ReadWriteWeb French edition » Une http://fr.readwriteweb.com Libertés numériques, innovations disruptives, et trucs digitaux en tout genre Tue, 07 Feb 2012 23:21:47 +0000 en hourly 1 ReadWriteWeb met fin à ses éditions Européennes :-( http://fr.readwriteweb.com/2011/03/17/a-la-une/readwriteweb-met-fin-ses-ditions-europennes/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/17/a-la-une/readwriteweb-met-fin-ses-ditions-europennes/#comments Thu, 17 Mar 2011 07:35:55 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12406

Des explications contradictoires et sommaires, et une absence totale de communication : dans des emails adressés aux éditions Françaises et Espagnoles de ReadWriteWeb, la maison mère annonce en quelques lignes sa volonté de mettre fin à son expérience Européenne.

“Pas de modèle économique”. Une explication étonnante dans la mesure où elle suivait une proposition détaillée faite par l’édition Française de mettre le turbo sur les traductions et les contenus en embauchant une équipe en Tunisie, et de monétiser les contenus par de la publicité, en visant le cap du million de visiteurs uniques, indispensable pour commencer à financer ainsi un site d’information. Une explication d’autant plus surprenante que l’édition Espagnole, elle, monétise ses contenus, et que plusieurs annonceurs se sont récemment signalés à l’édition américaine avec des propositions généreuses destinées à devenir annonceurs auprès d’un public européen.

Même réponse négative faite à la demande d’une licence pour lancer ReadWriteWeb en langue arabe, justifiée d’une façon tout aussi maladroite : le blog techno se concentrerait en se moment sur sa marque, quitte à la suicider en France et en Afrique francophone où elle s’est établie comme une référence au fil des années.

La participation active de l’édition Française et de plusieurs de ses auteurs à la révolution Tunisienne n’est pas forcément étrangère a cette soudaine décision. Les informations sur le coté obscur de l’univers de la high tech recueillies à l’occasion sont, il faut le reconnaître, quelque peu incompatibles à une monétisation par de la publicité, tant bon nombre de grands annonceurs sont concernés, aussi bien Français qu’Américains.

Pas de garanties apportées pour autant à la préservation des contenus accumulés depuis trois ans sur l’édition francophone de ReadWriteWeb, au contraire. Le système fonctionne sur une technologie WordPress hébergé par nos soins, est totalement distinct de son grand frère américain, qui utilise MovableType. Malgré des demandes répétés ces trois dernières années, il ne m’a jamais été autorisé de passer les contenus de RWW France en Creative Commons, et juridiquement, ils leur appartiennent. Le DG américain, dans un mail parvenu cette nuit, nous affirme ne pas avoir la volonté de maintenir le blog. Le 22 avril, selon les termes du contrat de licence qui me lie à ReadWriteWeb US, ce blog sera mis hors ligne.

Pas de craintes pour autant à avoir sur une véritable censure, au pire, cela nous vaudra les honneurs d’un mirroring de masse qui placera les archives de l’édition Française aux cotés de celles de Wikileaks. Datalove.

L’édition Espagnole, qui ne fait pas, elle, dans le militantisme, a eu la possibilité d’opérer un rebranding qui lui permettra de continuer avec ses archives sous une autre marque, mais pour ce qui est de l’édition Française, le ton est plus sévère : le site, son nom de domaine, son compte Twitter ainsi que sa page Facebook doivent être remis à la maison mère dans le délais réglementaires prévus par le contrat de licence. Dans quelques semaines, ReadWriteWeb en Français ne sera plus.

Qu’il s’agisse d’une tentative de censure opérée par un gros annonceur de la version US, ou par une approche de mystérieux investisseurs souhaitant rentrer au capital de la maison mère sous certaines conditions, ou bien encore que nous ayons à faire en réalité à la décision business la plus stupide du moment dans le monde des média 2.0, les conséquences seront les mêmes.

Vous retrouverez les différents rédacteurs qui se sont illustrés depuis trois ans chez nous dans différents blogs – certains publient dors et déjà chez Techcrunch – et je tiens à l’occasion à les remercier de leurs efforts et de la confiance qu’ils m’ont accordé durant toutes ces années.

Quant à moi, je m’apprête à rejoindre d’autres aventures, de l’autre coté de la Méditerranée, où il ne sera plus désormais question de combattre mais de construire. A 40 ans, il est temps de passer à autre chose. A l’instar de MAM, remerciée brutalement elle aussi, j’écrirais probablement ‘un livre ou deux’, et j’irai publier chez mes petits camarades ce que vous auriez pu lire ici, une stratégie dite ‘du coucou’, inventée par Enikao. Ce n’est pas un mal, finalement, tant les sujets et les informations amassées ces derniers temps vont bien au delà du seul secteur high tech.

Les temps qui viennent en France sont terrifiants pour internet et les libertés numériques. Du point de vue des lois qui s’y appliquent, nous ne sommes plus, sur l’internet Français, dans une démocratie. Les dérives à venir qui vont s’y dérouler, en terme d’infowar notamment, rabbatrons le caquet de tous ceux qui se sont foutus de la gueule de la iRiposte de Benjamin Lancard.

Avec quelques gus dans un garage, nous avons réussi a sensibiliser pas mal de monde à ce problème, mais force est de reconnaître que nous avons, au mieux, mis des bâtons dans les roues d’un char d’assaut qui écrase toutes les velléités de liberté sur internet, et veut le civiliser comme il a colonisé hier ceux qu’il qualifiait de sauvages.

Un autre monde est possible, mais en France, ça va prendre du temps. Une fois de plus, le pays va prendre un retard considérable en matière de numérique, au point que sa place dans le monde de demain est désormais totalement compromise, mais ça, même sans comprendre quoi que ce soit à la neutralité du net ou aux enjeux sociétaux d’Hadopi et de Loppsi, vous avez du vous en apercevoir.

Fabrice Epelboin (Facebook, Twitter)
ex directeur de publication de ReadWriteWeb France

ce billet est en Creative Commons CC-by

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Les Anonymous publient des emails révélant une fraude de grande ampleur chez Bank Of America http://fr.readwriteweb.com/2011/03/14/a-la-une/les-anonymous-publient-des-documents-censs-montrer-limplication-de-bank-america-dans-une-fraude-de-grande-ampleur/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/14/a-la-une/les-anonymous-publient-des-documents-censs-montrer-limplication-de-bank-america-dans-une-fraude-de-grande-ampleur/#comments Mon, 14 Mar 2011 14:20:43 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12395

A 00h00 lundi, heure de New York, le groupe Anonymous a fait fuiter une première série de documents – des archives d’emails – censés prouver l’implication active de Bank Of America dans une fraude de grande ampleur. Le site sur lequel ces informations ont été mis à disposition du public est difficilement accessible mais des opérations de mirroring ont rapidement eu lieu afin de parer à toute tentative de censure.

Les conversations que l’on découvre à travers les emails rendus public font apparaître des tentatives de dissimulation d’une vaste fraude à l’assurance crédit, et laissent penser que la catastrophe des subprimes était parfaitement anticipée bien avant qu’elle n’éclate, avec pour seule préoccupation, du coté de la banque et de l’assureur qui s’occupait des assurances liés aux emprunts, de dissimuler ce qui pourrait par la suite les incriminer.

Fail

La fuite viendrait de l’intérieur, comme pour les cables diplomatiques américains, qui aurait fourni à Anonymous une série d’emails echangés entre les membres de la direction de Bank Of America, prouvant, selon lui, l’implication de l’assureur Balboa, racheté depuis par BOA, dans une fraude de grande ampleur sur les assurances liées aux crédits.

L’employé responsable de la fuite, dans ses échange avec Anonymous, souhaite encourager ses collègues à faire de même : “une fois que les autres employés auront réalisé que c’est faisable, vous n’aurez pas seulement une hache pour décapiter une tête, mais 1000 haches pour vous débarrasser de toutes les têtes”.

Le fait de passer par les Anonymous plutôt que de publier ces données sur un site comme Wikileaks est une évolution intéressante de la synergie Wikileaks / Anonymous et les armes choisies par ces derniers pour lutter contre ceux qui combattent la liberté d’expression et justifient la censure de l’internet. Plus mature qu’un DDoS, la stratégie ‘à la Wikileaks’ des Anonymous semble ancrer le concept Wikileaks dans une pratique hacktiviste et ne plus le limiter aux seuls sites de publication qui fleurissent ça et là en ce moment.

Il sera très difficile, pour ne pas dire impossible, de stopper Anonymous sur ce genre d’opérations, tout comme il s’est avéré vain de stopper les pratiques d’une génération habituée à télécharger ses mp3 gratuitement. La boite de Pandore de la surveillance et de la censure est désormais grande ouverte.

Consequences will never be the same

L’analyse de ces documents risque de prendre beaucoup de temps, et il ne faut pas s’attendre à des conséquence concrètes avant un moment. On peut s’attendre, par contre, à une multiplication de ce genre d’opération. Vous pensiez que votre admin réseau était un employé sous payé et inoffensif ?

Think again.

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Cyber censure : la France entre dans le rouge, la Tunisie sort du noir http://fr.readwriteweb.com/2011/03/12/a-la-une/cyber-censure-france-entre-dans-rouge-tunisie-sort-du-noir/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/12/a-la-une/cyber-censure-france-entre-dans-rouge-tunisie-sort-du-noir/#comments Sat, 12 Mar 2011 14:25:12 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12371

La soirée de Reporters Sans Frontières destinée à lutter contre la cyber censure a mis l’ONG qui lutte pour la liberté d’expression, et avec elle une bonne partie de la profession, dans une position très claire. La France, grâce à Hadopi et Loppsi, fait une entrée remarquée dans la liste rouge des pays sous surveillance, la Tunisie, elle, tire sa révérence de façon magistrale. Elle disparaît de la liste des pays ennemis de l’Internet, et Nawaat, le site symbole de la résistance au régime de Ben Ali, repart avec le prix décerné chaque année par RSF à l’occasion.

L’inversion des pôles

Cette theorie qui se discute à la terrasse des cafés à Tunis, veut que l’avenir qui se dessine voit s’installer des ‘démocraties éclairées’ au nord et des ‘démocraties 2.0’ dans le sud. Si RSF est un thermomètre, alors il nous en a signalé hier un signe avant coureur fort.

A l’heure où la France ou l’Italie se font peur à l’idée que quelques milliers de Tunisiens ou de Libyens ne débarquent sur leurs côtes, la Tunisie, elle, accueille bras ouverts près de cent milles réfugiés à sa frontière Est. Toutes proportions gardées, c’est comme si un demi million de Belges, brusquement frappés par une guerre civile, se massaient à nos frontières, et que la France entière remplissait sa voiture de vivres et de couvertures pour se précipiter à la frontière et venir en aide.

Ce dernier épisode en date illustre l’apparition d’une conscience aigue de la solidarité comme mission citoyenne et d’une prise de conscience, portée par l’élan de la révolution, que chacun peut (et doit) contribuer à faire changer les choses.

Il illustre également l’inversion des pôles, au point de voir les Tunisiens s’accaparer une slogan politico-publicitaire aujourd’hui piétiné par ses créateurs : ‘Ensemble tout devient possible’, y compris faire face avec dignité à une catastrophe humanitaire majeure.

La carte projetée durant la cérémonie de remise de prix qui a récompensé l’équipe de Nawaat faisait apparaitre le pays de Voltaire en rouge, isolé au sein d’un continent Européen encore vierge de tout abus significatif vis à vis de la liberté sur internet. La tension est palpable dans la salle où a lieu la remise des prix et où se presse le gratin du journalisme Français, venu saluer le triomphe de Nawaat, un site ayant pris une part centrale lors de la première révolution du XXIe siècle, et huer Bernard Kouchner venu faire un discours.

Il semble que la profession réalise enfin qu’il se passe quelque chose de grâve, et que c’est sur internet que cela se joue. Pas sur l’internet média, ni l’internet outil, mais dans la civilisation de l’internet, celle qui a fait de l’internet son OS, et qui s’oppose violemment à l’internet civilisé que cherche à imposer le gouvernement Français.

Avec une population âgée, la France peut jouer la montre face aux changements systémiques en cours, et s’offrir un répis à travers la surveillance, la désinformation et la censure. La Tunisie, dont la population est bien plus jeune et tout aussi éduquée, a elle basculé dans le monde d’après.

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Telecomix invité par RSF à Genève : les hackers de l’humanitaire http://fr.readwriteweb.com/2011/03/09/a-la-une/telecomix-invit-par-rsf-genve-les-hackers-de-lhumanitaire/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/09/a-la-une/telecomix-invit-par-rsf-genve-les-hackers-de-lhumanitaire/#comments Wed, 09 Mar 2011 08:39:16 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12322

Humanitaire, c’est un bon terme pour qualifier l’action de Telecomix en Tunisie, en Egypte, en Libye et ailleurs. C’est probablement l’une des raison qui a poussé Reporter Sans Frontière à inviter deux agents de Telecomix, Chrisk et Fo0, à Genève, le 12 mars prochain, à l’occasion de la journée mondiale contre la cyber censure, afin qu’ils expliquent en détail à un parterre d’ONGs la façon dont Telecomix a porté assistance aux révolutions en cours en Afrique du nord et ailleurs.

Bienvenue au club de l’humanitaire, en quelque sorte.

L’année dernière, nous avions eu l’honneur de tisser des ponts entre le bureau internet de RSF Paris et Xerobank, une organisation issue de Hacktivismo, acteur historique du hacking militant. Cela a permit la mise en place de l’abri anti censure aujourd’hui en service au siège de RSF. Cette année, c’est à l’initiative de Stephane Koch que se tient ce premier workshop, et comptez sur notre capacité de lobbying pour que ce ne soit pas le dernier /-)

Nous l’avions déjà évoqué ici, Telecomix se trouve derrière des opérations comme le rétablissement d’une connectivité internet pour l’Egypte (avec la FDN) quand Mubarak avait décrété un blackout, l’exfiltration de vidéos de Tunisie quand Ben Ali a bloqué leur transfert sur Facebook, le mirroring massif de Wikileaks quand le gouvernement américain a tenté de le censurer, ou bien encore de la mise à disposition de technologies de cryptage, d’anonymisation ou de contournement de la censure destinées aux cyberdissidents. La liste, bien plus longue encore, ressemble à un inventaire à la Prévert d’un hacking éthique et militant, qu’on peut désormais qualifier d’humanitaire.

L’aspect humanitaire est certain, bien plus interventionniste que ne l’aurait jamais imaginé Kouchner 1.0, mais néanmoins évident.

Knowledge sharing

Telecomix animera à Genève un workshop, à destination des ONG, dont le but est de leur transmettre les connaissance essentielles et de les sensibiliser à la gestion de nouveaux risques liés à l’utilisation des NTIC (anonymat des communications, sécurité de l’information, protection des sources), mais également d’expliquer la façon dont Telecomix a utilisé les réseaux sociaux lors des révolutions.

A travers ce workshop qui durera une journée, la matinée étant consacré à une approche théorique, Telecomix tentera de répondre a une série de question essentielles :

  • Quels sont les moyens d’interception ou d’écoute des régimes autoritaires ou des dictatures ?
  • Quelles sont les traces – exploitables – que l’on laisse quand on utilise ces outils et technologies ?
  • Comment contourner la censure ?
  • Comment protéger ses données et ses sources ?
  • Comment sécuriser ses échanges (emails, messages, utilisation du Web) ?
  • Quelle démarche et quel comportement adopter quand on se rend dans un pays étranger ?

Des connaissances essentielles pour tout travailleur du secteur humanitaire, mais pas que.

Et en bonus track, un reportage de la Télévision Suisse Romande sur Telecomix avec Chrisk en guest star.

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La France attaquée par les CyberChinois : mais que fait la CyberPolice ? http://fr.readwriteweb.com/2011/03/08/a-la-une/france-attaque-par-les-cyberchinois-mais-fait-cyberpolice/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/08/a-la-une/france-attaque-par-les-cyberchinois-mais-fait-cyberpolice/#comments Tue, 08 Mar 2011 07:30:20 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12293

Bercy subit une attaque informatique et c’est le buzz. Plus de 400 articles dans Google News, contenant 3 versions des faits, égrenés au fil des heures par les services de l’Etat. Les informations révélées au compte goutte et contredites aussitôt en ce qui concerne une attaque de l’Elysée, la presse s’affole, mettant en scène ministres effarés, députés opportunistes, mais surtout, un nouvel entrant dans le jeu médiatique : Patrick Pailloux, le patron de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), la cyberpolice Française fraîchement crée.

Intox ? Info ?

Commençons par l’ami Manach, qui explique cela de façon limpide.

Cette coincidence heureuse de dates qu’évoque Manach est également soulevée par Olivier Tesquier dans Owni.

Les propos tenus (toujours sur Owni) par un professionnel reconnu et respecté de la sécurité informatique évoquent un “altermondialisme numérique”, en ligne avec l’analyse que nous en faisions hier, contredisent totalement ceux du patron de la cyberpolice Française qui affirme, méprisant, que cela n’a pas été fait par “3 pc dans un garage”.

Revoilà les trois gus dans un garage

Un groupe que l’on pourrait qualifier d’alter-numériques a tout de même réussi à rétablir des connexions internet avec l’Egypte suite au blackout imposé par Moubarak, à créer des passerelles pour exfiltrer des vidéos de Tunisie, d’Egypte ou de Libye, ou a développé des solutions pour échapper à toute surveillance sur le web… Certes, le groupe en question ne ferait jamais d’intrusions informatiques de ce genre, ce serait aller à l’encontre de leurs principes fondateurs, mais ils démontrent tout de même que la vision des 3 gus dans un garage est un tantinet… dépassée.

De toutes évidences, des ‘organisations’ de cyber-activistes sont en mesure de réaliser des tâches incroyablement complexes.

D’ailleurs, cet élément de language, popularisé par Christine Albanel, et piqué au monde des startups, était destiné à minimiser l’adversaire. Il a été imaginé par des gens pour qui internet ne pouvait s’aborder que par sa dimension économique, les startups, pas par sa dimension sociale, comme les hackers, les netocrates, ou les Anonymous.

Eat your own dogfood ? Pas une bonne idée quand on produit de la propagande. Par ailleurs, il serait temps de réaliser que les hackers ne fonctionnent pas du tout sur le modèle des startups. (leur mode d’approche du travail en commun est riche d’enseignements, et, au vu des performances, il mérite que l’on s’y attarde).

Les Anonymous sont l’arbre qui masque la forêt. Il existe une multitude de groupes de hackers, pour la plupart très discrets. Certains font ça pour de l’argent, d’autres pour le sport, certains sont à cheval sur les deux, beaucoup sont activistes, et les valeurs qui rassemblent la plupart d’entre eux sont celles que piétine l’Etat Français. Hadopi, Loppsi, cybersurveillance, et sous peu censure, la France a tout fait pour s’attirer les foudres des activistes de la planète entière.

L’élite hacker, longtemps dubitative face aux Anonymous, leur reprochant le coté aggresif et/ou illégal du DDoS, est bien obligée de reconnaître qu’ils ont leur place dans les changements en cours. Beaucoup sont tentés d’apporter aide et assistance.

C’est les niakoué, mon général !

La version officielle pointe discrètement du doigt une puissance étrangère, la Chine, connue pour être remplie de hackers, qui n’hésitent pas à attaquer Google. Peu crédible, selon Eric Filiol, l’un des plus grands experts Français du sujet.

Autre élément troublant : pourquoi la presse ne s’est-elle pas enflammée de la sorte que nous révélions, début septembre 2010, que de tels raids informatiques destinés à voler des données sensibles avaient eu lieu au ministère des finances, au secrétariat d’Etat à la prospective et au numérique, au ministère de l’agriculture, ou bien encore à Matignon. Des informations aujourd’hui niés par l’ANSSI, mais à l’époque, les services de l’Etat s’était contentés d’accuser reception auprès des hackers ayant dévoilé les trous de sécurité, et de corriger les failles critiques. (nde: c’est une pratique courante chez les hackers de prévenir de façon confidentielle d’une faille de sécurité, avant de le faire de façon publique si la faille n’est pas corrigée au bout d’un certain temps)

Les Chinois ont bon dos, et comme souvent quand il s’agit d’internet, la presse passe totalement à coté du sujet. Pourquoi tout ce barouf pour quelque chose qui existe depuis belle lurette ? Qu’y avait-il de si différent en septembre pour qu’une cyber-attaque de plus grande envergure encore, ne provoque pas le moindre entrefilet dans la presse ?

La réponse est très simple : en septembre dernier, la plupart des Français n’avaient jamais entendu parler de Wikileaks, des cables diplomatiques, des révolutions Facebook, ou des Anonymous. Bien sûr, si vous lisez ReadWriteWeb régulièrement, vous connaissiez tout cela depuis belle lurette, mais madame Michu, elle, a découvert tout cela il y a très peu de temps.

Pour les Etats, la nature du risque a changé. Les méchants Chinois ont toujours été là, et pour ce genre de cyber-attaques, la France n’a rien à apprendre de la Chine, Wikileaks nous l’a appris. Ce qui a changé, c’est qu’un risque supplémentaire est apparu, un risque qui a déjà fait tomber plusieurs chefs d’Etats : la population.

Vite, votons des crédits pour la cyberpolice. Renforçons la censure. Les Chinois sont à nos portes. Ayez peur.

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Tout savoir sur SXSW en direct du festival: Rendez-vous à 20h du 11 au 14 mars sur Ustream. http://fr.readwriteweb.com/2011/03/08/a-la-une/tout-savoir-sur-sxsw-en-direct-du-festival-rendezvous-20h-du-11-14-mars-sur-ustream/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/08/a-la-une/tout-savoir-sur-sxsw-en-direct-du-festival-rendezvous-20h-du-11-14-mars-sur-ustream/#comments Tue, 08 Mar 2011 07:23:40 +0000 Axelle Tessandier http://fr.readwriteweb.com/?p=12301

Le festival de tous les excès, de toutes les fêtes, aux centaines de panels… j’ai un peu tout entendu pour essayer de définir ce qu’était le festival SXSW qui en l’espace de quelques jours voit plus de 14 000 participants se réunir à Austin. Le festival se divise en trois parties: Music, Film, et Interactive. A chacun son univers, quand vous ne décidez pas de profiter des trois dimensions à l’aide du fameux “Platinium or Gold badge”.


Free video chat by Ustream

Celui qui concentre toute l’attention de la Silicon Valley et autres acteurs de la révolution digitale est bien entendu “SXSW Interactive”. Comment vous dire, on a un peu l’impression de partir au Festival de Cannes de la tech: il y a les légendes plus ou moins urbaines qui entourent l’événement. Oui Foursquare et Twitter ont connu la gloire pour la première fois là-bas, c’est ici que tout a commencé pour eux (après neuf mois de dur labeur en réalité pour Twitter).
A cela s’ajoute l’ambiance “dingue”, “électrique”… Il faudrait avoir des clones pour pouvoir assister à tout ce qui déroule pendant le festival… les guides officiels et non-officiels vous donnent le tournis… sans compter le nombre de fêtes des grands noms ou de startups qui jouent leur place au soleil de l’innovation. On en oublierai presque que des panels nombreux avec des intervenants de qualité sont aussi présents pour couvrir les domaines les plus variés de l’univers numérique. Des personnes telles que Clay Shirky, Guy Kawasaki, les équipes de Twitter bien sûr… toutes ces personnes qui pensent et imaginent le monde de demain aujourd’hui sont donc présents.

Le Festival de Cannes du geek vous-dis-je.

San Francisco se vide donc considérablement pendant ces quelques jours, laissant ceux pour qui SXSW est “une énorme fête” se mélanger avec ceux qui y vont le coeur serré pour reproduire “l’histoire”. C’est cette tension nuancée d’envie de se retrouver pour imaginer, fêter ce monde de l’interactivité auquel chacun participe à son échelle qui je crois éveille le plus ma curiosité. J’imagine que des produits ou projets se créent entre deux conversations, deux couloirs ou deux soirées, que la stimulation y est permanente et les rencontres passionnantes, que ce grand écart entre cette machinerie mise en route et les enjeux individuels doit être assez génial à voir. Si en plus, on peut y participer…

C’est pour cela que je suis ravie d’avoir l’opportunité grâce au Social Média Club qui sera encore présent au festival cette année d’essayer de vous faire vivre le plus possible ce festival de l’intérieur. Chaque jour du vendredi 11 mars au lundi 14 mars, je serai sur Ustream à 20 heures, heure de Paris, pour un récapitulatif quotidien en français des dernières nouvelles, de mes impressions et échanges avec les invités (internationaux) pendant le livestream pour vous transmettre ce qui fait la particularité de ce rendez-vous annuel, qui est devenu un “must” pour tous les acteurs du monde numérique, en espérant peut-être vous donner envie de vous y rendre l’année prochaine.

Si l’innovation et l’un de ses festivals les plus surprenants vous intéressent, retrouvez donc le festival et moi-même tous les jours ici.

