ReadWriteWeb French edition » Usages http://fr.readwriteweb.com Libertés numériques, innovations disruptives, et trucs digitaux en tout genre Tue, 07 Feb 2012 23:21:47 +0000 en hourly 1 Ce que Facebook Places Signifie pour les PME http://fr.readwriteweb.com/2010/10/13/a-la-une/ce-facebook-places-signifie-les-pme/ http://fr.readwriteweb.com/2010/10/13/a-la-une/ce-facebook-places-signifie-les-pme/#comments Wed, 13 Oct 2010 08:11:52 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=10582

Facebook a fait sensation la semaine dernière, avec l’annonce officielle de Places, une nouvelle application de géolocalisation semblable à Foursquare et Gowalla.

Bien que la l’application soit encore en cours de déploiement, il est difficile de ne pas voir son énorme potentiel pour les petites entreprises.

Ce qui donne à Places une si grande importance, ce n’est pas tant la l’application elle-même (qui semble déployée en grande partie par des sociétés déjà existantes), mais plutôt le fait il s’agisse d’une initiative Facebook. Etant donné que les 500 millions d’utilisateurs ont automatiquement opté pour cette nouvelle fonctionnalité, il se pourrait que la géolocalisation devienne une des fonctions de base de Facebook.

Bouche à oreille et publicité payante pour votre entreprise

Si votre entreprise dispose d’un endroit dans le monde réel que vos clients peuvent visiter, Facebook Places deviens un nouveau canal de promotion par le bouche à oreilles, un canal très puissant. A chaque fois qu’un client jette un œil sur un établissement répertorié par l’application, tous ses amis en sont automatiquement renseignés. Sur Facebook, les réseaux personnels ont tendance à être plus important que sur les services de géolocalisation qui ont seulement pris leur essor l’année dernière. En supposant que la réaction des utilisateurs y soit favorable, il s’agit d’un le bouche-à-bouche à oreilles gratuit, d’une portée essentiellement locale.

Pour les entreprises qui sont prêtes à dépenser quelques dollars de plus pour gagner en visibilité, Places est directement intégrée à la plate-forme de publicité sociale de Facebook, de la même façon que Pages. Pour ceux qui n’ont pas prévu une campagne publicitaire sur Facebook, il est très facile d’acheter de la publicité « pay-per-click » (paiement par clique, ndlr) ciblées en fonction du sexe, de l’âge, des intérêts, de la situation amoureuse et, plus important dans ce cas, de la géographie. Le texte et les images de l’annonce sont entièrement personnalisables, et le titre peut pointer vers  votre « Places », votre « Pages », ou le site de votre l’entreprise.

Comment commencer

Si votre entreprise a déjà la fonctionnalité Places active, il suffit d’effectuer une recherche correspondante sur le moteur de recherche standard de Facebook pour l’afficher. Vous trouverez alors trouverez un lien en bas à gauche demandant: «Est-ce votre entreprise? » Cliquez sur le lien pour soumettre votre réclamation de propriété, et Facebook assurera le suivi par téléphone pour vérifier.

Si votre entreprise n’est pas encore sur Places, vous pourrez même le configurer depuis votre iPhone, Android ou Blackberry. Il suffit de lancer Places et de cliquer « Check In » puis sur « Add » ou « + » pour ajouter un nouvel emplacement.

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Contenus de marque et medias sociaux sur Internet : à nouveaux formats, nouveaux contenus http://fr.readwriteweb.com/2010/06/01/analyse/contenus-de-marque-brand-content-nouveaux-formats-nouveaux-contenus/ http://fr.readwriteweb.com/2010/06/01/analyse/contenus-de-marque-brand-content-nouveaux-formats-nouveaux-contenus/#comments Tue, 01 Jun 2010 07:05:19 +0000 Audrey Bartis http://fr.readwriteweb.com/?p=8696

« Le succès du cinéma est venu avec le développement des salles de cinéma » m’a dit récemment un jeune réalisateur américain de cinéma indépendant. Cette petite phrase au premier abord anodine a alimenté une réflexion en cours sur la façon dont on peut considérer l’évolution des médias sociaux sur Internet, notamment dans leurs rapports avec les contenus de marque.

Entre le moment où la technologie des frères Lumière a été mise au point et celui de son succès public, il a fallu, en effet, mettre au point les conditions de réception qui en ont fait un divertissement populaire : la salle de projection avec les sièges, la musique jouée en direct et toute la ritualisation du « spectacle » cinématographique. Progressivement, alors que la technologie de départ n’a pas fondamentalement évolué (mis à part l’ajout de nouvelles technologies sonores et visuelles comme le son synchronisé, le Dolby Surrond ou la 3D), les contenus créatifs (scénario, montage, réalisation) ont, eux, profondément muté pour s’adapter aux attentes des spectateurs et créer un véritable langage cinématographique. En résumé, c’est le « cadre » de la salle de cinéma qui a permis aux « contenus » cinématographiques d’évoluer, de rencontrer leur public et de transformer la technologie de départ en une culture mondiale, aujourd’hui pleinement mature et prospère.

Qu’en est-il du Web aujourd’hui ? Symétriquement l’inverse. L’énergie développée dans les avancées du Web s’est essentiellement concentrée sur la recherche de nouveaux outils, particulièrement ces dernières années. Que ce soit par l’application de nouvelles idées  ou par l’assemblage de fonctionnalités existantes (la culture des mash-ups), Internet a plus évolué à travers ses canaux et ses outils que par une recherche de contenus spécifiquement adaptés à ces derniers.

A l’époque de l’Internet « pré-social », ce sont les graphistes, les photographes et les maquettistes qui ont proposé des contenus appropriés à l’Internet de l’époque et qui les ont fait évoluer : création d’images en deux dimensions, puis trois dimensions, animations, principes d’ergonomie et de design Web, puis la création vidéo, c’est toute une génération qui s’est attelée à la tâche. Internet ne serait certainement pas ce qu’il est aujourd’hui sans eux, c’est-à-dire facile d’accès et surtout agréable à utiliser, à la fois universel et identitaire, ludique au quotidien, profond dans ses apports esthétiques et culturels. Une importante vague de créativité a donc déjà eu lieu dans l’histoire de l’Internet. Cette époque bénie d’enthousiasme dans la recherche de contenus et de formes spécifiques à ces nouveaux médias peut sans aucun doute se reproduire à l’ère du Web social afin de rattraper les efforts de conception déjà effectués dans les outils et les « contenants ».

Entre ces évolutions du Web « pré-social » et ce que l’on constate aujourd’hui dans les médias sociaux, la recherche de nouvelles formes de contenus a été freinée par une course obsessionnelle au nouveau gadget, chaque nouvelle trouvaille inventant un nouvel usage en chemin. C’est l’adoption (ou le rejet) de ces nouveaux usages qui effectue aujourd’hui une sélection naturelle au sein de ces outils. Parfois, certains prennent tellement d’importance dans la vie quotidienne qu’ils transforment les rapports à l’information ou à l’interaction de chacun, et ce à tel point que nous nous y conformons tous. C’est le cas de tous les « géants » du Web : Google (qui a transformé radicalement le rapport à l’information à travers la recherche), Twitter (en transformant le rapport des internautes à leur production de contenus, entre autres, par un nombre limité de caractères pour s’exprimer), Facebook (qui a profondément transformé le rapport des individus à la socialité, à l’identité et au partage de contenus personnels).

D’un côté, les contenants, les outils, les canaux…

Pour les individus les utilisant au quotidien, ces outils, pensés pour un usage gratuit et personnel, permettent une relative liberté d’appropriation, voire de détournement. Ils y centralisent et échangent à l’envi des contenus issus de l’ensemble du Web pour constituer un contenu éditorial personnel. La seule finalité de ces pratiques individuelles est globalement de publier des contenus comme des « objets sociaux » qui alimentent virtuellement des relations avec d’autres individus (même si le but de certaines de ces relations n’est pas toujours purement « gratuit », mais c’est un autre sujet).

Pour les marques qui n’ont aujourd’hui plus d’autre choix que de communiquer à travers ces médias sociaux, la situation est infiniment plus complexe puisque leurs finalités (se faire connaître, développer ou maintenir leur image, mettre en valeur leurs produits, gagner de nouveaux clients) y est radicalement différente.

Ainsi, on assiste à des tentatives plus ou moins réussies, mais pour le moment toujours expérimentales, d’utilisation de ces outils (ou nouveaux canaux de communication) par des marques qui ne savent réellement ni quoi y faire, ni ce que les internautes attendent d’eux dans ce contexte.

Le conseil spécialisé aujourd’hui apporté aux entreprises dans leur conquête du Web social se limite souvent à un constat effrayant (« vous n’y êtes pas, vous ne savez pas vous en servir, vous allez perdre votre audience ») ou à des gadgets marketing qui s’avèrent être assez dangereux s’ils sont utilisés avec abus (le buzz marketing, le tout-quantitatif, le tout-design). Les grands pouvoirs amènent de grandes responsabilités, comme disait Stan Lee. Cela semble avoir été oublié dans le monde du Web (il serait temps que SuperFacebook s’en souvienne !) et dans celui du conseil et de la communication sur Internet.

Une des responsabilités des experts du Web aujourd’hui serait de proposer des solutions concrètes et viables aux entreprises qui, je le rappelle encore, n’ont pas d’autre choix que d’insérer leurs marques dans ces outils sociaux. Le temps du joli site corporate vendu à prix d’or par des directeurs artistiques de talents, et offert au patron comme une « danseuse », a bien vécu. Les enjeux sont aujourd’hui considérables, voire vitaux, a fortiori dans une période de crise économique globale où la panique cède très souvent le pas à la réflexion stratégique en profondeur. Puisque les chefs d’entreprise tentent au quotidien de tenir la barre en pleine tempête, c’est aux gens qui pensent le Web de trouver les idées qui vont faire que le monde économique développé anarchiquement dans les médias sociaux, devienne mature.

Dans un précédent article, j’ai exposé les différentes problématiques qui s’offrent aux marques pour communiquer sur ces nouveaux canaux du Web social. Aujourd’hui il me paraît important de développer cette notion de contenus de marque spécifiques afin de proposer une amorce de solution pratique. Il paraît en effet impossible de rendre saine et viable la présence des marques dans ces canaux sans partir à la quête de contenus adaptés qui pourraient, en amont d’une stratégie globale, transformer la marque en média, et en aval, servir d’objet social et fédérer une communauté autour de la marque.

À travers cette recherche de nouveaux formats, optimisation des contenus et perfectionnement de l’usage des contenants devraient produire une dynamique pragmatique, économique, mais aussi culturelle (quelles nouvelles esthétiques, quelles nouvelles créations pour ces nouveaux formats ?) de la présence des marques dans les médias sociaux.

… De l’autre, les contenus : à la recherche de formats spécifiques

Pour le moment, l’observation de la présence des marques sur ces canaux permet de repérer deux approches : celle du placage de méthodes du marketing traditionnel, et celle d’un début d’ « éditorialisation » de la marque. Pour beaucoup de marques, il a semblé naturel d’utiliser les médias sociaux pour se « faire entendre » auprès d’un public acquis (fans sur Facebook, followers sur Twitter), sans pour autant maîtriser l’acquisition de nouveaux «auditeurs » et interlocuteurs. Dans une logique de stratégie de marque, cela pose problème, puisque c’est précisément l’acquisition de nouveaux publics qui reste au centre de la logique de développement des entreprises, le maintien de la relation avec une cible fidèle n’étant pas suffisant dans le temps.

Du point de vue des contenus, les recettes traditionnelles du marketing sont simplement adaptées à ces nouveaux outils, et on peut voir des marques utiliser Facebook ou Twitter plus comme un espace d’information (news, nouveaux produits, offres commerciales, soldes…) et moins comme un outil social à proprement parler. Les marques se contentent souvent d’adapter leurs contenus marketing à des outils qui ne sont pas conçus à cet effet. En utilisant les médias sociaux comme porte-voix ou prospectus, l’essentiel des marques passent complètement à côté du véritable potentiel de ces outils. Une promotion ou l’annonce du lancement d’un nouveau produit, publiés sans cohérence sur une page Facebook, ne constituent pas de base pour un dialogue avec une audience, ni des contenus suffisamment intéressants pour êtres partagés.

On peut de moins en moins rétorquer un manque de connaissance des outils, puisque leur utilisation personnelle quotidienne en permet une rapide compréhension. Après observation de leurs comportements sur le Web et un peu d’écoute de leurs retours, on se rend compte que le problème se situe ailleurs que dans la maîtrise d’outils qu’elles s’efforcent, malgré tout, de comprendre.

Pour d’autres entreprises, peut-être mieux conseillées, ou plus visionnaires, les médias sociaux sont devenus le lieu d’une éditorialisation de leurs marques, notamment à travers des réflexes d’utilisation et la production de contenus plus appropriés. Personnalisation et humanisation du dialogue (sensation de communiquer avec une « vraie » personne), début de cohérence des publications, réelles prises de position, certaines marques proposent quelques bonnes pratiques qui restent pour le moment très empiriques ou isolées, mais qui restent encore loin d’une stratégie à proprement parler.

On peut voir apparaître, ça et là, des tentatives de création de « micro-contenus », essentiellement sous forme de vidéos, issus de la tradition virale du marketing online. Sur ce point, il est important de rappeler que toutes les marques ne sont pas égales face à la création et à la production de contenus. Celles qui ont dans leur culture de communication, ou dans leur identité, l’habitude de créer des contenus qualitatifs, ou une facilité pour le storytelling, ont naturellement une longueur d’avance sur les autres. En effet, produire du contenu intéressant (informatif, ludique, artistique, humoristique, politique) et cohérent avec l’identité de la marque n’est pas chose naturelle ou aisée, notamment dans certains secteurs où la culture du marketing et les formats de la publicité classique ont remplacé depuis longtemps l’identité de la marque.

Dans les médias sociaux, les marques sont obligées de s’adapter à des cadres conçus pour des logiques et des comportements individuels. Afin d’amorcer le dialogue, elles doivent « personnifier » un discours longtemps resté monodirectionnel et hégémonique (« je suis la plus belle », « je suis la meilleure », « je suis la plus moderne », « achetez moi »). Une page Facebook, par exemple, propose aux marques et aux organisations diverses un cadre plus approprié que le profil, mais limite considérablement l’expérience sociale des utilisateurs. En individualisant son discours la marque change automatiquement de registre de communication en passant du « moi, je » au « vous et moi ». Afin de développer cette relation interpersonnelle, la marque propose des contenus qui peut la transformer en média, comme chaque individu devient son propre média à travers l’utilisation des outils sociaux (« je publie donc je suis »).

Finalement, le réel enjeu ne réside pas seulement dans le fait d’ « éditorialiser » une marque, mais de savoir quels contenus proposer pour faire de la marque un média cohérent, intéressant, vivant, au sein d’une stratégie globale de communication offline / online. J’avais déjà abordé cette problématique stratégique par ce que j’ai nommé un nécessaire « retour à la marque ». J’ajouterai aujourd’hui que cette stratégie devrait s’orienter à la fois sur les contenus de marque et la façon dont ces contenus peuvent constituer une stratégie éditoriale de marque.

Editorialisation de la marque et nouveaux formats à l’ère du Web social

Du point de vue des outils, on peut déjà constater une tendance à un certain nivellement des fonctionnalités des outils sociaux sur Internet. Par rapport à l’époque de l’avènement du « Web 2.0 » et notamment des blogs, le niveau d’interaction se réduit globalement au « j’aime » de Facebook. On a le choix très simpliste d’une appréciation ou de ne rien dire sur le contenu. En comparaison, les blogs offrent une infinité de possibilités de réactions plus qualitatives que quantitatives, l’implication de l’internaute y est bien plus importante mais finalement plus problématique, puisque réservée à une petite population créatrice de contenus ou souhaitant prendre la parole.

