Donner et partager une multitude de points de vue sur la démocratie, la façon dont internet peut aider à la construire, et le futur de la Tunisie, ainsi que refléter les débats qui traversent le web Tunisien, c’est l’une des missions que s’est fixé Fhimt.com.
Derrière le site, actuellement en version alpha, se trouve une l’Association Tunisienne pour les Libertés Numériques (ATLN), une organisation ‘non-profit’ imaginée durant la révolution Tunisienne par une bande de copains.
Réunis via Facebook et Twitter, de part et d’autre de la Méditerranée, certains organisaient ou particiapaient à la lutte sur place, défilant au son du ‘dégage’, un slogan qui depuis a gagné de nombreux pays, d’autres luttaient derrière leur clavier, à Paris, aux cotés des Anonymous et des hackers comme Telecomix, apportant un soutien logistique et technologique.
“Fhimt com”, en Tunisien, signifie ‘Je vous ai compris’, une phrase que Jacques Séguéla a imaginée pour ponctuer le discours final de Ben Ali, récité le 13 janvier 2011, la veille de sa chute, et qu’il a plagié sur le discours que le général De Gaulle a prononcé le 4 juin 1958 à Alger. Brand hacking, nous y reviendrons.
Le site s’offre ainsi l’un des meilleurs ‘brand manager’ du XXe siècle pour lancer un site résolument tourné vers le XXIe, celui de la réinvention de la démocratie.
Fhimt.com est, pour ce qui est de ses fondamentaux technologiques, profondément ancré dans le logiciel Libre, et ces racines là sontTunisienne. La communauté du Libre locale, longtemps restée dans une forme de semi clandestinité tant elle se confondait avec le milieu des cyber activistes et des hackers tunisiens, a tissé des liens étroits avec l’internationale du Logiciel Libre, notamment à travers ReadWriteWeb France.
A peine sortie de l’ombre, cette communauté réalisait un premier coup d’éclat au dernier StartupWeekend, où Chemseddine Ben Jemâa et son équipe lançaient le projet OpenTunisia, qui vise à développer et à packager des solutions Libres destinées à mettre en place une gouvernance ouverte et transparente (Open Government). Un projet adoubé par Richard Stallman lui même, et soutenu un peu partout sur la planète par la communauté toute entière. Ce projet, tout comme Fhimt.com, fait parti de ceux que porte l’ATLN, et ils sont nombreux.
OpenTunisia a comme objectif de développer des solutions open source destinées à faciliter l’interaction citoyens-élus, et à les rendre riches et constructives. Il développera également des outils destinés à prendre le pouls de l’opinion Tunisienne qui s’exprime sur les réseaux sociaux afin de faire porter leur voix.
A l’image de Mediapart, le site sera lui également associé avec un Wikileaks-like, lui aussi issu de la communauté du logiciel Libre de Tunisie, et lui aussi imaginé dans les jours qui ont suivi la fin du régime de Ben Ali. Un petit nouveau destiné à donner au peuple Tunisien une certaine autonomie dans ce monde de transparence qui s’annonce.
L’équipe derrière le projet rassemble une dizaine de personnes, essentiellement des Tunisiens, la plupart vivant en Tunisie. Elle a dors et déjà noué de nombreux partenariats, notamment avec des écoles à Tunis, ainsi qu’avec plusieurs institutions.
(full disclosure : je suis cofondateur de l’ATLN)
Voici un outil que nous aurions aimé ne jamais avoir à rendre public. Missing.net est un projet porté par la La Fondation Casques Rouges, en partenariat avec Bearstech, European Consulting Services et également Google qui héberge le projet sur sa plateforme Google App Engine. Missing est un facilitateur des recherches de disparus, victimes de catastrophe naturelles. Un outil web collaboratif permettant d’assurer le suivi des recherches de personnes. Le site a aujourd’hui ouvert ses portes au public. Google et Bearstech ont également travaillé à l’import des données du Google Person Finder que nous avions découvert lors de la catastrophe en Haiti. Missing, c’est aussi une expérimentation composées de 3 briques technologiques distinctes mais complémentaire pour moderniser la recherche de disparus et le support aux proches et aux familles qui y trouveront un outil où ils seront susceptibles de concentrer des informations sur leurs proches le plus rapidement possible. Autre fait notable à propos de Missing, il s’agit d’un projet sélectionné dans le cadre de l’appel à projet « Web innovant », lancé par le Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.
Le Japon, récemment frappé par un tsunami recherche encore ses victimes. Missing.net propose donc une interface aux proches de ces victimes et ambitionne à terme de leur apporter un support informationnel en temps réel qui leur permettra, au plus vite, d’avoir des nouvelles des personnes recherchées.
Vous pouvez donc dés aujourd’hui participer aux recherches sur Missing.net.
Billet initialement publié sur Reflets.info
Le marché avait réagit violemment à l’annonce de la collaboration de Nokia avec le régime Irakien, qui portait sur la surveillance de la population et qui avait permit de cibler la répression durant la révolution verte. Or dans la journée de vendredi qui a suivit la révélation par Owni d’une affaire de corruption susceptible de violer la convention de Mérida censée lutter contre la corruption, et d’amener Orange à répondre de ses actes devant la commission Européenne, le cours de bourse n’a pas varié d’un poil, et on a enregistré des volumes d’échanges qui ne sortent pas de l’ordinaire.
Tout se passe comme si le marché considérait Orange comme étant au dessus des lois. Il faut dire qu’il y a de quoi, et on peut comprendre le marché. En pratique, Orange écrit les lois et les appliquent avant même qu’elle ne soient votées. Pas très démocratique pour une entreprise détenue en partie et contrôlée en totalité par l’Etat.
Dirigé par Stéphane Richard, grand ami de la Net Neutralité, ancien chef de cabinet de la ministre des finances, Christine Lagarde, qui a remplacé une Michèle Alliot Marie encore ministre il y peu dans un déplacement officiel à Tunis. Orange a à la tête de la direction de sa branche entertainment l’ancienne ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, alias Madame Hadopi (le Ammar404 Français).
Orange, même s’il n’en possède que 27%, est un peu le prolongement du gouvernement Français dans le numérique.
Orange, c’est un peu Elf en 2.0. Surtout dans son rapport à l’Afrique.
L’apathie des marchés est d’autant plus étonnante que l’enquête d’Owni est menée par deux journalistes enquêteurs de talent, Olivier Tesquet, ‘pure player’ du journalisme, l’un des spécialistes “Wikileaks” maison, et Guillaume Dasquié, un ancien de Libé, spécialiste des affaires de corruption, en particulier dans cette zone du monde, et/ou quand cela touche à de grandes multinationales.
Ces deux gus dans leur garage (en l’occurence une soucoupe), croient fermement que le journalisme est un contre pouvoir (et pas un pouvoir tout court) et s’en donnent les moyens. Un duo qui rassemble tout ce que le journalisme sait faire et peut potentiellement faire, avec les outils d’hier et d’aujourd’hui, lancé aux trousses d’une entreprise qui est la bête noire des anti hadopi, et qui a juré la mort de la Neutralité du Net.
Autant dire que tout ce que l’internet a de militant trouvera dans tout cela une raison ou une autre de se mobiliser. Il suffit d’une étincelle pour mettre le feu au poudres d’un conflit ouvert entre une entreprise et ses clients : et si les suicides n’étaient plus seulement un problème RH chez Orange ? Imaginez que le CRM s’y mette !?
FUD, les marchés n’aiment pas cela. Ca les rends nerveux.
Le même jour où émergait les premières révélations sur la corruption d’une dictature Africaine par Orange (et la France), Didier Lombard, sentant visiblement un autre scandale arriver, renonçait à un poste de conseiller payé un demi millions d’euro par an. Une pré-retraite dorée ?
Peu de chance pourtant que le départ de Didier Lombard, l’ex président d’Orange, grand ami de la neutralité du net lui aussi, suffise à calmer la crise qui vient d’éclater, et qui ne devrait pas tarder à devenir une affaire d’Etat, une de plus.
Les rapports entre Orange et l’Etat Français sont tellement fusionnels que s’il était avéré que l’entreprise ait versé de l’argent au clan de Ben Ali, cela devrait avoir l’effet d’une bombe atomique. Une enquête que le parlement Européen devrait logiquement diligenter (violation d’une convention Européenne sur la corruption oblige), devrait, outre certifier que les documents révélés par Owni sont authentiques (ce qu’Orange ne nie pas), répondre à la question suivante : qu’a reçu Orange, ou l’Etat Français, ou les dirigeants de l’un ou de l’autre, en échange de cette commission ?
One more thing. Pendant ce temps, Facebook est évalué à 75 milliards de dollars sur le marché gris… Les grands changements auxquels nous assistons dans le monde ne passent donc pas clairement inaperçu aux yeux de tous les marchés. Les transferts de valeur entre les anciens maîtres des forges de l’information et les nouveaux sont en cours.
Bon week end, les marchés sont fermés. LULZ.
A Gaza, un groupe de jeunes s’est saisi d’internet pour protester contre son sort et fait contraste avec les générations précédentes d’activistes dont ils dénoncent l’autoritarisme et les exactions. Gaza Youth Breaks Out rejette massivement les luttes de leurs parents qu’ils tiennent pour responsables de la situation actuelle, et ils le font sans la moindre concession.
‘Gaza Youth’ (les jeunes de Gaza) est un groupe issu de la bande de Gaza qui s’est emparé de Facebook en un éclair, en y publiant un manifeste sans compromis qui renvoi dos à dos les Israéliens et leur propre communauté. Un texte qui est comme une bouffée d’air frais dans une situation particulièrement viciée.
Voici un extrait de leur manifeste. Si vous êtes de nature sensible, mieux vaut stopper ici votre lecture.
“On emmerde le Hamas, on emmerde Israel, on emmerde le Fatah, on emmerde les Nations Unies, on emmerde les USA ! Nous, la jeunesse de Gaza, en avons plus que ras le bol d’Israel, du Hamas, de l’occupation, des violations des droits de l’homme et de l’indifférence de la communauté internationale ! Nous voulons crier et faire tomber le mur du silence, de l’injustice, et de l’indifférence de la même façon que les F16 Israelien passent le mur du son ; crier à nous époumonner afin de relacher cette immense frustration qui nous consume du fait de cette putain de situation dans la quelle nous sommes. Nous somme comme entre le marteau et l’enclume, nous vivons un cauchemar dans un cauchemar, sans place pour le moindre espoir, sans le moindre espace de liberté. Nous en avons marre d’être pris au piège des luttes politiques, nous sommes malade de devoir vivre ces nuits hantés par des avions qui plannent au dessus de nos maisons, malades de voir ces fermiers innocents se faire tuer dans les zones frontalières parce qu’ils cultivent leurs terres, malades de voir ces barbus se ballader armés et abuser de leur pouvoir, nous tabasser et nous emprisonner pour avoir manifesté ce pour quoi nous croyons, malades de ce mur de la honte qui nous sépare du reste du monde et qui nous emprisonne dans un territoire de la taille d’un timbre poste, malade de nous voir représenter comme des terroristes, comme des fanatiques bardés de ceintures d’explosifs aux yeux plein de haine, malades de l’indifférence que nous lisons dans les yeux de la communauté internationale, de ces soit disant experts qui expriment leurs préoccupations et rédigent des résolutions sans avoir le courage d’appliquer quoi que ce soit. Nous sommes malades et fatigués de vivre une vie de merde, emprisonnés par Israel, battus par le Hamas, et complètement ignorés par le reste du monde.”
Ces gosses ne sont pas le modèle habituellement décrit qui jette des cailloux et ne pensent qu’à exprimer leur rage. “Nous ne voulons pas haïr” disent-ils, “nous ne voulons pas ressentir tout cela, nous ne voulons plus être des victimes. Nous voulons trois choses : nous voulons être libre, nous voulons avoir une vie normale, nous voulons la paix. Est-ce trop demander ?”
Ils sont particulièrement doués pour faire passer leur message à travers les média sociaux. Ils ont un blog, bien sûr mais leur principal vecteur de communication n’est autre que leur page Facebook qui est suivie par plus de 20000 personnes à ce jour.

Rafik Dammak est un ingénieur Informaticien Tunisien, étudiant a l’université de Tokyo. Il participe a l’Internet Governance Forum et il est membre du conseil du GNSO de l’ICANN (Generic Names Supporting Organization, Internet Corporation for Assigned Names and Numbers).
Internet a joué un certain rôle lors de la révolution et en jouera encore un pour la période post-14 Janvier. L’Internet Tunisien a été sous le contrôle de l’ancien régime et cela a influencé toute forme politique liée a Internet. Pour cette raison, j’ai élaboré quelques idées sur des réformes possible qui peuvent être appliquer pour rendre cet Internet Tunisien libre et ouvert et pourquoi pas devenir un outil pour la construction de la nouvelle démocratie Tunisienne :
Ce sont juste quelques idées a développer et a discuter, la réforme de l’Internet policy en Tunisie n’est qu’un des chantier a entreprendre et permettra enfin aux tunisiens de jouir de pleins potentiels d’Internet sur tous les aspects: que ce soit social ou économique.
Quelques livres conseillés:
Ce sont quelques livres qui donnent une vision globale sur la gouvernance d’Internet et ses enjeux.
(illustration CC de Tony Madrid)

Les étudiants au Soudan ont choisi le dimanche 30 janvier 2011 pour le coup d’envoi de manifestations pacifiques contre le Président Omar al-Bashir. Le principal appel demandant aux Soudanais de descendre dans les rues de Khartoum a été lancé sur Facebook. S’agit-il de la première “révolution Facebook” au Soudan, avec Twitter dans le second rôle ?

L’une des images utilisées par les organisateurs
de la campagne Soudan 30 janvier.
Source : organisateurs
Les médias sociaux, comme les blogs, Twitter, Facebook et YouTube ont joué un rôle primordial pour organiser et suivre les manifestations du 30 janvier. Dans ce billet, je vais essayer de décrire quels médias sociaux ont été utilisés et comment pour organiser, suivre et commenter les manifestations.
Facebook a joué un rôle central de centre d’informations et d’espace d’organisation, tandis que sur Twitter, les utilisateurs commentaient les manifestations en temps réel. Jan30Sudan a utilisé l’outil de cartographie Ushahidi pour représenter les manifestations sur une carte en ligne.
Il semble que tout ait commencé avec un groupe Facebook qui a donné le ton en invitant les utilisateurs a se joindre aux manifestations. Le groupe s’appelle “>شبــاب لأجـل الـتـغيـــر·.»شـــرار ة , c’est à dire “Jeunesse pour le changement”,“l’étincelle”. Le groupe, qui compte plus de 8 000 “amis”, est vu comme celui qui a contribué à l’organisation des manifestation. Un autre groupe sur Facebook est :“>رصد الاعتقالات و التجاوزات القانونية في مسيرة 30 يناير السلمية بالخرطوم , ce qui peut être traduit par : “Suivi et nouvelles des arrestations, des mesures illégales et des violences durant les manifestations pacifiques du 30 janvier à Khartoum.”
Par ailleurs, des blogs comme hurriyatsudan ont effectué une couverture des événements. Le blog a publié la liste des personnes arrêtées. Jan30Sudan a aidé les gens à situer les cortèges et des incidents tels que arrestations, heurts avec la police.
Voici quelques incidents et informations répertoriés sur la carte en ligne :
* la police utilise grenades lacrymogènes contre étudiants en médecine
* Lieux des rassemblement pacifiques et manifestations
* Police soudanaise harcèle journalistes étrangers
* Photo de policier battant des manifestation dans Palace Street
* Vidéos des manifestations à Khartoum
Certains manifestants ont téléchargé des vidéos sur Youtube.
Sur Twitter, les messages étiquetés #SudanJan30 ont commencé à apparaitre dès le début de la manifestation, envoyés par ceux qui y participaient, comme simsimt, ou ceux qui les suivaient en ligne (traduction sous la capture d’écran).
simsint: je n’arrive pas à tweeter en marchant. Pour l’instant, quelques dizaines de personnes. Je dirais 100. Les slogans surtout contre la hausse des prix.
OBsilence : Police #sudan heurts manifestants. Les manifestants contre le gouvernement à Khartoum font face à la police dans manifestations.
simsimt: la police anti-émeutes nous a attaqués. La foule a commencé à grossir. Les manifestants se divisent en groupes plus petits dans rues adjacentes.
krmaher RT @bechamilton Les noms de ceux dont on sait qu’ils ont été arrêtés sont maintenant sur http://bit.ly/gEM6VO
SudanJan30 Mais les gens parlent d’une étincelle, et l’idée est de préserver la flamme et les manifestations
Simsimt: Des milliers ? RT @ykhogaly Des milliers de manifestants se trouvent toujours au centre de Khartoum, se regroupent après des dizaines d’arrestation, gaz lacrymo et coups
Il semble que “l’étincelle” brille toujours, et les manifestants prévoyaient d’autres manifestations.
oddread: #sudan Les jeunes appellent maintenant à une deuxième journée de manifestations demain
Attendons pour savoir ce que réserve l’avenir au Soudan.
Ecrit par Mahid (Sudanese Guardian) et traduit par Claire Ulrich
Dans un texte assez clair qui reprend l’esprit de la déclaration plus belliqueuse faite à la veille du début de la révolution Tunisienne, les Anonymous s’adressent aux démocraties de la planète sur un ton – cette fois – plus posé, mais tout aussi ferme. [image originale]
Ceux qui détiennent le pouvoir en Égypte ont décidés de répondre aux appels à la démocratie par de la violence létale. Les organisations internationales doivent êtreresponsables et entendre ces appels dans ce moment critique de l’histoire.
Vos appuis aux révoltes populaires dans les pays arabes ont étés ambiguës, voir même tout simplement inexistants. La Secrétaire d’état américaine Hillary Clinton a exemplifié l’indécision de la communauté internationale en indiquant que les États Unis “ne peuvent pas prendre parti”. La neutralité mène à la complicité envers lesrégimes totalitaires, qui ont manifestés leur mépris contre le droit de leurs citoyens à manifester. Le régime de Moubarak a essayé de déconnecter le peuple Égyptien du reste du monde en leur coupant l’accès à Internet, pendant que sa police anti-émeutes tirait -à balles réelles- sur les civils et agressait des journalistes internationaux.
C’est à vous de travailler pour le peuple et de supporter le droit universel par rapport à la liberté d’expression. C’est votre devoir de vous opposer aux régimesoppressifs, sans prendre en compte vos préférences politiques. Les préoccupations géopolitiques quant à la «stabilité» ont trop longtemps servi d’excuse pour ignorer les violations manifestes des droits de l’Homme.
Les citoyens du monde arabe sont victimes de leurs régimes politiques et pris en otage par ces derniers. Aujourd’hui ils font face. La situation actuelle en Égypte présente aux dirigeants du monde entier l’opportunité unique de reconnaître et respecter les ambitions d’un peuple à contrôler son propre futur. C’est aussi le moment où cettesituation existentielle sera une fois pour toute résolu : Les gouvernements occidentaux sont-ils vraiment fait « pour et par le peuple » ou sont-ils des gouvernements marionnettes visant à assurer leur domination continuelle par le pouvoir.
Anonymous a fait son choix. Nous prendrons parti. Nous apporterons notre aide aux personnes qui luttent pour la liberté d’expression, de rassemblement, et de communication - les droits civiques essentiels pour les peuples afin de construire leurs propres futurs.
Nous ne pardonnons pas.
Nous n’oublions pas.
Redoutez nous.
On jugera de la pertinence de faire des raids chez des script kiddies teenagers pour donner en pature à la presse un « ado sans problème » à défaut d’un dangereux Kevin Mitnick, mais toujours est-il que c’est pour soutenir ce genre de cause que les bad boys de la génération digitale vont se retrouver devant des tribunaux sous peu. Condamner un Anonymous, voilà une affaire qui va faire flipper plus d’un juge, quand il réalisera ce qu’ils ont fait à la Scientologie.
Le style de ce ‘communiqué de presse’ semble un peu baclé, mais c’est oublier qu’il s’agit d’une création collective, et sous anonymat. Des dizaines, peut être même plus de cent individus différents sont passés rédiger un paragraphe entier ou ajouter un adjectif, corriger un faute d’orthographe ou adoucir une formule, jusqu’à ce que le texte devienne suffisament aboutit pour être publié.
L’écriture réuni une ruche d’auteurs, anonymes, créant un texte par tous les bouts, sans coordination. On utilise une langue vernaculaire commune, l’anglais, et des appels à volontaires pour les traductions qui permettent de mettre en place des passerelles linguistiques. Ensuite, le tout est diffusé un peu partout, dans l’espoir d’attirer l’attention d’un média. Ces derniers, de leur coté, apparaissent ça et là dans les chat irc dans l’espoir de décrocher l’interview d’un Anonymous. Une idée conceptuellement tordue, cette méthode d’investigation risquant fort de nous donner de grands moments de rigolade à la télévision.
Vous voulez voir à quoi ressemble l’écriture collaborative chez les Anonymous ? (en accéléré 3x, un extrait de 1min de la mise au point d’un bout de l’original du texte ci dessus – en Anglais -, sur un Piratepad, un outil très simple d’écriture collaborative).