Axelle Tessandier
@axelletess

Pour me poser des questions pendant le direct: @axelletess et “#SMCH6”

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AmnDawla en France ? Prémices d’une révolution Française 2.0 http://fr.readwriteweb.com/2011/03/07/a-la-une/amndawla-en-france-prmices-dune-rvolution-franaise-20/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/07/a-la-une/amndawla-en-france-prmices-dune-rvolution-franaise-20/#comments Mon, 07 Mar 2011 11:30:21 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12281

Le “Bastille Day” Egyptien, tel que l’a qualifié SandMonkey, célèbre bloggeur Egyptien, est sans nul doute à ce jour l’opération d’hactivisme la plus spectaculaire jamais menée. Une utilisation conjointe et synergique de méthodes d’action ‘old school’ combinées à l’utilisation d’une multitude d’outils internet, reprenant à la fois les concepts de l’opération LeakSpin des Anonymous, de l’esprit Wikileaks et d’une ‘Egyptian touch’ unique : synchronisation d’actions via les outils sociaux, combinaison IRL/online, et opération de mobilisation de grande ampleur.

Mais la France, ex patrie des droits de l’Homme, dont on se demande si elle aura une place, demain dans le concert des nations, pourrait bien se relever des abysses dans lesquelles l’ont entraînée ses dirigeants, à travers une opération similaire d’Open Data radical : la mise à disposition du public d’une quantité pharaonique de données gouvernementales.

Un peu de mise en contexte

L’opération a débutée, en pratique, il y a déjà un certain temps. Nous annoncions dans nos colonnes, le 11 septembre dernier, quelques semaines avant le CableGate de Wikileaks et quelques mois avant le début de la révolution Tunisienne, qu’une quarantaine de site gouvernementaux dont ceux de six ministères avaient fait l’objet d’intrusions informatiques plus ou moins sévères, certains ministères s’étant fait dérober une large part de leur ‘patrimoine informationnel’.

Parmi les ministères ainsi dépouillés, celui de l’intérieur, de l’Agriculture, du premier ministre, et de l’Economie Numérique. Désormais, avec Bercy, il semblerait que la collection soit presque complète.

Avant toute choses, il convient de rappeler quelques éléments de mise en contexte.

Ces attaques ne sont pas le fait d’une organisation ou d’un grand plan. Le propre de ce à quoi font face les dictatures et les ploutocraties du monde entier est justement de n’être pas organisé au sens traditionnel du terme, je vous renvoi à ce billet pour mieux comprendre cet aspect fondamental des choses.

Ces attaques – ou tout du moins leur révélation faite au grand public par le biais de sites comme RWW – font suite à la révélation, début septembre, via une fuite de documents issus de Bruxelles et publiés par Marc Rees de PCinpact – figure historique de la lutte anti Hadopi – d’un plan datant de 2007, fomenté entre l’Elysée et les majors du disque, et destiné à filtrer, surveiller et censurer l’internet Français, façon Ben Ali. Ammar404 en VF.

Ensuite, il est indispensable de comprendre le type de données informatiques qui représente le saint Graal du vilain pirate qui attaque ainsi de pauvres ministères sans défense.

L’Agriculture, c’est le nerf de l’Europe, et le poids (pour ne pas dire l’influence) de la France dans les affaires Européennes pourrait être anéanti en cas de révélations embarrassantes. Or durant la courte période où la France a assuré la présidence de l’Europe, on a vu les lobbies du disque s’y renforcer. La France s’est toujours opposée à l’Europe en matière de respect des libertés liées à internet, tous ceux qui ont suivit l’affaire Hadopi savent à quel point la bataille qui s’est joué autour d’Hadopi a vu l’Europe se révéler comme le dernier rempart des libertés numérique, et cette bataille n’est pas finie. Mettre fin à l’influence de la France sur les institutions Européennes apparaît désormais comme une mission salvatrice.

Le ministère de l’intérieur, c’est l’Elysée. Ces deux organisations sont tellement fusionelles qu’attaquer l’un ou l’autre revient au même. Les archives dérobées pourraient contenir la préparation de la campagne de Nicolas Sarkozy, à l’époque où ce dernier occupait la place Beauvau, en compagnie de celui qui était à l’époque son chef de campagne et le patron du plus gros cabinet de lobbying Français, Frédéric Lefebvre. Mettre à jour ces documents permettrait de révéler ce que tout le monde sait déjà : la France est dirigée par les lobbies. Avec un peu de chance, on pourrait même apprendre combien ça leur coute d’écrire eux même une loi.

Si vous avez cinq minutes, cette vidéo – non censurée pour le moment – est assez parlante.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Le secrétariat d’Etat au numérique, c’est juste pour le LULZ. Peu de chance de trouver quoi que ce soit d’utile dans ses archives, mais sait-on jamais.

Le premier ministre, c’est pour le principe, il est évident qu’il doit y avoir dans les tonnes de documents qui pourraient contenir des choses instructives.

Plus récemment, Bercy, c’est carrément le saint Graal. C’est là, selon de multiples sources, que s’est rédigé une large partie du rapport gouvernemental sur la net neutralité, un copier coller grossier d’arguments issus des lobbies. Bercy, cela ne fait aucun doute aux yeux des anti Hadopi, est le véritable lieu de la gouvernance du numérique en France, ou tout du moins du bras armé numérique du gouvernement Français : Orange. Or Orange est désormais sous le feu nourri des hactivistes Français et Tunisiens. Ce Elf 2.0 de la Françafrique Sarkozienne, et avec lui son cortège d’intégrateurs, de prestataires obscurs de solutions de sécurité, de surveillance, de fichage des individus, de censure et de fichage, est le summum de l’internet civilisé, grand rêve du gouvernement actuel, dont la Tunisie était encore il y a peu un showroom pour les dictateurs d’Afrique de l’Ouest, dans lesquelles Orange est très présent, et un laboratoire de R&D géant, afin d’affiner la mission civilisatrice des gouvernants sur leur propres peuples par le biais d’internet.

Les hacktivistes pourraient bien, en faisant tomber Orange, faire tomber la politique numérique de la France, à l’international comme sur le territoire Français, et mettre fin aussi bien à un vaste programme de surveillance de la population Française qu’à la fourniture d’armes numérique à des dictatures Africaines. Une mission salvatrice, qui pourrait bien redorer le blason de la France à l’Etranger et lui faire renouer avec une tradition oublié de promotion des droits de l’Hommes.

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http://fr.readwriteweb.com/2011/03/07/a-la-une/amndawla-en-france-prmices-dune-rvolution-franaise-20/feed/ 49
Bastille Day à #AmnDawla en Egypte : la révolution par l’open data radical http://fr.readwriteweb.com/2011/03/06/a-la-une/bastille-day-amndawla-en-egypte-rvolution-par-lopen-data-radical/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/06/a-la-une/bastille-day-amndawla-en-egypte-rvolution-par-lopen-data-radical/#comments Sun, 06 Mar 2011 02:26:39 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12254

Vendredi dernier, des milliers de manifestants ont fait irruption au quartier général de la police secrete (markaz amn eddawla) Alexandrie, au Caire, ainsi que dans six autres villes, paralysant le fonctionnement du service et saisissant une vaste quantité d’archives.

L’opération, organisée sur Facebook, a ensuite fait appel à une multitude de services web 2.0 d’auto publication.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Wikileaks, dont rien de permet de dire qu’il est à l’origine de l’affaire, apporte son soutien. Il a annoncé que le dossier de Khaled Said a été trouvé, ainsi que des documents révélant l’outsourcing de la torture par la CIA et la Suède en Egypte, et des fichiers numériques circulent déjà. Un compte Flickr – une propriété de Yahoo! – a déjà publié une série de scans.

Twitter est enthousiaste, et parfois s’interroge, comme pour cette cassette VHS, censé contenir les ébats sexuels d’une princesse de la famille royale Koweitienne avec un homme d’affaires égyptien, dans un hôtel en Alexandrie, le 05/10/2002…

Plus sérieusement, c’est la mise à jour d’un pan majeur de la géopolitique du monde qui se retrouve mise en ligne à la vue de tous. Encore un secret qui disparait, avec un mode opératoire très Egyptien. Connus pour être extrêmement créatifs dans leurs opérations d’activismes qui combinent IRL (‘in real life’) et online, le “Bastille Day” Egyptien rapelle les ‘freeze’ synchronisées de la première commémoration de l’assassinat de Khaled Said.

La mise en ligne sur Flickr de scans des documents relève du bras de fer politique. Yahoo! censurera-t-il le compte ? Résistera-t-il à la pression du gouvernement américain qui va voir son image sérieusement se ternir dans les semaines à venir ? D’autres scans apparaissent sur Prosperous, et gageons que sous peu, c’est tout le web 2.0 qui en sera envahit. Tout se passe comme si chacun repartait avec son lot de documents à scanner et à mettre en ligne, avec comme seul mot d’ordre un tag : #amndawla

La plus grande opération de crowdsourcing de la planète sera-t-elle une révolution 2.0 ?

Bien sûr, que Flickr censure ou pas ne changera rien, mais la mise en ligne de ces documents en licence Creative Commons, autorisant le remix, la réutilisation, et l’usage commercial (spécial dédicace à Jean-Marc Ayrault), est sans nul doute une étape politique majeure pour l’Open Data, un poil radical, ceci dit.

Robert Gates, le secrétaire d’Etat à la Défense Américain a été dépêché sur place en urgence, nul doute que la réaction des USA fera ou affaiblira la position des USA dans le monde de demain.

History is being made.

Cliquer ici pour voir la vidéo.


vidéo tournée par @moftasa

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http://fr.readwriteweb.com/2011/03/06/a-la-une/bastille-day-amndawla-en-egypte-rvolution-par-lopen-data-radical/feed/ 12
France 2 vs. Anonymous (MAJ) http://fr.readwriteweb.com/2011/03/05/a-la-une/france-2-anonymous/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/05/a-la-une/france-2-anonymous/#comments Sat, 05 Mar 2011 10:00:04 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12212

Je ne regarde presque plus la télévision, mais en début de semaine, quand le programme de Complément d’Enquête annonçait un spécial Transparence et Wikileaks, j’ai fait un effort.

Le programme m’a donné l’impression d’une opération d’intox ratée, bien moins efficace que l’époque ou Envoyé Spécial tentait de persuader les parents que leur chères têtes blondes trouvaient de l’extasy sur Facebook facilement. Un discours aujourd’hui repris par Kadhafi, qui tente, lui, de persuader son peuple qu’on sert des acides aux enfants au petit déjeuner.

La télévision. Quel média fantastique. Dire qu’il fut une époque ou ça marchait. De nos jours, tout le monde sait qu’on utilise Facebook pour des motifs bien plus sérieux, comme se libérer d’une propagande d’Etat, ou organiser la lutte contre un tyran.

Là, Complément d’Enquête a fait dans le Fail. Assange est un parano soupçonné de viol qui se déguise en femme, les Anonymous sont des black hats, voleur de cartes de crédit et activistes demeurés. Dangereux qui plus est : ils sont en possession de la documentation interne du plus grand marchand d’arme Français (un clin d’oeil à certains qui se reconnaîtrons dans un reportage qui a 97,8% de chances d’être bidonné). FUD FUD, FAP FAP. Dieu merci, une loi sous peu interdira de publier de tels documents (le hasard parlementaire et médiatique fait bien les choses). Tremblez en paix, Français, les lois sécuritaires de l’internet vont vous mettre à l’abri de ces criminels.

Les invités étaient remarquables. Du blogueur Tunisien, expliquant calmement au sujet d’Assange qu’un brin de parano ne nuit pas à la survie en environnement hostile, laissant le journaliste Français, confortablement installé dans un fauteuil depuis trop longtemps, esquisser une grimace gênée, ou un Henri Guaino hypernerveux, bafouillant ses arguments et lâchant des éléments de langage comme du name dropping, qui tente d’expliquer maladroitement en quoi Michèle Aliot Marie aurait été victime d’une atteinte à sa vie privée du fait de cette transparence… qui dérange…

C’était médiocre par rapport aux chefs d’oeuvres de la propagande Sarkozyste, comme le célèbre reportage sur Facebook en 2008, qui avait valu à France 2 une levée de bouclier des powers bloggeurs Français, traités avec le plus grand mépris par France Télévision. C’était il y a plus de deux ans. Depuis, la plupart d’entre eux ont renoncé à infléchir la “ligne éditoriale” de la télévision d’Etat.

Mais cette fois ci, ce ne sont pas les powers blogueurs qui demandent à la propagande d’Etat de baisser d’un ton, ce sont les Anonymous. Et de la même façon qu’un adulte se fait éclater par un ado dans un jeu vidéo, il n’est pas interdit de penser que les Anonymous réussissent là ou l’alliance de tous les “influents” de la bloggosphère a échoué : mettre un terme à la propagande produite quotidiennement par certains média.

Problème : il s’agit tout de même d’un média, et on ne DDoS pas un média. Le communiqué des Anonymous ne fait d’ailleurs pas de menaces, il invite les millions de Français qui sont derrière la fracture numérique à se renseigner par eux même, soulignant que, curieusement, France 2 n’a nullement fait mention des messages de paix et de justice répétés des Anonymous, et de leurs engagements aux cotés des peuples Tunsiens, Egyptiens, Lybiens, etc, etc, etc.

La plupart des journalistes ont jusqu’ici traité avec mépris les Anonymous, même s’il y a des exceptions notables, et il semblerait qu’en poussant le bouchon de la propagande un peu plus loin encore, la machine médiatique Française ait franchi une ligne jaune.

Heureusement le gouvernement français nous sous-estime.
Heureusement tous les journalistes ne sont pas à la botte des gouvernants.
Heureusement la nouvelle génération possède dans ses mains des outils qui lui permettent de ne pas être dépendante de l’information d’état.
Anonymous est né d’internet,
Internet est incontrôlable,
Anonymous est incontrôlable,
Nous sommes dans l’ère de l’information,
Nous sommes une génération que vous ne pouvez aisément manipuler et cela vous dérange,
Nous sommes Anonymous,
Nous sommes Légion,
Nous n’oublions pas,
Nous ne pardonnons pas,
Redoutez-nous.

(extrait du communiqué d’Anonymous au sujet de l’émission de France 2)

A lire également : Les Anonymous, première forme d’intelligence collective ?

MISE A JOUR DIMANCHE 0:30

Les Anonymous diffusent ce clip sous forme de droit de réponse

Cliquer ici pour voir la vidéo.


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http://fr.readwriteweb.com/2011/03/05/a-la-une/france-2-anonymous/feed/ 29
Une clef pour comprendre les évènements de Tunisie http://fr.readwriteweb.com/2011/03/01/a-la-une/une-clef-comprendre-les-vnements-de-tunisie/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/01/a-la-une/une-clef-comprendre-les-vnements-de-tunisie/#comments Tue, 01 Mar 2011 07:25:52 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=12189

Pierre Bellanger fut tour à tour un pionnier des radios Libres avec Skyrock au début des années 80 puis à nouveau pionnier des média sociaux avec les Skyblogs, l’un des plus importants média sociaux en langue française après Facebook, qui, au même titre que Facebook, a joué un rôle clé dans la révolution Tunisienne. Discret jusqu’ici sur le rôle joué par Skyrock dans les événements récents en Tunisie (tout en nous fournissant de précieuses informations), il nous livre aujourd’hui son analyse du rôle joué par le couple formé par sa radio, qui fut l’une des premières a expérimenter la libre antenne où les auditeurs participent aux contenus, couplée à l’une des plus importantes plateformes sociales francophones, dont l’activité a littéralement explosé à l’occasion de la révolution Tunisienne.

Le rôle clef de la France dans la révolution tunisienne n’a pas été vu. Il a été masqué par polémiques sur notre diplomatie et par la seule invocation des réseaux sociaux américains.

Chaque jour, pourtant, la nouvelle génération française démontre par Internet aux jeunesses francophones de par le monde que la liberté, le succès, la reconnaissance appartiennent à tous, quelles que soient ses origines, quels que soient les obstacles, et qu’il n’y a pas de fatalité. En direct à la radio – transmise par Internet ou échangée par cassettes – par millions de témoignages sur les blogs, l’expression libre sur la sexualité, les joies, les rires, les soucis, les sentiments, les injustices, le bonheur se font entendre partout. Certains, ici, n’y ont vu que trivialité et vulgarité ; là-bas, c’est en texte et en son, le goût de la liberté.

Les nouvelles générations des deux rives de la Méditerranée ont fusionné voici déjà quelques années pour ne former qu’un seul et même réseau culturel et électronique d’expériences et de sons partagés. La ressemblance générationnelle, identitaire, a propagé, par-dessus les frontières, une expérience démocratique unique. Ce vibrant réseau de jeunes anonymes partageant leurs existences est resté sous le radar. Il a fallu les évènements récents de Tunisie pour en révéler la magnitude.

Cet écosystème souterrain de blogs, de profils, de micro-messages, de musique, de radios, de séries télés, de vidéos, de photos transitant par Internet et téléphones mobiles bruit à l’unisson. Française, algérienne, marocaine ou tunisienne, la nouvelle génération kiffe les mêmes sons de rap et rnb, regarde les mêmes séries, les mêmes matches, écoute sur le web, la libre antenne de Difool et se retrouve sur des dizaines de millions de blogs publiés en français.

Et que disent-ils ? Pas de discours, pas de politique, pas de théorie, mais une immense envie de liberté, de reconnaissance, de s’en sortir, d’avoir son mot à dire sur sa propre vie et de ne laisser personne décider à sa place.

Méprisée souvent en France, discriminée, humiliée, la culture de la nouvelle génération et sa libre expression radio et Internet ont été au Sud, un moteur à suivre, un objectif : être libre. Même si des deux côtés, sans illusion, on partageait des frustrations semblables, des destins bloqués et le chômage.

La connexité du réseau a fondé une nouvelle génération consciente d’elle-même et informée en temps réel. La mixité des origines et des expériences échangées a instauré l’uniculture ouverte et mondialisée de la nouvelle génération francophone. C’est celle-là qui s’est embrasée l’occasion venue en Tunisie ; pour s’étendre ensuite, puisque soudain l’impensable devenait possible. Et chaque fois les écosystèmes électroniques se mettent en mouvement.

Sans nul doute, la nouvelle génération française a contribué à faire tomber le premier domino de ce printemps arabe. Et voici, en retour, que nous revient cette formidable entrée dans la politique d’une jeunesse qu’on disait désintéressée de la chose publique et qui a fait tomber en quelques semaines deux dictateurs.
Qu’en ferons-nous ? Laisserons-nous encore, ici, en France, la nouvelle génération sur le côté, déclassée et ignorée ? N’y a-t-il pas là un vide politique majeur ? Vide comme la place Tahir. Qui, un jour, fut noire de monde.

Pierre Bellanger
Fondateur et Président de Skyrock

(Cet article est sous licence CC-by-nc, illustration CC-by de jeepnovak2)

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http://fr.readwriteweb.com/2011/03/01/a-la-une/une-clef-comprendre-les-vnements-de-tunisie/feed/ 35
Secretementvotre, opération séduction secrète avec son entourage http://fr.readwriteweb.com/2011/02/25/a-la-une/secretementvotre-opration-sduction-secrte-avec-son-entourage/ http://fr.readwriteweb.com/2011/02/25/a-la-une/secretementvotre-opration-sduction-secrte-avec-son-entourage/#comments Fri, 25 Feb 2011 07:11:15 +0000 Xavier Vespa http://fr.readwriteweb.com/?p=12155

Sur le marché des rencontres en ligne, tous les sites vous proposent de vous mettre en relation avec des gens que l’on ne connait pas: soit on fait son choix parmi une vaste sélection de profils, soit des amis nous recommandent à leurs amis (social dating), et il y a souvent au centre de tous ces réseaux un système de matching pour augmenter les chances de faire de bonnes rencontres. Ce que ces sites négligent totalement, c’est la mise en relation de deux personnes qui se connaissent déjà.

Il semblerait même que la tâche soit plus ardue dans ca cas de figure, car un refus d’intimité réciproque risque fortement d’altérer la relation entre deux personnes qui se connaissaient déjà. Faire le premier pas quand il s’agit d’une personne de notre entourage, c’est pas si facile tout le temps. Si ce cas de figure vous parle, que vous connaissez justement quelqu’un que vous aimeriez bien fréquenté dans un cadre plus personnel/intime, j’ai un secret pour vous aujourd”hui: Secretementvotre. Secretementvotre est le premier jeu de séduction en ligne qui vous permet de faire savoir aux personnes qui vous intéressent… qu’elles vous intéressent. Le tout sans aucun risque de casse en cas de rateau. Voici son fonctionnement:

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Disons que vous êtes un homme, et que vous travaillez dans un bureau où une jolie jeune demoiselle qui vous donne le béguin travaille aussi.

Cependant, vos échanges se déroulent toujours dans un cadre très professionnel, et jamais il ne vous est donné l’occasion d’aborder des sujets plus personnels. D’ailleurs, vous n’êtes même pas sûr que vos sentiments pour cette jeune fille soit réciproques. Du coup, vous vous dîtes qu’à moins d’un miracle il ne pourra jamais rien se passer.

C’est dans ce contexte d’incertitude amoureuse que Secretementvotre entre en scène. Si vous désirez vraiment entrer en contact avec cette jeune fille, Secretementvotre propose un dispositif original pour rompre la glace en douceur: A partir du site, une fois inscrit, vous pourrez envoyer anonymement un message alertant la jeune fille qu’une personne s’intéresse à elle et aimerait bien la rencontrer. L’envoi peut se faire via email, lettre postale (payant), et depuis peu via Twitter. La lettre contient un message expliquant la situation, suivi de deux mots-clés que vous aurez préalablement associé à votre demande anonyme, comme par exemple « séminaire » et « Maroc ». Ces mots-clés ont pour objectif de frapper l’esprit de la personne qui reçoit la lettre, et lui faire comprendre qu’il ne s’agit pas d’une offre commerciale déguisée. La jeune fille, intriguée par cette déclaration anonyme, provenant de toute évidence d’une personne de son entourage, a l’option de se rendre sur le site de Secretementvotre pour découvrir plus d’indices que vous aurez laissé au préalable.

Une messagerie anonyme lui permet au bout d’un certain temps de vous envoyer des messages, et vous d’y répondre, toujours sous le couvert de l’anonymat. Si la jeune fille souhaite aller plus loin, alors il lui suffit de procéder à la même démarche que vous avez suivi pour rentrer en contact, cad vous envoyer une demande de rencontre anonyme, et la réciprocité des demandes entraîne ainsi la levée de l’anonymat.

Pour garantir une bonne ambiance sur le site, Secretementvotre a pris plusieurs initiatives de sécurité: encryptage des données de contact, limitation du nombre de messages pouvant être envoyé par personne et par jour, et blocage des messages pouvant contenir des insultes. En d’autres termes, tenue correcte exigée! L’élément clé de Secretementvotre, et qui le différencie à d’autres sites de rencontres, c’est que les rencontres concernent des personnes qui, techniquement, se fréquentent déjà, ce qui est un facteur clé de la mise en confiance.

D’ailleurs, si les interactions avec une personne sont limitées pour éviter tout débordement, il vous est cependant possible d’envoyer des invitations à toutes les personnes de votre entourage qui vous intéressent. Secretementvotre a designé une interface utilisateur qui vous permett de suivre l’évolution de toutes vos demandes de rencontres dans un feed à la Facebook. Celui-ci affiche les personnes qui se sont rendues sur Secretementvotre suite à votre invitation, si elles l’ont qualifié d’un smiley, si ces personnes ont consulté les indices que vous avez laissé sur le site, et tout message échangé entre vous et d’autres personnes.

Bref, l’expérience ne tient pas juste à l’envoi d’un email anonyme en one shot, mais elle peut s’étendre à un vrai jeu de masques en groupe. Toutes les configurations sont à prévoir: Vous aimez une personne, vous lui envoyer une demande de rencontre via Secretementvotre, vous échangez quelque messages anonymement, puis une fois que la personne pense savoir qui vous êtes et souhaite lever l’anonymat, vous n’avez plus de nouvelles de sa part. Ceci s’explique par le fait que pour lever l’anonymat, cette personne à envoyer une demande de rencontre à la personne avec laquelle elle pensait converser, ce qui veut dire pas vous. Résultat: Vous vous êtes pris un rateau, mais en tout anonymat (bogoss), mais par contre à cause de vous, la personne que vous aimiez a fait le premier pas sans le savoir vers ce crétin de Gérard sur lequel elle flashe depuis toujours (fail).

Une autre utilisation, très pernicieuse celle-ci, mais qui démontre bien tout le potentiel de Secretementvotre: Utiliser le service pour piéger votre compagnon de vie. Par exemple, on envoie une demande de rencontre à sa copine en se faisant passer pour un autre mec, et si la copine commence à flirter avec son interlocuteur anonyme, vous lui sautez dessus preuve à l’appui.

Plus d’infos sur Secretementvotre.

