ReadWriteWeb French edition » Nicolas Cynober http://fr.readwriteweb.com Libertés numériques, innovations disruptives, et trucs digitaux en tout genre Tue, 07 Feb 2012 23:21:47 +0000 en hourly 1 Les meilleurs vidéos de LeWeb 09 http://fr.readwriteweb.com/2010/01/07/divers/les-meilleurs-vidos-de-leweb-09/ http://fr.readwriteweb.com/2010/01/07/divers/les-meilleurs-vidos-de-leweb-09/#comments Thu, 07 Jan 2010 21:16:01 +0000 Nicolas Cynober http://fr.readwriteweb.com/?p=6860

Se tenait le mois dernier dans 19ème arrondissement de Paris la plus grande conférence web d’Europe. Organisé par Géraldine et Loic Lemeur, plus de 2400 personnes venant de 50 pays différents se sont réuni pendant 2 jours. Quelques jours de congé aidant j’ai eu l’occasion de revoir au coin du feu l’intégralité des vidéos de cette conférence. Une conférence de bien belle qualité dont j’ai pu apprécier l’atmosphère sur place, et dernièrement la qualité des speakers et des discussions qui ont eu lieu sur scène. Certains d’entre vous auront d’ailleurs pu en profiter via le stream live qui était cette année (comme le wifi, le chauffage et le manger) de bonne qualité :)

Best LeWeb talks

Après avoir visionné, commenté et organisé les vidéos de l’événement j’ai obtenu ce pearltree tout à fait étonnant. Finalement le très buzzy « temps-réel » de cette fin d’année ne s’est pas du tout imposé dans les sujets abordés par les speakers. Les deux sujets principaux ont été en réalité :

Les plateformes

Que cela soit Twitter, Facebook, MySpace ou encore PayPal, il est étonnant de voir les efforts déployés pour effectuer la promotion de leurs plateformes constituées de widgets, d’API, et autres outils techniques en tout genre… Quand Ethan Beard annonce 60 millions de connections mensuelles pour Facebook Connect, on se dit que les plateformes deviennent de plus en plus stratégique pour ces géants du web. Aujourd’hui la plateforme technique d’un service web peut égaler, voir même dépasser, l’utilisation original du produit. Aujourd’hui le trafic de Twitter provient à 50% de son API avec plus de 50.000 applications enregistrées. Et début 2010 le petit oiseau bleu devrait annoncer un programme de partage de revenue avec les clients de son API. Des clients qui veulent devenir à leur tour des plateformes : Seesmic et Tweetdeck devraient annoncer prochainement la possibilité de développer des plugins pour leurs logiciels.

Cette notion de plateforme a d’ailleurs vocation à se développer au-delà des sphères du web 2.0. PayPal, acteur incontournable du paiement en ligne, développe actuellement sa propre plateforme à destination des développeurs. Imaginez les services pouvant être crée sur une telle plateforme (qui compte plus de 200 millions de compte).

Alors tendance lourde ? Volonté de Loic de mettre en avant un écosystème dont il fait partie ?

L’entrepreneuriat web en dehors des US

L’autre grand sujet aura été la découverte et la promotion de l’entrepreneuriat web en dehors des US. Que cela soit l’Europe, le Moyen-Orient ou la Russie, les discussions étaient très animées sur la capacité à créer des startups à succès en dehors de la Sillicon Valley. Mon point de vu sur le sujet étant un peu biaisé puisque pearltrees a fait le choix dès le début d’avoir son siège à Paris : une ville où l'on trouve de brillants ingénieurs et du super pinard. Ceci dit, comme le souligne Marc Simoncini, Meetic.com et Match.com, avec des revenus comparables, sont tous les deux N°1 sur le secteur des rencontres en ligne. Alors que Match.com aura été développé aux Etats-Unies avec une marque, une langue et une monnaie, il aura fallu pour Meetic: 12 langues, 23 sites web différents, 6 acquisitions et 1 introduction en bourse. C’est peut être 10 fois plus compliqué mais cela crée une réelle barrière à l’entrée pour les acteurs US. De même lors des panels sur le Moyen-Orient ou la Russie il était étonnant de découvrir des entrepreneurs à la tête d’entreprise leaders dans des domaines tels que la recherche ou l’emploi qui sont pour les US synonymes de Google ou LinkedIn.

Alors peu importe les contraintes du droit du travail, la fiscalité ou les lacunes de la culture entrepreneuriale, l’écosystème est de plus en plus mondiale et la Sillicon Valley sera de moins en moins incontournable. Loic Lemeur sera-t-il le dernier des entrepreneurs web français à avoir installé son siège en Californie ?

