ReadWriteWeb French edition » Entrevues http://fr.readwriteweb.com Libertés numériques, innovations disruptives, et trucs digitaux en tout genre Tue, 07 Feb 2012 23:21:47 +0000 en hourly 1 Interview avec Communication Sans Frontières http://fr.readwriteweb.com/2011/03/10/entrevues/interview-avec-communication-sans-frontires/ http://fr.readwriteweb.com/2011/03/10/entrevues/interview-avec-communication-sans-frontires/#comments Thu, 10 Mar 2011 15:11:49 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=12337

Interview réalisé il y a deux semaines par Communication Sans Frontière, à la veille d’un départ pour un premier voyage d’étude à Tunis.

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Communication Sans Frontières :
Vous êtes l’un des grands spécialistes du Net et vous avez plusieurs cordes à votre arc. Comment pourriez vous nous expliquer le sens de toutes vos activités et ce qui vous motive?

Fabrice Epelboin :
Je travaille essentiellement à anticiper les évolutions à long terme de l’internet, notamment son impact sur le social, la culture et la politique. La dimension économique m’intéresse, mais ce n’est plus là que les grands bouleversements ont lieu désormais. La Tunisie puis l’Egypte ont montré au monde que le réseau était un puissant outil de changement social, les démocraties, elles aussi, sont appelées à évoluer en profondeur dans les décennies à venir, et, avec elles, la culture et une certaine forme d’économie qui les portent.

Comme les écrits publiés dans la publication que je dirige ont systématiquement anticipé avec pas mal d’avance l’essentiel des bouleversements en cours, je commence à être pris au sérieux, notamment par les politiques, en particulier à l’étranger.

Ma motivation est très liée à la promotion de certaines valeurs ou de certains concepts liés à internet, indispensables si l’on souhaite profiter de cette technologie en tant que société, et pas seulement en tant qu’économie. La seule approche économique met nos systèmes politiques en danger. Des concepts comme le logiciel Libre, la neutralité du net ou les licences Creative Commons, une alternative au Copyright, sont essentiels à mes yeux. A l’opposé, je me bat contre l’idée de censurer le web (ou le filtrer, c’est rigoureusement la même chose), ou de laisser les Etats y pratiquer une surveillance de masse. En France, ça s’est traduit par de nombreux combats contre Hadopi et Loppsi, à l’étranger contre ACTA, ou bien encore contre la police internet de Ben Ali.

CSF :
Vous êtes très actif sur la toile et vous avez pris partie récemment pour défendre les cyberdissidents lors de la révolution en Tunisie. Etes vous un cyberdissident, ou comment vous définiriez vous?

FE :
S’affirmer cyberdissident en France est très exagéré. Je ne crains pas de me voir embarqué par la police en sortant de chez moi le matin, ou de terminer dans un cachot à écouter mes proches se faire torturer. Ce qui a été le cas de mes petits camarades Tunisiens. Ici, à Paris, c’est assez confortable d’être cyber dissident, ça donne droit à rencontrer tout le gratin politique et permet de leur expliquer son point de vue. On aurait pu croire que tout cela a été fait en pure perte, au vu de l’inexorable avancée de la France vers une répression sévère et une surveillance étroite de l’internet, mais nous avons tout de même accumulé, avec le clan des anti Hadopi, une expérience unique au monde que même les américains saluent.

Comme celle-ci est par nature très bien documentée – les blogs servent à cela – nous avons très vite eu un lectorat Tunisien, et plus largement francophone et issu de zones où la démocratie n’a pas cours (ReadWriteWeb est régulièrement censuré en Iran, en Chine et ailleurs, il a été censuré en Tunisie ce qui a donné naissance à des protestations, forçant le pouvoir à passer à une censure partielle et nous amenant à publier régulièrement des billets à l’intention des Tunisiens sans jamais évoquer la Tunisie dans leurs contenus, dans le seul but de passer la censure – une tradition initiée par Voltaire en France). Le hasard a voulu que nous publions début 2010 un papier sur la Tunisie, qui a non seulement permis aux lecteurs Tunisiens de RWW de se signaler en tant que tel, mais a déclenché les foudres de la police tunisienne (et le début de la censure).

A partir de là, nous avons entamé une collaboration étroite avec de nombreux Tunisiens, simples opposants au régime, blogueurs ou véritables cyberdissidents. Le rapprochement avec la cyberdissidence tunisienne était totalement naturel, nous partagions les mêmes valeurs, et nous avions beaucoup à apprendre les uns des autres. Le partage des connaissances faisant parti des valeurs communes, tout s’est fait de façon évidente.

Après avoir mis à nu une stratégie mise en place par la police internet de Ben Ali consistant à se faire passer pour des Islamistes et d’évincer de Facebook les opposants au régime, nous avons beaucoup gagné en popularité en Tunisie, et nous avons par ailleurs aidé des cyberdissidants blogueurs à atteindre un audience internationale en les publiant dans nos colonnes.

Avec une telle visibilité, le but était non seulement d’appuyer leur combat, mais également d’attirer l’attention du gouvernement Français sur le problème (nous sommes dans les revues de presse de plusieurs ministères, nous avons beaucoup de lecteurs à l’Assemblée Nationale, notamment dans les rangs des assistants parlementaires, mais également chez certains députés), que nous avons à l’époque signalé au Ministre de la défense Hervé Morin ainsi qu’aux services de la Secrétaire d’Etat aux nouvelles technologies, Nathalie Kosciusko-Morizet.

Quand la révolution a commencé, nous avons évidement cherché à nous rendre utile. Cela a consisté, en dehors de l’écriture de nombreux articles, à contacter la presse pour les sensibiliser au problème tunisien et leur donner accès à des informations exclusives ou à des sources (en vain), à faire énormément de mises en relation entre des besoins en matière de technologies sur le terrain et des ressources disponibles en France et aux Etats-Unis où ReadWriteWeb bénéficie d’un gigantesque réseau d’influence, et à mobiliser sur le terrain, en France et à l’étranger, la communauté internet.

A partir du moment où l’un des nôtres, Slim Amamou, a été arrêté, nous sommes passés en mode war room, assurant une veille 24h/24 entre la France et les USA et avons lancé, auprès de tous nos contacts, des appels à l’aide répétés. C’est là que nous sommes passés à un mode très offensif en terme d’infowar, la lettre ouverte à Frédéric Mitterrand étant la partie visible de l’iceberg. Il faut dire que la tête de Mitterrand est mise à prix depuis longtemps chez les anti Hadopi, et que la chute de Ben Ali le condamne irrémédiablement. Une aubaine pour les cyberdissidents français qui vont s’en donner à cour joie dans les mois à venir.

CSF :
Vous avez écrit une lettre ouverte au Ministre Frédéric Mitterrand pour sa tolérance à géométrie variable notamment avec le régime de Ben Ali. A t-il donné une suite à votre proposition de le voir dénoncer les entraves à la liberté en Tunisie ?

FE :
Oui, le gouvernement a répondu à mes demandes d’éclaircissements quelques jours plus tard, par la voix de Michèle Aliot Marie. Je dois avouer que j’ai été très choqué par la réponse. Si mes souvenirs sont bons, on avait à l’époque dépassé le cap des 100 morts, mais je ne suis plus très sûr, et j’ai arrêté de compter après Kasserine.
Ca a été pour moi la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. ReadWriteWeb «France» est mort ce jour là pour s’orienter vers la francophonie, en attendant que la structure suive et s’exile. La position du gouvernement français est très claire, et peu de gens réalisent ce que cela signifie en terme de surveillance et de contrôle de l’internet, et ce que cela dessine comme intentions derrière Hadopi et Loppsi. Les approches de Ben Ali et du gouvernement français sont cependant étrangement similaires : civiliser internet, faire en sorte qu’il ne soit pas en mesure de remettre en question le pouvoir. C’est raté pour la Tunisie. Le ratage en France fera dégringoler ce pays dans le rang des nations et lui ôtera pour un bon bout de temps son air hautain pour tout ce qui est de la défense des droits de l’homme. Les conséquences économiques devraient également êtres significatives. Rater le train de l’Histoire à ce point se paiera très cher.

La France vient de perdre son terrain d’expérimentation de ses intentions civilisatrices vis à vis des réseaux, tout comme elle a perdu ses colonies hier. De toute façon, on est passé à une phase d’infowar sur ce genre de gouvernance très offensive, Wikileaks et les Anonymous n’étant que des hors d’ouvres. La démocratie française, telle qu’elle existe aujourd’hui, n’a pas la moindre chance de survivre, il lui faudra évoluer vers plus de transparence et plus de dialogue avec ses citoyens, ou vers un régime beaucoup plus autoritaire et bien plus répressif encore vie à vis d’internet. Ce choix est dans les mains du peuple français, les cyberdissidents dans mon genre ne peuvent pas vraiment faire plus que ce qu’il s’acharnent à faire depuis des années : informer le public sur les dangers d’Hadopi, dénoncer la manipulation et la désinformation effectuée par le gouvernement et les organes de presse qu’il contrôle. Nous ne pouvons guère aller plus loin en restant dans le cadre de la légalité, et ce cadre légaliste est un consensus assez clair dans le clan des anti Hadopi.

A moins qu’un Wikileaks vienne à la rescousse, il est peu vraisemblable que le gouvernement cesse d’imposer ses lois et stoppe sa volonté de contrôle Orwellien des réseaux. Le peuple français, lui, semble parfaitement inconscient et continue à voir un monde manichéen, avec les méchantes dictatures d’un coté et les gentilles démocraties de l’autre. Les complicités mise à jour récemment ne semblent pas leur faire réaliser que la dictature est en train de s’installer chez nous, insidieusement, se limitant à internet. Au final, après toutes ces années de lutte, je ne suis pas vraiment convaincu que la France mérite de vivre en démocratie, les privilèges acquis, ça se défend ou ça se perd. La liberté a un prix et les Français semblent assez radins à ce sujet, il préfèrent la tranquillité d’esprit et la sécurité, et comme le disait si justement Benjamin Franklin, «ceux qui sont prêts à abandonner une liberté essentielle pour obtenir temporairement un peu de sécurité ne méritent ni la liberté ni la sécurité». Le fils de l’ancien déporté Jorge Semprun, James, a également eu récemment une très belle façon de résumer cela : «ceux qui veulent la liberté pour rien manifestent qu’ils ne la méritent pas». C’est la formule qui caractérise le mieux le peuple Français aujourd’hui.

La suite de cette longue interview sur le site de CSF >>

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http://fr.readwriteweb.com/2011/03/10/entrevues/interview-avec-communication-sans-frontires/feed/ 7
A « Labs-ordage » de la Hadopi… http://fr.readwriteweb.com/2011/02/04/entrevues/labsordage-de-hadopi/ http://fr.readwriteweb.com/2011/02/04/entrevues/labsordage-de-hadopi/#comments Fri, 04 Feb 2011 07:32:51 +0000 Olivier Desbiey http://fr.readwriteweb.com/?p=12046

C’est ce que pourraient crier les pirates à l’issue de la journée d’hier où la haute autorité présentait ses experts et son mode de travail pour les 10 mois à venir.

L’après-midi « Présentation & Dialogues avec les Experts » se tenait à la Bellevilloise, un lieu symbolique d’ailleurs, qui offrait jadis l’accès à la culture et à l’éducation aux plus modestes, et qui accueille aujourd’hui une très large variété d’évènements artistiques. C’est sans doute dans cette filiation qu’aimeraient s’inscrire les labs. Vous noterez le côté tendance du mot « labs » qui tranche singulièrement avec l’image sulfureuse de l’autorité. Un « labs » c’est quoi ? C’est le mode de fonctionnement choisit par la Haute Autorité pour mener ses travaux. Un fonctionnement qui s’articule à 3 niveaux pour chaque « labs »: un « expert » pilote, un chargé d’étude et des contributeurs externes (avec 2 statuts « rédacteur » & « commentateur » conférant des droits différents).

Présentation des Labs

Il y a 5 labs en tout, comme les « 5 doigts de la main »selon le secrétaire général Eric Walter, peut-être la main destinée à venir gifler la joue des vilains pirates (?) :

Les labs ont vocation à travailler de manière transverse et à remettre leurs propositions au collège de l’autorité. Tout à chacun peut demander à participer aux travaux http://labs.hadopi.fr/inscription.php les experts sélectionneront ceux dont la motivation et/ou le pédigrée est susceptible d’apporter de la valeur aux réflexions…

Je ne fais pas davantage l’article,  pour plus de détails sur le rôle et mission de chacun des labs http://labs.hadopi.fr/

Voici, pour la présentation factuelle du fonctionnement de l’autorité en charge de protéger les œuvres sur Internet.

Des experts indépendants ?

Le programme de l’après-midi annonçait une introduction d’une heure, puis des travaux en atelier. L’introduction en format mini-conférence de presse n’aura finalement durée qu’une vingtaine de minutes, avec un temps de question/réponse limité. Les échanges  ont  du coup simplement permis de confirmer le niveau de rémunération des experts. Comme l’avait déjà annoncé @Turblog sur son blog cette dernière est de 2000 euros net par mois.  C’est un forfait a bien précisé le secrétaire général, qui  n’est donc pas lié à un niveau de production…Chacun se fera son idée sur ce niveau de rémunération, qui correspond approximativement en  France au salaire d’un cadre moyen. L’élément rassurant est que la plupart des experts ont d’autres activités par ailleurs, si bien que leur implication dans les travaux de la Hadopi apparait comme un complément  de salaire (confortable certes, et plus ou moins significatif selon les cas) qui devrait théoriquement leur permettre de conserver une certaine indépendance. On en jugera à la fin de l’année…

La courte intro était donc suivie par un temps de travail autour de 5 tables rondes animées par les experts eux-mêmes, sans thématique ou plan pré-définis ce qui a ses avantages…mais aussi ses limites, quand plus personne n’a de question ou de remarque, on attend la pause café.

Risque de capture par les lobbys

J’ai participé à la table ronde sur l’Économie Numérique de la Création,  à la base plutôt dans une posture d’écoute et de curiosité, et ce qui m’a frappé d’entrée c’est la typologie des personnes présentes autour de  la table (en tout cas ceux qui ont pris la parole) :  plusieurs journalistes (dont je ne sais pas s’ils étaient présents pour écrire un article ou débattre de l’avenir de leur secteur, les deux n’étant pas incompatibles), une représentante d’une plateforme de vidéo de rattrapage en ligne, et surtout des intervenants de l’industrie de la création ou leurs représentants: Vivendi, SNED, UPFI,SEVN…en gros ceux qui perdent du volume d’affaires avec le numérique et qui voient leur salut en la Hadopi. Rien de bien étonnant en réalité, puisqu’ils sont les premiers concernés par le soutien à la création, en tout cas lorsque cette dernière est susceptible de faire l’objet d’une commercialisation. La table ronde a duré un peu plus de deux heures au cours desquelles, l’experte Nathalie Sonnac donc, a notamment détaillé les pistes qui lui tenaient à cœur dans le cadre de sa mission,  avec en vrac : les modèles d’affaires et leurs impacts sur la diversité des contenus, l’économie des algorithmes (moteur de recommandation), l’économie de l’attention, l’étude complète de la chaîne de valeur de la création (artiste, artisan, auteur) dans une acception large de la création pouvant aller jusqu’à couvrir le patrimoine ou l’éducation. Le programme m’a semblé très vaste et j’avais en même temps du mal à percevoir la ligne directrice, mais c’était la première réunion et dans un format particulier. Les travaux se poursuivront pour l’essentiel via une plateforme collaborative ouverte aux contributeurs externes sélectionnés.

Globalement, les échanges se sont révélés plutôt intéressants, mais je crains réellement « un effet de capture » de la part des lobbys du secteur qui soutiendront certainement les travaux dans le sens de subventions pour leurs industries en reléguant au second plan les intérêts de l’utilisateur final (au même moment se tenait une table « usages » qui défendait peut-être ce contrepoint ? ). J’ai quand même noté une très forte attente des participants en direction de l’État au travers de subventions directes ou de mesures fiscales (baisse de la TVA notamment).  Le tout avec des raisonnements assez hallucinant du type:  l’État à fait la promotion du haut débit, toutes les études montrent que la montée du piratage (= la baisse de notre chiffre d’affaires) était concomitante, il est donc naturel qu’il vienne nous dédommager !  Comme si le bénéfice social du haut débit n’était pas largement supérieur aux coûts qu’il peut représenter pour certaines industries. Le terme de « pirate » a d’ailleurs été lâché assez vite et un certain consensus égermait pour le désigner comme la figure à abattre, sans auto-critique de la part des industriels sur ce qu’ils avaient manquer avec le virage du numérique.

En résumé, la démarche d’ouverture est intéressante et le sera d’autant plus si elle est équilibrée de sorte que les intérêts des différents acteurs  soient défendus. L’output final de l’ensemble  de ces travaux est prévu pour le mois de novembre sous la forme de pistes proposées au Collège de la Hadopi qui pourront, ou non être retenues.

Let’s see…

@olyvyer

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http://fr.readwriteweb.com/2011/02/04/entrevues/labsordage-de-hadopi/feed/ 12
Lettre ouverte à Facebook #Sidibouzid http://fr.readwriteweb.com/2011/01/26/entrevues/lettre-ouverte-facebook-sidibouzid/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/26/entrevues/lettre-ouverte-facebook-sidibouzid/#comments Wed, 26 Jan 2011 14:00:05 +0000 un autre site web... http://fr.readwriteweb.com/?p=11928

Lettre ouverte à Facebook pour la préservation et la libre consultation des contenus multimédias déposés sur Facebook durant les événements de décembre 2010 et janvier 2011 en Tunisie [RSF/GV/RWW/CPB]

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Monsieur Zuckerberg,

La Tunisie vient de vivre un événement historique à plus d’un titre. Car il s’agit de la première révolution populaire dans le monde arabe, et parce que votre société, Facebook, y a joué un rôle non négligeable.

L’une des rares technologies sociales quasiment libres d’utilisation en Tunisie sous la présidence de Zine el-Abidine Ben Ali, Facebook a longtemps été le seul espace où la liberté d’expression était possible dans ce pays où la toile tunisienne était ultra surveillée et faisait l’objet d’une censure importante. Aujourd’hui, au lendemain de la fuite de l’ancien président, le gouvernement provisoire d’union nationale s’est engagé à garantir la liberté d’expression des citoyens tunisiens, notamment sur Internet.

Le rôle de Facebook reste à éclaircir dans le déroulement des événements en Tunisie, mais il est indéniable que le réseau proposé par votre société et fréquenté par 1,9 million de Tunisiens, – 54,7 pour cent des Tunisiens fréquentant Internet – a eu un rôle non négligeable dans la circulation de l’information concernant les événements survenus en Tunisie. En effet, depuis le 17 décembre 2011 et le début du soulèvement populaire qui a conduit à la chute de Zine el-Abidine Ben Ali, Facebook a servi de plateforme sur laquelle les internautes tunisiens écrivaient des commentaires, postaient des vidéos et des photos, afin de témoigner du caractère extrêmement violent de la répression policière à l’encontre des manifestants.

Il nous semble important que l’ensemble de ces informations (témoignages écrits, vidéo, audio) soit sauvegardées, afin qu’elles puissent servir de base de données pour toute personne qui souhaitera analyser ce tournant historique.

Par la présente lettre, Read Write Web Francophone, l’un des blogs technologiques les plus réputés, Global Voices en français, qui publie depuis mars 2007 les témoignages des blogueurs tunisiens sur la censure et la répression en Tunisie, Reporters sans frontières et le Comittee to Protect Bloggers, associations qui ont défendu les journalistes et les blogueurs tunisiens inquiétés, arrêtés ou emprisonnés et dénoncé la censure, vous demandent de sauvegarder toutes les données relatives aux événements de décembre 2010 et janvier 2011 en Tunisie, afin que ces informations puissent, demain, servir à une nation tunisienne en pleine reconstruction.

Nous vous demandons également de permettre l’accès aux historiens, qu’ils soient Tunisiens ou étrangers, à l’ensemble des informations anonymisées relatives à cette période. Ces données, déposées sur Facebook, appartiennent également au peuple tunisien.

Nous vous remercions d’avance d’examiner positivement notre demande, et vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.

Fabrice Epelboin
Editeur de ReadWriteWeb francophone

Claire Ulrich
Editeur de Global Voices en français

Jean-François Julliard
Secrétaire Général, Reporters Sans Frontières

Curt Hopkins
Fondateur du Committee to Protect Bloggers

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Le web, cauchemar des dictatures du bassin méditerranéen ? #sidibouzid http://fr.readwriteweb.com/2011/01/19/entrevues/web-cauchemar-des-dictatures-du-bassin-mditerranen-sidibouzid/ http://fr.readwriteweb.com/2011/01/19/entrevues/web-cauchemar-des-dictatures-du-bassin-mditerranen-sidibouzid/#comments Wed, 19 Jan 2011 04:56:34 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11792

Mes journées ne me laissent pas vraiment le temps d’écrire, alors voilà les pensées du jour chez France 24, qui a couvert la révolution Tunisienne très tôt et qui creuse de plus en plus le sujet. Ce qu’il se passe en ce moment est véritablement historique et touche le monde bien au delà de la Tunisie.

Au grand dam des autorités qui peinent à les contrôler, les réseaux sociaux sont devenus dans les pays arabes une caisse de résonance des revendications des populations. Au point de reproduire ailleurs le scénario tunisien ?

A lire et voir sur France24>>>

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http://fr.readwriteweb.com/2011/01/19/entrevues/web-cauchemar-des-dictatures-du-bassin-mditerranen-sidibouzid/feed/ 13
Du Cross- au Trans- Media : la métamorphose des consommateurs captifs http://fr.readwriteweb.com/2010/12/31/prospective/du-cross-trans-mdia-mtamorphose-des-consommateurs-captifs/ http://fr.readwriteweb.com/2010/12/31/prospective/du-cross-trans-mdia-mtamorphose-des-consommateurs-captifs/#comments Fri, 31 Dec 2010 10:45:23 +0000 Frédéric Dumas http://fr.readwriteweb.com/?p=11412

Entretien avec Karine Halpern, médiatrice culturelle et productice, entre New York et Paris.

Parce qu’il rend accessible des podcasts audio, des diffusions video, des e-books, parce qu’il est le lieu de l’interactivité par le t’chat, Twitter et les « réseaux sociaux », parce qu’il invite les consommateurs que nous étions à se métamorphoser en auteurs, parce que finalement il est agnostique à la forme du contenu qu’il transporte et à la manière dont les récepteurs l’utilisent, l’Internet est l’outil de prédilection des créateurs d’oeuvres « transmedia ».

Le terme se rencontre de plus en plus fréquemment et prend acte d’une réalité nouvelle: sur un même sujet, nous sautons sans effort de l’écrit à la video, nous le commentons sur les blogs, nous passons de l’ordinateur au téléphone portable, nous contribuons parfois financièrement, et nous alternons présence virtuelle et réelle en nous retrouvant aussi à des apéros géants. A la frontière entre multimédia et culture participative, des créateurs et des producteurs profitent de cette ubiquité. Leurs oeuvres, dites « transmedia », voudraient intéresser leur public en le faisant courir d’un moyen de communication à un autre et en réclamant sa présence active.

A travers le point de vue de Karine Halpern, venue de l’univers du cinéma et de l’audiovisuel, et qui explore désormais les modèles applicables au web, un pied à New York et l’autre à Paris, Read Write Web cherche à comprendre ce que sont les oeuvres dites « transmedia », à découvrir ce qui se fait déjà, et à dessiner les tendances entre productions commerciales et créations artistiques.

Propos recueillis par Frédéric Dumas.


Frédéric Dumas: On entend aujourd’hui parler de « transmedia », quand avant on disait « multimédia » ou « produits dérivés ». Une « oeuvre transmedia » est-elle un mixte des deux ?

Karine Halpern: L’effet de mode, comme autour de tout nouveau mot, est inévitable. Des expériences ou oeuvres transmedia ont déjà eu lieu, sans être en quelque sorte labellisées sous ce concept.

F.D.: Quand la diffusion par Orson Welles de « La guerre des mondes » de son presque homonyme H.G. Wells, sur les ondes d’une radio New Yorkaise deux ans avant la seconde guerre mondiale, provoque une telle réaction de panique de la population que les standards téléphoniques sautent, produit-il sans le vouloir une oeuvre transmedia ?

« Orson Welles a empoché des retombées positives de notoriété, aujourd’hui on dirait qu’il a profité du buzz »

K.H.: On trouve dans cette émission du Mercury Theatre quatre éléments combinés. D’abord, une narration conçue par son auteur, le storytelling, c’est en ça qu’une création transmedia est avant tout une oeuvre. Ensuite le medium radio, puis le téléphone, un second médium différent du premier. Enfin, les discussions entre auditeurs, en famille, au travail, dans les dîners en ville… il a fallu quelques jours pour que la poussière retombe. La participation active du public est une dimension essentielle dans une oeuvre ou expérience transmedia.

Ecouter l’émission en anglais: The War of the Worlds (October 30, 1938) (mp3)

F.D.: Le téléphone n’a pu encourager ici la réaction en chaîne, comme on peut l’observer avec l’e-mail ou Twitter, car il fut essentiellement utilisé pour appeler les autorités; mais il a certainement permis à des foyers de s’interpeller, c’était bien un embryon de média au service de l’oeuvre.

