons pas à le faire, la pertinence de notre tradition constitutionnelle va décliner. Tout comme notre engagement autour de valeurs fondamentales, par le biais d’une constitution promulguée en pleine conscience. Nous resterons aveugles à la menace que notre époque fait peser sur les libertés et les valeurs dont nous avons hérité. La loi du cyberespace dépendra de la manière dont il est codé, mais nous aurons perdu tout rôle dans le choix de cette loi.

Cet article est mis à disposition du public par Framablog sous une licence CC-by, nous vous invitons, tout comme nous, à le diffuser le plus largement possible (paternité : Framablog/Framalang).
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http://fr.readwriteweb.com/2010/07/24/a-la-une/code-law-de-libert-dans-cyberespace/feed/ 6
Les crédits Facebook : la première monnaie mondiale ? http://fr.readwriteweb.com/2010/07/23/a-la-une/les-crdits-facebook-premire-monnaie-mondiale/ http://fr.readwriteweb.com/2010/07/23/a-la-une/les-crdits-facebook-premire-monnaie-mondiale/#comments Fri, 23 Jul 2010 09:08:26 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=9176

moneyFacebook est au pied d’une montagne de cash virtuel. Le géant du réseau social a annoncé récemment qu’il allait étendre son projet de Crédits Facebook au delà de la période de beta test dans laquelle il est pour l’instant confiné.

Une arrivée massive sur l’ensemble du réseau Facebook d’une application de monnaie virtuelle donnerait un coup de fouet aux transactions en ligne et tracerait la voie vers, en pratique, la première monnaie globale.

Chris Birk (@cbirk) est le directeur des contenus et de la communication de VA Mortage Center, un établissement financier leader de son secteur, il est également business angel au sein de Growth Partner, un groupement de business angel assez unique qui apporte à la fois des fonds et une expertise marketing aux startups. Ancien journaliste, il enseigne dans une université du Midestern et tient le blog Write Short Live Long.

Entre autre choses, cette monnaie aidera Facebook à gérer l’un de ses derniers écueils économiques : la monétisation de ses millions de membres non américains.

Désormais disponible en plus de cent langues, Facebook devrait réaliser un chiffre d’affaire de l’ordre du milliard de dollars cette année. Il vient de dépasser le cap symbolique de 500 millions de membres, avec une croissance aiguë et récente dans toute l’Asie du Sud Est, l’Europe de l’Est et au delà. En pratique, la croissance globale de Facebook a littéralement explosé cette dernière année.

Pour vous en convaincre, jetez un œil aux chiffres rassemblés par Nick Burcher.

Pays Nombre d’utilisateurs Facebook
en mars 2009
Nombre d’utilisateurs Facebook
au 31 mars 2010
Croissance
sur 12 mois (en %)
Taiwan 205.500 6.107.100 +2872%
Philippines 1.026.300 11.561.740 +1027%
Thailande 284.340 2.895.320 +918%
Brésil 395.940 3.602.100 +810%
Indonésie 2.325.840 20.775.320 +793%
Rép. Tchèque 444.120 2.421.720 +446%
Inde 1.561.000 7.809.800 +400%
Mexique 2.142.080 9.208.560 +330%
       

L’un dans l’autre, les utilisateurs internationaux – entendez ‘non américains’ – représentent 70% des inscrits sur Facebook, et ce dernier n’a toujours pas trouvé un moyen cohérent pour transformer tous ces étrangers en argent sonnant et trébuchant. La publicité à travers les banners est assez inefficace dans la plupart des cas, et n’est pas une piste viable de monétisation pour l’international.

Par ailleurs, les coûts de bande passante forcent Facebook a fonctionner à perte dans certaines zone d’hypercroissance, comme l’Indonésie, la Malaisie et les Philippines.

Bienvenue dans la disruption économique des Crédits Facebook

Comme le pointent Chris Morrison de BNet et d’autres, le déploiement à grande échelle des Crédits Facebook abaissera clairement la barrière à l’entrée dans l’économie digitale pour des millions d’utilisateurs internationaux, qui pourront acheter des Crédits à un guichet (virtuel) unique, et les dépenser dans des jeux et des applications à travers tout le réseau. Facebook s’arroge une part de 30% sur les transactions, et elles s’annoncent très nombreuses.