Moins impliquant, rapide et simple, le « j’aime » de Facebook se situe habilement ente le rating et le commentaire, avec une dimension déclarative forte (« moi, j’aime cela »). Avec ses nouveaux développements de normalisation sur le Web, Facebook va généraliser cette pratique de rassemblement déclaratif d’individus autour d’un objet qui devient, de fait, social. Les marques devraient donc bénéficier de cette fonctionnalité sur leurs propres sites, pour leurs messages et leurs produits, mais cela va-t-il leur permettre pour autant de mieux maîtriser le Web social ? Rien n’est moins sûr. Peut-être serait-il intéressant pour le moment d’apprendre aux marques à développer leur propre « langage » sur les média sociaux, notamment à travers leur éditorialisation, au cas par cas.

Pour le moment, c’est comme si on avait d’un côté les contenus (dans le meilleur des cas !), et de l’autre les contenants (les outils). Une manière de lier les deux serait, en amont, de mener une réflexion stratégique profonde sur l’identité de la marque et en aval d’aider les marques à la production de contenus spécifiques pour les articuler dans un discours identitaire et éditorial global.

Dans l’article sur les problématiques des marques face aux médias sociaux, j’avais déjà utilisé la marque Hermès comme exemple. Quand on analyse son approche du Web à travers la notion de contenus, il se dégage quelque chose d’intéressant et de révélateur. Le site de la marque Hermès se divise en deux parties, toutes deux accessibles par une première page « portail » : le site e-commerce d’un côté et le site plus orienté sur l’identité de la marque de l’autre. Il existe de nombreuses passerelles entre les deux parties du site, afin de faciliter l’acte spontané d’achat quand on découvre la marque, et l’éducation au produit quand on souhaite l’acheter.

Si l’on entre dans la partie du site orientée sur l’identité, on voit une mosaïque de contenus proposés par la marque autour de ses produits, son savoir-faire, ses news, etc. Hermès est le parfait exemple de ce que j’avançais plus haut sur une culture de marque naturellement dotée pour la production de contenus. Nous sommes invités à plonger dans la marque, comme le montre le petit bonhomme de l’animation d’ouverture. C’est un pays à découvrir, en amassant des connaissances, en jouant, en s’émerveillant, en se perdant. Cette partie du site d’Hermès présente un parfait exemple d’éditorialisation de marque. Les contenus sont produits en quantité importante, selon une ligne éditoriale qui est celle de l’identité (le temps, le voyage, la famille, la nature, la main humaine, …), des discours de la marque (la fantaisie, l’illustration, le conte, …), et de son interprétation des valeurs du luxe (la transmission, le rapport au temps, la qualité par le savoir-faire, la noblesse des matières,…).

À travers l’exploration de ces contenus variés, la marque propose une expérience Web enrichissante et réussie, mais une expérience fermée. Bien que du point de vue de la création et de l’éditorialisation globale de ses contenus, la marque Hermès ait une longueur d’avance et une leçon à donner aux autres marques, elle ne permet aucune interaction avec les visiteurs du site. Du moins peuvent-ils jouir de ces contenus très riches, mais aucune conversation n’est enclenchée à partir de ces contenus et ils ne peuvent pas les récupérer pour les proposer à leurs réseaux.

Dans un registre différent, certaines marques sont bien présentes dans les médias sociaux, mais ne produisent pas de contenus spécifiques, ou alors par à-coups : une vidéo par ci, un jeu-concours par là, mais aucune stratégie éditoriale ne semble se dégager pour autant. Celles qui s’en sortent le mieux et qui acquièrent le maximum d’audience (ou de fidélité) restent celles qui utilisent les médias sociaux pour mettre en valeur leur notion du service à la clientèle.

Il y a eu dans RWW un article fort intéressant sur cette notion de service mise en avant par KLM à travers les médias sociaux et tous les outils mobiles à sa disposition. De mon côté, j’ai pu constater cette tendance balbutiante chez d’autres marques qui ont aussi une problématique de service. Par exemple, les marques de cosmétiques peuvent proposer une approche intéressante du service puisque beaucoup de la décision d’achat dépend du conseil obtenu en boutique ou sur un corner de grand magasin. Bien que ce conseil ait été récemment supplanté par le bouche-à-oreille (particulièrement sur Internet), cette notion d’écoute et de réponse immédiate fait pleinement partie de la relation qu’entretiennent traditionnellement ces marques avec leur clientèle.

Comme KLM, toutes les marques devraient pouvoir être justement conseillées sur la manière d’éditorialiser leurs pratiques de service, voire sur la manière d’inventer une nouvelle pratique via les médias sociaux, notamment en se demandant « quels sont le ou les service(s) apportés par ma marque ? Quels services ma marque peut-elle proposer ? ». Afin de mener cette réflexion, il faudrait penser la notion de service sur Internet comme un contenu de marque à part entière, avec un format et des discours spécifiquement adaptés à ces contextes. Ce qui peut être intéressant dans la notion de service, pour n’importe quelle marque ayant des services clairement lisibles ou non, c’est que ce concept soit élargi et pensé en terme de « contrat de marque ». Les notions de « service » ou de « contrat de marque » dans les médias sociaux devraient  alors prendre des formes bien spécifiques et développer le langage des entreprises sur Internet.

Finalement, un autre danger pour les entreprises, serait de se plonger dans la piste du « brand content », comme ce fut le cas dernièrement avec le buzz-marketing, sans mener une réflexion stratégique en amont. Tous les contenus de marque ne conviennent pas aux problématiques ou stratégies de toutes les entreprises. Produire des « brand contents » au kilomètre n’aidera pas à maîtriser le sujet des médias sociaux, au même titre qu’un livre d’images ne permet pas de maîtriser une langue étrangère pour lire le journal, d’avoir une conversation enrichissante ou découvrir une culture.

Les contenus qui devraient aller dans ces canaux sont donc encore en gestation, voire à peine à l’état de rêverie, puisque la prise de conscience de ce besoin n’a pas encore eu lieu. Il faut rapidement pousser la réflexion des contenus, en laissant mûrir celle des outils, afin de laisser le temps aux acteurs économiques de trouver leur place dans cette révolution culturelle.

La marque comme média social et culturel

À travers ce questionnement de la production de contenus de marque spécifiques aux médias sociaux sur Internet, il s’agit aussi de la poursuite d’une tradition, celle de la production culturelle des marques à travers leur communication. À l’époque de la publicité reine, entre les années 50 et 90, les marques ont grandement participé à la culture contemporaine, notamment en employant des artistes et des créatifs de tous poils pour la conception de leurs contenus publicitaires et de leurs produits.

Aujourd’hui, les marques sont toujours de puissants vecteurs de production artistique et créative, voire de grands mécènes. Par exemple, une marque comme Absolut Vodka poursuit sa tradition de « mécène publicitaire », depuis les pages de magazines à Internet. On a pu voir récemment en ligne un site dédié à un film inédit de Spike Jonze, spécialement produit par la marque. On est ici en présence d’un « brand content » hautement qualitatif, à l’apport artistique indéniable, et très bien ciblé d’un point de vue générationnel. Cependant, l’expérience proposée par la marque est fermée, puisqu’elle oblige le visiteur à accéder au contenu en sortant des médias sociaux, à travers un site en Flash. Le film lui-même, qui est un court-métrage, ne permet pas sa diffusion virale, tant du point de vue de sa longueur que de son format (le film n’est pas publié sur YouTube, par exemple).

On voit bien que les marques sont toujours force de propositions et de prises de risque lorsqu’il s’agit de communiquer de manière créative sur Internet, mais qu’elles n’utilisent pas suffisamment les médias sociaux pour diffuser des contenus spécialement formatés pour ce contexte (micro-contenus, vidéos courtes, ouverture vers un dialogue, une adhésion ou une participation…). Malgré tout, la recherche se poursuit de manière empirique, comme le prouve l’arrivée d’un nouveau format de photographie de mode pour Internet : le « vidéo-shooting ». Il semblerait que la tendance du shooting vidéo soit aujourd’hui une réelle déferlante et que ce soient les marques, et non pas les magazines, qui en produisent le plus.

Au-delà du brand content et du Web marketing, il s’agit avant tout une d’une évolution culturelle entraînée par le besoin économique des marques à communiquer là où se trouve son audience. À plus d’un titre, il s’agit même plus d’une révolution que d’une évolution : dans la manière de la marque à communiquer (à émettre des signes, des messages), dans la manière d’interagir et de dialoguer avec ses prospects, ses consommateurs et bientôt, avec les autres marques, dans son rôle d’acteur culturel, en plus de celui d’acteur économique. Et puisque à l’ère du Web social on parle beaucoup de transparence, il est aussi important de noter que les évolutions des marques dans leur changement de culture digitale font déjà, et vont faire de plus en plus, l’objet d’observations, de critiques et d’analyses. Chaque avancée, chaque tentative se fait directement sous le regard des utilisateurs, des fans, des communautés qui ont pris pour habitude de prendre la parole. Ces métadiscours critiques deviendront, de plus en plus, une part importante de l’image de la marque. Les entreprises devraient prendre cette nouvelle conséquence en compte, mais cela est un autre sujet.

En produisant et en publiant des contenus en cohérence avec une stratégie éditoriale spécifique, les marques pourront devenir des médias sociaux qui feront le lien entre marketing, prise de parole, création et engagement (engagement de service, engagement humanitaire ou artistique). Comme dans beaucoup de cas, ce sont des acteurs économiques qui devraient pousser les médias sociaux vers un nouvel âge d’Or, celui des contenus de marque en particulier, et par extension, celui des contenus Web, en général.


Audrey Bartis est sémiologue, théoricienne de l’art et consultante en stratégie de marque. Elle est responsable de la stratégie identitaire et créative de marque pour Various Content. Sur RWWfr, elle publie des articles sur la communication des marques sur Internet et sur les arts numériques.

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L’e-administration en question dans les pays du sud http://fr.readwriteweb.com/2010/04/18/usages/eadministration-en-question-dans-les-pays-du-sud/ http://fr.readwriteweb.com/2010/04/18/usages/eadministration-en-question-dans-les-pays-du-sud/#comments Sun, 18 Apr 2010 12:47:59 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=8184

herve-djiaHervé Djia est étudiant en cycle Master 2 en Management des systèmes d’information. Ses motivations dans la vie comme dans ses écrits sont de « développer pour améliorer le quotidien de tous ».
Il s’intéresse a de multiples domaines et « essaye de les rendre tous intéressant ».

Nous sommes en 2010, et ça fait environ 16 ans qu’il est possible de surfer au Cameroun, 15 années durant lesquelles le taux de pénétration du web n’a cessé d’augmenter, certes pas à la vitesse espérée, mais suffisamment à mon avis pour voir apparaitre les services susceptible d’améliorer le quotidien des populations.

C’était l’occasion (d’ailleurs ça l’est toujours) pour les gouvernements de penser à utiliser ce moyen de communication fort pratique dans l’optique de simplification des démarches administratives. Je suis convaincu qu’il y a eu des initiatives dans ce sens, mais au final un « vide sidéral » demeure dans ce secteur, surtout au Cameroun.

Nous pouvons réfléchir à des moyens de mis en œuvre de ce type de service dans une sorte de « Labs » formé de spécialistes du service publique, des informaticiens et de quelques citoyens. Les résultats ne pourront qu’être bénéfique et seront un bon début de réponse à la pénibilités des démarches administratives que l’on rencontre au quotidien.

En France, une mission formée dans le but d’améliorer la relation numérique entre l’administration et les usagers vient de rendre son rapport. Il en ressort des mesures fort intéressantes qui pourrait être une bonne basse pour débuter des projets dans ce sens:

  • Mettre sur pied des plateformes Web simple et efficace mais pas plétorique ;
  • Permettre de reconnaître un site officiel et son contenu au premier coup d’œil ;
  • Pouvoir se connecter avec un même authentifiant à tous les services de l’administration (sous contrôle de l’usager) et proposer un support d’authentification et de signature électronique ;
  • Garantir un égal traitement et un service performant quel que soit le contact sollicité (téléphone, Internet, guichet) en mettant à disposition de l’usager et des agents d’un même organisme, un compte individuel de l’usager historisant ses échanges multicanal ;
  • Généraliser les fonctions de paiement dématérialisé et développer le recours aux factures électroniques ;
  • Proposer en ligne les 10 nouvelles démarches les plus attendues par type de profil usagers (particuliers, professionnels) ;
  • Développer des services proactifs tels qu’un calendrier des échéances, des alertes personnalisées par mail/SMS ;
  • Systématiser la possibilité pour l’usager de noter les sites Internet des administrations et rendre public les résultats ;
  • Créer une plateforme d’innovation de services permettant aux acteurs tiers de développer des services innovants à partir des données publiques ;
  • Créer une communauté d’entraide sur le modèle de « comment ça marche » pour et par les usagers.

Il est clair que tout ceci passe par une augmentation exponentielle du nombre de connecter, mais ça pourra se transformer en bon apat pour les récalcitrants du monde 2.0 ! Après tout, qui n’aimerais pas être prévenu de la disponibilité d’une pièce administrative par SMS ou mail ?

Faisons vite… ça urge !

Hervé Djia

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Quelques liens:

L’e-administration

Video sur L’e-administration

Government Strategy on the Action Plan for E-Administration – Romania (PDF)

(billet repris de DjiaThink! sous licence CC-by-nc)

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http://fr.readwriteweb.com/2010/04/18/usages/eadministration-en-question-dans-les-pays-du-sud/feed/ 0
State of the internet #video http://fr.readwriteweb.com/2010/04/10/usages/state-internet-vidoclip/ http://fr.readwriteweb.com/2010/04/10/usages/state-internet-vidoclip/#comments Sat, 10 Apr 2010 19:16:27 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=8050

Cliquer ici pour voir la vidéo.

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http://fr.readwriteweb.com/2010/04/10/usages/state-internet-vidoclip/feed/ 0
Comprendre l’adolescent multimedia http://fr.readwriteweb.com/2010/01/26/usages/comprendre-adolescent-multimedia/ http://fr.readwriteweb.com/2010/01/26/usages/comprendre-adolescent-multimedia/#comments Tue, 26 Jan 2010 07:53:40 +0000 Mike Melanson http://fr.readwriteweb.com/?p=7200

teen-multimedia Si vous avez passé un peu de temps aux coté d’un adolescent récemment, alors les derniers chiffres publiés sur l’accroissement considérable du temps qu’ils passent rivés devant un écran ne doivent pas vous surprendre.

Que ce soit pour chatter, tweeter, regarder YouTube sur un iPhone, surfer sur un réseau social comme MySpace ou Facebook ou faire dans le rétro et regarder la télévision, les adolescents passent de plus en plus de temps devant un écran.

Selon l’étude publiée la semaine dernière par la Kaiser Family Foundation, les jeunes âgés de 8 à 18 ans consacrent huit heures par jour à la consommation de média, et, à regarder cela de plus près, c’est probablement le chiffre le moins surprenant de l’étude.

Deux mille deux élèves de classes allant du CM1 à la terminale, âgés de 8 à 18 ans, ont été interrogés, et 700 d’entre eux ont rempli 7 jours de suite un questionnaire sous forme d’agenda de suivi du temps qu’ils ont consacré à l’usage de différents media.

Ces agenda révèlent un usage quotidien de 7h38 des média durant la période observée, ceci dit, du fait de l’usage fait en multitâche de différents média – chatter par sms en regardant la télévision, par exemple – le temps mis bout à bout atteint en réalité 10h45, compressé en 7h38.

Ces chiffres révèlent par ailleurs une forte augmentation depuis la dernière étude du même genre qui date de 2004 et qui mesurait une consommation inférieure de 2h15 à ce qu’elle est aujourd’hui.

kayserfamilyfoundation

Une forte augmentation de l’usage du mobile et des règles plutôt laxistes dans les foyers sont les deux explications mise en avant par l’étude pour expliquer l’évolution de ces chiffres sur ces six dernières années.

En forte augmentation depuis 2004, la possession de téléphone mobiles parmi les sondés est passé de 39% à 66%, alors que celle d’iPod et de lecteurs mp3 est passé de 18% à 76%. Seuls 3 adolescents sur 10 s’étaient vu imposer des règles concernant l’utilisation de leurs téléphones portables et leur lecteurs mp3. Avec la connexion de plus en plus fréquente des téléphones mobile à l’internet, leurs possesseurs rapportaient les utiliser plus pour leurs capacité à consommer des média que pour téléphoner.