K.H.: Evidement, dans cette expérience, l’effet était inattendu, et ne fut donc pas contrôlé. Au lieu de l’entretenir au fil des semaines, dans une création continue, comme un feuilleton, et comme on pourrait le vivre dans une œuvre transmedia contemporaine, on a avant tout rassuré les gens, rangé la fiction au placard, et cherché à éteindre la contagion. Ce qui n’a pas empêché Orson Welles d’empocher des retombées positives de notoriété, aujourd’hui on dirait qu’il a profité du « buzz ». Cette vraie expérience transmedia, bien qu’incomplète, nous rappelle que s’il les facilite, l’Internet n’est pas strictement indispensable aux oeuvres transmedia.

F.D.: Elle nous redit aussi que la publicité sera comme toujours une composante des modèles économiques qui prennent forme.

Une oeuvre transmedia n’est donc que lointainement apparentée aux « produits dérivés », à la déclinaison sur différents supports (de la BD au jeu video en passant par la peluche), spécialité à laquelle l’industrie du cinéma nous a habitués pour maximiser son profit. Où est la frontière, quelles sont les conditions à réunir pour labelliser une oeuvre comme « transmedia » ?

K.H.: Entre l’oeuvre transmedia et la déclinaison d’une oeuvre en produits dérivés, il y a des similitudes, mais l’intention et les effets recherchés doivent être distingués. L’oeuvre transmedia entraîne son public sur plusieurs terrains de jeu, pour susciter l’interaction, pour le faire participer, pour que le public devienne partie de l’oeuvre vue dans son ensemble. Ce phénomène est visible avec les « user generated contents«  et les « fans fictions« : des passionnés d’un film (par exemple de « Matrix » ou d’ »Avatar ») forment des groupes, ils tournent et montent des séquences vidéo qu’ils diffusent sur l’Internet; ils parviennent ainsi à étendre la narration originale, y ajoutent une dimension ludique imprégnée de l’univers du film, donc conditionnée par le récit de départ. Ces fans passent à plusieurs reprises du statut de spectateurs à celui d’acteurs, voire de co-créateurs.

« Pour qu’une oeuvre puisse être une expérience transmedia, il ne suffit pas qu’elle s’étale sur plusieurs supports »

F.D.: Oui, même s’ils fabriquaient à l’occasion des T-shirts pour marquer leur initiative, l’exemple montre que le but premier n’est pas la commercialisation, mais la participation à la narration.

Le commerce des produits dérivés a lui une ambition exclusivement financière; faire acheter au consommateur deux ou trois fois la même chose, souvent sous la forme d’un film d’abord, puis sous la forme d’un ou plusieurs objets liés à l’oeuvre originale. Ici, la transaction avec le public est à sens unique: il consomme et débourse. Et quand bien même le public est invité à composer un numéro audiotel pour poursuivre l’histoire par ce moyen, cet embryon d’interactivité n’est qu’un prétexte pour lui vendre un peu plus, pas pour le faire participer.

K.H.: Pour qu’une œuvre puisse être une expérience transmedia, il ne suffit pas, à mon sens, qu’elle s’étale sur plusieurs supports, il faut que tous les médias qu’elle utilise pour la diffusion du récit ouvrent une communication entre les auteurs, les créateurs et le public que l’on appelle alors les « usagers ».

Cette interaction peut-être en temps réel ou en différé, tous les cycles de lecture et de participation sont possibles. Les variantes sont ici nombreuses, nous n’en sommes qu’à la phase exploratoire, c’est l’objet de mes recherches aujourd’hui. Mon but est de trouver une corrélation entre les créations de contenus et les nouveaux modèles économiques que l’on doit mettre en place.

F.D.: Un peu à la façon de Georges Méliès expérimentant de nouveaux effets spéciaux au moment du montage.

La différence essentielle entre « trans-media » et « cross-media » vient donc de l’extension de la narration, là où le « cross-media » ne fait que rejouer la même oeuvre sur différents supports ?

K.H.: L’existence d’une narration initiale, le recours à plusieurs médias pour diffuser une création, l’expérience personnelle vécue par chaque membre du public à travers ces médias, et enfin, l’extension de la narration grâce à cette participation, sont effectivement les éléments principaux qui permettent de qualifier une oeuvre de « transmedia ».

« Ces livres ont renouvelé le genre de l’aventure écrite, en s’approchant aussi prêt que possible de l’interactivité apportée par le silicium, avec seulement du papier imprimé »

F.D.: Il y a 20 ans ou un peu plus, l’adolescent dévorait ces livres d’aventures, souvent d’heroic-fantasy, dans lesquels le personnage qu’il incarnait, les choix qu’il faisait, conditionnaient la page à laquelle poursuivre la lecture, et modifiaient ainsi à chaque paragraphe le cours de la narration. D’une certaine façon, ces oeuvres, par leur interactivité couchée sur papier, n’annonçaient-elles pas cette dimension participative ?

K.H.: Comme toujours, une nouvelle activité artistique ou un nouveau type de production commerciale, prend ses racines quelque part. Nous avons à notre disposition un corpus de techniques cinématographiques, épistolaires ou marketing dont le transmedia se nourrit. Il faudra un jour en écrire la taxinomie appliqué au transmedia.

F.D.: Ces livres ont renouvelé le genre de l’aventure écrite, en s’approchan aussi prêt que possible de l’interactivité apportée par le silicium, avec seulement du papier imprimé, un média passif par excellence. Non, il ne s’agit pas d’oeuvres transmedia, il leur manque à l’évidence de poursuivre la narration à l’aide d’un autre média. Mais imaginons qu’il s’agisse d’une oeuvre écrite, disponible sous la forme d’un e-book, lui-même connecté à l’Internet par un réseau pervasif type 3G, et propulsant l’enquête dans une ville réelle à la recherche d’indices… et d’interactions avec d’autres joueurs.

Combien de touristes ont passé les portes de l’église Saint-Sulpice à Paris, à la recherche des signes imaginés par Dan Brown dans son Da Vinci code ? Equipons maintenant ces mêmes gens d’un Kindle (un lecteur d’e-books doté d’un émetteur sans fil Wi-Fi). On ouvre alors la porte à des formes de jeux transmedia dits « en réalité alternée » ou même à « réalité virtuelle améliorée », ce dernier concept étant un peu différent.

« Ce n’est pas parce qu’une oeuvre transmedia est moderne qu’il faut réinventer la roue ! (Il faut) faire travailler ensemble une équipe multidisciplinaire de professionnels aguerris aux techniques traditionnelles »

K.H.: On peut citer « In Memoriam » de Eric Viennot (ici, se lancer dans une enquête policière) comme exemple de ce que vous dîtes.

La seconde dimension importante que peut illustrer le précédent de ces livres, c’est la nécessité de maîtriser les techniques d’aujourd’hui et d’hier. Ce n’est pas parce qu’une oeuvre transmedia est moderne qu’il faut réinventer la roue ! Au contraire, la création de l’oeuvre, la narration initiale (souvent un film, une série télévisée ou un roman), la mise en place de médias, supports et formats complémentaires, exigent de faire travailler ensemble une équipe multidisciplinaire de professionnels aguerris aux techniques traditionnelles, dans les domaines exploités par l’oeuvre.

F.D.: Pour reformuler à l’aide d’un exemple, si à certains moments prévus par le scénario, il faut faire monter le buzz parmi le public par marketing viral, même si le principe n’est pas très compliqué à saisir, la mise en oeuvre ne laisse que peu de place à l’amateurisme, sauf à risquer un flop. Est-ce un des défis des productions transmedia: utilisant des supports de diffusion à maillons multiples, elles augmentent la probabilité que l’un d’eux ne fonctionne pas comme prévu ? Or, il influe la réussite de l’ensemble.

K.H.: Il y a des techniques pour s’en prémunir, mais d’une manière générale, la création transmedia impose de l’exigence dans la sélection des auteurs et de l’équipe qui les entoure…

F.D.: …là où le succès d’un livre est finalement souvent affaire de budget promotionnel.

K.H.: C’est un propos volontairement provocateur. Non, le succès c’est le talent, la qualité… Je suis pour le retour de la qualité …. !

« Pour dérouler un scénario transmedia, il faut savoir entretenir la curiosité du public, (…) le porno n’est pas sur la même longueur d’onde »

F.D.: Concrètement, quels sont les thèmes qui s’essayent aux productions transmedia aujourd’hui ? Peut-on déjà citer celles pour lesquelles ça marche ? Faut-il comprendre que les applications ludiques sont motrices ? Par ailleurs, on considère couramment qu’une part importante du trafic sur l’Internet est de nature pornographique, même si les évaluations sont peu précises. Le Web 3.0 annoncé par l’approche transmedia va-t-il finalement aboutir à fournir la branlette à domicile, comme une forme de « continuation de la narration » et de « réalité alternée » ?

K.H.: On est là dans le domaine de la supposition par analogie. Je vous laisse répondre à la dernière  question, et je reviendrai sur les premières.

F.D.: On peut penser que l’industrie pornographique développera également des oeuvres transmedia, lorsque l’idée sera remontée des testicules à l’encéphale. D’un autre coté, la présence active du public, qui est un des éléments constitutifs de l’oeuvre transmedia, ne se combine pas avec la consommation de films pornos, essentiellement une affaire individuelle. Une fois que la branlette est passée, la motivation à « poursuivre la narration » a disparu, le désir est éteint. A l’inverse, pour dérouler un scénario transmedia, il faut savoir entretenir la curiosité du public, une curiosité insatisfaite, et quand on voit les fan fictions on peut même dire une persévérance. Le porno n’est pas sur la même longueur d’onde.

« Nous sommes dans une phase de découverte des effets induits, de la maîtrise combinée des techniques, des réactions du public »

KH: Il est trop tôt pour décerner des médailles, et dire ce qui marche et ne marche pas. Nous sommes dans une phase de découverte des effets induits, de la maîtrise combinée des techniques, des réactions du public, et de son acceptation à dépenser un budget pour ces oeuvres. Je crois que vous en savez quelque chose, pour avoir vous-même réfléchi sur la commercialisation de l’intangible sur l’Internet. Dire ce qui marche, c’est décréter quels sont les bons modèles économiques. On n’en est pas encore là. Je me répète, j’explore ces questions par des expériences en grandeur réelle. C’est la meilleure façon d’apporter des réponses.

J’observe deux tendances. Une première avec des productions créatives et un modèle commercial, principalement littéraires, cinématographiques ou télévisées, qui sont des œuvres transmedia et non crossmedia. Et une seconde que j’appelle l’activisme transmedia qui véhicule des valeurs sociales, parfois politiques, qui expérimente le temps réel, ou qui met en valeur les communautés actives sur le terrain de la coopération internationale. La liste n’est pas exhaustive.

Dans la première catégorie, on peut citer un mélange de fiction et de documentaire interactif « Collapsus: Energy Risk Conspiracy » de Tommy Pallotta et la web-série « Bar Karma« , produite par Current TV, qui demande au public de co-créer.

Dans la seconde catégorie, on doit citer Pierre Côté qui anime depuis un studio de Montréal, ou un studio mobile, des émissions vidéos interactives par le web, associant Twitter et Skype. Son implication lors du dramatique tremblement de terre en Haïti (il s’est rendu sur place) a démontré la capacité de sa plateforme « Realtime Réalité » à faire connaître la situation des victimes, mais plus encore, à mettre en contact les intervenants de bonne volonté où qu’ils se trouvent, qui ont ainsi pu avoir sur place une action concrète.

F.D.: Les clés du succès ici ont non seulement été l’instantanéité de l’information (ça, TV5 Monde aussi en est capable), mais surtout le sentiment d’action, de participation personnelle du public, qui a décuplé l’efficacité des gens. Ou comment faire du web 2.0++.

Dernière question: dans quelle tendance vous situeriez-vous, et quelle type d’oeuvres transmedia majeures vous attendez-vous à voir apparaître ?

K.H.: Par conviction personnelle, je me sens proche de la tendance « activisme » dans laquelle la notion de « culture participative » a une place à prendre et où chacun devient acteur ou en tout cas actif. C’est pourquoi il est pour moi très important que les productions transmedia que je réalise ou que je conseille, préparent l’implication réussie du public.

« La participation du public ne peut se substituer à des compétences professionnelles »

F.D.: Pour autant, il ne faut pas tomber dans le syndrôme du Bisounours 2.0 (copyright kidedroit), et s’imaginer que tout d’un coup, simplement parce qu’il le voudrait bien, Monsieur Untel se métamorphose en auteur interprète de génie, l’oeuvre est magiquement sublimée par la spontanéité candide des spectateurs, et que nous touchons là une sorte de singularité dans l’art, à défaut de la connaître déjà dans l’Intelligence Artificielle.

K.H.: Non, ce n’est vraiment pas le propos. La participation du public ne peut se substituer à des compétences professionnelles. Or, ces compétences, il faut les rémunérer. C’est là que les modèles économiques sont à confirmer, et que l’approche transmedia à but non lucratif, si elle est éminemment sympathique parce que « citoyenne et démocratique », ne peut répondre à cet enjeu autrement que par la subvention publique. Il y a de la place pour toutes les initiatives.

« L’approche « open source » peut apporter aux oeuvres transmedia ce qui est presque un message éthique »

Ma conviction est que cette participation du public, sur laquelle j’insiste, ne peut être réussie et authentique, que si les créateurs ont du respect pour lui. Le producteur doit s’imposer une déontologie vis-à-vis des consommateurs, de son public. La cohabitation avec les producteurs issus des traditions commerciales risque de provoquer des frictions. Vous m’interrogiez sur le type d’œuvres que je m’attends à voir apparaître ces prochaines années ? Des œuvres collaboratives, des expériences en temps réel, des sujets et enjeux sociaux, et des négociations entre les annonceurs et les consommateurs !

F.D.: Du respect pour le public, dites-vous, là où le marketing nous apprend si souvent à le rendre captif pour créer une rente de situation. Or, la captivité fait mauvais ménage avec la motivation à participer. Et c’est peut-être la contribution majeure des démarches copyleft popularisée par Antoine Moreau et open source prêchée par Richard Stallman: pour s’épanouir, l’oeuvre transmedia doit adopter une posture qui préserve la liberté du consommateur, qui le respecte comme personne, et le voit autrement que comme une vache à lait. Je crois que l’approche « open source » peut apporter aux oeuvres transmedia ce qui est presque un message éthique.

Karine, merci pour notre échange.

L’invitée:
Karine HalpernKarine Halpern a fait carrière dans la production et la programmation cinématographique sur le marché international. Diplômée d’un master de communication politique et d’un certificat de compétences en médiation culturelle, elle exerce maintenant en tant que consultante, productrice et réalisatrice cross media.

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http://fr.readwriteweb.com/2010/12/31/prospective/du-cross-trans-mdia-mtamorphose-des-consommateurs-captifs/feed/ 9
La Social Media Club House réuni le gratin du LeWeb’10 http://fr.readwriteweb.com/2010/12/10/entrevues/social-media-club-house/ http://fr.readwriteweb.com/2010/12/10/entrevues/social-media-club-house/#comments Fri, 10 Dec 2010 09:00:07 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11197

Organisé durant toute l’aprés midi qui a précédé l’ouverture de LeWeb s’est organisé la cinquième édition du Social Media Clubhouse. Un moment de détente dans une atmosphère lounge, rythmée d’une multitudes d’interviews tournés dans les deux studios TV attenants à l’espace lounge. Le programme a démarré un peu en retard, mais nous avons dans la journée tourné 17 interviews, dont celui du cofondateur de Super Marmite, qui a gagné deux jours plus tard le concours Startup organisé par LeWeb’10, et tourné 13 plateaux talkshow où nous avons reçu, avec ReadWriteWeb, AF83 média et bien sûr le Social Media Club France, une multitude d’invités prestigieux, dont beaucoup venu présenter une keynote à la grande conférence annuelle de Loic Lemeur.

On ainsi défilé sur les plateaux qui se sont enchaînés (en anglais) : Olivier Desmoulins (Super Marmite), Jonathan Benassaya, Michael Schneider (Mobile Roadie) et Franz Tournadour (Playlife.fr) venus parler de musique et de mobilité (géographique, en ce qui concerne Jonathan, qui annonce ouvrir bientôt un incubateur à New York), Peter Crosby (COO Europe, Viadeo) et Jean-Jacque Arnal (Imaginatio) qui partagent avec nous leur vision de l’avenir des réseaux sociaux, Ori Tekelman (CTO AF83) et Cedric Giorgi (TechCrunch France) venus parler de tendances pour le web de 2011, Andraz Tori (Zemanta, en duplex skype de slovénie) et François-Yves Vuillemin (Imaginatio) discuter de la rencontre du web sémantique et du web social, Maurice Benayoun (MoBen, le pape de l’Open Art) et Audrey Bartis (L’impératrice) venus nous expliquer comment l’Art Contemporain était déjà dans la Free Culture depuis Wharol, Jeremiah Owyang (Altimeter) et Paul Papadimitriou (Constellation Research) qui nous expliquent comment le web social va pénétrer les sites corporate, Amina Belghit (Paypal), Ben Parr (Mashable), Paul Papadimitriou (Constellation Research)  et Ida Rose Sylvester venus parler des tendances qu’ils présentaient pour l’année à venir, Frederic Bascuñana (Webcastory), Pamela Pool (Readwriteweb), Joakim Nilsson (Mangas Gaming), Frédéric Lardinois (ReadWritWeb US), et Olivier Desmoulin (SuperMarmite) venu parler de localisation de service, Stephane Distinguin (AF83), Minter Dial (The Myndset), Joakim Nilsson (Mangas Gaming), Stephane Distinguin (AF83) et Frédéric Bascuñana (Webcastory) venu parler de stratégie dans les réseaux sociaux pour finir par Lucie Morillon (RSF), Curt Hopkins (ReadWriteWeb US) et Stephane Distinguin (AF83) pour faire un bilan de l’année écoulée en matière d’activisme en ligne.

Nous avons également inauguré un petit jeu, appelé pitch party, où deux pitcheur font face à un jury. La première édition à mis face à Matt Mullenweg (WordPress), Cedric Giorgi (TechCrunch France) et Frederic Lardinois (Readwriteweb US) qui constituaient le jury, Ludovic Simon  de DoYou Multimedia et Vincent Ricordeau de KissKissBankBank. La seconde édition voyait Techcrunch monter en force dans le jury avec Roxanne Varza (Techcrunch), Cedric Giorgi (TechCrunch France) et Frederic Lardinois (Readwriteweb US) face à Timothée de Laitre (de WizMe) et Axel Cateland (de YooCasa).

Les vidéos commencent à être en ligne sur Techtoc.tv, elle seront rapidement disponibles sur Dailymotion, ainsi, pour les média qui en font la demande, qu’en format HD. Il reste encore beaucoup d’interviews à mettre en ligne, 17 en tout, comme celui d’Olivier Desmoulins, le vainqueur dela compétition LeWeb’10, qui nous avions repéré, interviewé, et invité sur un plateau.

Merci à AF83 et au Social Media Club pour leur aide avant, durant et après cette énorme opération, à Viadeo, Paypal, leSMC France et Imaginatio qui ont sponsorisé l’événement, à tous nos invités pour leur bonne humeur, à Techcrunch, Mashable et ReadWriteWeb US, et à tous ceux qui ont répondu présent et participé à ce marathon. Un remerciement tout spécial pour Bluetouff et les Ours pour avoir comme par magie installé un mesh wifi qui a permis à une cinquantaine de geeks de Twitter, Facebooker, et même streamer en direct lors de l’événement sans la moindre difficulté. Merci à NodA de nous avoir fait découvrir l’Open Art et plein d’autre choses, et à l’année prochaine :-)

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http://fr.readwriteweb.com/2010/12/10/entrevues/social-media-club-house/feed/ 1
Echanges avec Catherine Trautmann sur le numérique http://fr.readwriteweb.com/2010/12/10/a-la-une/echanges-avec-catherine-trautmann-sur-numrique/ http://fr.readwriteweb.com/2010/12/10/a-la-une/echanges-avec-catherine-trautmann-sur-numrique/#comments Fri, 10 Dec 2010 07:00:45 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=11189

Trois quart d’heure de conversation avec Catherine Trautmann sur une multitude de sujets touchant au numérique. Tout y passe : Hadopi, Acta, la Net Neutralité, la liberté d’expression et bien sûr Wikileaks, avec, pour commencer, l’annonce du lancement d’un lab, au Parti Socialiste, avec un processus collaboratif et ouvert, destiné à réfléchir à la politique numérique de demain pour la France (full disclosure, voir en bas de l’article).


Aller sur le site de Techtoc.tv pour relancer la conversation avec Catherine Trautmann (qui reviendra)

Chapitrage

0:20 – Le  PS lance un lab pour réfléchir de façon collaborative au programme numérique du Parti Socialiste – (présentation par  Ludovic Penet, responsable, auprès de Christian Paul, du groupe de travail « société numérique » du « laboratoire des idées » du PS).

Interview Catherine Trautmann

4:00 – faire de la politique avec internet

6:20 – Un programme pour 2012 ?

7:00 – La Neutralité du Net

9:30 – Liberté d’expression en France, aux Etats-Unis, et sur internet

14:40 – La situation de la France avec le numérique, son retard,
et la reprise économique

21:00 – La Culture et Internet, l’innovation,
la massification des pratiques culturelles créatives

23:40 – Les entreprises deviennent média, collaboratifs et sociaux,
et les partis politiques ?

26:00 – Les dangers qui rôdent autour de la Net Neutralité

31:20 – Le Deep Packet Inspection, le rêve des ayants droits

34:10 – La transposition du paquet télécom, la net neutralité :
« on interdit au parlement de débattre »

36:30 – ACTA, à l’heure de Wikileaks

39:10 – La confidentialité de la vie politique, la transparence nécessaire,
Wikileaks et le journalisme.

41:10 – Pays émergents, pays riches, ACTA comme un échec diplomatique

Full disclosure

Webcastory, qui a produit cette émission et dont je suis actionnaire, participera à ce lab en offrant une plateforme socialTV au Lab du PS, ainsi que des heures de tournage, ce que nous feront également avec plaisir pour d’autre partis politiques, pour peu qu’ils se prêtent au jeu de la transparence et d’un procédé réellement collaboratif. Toujours dans la catégorie full disclosure, je fait parti des ‘experts’ réunis dans ce lab sur le sujet des libertés numériques, et je travaille également sur ces problématiques avec Europe Ecologie. J’ai également été consulté à plusieurs reprises par la commission Ethique et Numérique de l’UMP.

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http://fr.readwriteweb.com/2010/12/10/a-la-une/echanges-avec-catherine-trautmann-sur-numrique/feed/ 2
France 2 fait dans le participatif autour de l’une de ses émissions http://fr.readwriteweb.com/2010/11/15/entrevues/france-2-fait-dans-participatif-autour-de-lune-de-ses-missions/ http://fr.readwriteweb.com/2010/11/15/entrevues/france-2-fait-dans-participatif-autour-de-lune-de-ses-missions/#comments Mon, 15 Nov 2010 10:09:56 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=10902

Cliquer ici pour voir la vidéo.

«Voulez vous collaborer avec France2 afin de permettre aux internautes de poser leurs questions aux invités de Guillaume Durand ?»

A vrai dire, interagir avec des communautés pour transformer cela en émission TV est le pain quotidien de Techtoc.tv, l’une des webTV éditées par Webcastory, une startup dans laquelle je suis très impliqué, et l’idée de réaliser l’expérience pour France2 était trop tentante.

Et puis Guillaume Durand fait parti du jury qui a nommé ce blog comme meilleur blog high tech l’année dernière, lors du concours organisé par le magazine Challenge… Difficile de décliner une telle offre, non ?

L’émission «Fric, Krach et Gueule de bois : Le roman de la crise» sera diffusée prochainement sur France 2 et occupera l’essentiel de la soirée. Dans un premier temps, un reportage réalisé par Bernard Faroux dressera le portrait de la crise, durant la seconde partie de soirée, un débat animé par Guillaume Durand réunira, entre autre, le romancier Erik Orsenna et l’économiste Daniel Cohen.

Le reportage fleure bon la nostalgie, mais assume parfaitement ce point de vue à la limite du stéréotype d’un monde vu exclusivement sous le regard de la génération au pouvoir, celle du baby boom, infiniment persuadé de voir un monde qui se termine tout en ignorant l’essentiel de celui qui arrive derrière. Peu de place est laissée pour un regard optimiste sur l’avenir, pour une vision d’un monde qui pourrait muter en profondeur, du coup, c’est le Professeur Yunus, inventeur du microcrédit, qui est chargé de représenter presque exclusivement la possibilité de lendemain meilleurs.

L’entreprenariat social prôné par le PR. Yunus, son étroite implication avec internet, son modèle social sous-jacent, les nouveaux modes de partage et la philosophie qui va avec sont superbement ignorés (plus par ignorance que par malveillance, ceci dit). Rassurez-vous, le professeur sera à Paris en décembre, et nous seront là pour l’interroger et rattraper cela en montrant à quel point sa vision de l’économie et du social est intrinsèquement lié à la culture internet.

Comment participer ?