[inline][/inline] [inline][/inline]

_

]]>
http://fr.readwriteweb.com/2010/01/07/divers/les-meilleurs-vidos-de-leweb-09/feed/ 1
Quel modèle pour le data.gov Français ? http://fr.readwriteweb.com/2009/12/11/analyse/quel-modle-datagov-franais/ http://fr.readwriteweb.com/2009/12/11/analyse/quel-modle-datagov-franais/#comments Fri, 11 Dec 2009 13:09:01 +0000 Nicolas Cynober http://fr.readwriteweb.com/?p=6598

Demain samedi aura lieu à la cantine le premier Open Data Camp. On y parlera confidentialité des données, formats d'échanges, cas d'utilisation et peut être aussi... politique. Car depuis l'ouverture de data.gov aux US, données et transparence font bon ménage. L'arrivée de Tim Berners Lee dans le projet Anglais a été également un événement important dans l'ouverture des données gouvernementales. Et si on aurait pu craindre à un simple effet d'annonce, force est de constater que ces projets, leur écosystème et les communautés qu'ils fédèrent se développent. 6 mois après l'ouverture du premier data.gov, je vous propose un petit tour d'horizon des différents modèles en place.

Le modèle Néo-Zélandais

nzdata.govt.nz contient à ce jour 200 datasets (sources de données). Il s'agit d'un annuaire faisant des liens vers des fichiers présents sur d'autres sites gouvernementaux. Pour chaque fiche l'on retrouve donc un lien, le format de données, une brève description, quelques mots clés et la date d'ajout.  A noter que le site est actuellement en beta, il s'agit donc d'un prototype amené à évoluer. La version définitive est programmé pour l'été 2010 et d'ici là un effort sera effectué sur le formatage de ces données par les agences. On regrette le manque transparence sur la licence des données et l'obligation de rentrer en contact avec chaque agence.

Le modèle Australien

audata.australia.gov.au met à disposition un catalogue de 210 datasets. Même si la majorité des données sont encore hébergées dans des agences distantes, il semble que certains fichiers ai été centralisés. Les fiches sont ici à la fois plus riches et plus clairs ce qui rend la navigation dans les datasets bien plus agréable. On notera que les données sont sous licence Creative Commons (CC-BY), licence clairement affichée sur chaque fiche. Là encore nous sommes en version beta.

Le modèle Américain

usdata.gov est le premier portail à avoir centralisé des données gouvernementales. Ouvert avec 47 datasets en mai dernier, le site en contient aujourd'hui 1081. Outre les fonctionnalités de base que l'on peut attendre, l'on retrouve pour chaque dataset plusieurs notes attribuées par les utilisateurs ainsi qu'un document technique qui décrit la nature des données (ce qui en augmente grandement l'accessibilité). Même si le terrain était déjà propice à l'exploitation de ces données (avec la présence de la Sunlight Foundation), on constate les efforts de communication et de community management. C'est ainsi que de nombreuses visualisations ont été crée par des associations, des universités ou des entreprises privées  et que les données sont aujourd'hui en cours de standardisation.

Le modèle Anglais

uk

data.gov.uk a fait beaucoup parlé de lui en annonçant l'arrivée de Tim Bernes Lee, inventeur du World Wide Web. Le site est actuellement en beta privée et ouvrira ses portes en Janvier avec plus de 1100 datasets (un effort a été réalisé sur la santé et les transports). Le site sera particulièrement communautaire en proposant de partager ses idées et ses applications, de les commenter et de les noter. Mais le plus marquant est la dimension technologique de ce projet. En ouvrant dors et déjà un endpoint SPARQL, point d'accès pour le LinkedData, la data.gov anglais donne la possibilité d'accéder aux données gouvernementales comme à une seule base de données ouverte. L'objectif est de rendre toutes les données accessibles dans ce format d'ici Juin 2011, le tout dans une licence proche du Creative Common.

Faut-il s'inspirer du modèle Américain ? Faut-il adopter l'approche technologique Anglaise ? Quels sont les acteurs à réunir autour de ce projet ? Quels sont les bénéfices à court, moyen, long termes ? Beaucoup de questions passionnantes qui seront surement posées et discutées demain à la cantine et qui je l'espère donneront de la matière au projet français.

Government Data

Si vous voulez approfondir le sujet des données gouvernementales ReadWriteWeb tient à jour un pearltree de plus 50 sources couvrant les aspects politiques, stratégiques et techniques.

[inline] [/inline] [inline] [/inline]

_

_

]]>
http://fr.readwriteweb.com/2009/12/11/analyse/quel-modle-datagov-franais/feed/ 10
Navigation dans le web des données (partie 2) http://fr.readwriteweb.com/2009/10/30/analyse/navigation-dans-web-des-donnes-partie-2/ http://fr.readwriteweb.com/2009/10/30/analyse/navigation-dans-web-des-donnes-partie-2/#comments Fri, 30 Oct 2009 10:12:50 +0000 Nicolas Cynober http://fr.readwriteweb.com/?p=6190

Points clés de la partie 1. Nous assistons aujourd'hui à une augmentation des contenus échangés mais aussi à une multiplication des moyens de les visualiser. La valeur des sites web ne réside plus uniquement dans l'accumulation de données mais également dans leur capacité à les enrichir et à les visualiser. On remarque l'émergence de visualisations exploitant des sources de données externes et bientôt capables d'exploiter plusieurs sources de données.