Les adolescent passent plus de temps en une semaine devant (ou en interaction avec) un média qu’un salarié ne passe de temps au travail durant la même période, ce qui soulève bien des questions sur cette nouvelle génération, à commencer par celle de savoir comment la génération digitale se comportera quand elle entrera dans le monde du travail.

Au passage, si l’utilisation de Facebook et MySpace est considéré par l’étude comme une consommation de média, l’usage de SMS n’a pas, lui, été décompté de la sorte.

(Photo CC de danielfoster437)

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http://fr.readwriteweb.com/2010/01/26/usages/comprendre-adolescent-multimedia/feed/ 6
Le monde des technologies se mobilise pour Haïti http://fr.readwriteweb.com/2010/01/16/a-la-une/technologies-humanitaire-haiti/ http://fr.readwriteweb.com/2010/01/16/a-la-une/technologies-humanitaire-haiti/#comments Sat, 16 Jan 2010 10:45:34 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=7047

haiti La mobilisation pour aider les habitants de Haïti bat son plein et la technologie prend une part active.

Nous vous parlions hier d’EmergeSat, le dispositif conçu par les Casques Rouges, la fondation de Nicole Guedj, qui permet en très peu de temps de rétablir un réseau de communication sur une zone dévastée, et qui embarque une suite de logiciels collaboratifs destinés à faciliter l’intervention des travailleurs humanitaires sur place.

Aujourd’hui, samedi, aux Etats Unis, des milliers de hackers se réunissent au sein de CrisisCamp Hackaton, des barcamps réservés aux hackers.

Ces ‘non conférences’ sont gratuites, on ne demande aux participants que de donner de leur temps et de leur expertise pour créer des projets technologiques destinés a fournir des données, des informations, des cartes et une assistance technique aux ONG, aux forces d’intervention étrangères sur place et au public.

Les ‘Crisis Camp’, qui n’en sont pas à leur première édition, sont, ce samedi, exclusivement consacrés à la situation en Haïti.

Des Hackathons sont organisés dans la Silicon Valley, à Londres, a Washington, et à Denver. Les projets proposés jusqu’ici incluent des surcouches cartographiques de Port Au Prince, destinées aux humanitaires sur place, une technologie permettant de localiser les familles, un système de qualification des volontaires, un agrégateur d’informations…

L’humanitaire, une vieille tradition Française, est passée au numérique

En France, on n’est pas en reste dans l’utilisation des technologies au service de l’humanitaire. Les Casques Rouges on développé ces dernières années tout un ensemble de technologies précisément destinées à ce type de situation de catastrophe naturelle.

Outre EmergeSat, qui est probablement ce qu’il y a de plus impressionnant, la fondation Casque Rouge travaille en ce moment même sur le projet Missing 2.0, un moteur de recherche en cours de développement destiné à permettre à ceux qui ont perdu un proche lors d’une catastrophe naturelle de centraliser leur appels, plutôt que de voir ceux-ci dispersés et perdre en efficacité.

Un site, mêlant contenus éditoriaux et réseau social pour les volontaires, est également sur le point d’être lancé par les Casques Rouges. Il permettra à tous ceux qui veulent s’impliquer de le faire au mieux, de s’informer et d’interagir.

Techtoc.tv, face à la situation, a donné un coup d’accélérateur à un projet en cours de webTV dédiée à l’humanitaire, mêlant contenus audiovisuels co-conçus avec sa communauté, sur le même modèle collaboratif qui a fait le succès de Techtoc.tv.

Mais le plus symbolique des projets en cours reste sans doute Missing 2.0, un moteur de recherche de personnes disparues lors d’une catastrophe naturelle. Imaginé par les Casques Rouges, et développé avec Bearstech,  le projet bénéficie de l’aide de Google, et a connu un véritable coup d’accélérateur, l’an dernier, quand il a reçu une subvention du secrétariat d’Etat à l’Economie Numérique, suite à l’appel d’offre lancé par Nathalie Kosciusko-Morizet.

Le simple fait que ces trois acteurs, une entreprise innovante spécialisée dans le logiciel libre, un géant des moteurs de recherche, et le secrétariat d’état à l’économie numérique, représentatifs de trois mondes aujourd’hui en conflit dans le monde du numérique Français, ai pu se réunir pour travailler sur un tel projet, est à lui seul porteur d’espoir.

Si vous aussi vous pensez que les technologies peuvent aider le monde de l’Humanitaire à aider les hommes, vous pouvez faire un don à la Fondation Casques Rouge.

Pour terminer, et pour ceux d’entre vous qui parlent l’anglais, cet excellent podcast sur le sujet déniché par Marshall Kirkpatrick.
The World on Haiti and Google/China on Huffduffer

(image d’ouverture CC de La Croix Rouge Américaine qui, comme les Nations Unis, mettent à disposition de tous sur Flickr de larges collections d’images en Creative Commons consacrées à la catastrophe en Haïti)

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http://fr.readwriteweb.com/2010/01/16/a-la-une/technologies-humanitaire-haiti/feed/ 11
Les politiques jouent avec le feu sur Twitter http://fr.readwriteweb.com/2010/01/05/a-la-une/les-politiques-jouent-avec-feu-sur-twitter/ http://fr.readwriteweb.com/2010/01/05/a-la-une/les-politiques-jouent-avec-feu-sur-twitter/#comments Tue, 05 Jan 2010 16:46:16 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=6799

Même NKM, la politique Française qui maîtrise le mieux Twitter s’y est laissé prendre… Balancer les casseroles de ses concurrents en période électorale est devenu l’un des usages préférés des politiques sur Twitter. Oui, ces même politiques qui pestent contre la ‘rumeur’, impossible à faire taire sur un internet qu’il faudrait décidément réguler, sont en cette période pré-électorale, les plus grands fournisseurs et relais de rumeurs en tout genre.

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Régulation, régulation… sauf qu’internet se régule très bien tout seul, et que ces infos (non vérifiées, faut-il le rappeler), provoquent des réactions de désapprobation de la part des internautes.

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Avec NKM, après une tentative de philosophie sur la nature des nouveaux média…

c

d

…l’élégance reprend le dessus. Preuve absolue de sa maitrise des nouveaux média, elle fait amende honorable sur Twitter. Il faut dire – ce qu’elle souligne elle même – qu’elle y a été malmenée ces derniers temps. L’article de Bakchich, racontant les frasques éditoriales de son mari, intensément retweeté, n’a pu que lui taper sur les nerfs, et il n’est pas interdit de penser que le coup venait du camp adverse.

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Sa réaction est un exemple de community management. L’affaire s’arrête là. Une leçon de Twitter donné par celle qui a organisé les ateliers de l’élu 2.0.

Mais tout le monde n’a pas la classe de NKM. Au sein même de sa majorité, il existe de véritables petites frappes numériques qui se sont fait une spécialité de lancer des rumeurs à tout va sur Twitter… Témoin, Yves Jégo, qui – a-t-il suivi les ateliers de l’élu 2.0 ? – fait preuve d’un comportement pour le moins douteux, quelques heures plus tard…

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Vous l’aurez noté, avec NKM, la politesse dans les réactions à ses tweets – à l’exception de quelques trolls – est de rigueur. Avec Jégo, le petit monde de l’internet sera sans la moindre pitié (il faut dire qu’il a attaqué le premier).

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Lionel Jospin, reprochant à Yves Jégo d’avoir recopié un article entier sur son blog au plus grand mépris des droits d’auteur… Vous ne rêvez pas, enfin, si, un peu : Jégo a bel et bien piraté un article (on n’est plus a cela près à l’UMP), mais évidement, Jospin, lui, n’est pas sur Twitter.

Quiconque possédant deux sous de culture politique n’imaginerait d’ailleur pas un instant Jospin s’exprimer de la sorte… Le compte de Jospin est un fake, comme il en existe beaucoup, pas du tout destiné à tromper qui que ce soit, mais plus à faire, sur Twitter, une forme d’entertainment politique (il existe également un Georges Marchais, preuve que Twitter est utilisé au paradis, en enfer, et sur l’île de Ré).

Mais Yves Jégo, lui, fonce tête baissés dans le panneau :

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La morale de cette histoire

Les rumeurs et les ‘dossiers’, qui sortent la plupart du temps à la veille d’élections, ont de tout temps été la règle dans le milieu politique, mais les règles du jeu ont changé, ou plutôt les joueurs, et le prix à payer s’annonce terrible.

Mazarine était, en sont temps, un secret de polichinelle. Tous les journalistes politiques étaient au courant, personne ne l’ouvrait. De nos jours, les choses ont quelque peu évolué. Il existe une multitude de rumeurs du même type, qui s’échangent lors de diners en ville, à propos d’une multitude d’hommes et de femmes politiques. De la mallette de billets aux histoires de fesses en passant par les comptes en Suisse, au final, rien de nouveau sous le soleil.

Mais parmi les polichinelles à partager les histoires sales de la République, se trouvent de plus en plus de blogeurs (influents ou pas), de spécialistes de l’internet, et contrairement aux journalistes, ceux-ci n’ont nul besoin d’une publication pour lancer des rumeurs.

Les régionales ne sont pas un enjeu pour le monde de l’internet, humilié par Hadopi, et qui s’apprête à se prendre Loppsi dans les gencives. Le véritable enjeux est ailleurs, il se situe… en 2012.

Au vu des comportements étalés par les politiques de tous bords (il n’y a pas qu’à l’UMP que l’on se lâche), il ne fait désormais aucun doute que tout ce linge sale se trouvera étalé sur internet à la veille des présidentielles. La Ligue Odébi avait pourtant prévenu, mais personne ne semble l’avoir pris au sérieux.

Qui donc, parmi le personnel politique, pourra se draper dans sa dignité et crier à l’infamie de la rumeur de l’internet quand les ‘vraies’ affaires sortiront ? Cela risque d’être assez difficile, après ce à quoi nous sommes en train d’assister, en ce moment même, sur Twitter.

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http://fr.readwriteweb.com/2010/01/05/a-la-une/les-politiques-jouent-avec-feu-sur-twitter/feed/ 27
Les solutions pour contourner Hadopi sont de plus en plus qualitatives http://fr.readwriteweb.com/2010/01/04/usages/comment-contourner-hadopi-solutions-anti-hadopi/ http://fr.readwriteweb.com/2010/01/04/usages/comment-contourner-hadopi-solutions-anti-hadopi/#comments Mon, 04 Jan 2010 07:44:03 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=6757

Michel Thiolliere annonçait fièrement à la BBC, en guise de vœux pour la nouvelle année, que les trois quart des ‘pirates’ cesseraient de télécharger dès le premier email envoyé par Hadopi, et que 95% stopperont à l’arrivée du second, et il serait trop facile de railler ses propos (d’autres font ça très bien).

La déferlante d’emails intimant l’ordre de cesser de télécharger, qu’ils proviennent de l’Hadopi ou de l’une des multiples campagnes de spam en préparation (ou de phising, je vous laisse choisir le terme), fera que, peu ou prou, la plupart des internautes Français devraient recevoir des nouvelles de l’Hadopi d’ici à la fin de cette année.

Nombre d’entreprises ont tout intérêt à voir apparaitre en France un climat d’insécurité sur le réseau, quitte à aider le gouvernement par l’envoi de spam simulant l’avertissement officiel de l’Hadopi, sans même parler d’hactivistes qui verront là un moyen amusant de mettre à mal la campagne de communication que l’Hadopi devrait lancer dans les prochains mois.

Car Hadopi générera de l’argent, beaucoup d’argent, et pas forcément pour ceux qui pensaient profiter de cette loi et qui ont financé les lobbies et les politiques qui l’ont fait voter.

“95% cesseront donc leur activités à la réception du second email” selon Michel Thiolliere, soit une écrasante majorité des internautes Français, mais pour quoi faire ?

Passer d’une consommation gratuite de la culture numérique à l’achat de mp3 à 99¢ le morceau et de DVD à 20€ pièce ? A moins d’une solution miraculeuse venant à régler de façon définitive le sacro saint pouvoir d’achat des Français, c’est assez peu probable.

Rappelons, au passage, que remplir légalement un iPod de dernière génération coute, grosso modo, le prix d’une Porshe Carrera d’occasion, ce qui donne une idée de l’augmentation phénoménale de l’argent de poche des adolescents, ou de leurs pratiques illégales (je vous laisse choisir).

Les internautes seront-ils réduits à une période de disette culturelle ?

Le plus probable est qu’ils seront contraints à trouver une façon de contourner la surveillance installée par Hadopi, or c’est relativement facile. Voici un aperçu de ce qui s’offre à vous, du plus simple au plus complexe, en terme de nouveaux usages à intégrer.

1. Les moteurs de recherche

Utiliser un moteur de recherche pour trouver un mp3 (ou un DivX) est, quand on y pense, une évidence. Il existe même des moteurs de recherche spécialisés, comme Skreemr, Songza, BeeMP3, MP3Realm ou AirMP3.

Autre solution, pour ceux, et ils seront de plus en plus nombreux, qui réaliseront que maitriser les usages d’internet est en passe de devenir une condition préalable à la liberté sur les réseaux : Google, qui vous permet très simplement de restreindre une recherche à un certain type de fichier.

Verdict : non recommandé, tout juste bon à épater les copains non geeks durant une soirée.

C’est une solution frustre, sommaire, et très peu pratique. Elle permettra néanmoins à quelques législateurs zélés de casser du sucre sur le dos de Google et donnera certainement des morceaux d’anthologie à l’Assemblée Nationale.

2. Les VPN anonymes

Pour les plus fainéants, qui souhaitent conserver des habitudes prises depuis des années, et continuer à télécharger à l’aide de Bittorrent ou eMule, le VPN anonyme est la solution idéale.

Ces réseaux privés virtuels créeront un ‘pont’ entre votre connexion internet et un point d’accès situé à l’étranger, à partir duquel s’effectuera votre surf et vos téléchargements.

Aux yeux des milices privés chargées par Hadopi de surveiller les réseaux, vous ne serez pas un citoyen Français et échapperez, du même coup, à leur juridiction. C’est absolument imparable.

Les coûts sont en général situés entre 4 et 10 euros par mois, mais de nombreux acteurs s’apprêtent à entrer sur ce marché en 2010, et la concurrence devrait faire baisser les prix de façon significative.

La liste des fournisseurs de VPN, gratuits ou payants, ne cesse de s’allonger, mais gardez à l’esprit que les solutions gratuites sont bridées, et ne vous offriront jamais le confort et la rapidité d’une connexion internet classique. Les solutions payantes, elles, sont pour la plupart rapides, certaines offrent même le cryptage de vos données, voir même une optimisation pour le téléchargement de fichiers en bittorent.

A noter : ces solutions permettent non seulement de contourner la surveillance d’Hadopi, mais également la censure de Loppsi. Si on ajoute à cela que leur prix est relativement abordable, on peut parier sans risque que c’est un secteur qui est appelé à exploser dans l’année qui vient (pas mois d’une trentaines d’offres sont référencés chez Korben).

Verdict : indispensable, que l’on soit fainéant ou pas, les VPN offrent une sécurité bienvenue dans un monde Orwellien. Leur capacité à contourner la censure de Loppsi en feront l’allié de tous ceux qui ne font pas confiance au gouvernement pour ne censurer que la pédophilie sur internet. Les plus paranos opteront pour une offre cryptée, les plus gros consommateurs de culture pour les offres optimisant les téléchargements Bittorrent.

Le législateur, lui, se heurtera à un mur. L’usage des VPN est très répandu dans les entreprises : difficile de réguler cela sans provoquer des drames pour des millions de PME. Censurer les IP utilisées par certains fournisseurs pourra par ailleurs être très facilement contourné par les différents fournisseurs de solutions de VPN.

En bref, que vous changiez ou pas vos habitudes de téléchargement, l’adoption d’un VPN est fortement recommandé pour démarrer l’année 2010, ne serait-ce que pour protéger votre vie privée, cette technologie pouvant être utilisée de concert avec toutes les autres méthodes présentées ici, et étant la seule permettant de contourner la censure de Loppsi.