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http://fr.readwriteweb.com/2011/02/25/a-la-une/secretementvotre-opration-sduction-secrte-avec-son-entourage/feed/ 15
Les RH vont-elle révolutionner l’entreprise en s’appuyant sur les réseaux sociaux ? http://fr.readwriteweb.com/2011/02/22/a-la-une/les-rh-sontelles-en-passe-de-changer-monde-des-entreprises-en-sappuyant-sur-les-rseaux-sociaux/ http://fr.readwriteweb.com/2011/02/22/a-la-une/les-rh-sontelles-en-passe-de-changer-monde-des-entreprises-en-sappuyant-sur-les-rseaux-sociaux/#comments Tue, 22 Feb 2011 07:44:02 +0000 Frédéric Bascuñana http://fr.readwriteweb.com/?p=12109

En 1998, à peine sorti d’HEC, Frédéric créait JobSésame, racheté par Monster dont il pris en charge le développement Européen jusqu’en 2005, date à laquelle il fonda Webcastory, une plateforme de SocialTV qui a lancé avec succès plusieurs webTVs dont les contenus sont conçus par les communauté qui les animent. La dernière née, HRchannel, revient sur l’expertise qui a fait le premier succès de ce sérial entrepreneur : l’impact des nouvelles technologies sur la fonction RH des entreprises, mais cette fois-ci, il va bien plus loin que le recrutement en ligne des années 90. [full disclosure: Webcastory est un partenaire de ReadWriteWeb]

Ne nous voilons pas la face : en dépit de discours lénifiants et politiquement corrects qui soulignent si ardemment le contraire, il est incontestable que les RH ont encore beaucoup de mal à peser dans les décisions de l’entreprise – tout au plus doivent-elles les appliquer en prise direct avec l’exécutif et sa vision stratégique long terme. La littérature mondiale abonde en propos insinuant la frustration et le malaise dans ces fonctions qui voudraient être, et mériteraient d’être plus entendues.

Non pas qu’il faille se complaire dans la vision navrante d’un tableau tout en noir : les nuances de gris d’une société à l’autre sont d’une rare complexité et il faut se garder de tomber dans l’écueil d’une généralisation racoleuse.

Mais si les RH avaient un rôle décisionnel incontestablement puissant, et solidement ancré, cela se saurait. Il n’existerait pas autant de conférences, de séminaires, de keynotes plus ou moins bien documentés ces derniers temps pour nous faire régulièrement entendre la complainte de DRH en quête d’une légitimité, jusqu’ici proche de l’illusoire, en passe de devenir tangible grâce à l’émergence des outils qu’on l’on regroupe par abus langagier sous le vocable de « 2.0″.

Comme si le 2.0 cristallisait tous les espoirs de reconnaissance d’une profession qui identifie là un argument massue pour être enfin entendue.
Parce que malgré les freins en présence, les résistances exprimées en interne avec plus ou moins de bonne foi, il se produit en ce moment ce qu’il est de bon ton dans les salons B2B mondains d’appeler un « changement de paradigme »…

Oui, le 2.0 joue là un rôle moteur. Les usages, pas les outils. Attention, ceci est un autre débat mais il a un impact sur la légitimité du postulat. Car il ne s’agit pas d’un coup de baguette magique provoqué par quelques plateformes géniales : ce sont ces plateformes d’un nouvel âge qui se sont mises au service d’un besoin qui s’est parfois exprimé dans la douleur, pas l’inverse : elles n’ont rien provoqué, ce ne sont que des porte-voix – et c’est pourtant déjà beaucoup.

Les usages ainsi pointés sont déjà considérés comme une donnée élémentaire pour définir l’activité et les attentes des jeunes générations chez qui tout indique qu’ils soient plus naturels, et de ce fait moteurs dans le changement ; mais qui contrairement à une idée reçue qui a la peau dure, ces usages explosent peut-être plus encore fortement chez les cadres seniors qui trouvent là une zone de liberté et surtout de reconnaissance dont ils désespéraient jusqu’ici – ce qui expliquent qu’ils s’en soient emparés avec peut-être plus encore d’espoir (ou d’énergie du désespoir) et de volontarisme que les jeunes de la fameuse génération Y qui tient ces outils pour acquis.

Rencontrons nous pour en parler

Il s’agit donc, à l’occasion de quelques plateaux TV (en mode talkshow, sur un ton amical et entre pairs, mais qui ne craindront pas la polémique et refuseront toute langue de bois), et d’une rencontre informelle dans le contexte d’une journée que nous avons baptisée « lounge TV », parce qu’un espace lounge annexe permettra aux visiteurs d’échanger sur des thèmes plus sensibles dans le contexte informel d’un open space, il s’agit donc disais-je de confronter nos visions.

Ces visions feront-elles de nous de simples passionnés pêchant peut-être par idéalisme, ou au contraire vont-elles nous positionner parmi les réalistes, ceux qui ont compris avant les autres ?
Le goût des ressources humaines nous prédispose-t-il à une vision du monde si sincèrement humaniste qu’elle en perd toute prise avec le cynisme ambiant ? Ou au contraire les RH sont-ils acculés à être autant sinon plus fatalistes que ne le sont leurs élistes dirigeantes, forcément tournées, l’inquiétude en plus, vers des problématiques de survie dans un environnement mondialisé qui les contraint à faire fi de considérations humanistes aujourd’hui plus sensibles que jamais sur des thèmes aussi variés que la gestion des risques pshysociologiques, la responsabilité sociale, l’égalité des chances, la diversité, l’exigence de transparence et j’en passe tant d’autres encore ?

Il y sera question donc, ce jour-là, de poser les jalons en termes de questionnements utiles sur l’avenir des RH qui disposent aujourd’hui d’une arme puissante : le 2.0 – qui n’est pas juste un package bien outillé en gadjets interactifs, mais une déferlante et, à ce titre, une fatalité qu’il faut prendre en compte pour ne pas perdre la confiance des collaborateurs dont les attentes ne sont pas forcément plus fortes qu’elles ne l’ont été naguère : elles sont juste incomparablement plus audibles et impossible à ignorer.
Rien de grand ne s’est jamais négocié en ce bas monde sans chantage : le 2.0 est plus puissant qu’un chantage, c’est aussi un prétexte que les plus éclairés des managers sauront actionner au sein des gourvernances pour faire entendre raison aux plus rétifs.

« Si vous ne prêtez pas attention à cette exigence de transparence, votre capital confiance va s’écrouler ». « Vous y perdrez beaucoup si vous ne commencez pas à embrasser de suite les conversations qui sont portées par vos collaborateurs, tant en interne qu’en externe le plus souvent sous couvert d’anonymat ». VOilà ce qu’on pourraient aisément les entendre s’écrier.

De tels propos sont impossibles à ignorer. Parce qu’ils ont un impact inconstable sur la réputation de ces entreprises sur le public, parce qu’ils ont un impact sur la création de valeur. Les dirigeants commencent alors à le saisir sous l’impulsion de crises grandissantes, et parce qu’ils sentent balancer au-dessus de leurs têtes une épée de Damoclès dont il ne parviennent pas encore pleinement à saisir les implications et la réalité : plus ou moins confusément, plus ou moins habilement, ils ont donc décidé d’écouter ces visions RH d’un âge nouveau.
A nous maintenant de contribuer. Saurons-nous porter là un message salutaire ?

A n’en point douter : si tant est qu’il existe un lieu où puissent être corrigés, même tout doucement, et même imperceptiblement, les excès du capitalisme et ses dommages collatéraux humains, c’est bien sous l’égide d’un soft power 2.0. Si tant est que nous devions modestement contribuer à changer le monde des entreprises, et peut-être le monde tout court, ce sera dans l’effervescence intellectuelle et sociale que les médias sociaux rendent plus perceptibles que jamais et dont ils étendent et amplifient l’influence.

La question est de savoir si nous saurons être collectivement à la hauteur : structurer nos propres conversations et notre écosystème professionnel, pour donner plus de poids à nos arguments.

Je vous propose une première journée de rencontres en compagnie des professionnels de l’écosystème RH, le 17 mars prochain, dans le but assumé de structurer un discours et un appel communs.

(image d’illustration CC de xdjio)

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http://fr.readwriteweb.com/2011/02/22/a-la-une/les-rh-sontelles-en-passe-de-changer-monde-des-entreprises-en-sappuyant-sur-les-rseaux-sociaux/feed/ 12
StartupWeekend Tunis : du 25 au 27 février, l’écosystème web Tunisien à la Une http://fr.readwriteweb.com/2011/02/21/a-la-une/startupweekend-tunis-du-25-27-fvrier-lcosystme-web-tunisien-une/ http://fr.readwriteweb.com/2011/02/21/a-la-une/startupweekend-tunis-du-25-27-fvrier-lcosystme-web-tunisien-une/#comments Mon, 21 Feb 2011 07:59:00 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12124

Le week end prochain aura lieu à l’école d’ingénieur ESPRIT de Tunis le premier Startup Weekend de Tunisie. Le principe est le même que pour les autres startups week end à travers le monde : créer, en un week end, une dizaine de startups.

100 participants vont, à partir d’une idée, se réunir en équipe pour créer de toutes pièces en 54 heures une startup qui sera ensuite soumise à l’appréciation d’un jury composé d’experts, d’investisseurs et de partenaires potentiels. Les meilleurs projets seront mis en avant et récompensés.

Une compétition pour entrepreneurs en herbe

La compétition – car c’est bien de cela qu’il s’agit – est ouverte à tous et réunit étudiants, développeurs, designers graphiques, spécialistes des interfaces utilisateurs, pros du marketing, juristes, entrepreneurs ou simples passionnés.

Dès vendredi soir, les candidats pourront présenter leur projets et former des équipes autour des idées ayants rassemblé suffisamment de bonne volontés.

Après un week end que l’on devine intensif, tous sortiront de l’aventure avec non seulement l’expérience d’une aventure assez unique, mais également l’appartenance à un gigantesque réseau international fédéré par les StartupWeekend. Un réseau animé aux quatre coins du monde et qui compte une multitude de ressources indispensables à tout porteur de projet.

C’est grâce à de telles initiatives, ainsi qu’à d’autres formes innovantes de soutien à l’innovation ‘grassroot’ comme LaCantine ou LeCamping, qu’en France, où le pouvoir est ouvertement en guerre contre internet et les startups, on assiste aujourd’hui à un véritable renouveau de l’économie numérique.

Objectif : booster l’économie numérique Tunisienne

L’objectif de ce startup Weekend très particulier est vaste. Outre un coup de pouce à l’économie numérique locale, il est symbolique d’une réelle volonté de la part de la communauté IT internationale d’afficher un soutien sans faille à la Tunisie démocratique (cette communauté ayant toujours du mal à se définir à l’intérieur de frontières, un notion assez exogène à internet).

C’est aussi pour ReadWriteWeb, qui participera à l’événement (en observateur et en coach, hein, on ne va rien coder), de mettre pied en Tunisie dans le but avoué d’y installer une base permanente et de prendre part au renouveau de l’économie numérique locale.

Les compétences IT en Tunisie sont nombreuses, c’est le moins que l’on puisse dire, et une écrasante partie de la population est pleinenement consciente de l’apport qu’auront les technologies internet pour le renouvellement du pays, que ce soit sur le plan social, démocratique ou économique. A ce titre, la Tunisie a beaucoup à montrer aux autres pays comme la France où internet est l’objet de crispations générationnelles qui enferment un peu plus chaque jour l’ex pays des droits de l’homme dans un conflit intérieur stérile et dévastateur, tant pour son unité que son économie.

A Tunis, rien de tout cela. La moyenne d’âge de la population règle une large partie du problème et les récents événements ont convaincu les anciens (du moins ceux qui ne l’étaient pas déjà) que l’internet est porteur d’espoir pour l’avenir.

Pour suivre les évènements, abonnez vous au compte Twitter SWTunis et rendez vous sur la page Facebook de l’évènement ainsi que sur le site web dédié.

Bonus track : les incontournables clips de promo (les Tunisiens étants connus pour un usage intensif de la vidéo, qu’il s’agisse de protester ou de faire la promotion de quelque chose, le StartupWeekend ne pouvait faire exception)

(il y en a aussi une ici, il serait temps de passer à YouTube afin de permettre d’utiliser les widgets vidéo, maintenant que YouTube n’est plus censuré, au passage)

Ce startup Weekend est sponsorisé par l’école EspritMicrosoft TunisieDialogosPFLS Consulting et PFLSBullTuninvest, l’APIMonadize, et Tunisiana.

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http://fr.readwriteweb.com/2011/02/21/a-la-une/startupweekend-tunis-du-25-27-fvrier-lcosystme-web-tunisien-une/feed/ 9
Souriez, vous êtes identifié http://fr.readwriteweb.com/2011/02/17/a-la-une/souriez-vous-tes-identifi/ http://fr.readwriteweb.com/2011/02/17/a-la-une/souriez-vous-tes-identifi/#comments Thu, 17 Feb 2011 13:03:25 +0000 Mike Melanson http://fr.readwriteweb.com/?p=12102

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Il existe une zone d’ombre sur les technologies de reconnaissance faciale : vous pouvez, au choix, être totalement enthousiastes sur les possibilités offertes par la reconnaissance faciale combinée aux smartphones et aux réseaux sociaux, ou trouver cela totalement flippant et redouter le monde que ces technologies laissent entrevoir.

Le futur est déjà là ceci dit, et il convient d’en saluer les nouveaux maitres, qui aujourd’hui prennent la forme d’une société de la Silicon Valley nommée Viewdle au sujet de laquelle nous avions déjà écrit en octobre dernier. Voilà comment ils comptent faire de la vidéo ci dessus une réalité.

En octobre dernier, Viewdle a levé 10 millions de dollars et nous disait que sa principale fonction consisterait à aider au tagging de photos sur les smartphones avant même que celle-ci ne soient mis en ligne sur des sites comme Facebook, afin qu’elle ne se «perdent pas dans le cloud». Mais aujourd’hui, PSFK Salon affirme que la société était présente sur le Mobile World Congress et y faisait la démonstration d’une intégration bien plus poussée de sa technologie, où la reconnaissance faciale était utilisée pour faire le lien entre une photo et les réseaux sociaux.

«Viewdle se positionne entre l’appareil photo et l’utilisateur et analyse le flux d’information issu de l’appareil, identifiant les visages et proposant ainsi des liens vers Facebook ou d’autres sites sociaux comme Youtube, Linkedin, et d’autres. L’utilisateur peut ainsi identifier les visages et relayer l’information vers ces plateformes. Au fur et à mesure qu’il applique des identités sur des visages, le logiciel apprend à mieux le faire, et peut même partager cet apprentissage avec d’autres utilisateurs. Une vue en temps réel permet également une vision en réalité augmentée à travers une surcouche graphique qui révèle des informations sur les personnes qui vous entourent.

Selon le site de Viewdle une multitude d’implémentation de cette technologie sont en cours : ViewdleFaces, ViewdlePlaces, ViewdleGames… Pour l’instant, ceci dit, seul Viewdle Uploader, une application de bureau, est disponible. La version mobile, promise dans peu de temps, se distingue cependant de toutes les applications du même type d’une façon assez radicale : la reconnaissance est faite localement, sur le smartphone, plutôt qu’à travers une service distant dans la cloud.

Flippant ou cool : une question d’usage

Au delà de l’éternel débat sur les coup répétés envers la vie privée assénés par les technologies liés aux réseau sociaux, la popularisation de ces technologies de reconnaissance faciale aura peut être le mérite de porter à l’attention du grand public l’existence de ces technologies. Les plus paranoïaques (qui sont, selon l’adage, ceux qui ont une chance de survivre) ne manqueront pas de se demander si le monde de la vidéosurveillance ne se saisira pas sous peu des mêmes technologies (si ce n’est déjà fait) pour profiter d’un vide juridique absolue (ou plus exactement de l’absence quasi absolue de la moindre régulation réellement effective).

Avec de telles technologies, la vidéosurveillance des populations prend une dimension nouvelle et permet d’envisager une surveillance bien plus précise encore des populations, qu’il s’agisse de pister un individu précis, dont une caméra de surveillance identifiera immédiatement le visage pour remonter une alerte en temps réel au surveillant, ou de faire de la surveillance de masse en demandant à un ensemble de caméras de surveillance la liste complète des participants à une manifestation, par exemple. Technologiquement, c’est faisable, juridiquement, autant dire que personne n’empêchera le pouvoir en place de se lancer dans de tels dérives.

Loppsi en a rêvé… ou l’a peut être tout simplement anticipé… Exalead, récemment racheté par Dassault, un proche du pouvoir en place, dispose de telles technologies, et ne semble pas pour l’instant la destiner à un usage grand public, contrairement à Viewdle.

Nul doute que comme pour beaucoup d’autres technologies, les dictatures ou les oligarchies se pencheront avec attention sur ce type de technologies (vendues par Viewdle ou par un autre), tant l’obtention d’une liste précise de manifestants leur permettra de se maintenir au pouvoir un peu plus de temps encore. Quant à la France… Wait and see.

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http://fr.readwriteweb.com/2011/02/17/a-la-une/souriez-vous-tes-identifi/feed/ 14
Doctrine de l’infowar et des cyberconflits http://fr.readwriteweb.com/2011/02/14/a-la-une/doctrine-de-linfowar-des-cyberconflits/ http://fr.readwriteweb.com/2011/02/14/a-la-une/doctrine-de-linfowar-des-cyberconflits/#comments Mon, 14 Feb 2011 07:37:12 +0000 Olivier Laurelli http://fr.readwriteweb.com/?p=12079

Ces dernières semaines ont été assez riches d’évènements “Net centrics”. En très peu de temps, la perception d’Internet a très sensiblement évolué dans l’esprit des politiques, comme du grand public. Nous, internautes, n’avons pas franchement de quoi nous en réjouir. Une suite d’évènements a cristallisé pas mal de positions, a suscité des tensions et impliquera, à un moment ou à un autre certaines réactions. Ces réactions, nous les avons anticipées, nous les connaissons par coeur, et j’ai le sentiment aujourd’hui que tout cela finira mal, si les décideurs ne sont pas mis face à leurs responsabilités.

Ces derniers temps, je me suis fait plus silencieux que d’habitude, principalement pour des raisons de surcharge de travail, puis aussi parce que j’ai été amené à croiser pas mal de monde dans le cadre d’interventions formelles, et d’autres plus informelles. J’ai notamment été convié par le Cercle de la Sécurité à aller débattre aux côtés d’Éric Walter, Isabelle Tisserand et du Docteur Pierre Zanger, sur le thème des cyber guerriers, devant des responsables de la sécurité informatique de grandes entreprises et des gens de la vaste communauté de la défense et du renseignement. Vous en trouverez un bon résumé ici.

Ce fut une expérience très enrichissante, j’y ai croisé beaucoup de personnes très intéressantes, mais étant plus habitué à parler à du geek dans des lieux publics qu’à du RSSI à l’occasion de rencontres entre initiés… il me paraissait naturel de poursuivre ici, avec vous, la discussion.

Le débat a vite dérivé vers l’HADOPI, mais je vais tenter de développer ici quelques points ce que j’aurai aimé pouvoir exprimer pour appuyer les propos du docteur Zanger dans son analyse, Coercition dans le cyberespace (PDF-140 ko). Je partage bien le fond de l’analyse de Pierre Zanger quand il constate que nous sommes arrivés à une époque charnière, où nous avons un choix crucial à faire, un choix de société. Il s’agit de choisir entre la sécurité et le sécuritaire.

Malheureusement, pour le moment en France, le choix qui a été fait est celui du sécuritaire, une politique dont le premier effet est de faire très mal à la défense et à la sécurité. Les exemples sont légion : blocage de sites, surveillance généralisée, déploiement d’outils de surveillance de masse, etc…

Les années Hippies d’Internet se sont achevée en 2010. En 2011, on “civilise” :

  • on ne partage plus grâce à Hadopi ;
  • on ne copule plus avant le mariage en Australie où l’éjaculation féminine et les petits seins sont filtrés ;
  • les Anonymous prouvent au monde que le réseau appartient aux internautes ;
  • Stuxnet est la première concrétisation d’une attaque d’infrastructure ;
  • Wikileaks provoque un séisme informationnel mondial ;
  • Le pays arabo-musulmans s’émancipent après des années d’autoritarisme et de dictature pour enfin être des hommes libres.

… il ne faut pas sortir de Polytechnique pour comprendre que tout ça est en train de s’emballer.

Nous vivons bien une infowar

Aujourd’hui, nous vivons à l’heure de l’infowar. On peut définir l’infowar comme la guerre de l’information. Elle répond à ses propres règles. Ces règles, à l’heure d’Internet, sont relativement méconnues du grand public. L’infowar est diffuse, imperceptible, impalpable, les terrains d’affrontement sont multiples et les enjeux sont souvent très complexes à déterminer car souvent systémiques.

L’affaire qui a le plus agité le Net en ce début d’année est sans aucun doute la publication des câbles diplomatiques par Wikileaks, le Cablegate. Nous n’allons pas revenir sur l’épisode lui même mais plutôt sur ce qu’il a, jusque-là, provoqué comme étranges réactions et surtout comme modification de la doctrine de l’infowar. L’affaire Wikileaks a eu un effet fantastique, celui de réveiller des relents autoritaristes dans les plus grandes démocraties mondiales, à l’image d’un élu du Congrès américain qui a appelé au meurtre de Julian Assange… et dans une moindre mesure, notre bon ministre Eric Besson, qui sans aucun fondement juridique a décidé unilatéralement de trouver un moyen d’interdire à Wikileaks d’être hébergé en France. Wikileaks a mis en avant une génération de cyber guerriers et en a très certainement engendré une nouvelle.

L’épisode Wikileaks marque une évidente rupture, forces de sécurité et politiques sont mis au pied du mur : l’information sur le réseau est libre. Le réseau ne leur demande s’ils sont pour contre, le réseau s’en fout, il route l’information… il va donc falloir faire avec. On trouvera bien quelques Don Quichottes comme le sénateur américain un peu gâteux Joe Lieberman qui sont persuadés qu’avec un gros bouton rouge il pourra arrêter l’océan avec ses mains… où plus proche de nous, des députés cybernétiquement déficients qui se sont mis en tête de civiliser Internet… mais il ne faut pas que ces bruits de fond nous empêchent de mener une réflexion plus sérieuse sur ces problématiques bien réelles de cyberconflits.

C’est quoi un cyber guerriers ?

Définissons différents types d’activistes sur Internet :

  • Le hacker : le hacker est avant tout un passionné, un amateur, qui aime les choses bien faites, qui a l’amour de l’acte juste et du mot juste… quitte à détourner un outil de sa vocation première. On ne rentrera pas dans les considérations de white hats, black hats etc. Sur Internet est tout bleu, les hackers aussi. Comme me le rappelait une personne qui se reconnaîtra, un white hat peut aussi être un parfait vendu qui a mis au placard ses beaux idéaux, s’il en a eu un jour… par appât du gain… comme le black hat qui lui, ne s’embarrasse pas d’idéaux et passe tout de suite à l’essentiel. Donc on évitera volontairement, là encore les jugements de valeur.
  • L’hacktiviste : cette catégorie regroupe à elle seule différents types de cyber guerriers. Son objectif est de se faire entendre. Comme le hacker, il peut être amené à jouer le funambule sur la ligne jaune, mais contrairement au hacker, il ne se cache plus depuis belle lurette. Sauf, bien sûr, quand il fait le choix de la clandestinité, ayant épuisé toute chance de dialogue… Ou qu’il n’y croit tout simplement pas. L’hacktiviste est prêt à prendre les armes, il en a souvent les compétences techniques et il est motivé par ses convictions qui tournent régulièrement autour des libertés fondamentales.
  • Le “pirate” : cette catégorie n’en est pas vraiment une. Le mot pirate revêt une connotation très négative et hackers comme hacktivistes ont une sainte horreur d’être assimilés à des pirates. Le pirate, sur un plan sémantique, est la personne qui s’enrichit aux dépends d’autrui. Et qui trucide à qui mieux-mieux avec son beau sabre rouillé. On en déduira donc que sa motivation principale, c’est sa pomme avant tout. Une attitude en parfaite contradiction avec celle de l’hacktiviste et du hacker. Le pirate ne peut être assimilé à un cyber guerrier. “Pirate” c’est avant tout un buzz word utilisé n’importe comment par la presse, les politiques et les croisés du copyright… souvent de parfaits e-gnards qui entendent règlementer un monde qu’ils ne connaissent pas, même en carte postale. Notons toutefois que, quand le pirate se politise, il a une tendance naturelle à devenir un hacktiviste.
  • Monsieur ou madame tout le monde : du noob au geek en passant par le script kiddie, le social media master ou le SEO guru. Cette catégorie, c’est un peu celle du paysan vietnamien qui est capable de dégainer un M16.

Un cyber guerrier c’est aussi souvent un joyeux mélange de ces 4 catégories. Ils ont tous des motivations très différentes et utilisent des armes très différentes.

On notera enfin la recrudescence d’une nouvelle catégorie d’internaute qui m’inquiète. Il sont relativement jeunes, techniquement pas mauvais, n’ont aucune motivation politique, et leur sport favoris, c’est le “lulz“… Tout ceci n’est pour eux qu’un jeu. Pas plus tard que vendredi dernier, j’ai croisé sur un canal IRC l’un de ces spécimen qui a publiquement posté sur ce canal une importante vulnérabilité (une LFI) sur le site web Paypal-France.