_

Même si à l'heure actuelle nous sommes encore loin de surfer dans ce fameux web des données, on assiste doucement mais sûrement à la naissance d’un premier embryon. Le LinkedData est ainsi un merveilleux terrain de jeu pour expérimenter et étudier les problématiques de visualisation dans le web de demain.

La problématique principale n'est pas nouvelle: comment visualiser des données dans un format inconnu? Dans votre vie de tous les jours vous vous retrouvez régulièrement avec des données que vous ne pouvez pas, ou mal, visualiser. C'est le cas quand vous recevez un document .doc et que vous n'avez pas Microsoft World, ou un .pdf sans Acrobat Reader. C'est le même problème sur votre téléphone portable, certains sites sont difficilement consultables car vous les explorer avec une visualisation non-adaptée. Cette problématique va être de plus en plus présente, à la fois pour les utilisateurs, mais aussi pour les sites entre eux (qui devront vous fournir une visualisation). Dans un web où les données sont hautement connectées il est tout à fait possible qu'une de vos requêtes aboutisse à un résultat composé d'informations très hétérogènes. Il arrivera que vous ayez en votre possession toutes les données répondant à votre requête, mais malheureusement leur visualisation sera partielle ou non-adaptée.

A quoi ressemblerait une visualisation non-adaptée ?
Sûrement à quelque chose comme ça:

disco (600)

On a vu mieux pour afficher un profil non? Mais voila cette page est bien plus riche que n'importe quel profil puisque ce sont des données brutes. De ce profil vous pouvez accéder à un événement, puis au lieu de cet événement, puis aux itinéraires pour ce rendre à ce lieu et ainsi de suite... Vous pouvez explorer des « objets » très différents qui font tous partie du web des données. Une personne, un événement, un lieu, un voyage: comment visualiser des informations si différentes? C'est la problématique à laquelle font face des projets comme tabulator (du MIT) ou disco qui se définissent comme des generic data browser ou hyperdata browser.

Ces projets sont certes très utiles aux ingénieurs informaticiens mais pour démocratiser l'exploration du web des données, il faudra un peu plus qu'une visualisation générique. C'est là que rentrent en jeux les « viewers »: des visualisations spécialisées exploitant des données externes. Ainsi les données peuvent être stockées n'importe où sur le web, un viewer est capable de les récupérer, de les analyser et d'en créer une visualisation. Ainsi, que cela soit sur votre ordinateur, ou délégué à un service dans le cloud, l'accès à l'information peut se faire en 2 étapes: tout d'abord trouver l'information sous forme de données brutes puis visualiser ces données de manière adaptée.

De nombreux viewer existent déjà mais faut-il encore pouvoir trouver le bon viewer pour le bon type de donnée.

dataviewer (600)

C'est à cette problématique qu'essaye de répondre le data viewer directory. Ce site est l'application technique de cette article de prospection. Son objectif premier est de valider la thèse qu'il existe déjà des viewers sur le web. Dans un deuxième temps ce site permettra de suivre le développement des viewers et de faciliter l'indépendance entre visualisations et sources de données.

De plus dataviewer.org propose plusieurs services: "view this" permet de visualiser une URL contenant des données. Cela peut être un profil, un document, un flux RSS ou un autre des 12 types de données supportées. "get viewers" est une API retournant une liste de viewers compatibles avec votre donnée: à vous de choisir celle que vous voulez. La procédure d'ajout de viewers n'est pas encore automatisé mais vous pouvez déjà proposer vos viewers et vos formats de données.

Pour l'instant le service « view this » ne prend pas encore en compte la nature du terminal demandant la visualisation. Mais le viewer SimpleReader Mobile est bien l'exemple que les viewers spécialisées par terminal existent. Comme nous le disions dans la première partie, les terminaux ont tendance à se multiplier: parfaitement logique quand on cherche à être toujours connecté, à vivre dans un monde où internet nous accompagne dans toutes les situations, dans tous nos déplacements (la vidéo de Microsoft est saisissante sur ce sujet).

minority-report-interface (600)

Les fans de SF sont ravis, la réinvention de l'interface homme machine est une tendance lourde. De l'iPhone, en passant par la table tactile, l'olograme ou encore les "minority report interface", on ne compte plus les expériences de visualisation / gestion de l'information. La navigation dans le web des données pourrait donc être bien plus graphique et bien plus fun qu'on aurait pu le penser. La raison est simple: les pages webs ne sont plus centrales pour lier les informations les unes aux autres, les données étant naturellement liées. Et en enlevant les contraintes de l'HTML pour présenter les données, nous pouvons nous mettre à rêver aux interfaces utilisateurs de demain... Problème à court terme: il est déjà couteux pour un site web d'être compatible entre Internet Explorer et Firefox, alors imaginez le casse tête quand il faut créer des visualisations pour toutes ces plateformes, toutes ces interfaces.