Son usage est relativement simple, une fois installé, vous n’aurez plus à vous soucier de quoi que ce soit. Korben fourni différents manuels assez clairs, les moins geeks n’hésiteront pas à faire appel à un expert pour configurer, une fois pour toutes, un VPN sur leur machine.

3. Le streaming illégal

Allostreaming, un site qui propose de regarder en streaming des œuvres copyrightés, est lui aussi payant, mais pour une somme dérisoire (à peine plus qu’une licence globale), vous aurez accès à un vaste catalogue de films récents et de bonne qualité.

Ce mode de consommation de fichiers illégaux est en plein boom, le terme ‘allostreaming’ est d’ailleurs en tête des requêtes faites sur Google France qui ont connu la plus forte progression en 2009.

Pas un centime des revenus générés par ces sites de streaming illégaux ne va dans les poches des ayants droits. Là encore, les sommes exigées par les détenteurs de droits, ainsi que l’offre disponible légalement, sont tellement éloignées de la réalité des usages installés dans la population que ces sites ont devant eux une avenir prometteur et lucratif.

Pas vraiment illégal mais quand même : Hulu.com propose en streaming une offre riche mais accessible uniquement aux citoyens américains. Une mesure de restriction aisément contournable à l’aide d’un VPN (vois plus haut).

Verdict : si regarder un film sur votre ordinateur ne vous dérange pas, c’est une bonne solution. Pour ceux qui ont pris l’habitude de les visionner sur un grand écran, cela peut s’avérer frustrant. A vous de voir.

Autre problème posé par le streaming, vous ne disposez pas du fichier, et donc ne pouvez en donner une copie à vos proches. L’échange ‘en réel’ de fichiers au sein des lycées, collèges et universités étant une pratique extrêmement répandue, cette technologie y coupe court. Si votre popularité est liée, dans votre école ou au sein de votre entreprise, à votre incroyable capacité à fournir une dose de culture sur une clé USB, cette solution n’est pas faite pour vous.

4. Les Newsgroups

Usenet, qui existait bien avant le web, reste encore aujourd’hui une ressource intéressante pour trouver des œuvres copyrightées, qu’il s’agisse de films, de séries télévisés, de musique, de jeux vidéos ou de logiciels.

L’utilisation de Usenet, ou plutôt sa maitrise au point d’en faire une vaste librairie culturelle, est loin d’être évidente, mais une fois la bête maitrisée, et les mystères des fichiers .NZB découverts, Usenet offre un catalogue riche et varié.

Là encore, il vous faudra payer un fournisseur de newsgroups, ceux fournis par les différents opérateurs internet en France étant censurés.

GiganewsUsenext, PowerUsenet ou encore NewsHosting vous proposeront, contre une somme allant de 10 à 15€ par mois, un accès illimité et bien souvent crypté à toute l’offre disponible sur Usenet. Giganews vient même d’annoncer l’intégration à son offre d’une option de VPN, faisant ainsi de sa solution l’arme absolue pour accéder à un océan de contenus. Là encore, Korben, à travers son Wiki communautaire lancé en 2009, tient à jour une liste de l’offre disponible en France.

Verdict : pour les moins geeks, cette solution présente une réelle complexité en terme d’usages, mais l’offre disponible est pléthorique. La vitesse de téléchargement obtenue est qui plus est bien supérieure à ce qu’offre le P2P. Une bonne occasion d’apprendre un peu plus les rouages complexes des technologies, afin de ne pas faire parti des illettrés digitaux et de tirer parti au mieux de ce que l’internet peut vous offrir, que ce soit en terme de culture ou d’autres choses.

5. Le Direct Download

Rapidshare, Megaupload, Upload.to… les solutions de stockage de fichier en ligne ne manquent pas. Pour quelques euros par mois, ces services vous proposent de télécharger tout ce que vous trouverez sur leurs espaces de stockage en ligne, quasiment en illimité, et à une vitesse, là encore, bien plus élevée que le traditionnel P2P.

Certains moteurs de recherche spécialisés vous proposent de trouver pour vous le fichier de vos rêves, mais ce n’est pas, loin de là, une vue complète de l’écosystème du direct download, qui s’est construit, petit à petit, depuis maintenant plus de deux ans, et qui a connu en 2009, une croissance inouïe.

Tout commence à la source : un groupe (ou un individu) numérise sous forme de DivX (ou de MP3) une œuvre, en réalise un fichier dont le nom est unique (une ‘release’), et le met à disposition sur un système quelconque de partage. D’autres individus fragmentent ces fichiers en petits morceaux de quelques dizaines, voir quelques centaines de megaoctets, parfois en les protégeant par un mot de passe.

D’autres groupes référencent ce fichier, la plupart du temps à travers des blogs, en font la critique en terme de qualité (de compression) et de contenu, et proposent des liens permettant de le télécharger sur différents systèmes (de plus en plus souvent, des sites de direct download, mais aussi des trackers bittorent). C’est là que l’on trouve les mots de passe parfois nécessaires à leur décompression, ce qui semble indiquer que ce sont les même individus qui réalisent ces blogs et qui mettent à disposition les œuvres sur les sites de direct download.

Ces blogs, au besoin, peuvent disparaitre et réapparaître ailleurs en un clin d’oeil. Leurs abonnés n’auront, la plupart du temps, pas même besoin de mettre à jour leur fil rss (grâce à Feedburner), pour les autres, la newsletter les avertira d’un changement d’url.

Toutes les plateformes de blogs ou presque hébergent de tels blogs, et il en apparait chaque jour de nouveaux.

La force de cet écosystème : l’argent. Tout comme Google à compris qu’il lui fallait redistribuer une partie de ses bénéfices pour faire naitre un large écosystème, les sites de Direct Download ont mis en place différents systèmes d’affiliations, permettant à ces blogs de revendre leurs abonnement et de toucher une commission au passage (on notera que cette partie de l’écosystème peut très bien évoluer et faire affaire avec les fournisseurs de newsgroups, ou une autre solution commerciale).

Bloquer cet écosystème informationel, vu les méthodes retenues par Loppsi, reviendrait à fermer la plupart des plateformes de blogs, ainsi qu’a sacrifier une multitude de sites qui auront eu le tord de partager un hébergement (sans le savoir) avec l’un de ces blogs. Une solution que même la Chine n’envisagerait pas. Une nouvelle dramatique pour l’industrie de l’entertainment, car c’est bien ce curatoring humain qui rend l’offre incroyablement qualitative, et qui rendra l’offre légale, même si elle venait à devenir riche en contenus, incroyablement fade.

Cinéma d’auteur, blockbusters, documentaires, séries télé… L’offre est pléthorique, et même s’il est très facile pour les détenteurs de droits de demander aux sites de direct download de supprimer un fichier portant atteinte aux droits d’auteur, les différents acteurs de cette communauté les remettrons en ligne presque instantanément ou proposeront des méthodes alternatives pour obtenir le fichier.

Tout cela est bien beau et permet effectivement de disposer d’une offre culturelle infiniment supérieure à l’offre légale (et bien moins chère), mais il vous faudra, pour en bénéficier, non seulement payer un ou plusieurs abonnements à des sites de direct download, mais également apprendre à trouver et à parcourir ces blogs qui cataloguent les œuvres disponibles. Il vous faudra également apprendre à maitriser les logiciels de décompression qui vous permettront de reconstituer le fichier final à partir des morceaux téléchargés. Un jeu d’enfant pour un geek, mais une petite barrière à l’entrée pour les autres.

Verdict : Cette solution présente des complexités à la fois en terme de technologies à maitriser (l’utilisation d’un décompresseur .rar peut être complexe pour un non geek, si, si) et en terme d’usages (il y a tout un nouvel écosystème à découvrir et à maitriser).

Ceci étant dit, c’est la solution ultime, car c’est la seule à intégrer une dimension sociale de curatoring. Chaque blog référençant des œuvres à télécharger a tendance à se spécialiser (l’exhaustivité étant quasiment impossible, vu le foisonnement de l’offre). On trouve du coup des blogs extrêmement pointus dans leurs sélections, accompagnées de critiques vous permettant d’affiner vos choix en matière de consommation culturelle, de découvrir de nouvelles choses, d’échanger avec une communauté, etc.

Si vous êtes cinéphile, amateur de série télé ou de documentaires, ou si vous avez toujours reproché au MP3 son incapacité à donner accès à de la musique classique de qualité car trop compressée et ne référençant pas les interprétations, c’est la solution qu’il vous faut.

Adieu P2P ?

Enterrer le P2P serait aller bien vite en besogne. uTorrent, le plus populaire des clients Bittorent,  a vu sa base utilisateur exploser l’année dernière pour atteindre 52 millions d’utilisateurs, prépare une série de nouveautés pour 2010 qui pourraient bien marquer le retour en force du P2P. Cryptage, intégration du catalogue des trackers dans le logiciel, sécurité, anonymat, mais également la possibilité de regarder en streaming un fichier en cours de téléchargement : dans les technologies permettant de distribuer des fichiers, le P2P est, de loin, la plus avancée, et l’on peu s’attendre à des innovations surprenantes.

Conclusion

La grande mutation des usages annoncée par Hadopi a bien lieu, et l’apparition, en tête des requêtes qui ont connu la plus forte croissance, d’un site de streaming illégal comme Allostreaming montre clairement que l’évolution des usages a commencé, avant même la promulgation de la loi Hadopi.

Le pari fait par le législateur d’un transfert des usages vers l’offre légale est d’autant plus mal engagé que certaines des solutions alternatives au P2P offrent plus de vitesse, plus de choix, et des dimensions communautaires que l’industrie aurait le plus grand mal aujourd’hui à égaler, même si elle décidait, du jour au lendemain, de changer radicalement son modèle économique.

Il y a un an encore, l’offre légale aurait pu tenter de jouer jeu égal avec l’offre pirate, voir même de la battre à son propre jeu en proposant des tarifs comparables à ce qui s’offre aux pirates aujourd’hui. Mais force est de constater que l’offre légale n’a pas évolué de façon significative, alors que, durant l’année qui vient de s’écouler, boostée par Hadopi, l’offre pirate s’est considérablement améliorée en terme de choix, de qualité et de rapidité d’accès.

Deux constats s’imposent cependant.

Une réelle barrière à l’entrée s’est installée en terme d’usages. Le P2P n’était déjà pas à la portée de tout le monde, mais les solutions les plus riches listées ici le sont encore moins. Tout cela va contribuer à scinder la société en deux, faisant apparaitre de façon flagrante l’illettrisme digital, et le doublant dans la décennie à venir d’un accès différencié à la culture, selon que l’on soit ou pas illettré.

Ces solutions sont payantes, et alourdiront votre budget internet dune dizaine d’euro, voir plus. On peut y voir une occasion manquée pour le législateur de résoudre le problème via une licence globale, car quoi qu’il arrive, l’internaute devra payer. Hadopi n’aura eu qu’une seule conséquence : celle de détourner une immense source de revenu des poches des ayants droits.

Si l’on fait un simple calcul (très simpliste, j’en conviens) : avec près d’un tiers de internautes téléchargeant illégalement sur les 20 millions de foyers connectés, ce sont 7 millions de foyers qui pourraient passer à de telles solutions dans les mois à venir, soit, à 10€ en moyenne par solution, 840 millions d’euros de chiffre d’affaire générés par an pour les fournisseurs des solutions évoquées dans ce billet (un chiffre comparable au chiffre d’affaire du CD ou du DVD).

Outre un immense gaspillage d’argent lié à la mise en place d’Hadopi et de Loppsi (mais on n’est plus à cela près), le ‘piratage’, naguère gratuit et ne générant pas en soit de revenus pour quiconque (pour ce qui est du P2P), est désormais une activité lucrative. Déverser près d’un milliard d’euro par an sur ce secteur aura des conséquences lourdes que le législateur devra assumer.

Pour mémoire, sans prohibition, il n’y aurait pas eu d’Al Capone. La seule bonne nouvelle, c’est que sans mafia, il n’y aurait probablement pas eu de Kennedy non plus.

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http://fr.readwriteweb.com/2010/01/04/usages/comment-contourner-hadopi-solutions-anti-hadopi/feed/ 249
Peut-on encore parler de vie privée sur Facebook ? http://fr.readwriteweb.com/2009/12/16/a-la-une/changement-vie-privee-confidentialite-facebook/ http://fr.readwriteweb.com/2009/12/16/a-la-une/changement-vie-privee-confidentialite-facebook/#comments Wed, 16 Dec 2009 15:02:38 +0000 un auteur invité http://fr.readwriteweb.com/?p=6645

Kaliya-HamlinKaliya Hamlin qui a écrit ce billet est connue sous le nom de Identity Woman, elle plaide depuis longtemps pour des standards ouverts et une identité centrée sur d’utilisateur. Elle a cofondé et anime les “Internet Identity Workshop”, un groupe de travail sur les standards portant sur l’identité, rassemblant de grands portails, des acteurs majeurs du secteur NTIC et des innovateurs.

Votre nom, votre image de profil, votre sexe, votre ville, la liste de vos amis et les pages dont vous êtes fan sont désormais publiquement visibles sur Facebook. Tout le monde peut les voir, à commencer par le moteur de recherche de Facebook.

Ceci représente la dernière évolution dans la violation du contrat entre Facebook et ses utilisateurs, et ce n’est pas une mince affaire [ndt: juridiquement, le contrat a évolué, le problème n’est pas d’ordre juridique]. De nombreuses personnes auront de très bonnes  raisons de s’opposer à ce changement qui touche à la distinction entre ce qui est public et ce qui est privé sur Facebook.

Personnellement, j’ai dès le début fait en sorte que ma liste d’amis ne soit pas publique. Pourquoi ? Tout simplement parce que je ne voulais pas que tout le monde puisse voir avec qui j’étais ami. Ce changement est pour moi une violation du contrat social que j’avais passé avec Facebook. Le minimum aurait été de me prévenir à temps et de me laisser la possibilité d’ôter certains ‘amis’ de ma liste.

Les dangers de rendre votre liste d’ami publique

Pourquoi une liste d’ami a-t-elle autant d’importance ? Parce qu’elle peut révéler des informations importantes sur vous, comme votre orientation sexuelle, une information que vous n’avez pas nécessairement envie de partager sur le web.

Le Boston Globe avait écrit, au sujet du projet du MIT appelé “Gaydar” :

“en utilisant les données issues de Facebook, ils ont fait une découverte surprenante : en regardant simplement la liste d’amis d’une personne, ils pouvaient prédire si elle était ou non homosexuelle. Ils ont réalisé cela à l’aide d’un programme informatique qui analysait le sexe et l’orientation sexuelle des amis d’une personne, et utilisaient un algorithme statistique pour faire une prédiction. Les deux étudiants n’avaient aucun moyen de vérifier leurs prédictions, mais en se basant sur leurs connaissances dans le monde réel, leur programme semblait donner de très bon résultats en ce qui concerne les hommes. Les utilisateurs pouvaient donc se ‘outer’ eux même uniquement à travers leurs listes d’amis.”

Les pages dont vous êtes fan sont désormais également une information publique. Imaginez le cas où vous êtes atteint du Sida et fan d’une page en rapport avec l’infection. Que se passerait-il si vous n’aviez pas mis au courant votre employeur et vos collègues de bureau ?

Peut-être appartenez-vous à un groupe religieux, une organisation syndicale, un parti politique qui a une page fan que vous suivez. Ces informations sont désormais publiques. Vos amis, votre famille, vos amis et votre employeurs : tout le monde est désormais au courant.

Chaque site a un contrat spécifique avec ses utilisateurs

Ces informations sont publiques, de toutes façons, alors pourquoi s’en soucier ? N’est ce pas comme sur Twitter ? Tout le monde peut voir ce que vous y postez, et vous pouvez voir ce que postent tous les utilisateurs.

Le contrat social que vous passez avec Twitter est clair. Ce que vous y publiez est public et peut être référencé. Cela ne s’appelle pas du mircoblogging pour rien. Quand vous bloggez, tout ce que vous écrivez est public. en publiant, vous faites explicitement le choix d’être vu aux yeux de tous.