Paypal a très rapidement été alerté et quelques minutes plus tard, la vulnérabilité était colmatée.

Je n’ai pas de formation de sociologue, loin de moi l’idée de vouloir dresser des profils psychologiques des uns et des autres en attribuant des bons ou des mauvais points, mais si Internet est le reflet de notre société… on a peut être des raisons de s’inquiéter. Cette typologie d’internautes, j’aurai envie de la comparer à une jeunesse que l’on croise dans les halls d’immeubles : ils sont là, ils s’emmerdent, et quand ils s’emmerdent trop, ils font des conneries… for the “lulz”. Mais il y a encore ici des différences notables avec la vie réelle, le ghetto numérique n’est pas celui de la vie réelle. Cette catégorie de personnes a plutôt tendance :

  • à vivre à Versailles plutôt que dans une cité du 93,
  • à être instruite plutôt qu’en échec scolaire,
  • à fraguer du bot sur Battlefield2 que de braquer des vieilles dames dans le métro.

Si cette catégorie d’internautes a tellement le vent en poupe aujourd’hui, c’est peut être que certaines officines voient un intérêt à les voir proliférer. Ces personnes ne sont pas trop cortiquées, sont relativement compétentes techniquement, mais surtout, son manipulables à souhait… Usuellement, ça fait de la bonne chair à canon. Aurions nous réussi l’exploit d’arriver à guettoïser le Net au point d’être en train de créer nous mêmes nos foyers d’insécurité ? Je suis convaincu qu’on en prend bien le chemin en tout cas.

Alors ?… C’est la guerre mon colonel ?

Avant de nous lancer dans de grandes théories, nous allons tenter de nous mettre d’accord sur une sémantique commune, histoire de s’assurer que nous parlons bien de la même chose.

L’infowar : c’est la guerre de l’information, elle utilise une arme conventionnelle, l’information, contre d’autres armes conventionnelles, qui sont également des informations. Nous définirons dans notre approche l’arme conventionnelle “information” par des données, qui circulent en flux. la doctrine de l’infowar, c’est donc la doctrine de la maitrise des flux d’informations. Aujourd’hui je m’inquiète d’un phénomène nouveau dont les responsables se mordront les doigts tôt ou tard s’ils parviennent à leurs fins, c’est la volonté d’utiliser des armes non conventionnelles (par exemple le deep packet inspection) pour tenter de maîtriser des flux de données. Là où ces gens parlent de “civiliser Internet” moi je parle de génocide informationnel.

Les info warriors sont nombreux, ils appartiennent à toutes les catégories, on ne mesure pas leur puissance au placard de médailles qu’ils ont sur le torse, mais plutôt au nombres “d’amis” sur Facebook ou au nombre de “followers” qu’ils peuvent avoir sur Twitter. Ils ont la capacité de faire chuter un cours de bourse, d’amplifier par effet Streisand les contre-mesures d’une censure ou encore de se coordonner pour des actions virtuelles (cyber sittings) ou moins virtuelles, comme on l’a vu en Tunisie ou en Égypte, où l’infowar a été l’un des outils qui ont accompagné ces peuples dans leur révolution… Et ça, c’est nouveau.

La cyber guérilla : ponctuellement, nous connaissons des cyber guérilla, ce fut le cas en Estonie en 2007 suite au déplacement d’une statue, vestige de l’ex-URSS, ressentie par certains russes comme un affront. Il s’en est suivit une attaque massive par déni de service qui a paralysé les artères informationnelles du pays. Quelques minutes après le début du blackout, des hommes avaient investi les rues pour semer le chaos. C’est un exemple extrême et surtout peu représentatif d’une cyber guérilla. Il a été limité dans le temps, on peut parler d’une escarmouche, mais elle a fait très peur à des dirigeants du monde entier. Et pourtant, on est encore très loin d’une cyber guerre.

La cyber guérilla puise généralement ses racines dans un conflit politique, à l’inverse d’une infowar dont les motivations sont plutôt d’ordre économiques. Une cyber guérilla, c’est une sorte de Vietnam dans lequel l’internaute excelle parce qu’il joue sur son propre terrain. Les autorités sont généralement totalement dépassées. Elles ne disposent pas de moyens adaptés pour faire face à une cyber guérilla. Elles luttent contre un ennemi invisible, très motivé et capable d’utiliser des armes non conventionnelles : des virus, des botnets, des attaques ciblées comme des défacements.

Le cyber guerillero a un profil un peu plus techique que l’info warrior. Il est prêt à utiliser ces armes non conventionnelles pour se faire entendre.

La cyber guerre : La cyber guerre, c’est le truc qui tâche, le truc que TF1 essaiera de vous faire prendre pour de la frappe chirurgicale alors qu’on retrouvera du flamby au plafond. La cyber guerre, nous ne la connaissons pas, nous n’en avons jamais vu… et tant mieux, j’espère qu’elle n’arrivera jamais. Pour qu’une cyber guerre éclate, il faut d’abord un ou plusieurs ennemis identifiés (sinon on ne parlera plus de cyber guerre mais de cyber chaos), c’est la première des conditions. Une autre caractéristique d’une cyber guerre, c’est qu’elle est par définition mondiale. La cyber guerre se caractérisera également par l’utilisation d’armes non conventionnelles de destruction massive de l’information… par exemple BGP. Le grand public a très récemment découvert BGP avec le blackout égyptien quand les autorités locales ont demandé aux fournisseurs d’accès “d’éteindre Internet”. Mais si BGP est une arme de destruction massive d’informations, elle demeure très rudimentaire, c’est plus une bombe sale aux déchets d’uranium enrichi qu’autre chose. Mais voilà… Internet survit même aux frappes non conventionnelles… et avec des outils très conventionnels.

La cyber guerre, nous en avons à peine eu un avant goût avec Stuxnet, ce virus qui s’attaque aux centrifugeuses d’équipements nucléaires iraniens. D’une sophistication rare, il s’attaque physiquement à des infrastructures, comme le ferait un “vulgaire” bombardier dans un conflit armé. Sa cible, les sytèmes SCADA, sont au coeur de nos infrastructures sensibles et constituent une cible de choix. Les hackers s’intéressent beaucoup à SCADA car ils transposent très bien l’idée qu’il suffirait d’un homme armé s’en prenant à gazoduc pour déclencher une guerre. C’est un peu la même chose avec SCADA. Un point névralgique sous contrôle SCADA touché et paf, on déclenche une bonne vieille guéguerre.

Sans vouloir me lancer dans une prospective hasardeuse, l’Internet des objets posera lui aussi d’importants défis en matière de doctrine des conflits cybernétiques.

Rappelons enfin que le propre d’une cyber guerre, c’est qu’on ne sait pas qui est l’ennemi tout de suite, on peut même ne jamais le savoir, et c’est peut-être aussi ce paramètre qui nous met, pour le moment, à l’abrit d’une cyber guerre.

Le cyber guerrier, acteur de ce type de conflit, c’est quand même plus souvent un hacker que monsieur ou madame tout le monde. Mais chose intéressante sur Internet, le Hacker n’est rien sans monsieur et madame tout le monde car il a un besoin vital que son action soit relayée. Et pour relayer l’information, le hacker ne fait pas confiance à la presse. La cyber guerre est aussi informationnelle et le hacker ne misera pas sur des média qui ont perdu toute crédibilité à ses yeux depuis qu’il a découvert Internet.

Ces définitions ne sont pas à prendre comme parole d’évangile, je vous invite donc à entendre et comprendre l’excellente définition que fait Éric Filiol de la cyber guerre

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Quelle doctrine pour faire face aux cyberconflits ?

Les États ne sont pas préparés à cette variété de conflits, d’adversaires, d’armes. Leur réflexe naturel est donc de dégainer les armes de destruction massive là où une tapette à mouche suffirait. La cyber guerre est un phénomène trop récent, et même encore, on peut le dire, inconnu, pour que nous puissions nous doter d’une doctrine sérieuse.

Faire face à un cyber conflit, c’est donc encore aujourd’hui un véritable casse-tête, c’est pourtant un des défis que les forces de sécurité du monde entier doivent impérativement relever.

Nous n’avons aujourd’hui que des bribes de réponses, certes imparfaites et en totale contradiction avec les politiques sécuritaristes menées jusque là. Elles se nomment neutralité, décentralisation des infrastructures, respect de la liberté d’expression, chiffrement et protection des données personnelles… Des notions et des outils qui font encore peur mais avec lesquels il faudra compter, ils ne sont plus une option.

Aujourd’hui, en France comme ailleurs, il est grand temps que les forces de sécurité sifflent la fin de la récréation politique autoritariste. Comme l’exprimait très bien le docteur Zanger, il en va de notre sécurité, de la paix et du respect de chacun.

(billet initialement publié sur Reflets.info disponible sous licence Creative Commons
Photo CC-by de
highwater)

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Quelques idées pour une nouvelle politique Internet en Tunisie http://fr.readwriteweb.com/2011/02/07/divers/quelques-ides-une-nouvelle-politique-internet-en-tunisie/ http://fr.readwriteweb.com/2011/02/07/divers/quelques-ides-une-nouvelle-politique-internet-en-tunisie/#comments Mon, 07 Feb 2011 07:28:26 +0000 Rafik Dammak http://fr.readwriteweb.com/?p=12058

Rafik Dammak est un ingénieur Informaticien Tunisien, étudiant a l’université de Tokyo. Il participe a l’Internet Governance Forum et il est membre du conseil du GNSO de l’ICANN (Generic Names Supporting Organization, Internet Corporation for Assigned Names and Numbers).

Internet a joué un certain rôle lors de la révolution et en jouera encore un pour la période post-14 Janvier. L’Internet Tunisien a été sous le contrôle de l’ancien régime et cela a influencé toute forme politique liée a Internet. Pour cette raison, j’ai élaboré quelques idées sur des réformes possible qui peuvent être appliquer pour rendre cet Internet Tunisien libre et ouvert et pourquoi pas devenir un outil pour la construction de la nouvelle démocratie Tunisienne :

  1. Repenser le réseau Internet Tunisien: l’infrastructure et le réseau Tunisien a été conçu dans une logique de contrôle et de centralisation en empêchant les FAI (Fournisseur d’accès Internet) d’avoir leur points de connexion internationaux et de passer nécessairement a travers l’ATI ou Agence Tunisie d’Internet (hormis les autres fournisseurs d’accès publiques). C’est a contraire du bon sens et les « raisons » qui ont été derrière ça n’existent plus ou plutôt sont en train de devenir caduque. Il faut nécessairement décentraliser et ne pas avoir ce single point of failure très dangereux pour la sécurité et la stabilité de tout le réseau. De plus il faut encourager le maximum de peering, la création des points d’echange et surtout les connexions a l’internationale pour les FAIs . En un mot, il faut revoir le rôle de l’ATI  et arrêter de la diaboliser.
  2. Le Multistakeholder model ou modèle participatif ou multiacteur: l’ironie est que ce modèle a connu son vraie essor des le SMSI (Sommet Mondiale pour la Société de l’information) organisé en Tunisie en 2005 pour une gouvernance d’Internet impliquant toutes les parties prenantes comme les gouvernements (et organisations intergouvernementales) , secteur privée,       société civile, communauté technique d’Internet (opérateurs, IXP, registries etc). Ce modèle permettant une vraie consultation de tous les acteurs et évitant la prédominance d’un groupe dans la prise de décision. C’est un modèle qui devrait être appliquée en Tunisie (la Tunisie a accepté l’agenda de Tunis du SMSI ) à  travers des consultations régulières incluant tous les acteurs et spécialement la société civile, créer des conseil d’administrations avec des représentants de ces acteurs ou encore mieux créer une Internet steering committee selon le modèle brésilien en l’améliorant avec une représentation équilibrée de tous les acteurs du net et une vraie approche bottom-up dans le prise de décision.
  3. Représentation internationale de la Tunisie:  Pour la gouvernance d’Internet  l’IGF (Forum pour la Gouvernance d’Internet) reste le forum adéquat pour les discussion sur le présent et le futur d’Internet, la participation Tunisienne n’est pas vraiment visible et je conseillerai le secrétaire d’état au TIC de participer a la prochaine édition a Nairobi. De plus, la Tunisie traîne une certaine mauvaise image spécialement dans les participants de beaucoup de pays de la société civile vu les incidents des réunions prepcoms (avant le SMSI) et durant le SMSI. La Tunisie peut y remédier en participant activement au groupe de travail CSTD (Commission on Science and Technology for Development ) destiné a travailler sur l’avenir de l’IGF et d’éviter de s’aligner sur les positions de pays comme l’inde ou la chine qui pousse a un contrôle gouvernementale sur Internet au lieu d’un vraie modèle participatif. L’exemple Tunisien de contrôle d’Internet  sous l’ancien régime a montre le défaillance de ce modèle. Je conseillerai aussi une présence Tunisienne plus importante  a  l’ICANN et spécialement avoir un représentant gouvernemental au GAC (Governmental Advisory Committee), la prochaine réunion aura lieu mars prochain et je conseillerai vivement au secrétaire d’état d’y être.
  4. Censure doit être levée: oui la censure a été levée mais pas en sa totalité. La discussion portant sur le contenu pornographie est un vrai faux débat. En effet, ça permet le maintien d’une infrastructure de filtrage Internet tant décrié pendant des années, et le fait que ca soit encore fait par une autorité administrative est dangereux et ouvre la porte a tous les abus. Seule la justice peut décider de bloquer un site ou pas et faudra déjà définir les critères qui sont très vagues et permettent beaucoup d’interprétations. ce qui me choque le plus, c’est l’explication du monsieur le secrétaire d’état qui mentionne comme exemple les pays développés car ça relève d’une certaine méconnaissance de la vraie situation dans ces pays. Oui un pays comme l’Australie a décidé de l’appliquer contre la pédopornographie en créant une liste non contrôlé et secrète mais les abus sont vite arrives. certains pays comme l’Italie applique ca en envoyant une liste aux FAIs pour faire du DNS-poisoning et le Japon laisse les FAIs appliquent ça sur la base de la volontariat. Mais tout ca releve du cas spécifique de la pédopornographie et certains associations de protection d’enfance pensent que c’est une fausse bonne idée et rien ne démontre leur efficacité. Si on veut protéger nos enfants du contenu « non désirable »,  il faut plutôt encourager les parents à  jouer leur rôle de supervision au lieu de déléguer ça, travaillons sur l’éducation plutôt que sur la répression. Il faut plutôt responsabiliser les utilisateurs et les laisser décider avec leur libre arbitre que de les traiter comme des mineurs.
  5. Libéraliser le domaine .tn et .تونس : il faut se rendre a l’évidence que le .tn n’a jamais réussi décoller en Tunisie (moins de 10000 nom de domaines) alors que la demande y est certainement. Ceci est du aux protections très strictes pour les trademark  et la réglementation pour l’acquisition de noms de domaines (c’est en cours de changement), il faut libéraliser et ne plus restreindre l’accès aux nom de domaines pour les tunisiens spécialement les personnes physiques. En plus, il faudra lever  les contraintes comme le nécessité d’héberger en Tunisie pour pouvoir demander un domaine sous .tn. Ca créera une vraie activité de registrar pour nos FAIs mais aussi pour d’autres entreprises tunisiennes qui pourront aussi chercher a être des registrars accrédites ICANN. De plus, le lancement du IDN (Internationalized Domain Name) .تونس  est une opportunité non négligeable pour relancer le secteur et encourager le contenu en langue arabe.
  6. Déploiement du IPv6: il faut accélérer le processus de déploiement du IPv6 et surtout encourager les FAI de l’adopter mais aussi aider les entreprises dans leurs transitions.
  7. Accès au haut débit:  faut augmenter le taux de pénétration au haut débit dans les régions tunisiennes en abaissant les prix mais aussi a créer plus de compétitions et libéraliser le marche. Faut aussi revoir le modèle économique des publinets (cybercafes en Tunisie).
  8. Neutralité du Net: la discussion a déjà commencé sous l’égide de l’autorité de régulation avec les opérateurs télécoms mobiles qui vu leur positions dominantes et l’absence de consultation publique peuvent être a l’encontre des intérêts des utilisateurs d’Internet.
  9. Protection des données privées: malgré la présence de loi pour la protection des données personnelles, elle est peu appliquée et la protection de la vie privée reste au deçà des standards internationaux, La Tunisie pourrait s’inspirer le modèle de l’UE pour la protection de la vie privée

Ce sont juste quelques idées a développer et a discuter, la réforme de l’Internet policy en Tunisie n’est qu’un des chantier a entreprendre et permettra enfin aux tunisiens de jouir de pleins potentiels d’Internet sur tous les aspects:  que ce soit social ou économique.

Quelques livres conseillés:

Ce sont quelques livres qui donnent une vision globale sur la gouvernance d’Internet et ses enjeux.

(illustration CC de Tony Madrid)

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http://fr.readwriteweb.com/2011/02/07/divers/quelques-ides-une-nouvelle-politique-internet-en-tunisie/feed/ 5
Chaos et productivité : l’entreprise 2.0 chez les cyberactivistes http://fr.readwriteweb.com/2011/02/01/a-la-une/chaos-productivit-lentreprise-20-chez-les-cyberactivistes/ http://fr.readwriteweb.com/2011/02/01/a-la-une/chaos-productivit-lentreprise-20-chez-les-cyberactivistes/#comments Tue, 01 Feb 2011 07:28:45 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12023

A force d’échanger avec ceux qui affrontent les dictatures sur les réseaux, on fini par repérer des occurrences amusantes. Je passe mon temps à croiser (au sein de Techtoc.tv) des dirigeants d’entreprises à la recherche de l’entreprise 2.0, et du coté des hackers, des réflexions agitent les esprits sur un thème somme toute similaire : celui d’offrir à un ensemble bordélique de compétences disparates les outils lui permettant d’orchestrer ses efforts afin d’optimiser le résultat de son travail.

Qu’il s’agisse de piloter une entreprise ou d’accompagner un bouillonnement de bonnes volontés activistes, le constat est le même : la structure hiérarchique de l’entreprise ou la nature anarchique et improvisée de la gestion de crise des hacktivistes ont beaucoup a gagner en efficacité si on leur offre les outils appropriés.

Le sujet de l’entreprise 2.0 étant abondamment traité ailleurs, c’est plutôt sur l’hacktivisme que je vais m’attarder, et son problème du moment : le changement brutal du tempo, qui l’oblige à trouver tous les moyens possibles pour augmenter sa productivité.

Pas évident quand l’organisation est par nature désorganisée, sans commandement, et sans frontières définies, et qu’il n’est bien évidemment pas question de changer cela (pas plus qu’il n’est envisageable de rayer la hiérarchie au sein d’une multinationale, finalement).

La comparaison entre ces deux mondes s’arrête là, car sur le terrain, la façon d’aborder le problème est radicalement différente. Un constat s’impose, tout d’abord, bien que ne possédant ni commandement central ni structure hiérarchique, une ‘organisation’ comme Telecomix œuvre de façon cohérente et continue à saper le dur labeur des dictatures à travers la planète. En dehors d’outils de contournement de la censure, une large partie de leur travail touche à l’identité, et plus particulièrement à l’anonymat et sa protection électronique.

La crypto anarchie au secours de la démocratie

Telecomix est un groupe aux contours délibérément flou d’activistes du numérique. La gestion qui y est faite de l’identité du groupe (pas nécessairement anonymes à titre individuel, certains de ses membres sont des personnalités reconnues de la scène hacker), ainsi que son mode d’organisation, est proche des Anonymous, sans pour autant que les deux groupes ne soient affiliés d’aucune façon. Pas d’identité, pas d’autorité, les règles du jeu social imposées au groupe sont les mêmes, mais la ressemblance s’arrête là. Chez Telecomix, on est au sein de l’élite du hacking, même si le groupe est ouvert à d’autres spécialités. Le genre d’environnement où l’on rêvait, à l’âge qu’ont les Anonymous, de décrocher la médaille Fields (et dont certains poursuivent encore ce but avec assiduité).

Les mathématiques font office d’écritures sacrées, au point d’élever une intelligence artificielle – Cameron – au rang de leader (inutile d’y voir une dérive Raelienne, c’est juste une blague sous la forme d’une mise en abime d’un bout de code, une façon de faire de la philosophie avec du PHP – ou du Java, je n’en sais rien à vrai dire). Cameron a plus fonction de miroir agrégatif des idées émises par ceux qui la fréquente, c’est d’ailleurs elle qui est en charge de la communication publique, très inspirée par la propagande du passé. Un référent culturel différent de celui des Anonymous, qui même s’il présente beaucoup de similarités, l’ancre dans une autre génération.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Comme chez les Anonymous, on dispose de sa propre agence de presse (un point également partagé par les altermondialiste, au passage), et comme chez les Anonymous, Telecomix tient plus du concept que de l’organisation. C’est, selon ses propres termes, un « cluster décentralisé », un oxymoron pour définir sa forme qui est certainement ce qui en fait, là encore, une entité sociale propre au numérique. Comme chez les Anonymous, l’organisation – appelons plutôt ça un système, histoire d’éviter la confusion – est en état de gestion de crise permanent depuis quelques mois. En guerre, pour ainsi dire, sauf qu’il ne font pas de cyberwar et s’y refusent. Le DDoS, ce n’est pas le genre de la maison, leur action se résume à « ouvrir les réseaux ». Vaste programme, qui les placent aux cotés de ceux qui luttent contre les dictatures ou contre les lois qui la rendent possible dans le numérique, comme Hadopi ou Loppsi. Les synergies sont nombreuses, et les connexions établies de longue date (on peut même parler de racines plus que de connexions).

Des armes pour lutter contre l’oppression

Ouvrir les réseaux, libérer l’information, même en cas de blackout décidé par un dictateur, de censure, ou de surveillance, défendre et protéger le droit à l’information et à la publication : tout cela passe par la mise point d’une palette d’outils. L’anonymat, sa protection, les méthodes pour contourner la censure et échapper à la surveillance sont au coeur de leurs travaux.

Il faut être honnête, et reconnaitre que les outils proposés ne sont pas tous à la portée du premier venu. Jouer les cyberactivistes dans certaines parties du monde, comme l’Iran d’aujourd’hui ou la Tunisie d’hier, peut très vite s’avérer dangereux si l’on ne possède pas un sérieux bagage technique. Mais pour qui veut s’y mettre sérieusement, ils fournissent tout l’arsenal nécessaire. La liberté a cependant un prix : la connaissance.

Les réseaux de ces dictatures sont en effet infestés de technologies très offensives pour la vie privée des internautes qui y naviguent, dont le fameux DPI, que l’industrie du disque, en France, cherche à imposer à tout prix, y compris au prix de la fin de la démocratie. A l’aide de ces technologies, les internautes sont pistés, surveillés, réprimés et harcelés. Si les technologies permettant d’échapper à tout cela sont complexes, c’est avant tout parce que l’arsenal répressif numérique est de nos jours particulièrement puissant, que le marché des armes numériques est totalement dérégulé, et qu’il n’existe rien qui soit de l’ordre de la convention de Genève. Vous comptiez sur le sens des responsabilités et de l’éthique des acteurs des NTIC ? Think again.

Les débordements sont légion, tout comme, Dieu merci, ceux qui s’y opposent.

Voici donc les techno-utopistes qui font frémir Evgeny Morozov, à ceci prêt que ceux-ci fournissent tout l’arsenal nécessaire pour échapper aux méfaits qu’un régime autoritaire peut infliger à ses populations via le numérique, et luttent (comme Morozov, du reste) contre ces dictatures modernes, au jour le jour.

Et pourtant, elle tourne.

La crise actuelle ordonne au système de réagir vite, très vite, à partir d’un chaos animé par un idéal commun : défendre et augmenter le droit à l’information (ou plus précisément la liberté des octets, question de point de vue). Pour cela le système dispose d’une palette de compétences hors du commun. Si vous avez entendu parler d’entreprise agile, c’est bien pire : ce n’est pas une entreprise, et c’est infiniment plus agile. A tous les niveaux – si tant est que le terme niveau ait un sens – on improvise.

Le fait qu’un tel système puisse produire des résultats aussi tangibles laisse pantois, et leur travail de sape de longue haleine face aux dictatures du monde entier ne peut que susciter l’admiration (ou les craintes comme pour Morozov). Mass mirroring de Wikileaks afin d’échapper à la censure, ou mise en place d’un réseau de communication internet d’urgence sur la base de stations de radios amateurs afin de désenclaver l’Egypte du blackout instauré par Mubarak : ces deux projets issus de Telecomix sont intéressants à plus d’un titre.

Les deux ont été menés dans l’urgence : le miroring de Wikileaks il y a quelques mois, le pont aérien numérique avec l’Egypte il y a quelques jours. Rien n’a été planifié au préalable, tout a été improvisé sur le moment.