En regardant en arrière, l’annonce du programme de Crédit a été noyée, lors de la dernière conférence F8 de Facebook, dans le brouhaha déclenché par les atteintes à la vie privée qui ont mobilisé les conversations. Pourtant, l’arrivée massive des Crédits Facebook pourrait bien déclencher une autre colère de la part des utilisateurs : celle liée à la résistance au changement, tant la disruption économique initiée par Facebook ne manquera pas de générer une sérieuse mise à jour de l’interface.

Cependant, l’impact potentiel de l’arrivée prochaine d’une monnaie virtuelle mondiale donne le vertige, même s’il est difficile de cerner précisément l’amplitude du séisme. Les utilisateurs de Facebook ont déjà montré leur capacité à dépenser de l’argent sur des biens virtuels à travers des jeux en ligne comme FarmVille et Mafia Wars. La société derrière ces hits du social gaming, Zynga, devrait faire une chiffre d’affaire cette année de l’ordre de 450 millions de dollars, l’essentiel venant d’achats virtuels.

Avec un programme de monnaie virtuelle largement déployé, les utilisateurs tant américains qu’internationaux de Facebook devrait rapidement être en mesure d’acheter de vrais biens avec de l’argent virtuel auprès de sociétés utilisant Facebook Connect. On peut aisément imaginer acheter un cadeau – bien réel – chez un eCommerçant, dans une liste liée à un mariage organisé sur Facebook, avec de l’argent virtuel, bien sûr.

Imaginez ce qu’un système d’achat en un clic pourrait donner s’il était combiné avec de la publicité ciblée par Facebook : les publicitaires et les spécialistes du e-marketing social pourrait avoir accès à des données sans précédent en terme de comportement d’achat, en temps réel, et à travers le monde entier.

Les opérateurs de téléphonie mobile pourraient eux aussi êtres à la fête, les utilisateurs de Facebook à l’international étant de plus en plus adeptes des transactions financières effectuées à l’aide d’un smartphone.

Une monnaie virtuelle pourrait également être une bénédiction pour les entrepreneurs issus de pays émergents. Les consommateurs pourraient utiliser leurs Crédits pour acheter directement un bien à un artisan Brésilien ou Thaïlandais. La barrière à l’entrée du monde de l’eCommerce pourrait diminuer de façon considérable.

Cela pourrait bien à terme inciter Facebook à abandonner le dollar comme monnaie de référence – on imagine un Bretten Woods Facebookien à venir (et son impact sur le futur cours de bourse de Facebook), mais quoi qu’il en soit, l’arrivée des Crédits Facebook représente certainement une très grande probabilité pour que n’explose les micropaiements à travers le monde.

Il est probable que Google se lance également dans l’aventure de la monnaie virtuelle, et selon beaucoup, il faut s’attendre à des annonces de la part du leader de la recherche, mais pour l’instant, c’est bien Facebook qui a pris le relais tenu naguère par Paypal, qui affichait à l’époque une vision proche, celle d’une monnaie réellement globale.

(photo CC-by Kevin Dooley)

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Rencontre avec le Co-fondateur de Foursquare : Naveen Salvadurai http://fr.readwriteweb.com/2010/07/21/entrevues/rencontre-avec-cofondateur-de-foursquare-naveen-salvadurai/ http://fr.readwriteweb.com/2010/07/21/entrevues/rencontre-avec-cofondateur-de-foursquare-naveen-salvadurai/#comments Wed, 21 Jul 2010 09:24:02 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=9153

rfi-logoSimon decreuze et Ziad Maalouf de l’Atelier des médias-RFI sont nos invités aujourd’hui, ils nous font partager leur rencontre avec l’un des fondateurs de Foursquare, l’un des système de réseau social géolocalisé les plus en vue de nos jours. Moins connu du grand public et des technophiles que son comparse Dennis Crowley, Naveen Selvadurai, l’autre fondateur du jeu et réseau géolocalisé et mobile Foursquare était récemment de passage à Paris. Nous avons profité de sa présence pour parler avec lui de sa création et de ses ambitions.