Le contrat social passé avec Facebook, lui, n’a pas cessé d’évoluer depuis les débuts du service. Au départ, en janvier 2004, Facebook était réservé aux étudiants de Harvard. La viralité a été telle qu’ils ont décidé d’étendre le service à d’autres écoles en mars de la même année. A l’époque, vous ne pouviez voir que les élèves de votre université. Les étudiants qui utilisaient Facebook avaient une idée très claire de qui pouvaient les voir : leurs camarades d’école. Ils utilisaient le service avec ce contexte social en tête.

Facebook a ensuite étendu son service aux lycées en septembre 2005, puis aux sociétés comme Apple et Microsoft. Enfin, en septembre 2006, le service a été ouvert au public.

C’est à ce moment que le contrat social passé avec les premiers étudiants d’université a été rompu.

Tout le monde, et en particulier des employeurs potentiels, se retrouvaient dans un espace où les étudiants ne s’attendaient pas du tout à les voir arriver. Pour ces premiers arrivants, il était difficile de leur faire la leçon sur la légèreté qu’il y a à publier des photos compromettantes de soirée étudiantes : ils étaient, à l’origine, entre eux, à l’abri de tout employeur ou de leur parents. Facebook n’aurait pas dû, déjà, à l’époque, laisser les employeurs et les parents entrer sur Facebook.

La façon dont, à l’époque, les utilisateurs du service se renseignaient sur les activités de leurs amis consistait à cliquer sur leur profil et à consulter leur mur. L’introduction du Newsfeed a, une fois de plus, changé le contrat social entre Facebook et ses utilisateurs. Désormais, toute action d’un utilisateur était portée à la connaissance de ses amis. Facebook prévenait tous vos amis de ce que vous écriviez sur la page de quelqu’un (auparavant, il vous fallait vous rendre sur la page en question pour en prendre connaissance).

Les changements opérés la semaine dernière dans le fonctionnement de Facebook changent à nouveau le contrat social passé entre Facebook et ses utilisateurs. Cette fois-ci, vous vous retrouvez, pour ainsi dire, “en slip”.

Ces changements ont fait tellement de bruit que Facebook s’est fendu d’une réponse :

“En réponse à vos feedbacks, nous avons amélioré l’option de visibilité de la liste d’ami. Désormais, quand vous décochez “Afficher ma liste d’amis sur mon profil” sur la boite affichant les amis de votre profil, vos amis n’appraitront pas, que la personne qui regarde votre profil soit logguée ou pas. Cette information est toutefois accessible publiquement, et peut être accessible via des applications tierces.

Facebook prépare l’API de son social graph

Ce changement repose avant tout sur la volonté de préparer l’arrivée de l’API Social Graph de Facebook (voir ci dessous), grâce à laquelle des applications pourront à l’avenir demander à Facebook la liste de vos amis et l’utiliser à des fins diverses.

Le changement majeur dans tout cela consiste à vous suggérer que tout ce que vous publiez – statuts, liens, photos, vidéo, annotation – sera partagé publiquement et ouvertement, y compris en dehors de Facebook.

Or la plupart des utilisateurs de Facebook on adopté et mis en place des usages qui sont en adéquation avec le précédent contrat social de Facebook, à savoir que seuls vos amis peuvent voir ce que vous faites sur la plateforme (contrairement à Twitter). Interrogez des utilisateurs autour de vous, la plupart sont parfaitement inconscients des récents changements opérés par Facebook.

Zuckenberg, le fondateur de Facebook, a décidé de rendre public son profil et de partager les 290 photos qu’il y stocke, ainsi qu’une mine d’informations le concernant, lançant en quelque sorte le message : “si je peut me mettre en slip, vous pouvez également le faire, c’est fun !”.

Pourquoi Facebook fait-il cela ?

Les listes d’amis doivent devenir publiques parce que Facebook travaille au lancement de l’API Social Graph, au second semestre 2010.  Or c’est dans le social graph que se trouve le pétrole que cherche depuis longtemps Facebook. Facebook et les autres acteurs des réseaux sociaux veulent analyser ces données pour y trouver vos connaissances et vos intérêts afin de mieux vous cibler. Peut être arriveront-ils même un jour à juger de votre capacité à rembourser un crédit en se basant sur vos connaissances.

Il est désormais évident que d’autres ruptures de contrat social se profilent à l’horizon entre Facebook et ses utilisateurs. La roadmap censé amener la société à faire des profits colossaux ne se souciant guère de respecter la vie privée de ses utilisateurs.

Google travaille également à une API pour son Social Graph, mais celle-ci sera basée sur des relations sociales déclarées publiquement sur des blogs ou des sites tels que Flickr et Friendfeed. Tout cela soulève de nombreuses questions. Ben Laurie, Monica Chew et Dirk Balfanz de chez google on publié un article intitulé “(under)mining Privacy in Social Network” [ndt: jeu de mot entre ‘sous estimer/analyser la vie privé dans les réseaux sociaux, assez intraduisible].

Facebook, lui, est pour l’instant en position de force, il pense pouvoir faire évoluer à sa guise les règles qui régissent son univers car ses utilisateurs y retrouvent tous leurs amis, mais cette conduite est dangereuse pour l’internet tout entier.

Le véritable danger, comme le souligne Jason Calacanis,  est que cela affectera l’ensemble des sociétés sur internet, et aiguisera les appétits d’Etats souhaitant prendre le contrôle du social sur le web, au prétexte que certaines sociétés ont un comportement discutable : “le comportement irresponsable de Facebook provoque une perte de confiance des utilisateurs vis à vis d’internet et attire inutilement l’attention du législateur [...] Ce changement affectera tous ceux qui travaillent à construire une nouvelle architecture sociale pour nos sociétés à travers le web”.

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http://fr.readwriteweb.com/2009/12/16/a-la-une/changement-vie-privee-confidentialite-facebook/feed/ 47
Vie privée sur internet : informer clairement les internautes http://fr.readwriteweb.com/2009/11/17/analyse/respect-vie-prive-enseigner-informer/ http://fr.readwriteweb.com/2009/11/17/analyse/respect-vie-prive-enseigner-informer/#comments Tue, 17 Nov 2009 07:23:39 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=6389

Plutôt qu’une loi, c’est l’idée d’une charte que Nathalie Kosciusko-Morizet a lancé jeudi dernier lors d’un colloque organisé à son initiative (et du lancement prochain d’un débat participatif en ligne, dont acte).

En lieu et place d’une loi écrite à la va-vite (en realtime ?), faite pour répondre à un problème encore mal défini sur un territoire digital obscur aux yeux de la plupart des législateurs, commencer par le commencement, et ne pas céder à la précipitation, a quelque chose de rassurant. Une loi écrite par – au mieux – des législateurs n’ayant aucune idée concrète des réalités d’internet, au pire, dictée par des lobbies, aurait de grandes chances d’être une nouvelle abération technologique, ou pire, de se heurter aux modèles économiques qui sous tendent l’économie numérique

Mais à coté de cette charte sur le respect de la vie privé, un autre besoin criant s’est retrouvé, non pas au centre, mais à la périphérie des tables rondes organisées lors de ce colloque : l’éducation, et plus largement l’information du public.

Rendre les CGU compréhensibles pour tous

“Je suis comme tout le monde, je ne lis pas les Condition Générales d’Utilisation” confiait NKM lors du colloque. Si une ministre, appelée à participer à la rédaction de lois ne lit pas les CGU, on se demande qui le fait (les avocats ?).

En pratique, personne, ou presque, ne lit les CGU lors de l’inscription sur un site web. Le langage juridique, bien que nul ne soit censé ignorer la loi, est parfaitement illisible. Ceci dit, il existe des solutions, déjà expérimentées, qui permettent de transformer un texte de droit complexe en un langage simple dont les codes peuvent s’apprendre en quelques minutes.

Pour être compréhensible du grand public, il faut une interface simple entre un langage juridique, qui n’est pas fait pour être facile à lire, et un public qui n’a pas le temps ou les connaissance nécessaires pour le lire.

Cette interface, Creative Commons, l’alternative au copyright, l’a déjà créé pour un autre type de contrat particulièrement complexe : un texte juridique destiné à protéger la propriété intellectuelle d’une œuvre et à en autoriser des conditions d’utilisations particulières (rien qu’avec cette phrase, on imagine la complexité du texte, non ?).

Creative Commons est, qui plus est, particulièrement complexe, juridiquement parlant, il en existe six variations, selon que vous autorisiez telle ou telle utilisation de l’œuvre que vous protégez avec, et ces variations ont été adaptées à une multitudes de juridictions différentes : France, Japon, Russie, mais aussi Afrique du Sud, Chine…

Pourtant, l’équipe de Creative Commons a réussi à faire passer toute cette complexité dans un langage graphique simple à base d’icones. Jugez plutôt (slides 5 à 10).

Il ne serait pas bien complexe d’inventer un tel langage graphique pour la protection de la vie privée.

L’on pourrait d’un coup d’œil voir ce qu’un site s’autorise ou pas de faire avec vos données personnelles. Ciblage publicitaire, études démographique, revente ou transfert à un tiers, personnalisation, etc. : toutes ces utilisations de vos données personnelles pourraient se traduire par des signes graphiques simples, recouvrant des réalités juridiques différentes dans des législations variées.

Pour aller jusqu’au bout du modèle des Creative Commons, il faudrait enfin ajouter à la page contenant les CGU des métadonées destinées aux machines, ainsi, un moteur de recherche, ou même votre navigateur, pourrait identifier d’un coup les conditions proposées par un site web, et eventuellement en bloquer l’accès si vous l’avez paramétré comme tel (où, pour les plus jeunes lecteurs, si vos parents l’ont décidé ainsi ;-).

Human readable, lawyer readable, machine readable.

Pour le coup, la France pourrait imposer (en Europe, dans un premier temps) sans trop de problèmes un tel modèle et prétendre (c’est très Français) à son universalisme.

Finalement, le problème (des CGU, pas de l’#oubli) n’est pas si complexe que cela (bon, d’accord, il y a beaucoup de travail pour une armée d’avocats, mais rien d’infaisable). Imposer une telle solution relève de la loi (enfin, une loi intelligente sur le numérique !), surveiller son application pourrait être confié à la CNIL (dont il faudrait renforcer sérieusement les moyens, ceci dit).

Y a-t-il un avocat dans la salle ? On s’y met ?

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http://fr.readwriteweb.com/2009/11/17/analyse/respect-vie-prive-enseigner-informer/feed/ 16
Les jeunes et internet : il suffit de leur demander #webtv http://fr.readwriteweb.com/2009/11/09/usages/les-jeunes-internet-suffit-de-leur-demander-webtv/ http://fr.readwriteweb.com/2009/11/09/usages/les-jeunes-internet-suffit-de-leur-demander-webtv/#comments Mon, 09 Nov 2009 07:35:16 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=6274

On a beaucoup écrit sur la génération Y, la génération des Digital Natives (et on continuera), mais on donne rarement la parole aux jeunes pour les laisser nous dire comment ils appréhendent internet.

Voilà qui est corrigé : en réunissant sur un plateau différents interlocuteurs représentatifs des jeunes générations, on obtient des réponses à la pelle.

Sur le plateau, des invités de marque : Cédric Giorgi (Goojet, Techcrunch), Alexandre Malsch (Eeple, Melty.fr) et une partie de l’équipe de Melty, un gros site info/communautaire ‘jeune’, ainsi que quelques ‘vieux’, comme Laurent Laforge (Mode d’Emploi), à l’inititive de ce plateau, et Frédéric Bascunana (Techtoc.tv, Webcastory) pour animer le tout.

Une expérience à renouveler au plus vite, après tout, les jeunes sont les mieux placés pour expliquer aux plus vieux comment ils utilisent internet au quotidien.

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http://fr.readwriteweb.com/2009/11/09/usages/les-jeunes-internet-suffit-de-leur-demander-webtv/feed/ 10
Pour un Mysociety.org en France ! http://fr.readwriteweb.com/2009/11/06/nouveautes/mysociety-org-france/ http://fr.readwriteweb.com/2009/11/06/nouveautes/mysociety-org-france/#comments Fri, 06 Nov 2009 10:46:45 +0000 Alban Martin http://fr.readwriteweb.com/?p=6266

Mysociety, c’est quoi ?

C’est la principale initiative d’une association anglaise a but non lucratif, fondée en 2003 et regroupant une communauté de volontaires et de développeurs open-source rémunérés.

Cette dernière est à l’origine du développement de sites que P. Rosanvallon qualifierait de « contre-démocratique »: par exemple Theyworkforyou pour découvrir ce que font les députés anglais (historique des prises de position, archives des textes et speech) ou WritetoThem pour contacter n’importe quel député à partir de son code postal (plus de 400 000 messages déjà envoyés à ce jour via la plateforme). Mysociety a également développé le site officiel de G. Brown de pétition citoyenne. A noter qu’en France, le collectif « regards citoyens »  en France a lancé récemment le site nosdeputés.fr permettant, comme theyworkforyou, de s’intéresser à l’activité des députés à l’assemblée nationale.

Quelques réalisations concrètes

Le site FixMyStreet a permis de résoudre plus de 25 000 problèmes à l’échelle locale: dégradations, dépenses inutiles, éclairage défaillant, optimisation du stationnement etc

Plus généralement, à travers les services agrégés par mysociety.org, 200 000 personnes ont écrit pour la première fois à leurs députés, plus de 10 500 000 de signatures ont été apposées sur les pétitions à destination du premier ministre !

Le site HearFromYourMP quant à lui permet de réaliser des mailing groupés sur certaines questions, à destination d’un membre bien précis du parlement : résultat à ce jour, 60 000 personnes se sont inscrites au service pour pousser des questions communes à plus de 160 députés qui utilisent en retour le service.

A noter également plus récemment que la pétition signée par 32034 personnes, et destinée à réhabiliter la mémoire de Alan Turing (mathématicien britannique auteur de l’article fondateur de la science informatique, qui s’est suicidé à cause de pressions dues à son homosexualité), a entrainé une prise de position officielle de Gordon Brown sur le sujet («  Sorry Alan »)

Vous trouverez le détail de la constellation de sites développés sous l’initiative mysociety à cette adresse en français.

Quel est le but de l’initiative Mysociety.org?

Selon eux, ils ont deux missions : la première est de donner aux citoyens anglais des outils simples d’implication civique. La seconde est de démontrer, via leurs réalisations, comment la représentativité et la vie des usagers peut s’enrichir de l’usage des nouvelles technos : Exemple: comment contacter un représentant personnellement, comment savoir qui fait quoi en ce moment etc…

Qui compose l’équipe?

Tom Steinberg est le fondateur et directeur. Il est accompagné de 3 développeurs à temps plein et un sysadmin et un directeur commercial, ainsi qu’une très grande communauté active.

Comment l’association fonctionne-t-elle ?

L’association s’appelle « UK Citizens Online Democracy » (numéro d’enregistrement 1076346). UKCOD gère mySociety en tant que projet, et détient la société mySociety Ltd qui gère les relations commerciales avec les acteurs du privé tout en reversant 100% des revenus générés à UKCOD

D’où l’idée de mysociety.org est elle venue?

mySociety représente la cristallisation d’un certain nombre de réflexions et questionnements pour les problèmes actuels rencontrés par la démocratie, le gouvernement et les nouvelles technologies en Angleterre. James Crabtree a, le premier, défini formellement les contours de ce qui pourrait être fait dans un article sur OpenDemocracy, suggérant que le gouvernement anglais pourrait mettre sur pied une équipe de hacking civique pour réaliser ce que mysociety fait maintenant. Puis Tom Steinberg se saisit de l’idée et fonde  mysociety en dehors de tout contexte gouvernemental et avec l’aide d’une cinquantaine de personnes. Le coeur de communauté était composé d’hacktiviste qui avait déjà réfléchit sur la question bien avant sa concrétisation dans mysociety

Les projets sont-ils open source?

Presque tous les codes des sites sont disponibles en open-source : même le site développé pour le No 10 petitions développé pour le premier ministre anglais est open source.

Se sentent-ils investis politiquement?