Qu’il s’agisse de décider d’une cible à attaquer, de rédiger un appel à la mobilisation, un communiqué ou une déclaration de principe, les Anonymous utilisent une multitude de technologies sociales, la plus connue étant bien sûr 4chan.org, et son forum ███ dont la seule mention fait déferler une meute en furie dans ses commentaires (sitôt repartie sur WOW ou dans un autre coin obscur de l’internet).
Mais 4chan est l’arbre qui cache la forêt, tout système permettant une collaboration entre individus de façon anonyme et pouvant être utilisé pour creer un contenu est bon a prendre, et le sera vraisemblablement tôt ou tard, pour peu qu’il soit simple, très simple, ne demande pas de créer un compte, et permette de participer de façon anonyme et ouverte.
Les principes affichés par les Anonymous sont assez cohérents – depuis leur lutte originelle avec l’Eglise de Scientologie – mais ils sont désormais clairement énoncés, et ce avant même que l’internet ne viennent bouleverser la tranquillité des gouvernances des nations du monde entier, et avant qu’il ne s’attaque à la gouvernance des entreprises.
Il faut croire que certaines caractéristiques forgent tout de même l’esprit d’une nation, même aux heures les plus sombres de son histoire. Nos résistants 2.0 ont cependant des caractéristiques uniques. Contrairement à leurs petits camarades Tunisiens, avec lesquels de nombreux contacts ont été établis depuis longtemps, les notres vivent dans une démocratie. Kevin (on va l’appeler Kevin pour protéger son identité) est « un ado comme les autres », « passionné d’informatique ». En ce moment, Kevin est probablement au commissariat, en garde à vue. Pas drôle, mais objectivement, par rapport à ce que Slim404 et ses amis ont vécu au commisariat de Tunis il y a deux semaines, c’est vraiment confort.
Nos résistants 2.0 vivent donc dans un confort absolu par rapport à leurs camarades de l’autre coté de la Méditerranée, et comme eux, ils vivent dans un Internet surveillé et où la censure vient d’être votée à l’Assemblée Nationale. Tor et Proxy sont des sujets de conversation de cour d’école, du coté des geeks (à Tunis comme à Paris), et comme tout enfant qui grandit, on se prend vite à croire à des idéaux et à les défendre vigoureusement. Je sais pas, moi, un truc comme… Les droits de l’Homme. Au hasard. C’est interdit ? Ha ?
Faire taire le mouvement qui s’annonce particulièrement vigoureux en France, la démocratie qui, de l’aveu même du gouvernement américain, s’est doté de l’arsenal le plus répressif qui soit contre internet, ne va pas être simple. Une génération toute entière qui passe en quelques mois du P2P à d’autres méthodes pour obtenir sa culture, dont beaucoup ont de solide connaissances en informatique, et qui, d’ici quelques années, constituera l’essentiel des promotions de nos grandes écoles d’ingénieurs.
D’autant qu’ils ne sont pas seuls et isolés dans leur Vercors numérique. Chez les anciens aussi, on est sur le front, et ont sait faire en sorte qu’en cas de conflit ouvert, l’internet ne puisse en aucun cas être écrasé. Après que Hosni Mubarak ait décidé de couper internet en Egypte, Telecomix réussissait l’exploit de rétablir de la connectivité IP en détournant l’usage d’un réseau de radios amateurs, permettant ainsi de maintenir la communication entre l’Egypte et le reste du monde.
Un exploit technique illustrant à merveille le concept même du hacking, qui fait entrer Telecomix et la figure du Hacker (le vrai) dans les livres d’Histoire.
Si vous suivez mes tweets, vous avez dû remarquer depuis quelques temps que mes liens vous conduisent de plus en plus dans ma succursale éditoriale d’internaute passionnée, sur des sujets divers et variés, c’est à dire sur l’une de mes pages Scoop.it.
Je suis devenue accro à cette nouvelle plateforme pas uniquement pour ce qu’elle représente pour le net qui aime déjà la définir comme un formidable outil de “curation”, mais pour ce que Scoop.it signifiait pour moi, navigatrice du web. L’internaute se soucie généralement beaucoup moins des “buzzwords” que ceux qui les lancent.
J’ai tout de suite aimé le projet car il correspondait à un nouveau comportement de ma part, et pas uniquement à un nouveau gadget du web. J’appelle gadget, sans aucun élément péjoratif, les nouveaux services que j’adore utiliser mais qui ne me deviennent pas essentiels instinctivement.
Twitter et Facebook sont par exemple pour moi des outils qui ont créé une nouvelle attitude et donc sont devenus assez indispensables à ma vie. Ma vie, tout court. En effet, vous me permettrez de ne plus faire la différence entre celle dite “online et IRL”, cela ayant de moins en moins de sens. L’innovation, la bonne idée, celle qui vous colle au clavier est celle qui justement vous paraît aussi naturelle que des usages que vous pratiquez depuis toujours.
C’est ainsi que Scoop.it est devenu essentiel sans même que j’y fasse attention. En tant qu’utilisatrice, la plateforme me permettait tout à coup de récupérer une voix. Comme si je quittais le concert un peu bruyant du web pour rejoindre une salle plus calme, où la conversation se faisait plus aisément. Il n’y a pas moins de monde, c’est juste que vous n’interagissez pas de la même façon avec eux. Le contexte favorise l’échange. Chacun des utilisateurs peut tout simplement se parler, et tant qu’à faire sur ce qui le passionne le plus. San Francisco est le nouvel endroit où je me sens chez moi dorénavant. Scoop.it me permet de faire découvrir pourquoi en me laissant créer ma propre page dédiée à cela. J’aime la comparaison qu’utilise Guillaume Decugis, CEO de Scoop.it : “Blogging is about you doing the job of the journalist. Scoop.it is about you doing the job of the editor in chief, which is very different”.
J’aime que Scoop.it vous fasse gagner énormément de temps pour faire cela. Pour être sûr que vous ne passiez pas des heures à chercher du contenu, la plateforme vous permet grâce à un système de mots-clés de trouver automatiquement sur le web les liens en rapport avec votre sujet, vous pouvez également ajouter vos propres ressources.
On en oublie lorsque l’une de nos activités est d’écrire à quel point cela demande du temps. Je ne me suis jamais créé de blog. Partager mes opinions ici est pour moi ce qui me correspond le plus et je savais que la discipline quotidienne que le blog demande ne me ressemble pas.
Quand j’ai commencé à utiliser Scoop.it, j’ai donc eu l’impression de remplir cet espace manquant. Celui qui vous permet de parler de ce que vous aimez et donc de vous sans que cela soit ardu, ne prenne trop de temps. Cela ne veut pas dire que l’expérience est moins qualitative. Au contraire, il me semble qu’offrir un contexte idéal, éliminant le bruit du web rend l’exploration et votre apprentissage en ligne encore plus évident.
La dimension à laquelle j’ai aussi tout de suite accroché; au-delà de se sentir créateur et organisateur de contenus, sans se définir comme bloggueur parce qu’on n’en a pas le temps, l’envie ou l’inspiration, c’est l’aspect d’interaction sociale que l’équipe a réussi à conserver.
Si vous gagnez du temps sur la plateforme, c’est aussi pour vous permettre d’interagir avec les autres “scoopitors”. La fonction offerte par le bouton “bookmarklet” vous permet notamment de suggérer du contenu facilement pour alimenter les sujets des autres que vous suivez et donc vous intéresse.
Sans être l’instigatrice de la page sur l’iPad, cela m’offre la possibilité d’y participer néanmoins ou d’interagir avec le chef d’orchestre du sujet pour l’aider à construire une page référentielle sur le sujet.
Une plateforme qui vous permet de retrouver votre voix/voie sur le web pour parler de ce que vous aimez sans vous sentir perdu tout en favorisant les possibilités de la recherche humaine et de l’interaction sociale sans négliger une aide technologique grâce aux “crawlers” personnalisés… comment vous dire, il me semble que ce genre de très bonne idée n’arrive pas tous les jours. C’est pour cela que je crois énormément au produit et ai hâte de le partager avec d’autres.
Je rejoins donc l’équipe Scoop.it pour prendre en charge son développement aux US et, en particulier, dans la Silicon Valley et à San Francisco. Un rôle qui finalement représente surtout une aventure qui me passionne déjà.
Je tenais aussi à continuer a écrire et partager mes découvertes et explorations numériques ici, mes coups de gueules ou analyses sur des conférences et autres événements qui dessinent la vie de la Silicon Valley. Contribuer à ReadWriteWeb France est une opportunité à laquelle je suis très attachée. Je continuerai donc à le faire, sans que je cela je crois n’interfère avec ma nouvelle activité chez Scoop.it. Question de respect et de confiance. Me voila donc auteur entrepreneur.
Ou entrepreneur auteur. Un scoop pour moi.
Axelle Tessandier
@axelletess
Cliquer ici pour voir la vidéo.
Cette édition était donc mes premiers Crunchies Awards. Je vous en parle comme si cela était un événement parce que, très honnêtement, l’ambiance est un peu électrique les jours qui précèdent. Les tweets appelant au vote se multiplient, la question “Vas-tu aux Crunchies vendredi?” se fait plus oppressante… et vous finissez par vous demandez si il y a un “dress code” strict (Je vous rassure, non. A part le jeans et le t-shirt de votre start-up de rigueur).
En quatre ans, Techcrunch a donc réussi à définir cet événement comme un tremplin formidable si vous démarrez votre projet ou une belle façon de rappeler votre avance, comme le confirme cette session et les précédentes. Je ne vais pas vous réécrire tout le palmarès ici. Il est partout sur le web.
Au-delà de la liste des gagnants dont on pourrait débattre, plus ou moins objectivement en fonction de son rapport au produit ou au service (si vous écoutez Pandora, plutôt que Rdio, vous étiez heureux de les voir monter sur scène, et si le “check-in” de Foursquare est devenu votre seconde nature, vous voilà rassuré de les voir confirmé en tant que “Best Location Based Service” en face du nouveau Facebook Places), c’est l’ambiance qui m’a le plus étonné.
Parce qu’en réalité, c’est aussi une soirée où la Silicon Valley vient juste relâcher la pression, se féliciter d’une année pendant laquelle, si tout se passe bien, elle a encore changé le monde. Ainsi Techcrunch s’associe à ses deux compétiteurs GigaOm et VentureBeat pour diriger la lumière, à leur manière, sur ceux qui ont dessiné la révolution digitale de l’année 2010.
Les récompenses mettent d’ailleurs en avant presque autant les produits créés que les personnes qui ont permis à ceux-ci de voir le jour. Ainsi, ce genre de cérémonie est l’occasion de vous rappeler à quel point la Silicon Valley est ce que l’est grâce à son écosystème des Venture Capital et “Angels et Super Angels”. Les catégories “Angel of the Year”, et Venture Capitalist of the Year” récompensent des pointures qui ont parié des centaines de millions sur des sociétés comme Zynga, Groupon et Facebook. Et parfois ceux sont même vos trois seuls investissements : c’est le cas de Yuri Milner de DST, heureux VC de l’année. Une vague de respect circule dans la salle…
Mais on est là pour se détendre, ne l’oublions pas. Et pour tout ceux qui comptent dans l’univers technologique de San Francisco, cela veut dire sans aucun doute se regarder un peu le nombril, rire, beaucoup, et ne pas se priver d’une ou deux bonnes vannes. Que voulez-vous, on a l’esprit en ébullition un peu en permanence tout en respectant son concurrent ici. L’humour vache est donc une déformation professionnelle me semble-t-il. Et par chance, cela est parfois extrêmement brillant. La soirée se divise alors en surprises, reconnaissance méritée et quelques moments dignes des meilleurs stand-up. C’est une fête, et comme l’a dit Michael Arrington dès l’ouverture, cette soirée est surtout l’occasion de célébrer la communauté.
Oui, les ingénieurs, designers, CEO et autres angels “just want to have fun” aussi, tous ensemble, cela peut arriver. Une fois par an. Nous avons donc chanté la chanson des Crunchies, nous avons admiré une version hallucinante de Nirvana au Piano ou une démonstration de break-dance brillamment exécutée.
Mais en fait, la Valley aime surtout les histoires bien construites et les vannes à double tiroir. Pour le fun toujours. Au final, plus la soirée avance, plus les esprits s’aiguisent, et le palmarès se poursuit. La qualité des heureux élus nous rappellent où nous sommes. Une mention toute spéciale à la catégorie “Best Touch Interface”: Flipboard l’a emporté face à des innovations aussi impressionnantes que Fotopedia dont l’application iPad “Héritage” est un voyage sublime à travers les sites de l’Unesco.
Le très en vue Quora emporte le titre convoité de “Best New Startup or Product of 2010” face à Square. Les pointures, vous dis-je, ils sont venus, ils sont tous là. Cela nous révèle aussi qu’à l’écosystème VC-Angels, il faut ajouter le rôle capital, stratégique qu’occupent les blogs technologiques comme GigaOm, et ses compagnons d’un soir. Ils sont devenus ces fameux relais d’opinion, ces créateurs de tendance, l’équivalent, osons la comparaison, des “Anna Wintour” de l’industrie digitale.
Quora dans son discours sur scène n’a d’ailleurs pas oublié de remercier TechCrunch “for the huge amount of coverage”. Certes, leur plateforme est une idée remarquable parce qu’elle couvre un espace laissé vacant. Mais après l’idée et son exécution, l’étape essentielle reste de la faire connaitre au reste du monde. Car ici, il n’y a que cela qui passionne: changer le monde. Qwiki, “Runner Up” cette année de la catégorie “Best Technology Achievement” face au gagnant, Google et sa voiture qui n’a plus besoin d’un conducteur pour trouver sa route, a pour ambition de devenir votre nouvelle encyclopédie visuelle mondiale.Ni plus, ni moins.
Enfin, il faut tout de même rester sur ses gardes: Google Wave était à leur place l’année dernière, ce qui a permis une amusante réplique de la part du duo de présentateurs. Revenons-y.
Il y a donc des moments qui resteront plus que d’autres. En ce qui me concerne, les interviews impromptus de Arrington avec le CEO de Twitter (gagnant du « Best Overall Startup or Product of 2010″), Dick Costolo, sur ses conseils pour Eric Schmidt, qui rentre dans un moment de transition, ou les réponses de Yuri Milner qui ressemblaient plus à un long silence succédant à un long silence, m’ont amusé. Ces interludes représentent définitivement l’atmosphère de la soirée. Une bonne dose d’humour et de reparti sont logiquement le minimum que l’on peut espérer de personnes qui se montrent plus que créatifs tout au long de l’année.
Mais celui qui a volé la vedette, et nous a offert une performance digne des meilleurs stand-up, est le gagnant de catégories telles que “Best Social Commerce Application” ou “CEO of the Year”, titre plus que mérité tant sa start-up a explosé: Andrew Mason, CEO de Groupon.
Qu’il s’agisse de son entretien avec Michael Arrington ou de ses bons mots sur scène pour venir chercher ses récompenses (“We stole it from the Chinese, asshole!” pourrait devenir un classique), nous découvrions donc que Groupon avait un atout supplémentaire dans sa poche: un CEO charismatique et dont les ambitions ne font que démarrer. A bon entendeur…
Il y aura donc eu des discussions et des murmures lors de l’annonce des résultats. Notre rapport à ses technologies est tout sauf automatisé ou neutre. L’émotion n’est jamais loin, quelque soit l’activité, la plateforme ou le nouveau comportement qu’implique ces changements apportés par la révolution numérique. Alors évidemment, il y a des créateurs qui vous y ramènent très vite, que l’on soit fan ou agacé par l’idolâtrie qu’ils arrivent à provoquer. Ils mettent tout le monde d’accord pour quelques minutes. En effet, Apple a gagné la récompense de “Best Device of The Year” pour l’iPad.
Bien sûr, personne n’est venu chercher cette distinction. En lieu et place, la vidéo de Mark Zuckerberg, Dennis Crowley ou du fondateur de DrealWorks, Jeffrey Katzenberg expliquant pourquoi l’iPad, comme tant d’autres innovations crée chez Apple, ont changé tout, très simplement, de façon instinctive pour beaucoup d’entre nous. Alors, oui, je l’admets sans trop de mal, entre deux sourires et remises de prix, c’est probablement l’un des moments qui m’a le plus marqué, et par conséquent ému.
La cérémonie était loin d’être ce à quoi je m’attendais, c’est-à-dire…cérémoniale. Et c’est très bien comme cela. Elle était à l’image de la Silicon Valley: ne laissant personne dans sa zone de confort tout en vous rappelant que vous êtes capable de choses extraordinaires.
On quitte la soirée d’après-résultats avec quelques cartes de visite en plus et ayant hâte de voir la cinquième édition. Pour faire le bilan des grands changements dont ni vous ni moi n’avons une idée précise, contrairement à ce que l’on croit parfois.
Axelle Tessandier
@axelletess
Pour voir les Crunchies Awards dans leur intégralité:
Crunchies 2010