Comment faire remonter le café « le départ » place St Michel à Paris dans les « trending places » de Foursquare ?

C’est très simple : il suffit d’y organiser un Foursquare Meetup et d’y inviter l’un des co-fondateurs de la star des applications mobiles géolocalisées, c’était le 22 juin 2010…(merci @Adrienne Jan )

Preuve que ce jeu en réseau est encore confidentiel en France, nous n’étions que 12 pour échanger avec Naveen Selvadurai, de passage à Paris pour les vacances. Le garçon est tout jeune (et déjà millionnaire ….) posé, intéressant, chaleureux. Il croit dur comme fer dans ce qu’il fait. Il aime marcher, découvrir, rencontrer. Au bout de quelques minutes, on se dit avec Simon Decreuze qu’il faut partager cette rencontre car les portraits de Naveen sont encore rares sur la toile (et plus encore sous-titrés en français). Avec l’aide de notre stagiaire Lucie et à force d’heures et de minutes volées ici et là nous avons réussi à achever cette vidéo (alors que notre métier est avant tout radiophonique ;-). Les spécialistes de Foursquare n’y apprendront rien de croustillant (à part peut-être vers la fin quand il parle des problèmes techniques et des stratégies mises en place pour y remédier;-) mais ils découvriront l’esprit et l’enthousiasme de l’un des fondateurs. Les moins savants apprécieront les explications simples de Naveen et comprendront mieux la coqueluche des applications mobiles.

Dans les jours qui ont suivi cette rencontre plusieurs infos importantes sont sorties sur Foursquare.

Foursquare lève 20 millions de dollars…(après des pourparlers pour un éventuel rachat par facebook ou Yahoo!) (30 juin)

Foursquare atteint les 2 millions d’utilisateurs (10 juillet)

Domino’s Pizza attribue une hausse de ses bénéfices (+29%) à Foursquare. (13 juillet)

Foursquare se rapproche des moteurs de recherche pour partager ses données (ou ici, ou ) (19 juillet)

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Mondoblog : devenez l’ambassadeur de votre ville sur le web francophone http://fr.readwriteweb.com/2010/07/15/agenda/mondoblog-devenez-lambassadeur-de-votre-ville-sur-web-francophone/ http://fr.readwriteweb.com/2010/07/15/agenda/mondoblog-devenez-lambassadeur-de-votre-ville-sur-web-francophone/#comments Thu, 15 Jul 2010 07:16:17 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=9107

Ziad Maalouf est journaliste, il est l’animateur de l’Atelier des média sur Radio France International, une web émission participative pour la communauté des média et un réseau social. Un concept proche de Techtoc.tv mais au format radio/podcast, et qui touche l’ensemble de la francophonie.

RFI, en partenariat avec l’ESSTIC et le CESTI, grâce au soutien de l’Organisation Internationale de la Francophonie, la Fondation Varenne et du Service d’Action Culturelle de l’Ambassade de France à Dakar, lance le «Concours RFI Mondoblog» qui a pour but de susciter la création d’une jeune blogosphère francophone dynamique.

A l’issue de la première sélection, 100 jeunes blogueurs seront choisis par un jury international constitué de journalistes et blogueurs professionnels. Ils bénéficieront d’un encadrement éditorial et technique pendant six mois pour développer leur blog sur une plateforme promue par Radio France Internationale sur ses antennes et son site web.

Chaque semaine, les Blogs des candidats sélectionnés seront promus à travers une émission de radio. Les blogueurs pourront y rendre compte des sujets traités sur leurs blogs au cours des derniers jours.

Au terme d’une période de six mois, les 20 meilleurs blogueurs seront désignés par le jury et se verront récompenser par une semaine de formation à Dakar ou Yaoundé. Ils bénéficieront également d’une dotation en matériel (appareil photo numérique ou caméra vidéo numérique).

Pour être éligibles, les candidats doivent répondre aux critères ci-après :

  1. Être francophone
  2. Être âgé de moins de trente ans au 30 juillet 2010

Une attention particulière sera accordée aux candidats résidant dans les pays membres de l’OIF et qui n’ont pas facilement accès aux formations de ce type.

Les candidats peuvent postuler du 15 juin au 30 juillet 2010 en remplissant le formulaire accessible ICI.