Ils ne sont pas un parti politique et ce projet selon eux n’est ni de droite ou de gauche. Il consiste uniquement à construire des outils utiles pour ceux qui en ont l’usage.

Pourquoi c’est important et comment s’impliquer ?

Les responsables de l’initiative mysociety.org sont joignables via leurs coordonnées sur le site web (http://www.mysociety.org/about/contact/), et se disent prêt à étudier toute opportunité de collaboration, notamment à l’international (traduction, adaptation, support au développement). Pledgebank par exemple est conçu dès l’origine comme un site international, reposant sur le mode « si je trouve 10 personnes comme moi prêtes à faire ça alors je le fais)

Je suis certain également qu’il existe déjà en France certains services allant dans la même direction : pourquoi ne pas les agréger sous forme de portail homogénéisé et open-source, afin d’augmenter leurs visibilités respectives, et avoir un état des lieux du chemin parcouru, et restant à parcourir ? En outre, cette union permettrait d’avoir des chiffres conséquent d’usage, suffisamment représentatifs pour apporter la preuve par l’exemple d’un intérêt démocratique de ce genre de projets ?

Et pour éviter les grandes déclarations d’intention qui restent sans suite, sachez que se déroulera le premier Open Government Data Camp français à « La Cantine » à Paris samedi 12 décembre 2009.

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http://fr.readwriteweb.com/2009/11/06/nouveautes/mysociety-org-france/feed/ 21
Le prochain Netvibes sera le leader des lecteurs de flux en temps réel http://fr.readwriteweb.com/2009/11/04/nouveautes/prochain-netvibes-sera-leader-des-lecteurs-de-flux-en-temps-rel/ http://fr.readwriteweb.com/2009/11/04/nouveautes/prochain-netvibes-sera-leader-des-lecteurs-de-flux-en-temps-rel/#comments Wed, 04 Nov 2009 10:40:42 +0000 Marshall Kirkpatrick http://fr.readwriteweb.com/?p=6235

La prochaine version de Netvibes mettra à jour les contenus que vous y avez placé en quasi temps réel, un changement radical dans la façon dont le service fonctionne. Ces flux fonctionneront, comme ils l’on toujours fait, aux cotés d’autres widgets disponibles sur la plateforme Netvibes.

Le nombre de flux en temps réel disponibles à travers le monde croit sans cesse, particulièrement ces derniers mois avec l’arrivée de nouvelles technologies de publication en temps réel, mais une question demeurait cependant jusqu’à aujourd’hui sans réponse : quel acteur de poids dans le secteur des lecteurs de flux franchirait le pas et proposerait à sa communauté un lecteur capable de tirer parti du web en temps réel ?

Google Reader est, de toutes évidences, trop complexe et trop lourd pour être le premier, ce n’est finalement pas si surprenant de voir Netvibes atteindre ce but en premier : l’innovation a toujours été au cœur du projet initié il y a déjà plusieurs années par Tarik Krim et aujourd’hui piloté par Freddy Mini (Français, lui aussi, comme son nom ne l’indique pas, et dirigeant ce qui est l’un des fleuron des startups Françaises depuis la Silicon Valley).

Netvibes a donc annoncé l’adoption de deux protocoles de publication en temps réel : Pubsubhubbub et RSS Cloud. Quand ces technologies indiqueront à Netvibes qu’un flux vient d’être mis à jour, son contenu sera automatiquement affiché dans votre navigateur, sans avoir à faire la moindre action pour cela.

La nouvelle version de Netvibes, appelée Wasabi, sortira en beta privée d’ici la fin de cette semaine et sera disponible au public d’ici au mois de décembre, à temps pour la conférence Le Web de Paris dont le thème est… le web temps réel.

(full disclosure : nous somme, en particulier chez RWW France, proches des équipes de Netvibes et seront présent à Le Web)

Jusqu’ici, l’adoption de protocoles de publication en temps réel était plus du ressort des éditeurs d’outils de publication que des lecteurs de flux RSS : WordPress, Blogger et Typepad ont tous adopté Pubsubhubbub ou RSSCloud, ce qui porte le nombre de flux temps réel disponibles à plusieurs centaines de millions. Mais pour l’instant, seuls quelques acteurs de second plan du coté des lecteurs de flux s’y étaient mis : River2 développé par Dave Winer, le concepteur de RSSCloud, ainsi que LazyFeed.

Google Reader de son coté à implémenté de façon très limité Pubsubhubbub en aout dernier dans ses éléments partagés à destination de Friendfeed, ce qui, là encore, le plaçait du coup dans la position de fournisseur de flux et non de lecteur. Brad Fitzpatrick de Google nous avait confié qu’à cette occasion, le mécanisme de ‘push’ de Google Reader vers Friendfeed, qui avait remplacé le mécanisme de ‘pull’ de Friendfeed sur Google Reader, avait fait baisser le trafic entre les deux sites de 85%.

Un gain appréciable en terme de bande passante et de temps machine, qui se traduit également par une expérience utilisateur plus agréable et plus fluide : les bénéfices apportés par le web temps réel sont multiples.

Netvibes va-t-il réussir le pari du temps réel ? Le challenge est de taille, et beaucoup de developpeurs sont quelque peu septiques. Netvibes, qui a souvent innové a également par le passé essuyé quelques plâtres quand il a commencé à mettre en place des technologies avancées de cache sur les flux, par exemple, mais le gain en terme d’expérience utilisateur pourrait relancer l’intérêt pour l’une des startups les plus iconiques de l’internet Français.

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http://fr.readwriteweb.com/2009/11/04/nouveautes/prochain-netvibes-sera-leader-des-lecteurs-de-flux-en-temps-rel/feed/ 18
Surveiller le changement climatique en ligne http://fr.readwriteweb.com/2009/10/30/usages/surveiller-changement-climatique-en-ligne/ http://fr.readwriteweb.com/2009/10/30/usages/surveiller-changement-climatique-en-ligne/#comments Fri, 30 Oct 2009 09:59:50 +0000 Global Voices http://fr.readwriteweb.com/?p=6156

Lester Bolicenni, l’auteur de ce billet, est, comme il se décrit lui même, obsédé par les nouveaux média. Basé à Paris, il contribue au réseau de Global Voices tant en Français qu’en Anglais. Ce billet a été traduit par Audrey Lambert, professeur d’Anglais dans un lycée de l’Ariège.

En attendant la conférence sur le changement climatique de Copenhague (COP15) en décembre 2009, voici un échantillon des outils disponibles en ligne pour surveiller le changement climatique. Grâce à ces outils, des gens ordinaires peuvent en savoir davantage sur les effets de ce changement et inciter ceux qui prennent des décisions à trouver des solutions.

Sur le terrain

L’observation des impacts du changement climatique commence généralement sur le terrain. Le photographe James Balog s’est rendu en Alaska, aux Etats-Unis, pour rntrgistrer l’accélération de la fonte de la calotte glaciaire. On peut voir les résultats saisissants de ses prises de vue sur la vidéo qui suit [en anglais, comme les liens suivants]:

Si vous ne disposez pas d’appareils photos coûteux et de temps libre pour vous rendre en Alaska, vous pouvez lire les expériences que vivent ceux qui sont en première ligne.

Le projet On the Frontline of the Climate Change (En première ligne du changement climatique) répertorie des anecdotes sur les impacts du changement climatique, vécues par les gens eux-mêmes, au sein de communautés indigènes, sur de petites îles et dans d’autres communautés vulnérables. Le forum comporte de nombreuses contributions récentes par courriels provenant principalement d’Asie du Sud et d’Afrique. George Katunguka, l’un de ce ceux qui contribuent au site et travaille comme consultant pour le développement de l’Afrique, écrit depuis l’Ouganda :

L’impact du changement climatique n’a pas suscité beaucoup d’intérêt dans mon pays l’Ouganda mais ces changements et leurs effets se font douloureusement ressentir. En 2025, il est probable que l’Ouganda souffrira de stress hydrique selon les derniers rapports sur les ressources en eau. Les gens meurent de faim comme cela a été récemment le cas dans la région de Teso, dans l’est de l’Ouganda. Les écosystèmes de l’eau subissent des changements tels que le niveau du lac Victoria qui diminue, des saisons imprévisibles, des sols qui perdent en fertilité et la production agricole qui s’amenuise et donc une pauvreté croissante des ménages et ce qui s’ensuit. Que faisons-nous pour détourner cette catastrophe imminente ?

Du cosmos à Google Earth

L’observation sur le terrain peut être corroborée par l’observation depuis le ciel. L’espace est le poste d’observation depuis lequel on regarde et on analyse la terre toute entière. Il est difficile d’obtenir une place dans un vaisseau spatial mais heureusement, il est facile de trouver des images satellite en ligne.

Images satellite de la mer d’Aral, du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan 1973/2004

Outre les agences spatiales et les sociétés offrant leurs services aux ONG, aux scientifiques et aux gens ordinaires, le programme pour l’environnement des Nations-Unies a créé un atlas en ligne qui répertorie les changements se produisant à divers endroits du globe depuis des décennies. Toutes les images satellite sont visibles sur le globe virtuel de Google Earth, comme l’indique leur blog officiel :

En collaboration avec le gouvernement danois et d’autres, nous lançons une série de films et de visites sur Google Earth pour vous permettre d’explorer les impacts potentiels du changement climatique sur notre planète et les solutions pour le gérer.

De nombreuses autres ressources se trouvent sur les blogs et les sites internet d’organisations internationales. Chers lecteurs, n’hésitez-pas à ajouter vos propres sources dans la section des commentaires.

La science au service des décisionnaires

L’observation est une question centrale pour les décisionnaires. Les gouvernements lancent des enquêtes destinées à comprendre le phénomène et à savoir comment en limiter les impacts.

La Commission européenne et l’Agence spatiale européenne ont mis en œuvre un programme spatial en 1998, le projet Global Monitoring Environmental Security (GMES, en français), pour avoir un aperçu des changements qui se produisent en temps réel grâce à des données diverses. Le projet doit rendre ses conclusions en 2014, avec en annexe, une partie portant sur la sécurité .

Les pays en voie de développement qui sont les plus directement touchés par le changement climatique ont pris des mesures similaires comme l’Inde qui a récemment envoyé des satellites pour étudier le changement climatique. De telles informations peuvent aider les pays à élaborer de nouvelles politiques environnementales et économiques.

En Afrique du Sud, un nouvel outil à visée économique a été créé précisément dans ce but. AllAfrica en rend compte :

L’outil Mapping South African Farming Sector Vulnerability to Climate Change and Variability (cartographie des secteurs agricoles d’Afrique du Sud vulnérables au changement et variations climatiques), un outil d’analyse basé sur une étude, a désormais été développé pour aider ceux qui élaborent les programmes à identifier les communautés les plus vulnérables au changement climatique et les aider à se préparer à des conditions d’exploitation radicalement différentes.

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Global Voices Cet article a été publié sur GlobalVoices.
Il est sous licence CC-by-3.0

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http://fr.readwriteweb.com/2009/10/30/usages/surveiller-changement-climatique-en-ligne/feed/ 9
Le hacking devient-il mainstream ? http://fr.readwriteweb.com/2009/10/20/a-la-une/hacking-devientil-mainstream/ http://fr.readwriteweb.com/2009/10/20/a-la-une/hacking-devientil-mainstream/#comments Tue, 20 Oct 2009 06:30:43 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=5975

2600L’esprit Hacker était déjà devenu Hype en investissant le Palais de Tokyo, le voilà sur le point de devenir mainstream: quand la publicité récupère un courant culturel underground, c’est le signe qu’il est en passe d’inonder la société toute entière.

Visiblement ‘inspiré’ par les Dorkbots dont le motto est « des gens qui font des trucs bizarre avec de l’électricité », voilà que Volkswagen lance un site nommé TheFunTheory.com qui en reprend intégralement l’esprit.

Le site est « dédié à l’idée que quelque chose de rigolo et simple est la meilleure façon de changer, en mieux, le comportement des gens. Pour vous, pour l’environnement, ou pour n’importe quoi, à partir du moment où c’est pour le mieux ».

Volkswagen lance un concours doté de 2500€ pour recueillir les meilleures réalisations, et pour donner le ton, met en avant trois réalisations très inspirées de l’esprit Dorkbot. Bon… Pas sûr que l’incentive financière soit vraiment dans l’esprit originel du hacking, mais il faut savoir faire des concessions pour passer dans le  mainstream, j’imagine…

Au même titre que la culture du Libre, celle du hacking – assez (très) proche, après tout – est visiblement sur le point de passer dans la culture de masse, au point d’en faire le thème de soirées branchées dans lesquelles on ne trouve pas un seul hacker

Merci Volkswagen ?

Vous en pensez quoi, les hackers ? (oui, il y en a plein qui nous lisent ;-)

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

(photo CC-by de Titanas)

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http://fr.readwriteweb.com/2009/10/20/a-la-une/hacking-devientil-mainstream/feed/ 20
50 services Web en Temps Réel http://fr.readwriteweb.com/2009/10/01/usages/services-web-en-temps-reel/ http://fr.readwriteweb.com/2009/10/01/usages/services-web-en-temps-reel/#comments Thu, 01 Oct 2009 15:04:18 +0000 Richard MacManus http://fr.readwriteweb.com/?p=5706

Dans le cadre des billets qui précèdent le ReadWrite Real-Time Web Summit (organisé par l’équipe de RWW US le 15 Octobre à Mountain View en Californie), nous présentons ici 50 services qui comptent dans le petit monde du Web en Temps Réel. Comme toute liste digne de ce nom, elle oublie forcément des start-ups intéressantes, donc n’hésitez pas à en rajouter dans les commentaires. L’idée étant de dévoiler une liste des 100 services du Web en Temps Réel lors de notre événement.

Les start-ups sont listées par ordre alphabétique. Vous pouvez aussi donner notre avis sur notre sélection via les commentaires !

AllVoices; Actualités et Informations

bit.ly ; Gestion d’URL (raccourcissement, suivi, statistiques)

BoilingPage; Trouver et recommander les sites les plus populaires

Cleartext; Messagerie d’entreprise (SaaS  Software as a Service)

Cliqset; Organiser et partager ses informations sociales

Cluuz; Moteur de recherche en ligne avec graphes sémantiques, nuages de tags et images

Collecta; Moteur de recherche parmi des sites d’informations, des blogs et des media sociaux

CrowdEye; Moteur de recherche sur les discussions Twitter

Daylife; Outil de création des portails de contenu dynamique

Faroo; Moteur de Recherche

FirstRain; Moteur de Recherche orienté Business Intelligence

Fwix; Site d’informations locales, qui présente les infos les plus pertinentes près de vous

Google; Moteur de Recherche

HighNote; Moteur de recherche

Insttant; Actualités et aggrégation de contenu Twitter

Isode; Logiciel de messagerie et de gestion de serveur

itpints; Moteur de Recherche

Jive Software; Social Business Software (SBS)

JS-Kit ECHO; Systême de commentaire innovant

Kaazing; Développement d’applications temps réel pour entreprises

Lexalytics; Analyse sémantique de texte

Liaise; Add-on pour client mail qui analyse le contenu d’un mail lors de l’écriture

MicroPlaza; Infos et actualités populaires via Twitter

oneriot; Moteur de Recherche

PBworks; Collaboration, Intranet, Extranet, Project Management

PeopleBrowsr; Tableau de bord de données de réseaux sociaux, de conversations et humeur du web

Perpetually; Rester à jour par rapport à ses concurrents

PostRank; Découvrez les meilleurs blogs et suivez les prescipteurs par thématiques

Present.ly; Outil de micro-blogging pour entreprise

Radian6; Surveiller, organiser les données de média sociaux

Real-Time Innovations; Progiciel de messagerie instantanée

reddit; Liens et actualités, postez et élu par les utilisateurs

Scoopler; Moteur de Recherche

Scout Labs; Extrait de l’information pertinente de la masse de données des media sociaux

Seesmic; Client pour gestion de comptes Facebook, Twitter, etc

Shareaholic; Add-on qui permet de partager et de bookmarker des pages web sur différents services sociaux

Superfeedr; Outil d’analyse de feed « dans les nuages » pour développeurs web

Surf Canyon; Add-on pour navigateur web qui permet des recherches personnalisées

Sysomos; Business intelligence pour media sociaux

Thoora; Faire ressortir les thêmes d’actualités les plus discutés et buzzés

TIBCO; Logiciel d’integration business et de process management

Topsy; Moteur de Recherche basé sur les tweets

tr.im; Raccourcisseur d’URL

Tumblr; Service de blogging

Tweetdeck; Client Twitter

Twitter; Micro-blogging

Vayusphere; ERP orienté optimisation des process d’entreprise

WebTrends; Customer Intelligence pour entreprises

Wowd; Outil de recherches des informations les plus populaires

Yauba; Moteur de Recherche

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http://fr.readwriteweb.com/2009/10/01/usages/services-web-en-temps-reel/feed/ 13
T-Mobile disrupte tranquillement les opérateurs télécoms http://fr.readwriteweb.com/2009/09/24/nouveautes/tmobile-disrupte-tranquillement-les-oprateurs-tlcoms/ http://fr.readwriteweb.com/2009/09/24/nouveautes/tmobile-disrupte-tranquillement-les-oprateurs-tlcoms/#comments Thu, 24 Sep 2009 06:00:45 +0000 Bernard Lunn http://fr.readwriteweb.com/?p=5488

Il existe encore des vieux qui préfèrent converser par téléphone (NdT: Bernard Lunn représente chez RWW les baby boomers ;-), et qui pensent que  la “communication audio synchrone” est parfois meilleure que l’email ou même – osons le dire – Twitter. Le problème, c’est le coût de ces conversations, particulièrement pour ceux qui n’utilisent que rarement une ligne fixe ou Skype.