Enfin, la vraie question, c’est pourquoi.
Je ne résiste pas à vous raconter cette histoire car, comme vous, je me demande toujours ce que veut dire avoir de l’influence, et la pertinence d’essayer de la calculer à l’aide d’algorithmes plus ou moins compliqués. Cela m’intéresse d’autant plus que la réponse à cette question semble être devenue un enjeu capital sur internet. Pour l’ego? Pas seulement. Pour les marques aussi.
On le sait, le web a considérablement révolutionné notre rapport aux marques. Comme le dit Brad Jakerman : « The irony is that while there have never been more ways to reach consumers, it’s never been harder to connect with consumers ». L’art de vendre s’est donc transformé, provoquant des changements déjà essentiels dans cette industrie.
Certes, les agences peuvent se sentir menacées, mais comme je le dis souvent ici, chaque bouleversement peut apparaitre comme une opportunité. Pour plus de créativité, et dans le meilleur des cas d’innovation: ”For the enterprising client that can see clearly through the chaos, this new world holds promise.”
Il suffit juste d’imaginer des choses un peu différentes qu’un emplacement publicitaire sur la colonne de droite qui exaspère déjà l’internaute. Les marques doivent dorénavant au minimum nous divertir. C’est encore mieux si elles arrivent à nous surprendre.
Alors me voilà donc à féliciter Audi, alors que je n’ai jamais conduit une voiture de ma vie, que je me suis rendue à la soirée à laquelle j’étais invitée plus que septique, prête à poser quelques questions à leur directeur du marketing sur la véracité de leur calcul d’influence et sur les limites de ce genre de nouvel outil de communication.
Oui, mais voilà… la soirée était vraiment sympa, le “campaign specialist” de Klout très transparent. Il m’a donc expliqué leur système pour choisir quels “influencers” ils invitent, correspondant aux attentes de leur client. Dans ce cas précis, Audi. “That’s technology you know”. Oui, ça, j’avais bien compris, il y a une marge d’erreur. Assez fière, je lui annonce donc: ”vous avez invité quelqu’un qui n’a pas son permis de conduire à tester une voiture en expliquant à son fabricant que j’étais une autorité ou une personnalité influente sur les réseaux sociaux dans leur domaine… amusant?”
Mon interlocuteur ne s’est absolument pas démonté et m’explique très précisément que peu importe: mon score sur Klout atteignait un certain niveau, complété par le fait que j’habite à San Francisco sans oublier que sur les dernières semaines j’ai beaucoup tweeté sur le “design” en étant relayé (retweeté donc) un nombre de fois suffisamment important. ”Parce que tu adores le design, non?”. Pour peu que j’ai mentionné l’industrie automobile ces derniers temps.
Non seulement j’adore le design, j’en parle beaucoup sur les plateformes, mais il avait réussi à me convaincre que j’avais toutes les raisons du monde d’être là. Alors, évidemment, est arrivé ce qui devait arriver. Personne ne vous oblige à parler de la fameuse marque dont je ne vais pas réécrire le nom ici, ni à dire que la soirée était formidable et leur nouvelle voiture superbe. Mais selon leurs statistiques, beaucoup de gens présents le font d’eux-même. Je confirme.
Je trouve cela assez malin, parce que si cela me permet d’éviter les publicités sur leur site, je prends. Etant donne l’activité de Klout, connu comme “The Standard of Influence”, cette nouvelle façon pour les marques d’engager les utilisateurs m’apparait assez créative. Et efficace.
On le sait, une plateforme comme Twitter offre une caisse de résonance plus importante aux voix personnelles qu’aux marques elles-mêmes. Les départements marketing qui auront intégré cela les premiers ne se laisseront pas enfermé longtemps dans les vieux schémas.
Utiliser ces voix, dont celles qui portent le plus sur des sujets donnés est donc un modèle que je découvrais.
La vraie question n’est donc plus celle de la pertinence pour une marque de tester ce genre de campagnes promotionnelles mais plus de savoir ce qu’est un “influencer” en ligne.
On pourrait en débattre longtemps. C’est déjà le cas et chacun y va de sa théorie des six piliers ou de l’équation magique. Très honnêtement cela ne me passionne pas. Pas parce que ce n’est pas intéressant ou juste, mais, tout comme “qu’est-ce que l’innovation?”, il n’y a qu’une question pour une multitude de réponses.
Klout ont été les premiers à créer une sorte de label, c’est-à-dire que nous leur faisons confiance (ce qui reste la clé quelque soit le produit ou le service que vous proposez en ligne) pour nous donner une indication sur ce fameux relai d’opinion que certains d’entre nous représenteraient. De plus en plus d’employeurs l’utilisent, les marques y viennent donc. Logique, et loin d’être problématique en ce qui me concerne: avant de crier au loup dévoreur de data, j’essaie de me rappeler qu’en l’occurrence il s’agit de celles que je suis plus que d’accord de partager puisque Klout intègre pour le moment votre profil Twitter et Facebook.
Moi-même parfois je m’interroge sur ce petit carré qui nous divise en spécialiste ou en leader tout en me félicitant d’être un numéro entre 1 et 100. Pourtant c’est le site que je consulte quand je suis d’humeur égocentrique. L’équipe de Klout me racontait d’ailleurs les réactions incroyables qu’ils avaient reçu pendant Noël, des emails paniqués : “Pourquoi mon score baisse-t-il à cette vitesse? Que se passe-t-il? Vos serveurs ont buggé?”
Non, cher internaute, ce sont les vacances, pas de panique, profitez-en bien.
Cela en dit long sur ce que le web représente aussi. Certes, un espace communautaire, mais je crois que l’impression d’être une voix en est l’un des aspects les plus accrocheurs, qui que l’on soit. C’est peut-être juste un réflexe assez humain.
L’influence est sans aucun doute un phénomène complexe que même la meilleure des technologies aura bien du mal à nous dessiner. J’aime l’idée que le meilleur des algorithmes restent nos amis ou la recommandation humaine. Oui, mais tout de même, cela serait bien dommage de se priver de ce que la technologie sait déjà aussi faire. C’est cela qui m’a amusé dans la campagne de Klout et de leur client. Certes “That’s only technology”, mais le moment passé à la soirée, les discussions, les rencontres avec les personnes présentes, tout cela est tout sauf automatisé. Et c’est finalement la raison pour laquelle j’ai tweeté. Pas parce que Klout avait utilisé intelligemment mes données. Mais parce qu’ils avaient réussi à y intégrer une dimension humaine. Ce sont ceux qui arrivent à faire interagir les deux qui ont vraiment compris ce que les possibilités de la révolution numérique représentait: des personnes qui se parlent derrière un ordinateur. Pas des ordinateurs qui nous parlent de data.
Axelle Tessandier
@axelletess
Avec Malek Kadhraoui, co-administrateur Nawaat.org, Amira Yahyaoui, cyberactiviste, et Fabrice Epelboin, éditeur de ReadWriteWeb Francophone.
De son coté, Al Jazzera invite Sami (Nawaat, Global Voices), Weddaby et Wael Abbas, des figures bien connues des média sociaux impliquées dans la révolution Tunisienne, dont l’analyse rejoint celle du panel réunit par LCI.
Cliquer ici pour voir la vidéo.
Ainsi que dans cette éùission qui réuni d’autres figures de la cyberrésistance…
Cliquer ici pour voir la vidéo.
This last week was one of the most intense moments for the French and Arabic social media sphere since the arrival of Web 2.0. The Tunisian revolution, which has been growing both on the ground and online since Dec. 17, came to a double climax. Yesterday, dictator Zine al Abidine Ben Ali announced the immediate end of all Net censorship, and released the last bloggers still in jail. Among them was Slim Amamou, a writer for ReadWriteWeb France and a Tunisian national hero.
Today, Ben Ali left the country, as of this afternoon his plane is supposedly heading for Saudi Arabia. ReadWriteWeb France has a special relationship with Tunisia and its social media and digital activist scene.
A year ago, after publishing a post written by Jillian C. York about Islamist harassment, we ourself got harassed. After a few months of investigations and many posts, we discovered the Islamists we were facing were, in fact, Ben Ali’s Internet police, who were terrorizing the online Tunisian population.
That was nine month ago. This summer, Slim Amamou published a story showing a sophisticated DNS spoofing technique used by Ali’s Internet police to steal Tunisians’ logins and passwords for Facebook, Gmail and Live.com. It revealed the capabilities of Ben Ali’s cyberarmy to the Tunisian people and the French-speaking hacking community. (This force, according to our sources, was made up of at least 600 government men and a few contractors.) Ben Ali’s cyber police was in fact operating some a kind of community management – but on a country-wide scale.
We ended up with a cool Tunisian social network within the local geek community, and very good posts on Egyptian and Tunisian online activism (written by local activists), not to mention local Barcamp and TEDx endorsement.
When massive demonstrations started in December, we felt concerned and offered help.
What happened this last month still needs to be documented, but this will be an easy job, thanks to the massive production of videos and pictures by the Tunisian people, the most Internet ready country in this part of the world, and to careful curation by the activist website Nawaat.org, now a central part of the Tunisian infosphere. (Nawaat was censored until yesterday.)
What happened this week has nothing to do with previous Twitter-revolutions (sorry Iran), and is more about Facebook than Twitter anyway. Social media was not just a tool to communicate and coordinate action, it was a tool to create worldwide support in little time. From a retweet to an Anonymous LOIC attack, a blog post or a translation, millions have shown their support and took action.
Anonymous have proven to be a mature political entity. And although they could do childish stuff again, what they did with #optunisia was, without any doubt, helpful. In Tunisia, not only did many teen turn Anonymous, but the vast majority of the population supported their actions. Beside a few public figures who took action and spoke up, Anonymous was here, in the name of some sort of global consciousness, not only to show the Tunisians the support of millions of people worldwide, but also to help and give a hand.
Those of us who enjoy freedom and democracy should definitely be thankful for that. Tunisia is a young country, with a very high level of education. With a 16% penetration rate – the highest in Africa (with Mauritius) – Facebook is not only hugely popular there, but it was, until yesterday, the only social-anything available. Up to that point, no YouTube, no Flickr, tons of censored websites (including many pages from RWW France), and it was still Africa’s most active online community.
Transition will not be easy, but there’s a bright future ahead for this country, which will leverage social technologies like no other. Jailing Slim Amamou last week was a terrible mistake for Ben Ali. The founding member of the local Pirate Party, a Net Neutrality advocate, and author in an international and influential blog like ReadWriteWeb, Slim was at the crossroad of a movement that could be mobilized and ready to fight in just a click. And this is precisely what happened.
MISE A JOUR (11jan 20:38) : après avoir effectué une enquète concernant son processus de modération qui l’a amené à effacer cette vidéo, Google a remis en ligne la vidéo en y ajoutant, à l’instar de Dailymotion, une protection afin de la réserver aux personnes majeures. « Google soutien la liberté d’expression et d’information », me disait à l’instant la responsable de Google qui a diligenté, dès les premières minutes de publication de ce billet, l’enquête interne.
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Censure automatique ? Peu probable, d’autant qu’on imagine mal un algorithme faire la différence entre l’extrait d’un film d’action bien sanglant et cette vidéo, qui nous est parvenue via Facebook, l’un des derniers espaces pas totalement censurés du web social auquel ont accès les Tunisiens.
Les Tunisiens n’ont pas accès à YouTube ou DailyMotion, dès lors, il est courant que ceux qui sont en dehors de la Tunisie fassent la passerelle avec ces plateformes afin de relayer ceux qui, sur le front, prennent ces images et prennent des risques.
La réaction de YouTube, quelques minutes après l’envoi de la vidéo, est sans appel.

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Voilà l’originale, remise en ligne sur Vimeo (ainsi que sur Dailymotion), qui pour l’instant, ne l’ont pas censuré.
Attention, éloignez les enfants du poste, c’est particulièrement choquant. Selon nos sources, cette vidéo a été tournée le 10 janvier 2011 à 20:42 à El Ghasrin.
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Cliquer ici pour voir la vidéo.
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Pendant ce temps là, la Tunisie d’installe durablement dans le quotidien des média Français, et, plus encore que la détention de Slim, ça risque de durer.

Rue de Valois, il semble que pour les vacances de février, finalement, ce ne sera pas Hammamet.
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Monsieur le Ministre,
Slim Amamou, entrepreneur Tunisien dans le secteur internet, militant pro Net Neutralité, farouche adversaire de la censure, et – accessoirement – bloggeur chez ReadWriteWeb, est détenu depuis jeudi dernier dans les geôles de la dictature Tunisienne.
A l’heure où les morts se comptent par dizaines et où la révolte de la jeunesse Tunisienne semble redoubler, la rédaction de ReadWriteWeb appelle solennellement le gouvernement Français à demander la libération de Slim Amamou et, à l’instar de son homologue Américain, à dénoncer les attaques informatiques incessantes effectuée par le gouvernement Tunisien envers ses citoyens, qui violent leur vie privée, les privent du dernier espace de liberté dont ils disposent, et sème la terreur jusque sur le réseau en volant leurs codes d’accès à leurs profils Facebook ainsi qu’à leurs emails, ainsi qu’en se livrant à une censure de plus en plus féroce.
Slim Amamou, sans doute le plus connu des bloggeurs Tunisiens, est une personnalité de l’internet reconnue à l’international. Sa séquestration ne restera pas sans réponse, et contrairement à ce qu’il se passe quand un confrère journaliste est enlevé, l’internet ne se contentera pas de communiqués réguliers égrenant les jours de détention.
Les Anonymous ont montré comment le pouvoir Tunisien, ainsi que ses complices, feront l’objet de harcèlement constant – dans un premier temps – avant vraisemblablement de passer à une phase bien plus offensive, à coté de laquelle les attaques essuyées par les sites gouvernementaux Tunisiens et la bourse de Tunis ressembleront à des coups de semonce.
L’utilisation de la police d’une nation contre son propre peuple est un acte impardonnable, le fait que le ‘président’ Ben Ali ait mis sur pied une véritable armée numérique, sur laquelle nous avons longuement enquêté au sein de ReadWriteWeb, lui permet de pourchasser la liberté d’expression dans ses moindres recoins. La dictature Tunisienne est à ce titre l’une des dictatures numériques les plus avancées du monde, mais elle s’est désormais mise à dos les forces vives de l’internet dans ce qui s’annonce comme une lutte à mort.
Sans remettre le moins du monde en question l’importance du combat mené en ce moment par la jeunesse Tunisienne, celui mené par les Anonymous contre cette dictature est d’une importance capitale. C’est le premier du genre, et son issue aura des conséquences spectaculaires sur le rapport de force qu’entretiennent de trop nombreux régimes politiques avec leurs citoyens.
Le silence du gouvernement Français, et pire encore la dialectique choquante à laquelle vous vous êtes livré récemment au sujet du régime Tunisien, fait peser un fort soupçon de complicité sur la France.
L’argument d’un Ben Ali seul rempart contre les islamistes, considéré par beaucoup comme une excuse dont se drapent les complices de cette dictature, a été mis en pièce par nos soins en ce qui concerne internet. Nous avons eu, chez ReadWriteWeb, l’occasion d’affronter ce que nous pensions être, dans un premier temps, des groupes islamistes Tunisiens, avant de découvrir qu’il ne s’agissait en réalité que d’un poste avancé de l’armée numérique de Ben Ali, que nous avons par la suite mis à nu. Analysé et dénoncé, avec l’aide de plusieurs courageux citoyens Tunisiens, dont Slim Amamou, les graves atteintes dont l’armée numérique de Ben Ali se rend coupable à l’encontre de son peuple, bafouant ainsi la vie privée et la liberté d’expression de ses citoyens, sont intolérables aux yeux de toute démocratie qui se respecte.
Nous n’avons pas les compétences nous permettant d’estimer, comme beaucoup de spécialistes, le risque Islamiste dans la société Tunisienne. Pour ce qui est de l’internet Tunisien, par contre, après avoir essuyé durant le premier trimestre 2010 cinq attaques cordonnées d’ «islamistes» sur nos différents sites ainsi que sur nos espaces Facebook suite à la publication de cet article, nous sommes en mesure d’affirmer haut et fort que les Islamistes Tunisiens auxquels nous avons eu à faire – trois groupes distincts en apparence – ne sont en réalité que des agents du gouvernement Tunisien ou des sociétés travaillant à son service.
Nous avons identifié ces sociétés, à San Francisco, et son principal actionnaire, un ressortissant Tunisien qui réside lui à Oakland en Californie, ainsi que les méthodes et de nombreux rouages de l’armée numérique de Ben Ali, forte de 600 hommes, dédiés à l’ingénierie sociale en ligne et aux attaques informatiques. Nous avons également remonté différentes pistes, dont certaines mènent jusqu’en France.
A l’heure ou les Anonymous, qu’il convient d’appréhender comme une expression collective et mondiale en faveur de la liberté et de la démocratie, prend le parti du peuple Tunisien, il est temps pour la France de se ranger aux cotés de ceux qui défendent la liberté.
Cette notion que la France a naguère grandement aidé à populariser à travers le monde, la liberté, ne tolère pas de compromis. En continuant ainsi à justifier l’injustifiable, vous vous rangez de facto dans le camp de ses adversaires. Un camp qui, numériquement (dans tous les sens du terme), semble souffrir d’un handicap majeur.
Consequences will never be the same.
En vous remerciant par avance du communiqué que vous saurez, j’en suis sûr, rédiger afin de dénoncer les entraves faites aux libertés du peuple tunisien, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’expression de mes salutations distinguées.
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Fabrice Epelboin
Editeur de ReadWriteWeb France
Illustration : Photos du Lycée Pilote Bourguiba à Tunis / LPBT
prise le 8 janvier 2011, à l’occasion de la Greve LPBT (lien Facebook)
UPDATE : Après les très larges retombées dans la presse Française suite à la publication de cette lettre ouverte, ReadWriteWeb France et USA tiennent à remercier les nombreux journalistes qui ont aidé à faire connaitre au grand public le sort de la Tunisie ainsi que celui de Slim. La solidarité affichée par la profession nous va droit au cœur, en notre nom à tous, merci.
Nawaat.org est un blog collectif indépendant animé par des Tunisiens. Il donne la parole à tous ceux qui, par leur engagement citoyen, la prennent, la portent et la diffusent. Nos choix éditoriaux sont entre autres guidés par les préoccupations qui affectent le quotidien de nos compatriotes et de nos semblables. Lancé en 2004, Nawaat.org mue à nouveau en faisant évoluer sa plateforme technique. Conscient que la conquête de la liberté est un combat à mener au quotidien en totale indépendance, le blog de Nawaat est indépendant de toute association, organisation ou gouvernement et ne reçoit aucune subvention publique et n’est financée par aucun parti politique

Le blogueur et activiste Slim Amamou a été arrêté aujourd’hui 06 janvier au alentour de 13h, heure à laquelle ses amis et collègues n’avaient plus de ses nouvelles. On ne connait toujours pas les circonstances exactes de son arrestation. il devait se rendre à son travail après avoir effectué la visite technique de son véhicule et la dernière nouvelle qu’on a de lui est un tweet envoyé vers 13h.
Capture d’écran du dernier tweet de Slim Amamou
vers 18h, Slim Amamou a révélé la position de son téléphone sur le réseau social Foursquare qui permet à ses utilisateurs de signaler leurs positions par géolocalisation. La position du téléphone du blogueur indique s’il se trouve dans les locaux du ministère de l’intérieur sur l’avenue Habib Bourguiba comme l’atteste cette capture d’écran.

Slim Amamou avait prévenu ses amis que son domicile est surveillé par des policiers depuis hier et que ce matin une présence policière à été remarquée autour du domicile de l’un de ses amis. Plusieurs coups de fils anonymes sont parvenus à son lieu de travail.
Capture d’écran
A rappeler que Slim Amamou est l’un des blogueurs tunisien les plus connu. Il a dénoncé l’année dernière une opération de phishing des comptes mails des internautes tunisiens. Il a également était parmi les initiateurs de l’opération “Nhar 3la 3ammar” et l’un des organisateur de la manifestation contre la censure le 22 mai 2010 à Tunis.
La veille de cette manifestation, il a été arrêté avec son cosignataire Yassine Ayari et détenu pendant plus de 12h à la fin desquelles il a été obligé de faire d’enregistrer une vidéo appelant à l’annulation de la manifestation.
La rédaction
Malek
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Sur ReadWriteWeb, Slim a dernièrement écrit ce billet, immédiatement censuré en Tunisie, qui démontait un hack astucieux utilisé par l’armée numérique de Ben Ali pour voler les logins et passwords de la population. On le voit aujourd’hui, ils sont nombreux à voir leur compte Facebook ou leur blog piraté, ainsi que des comptes Gmail…
Toute la rédaction de ReadWriteWeb, en France comme aux Etats-Unis, est mobilisée.
Si vous souhaitez porter témoignage de ce qu’il se passe, notamment en matière d’utilisation des nouvelles technologies à des fins d’activisme, ou d’observation des attaques faites par l’armée numérique de Ben Ali, vous pouvez témoigner dans nos commentaires ci-dessous. Nous ferons un ou des billets avec les meilleurs témoignages.
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Mise a jour : la dernière interview de Slim (mp3), réalisée par Clark Boyd, le correspondant à Bruxelles de la BBC, qui fait parti du réseau mobilisé pour faire pression sur le gouvernemetn Tunisien. Des actions d’envergure se préparent. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues.
Expect us.