Les documents annexe doivent être envoyés par courrier à l’adresse ci-après : mondoblog@rfi.fr
Le dossier de candidature (qui peut rempli entièrement en ligne) doit comprendre :

  1. Le formulaire d’inscription rempli
  2. Un curriculum vitae
  3. Un article de 2500 signes maximum accompagné si possible d’une photo

Les candidats ne peuvent postuler qu’une fois. Les candidatures incomplètes ne seront pas traitées

En partenariat avec :

L’Organisation Internationale de la Francophonie
Service d’Action Culturelle de l’Ambassade de France à Dakar
La Fondation Varenne pour la Presse et la Communication
CESTI
ESSTIC

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Opération massive de phishing sur Gmail en Tunisie http://fr.readwriteweb.com/2010/06/29/nouveautes/opration-massive-de-phising-sur-gmail-en-tunisie/ http://fr.readwriteweb.com/2010/06/29/nouveautes/opration-massive-de-phising-sur-gmail-en-tunisie/#comments Tue, 29 Jun 2010 06:18:53 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=8932

Slim Amamou est citoyen tunisien.
Informaticien de profession, il est connu pour ses prises de position contre la censure de l’internet.

Depuis quelques semaines mes compatriotes en Tunisie ont commencé a se plaindre de difficultés d’accés a Gmail et des rumeurs ont commencé a circuler sur une censure prochaine de Gmail. Depuis le mois d’avril une vague de censure a frappé Flickr, Wat.tv, Blip.tv, Metacafe.com, Agoravox.fr et un nombre incalculable de blogs : ils n’en fallait pas plus pour créer un climat de paranoia… qui va s’avérer justifié.

Lundi dernier, deux personnes que je suis sur twitter ont commencé lancer des alertes concernant une vague de phishing, captures d’écran à la clé, montrant qu’un accés a l’adresse mail.google.com affichait des messages d’erreur étonnants… de EasyPHP.

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EasyPHP est certes une solution puissante, mais en aucun cas en mesure de faire tourner un service comme Gmail. Il s’agissait donc sans l’ombre d’un doute d’un faux Gmail, réalisé par des pirates incapable de configurer correctement EasyPHP, et agissant à priori sur l’ensemble du réseau internet en Tunisie.

Pour confirmer cette théorie, il fallait d’abord écarter la possibilité d’un malware (un logiciel malveillant) installé sur une machine, et qui aurait détourné le navigateur vers un faux site Gmail destiné à récupérer le mot de passe de ses victimes afin de pirater leur compte mail. Ce n’était en l’occurrence pas le cas.

Reste ensuite à voir si ce problème apparait de la même façon pour tout le monde. Après enquête, les soupçons se confirment et mettent en évidence deux cas de figure : ceux qui depuis des semaines n’arrivent pas à se connecter à Gmail, et ceux à qui Gmail demande sans cesse de s’authentifier.

Que ce soit sur leur lieu de travail ou à leur domicile, la situation est la même, et chose intéressante, ceux qui ont expérimenté cela sur leur lieu de travail indiquent que quand ce problème arrive avec Gmail, tout le monde est touché en même temps.

A ce stade de mon enquête, l’hypothèse que j’avais retenu était une attaque informatique par DNS cache poisoning, une technique consistant à tromper les DNS, les aiguilleurs de l’internet, et acheminer un internaute cherchant à accéder à un site vers un autre site. Jusqu’ici, je n’étais pas victime de tout cela, ce qui pouvait s’expliquer par le fait que j’utilise un DNS qui n’est pas celui de mon fournisseur d’accès. En fait la situation est pire que cela.

Quelques jours plus tard, alors que je tente de me connecter à Gmail – ce que je fais en mode sécurisé (https), voilà que mon navigateur refuse de s’y connecter.

Après une rapide vérification technique, je constate que le port HTTPS est bloqué sur toutes des adresses IP de mail.google.com

Capture-35

En clair, l’accès à la version sécurisée de Gmail est censuré. La version non sécurisée de Gmail, elle, semble fonctionner, mais étonnamment, elle me demande de m’authentifier alors que je m’y étais connecté il y a à peine une demi heure.