Votre rôle, ami internaute, sera de poser des questions, qui seront ensuite choisies par Guillaume Durand et son équipe, afin de servir le débat qui aura lieu mardi. Vos questions doivent, bien sûr, avoir un rapport avec la crise, et tant qu’à faire, avec les technologies et internet (sinon, le rôle de RWW, choisi par l’agence Influence Digitale pour participer à l’opération, ne ferait aucun sens.

Vous pouvez également les poser sur Twitter en prenant soin d’utiliser le hashtag #fckcrisis ou sur Facebook.

Enfin, vous pouvez poser vos question dans les commentaires ci-dessous.

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http://fr.readwriteweb.com/2010/11/15/entrevues/france-2-fait-dans-participatif-autour-de-lune-de-ses-missions/feed/ 9
Neutralité du net au Sénat et annonce d’une Proposition de Projet de Loi sur le sujet http://fr.readwriteweb.com/2010/10/27/a-la-une/neutralit-du-net-snat-annonce-dune-proposition-de-projet-de-loi-sur-sujet/ http://fr.readwriteweb.com/2010/10/27/a-la-une/neutralit-du-net-snat-annonce-dune-proposition-de-projet-de-loi-sur-sujet/#comments Wed, 27 Oct 2010 21:06:02 +0000 Sophie Boudet-Dalbin http://fr.readwriteweb.com/?p=10753

Des rencontres sénatoriales sur la neutralité de l’Internet ont eu lieu hier, organisées conjointement par la commission de la culture (Catherine Morin-Desailly) et la commission des finances du Sénat (Bruno Retailleau). Deux grandes thématiques ont été abordées : la neutralité des contenus et la neutralité des réseaux.

Avec l’explosion des usages, des besoin de bande passante, du trafic des utilisateurs (notamment sur le mobile), certain acteurs économiques sont tentés de restreindre ou de faire payer différemment selon les contenus. Par ailleurs, le blocage apparaît comme un des moyens pour préserver l’intérêt public et privé. Que justifie la préservation du principe de neutralité ? Peut-on y déroger et sous quelles conditions ? Comment doit-on légiférer ? Quelle position adopter, entre congestion et entrave ?

Dans le cadre de la transposition du Paquet Telecom, le rôle du Sénat est ainsi de définir une ligne de pensée, de déterminer des principes fondamentaux, de dresser des pistes de compromis, des modes originaux de règlement des conflits, d’ouvrir un débat citoyen, grand public, afin de fixer dans notre corpus législatif les règles à appliquer sur Internet.

Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique, intervenue à la fin des rencontres, est venue préciser l’action prochaine du gouvernement : une fois le côté technique de la transposition du Paquet Télécom validé, une proposition de loi (PPL) sera préparée afin de laisser place à une dimension politique.

Table ronde 1 : Neutralité des contenus


  • Emmanuel Gabla, Membre du CSA

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Pour Emmanuel Gabla, l’arrivée des téléviseurs connectés va changer la donne dans le monde audiovisuel à l’ère du numérique. Désormais les deux univers de la TV et de l’Internet se téléscopent et dépassent le cadre des services gérés. Quelle liberté laisser au spectateur ? Quelle qualité de visionnage pour tous ? Il a ainsi annoncé la volonté du CSA de faire comme l’ARCEP et de lancer des auditions afin de définir des propositions, ainsi que l’organisation début février au Sénat d’un colloque sur les TV connectées.

D’un point de vue juridique, et dans le cadre de la défense de la liberté de communication, il a souligné qu’il est indispensable que les internautes puissent envoyer/recevoir tous les contenus de leur choix, et éviter la marginalisation de certaines sources d’information (par le filtrage, la diminution de qualité de services). Sous cet angle, le principe de neutralité du net se doit d’être le garant de la liberté d’expression et assurer la non-discrimination, la transparance et un service minimum.

D’un point de vue économique, le CSA apparaît en faveur de possibilités d’aménagement du principe de neutralité du net en faveur des FAI pour financer l’établissement de nouvelles infrastructures, la construction du réseau de fibre optique, pour une facilité de visionnage des contenus vidéos, enrichis.

Emmanuel Gabla a bien sûr insisté sur le fait que le principe de neutralité du net ne doit pas appauvrir la création et aider au financement de la création par nouveaux fournisseurs de contenus et que ce principe doit s’appliquer également aux moteurs de recherche. Il a ainsi fait allusion aux craintes que les services d’Apple TV, Google TV ne favorisent les contenus outre-atlantiques.

  • Pierre Louette, Secrétaire Général d’Orange

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Après avoir cité cette définition de la neutralité du net : « tous les paquets de données sont libres égaux et en droits », un grand principe fondateur du réseau tel qu’imaginé au départ, Pierre Louette a déclaré, qu’au-delà de ce principe, les FAI doivent gérer la saturation due à la montée en puissance des contenus sur des réseaux qui se développent (12% de leur CA serait investi chaque année pour faire fonctionner le réseau), au développement des services mobiles (notamment avec les smartphones).

Il a alors annoncé la position d’Orange concernant le principe de neutralité du net : trouver un point d’équilibre entre ces deux extrêmes. Une position claire, qu’il a résumée ainsi : « la neutralité n’est pas la passivité ». L’opérateur prône ainsi la capacité à gérer l’accès à des services professionnels (dans le domaine de la santé par exemple, « et tout autre type de contenu ») afin de pouvoir organiser des formes de priorité avec une garantie de services assurée.

  • Alain le Diberder, Conseiller à la création interactive au Conseil d’Administration de la SACD

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Les auteurs, a souligné Alain le Diberder, considèrent de plus en plus Internet comme un lieu de création incontournable, où le phénomène du bouche à oreille est démultiplié. Pour lui, la net neutralité permet un accès neutre aux informations et publics, ce qui implique que la SACD est contre les offres différenciées selon les opérateurs.

Après avoir insisté sur la légitimité du droit d’auteur et le « droit de ne pas se faire voler », il a déclaré que les services de TV connectée doivent venir prolonger le système de financement de la création par l’aval (chronologie des médias). Il a ainsi rapproché le débat sur la neutralité du net à celui de la protection des œuvres sur Internet, réaffirmant le soutien de la SACD à la Hadopi et donc au filtrage.

  • Giuseppe de Martino, Président de l’ASIC

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C’est entant que Président de l’Association des services Internet communautaires, et non sous sa casquette de dirigeant de Dailymotion, que Giuseppe de Martino est intervenu au Sénat. L’ASIC exige la transparence de la part des fournisseurs de réseaux ainsi que la non-discrimination, un système qui préserve les petits acteurs (ce qui ne figurerait pas dans le Paquet Telecom).

Une position toute nuancée puisqu’il a déclaré qu’il comprenait que les FAI aient besoin de décongestionner les réseaux et qu’une neutralité du net qui empêcherait de pouvoir toucher aux contenus qui transitent pourraient nuire à la sécurité des enfants… Il s’est ensuite défendu d’avoir voulu que l’argument de la neutralité du net soit utilisé pour lutter contre la loi Hadopi.

Le Président de l’ASIC a ensuite proposé, dans un souci de transparence, l’établissement dans chaque ambassade d’un correspondant en mesure de donner l’état réel des connexions Internet dans les différents pays.

  • Frédéric Goldsmith, Délégué Général de l’APC

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Pour le représentant du l’Association des producteurs de cinéma, le débat sur la neutralité du net, au-delà des définitions techniques, est l’occasion de définir les fondamentaux et les chaînes de valeur. La neutralité n’est pas antagoniste à la propriété intellectuelle, a-t-il souligné. Et, la régulation doit rester cohérente quelque soient les technologies concernées.

Frédéric Goldsmith a rappelé la richesse de l’écosystème français du cinéma, garant d’un équilibre global permettant à l’ensemble des acteurs de prospérer et de croître. Rappelant l’exemple du cinéma italien, qui, en l’absence d’une régulation de la TV, a été « tué en quelques années », il a signalé la richesse de l’exception culturelle française. La France, ayant constaté que le cinéma est un produit d’appel et que ceux qui bénéficient des produits d’appel doivent investir dans le renouvellement des contenus, a ainsi su se doter d’une régulation des services efficace. Il a ainsi insisté sur le fait que le suivi des œuvres et la transparence sont indispensables, avec un maintien du soutien financier des pouvoirs publics pour aider à dynamiser le marché.

Le problème n°1 pour Frédéric Goldsmith, est qu’avec Internet, les services peuvent désormais s’installer à l’étranger, entraînant une distorsion fiscale importante, avec des taux de TVA différents (entre le Luxembourg et la France). Une déclaration qui n’était pas sans rappeler les débats qui avait eu lieu sur la taxe Google.

Pour ce qui est de la régulation des flux par les opérateurs, il s’est déclaré tout à fait ouvert à des partenariats avec les opérateurs, dans un souci de partage équitable de la valeur. Car, à l’ère du numérique, l’audiovisuel et le cinéma sont devenus des produits d’appel et la valeur a migré vers les terminaux. Pour lui, les systèmes fermés ne peuvent pas être interdis mais il faut trouver des solutions équitables.
Table ronde 2 : Neutralité des réseaux


  • Claude Kirchner, Chercheur à l’INRIA

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Aujourd’hui, la technologie permet aux FAI de contrôler l’accès aux applications et aux contenus. Alors, « comment souhaite-t-on contrôler le contrôle » ? Quel impact sur la liberté d’expression ? Claude Kirchner a ainsi rappelé que les technologies de filtrage permettent désormais de biaiser les recherches selon des intérêts économiques et/ou politiques (par exemple, influencer des enchères en ligne, préférer les contenus francophones plutôt qu’anglophones). Etant donné que les protocoles sur Internet véhiculent des philosophies de communication, Claude Kirchner a prévenu que si rien n’est fait pour préserver la neutralité du net, la technologie le faira (et le fait déjà) pour nous.

Soulignant le rôle fondamental de la recherche et l’importance d’une connaissance approfondie des réseaux pour pouvoir légiférer sur le principe de neutralité du net, et par là la nécessité d’un partenariat technique/législatif, le chercheur a regretté que la consultation publique en France ait été si courte (1 mois). Il a également émit le besoin de développer un observatoire du réseau (protocoles, utilisations) afin de mieux comprendre Internet pour être en mesure de quantifier la neutralité du net.

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Pour Bernard Benhamou, la neutralité du net étant le premier levier pour la création et l’innovation, il est indispensable qu’il n’y ait pas de seuil d’entrée pour utiliser ce levier. Il a défini le principe de neutralité du net comme étant la loi antitrust des réseaux.

Il a ensuite affirmé que le gros problème en France, repose en partie sur une certaine culture de l’ingénieur, qui implique une sacralisation de l’infrastructure, le créateur de contenu étant perçu comme un saltimbanque.

  • Arnaud Brunet, Délégué des affaires extérieures et juridiques de Sony

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Arnaud Brunet a décrit la TV connectée, qui permet d’avoir accès à des services allant de la TV à l’Internet : regarder la TV hertzienne, connecter la TV via une box des FAI pour faire de l’interactivité et apporter ainsi une profondeur au programme diffusé, utiliser des widgets, accéder à des contenus audiovisuels à la demande (TV de rattrapage, VOD).

Il a alors souligné la nécessité des moteurs de recherche pour l’accès à la multitude de contenus. Le représentant de Sony a présenté ses craintes face aux accès différenciés des FAI, qui empêchent un accès équitable au réseau et donc la création d’un nouvel écosystème.

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L’opérateur a rappelé qu’il faisait face à des coûts fixes importants ainsi qu’à des contraintes techniques non négligeables.

Il s’est ainsi déclaré favorable à la facturation en fonction de l’utilisation.

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  • Edouard Barreiro, Chargé de mission sur les technologies de l’information à l’UFC Que Choisir

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Pour Edouard Barreiro, le Paquet Telecom ne va pas assez loin. Il a rejoint la position de l’ARCEP, en appelant à un « Internet Best Effort » mais avec un niveau suffisant.

Il s’est déclaré opposé au rôle de policier des FAI, rappelant les risque de dérapage du filtrage qui utilise des technologies dignes d’Etats totalitaires, et le besoin d’une décision préalable d’un juge.

En réponse à l’intervention d’Emmanuel Forest de Bouygues Telecom, il a déclaré que les réseaux fixe et mobile ne présentaient pas les mêmes contraintes. Sur le réseau fixe, le coût est le même suivant la consommation, alors qu’il n’en est pas de même sur le réseau mobile. Et, étant donné que la facturation est déjà différenciée sur le mobile, il ne peut pas en être de même pour le fixe.

  • Philippe Distler, Directeur général de l’ARCEP

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Enfin, Philippe Distler est revenu sur les dix propositions et recommandations de l’ARCEP.

Durant le débat qui a suivi les deux tables rondes, on notera l’intervention d’Olivier Esper, Directeur des relations institutionnelles de Google France, qui a déclaré que les moteurs de recherche étaient neutres par nature étant donné que l’exhaustivité étaient un facteur concurrentiel dans leur métier. Répondant aux interrogations concernant le lancement du service Google TV, il en a appelé à la pro-activité des acteurs français et a insisté sur la nécessité de proposer une offre riche sur Internet. À une question d’un auditeur sur le récent accord entre Google et Verizon, Olivier Esper a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’un position commune et non d’un accord commercial, renvoyant l’audience au site de l’ARCEP.

La question de la licence globale a également été soulevée par Stéphane Larcher, Directeur de la publication de la revue Cités numériques, présent dans la salle. Ce à quoi Alain le Diberder (SACD) a coupé court en répondant que la proposition avait du bon puisque la licence globale participe à la création, mais que ce système privait les auteurs de leur droit fondamental de choisir ou non la diffusion des œuvres.

(image d’ouverture CC de wallyg)

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http://fr.readwriteweb.com/2010/10/27/a-la-une/neutralit-du-net-snat-annonce-dune-proposition-de-projet-de-loi-sur-sujet/feed/ 10
A l’Assemblée, on prend les mêmes et on recommence http://fr.readwriteweb.com/2010/10/25/entrevues/lassemble-prend-les-mmes-recommence/ http://fr.readwriteweb.com/2010/10/25/entrevues/lassemble-prend-les-mmes-recommence/#comments Mon, 25 Oct 2010 07:05:13 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=10715

Il est des échanges à l’Assemblée qui se lisent comme une pièce de théatre dont on connait la fin. Il est impossible de nos jours de plaider l’ignorance. Au plus haut niveau, tout le monde sait que le monde défendu par Hadopi et la surveillance n’a pas d’avenir. La seule perspective qu’il offre est au mieux un sursis.

Dans cet épisode, reproduit in-extenso, on joue le rejet d’un amendement à la loi de finance 2011, déposé par Patrice Martin Lalande (UMP). Patrick Bloche (PS) est en guest star et Jean-Pierre Brard remporte la palme du bon mot. Dans le rôle des méchants à la solde des lobbies, Gilles Carrez (UMP) et François Baroin, qui défend l’indéfendable. En bon fan de rap, il est bien placé pour savoir à quel point Martin-Lalande a raison.

Les soulignages sont de moi.

M. le président. Je suis saisi d’un amendement n° 65. La parole est à M. Patrice Martin-Lalande.

M. Patrice Martin-Lalande. Comme vous le savez, le marché du disque s’effondre depuis quelques années. Cela modifie assez profondément la façon dont les investissements sont réalisés pour faire émerger de nouveaux talents et soutenir la création musicale. Aujourd’hui, ces investissements incombent davantage aux producteurs de spectacles qu’aux producteurs phonographiques. L’émergence de nouveaux artistes se fait de plus en plus par la scène, le disque n’arrivant souvent sur le marché que tardivement.

Par cet amendement, je vous propose d’aligner le régime des producteurs de spectacles vivants de musique et de variété sur celui des producteurs phonographiques, en modifiant l’article 220 octies du code général des impôts.

Je tiens à insister sur un point. Le total des investissements de soutien à la création ne va pas changer, mais le spectacle vivant va y remplacer progressivement le disque. Si on veut continuer de soutenir la création et la diversité musicale françaises, il convient donc d’adapter notre dispositif de crédit d’impôt à l’évolution très récente, mais profonde, du processus d’émergence des nouveaux talents. Pour reprendre ce que disait tout à l’heure M. le ministre, nous sommes dans une logique non pas d’augmentation, mais d’adaptation d’une niche à la réalité nouvelle qui est celle de la promotion de nouveaux talents et de la création musicale en France, comme ailleurs.

M. le président. Quel est l’avis de la commission ?

M. Gilles Carrez, rapporteur général. La commission, toujours attentive aux dispositifs proposés dans le domaine culturel, n’a cependant pas adopté cet amendement. Patrice Martin-Lalande en connaît les raisons. Nous l’avons suivi, il y a trois ou quatre ans, lorsqu’il a suggéré de créer un crédit d’impôt pour favoriser la production d’œuvres, de disques, par exemple. Il ne s’agit plus du tout, ici, de la même chose. Ce crédit d’impôt permettrait d’encourager l’organisation de spectacles. Il est vrai que, par le biais des spectacles, on peut promouvoir une œuvre. Mais ce serait une extension considérable et, à mon avis, injustifiée de ce crédit d’impôt. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de créer une incitation fiscale ou une aide à la production d’organisateurs de spectacles, dont je tairai les noms, qui agissent pour le compte de tel ou tel chanteur, sans produire d’œuvres culturelles.

M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement ?

M. François Baroin, ministre du budget. Même avis. Mais je connais l’engagement de Patrice Martin-Lalande en faveur de la création.

M. Jean-Pierre Brard. Il connaît la musique ! (Sourires.)

M. le président. La parole est à M. Patrick Bloche.

M.Patrick Bloche. Je me permets d’intervenir pour soutenir l’amendement de Patrice Martin-Lalande. Comme il l’a très bien expliqué, il ne s’agit pas de créer un crédit d’impôt supplémentaire, mais de mettre un terme à une inégalité devant un crédit d’impôt. Aujourd’hui, les artistes de l’économie musicale vivent davantage des concerts, du spectacle vivant, de ce que l’on appelle le live, que de la production de disques.

M. Patrice Martin-Lalande. C’est la nouvelle réalité !

M. Patrick Bloche. Nous avons eu suffisamment de débats dans cet hémicycle – la loi DADVSI en 2005-2006 et, plus récemment, la loi HADOPI – pour bien mesurer ce qu’est l’économie musicale aujourd’hui. La situation est la suivante : un producteur organisant un concert qui serait enregistré et donnerait naissance à un disque, bénéficierait de ce crédit d’impôt, contrairement à un producteur de spectacles vivants qui ne ferait qu’organiser le concert. Or, à l’arrivée, il s’agit de trouver des nouveaux modes de rémunération des artistes, qu’ils soient auteurs ou interprètes. Donc, il y a, dans la démarche de notre collègue, un soutien à la diversité musicale et à l’émergence de nouveaux talents. Aujourd’hui, seules dix à vingt tournées fonctionnent. Grâce à cet amendement, on pourrait sans doute faire vivre 200 artistes sur les 500 qui se produisent en concert.

M. le président. La parole est à M. le rapporteur général.

M. Gilles Carrez, rapporteur général. C’est vrai qu’il y a une cohérence dans la démarche de Patrice Martin-Lalande, c’est vrai qu’il y a une inégalité entre ceux qui organisent des spectacles pour produire ensuite et ceux qui ne font que les organiser. On pourrait donc supprimer le crédit d’impôt dès lors qu’il y a aussi organisation de spectacles. (Sourires.)

M. Patrice Martin-Lalande. Non merci !

(L’amendement n° 65 n’est pas adopté.)

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Revu et corrigé : l’Hadopi et le grand projet de censure du net sur France 5 http://fr.readwriteweb.com/2010/10/17/a-la-une/revu-corrig-lhadopi-grand-projet-de-censure-du-net-sur-france-5/ http://fr.readwriteweb.com/2010/10/17/a-la-une/revu-corrig-lhadopi-grand-projet-de-censure-du-net-sur-france-5/#comments Sun, 17 Oct 2010 20:36:53 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=10623

Cliquer ici pour voir la vidéo.


Petits commentaires sur le déroulé de cette émission…

Pour la SCPP, je dis n’importe quoi

Reprenons les différentes affirmations sur lesquelles Marc Guez semble avoir quelque chose à redire…

«le chiffre d’affaire l’industrie de la duplication de CD est en chute libre, c’est incontestable, mais oui, le chiffre d’affaire du spectacle vivant est en explosion, ce qui fait que l’un dans l’autre, le chiffre d’affaire de ‘la musique’ en général est en progression constante et légère depuis dix ans»

Source : Times

«il n’y a pas vraiment de dégats sur la musique en général ni sur les artistes»

Autre source : Le Nouvel Obs

«…c’est confirmé par des études qui sortent ausi bien de Paritech-Télécom en France que de Harvard aux Etats Unis, il n’y a pas une seule étude scientifique reconnue par des pairs qui ait démontré qu’il y ait des dégâts [provoqué par le piratage] sur l’industrie de la musique en général»

Sources : RWW et LQN

«par contre, pour le CD, c’est une catastrophe, mais pour les industriels qui font des concerts – comme LiveNation – c’est l’euphorie»

«les artistes n’ont pas soutenu la loi, je vous le confirme»

Sources : RWW, Numérama, RWW

«pétition bidonnée»

Sources : Numérama, Numérama

«53 artistes, tout le monde pourra vérifier»

Là dessus, mea culpa, je me suis trompé, il ne s’agit pas de 53 artistes français mais de 30. Désolé, Mr Guez, autant pour moi vous aviez raison quand vous m’accusiez de ‘dire n’importe quoi’. Vous marquez un point. Ou pas.

Source : Numérama

Les révélations de la SCPP

Du coté de Marc Guez, voyons maintenant les affirmations et les révélations auxquelles nous avons eu droit :

«il n’y a pas de commerce avec la piraterie»

Il est difficile d’imaginer qu’à la SCPP, personne ne soit au courant de cela. La question, dès lors, consiste à se demander pourquoi la SCPP affiche un tel mensonge ? Est-ce pour sortir la carte des vilains pirates profiteurs dans un second temps pour justifier l’artillerie lourde du Deep Packet Inspection ? Est-ce par ce qu’il existerait des liens cachés entre les sites de Direct Download et les ayants droits ? L’avenir nous le dira.

«les autres formes de piraterie représentent 20%, le P2P 80%»

C’est d’autant plus faux qu’il n’existe à ce jour aucun moyen de comptage des téléchargements effectués avec, par exemple, le direct download, pour ne citer que cette méthode alternative au P2P pour ‘pirater’.

Quelques chiffres permettent cependant de subodorer que l’affirmation de Marc Guez est un mensonge inventé de toutes pièces, comme par exemple la mesure de ‘popularité des mots clés ‘bittorent’, vs. ‘megaupload’ dans Google Trends, qui montrent clairement qu’à l’heure actuelle, cette méthode alternative au P2P est des plus populaires. De là à affirmer que le trafic de fichiers copyrightés utilisant cette méthode représente tout de même plus que 20% du trafic, il y a un pas que notre rigueur scientifique nous empêche de franchir, mais on peut affirmer sans problème que sur ce point, la SCPP a menti.

Et si on regarde cette tendance sur le territoire français, curieusement, la tendance Megaupload est nettement plus accentuée, et sa croissance est en tout lié à l’arrivée progressive de Hadopi dans les média alternatifs (corrélation n’est pas raison, je sais, mais avouez que c’est troublant).


«Le deep packet inspection est une technologie qui sert déjà, que les FAI français utilisent pour gérer leur trafic»

A ce jour, seul Free a formellement démenti cette affirmation et nie farouchement avoir installé cette technologie sur son réseau, technologie qui, rappelons le, peut aussi bien servir à intercepter des informations (fichier copyrighté ou quoi que ce soit d’autre), à ficher des individus (c’est pour cela qu’elle a été inventé au départ, afin de faire du ciblage publicitaire), à surveiller globalement la population, à censurer certaines information, à en ralentir d’autres afin de rendre leur accès difficile, etc, etc.

Bien sûr, la Hadopi, qui sera en charge de les évaluer avant leur officialisation (à en croire Marc Guez, c’est officieusement déjà en place), n’a pas autorité pour surveiller les usages et les éventuelles dérives qui pourraient arriver dans l’utilisation par les autorité de cette technologie.

Vous ne rêvez pas, face à une technologie aussi dangereuse pour la démocratie, aujourd’hui largement en usage en Chine, il n’existe en France aucun encadrement législatif. Tout est permis, et le législateur a laissé faire sans broncher.

On peut déduire, sous réserve d’un démenti officiel, que les autres FAI français on déjà posé de tels systèmes de surveillance et d’écoute sur leurs réseaux, en toute illégalité (bien que, je ne soit pas certain que cela soit véritablement illégal, c’est à creuser).

A vrai dire, dans le milieu des hackers, cela fait déjà un bout de temps que pèsent ces soupçons. Marc Guez ne fait que confirmer ce que tous pressentaient déjà.

Bonus-track

la future campagne de l’internet filtré en exclu ! Les plus grand cerveaux de la com’ (Ségéla ?) se creusent la tête en ce moment pour trouver la façon de vendre aux français le fait d’être surveillés et censurés sur internet. Pas facile.

Il est de notre devoir de citoyens, soucieux d’optimiser les dépenses de l’Etat, de leur donner un coup de main. Nous y reviendrons en détail.