Tout est dans le nom. Foodspotting est exactement ce que vous pensez: on y parle uniquement de ce sujet universel, indémodable et de passion: la nourriture. Oui, je vous l’accorde, cela sonne mieux en anglais, mais cela ne change pas le principe. Foodspotting vous permet en une photo (très bien prise généralement) de partager avec la communauté du site ce qui se fait de plus délicieux dans un restaurant ou un endroit en particulier.
Foodspotting évite les longs discours, il vous plonge directement à l’essentiel, assez de bavardage: montre-moi ce qui est bon. Un clique et le meilleur d’un univers culinaire s’offre à vous, quelles que soient vos envies du jour.
Le site, dont l’exploration est aussi agréable que son sujet de prédilection, allie plusieurs caractéristiques que certains appelleront “tendances du moment” mais que l’utilisateur verra plus simplement comme des “qualités très appréciables”: un service qui permet de partager ce que l’on aime avec les autres. En effet, le mot “food”, tout en ayant un aspect très local et culturel, est un thème universel et un vecteur de connexion sociale capitale. Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es.
Si en plus, Foodspotting vous permet de faire cela en permanence où que vous vous trouviez, nous voila en pleine mobilité. Le cercle vertueux est bouclé… A table.
LA PASSION, UN VECTEUR DE LIEN SOCIAL PUISSANT
Honnêtement, sans vouloir nous faire de la peine, les français ne sont pas les seuls à penser que la table est un sujet sérieux. San Francisco est ce que l’on peut appeler une ville de gourmets ou “foodies” comme ils le disent. On se rend vite compte lorsque l’on discute avec des gens ici ou ailleurs à quel point cela passionne. Et à quel point cela est agréable. J’ai toujours pensé que si quelqu’un me parlait avec enthousiasme de l’un de ses passe-temps favoris (oui, maquettes d’avions et bateaux inclus), je pourrais tout à fait m’y intéresser.
Foodspotting est né de cette passion culinaire. Et généralement cela fait les meilleures idées. Fiona Tang, en charge de la communauté sur la plateforme me racontait comment Alexa Andrzejewski, co-fondatrice avait un jour cherché partout un “okonomiyaki“ au Japon, sans jamais en trouver. Elle a donc imaginé un site vous permettant de débusquer spécifiquement votre envie du moment, là où vous vous trouvez, et cela de façon visuelle.
Le site est une communauté de passionnés et cela vous rend vite “accro”. Vous n’avez pas besoin d’être un “foodie” pour apprécier les bonnes choses ou avoir envie d’en apprendre plus. Foodspotting n’est donc pas un moteur de recherche pour trouver le restaurant qui vous conviendrait en pesant le pour et le contre selon le prix, le lieu et l’ambiance. Non.
Par contre, si vous avez très envie de vous mettre l’eau à la bouche pour savoir où trouver les meilleures pizzas à Paris et dans le monde entier lorsque vous voyagez, vous avez trouvé ce qu’il vous faut. Et une photo vaut bien mieux que des mots.
Nous ne sommes pas chez les experts ou les critiques gastronomiques, mais chez les amateurs éclairés qui ont envie de vous faire partager cela. Le site a ouvert en janvier 2010 et compte 100 000 profils, et un trafic grandissant (330 000 visites le mois dernier).
Que font donc des passionnés de desserts ou de coquilles Saint-Jacques lorsqu’ils se retrouvent? Ils se parlent et échangent leurs dernières trouvailles. La communauté interagit beaucoup entre elle et Fiona estime à environ 10% le pourcentage de leurs utilisateurs très actifs, dessinant la vie du site.
Un système intelligent de feedback permet de ne pas nuire à l’aspect qualitatif du site: les rubans bleus (“noms’) sont en nombre limité, une bonne photo vous permet de gagner des “tips” et autres points. Vous pouvez même imaginer devenir un “expert” de votre plat préféré.
Si vous comparez l’ambiance d’un verre entre amis et un diner sympa, vous réalisez vite que le partage culinaire est aussi un lien social important. Il suffisait de savoir comment reproduire cette donnée sur le web et d’évacuer le bruit, ou la médiocrité, tant les plateformes dédiées aux restaurants, aux recettes et autres se sont développées. C’est ce contexte qui permet une exploration captivante.
LE PALAIS DE LA DECOUVERTE
Il est temps de vous avouer ici quelque chose. J’adore Foodspotting et je ne sais même pas faire des pâtes. Mais comme beaucoup de gens qui regardent des émissions de cuisine ou qui adorent aller au restaurant, j’aime me plonger dans cet univers, sans même me mettre la pression d’apprendre.
Jamie Oliver il y a quelques années a donné un coup de jeune à la cuisine et son exploration. Cette tendance n’est pas prête de s’éteindre. Car que vous cuisiniez ou non, les plaisirs du palais sont instinctifs, quotidiens et infinis. C’est pour cela que regarder ses émissions ou se plonger dans Foodspotting est plaisant, le site ayant eu également l’intelligence de se rappeler que c’était avant tout un plaisir des yeux. Lorsque vous voyez un livre de recette quelque part, votre premier réflexe est surtout de regarder les images.
A chaque fois que je décide de rester 5 minutes sur le site, j’y reste une demi-heure. J’explore les profils des experts, qu’il s’agisse des guides crées par des professionnels partenaires du site ou des gourmets dont les goûts me correspondent et que je décide de suivre.
Je regarde donc les photos de mes plats favoris, je note les restaurants où ils se trouvent, je m’intéresse à ce à quoi pourrait ressembler les meilleurs macarons de Chicago.
Foodspotting a deux qualités essentielles. Il rend l’exploration ludique et possède une dimension à la fois locale et globale qu’un intérêt commun comme la nourriture permet facilement. C’est le produit social et culturel par définition!
Si l’accent est mis sur cette découverte, c’est, on le devine, parce que Foodspotting a un objectif: “the food and only the good food”, sans revendiquer autre chose que le plaisir de trouver ce qu’il y a de mieux, sans se concentrer sur les endroits les plus chères ou les plus en vogue du moment. La petite équipe derrière le site, 8 personnes actuellement,
est donc aussi investis que les autres utilisateurs, développant les initiatives (l’exploration du blog est très amusante) et leur activité sur les différentes plateformes sociales.
L’application iPhone, disponible depuis le mois d’août est évidemment l’outil le plus approprié. 480 000 applications ont déjà été téléchargées et Apple vient de la nommer “Hot Trend 2010” dans la catégorie “fun for foodies”.
Fiona et moi nous étions d’ailleurs données rendez-vous dans un endroit que j’adore, particulièrement pour un de leur thés. Un clique plus tard, nous partagions l’information précise, et un peu de l’expérience, sur toutes les plateformes.
Pas si facile de trouver un Hojicha Green Tea si on ne sait pas où il est, en effet. C’est aussi l’un des grands principes de Foodspotting, attention au buzzword, la “curation”.
UN UNIVERS DE QUALITE POUR UNE “CURATION” A PLUSIEURS NIVEAUX
Le mot curation n’a pas le glamour de l’univers de Foodspotting. Quand on est un passionné, il est très dur de se retrouver sur le web, il y a tellement de blogs, de sites de recherche de restaurants. Inutile de lutter et de croire que les critiques gastronomiques célèbres des journaux et magazines les plus connus seront les seuls auxquels il faudrait se fier. Cela n’arrivera plus. Internet a rendu les amoureux culinaires plus loquaces et si il y a bien un domaine où l’amateur peut jouer les experts, c’est celui-ci.
Foodspotting offre donc un contexte apaisé, où l’on ne parle que des plats et découvertes que l’on aime. Cela ne donne pas du tout la même atmosphère sur la plateforme et évite les réactions émotionnelles. La photo ne se concentre que sur l’expérience gustative, “the food and only the food” encore une fois, comme me la répétait plusieurs fois Fiona. Il ne s‘agit pas d’une opinion sur le mauvais service ce soir-là ou d’un cocktail qui passe moins bien car la conversation à table vous a laissé un goût amer.
C’est un peu “calme, plaisir et volupté” entretenu par l’idée que la qualité est toujours récompensée. La meilleure photo d’un même plat se retrouve toujours en premier. Le nombre de rubans bleus dont vous disposez est limité, pour être sûr que vous ne les donniez pas n’importe comment mais quand vous connaissez effectivement l’entrecôte spéciale ou le poulet au curry de l’endroit en question.
En parlant de cela, il faut que je vous fasse un deuxième aveu. Je suis végétarienne, ce qui en France dans de nombreux restaurants est un péché, mais ici vous permet des explorations culinaires incroyables. C’est pour cela aussi que j’ai eu un gros coup de coeur pour le site. Si vous avez une envie particulière, êtes “très dessert”, ou dingue de burger, Foodspotting vous permet de contextualiser cela aussi de façon précise, et pourquoi pas, de finalement trouver ce fameux okonomiyaki qui vous intrigue depuis quelques lignes…
Axelle Tessandier
@axelletess
Les récentes publications du site de dénonciations Wikileaks ont soulevé des débats houleux et chargés d’émotions sur le secret d’état et le droit d’information des citoyens. Ce débat s’est transformé en une attaque massive à l’encontre des droits des intermédiaires à publier des informations authentiques.
Ne vous y trompez pas – il s’agit bien plus que de Wikileaks. La fermeture de sites tels que Wikileaks représente une atteinte sérieuse à la liberté d’expression.
Aux Etats-Unis les éditeurs disposent d’un droit fondamental d’imprimer des informations politiques authentiques. De la manière, les Internautes ont le droit fondamental de lire ces informations et d’exprimer leurs propres opinions sur celles-ci. Ces valeurs ont été codifiées par plusieurs législations à travers le monde et sont reprises à l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme :
« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ».
Malheureusement, ces valeurs n’ont de poids que tant qu’il y a une volonté de les préserver. Lorsque des personnes physiques ou morales décident de tourner le dos au droit à la parole, nous y perdons tous. La clef d’une démocratie participative est dans l’éducation de l’électorat.
Nous voyons déjà les conséquences négatives de ces événements récents. Les gouvernements à travers le monde sont en train de proposer des lois qui pourront sérieusement limiter nos droits à la libre expression. Aux Etats-Unis, les législateurs se sont empressés de proposer une loi qui représente une menace pour bien des agences de presse. Malheureusement, il est à craindre que des mesures similaires soient prises dans d’autres pays dans les semaines et mois avenirs.
Le moment est venu de défendre vos droits. Rejoignez EFF et opposez-vous a la censure sur internet. Voici quelques suggestions de ce que vous pouvez faire dès maintenant pour exprimer votre intérêt :
<a href= »https://www.eff.org/pages/say-no-to-online-censorship »><img src= »https://w2.eff.org/images/no_censorship_button.jpg »></a>
Il y a des pages sur lesquelles je ne voudrais jamais me retrouver. Simplement parce que je ne comprends pas en quoi cela ferait de moi quelqu’un de plus crédible ou parce que, bizarrement, je n’ai pas une grande impression de mise en valeur.
Comme il est dur pour la femme que je suis (rien qu’écrire ce début de phrase me pèse, je vous assure) d’assumer préférer être “In Tech” tout court qu’une “Girl In Tech”. Cela fait des semaines que j’ai envie d’écrire à ce sujet, sans jamais vraiment réussir à m’y atteler. Tout d’abord, de peur de froisser des initiatives que je trouve plus que respectables. Ensuite, parce que j’avais beaucoup de mal à savoir pourquoi cela ne me correspondait pas du tout.
Mais la conférence TEDWomen qui a eu lieu cette semaine à Washington a été la goutte d’eau. Déjà, on ne peut pas dire que j’ai témoigné d’un enthousiasme débordant en l’apprenant.
Assumer n’est pas revendiquer. Mais respecter n’est pas forcement adhérer.
Il y a de nombreux engagements que je prends à titre personnel, qui, selon moi, ne nécessitent pas une revendication collective. Je n’ai pas l’impression de les rendre moins visible, juste de les considérer comme une évidence.
Personnel vient du mot “personne” vous l’aurez noté. Cela me convient très bien d’être définie par cela et uniquement par cela.
CERTES LES FAITS SONT LA…
J’aurais pu aligner pendant des dizaines de lignes le nombre de discussion sur Internet et ailleurs qui vous décrivent “l’horreur” de la situation pour nous, les femmes, dans notre vie professionnelle. En France en particulier, l’égalité pour nous n’est qu’un leurre: nous pointons à la quarante-sixième place dans le rapport sur l’égalité des genres et les clichés machistes ont la dent dure.
J’essaie d’être d’accord, d’être révoltée. Mais non, rien à faire, cela ne passe pas. L’expression “je veux tout” avec l’image de la Wonder Woman qui jongle entre ses différentes obligations me semble être malgré tout un cliché également. Alors, peut-être est-ce facile de mon point de vue. Je n’ai pas d’enfant à charge. Mais très honnêtement, je pense que la situation ne se poserait pas en ces termes-là du tout. Pour moi, ce n’est pas dans ma vie professionnelle que se joue le nerf de la guerre. Je ne me considère jamais en tant que femme dans ma sphère publique (ma vie professionnelle) mais en tant qu’être humain. Dans ma sphère privée, c’est autre chose.
Si je devais jouer le petit jeu de la guerre des sexes, cela ne serait pas pour faire de la gente féminine la grande gagnante mais assurer aux hommes qu’ils peuvent espérer plus pour eux. Oui, vous avez bien lu : “none will succeed if we don’t change our expectations for men. Or, more accurately, men’s expectations for themselves.”
“Mr Mom” peut apparaitre comme un gadget journalistique, cela n’empêche qu’il a le mérite de bien inverser la discussion. Et tout à coup, je commence à me sentir concernée. Oui, nous pouvons tous espérer “tout avoir”, même ceux auxquels on ne pense jamais lorsqu’on emploie ce terme.
Dire “nous” pour parler des femmes n’a donc pas de sens pour moi. “Nous voulons tout”, vous, moi, point final. La succession de femmes à TEDWomen employant “we” toutes les deux minutes me mettait aussi mal à l’aise qu’un homme qui ferait la même chose.
Certes, on peut créer des conférences et appuyer sur ces faits en permanence, choisir la stratégie du réseau féminin comme soutien et force de frappe, alors qu’on sait que c’est en réalité l’un des principaux problèmes dans la sphère professionnelle. On préfère toujours travailler avec quelqu’un de son sexe inconsciemment comme le décrit Sharon Vosmek CEO de Astia dans cet article sur l’absence de femmes dans la Silicon Valley: “Women tend to network with women, and men tend to network with men[...]. It plays out on the golf course, in the boardroom and it’s certainly playing out in high-growth entrepreneurship.”
Un réseau de femmes pour lutter contre notre tendance naturelle, de quelque genre que l’on soit, à “réseauter” entre nous… ”Meta” j’ai envie de dire.
Les faits rappelant l’injustice sont aussi nombreux que ceux rappelant à quel point les femmes sont formidables dans un environnement professionnel. Les équipes mixtes sont d’ailleurs les plus performantes dans la création de brevets sur les technologies de l’information et vous avez beaucoup plus d’innovation à tous les étages comme l’affirme la créatrice de Illuminate Ventures, société qui n’investit que dans des startups dirigées par des femmes. Formidable.
Répéter plus de deux fois pour être sûre d’être bien entendu est soit mauvais signe, soit la mauvaise méthode. Je vais donc m’arrêter là parce que, en ce qui me concerne, ces faits ne me passionnent pas. Cela ne veut pas dire que je les ignore, c’est juste que je crois que je ne me suis jamais posée la question de cette façon-là.
JE PEUX DECIDER QUE L’ESSENTIEL EST AILLEURS ET ARRETER DE QUESTIONNER LES EVIDENCES
De manière générale, je ne suis pas quelqu’un qui aime que l’on appuie là où cela fait mal en trouvant mille raisons autres que celles que nous provoquons nous même sans y penser. Oui, j’avoue, la déresponsabilisation est une tendance qui, à titre personnel, ne me plaît pas beaucoup. Les réalités externes sont des facteurs contre lesquels je n’ai pas trop de contrôle. Enfin, il y a me semble-t-il des attitudes qui me permettent de ne pas perdre totalement la partie: comme affirmer que la chance n’est pas un concept mais plutôt un comportement. Beaucoup de femmes qui se sont retrouvées dans cette liste du Time des “25 femmes les plus puissantes du siècle” ont eu l’intelligence de saisir l’instant et de croire non pas à ce qu’elle devait représenter pour les autres mais l’image qu’elle avait décidé de se créer d’elle-même. Sans trop s’embarrasser des faits. Juste en étant, en faisant. J’ai pris beaucoup de plaisir à parcourir leurs portraits, non pas parce qu’elles étaient des femmes mais juste des personnes ayant fait des grandes choses, des histoires inspirantes. J’imagine que le fait qu’elle soit des femmes s’imprime un peu d’office dans mon cerveau, sans y réfléchir.
C’est quand on arrête d’y penser je crois que les choses changent vraiment, ou apparaissent non plus comme des données mais une simple réalité. Comme cette récente découverte que toute le monde s’est fait un plaisir de tweeter: oui, le nombre de femmes dans un groupe est lié à l’efficacité dans la résolution de problèmes compliqués. Mais ce que j’adore dans cette histoire, c’est que ce n’était absolument ce qu’ils cherchaient à démontrer: “Only when analyzing the data did the co-authors suspect that the number of women in a group had significant predictive power: ”We didn’t design this study to focus on the gender effect. That was a surprise to us. »
C’est devenir cette évidence qui amène une confiance en soi pour moi, d’autant plus pour ma génération. Je ne vois pas comment sortir de la spirale infernale si dans ma sphère professionnelle, je passe ma vie à renvoyer à mes interlocuteurs que, avant d’être indispensable ou excellente, je suis une femme. Il y a un effet miroir inévitable si je me définis ainsi. Les difficultés que j’ai pu rencontrer dans cet environnement n’ont jamais été vraiment liées au fait que je sois une femme, mais plus à ma personnalité.
Les doutes n’ont donc jamais été provoqués par le fait d’être une femme, plus fragile, moins douée, moins armée. Mais encore une fois, on rentre dans un rapport très subjectif associé à notre parcours. Je comprends donc très bien ce que la fondatrice du réseau Women 2.0 veut dire lorsqu’elle explique : « People don’t know they can be a good entrepreneurs until they try. This program is allowing people to try out their ideas and their skills. »
Mais cette affirmation est valable aussi bien pour un homme que pour une femme, non?
Je ne me demande jamais si je serais discriminée au profit d’un homme, mais toujours si je peux réaliser mieux que qui que ce soit la mission qui m’est confiée. Dernièrement, on a vu quelqu’un se rendre tellement indispensable, homme ou femme, peu importe: c’est l’ingénieur à six millions.
Je ne me demande pas si je vais subir les préjugés donc, car si cela ne rentre pas comme quelque chose à prendre en compte pour moi, je pense multiplier les chances que ce soit le cas également pour mon interlocuteur. C’est pour cela que j’aime la réponse de Safra Gatz, co-présidente de Oracle à la question sur la principale barrière au leadership féminin: “The most significant barrier to female leadership is the actual lack of females in leadership. The best advice I can give to women is to go out and start something, ideally their own businesses. If you can’t see a path for leadership within your own company, go blaze a trail of your own.”
Nous ne sommes pas tous égaux à ce niveau-là. Nos parcours professionnels mais aussi notre personnalité et l’éducation que l’on a reçu au sens large, la tradition qui veut que les nouvelles technologies et un BAC S soient des domaines réservés aux hommes sont évidemment des facteurs essentiels. L’éducation, voilà la vraie question.
APPRENDRE A SAISIR LES OPPORTUNITES
Tout se joue avant en fait pour moi, avant de rentrer dans une association ou un réseau féminin.
J’étais invitée à la soirée de l’association Akili Dada dans laquelle s’investit l’une de mes amies à San Francisco. Pourquoi soutenir cette association qui construit “le leadership de la prochaine génération de femmes africaines” me tenait à coeur alors que l’idée d’une cause féminine ne me parle pas? Il ne s’agit absolument pas du même combat pour moi. Il s’agit de leur apprendre qu’elles peuvent saisir les opportunités, elles qui ont intégré l’idée que l’on doit les marier dès que l’argent manque.
Je soutenais un combat pour l’éducation car dans de nombreux pays, les enjeux pour les femmes se jouent à un autre niveau qu’une lutte pour une reconnaissance professionnelle.
L’éducation reste capitale et il me semble que j’ai y ai eu accès dans les meilleures conditions. Je me sens donc chanceuse, quoi qu’il arrive. Le reste est une question d’attitude, pas de quota. La mienne, arrêtez de me parler de celle de ceux d’en face.
L’éducation dans votre environnement familial et votre cadre scolaire mais aussi certaines politiques gouvernementales sont définitivement des outils. Je ne vais pas vous reparler ici des pays scandinaves.
Je ne crois pas que les femmes feront avancer la cause des femmes. Je pense que la société fera avancer la société, femmes comprises.
Je ne remets pas en cause l’existence des groupements féminins, notamment dans un domaine comme les nouvelles technologies. Je suis certaine qu’ils sont nécessaires pour de nombreuses femmes qui, utilisant la force du collectif, aboutiront à une évolution personnelle. La confiance, on en revient toujours au même point.
Mais je ne peux m’empêcher de penser tout de même que lorsque le plafond de verre et la sous-représentation des femmes, notamment dans l’innovation, sont les principaux problèmes, cela est déjà un luxe.
Une vidéo m’a particulièrement exaspérée pendant la conférence de TEDWomen : “I have a voice”. Le lendemain, j’écoutais une émission sur le trafic de jeunes femmes prostituées à deux pas de là où je vis, qui, elles, en étaient visiblement privées réellement. Là, oui, j’étais révoltée.
Pas en tant que femme. En tant qu’être humain.
Axelle
@axelletess
Ce n’est pas encore le film original, mais un premier montage. Il est déjà riche d’enseignements sur les objectifs poursuivit par Wikileaks et les projets similaires. A voir (via @clarinette02)
Les conférences se suivent et ne se ressemblent pas. L’industrie de la musique à l’origine de nombreuses peurs en France de ces acteurs historiques et de beaucoup d’enthousiasme de la part des internautes qui en consomment beaucoup se donnait donc rendez-vous à San Francisco. La musique a été l’un des premiers vecteurs de découverte sur le web quand j’ai commencé à utiliser un ordinateur. Plus qu’un medium comme la télévision, la musique n’est pas uniquement une industrie en mutation. Elle est aussi une passion pour beaucoup de gens. Et cela n’est pas un détail.
LA STARTUP DES CONFERENCES
Vous ne serez pas surpris de savoir qu’à San Francisco, les occasions d’aller à des conférences concernant les nouvelles technologies, l’innovation et autre exploration “geekesque” ne manquent pas. Il y a ce que l’on appelle les grandes messes: prenez votre excitation pour le Web de cette semaine, déplacez-la au milieu des collines de la Silicon Valley, voilà, vous avez la photo sur votre smartphone. Je dirais que Le Web 2.0 ou La NewTeeVee en sont des représentants.
La SF MusicTech m’a donné une impression très différente. D’abord je pense que la musique draine plus de passion et donc d’expérimentation. Les personnes présentes étaient aussi bien là pour faire du “business” que par passion. Certains panels d’artistes, sans parler du fameux “elevator pitch” permettant en moins d’une minute de présenter votre idée aux participants, ne parlaient que de cela. Sympathique mais inimaginable dans une grande messe, en tout cas pour le moment. C’est pour cela que j’ai eu le sentiment d’être dans la startup des conférences et non dans une corporation bien installée pour continuer à filer la métaphore. Avec ses avantages et ses inconvénients.
L’avantage, c’est l’aspect expérimentation qui prend le dessus sur la présentation formelle. Les panels de démos se succèdent, les gens se parlent, networkent. Vous ne savez pas trop comment ils vont faire de l’argent, vous ne savez pas du tout si ils seront les prochains grands acteurs de la musique sur la toile mais comme une startup qui démarre, on part au quart de tour, on essaie, on voit, on se plante, on améliore. Les démos qui m’ont plu sont donc de façon très subjective Vocoo (je crois au potentiel de bonheur provoqué par le karaoké) et Stageit (l’idée d’avoir son petit concert privé sur son ordinateur me plait énormément).
L’autre avantage du “startup spirit” dans ce genre de conférence, c’est l’enthousiasme que l’on sent dans les salles, parmi les gens qui sont là. On repart à un panel de démos, ou on discute avec un fou de musique. Cette passion, combinée aux possibilités du numérique, permet d’imaginer de nouvelles technologies et surtout des nouveaux comportements : « They are these guys who are obsessed with music and have been obsessed for years. »
Mais l’atmosphère très startuppers a aussi quelques inconvénients.
D’abord, on parle plus de ce que l’on fait, de ce que l’on a à vendre et montrer pendant et entre les panels, que de ce que l’utilisateur espère. J’avoue que pour moi cela rend les interventions moins impressionnantes quand je sens que pour toutes les personnes présentes, l’essentiel se joue ailleurs. C’est la règle de la plupart des conférences parait-il… Soit.
Ensuite, peu de grands noms étaient là. La “conférence sur la musique la plus importante de l’année à San Francisco” ne comptait pas de représentants de Spotify, Pandora (qui se trouve à Oakland) ou Last.fm parmi ses intervenants, alors que les radios sur internet personnalisées et personnalisables sont les acteurs les plus en vue du moment.
Sans parler de la sous-représentation des plateformes sociales quand on sait maintenant que les gens préfèrent la recommandation de leurs amis à celle de n’importe quel algorithme.
Mais pour ces grands noms, les choses sérieuses ont commencé et le besoin de se présenter est moindre. Ils n’étaient pas présents car pas du tout dans le même état d’esprit. Ils sont devenus leaders sur un secteur où faire de l’argent est loin d’être une évidence quand on n’a pas de support comme l’iPod pour rentabiliser sa présence sur ce nouveau marché digital. Fini les démos et prototypes, il est temps d’être un “business model”. Et même en étant un service bien identifié des internautes, tous les problèmes ne sont pas réglés.
A la SF MusicTech, j’étais assez étonnée qu’on ne parle pas plus des sujets qui fâchent et qui sont tout de même au coeur de l’innovation. Les startups ne font pas d’argent car les droits de licence sont sur la musique d’une complexité terrible. Même pour Spotify, Je leur souhaite bonne chance quand viendra le développement sur le marché américain.
DES TENDANCES APPLICABLES A BEAUCOUP DE MEDIA
Au début, j’avais envie de vous parler de la conférence sous l’angle de deux grandes tendances que j’y ai senti : exploration et engagement.
Puis je me suis rendue compte que ce n’était pas terrible, parce qu’entre vous et moi, après une ou deux conférences concernant les media, on se rend compte que beaucoup de changements auxquels l’on fait référence en permanence les concernent tous. Bientôt les éditeurs de presse s’inspireront du secteur de la musique et vice et versa pour survivre…
D’ailleurs, l’un des panels que j’ai adoré s’appelait “The Startup Cycle” . Les conseils pour trouver des soutiens financiers et les histoires de RootMusic m’ont passionné. Mais cela aurait pu être vrai d’une startup me parlant de ses difficultés dans beaucoup d’autres domaines.
Les développeurs étaient là aussi. Ainsi l’univers merveilleux de la mobilité et des applications refait surface (l’application est-il l’avenir de la musique sachant que les gens sont plus enclin à dépenser de l’argent pour une application que pour une chanson) et les tendances les plus évidentes se discutent aussi ici, comme deux semaines auparavant à la NewTeeVee me semble-t-il. Oui, les mêmes observations.
L’exploration fait partie intégrante du web. Il n’y a donc pas de raison que la musique ne voit pas cette tendance s’amplifier. MySpace n’est plus ce qu’il était à cause de cela, les offres comme ExtensionFM me permettant de découvrir de la musique se sont multipliées, on est d’accord. Cela favorise-t-il la découverte d’artistes moins exposés? En ce qui me concerne, j’ai l’impression effectivement d’écouter beaucoup plus d’artistes qu’avant.
Mais l’exploration n’est pas l’achat, j’en conviens. Reste qu’une opportunité supplémentaire d’arriver jusqu’à moi apparaît. L’internet ne représente pas un petit espace. La “curation” dont je parlais ici la semaine dernière est aussi une tendance à laquelle la musique n’échappera pas même si elle n’a pas été le problème le plus abordé pendant la journée.
Rendre la musique plus sociale en favorisant les recommandations amicales n’est qu’un aspect à traiter; le rapport à la musique est moins simple que cela.
Elle est pour moi une activité d’humeur. Arriver à représenter cela sera un challenge. Je rêve de voir un Twitter Musique permettant, comme un potentiel Twitter Events, de rassembler ceux qui à un moment donné du web souhaitent parler de cela. Certains jours, j’ai envie de vous dire tout ce que j’écoute puis partager et entendre vos choix. Le lendemain, je ne supporte pas être envahie de recommandations.
Quant à l’engagement, mot entendu à de nombreuses reprises pendant la conférence, il est aussi un minimum qui ne concerne pas uniquement la musique. Intégrer vos réseaux musicaux à votre communauté est aujourd’hui le défi des plateformes comme Ping qui commence son partenariat avec Twitter par exemple.
L’engagement concerne aussi bien évidemment les artistes qui ont aujourd’hui grâce à internet la possibilité d’avoir un rapport plus direct avec leurs fans. Le premier panel expliquant comment créer plus de relations entre les artistes et le public comptait des intervenants qui n’existaient pas il y a seulement deux ans comme Headliner.fm, qui vous aide à diffuser votre musique sur les réseaux sociaux.
L’engagement est évidemment plus concret et peut-être plus facile à créer quand il se prolonge ailleurs que sur votre ordinateur. Comme l’éternel débat sur la véracité de l’activisme en ligne, les mêmes ressorts sont en jeu.
Ce n’est pas un hasard si LiveNation a ouvert la journée avec sa « keynote ». Le live a retrouvé ses lettres de noblesse grâce au web. Les artistes repartent en tournée, les vidéos de concert sur internet se multiplient sans parler de la vente des tickets. C’est, il me semble, l’activité de l’industrie musicale qui s’est le mieux adaptée à la révolution numérique. L’utilité des plateformes comme Songkick vous permettant de savoir ce qui se joue à coté de chez vous et ailleurs, qu’il s’agisse de vos artistes préférés ou de ceux de vos amis leur permet un développement rapide. Le besoin était d’une telle évidence.
Exploration, “curation”, engagement, tout y est.
Ah non, pardon, il manque l’essentiel: le contenu, la musique. Et là encore apparaît une similarité avec de nombreux media : les anciens joueurs essaient de s’adapter aux nouveaux comme le révélait la dernière conversation de la journée à laquelle j’ai assisté “What Music Companies Need From Startups”. Parfois cela marche très bien et des partenariats innovants apparaissent: c’est l’histoire de S-Curve Records et Universal. Et parfois l’incompréhension est totale. Mais peut-être faut-il être le chanteur de Radiohead pour s’offrir ce luxe.
LA MUSIQUE EST UN ART
Et cela, oui, la différencie de beaucoup de media. Un art intime, difficile à intellectualiser, en tout cas pour moi.
Le panel que j’ai préféré est donc celui où nous n’étions pas très nombreux et qui pourtant ne parlait pas d’une industrie et de ses nouvelles technologies. Mais de la musique, et uniquement de cela. Il s’agit du panel sur l’éducation. Pour quelqu’un qui a étudié en France, où la musique était au mieux une option au plus petit coefficient, je peux vous affirmer qu’écouter la Berklee Music School était un moment vraiment inspirant. Je ne peux pas croire que la nouvelle place qu’Internet offre aux arts n’ait pas de répercussion sur l’enseignement de ces matières, sur leur place au sein du système.
Car sans aucun doute “Technology has always shaped the way music is made”, (oui, iPad DJ a eu un grand succès pendant la journée) mais le fait de permettre d’y avoir accès plus facilement change aussi une culture. Internet permet un nouveau rapport a l’art quand on sait que 92% des internautes sont intéressés par l’art et la culture en ligne de façon générale.
L’industrie musicale a voulu sensibiliser pendant de nombreuses années sur sa mort annoncée, avant de comprendre qu’on ne tue pas la musique. Qui pourrait vivre sans. On l’adapte à une révolution. Elle est aussi parfaitement affutée pour en provoquer une dans l’éducation, qui en matière de besoin d’engagement n’est pas en reste. Elle représente une partie importante de la vie numérique de toute une génération, elle est une discipline faite pour l’enseignement en ligne selon Berklee et leur site dédié à cela.
“Had I never lived, someone else would probably have formulated the principle of indeterminacy; if Beethoven had never lived, no one would have written Opus 111.”
— Werner Heisenberg
Cela ne mérite-t-il pas une éducation adaptée?
Axelle Tessandier
@axelletess
Ce billet a été publié sur Global Voices Advocacy , l’un des sites de Global Voices, destiné à défendre la liberté d’expression en ligne et à combattre la cyber-censure · Tous les billets
Ceci est un billet des blogueurs invités Mera Szendro Bok, Matthew Schroyer, et Abby Martin de Communication is Your Right.
Le site Communication is Your Right! a récemment interviewé Larry Cox, Directeur Exécutif d’Amnesty International USA, qui a affirmé que la liberté d’expression est fondamentale dans la lutte pour les droits humains. « Les gens doivent comprendre que communiquer est un droit, un droit bien trop souvent bafoué », a –t-il affirmé. « C’est d’ailleurs le plus important, car si les gens ne peuvent pas s’exprimer, ils ne pourront donc pas dénoncer les différents abus dont ils sont témoins. »
Communication is Your Right! est une nouvelle plateforme qui permet aux différents acteurs, dans les médias, dans les associations pour les droits humains, et à tout citoyen de s’exprimer. Où en est le droit de communiquer dans votre communauté ou votre pays ? Partagez en créant une vidéo, un blog ou un podcast et ajoutez-le à notre campagne.
« Quand des gens essayent de détourner le pouvoir, les premières personnes à qui ils s’attaquent sont les journalistes » rappelle M. Cox. Ainsi, le projet Threatened Voices de Global Voices fait état de plus de 267 affaires concernant des journalistes ou blogueurs muselés, arrêtés, tués ou disparus. On peut y lire que « Jamais autant de blogueurs n’ont été emprisonnés ». C’est inacceptable, non pas seulement parce que communiquer nous est indispensable pour changer nos vies et notre communauté – mais parce que c’est un droit humain.
L’article 19 de la déclaration Universelle des Droits de l’Homme, relative au droit de communiquer, fait de la censure une atteinte aux droits humains. Cet article stipule: « Chacun a droit à la liberté d’expression et d’opinion ; ceci inclus la liberté de s’exprimer librement et de chercher, recevoir et diffuser des informations et des idées à travers n’importe quel média, sans limitation de frontières ».
Sur la page principale de notre site apparaît une pétition demandant aux Nations Unies de reconsidérer le droit de communiquer. « Suite à ces changements profonds qui s’opèrent dans la manière dont les gens se connectent à Internet et partagent, il est plus important que jamais de protéger le droit de se connecter et d’échanger », explique Matthew Schroyer, journaliste (www.mentalmunition.com) et fondateur de Communications is Your Right! « Si vous ne pouvez pas protéger ce droit, alors, vous ne pouvez pas protéger la démocratie».
La pétition lancée par Communication is Your Right! rappelle aussi que la concentration des groupes de médias affaiblit la communication universelle et, sans un soutien digne de ce nom de la part des Nations Unies, aucun des Objectifs du Millénaire pour le Développement ne pourra être atteint.
Nous encourageons vivement ceux qui exercent leur droit de communiquer via des blogs, des podcasts, ou des vidéos à soumettre leur travail à cette campagne. Nous aimerions pousser les citoyens du monde entier à réfléchir sur les raisons pour lesquelles ils ne sont pas encore écoutés au sein de leur communauté. Les groupes de presse (traditionnels) vous offrent-ils la possibilité/les moyens/des plateformes pour le faire ? Dans quelle mesure le contrôle de l’Etat et la politique des médias sont-elles une entrave à la liberté d’expression dans votre pays ? Toutes ces questions méritent réflexion et nous devons agir tous ensemble pour créer des solutions.
Nous sommes entrain de mettre en place une campagne décentralisée visant à réunir des hommes/acteurs de médias, des réformateurs et des activistes travaillant ensemble, afin de former un réseau d’associations dans le but de pouvoir échanger avec nos communautés respectives et de créer un média autour de l’article 19. « Nous avons besoin d’une révolution de la communication pour obtenir une révolution des droits humains», a affirmé Abby Martin, fondateur of www.MediaRoots.org et entre autre organisateur de Communications is Your Right.
Pour vous joindre à Communication is your right et plaider pour que les citoyens puissent communiquer ouvertement, pleinement et librement, vous pouvez visiter notre page “Organizing Together” si vous voulez apprendre comment devenir organisateur et partager le message de cette campagne.
Traduit par Philippe Menkoue