Capture-36

Un détail cependant attire mon attention : l’url auquel on accède lors d’une requète vers mail.google.com :

http://mail.google.com/accountsServiceLoginservicemail&passivetrue&rmfalse&continuehttp3A2F2F mail.google.com2Fmail2F3Fhl3Dfr26tab3Dwm26ui3Dhtml26zy3Dl&bsvzpwhtygjntrz &scc1&ltmpldefault&ltmplcache2&hlfr.htm

Pour un néophyte, cela n’est pas vraiment parlant, mais les experts ne s’y tromperont pas : le « .htm » situé à la fin de l’adresse trahit bel et bien une tentative de phising.

Ma première expérience avec cette campagne de phising sur Gmail ne durera que quelques minutes avant que les choses ne reviennent à la normale, mais il y a de quoi s’inquiéter : l’adresse IP est la bonne (voir la capture d’écran nmap), pour réaliser une telle opération, il faut un contrôle total du réseau en Tunisie, des câbles jusqu’au protocole HTTP.

Attention, je n’accuse absolument pas une agence gouvernementale tunisienne ou l’armée d’être l’auteur de ce détournement de Gmail… ça pourrait aussi bien être la CIA. Après tout la plupart de nos routeurs sont des Cisco et Cisco est obligé, de par la loi américaine, de fournir des backdoors aux agences américaines. J’aime bien cette idée. Disons que c’est la CIA. [ndlr: avec le Patriot Act la CIA n'aurait pas besoin de procéder ainsi et pourrait obtenir ces informations bien plus discrètement]

La méthode de la CIA serait donc de bloquer l’accès sécurisé a Gmail afin que les Tunisiens soient obligés d’y accéder en mode non sécurisé, de les détourner vers une machine faisant tourner un faux Gmail sous EasyPHP, pour leur voler leur mot de passe et ainsi prendre possession de leur compte mail.

Furieux à l’idée que le KGB puisse ainsi flouer les tunisiens, je me suis mis en tête de surveiller et tracer de façon systématique cette campagne de phising sur Gmail à l’aide d’un crontab qui vérifie si le port 443 est ouvert ou s’il est bloqué – cela peut sembler être du chinois pour beaucoup d’entre vous, mais en gros, s’il est bloqué, c’est qu’un phising est en cours, et s’il est ouvert, c’est que tout va bien.

En une journée de surveillance de cette opération, sans doute menée par la NSA, un shéma récurrent semblait se dessiner : le phising a lieu toutes les deux heures et dure précisément 5 minutes. J’ai entre temps reçu la preuve que cette opération dure depuis des mois, certaines personnes affirmant que cela fait plusieurs années que cela est en place. Un conseil : changez vos mot de passe, le FBI vous espionne (ou la DST, encore une fois, rien ne permet d’incriminer la CIA plus qu’autre chose).

Par exemple, voici les horaires de passage du train de phishing dans mon sous-réseau 41.226.255.* :

08:35 UTC+1
10:35 UTC+1
12:35 UTC+1
14:35 UTC+1
16:35 UTC+1
18:35 UTC+1
20:35 UTC+1
22:35 UTC+1
00:35 UTC+1
02:35 UTC+1
04:35 UTC+1
06:35 UTC+1

Consignes si vous êtes en Tunisie : laisser passer le train. Allez prendre un café et revenez, ça ne dure que 5min. Et surtout activez l’option sécurisé de Gmail et changez vôtre mot de passe.

Entre temps, plusieurs personnes m’ont fait part de problèmes similaires sur Facebook et YahooMail… La suite au prochain épisode…

UPDATE

Contacté par nos soin, Google confirme implicitement tout cela (pas la CIA ou le KGB, bien sûr, ça c’est une touche d’ironie qui semble échapper à beaucoup) et nous a répondu rapidement. Nous vous livrons ici l’email que nous a fait parvenir son porte parole pour la région.

« Nous sommes conscient que beaucoup de gens dépendent de Gmail et nous nous attelons à le rendre le plus sécurisé possible, et cherchons sans cesse de nouvelles façon de le faire. Nous avons par exemple récemment activé par défaut le HTTPS sur Gmail.