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http://fr.readwriteweb.com/2010/10/17/a-la-une/revu-corrig-lhadopi-grand-projet-de-censure-du-net-sur-france-5/feed/ 71
Ethique et numérique ET responsabilité http://fr.readwriteweb.com/2010/10/13/a-la-une/ethique-numrique-responsabilite/ http://fr.readwriteweb.com/2010/10/13/a-la-une/ethique-numrique-responsabilite/#comments Wed, 13 Oct 2010 14:47:46 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=10592

Un grand classique chez Techtoc.tv : au départ, un contact entre Cisco et moi, qui se termine en plateau TV, se joignent à nous Vincent Berthelot, grand spécialiste des RH 2.0 (et inventeur du terme Bisounours 2.0), puis Yazid Chir, président du Medef 93, originaire de St Ouen où sont nos studios, et récemment nommé à la Halde… qui s’est retrouvé au milieu de tout cela sans trop comprendre ce qu’il se passait (désolé Yazid, ce n’était pas du tout intentionnel).

L’invité principal, qui va se retrouver sur le grill, c’est Laurent Blanchard, le Directeur Général de Cisco France, qui a eu le courage de venir pour parler de son dernier livre, « Optimisme Durable« . C’est important de le souligner, parce qu’il savait plus ou moins ce qi l’attendait et ne s’est pas désisté pour autant. Au menu : DPI, responsabilité des fabricants de hardware et éditeurs de logiciel (à l’heure où l’on parle de responsabilité des intermédiaires techniques), évolution du rapport patronat/salariés à l’heure du 2.0… Les réponses de CISCO sont des plus instructives, et en insistant, on fini par avoir de vraies réponses.

Au final, peut être pas un grand moment de télévision, mais une bonne tranche de webTV.

Je vous laisse découvrir les moments clés de l’émission (à 28:38 et 58:46 notamment, mais il y a d’autres perles)…


Aller voir le site

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Wanted, Dead or alive : Hadopi.fr http://fr.readwriteweb.com/2010/09/23/a-la-une/wanted-dead-xor-alive-hadopi/ http://fr.readwriteweb.com/2010/09/23/a-la-une/wanted-dead-xor-alive-hadopi/#comments Thu, 23 Sep 2010 02:36:47 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=10287

Le nombre de fautes d’Anglais laisse peu de doutes sur l’origine Française de l’appel à prendre les armes contre la Hadopi.

Le 5 novembre à 15h, heure de Paris, le site de la Hadopi, qui d’ici là devrait être ouvert, sera attaqué par les Anonymous.

De son coté, l’Hadopi semble s’être résigné. La mise à mort de son site ne l’empêchera nullement de fonctionner, et Eric Walter l’a annoncé, si le site est capable de monter en charge, il ne résistera pas à une attaque DDOS.

Tirer sur une cible sans défense en sachant pertinemment que cela ne fera en rien avancer les choses, est-ce vraiment bien malin ?

Chez les Anonymous, au sein des forums de 4chan, le débat porte là dessus, ainsi que sur l’image que cela donnera à un internet déjà victime de tous les préjugés de la part de la classe politique la plus anti internet de la planète.

Dans le bouillon de culture activiste de 4chan, on entend également la voix des ainés, les «hackers», les vrais :

frenchfag here. you guys sucks. don’t ddos. hack.

Une autre cible, cependant, fait son apparition, mais elle est loin d’être aussi facile à abbatre : TMG

Sorry, all of us are not hackers… TMG (Trident Media Guard) needs more real hack, but it’s difficult.
I know few XSS and SQL injections, but I’m not a real hacker. Sorry. DDOS is simple to use…

Le gros des troupes, pour ne pas dire la totalité des Anonymous qui mènent depuis plus d’une semaine une véritable petite guerilla planétaire contre les forces des ayants droit, est composé de «script kiddies». Quelques connaissances techniques, de la débrouillardise… Ils sont des millions sur terre, disposant de compétences techniques suffisantes pour prendre part à ces attaques.

Les vrais «hackers», eux, sont beaucoup plus rares. Qui plus est, ils cultivent pour la plupart un goût prononcé pour la discrétion. Quelques figures apparaissent ça et là, laissant apparaitre des gens cultivés, réfléchis, engagés et responsables. Des adultes, quoi. (spécial dédicace à Aurélien B.)

Pas le genre de personnes à organiser une raid sauvage contre un serveur web, plutôt le genre à paralyser les infrastructures d’un pays.

Ceux là, ne font pas parti des Anonymous. Pour le moment, ils observent, plus ou moins calmes, ce phénomène.

Pas vraiment une guerre, pas vraiment une manifestation…

«Nouvelle forme de manifestation», comme le pose TorrentFreak, un site de référence sur l’actualité du Peer to Peer ? A ce stade, on peu tout aussi bien parler d’émeutes.

Tout comme d’autres émeutes il y a 5 ans, n’est-on pas bel et bien en train d’assister au même phénomène, mais online ?

Tout comme d’autres émeutes, il y a cinq ans, tout a commencé avec un incident. Un abus de pouvoir. Ici, ce n’est pas une bande de gamins terrorisés par des forces de police, c’est un raid sauvage, organisé il y a un peu moins d’un mois par les forces de l’ordre un peu partout en Europe, et les ayants droit.

Pour arriver à une telle efficacité lors de ce raid sur la «scene warez», une ligne jaune a été franchie. Selon nos informations, BayTSP une officine privée de protection du copyright, aurait très clairement fait usage de moyens jugés «déraisonnables» pour appuyer les forces de police. La ligne jaune a été franchie, y compris, il semblerait, sur le plan légal.

Faire toute la lumière sur les moyens employés par les ayants droits en appui des forces de police semble désormais une nécessité si l’on veut mettre fin à ces émeutes.

60 millions de manifestants selon la préfecture, 100.000 selon les manifestants ?

Quel succès remportera la mise à sac du site de la Hadopi ? A priori, une grande fête de l’internet en perspective.

Il faut dire qu’il est très facile de participer à ce type de manifestation : les armes sont gratuites – comme beaucoup de choses sur internet – et il suffit de viser tous ensemble à une heure donnée. Simple. Du coup, les Anonymous suggèrent le viral (et ça marche, ce billet en est la preuve).

Essayez de relayer l’infos à tous les gros noobs que vous connaissez, plus il y aura de monde pour ddos, mieux ce sera. [nde: rare message en français dans un "thread" exclusivement anglais]

Le problème, outre que cela ne sert à rien, c’est que l’étape suivante n’est pas des plus souhaitables pour internet.

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http://fr.readwriteweb.com/2010/09/23/a-la-une/wanted-dead-xor-alive-hadopi/feed/ 57
Gifty-Gifty: Partagez vos idées cadeaux http://fr.readwriteweb.com/2010/09/15/a-la-une/giftygifty-partagez-vos-ides-cadeaux/ http://fr.readwriteweb.com/2010/09/15/a-la-une/giftygifty-partagez-vos-ides-cadeaux/#comments Wed, 15 Sep 2010 07:00:52 +0000 Xavier Vespa http://fr.readwriteweb.com/?p=10190

GiftygiftyFin Juin 2010, j’expliquais en quoi l’utilisation d’un outil de collecte de fonds entre amis comme Leetchi pouvait garantir (entre autres choses) l’achat d’un cadeau qui ferait vraiment plaisir à la personne qui le recevrait. Bien que ce type d’outil rend plus accessible l’acquisition d’un produit, il ne permet pas d’identifier le produit à acquérir. Quand on veut offrir un cadeau à quelqu’un, il existe des solutions pour financer ce cadeau, mais existe-t-il des solutions pour savoir quel cadeau choisir?

Gifty-Gifty se lance avec la mission ambitieuse de devenir le lieu d’expression de nos envies de cadeaux. Charles-Henri De Valois, créateur du site, a eu l’idée de ce service l’année dernière, à l’approche des fêtes, alors que ses proches commençaient à tous lui demander ce qu’il désirait recevoir pour Noël. Il lui a semblé mille fois plus simple de créer une page publique sur laquelle ses envies de cadeaux seraient consultables par tout parti intéressé. L’idée de Gifty-Gifty était née.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

La force de Gifty-Gifty ne réside pas plus dans l’aspect novateur de son service que dans le processus mis en place sur le site pour communiquer au mieux vos envies cadeaux. Pour ce faire, au moment de la création du profil, il vous sera demandé: 1. Vos dates importantes, 2. Vos hobbies/activités sportives/sorties, 3. Vos catégories de cadeaux préférées, 4. Vos mensurations, et 5. Vos préférences en termes de couleurs/tissus/matériaux/pierres précieuses.

Une fois que vous avez renseigné chacune de ces catégories, vous vous retrouvez avec un profil comme celui-ci où vos connaissances peuvent consulter vos idées cadeaux. Ce profil est privé par défaut, mais Gifty-Gifty vous propose des options modulables de partage publique. Toute personne peut vous demander en ami dans le but de: 1. Connaître vos envies cadeaux, et 2. Partager les leurs. De cette manière, avec Gifty Gifty, vous pouvez aussi suivre les envies cadeaux de vos proches. Gifty-Gifty met à la disposition des utilisateurs une fonctionnalité de recherche des membres par leurs noms, un détail simple mais crucial et trop souvent omis sur ce genre de site.

En ce qui concerne la recherche, le plus lourd du site se joue sur la recherche de produits: Dans sa base de données, Gifty-Gifty réunit les produits de catalogues provenant de plus d’une centaine de partenaires commerciaux. Plus de 750 000 produits sont aujourd’hui indexés dans la base. Pour faire face à cette montagne de produits, l’équipe derrière Gifty-Gifty s’est fixée un impératif éditorial qui consiste à passer en revue les idées cadeaux qui valent le détour. Ainsi, lors d’une recherche d’idées cadeaux, on peut opérer une recherche uniquement sur les produits conseillés par l’équipe.

Une fois que vous trouvez un produit qui vous convient, vous pouvez l’ajouter à votre liste de souhaits et/ou à votre liste d’idées cadeaux. Ces listes sont partageables avec vos amis, et c’est autour de ces listes que toutes les interactions sociales et commerciales prennent forme.

Pour un site qui se lance, Gifty-Gifty est déjà bourré de différent gadgets, comme le générateur d’idées cadeaux, l’achat de cadeaux en commun, ou l’application Facebook qui permet de relier son réseau à Gifty-Gifty. Le tout est un peu chargé, mais l’expérience proposée par Gifty-Gifty est suffisamment originale pour motiver ses utilisateurs à prendre le temps de tout découvrir, tout comprendre, et tout apprécier.

Plus d’infos sur Gifty-Gifty.

RWW part à la rencontre de l’innovation française en partenariat avec l’Opencoffee France. L’opencoffee organise des rencontres hebdomadaires sur Paris (plus d’information sur leur site) pour les entrepreneurs des nouvelles technologies. RWW sera présent une fois par mois pour réaliser des entretiens et vous faire partager les projets français de cet écosystème.

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Facebook et Google à l’Assemblée : je t’aime, moi non plus http://fr.readwriteweb.com/2010/09/10/analyse/facebook-google-auditionns-hier-lassemble-je-taime-moi/ http://fr.readwriteweb.com/2010/09/10/analyse/facebook-google-auditionns-hier-lassemble-je-taime-moi/#comments Fri, 10 Sep 2010 12:06:29 +0000 Sophie Boudet-Dalbin http://fr.readwriteweb.com/?p=10140

Mercredi avait lieu à l’Assemblée nationale l’audition des responsables de Facebook et de Google dans le cadre de la Mission d’information commune sur les droits de l’individu dans la révolution numérique. Il s’agissait pour la mission de connaître la politique de ces deux géants de l’Internet en matière de protection de la vie privée, de géolocalisation, de ciblage publicitaire, de lutte contre la cybercriminalité ou bien encore d’éducation au média.

Comme l’a introduit le président de la mission d’information, le député Jean-Luc Warsmann : « Le réseau Facebook, créé il y a 6 ans, est désormais le n°1 mondial. Il dispose d’une communauté de près de 500 millions d’inscrits, qui téléchargent chaque jour de l’ordre de 100 millions de photographies. Le chiffre d’affaire a doublé entre 2008 et 2009, et il s’élèverait entre 600-800 millions de dollars ; peut-être est-il en train d’atteindre de nouveaux sommets pour 2010. Parmi les 10 sites les plus fréquentés du monde, Facebook est de loin le plus chronophage ; quand un internaute passe en moyenne 1h20 sur Google ou 1h30 sur eBay, il se connnecte 6h par mois sur Facebook. Le phénomène des réseaux sociaux concerne évidemment la France puisqu’on estime à plus de 20 millions le nombre de Français inscrits sur le réseau communautaire et à plus de 8 millions celles et ceux qui s’y rendent quotidiennement, avec les moins de 24 ans qui représentent plus du tiers des inscrits ».

Richard Allan, directeur Europe de la politique publique de Facebook, a commencé par souligner que les moins de 18 ans ne représentent que 13% des utilisateurs de Facebook. Selon lui, les 30-35 ans demeurent les plus présents, une tranche d’âge qui facilite l’échange intergénérationnel puisqu’ils interagissent sur Facebook avec leurs enfants, leurs amis, leurs parents… Puis, plus tard dans le débat, de souligner que le règlement de Facebook interdit spécifiquement aux mineurs d’ouvrir un compte sur le site communautaire et que tout manquement à cette règle, une fois notifié, entraîne la fermeture immédiate du compte. La protection des mineurs se ferait donc par ajustements successifs suite aux notifications des utilisateurs, de la même façon que pour les contenus à caractère pornographique.

Richard Allan s’est voulu rassurant concernant cette « procédure d’auto-régulation ». Une procédure bien connue de tous les hébergeurs de contenus sur le net, la fameuse Notice and Take Down : après notification d’un contenu interdit, d’une utilisation ou d’un compte frauduleux, d’un quelconque harcèlement publicitaire, Facebook lance une procédure de vérification et d’analyse, puis ensuite, le cas échéant, ferme le compte incriminé.

Le représentant de Facebook a ainsi souligné que la politique du site communautaire en matière de vie privée était basée sur une relation de confiance entre le site et ses utilisateurs. Le site héberge les données au nom de l’utilisateur et n’en est à aucun moment le propriétaire. Ainsi, ces données peuvent être supprimées sur simple demande de l’utilisateur. Mais, il serait apparemment fréquent pour les utilisateurs de souhaiter suspendre leur compte pendant un certain temps, puis de le réactiver quelque temps après, car une fois effacées, les données disparaissent totalement. Facebook a donc mis en place une procédure en deux temps suspension/suppression.

Il n’existerait donc aucun problème concernant la concervation des données (sauf avec le hacking inhérent sur le net) puisqu’également, et c’est un point sur lequel le directeur Europe de la politique publique de Facebook se devait d’insister devant nos députés français : à aucun moment Facebook ne transfère (pour le moment ?) les données des utilisateurs aux annonceurs.

Pour ce qui est de la fonction de Tag automatique des photos, Richard Allan s’est montré plutôt enthousiaste : cela permettrait plus facilement aux utilisateurs d’être au courant des photos publiées sur Facebook où ils apparaissent et de pouvoir les effacer si nécessaire…

Une ambiance plutôt détendue et optimiste donc, pour le n°1 mondial des sites communautaires, puisque la seule accusation grave portée par les députés semblait ne concerner que les désormais célèbres apéros Facebook, dont Richard Allan s’est défendu en assurant que désormais Facebook prévenait les autorités dès qu’un contenu devenait illégal et prônait ainsi la « paix des contenus » (peace of content)…

Il n’en fut pas de même pour l’audition de Google, qui nous a semblé beaucoup plus tendue ; certainement suite à la volonté affichée de certains représentants de notre gouvernement de taxer les revenus publicitaires du géant de l’Internet…

Devant les membres de la mission d’information, Yoram Elkaïm, directeur juridique « Southern and Eastern Europe, Middle East and Africa » de Google, a souligné qu’il existe déjà un cadre juridique, notamment en matière de vie privée, dans le monde numérique et qu’il est faux de penser qu’Internet est un far west. Mais si le socle existe, il a reconnu que des difficultés pouvaient émaner du fait que certaines problématiques du numérique pouvaient être traitées différemment selon les pays.

S’agissant de la question des droits d’auteur, notamment avec YouTube, les représentants de Google France ont appuyé une nouvelle technique de protection des contenus, Content ID, une solution gratuite proposée aux ayants droit afin de poser une emprunte sur les contenus et d’en définir les règles de distribution. Et, point intéressant, ils ont annoncé leur intention de développer un système de diffusion pour les œuvres orphelines.

Dans le domaine de la protection des données privées, Alexandra Laferrière et Olivier Esper, chargés des relations institutionnelles de Google France, ont rappelé que les règles de confidentialité sont accessibles sur la page d’accueil Google et qu’un tableau de bord (dashboard) permet de savoir aux utilisateurs ce que Google garde sur eux et le cas échéant de changer les paramètres (bon à savoir !)…

En matière de lutte contre la cybercriminalité, le groupe s’est déclaré plus enclin à l’établissement de chartes de bonnes conduites avec les entreprises. Les représentants de Google France ont ainsi cité en exemple les « Social Networking Principles » qui auraient permis d’éditer des principes de signalement de contenus « choquants » afin de les retirer au plus tôt. Ou bien encore, sa collaboration avec l’association La voix de l’enfant, qui aurait permis la mise en place de plusieurs initiatives pour sensibiliser et éduquer les jeunes dans les écoles, aux bonnes pratiques et conseils sur Internet.

Sur la question du filtrage, la position du géant du net en la matière demeure contrastée. Le fait que le filtrage soit effectif sur Google a cependant été confirmé. Partant de l’exemple du filtrage test « Safe Search », afin que les contenus pornographiques n’apparaissent pas dans les recherches, les représentants de Google France ont ensuite affirmé leur soutien à l’amendement du projet de loi dite Lopsi pour lutter contre la pedopornographie, qui permettrait de faire valider par le juge une liste noire des sites incriminés. Dans un tout autre domaine, ils ont alors souligné la fin du filtrage pour la Chine. Google serait ainsi capable de gérer différemment l’accès aux contenus selon l’origine des utilisateurs (sauf pour les apatrides VPN…) et n’effectuerait pas de blocage pour les pays où il n’est pas implanté… Et, pour rester fidèle à la politique de transparence et de bonnes pratiques affichée par Google, ses représentants ont déclaré que les utilisateurs pouvaient consulter une liste des sites filtrés et demander leur retrait le cas échéant.

A souligner le fait que ni Facebook, ni Google France, ne se sont prononcés sur la question de la net neutralité, sujet soulevé par l’un des deux rapporteurs de la mission, le député Patrick Bloche, qui a d’ailleurs déclaré que le sujet mériterait certainement une mission d’information propre à ce thème. Le rapport de cette mission d’information sur les opportunités et les risques que les TIC représentent pour la garantie des droits individuels, est attendu pour le printemps prochain. Affaire à suivre donc…

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http://fr.readwriteweb.com/2010/09/10/analyse/facebook-google-auditionns-hier-lassemble-je-taime-moi/feed/ 7
Offensive de charme de Google en France http://fr.readwriteweb.com/2010/09/10/entrevues/offensive-de-charme-de-google-en-france/ http://fr.readwriteweb.com/2010/09/10/entrevues/offensive-de-charme-de-google-en-france/#comments Fri, 10 Sep 2010 07:58:19 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=10145

eric_schmidtEnnemi désigné de la presse et de l’Etat, en France, rien ne symbolise mieux la capacité disruptive de l’Internet que Google aux yeux de l’ancienne économie au pouvoir en France.

C’est à Science Pô, là où sont formés les futurs politiciens et les futurs journalistes que s’est exprimé Eric Schmidt, le patron de Google, pour lancer une grande offensive diplomatique. Le lieu, on s’en doute, n’a pas été choisi par hasard.

A l’heure où les maisons de luxe Françaises voient leurs marques vendues comme de vulgaires ‘keywords’ et alors que l’Elysée et la rue de Valois en ont fait, juste après les ‘pirates’, le bouc émissaire d’un internet qu’il rejettent de toutes leurs forces, Google a choisi la voie du calme et de l’offensive diplomatique.

Entre une réception à l’Elysée et un diner avec un patron du luxe Français (que l’on devine être Bernard Arnaud), le patron de Google est venu s’adresser à l’élite de la jeunesse française et à la presse.

De la réception à l’Elysée, on ne saura pas grand chose, si ce n’est que l’entretien n’a pas porté sur les actions en cours de l’Etat Français à l’encontre de Google (que ce soit en ce qui concerne un éventuel abus de position dominante ou une supposée évasion fiscale, les deux principaux axes de l’attaque du gouvernement français vis à vis de Google).

On imagine cependant facilement la rencontre Elyséenne de Mars et de Vénus. Le patron de l’une des société les plus disruptives de la planète d’un coté, qui a redéfini l’économie numérique ces dix dernières années (emportant avec lui une large partie de l’économie tout court), et un président qui n’a ni ordinateur personnel, ni conseiller dédié au numérique de l’autre.

Si l’échange présidentiel s’est limité à l’annonce faite hier par Google de mettre en place dans l’année un centre de recherche de quelques dizaines d’ingénieurs et d’un mystérieux « centre culturel européen », le tout n’a pas pu durer plus d’un quart d’heure.

A science pô, Eric Schmidt aura sans doute eu plus de temps pour détailler son plan de bataille destiné à reconquérir le coeur des derniers français récalcitrants : créer des emplois, financer l’éducation (une approche très américaine), et faire de la France le centre de l’Europe culturelle selon Google.

Autre annonce, dans un pays où l’entreprenariat est particulièrement dévalorisé et l’échec un handicap social lourd, Google, à l’instar de Microsoft et plus récemment d’IBM, compte accompagner les startups avec un programme d’aide.

Une diplomatie de la main (mordue mais) tendue, faite de sang froid, et sans doute de patience et d’espoirs en des lendemains meilleurs.

Cela suffira-t-il pour calmer le pouvoir en France et le convaincre qu’il serait judicieux de ne pas se réfugier derrière la désignation d’un bouc émissaire numérique ? C’est loin d’être évident. Google a toutes les chances d’être, aux yeux et dans le discours de l’arrière garde Française, le Diable.

Ceci dit, Google a tout a fait les moyens de s’en contrefoutre. Son succès en France est considérable, qu’il s’agisse de son moteur de recherche ou de ses autres services, la France est un pays dans lequel ses parts de marché montrent très clairement une domination impertinente. S’il n’a pas su séduire ses élites, Google a sans conteste séduit le peuple.

Interrogé sur les velléités de l’Etat Français et des ayants droits de filtrer le réseau internet avec des technologies de Deep Packet Inspection, révélées par PCinpact la semaine dernière, le PDG de Google ainsi que les responsables de Google France ont dans un premier temps eu l’air surpris (nous étions bien à Paris et non à Téhéran), puis, réalisant que l’argument de la libre concurrence n’était dans le cas Français probablement pas adéquat, Eric Schmidt a lancé que la censure, dans une démocratie, était «une pente dangereuse».

Interrogé également sur les problématiques de vie privée, Schmidt a réaffirmé que selon Google, l’utilisateur devait être en mesure de contrôler avec qui il partageait ses informations, et que personne ne devait lui imposer ses choix. Revenant sur ses déclarations antérieures qui avaient fait les gros titres de la presse, il a incité les journalistes autour de lui à regarder non pas une phrase sortie de son contexte, mais le contexte lui même, qui effectivement, relativisait sérieusement ses propos. Quelques minutes avant que la conférence ne commence, un employé de Google me confiant que le grand patron, désormais, évitait les traits d’humour de peur que ses propos ne soient ainsi utilisés contre lui.

La prudence était en effet de mise, tant lors du discours d’Eric Schmidt que durant l’entrevue en petit comité avec la presse, on sent que Google marche sur des oeufs.

Dernier point amusant, lors d’un échange concernant la Google TV, où la presse lui demandait un commentaire sur les difficultés pour Google d’obtenir des accords avec les chaînes de télévision, Google a tenu à nuancer et relativiser ces difficultés, insistant sur le fait que toutes les chaînes n’étaient pas récalcitrantes et que Google s’efforçaient de leur démontrer comment les bénéfices de la Google TV pouvaient être partagés. La réponse, du journaliste qui l’interrogeait, qui consistait – avec une agressivité toute contenue – à lui rétorquer l’exemple de la presse d’information décimée par Google (quitte à simplifier à l’extrême), n’a reçu qu’une répartie embarrassée : «Television is different», «it’s entertainment».

Là dessus, dans un pays où la télévision est aussi (et avant tout ?) un instrument de pouvoir, il y a peu de chances que cela puisse convaincre. Reste que des rumeurs concernant un éventuel accord entre Free et Google pour le lancement de la Google TV sur la prochaine itération de la Freebox pourrait marquer la prochaine offensive de Google en France, et celle-ci sera probablement tout sauf diplomatique.