Si le journalisme est en danger car nous pouvons tous écrire sur Internet, la photo reportage se porterait encore plus mal car nous pouvons tous d’un clique sur un smartphone immortaliser un événement. Un peu simplificateur me semble-t-il.
La “curation” ou le fait de m’aider à naviguer dans le flot d’informations devient incontournable. Le mot anglais “curator” a pour traduction littérale “conservateur de musée”. Cela en dit long sur le savoir-faire que l’on peut espérer de celui à qui on confie ce rôle. Un musée sans “curator” n’a aucun sens, aucune organisation. Imaginer des tableaux à la suite, sans fil conducteur… Oui, vous en ressortiriez vite.
L’image, loin d’être en danger, est un médium rêvé pour Internet, où vous avez généralement six secondes plutôt que six minutes pour raconter une histoire. Le photojournalisme existe encore pour longtemps. Tant que sa terminologie ne fige pas sa fonction et ne l’oblige pas à lutter contre ses nouveaux acteurs: les internautes, blogs ou sites journalistiques, tous ayant en commun un rôle nouveau d’éditeur.
UNE PHOTO: UNE HISTOIRE QUI RESONNE
L’envie d’écrire ce billet est venue de ma visite au San Francisco MOMA pour la dernière exposition de Henri Cartier-Bresson. Effectivement, la revue LIFE me semble datée dorénavant. Mais l’image est, avec la vidéo, l’une de mes sources d’information privilégiées du web. Certes, le travail du photojournaliste se présente différemment. Mais je ne crois absolument pas que la messe soit dite. J’ai l’impression de l’entendre beaucoup depuis que des maisons prestigieuses comme Sygma ferment leurs portes. Nous serions tous capables de retranscrire une info, de sortir notre appareil au bon moment au bon endroit. Les internautes champions de l’immédiateté seraient d’instinct les plus affutés pour attraper l’instant ?
Je regarde de moins en moins les séries de “Grand Reportage Photos”, comme le confirmais très inquiet Neil Burgess, ancien directeur de Magnum Photos à New York et Londres: “We should stop talking about photojournalists all together. Apart from a few old dinosaurs whose contracts are so long and retirement so close that it’s cheaper to keep them on, there is no journalism organization funding photographers to act as reporters”.
Pourtant, je regarde ou me plonge au coeur d’un événement plus d’une fois par jour en découvrant une photo hallucinante sur le web. Comme la musique, le mot reste le même, la façon d’y avoir accès a changé. Mais qui oserait dire qu’ils ne sont pas essentiels? Il est toujours très tentant lorsqu’une activité change de proclamer qu’elle est entrain de mourir. On peut aussi décider de remplacer la peur par la curiosité et d’accepter qu’elle se transforme, tout simplement.
Tant qu’une image me racontera une histoire, la photo se portera très bien. Nous ne sommes qu’émotions, même l’information que nous recevons nous intéresse plus ou moins selon ce à quoi elle nous ramène en tant qu’être humain. L’image est le récepteur idéal du sacro-saint “storytelling”. Ira Glass, créateur de l’émission de Radio This American Life parle de notre envie de savoir où l’histoire va: le suspense est le dénominateur commun des grands conteurs. Une photo me questionne beaucoup plus souvent qu’elle ne me fournit des réponses ou la vérité. Elle m’offre une perspective qui me permet de plonger dans l’événement tout en m’interrogeant “qu’est-il entrain de se passer juste à côté? que lui dit-il?”. Peu de média ont ce pouvoir d’information, tout en m’offrant un angle que je suis si libre d’interpréter.
Internet a multiplié la circulation de ces photos, a facilité la découverte du monde. Mais il a aussi tout accéléré. Peut-être le photojournalisme où l’on envoyait un reporter commissionné pour faire toute une parution est-il derrière nous, en tout cas concernant l’information stricto sensu. Ceci dit le National Geographic semble lui se porter à merveille. Mais il s’agit déjà d’une audience de passionnés. Non, l’époque ne se prête plus à multiplier les parutions comme LIFE. Une information en chasse une autre, leur succession augmente. Il ne s’agit plus de prendre 20 photos mais une et celle qui marquera mon esprit. Rien ne sert de regretter le besoin de temps et de qualité du passé. Il s’agit d’accueillir l’exigence et l’accélération des événements du Présent. Comme le dit Jeff Jarvis “There is no hot news. All news is hot news.”
Si l’on regarde les derniers événements qui ont captivé le public, qu’il s’agisse de l’Iran, des mineurs chiliens, ou de la crise économique, ils ont été documentés à l’aide de nombreuses images. Leur pouvoir narratif apparaît amplifié pour nouer le drame.
Une histoire n’est rien sans bon narrateur. La “curation” est aujourd’hui une nécessité sur le web. Et une évidence concernant le photojournalisme.
CURATION ET COMMUNAUTE: A LA RECHERCHE D’UN ANGLE PERSONNEL
Le débat sur le photojournalisme a certainement été relancé par les événements de 2009 en Iran: « Thankfully, due to technology, what’s happening in Iran is being documented by Iranians, » Nous étions tous derrières nos ordinateurs pour avoir accès aux photos. Nous découvrions l’activisme des étudiants iraniens et leurs nombreux blogueurs. J’avais plusieurs façons de suivre l’histoire des manifestations à travers les images qui nous arrivaient. Je pouvais décider d’avoir accès au plus de photos possible, me plongeant dans l’information et m’y retrouvant par mes propres moyens.
Je pouvais décider de faire confiance à un éditeur de renom pour sélectionner les photos les plus intéressantes, selon eux. Moins de choix, mais plus d’édition.
Ce sont juste des expériences différentes adaptées à mes besoins. J’avoue que, par choix personnel, j’avais décidé de m’informer en faisant confiance à des marques comme le New York Times, ouvrant leurs pages aux photos des manifestants. Je crois à la conversation, surtout dans le domaine journalistique, quelque soit la forme qu’elle prend.
Mais l’essentiel était la confiance que je mettais dans leur sélection. Dans un système où l’accès au contenu se trouve partout, les outils pour me repérer sont nécessaires. Un outil n’est rien sans un artisan. Oui, la “curation” pourrait être la clé du photojournalisme à l’ère numérique, quelque soit celle que je préfère. Cela ne m’offre pas seulement un contexte. La “curation” parle aussi de confiance, comme le dit Erin Scime, de l’agence Huge New York: « It’s knowing your collection as a subject matter expert to very fine detail, it’s figuring out how to communicate and educate people on what is there and how they can find it.”
Je l’ai déjà dit, je ne suis pas une grande fan des gens qui se proclament “experts”. A l’heure d’Internet, j’aime aussi faire confiance aux analystes passionnés, à ceux qui expérimentent plutôt qu’à ceux qui expertisent. En matière de photojournalisme, je peux donc décider qu’une communauté me fournira un angle peut-être diffèrent d’un reporter. Cette collection de photos sur Quora n’a été qu’un choix, le mien, de faire confiance et de m’intéresser au leur. Cela ne tue pas le photojournalisme professionnel. Au contraire, je souhaiterais toujours avoir quelqu’un au bon endroit au bon moment pour immortaliser un moment et faire d’une histoire une représentation de la grande.
Mais le dialogue ouvert par Internet implique d’accueillir ces nouveaux passionnés, ces nouveaux éditeurs, qui avec la multiplication des outils technologiques peuvent relayer l’histoire. On le sait dorénavant, le monde digital me permet d’offrir ma vision du monde plus facilement. Pourquoi les professionnels ne pourraient-ils pas y voir une chance et une opportunité de s’adapter, quitte à révolutionner leur outil de travail.
Comme pour les autres aspects du métier journalistique, ces nombreux changements qui facilitent l’échange ne menacent pas les journalistes si ils décident que le pire est le statu quo.
CURATION DES PROFESSIONNELS: INFORMATION ET ANALYSE
Quand je vois le nombre de blogs créés par les grands noms du journalisme uniquement consacrés à la photo, je ne peux m’empêcher de penser que ceux qui crient au sabotage de leur activité ne regardent pas au bon endroit. Une des applications que j’utilise le plus sur mon iPad est celle du Guardian, Eyewitness, qui avec une seule photo par jour me raconte une histoire, me permet de poser trois minutes mes yeux sur un événement, et m’informe, d’une autre façon. Certes, l’application est gratuite, mais je lis beaucoup plus le Guardian qu’avant. Effet immédiat d’un monde où lorsque des besoins plus complexes de compréhension se font sentir, je vais me tourner vers ceux qui éditent avec brio, selon moi. Une photo aujourd’hui, un article demain.
A mon grand désespoir, la plupart de ceux que j’explore quotidiennement, comme le célèbre Big Picture, ne sont pas français. (Sérieusement, qui connaissait Boston Globe avant? Je le reconnais, pas moi. Enfin, pas vraiment dirais-je…). La “curation” fait écho à des missions de plus en plus importantes pour continuer à naviguer avec bonheur sur le flot du web: sélection, éditorialisation, qualité du contenu, rapidité d’accès à l’information. Faire confiance à ceux qui me guident, ne donne pas le même plaisir lorsqu’à mon tour je joue un rôle de repérage. Le dernier travail de photojournalisme qui m’a laissé sans voix était la sélection de Reuters pour l’année 2010: un demi million d’images par an, une curation de 55 d’entre elles.
Et moi qui la partage et la relaie auprès de ceux qui me font confiance et s’intéressent comme moi à ce sujet sur Twitter.
La boucle est bouclée. Mais un nouveau cycle ne fait que commencer.
Axelle Tessandier
@axelletess
Plus de la moitié des PME américaines et anglaises opèrent sans la moindre règle établie en interne en matière de sécurité informatique selon un rapport publié la semaine dernière par AVG.
Pour arriver à ce constat, AVG a interrogé un échantillon de 2000 PME aux Etats-Unis et au Royaume Unis et s’est aperçu que non seulement la moitié d’entre elles n’avaient pas mis en place la moindre règle de sécurité, mais que, pire encore, une sur sept n’avait même pas mis en place l’ombre d’un logiciel de sécurité.
C’est une pratique on ne peu plus dangereuse, en particulier pour les PME dont les ressources limités peuvent amener ce genre de négligences à des catastrophes potentiellement fatales. Un anti virus correctement mis à jour sur l’ensemble des postes de l’entreprise permettrait déjà d’éviter pas mal d’encombres (et ce n’est qu’un début).
Pourtant, 83% des entreprises ayant répondu affirment être consciente de l’importance que revet la sécurité informatique à l’ère d’internet, ce qui rend la situation d’autant plus préoccupante : il ne s’agit pas d’un problème de sensibilisation.
L’étude d’AVG (disponible ici) apporte un certain nombre de fait interessant par ailleurs :
La situation en France n’est guère plus brillante que dans le monde Anglo Saxon. En terme de sécurité, nos entreprises ne sont pas mieux loties, mais chez nous, Hadopi est venu semer le trouble dans le concept même de sécurité informatique.
A l’instar d’une Christine Albanel qui déclarait publiquement qu’Open Office était un logiciel de sécurité, le message des autorités publique n’est qu’une instrumentalisation de la peur destinée à faire accepter des solution de sécurité qui, en l’occurence, n’ont rien à voir avec ce dont les particulier et les entreprises ont réellement besoin. Rappelons au passage que Open Office protège autant en matière de sécurité informatique que Microsoft Office, les deux logiciels étant assez proches, et destinés, en réalité, à faire de la bureautique et non de la sécurisation informatique.
Le fait de télécharger des mp3 ne présente pas de risques particuliers en terme de sécurité informatique, il présente éventuellement un risque pour les maisons de disques, ce qui n’a, là non plus, rien à voir.
La logique, pour une PME qui fait ses premiers pas, serait de se protéger avant tout contre des attaques venues de l’extérieur (virus, intrusion, etc), et non contre des pseudo-attaques venues de l’intérieur (un employé indélicat qui télécharge).
Or en France comme ailleurs, la majorité des PME ne disposent pas de compétence internes susceptibles d’aborder les choses calmement, et la menace d’une coupure de l’accès internet – potentiellement catastrophique pour la plupart des PME – rajoute à la peur suscité par internet, elle même largement alimentée par un discours systématiquement alarmiste de la part des autorités.
Les technologies destinées à protéger une entreprise d’employés téléchargeurs (qui ne sont pas encore bien lisibles pour l’instant), vont donc venir perturber le jeu et ajouter en complexité ainsi qu’en coûts. Une épine de plus dans le pied de l’économie numérique, sauf que l’on touche là à une partie de l’économie numérique sur laquelle s’appuie l’ensemble de l’économie, de l’artisan plombier qu’un virus informatique pourrait mener à la faillite, au garage du coin de la rue, qui pensera s’être mis à l’abri du danger en se protégeant, en réalité, d’employés indélicats, tout en laissant la porte grande ouverte à des intrusions informatiques potentiellement dévastatrices.
Brutalement sensibilisées à la problématique bien réelle de la sécurité informatique, les PME Française vont s’empresser de construire des ligne Maginot pour se protéger de leurs employés. Là où ils aurait été infiniment plus sage de les inciter à se protéger contre des risques réels, la création d’un risque de coupure de l’accès va les mener tout droit vers des dépenses inutiles, et pire encore, vers l’impression qu’elles sont à l’abri.
C’est là l’une des grandes crainte exprimée récemment par un consortium de géants de l’informatique, qui craignent que le concept de sécurité informatique ainsi instrumentalisé ne mène à des catastrophes en cascade qu’elles auront le plus grand mal à gérer, tant en terme de communication qu’en terme informatique.
Il parait qu’ils vendent aussi des chaussures. Je n’ai jamais acheté une seule paire sur le site mais je connais depuis longtemps leur innovante, pour ne pas dire “cool”, culture d’entreprise. C’est le genre d’articles que la Génération Y adore s’envoyer. Il y a trois jours l’audience venue écouter Tony Hsieh , le CEO de Zappos, était ceci dit de tout âge. 500 personnes sont donc venues voir Tony et son bus du Bonheur nous parler de son livre.
A la fin d’un discours inspirant, beaucoup de gens étaient debout, la salle tweetait son enthousiasme. Et Zappos, sans jamais parler de ses dernières performances de vente ou de son activité principale, m’apparaissait comme l’entreprise la plus formidable du moment.
INTERNET ET ENGAGEMENT
Internet n’a pas de coupure publicitaire et pourtant entre celles que l’on m’envoie et celles que je me fais un plaisir de regarder, Internet a définitivement créé un nouvel engagement entre le consommateur et la marque. C’est en tout cas la condition sine qua non pour susciter l’attention et le désir chez des utilisateurs sans cesse sollicités.
La dernière collaboration de Conan O’Brien et American Express m’a fait beaucoup rire. Pour passer le cap de la révolution technologique, les marques sont prévenues. Il faudra au minimum être divertissant. Au mieux, correspondre à des valeurs qui me parlent. Au risque de se faire rejeter.
L’exigence du consommateur est justement de ne plus être défini par cela. Il est un utilisateur, un relais, celui à qui Internet offre une caisse de résonance et un rôle. Cela fait de lui un interlocuteur de choix lorsqu’il vous aime. Partager est inscrit sur l’acte de naissance du web. Comme le dit James Othmer, publicitaire, “Once, advertising was the art of persuasion. Today, it’s the art of engagement.” Les vidéos de Old Spice sur YouTube cumulent plus de 100 millions de vues, faisant de cette chaine sponsorisée la plus regardée au monde.
Et divertir pour me vendre un déodorant, il s’agit définitivement d’un nouveau challenge pour les marques. Internet est un médium de passion car il implique interaction et engagement. Il fait les succès aussi vite qu’il défait les initiatives. Je voudrais avoir une pensée pour Gap, l’année a été dure.
Ces nouvelles formes de communication ont encore la caractéristique de ressembler à des outils marketing. La publicité peut être à mourir de rire, je sais encore de quoi il s’agit. L’engagement entre l’utilisateur et la marque franchit encore un pas lorsqu’il devient quasiment imperceptible pour moi de déceler la couleur du marketing sur le tableau. Ce sont des initiatives qui vous emmènent au-delà de la marque, dans le monde merveilleux de ses valeurs ou sa culture. Peu importe comment vous l’appelez, elles amènent un nouveau rapport entre ceux qui font mes baskets et moi. Converse a récemment ouvert un studio d’enregistrement pour que les groupes prometteurs viennent faire leurs gammes gratuitement. Ils ne sont pas trop sympa chez Converse? La musique, c’est peut-être un détail pour vous, mais pour nous cela veut dire beaucoup. On ne partage pas seulement leur dernier modèle mais un ensemble de valeurs. C’est fait, je me suis rachetée les bleues montantes.
Les exemples sont encore nombreux : les ateliers itinérants de Levis leur permettent d’attacher leur nom bien connu à ce projet, tout en me parlant d’un autre univers que celui du jean: celui de la créativité, de l’exploration. Un monde susceptible de plaire à leurs consommateurs. Car sur Internet on trouve une communauté particulièrement attachée à ces nouvelles valeurs de partage et d’engagement social. La génération des “millennials” semble en effet particulièrement sensible à ce discours.
« NOTRE CULTURE EST NOTRE PRIORITE NUMERO UN »
Tony Hsieh a répété cela plusieurs fois. Car la meilleure façon de communiquer avec vos consommateurs sur leurs valeurs est probablement de commencer à les appliquer en interne. Chez Zappos, vous ne serez donc pas renvoyé parce que vous n’avez pas respecté vos objectifs du premier trimestre, mais parce que vous n’étiez pas assez “dingue”. Dans le bon sens du terme. Ce principe fait parti des “10 valeurs essentielles” de la société et c’est la clé de son succès pour son CEO.
Si en plus je peux retrouver Zappos là où je suis, la boucle est bouclée. Zappos utilise Twitter comme vous et moi, communique sur les plate-formes sociales comme vous et moi. La corporation s’humanise et ses valeurs sont le socle de son activité.
Le discours est séduisant parce qu’il me parle. Ma génération semble beaucoup plus concernée par cela. C’est un luxe qu’on a décidé de s’octroyer.
L’année dernière, je me suis retrouvée dans une expérimentation Palomar5, où 30 résidents de la “Génération Y” du monde entier venaient pendant 7 semaines imaginer “The Future Of Work For The Digital Generation”. J’ai écrit sur cette expérience ici même. Les projets étaient variés mais avaient tous en commun cette obsession de faire de leur entreprise un lieu d’épanouissement personnel, un endroit où le département des Relations Humaines n’est plus “l’alibi bonheur” au sein de leurs murs. C’était censé être un sujet pour ‘digital natives”, peut-être parce que nous sommes ceux arrivant sur le marché du travail voulant en redéfinir les codes. La difficulté du dialogue entre certains représentants de nos grands groupes sponsors et moi sur mon projet créé pendant le programme me confortait dans cette idée. Mais cela voudrait dire que l’inspiration est réservée à une tranche d’âge. Et ce n’est pas le cas.
Par contre, il était plus facile pour nous de poser la question. La culture d’entreprise était une question instinctive car nos nouveaux comportements liés aux nouvelles technologies nous permettent de nous exprimer en permanence, de partager, de découvrir le monde ou d’en avoir l’impression. Internet nous donnait une nouvelle dimension et les multipliait. Difficile ensuite de créer une totale dichotomie avec notre vie active et nous remettre dans la case uniforme “employé”.
Les sociétés qui ont compris cela sont nos préférées par définition. Le font-elles pour cela ou par conviction? c’est une vraie question.
HYPNOSE DU MARKETING OU IVRESSE DES VALEURS?
Sans être un cynique irrécupérable, c’est toujours quelque chose que l’on aime remettre en doute. Un peu comme le principe de précaution appliqué à l’être humain. Mais pourquoi est-il si gentil… c’est étrange.
Cette question se pose surtout pour les sociétés telles que Zappos. Les compagnies hybrides entre le “social business” et le “100% profit” semblent être moins sujet à suspicion car “être marchand de bonheur”, comme dirait Tony Hsieh, est inscrit dans l’ADN de la marque et de sa mission.
Pour continuer à parler chaussures, l’aventure de TOMS est en cela exemplaire: ”providing shoes to the needy – isn’t a tender nicety. It’s integral to the competitive logic of the company.”
Porter des TOMS en dit long sur celui qui les a achetés. Et il aime bien. Est-ce à dire que toutes les marques devraient s’orienter vers un objectif plus grand qu’elles pour avoir un avenir auprès du consommateur? Peut-être pas. Mais cela, pour le moment, ne fait pas de mal à celles qui se lancent et qui profitent d’une image plus que positive.
Cela peut être tentant de le faire, ceci dit, quand on sait que pour nous, dorénavant, consommer peut être une nouvelle façon d’exprimer des valeurs et de les réaliser. Tentant pour les sociétés d’en faire donc un outil pour attirer de nouveaux consommateurs et vendre plus. En quoi cela correspondrait à créer un monde meilleur et partager du bonheur? Une récente étude révélait que non seulement les consommateurs des marchés émergents souhaitaient voir les marques s’engageaient de plus en plus dans des causes, mais aussi dans nos contrées: “Purpose is now the fifth P of marketing” selon Mitch Markson, créateur de Edelman GoodPurpose.
Pourtant, faire de cette nouvelle communication une simple donnée marketing serait la grande erreur me semble-t-il. Le consommateur tout en ayant plus de pouvoir est aussi plus conscient de ce que les nouvelles technologies représentent. Sans verser dans une dictature de la transparence dangereuse, il serait naïf de penser que l’on ne sait pas reconnaitre une stratégie lorsque l’on en voit une. Apple prend parfois des décisions qui, d’un point de vue stratégique, paraissent stupides. Virer Flash purement et simplement? vraiment? Pourtant leurs utilisateurs suivent. Parce que, que l’on aime ou que l’on déteste, il ne me parle que de convictions et ce à quoi ils croient. C’est leur culture. Et ma génération en est fan. Parce que ces valeurs leur ressemblent.
Sur l’une des slides de la présentation “Delivering Happiness” s’inscrivait :
“I’ve learned that people will forget what you said, people will forget what you did, but people will never forget how you made them feel.”
Nous ne fonctionnons effectivement qu’à l’émotion, quoi qu’on en dise, et cela se prolonge bien évidemment jusqu’à l’acte de consommation. Si ceux qui gèrent ces marques qui doivent être de moins en moins désincarnées sur le Web et ailleurs, s’en rappellent, et se l’appliquent, on prendrait le risque de donner à tout cela un peu plus… de sens?
Axelle Tessandier
@axelletess
Facebook vient donc d’annoncer ce que les initiés désignaient sous le nom de projet « Titan ». Le véritable nom de code était en fait « Gigabox » !
Au final de quoi s’agit-il ?
D’un système de messagerie proposé par Facebook qui prévoit d’englober toutes vos conversations « textes »: messages de Facebook - c’est à dire messagerie interne & messages instantanés -, SMS et emails. Ce qui fait que « Facebook Messages » s’annonce davantage comme un « Google Voice killer » que comme un « Gmail killer ».