Le réseau radio en est encore aux ajustements (au beta test, en quelques sorte). Le projet révèle un lot de complexités inouïes et met en branle des compétences très variés : il se heurte à de nombreuses inconnues, mais donne néanmoins des résultats. Une capacité à gérer l’innovation créative en temps réel stupéfiante, et certainement très riche d’enseignements pour le monde de l’innovation en général. Nul doute, qui plus est, que la prochaine fois qu’un tel dispositif sera déployé, il sera bien plus efficace : il suffit de regarder pour cela un autre projet, celui des sites miroirs de Wikileaks, pour voir comment, quelques mois après sa mise en place, il s’est structuré pour apprendre du chaos et améliorer son efficacité, sans pour autant renoncer le moins du monde au chaos (ou à l’anarchie, si vous préférez).

Streisand.me, le service en ligne né de l’expérience des sites miroirs de Wikileaks, en fait la synthèse et prépare la prochaine opération qui, de l’aveu de l’un de ses responsables, Fo0, promet d’être beaucoup plus efficace lors de la prochaine grande opération de mirroring. Il déploie aussi bien une approche destinée à permettre à tous de participer à l’opération (dans le même esprit que l’opération Leakspin des Anonymous) que de la professionnaliser quand il s’agit de s’adresser à un public plus averti.

Le nom vient bien sûr du fameux ‘effet Streisand‘, qui veut que chercher à dissimuler une information ne fait guère que contribuer à la rendre plus visible. L’efficacité est redoutable : en cherchant à censurer Wikileaks, le gouvernement Américain a permit à Telecomix de démontrer qu’il était désormais strictement impossible à quiconque de censurer quoi que ce soit. Même en imaginant un monde intégralement Orwelien, l’approche de Telecomix, que ce soit en termes organisationnel ou technologique, rend toute censure impossible.

Streisand.me est aussi un sévère avertissement (de plus) lancé aux gouvernances : c’est LA démocratie et LES droits de l’Homme qui sont défendus, et en aucun cas LES démocraties, qui sont nombreuses à s’égarer et à s’éloigner de leurs idéaux lors de leurs premiers pas  dans le numérique. La réaction attendue par beaucoup (dont moi), consistant pour les plus démagogiques au sein du clan des démocraties, à traiter ce type d’activistes de terroristes, va être des plus difficile à argumenter une fois leurs exploits révélés au grand jour, et les égarements des prétendus démocrates mis en évidence.

On pourra toujours se rabattre sur la qualification de cryptoanarchistes, irréfutable, mais voilà : le jeu des démocraties contemporaines et leur obsession de régulation poussée par les lobbies a ouvert une boite de Pandore et fait du XXIe siècle un monde où les anarchistes défendent la démocratie, et les démocraties défendent et arment numériquement les dictatures. A moins d’un improbable sursaut de probité des démocraties, cette situation est partie pour s’installer.

D’un coté les dictatures et leur arsenal numérique répressif, de l’autre les cryptoanarchistes et leurs outils pour déjouer l’arsenal de la terreur. Au milieu, les marchands d’armes et de musique numérique, qui font tout pour orienter les démocraties vers le chemin qui leur est le plus profitable. Nous voyons sous nos yeux la mise en place accélérée (n’en déplaise à Virillo), d’un nouveau monde bipolaire. Cerise sur le gâteau : le mur de Berlin vient de tomber… A Tunis.

S’arrêter aux exploits techniques de systèmes comme Telecomix ou comme les Anonymous est certainement le plus grand danger qui guette ceux qui débarquent et qui cherchent à comprendre : c’est la confrontation des modèles organisationnels qui est la seule clé de lecture qui permet de comprendre l’étendue du problème dans lequel se trouve le monde d’aujourd’hui.

En France, le dernier conseil des ministres vient de nommer l’ancien patron du GIGN, les brigades d’élite de la gendarmerie (qui n’est plus tout à fait l’armée), à la tête de la sécurité de la région Ile de France. De tout évidence, à l’Elysée, on a enfin réalisé l’ampleur du conflit et sa dimension méditerranéenne, et l’on commence à mesurer les réalités du rapport de force qui laissaient penser il y a peu qu’il ne s’agissaient que d’aimables gugusses dans leurs garages.

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http://fr.readwriteweb.com/2011/02/01/a-la-une/chaos-productivit-lentreprise-20-chez-les-cyberactivistes/feed/ 31
Débat: La curation, avenir du Web? http://fr.readwriteweb.com/2011/01/31/a-la-une/dbat-curation-avenir-du-web/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/31/a-la-une/dbat-curation-avenir-du-web/#comments Mon, 31 Jan 2011 07:17:40 +0000 Xavier Vespa http://fr.readwriteweb.com/?p=12013

Lundi 7 Février se tiendra la conférence-débat: La curation, avenir du Web? Cet évènement, présenté par le Conseil Régional d’Ile-de-France, ReadWriteWeb, Pearltrees et Scoop.it, réunira quelques personnalités de la scène Web pour débattre autour du rôle de la curation du Web dans une société où l’information est de plus en plus structurée par les Internautes: Pourquoi la curation? Quels outils pour la mettre en oeuvre? En quoi sommes-nous déjà des curateurs? Qui sont les principaux acteurs aujourd’hui et à quoi doit-on s’attendre pour demain?

Deux panels de discussions sont prévus: le premier à 17h20, la curation bouleverse-t-elle l’information?, réunissant Benoît Raphaël (LePost.fr, Social Newsroom), Eric Scherer (France Télévisions), et Pierre Chappaz (Wikio). Le second panel démarre à 18h, qui sont les curators?, et réunira Eric Dupin (Presse-Citron, Fuzz.fr, Lefocus.com), Guillaume Decugis (Scoop.it), Patrice Lamothe (Pearltrees), et Eric Briones. A noter également un mot de bienvenue par le Président du Conseil Régional d’Ile-de-France Jean-Paul Huchon programmé à 16h30 (j’ai hâte de savoir ce qu’il aura à dire sur la curation :).

Je serai moi-même présent pour animer l’un des deux panels programmés. L’évènement se tiendra à l’Hémicycle – Conseil Régional d’Ile-de-France et le nombre de places est limité. Pour plus d’informations, rendez-vous sur Facebook: http://on.fb.me/LaCuration

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http://fr.readwriteweb.com/2011/01/31/a-la-une/dbat-curation-avenir-du-web/feed/ 31
Déclaration de principe des Anonymous http://fr.readwriteweb.com/2011/01/29/divers/dclaration-de-principe-des-anonymous/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/29/divers/dclaration-de-principe-des-anonymous/#comments Sat, 29 Jan 2011 09:12:54 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11982

Dans un texte assez clair qui reprend l’esprit de la déclaration plus belliqueuse faite à la veille du début de la révolution Tunisienne, les Anonymous s’adressent aux démocraties de la planète sur un ton – cette fois – plus posé, mais tout aussi ferme. [image originale]

Ceux qui détiennent le pouvoir en Égypte ont décidés de répondre aux appels à  la démocratie par de la violence létale. Les organisations internationales doivent êtreresponsables et entendre ces appels dans ce moment critique de l’histoire.

Vos appuis aux révoltes populaires dans les pays arabes ont étés ambiguës, voir même tout simplement inexistants. La Secrétaire d’état américaine Hillary Clinton a exemplifié l’indécision de la communauté internationale en indiquant que les États Unis “ne peuvent pas prendre parti”.  La neutralité mène à la complicité envers lesrégimes totalitaires, qui ont manifestés leur mépris contre le droit de leurs citoyens à manifester. Le régime de Moubarak a essayé de déconnecter le peuple Égyptien du reste du monde en leur coupant l’accès à Internet, pendant que sa police anti-émeutes  tirait -à balles réelles- sur les civils et agressait des journalistes internationaux.

C’est à vous de travailler pour le peuple et de supporter le droit universel par rapport à la liberté d’expression. C’est votre devoir de vous opposer  aux régimesoppressifs, sans prendre en compte vos préférences politiques.  Les préoccupations géopolitiques quant à la «stabilité» ont trop longtemps servi d’excuse pour ignorer les violations manifestes des droits de l’Homme.

Les citoyens du monde arabe sont victimes de leurs régimes politiques et pris en otage par ces derniers. Aujourd’hui ils font face. La situation actuelle en Égypte présente aux dirigeants du monde entier l’opportunité unique de reconnaître et respecter les ambitions d’un peuple à contrôler son propre futur. C’est aussi le moment où cettesituation existentielle sera une fois pour toute résolu : Les gouvernements occidentaux sont-ils vraiment fait « pour et par le peuple » ou sont-ils des gouvernements marionnettes visant à assurer leur domination continuelle par le pouvoir.

Anonymous a fait son choix. Nous prendrons parti. Nous apporterons notre aide aux personnes qui luttent pour la liberté d’expression, de rassemblement, et de communication - les droits civiques essentiels pour les peuples afin de construire leurs propres futurs.

Nous ne pardonnons pas.

Nous n’oublions pas.

Redoutez nous.

On jugera de la pertinence de faire des raids chez des script kiddies teenagers pour donner en pature à la presse un « ado sans problème » à défaut d’un dangereux Kevin Mitnick, mais toujours est-il que c’est pour soutenir ce genre de cause que les bad boys de la génération digitale vont se retrouver devant des tribunaux sous peu. Condamner un Anonymous, voilà une affaire qui va faire flipper plus d’un juge, quand il réalisera ce qu’ils ont fait à la Scientologie.

We Are Legion

Le style de ce ‘communiqué de presse’ semble un peu baclé, mais c’est oublier qu’il s’agit d’une création collective, et sous anonymat. Des dizaines, peut être même plus de cent individus différents sont passés rédiger un paragraphe entier ou ajouter un adjectif, corriger un faute d’orthographe ou adoucir une formule, jusqu’à ce que le texte devienne suffisament aboutit pour être publié.

L’écriture réuni une ruche d’auteurs, anonymes, créant un texte par tous les bouts, sans coordination. On utilise une langue vernaculaire commune, l’anglais, et des appels à volontaires pour les traductions qui permettent de mettre en place des passerelles linguistiques. Ensuite, le tout est diffusé un peu partout, dans l’espoir d’attirer l’attention d’un média. Ces derniers, de leur coté, apparaissent ça et là dans les chat irc dans l’espoir de décrocher l’interview d’un Anonymous. Une idée conceptuellement tordue, cette méthode d’investigation risquant fort de nous donner de grands moments de rigolade à la télévision.

Vous voulez voir à quoi ressemble l’écriture collaborative chez les Anonymous ? (en accéléré 3x, un extrait de 1min de la mise au point d’un bout de l’original du texte ci dessus – en Anglais -, sur un Piratepad, un outil très simple d’écriture collaborative).

Qu’il s’agisse de décider d’une cible à attaquer, de rédiger un appel à la mobilisation, un communiqué ou une déclaration de principe, les Anonymous utilisent une multitude de technologies sociales, la plus connue étant bien sûr 4chan.org, et son forum ███ dont la seule mention fait déferler une meute en furie dans ses commentaires (sitôt repartie sur WOW ou dans un autre coin obscur de l’internet).

Mais 4chan est l’arbre qui cache la forêt, tout système permettant une collaboration entre individus de façon anonyme et pouvant être utilisé pour creer un contenu est bon a prendre, et le sera vraisemblablement tôt ou tard, pour peu qu’il soit simple, très simple, ne demande pas de créer un compte, et permette de participer de façon anonyme et ouverte.

Les principes affichés par les Anonymous sont assez cohérents – depuis leur lutte originelle avec l’Eglise de Scientologie – mais ils sont désormais clairement énoncés, et ce avant même que l’internet ne viennent bouleverser la tranquillité des gouvernances des nations du monde entier, et avant qu’il ne s’attaque à la gouvernance des entreprises.

Le mythe vivace de la résistance Française

Il faut croire que certaines caractéristiques forgent tout de même l’esprit d’une nation, même aux heures les plus sombres de son histoire. Nos résistants 2.0 ont cependant des caractéristiques uniques. Contrairement à leurs petits camarades Tunisiens, avec lesquels de nombreux contacts ont été établis depuis longtemps, les notres vivent dans une démocratie. Kevin (on va l’appeler Kevin pour protéger son identité) est « un ado comme les autres », « passionné d’informatique ». En ce moment, Kevin est probablement au commissariat, en garde à vue. Pas drôle, mais objectivement, par rapport à ce que Slim404 et ses amis ont vécu au commisariat de Tunis il y a deux semaines, c’est vraiment confort.

Nos résistants 2.0 vivent donc dans un confort absolu par rapport à leurs camarades de l’autre coté de la Méditerranée, et comme eux, ils vivent dans un Internet surveillé et où la censure vient d’être votée à l’Assemblée Nationale. Tor et Proxy sont des sujets de conversation de cour d’école, du coté des geeks (à Tunis comme à Paris), et comme tout enfant qui grandit, on se prend vite à croire à des idéaux et à les défendre vigoureusement. Je sais pas, moi, un truc comme… Les droits de l’Homme. Au hasard. C’est interdit ? Ha ?

Faire taire le mouvement qui s’annonce particulièrement vigoureux en France, la démocratie qui, de l’aveu même du gouvernement américain, s’est doté de l’arsenal le plus répressif qui soit contre internet, ne va pas être simple. Une génération toute entière qui passe en quelques mois du P2P à d’autres méthodes pour obtenir sa culture, dont beaucoup ont de solide connaissances en informatique, et qui, d’ici quelques années, constituera l’essentiel des promotions de nos grandes écoles d’ingénieurs.

D’autant qu’ils ne sont pas seuls et isolés dans leur Vercors numérique. Chez les anciens aussi, on est sur le front, et ont sait faire en sorte  qu’en cas de conflit ouvert, l’internet ne puisse en aucun cas être écrasé. Après que Hosni Mubarak ait décidé de couper internet en Egypte, Telecomix réussissait l’exploit de rétablir de la connectivité IP en détournant l’usage d’un réseau de radios amateurs, permettant ainsi de maintenir la communication entre l’Egypte et le reste du monde.

Un exploit technique illustrant à merveille le concept même du hacking, qui fait entrer Telecomix et la figure du Hacker (le vrai) dans les livres d’Histoire.

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http://fr.readwriteweb.com/2011/01/29/divers/dclaration-de-principe-des-anonymous/feed/ 57
Cyber-activisme : Cory Dotcorow répond a Evgeny Morozov http://fr.readwriteweb.com/2011/01/28/a-la-une/lactivisme-sur-internet-cory-dotcorow-rpond-evgeny-morozov/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/28/a-la-une/lactivisme-sur-internet-cory-dotcorow-rpond-evgeny-morozov/#comments Fri, 28 Jan 2011 15:54:35 +0000 un autre site web... http://fr.readwriteweb.com/?p=11972

Framablog est le média de référence du monde du ‘Libre’ francophone, c’est là que se tiennent ou se retrouvent les grandes conversations qui touchent au monde du Libre, et c’est une lecture indispensable pour ceux qui s’intéressent au sujet. Loin d’être réservé à un public d’informaticiens, Framablog propose des débats de fond sur des sujets fondamentaux et s’est imposé comme un passage obligé pour toute la communauté. Nous publions aujourd’hui une traduction que le blog a réalisé d’un texte de Cory Doctorow, l’une des grande figure de l’activisme digital (et de l’internet en général).

Cory Doctorow est souvent traduit sur ce blog car c’est l’une des rares personnalités qui pense l’Internet et agit en conséquence pour qu’il conserve ses promesses initiales d’ouverture et de partage.

Il a rédigé un long mais passionnant article dans The Guardian qui prend appui sur un lecture (très) critique du récent mais déjà fort commenté livre The Net Delusion: The Dark Side of Internet Freedom de Evgeny Morozov.

Chercheur biélorusse à l’université de Georgetown et chroniqueur dans plusieurs journaux, Morozov remet radicalement en question, dans son ouvrage, le pouvoir libérateur d’Internet.

On peut le voir exposer son point de vue dans cette courte conférence au format TED : Comment Internet aide les dictatures, qui constitue un excellent préambule à ce qui va suivre.

Morozov y dénonce la « cyberutopie » qui draperait la technologie de vertus émancipatrices intrinsèques, comme celle d’être nécessairement vecteur de démocratie pourvu que l’information circule sans entrave (source Rue89). Une « cyberutopie » issue de l’ignorance ou de la paresse intellectuelle de nos contemporains, qui se laissent aller au « web-centrisme » en imaginant que toutes les questions qui se posent dans nos sociétés peuvent être résolues par le prisme d’Internet (source Webdorado). Cliquer sur « J’aime » ou rejoindre une cause sur Facebook, relayer frénétiquement une information non vérifiée sur Twitter, n’ont jamais révolutionné la société,

On comprendra dès lors aisément que le « net-activiste » Cory Doctorow ait pris sa plume pour répondre dans le détail à l’argumentaire de Morozov.

Internet n’est certainement pas synonyme de libération. Mais ce réseau possède des caractéristiques particulières qui font qu’il ne ressemble à rien de ce que l’on a connu auparavant. Raison de plus pour se battre afin de conserver son principe de neutralité et faire en sorte qu’il échappe au contrôle des États et aux logiques mercantiles des entreprises privées.

Wikileaks et ses anonymous[1], hier la Tunisie, l’Égypte aujourd’hui… L’actualité récente n’est pas évoquée, mais il semblerait qu’elle penche plutôt du côté de Doctorow que de celui de Morozov.

Nous avons besoin d’une critique sérieuse de l’activisme sur le Net

We need a serious critique of net activism

Cory Doctorow – 25 janvier 2011 – The Guardian

(Traduction Framalang : Penguin, Barbidule, Gilles, Siltaar, e_Jim, Goofy et Don Rico)

« Net Delusion » (NdT : que l’on pourrait traduire par « Les mirages du Net » ou « Internet, la désillusion ») avance la thèse que la technologie ne profite pas nécessairement à la liberté, mais par quel autre moyen les opprimés se feront-ils entendre ?

Net Delusion est le premier livre de l’écrivain et blogueur d’origine biélorusse Evgeny Morozov, dont le thème de prédilection est la politique étrangère. Morozov s’est bâti une réputation de critique pointu, et parfois mordant, d’Internet et du « cyber-utopisme », et ” Net Delusion ” développe les arguments qu’il a déjà présentés ailleurs. J’ai lu avec intérêt l’exemplaire que j’ai reçu en service de presse. J’apprécie Evgeny, lors de nos rencontres et de nos échanges de courriers, il m’a donné l’impression d’être intelligent et engagé.

Au cœur du livre, on trouve des remarques extrêmement judicieuses. Morozov a tout à fait raison lorsqu’il souligne que la technologie n’est pas intrinsèquement bonne pour la liberté, qu’on peut l’utiliser pour entraver, surveiller et punir, aussi facilement que pour contourner, libérer et partager.

Hélas, ce message est noyé au milieu d’une série d’attaques confuses et faiblement argumentées contre un mouvement « cyber-utopique » nébuleux, dont les points de vue sont évoqués en termes très généraux, souvent sous la forme de citations de CNN et d’autres agences de presse censées résumer un hypothétique consensus cyber-utopique. Dans son zèle à discréditer cette thèse, Morozov utilise tous les arguments qu’il peut trouver, quelle que soit leur faiblesse ou leur inanité, contre quiconque fait mine de soutenir que la technologie est libératrice.

Le rôle de Twitter

Morozov tente d’abord de remettre les pendules à l’heure sur le rôle qu’a joué Twitter lors des dernières élections iraniennes. On a présenté partout le réseau de microblogage comme un outil fondamental pour les initiatives de l’opposition sur le terrain, mais par la suite, il est apparu clairement que les Iraniens d’Iran n’avaient été présents que marginalement sur Twitter, bien qu’ils aient utilisé beaucoup d’autres outils de diffusion et que ceux-ci aient été en effet essentiels dans la réaction à l’élection iranienne.

Morozov décrit minutieusement le fait que beaucoup des trois millions d’Iraniens expatriés sont en effet actifs sur Twitter, et que c’est ce trafic, ainsi que les messages de sympathie d’utilisateurs non-iraniens, qui ont fait de l’élection iranienne et de ses conséquences un évènement majeur sur Twitter.

Il décrit également les liens étroits que ces expatriés ont avec leur famille en Iran, grâce à d’autres outils tels que Facebook. Mais il manque d’en conclure que les informations issues de Twitter ont trouvé écho sur Facebook (et vice-versa) via les Iraniens de l’étranger. Il préfère considérer que les millions d’expatriés Iraniens publiant des messages sur Twitter sont tellement isolés de leur proches relations sur Facebook que ces messages n’ont eu presque aucun impact.

Presque aucun, mais un impact quand même. Morozov poursuit en citant Golnaz Esfandiari, une correspondante de Radio Free Europe en Iran, « déplorant la complicité pernicieuse de Twitter qui a permis aux rumeurs de se propager » en Iran pendant la crise. J’ai été choqué de lire cela dans l’ouvrage de Morozov : comment Twitter pourrait-il être « complice » de la propagation de rumeurs ; Esfandiari or Morozov attendaient-ils des fournisseurs de services sur Internet qu’ils censurent de façon pro-active les contributions des utilisateurs avant de les laisser se diffuser librement sur ur leurs réseaux ? Et si c’était le cas, Morozov pensait-il vraiment que Twitter deviendrait un meilleur soutien de la liberté sur Internet en s’auto-proclamant censeur ?

Cela m’a tellement stupéfait que j’ai envoyé un e-mail à Morozov pour lui demander ce que le lecteur était censé y comprendre au juste. Morozov m’a répondu que d’après lui Esfandiari ne s’était pas exprimée clairement ; elle voulait dire que c’étaient les utilisateurs de Twitter qui étaient « complices » de la propagation des rumeurs. C’est sans doute mieux, mais sans preuves que Twitter n’est fait que pour propager de fausses rumeurs, cela ne suffit pas pour inculper Twitter. Pourquoi alors ce passage figure-t-il dans le livre – sachant que Morozov n’a cessé d’affirmer dans les pages précédentes qu’aucune information postée sur Twitter n’avait atteint l’Iran – si ce n’est comme un pan de la stratégie qui consiste à discréditer les « cyber-utopistes » en balançant tous les arguments possibles en espérant que certains tiennent debout ? Et je pense que c’est le cas : par la suite, Morozov reproche à la « culture Internet » la « persistance de nombreuses légendes urbaines », une idée fort singulière puisque des chercheurs spécialisés en légendes urbaines, tels que Jan Brunvand, ont montré que de nombreuses légendes urbaines contemporaines proviennent du Moyen-Âge et ont prospéré sans avoir besoin d’Internet comme moyen de reproduction.

Technologie et révolution

Morozov est sceptique quant à la capacité de la technologie à déclencher des révolutions et étendre la démocratie. Pour renverser un régime corrompu, dit-il, avoir librement accès à l’information n’est ni nécessaire, ni même important – c’est une antienne des Reaganistes avec leur vision romantique de Samizdat, Radio Free Europe et autres efforts d’information remontant à la guerre froide.
L’Union soviétique ne s’est pas effondrée à cause d’un mouvement politique, de courageux dissidents ou de tracts photocopiés – elle s’est écroulée parce qu’elle était devenue un cauchemar mal géré qui a chancelé de crise en crise jusqu’à l’implosion finale.

En effet, le libre accès aux médias étrangers (comme en bénéficiaient les citoyens de RDA qui pouvaient capter les programmes d’Allemagne de l’Ouest) a souvent contribué à désamorcer le sentiment anti-autoritaire, anesthésiant les Allemands de l’Est avec tant d’efficacité que même la Stasi avait fini par chanter les louanges de la décadente télévision occidentale.

L’ironie, c’est que Morozov – involontairement, mais avec vigueur – rejoint sur ce point ses adversaires idéologiques, comme Clay Shirky, le professeur de l’université de New York que Morozov critique lourdement par ailleurs. Les travaux de Shirky – notamment le dernier en date, The Cognitive Surplus – parviennent exactement aux mêmes conclusions au sujet des médias occidentaux traditionnels, et en particulier de la télévision. Shirky soutient que la télé a principalement servi à atténuer le poids de l’ennui né de l’accroissement du temps de loisirs aux premiers jours de l’ère de l’information. Pour Shirky, Internet est palpitant parce qu’il constitue justement l’antidote à cette attitude de spectateur passif, et qu’il constitue un mécanisme incitant les gens à la participation au travers d’une succession d’engagements toujours plus importants.

Régulation et contrôle

Morozov ne discute cependant pas cette position en profondeur. En fait, quand il examine enfin Internet en tant que tel, indépendament des réseaux téléphoniques, des programmes télé et des autres médias, il se contente de tourner en ridicule les « gourous de la technologie », qui « révèlent leur méconnaissance de l’histoire » lorsqu’ils se lancent dans des « tirades quasi-religieuses à propos de la puissance d’internet ». Il illustre cette caricature par un florilège de citations stupides, soigneusement choisies parmi deux décennies de discours sur Internet, mais il laisse soigneusement de côté tout le travail sérieux sur l’histoire du Net en tant que média pleinement original – et notamment, il oublie de mentionner ou de réfuter la critique posée par Timothy Wu dans l’excellent livre The Master Switch, paru l’an dernier.

Wu, professeur de droit des télécommunications, retrace avec mordant l’histoire de la régulation des médias en réponse à la possible décentralisation des monopoles et oligopoles dans les télécommunications. Replacé dans ce contexte, Internet apparaît véritablement comme un phénomène original. Morozov sait bien sûr qu’Internet est différent, il le reconnaît lui-même lorsqu’il parle de la manière dont le Net peut imiter et supplanter d’autres médias, et des problèmes que cela engendre.