(photo CC-by de Jolie O’Dell)

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Imagera, l’annuaire visuel de photographes de mariage http://fr.readwriteweb.com/2010/08/27/entrevues/imagera/ http://fr.readwriteweb.com/2010/08/27/entrevues/imagera/#comments Fri, 27 Aug 2010 07:56:03 +0000 Xavier Vespa http://fr.readwriteweb.com/?p=9998

imagera_headerAfin de mieux introduire la problématique d’un site Web qui se lance sur le marché du mariage, j’ai fait appel à Matthieu Delgrange, fondateur d’Exclu-Mariage.com, un site de conseils et de prestataires pour organiser son mariage. En italique son introduction :

Il suffit de taper le mot « Mariage » dans un moteur de recherche pour se rendre compte que ce secteur a déjà intéressé de nombreux acteurs. Il faut dire que le CA du secteur du mariage en France est attractif: 275 000 mariages et pacs en 2009, 3 milliards d’euro de CA global, soit un budget moyen de 12K€ par mariage.

Tous les intervenants potentiels d’un mariage essaient donc de trouver leur place sur le Saint Graal de la visibilité en ligne, du traiteur au DJ, en passant par le photographe, la couturière ou le loueur de voitures anciennes ! A ces acteurs traditionnels, s’ajoutent des sites « boîtes à idées », des annuaires de prestataires et des sites conseil sur l’organisation de mariage. On trouve de tout, pour tous les goûts, et parfois sans grande valeur ajoutée. Il est donc indispensable de trouver le site efficace et professionnel qui va fournir les bons conseils et/ou prestataires.

Dans le domaine de la photographie de mariage, trouver son photographe est plus complexe qu’il n’y parait : même si de nombreux photographes proposent leurs services, comment savoir qui saura au mieux immortaliser le jour le plus romantique dans la vie d’un couple.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Imagera est une nouvelle startup a bien cerné ce besoin autour de la photographie de mariage et a décidé de lancer un nouveau site qui permet aux organisateurs de mariage de facilement trouver le photographe qui leur convient.

En arrivant sur Imagera.fr, il suffit aux utilisateurs de spécifier la date et le lieu du mariage pour se voir suggérer toute une liste de photographes de mariage disponible à la date ainsi qu’au lieu spécifié. Cette simplicité d’accès à une info bien ciblée fait indéniablement d’Imagera le site le plus rapide pour trouver un photographe de mariage. Ensuite, une page affichant les résultats de la requête propose une liste de photographes de mariage. Chaque professionnel sur le site a pris le temps de composer une page pro sur laquelle texte de présentation, catégorie, forfaits, tarifs, mais surtout book de photos ont été fournis. Ici encore, Imagera innove en offrant à une niche encore mal-exploitée un lieu d’expression professionnelle.

Imagera ne relève pas un défi technologique avec son annuaire pour photographes. Le tout a été bâti sur un CMS bien connu de tous, l’équipe n’a eu qu’à se concentrer sur le design et l’UX: Noir et rose pour une atmosphère intimiste, recherche simplifiée et géolocalisée au centre de l’expérience utilisateur, formes de contact, et surtout un slideshow au centre de chacune des pages pro qui permet aux visiteurs de découvrir l’univers visuel du photographe. Sexy et facile à naviguer, Imagera est business-ready.

Du côté business, parlons-en, Imagera a imaginé un système commercial dans lequel la startup touche 10% de chaque contrat généré sur Imagera.com. Comment peut-on garantir une totale honnêteté de la part des photographes? Imagera n’est pas qu’un simple annuaire: Le site permet aussi aux professionnels d’uploader les photos d’un mariage afin que tous les invités puissent venir passer leurs commandes de photos en ligne. Le photographe est libre de fixer ses propres tarifs, et Imagera s’occupe de toute la logistique, depuis la commande en ligne jusqu’à la livraison. Imagera parie que les photograhes joueront l’honnêteté pour pouvoir jouir de cette fonction de monétisation, ma foi bien prometteuse sur le papier.

Dans le fond, Imagera a toutes ses chances car, tout comme Meilleurcoiffeur.com, la startup compte bâtir l’annuaire 2.0 d’une niche encore mal exploitée sur le Web. Dans la forme, Imagera fait preuve d’originalité avec un modèle économique audacieux qui n’a plus qu’à faire ses preuves. Imagera m’a particulièrement séduit grâce au contenu de ses utilisateurs, des photos de mariage réalisées par des professionnels et imprégnées de fortes émotions romantiques, un type de contenu qui pourrait plaire à une cible bien plus large que celle des organisateurs de mariage.

En savoir plus sur Imagera.

RWW part à la ren contre de l’innovation française en par te na riat avec l’Opencoffee France. L’opencoffee orga nise des ren contre heb do ma daire sur paris (plus d’information sur leur site) pour les entre pre neurs des nou velles tech no lo gies. RWW sera pré sent une fois par mois pour réa li ser des entre tiens et vous faire par ta ger les projets français de cet écosystème.

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Il y a internet et internet : Orange dévoile sa stratégie http://fr.readwriteweb.com/2010/08/25/a-la-une/internet-internet-orange-dvoile-sa-stratgie/ http://fr.readwriteweb.com/2010/08/25/a-la-une/internet-internet-orange-dvoile-sa-stratgie/#comments Wed, 25 Aug 2010 06:35:36 +0000 un autre site web... http://fr.readwriteweb.com/?p=9959

lombard-forbesDans un podcast avec Steve Forbes réalisé en juin dernier, quelques mois après son remplacement à la tête de Orange par Stéphane Richard, Didier Lombard lève le voile sur l’évolution à venir du plus gros fournisseur d’accès à internet Français. Evolution du modèle économique d’Orange, position de l’opérateur vis à vis de la neutralité du net, et vision assez particulière de ce qu’est l’innovation, tout y passe, et sans retenue : Steve Forbes, fervent adversaire de la neutralité du net, a sur mettre l’ancien PDG de Orange en confiance.

Nous vous proposons aujourd’hui une traduction des seize premières minutes de cet interview, essentielles pour comprendre les motivations qui se trouvent derrière l’influence actuelle d’Orange dans les débats concernant la neutralité du net et les rapports qu’entretient l’opérateur historique avec le législateur français.

Forbes : Vous êtes dans un secteur qui a connu de profonds bouleversements, sur quoi les sociétés telle que la votre devrait-elle se concentrer : le transport de l’information, les contenus, les services, ou tout en même temps ?

Didier Lombard : Ce qui vient de se passer cette année est en quelque sorte une révolution, la croissance du trafic et du mobile est exponentielle, l’impact du réseau est énorme, et tous les modèles économiques doivent être révisés. Un grosse société de télécommunication telle que la notre doit trouver un nouveau modèle économique, qui s’appuiera sur notre réseau, c’est notre cœur de métier, et c’est au centre de tout, mais aussi dans les services, où nous devons aller sur le terrain de nos «amis» qui offrent des services – c’est important pour nous d’y être – nous devons également prendre soin de nos abonnés et de nos clients, ce qui veut dire améliorer la qualité du service, car avec toutes ces machines, bien souvent il se sentent perdus, et nous devons les aider à utiliser ces merveilleux services de façon efficace, et enfin, nous devons poursuivre notre croissance dans les pays émergents, y renforcer notre présence, et éviter d’être touchés par de futurs soubresauts économiques qui ne manqueront pas d’arriver.

Forbes : Cela veut-il dire qu’en France vous allez devoir amener la fibre chez les abonnés comme l’a fait Verizon aux Etats-Unis ?

Didier Lombard : Pour ce qui est du réseau, nous devons passer au FTTH mais également au LTE, la quatrième génération du mobile, parce qu’au bout du compte, le client ne saura pas d’ou vient l’information, ce qui sera important pour lui ce sera de recevoir l’information sur son écran, son mobile, ou quoi que ce soit, et c’est notre tâche d’acheminer cette information sans impacter son mode de vie.

Cette période intermédiaire où on lui demande d’être un ingénieur, et de comprendre ce qu’est un réseau filaire, un réseau mobile, d’entrer des codes et tout cela, est une période curieuse. Quand vous regardez d’autres secteurs, personne ne vous demande par exemple de savoir quoi que ce soit sur les machines qui fabriquent vos vêtements, par exemple. A l’avenir, nous devons éviter que les clients aient à faire avec cette complexité, ce qui veut dire que nous devons investir partout.

Forbes : Vous le savez, la fibre est couteuse et demande des investissements énormes, les acquisition demandent également des capitaux. Pour ce qui est de la législation, que ce soit ici aux Etats-Unis ou ailleurs, vous avez montré le besoin d’avoir une législation souple et évolutive, qui prend en compte le fait que les cycles de l’innovation se comptent en mois et non plus en décennies. Selon vous, avez vous une législation souple en France ?

Didier Lombard : (rires)

Forbes : Je crois connaitre la réponse, mais j’aimerais entendre la votre.

Didier Lombard : (rires) en fait, on ne peut répondre au sujet de la législation française indépendamment de la législation européenne. Je dois dire que ces dernières années, la législation américaine a été plus efficace pour stimuler l’investissement dans la fibre que la législation européenne.

Ce que je pense de ce problème, c’est que vous ne pouvez pas considérer le secteur des réseaux indépendamment, et que vous devez appréhender l’ensemble des activités touchées par l’industrie des télécoms, ce qui veut dire les contenus, les services, les réseaux et, bien sûr, les terminaux.

La législation que l’on doit faire passer doit fournir des revenus à tous les acteurs de ce modèle économique. Les fournisseurs de contenus doivent avoir des revenus, les services, bien sûr, les réseaux, et ainsi de suite. Ce n’est pas le cas pour l’instant. Si vous voulez justifier d’investissements colossaux sur les réseaux, c’est infaisable. Nous devons adapter la législation afin que chaque acteur paie pour sa consommation du réseau, ce qui implique des changements dans les modèles économiques, mais ce n’est pas si difficile, vous allez voir.

Forbes : Vous avez affirmé que sans exclusivité, pas d’innovation. Vous avez amené l’iPhone [sur le marché Français] et on vous a sanctionné pour cela, on vous a critiqué.

Didier Lombard : Nous avons été critiqué, mais nous avons été les seuls durant deux ans [à commercialiser l’iPhone] (rires) et l’image, vis à vis du public, c’est que l’innovation de l’iPhone a été apportée en France par Orange, ce qui reste l’essentiel. Pour l’instant, après AT&T, nous sommes les plus gros vendeurs d’iPhone au monde.

Mais vous avez raison, quand vous faites de l’innovation, vous devez obtenir des périodes d’exclusivités, pour obtenir un retour sur investissement sur vos innovations. C’est quelque chose qui est systématiquement contesté par le législateur, mais c’est une lutte continue. Pour ce qui concerne Orange, nous continuerons ainsi d’investir dans l’innovation – nous avons 18 laboratoires à travers le monde – afin de créer les produits du futur, parce que nous pensons que notre santé dépend de cela, c’est très important pour nous.

Forbes : pensez vous que le législateur réalise que vous avez besoin d’exclusivités, en tout cas sur une période de temps, afin que l’innovation puisse rapporter et que vous puissiez payer pour d’autres innovations.

Didier Lombard : Ce qui est important c’est que la cour de justice en France qui a mis fin à l’exclusivité avec Apple a reconnu qu’il était injuste que nous ne soyons pas rétribués pour cette innovation. A partir du moment où cela a été reconnu en plus haut lieu, je suis optimiste quant à l’avenir. Il est important que nous revenions à une situation normale.

Forbes : du coté du législateur, pensez vous qu’il sera plus réceptif à votre besoin de procéder à des acquisitions, au besoin de vous développer à l’étranger ?

Didier Lombard : (rires) Je pense que nous allons assister en Europe à beaucoup de concentrations dans le secteur, nous avons commencé l’an dernier en fusionnant nos activités avec Deutsche Telecom au Royaume Uni, nous avons tenté de faire de même en Suisse, mais malheureusement, le législateur local s’est opposé à cela, et nous devons trouver une autre façon de procéder en Suisse, et nous le ferons.

Mais sur le long terme, de nombreuses fusions et acquisitions, ou partenariats [exclusifs] auront lieu. Il est impossible d’avoir, sur un continent tel que le votre [les USA] deux énormes acteurs, et en Europe, une multitude d’acteurs qui se concentrent sur de petits marchés. Si nous voulons entrer dans la compétition mondiale, nous devons avoir des activités similaires et des forces comparables.

Cela arrivera, même si cela doit prendre du temps.

Forbes : Avez vous en France ce ‘mouvement’ qui cherche a imposer ce que l’on appelle la neutralité du net, qui consiste à ce que vous fournissiez le réseau et que ceux qui l’utilisent y accès gratuitement ou à un prix très bas ? [nde: une définition assez particulière]

Didier Lombard : (rires) Bien sûr, la question a été soulevée (rires) un peu en retard par rapport au débat qui a lieu aux Etat-Unis… Les discussion commencent, en Europe et en France. Il y a ce processus de consultation, et tout cela, qui est nécessaire ici.

Forbes : J’espérais que vous alliez m’annoncer que vous aviez tué la neutralité du net afin que je puisse me rendre à Washington et leur montrer que vous aviez pris la bonne décision !

Didier Lombard : (rires) Je ne le dirais pas de façon aussi agressive, mais cela revient au même, c’est bien la réalité.

Nous devons nous débarrasser de ce que nous appelons les offres illimitées, qui ont été pensées à l’époque où l’essentiel du trafic était représenté par la voix, les données n’occupaient alors qu’une petite partie des capacités du réseau. Aujourd’hui, c’est exactement l’inverse. La voix est un usage mineur du réseau, les données qui y transitent explosent.

Maintenant, il nous faut imposer de nouveaux tarifs, où chacun paie pour la quantité de données qu’il consomme. Nous devons changer le modèle économique. A partir de là, nous n’aurons plus besoin de neutralité du net, parce que chacun paiera pour la quantité de données qu’il recevra ou émettra.

Bien sûr la transition sera un peu difficile (rire) mais c’est une solution que nous mettons en avant. J’ai cru comprendre que dans votre pays, certaines organisations mettent en avant la même solution (rires) alors nous les soutiendrons…

Forbes : Les gros acteurs comme Google pensent qu’ils devraient avoir accès au réseau gratuitement ou pour un prix réduit, et ici nous faisons l’analogie avec la différence entre le service postal public par rapport à Fedex : vous voulez un service rapide, vous devez payer.

Didier Lombard : Le problème, c’est que quand l’internet a été établit, sur des lignes en cuivre, le réseau avait été amorti, et on pouvait imaginer qu’une partie des frais soit réduits, voir gratuits. Aujourd’hui, avec la nouvelle donne du trafic, nous devons mettre en place une nouvelle infrastructure réseau, et si vous voulez que les investissements soient réalisés, il faut que les tarifs suivent. Sans cela, comment convaincre nos actionnaires de réaliser ces investissements colossaux ? C’est impossible. C’est notre argument principal.

Forbes : Pensez vous que le législateur sera sensible au fait que vous devriez être en mesure d’avoir des exclusivités sur des contenus ? Vous avez été critiqué pour les exclusivités que vous avez négocié sur le mobile concernant le foot.

Didier Lombard : (rires) Chaque fois que vous détonnez sur un marché, il vous est fait beaucoup de reproches. Je ne suis pas sûr qu’à l’avenir, nous continuions avec ce type de deals, nous avions besoin de cette exclusivité pour lancer une chaîne de télévision sportive. Désormais, c’est fait, et nous pouvons changer notre façon de faire. Nous aurons probablement à l’avenir des partenariats avec d’autres acteurs pour acheminer leurs contenus de différentes façons, mais cette période intermédiaire a été utile pour créer les chaînes, désormais, nous pouvons procéder autrement.

Forbes : Pourrez vous à l’avenir continuer avec les offres triple plays où vous amenez tout en même temps sans que le gouvernement ou le législateur vous dise que ce n’est pas juste ?

Didier Lombard : Nous avons lancé récemment de nouvelles offres, de quadruple play, sur notre réseau, qui permettent aux clients de recevoir ce qu’ils veulent, et personne n’a protesté, parce que nos concurrents ont déjà fait de même. Nous avons dit au régulateur que nous nous contentions de suivre ce que la concurrence faisait.

Forbes : Expliquez nous ce que vous nous disiez auparavant : les clients choisissent désormais les services ?

Didier Lombard : Nous évoquions à l’instant l’explosion du trafic des données, mais il y a un autre changement fondamental. Le choix initial des clients par le passé était la compagnie de télécommunication, ensuite, ils découvraient que sur le réseau Orange, ils pouvaient avoir la télévision, et d’autres services. Désormais, la situation est inversée, le client commence par choisir un service, ou par acheter un terminal, un iPad par exemple, ou un téléphone Android, et il décide ensuite sur quel réseau le connecter. Le choix du réseau est secondaire par rapport au choix du service. Cela veut dire que nous devons être présent du coté des services si nous voulons garder une relation en direct avec le client, ce qui est essentiel. Notre atout principal, c’est notre relation avec les consommateurs.

Forbes : Quelles différences voyez vous entre le marché des télécoms aux Etats-Unis et en Europe ? Vous avez mentionné que la neutralité du net montre son visage hideux en France, nous l’avons depuis un moment… Voyez vous d’autres différences entre les deux continents ?

Didier Lombard : Cela dépend de la façon dont vous observez les choses. Dans l’immédiat, vous pouvez vois des différences en termes de législation, d’infrastructures des réseaux haut débit – le fait que vous avez ici beaucoup de gros acteurs du câble est une différence notable par rapport à la situation dans de nombreux pays européens – mais ce n’est qu’une vision à court terme.

A moyen terme, nous faisons face à exactement les même problèmes. Nous entrons dans une nouvelle ère pour l’internet, la transmission des données, des services, le multi écran, la télévision connectée, tout cela arrive très vite, et il existe de nombreuses similarités entre les deux marchés. Même s’il ne sont pas parfaitement alignés, ils restent très similaires.

Mais vous devez garder à l’esprit qu’il existe un troisième continent, l’Asie, qui fait des progrès chaque jour. Chaque mois ils raccordent 8 millions de nouveaux abonnées au mobile, et ils sont très malin quand il s’agit de développer de nouvelles technologies. Vous ne pouvez comparer les USA et l’Europe sans prendre en compte ce qu’il se passe en Chine. C’est la recette pour comprendre l’avenir.

(Photomontage réalisé avec les photos CC du World Affairs Council of Philadelphia et de Adam Tinworth)

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http://fr.readwriteweb.com/2010/08/25/a-la-une/internet-internet-orange-dvoile-sa-stratgie/feed/ 30
Al Franken : « la neutralité du net est l’équivalent contemporain du droit à la liberté d’expression » http://fr.readwriteweb.com/2010/08/23/a-la-une/al-franken-neutralite-du-net-droit-liberte-expression/ http://fr.readwriteweb.com/2010/08/23/a-la-une/al-franken-neutralite-du-net-droit-liberte-expression/#comments Mon, 23 Aug 2010 06:24:45 +0000 un autre site web... http://fr.readwriteweb.com/?p=9931

al-frankenAl Franken est un sénateur Démocrate du Minnesota. Il a été comédien, écrivain, humoriste et polémiste avant d’être un homme politique américain. Il est connu pour ses opinions progressistes le situant à la gauche (au sens américain) du Parti démocrate. Sa double casquette d’ancien créateur de contenu, très populaire aux Etats-Unis, et d’homme politique, lui donne un avis des plus intéressant sur les enjeux touchant aux contenus et à leur circulation sur internet. Aujourd’hui, il est l’un des plus ardents défenseurs de la neutralité du net.

Les arguments et les craintes avancées par Al Franken sont particulièrement intéressants, car le monde qu’il redoute, en réalité, est déjà plus ou moins une réalité chez nous, ce qui rend en France la défense de la neutralité du net d’autant plus critique à la préservation de la démocratie. Nous vous proposons un transcript d’un discours qu’il a prononcé la semaine dernière.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Je pense que la neutralité du net est l’équivalent contemporain du droit à la liberté d’expression, à moins que ce ne soit la liberté de culte, mais je pensais encore il y a peu de temps que cet enjeux était réglé.

Aujourd’hui, on peut accéder à un blog aussi rapidement qu’au Wall Street Journal, et s’il est bon, il peut recevoir autant de trafic qu’un groupe de presse. Mais si de grosses entreprises peuvent payer pour un accès plus rapide et prioritaire à l’internet, le blog n’a plus aucune chance, et les grosses entreprises savent que quand elle paient pour l’accès, elle gagnent.

Elles veulent un traitement privilégié sur internet , à l’image du traitement privilégié qu’elle reçoivent ailleurs.

Le directeur des technologies de Bell South a comparé internet à un billet d’avion, il dit : «je peux acheter un billet en première, en seconde ou en charter» et il pense qu’il devrait être de même sur internet pour les contenus.

Moi, je ne pense pas que nous devrions faire payer un ticket de première aux petites entreprises pour leur permettre de fournir un service en ligne, et je ne pense pas qu’il faille faire payer un billet de première aux blogueurs pour permettre aux gens d’avoir accès à leurs idées.

Comme beaucoup d’entre vous en ont entendu parler, il y a quelques semaines, Google et Verizon ont annoncé avoir développé une base législative destinée à protéger la neutralité du net. Ils ont écrit ce cadre afin qu’il ne s’applique pas au mobile. L’internet serait alors neutre à la maison, mais pas sur un réseau sans fil ou sur votre téléphone.

Ce n’est pas un drame, qui aurait l’idée d’utiliser internet sur un téléphone ?

Google et Verizon ont également rédigé leur proposition de façon à permettre aux fournisseurs d’accès de commercialiser un internet à deux vitesses, y compris sur l’internet qui n’est pas mobile, ils ont laissé la porte grande ouverte pour ce qu’ils appellent des «services gérés», et veulent que le régulateur n’ai pas son mot à dire à ce sujet. Tout fournisseur d’accès pourrait décider d’ouvrir un voie express pour internet réservée à certains contenus et certaines applications, et si l’autorité de régulation y trouvaient quelque chose à dire, la seule marge de manœuvre accordée par Google et Verizon est de lui autoriser à publier un rapport.

Mais il existe un enjeu bien plus sérieux.

Si le gouvernement n’agit pas, les entreprise le feront. Et contrairement aux agences gouvernementales qui ont une responsabilité légale quant à la protection des consommateurs, la seule chose qui importe aux entreprises, la seule chose à laquelle elles sont légalement tenues, c’est leur bilan comptable. C’est leur raison d’être.

Nous ne pouvons laisser les entreprises écrire les règles qu’elles sont censées suivre.

Si nous laissons cela se faire, ces règles seront écrites uniquement pour protéger les entreprises. Mais protéger et faire de l’internet un espace ouvert ne concerne pas seulement la mise en place d’une législation assurant la neutralité du net, c’est aussi s’assurer que l’internet ne devienne pas la propriété d’une poignée d’entreprises.

C’est pourquoi je pense qu’empêcher la concentration des média est l’un des grands chapitres de la lutte pour un internet libre et ouvert, et c’est pourquoi je suis opposé à la fusion entre NBC, Comcast et Universal.

Parce que quand la même entreprise contrôle les contenus et les tuyaux qui nous amène les contenus, nous avons un problème.

Si cette fusion est autorisée, nous avons un problème.

Comcast est le plus gros fournisseurs d’accès à internet de la nation, et le plus gros acteur de la télévision par câble. Ces entreprises contrôlent 35 réseaux de télévision, et si elles sont en mesure de faire payer pour un accès prioritaire, elles se contenteront de prendre de l’argent dans une poche pour le mettre dans l’autre.

Vous, par contre, vous êtes certains de payer, tout comme les autres producteurs de contenus.

Mais le problème ne se limite pas au droit à la concurrence, il s’étend à la liberté d’expression. Comme l’a dit Hugo Black, la liberté de publier est garantie par la constitution, mais la liberté de se réunir pour empêcher d’autres de le faire ne l’est pas.

Le juge Black a dit que si la liberté d’expression fait barrage à une chose, c’est bien de s’opposer à ce genre de fusion. Si cette fusion a lieu, NBC et Comcast auront un pouvoir sans précédent pour empêcher d’autres de publier leurs contenus. Cela sera un marché pauvre, et un lieu où les idées se feront rare pour tout le monde. [...]

Laissez moi vous faire part d’une expérience personnelle, certains d’entre vous savent qu’avant d’être sénateur, j’étais dans une toute autre branche d’activité. J’ai entre autre travaillé pour NBC, et j’ai adoré cela. A la fin des années 80, NBC, ABC et CBS voulaient se débarrasser de contraintes réglementaires qui empêchaient les réseaux hertzien de distribution de posséder des programmes, de façon à empêcher le favoritisme.

Les réseaux hertzien avançaient le fait que la concurrence de la télévision par câble était trop forte, et que ces règles les pénalisaient. Ils ont témoigné du fait qu’il ne feraient jamais le moindre favoritisme, qu’ils n’étaient intéressés que par la qualité.

Une fois la législation assouplie, il est soudain devenu évident que leur intérêt était de programmer leurs propres contenus plutôt que ceux des producteurs de contenus.

Alors NBC a été acheté par Disney, car Disney avait besoin de faire passer ses programmes à l’antenne, et CBS a été acheté par Viacom, c’est à dire la Paramount, parce que cette dernière devait faire passer ses programmes à l’antenne, NBC a fusionné avec Universal, et Fox… enfin… Fox…

Il n’a fallu que deux ans à NBC pour remplir 62% de ses grilles de programme avec ses propres programmes. Je l’ai vu se produire sous mes yeux, les producteurs indépendants sont passé de 50% des programmes à 2% des contenus diffusés sur la télévision hertzienne.