Les trois piliers du futur système de messagerie proposé par Facebook:
Je n’ai pas entendu parler de date mais le système devrait être accessible rapidement, et il est d’ores et déjà possible de demander une invitation.
Facebook s’est défendu de vouloir venir tailler des croupières aux différents webmails déjà en place (Yahoo ! mail, Gmail, etc…) la stratégie annoncée consistant à générer davantage de communications et pas à en substituer au travers de leur nouveau système. Intéressant puisqu’une étude menée auprès de 31 opérateurs mobiles annonce qu’en 2015 les réseaux sociaux seront la première source de communication devant la voix et les SMS. Pour l’instant, Facebook Messages ressemble étrangement à un « Google Voice pour muet » même si Zuckerberg n’a pas éludé qu’ils puissent à terme évoluer vers de la voix ou de la vidéo…
Google Voice est un service accessible aux Etats-Unis qui permet de router toutes ses conversations téléphoniques vers un seul numéro.
Box 1824 est un cabinet de conseil en tendances des consommateurs (consumer trend) et contenu, basé au Brésil. Ils viennent de produire cette vidéo vraiment réussie pour expliquer qui est cette nouvelle génération, appelée les Millennials, ce nouveau public né avec les nouvelles technologies et l’Internet.
Pour comprendre ces digital natives, ces ados qui piratent, surfent, tchatent, lolent… la vidéo part de la description des générations avant eux, comme la génération X. Au fil des musiques et des images d’archives bien vintages, qui nous replongent dans les différentes périodes depuis les années 70 jusqu’à aujourd’hui, et nous montrent tout le chemin parcouru, la vidéo en vient au panorama des tendances constitutives de ces nouveaux consommateurs que sont les Millennials.
Un très beau travail didactique, une analyse très juste et une vidéo magnifique !
Cliquer ici pour voir la vidéo.
We All Want to Be Young (leg) from box1824 on Vimeo.
PARCE QUE C’EST TRES COMPLIQUE
On peut retourner le problème dans tous les sens, anticiper ce que sera votre façon de regarder des émissions et autres contenus est très difficile. Et pourtant, le marché est tellement énorme que c’est plus que tentant d’essayer.
C’était un peu l’ambiance à la NewTeeVee Live Conference 2010: tout le monde dans les starting-blocks. Une des participantes me glissait entre deux présentations “it was so much more fun last year”.
Oui, mais là, les choses sérieuses ont commencé apparemment.
La liste des sociétés présentes en dit long sur la bataille qui s’engage. Et sans être une experte, on peut être sûre d’une chose: il y aura assez peu de vainqueurs. Non pas parce que leurs idées ne sont pas plus géniales et séduisantes les unes que les autres. Après 9 heures là-bas, mon “digital living room”, j’en rêve. Mais parce qu’on a jamais vu un progrès ou une quelconque innovation être synonyme d’une expérience plus complexe. Faire disparaître le décalage entre les possibilités infinies créées par le Web et les besoins instinctifs du téléspectateur me semble être le nerf de la guerre concernant “l’avenir de la télévision”, si tant est que ce mot convienne encore.
Je ne sais pas quel sera le future, cela me semble toujours audacieux de le prévoir avec notre vision du présent. Mais je sais déjà ce dont j’ai envie maintenant; regarder ce que je veux, quand je veux et où je veux. Que Hulu, Google ou Apple le veuillent ou non, l’avenir de la télévision c’est moi et mes choix.
En tant que spectatrice, c’est assez dément et engageant tant que choisir ne devient pas un cauchemar. Le problème est que la réinvention de la télévision implique: ce que l’on regarde (les contenus), comment on la regarde (la technologie et les formats) et d’où on la regarde (écran dans le salon, tablets, smartphones et autres). En face, il y a toujours une envie de simplicité comme l’a très bien rappelé, Peter Merholz, président d’Adaptive Path. Il a d’ailleurs été très applaudi quand il a montré côte à côte la télécommande de l’Apple TV et celle de la Google TV.
Je me considère définitivement comme une spectatrice “normale”. Cela ne veut pas dire que je souhaite une expérience moins haut de gamme que la communauté geek ultra informée. Cela veut dire que je n’ai aucune envie de voir les coulisses et derrière le rideau. Les nouveaux comportements dictent les nouveaux outils et non l’inverse. L’avenir ne devrait pas être selon moi synonyme de nouvelles technologies et de nouvelles boîtes à mettre partout chez moi, mais de nouvelles expériences.
ENFONCER LES PORTES OUVERTES
Avant de parler de cela, il faut, je pense, que je rappelle les faits.
Le contenu reste l’essentiel. L’excitation générale de la salle lors de la conférence quand Carlton Cuse, l’un des producteur de “Lost”, et Tim Kring, l’un des créateurs de “Heroes”, sont arrivés, confirme que l’émotion se trouve dans l’histoire et non dans l’écran qui me la fournit.
Ceux qui jusque là représentaient le marché de la télévision le savent et s’inquiètent de voir leur marché envahi. Du coup, les fournisseurs de contenus comme les gros networks ABC, FOX et les distributeurs historiques comme Comcast et Verizon sont sur le pont. Hulu, service Internet qui bénéficiait des nombreux accords pour distribuer leurs séries et émissions à succès avait définitivement une longueur d’avance. Enfin, jusqu’à maintenant.
Cela va donc batailler ferme pour se défendre et se protéger: je te fournis mes programmes, tu en as la distribution. Comme avant. Qui croit encore que le statu quo est possible quand le marché est en pleine innovation?
Passons…
La deuxième porte à enfoncer est celle concernant la multiplication des écrans. Regarder la télévision veut surtout dire regarder tout court dorénavant. Que ce soit de votre ordinateur, votre smartphone ou votre tablet. Les chiffres sont partout. Considérons cela comme un acquis.
Depuis qu’Internet, et les nouveaux outils qui vont avec sont arrivés, on les utilise… plus. Formidable. Revenons à l’essentiel, mon expérience en tant que téléspectatrice.
MON ENVIE DE REGARDER CE QUE JE VEUX QUAND JE VEUX
C’est donc le grand changement et là où tout se complique.
Parce qu’en ce qui concerne cette nouvelle expérience, ils sont pas mal à vouloir me l’offrir. D’autant que “ce que je veux quand je veux” implique de “n’importe où” par définition. Forcément, ceux qui ont dessiné les outils créant cette mobilité se sentent plus que légitimes à proposer quelque chose.
Et donc apparaît le casse-tête du constructeur et l’eldorado du consommateur (et non l’inverse comme semblaient parfois l’oublier certains orateurs de la conférence): la convergence. L’éternel Saint Graal lorsque de nouveaux comportements permettent à des marchés énormes, comme ceux de la télévision et des nouvelles technologies, de se rencontrer.
J’ai déjà un choix monstrueux: Apple TV, Roku, Boxee, le “petit dernier” Google TV, et j’aurai pu en citer encore plein d’autres. Et c’est là que cela devient un peu effrayant pour l’utilisateur. Car très honnêtement, je crois que très peu de gens vont choisir la solution qu’ils veulent en fonction de ce que la communauté ultra-informée leur dira. Il y a mille autres raisons bien moins rationnelles qui dicteront nos choix. Les professionnels prennent pour acquis que les spectateurs choisiront la meilleur. La vérité est que nous choisissons c’est qui nous convient le mieux. Et c’est très différent.
Certains choisiront en fonction du prix, d’autres en fonction de la simplicité, ou encore pour être sûrs d’avoir accès aux séries auxquels ils sont déjà accros. Peter Merholz l’a donc très bien dit pendant sa présentation. Le vainqueur prendra en compte 5 variables qui permettent une innovation, 5 données qui dessinaient une étoile derrière lui: le contenu, le contrôle, la connexion, la simplicité et la fluidité (“frictionless”), la clé étant de tracer la ligne qui traverse celle-ci.
Ces données expliqueraient bien mon choix actuel. J’ai donc une nouvelle Apple TV à San Francisco. Pourquoi? Je suis déjà une utilisatrice de l’ecosystème Apple. Mon iPad est donc devenu ma télécommande et j’ai accès à l’iTunes Store. Elle n’est pas si chère et l’arrivée de Netflix me remplit de joie car ils ont très bien compris qu’un déficit de contenus peut être contre balancé par une expérience simple pour le spectateur (les bonheurs de l’abonnement mensuel). Certes, elle ne me permet pas, à part YouTube, de naviguer sur Internet de mon salon, et le choix sur iTunes est limité, mais les connaissant, cela devrait s’améliorer.
Bref, c’est pour le moment celle qui me convient. Peut-être pas la meilleure, je n’en sais rien. Mais quand Rishi Chandra de chez Google TV m’a présenté leur offre, je suis restée de marbre, parce que pour le moment, pour moi surfer sur Internet, je peux le faire gratuitement de mes déjà nombreux écrans, que je ne suis pas sûre de vouloir le faire de mon salon pour $300 de plus, et qu’ils ont tellement bousculé les métiers des éditeurs de presse que les networks ont décidé que cela ne leur arriverait pas. Et moi, le contenu, c’est idiot, j’y tiens pour le moment.
J’assume. C’était ma solution de facilité et mon choix. Les grands noms comme Apple ont certainement une longueur d’avance dans ce domaine car ils représentent un système. Et appelez le comme vous le voulez, si cela permet de me faciliter la vie, de regarder tout ce que je veux, quand je veux d’où je veux, je prends. Pas la peine d’employer les mots comme “cloud” ou autre pour comprendre les bénéfices d’une connectivité parfaite pour une expérience ininterrompue. “Mettre la complexité dans le cloud” est une expression qui m’a plu au Bunker Gigaom “Is AppTV Coming Next?” la veille de la conférence. Pas pour le buzzword mais parce que cela représentait un avantage pour moi, comme un doux son à mon oreille.
MON ENVIE DE PARTAGER
En parlant de cloud, il serait bien faux de croire que dorénavant la télévision ne représente qu’une expérience solitaire sans aucune implication sociale. Au contraire. Internet ne va pas tuer cela. La vidéo à la demande est pour moi une toute autre expérience. Il y aura toujours des émotions que j’aurais envie de partager. Le “Live” n’est pas mort comme l’a dit Nova Spivack de chez Live Matrix, qui a pour ambition d’être votre programme télé mais pour le web. Le direct ne représente plus uniquement les grandes messes que vous et moi passons notre vie à tweeter ensemble.
Je ne sais pas pour vous, mais je n’ai jamais autant regardé en direct de sport bien évidemment, des discours de président, de présentations sur scène. Toutes sont potentiellement des choses que j’ai envie de partager lorsqu’elle représentent une façon de créer un lien avec ceux qui sont comme moi de l’autre côté de leur écran. Rarement un écran de télévision pour le moment mais j’avoue que si j’avais un accès aux événements en direct par un abonnement depuis mon Apple TV, cela améliorerait mon expérience. Simplicité et fluidité encore et toujours. Parce que certes, je n’ai pas le câble et les abonnements ne cessent de dégringoler, mais cela n’empêche pas les frustrations lorsque j’ai la sensation de rater quelque chose.
Robin Sloan en charge des partenariats médias chez Twitter a donc rappelé durant sa présentation “Twitter is the new EPG (electronic program guide)” et sans aucun doute certaines émissions ne se feront plus sans les plates-formes de médias sociaux. Le retour de Conan O’Brien à la télévision américaine est en cette matière un remarquable cas d’école.
Je n’ai pas pu voir l’émission mais je l’ai regardée le lendemain quand quelqu’un l’a postée sur Twitter. C’est aussi le genre de possibilité totalement nouvelle créé de toute pièce par Internet. Je ne sais pas si cela correspond vraiment au mot “télévision” mais cela fera définitivement des nouveaux usages, voir peut-être des nouvelles chaînes qui apparaîtront.
MON ENVIE DE DECOUVRIR
Nouvelles chaînes ou applications, je ne sais pas encore une fois, vous pouvez l’appeler comme vous le souhaitez. Parfois, quand je rentre chez moi le soir, je rêverais d’allumer mon écran et d’avoir un application “Twitter TV” qui me montrerait tous les contenus vidéos qui ont été tweetés dans ma “timeline” pendant la journée. J’aurais la dernière vanne de Jon Stewart, le passage savoureux d’une interview, un clip vidéo sublime. Une nouvelle chaîne en soi dictée par ma communauté et moi. C’est juste un exemple des choses que j’aimerais voir se développer. Blip.TV et Vevo pour la musique, qui étaient présents à la conférence, représentent pour moi des contenus totalement nouveaux qui n’existaient pas il y a 5 ans. YouTube parie sur l’existence de chaînes au sein de sa plateforme pour son avenir selon Hunter Walk, directeur du managements des produits chez Google. Philip De Franco; “Star Youtube” était d’ailleurs l’un des invités de marque du jour.
J’adore regarder des vidéos sur Internet. Je n’ai jamais vu autant de clips, je passe plus de temps sur Vimeo que TF1. L’apparition du “Open TED TV Project” est un des nombreux exemples de ce que sera aussi probablement la télévision de demain. Un contenu produit, créé, diffusé par le Web que je peux regarder quand je veux. Peut-être bientôt comme je le veux. Je ne suis pas une grande fan des spéculations et le terme “applications” dans le cas de la télévision semble rassurer plus ceux qui travaillent dessus actuellement que le consommateur. Netflix est une application, mais c’est surtout un nouveau service. AppTV ou WebTV, peu m’importe, l’important c’est que j’y ai accès simplement et le plus facilement.
C’est l’un des aspects de l’avenir de téléspectatrice qui m’amuse le plus. Parce que ces nouveaux programmes me permettent de combiner deux expériences: regarder seule lorsque l’on trouve sa perle sur Internet et la partager quand la vidéo est trop géniale.
L’infini des possibilités est déjà là. Me le rendre simple et accessible sera la vraie innovation. “A suivre” semble donc être la dernière image à poser sur le film de cette journée.
Axelle Tessandier
@axelletess
Un conseil m’a été donné quand je suis partie à San Francisco. Aux Etats-Unis il y a trois choses dont tu ne parles jamais : Religion, Sexe et Politique. Certes, San Francisco est une ville libérale et loin d’être représentative du pays dans son ensemble, mais maintenant que je vis les élections de mi-mandat ici et que mes amis ne parlent que de cela sur les réseaux sociaux ou autour d’un dîner, je me demande si l’on ne m’aurait pas recommandé un vieux cliché.
Nous ne parlons que de politique bien sûr.
DEUX ANS POUR TOUT REJOUER
Vu de France, où passer du septennat au quinquennat a été une décision loin d’être évidente, une élection aussi capitale que celle renouvelant une partie des deux chambres deux ans seulement après qu’un nouveau président arrive à la tête de l’Etat surprend (435 sièges de la Chambre des représentants, 33 des 100 sièges du Sénat. S’y ajoute l’élection de 36 des 50 Gouverneurs des États américains).
Oubliez la cohabitation, cela n’existe pas ici. Pensez blocage, démocratie de couloirs pour tenter de négocier petit bout par petit bout des lois que le Président voudrait faire passer. Obama a été élu pour tout changer en quatre ans, prouver qu’il est entrain de le faire en deux ans si c’est possible, avec une crise économique sur le dos, c’est encore mieux. Bref, les démocrates ont perdu et je ne sais pas comment il aurait pu en être autrement. Non pas parce qu’Obama aurait trop fait “rêver les Américains”, cela fait parti de toute campagne qui implique une personnalisation, en tout cas pour moi. Donner une dimension magique n’est pas une trahison en sursis, mais une nécessité absolue. Je choisis l’homme ou la femme qui porte une vision pour demain; rien que cela. Alors, oui, je veux que cela ait l’air, non pas possible, mais absolument réalisable. Les utopistes me désarçonnent, mais les optimistes déterminés me plaisent beaucoup.
Magie ou non, deux ans pour travailler, ce n’est rien. D’autant plus quand vous avez toujours une campagne sur le feu. Et pas des moindres, car ici, elles sont violentes, manichéennes. Vos opposants deviennent vos ennemis. Je crois que c’est surtout cela la grande différence avec la France. Je ne crois pas que les Etats-Unis soient moins politisés que nous, plus aujourd’hui. L’élection de Barack Obama a définitivement changé quelque chose à ce niveau-là. Par contre, le débat n’est pas le même. Il n’y a pas de débat ici à proprement parlé. Il y a une lutte à mort, sans merci pour tuer l’adversaire, une simplification des idées toujours dangereuse.
Les rendre intelligible est tout autre chose. J’ose espérer que cela sera toujours l’objectif dans une élection. Dire, contredire, argumenter, cela semble être un de nos penchants culturels. C’est pour cela que j’aime qu’une élection soit tweetée. Je ne sais pas si l’utilisation des réseaux sociaux et d’Internet change les résultats d’une élection. Mais cela permettrait sans aucun doute plus d’échange et de compréhension des deux côtés. A condition de l’utiliser dans ce but…
Il ne s’agira donc plus de parler plus fort contrairement à ce qu’Internet laisserait penser, sinon les mêmes maux reproduiront les mêmes effets. 140 caractères restent un bon moyen d’asséner des idées sans fond.
Non, il faudra parler mieux. Et surtout utiliser cet outil d’engagement pour informer. Des faits ne sont pas des opinions et sont toujours utiles pour en construire de solides.
D’ AUTRES MEDIAS, POUR UNE AUTRE ELECTION ?
Parce que je ne sais pas comment de telles campagnes publicitaires peuvent servir d’outil de communication politique. De la désinformation pure, on dirait une vaste plaisanterie, comme si tout cela ne pouvait être qu’au second degré.
Internet permettrait de court-circuiter cette mécanique bien huilée; je t’attaques, tu m’en remets plein la figure, personne ne parle de programme mais juste des deux ou trois idées phares pour rallier ses électeurs à sa cause.
Non, l’électeur ne semble plus être uniquement le récepteur de ces discours et les nombreuses initiatives sur le Web ou les médias sociaux ont révélé l’ampleur du besoin de dialogue. Certes Obama n’a plus la même ferveur derrière lui, et il s’agit d’une élection régionale et non présidentielle. Mais le mouvement qu’il a créé est définitivement lancé. Internet est un outil de communication mais aussi d’échange que les citoyens s’approprient pour reprendre le contrôle lorsque des échéances politiques comme celles-ci arrivent. Les partis et systèmes politiques sont peut-être différents mais lorsque les temps changent et que les angoisses naissent, les réactions sont les mêmes des deux côtés de l’eau: critiquer les institutions, et en particulier les médias. Parfois, ici et en France, cela me semble gratuit et démagogique et de temps en temps, il m’apparaît que certains réflexes journalistiques ne sont plus adaptés aux nouveaux moyens de communications. Le récent succès du Rally To Restore Sanity est symptomatique de ce besoin de s’exprimer différemment, sans intermédiaire, pour ne plus laisser le duo classique média-candidats régler le tempo d’une élection. Et si cette marche n’était pas censée être politique, elle s’est révélée être un grand moment de critique des médias, par Jon Stewart en personne.
Je l’ai déjà dit, la Nature, et l’Homme en particulier, ont horreur du vide, et lorsque des institutions sont déstabilisées, elles sont très vite remplacées par d’autres ressources à expérimenter. Qui sait si à leur tour elles deviendront institutionnelles? Internet et les médias sociaux permettraient donc cette interactivité qui par définition fait très bon ménage avec une échéance politique. Ou même la politique tout court. Le projet du républicain Eric Cutor YouCut, le nombre grandissant des membres du Congrès sur Twitter ne parlent que de cela. Utiliser les nouveaux médias pour redéfinir les relations entre les électeurs et leurs dirigeants.
Ces élections ont suivi ce mouvement. Je ne sais pas si cela mobilisera plus ou fera changer d’avis ceux qui avaient décidé de s’en désintéresser totalement, mais cela a d’ors et déjà passionné le Web.
C’est difficile de ne pas être concerné quand les outils que vous utilisez en permanence vous permettent une meilleure compréhension, ou vous invitent à explorer ou vous engager: obtenir le badge “I voted” de Foursquare le 2 novembre est le summum du cool et Yahoo! vous demande votre avis sur les prochaines lois à adopter dans votre état.
Je vous avoue, j’ai même eu l’impression de suivre plus ces élections qui ne sont pas les miennes officiellement mais se présentent à moi de façon innovante en permanence. Les nouveaux médias ne changeront pas ses résultats mais ils changent tout de même déjà la donne. Une élection ne se fera plus jamais sans eux. Les anciens médias ont lâché l’article de l’éditorialiste pour des visualisation hallucinante de l’humeur du Web en ce jour d’élection ou suivre les derniers Tweets des candidats
Il m’est d’ailleurs impossible de faire ici l’inventaire des nombreuses opérations spéciales que Journaux et autre chaîne d’information de renom ont organisé avec Twitter…Cela a nécessité tout un billet sur leur blog.
Non, je vous assure, difficile pour un jeune électorat de passer à côté de cela. Une nouvelle forme d’engagement se dessine; plus facile car plus accessible? Peut-être.
Les réseaux sociaux sont évidemment des plateformes qui serviront à cela. Le gouvernement 2.0 est une bonne nouvelle s’il permet au delà d’une stratégie élective d’intéresser les plus désillusionnés ou sceptiques, qui sont nombreux aux Etats-Unis comme en Europe. Peu de gens se sont déplacés pour aller voter encore cette fois-ci, même dans une ville progressiste comme San Francisco. Comment leur en vouloir? Rien de plus frustrant que de parler dans le vide. Et rien de plus facile que de les rendre « accros » au vote lorsqu’ils auront le sentiment d’être entendu. La preuve, j’étais à deux doigts de poser des questions à Obama durant le Town Hall Special de MTV. Trop tentant ce hashtag #askeconomy, là, devant moi.
UN ELECTEUR PLUS CONCERNE?
Etant donné mon degré d’intérêt dans une élection à laquelle je ne peux pas participer, je me suis interrogée sur les effets qu’auraient pu avoir une élection nationale en France, où Internet aurait un rôle capital, où les candidats joueraient le jeu, autant par stratégie que par curiosité, où je ne devrais pas seulement regarder “A Vous de Juger” pour entendre ce qu’ils ont à dire en pestant devant ma télé ou en twittant mon agacement quand je ne tiens plus. Je n’en sais rien, mon envie de suivre activement ces élections américaines repose peut-être sur un effet de surprise , comme un observateur extérieur amusé. Mais très honnêtement, je ne pense pas. Nous sommes par définition tous intéressés par notre environnement social et ceux à qui nous le confions. Le problème se présente lorsque ces deux mondes ne se rencontrent plus. J’ai envie de croire que l’apparition de ces nouveaux outils redistribue les cartes et pourrait représenter une possibilité pour faire de la politique différemment, en tout cas certainement moins seul. L’électeur est à moins de deux clicks de souris.
En France, entre des tweets éparses servant à faire ses relations publiques et une page Facebook déjà ringarde, on n’y est pas tout à fait. La prochaine élection présidentielle serait une formidables opportunité pour les médias et les politiques d’utiliser Internet pour vraiment passer de l’autre côté de l’ordinateur ou se connecter véritablement à ceux qui sont derrière.
J’ai voulu écrire ce billet en me disant “On est tellement en retard”… Mais cela m’agace, inspiration ne veut pas dire reproduction. Il reste plein de choses à inventer et il ne suffira pas pour un parti politique d’aller passer une semaine à Washington pour observer les techniques du VAN (Voter Activation Network) pour se rapprocher de votre électeur qui se trouve à quelques milliers de kilomètres de là.
Reproduire des méthodes identiques est une possibilité pour gagner. Mais un engagement sincère reste le meilleur moyen de susciter la confiance.
Axelle Tessandier
@axelletess