Afin de sécuriser l’utilisation de Gmail, nous vous recommandons de ne saisir votre mot de passe que sur les pages dont l’adresse commence par https:// et si un message d’alerte quelconque survient concernant un certificat, de ne surtout pas aller plus loin.

Nous encourageons tous les utilisateurs à utiliser HTTPS, qui offre une protection contre le ‘packet sniffing‘ et d’autres tentatives destinées à surveiller et manipuler le trafic réseau. Si vous ne pouvez accéder momentanément à Gmail en utilisant HTTPS, attendez quelques minutes avant de recommencer à nouveau.

Si vous pensez que votre compte a été compromis, nous vous incitons à changer immédiatement votre mot de passe et à vous assurer que votre email secondaire est toujours valide (ces données sont accessibles à travers les réglages de compte Google). Si vous ne pouvez plus accéder à votre compte, vous pouvez récupérer un accès en répondant aux questions de sécurité ici.

Vous pouvez également consulter ce billet pour obtenir plus de détails concernant notre approche de la sécurité.

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http://fr.readwriteweb.com/2010/06/29/nouveautes/opration-massive-de-phising-sur-gmail-en-tunisie/feed/ 93
Comment créer un média en deux temps trois mouvements ? http://fr.readwriteweb.com/2010/06/29/a-la-une/comment-crer-mdia-en-deux-temps-trois-mouvements/ http://fr.readwriteweb.com/2010/06/29/a-la-une/comment-crer-mdia-en-deux-temps-trois-mouvements/#comments Tue, 29 Jun 2010 05:42:23 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=8925

En mai dernier, pendant une semaine, 36 étudiants de l’IJBA (Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine) ont réalisé une série de reportage sur la vie culturelle à Berlin. Mais au lieu de publier leurs productions sur un blog ou un site d’information classique, ils ont décidé d’utiliser uniquement des plateformes de partage de contenu et des réseaux sociaux. Ils ont ainsi créé un nouveau média. Nom de code du projet : Berlin Kultur Lab

Berlin Kultur Lab

Berlin Kultur Lab n’a pas de visée commerciale, ce n’est pas un média complet, c’est simplement une expérimentation et un projet pédagogique. Pour Jean Charles Bouniol, professeur de l’IJBA à l’initiative du projet, il s’agissait de « faire comprendre aux étudiant comment les plateformes sont reliées entre elles », comment « on peut les utiliser efficacement, d’un point de vue professionnel ».

Selon lui, les futurs journalistes ont besoins de savoir se servir de ces réseaux sociaux. Elle leur donne « une valeur ajoutée sur le marché du travail » car ces compétences « répondent à une demande des médias traditionnels » et surtout à une évolution des modes de consommation de l’information.

Mais ce projet avait aussi pour objectif de donner une vision du journalisme web qui va plus loin que le phénomène du blog. Berlin Kultur Lab montre qu’on peut publier, produire du contenu journalistique en s’affranchissant de la gestion d’un site ou d’un blog.

Grâce à la multitude des plateformes de publication de contenu on peut créer un média avec une mise de départ quasi-nulle. Avec son architecture éclatée, on multiplie les chances pour qu’un sujet soit consulté. On n’attend plus que l’internaute viennent sur son site, on va le chercher sur le site communautaire qu’il utilise. Mais surtout on utilise les plateformes web de publication de contenu en fonction de ses besoins.

Berlin Kultur Lab est une lecture de cette nouvelle façon de publier de l’information.

Dans ce contexte, les étudiants ont décidé de créer une architecture originale pour le projet Berlin Kultur Lab. C’est une nouvelle forme de média.

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Accueillir le contenu

Pour mettre son contenu en ligne le projet s’appuie sur Dailymotion pour la vidéo, Flickr pour la photo, Soundcloud pour le son, et Tumblr pour l’écrit, mais pas seulement… Dans ce dispositif, Tumblr est devenu au fur et à mesure de l’avancée du projet la plateforme centrale de diffusion. Assez naturellement, l’ensemble des productions des étudiants se retrouve sur ce site sous la forme d’articles web classiques. Un peu à la manière d’un blog classique. C’est l’une des faiblesses du projet.