Tiens puisque qu'on parle de couts, retour à la réalité, essayons de parler un peu business. Même si le web 2.0 n'a pas encore tout montré en terme de monétisation, le web 3.0 devrait apporter son lot d'opportunités. Ainsi je pense qu'il sera intéressant d'observer l'apparition (ou non) de view providers, services traitant exclusivement des données externes, se concentrant dans la production et la distribution de visualisations.

data3.0_viewprovider (600)

_

Conclusion

Depuis toujours le web a eu pour vocation d'améliorer les communications entre humains et à faciliter la transmission du savoir. Depuis 1998, il est identifié que la prochaine évolution technologique du web sera le passage d'un web de documents liés vers un web de données liées. Depuis 2008, les technologies et les usages sont sorties du cadre purement académique et du monde de la recherche. Il y a quelques jours, le gouvernement anglais a mis en ligne un accès directe à des données brutes et leurs 5 millions de propriétés. Le web des données devient petit à petit une réalité.

Est-ce la naissance du web sémantique? Va-t-on vers la création d'une intelligence globale? Les machines vont-elles prendre le contrôle de nos vies? Un jour nous nous poserons peut être ces questions, mais soyons pragmatique, il ne faut pas louper cette opportunité et ignorer le progrès que représente le développement d'un web des données. Et dans ce web amélioré, c'est la visualisation de ces données qui permettra petit à petit de profiter de toute la richesse que le web a à nous offrir.

A propos de cet article

Certains auront remarqué que je joints à mes billets des perles issues du site pearltrees. C'est parfois pour retracer une chronologie d'événements, ou alors pour mettre en confrontation plusieurs point de vues. Et aussi pour faire un coup de pub pour ce produit pour lequel je travaille tous les jours (et parfois la nuit ;).

Cette fois ci le pearltree que je vous propose est un peu spéciale puisqu'il s'agit de la bibliographie complète de l'article (plus de 100 sources). Le pearltree « browsing the web of data » a été crée après la lecture de cette interview de Tim Berners Lee sur ReadWriteWeb il y a bientôt 4 mois. Au début il ne contenait qu'une perle, l'interview en elle même, et puis des articles sont apparus sur la visualisation de données, et les premiers viewers. Au fur et à mesure que mon analyse de la problématique s'affinait le pearltree changeait de nom, d'arborescence, de formes. Et plus je rajoutais des perles, plus je croisais d'autres utilisateurs de pearltrees ayant eux aussi des éditions sur le sujet ou des sujets voisins. Une expérience intéressante que je ne manquerais pas de reproduire !

Vous pouvez d'ailleurs retrouver toutes les perles de ReadWriteWeb sur le compte: http://www.pearltrees.com/rww/

_

_

[inline] [/inline] [inline] [/inline]]]>
http://fr.readwriteweb.com/2009/10/30/analyse/navigation-dans-web-des-donnes-partie-2/feed/ 5
Navigation dans le web des données (partie 1) http://fr.readwriteweb.com/2009/10/22/analyse/navigation-dans-web-des-donnes-partie-1/ http://fr.readwriteweb.com/2009/10/22/analyse/navigation-dans-web-des-donnes-partie-1/#comments Thu, 22 Oct 2009 15:15:42 +0000 Nicolas Cynober http://fr.readwriteweb.com/?p=6080

Que cela soit le web² de Tim O’Reilly ou le web sémantique de Tim Berners Lee, les spécialistes s'accordent aujourd'hui à dire que notre web de pages, se transforme petit à petit en web des données. Chaque personne, chaque objet, véhicule déjà dans son sillage des données, le web², tout comme le web sémantique, c'est la vision d'un web où, non pas les pages, mais directement les données sont connectées à l'échelle du web.

Même si nous avançons jour après jour vers ce fameux web des données, il existe encore de nombreuses zones d'ombres. Que cela soit la propriété privée, les droits d'auteurs, ou l'augmentation des débits sur les réseaux, de nombreuses questions se posent, ou devrais-je dire: « devront se poser un jour ». Car à l'heure actuelle le web² ou web des données est encore un doux rêve. Aujourd'hui je vous propose dans cet article de prospective de nous pencher sur une problématique bien plus pragmatique: comment naviguer dans un web de données?