Le Social Media Club France est un cercle de réflexion dont la mission est de connecter les professionnels des médias sociaux qui utilisent des logiques communautaires dans la création ou dans la diffusion de leurs contenus.
L’objectif est de partager les expériences entre professionnels, identifier, formaliser et diffuser les bonnes pratiques et faire ainsi progresser le marché des médias sociaux, promouvoir des standards, encourager la transparence et l’éthique de ses pratiques.
Chaque année au SMC France, un livre blanc synthétise les résultats et découvertes de la saison écoulée, afin de partager librement le savoir échangé et enrichi par nos principaux membres actifs durant nos rencontres. Issu de la vingtaine de sessions de réflexion organisées par le SMC ces derniers mois, le livre blanc 2010 est désormais disponible.
Ce manuscrit ne se veut pas exhaustif : certaines pistes ont été explorées l’an dernier, d’autres le seront durant la saison qui débute. Il équivaut plutôt à une photo actuelle des grands enjeux associés aux médias sociaux, avec souvent des ébauches de réponses, propres à la réutilisation, au débat et au partage. Le choix de la licence Creative Commons pour diffuser ce livre blanc suit cet objectif. En le lisant, n’oubliez donc pas la devise du Social Media Club : «if you get it, share it » !
Le document d’un cinquantaine de pages est librement téléchargeable sur le blog du SMC, visionnable en ligne sur Slideshare, et il est également possible de le commander au format papier sur Lulu.com (les royalties ont été abaissées à zéro euro).
Avant de vous lancer dans la lecture approfondie du texte, vous pouvez d’ores et déjà découvrir son introduction reproduite ci-dessous : bonne lecture!
L’introduction du Livre Blanc 2010 :
La sortie récente du film The Social Network de David Fincher consacré à la naissance du réseau social Facebook n’est pas anodine. Initialement dévolu à l’université américaine Harvard et aux échanges inter-étudiants, Facebook, né en 2004, est devenu un véritable phénomène de société que la reconnaissance par l’industrie cinématographique vient confirmer. Le réseau social a connu, en quelques années, un succès fulgurant et une appropriation sans précédent avec aujourd’hui pas moins de 500 millions d’utilisateurs à travers le monde.
L’essor de cet outil de publication et d’échange interindividuel s’inscrit dans un mouvement général qui voit se multiplier en ligne l’offre de services basés sur les interactions entre usagers, dont la valeur repose essentiellement sur le contenu généré par les utilisateurs (user generated content). Ce sont ces services qu’on appelle les « médias sociaux ».
Si Facebook est aujourd’hui sur le devant de la scène, le phénomène des médias sociaux doit son ampleur à un ensemble de sites web/services en ligne/technologies informatiques qui ne cesse de s’élargir et prend chaque jour plus d’importance, s’inscrivant au coeur des pratiques de consommation média des individus et impliquant de nouveaux usages.
Quelques chiffres pour illustrer cette tendance : en 2010, 77% des internautes lisent au moins un blog parmi les 133 millions recensés par Technorati, 145 millions de comptes Twitter ont été enregistrés depuis la création de la plateforme de micro-publication en 2007 (25 millions d’utilisateurs actifs selon Fabernovel/L’Atelier BNP Paribas), Youtube.com rassemble 100 millions de vidéos et génère 2 milliard de visionnages par jour, 4 milliards de photos sont hébergées sur Flickr.com, le nombre d’articles stockés par la version française de l’encyclopédie en ligne Wikipedia a dépassé le million, on dénombre à travers le monde 30 millions d’inscrits au réseau social professionnel Viadeo sur lequel plus de 2 millions de profils sont consultés chaque jour…
D’aucuns considèrent l’appropriation massive de ces outils et services en ligne par les internautes comme une véritable révolution « 2.0 ». Leur émergence signerait la mort des médias traditionnels s’adressant à une audience « passive » et l’avènement des « communautés » actives reposant sur des relations horizontales entre individus et sur la collaboration comme base du processus de création de contenu. S’il convient de mettre à distance ce discours trop naïf sur le pouvoir de la technologie, il semble que la réelle nouveauté portée par internet et de façon générale les nouveaux médias informatisés soit plutôt le rassemblement, en un même dispositif de communication « total » , de différentes sphères traditionnellement séparées. En effet, Internet est à la fois un espace de diffusion investi par les producteurs de contenu (professionnels de l’information ou du divertissement), outil d’expression individuelle encourageant la production amateure et canal de communication favorisant les échanges interpersonnels. Média hybride par excellence, le dispositif informatique fait donc cohabiter sur le même plan une pluralité de contenus, dont la mise en circulation est désormais en grande partie prise en charge par les médias sociaux.
L’adoption croissante de ces outils via la généralisation de l’équipement informatique et le boom de la consommation « mobile » (5 milliards d’abonnements à la téléphonie mobile dans le monde selon Ericsson) entraine une métamorphose de l’écosystème médiatique qui soulève de nombreux questionnements : le « digital » représente-t-il une menace pour le secteur des médias « classiques » ou au contraire une opportunité pour les acteurs traditionnels d’affermir leur position au sein de la filière ? Quelle stratégie mettre en place et quels formats proposer dès lors à une audience dont les usages ont changés en ligne ? Comment intégrer l’utilisateur dans la production, la diffusion et la valorisation du contenu sans perdre par la même sa légitimité ou remettre en cause son business model ? Si l’industrie des médias parait inévitablement touchée par l’émergence de ce nouveau territoire médiatique, ce dernier n’ouvre-t-il pas également des perspectives aux citoyens en leur offrant un nouvel espace d’expression et de mobilisation à investir à des fins politiques ?
Le Social Media Club France se propose de faire avancer la réflexion autour de ces enjeux en réunissant les professionnels dont l’activité émane de ces problématiques émergentes ou se trouve directement affectée par les évolutions en cours. Journalistes, éditeurs, professionnels de la communication et des relations publiques, responsables marketing, entrepreneurs, chercheurs, bloggeurs… la diversité des activités de nos membres reflète l’épaisseur et la complexité de l’écosystème concerné par ces enjeux, et le cercle de professionnels ainsi constitué aura cœur à maintenir lors de la saison 2010-2011 une réflexion poussée et un partage intense des expériences liées à ces problématiques, afin d’identifier et de faire connaitre les bonnes pratiques et les solutions salvatrices pour l’industrie des médias et l’ensemble des acteurs touchés par ces évolutions.
En attendant, ce livre blanc synthétise les principaux résultats et découvertes de l’année écoulée, afin de partager librement le savoir échangé et enrichi par nos principaux membres actifs à la pointe de chaque sujet. Issu de la vingtaine de sessions de réflexion organisées par le SMC ces derniers mois, ce manuscrit ne se veut donc pas exhaustif : certaines pistes ont été explorées l’an dernier, d’autres le seront durant la saison qui débute. Il équivaut plutôt à une photo actuelle des grands enjeux associés aux médias sociaux, avec souvent des ébauches de réponses, propres à la réutilisation, au débat et au partage. Le choix de la licence Creative Commons pour diffuser ce livre blanc suit cet objectif. Faîtes passer le message.
La suite par ici