C’est là que réside la plus sérieuse faiblesse de Net Delusion : dans ce refus de se confronter aux meilleurs textes sur le thème d’Internet et de sa capacité extraordinaire à connecter et émanciper. Quand Morozov parle des menaces pour la sécurité des dissidents lorqu’ils utilisent Facebook – ce qui revient à faire de jolies listes de dissidents prêtes à être utilisées par les polices secrètes des États oppresseurs – il le fait sans jamais mentionner le fait que, de longue date, des avertissements pressants sur ce sujet ont été lancés par l’avant-garde des « cyber-utopistes », incarnée par des groupes comme l’Electronic Frontier Foundation, NetzPolitik, Knowledge Ecology International, Bits of Freedom, Public Knowledge, et des dizaines d’autres groupes de pression, d’organisations d’activistes et de projets techniques dans le monde entier.

Bien évidemment, presqu’aucune mention n’est faite des principaux défenseurs de la liberté du Net, tel que le vénérable mouvement des cypherpunks, qui ont passé des décennies à concevoir, diffuser et soutenir l’utilisation d’outils cryptographiques spécialement conçus pour échapper au genre de surveillance et d’analyse du réseau qu’il identifie (à juste titre) comme étant implicite dans l’utilisation de Facebook, Google, et autres outils privés et centralisés, pour organiser des mouvements politiques.
Bien que Morozov identifie correctement les risques que les dissidents prennent pour leur sécurité en utilisant Internet, son analyse technique présente des failles sérieuses. Lorsqu’il avance, par exemple, qu’aucune technologie n’est neutre, Morozov néglige une des caractéristiques essentielles des systèmes cryptographiques : il est infiniment plus facile de brouiller un message que de casser le brouillage et de retrouver le message original sans avoir la clé.

Battre la police secrète à son propre jeu

En pratique, cela signifie que des individus disposant de peu de ressources et des groupes dotés de vieux ordinateurs bon marché sont capables de tellement bien chiffrer leurs messages que toutes les polices secrètes du monde, même si elles utilisaient tous les ordinateurs jamais fabriqués au sein d’un gigantesque projet s’étalant sur plusieurs décennies, ne pourraient jamais déchiffrer le message intercepté. De ce point de vue au moins, le jeu est faussé en faveur des dissidents – qui jouissent pour la première fois du pouvoir de cacher leur communication hors d’atteinte de la police secrète – au détriment de l’État, qui a toujours joui du pouvoir de garder ses secrets ignorés du peuple.

La façon dont Morozov traite de la sécurité souffre d’autres défauts. C’est une évidence pour tous les cryptologues que n’importe qui peut concevoir un système si sécurisé que lui-même ne peut pas trouver de moyen de le casser (ceci est parfois appelé la « Loi de Schneier », d’après le cryptologue Bruce Schneier). C’est la raison pour laquelle les systèmes de sécurité qui touchent à des informations critiques nécessitent toujours une publication très large et un examen des systèmes de sécurité par les pairs. Cette approche est largement acceptée comme la plus sûre, et la plus efficace, pour identifier et corriger les défauts des technologies de sécurité.

Pourtant, lorsque Morozov nous relate l’histoire de Haystack, un outil de communication à la mode censé être sécurisé, soutenu par le ministère américain des Affaires étrangères, et qui s’est révélé par la suite totalement non-sécurisé, il prend pour argent comptant les déclarations du créateur de Haystack affirmant que son outil devait rester secret car il ne voulait pas que les autorités iraniennes fassent de la rétro-ingénierie sur son fonctionnement (les vrais outils de sécurité fonctionnent même lorsqu’ils ont fait l’objet d’une rétro-ingénierie).

Au lieu de cela, Morozov concentre ses critiques sur l’approche « publier tôt, publier souvent » (NdT : Release early, release often) des logiciels libres et open source, et se moque de l’aphorisme « avec suffisamment de paires d’yeux, les bugs disparaissent » (NdT appelé aussi Loi de Linus). Pourtant, si cela avait été appliqué à Haystack, cela aurait permis de révéler ses défauts bien avant qu’il n’arrive entre les mains des activistes iraniens. En l’occurence, Morozov se trompe complètement : si l’on veut développer des outils sécurisés pour permettre à des dissidents de communiquer sous le nez de régimes oppressifs, il faut largement rendre public le fonctionnement de ces outils, et les mettre à jour régulièrement au fur et à mesure que des pairs découvrent de nouvelles vulnérabilités.

Morozov aurait bien fait de se familiariser avec la littérature et les arguments des technologues qui s’intéressent à ces questions et y ont réfléchi (les rares fois où il leur accorde son attention c’est pour se moquer des fondateurs de l’EFF : Mitch Kapor pour avoir comparé Internet à un discours de Jefferson, et John Perry Barlow pour avoir écrit une Déclaration d’indépendance du cyberespace). Certains des experts les plus intelligemment paranoïaques au monde ont passé plus de vingt ans à imaginer les pires scénarios catastrophes technologiquement plausibles, tous plus effrayants que les spéculations de Morozv – comme son hypothèse farfelue selon laquelle la police secrète pourrait un jour prochain avoir la technologie pour isoler des voix individuelles dans un enregistrement de milliers de manifestants scandant des slogans, pour les confronter à une base de données d’identités.

Surveiller les surveillants

Le tableau que dépeint Morozov de la sécurité des informations est trompeusement statique. Notant que le web a permis un degré de surveillance alarmant par des acteurs commerciaux tels les réseaux de publicité, Morozov en tire la conclusion que cette sorte de traçage sera adoptée par les gouvernements adeptes de censure et d’espionnage. Mais les internautes sensibles à la menace des publicitaires peuvent sans difficulté limiter cet espionnage à l’aide de bloqueurs de pub ou de solutions équivalentes. Il est déplorable qu’assez peu de personnes tirent avantage de ces contre-mesures, mais de là à supposer que les dissidents sous des régimes répressifs auront la même confiance naïve dans leur gouvernement que le client moyen envers les cookies de traçage de Google, il y a un pas énorme à franchir. Dans l’analyse de Morozov, votre vulnérabilité sur le web reste la même, que vous ayez un a priori bienveillant ou hostile à l’égard du site que vous visitez ou du mouchard qui vous préoccupe.

Morozov est également prêt à faire preuve d’une improbable crédulité lorsque cela apporte de l’eau à son moulin – par exemple, il s’inquiète du fait que le gouvernement chinois ait imposé d’installer un programme de censure obligatoire, appelé « barrage vert », sur tous les PC, même si cette manœuvre a éte tournée en ridicule par les experts en sécurité du monde entier, qui ont prédit, à raison, que cela serait un échec lamentable (si un programme de censure n’est pas capable d’empêcher votre enfant de 12 ans de regarder du porno, il n’empêchera pas des internautes chinois éduqués de trouver des informations sur Falun Gong). Dans le même temps, Morozov oublie complètement d’évoquer les projets de l’industrie du divertissement consistant à exploiter l’« informatique de confiance » dans le but de contrôler l’utilisation de votre PC et de votre connection à Internet, ce qui constitue une menace plus crédible et plus insidieuse pour la liberté du Net.

Morozov n’est pas le seul à avoir cette vision erronnée de la sécurité sur Internet. Comme il le fait remarquer, l’appareil diplomatique occidental regorge d’imbéciles heureux prenant leurs désirs pour la réalité en matière de technologie. L’experte de la Chine Rebecca MacKinnon, que l’auteur cite tout au long de Net Delusion, raille l’obstination aveugle des ingénieurs et des diplomates à percer les pare-feux de la censure (comme la « grande e-muraille de Chine »), alors même qu’ils négligent d’autres risques beaucoup plus importants et pernicieux que le politburo de Pékin fait peser sur la liberté. Si Net Delusion a pour but d’amener le corps diplomatique à écouter d’autres groupes d’experts, ou d’inciter la presse généraliste à mieux rendre compte des possibilités de la technologie, je suppose que c’est admirable. Mais je crois que Morozov espère toucher des personnes au-delà de la Maison Blanche, Bruxelles, ou Washington ; j’ai l’impression qu’il espère que le monde entier va cesser d’attendre de la technologie qu’elle soit une force libératrice, pour plutôt faire confiance à… à quoi donc ?

Je n’en suis pas sûr. Morozov voudrait semble-t-il voir le chaos des mouvements populaires remplacé par une espèce d’activisme bien ordonné et impulsé depuis le sommet, mené par des intellectuels dont les réflexions ne peuvent pas s’exprimer de manière concise dans des tweets de 140 caractères. Morozov se voit-il lui-même comme l’un de ces intellectuels ? Voilà un point qui n’est jamais exprimé clairement.

Il est important de se poser la question de la place des discours sérieux à l’ère d’Internet, et Morozov essaie ici d’étayer ses arguments techniques avec des arguments idéologiques. De son point de vue, Internet n’est que le dernier avatar d’une série de technologies de communication qui ne propagent que futilités, rumeurs et inepties, évinçant ainsi les pensées et les réflexions sérieuses. Il n’est pas le premier à remarquer que des médias qui livrent des informations à un rythme effréné conduisent à réfléchir de manière rapide et papillonante ; Morozov cite le livre de Neil Postman publié en 1985, « Amusing Ourselves to Death » (NdT : « Se distraire à en mourir »), mais il aurait tout aussi bien pu citer Walden ou la vie dans les bois, de Henry David Thoreau : « Nous sommes prêts à creuser un tunnel sous l’Atlantique pour rapprocher de quelques semaines l’Ancien monde du Nouveau ; mais la première nouvelle qui passera jusqu’aux oreilles américaines sera sans doute que la princesse Adélaïde a la coqueluche. »

« Internet nous rendra stupide »

En d’autres termes, les intellectuels se sont de tout temps lamentés sur la futilisation inhérente aux médias de masse – je ne vois pas de grande différence entre les arguments de l’Eglise contre Martin Luther (permettre aux laïcs de lire la Bible va futiliser la théologie) et ceux de Thoreau, Postman et Morozov qui prétendent qu’Internet nous rend stupides car il nous expose à trop de « LOLCats ».

Mais comme le fait remarquer Clay Shirky, il existe une différence fondamentale entre entendre parler de la santé de la princesse Adélaïde grâce au télégraphe ou suivre les rebondissements de Dallas à la télévision, et faire des « LOLCats » sur le Net : créer un « LOLCat » et le diffuser dans le monde entier est à la portée de tous. Autrement dit, Internet offre la possiblité de participer, d’une manière que les autres médias n’avaient même jamais effleurés : quiconque a écrit un manifeste ou une enquête peut les mettre largement à disposition. Dans un monde où chacun est en mesure de publier, il devient plus difficile, c’est vrai, de savoir à quoi il faut prêter attention, mais affirmer que la liberté serait mieux servie en imposant le silence à 90% de la population afin que les intellectuels aient le champ libre pour éduquer les masses est complètement stupide.

Pourtant, Morozov présente comme un inconvénient la facilité à publier en ligne. D’abord parce que d’après lui les futilités finissent par submerger les sujets sérieux, ensuite parce que des cinglés nationalistes anti-démocratie peuvent utiliser le Net pour attiser la haine et l’intolérance, et enfin parce que les difficultés que l’on rencontrait autrefois pour s’organiser politiquement constituaient un moyen en soi de forger son engagement, les risques et les privations associés à la dissidence renforçant la résolution des opposants.

Il est vrai qu’Internet a mis à portée de clic plus de futilités que jamais auparavant, mais c’est seulement parce qu’il a mis à portée de clic davatange de tout. Il n’a jamais été aussi simple qu’aujourd’hui de publier, lire et participer à des discussions sérieuses et argumentées. Et même s’il existe une centaine (ou un millier) de Twitteurs futiles pour chaque blog sérieux et pertinent, du genre de Crooked Timber, il existe d’avantage de points d’entrée pour des discussions sérieuses – que ce soit sur des blogs, des forums, des services de vidéo, ou même sur Twitter – qu’il n’y en a jamais eu auparavant dans toute l’histoire de l’humanité.

Il est tentant d’observer toute cette diviersité et d’y voir une caisse de résonnance dans laquelle les personnes ayant les mêmes points de vue étriqués se rassemblent et sont toutes d’accord entre elles, mais un coup d’oeil rapide sur les débats enflammés qui sont la marque de fabrique du style réthorique d’Internet suffit pour nous en dissuader. En outre, si nous étions tous enfermés dans une caisse de résonnance se limitant à une mince tranche de la vie publique, comment se fait-il que toutes ces futilités – videos marrantes de Youtube, coupures de presse people fascinantes et liens vers l’étrange et le saugrenu – continuent à parvenir jusqu’à nos écrans ? (Morozov essaie ici d’avoir le beurre et l’argent du beurre, en nous prévenant que nous sommes à la fois en danger de nous noyer dans des futilités, et que l’effet de caisse de résonnance va tuer la sérendipité).

Je suis moins inquiet que Morozov sur le fait que le Net fournisse un refuge aux fous littéraires à tendance paranoïaque, aux racistes hyper-nationalistes et aux hordes de tarés violents.
Les gens qui croient en la liberté d’expression ne doivent pas s’affliger du fait que d’autres utilisent cette liberté pour tenir des propos mauvais, méchants ou stupides ; comme le dit le mantra de la libre expression : « La réponse à de mauvaises paroles est davantage de paroles ».

Pour la liberté

Sur ce point également Internet n’est pas neutre, et penche plutôt en faveur des défenseurs de la liberté. Les gouvernements puissants ont toujours eu la possibilité de contrôler la parole publique par le biais de la censure, des medias officiels, de la tromperie, des agents provocateurs et de bien d’autres moyens visibles ou invisibles. Mais ce qui est original, c’est que les oligarques russes utilisant Internet pour faire de la propagande sont désormais obligés de le faire en utilisant un media que leurs opposants idéologiques peuvent également exploiter. A l’époque soviétique, les dissidents se limitaient d’eux-mêmes à des chuchottements et des samizdat copiés à la main ; de nos jours, leurs héritiers peuvent lutter à armes égales avec les propagandistes de l’Etat sur le même Internet, un lien plus loin. Bien sûr, c’est risqué, mais le risque n’est pas nouveau (et la création et l’amélioration d’outils permettant l’anonymat, ouverts et validés par des pairs, ouvre de nouvelles perspectives en terme de limitation des risques) ; ce qui est nouveau c’est le remplacement de canaux de propagande unidirectionnels, comme la télévision (qu’elle diffuse des contenus de l’Est ou de l’Ouest) par un nouveau média qui permet de placer n’importe quel message à côté de n’importe quel autre grâce à des concepts puissants comme les hyperliens.

Je partage avec Morozov l’ironie de la situation lorsque les radicaux islamistes utilisent Internet pour honnir la liberté, mais alors que Morozov trouve ironique que les outils de la liberté puissent être utilisés pour embrasser la censure, je trouve ironique que pour se faire entendre, des apprentis-censeurs s’appuient sur le caractère universellement accessible d’un des médias les plus difficiles à censurer jamais conçus.

Sur le fait que la privation est fondamentale pour renforcer l’engagement des activistes, je suis confiant dans le fait que pour chaque tâche automatisée par Internet, de nouvelles tâches, difficiles à simplifier, vont apparaître et prendre leur place. En tant qu’activiste politique durant toute ma vie, je me souviens des milliers d’heures de travail que nous avions l’habitude de consacrer à l’affichage sauvage, au remplissage d’enveloppes ou aux chaînes téléphoniques simplement dans le but de mobiliser les gens pour une manifestation, une pétition ou une réunion publique (Morozov minimise la difficulté de tout cela, lorsqu’il suppose, par exemple, que les Iraniens apprendraient par le bouche à oreille qu’une manifestation va avoir lieu, quels que soient les outils disponibles, ce qui m’amène à croire qu’il n’a jamais essayé d’organiser une manifestation à l’époque où Internet n’existait pas). Je suis convaincu que si nous avions eu la possibilité d’informer des milliers de gens d’un simple clic de souris, nous ne serions pas ensuite rentrés tranquillement chez nous ; ce travail besogneux engloutissait la majeure partie de notre temps et de notre capacité à imaginer de nouvelles façons de changer les choses.

En outre, Morozov ne peut pas gagner sur les deux tableaux : d’un côté, il tire le signal d’alarme à propos des groupes extrémistes et nationalistes qui sont constitués et motivés par le biais d’Internet en vue de réaliser leurs opérations terrifiantes ; et quelques pages plus loin, il nous dit qu’Internet facilite tellement les choses que plus personne ne sera suffisamment motivé pour sortir de chez lui pour faire quoi que ce soit de concret.

Morozov observe les centaines de milliers voire les millions de personnes qui sont motivées pour faire quelques minuscules pas pour le soutien d’une cause, comme par exemple changer son avatar sur Twitter ou signer une pétition en ligne, et il en conclut que la facilité de participer de façon minime a dilué leur énergie d’activiste. J’observe le même phénomène, je le compare au monde de l’activisme tel que je l’ai connu avant Internet, dans lequel les gens que l’on pouvait convaincre de participer à des causes politiques se chiffraient plutôt en centaines ou en milliers, et je constate que tous les vétérans de l’activisme que je connais ont commencé en effectuant un geste simple, de peu d’envergure, puis ont progressivement évolué vers un engagement toujours plus fort et plus profond ; j’en arrive donc à la conclusion que le Net aide des millions de personnes à se rendre compte qu’ils peuvent faire quelque chose pour les causes qui leur tiennent à cœur, et qu’une partie de ces personnes va continuer et en faire toujours plus, petit à petit.

Le pouvoir libérateur de la technologie

La plus étrange des thèses soutenues dans Net Delusion est que la confiance que place l’Occident dans le pouvoir libérateur de la technologie a mis la puce à l’oreille des dictateurs – qui n’étaient auparavant pas intéressés par le controle du Net – et a rendu Internet plus difficilement utilisable dans un but de propagation de la liberté. Morozov cite en exemple la réponse des autorités Iraniennes aux affirmations outrancières qu’a tenu le Département d’État américain sur le rôle qu’aurait joué Twitter dans les manifestations post-électorales. Selon Morozov, les hommes politiques au pouvoir en Iran étaient en grande partie indifférents au Net, jusqu’à ce que les Américains leur annoncent que celui-ci allait causer leur perte, suite à quoi ils prirent sur eux de transformer Internet en un outil d’espionnage et de propagande à l’encontre de leurs citoyens.

Morozov fait ensuite état de divers dirigeants, comme Hugo Chávez, qui ont utilisé la rhétorique des USA pour appuyer leurs propres projets concernant Internet.

Il accuse également Andrew Mc Laughlin, conseiller technique adjoint du gouvernement des États-Unis, d’avoir fourni des munitions aux dictateurs du monde entier en déclarant publiquement que les compagnies de télécommunications américaines censurent en secret leurs réseaux, car cela a permis aux dictateurs de justifier leurs propres politiques.

C’est peut-être le passage le plus bizarre de Net Delusion, car il revient à dénoncer le fait qu’un homme politique américain combatte la censure sur le territoire national, au prétexte que les dictacteurs étrangers seront réconfortés d’apprendre qu’ils ne sont pas les seuls à pratiquer la censure. Il me semble peu vraisemblable que Morozov veuille véritablement que les hommes politiques occidentaux ferment les yeux sur la censure opérée dans leurs pays de peur que l’écho des imperfections de l’Occident ne parvienne à des oreilles hostiles.

Dans la foulée, Morozov nous prévient que les dictateurs ne sont ni des imbéciles ni des fous, mais plutôt des politiciens extrêmement retors, et techniquement très éclairés.
Je pense qu’il a raison : la caricature occidentale dépeignant les dictatures comme des idiocraties criminelles vacillantes ne coïncide tout simplement pas avec les réalisations techniques et sociales de ces Etats – et c’est justement pourquoi je pense qu’il a tort sur les relations entre les dictatures et Internet. Le pouvoir découle directement de mécanismes de communication et d’organisation, et Internet est là depuis suffisamment longtemps pour que tout autocrate accompli en ait pris note. L’idée que l’élite gouvernante de l’Iran n’ait pris conscience du pouvoir d’Internet que lorsque le ministère des affaires étrangères des Etats-Unis ont publiquement demandé à Twitter de modifier son planning de maintenance (afin de ne pas interférer avec les tweets liés aux élections en Iran) me paraît aussi ridicule que la surestimation, par ce même ministère des affaires étrangères, de l’influence que peut avoir Twitter sur la politique étrangère. Les activistes qui ont fait attention à la manière dont les Etats autoritaires interfèrent dans l’utilisation d’Internet par leurs citoyens, savent que la méfiance – et la convoitise – à l’égard du pouvoir d’Internet s’est développée dans les dictatures du monde entier depuis le moment où l’opinion publique s’est intéressée à Internet.

Le véritable problème dans la présentation que Morozov fait des « net-utopistes » est qu’ils n’ont rien en commun avec le mouvement que je connais intimement et dont je fais partie depuis une décennie. Là où Morozov décrit des personnes qui voient Internet comme une « force uni-directionnelle et déterministe allant soit vers une émancipation globale, soit vers une oppression globale » ou « qui refusent de reconnaître que le Web peut tout autant renforcer les régimes autoritaires que les affaiblir », je ne vois que des arguments spécieux, des caricatures inspirées des gros titres de CNN, des extraits sonores de porte-paroles de l’administration américaine, et des réparties de conférence de presse.

Tous ceux que je connais dans ce mouvement – des donateurs aux concepteurs d’outils, en passant par les traducteurs, des activistes de choc aux mordus de l’ONU – savent qu’Internet représente un risque tout autant qu’une opportunité. Mais contrairement à Morozov, ces personnes ont un plan pour minimiser les risques émanant de l’utilisation d’Internet (ceci explique pourquoi il y a tant de campagnes autour de la vie privée et des problèmes de censure provenant des logiciels propriétaires, des services de réseaux sociaux et des systèmes centralisés de collecte de données comme Google) et pour maximiser son efficacité en tant qu’outil démancipation. Ce plan implique le développement de logiciels libres et la diffusion de pratiques qui garantissent un meilleur anonymat, des communications plus sécurisées, et même des outils abstraits comme des protocoles réseau à divulgation nulle de connaissance qui permettent une large propagation des informations à travers de vastes groupes de personnes sans révéler leurs identités.

Morozov a raison d’affirmer que les hommes politiques occidentaux ont une vue simpliste du lien entre Internet et la politique étrangère, mais ce n’est pas simplement un problème de politique étrangère, ces mêmes hommes politiques ont incroyablement échoué à percevoir les conséquences d’Internet sur le droit d’auteur, la liberté d’expression, l’éducation, l’emploi et tous les autres sujets d’importance. Morozov a raison de dire que les métaphores dignes de la Guerre Froide comme « Grande muraille électronique » occultent autant qu’elles dévoilent (Net Delusion vaut son prix ne serait-ce que pour sa brillante démonstration que les dictatures utilisent autant les « champs » que les « murs » dans leurs stratégies Internet, et que ceux-ci demandent à être « irrigués » plutôt que « renforcés » ou « démolis »).

Mais dans son zèle à éveiller les décideurs politiques aux nuances et aux aspects non-techniques de la politique étrangère, il est approximatif et paresseux. Il affirme que ce qui différencie Internet d’un fax de l’époque des samizdat, c’est qu’Internet est utile tout autant aux oppresseurs qu’aux opprimés – mais je n’ai jamais rencontré de bureaucrate qui n’aimait pas son fax.

Et bien que Morozov tienne à nous montrer que « ce ne sont pas les tweets qui font tomber les gouvernements, c’est le peuple », il déclare ensuite allègrement que le bloc soviétique s’est désagrégé de lui-même, et pas à cause du peuple, qui n’a eu aucun rôle dans cet inévitable coup de balai de l’Histoire. Morozov croit peut-être que c’est exact dans le cas de l’URSS, mais étant donné qu’une large part du reste du livre est consacrée à la situation difficile des dissidents sur le terrain, je pense que l’on peut affirmer que même Morozov serait d’accord avec lui-même pour dire que, parfois, le peuple joue un rôle dans le renversement des régimes autoritaires.

Pour parvenir à ce but, les dissidents ont besoin de systèmes pour communiquer et s’organiser. Toute entreprise humaine qui nécessite le travail de plusieurs personnes doit consacrer une certaine partie de ses ressources au problème de la coordination : Internet a simplifié grandement ce problème (rappelez-vous les heures consacrées par les activistes au simple envoi de cartes postales contenant les informations au sujet d’une prochaine manifestation). En cela, Internet a donné un avantage substantiel aux dissidents et aux outsiders (qui ont, par définition, moins de ressources de départ) par rapport aux personnes détenant le pouvoir (qui, par définition, ont amassé suffisamment de ressources pour en engloutir une partie dans la coordination et en conserver encore suffisamment pour gouverner).