Nous ne naviguons plus sur la même toile

Car il faut savoir d'où l'on vient pour comprendre ou l'on va: commençons par une petite rétrospective. Dans les premiers jours du web les pages et les données étaient plutôt copines puisqu’elles se confondaient. L’on développait directement des pages HTML, sans base de données. Très vite le divorce: les données sont enfermées dans des bases, et le rôle du HTML se retrouve limité à présenter ces données aux navigateurs webs. La valeur des sites web réside alors dans l’accumulation de données, soigneusement protégées et diffusées de manière très contrôlées, car bien souvent directement monétisées:

data1.0

Arrivée du web 2.0: 1er effet kisscool. Des millions, puis des centaines de millions, puis un milliard d’utilisateur produisent des données. Le marché est plutôt simple: les sites web permettent l’échange de données entre les internautes et en contrepartie les sites continuent de remplir leurs bases de données, augmentant ainsi leur valorisation. Finalement la relation entre données et pages webs reste quasiment inchangée : les utilisateurs créent des données pour un site, pour une base de données, et ces données sont ensuite affichées sur ce même site à travers ses pages webs. Tim O'Reilly déclara à l'époque: « les données sont l'Intel Inside du 2.0 » :

data2.0

Arrivée du web 3.0: 2ème effet kisscool. Les sites webs se sont rendus compte que leurs données avaient beaucoup plus de valeurs quand elles étaient associées avec celles du voisin. Vous connaissez les mashups? C’est peanuts à côté de ce qui nous attend avec le web des données. L’interconnexion de ces bases de données, précieusement gardées depuis la création du web, pourrait bien créer quelques changements. A cela s’ajoute notre milliard d’utilisateurs qui revendiquent la propriété et le contrôle des données qu’ils produisent, et vous obtenez quelque chose comme ça:

data3.0

La constante: dans cet environnement les pages web permettent toujours de visualiser les données. Petit changement: elles permettront bientôt de visualiser des données provenant d’autres sites ou directement des internautes. La valeur des sites web ne réside plus uniquement dans leur base de données mais aussi dans leur capacité à enrichir leurs données et à les visualiser.

La visualisation de données fait sa révolution

Le web², tout comme le web sémantique, c'est le passage d'un web de documents vers un web de données. Alors si aujourd'hui nous avons l'habitude de « lire des pages web », nous remplacerons peut être bientôt la même activité par un autre terme: celle de « visualiser des données ». Et il ne s'agit pas là de fournir des outils aux fans de chiffres et de statistiques, nous parlons ici de visualisations couvrant tout type de données. Que cela soit le profil d'une personne, le trajet d'un voyage, la consommation électrique de votre maison ou la localisation de votre voiture dans un parking, toutes ces données ont besoin de visualisations spécifiques.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

les données aujourd'hui

Cliquer ici pour voir la vidéo.

leurs visualisations dans quelques années

Comme nous l'avons vu dans la première partie de cet article, les données et leur visualisation vont devenir des éléments indépendants. Je vois à cela trois raisons principales. Tout d'abord la multiplication des terminaux: à partir de données identiques nous devons créer aujourd'hui des visualisations différentes (ordinateur, mobile, voiture, ...). D'autre part présenter des données de différentes manières permet de souligner des points particuliers ou de s'adresser à des publics différents. Et enfin car les données sont de moins en moins cloisonnées à un seul site web, LinkedData et APIs augmentent le besoin de visualiser les données brutes qui circulent partout sur le web. Nous assistons donc à la fois à une augmentation des contenus échangés mais aussi à une multiplication des moyens de les visualiser. Si le web 3.0 est le web des données il semble aussi nécessairement être celui de la visualisation de données.

local_data_visualization

La visualisation de données a beaucoup changé ces dernières années. Nous sommes passé d'une vision très Arty, ou il s'agissait de faire du beau avec des données, à une vision bien plus pragmatique, où il s'agit de révéler au maximum la richesse des données. Ainsi la visualisation de données est devenu un vrai facteur de différenciation pour les professionnels du contenu. Le New York Times, la BBC, ou USA Today ont développés des outils interactifs pour visualiser leurs données. Ces nouveaux besoins créent alors de nouveaux business. Un exemple avec rhiza qui propose de transformer les données du monde en connaissances.

Quand on se penche sur le processus de création de ces visualisations on s'aperçoit que beaucoup sont encore développées d'une façon très 1.0. C'est par exemple le cas du Federal IT Dashboard: il y présente ses propres données d'une manière très statique. Ensuite nous avons l'école 2.0 avec timetric, iCharts et swivel où la communauté importe ses données et crée les visualisations correspondantes. Et enfin on peut facilement imaginer ce que donnerait une visualisation de données 3.0: on trouverait des services de visualisation se basant sur des schémas de données ou des ontologies. Une visualisation devient alors compatible avec plusieurs datatsets et un dataset devient explorable à travers plusieurs visualisations.

remote_data_visualization

Les cas d'indépendance entre données et visualisations ne datent pas d'aujourd'hui. Depuis l'apparition des premières APIs, qui délivrent des données brutes, nous avons vu émerger de nouveaux types de visualisation. Le terme mashup était utilisé à l'époque pour la moindre intégration avec Google Maps. Aujourd'hui même la pizzeria du coin affiche ses coordonnées géographiques via Google Maps. Google Maps est ainsi devenu le premier service de visualisation de données géographiques.