Acheter 1000 minutes de téléphonie mobile par mois est prohibitif, et il existe une alternative au hacking/jailbreaking de iPhone ou à l’interminable attente du divorce entre Apple et les Telco qui feront apparaitre de façon massive la Voix sur IP sur iPhone.

Cette alternative, je l’utilise depuis plusieurs mois dans trois pays différents, et j’en suis plutôt satisfait. Voici à quoi cela ressemble.

Ce qu’offre T-Mobile aux Etats-Unis

  • Un choix limité de téléphone. J’ai choisi le Blackberry car j’y suis habitué, et non, ils ne proposent pas d’iPhone.
  • La téléphonie via WiFi et des transferts de données sur votre mobile. C’est là que cela devient intéressant. En gros, partout où vous avez du WiFi, les communications sont gratuites.
  • GPRS, c’est ce sur quoi il faudra vous rabattre quand vous n’avez pas accès au WiFi.
  • Une ligne fixe WiFi. Cela ressemble à un téléphone ordinaire, mais c’est un téléphone VoIP qui se connecte en réalité à votre équipement WiFi. D’autres TelCo offrent cela, mais pas sous la forme d’un tel package.

Mon expérience

  • J’ai réduit ma facture de téléphone mobile de moitié.
  • La plupart des coups de fils que je fais ont lieu depuis mon domicile, mon bureau ou d’autres lieux que je visite régulièrement. Le téléphone se connecte automatiquement à ces réseaux. Par exemple, quand je reviens chez moi, le téléphone dit “Maison” (alors qu’il dit “T-mobile” quand je suis en mode cellulaire GPRS classique). C’est aussi simple que cela. Dès que je ne suis plus en mode GPRS, les coups de fils sont gratuits.
  • La qualité est bonne la plupart du temps. En dessous d’une qualité de réception WiFi de 3/5, la qualité commence à se dégrader, les voix semble se ralentir.
  • Les emails en push du Blackberry arrivent sans soucis. C’est important quand vous êtes à l’étranger car vous y recevrez toujours vos emails sans avoir besoin d’un couteux plan de roaming. Vous n’êtes pas connecté 100% du temps comme avec du GPRS, mais pour beaucoup de voyageurs, c’est amplement suffisant. Si cela s’avère insuffisant, vous pouvez toujours souscrire à l’option de roaming.
  • Le nombre d’endroits où l’on trouve du WiFi gratuit est impressionnant, lors de mes voyages en Suisse, en France et aux Etats-Unis, je me contentait de cliquer sur “Chercher un réseau” sur mon Blackberry et ils arrivaient comme par magie. (J’écris ce texte à Herald Sqare, New York, où je capte trois réseaux WiFi ouvert).

Les conséquences pour l’industrie de la téléphonie mobile

  • Pour les masses, le message est d’une simplicité absolue : économisez de l’argent.
  • Cela montre que de grosses sociétés peuvent innover et ne sont pas toujours apeurées à l’idée de perturber leur propre modèle économique dans le but de gagner des parts de marché. Chapeau bas, T-Mobile.
  • Cela devrait inciter Apple a divorcer au plus vite des opérateurs de téléphonie afin de proposer ce type de service.
  • Cela met une certaine pression sur Skype et les poussent à réaliser une application mobile simple, pratique et efficace.

NdT

En France, il n’y a aucune chance de voir apparaitre ce type d’innovation, les réseaux WiFi ouverts sont appelés à disparaitre sous peu, Hadopi sanctionnant cela sévèrement : un café proposant du WiFi ouvert pourrait se voir couper son accès internet et mettre en péril son business, les clients désertant pour aller se connecter ailleurs.

Free a anticipé le problème, et pourrait innover grâce à son réseau Freephonie, qui contrairement à celui de 9/SFR, fonctionne sur une IP distincte de celle de l’utilisateur qui partage sa ligne. En cas de refus d’une 4e licence, ce qui semble être de plus en plus probable, Free pourrait tout bonnement couper la branche sur laquelle sont assis le triumvira qui maintien des tarifs de téléphonie mobile parmi les plus élevées au monde (près de 900€ annuels par an).

A priori, Hadopi ayant quelque peu vérouillé la possibilité pour de telles offres d’apparaitre (quand on vous disait que la 4e licence et Hadopi étaient liés ;-), seul Free, qui lancerait, dans l’hypothèse probable où ils n’aurait pas de 4e licence, un NVNO couplé à ce genre d’offre packagé, pourrait gravement perturber le jeu des ISP Français.

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http://fr.readwriteweb.com/2009/09/24/nouveautes/tmobile-disrupte-tranquillement-les-oprateurs-tlcoms/feed/ 6
Le RSS est mort, vive le RSS http://fr.readwriteweb.com/2009/09/14/analyse/rss-estil-mort/ http://fr.readwriteweb.com/2009/09/14/analyse/rss-estil-mort/#comments Mon, 14 Sep 2009 07:27:07 +0000 Nicolas Cynober http://fr.readwriteweb.com/?p=5162

Le web est une technologie sociale dont l’une des premières applications a été l’information. Les flux RSS et leurs readers se sont imposés comme des outils incontournables pour les internautes avertis. Aujourd’hui, les temps semblent changer. Le besoin d’infomation ne se dément pas mais on constate une désaffection des lecteurs de flux RSS au profit de services sociaux comme Twitter et Facebook qui permettent de recommander et de se faire recommander des liens à lire, à voir. Dans ce contexte, certains prophétisent déjà la mort du RSS. Peut-on les croire ?

Le RDF Site Summary (RSS) est un format standard crée en 1999 pour partager les dernières news d'un site web. Qui dit standard, dit compatibilité, dit adoption par un écosystème, et c'est ainsi que la majeure partie des sites récents publient aujourd'hui des flux RSS. Des flux qui seront bientôt aussi vifs que Twitter grâce au RSSCloud. Dire que RSS est mort n'est pas vraiment le sujet. On ne tue pas une technologie. Regardez l'API Twitter, vous pouvez récupérer l'actualité de vos comptes dans la techno de votre choix (JSON, XML ou RSS). Twitter n'a pas tué le RSS, bien au contraire, il l'utilise massivement.

L'usage du RSS a permis d'accéder plus rapidement à l'information, de mieux la diffuser et de mieux la consommer. Le français Netvibes ayant été un des précurseurs dans l'agrégation de flux RSS. Le sujet ici n'est pas dans la technologie mais dans son usage, car c'est bel et bien un nouvel usage qui est apparu.

Ce qu'on observe depuis quelques temps c'est un changement dans la manière dont sont crée ces flux d'actualité. Ce qui se passe en réalité c'est que Facebook et Twitter ont démocratisé la création de flux RSS. Le récent succès des URLs shortners est l'un des meilleurs exemples de ce nouvel usage. On voit aujourd'hui les influenceurs y comparer leurs taux de click tandis que les outils de statistiques se multiplient. Ce ne sont donc plus les sites webs, mais les internautes eux-mêmes, qui diffusent l'actualité en temps réel. Le RT étant le moyen le plus simple pour faire passer une actualité d'un flux à un autre. La révolution Twitter n'est finalement pas dans sa faculté à créer des discussions, elles y sont pénibles à suivre et limitées par le format, mais plutôt d'avoir permis aux internautes d'organiser eux même la promotion des actualités sur le web.

RSS is dead ?

Le RSS n’est pas mort ! Même si, comme le montre la perle ci-contre, les penseurs du web sont partagés sur le sujet, je reste convaincu qu’il s’agit plutôt d'une renaissance ! Et si la diffusion de l'actualité est profondément transformée, il en reste néanmoins fondamentale qu'elle s'appuie sur des technologies standardisées, dont le RSS fait partie.

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http://fr.readwriteweb.com/2009/09/14/analyse/rss-estil-mort/feed/ 14
La génération Y va tout changer http://fr.readwriteweb.com/2009/09/08/analyse/generation-y/ http://fr.readwriteweb.com/2009/09/08/analyse/generation-y/#comments Tue, 08 Sep 2009 06:50:25 +0000 Sarah Perez http://fr.readwriteweb.com/?p=5155 generation-y Même si elle n’est pas prête de prendre le pouvoir, la génération Y va prendre sous peu une importance considérable. Ce groupe arrive désormais en masse dans le monde du travail, de la consommation et de la vie citoyenne, et ne peu que redéfinir, par ses pratiques et sa culture, un univers qui pour l’instant semble tout faire pour ne pas avoir à évoluer en profondeur. Il y a quelques controverses sur la définition précise de cette génération, à commencer par la définition de qui en fait parti et qui n’en est pas. Certains posent les années 1983 et 1997 comme limites, d’autres 1982 et 1997, récemment, Entertainment Weekly la définissait comme étant âgée de 13 à 31 ans alors que BusinessWeek affirmait qu’il pouvaient n’avoir que 5 ans. Quoi qu’il en soit, nous savons tous instinctivement qui ils sont, du moins en terme d’âge, ce sont les enfants et les jeunes adultes d’aujourd’hui, la population la plus immergée dans le digital à ce jour, beaucoup d’entre eux étant nés avec un ordinateur à portée de main.

En quoi sont ils différents ?

Ils sont branchés

Pas au sens où l’entendait la génération X, ils sont littéralement branchés, connectés, cablés, voir même sans fil. La génération Y a grandi avec des ordinateurs, l’internet, les téléphones mobiles, les jeux vidéos et les lecteurs mp3. Ils sont des habitués du web qui fait parti de leur quotidien, au même titre que la télévision pour leurs ainés. Ils sont capables, du fait de leurs usages de la technologie, de fonctionner de façon multitâche, en regardant la télévision et en surfant sur internet en même temps, par exemple, à moins que cela ne soit en parlant au téléphone, en envoyant des SMS ou en écoutant de la musique. Le multitâche est assurément une de leurs caractéristiques distinctives.

La télévision n’est plus le média roi

Bien sûr, vous en trouverez de nombreux totalement obsédés par une série télé, mais cette génération regarde bien moins la télévision que leurs ainés. A la place, la génération Y passe du temps à surfer sur le net et à utiliser une multitude d’autres objets technologiques, comme un iPod ou une Xbox, pire encore (pour la télévision tout du moins), quand celle-ci est allumée, elle n’est souvent qu’un bruit de fond.

Ils se foutent de la publicité et s'intéressent à ce que pensent leurs amis

Parce qu’il sont en immersion constante dans les média, que ce soit en ligne ou hors ligne, la génération Y est cernée par le marketing, mais quand ils ont une décision à prendre, ils se retournent vers leurs amis. La génération Y a tendance a se reposer sur son réseau social et ses recommandations bien plus que sur le marketing et la publicité. “La publicité qui pousse son slogan, une image et une atmosphère, cela n’attirera pas la génération Y” affirme James Palczynski, analyste chez Ladenburg Thalmann & Co. Ils sont plutôt réactifs à “l’humour, l’ironie, et la vérité nue”. Par ailleurs, ils ne font pas du tout confiance à la pub, ce qui a entraîné beaucoup d’annonceurs à chercher autre chose pour les atteindre, mais le pire, c’est qu’ils n’ont aucune fidélité vis à vis d’une marque, détruisant par là même des concepts marketing comme le cycle acquisition et fidélisation d’un client.

Le travail n’est pas leur vie

Ce n’est pas tant qu’ils ne veulent pas travailler, mais leur vie n’est pas là. Après avoir vu leurs ainés se tuer à la tâche sans nécessairement en voir les fruits, il n’y a rien de bien surprenant à cela.  En France probablement plus qu’ailleurs, ce phénomène est très marqué, si 75% d’entre eux voudraient devenir fonctionnaires, c’est avant tout pour réduire au minimum les tracas liés au travail au cours de leur vie. [edit: autant pour moi, ce sondage est une grosse manipulation, en réalité « plus de trois Français sur quatre (77%) encourageraient leur enfant à devenir fonctionnaire si celui-ci le souhaitait et la moitié des actifs (50%) opterait pour le secteur public si leur choix de carrière était à refaire ».] Le travail n’est pas leur identité, c’est juste un espace et un temps délimité dans leur existence. La génération Y ne voit pas pourquoi une entreprise ne pourrait pas faire des concessions comme de leur permettre de travailler d’où ils veulent, de s’adapter à leurs horaires, de permettre des communications plus souples et moins hiérarchisées au sein de l’entreprise, ainsi que de leur offrir un environnement de travail plus fun. Bien sûr, peu d’entreprises sont en mesure d’offrir cela, et les mutations qui leur sont demandés pour en arriver là sont bien souvent irréalistes, ce qui ne fera guère que générer de la frustration et fera basculer bon nombre d’entre elles vers un vieillissement inéluctable et à terme funeste. Pour ceux - car il y en a - qui s'investissent dans leur travail, et particulièrement pour les plus doués, il se retrouvent souvent à remettre en question de façon tellement profonde l'organisation de leur entreprise qu'ils posent des problèmes insurmontables à leur hiérarchie, au point que celle-ci préfère souvent se passer d'une telle disruption et rester dans le passé que de changer pour faire la place à une forme de modernité trop perturbatrice.

Leur sens de la hiérarchie est différent

Ils ne suivront pas aveuglément vos ordres parce que vous êtes le patron. Aux Etats-Unis, les managers de la génération X la surnomment souvent la ‘generation “Why”’ (Y et ‘Why’ se prononcent de la même façon en anglais), pour souligner le fait qu’ils ont systématiquement besoin d’être convaincu de quelque chose pour l'exécuter, et qu’ils ne cessent de questionner leur hiérarchie sur le bien fondé de chaque décision. Ce n’est pas de l’insubordination, c’est juste une mutation dans la perception de la hiérarchie, et c’est également un challenge pour le management, qui doit s’adapter sous peine de voir la sacro sainte productivité chuter du fait d’une absolue démotivation de ses troupes. La hiérarchie, au sein des système sociaux qui font leur quotidien, est déterminée, en grande partie, par la reconnaissance qu’a le groupe de la compétence d’un leader, et non par le simple fait de son positionnement sur un organigramme. Le modèle managérial de Google, qui que l’on en pense, est un reflet fidèle de ce constat. En France, la pression du chômage permet d’imposer des méthodes managériales d’une autre âge, mais dans d’autres pays moins touchés, le management à l’ancienne a provoqué des catastrophes en terme de RH, au point de faire exploser les chiffres de turnover comme jamais auparavant.