Si Comcast est autorisé à fusionner avec NBC, il ne faudra pas longtemps avant que Verizon ou AT&T annoncent qu’il leur faudrait racheter Disney, ABC ou CBS-Viacom.

Et vous vous retrouverez avec une poignée d’entreprises contrôlant une vaste part des programmes et des services d’accès à internet, et elles auront leurs main sur toute l’information à laquelle nous aurons accès. C’est très dangereux. Toutes ces entreprises auront intérêt à ne pas trop se concurrencer, et cela aussi est extrêmement dangereux.

photo d’ouverture : Al Franken lors de sa campagne électoral CC-by de aflcio
photo sur la page d’accueil CC-by de
cursedthing

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http://fr.readwriteweb.com/2010/08/23/a-la-une/al-franken-neutralite-du-net-droit-liberte-expression/feed/ 13
Startup Bootcamp, l’accélérateur de startups http://fr.readwriteweb.com/2010/08/19/entrevues/startup-bootcamp-lacclrateur-de-startups/ http://fr.readwriteweb.com/2010/08/19/entrevues/startup-bootcamp-lacclrateur-de-startups/#comments Thu, 19 Aug 2010 07:00:16 +0000 Alice Zagury http://fr.readwriteweb.com/?p=9881

Silicon Sentier a envoyé 2 filles de l’équipe, Alice & Nirina par courir l’Europe… et ses lieux enga­gés dans l’émergence d’une culture de l’innovation par “ceux qui font”, les citoyens, les startuppers, les super-doer-maker-inventeurs, les artistes, architectes et designers qui se rassemblent dans des espaces non identifiés. Cela fait déjà 2 semaine qu’elles voyagent. De leurs rencontres, elles tirent des films et des articles à partager. Focus sur Startup Bootcamp à Copenhague, un « accelerator » à la Techstars en Europe…!
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J’ai rencontré Alex Farcet par l’intermédiaire de Franck Nourygat, l’un des 3 permanents du Startup Weekend qui s’est tenu à La Cantine. De passage à Paris, il ne restait à Alex que 2 mois avant le lancement du petit frère européen de Techstars : Startup Bootcamp.

Comme Y Combinator ou Techstars, Startup Bootcamp est un accelerator, c’est-à-dire un programme intense de développement de 10 jeunes boites sélectionnées parmi des centaines, qui vont vivre ensemble pendant 3 mois, entourées de s meilleurs « mentors » -coachs et références en terme de « business sucess story », avec l’objectif de lever des fonds à la fin.

Cela fait 2 ans qu’Alex en rêve, 6 mois qu’il rassemble les pointures du business. Il s’est adressé aux fondateurs de TechStars, c’était pour lui un gage de légitimité dans une Europe dite frileuse : « J’ai envoyé un long mail à David Cohen de Techstars, deux mois plus tard, je recevais une réponse. Une longue liste détaillée du process pour y arriver ». Puis Alex a passé 6 jours en immersion dans l’accelerator américain avant de créer Startup Bootcamp, 1ère version franchisée de Techstars, en Europe.

Emballée par son idée, billets d’avion en poche, je débarque à Copenhague.

Nous y voila, lundi 16 Août 2010, dans les locaux du coworking space videnshuset, 10 startups ont rendez-vous avec Alex pour le Startup Bootcamp.

Beaucoup des personnes présentes ont quitté leur job pour l’aventure de l’entrepreneuriat, elles tiennent un pari risqué quand on sait que seules 10% d’entre elles survivront.

L’idée, voire le prototype son déjà en place, leur sélection parmi plus de 200 projets est un gage de qualité. Startupbootcamp va accélérer leur vie, vers le pire comme le meilleur. Au pire, elles échoueront à convaincre un investisseur, mais elles auront moins perdu de temps et d’argent que n’importe quelle autre startup isolée.
Il y a comme une ambiance de 1er jour de classe. Assez sages et réservés, les participants s’observent.

Très vite, Alex brise la glace, il parle vrai, il raconte son histoire et comment il en est arrivé là, il se livre à son auditoire comme un père à ses enfants, bien qu’il leur dise également : « je ne veux pas jouer la nounou, je ne veux pas être votre associé, je ne veux pas de bullshit non plus. La réussite de votre boite passe par la réussite du Startupbootcamp, vous êtes responsable du groupe entier ». La communauté est créée, une bienveillance s’installe et chacun pitch sa boite en 20 secondes, les critiques -constructives, fusent.

L’expression est importante, l’expérience des uns, la jeunesse des autres, tout se ressent dans le pitch. Un bon pitch n’assure en rien la solidité d’une startup mais c’est la clef qui ouvre à l’écoute, à l’intérêt des autres, c’est par le pitch qu’on accède au plus important : l’humain. C’est donc le 1er exercice à Startup Bootcamp. 24h plus tard, c’est devant 60 mentors que ça se passe! Tout va très vite, il n’y a que 3 mois.

La salle est pleine de serial-entrepreneurs, de Venture Capitalists, de coachs et gourous de la technologie…J’observe les participants. Comment se défendent-ils dans cette jungle? Pas mal du tout, les règles du jeu sont intégrées, chacun cherche celui qui deviendra son mentor, « let’s network ! » lance Alex.

Ils vont passer 3 mois à travailler dans les meilleures conditions : un programme accompagné et progressif en 3 temps, « shape, prototype, sell » ; à la clef, un rendez-vous avec plus de 100 investisseurs pour le grand décollage et enfin, +3.3500 euros par personne en poche contre 5 à 10% du capital.

Vous trouvez ça cher? Ces boites sont toutes jeunes, aujourd’hui, elles ne valent pas grand chose et cet argent, c’est déjà beaucoup, c’est ce qu’Alex appelle le get you going cash, juste ce qu’il faut pour n’avoir que son projet en tête. Au delà de l’aspect financier, elles vont surtout bénéficier d’un intense soutien de la part de successuful businessman, d’un accès à un réseau précieux et d’un coup de projecteur inespéré pour elles.

Money is good, smart money is better : l’argent ne fait pas tout, avoir des personnes de renom et d’expérience engagées dans son idée de boite pour l’emmener vers la prospérité, c’est ça la « smart money ».

Arrêtons de complexer face à la Silicon Valley et faisons avec nos différences, tel est le message d’Alex et la vision que nous partageons chez Silicon Sentier.

Comme il a pu l’écrire sur son blog, revenant sur les excuses que nous nous donnions pour justifier l’assoupissement européenne : « Avons-nous les talents ? Avons-nous les investisseurs ? Avons-nous le marché? et blablabla(…). Nous avons un marché fragmenté et polyglotte? Nous savons comment conquérir les marché internationaux depuis toujours ! Les talents ne sont pas concentrés sur un espace particulier ? Nous savons comment attirer et manager les profiles internationaux ! Nos Business Angels ne sont pas actifs? Nous serons meilleurs au boostrapping! « 

Je suis séduite à la fois par l’humilité avec laquelle le personnage porte ce projet lourd de responsabilités, mais également, j’ai l’intime conviction que notre rencontre n’est pas fortuite. Et si, plutôt que de monter un simple incubateur à la Bourse, Silicon Sentier devait créer un programme intense d’accélération?

Nous qui avons accueilli le 1er StartupWeekend français et en avons compris tous les bienfaits, nous qui avons monté ensuite le ArtGame Weekend duquel 9 applications dont 3 téléchargeables et jouables sont sorties, comment ne pas y avoir pensé plus tôt? Ces événements sont des beta d’accélérateurs : l’émulation par le groupe, le temps condensé, l’aide des mentors, le jury final, la médiatisation… Tout cela démultiplie les capacités de création. Mentors, manifestez-vous, ça va décoller à Paris également…!

Startup Bootcamp en images :

Cliquer ici pour voir la vidéo.

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http://fr.readwriteweb.com/2010/08/19/entrevues/startup-bootcamp-lacclrateur-de-startups/feed/ 3
ClubDeal: Promo d’un jour, promo pour toujours? http://fr.readwriteweb.com/2010/08/17/entrevues/clubdeal-promo-dun-jour-promo-toujours/ http://fr.readwriteweb.com/2010/08/17/entrevues/clubdeal-promo-dun-jour-promo-toujours/#comments Tue, 17 Aug 2010 09:00:18 +0000 Xavier Vespa http://fr.readwriteweb.com/?p=9428

clubdealEn finance, un « club deal » signifie que des investisseurs réunissent leurs actifs et réalisent une acquisition collectivement. L’avantage de cette pratique est qu’elle permet aux fonds privés de réaliser des achats hors de la portée d’un investisseur seul. Ce type d’action permet aussi à chaque investisseur de miser sur un gros canasson sans pour autant y mettre toute sa bourse et toute son énergie. Au fait, un club deal est un concept classique de cagnotte collective.

Sur le Web, ClubDeal est un tout nouveau site qui propose à ses utilisateurs de réunir leurs bourses dans le but de réaliser des achats vraiment exceptionnels. Le site fonctionne comme suit: Lorsqu’un visiteur arrive sur Clubdeal.fr, le site repère la localisation de ce dernier via son adresse IP, et lui suggère en page d’accueil le deal du jour. C’est donc la première composante de Clubdeal: Le site vous permet de trouver des bons plans dans votre ville. Cependant, le site se lance, et les offres ne concernent que Paris pour le moment.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Le deal du jour suggère tous les jours une nouvelle promo allant de 30 à 90% sur des produits de loisirs, de détente, de bien-être, des produits qui tapent tout particulièrement à l’oeil d’un CSP avec des plus derrière. Pour que la promo s’active, il faut que celle-ci trouve un nombre minimum d’acheteurs. Afin de booster un peu les ventes et débloquer la promotion, les utilisateurs peuvent se connecter directement à Twitter et Facebook, et inviter leurs réseaux à participer à la promo en cours.

Attention, si certaines promos peuvent laisser indifférent, d’autres sont extrêmement sexy et le nombre maximum d’acheteurs peut être atteint beaucoup trop vite. Pour se prémunir de la déception d’une bonne promo partie trop vite, ClubDeal propose à ses utilisateurs de s’inscrire à leur newsletter, un email envoyé quotidiennement et qui renseigne sur la promo du jour.

Du côté partenaires commerciaux, ClubDeal à l’air de faire les choses proprement: Avant de lancer une promo, ClubDeal rétribue l’équivalent de la moitié des revenus projetées à son partenaire, et la deuxième moitié une fois que la promo est finie. Pour devenir partenaire commercial de ClubDeal, il suffit de remplir la forme accessible à partir du site Web.

Dans la forme, ClubDeal est bien fait: Le design est propre et nous plonge directement sur la vente en cours; Le concept (une promo par jour) est simple et facile à comprendre pour tout type d’utilisateur du Web; Le modèle de rétention des utilisateurs est valide; Le modèle de développement viral aussi.

Cependant, et après y avoir prêté réflexion, je suis un peu sceptique sur le modèle économique ClubDeal. Voici quelques éléments clés que Nicolas Guyon, en charge du développement chez ClubDeal, nous a confiés et qui ne collent pas particulièrement avec les faits:

L’idée pour nous c’est de grossir assez rapidement, aujourd’hui on utilise les réseaux sociaux pour avoir nos membres, c’est nos réseaux de contacts personnels. C’est une dimension très importante dans notre modèle, car ces réseaux sociaux, on surfe dessus aujourd’hui, et ça nous permet de fédérer un grand nombre d’utilisateurs sur une offre en particulier.

Les promos ClubDeal sont rarement (re)tweetées. Il faut d’abord construire une communauté avant d’affirmer que l’on fédère un grand nombre d’utilisateurs.

il y a vraiment une effervescence sur le marché en ce moment, avec des modèles américains qui fonctionnent très bien, qui ont fait leurs preuves. Sur le marché français, il y a plusieurs acteurs, mais on essaie de se différencier en étant plus qualititatif, et en ayant un positionnement plus haut de gamme que nos concurrents.

Si l’on ne trouve pas beaucoup de contenu sur Twitter qui concerne ClubDeal, on apprend tout de même que ClubDeal s’est déjà retrouvé dans la situation embarassante de proposer la même promo que l’un de ses concurrents directs, le même jour et avec le même partenaire commercial, ce qui remet quelque peu en question le positionnement différenciant évoqué ci-dessus.

La manière de s’intégrer dans le Web, c’est aussi de développer des petits widgets, et permettre de faire du revenue-sharing avec des blogs très qualifiés, ou des sites de média… D’être un peu la partie marchande, ou le moyen de monétiser toute cette presse, tout cet écosystème de blogs.

Faire de la publicité, c’est risquer de diluer sa base d’utilisateurs. ClubDeal ne va probablement pas développer son propre réseau publicitaire (ou alors le sujet aurait dû être évoqué) et devra trouver un réseau publicitaire « haut-de-gamme », créneau sur lequel il est fort à parier que les marques « haut-de-gamme » sont déjà actives avec des budgets CPC défrayant toutes les chroniques. Quelle est donc la stratégie de ClubDeal face à cela?

D’un côté, la réalisation du site et du service est impec. De l’autre, je trouve que la startup prête beaucoup trop d’attention à la génération de mailings listes, et pas assez à la fiabilité économique (et technologique?) de son produit. ClubDeal n’en est qu’à ses premiers mois, se lance avec des idées et montre avec son site que la startup sait exécuter. Attendons donc de voir où ClubDeal compte nous mener.

En savoir plus sur ClubDeal.

RWW part à la ren­contre de l’innovation française en par­te­na­riat avec l’Opencoffee France. L’opencoffee orga­nise des ren­contre heb­do­ma­daire sur paris (plus d’information sur leur site) pour les entre­pre­neurs des nou­velles tech­no­lo­gies. RWW sera pré­sent une fois par mois pour réa­li­ser des entre­tiens et vous faire par­ta­ger les projets français de cet écosystème.

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http://fr.readwriteweb.com/2010/08/17/entrevues/clubdeal-promo-dun-jour-promo-toujours/feed/ 6
Christian Paul publie une proposition de loi sur la Neutralité du Net http://fr.readwriteweb.com/2010/08/17/entrevues/proposition-de-loi-sur-neutralit-du-net/ http://fr.readwriteweb.com/2010/08/17/entrevues/proposition-de-loi-sur-neutralit-du-net/#comments Tue, 17 Aug 2010 08:28:11 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=9826

christian-paulChristian Paul, l’auteur de cette proposition de loi, est député socialiste de la Nièvre depuis 1997. Il fait parti des rare députés (autant à droite à qu’à gauche) disposant de bonne connaissance sur le monde du numérique, et s’est distingué lors du passage de la loi Hadopi à l’Assemblée par son opposition féroce à la loi.

Sa proposition de loi fait beaucoup de bruit depuis hier soir, date à laquelle elle a été publiée (en creative commons, bien sûr). Nous avons reçu plusieurs coup de fils, venant de personnes impliquées dans les libertés numérique, aussi bien de gauche comme de droite, pour nous dire à quel point elle leur semblait juste et équilibré.

Nous vous proposons d’en prendre connaissance. Nous y reviendrons ultérieurement pour y apporter un commentaire.

Exposé des motifs

Outil de travail, moyen d’exercer sa citoyenneté, mode d’accès aux savoirs, aux biens culturels, et à leur production : Internet est devenu incontournable dans la vie quotidienne de la plupart des Français.
Son omniprésence, son « ubiquité » est la caractéristique la plus visible de l’Internet. Mais elle n’est cependant pas la plus originale. La force transformatrice du net est ailleurs.

Internet a été et est encore l’incubateur de nouvelles pratiques. En combinant un ensemble de biens privés en un bien commun devenu une infrastructure essentielle, Internet a généralisé une nouvelle manière de créer et vivre en société. Au-delà de la seule infrastructure, les nouveaux usages, souvent participatifs, interactifs, distinguent l’Internet des outils de communication traditionnels.

S’il soulève bon nombre de questions importantes, dont notamment celles de la protection de la vie privée ou encore de la rémunération des créateurs, Internet n’en reste pas moins une raison de croire encore aujourd’hui à la possibilité du progrès.
L’accès au net est désormais reconnu comme l’une des conditions d’exercice des libertés essentielles d’expression, d’information et de communication.

Son caractère ouvert et de « pair à pair » a permis la réussite des projets de jeunes entrepreneurs. De nouveaux auteurs ou interprètes se sont ainsi fait connaître. L’émergence de puissantes dynamiques, pas nécessairement commerciales, comme celle qui soutient l’ascension du logiciel libre est irréversible. La plupart des principaux acteurs – commerciaux ou non – de l’Internet d’aujourd’hui n’existaient pas il y a dix ans. D’autres, les opérateurs de télécommunications en particulier ou les géants de l’informatique recherchent là de nouveaux horizons.

Avec le temps, quelques leaders se sont dégagés dans les différents métiers de l’Internet, de l’édition à la fourniture de l’accès au « réseau des réseaux ». Loin de s’opposer au foisonnement précédemment décrits, ils en sont pour beaucoup issus et cohabitent, parfois fructueusement, avec les initiatives non-commerciales ou plus modestes.

Aujourd’hui, certains de ces acteurs sont tentés, par recherche d’un profit à court terme, de porter atteinte au caractère ouvert et égalitaire de l’Internet – de porter atteinte à sa neutralité, notamment en privilégiant tel ou tel type de communication ou certains contenus.

Quelles sont les menaces ?

Elles sont déjà une réalité dans « l’Internet mobile », où plusieurs opérateurs n’hésitent pas à multiplier les discriminations envers certains contenus, où les internautes sont restreints pour l’essentiel à de la consultation de services et où le choix du terminal support des abonnements « illimités » est déjà imposé. Elles résident aussi dans la tentation de proposer des abonnements restreints à certains services, en prétendant adresser ainsi les besoins spécifique d’une population ainsi en voie de relégation. Si l’on suit cette tendance, l’égalité d’accès à internet ne sera demain plus qu’un lointain souvenir. Une utopie des origines balayée par le marché…

La menace existe aussi du fait de la congestion des réseaux, annoncée depuis les débuts, jamais réellement constatée. Si des situations particulières, notamment dans le cas d’actes malveillants, peuvent appeler des mesures spécifiques, l’encombrement du réseau d’un opérateur ne saurait constituer pour ce dernier un blanc-seing à n’importe quel filtrage ou priorisation de contenu.

L’inquiétude des industries culturelles, en pleine mutation, peut elle aussi susciter la tentation de brider les échanges afin de faire perdurer des modèles économiques devenus obsolètes. La montée irrésistible des échanges hors marché et, plus largement, du gratuit appelle cependant l’invention de nouveaux modèles tirant partie de cette nouvelle abondance et associant les internautes à de nouveaux types d’expériences plutôt que l’illusion d’un rétablissement de la rareté par la force.

Elles sont enfin dans l’illusion sécuritaire de l’application automatique de la loi par les machines…

Nous sommes résolus à tout mettre en œuvre pour lutter contre les contenus et les comportements les plus odieux. Mais nous sommes également soucieux à la fois d’efficacité et de ne pas porter atteinte au passage aux droits des citoyens. Cette lutte passera, comme dans nos villes, par l’accroissement du nombre et des moyens des forces de police, la course sans fin aux armements technologiques ne contribuant, de l’avis des experts, qu’à rendre plus difficile la traque des criminels.

La neutralité de l’Internet doit être, en quelque sorte, similaire à celle du réseau électrique. Aujourd’hui, n’importe quel français est libre de choisir son fournisseur d’électricité, ainsi que les équipements de raccordement au réseau. Dans un passé pas si éloigné, les internautes choisissaient leur modem (modulateur / démodulateur) et ne se voyaient pas imposer l’installation de la « box » du fournisseur d’accès retenu et de son bouquet de services associés. Cette liberté de choix, qui sera à coup sûr féconde en nouvelles offres de services, doit être retrouvée.

L’internaute doit également retrouver ou conserver une totale liberté d’utilisation de sa connexion au réseau. Un fournisseur d’électricité ne se préoccupe pas de la marque ou du nombre d’appareils électroménagers installés chez un particulier, si ce n’est pour lui fournir (et facturer) la puissance adaptée. La même neutralité doit prévaloir dans le transport d’un autre type de signaux électriques : ceux des paquets de données convoyant les textes, images, musiques, vidéos ou tout autre type de contenu ou de services. Si la tarification forfaitaire, indépendante du volume de données réellement échangé, est un acquis sur lequel il ne faut pas revenir, il n’empêche pas une facturation différenciée en fonction du mode d’accès ou du débit. Il ne doit par ailleurs pas être permis d’imposer l’utilisation d’un type ou d’un nombre de terminal, ou de tout autre équipement.

Comme souvent sur l’Internet, sous un fin vernis de technicité, se cachent d’importants enjeux de société. En portant atteinte à la neutralité de l’Internet, les États qui céderaient à cette tentation feraient plusieurs pas vers la transformation de ce réseau en une vaste galerie marchande, gouvernée par les intérêts des plus gros « commerçants ». Dangereuse pour la société dans son ensemble, cette option serait également dangereuse pour la diversité culturelle, les acteurs commerciaux dominants de l’Internet étant pour beaucoup nés hors d’Europe. En préservant et renforçant la neutralité du net, en choisissant de donner les mêmes droits à tous, nous avons au contraire une opportunité historique de « faire société » en ligne.

Dans le monde numérique comme dans le monde physique, nous voulons construire une société solidaire, à laquelle chacun contribue, dans le respect mutuel, et où tous préparent collectivement l’avenir en privilégiant le long terme. C’est pourquoi la loi doit prévenir, et ne pas seulement tenter de réparer quand il est trop tard.

Nous ne sommes ni pour le laisser-faire, ni pour une fausse régulation en trompe-l’œil affirmant un principe en même temps qu’un droit universel à y déroger. Les pratiques acceptables en matière de gestion des réseaux doivent être rigoureusement encadrées par le régulateur. La simple information sur les limitations ne suffit par ailleurs pas : de quels droits effectifs jouirait un internaute confronté à des offres identiquement bridées ?

Le choix d’un Internet défini comme un réseau ouvert, neutre et décentralisé doit être aujourd’hui le nôtre. Il est indispensable que le principe de neutralité soit enfin clairement défini par la loi républicaine. C’est une véritable laïcité informationnelle, une neutralité de l’espace public où chacun est libre de venir avec ses pratiques numériques pour peu qu’il respecte les autres, qu’il nous faut bâtir.

Article 1

Le principe de neutralité doit être respecté par toute action ou décision ayant un impact sur l’organisation, la mise à disposition, l’usage commercial ou privé des réseaux numériques. Ce principe s’entend comme l’interdiction de discriminations liées aux contenus, aux tarifications, aux émetteurs ou aux destinataires des échanges numériques de données.

Article 2

Les personnes dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public en ligne ne peuvent restreindre ou interdire l’accès à un service que sur décision d’une autorité judiciaire indépendante. [1]

On entend par modalités techniques sur l’utilisation d’un accès à des services de communication au public en ligne , l’ensemble des normes et spécifications qu’un équipement doit respecter pour se connecter à un accès à des services de communication en ligne. [2]

Les personnes dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public en ligne mettent gratuitement à la disposition du public, en standard ouvert, les modalités techniques d’utilisations de leur service. [3]

L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes examine les modalités désignées à l’alinéa 3 de cet article. Elle peut ordonner à la personne dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public en ligne ayant publié ces modalités de les réviser dès lors qu’elles portent atteinte à l’interopérabilité et au libre choix du terminal de connexion. [4]

Les personnes dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public en ligne ne peuvent interdire ou appliquer des conditions tarifaires spécifiques à leurs abonnés qui connectent simultanément ou successivement différents équipements à un même accès à des services de communication au public en ligne. [5]

Les personnes dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public en ligne ne peuvent restreindre les capacités d’envoi et de réception de données de leurs abonnés que :

  • Avec l’accord explicite de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, dans un délai de 90 jours suivant leur demande
  • Sur décision d’une autorité judiciaire indépendante

Est puni d’une amende de 1.000.000 d’euros par infraction constatée le fait pour une personne dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public de ne pas satisfaire aux obligations définies au présent article.

Article 3

Les personnes dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public en ligne mettent gratuitement à la disposition du public, en un standard ouvert, les modalités techniques d’interconnexion de leur réseau de communication électronique.
Les modalités techniques d’interconnexion incluent notamment les débits, priorités et tout autres élément de nature à affecter les transmissions de données réalisées via cette interconnexion. [6]

Les personnes dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public en ligne ne peuvent transmettre prioritairement un flux de données que :

  • Dès lors que tous les flux de données du même type, quelque soit le protocole et autres modalités de transmission utilisées, bénéficient de la même priorité ;
  • Sur décision d’une autorité judiciaire indépendante. [7]

L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes examine les modalités désignées par cet article. Elle peut ordonner à la personne dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public en ligne ayant publié ces modalités de les réviser dès lors qu’elles portent atteinte au principe de neutralité défini à l’article 1er. [8]

Est puni d’une amende de 100000 d’euros par infraction constatée le fait pour une personne dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public de ne pas satisfaire aux obligations définies au présent article.

notes__________________

[1] Prohibition des mesures de filtrage du net sur décision d’une autorité administrative. En l’état, seule une autorité judiciaire saura organiser le débat contradictoire nécessaire avant de prendre une mesure aussi grave qu’un filtrage ou une suspension d’accès

[2] Sont visées ici les spécifications des logiciels et matériels permettant de se raccorder au « tuyau » mis à disposition de son abonné par un fournisseur d’accès. Ces spécifications devraient notamment indiquer comment se raccorder au réseau de communication électronique, qui permet d’accéder au web, d’envoyer des emails, etc., mais aussi comment recevoir les chaînes de télévision et accéder aux multiples services aujourd’hui inclus dans les offres dites « triple play ». Armé de ces spécifications, l’abonné, ou un tiers, peut ensuite utiliser les matériels ou logiciels de son choix.