Visualiser des données caractérisées par deux éléments: latitude et longitude, est relativement simple. Mais le web grandissant, et les besoins de visualisation étant de plus en plus précis, de nouveaux services de visualisations de données sont apparus. Ce qui est étonnant c'est de voir comment la création de ces outils de visualisation est crowndsourcé. Aujourd'hui il vous suffit de mettre en ligne vos données, comme le recommande Tim Berners Lee, pour voir apparaitre une multitude de visualisations qui répondent à des besoins différents.

La maigre mise en ligne de données gouvernementales aux US a produit des visualisations tout à fait spectaculaires. Devant le succès du concours Apps for America la sunlight foundation a décidé de lancer le deuxième volet: Apps for America 2, le retour. Ce sont donc plus de 80 services de visualisations différents qui ont été crée. Dans mes préférés l'on retrouve The Tetherless World qui après avoir traduit au format LinkedData la plus part des sources de données, propose quelques prototypes de visualisation très prometteurs. Il y a aussi This We Know qui a réalisé une interface très épurée. Et puis Budget, USASpendingWatch, govpulse. Une source de données, 80 visualisations différentes.

L'API twitter est elle aussi un bel exemple. On ne compte plus les différents moyens de visualiser, filtrer et compiler d'une mannière ou d'une autre les données provenant de cette API. Et c'est d'ailleurs la visualisation de ces données que pourrait bien monétiser Twitter dans les mois à venir.

Alors si des données donnent naissance à de multiples visualisations, on pourrait bientôt voir aussi des visualisations exploiter plusieurs sources de données.

lod_500x70

En effet ça se complique... ou tout du moins, nous avons à faire à un changement radical d'échelle. Si le LinkedData est un embryon du web des données, nous pouvons commencer à imaginer quels seront les besoins de demain en terme de visualisation de données. En plus de leur capacité à traiter des informations complexes, les services  de visualisation de demain seront capables de traiter une information provenant de sources différentes. Prenons l'exemple de 2 sites internet (A) et (B) partageant,  via de bonnes vieilles APIs, des données relativement semblables.  Dans le web d'aujourd'hui  les API (A) et (B) ne  structurent pas les données autour de standards. Imaginons que l'API (A) ai deux services de visualisations dédiés et l'API (B) ai également deux services: malgré des données semblables, les visualisations sont différentes. Dans le LinkedData, le fait de structurer les données autour de schémas permettra non seulement de mettre en commun ces visualisations mais aussi de faire des visualisations croisées. Dans notre exemple ce sera alors 4 visualisations qui seront disponibles pour les API (A) et (B) ainsi que la possibilité de créer des visualisations (A+B). Améliorer l'accès à l'information en multipliant les visualisations disponibles, vous pouvez voir  cela comme un autre bénéfice de la portabilité des données.

Dans le champ des technologies webs, le LinkedData est sans aucun doute l'expérience la plus passionnante de ces dernières années. Elle laisse entrevoir la renaissance de l'écosystème sur lequel sont construits les usages d'aujourd'hui. C'est pourquoi dans la deuxième partie de cet article, à venir la semaine prochaine, nous nous pencherons sur les problématiques que posent la navigation et la visualisation des données dans le LinkedData.

Pour les curieux, la bibliographie de l'article est disponible sous forme de pearltree. Vous y retrouverez 93 sources réparties dans des thématiques tel que l'art de la visualisation de données ou la visualisation de données externes.

[PARTIE 2]

[inline] [/inline] [inline] [/inline]]]>
http://fr.readwriteweb.com/2009/10/22/analyse/navigation-dans-web-des-donnes-partie-1/feed/ 22
Sports électroniques, le coup d’envoi est donné ! http://fr.readwriteweb.com/2009/10/08/divers/sports-lectroniques-coup-denvoie-est-donn/ http://fr.readwriteweb.com/2009/10/08/divers/sports-lectroniques-coup-denvoie-est-donn/#comments Thu, 08 Oct 2009 11:55:30 +0000 Nicolas Cynober http://fr.readwriteweb.com/?p=5814 jaedong

C’est bien connu : les jeux vidéos abrutissent la jeunesse, coupent du monde réel et créent des troubles psychologiques chez les ados. Certes c'est une dérive des jeux vidéos, un point de vu extrême sur le sujet, souvent relayé par les médias pour informer des parents désemparés. Mais il existe un autre point de vu, lui aussi extrême, qui soutient que les jeux vidéos feront partie intégrante des sports de demain: ce sont les sports électroniques (e-Sports).