Témoignage d’une entrepreneuse américaine sur l’écosystème high tech parisien, à l’attention de ses compatriotes (article
paru à l’origine sur l’édition anglo saxonne de RWW, qu’il nous a semblé opportun de publier ici).
Pamela Poole est une geek bloggeuse, traductrice, auteur, et fait partie des fondateurs de Francophilia.com, la startup sociale des francophiles. Originaire de Californie, elle vit aujourd’hui à Paris, où son engagement sur la scène des entreprises high-tech la maintient à l’écart des boulangeries françaises. Dans ce billet adressé à ses compatriotes outre atlantique, elle décrit le paysage des startups parisiennes du point de vue d’une entrepreneuse américaine. Intéressant.
Si vous êtes capable de voir au-delà les vieilles pierres et des villages ruraux pittoresques, vous réaliserez que la France est aussi technologiquement avancée que n’importe quel autre pays occidental, plus dans certains secteurs. Non seulement le pays affiche un pourcentage de foyers disposant d’une connexion haut-débit plus élevée que les États-Unis (les connexions sont plus rapides et coûte deux fois moins cher). La France est surtout championne du monde pour le nombre de blogs par internaute, et a un marché formidable de web-consommateurs dépassant 5.5 milliards d’euros dépensés en ligne dans le premier trimestre de cette année.
Quand je suis venue à Paris en 2006, j’avais une idée de startup bien arrêtée et rien de plus. Ca fait maintenant environ trois ans que je suis entrée dans la danse en tant qu’entrepreneur et tech-blogger. J’ai découvert un terreau riche de passion, d’énergie et d’un fort esprit de collaboration.
Une culture geek prospère à Paris. Aucun manque d’expertise dans le développement de logiciel, grâce à des universités compétentes produisant des ingénieurs compétents. Cependant, la scène des startups parisiennes reste relativement jeune du fait de quelques barrières culturelles assez fondamentales. Mais ces barrières montrent des signes de faiblesse.
Vous désirez monter une startup en France ?
Tandis que les entrepreneurs étrangers attendent que le Visa Startup devienne une réalité pour se lancer aux USA, la France a tranquillement mis en place un programme similaire depuis quelques temps. Le gouvernement français a traduit le programme Jeune Entrepreneur Indépendant (JEI) en Young Entrepreneurs Initiative (YEI), une compétition annuelle organisée par l’ambassade de France aux USA. J’ai trouvé le nom un peu trompeur : vous n’avez pas réellement besoin d’être jeune, mais votre projet si. YEI est sensiblement identique au programme JEI, les gagnants du challenge peuvent venir en France et bénéficier des mêmes avantages que des startups labellisées JEI [nde: Pamela a écrit cet article avant la crise des JEI]. Alors qu’attendez-vous ?
Il y a de nombreux événements et organismes parisiens dont le seul but est de stimuler l’innovation et l’esprit d’entreprise, la plupart bénéficiant d’aides financières des autorités locales, régionales et nationales. La France n’est pas un pays socialiste, mais c’est un pays socialisé, et les français obtiennent beaucoup en échange des impôts qu’ils payent.
The Big Players
Silicon Sentier est peut-être l’acteur le plus connu sur la scène des startups parisiennes [disclosure : la structure qui porte RWW ainsi que son éditeur sont proches de Silicon Sentier, laCantine.org est un partenaire contenu, évènementiel, apéritifs et soirées tardives].
C’est un écosystème dont la mission est essentiellement le soin et l’encouragement à l’innovation. Entre autres activités et programmes, Silicon Sentier gère La Cantine, un espace de travail coopératif, lieu de passage de geeks branchés et hub actif des événements et des activités technologiques de Paris : barcamps, ateliers, concours, fêtes de lancement, conférences de presse, etc.
Cap Digital et System@tic font partie des nombreux pôles technologiques de Paris. Ces organismes incluent de grandes compagnies, des représentants gouvernementaux locaux et régionaux, des universités/laboratoires de recherches publics et des PME. A travers eux, les entrepreneurs peuvent se connecter aux ressources de recherche et développement des universités et des compagnies, et avoir accès à un solide réseau de soutien offrant des opportunités de visibilité, de croissance et de financement.
La FING, un autre acteur de premier plan, est « un accélérateur d’idées, un groupe de réflexion et une ressource pour innovateurs. » La FING est peut être un groupe de réflexion, mais elle stimule le succès de startups de manière très concrète. Les startups peuvent soumettre leurs projets à la FING, qui fournit un appui à plus de 200 projets par an avec des événements, des programmes, et l’accès à un réseau de ressources important.
LeWeb, la plus importante conférence Internet d’Europe (la deuxième plus importante du monde) est tenue à Paris chaque décembre. Elle a été créée et est organisée par l’entrepreneur français Loïc Lemeur (Seesmic), elle inclut une compétition pour les startups européennes. Elle se produit à Paris mais est se déroule en anglais, car il s’agit d’une conférence internationale. LeWeb est une conférence technologique de classe internationale, et les intervenants à l’affiche sont toujours la crème de la crème du monde des startups.
Incubateurs, Accélérateurs, Challenges
Nous en avons aussi en France. Certains, comme Seedcamp, Startup Weekend, barcamps et l’OpenCoffee Club sont des importations provenant d’autres pays. D’autres sont du cru, comme SeedNetworking, le bébé de quelques élèves d’HEC (une des meilleures écoles de commerce de France) et de l’Ecole des Mines (une des excellentes écoles d’ingénieur), qui ont lancé le concept de speed-networking en rassemblant les entrepreneurs ayant besoin de développeurs et les développeurs ayant besoin de projets dans une même salle pour face à face intense.
Les principales écoles d’ingénieur et de commerce ont des incubateurs destinés aux étudiants, bien que certaines soient moins orientées vers Internet que d’autres. On trouve quelques incubateurs non affiliés, comme
Paris Pionnières, qui reçoit des fonds publics et privés pour soutenir des startups créées par des femmes, les incubateurs de Paris Développement, fondés par la ville de Paris et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris. Des célébrités telles que Microsoft BizSpark et Sun Startup Essentials sont présentes ici, naturellement, The Funded a récemment lancé son Founder Institute à Paris.
Une chose dont nous manquons à Paris : des accélérateurs intensifs à plus long terme du type Y Combinator. Mais ils existent au R-U, ils ne devraient pas mettre longtemps à traverser la Manche par le tunnel. [update ici]
Le financement
La problématique financière est complexe d’un point de vue étranger parce que le gouvernement est très souvent impliqué d’une façon ou d’une autre. Il y a des entités publiques qui semblent fusionner ou changer de nom fréquemment (les acronymes c’est l’enfer), aussi bien que les organismes privés, sans parler des semi-privés. Leurs activités sont toujours entrelacées les uns avec les autres. Mais au résultat il y a de l’argent pour les startups, dont une bonne part vient de ces euros des contribuables dont j’ai parlé précédemment. En fait, environ trois-quarts de l’argent des startups viennent des fonds publics.
Les financements publics et privés sont en grande partie détournés vers des projets comprenant une partie de recherche et développement, c’est un obstacle que les startups rencontrent traditionnellement ici. Les investisseurs français sont plus prudents face aux risques encourus que leurs homologues américains, et la possibilité d’un brevet les rassure.
Jusque récemment, les business angels été relativement loin et peu nombreux. C’est en partie parce que, historiquement, le gouvernement a joué le rôle d’aide à la création d’entreprises, et c’est vers là que les gens ont tendance à se tourner. Mais les business angels deviennent plus structurés, plus actifs, et il y en a plus. Autre développement important : plusieurs entrepreneurs français à succès devenus investisseurs, considérablement moins capricieux que l’investisseur français traditionnel, sont devenus accessibles (Meet France’s New and Awesome Super Angels).
Le graphique ci-dessous montre les options de financement général pour les startups françaises.

Les Startups peuvent accéder aux financements publics de différentes manières. Le passage par
OSEO , qui analysera et validera un projet, est souvent un rite d’initiation. La validation OSEO donne accès à de jeunes startups à une série de services de soutient et d’options de financement. OSEO peut être impliqué dès les premières étapes, avec des études de faisabilité et des plans de financement. Il fournit également appui et conseils bien au-delà de cette phase.
Une startup peut aussi être labellisée Jeune Entreprise Innovante. Le programme JEI a été créé en 2004 par le ministère de la recherche. Avoir le statut JEI est un joli billet d’or pour le financement, et les startups JEI obtiennent également des allégements fiscaux et d’autres avantages. Pour être éligible, votre projet doit comprendre un élément de recherche et développement. Il y a également le Concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes. Les gagnants de ce concours peuvent être crédités jusqu’à €450,000 pour du R&D.
Les particuliers désirant un allégement fiscal peuvent investir de l’argent dans des compagnies innovatrices par le biais de fonds d’investissements spéciaux (Fonds commun de placement dans l’innovation). Ceux-ci sont contrôlés par diverses Conseils en Gestion de Patrimoine Indépendant, ou CGPI. Condition pour obtenir un allégement fiscal sur ces investissements : 60% de l’argent doit aller à de nouvelles compagnies innovatrices, et être investi dans un délai de deux ans après réception par le CGPI. OSEO peut désigner une startup comme Entreprise innovante au titre des FCPI, qui la rend habilitée à recevoir ce genre de financement. Cette désignation est semblable au JEI avec une idée plus large du terme « innovant », et est moins strict au sujet de l’élément R&D.
Pôle emploi est l’organisme gouvernemental qui fournit l’indemnisation au chômage. Ils aident également leurs inscris qui créent une petite entreprise ou une startup en fournissant une indemnisation prolongée et des allégements de charges (impôt retraite, médical, incapacité, etc.) que les entreprises payent normalement au gouvernement.
Réseau Entreprendre Paris, un réseau d’entrepreneurs, et France Initiative, un réseau d’organismes locaux, sont des exemples des nombreux organismes semi-privés qui soutiennent les startups. Ils reçoivent eux-mêmes des financements publics et privés, qu’ils emploient à leur tour pour fournir une aide financière aux startups à travers des incubateurs et d’autres canaux établis.
Je me suis concentrée dans cet article sur quelques options pour le lancement de startups, je n’ai pas parlé de capital-risque ou des nombreux organismes qui aident les startups françaises à s’étendre à l’international. Pour un guide complet (en français) du lancement de startup en France, je recommande fortement Accompagnement des startups high-tech en France [PDF], et pour une vue d’ensemble du cycle de financement, Exemple de cycle de financement de startup en France [PDF], tous écris par Olivier Ezratty.
Les Startups
Vous pensez peut-être que vous n’avez jamais entendu parler d’aucune startup française, mais il est possible que vous utilisez des applications sans même réaliser qu’elles sont françaises. Si elles ont choisi un nom que les anglophones peuvent prononcer et traduit leurs sites en anglais, elles se fondent dans le paysage. Prenez Netvibes, le pionnier du tableau de bord personnalisé, qui a fait le sujet d’un
certain nombre d’articles ici même sur ReadWriteWeb (dans sa version anglaise, ndlr). Netvibes se développe et adapte constamment sa plate-forme à l’évolution des besoins des utilisateurs en termes d’information et d’agrégation aux médias sociaux. Et DailyMotion, qui mange des parts de marché à YouTube, a connu un bond de 70% de son trafic d’utilisateurs américain en 2009.
Il y a une abondance de startups à succès en France qui ont habilement profité du fait que les startups étrangères ne localisent pas le marché français. Le modèle
Sarenza est semblable à celui de Zappos, et il domine le marché européen de la chaussure en ligne. Il y a également des modèles originaux qui sont copiés et entrent furtivement dans les marchés anglophones, comme Vente-Privée et PriceMinister. PriceMinister, un site de ventes C2C/B2C de marchandises neuves et d’occasion (à un prix fixe) est la plate-forme leadeur du commerce électronique en France (surpassant depuis peu eBay.fr et Amazon.fr). Ils ont infiltré le R-U, et je ne serais pas étonnée que les États-Unis soient sur leur radar, où ils donneront sûrement à eBay.com une saine – et si nécessaire – concurrence. Vente-Privée est un site de vente au détail dont les membres doivent être parrainés pour bénéficier des services proposés. C’est un des sites de commerce électronique majeurs en France, qui s’est répandu à d’autres pays européens et dont modèle à engendré quelques imitations dans d’autres pays.
Les français ont leur part de startups exemplaires dans le monde des entreprises, y compris
BlueKiwi, une plate-forme sociale d’entrepreneurs, et Exalead, qui offre de puissants outils de recherche pour aider les entreprises et les établissements à obtenir la plupart de leur capital d’information. Exalead montre toujours de belles performances entrepreneuriales, grâce à son incubateur de projet interne,
Exalabs (Exalead vient d’être racheté par le géant technologique Dassault Systems).
Il y a donc quelques startups françaises de premier rang. Mais que diriez-vous des petits ? Tout ceux qui luttent, se débrouillent, se serrent la ceinture ? En fait, Paris se bat avec eux. Certains ne visent clairement pas plus loin que le marché français, mais un certain nombre d’entre eux ont franchi le cap en vue de conquérir le Web. Comme n’importe où ailleurs, le panel des startups françaises va des applications Web basiques qui se concentrent sur un besoin de niche, aux plates-formes ambitieuses et puissantes susceptibles de donner des sueurs froides aux leaders d’aujourd’hui. Voici une liste de quelques-unes de nos jeunes pousses.
(A= disponible en anglais)
Cet article donnera lieu à une émission TV sur la future ReadWriteWeb TV, si vous souhaitez y assister (à Paris) ou y participer, inscrivez vous sur Techtoc.tv et demandez à participer sur cette page.
[MAJ: orthographe]
Écouter le lecteur parce qu’il n’en est plus un. Il faut découvrir un interlocuteur à part entière.
Lorsque l’on me demande, je dis que j’écris pour ReadWriteWeb. Jamais je ne me définis comme journaliste. Contributeur, certainement. Auteur, peut-être. Le journalisme citoyen est un leurre dangereux, mais l’apparition de nouvelles voix est une réalité bien tangible. Une chance selon moi. Et une donnée inédite pour les journalistes.
Tout ce qui me permet d’élargir mes perspectives, si c’est pertinent, m’intéresse. Un point de vue n’est pas un article. Mais c’est déjà un angle.
Et lorsque les points de vue s’échangent pour s’enrichir, cela créer sans aucun doute une nouvelle façon de s’informer. Je n’aime pas le terme de “journalisme citoyen”. Il correspond à une dérive qui me dérange.
Mais je pense que le “journalisme conversationnel” et un fait inéluctable. Qui ne souhaite pas être participer au débat quand il sait qu’il a une caisse de résonance aussi puissante qu’Internet. J’ai vu ces dernières années des amis avec qui je n’avais jamais échangé la moindre discussion sur l’actualité m’envoyer des liens en permanence. ”Regarde”, “Lis, c’est intéressant”… Etre une voix est je crois la chose la plus naturelle au monde, journaliste ou non. Mais toutes n’ont pas le même rôle.
Dans un article passionnant, Doreen Marchionni discute de cette idée en y expliquant les éléments clés:
Le citoyen ne sera jamais journaliste. Cela ne veut pas dire que le nouvel espace ne redéfinit pas les règles et son rôle. L’interactivité oblige plus que répondre aux commentaires sous un article mais implique de vraiment comprendre et échanger de façon honnête sans être forcé ni contraint avec ceux qui sont devenus tout à coup plus proches. Ceux qui vous lisent. Et pourquoi pas lorsqu’ils offrent une expertise inédite l’intégrer.
Cette conversation, c’est déjà un tournant que de nombreux médias prennent. Mais il ne suffit pas d’avoir un Tumblr pour être un média plus social ou d’avoir son compte Twitter ou Facebook. C’est le minimum. L’outil n’est pas le message. C’est ce que vous en faites. Comment engager le lecteur ou une communauté si cela ressemble à une stratégie? Je n’y crois pas. La discussion pour être intéressante doit être d’égale à égale. Non, cela ne veut pas dire que nous sommes tous journalistes, mais que c’est aussi enrichissant pour les deux partis.
L’histoire de Spot.Us est une initiative qui illustre cet état d’esprit. Chacun à sa place mais l’interaction entre la communauté du site qui décide de soutenir un reportage et le journaliste indépendant permet d’informer différemment, et d’engager véritablement les deux ensemble, pour le meilleur, c’est à dire informer. Spot.Us est un projet lié à Internet, une nouvelle voie(x) inimaginable il y a quelques années.
DU MICROCOSME A LA COMMUNAUTE: ACCUEILLIR LES NOUVELLES VOIX
Je ne sais pas si l’éternel “microcosme journalistique “ est un cliché ou une légende. Je n’en ai jamais fait parti. Je sais seulement qu’Internet n’en est pas le lieu. Ici se rencontrent des tribus et des communautés, mais pas des microcosmes. Cela ne marche pas. Nous avons tous commencer à l’utiliser comme un outil “ouvert” en ce qui concerne la génération Y. Pour partager, échanger de la musique, même si cela déplaît au régulateur. On ne change pas un ADN. On apprend à le découvrir et l’explorer.
On lie souvent journalistes et politiciens. Ils se ressembleraient. En tout cas, leur approche d’Internet connaît quelques similitudes je trouve. Difficile, lorsqu’un nouvel outil redéfinit totalement vos activités, d’accepter de perdre un peu le contrôle, et de comprendre que ces nouveaux canaux ne servent plus seulement à délivrer l’information mais à en recevoir également.
Si Howard Dean a été le premier à utiliser correctement Internet pour récolter des fonds, la campagne d’Obama en 2008 est celle qui a créé l’engagement.
Il n’est pas évident d’imaginer des volontaires qui au-delà d’aller coller des tracts ou passer des coups de fil, ont une vraie responsabilité. Marshall Ganz, l’un des artisans de la campagne d’Obama explique très bien que c’est ce changement qui a créé l’enthousiasme et la passion de la communauté créée sur les réseaux, et même une certaine créativité. Comme le journaliste, le politicien doit devenir “causeur”. Des sites comme Yoosk n’en sont qu’à leurs prémices, j’en suis persuadée.
Les même ressorts sont en jeu avec un lecteur devenu multidimensionnel. La passion, la relation de confiance, l’envie d’être plus qu’un récepteur, sont des traits partagés. Un journaliste ne peut plus être uniquement celui qu’on lit, mais aussi celui avec qui l’on parle et qui entend ces nouvelles voix. Elles sont multiples, aussi nombreuses que les communautés présentes sur le Web et ont en commun d’avoir quelque chose à dire ou un éclairage à donner. Incroyable, mais parfois cela peut même enrichir l’information, même pour des institutions journalistiques. Leurs sites Internet ou blogs ne peuvent plus être une façon de délivrer du contenu mais un vecteur d’engagement.
Le lecteur ne demande que cela: s’engager dans la conversation, une de celle digne de ce nom, qui vous ouvre sur des idées, des connaissances, mais aussi sur l’Autre.
Axelle Tessandier
@axelletess