[3] Pour être utile au plus grand nombre, les spécifications doivent être lisibles par tous, et donc écrites en un format ouvert, et accessibles gratuitement. Elles pourraient par exemple être mis en ligne par les opérateurs, et ainsi rendues accessibles pour un coût négligeable.

[4] L’ARCEP se voit confier le rôle d’analyser finement les spécifications et de faire remédier à toute atteinte à la neutralité.

[5] De plus en plus de fournisseurs d’accès Internet, et plus particulièrement ceux proposant des offres « mobiles », imposent des offres différenciées selon l’appareil accédant au réseau. Ainsi, certaines offres mobiles prévoient une utilisation « illimitée » de la connexion depuis le téléphone portable, mais prévoient une tarification différente et le plus souvent prohibitive pour une utilisation de cette même connexion par d’autres appareils, connectés au téléphone qui joue alors le rôle de modem.

[6] Obligation pour les FAI de fournir aux abonnés une information détaillée sur le fonctionnement de leur accès à l’Internet.

[7] Cet alinéa encadre les conditions dans lesquels une priorisation du trafic peut être acceptée. Il permet de définir une exception pour une classe de protocoles. Un exemple de telle classe regrouperait tous les protocoles de voix sur IP.

[8] L’ARCEP se voit confier ici une compétence large de gardien de la neutralité du réseau. Elle veillera notamment à ce que les classes de protocoles ne soient pas définies de manière à avantager une partie, notamment pour des raisons commerciales.

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http://fr.readwriteweb.com/2010/08/17/entrevues/proposition-de-loi-sur-neutralit-du-net/feed/ 15
Initiatives, croyances et cultures de hackers depuis Vienne, Budapest et Berlin http://fr.readwriteweb.com/2010/08/16/entrevues/initiatives-croyances-cultures-de-hackers-depuis-vienne-budapest-berlin/ http://fr.readwriteweb.com/2010/08/16/entrevues/initiatives-croyances-cultures-de-hackers-depuis-vienne-budapest-berlin/#comments Mon, 16 Aug 2010 06:48:47 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=9660

Silicon Sentier a envoyé 2 filles de l’équipe, Alice & Nirina parcourir l’Europe… et ses lieux engagés dans l’émergence d’une culture de l’innovation par “ceux qui font”, les citoyens, les startuppers, les super-doer-maker-inventeurs, les artistes, architectes et designers qui se rassemblent dans des espaces non identifiés. Cela fait déjà une semaine qu’elles voyagent. De leurs rencontres, elles tirent des films et des articles à partager. Focus sur les hackers, pirates et étudiants bidouilleurs ingénieux rencontrés.

logo-ygawIls sont programmeurs, étudiants en « computer science » ou en électronique, net artistes, designers, freelances ou jeunes entrepreneurs, employés dans des boites de sécurité informatique, professeurs de mathématiques…Tous ont en commun d’utiliser leur temps libre pour travailler sur des projets personnels avec passion. Appliquer le modèle de la collaboration initiée par le logiciel libre au monde réel, tel est leur quotidien.

Nous avons visité 3 hackerspaces, MetalabThe Hungarian Center for Knowledge et C-base, respectivement à Vienne, Budapest et Berlin.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Rencontre avec un hacker, un pirate parlementaire et un étudiant ingénieux en Hongrie
Latché SwingCC BY-NC-SA 2.0

D’un point de vue esthétique, Metalab et C-base vouent un culte à l’imagerie intersidérale…C-Base est un objet non identifié qui se serait crashé à Berlin, il y a de cela 12 ans. Le vaisseau spatial doit pouvoir redécoller un jour, c’est ce à quoi travaillent les geek-astronautes cachés dans chaque recoins. Une équipe de C-Base a répondu au concours lancé par Google visant à créer un robot qui puisse faire 500 mètres sur la lune et récolter des données…30 millions de dollars à la clef tout de même, les résultats seront rendus publics en décembre 2012.

D’un point de vue olfactif, ça pue l’homme, la vieille moquette et la clope. Il n’y a pas de femme – donc pas de ménage ? Il y a comme un côté vieil ado qui ne veut pas sortir de sa chambre en bazar. Cependant, on peut noter qu’à Métalab, les pièces détachées sont précieusement rangées dans leurs petites boites alignées. Les jouets sont des makerbots et laser cutter, la nourriture appartient au domaine public : si tu n’as pas mis de copyright dessus, elle peut être mangée par la communauté.

Plus sérieusement, d’un point de vue idéologique, quels sont leurs combats ?

Les influences tiennent d’abord du mouvement du Libre incarné par Richard Stallman pour les puristes, Lessing pour les autres, de la philosophie Punk pour le « Do it Yourself », les détournements de codes, les alternative au capitalisme.
Je ne suis ni experte, théoricienne ou chercheuse, d’autres le font mieux alors autant s’y référer. Un article dans Framasoft donne les résonances politiques des gourous de la culture Hacking, tirant vers le libertarianisme.

L’article analyse le site personnel d’Eric S. Raymond, l’un des programmeurs actifs du projet GNU, connu notamment pour La cathédrale et le bazar. Il y révèle un aspect de son œuvre : Armed and Dangerous, journal personnel où la star du hacking se montre féroce défenseur d’une liberté particulière : le port d’armes légal.
Les libertarians sont inclassables politiquement : « Le libéralisme libertarien semble échapper à la dichotomie politique classique gauche/droite de par ses thèses qui le situent à la fois à gauche au plan des libertés individuelles (dépénalisation des drogues, liberté d’expression, liberté d’immigration, liberté sexuelle, refus de la conscription…) et à droite au plan des libertés économiques (respect de la propriété privée, liberté d’entreprendre, libre-échange, réduction drastique de la fiscalité, rejet des politiques étatiques de redistribution…). » source : wikipedia.

Dans Internet Actu, Xavier De La Porte a écrit un article clair sur l’évolution des hackers, à partir des recherches de Steven Levy, auteur de Hackers, Heroes of the Computer Revolution. L’article synthétise la pensée de Levy sur l’évolution des Hackers.
3 catégories-types en ressortent :

  • “titans”, ceux qui ont réussi, désormais riches et puissants et célèbres : de Bill Gates à Mark Zuckerberg en passant par Paul Graham qui investit aujourd’hui dans les « startups de hackers ».
  • “idéalistes”, qui n’ont pas trahi l’idéal, mais d’une manière ou d’une autre, en souffrent : Richard Stallman, Richard Greenblatt.
  • “nouvelle génération”, des gens qui ne voient pas le business comme un ennemi, mais un moyen pour leurs idéaux et leurs innovations d’atteindre le plus large public possible.

Concrètement, de ce que j’ai pu comprendre, entendre et expérimenter lors de notre voyage à Hackland, la solution chimique de la culture hacker actuelle peut se distiller en quelques us et coutumes :

Just do it : Au Métalab, la règle est que personne ne doit dire : « on devrait faire comme ceci… » mais appliquer soi même les bonnes idées. C’est à la fois un droit et un devoir, la communauté met à dispositions des moyens, les membres s’intègrent par des projets. C’est ce qui fait que pas mal d’entre eux sont critiques vis-à-vis des « labs » où la pratique est devancée par la recherche conceptuelle, où le faire est moins présent et les projets par conséquents, assez peu testables, tangibles ou concrets. Venant de l’univers de la programmation informatique où chaque ligne de code écrite est testée puis améliorée, le fonctionnement itératif est un principe évident pour eux, applicable à tous types de projets. Ils ont l’habitude de répondre à des cas pratiques ou des clients qui veulent un produit finis, ils ont le sens du détail, du forkage et de la livraison: passage de la « proof of concept » au prototype duplicable.

Liberté de l’information : Les données appartiennent à tous, les codes sont partagés, c’est ainsi que la collaboration naît et est créatrice d’innovation. Une idée n’appartient à personne, elle est le fruit de plusieurs étapes de maturation qui ont mêlé différents groupes de personnes. La propriété intellectuelle et les brevets appartiennent à un monde archaïque où l’idée appartenait à celui qui la formulait. Aujourd’hui, non plus simplement l’idée mais sa création est enrichissante, parce qu’elle confère au groupe qui l’a produite, une légitimité et étend son échos, son réseau et sa bonne réputation. J’ai rencontré Amélia à Budapest, avec l’équipe du Hackespace de Stef, elle est membre du parti Pirate en Suède et élue au parlement européen. La Suède est le seul pays à avoir suffisamment voté pour le parti Pirate pour qu’il obtienne 2 sièges au parlement européen. Elle raconte que le parlement n’écoute que des arguments qui entrent dans son cadre : l’économie de marché. Ainsi, elle bénit le principe de libre concurrence qui contre les lois concernant le renforcement des brevets et de la propriété intellectuelle.

La non-sélection : Il n’y a pas de critères de sélection officiels pour être membre, excepté payer la mensualité (entre 15 et 20 euros au Métalab), et encore…Les hackerspaces se veulent ouverts, en opposition au système étatique jugé bureaucratique et injuste. C’est l’envie, la participation aux projets qui comptent, non le style vestimentaire, les diplômes, la classe sociale ou la couleur de peau. « Venez comme vous êtes » pour reprendre le slogan de MacDo.
L’initiative NetzNetz en Hongrie, est un exemple assez intéressant.
Afin d’offrir une répartition plus juste et plus démocratique, du budget que Budapest pouvait allouer à des initiatives sociales et artistiques, un groupe de jeunes gens a créé une plate-forme pour récolter les avis des membres de la communauté des nouveaux média, plus à même de juger de la pertinence d’une initiative ou non. C’est ainsi que le Métalab a pu se lancer, avec un budget de 30 000 euros.

Le rejet du pouvoir industriel et commercial : Aujourd’hui, si les nouveaux entrepreneurs peuvent venir des hackerspaces, que le système capitaliste est donc moins controversé, la virulence envers les grands groupes demeure. Critiqués pour leur incapacité à produire de l’innovation et à vampiriser celles des autres, voire pire, à chercher à empêcher le développement du logiciel libre, les grandes entreprises, comme l’état, sont tenus à l’écart. L’indépendance est une vertu fondamentale qu’il est très difficile de conserver. Stef, fondateur du Hungarian Center For Knowledge a passé plus de 6 ans au département R&D du groupe Siemens, « Je suis resté aussi longtemps car je n’aime pas les échecs, mais j’ai du me rendre à l’évidence que ce n’était pas dans ce cadre que l’innovation pourrait éclore. On courre après des mini changements appelés innovations : des changements dans les matériaux utilisés, plus cheap, moins chers, super. Ici on fait mieux sans tous leurs moyens. » Il donne des cours d’informatique à la faculté et certains des membres du Hackerspace sont d’anciens étudiants, comme Dnet qui a créé HackSens, un boitier qui permet de dire si un membre est présent ou non dans l’espace, ainsi renseigner à quelque visiteur de la page web que ce soit, si le Hackerspace est ouvert ou non.

L’auto suffisance comme garantie de l’indépendance : « Nous sommes indépendants. Tout ce qui est au hackerspace a été fabriqué par nous même, on fait de la bonne récupération. Tout l’immeuble est autogéré » explique Stef. Le Hungarian center est spécialement bien entouré, il y a un bar en plein air au RDC, avec concerts de jazz, des espaces de jeux, des ateliers de graffiti, de peinture… L’ambiance est très agréable et l’état du bâtiment, brut mais solide. « Si demain Stef venait à partir, nous pourrions très bien vivre sans lui » illustre Dnet, l’étudiant bidouilleur et ambitieux…!

Si ces communautés influencent autant notre société, c’est parce qu’ils renversent les principes de l’innovation traditionnelle.
Dans cette vidéo très claire, Charles Leadbeater explique comment des groupes de gens indépendants font les produits « cutting edge » de demain : avec passion et indépendance, juste pour eux.

Pour finir, je dirais que nous nous sommes senties chez nous dans ces hackerspace, ou presque. Par honnêteté intellectuelle, il est à rappeler qu’il n’y a ni femme, ni personne de couleur, mais une moyenne d’hommes occidentaux, geeks et barbus, entre 17 et 40 ans. L’ouverture signifie que la porte est ouverte si on veut bien la pousser. C’est bien là le paradoxe, si le combat idéologique derrière en vaut la chandelle, alors on peut dire que cela manque d’actions qui parlent à tous, qui disent aux jeunes :  » on est là, on sert à ça, si tu veux faire des trucs bien, viens nous voir ».

Retrouvez d’autres billets sur les aventures de Alice et Nirina sur YGAW!

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http://fr.readwriteweb.com/2010/08/16/entrevues/initiatives-croyances-cultures-de-hackers-depuis-vienne-budapest-berlin/feed/ 13
NKM corrige le tir de la Hadopi http://fr.readwriteweb.com/2010/08/05/entrevues/nkm-corrige-le-tir-hadopi/ http://fr.readwriteweb.com/2010/08/05/entrevues/nkm-corrige-le-tir-hadopi/#comments Thu, 05 Aug 2010 13:13:54 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=9515

Pas de vacances au secrétariat d’Etat à l’économie numérique. Dans une interview à BFM ce matin, NKM, visiblement agacée par la fermeture de Jiwa, s’est montrée particulièrement menaçante à l’égard des majors.

Son constat est sans appel :

«il y a un très gros problème actuellement d’asymétrie sur un marché, qui est un marché privé : celui de l’accès au catalogue. Ce sont des ‘gros’ qui détiennent la musique, et la négociation est très difficile avec les ‘petits’ diffuseurs que sont par exemple les web radios»

La conclusion de la secrétaire d’Etat tombe comme un couperet :

«il y a deux propositions dans le rapport Zelnik qui sont intéressantes et que je veux que l’on mette en place le plus vite possible, et ce n’est pas simple, c’est d’une part de donner le statut de radiodiffuseur aux webradio, qui leur permettra de bénéficier d’un certain nombre d’avantages et de facilités de gestion qu’ont les radios traditionnelles, et d’autre part, amener les détenteurs de droits à simplifier les négociations avec les petits diffuseurs, et éventuellement, s’il n’arrivent pas à la simplifier entre eux, les y obliger par la loi [...] ce que disait Zelnik, c’est qu’il faut que les ‘gros’ démontrent leur bonne volonté et arrivent d’eux même à fluidifier le marché, s’il n’y arrivent pas, il faudra que l’on revienne sur un projet de gestion collective»

Quand à savoir si NKM considère que les majors ont atteint cet objectif, c’est sans appel :

«l’idéal aurait été que les gros se mettent d’accord entre eux et fluidifient le marché d’eux même, il y en a qui jouent le jeu, et d’autres qui ne le jouent pas du tout»

Et pour la secrétaire d’Etat, c’est le ‘bon’ coté d’Hadopi qui a là l’occasion de montrer son visage :

«C’est le volet positif, c’est le coté incitatif : pour que la loi Hadopi trouve tout son sens, il faut qu’il y ai une offre légale de qualité en face qui soit vraiment attractive, et c’est vrai qu’aujourd’hui on peine à la développer, je n’hésite pas à le dire !»

Pour enfoncer le clou, NKM annonce l’échéance – même s’il convient de prendre toutes les dates autour d’Hadopi avec précaution, NKM n’a jusqu’ici jamais annoncé de son coté de dates fantaisistes, et à moins qu’elle sorte du gouvernement à la rentrée, ce qui ne manquerait pas de déclencher une guerre nucléaire entre le gouvernement et internet, tout laisse croire que le compte à rebours est enclenché.

«dans le rapport Zelnik, le calendrier, c’était fin décembre [2010], on laisse aux gros la possibilité de montrer leur bonne volonté jusqu’à fin décembre, et après on s’organise de façon plus contraignante».

Décryptage ?

Un temps entièrement aux mains des lobbies, la droite Française semble aujourd’hui profondément divisée sur les sujets du numérique. Même si le chef de l’Etat affiche toujours une fermeté inflexible et continue de suivre les exigences des lobbies de l’industrie de la Culture, la majorité parlementaire s’est récemment montré profondément divisée, au point de voir le chef du groupe UMP à l’Assemblée déclarer publiquement son erreur concernant la loi Hadopi et face au numérique en général.

C’est désormais dans les rangs mêmes du gouvernement que la fracture initié au sein de l’UMP, dont NKM est secrétaire générale adjointe, que des voix explicitement contraires aux positions des lobbies se font entendre.

Au sein même de la Hadopi, les deux positions se font face, et il n’est pas interdit de penser que la recherche d’une solution permettant l’installation d’un véritable marché de l’innovation en matière de musique en ligne soit désormais à l’ordre du jour.

Jiwa n’est pas mort pour rien et les deux années de lutte contre les positions ultra conservatrices des lobbies semblent enfin donner des résultats.

Il reste donc environ 4 mois aux majors pour négocier. Problème : avec qui ? Maintenant qu’ils ont décimé le paysage de la distribution en stream (on parle de Webradio, pas d’autre chose). Négocier avec Orange/Wormee/Deezer serait une farce qui ne ferait que faire exploser des tensions déjà extrêmes.

En étant un tantinet optimiste (ça m’arrive), je dirais que les adversaires de la Hadopi seront à la table des négociations, et que les lobbies en seront exclus, il va falloir que les majors déplacent leurs dirigeants et cessent de se faire représenter par ces lobbies qui gangrènent la démocratie Française.

Attendez-vous à être surpris à la rentrée.

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Pour Tim O’Reilly, améliorer le monde vaut bien un peu de vie privée http://fr.readwriteweb.com/2010/08/02/a-la-une/tim-oreilly-amliorer-monde-vaut-bien-peu-de-vie-prive/ http://fr.readwriteweb.com/2010/08/02/a-la-une/tim-oreilly-amliorer-monde-vaut-bien-peu-de-vie-prive/#comments Mon, 02 Aug 2010 07:33:21 +0000 Marshall Kirkpatrick http://fr.readwriteweb.com/?p=9194

tim-oreillyTim O’Reilly parlait récemment au Ministère états-unien de la santé (Department of Health and Human Services, DHS), à propos de ce qui pourrait être fait “si nous utilisions collectivement nos données de santé comme Google utilise le nombre de clics sur ses liens”. L’auditoire fut réservé.

Les grandes organisations ont beaucoup de considération en ce qui concerne la vie privée des utilisateurs. Tim O’Reilly -magnat de l’édition, grand organisateur d’événements et visionnaire respecté- pense pourtant qu’il est temps de revoir nos certitudes concernant les informations personnelles et leur utilisation.

“L’ancien modèle défendant la confidentialité des données personnelles ne prend en compte aucun bénéfice éventuel lié à son renoncement ; et pourtant, ces bénéfices se font cruellement attendre aujourd’hui. (…) Un exemple : Google maps sur mobile envoie votre position à un serveur tiers à chaque recherche que vous effectuez”.

La position de O’Reilly concernant la confidentialité est cruciale en ce moment où l’avenir de notre gestion de la vie privée est constamment débattu.

J’ai pu discuter avec O’Reilly cette semaine, juste avant que ne débute sa conférence majeure sur l’open source, OSCON. Nous avons parlé de beaucoup de choses, mais c’est notre discussion autour de la confidentialité des données privées qui fut mémorable. L’argument de O’Reilly en faveur du renoncement à une partie de cette confidentialité est à ce jour le plus convaincant qu’il m’ait été donné d’entendre.

O’Reilly avance que notre monde évolue tellement vite que nos lois et nos réflexes vieux de décennies mériteraient de rattraper le retard. En relâchant notre exigence en matière de confidentialité des données privées et en permettant l’exploitation de certaines d’entre elles délibérément, le bien commun serait gré d’une fantstique source de connaissance et ainsi d’innovation. A une époque où les menaces pointent de toute part, ce genre d’avancée collective est plus qu’attendu.

Quels sont les avantages ?

Quels services pourraient tirer parti du genre de données conservées par de grandes institutions, publiques ou non ? O’Reilly a proposé un exemple d’innovation permise par l’exploitation de données jusqu’alors en friche. Passur Aerospace est une société spécialisée dans l’analyse prédictive liée aux données du trafic aérien. “Les compagnies aériennes possédaient les données, mais les laissaient se perdre”.

“Ils ont alors mis en place leur propre réseau de stations radar. Ils vendent désormais des services de prédiction aux aéroports. Les vols Continental Airlines attardés vers New York sont passé de 25 par jour à zéro, grâce à des modèles complexes. Si nous étions pleinement entrés dans l’ère de l’open data, l’administration qu’est la FAA (Federal Aviation Administration) ne gaspillerait pas ses données et quelqu’un aurait trouvé plus rapidement et plus économiquement un système de prévision.

« Les données personnelles seront la base d’analyse et de construction qu’utiliseront beaucoup de développeurs dans le futur”, selon O’Reilly. »

“La technologie nous conduit à nous dévoiler de plus en plus. Je me réfère à Jeff Jonas en la matière. L’anonymat complet devient un mirage. Nous devrions désormais considérer les avantages à en tirer. La confidentialité des données de santé fournit un bon exemple. Il est vrai que certaines maladies restent taboues, mais notre besoin de confidentialité tient essentiellement à la crainte des compagnies d’assurance. Nous devons nous attaquer à la sélection omnisciente réalisée par les compagnies d’assurance, plutôt que de considérer les données de santé comme nuisibles en elles-mêmes. Elles sont porteuses de tellement de connaissances et d’avancées collectives”.

“La première chose à faire est de lister les domaines dans lesquels les personnes ont dévoilé une bonne partie de leur vie privée et n’en souffrent pas. La finance personnelle en fait partie : l’exploitation des données est acceptée lorsqu’il s’agit de disculpation de fraude fiscale”.

“Nous sommes au seuil d’une révolution technologique. Le secteur privé prend de l’avance sur le gouvernement états-unien : le travail collaboratif, l’information en temps réel, la réalité augmentée dont l’armée n’osait rêver il y a quelques années et le tout, gratuitement. Tout se résume à accéder instantanément, lorsque le besoin s’en fait sentir, à des montagnes de données via les nuages”

“Dans ce contexte, les consignes officielles paraissent désespérément dépassées. Je ne sais pas quelles devront être les prochaines mais je sais qu’elles seront différentes de celles d’il y a 10 ans et d’il y a 50 ans. Elles nécessitent une remise à plat. Nous devons nous demander quelles sont les problématiques qui nous concernent et comment les résoudre. Nous devons aussi nous faire au fait qu’il n’y aura pas de machine arrière possible”.

“Il est facile de dire que ce sont les utilisateurs qui auront le fin mot” écrivit O’Reilly en début d’année dans un post concernant la confidentialité sur Facebook, “mais les entrepreneurs, de Jobs à Zuckerberg, sont sensés faire découvrir aux utilisateurs ce qu’ils désireront, avant même qu’ils ne le sachent, quitte à parfois aller un cran trop loin avant de faire une légère machine arrière”.

La conférence en septembre de O’Reilly, Gov 2.o, tâchera de rassembler dirigeants privés (notamment de la finance) et dirigeants publics afin qu’ils aillent au delà de l’expérience acquise en exploitation des données.

O’Reilly et d’autres dirigeants privés ont mis en place l’association à but non lucratif Code for America dédiée à l’exploitation civique des données pour le bien commun.

Lorsque cela tourne mal

Je demandais à Tim ce que ce renoncement à la confidentialité pouvait représenter pour des moines birmans ou des étudiants contestataires iraniens, dont la sécurité et la capacité à manier les technologies dépendent de l’anonymat.

“Je n’ai pas de réponse toute faite à cela” dit-il.

“FlickR et Youtube ont conduit à des morts en ces pays ; il faut se rendre à l’évidence. Les gens doivent en être conscients et nous pourrions concevoir plus de programmes dédiés aux pays où l’anonymat est une obligation. Ce genre de cas où la vie est en jeu n’est ni conventionnel ni confortable. Il existe des projets en faveur de la confidentialité -comme Tor- et il est nécessaire de mettre en place des infrastructures de ce genre avant qu’il ne soit trop tard”.

Qu’il s’agisse d’innovation technologique ou de changement sociétal facilité par les technologies, O’Reilly y voit un trait commun : la condition humaine est sociale et nos technologies devraient nous aider à parer aux crises futures.

“Qu’il s’agisse d’open source, de données publiques ou de Web social, nous sommes en train de construire des mécanismes pour nous protéger, pour partager, pour perpétuer la notion de société. Nous construisons des institutions pour nous défendre. Le pire est à venir : le réchauffement climatique, l’épuisement du sol, les guerres, les épidémies. Tout ne sera pas rose. Tout ce que nous construisons nous aidera à mieux nous adapter, à mieux répondre aux adversités de manière collective. Comme le disait Harlan Ellison, ‘pourquoi sinon avoir fait tout ce chemin ? Pour se retrouver seul ?’ ”

“Nous faisons tout cela pour le faire ensemble, pour être ensemble, la société est un mécanisme de survie. Tout ce que nous faisons pour le bien collectif est en vue de faciliter la vie. Ce fut le slogan original du langage Perl : ‘rendre les choses simples plus faciles et les choses compliquées possibles’ ”

“Nous devons adopter cette stratégie en matière publique. En ce moment, nous rendons les choses simples compliquées et les choses compliquées impossibles”.