Les sports électroniques sont aujourd'hui en tout point comparables aux sports plus traditionnels que nous connaissons tous. On y retrouve différentes disciplines qui se pratiquent par équipe ou de manière individuelle: Warcraft III produit des faces à faces épiques tandis que Counter-Strike demande une cohésion d'équipe sans failles. Chaque pays a sa discipline de prédilection : les américains sont redoutables dans les jeux de tir alors que les jeunes coréens ont des joueurs de Starcraft sur leurs paquets de céréale. Il existe des e-sportifs de tout niveau: des joueurs du dimanche, des amateurs passionnés, des joueurs semi-professionnels et enfin des joueurs vivant de leur passion. Les sports électroniques ont progressivement affiné leurs règles et structuré leurs fédérations de manière à montrer la voie aux joueurs voulant devenir pro. On retrouve ainsi des ligues nationales qui permettent aux meilleurs équipes ou joueurs d'accéder à des événements internationaux. Championnats du monde, jeux olympiques et autres tournois internationaux rassemblent les meilleurs joueurs (et joueuses) du monde entier pour s'affronter. Aux derniers World Cyber Games pas moins de 70 pays étaient représentés. Et comme pour les sports traditionnels, ces événements, massivement suivis, attirent les annonceurs: la CPL (Cyberathlete Professional League) a ainsi distribué près de 3 millions de dollar de prix depuis sa création.

Les annonceurs et les sponsors investissent dans des clubs qui ont maintenant les moyens de rémunérer les joueurs. On assiste aux premières négociations de contrats et aux premiers transferts. Toutes les équipes professionnelles ont un ou plusieurs coachs, et même parfois des préparateurs physiques ou mentales. Et devinez quoi, certains joueurs vont jusqu’à avoir des fans clubs (celui de SlayerS_BoxerS, surnommé "l'Empereur" compterait plus de 600.000 membres). Ce dernier, au sommet de sa gloire, gagnait plus de $300.000 par ans. Riche, célèbre et respecté des autres joueurs, à la manière d'un grand maître d'échec, il aura inventé pendant sa carrière de nombreuses "ouvertures" dans le jeu de stratégie Starcraft (ex.). Dans les stars du moment on citera le hollandais Manuel "Grubby" Schenkhuizen (orc à Warcraft III), le polonais Filip "Neo" Kubski (la gâchette la plus rapide de Counter Strike) et le coréen Lee Jae Dong (zerg invincible à Starcraft).

e-Sport en France [inline] [/inline]

Les sports électroniques sont donc aujourd'hui une réalité. Et même si ils ne sont véritablement populaires que dans un nombre limité de pays, leur développement est porté par la démocratisation de l'informatique et l'augmentation des débits. Comme le montre le contenu de la perle ci-contre l'écosystème de l'e-sport en France se structure lui aussi, reste à changer les mentalités. Au moment où la Corée investit près de 3 milliards de dollars dans un stade dédié aux sports électroniques, il serait temps de valoriser nos jeunes joueurs au lieu de diaboliser leur passion.

]]>
http://fr.readwriteweb.com/2009/10/08/divers/sports-lectroniques-coup-denvoie-est-donn/feed/ 13
Twine, une rentrée difficile http://fr.readwriteweb.com/2009/09/23/divers/twine-une-rentre-difficile/ http://fr.readwriteweb.com/2009/09/23/divers/twine-une-rentre-difficile/#comments Wed, 23 Sep 2009 08:43:00 +0000 Nicolas Cynober http://fr.readwriteweb.com/?p=5501

Pour ceux qui ne connaissent pas ce service, Twine est la startup la plus hype du web sémantique avec 4 années de recherche et développement dans les domaines de la gestion de données et l'intelligence artificiel. Mais Twine c'est avant tout un CEO: Nova Spivack. Entrepreneur web expérimenté, il fut l'un des pionnier du web en créant en 1994 la première agence web au monde: EarthWeb. Son introduction en bourse en 1998 fut la première IPO dans l’histoire d’internet pour une entreprise B-to-B. Lors de la première cotation elle fut aussi la 6ème plus grosse croissance de l’histoire du NASDAQ (+247%).

Twine: la petite histoire [inline] [/inline] [inline] [/inline]

Autant dire que le nouveau projet de Nova Spivack, anciennement radar networks, puis Twine, était très attendu et est toujours suivi de près.