Agglomérer les flux

Pour donner plusieurs portes d’entrée au public Berlin Kultur Lab utilise Netvibes, Delicious, Lifestream et un Google Map pour agglomérer ses flux de contenu. Ces outils ont également pour objet de créer un maillage entre toutes  les plateformes utilisées.

Porte d’entrée principale, la page Netvibes publique,  réunie les flux de toutes les plateformes utilisées. Ainsi en un coup d’oeil, le visiteur peut avoir une vision globale de toutes les productions. Cette page Netvibes a été pensée comme une vitrine. Elle se divise en quatre partie.

Première page : les flux RSS de Flickr, de Tumblr et consorts sont visibles. Page deux : les productions sont organisées et accessibles via des rubriques. Puis on trouve une page de présentation du projet Berlin Kultur Lab et une page renvoyant sur d’autres sites sur la culture à Berlin via leur flux RSS.

En ce qui concerne le compte Delicious l’objectif est un peu différent. Il s’agit d’abord d’archiver et moins de promouvoir. Les liens de ce compte sont la mémoire du projet. Mais Delicious est aussi utilisé pour réaliser un rubriquage des sujets sur la page Netvibes. Pour ce faire quatre flux RSS issue de Delicious basés sur quatre mots-clés pointent vers la page Netvibes et crée ainsi quatre rubriques.

Le compte Lifestream a pour principal objectif de créer un flux RSS Berlin Kultur Lab exportable pour les internautes. Et en ce qui concerne la Google Map, elle est utilisée pour les sujets aisément localisable. Il s’agit de donner au visiteur une plus value d’information.

La promotion

Pour promouvoir le projet Berlin Kultur Lab a utilisé de façon très classique Twitter et Facebook. Selon ses statistiques il semblerait que ça soit ces réseaux qui aient envoyés le plus de visiteurs vers les différentes productions. 142 followers sur Twitter et 604 fans sur la page Facebook ont suivi le projet. Ces chiffres peuvent paraître faible mais le projet n’a existé concrètement que durant une semaine.

L’identité

Publier de l’information dans un dispositif du type de Berlin Kultur Lab implique une certaine cohérence pour être rapidement identifiable comme un média et pour avoir la diffusion la plus large possible.

Etant donné l’absence de site qui peut aider à identifier les publications, et que tout le contenu est voué à vivre une existence indépendante, Berlin Kultur Lab s’appuie sur une identité visuelle et sonore originale. Son objectif : unifier les productions et les plateformes pour que le public puisse rapidement identifier un reportage issue du projet ; et ce quelque soit le chemin qu’il a suivit pour nous trouver. Un logo original a donc été créé. Il a été repris dans un jingle vidéo. Et la bande audio de ce dernier a servi de jingle aux productions sonores.

Le mode de publication

Pour valoriser au maximum l’utilisation de chacune de nos plateformes en fonction de nos besoins et rendre la production cohérente, les étudiants ont mis en place un dispositif de publication.

Chacune des productions après avoir été publié sur la plateforme adéquate, devait être mise en ligne sur Tumblr. Puis pour la valoriser et la promouvoir chacun des sujets étaient relayés sur les comptes Twitter et Facebook. Dernière étape le lien vers l’article Tumblr était archivé sur Delicious en respectant des mots-clés liés à nos rubriques (cf. ci-dessus). Ainsi, sur la page Netvibes, une même production est consultable par plusieurs accès différents.

Et les sujets dans tout ça…

D’un point de vue purement éditorial, les étudiants n’ont pas déterminés une ligne précise. La culture étant un vaste domaine, les sujets traités vont de l’Ampelmahn (le célèbre bonhomme vert des passages piétons berlinois ) en passant par les tensions liées aux nouveaux projets d’urbanisme autour de la Spree (la rivière qui traverse Berlin) jusqu’à un interview d’un responsable du financement de la culture de la ville. Par contre côté forme, l’éventail des formats utilisé est assez large. Le tout allant du sujet vidéo pur et dur en passant par le diapo-son, le reportage photo, le sujet écrit classique ou encore la photo-légende.