Internet permet à d’avantage de personnes de s’exprimer et de participer, ce qui signifie inévitablement que les mouvements de protestation vont avoir un ensemble d’objectifs plus diffus qu’à l’époque des révolutions autoritaires orchestrées par le haut. Mais Morozov idéalise le consensus des révolutions passées – que ce soit en 1776, 1914 ou 1989, chaque révolution réussie est une fragile coalition d’intérêts et de points de vue antagonistes, rassemblés par le désir commun d’abolir l’ancien système, même s’il n’y a pas de consensus sur ce qui doit le remplacer.

Désormais, Internet est devenu tellement intégré au fonctionnement des Etats du monde entier qu’il semble difficile d’accorder crédit à la crainte de Morozov selon laquelle, en cas de menace révolutionnaire sérieuse, les gouvernements débrancheraient simplement la prise. Comme Morozov lui-même le fait remarquer, la junte brutale de Birmanie a laissé fonctionner Internet en permanence pendant les violentes répressions des émeutes politiques, en dépit de la désapprobation mondiale qu’elle a subie du fait des compte-rendus diffusés sur Internet; la Chine dépend tellement du Net pour son fonctionnement interne qu’il est impossible d’envisager une coupure du Net à l’échelle nationale (et les coupures régionales, comme celle de la province du Xinjiang pendant les émeutes des Ouïghours, sont justement remarquables par leur caractère exceptionnel).

Le monde a besoin de plus de personnes oeuvrant à l’amélioration du sort des activistes qui utilisent Internet (c’est-à-dire de tous les activistes). Nous avons besoin d’un débat sérieux au sujet des tactiques comme les DDoS (distributed denial-of-service attack ou attaques distribuées par déni de service) – qui inondent les ordinateurs avec de fausses requêtes pour les rendre inaccessibles – que certains ont comparés à des sit-in. En tant que personne arrêtée lors de sit-ins, je pense que cette comparaison est fausse. Un sit-in ne tire pas uniquement son efficacité du blocage des portes de tel endroit blâmable, mais de la volonté affichée de se tenir devant ses voisins et d’assumer le risque d’une arrestation ou de blessures au bénéfice d’une cause juste, ce qui confère une légitimité éthique à la démarche et facilite l’adhésion. En tant que tactique, les DDoS s’apparentent plus à de la super glu dans les serrures d’une entreprise ou au sabotage des lignes de téléphone – risqué, c’est certain, mais plus proche du vandalisme et donc moins susceptible de rallier vos voisins à votre cause.

Nous devons réparer l’Internet mobile, qui – reposant sur des réseaux et des appareils fermés – est plus propice à la surveillance et au contrôle que l’Internet filaire. Nous devons nous battre contre les manoeuvres– menées par les entreprises du divertissement et les géants de l’informatique comme Apple et Microsoft – consistant à concevoir des machines dont le fonctionnement est secret et échappe au consentement de leur propriétaire, au prétexte de protéger le copyright.

Nous devons prêter attention à Jonathan Zittrain (un autre universitaire que Morozov tout à la fois rejette puis rejoint sans même s’en rendre compte), dont « Le Futur d’Internet » met en garde sur le fait que l’augmentation des crimes, escroqueries et autres fraudes sur le Net fatigue l’utilisateur et rend les gens plus enclins à accepter d’utiliser des appareils et des réseaux verrouillés, pouvant être utilisés aussi bien pour les contrôler que pour les protéger.

Nous avons besoin de tout cela, et surtout d’une critique sérieuse et d’une feuille de route pour l’avenir de l’activisme sur le Net, car les régimes répressifs du monde entier (y compris les soit-disants gouvernements libres de notre Occident) usent pleinement des nouvelles technologies à leur avantage, et le seul moyen pour l’activisme d’être efficace dans cet environnement est d’utiliser les mêmes outils.

Notes

Ce texte est sous licence Creative Commons by (le ‘by’ s’appliquant à Framablog, pas à RWW, merci de pointer vers cette adresse si vous republiez ce texte et non vers ce billet sur RWW)

Image CC-by de han Soete

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http://fr.readwriteweb.com/2011/01/28/a-la-une/lactivisme-sur-internet-cory-dotcorow-rpond-evgeny-morozov/feed/ 10
Openleaks ouvre ses portes : Wikileaks a de la concurrence http://fr.readwriteweb.com/2011/01/28/a-la-une/openleaks-ouvre-ses-portes-wikileaks-de-concurrence/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/28/a-la-une/openleaks-ouvre-ses-portes-wikileaks-de-concurrence/#comments Fri, 28 Jan 2011 12:39:37 +0000 Curt Hopkins http://fr.readwriteweb.com/?p=11967

En septembre, plusieurs membres de Wikileaks ont quitté l’organisation, se plaignant de la tyranie de son leader, Julian Assange. En novembre, les dissidents annonçaient leur intention de créer un projet concurrent, appelé OpenLeaks, censé être en ligne en décembre, il est finalement en ligne aujourd’hui.

Hier, Cryptome (un autre site du type Wikileaks, antérieur à celui-ci et qui entretient des relations tendues avec Assange) a publié un PDF décrivant les contenus d’OpenLeaks. OpenLeaks a annoncé de son coté que contrairement à ce qui était annoncé dans ce document, toutes les zones de contenus n’étaient pas encore en ligne et fonctionnelles.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Notre hypothèse sur la façon dont OpenLeaks devrait opérer semble se confirmer. Les sources mettront en ligne leurs fichiers à destination d’organisations designées par ces dernières : journaux, chaines de télévision, radios, ONG, syndicats, etc.

OpenLeaks, contrairement à Wikileaks, ne publiera rien lui même : ne pas assurer la moindre fonction éditoriale est une façon pour OpenLeaks de se mettre à l’abrit des pressions politiques que connait Wikileaks aujourd’hui.

Dans ses FAQ, les membres d’OpenLeaks prennent leurs distances avec Wikileaks, de façon polie :

«Nombre d’entre nous ont été impliqué dans le projet Wikileaks. Plus aucun d’entre nous ne collabore désormais avec Wikileaks, et nous avons tous quitté ce projet en septembre dernier (quoi qu’en disent certains). Bien que nous soyons tout à fait en phase avec les objectifs poursuivis par Wikileaks, et souhaitons qu’il réussisse, OpenLeaks est un projet indépendant»

OpenLeaks affirme que le site tel qu’il se présente aujourd’hui n’est qu’une version Alpha, et que la Beta débutera «début 2011». Ceux qui souhaitent rejoindre la communauté OpenLeaks pourront postuler dans les mois à venir.

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http://fr.readwriteweb.com/2011/01/28/a-la-une/openleaks-ouvre-ses-portes-wikileaks-de-concurrence/feed/ 8
Les Egyptiens sont-ils les meilleurs cyberactivistes du monde ? http://fr.readwriteweb.com/2011/01/26/a-la-une/les-egyptiens-sontils-les-meilleurs-cyberactivistes-du-monde/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/26/a-la-une/les-egyptiens-sontils-les-meilleurs-cyberactivistes-du-monde/#comments Wed, 26 Jan 2011 07:30:42 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11939

C’est en tout cas la question que l’on peut se poser après la lecture du billet de ByLasko, l’une des figures de la cyber-résistance tunisienne, qui écrivait un long article, trois mois avant le début de la révolution tunisienne, sur les interactions entre Facebook, les média sociaux, et les diverses formes de protestations qui avait secoué l’Egypte l’an dernier.

Un excellente lecture, pour ceux qui veulent prendre un peu de recul sur le temps réel des évènements en Egypte, et se plonger dans ce qui est sans doute l’un des évènements qui a montré l’exemple aux Tunisiens, avant qu’eux même ne donnent l’exemple aux Egyptiens. Le tout écrit par un Tunisien.

« Nous sommes tous Khaled Said », sortie des archives récentes de ReadWriteWeb, c’est à lire ici !

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http://fr.readwriteweb.com/2011/01/26/a-la-une/les-egyptiens-sontils-les-meilleurs-cyberactivistes-du-monde/feed/ 8
Face à la montée de la colère en Egypte, le gouvernement censure Twitter http://fr.readwriteweb.com/2011/01/26/a-la-une/face-monte-de-colre-en-egypte-gouvernement-censure-twitter/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/26/a-la-une/face-monte-de-colre-en-egypte-gouvernement-censure-twitter/#comments Wed, 26 Jan 2011 01:27:47 +0000 Global Voices http://fr.readwriteweb.com/?p=11923

L’Égypte a franchi une nouvelle étape dans la guerre contre internet en coupant l’accès des téléphones mobiles dans les zones où des milliers de manifestants se sont rassemblés aujourd’hui lors de la journée décrite comme le Day of Revolution. L’objectif semble être de contrôler la foule de manifestants et d’étrangler le mouvement.

Les manifestations se sont multipliées dans le pays aujourd’hui, avec des slogans pour la fin du règne de 30 ans du Président Hosni Moubarak, contre la corruption, les échecs économiques ainsi que d’autres revendications. Les informations sur les manifestations et les lieux de rassemblement ont été diffusés sur les réseaux sociaux, dont la plateforme Twitter, qui a été censurée par les autorités.

Cette censure a déclenché la colère, d’autant plus qu’il s’agit de la première fois dans l’histoire égyptienne qu’une censure aussi dure a été mise en place pour réduire au silence les internautes. Cette décision est un rappel sombre de la censure de fer imposée par le président déchu Ben Ali, dans la Tunisie toute proche, révolution qui a galvanisé des millions de citoyens du monde arabe.

Depuis le Caire, Eman Hashim tweete :

le régime de moubarak nous bloque l’accès à internet. Faites passer la nouvelle. Nous sommes pris au piège #25jan

Elle ajoute :

Impossible d’accéder à Twitter depuis l’ADSL à la maison et bientôt à partir des téléphones mobiles avec 3G. On est pris au piège.

Mohamed ElGohary confirme :

TWITTER BLOQUE EN EGYPTE #Jan25

Alaa Abd El Fattah est folle de rage :

rappel IL N Y A RIEN DANS LE LOI ÉGYPTIENNE QUI AUTORISE LE BLOCAGE DE SITES. pas une seule clause. Les FAI obéissent à des ordres illégaux.

Rami Raoof suggère un solution pour contourner le blocage :

internautes en #Egypt-si vous voulez accès à Twitter.com & Bambuser.com téléchargez TOR depuis http://torproject.org #Jan25

Les communications par mobile semblent également coupées.

Sally Sami annonce :

Viens de quitter la place tahrir. Gaz lacrymo est tiré et la plupart des téléphones mobiles ne fonctionnent pas #jan25

Elle précise :

Les téléphones avec abonnement Mobinil qui étaient sur la place tahrir ont été déconnectés #jan25

Les sites d’information sont également filtrés, pour empêcher les nouvelles sur les manifestations de se répandre.

En Jordanie, Tololy note:

Dostor.org (un site d’informations indépendant qui couvre en direct les manifs #Jan25 ) censuré pour la deuxième fois en #Egypt #ArabProtest

Suad Al Subaie ajoute :

Des portraits de Hosni Moubarak ont été déchiré en public. 100+ arrêtés. 3 importantes chaines de TV empêchées de couvrir #Egypt #jan25

Pour suivre les événements en Egypte, suivre le mot-clé #Jan25 sur Twitter.

Ecrit par Amira Al Hussaini et traduit par Claire Ulrich

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http://fr.readwriteweb.com/2011/01/26/a-la-une/face-monte-de-colre-en-egypte-gouvernement-censure-twitter/feed/ 7
Tunisie : la démocratie ‘Facebook inside’ ? http://fr.readwriteweb.com/2011/01/24/a-la-une/tunisie-dmocratie-facebook-inside/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/24/a-la-une/tunisie-dmocratie-facebook-inside/#comments Mon, 24 Jan 2011 13:29:50 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11834

A l’époque de la dictature, alors qu’il était de mise de se taire dans les espaces semi publics de Facebook, les Tunisiens y étaient déjà de grands bavards (une caractéristique méridionale ?). Depuis une semaine à peine, ce qu’il se passe sur le Facebook Tunisien est d’une toute autre nature.

On n’y bavarde plus, on y discute, de façon très sérieuse et étonnamment constructive, de l’avenir du pays.

La Tunisie est préssée d’une dictature brutale à une démocratie qui se cherche en un mois, sans même passer par les inévitables scènes de lynchage (une première ou presque dans l’histoire des révolution), et surtout, sans leader sur qui retomberait la légitimité d’une révolution (première, là aussi).

La télévision, bien incapable d’étancher la soif de débat des Tunisiens, doit faire avec la prépondérance de Facebook dans le pays pour tout ce qui relève de l’échange et du débat. C’est là qu’il a lieu, la télévision, média ‘top to bottom’ par nature, étant bien incapable de satisfaire au besoin (sans parler qu’elle manque de crédibilité)

Du coup, ce tout jeune processus démocratique a très largement lieu sur l’espace naturel de Facebook, avec milles discussions passionnées, certaines ayant pour initiateur un même contenu, toutes réparties dans des espaces semi public ou semi privés de Facebook. Là encore, première, pas de mass media pour imposer un agenda politique à une population.

Quelles seront les conséquences de la prépondérance de Facebook et de ses multiples conversations éclatées aux quatre coins de l’espace Tunisien qu’il abrite ? Difficile à dire, mais la relecture du livre de Versac, qui abordait le problème posé par un processus démocratique sans média fédérateur pourrait apporter quelques réponses, pour peu qu’on prenne en compte que son analyse – globalement négative – de ce phénomène, portait sur son application à la démocratie Française, et pas du tout sur un processus de construction démocratique à l’échelle d’un pays sortant d’une dictature.

Un long sujet de débat en perspective. En attendant, ceux qui sont Tunisiens ou qui ont une large proportion de leurs amis Facebook qui le sont, voient leur timeline occupée essentiellement par la mise au monde de la toute première démocratie arabe de la planète.

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Comment Klout m’a invité à tester l’Audi A8 alors que je n’ai pas mon permis? http://fr.readwriteweb.com/2011/01/22/divers/comment-klout-ma-invite-tester-laudi-a8-alors-je-nai-pas-mon-permis/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/22/divers/comment-klout-ma-invite-tester-laudi-a8-alors-je-nai-pas-mon-permis/#comments Sat, 22 Jan 2011 14:00:04 +0000 Axelle Tessandier http://fr.readwriteweb.com/?p=11801

Enfin, la vraie question, c’est pourquoi.

Je ne résiste pas à vous raconter cette histoire car, comme vous, je me demande toujours ce que veut dire avoir de l’influence, et la pertinence d’essayer de la calculer à l’aide d’algorithmes plus ou moins compliqués. Cela m’intéresse d’autant plus que la réponse à cette question semble être devenue un enjeu capital sur internet. Pour l’ego? Pas seulement. Pour les marques aussi.

On le sait, le web a considérablement révolutionné notre rapport aux marques. Comme le dit Brad Jakerman : « The irony is that while there have never been more ways to reach consumers, it’s never been harder to connect with consumers ». L’art de vendre s’est donc transformé, provoquant des changements déjà essentiels dans cette industrie.

Certes, les agences peuvent se sentir menacées, mais comme je le dis souvent ici, chaque bouleversement peut apparaitre comme une opportunité. Pour plus de créativité, et dans le meilleur des cas d’innovation: ”For the enterprising client that can see clearly through the chaos, this new world holds promise.”

Il suffit juste d’imaginer des choses un peu différentes qu’un emplacement publicitaire sur la colonne de droite qui exaspère déjà l’internaute. Les marques doivent dorénavant au minimum nous divertir. C’est encore mieux si elles arrivent à nous surprendre.

Alors me voilà donc à féliciter Audi, alors que je n’ai jamais conduit une voiture de ma vie, que je me suis rendue à la soirée à laquelle j’étais invitée plus que septique, prête à poser quelques questions à leur directeur du marketing sur la véracité de leur calcul d’influence et sur les limites de ce genre de nouvel outil de communication.

Oui, mais voilà… la soirée était vraiment sympa, le “campaign specialist” de Klout très transparent. Il m’a donc expliqué leur système pour choisir quels “influencers” ils invitent, correspondant aux attentes de leur client. Dans ce cas précis, Audi. “That’s technology you know”. Oui, ça, j’avais bien compris, il y a une marge d’erreur. Assez fière, je lui annonce donc: ”vous avez invité quelqu’un qui n’a pas son permis de conduire à tester une voiture en expliquant à son fabricant que j’étais une autorité ou une personnalité influente sur les réseaux sociaux dans leur domaine… amusant?”

Mon interlocuteur ne s’est absolument pas démonté et m’explique très précisément que peu importe: mon score sur Klout atteignait un certain niveau, complété par le fait que j’habite à San Francisco sans oublier que sur les dernières semaines j’ai beaucoup tweeté sur le “design” en étant relayé (retweeté donc) un nombre de fois suffisamment important. ”Parce que tu adores le design, non?”. Pour peu que j’ai mentionné l’industrie automobile ces derniers temps.

Non seulement j’adore le design, j’en parle beaucoup sur les plateformes, mais il avait réussi à me convaincre que j’avais toutes les raisons du monde d’être là. Alors, évidemment, est arrivé ce qui devait arriver. Personne ne vous oblige à parler de la fameuse marque dont je ne vais pas réécrire le nom ici, ni à dire que la soirée était formidable et leur nouvelle voiture superbe. Mais selon leurs statistiques, beaucoup de gens présents le font d’eux-même. Je confirme.

Je trouve cela assez malin, parce que si cela me permet d’éviter les publicités sur leur site, je prends. Etant donne l’activité de Klout, connu comme “The Standard of Influence”, cette nouvelle façon pour les marques d’engager les utilisateurs m’apparait assez créative. Et efficace.

On le sait, une plateforme comme Twitter offre une caisse de résonance plus importante aux voix personnelles qu’aux marques elles-mêmes. Les départements marketing qui auront intégré cela les premiers ne se laisseront pas enfermé longtemps dans les vieux schémas.

Utiliser ces voix, dont celles qui portent le plus sur des sujets donnés est donc un modèle que je découvrais.

La vraie question n’est donc plus celle de la pertinence pour une marque de tester ce genre de campagnes promotionnelles mais plus de savoir ce qu’est un “influencer” en ligne.

On pourrait en débattre longtemps. C’est déjà le cas et chacun y va de sa théorie des six piliers ou de l’équation magique. Très honnêtement cela ne me passionne pas. Pas parce que ce n’est pas intéressant ou juste, mais, tout comme “qu’est-ce que l’innovation?”, il n’y a qu’une question pour une multitude de réponses.

Klout ont été les premiers à créer une sorte de label, c’est-à-dire que nous  leur faisons confiance (ce qui reste la clé quelque soit le produit ou le service que vous proposez en ligne) pour nous donner une indication sur ce fameux relai d’opinion que certains d’entre nous représenteraient. De plus en plus d’employeurs l’utilisent, les marques y viennent donc. Logique, et loin d’être problématique en ce qui me concerne: avant de crier au loup dévoreur de data, j’essaie de me rappeler qu’en l’occurrence il s’agit de celles que je suis plus que d’accord de partager puisque Klout intègre pour le moment votre profil Twitter et Facebook.

Moi-même parfois je m’interroge sur ce petit carré qui nous divise en spécialiste ou en leader tout en me félicitant d’être un numéro entre 1 et 100. Pourtant c’est le site que je consulte quand je suis d’humeur égocentrique. L’équipe de Klout me racontait d’ailleurs les réactions incroyables qu’ils avaient reçu pendant Noël, des emails paniqués : “Pourquoi mon score baisse-t-il à cette vitesse? Que se passe-t-il? Vos serveurs ont buggé?”

Non, cher internaute, ce sont les vacances, pas de panique, profitez-en bien.

Cela en dit long sur ce que le web représente aussi. Certes, un espace communautaire, mais je crois que l’impression d’être une voix en est l’un des aspects les plus accrocheurs, qui que l’on soit. C’est peut-être juste un réflexe assez humain.

L’influence est sans aucun doute un phénomène complexe que même la meilleure des technologies aura bien du mal à nous dessiner. J’aime l’idée que le meilleur des algorithmes restent nos amis ou la recommandation humaine.  Oui, mais tout de même, cela serait bien dommage de se priver de ce que la technologie sait déjà aussi faire. C’est cela qui m’a amusé dans la campagne de Klout et de leur client. Certes “That’s only technology”, mais le moment passé à la soirée, les discussions, les rencontres avec les personnes présentes, tout cela est tout sauf automatisé. Et c’est finalement la raison pour laquelle j’ai tweeté. Pas parce que Klout avait utilisé intelligemment mes données. Mais parce qu’ils avaient réussi à y intégrer une dimension humaine. Ce sont ceux qui arrivent à faire interagir les deux qui ont vraiment compris ce que les possibilités de la révolution numérique représentait: des personnes qui se parlent derrière un ordinateur. Pas des ordinateurs qui nous parlent de data.

Axelle Tessandier
@axelletess

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Slim Amamou, ministre de la jeunesse et des sport de Tunisie #sidibouzid http://fr.readwriteweb.com/2011/01/17/a-la-une/slim-amamou-ministre-de-jeunesse-des-sport-de-tunisie-sidibouzid/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/17/a-la-une/slim-amamou-ministre-de-jeunesse-des-sport-de-tunisie-sidibouzid/#comments Mon, 17 Jan 2011 17:18:31 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11783

Pas évident d’écrire sur une telle nouvelle. Au delà des félicitations d’usage, et de la grande fierté de compter parmi nos auteurs un ministre d’une grande nation, la présence de Slim dans le gouvernement Tunisien est un signe des plus positifs pour l’avenir du pays. Les réserves de champagne, déjà largement entammées à sa libération et quasiment finies lors du départ de Ben Ali, vont devoir être renouvellées de toute urgence.

Ce sera pour moi l’occasion de tutoyer pour la première fois un ministre, et comme je le prédisais à Alkanz une semaine avant la fin de Ben Ali, de passer un peu de temps au soleil de Tunisie.

Un mot pour conclure ce qui est sans doute le billet le plus court de l’histoire de ReadWriteWeb : Vive la Tunisie, Vive la France (nan, je déconne)…Vive la Tunisie Libre !

(les curieux qui s’interrogent sur tout cela peuvent aller lire ceci sur RWW US)

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http://fr.readwriteweb.com/2011/01/17/a-la-une/slim-amamou-ministre-de-jeunesse-des-sport-de-tunisie-sidibouzid/feed/ 36
Ceci n’est ni une Wikileaks-révolution ni une Twitter-révolution #sidibouzid http://fr.readwriteweb.com/2011/01/16/a-la-une/ceci-nest-ni-une-wikileaksrvolution-ni-une-twitterrvolution-sidibouzid/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/16/a-la-une/ceci-nest-ni-une-wikileaksrvolution-ni-une-twitterrvolution-sidibouzid/#comments Sun, 16 Jan 2011 08:09:41 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11756

Avant de se ruer sur les analyses d’un phénomène que beaucoup viennent de découvrir, ou pire de ressortir les vieux papiers sur la révolution verte iranienne – et d’en tenter une réecriture rapide – pour être les premiers sur Google News, il conviendrait d’entendre ceux qui sont au front et qui m’ont poussé à écrire ce billet. Il serait, au regard de la disproportion entre l’ampleur de l’évènement et la taille de sa couverture par la presse, de bon ton de laisser les héros de cette révolution laisser lui apposer des qualificatifs marketing tels que Jasmin, qui semble en énerver plus d’un.

Ils sont artistes, blogueurs, rappeurs, et même si leur agenda est quelque peu bousculé ces temps-ci et qu’ils sont difficiles à joindre, ils sont parfaitement rompus à l’art de l’expression publique. Leur demander leur avis (ou à défaut les lire), évitera bien des malentendus, et surtout contribuera à limiter les dégâts considérables qu’a subie l’image de la France en Tunisie ces dernières semaines.

Les Tunisiens, très connectés et désormais libérés, ne manqueront pas pour témoigner (on va en publier ici, vous vous en doutez). De mon coté, après quelques Tweets et quelques mails échangés, il m’a paru important de donner une impression globale, notamment sur le rôle de Twitter et Wikileaks, dont le choix pour illustrer journalistiquement la Revolution 2.0 exaspère ceux qui, sur place, comptent les morts.

Twitter n’est apparu que très récemment dans la Révolution Tunisienne. Il n’y a eu qu’un rôle tardif et secondaire. Il montre une vraie capacité à lancer des alertes, qu’elles soient issues d’un individu isolé appelant à l’aide ou destiné à prévenir d’un évènement, au milieu du chaos qui a suivit le départ de Ben Ali (et qui semble être repris en main par l’armée, je vous incite à rester des plus vigilants là dessus).

Comme durant la révolution verte, il sert à diffuser l’info, a approuver les Tweet des uns et des autres par un retweet. Assez classique, finalement, en dehors des alertes qui pourraient jouer un rôle intéressant et utile dans le chaos post-exil de Ben Ali.

Nous auront droit sans nul doute aux habituelles ritournelles sur la fiabilité des sources, et la façon de faire avec des sources non vérifiées en abordant le problème de façon plus statistique (il y a une mine d’or, au passage, en matière de realtime datajournalism, à bon entendeur…/-).