Suivi de très près même... En cette rentrée des classes 2009, Twine a ainsi été obligé de justifier les chiffres alarmant de compete.com :

twine1y_600

Une baisse qui serait en réalité de 25% explique Spivack et majoritairement lié à des problèmes de référencement Google. Mais Greg Boutin, qui avait ouvert le débat, n'y croit pas. En réalité la critique n'était pas tant sur les chiffres mais plutôt sur l'apparente fragilité de la communauté de Twine. Une chute de 80% remet en question le produit en lui même et la réaction ne s'est pas faite attendre: présentation en urgence de la v2 de Twine.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Plus d'une année après sa sortie Twine semble annoncer un changement radical: création d'un moteur de recherche, editeur d'ontologies et API sont au programme. Mais cela suffira-t-il? Cette v2 annoncée pour noël semble être la dernière chance pour Twine de devenir le succès que tous espéraient.

Twine n'est plus  le seul sur le marché de l'organisation de contenus et en donnant moins d'importance au social cette v2 le rapprocherait très près d'OpenCalais. D'un point de vue technologique on regrette cette ouverture tardive sur le web des données, et pourtant évangélisée depuis tant d'années par Nova. D'un point de vue business, des doutes subsistent quand à sa capacité à monétiser son API et séduire les annonceurs.  Mais le plus alarmant pour un réseau social c'est que les fans de la première heure semblent s'être lassés, la communauté du web sémantique a détaché ses yeux du hype pour s'intéresser au LinkedData et à l'ouverture des données gouvernementales.

Une rentrée difficile...

]]>
http://fr.readwriteweb.com/2009/09/23/divers/twine-une-rentre-difficile/feed/ 9
Le RSS est mort, vive le RSS http://fr.readwriteweb.com/2009/09/14/analyse/rss-estil-mort/ http://fr.readwriteweb.com/2009/09/14/analyse/rss-estil-mort/#comments Mon, 14 Sep 2009 07:27:07 +0000 Nicolas Cynober http://fr.readwriteweb.com/?p=5162

Le web est une technologie sociale dont l’une des premières applications a été l’information. Les flux RSS et leurs readers se sont imposés comme des outils incontournables pour les internautes avertis. Aujourd’hui, les temps semblent changer. Le besoin d’infomation ne se dément pas mais on constate une désaffection des lecteurs de flux RSS au profit de services sociaux comme Twitter et Facebook qui permettent de recommander et de se faire recommander des liens à lire, à voir. Dans ce contexte, certains prophétisent déjà la mort du RSS. Peut-on les croire ?

Le RDF Site Summary (RSS) est un format standard crée en 1999 pour partager les dernières news d'un site web. Qui dit standard, dit compatibilité, dit adoption par un écosystème, et c'est ainsi que la majeure partie des sites récents publient aujourd'hui des flux RSS. Des flux qui seront bientôt aussi vifs que Twitter grâce au RSSCloud. Dire que RSS est mort n'est pas vraiment le sujet. On ne tue pas une technologie. Regardez l'API Twitter, vous pouvez récupérer l'actualité de vos comptes dans la techno de votre choix (JSON, XML ou RSS). Twitter n'a pas tué le RSS, bien au contraire, il l'utilise massivement.

L'usage du RSS a permis d'accéder plus rapidement à l'information, de mieux la diffuser et de mieux la consommer. Le français Netvibes ayant été un des précurseurs dans l'agrégation de flux RSS. Le sujet ici n'est pas dans la technologie mais dans son usage, car c'est bel et bien un nouvel usage qui est apparu.

Ce qu'on observe depuis quelques temps c'est un changement dans la manière dont sont crée ces flux d'actualité. Ce qui se passe en réalité c'est que Facebook et Twitter ont démocratisé la création de flux RSS. Le récent succès des URLs shortners est l'un des meilleurs exemples de ce nouvel usage. On voit aujourd'hui les influenceurs y comparer leurs taux de click tandis que les outils de statistiques se multiplient. Ce ne sont donc plus les sites webs, mais les internautes eux-mêmes, qui diffusent l'actualité en temps réel. Le RT étant le moyen le plus simple pour faire passer une actualité d'un flux à un autre. La révolution Twitter n'est finalement pas dans sa faculté à créer des discussions, elles y sont pénibles à suivre et limitées par le format, mais plutôt d'avoir permis aux internautes d'organiser eux même la promotion des actualités sur le web.

RSS is dead ?

Le RSS n’est pas mort ! Même si, comme le montre la perle ci-contre, les penseurs du web sont partagés sur le sujet, je reste convaincu qu’il s’agit plutôt d'une renaissance ! Et si la diffusion de l'actualité est profondément transformée, il en reste néanmoins fondamentale qu'elle s'appuie sur des technologies standardisées, dont le RSS fait partie.

[inline] [/inline] [inline] [/inline]

]]>
http://fr.readwriteweb.com/2009/09/14/analyse/rss-estil-mort/feed/ 14