Thomas Bartherote

Pour retrouver Berlin Kultur Lab, rendez-vous sur :

Twitter : http://twitter.com/berlinkulturlab

Facebook : http://www.facebook.com/pages/Berlin-kultur-lab/383886578791

Tumblr : http://berlinkulturlab.tumblr.com/

Flickr : http://www.flickr.com/photos/berlinkulturlab/

Netvibes : http://www.netvibes.com/berlinkulturlab#Bienvenue_sur_la_une

Dailymotion : http://www.dailymotion.com/Berlinkulturlab

Delicious : http://delicious.com/berlinkulturlab

Soundcloud : http://soundcloud.com/berlinkulturlab

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http://fr.readwriteweb.com/2010/06/29/a-la-une/comment-crer-mdia-en-deux-temps-trois-mouvements/feed/ 20
Le Community Manager que vous recherchez se trouve déjà dans votre entreprise http://fr.readwriteweb.com/2010/05/12/liens/community-manager-vous-recherchez-trouve-dj-dans-votre-entreprise/ http://fr.readwriteweb.com/2010/05/12/liens/community-manager-vous-recherchez-trouve-dj-dans-votre-entreprise/#comments Wed, 12 May 2010 12:26:17 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=8432

Je me suis posé la question avant de publier cet article et d’enfoncer le clou par rapport à un article récent sur le community management qui avait largement fait réagir : Réflexions autour du community management : pourquoi le community manager doit faire partie de l’entreprise.

J’estimais effectivement que le community manager devait faire partie de l’entreprise. Suite aux échanges, je vais même plus loin : le community manager se trouve déjà dans votre entreprise…

En effet, j’ai eu ces derniers jours, suite à l’article, pas mal de demandes assez diverses (agences, annonceurs, etudiants) autour des différents points que j’abordais. Les retours, de manière assez unanimes, sont que dans la théorie tout le monde reconnaît que le community manager se trouve au sein de l’entreprise. Les entreprises et community managers apportent les deux bémols suivants…

A lire chez Cédric Deniaud >>>

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http://fr.readwriteweb.com/2010/05/12/liens/community-manager-vous-recherchez-trouve-dj-dans-votre-entreprise/feed/ 0
Crisis Camp Paris : l’Internet d’Urgence à La Cantine http://fr.readwriteweb.com/2010/05/10/agenda/crisis-camp-paris-linternet-durgence-cantine/ http://fr.readwriteweb.com/2010/05/10/agenda/crisis-camp-paris-linternet-durgence-cantine/#comments Mon, 10 May 2010 12:45:40 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=8376

crisiscampLe samedi 24 avril a eu lieu à la Cantine le premier , organisé par des acteurs des nouvelles technologies, des médias et du monde associatif. Cet événement est le premier en Europe continentale, lié aux Crisis Commons . L’idée, c’est que les nouvelles technologies (réseaux sociaux, wiki, géolocalisation, téléphonie mobile, crowdsourcing, Streaming audio vidéo, Skype…) peuvent permettre de gérer plus efficacement les situations de crise et d’urgence. Les séismes récents en Haïti et au Chili ont notamment montré l’utilité de twitter pour informer le monde, d’Ushahidi pour lister les besoins et d’ Openstreetmap pour dresser une nouvelle carte de Port au Prince…

Ces technologies sont en plein essor et leur utilité se découvre au jour le jour. C’est pour mieux les comprendre et donc se préparer aux crises que des volontaires du monde entier se retrouvent depuis quelques mois dans le cadre de ces Crisis Camps (Washington DC, Boston, Bogota, Montréal, Toronto Londres, Paris). Au cours du barcamp de 6 heures, des ateliers autour des sujets de l’urgence Internet on rassemblé des « geeks », des institutionnels (consultants spécialisés, collaborateurs de ministères concernés, membresd’ ONG) et une visioconférence avec Noël Dickover, co-fondateur du mouvement, à permis d’échanger les expériences avec l’outre-Atlantique.

Quatre participants du Crisis Camp de Paris ont été invités à RFI, émission l’Atelier des Médias de Ziad Maalouf , en compagnie de Jean-Hervé Bradol, ancien Président de Médecins sans Frontières et actuellement directeur d’études au Centre de Réflexion sur l’action et les savoirs humanitaires (Crash) de MSF (voir et ecouter l’émission et son bonus)

(billet rédigé par Mao Zhong)

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