On a aussi assisté à de réelles difficultés de compréhension des usages de la part de journalistes, qui peinent à saisir qu’ils sont face à des activistes en pleine infowar et pas face à des confrères ou des apprentis journalistes. L’épisode de l’avion de Ben Ali en fuite fut un sommet d’incompréhension savoureux.

Facebook, lui, a eu un rôle bien plus profond. Seul service social non censuré en Tunisie (enfin, partiellement censuré), il a agit comme une distribution gratuite de liberté d’expression, à la sortie des écoles et chez pas mal d’adultes, et force est de reconnaitre que les Tunisiens sont devenus accros à leur petit fix de liberté virtuelle, au point de se prendre à rêver de liberté tout court.

Wikileaks, quant à lui, n’a pas eu le moindre rôle sur le territoire Tunisien, pour autant que j’ai pu en juger. A l’extérieur, par contre, c’est une autre histoire. Autan certains cables concernant la Tunisie étaient sinistres, autant l’un d’entre eux, traitant de la corruption poussée au paroxysme du système Tunisien, peut se lire en quelques minutes, et ressemble à un scénario de film comique, parodiant Le Parrain, avec Leslie Nielsen dans le rôle de Ben Ali.

La réalité n’a(vait) bien sûr, rien de drôle, mais l’épisode du yatch volé, à lui seul, est un classique de l’histoire de fin de repas chez les Tunisiens de la diaspora (et sans doute au pays), et si vous savez raconter une histoire, vous pouvez faire rire vos amis, tout en œuvrant pour la cause Tunisienne. Ce câble, en particulier, a beaucoup servi pour faire découvrir la situation Tunisienne à beaucoup de ceux qui n’en avait jamais entendu parler, partout dans le monde.

Mais avant tout, la révolution Tunisienne est due à une situation générationelle désespérée, et a été déclenchée par le geste tragique d’un jeune enfermé dans une situation d’une banalité affligeante en Tunisie. Vendeur ambulant, à vie, avec l’équivalent d’un bac+5, c’est un sort courant là bas, lié à un système éducatif qui a hissé vers le haut toute une génération, sans pour autant lui offrir de débouchés à la hauteur de leurs espérances et de leur capacités. Eduqués, informés, jeunes et enfermés dans un système absurde ne leur offrant pas la moindre perspective, la situation était explosive, avec ou sans internet.

Infowar

Le rôle joué par les technologies sociales (et les technologies tout court) est radicalement différent selon que l’on parle de ce qu’il s’est passé en Tunisie ou à l’extérieur, en soutien à celle-ci.

Al Jazeera a commencé là dessus un travail de synthèse interessant qui permet de remettre les choses en perspective.

Nawaat.org est sans doute l’acteur qui a le plus et le mieux déployé les usages possibles de technologies sociales durant la révolution Tunisienne. Il se retrouve, du coup, au centre d’une infosphère Tunisienne en pleine recomposition. Le site se charge, en dehors de son rôle de portail d’informations politiques sur la Tunisie qu’il tient depuis longtemps, d’inventorier de façon exhaustive les témoignages, notamment vidéo. Il effectue également, entre autre choses, un travail de curatoring militant sur une quantité faramineuse de vidéos, exfiltrées de Tunisie via différentes filières, mise en place par des hackers, avant et durant la révolution, à l’époque du filtrage frénétique de Ben Ali.

Les contenus rassemblés par Nawaat sont ensuite publiés via Prosperous. Le compte Twitter de Nawaat, lui, servant de fil de news, de caution réputationelle dans ses retweets, et de lanceur ou relais d’alerte. Autant dire qu’ils ne dorment pas beaucoup depuis un mois. Le site impressionne par sa capacité à encaisser aussi bien des arrivée massives de vidéos aussitôt classés et documentés au mieux, que les attaques informatiques de la police de l’internet, qui l’ont réduit au silence plus d’une fois.

C’est d’ailleurs le besoin de déborder du cadre de l’audience de Nawaat, ainsi que l’urgence d’alerter la presse, mardi dernier, sur la brusque montée de violence lors des massacres de Kasserine, liés à des témoignages faisant état d’escadrons de la mort, qui nous a poussé à rentrer dans le lard de YouTube en hurlant un peu vite à la censure sur un service de modération… qui n’avait tout simplement pas entendu parler de la Tunisie (et qui a laissé passer tout ce qui venait de Tunisie dès qu’il a été mis au courant, tout en nous fournissant un guide destiné à en optimiser le référencement et à faciliter le travail de leur service de modération, que nous avons retransmit à nos lecteurs).

Une opération parfaitement réussie. Autant la presse française ne se ruait pas sur la Tunisie pour en parler à ses lecteurs, autant quand il s’agit de casser du sucre sur le dos de Google…

Inside eTunisia

A l’intérieur du pays, tout se passe sur Facebook. Il n’y avait jusqu’à vendredi dernier rien d’autre en dehors de quelques courageux blogs, dont la censure soudaine relevait souvent de l’arbitraire idiot, au point de se demander si le but n’était pas tout simplement de semer le chaos et la peur plus que de censurer quoi que ce soit (spéciale dédicace à Massir ;-). Facebook, le géant américain si tancé pour ses atteintes aux libertés, est là bas le seul espace de liberté.

Adolescents, lycéens, étudiants, homme de la rue, universitaires, journalistes, avocats, écrivains : tout le monde est sur Facebook.

Imaginez que vous croisiez, ‘en France’ et sur Facebook, la plupart des grands professeurs d’universités, des avocats de renom, des poètes célèbres, des icones culturelles de la scène locale… Imaginez la richesse de la vie qui s’y développerait…

Ajoutez à cela l’angoisse, la paranoïa, l’obligation de cacher son identité de peur d’être reconnu et harcelé, le soupçon permanent d’un délateur potentiel, caché parmi un groupe, la coupure de l’accès à votre compte Facebook comme une épée de Damoclès, qui peut vous couper de tout contact culturel et social (autre que la télévision d’Etat, bien sûr), et vous avez une idée de ce à quoi ressemblait Facebook en Tunisie jusqu’ici.

Imaginez qu’après avoir mis au point une astuce de community management consistant à faire vivre la population Facebook Tunisienne dans la crainte d’un harcèlement islamiste fabriqué de toutes pièces, la police internet se soit mis à mettre au point un stratagème destiné à vous voler vos identifiants Facebook et Gmail (ici pour l’alerte US), et qu’une fois celui-ci découvert, il redouble de technicité pour en mettre au point un autre beaucoup plus sophistiqué encore (découvert en début d’année 2011 par TheTechHerald)…

C’est ça, le climat sur Facebook en Tunisie.

Le rôle de Facebook comme outil de support opérationnel à la révolution Tunisienne, qui reste à étudier de près par ceux qui l’ont utilisé pour coordonner des actions et des rassemblements sur place, finira par émerger assez rapidement. Il a indéniablement servi, mais la nature même du réseau social qui sous tend Facebook (bidirectionel, contrairement à Twitter) n’a pu en faire un outil de coordination des masses, un vieux fantasme en passe de devenir un marronnier, né en Iran lors de la révolution verte.

Mais avant tout il émergera parce qu’il existe des centaines de milliers de tunisiens parfaitement en mesure de témoigner. Parmi eux, des sociologues, des experts internet de tout poil, quantité de journalistes…

Sur Facebook, bien avant la révolution tunisienne, une vie culturelle prolifique s’est déployée malgré un climat littéralement étouffant (y compris vu de Paris où il ne présentait pas le moindre risque, et où une désactivation de compte se règle en 5 minutes avec un mail à un VP).

Le Facebookeur tunisien est particulièrement bavard, je l’ai appris à mes dépends après avoir publié ce billet repris sur TunisiaWatch et qui m’a valu un afflux de demandes d’amis sur mon compte. En tout, un bon quart de mes ‘amis’ sur Facebook doivent être des ressortissants Tunisiens (je met ‘amis’ entre guillemets parce qu’avec un score de plus de 1600, ça ne veut plus rien dire).

Malgré cette faible proportion, les Tunisiens sont vite arrivés a représenter l’essentiel de ma timeline. Très, très bavards. Mais il y a pire : ils utilisent couramment trois langues sur Facebook, le Français, l’arabe et le dialecte local. Ajoutez à cela que ce dernier n’est pas compris par Google Translate, qui par ailleurs est nul avec l’arabe… Au final, invitez des Tunisiens, et ils auront tôt fait de vous pourrir votre timeline avec des choses absolument incompréhensibles pour un petit Français installé à Paris. Comme quoi tout ce que dit notre gouvernement n’est pas si idiot : un arabe, ça va, c’est quand il y en a plusieurs ;-)

Tout cela n’est pas une méthode bien scientifique pour déterminer les spécificités du Facebook Tunisien de l’époque Ben Ali, et le lien entre Facebook et la révolution n’est pas évident, mais il est à mon sens profond.

Tout d’abord, à titre personnel, à force d’être en contact avec des interlocuteurs qui vivaient sur place, il m’a permis de réaliser ce que signifiait de vivre dans une dictature comme la Tunisie. La parano, la crainte, les rancoeurs qui s’accumulent, le sentiment permanent d’être surveillé, et pour le coup, des gens qui disparaissent du jour au lendemain, qui voient leur profils désactivés, privés de toute vie sociale en ligne, laissant derrière eux des amis qui s’angoissent et partagent leur angoisse… sur Facebook, ajoutant au climat étouffant de l’ensemble.

Facebook as a platform : le système social de transition de la Tunisie ?

Pour les Tunisiens, Facebook a non seulement été leur seul espace de liberté d’expression dans un cadre public et semi public, mais il a aussi été un espace de rencontre avec d’autres personnes, dont ils partagent les goûts et la langue sans partager la nationalité (l’œuvre de Keny Arkana par exemple). Il a aussi probablement été une alternative au rêve de l’exil pour les plus jeunes, qui comme tous ceux de cette génération, se prennent à imaginer un monde où des règles si naturelles sur internet auraient cours dans la ‘vraie vie’.

Facebook a très profondément structuré la société Tunisienne, en grande partie parce qu’il n’y avait rien d’autre pour le faire, et il aura à l’avenir un rôle essentiel dans le développement de cette nation (et vous imaginez à quel point, après tout ce que l’on a pu dire ici sur Facebook et ses dangers, cela coûte à un auteur de RWW d’écrire cela).

Mis au courant dès les premiers heurts que nous avons rencontré avec ce qui s’est avéré être des policiers de l’internet de Ben Ali, Facebook a continuellement joué a l’autiste, et les rapports entre ReadWriteWeb, complètement soudé à l’occasion, et Facebook, sur lequel nous avons mis toute la pression possible sans jamais obtenir la moindre explication, ont été particulièrement tendus. Il faut reconnaitre que durant la même période, nous sortions au moins un billet par semaine dénonçant les dérives de Facebook sur la notion de vie privée, et ce en cinq langues.

Mais Facebook a agit. Le nombre de profils désactivés a diminué, la police de l’internet a cessé l’escalade entamée de cette stratégie de terreur (pour passer au phising de compte).

Il y a moins d’une semaine, lors de la désactivation du compte de l’un de nos auteurs, le jour où Ben Ali se lançait à la télévision dans l’amalgame entre blogueurs (en cavale), terroristes (imaginaires) et casseurs (ses propres troupes), pour la première fois, Facebook a donné un feedback aux alertes et aux listes de comptes désactivés que nous lui faisons régulièrement parvenir depuis presque un an : «nous sommes au courant et une enquête est en cours». Tout indique que l’enquête Tunisienne ait été ouverte depuis des mois et qu’ils aient agit. Tout indique également qu’ils l’ont fait dans l’intérêt du peuple Tunisien afin de le protéger au mieux de la cyberpolice qui y semait la terreur.

Tout cela n’est qu’une toute petite partie de la galaxie de systèmes sociaux de tout poil qui s’est mis en place avant, et surtout pendant la révolution Tunisienne, et n’est probablement pas grand chose par rapport à ce que cette nation inventera en matière de technologie sociale, si elle s’en saisi pour se reconstruire, demain.

Les photos de la manifestation de samedi à Paris en soutien au peuple tunisien sont © Respect Mag (album Flickr)

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http://fr.readwriteweb.com/2011/01/16/a-la-une/ceci-nest-ni-une-wikileaksrvolution-ni-une-twitterrvolution-sidibouzid/feed/ 65
Les Anonymous appellent à continuer le combat #sidibouzid http://fr.readwriteweb.com/2011/01/15/a-la-une/les-anonymous-appellent-continuer-combat-sidibouzid/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/15/a-la-une/les-anonymous-appellent-continuer-combat-sidibouzid/#comments Sat, 15 Jan 2011 21:52:26 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11744

Dans un appel rédigé de façon collaborative et traduit sur une plateforme de coédition (qui semble être une création maison), localisée sur le serveur AnonNews, les Anonymous appellent à ne pas relacher la pression sur les restes de la dictature de Ben Ali.

Disponible en français, en anglais ainsi qu’en Allemand, l’appel des Anonymous est précédé d’une citation du ‘Cinquième Soleil‘, un texte de la rappeuse Française Keny Arkana. Marseillaise originaire d’Argentine, l’artiste dont les Anonymous ont choisi les vers milite pour des causes proches de la philosophie altermondialiste et de la désobéissance civile, au sein d’un collectif, « La Rage Du Peuple », créé en 2004.

« Prend conscience, mon frère, reste près de ton cœur
méfis-toi du système, assassin et menteur
éloignes-toi de la haine qui nous saute tous aux bras
humanité humaine, seul l’Amour nous sauvera
écoute le silence quand ton âme est en paix
la lumière s’y trouve, la lumière est rentrée
Vérité en nous-même, fruit de la Création
n’oublie pas ton histoire, n’oublie pas ta mission »

Etant donné les engagements de l’artiste, les chances qu’elle porte plainte pour contrefaçon ou violation de copyright sont des plus minimes. Elle saura sans nul doute également leur pardonner d’avoir placé d’autorité sous licence Creative Commons ‘by’ un texte initialement protégé par le droit d’auteur. Une grosse approximation juridique sur la gestion de la propriété intellectuelle, donc (à moins qu’il s’agisse là d’un message subliminal).

‘Cinquième Soleil’, dont est issu cet extrait, est le dernier morceau du dernier album de la rappeuse, il appelle à une prise de conscience sombre mais teintée d’espoir et de solidarité, adressée à la « dernière génération à pouvoir tout changer ».

Le 12 janvier 2011 à 14h, la veille de l’annonce par Ben Ali de son retrait des élections de 2012 et de la fin de la censure, alors que les massacres redoublaient d’intensité, le producteur de la rappeuse annonçait sur Facebook la sortie prochaine de sa mixtape « L’Esquisse 2″, prévue pour le printemps prochain. Une annonce saluée par plus de 1800 clics sur le bouton « j’aime ». De quoi rendre vert de jalousie bien des grandes marques qui se creusent la tête sur la façon de pénétrer la culture Facebook pour y marketer leurs offres.

La jeune femme, qui réuni plus de 80.000 fans sur sa page Facebook, rassemble un public qui réunit une jeunesse francophone venue d’un peu partout. Elle fait un usage intensif des média sociaux : pas moins de 6 sites officiels, touchant aussi bien à sa musique, ses engagements politiques, ses espaces sociaux sur Facebook ou MySpace, ou bien encore un site eCommerce, sans oublier l’indispensable Skyblog (la plateforme, dont le rôle d’agora politique dans les évènements en Tunisie reste à étudier, prend au passage une dimension particulière qui doit en réjouir certains).

Un bon exemple des approches ‘direct to fan‘ que nous avons défendu dans ces colonnes durant la bataille d’Hadopi.

Agressif, mais civilisé

Le texte des Anonymous, outre ce clin d’oeil appuyé entre la France solidaire et la Tunisie qui se révolte, est un point sur les évènements en cours ainsi qu’une mise en garde adressée à ceux qui seraient tentés de porter secours au dictateur Ben Ali.

Il y a un mois, un jeune appelé Mohammed Bouazizi, s’est immolé afin de protester contre les pratiques d’un système corrompu. Son sacrifice a donné à tous les tunisiens le souffle et le courage qu’il leur fallait pour s’émanciper de vingt-trois années de tyrannie. En un mois, les tunisiens et les tunisiennes, ont mis fin à l’injustice avec un acte de civisme exemplaire.

Depuis que les rats on quitté le navire, Anonymous a recu des rapports constants de violations des droits de l’homme, de pillages et de destructions systématiques mises en place par la police tunisienne, les militants du RCD, et les criminels qui sont echappés de prison pendant le chaos.

Peut être, dans votre villa en Arabie Saoudite, vous jouissez des luxes dont vous avez privé votre peuple. Peut-être, vous pensez que vous êtes en securité. Que vos forces de la terreur vont créer une situation si catastrophique, que les tunisiens vous demanderont de revenir en gloire. Comme d’habitude, vous prenez les gens dignes de ce monde pour des cons. Tu te trompes.

On s’addresse a toi, Ben Ali, et à ton régime de terreur. Loin de désirer ta mort, on te jure, sur le sang de tous les martyrs tunisiens et sur les esprits des gens libres de ce monde, qu’on ne s’arrêtera pas jusqu’a ce que TOUS les responsables de ce massacre, soient jugés dans un tribunal Tunisien, formé par le peuple libre de Tunisie.

Aux autorités d’Arabie Saoudite: toute institution qui soutient ces criminels face à la justice tunisienne, sera dès maintenant, un but légitime a nos yeux. Nous vous conseillons vivement de songer aux implications de votre soutien à cet individu.

Aux consciences libres de ce monde: aidez les tunisiens avec toutes vos ressources, identifiez les assassins, localisez-les, faites pression sur vos gouvernements et médias, générez et analysez les preuves, twittez, informez le monde, pour aider le peuple tunisien à avoir une véritable justice, et supprimer TOUTE liberté à ces criminels.

We do not forget.
We do not forgive.
Expect us.

Le mélange d’un ton agressif tenu par des individus qu’on imagine légitimement à bout de nerf, avec l’objectif affichée d’un procès promis à Ben Ali et ses complices sur le sol Tunisien tranche de façon abrupte avec ce à quoi nous a habitué l’Histoire. Même si ce n’est pas une première, c’est une preuve indéniable de maturité et surtout de cohérence avec des idéaux humanistes revendiqués.

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EOT pour ReadWriteWeb France : Francophonie, the final frontier http://fr.readwriteweb.com/2011/01/15/a-la-une/eot-readwriteweb-france-francophonie-final-frontier/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/15/a-la-une/eot-readwriteweb-france-francophonie-final-frontier/#comments Sat, 15 Jan 2011 08:53:50 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11726

En écrivant une lettre ouverte à ce qu’un blog qui s’est battu contre Hadopi se doit de considérer comme un ministre de tutelle, j’étais loin de m’imaginer que c’est sa collègue des affaires étrangères, Michèle Aliot Marie, qui apporterait une réponse.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Le protocole – je crois – me pousse à répondre à la dame de fer du gouvernement Sarkozy.

Madame la Ministre, Chère Madame,

Il est vrai que le sécuritaire est sans nul doute une expertise de votre gouvernement, reconnue dans le monde entier, et discutée entre experts. La proposer pour mater la révolution Tunisienne dans l’œuf m’a fait réaliser qu’il me restait un brin de fierté d’être Français. Faire naitre en moi un sentiment Gaulliste sera sans doute la dernière fierté qu’il vous sera donné d’avoir dans votre vie. Voilà cette fierté irrémédiablement foulé du pied par un duo ministériel tragi-comique qui se termine aujourd’hui en ridicule, et demain en abject.

Certains on pensé à fermer leurs blogs lors du passage de la loi Loppsi, pensant que la coupe était pleine et qu’il fallait prendre le maquis. Il faut croire que de mon coté, il ne manquait qu’une goutte pour faire déborder le vase. En guise de goutte, Madame la Ministre, c’est d’une douche froide dont vous m’avez gratifié.

Certes, je comprends qu’un gus, dans un garage, qui vous fusille vos jolis arguments sécuritaires pédophiles en publiant des documents Wikileaks vous agace. Mais votre goût pour l’ordre et la sécurité vous amène à donner main forte aux pires dictatures sans l’ombre d’une hésitation, et à probablement a avoir envisagé de civiliser internet en faisant, là aussi, un transfert de technologie avec la Tunisie.

Mais trop, c’est trop. Les temps qui viennent balaieront, en Tunisie comme ailleurs, les gouvernances qui permettent de telles choses. Ce pays, la France, n’affiche pas des valeurs compatibles avec celles défendues par cette publication. Il a de toute évidence pris le chemin de s’assumer en Vichyste des grandes mafias, comprenez qu’en petit fils de résistant, je ne puisse que vous souhaiter de vous retrouver, un jour, sur le ban des accusés d’un Nuremberg 2.0.

Cette publication, pour sa part, prend sa liberté numérique, et évitera désormais d’accoler son nom avec celui d’un pays entaché par la honte d’avoir des gens comme vous à sa tête, elle se localisera désormais dans la Francophonie, un espace que vous aurez bien plus de mal à civiliser. Le rebranding a été fait dans la nuit, vous voyez, avec internet, c’est rapide et efficace. Demandez donc à votre ami Ben Ali, grand connaisseur d’internet, il vous confirmera tout cela.

En attendant, entre un défilé de soutien aux Tunisiens à Paris, et un autre contre la loi Loppsi qui devrait le rejoindre, je vous souhaite de passer la journée cloitrée chez vous, un peu apeurée, et quelque peu angoissée pour ce qui est de votre avenir. Vous pourrez ainsi partager avec votre cœur un petit peu du sort de millions de Tunisiens dont les villes sont saccagées par les brigades que votre ami Ben Ali a laissé derrière lui.

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Revolution 2.0 : rebooting Tunisia http://fr.readwriteweb.com/2011/01/15/divers/revolution-20-rebooting-tunisia/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/15/divers/revolution-20-rebooting-tunisia/#comments Sat, 15 Jan 2011 04:07:55 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11720

This last week was one of the most intense moments for the French and Arabic social media sphere since the arrival of Web 2.0. The Tunisian revolution, which has been growing both on the ground and online since Dec. 17, came to a double climax. Yesterday, dictator Zine al Abidine Ben Ali announced the immediate end of all Net censorship, and released the last bloggers still in jail. Among them was Slim Amamou, a writer for ReadWriteWeb France and a Tunisian national hero.

Today, Ben Ali left the country, as of this afternoon his plane is supposedly heading for Saudi Arabia. ReadWriteWeb France has a special relationship with Tunisia and its social media and digital activist scene.

A year ago, after publishing a post written by Jillian C. York about Islamist harassment, we ourself got harassed. After a few months of investigations and many posts, we discovered the Islamists we were facing were, in fact, Ben Ali’s Internet police, who were terrorizing the online Tunisian population.

That was nine month ago. This summer, Slim Amamou published a story showing a sophisticated DNS spoofing technique used by Ali’s Internet police to steal Tunisians’ logins and passwords for Facebook, Gmail and Live.com. It revealed the capabilities of Ben Ali’s cyberarmy to the Tunisian people and the French-speaking hacking community. (This force, according to our sources, was made up of at least 600 government men and a few contractors.) Ben Ali’s cyber police was in fact operating some a kind of community management – but on a country-wide scale.

We ended up with a cool Tunisian social network within the local geek community, and very good posts on Egyptian and Tunisian online activism (written by local activists), not to mention local Barcamp and TEDx endorsement.

When massive demonstrations started in December, we felt concerned and offered help.

What happened this last month still needs to be documented, but this will be an easy job, thanks to the massive production of videos and pictures by the Tunisian people, the most Internet ready country in this part of the world, and to careful curation by the activist website Nawaat.org, now a central part of the Tunisian infosphere. (Nawaat was censored until yesterday.)

What happened this week has nothing to do with previous Twitter-revolutions (sorry Iran), and is more about Facebook than Twitter anyway. Social media was not just a tool to communicate and coordinate action, it was a tool to create worldwide support in little time. From a retweet to an Anonymous LOIC attack, a blog post or a translation, millions have shown their support and took action.

Anonymous have proven to be a mature political entity. And although they could do childish stuff again, what they did with #optunisia was, without any doubt, helpful. In Tunisia, not only did many teen turn Anonymous, but the vast majority of the population supported their actions. Beside a few public figures who took action and spoke up, Anonymous was here, in the name of some sort of global consciousness, not only to show the Tunisians the support of millions of people worldwide, but also to help and give a hand.

Those of us who enjoy freedom and democracy should definitely be thankful for that. Tunisia is a young country, with a very high level of education. With a 16% penetration rate – the highest in Africa (with Mauritius) – Facebook is not only hugely popular there, but it was, until yesterday, the only social-anything available. Up to that point, no YouTube, no Flickr, tons of censored websites (including many pages from RWW France), and it was still Africa’s most active online community.

Transition will not be easy, but there’s a bright future ahead for this country, which will leverage social technologies like no other. Jailing Slim Amamou last week was a terrible mistake for Ben Ali. The founding member of the local Pirate Party, a Net Neutrality advocate, and author in an international and influential blog like ReadWriteWeb, Slim was at the crossroad of a movement that could be mobilized and ready to fight in just a click. And this is precisely what happened.

Please comment on the original post in the US edition >>

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