Un fossé culturel entre l’Europe et les Etats-Unis qui risque de poser problème [nde]

Alors que la position d’O'Reilly peut sembler choquante pour la plupart des lecteurs de l’édition francophone de RWW, il convient à ce stade de rappeler à ceux qui ne connaissent pas bien l’individu que c’est l’une des personnalités les plus respectés du web mondial. Ardent supporter d’Obama lors de la dernière campagne présidentielle, il s’est toujours prononcé en faveur de ce que nous nommons ici les libertés numérique, et le mettre dans le même panier que ceux qui, ici, font tout pour installer une société de surveillance, serait non seulement aller vite en besogne, mais surtout, ce serait passer totalement à coté de ce que ses propos peuvent nous apprendre.

Il existe un réel ‘cultural gap’, un fossé culturel révélé par internet, entre l’Europe en général et la France en particulier d’un coté, et les Etats-Unis de l’autre au sujet de la vie privée, lié d’une certaine façon à celui – tout aussi réel (et tout aussi révélé par internet) – concernant la liberté d’expression.

La vie privée n’est pas, aux Etats-Unis, une valeur suprême comme elle peut l’être chez nous. Faire des compromis en échange de quelque chose n’est pas, contrairement à ici, une hérésie. De la même façon, faire des compromis avec la liberté d’expression serait considéré comme un crime aux USA alors qu’ici, le fait qu’une représentante du peuple l’envisage ne soulève pas une foule en colère prête à la bruler sur la place publique, et il convient de rappeler que la liberté d’expression n’est pas, en France, un droit absolu, contrairement aux Etats Unis où elle constitue le premier amendement de la constitution.

Ce décalage culturel considérable se révèle, en terme d’adaptation culturelle aux nouvelles technologies qui sont appelées à changer le parcours de l’humanité de façon aussi radicale que l’alphabet en son temps, très favorable à la culture américaine (en terme de ‘cultural change management’, en quelque sorte). Il convient de lire les propos de Tim O’Reilly ainsi que les interrogations de Marshall Kirkpatrick, l’auteur de ce billet, à la lumière du fossé civilisationel encore insoupçonné qui sépare le vieux continent du nouveau monde.

La remarque de Tim O’Reilly concernant l’impératif de mise en œuvre de programmes garantissant la confidentialité dans les pays où elle est menacé est de notre point de vue (français) une preuve d’ouverture au monde importante, et un appel lancé à la communauté de l’internet qu’il convient de prendre à sa juste mesure.

A titre de full disclosure, enfin, il convient de signaler que Tim O’Reilly a eu un rôle majeur pour le lancement de ReadWriteWeb France, il nous a ouvert les portes de la Web 2.o expo de Berlin en 2008 et nous a offert tous les moyens à sa disposition pour lancer l’édition Française.

Le débat sur la vie privée est ouvert [aux USA]

La position de O’Reilly sur l’équilibre entre vie privée et innovation est certainement tentante, mais d’autres se sont exprimés sur ce sujet et parfois en faux : notre article « Facebook a tort, la vie privée n’a pas dit son dernier mot » en est un exemple, tout comme le discours de Danah Boyd au SxSW 2010, « Making Sense of Privacy and Publicity« .

D’habitude ce sont les marginaux qui ont payé au prix fort le renoncement à leur vie privée. Cela sera-t-il le cas encore une fois ?

Qu’en pensez-vous ? La confidentialité doit-elle être repensée par les innovateurs en faveur de l’amélioration de la société ? Ou est-il plus réaliste d’attendre des entreprises de nouvelles technologies de donner avant tout aux utilisateurs le contrôle de leur information ?

(texte traduit par Alexandre Cabanis, note de l’éditeur de Fabrice Epelboin,
photo CC-by de
Jaap Steinvoorte)

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Rencontre avec le Co-fondateur de Foursquare : Naveen Salvadurai http://fr.readwriteweb.com/2010/07/21/entrevues/rencontre-avec-cofondateur-de-foursquare-naveen-salvadurai/ http://fr.readwriteweb.com/2010/07/21/entrevues/rencontre-avec-cofondateur-de-foursquare-naveen-salvadurai/#comments Wed, 21 Jul 2010 09:24:02 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=9153

rfi-logoSimon decreuze et Ziad Maalouf de l’Atelier des médias-RFI sont nos invités aujourd’hui, ils nous font partager leur rencontre avec l’un des fondateurs de Foursquare, l’un des système de réseau social géolocalisé les plus en vue de nos jours. Moins connu du grand public et des technophiles que son comparse Dennis Crowley, Naveen Selvadurai, l’autre fondateur du jeu et réseau géolocalisé et mobile Foursquare était récemment de passage à Paris. Nous avons profité de sa présence pour parler avec lui de sa création et de ses ambitions.

Comment faire remonter le café « le départ » place St Michel à Paris dans les « trending places » de Foursquare ?

C’est très simple : il suffit d’y organiser un Foursquare Meetup et d’y inviter l’un des co-fondateurs de la star des applications mobiles géolocalisées, c’était le 22 juin 2010…(merci @Adrienne Jan )

Preuve que ce jeu en réseau est encore confidentiel en France, nous n’étions que 12 pour échanger avec Naveen Selvadurai, de passage à Paris pour les vacances. Le garçon est tout jeune (et déjà millionnaire ….) posé, intéressant, chaleureux. Il croit dur comme fer dans ce qu’il fait. Il aime marcher, découvrir, rencontrer. Au bout de quelques minutes, on se dit avec Simon Decreuze qu’il faut partager cette rencontre car les portraits de Naveen sont encore rares sur la toile (et plus encore sous-titrés en français). Avec l’aide de notre stagiaire Lucie et à force d’heures et de minutes volées ici et là nous avons réussi à achever cette vidéo (alors que notre métier est avant tout radiophonique ;-). Les spécialistes de Foursquare n’y apprendront rien de croustillant (à part peut-être vers la fin quand il parle des problèmes techniques et des stratégies mises en place pour y remédier;-) mais ils découvriront l’esprit et l’enthousiasme de l’un des fondateurs. Les moins savants apprécieront les explications simples de Naveen et comprendront mieux la coqueluche des applications mobiles.

Dans les jours qui ont suivi cette rencontre plusieurs infos importantes sont sorties sur Foursquare.

Foursquare lève 20 millions de dollars…(après des pourparlers pour un éventuel rachat par facebook ou Yahoo!) (30 juin)

Foursquare atteint les 2 millions d’utilisateurs (10 juillet)

Domino’s Pizza attribue une hausse de ses bénéfices (+29%) à Foursquare. (13 juillet)

Foursquare se rapproche des moteurs de recherche pour partager ses données (ou ici, ou ) (19 juillet)

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WordPress pourrait trainer en justice le developpeur du thème Thesis http://fr.readwriteweb.com/2010/07/19/a-la-une/wordpress-pourrait-trainer-en-justice-developpeur-du-thme-thesis/ http://fr.readwriteweb.com/2010/07/19/a-la-une/wordpress-pourrait-trainer-en-justice-developpeur-du-thme-thesis/#comments Mon, 19 Jul 2010 07:41:31 +0000 Chris Cameron http://fr.readwriteweb.com/?p=9143

Le débat fait rage au sein de la communauté open source ces derniers temps autour d’une affaire dont l’issu pourrait avoir de lourdes implication pour ce modèle de partage et de distribution dans le monde du logiciel. Matt Mullenweg, le fondateur de WordPress s’oppose à Chris Pearson, le créateur d’un thème et d’un framework plutôt populaire pour WordPress, qui a choisi de distribuer son produit commercialement sans utiliser une licence GPL – une méthode que Mullenweg dénonce comme contraire à la licence GPL de WordPress (disclosure : je connais Matt Mullenweg et je suis un fervent surporter de WordPress depuis le début).

Le conflit s’est envenimé au point que tout laisse à penser qu’il va se terminer devant les tribunaux, avec une interrogation pour l’ensemble de la communauté open source : quelles seraient les conséquences pour la communauté du logiciel libre ?

Au cœur du conflit se trouve la licence GPL qui protège WordPress, la licence la plus utilisée pour le logiciel libre qui impose la redistribution du code et son libre accès, et qui est censée s’appliquer quand un code tiers s’y imbrique. Mullenweg affirme que la licence GPL est la «loi» de WordPress car elle «protège le cœur de ses libertés».

Mullenweg a demandé au Software Freedom Law Center (SFLC) de clarifier la situation juridique des thèmes WordPress afin de savoir s’ils tombaient sous le coup de la licence GPL de WordPress ou non. L’analyse de la SFLC consiste à dire que si les fichiers PHP contenus dans un thème WordPress tombent sous le coup de la licence GPL de WordPress, ce n’est pas le cas des images et des fichiers CSS qui l’accompagnent. En d’autres termes, le moteur est protégé par la licence de WordPress, mais pas la carrosserie ni la peinture.

Pearson, le créateur de Thesis, un thème WordPress payant et un ‘framework’, protège son travail différemment afin d’en maitriser la distribution. Pearson pense, lui, que son thème ne devrait pas tomber sous le coup d’une licence GPL car «il est complètement séparé de WordPress», une affirmation à laquelle Mullenweg s’oppose vigoureusement.

Le conflit a atteint son paroxysme mercredi dernier quand Pearson et Mullenweg lors d’un podcast en live sur Mixergy avec Andrew Warner. Les deux parties ont présenté leurs arguments sans que le moindre rapprochement ne soit apparu possible.

«Pourquoi donc WordPress serait-il en position de décider de régner sur tout ce qui fonctionne avec lui ? Tout ce qu’il fait consiste à gérer le front et le backend et les accès à la base de donnée» dit Pearson. «Pourquoi devrait-il déterminer tout le reste, même si ce qu’un projet qui fonctionne avec WordPress va bien au delà du domaine de ce que fait WordPress lui même ?». De son coté, Mulenweg affirme que «Vous pouvez faire ce que vous voulez avec, mais tout ce qui est construit à partir d’un logiciel libre doit être libre, c’est le principe de base».

La communauté des développeurs est quelque peu divisée sur le sujet, mais il semble (pour peu que nous en ayons une vision complète) que la majorité se plie à l’avis de Mullenweg et de WordPress.

Malheureusement, un conflit ouvert tel que celui-ci est dommageable pour le monde du logiciel libre, et un procès – que Pearson souhaite de toute évidence voir arriver – serait encore plus dommageable.

Matt Mullenweg semble désormais acculé : il ne souhaite bien évidemment pas intenter de procès à un membre de la communauté WordPress, mais ne souhaite pas pour autant permettre à ce qu’il voit comme une violation de la licence GPL d’exister. Un procès serait un précédent qui ouvrirait la voie à de nombreux autre procès, qui pourraient avoir des conséquences dramatiques pour la communauté du logiciel libre. Au point où en est le conflit, il ne semble pas y avoir d’issue favorable à l’opposition entre les deux hommes.

Lors d’un précédent passage sur Paris, Matt Mullenweg, qui a toujours défendu une vision très pure de l’open source et qui avait fait à La Cantine lors d’un WordCamp une présentation mêlant idéaux politiques et logiciel libre, avait souligné, dans un entretien qu’il nous avait accordé, les limites de la licence GPL pour ce qui est de s’appliquer dans le domaine des services web, où il est possible de monétiser un service même si celui-ci est rendu possible grâce à un logiciel libre.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

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Cette faille dans la licence GPL est essentiellement due au fait qu’elle a été conçue avant l’arrivée des service en ligne, et elle a été corrigée par la dernière version de la licence GPL, mais dans le cas de figure qui oppose Thesis a WordPress, la situation est à la fois plus simple et plus dramatique : si un tribunal venait à donner raison à Thesis, les dégâts pour le logiciel libre seraient considérables.

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http://fr.readwriteweb.com/2010/07/19/a-la-une/wordpress-pourrait-trainer-en-justice-developpeur-du-thme-thesis/feed/ 37
MeilleurCoiffeur.com, l’annuaire 2.0 des coiffeurs français http://fr.readwriteweb.com/2010/07/12/entrevues/meilleurcoiffeurcom-lannuaire-20-des-coiffeurs-franais/ http://fr.readwriteweb.com/2010/07/12/entrevues/meilleurcoiffeurcom-lannuaire-20-des-coiffeurs-franais/#comments Mon, 12 Jul 2010 06:55:33 +0000 Xavier Vespa http://fr.readwriteweb.com/?p=9026

meilleurcoiffeur_headerLa montée de l’accés à l’information via les moteurs de recherche a été une bénédiction pour les portails spécialisés qui se retrouvent aujourd’hui leaders sur les pages de résultats des requêtes qu’ils ciblent. Ce positionnement naturel dans les moteurs de recherche peut ainsi se transformer en un tremplin inégalable pour commencer à monétiser le trafic ainsi généré.

Thibaut Le Pellec a bien intégré cette logique. « On voit bien aujourd’hui la tendance qu’il y a sur le ecommerce de désertion des grossses plateformes type Pixmania, Cdiscount, etc… pour des petits indépendents qui sont spécialisés sur une ligne de produits [...] Je pense que cette tendance va être là même sur le Web consultatif ».

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Thibaut Le Pellec est le fondateur du site MeilleurCoiffeur.com, un moteur de comparaison qui vous aide à trouver le meilleur coiffeur près de chez vous. A premier abord, l’idée peut sembler un brin banal. En creusant un peu plus, on se rend compte que MeilleurCoiffeur.com est un projet ambitieux qui peut s’avérer très porteur.

Thibaut Le Pellec s’intéresse aux moteurs de comparaison. iI a décidé de cibler le secteur de la coiffure, ayant remarqué que les clients de salons de coiffure développaient une relation toute particulière avec leurs coiffeurs, à qui ils confient la lourde tâche d’améliorer leur paraître. Le marché des coiffeurs est aussi largement sous-exploité, comme le prouve cette recherche Google « trouver un coiffeur ». Pour faire démarrer son site, Thibaut Le Pellec a d’abord fait l’achat d’une liste de 37 000 coiffeurs en France. Cette liste est venue peupler le site qui est donc parti sur une base de 37 000 pages contenant les informations de 37 000 professionnels d’un secteur spécifique, le tout parfaitement bien optimisé pour les moteurs de recherche (j’ai fait les tests, meilleurcoiffeur.com remonte extrêmement bien dans les moteurs de recherche :).

Une fois le visiteur attiré sur le site, il peut dans un premier temps s’inscrire via un rapide coup de Facebook Connect, ce qui lui permet d’ajouter son avis sur la page d’un prestataire, ou même de modifier des informations existantes: MeilleurCoiffeur.com est un site où les utilisateurs participent au savoir collectif du site, ainsi qu’à l’enrichissement de son contenu.

A l’heure actuelle, les coiffeurs n’ont pas de privilèges exclusifs sur leurs propres pages: pour le moment, ils ne peuvent accéder à un autre statut que celui d’utilisateur, ce qui pourrait devenir frustrant si un cas de mauvaise réputation venait à se déclarer sur le profil d’un coiffeur de MeilleurCoiffeur.com. C’est à ce niveau que Thibaut Le Pellec compte monétiser l’activité sur son site. En plus d’une forte visibilité sur le Web, MeilleurCoiffeur proposera dans l’avenir proche:

- en B2C: Les coiffeurs peuvent acheter de la pub sur le site, même principe que Adsense.
- en B2B: Les marques de soins capillaires pourront aussi faire du display sur le site.
- en Premium: Les coiffeurs pourront créer une fiche personnalisée sur leurs pages, ainsi qu’un espace d’expression personnelle (blog) pour que chaque professionnel puisse communiquer plus de manière plus approfondie sur MeilleurCoiffeur.com.

Le moteur de comparaison des coiffeurs n’est pas le premier dans le genre: Thibaut Le Pellec a déjà lancé deux sites de comparaisons qui marchent très bien: Kebab-frites.com, un comparateur de kebabs près de chez toi, et Bolderiz.org, un comparateur de restos japonais sur Paris. Si les noms manquent quelque peu d’homogénéité, le concept de chaque site est en béton, et l’exécution est irréprochable.

Et pour les coiffeurs qui aiment la compétition, MeilleurCoiffeur propose un classement des meilleurs coiffeurs selon les internautes français, le prolongement logique de la promesse tenue par l’URL-même du site…

En savoir plus surMeilleurCoiffeur.com.

RWW part à la ren­contre de l’innovation française en par­te­na­riat avec l’Opencoffee France. L’opencoffee orga­nise des ren­contre heb­do­ma­daire sur paris (plus d’information sur leur site) pour les entre­pre­neurs des nou­velles tech­no­lo­gies. RWW sera pré­sent une fois par mois pour réa­li­ser des entre­tiens et vous faire par­ta­ger les projets français de cet écosystème.

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http://fr.readwriteweb.com/2010/07/12/entrevues/meilleurcoiffeurcom-lannuaire-20-des-coiffeurs-franais/feed/ 7
La course aux armements : l’argument qui fait trembler Vivendi http://fr.readwriteweb.com/2010/07/08/a-la-une/aux-armements-largument-qui-fait-trembler-vivendi/ http://fr.readwriteweb.com/2010/07/08/a-la-une/aux-armements-largument-qui-fait-trembler-vivendi/#comments Thu, 08 Jul 2010 09:31:15 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=9017

Hier avait lieu à l’Assemblée Nationale une importante réunion sous la forme d’un groupe de travail intitulé «A quoi ressemble une loi 2.0 ?» et sous titrée «le législateur face aux enjeux du numérique».

La première impression est que l’attitude du législateur a changé. Même Jean François Copé qui a fait une apparition éclair, et qui prônait il y a encore six mois une régulation extrême de l’internet, a admit publiquement que son groupe avait fait une erreur avec Hadopi.

La réunion elle même était dirigée par ceux qui, au sein de l’UMP, ont toujours montré des réticences face à Hadopi : Hervé Mariton, Lionel Tardy et Laure de la Raudière (Patrice Martin Lalande, initialement prévu, s’était fait excuser). Il y avait bien Franck Riester parmi les députés conviés, mais le ton des débats l’a convaincu de s’éclipser après une demi heure de réunion où il était clair que les nombreux lobbyistes présents dans la salle n’auraient pas le fin mot de l’histoire [46:17 de la première vidéo].

Sur plus d’une centaine de participants à cet atelier, qui fait suite à la remise du rapport «ethique et numérique» par le groupe UMP à l’Assemblée Nationale [pdf], une demi douzaine de lobbyistes ont tenté non sans mal de faire valoir leur point de vue, souvent jugés extrêmes, y compris dans les rangs des officiels : responsabilisation des intermédiaires techniques, criminalisation du partage, taxation de Google… du coté des lobbys, on est visiblement passé à Acta et on a rangé Hadopi dans la catégorie des mauvais souvenirs.

Après plus de deux heures de réunion, et à force d’aligner les contre arguments, lobbyiste après lobbyiste, c’est finalement Vivendi qui – heure tardive oblige – a dévoilé son jeu lors de ce que l’on peut appeler un «incident de séance» où l’une des avocates du groupe, venu défendre les positions de Pascal Negre, m’a pris à parti suite à la réponse que j’avais formulé à une autre lobbyiste qui prônait la criminalisation du partage [12:04 de la troisième vidéo].

Ma réponse contenait sans doute, sans que je ne m’en soit rendu compte jusqu’ici, une clé dans la confrontation à venir. Face à un lobbyiste de l’industrie du cinéma, j’avançai le fait qu’à vouloir criminaliser les téléchargeurs et filtrer l’internet des contenus qu’ils jugeait illégaux (e.g. copyrightés), nous allions assister à une course aux armements : surveillance d’un coté, contre cryptage de l’autre, et que cette course posera un sérieux problème de sécurité nationale, les autorités n’étant de facto pas en mesure de décrypter quoi que ce soit devant des millions d’internautes cryptant tout et n’importe quoi. Cette course aux armement, ai-je souligné, ne peut être gagné que par le camp des geeks et des téléchargeurs (là dessus, les multiples attaques contre Hadopi, comme Seedfuck qui en a fait exploser le cout de fonctionnement, ont convaincu tout le monde).

Cette même course aux armements a fait l’objet d’alerte très sérieuses, lancées par la plupart des services de renseignements, prévenant les gouvernements des dangers à s’engager dans cette voie (la NSA et le MI5 ont laissé fuiter ces alertes, il ne fait aucun doute que les services de renseignement français en ont émis de similaires).

Terroristes, espions, trafiquants de drogue… ce type de criminels (quelque peu plus inquiétant qu’un gamin qui télécharge) allaient être les premiers bénéficiaires de tout cela, bénéficiant d’un gigantesque effet de foule et pouvant désormais crypter eux même leurs communications sans risquer d’apparaitre suspects au milieu d’une cohorte d’adolescents faisant de même pour télécharger le dernier Lady Gaga.

Ce point – la course aux armement – a déclenché une violente attaque à mon encontre de la part de Vivendi : j’avais de toutes évidence touché une corde sensible.

Il est étonnant de voir des lobbyistes abaisser avec autant de bêtises leurs cartes, la suite de l’échange fut poli mais… ferme, au point qu’Hervé Mariton, visiblement amusé par l’incident, et rebondissant sur la métaphore de la course aux armements, mit fin aux interjections en réclamant «la paix».

L’un des axes stratégique pour la conquête des libertés numériques semble désormais clair : Si vis pacem, para bellum.

update: l’intégrale des débats en vidéo

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Jiwok: laissez votre musique vous coacher http://fr.readwriteweb.com/2010/07/01/a-la-une/jiwok-laissez-votre-musique-vous-coacher/ http://fr.readwriteweb.com/2010/07/01/a-la-une/jiwok-laissez-votre-musique-vous-coacher/#comments Thu, 01 Jul 2010 07:00:19 +0000 Xavier Vespa http://fr.readwriteweb.com/?p=8954

jiwok-headerTout le monde a déjà vu l’annonce mangerbouger.fr sur la plupart des pubs de produits agro-alimentaires, mais qui a déjà pris le temps d’aller visiter le site? Au fait, on y trouve quelques conseils imprécis tels que: “ il vaut mieux bouger un peu chaque jour plutôt que de faire une heure de sport intense de temps en temps !”(1), ou encore: “Bien manger, ce n’est pas si compliqué : il s’agit en fait de privilégier la consommation de certaines catégories d’aliments et limiter celle de certaines autres.”(2) Difficile de faire plus vague que ça!

Le problème de fond, comme le précise Denis Dhekaier, c’est qu’ “ils (les annonceurs agro-alimentaires) ont tous le slogan manger-bouger: Ils proposent tous le manger, mais le bouger un peu moins.”

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Denis Dhekaier est le co-Fondateur de Jiwok, un service qui propose une solution originale pour aider ses utilisateurs à se dépenser: Un coach mp3. Le concept est relativement simple: On choisit son style musical (voir ses propres mp3), le type d’activité physique que l’on souhaite pratiquer, et Jiwok concocte notre programme d’entraînement: nos morceaux de musique remixé pour nous booster, doublé d’une voix de coach qui nous guide dans le déploiement de notre effort. Jiwok existe depuis 2007, le service connaissait 90 000 utilisateurs lorsqu’il était gratuit, et depuis son passage au payant fin 2009 (abonnement 7,95 euros/mois), le service a cumulé en quelques mois plus de 3 000 utilisateurs payant.

Afin de réellement mettre la musique au service de l’effort physique, Jiwok a rassemblé lors de la conception de son produit des musicologues et des entraineurs de haut niveau (les entraineurs de l’équipe française olympique du Triathlon, CREPS de Montpellier). Ces experts ont mis en place un dispositif expérimental s’échelonnant sur plusieurs mois, et visant à mesurer les effets de la musique sur les performances sportives. Jiwok est né des conclusions de cette étude.

Jiwok n’est pas un Adidas MiCoach ou un Nike + iPod. Les deux marques leader du sport cherchent effectivement à coacher les sportifs, mais en leur vendant du hardware, tels que des bracelets qui vous renseignent sur les changements physiologiques lors de votre effort, ou des capteurs dans votre semelle qui évaluent l’ampleur physique de votre effort.

Jiwok n’est pas un RunKeeper ou un JogTracker. Ces applications mobiles – et on en compte un sacré paquet aujourd’hui, dont Nike+ – vous proposent d’enregistrer vos déplacements lors d’efforts sportifs via GPS. Toutes les données géolocalisées sont enregistrées et l’utilisateur peut ainsi se self-coacher en analysant l’évolution de ses performances sur une période de temps donnée.

Cependant, Denis Dhekaier perçoit la diversité d’acteurs dans ce secteur comme une opportunité car toutes les applications mobiles qui existent autour du sport aujourd’hui sont de potentiels partenaires pour Jiwok. L’application Jiwok est elle-même disponible depuis peu sur le app market, et elle donne accès à des centaines de programmes d’entraînements musicaux.

En associant musique, sport, personnalisation et bien-être, Jiwok se construit une image de marque qui pourrait bien venir en aide à certaines marques d’agroalimentaires qui se dégonflent dès que l’on aborde le thème de “bouger”.

En savoir plus sur Jiwok.

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