Ils ont une conscience sociale

La bonne nouvelle, c’est que cette génération connait beaucoup moins les frontières que les précédentes. Le réseau internet, leur réseau social, la connexion permanente et les communautés pour tout et n’importe quoi ont transcendé la notion de frontières. Il reste bien dans certains pays des frontières linguistiques, mais même là, on trouve des intermédiaires qui se chargent d’assurer un rôle de passerelle pour leur donner accès à une culture globale de conscience sociale.

L’actualité et la politique n’est plus la même

La génération Y, contrairement à ce que leurs ainés aiment à croire, est sensible à la politique (pas celle de leurs ainées, ceci dit), aux problèmes sociaux et écologiques (qu’ils auront, eux, à affronter de leur vivant), et leur implication militante à travers internet est en pleine croissance, donnant, par là même, naissance à une nouvelle forme de militantisme. Ils lisent beaucoup l’actualité, mais pas dans les journaux, ce qui explique en grande partie la déconfiture de la presse, habituée à un monopole dans la diffusion d’information. Dans de nombreux pays (pour ne pas dire la plupart), leur confiance dans les média est très faible, ce qui les a poussé à s’informer autrement, et pour les plus aguerris d’entre eux, à prendre en charge - seuls ou collectivement - ce qui était naguère le travail du journaliste : la vérification des sources et des conflit d'intérêts potentiels du média qui leur parle. En France, Hadopi et sa couverture par les média a détruit en grande partie ce qu’il restait de relation de confiance entre la génération Y, très avide d’informations sur le sujet, et les média traditionnels, qui ont fait un blackout complet sur le sujet jusqu’au dernier moment.

La génération Y et la technologie

Parce qu’elle a grandi avec internet, la génération Y est le moteur principal de l’évolution du web et façonne son avenir. Ce que la génération Y attend du web sera le web de demain. Quand un service est utilisé en masse par cette génération, on estime en général qu’il connaitra un succès globale massif, en grande parti parce que les frontière culturelles ne sont plus les mêmes au sein de cette classe d’âge, mais aussi parce qu’elle représente une part sans cesse croissante des utilisateurs d’internet en âge d’être ‘monétisés’. Les rares exception à cette règles (comme Twitter) suscitent des abimes de perplexité de la part des plus grands spécialistes, mais la règle de tout service qui rêve à un succès global est de s’attaquer au plus vite à la génération Y pour faire la preuve de son potentiel.

La télévision sur internet

Même si regarder la télévision sur le net est une activité invraisemblable pour la génération des baby boomers, la génération Y est tout à fait confortable avec cette idée. La course que font YouTube, Hulu, Dailymotion et d’autres pour obtenir les droits de diffusion des séries télé devrait, à elle seule, être un puissant indicateur. Leur façon de contrôler le déroulement du temps sur des programmes audiovisuels est aussi très particulière : ils ne cessent de naviguer - en avant ou en arrière - au sein d’un programme audiovisuel, la même chose est d’ailleurs valable pour la musique. Une étude récente a mis en avant le rôle proéminent de la génération Y dans l’arrivée de la télévision sur le web, où ils représentent un tiers de ses utilisateurs à eux seuls. 62% d’entre eux ont regardé un programme télévisé sur le web en entier, contre 41% pour la génération X et 32% pour les baby boomers.

La socialisation est au dessus de tout, mais sous contrôle

La génération Y pense que la vie privé est un problème de vieux cons (c’est une citation), 54% ont utilisé MySpace, Facebook ou un autre réseau social, et la plupart ont appris à la dure que publier n’importe quoi en ligne peut vous revenir à la figure violemment. Avec l’âge, ils ont réalisé que blogger le moindre évènement de leur vie ou publier des photos quelque peu embarrassantes pourrait leur poser problème le jour où ils chercheront un emploi, et ils s'intéressent de plus en plus à la gestion de la vie privée sur les réseaux sociaux. Ils gèrent de plus en plus finement leur réseau social, en prenant soin de ne pas y inclure leurs parents ou leur patron, par exemple, même si, ça et là, des anecdotes croustillantes sur les quiproquo lié à une mauvaise gestion de leur vie privée en ligne continuent (et continueront) de fleurir. Ceci dit, on dénombre au mieux une anecdote de cet ordre tous les mois, sur 250 millions d’utilisateurs de Facebook, force est de constater que cela ne représente pas grand chose. Ils sont ravi de partager à outrance, c’est même là l’une de leur caractéristiques majeures qui pourrait bien de se transformer sous peu en conflit générationel comme on n’en a pas connu depuis longtemps, tant cette pratique est aussi mal vu par la génération au pouvoir que pouvait l’être les mini jupes par Yvonne De Gaulle. Le partage est synonyme de pouvoir au sein de cette génération, quel que soit ce que l’on partage : connaissance, liens, compétences ou musique, au sein d’un cadre privé ou professionnel, le pouvoir s’acquière par le partage là où le fait de posséder sans partager était lié au pouvoir des anciennes générations, qui ont vécu dans une économie de la rareté et ne comprennent rien à l’économie de l’abondance propre au numérique.

Le marketing doit changer

La génération Y connait bien les média et leur fonctionnement, elle est parfaitement consciente d’être la cible du marketing et sait décrypter ses messages. Les marques qui arriveront à les toucher à l’avenir seront celles qui sauront établir un dialogue, admettre leurs erreurs, et devenir plus transparentes (il existe des exceptions notables ceci dit). Les sites web des entreprises qui attireront cette génération ressembleront demain aux sites communautaires d’aujourd’hui, et la mutation est infiniment plus complexe que d’ajouter de simples commentaires et un blog. Le réseau social deviendra quelque chose de courant dans de tells entreprises, les blog un moyen courant d’interagir avec leur clientèle, les call center une chose du passé, réservée aux anciens. Les moyens pour rester en contact avec cette génération devront sans cesse évoluer, afin d’être en phase avec des usages qui, eux, évoluent sans arrêt. Dans certaines entreprise, comme Microsoft, c’est une large partie des employés qui bloggue, assurant ainsi le rapport entre la société et ses clients, et permettant à ces dernier de trouver un interlocuteur bien plus apte à répondre à leurs attentes qu’un téléopérateur perdu dans un call center à l’autre bout du monde. Bien sûr, cela implique un certaine perte de contrôle, un confiance au sein de l’entreprise, une autre façon de fonctionner, et s’arrêter à ce constat serait n’apercevoir que la partie émergée de l’iceberg. Dernière chose, le marketing viral est un marketing comme un autre, mais il est essentiellement destiné aux annonceurs, et permet aux agences de leur vendre quelque chose pour pallier à leur angoisse d’avoir perdu tout contact avec la génération Y, aucune formule magique, aucun cataplasme sur la jambe de bois qu’est devenu le marketing des années 80 ne viendra pallier au fait que c’est l’ensemble du marketing qui devra être repensé pour s’adresser à cette génération.

Les outils professionnels doivent s’inspirer des outils web

La génération Y sera le moteur de l’entreprise 2.0, de ses produits et de ses services. La génération Y s’attend à ce que le monde de l’entreprise leur offre des outils aussi puissants et efficaces que ceux qu’ils utilisent sur le web (pas Lotus Notes, et encore moins des méthodologies de partage de fichiers gravées dans le marbre - ou sur une fiche bristol - depuis vingt ans). Si la socialisation sur Facebook leur permet de trouver de nouveaux prospects pour une soirée qu’ils organisent ou le scooter qu’ils cherchent à vendre, ils auront le plus grand mal à comprendre pourquoi on les empêche d’en faire autant au travail. Dans beaucoup de sociétés dont le département informatique se cramponne à une technologie hors d’âge (en terme d’usages, entendons nous), les plus jeunes n’hésiteront pas à contourner les outils qu’on leur impose pour mettre en place les leurs, au risque de générer des gains de productivité que l’entreprise sera bien incapable d’expliquer et plus encore de généraliser. Certaines rares sociétés ont instinctivement compris cela, c’est le cas, par exemple, de Publicis Conseil, dont les outils de Knowledge Management ont fait place à l’utilisation d’un wiki, à l’initiative de manager issus de la génération Y, où Skype a pris une place importante dans des méthodes de travail directement inspirées de pratiques issues de la vie privée, le tout avec la bénédiction d’une direction qui, même si elle ne comprenait pas forcément ce qui était en train de se passer, savait instinctivement qu’elle avait tout intérêt à ce que la génération Y (et les plus visionnaires de la génération X) réinvente une société devenu poussiéreuse. Pour les autres entreprises, qui voudraient comprendre comment la génération Y voudrait voir son environnement de travail évoluer, le guide de Sacha Chaun est une excellente introduction (destiné à IBM jusqu’ici, mais bien évidement partagé).

Les sites web devront faire avec une attention plus réduite

Fini les longs texte (ce qui n’est pas pour nous arranger ici chez RWW). Du fait d’un harcèlement constant de la part des média, l’attention que la génération Y vous accordera sera bien plus réduite que celle que vous accordait leurs ainés. Ils passent d’un sujet à l’autre avec une facilité déconcertante, et non, ce n’est pas un drame ou la fin de l’intelligence, c’est juste différent. Il faudra s’adapter, au même titre que les média et le monde du travail s’est adapté à des mutations tout aussi radicale lors de changement générationels antérieurs.

Le mobile sera roi

La génération Y est collée à son mobile, beaucoup estiment d’ailleurs que le prix des forfaits mobiles en France, l’un des plus élevés au monde, est en large parti responsable de la chute des ventes de CDs. Cette génération utilise le mobile pour socialiser, et d’une façon très différente de ses usages sociaux sur PC. Steve Ives, le PDG de Taptu, dans un livre blanc intitulé “Rendre la recherche sociale : libérer la recherche pour la génération mobile”, écrivait en conclusion que “...la génération Y, qui voit le mobile comme un outil de socialisation avant tout et d’information de façon accessoire, n’utilise pas la recherche sur mobile comme nous nous y attendions, mais elle l’utilisera pour accéder aux réseau sociaux”. Facebook ne s’y est pas trompé et investi beaucoup d’effort dans ses applications mobiles. Beaucoup - j’en fais parti - pensent que Facebook, à travers l’acquisition de Friendfeed, part en guerre non pas contre Twitter mais contre Google, l’arme de cette bataille sera sans conteste le téléphone mobile, et les soldats seront issus de la génération Y.

Au final...

Ignorer la voix de la génération Y est quelque chose qui n’est pas sans risques. Que ce soit pour un gouvernement ou une entreprise, c’est tourner le dos à son avenir et risquer une confrontation dont on ne peut sortir vainqueur. Que vous cherchiez à vendre un produit, à recruter ou à recueillir leur vote, il faudra se faire à leurs usages et à leur culture, et ceux-ci sont radicalement différents. Tenter de les forcer à adopter la culture de leurs ancêtres n’a pas plus de chances de réussir que de forcer les enfants des années 70 a adopter l’uniforme à l’école, ceux qui s’y sont essayé se sont cassé les dents. Il est encore temps de les accueillir plutôt que de les affronter, car quoi que vous fassiez, le monde leur appartient.

(photo d'ouverture CC par Erin MC hammer)

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http://fr.readwriteweb.com/2009/09/08/analyse/generation-y/feed/ 126
Université Pierre et Marie Curie, une rentrée très numérique http://fr.readwriteweb.com/2009/09/01/usages/universit-pierre-marie-curie-une-rentre-trs-numrique/ http://fr.readwriteweb.com/2009/09/01/usages/universit-pierre-marie-curie-une-rentre-trs-numrique/#comments Tue, 01 Sep 2009 05:24:33 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=5085 upmc Au sein de l’université Pierre et Marie Curie, première université scientifique et médicale Française, le SGTICE a pour mission d’accompagner les mutations de l’enseignement liées aux nouvelles technologies et de mettre à la disposition des enseignants et des étudiants de nouveaux outils numériques (disclaimer : mon père, Yves Epelboin, est le directeur du SGTICE, voilà, c’est dit).

Les cours magistraux en vidéo

Depuis trois ans, le SGTICE filme et diffuse en ligne la totalité des cours des quatre deux premières années de médecine. Les étudiants peuvent ainsi les voir de chez eux, en direct ou en différé, en se connectant sur leur espace personnel sur le site  «http://mon.upmc.fr». Avec plus de 600 heures de cours enregistrés chaque année, l’objectif est avant tout d’apporter aux étudiants, parfois tributaires de conditions de transports difficiles en région parisienne ou obligés de travailler pour payer leurs études, un peu de souplesse dans leur organisation. Qui plus est, le nombre d’élèves en première année de médecine ne permet tout simplement pas de les faire tous entrer dans un seul amphi. La solution de la vidéo était, ici, la seule à pouvoir apporter une réponse.

Un environnement collaboratif dédié à l’enseignement

Les cours de médecine sont aujourd’hui ceux qui utilisent le plus la vidéo, et représente une large partie des vidéo disponibles aujourd’hui, mais les sciences dures, elles, sont plus avancées dans l’utilisation de la plateforme d’enseignement à distance. A terme, c’est l’ensemble des enseignements de la fac qui trouvera dans ces technologies d’elearning un prolongement naturel. Il ne s’agit en aucun cas - assure le patron du SGTICE - de préparer le remplacement des cours classiques, mais d’offrir une souplesse aux élèves dont les horaires imposés par les cours ne se concilient pas avec un emploi ou des conditions de transport difficiles. Chaque étudiant dispose, sur mon.upmc.fr d’un un espace d’échanges entre enseignants et enseigné, en place depuis 2000 et sans cesse amélioré, notamment, lors de la rentrée 2007, avec l’introduction d’une nouvelle plateforme technologique, Sakai. Les étudiants peuvent y trouver des documents et des compléments de cours (cours, tests et quizzes, devoirs, chat...) mis en ligne par leurs professeurs. Ils ont aussi la possibilité de déposer leurs devoirs et d’échanger avec leurs professeurs par email, par chat ou à travers un forum. Certains enseignants assurent même le contrôle continu des connaissances de leurs élèves à travers cette plate-forme. Les échanges y sont nombreux : 11 000 étudiants s’y connectent régulièrement tout au long de l’année, et 450 cours trouvent un prolongement naturel sur cet espace d’échanges. Les serveurs enregistrent des pics de connexion à l’heure des cours qui y sont diffusés en direct, avec plus de 700 connections simultanées, et tournent avec 80 à 150 connexions simultanées de 7h du matin jusque tard dans la nuit, 7j/7.

Le nec plus ultra des plateforme d’elearning... est en open source.

Tous les cours disposent de documents en ligne, une partie d’entre eux est référencée dans Savoir en Ligne. au sein d’une plateforme d’elearning open source particulièrement évoluée appelée Sakai. L'université est le premier partenaire de Sakai en France et en fait l’utilisation la plus aboutie au sein de l’enseignement Français, l’université est également un gros contributeur à la communauté open source Sakai. Mais Sakai ne s’arrête pas à l’elearning puisque la plateforme revendique la fonction d’outil collaboratif à destination du monde de la recherche. On peu imaginer que ces fonctionnalité seront tôt ou tard mis en œuvre et utilisés par les très nombreux chercheurs de l’Université, l’elearning n’étant que le commencement d’une utilisation bien plus vaste des outils collaboratifs au sein de l’Université.

Cours interactifs

L’Université met également à disposition des étudiants une quinzaine de salles informatique où les élèves peuvent consulter des cours interactifs sur le web en libre service. Tout au long de l’année, et de façon plus soutenue en périodes d’examens, des ateliers de révision sont organisés. Ils permettent aux élèves de revoir certaines matières ou sujets via ces cours interactifs, tout en étant accompagnés par un enseignant. L’objectif, ici, est de ne pas les laisser seuls devant leur écran et de leur offrir de la pédagogie, un accompagnement humain. itunes-universite

iTunesU, les cours désormais disponibles en mobilité

Les cours filmés sont désormais accessibles sur iTunes, à la façon des cours mis en ligne par une multitude universités à travers le monde comme Yale ou Oxford. Tous les cours ne sont malheureusement pas disponibles publiquement, beaucoup d'entre eux ne peuvent être visionnés que sur le portail de l'université et sont réservés aux étudiants qui se sont identifiés avec un mot de passe. La principale raison pour restreindre ainsi leur accès est le problème des copyrights, qui ne sont toujours pas résolus : les cours utilisent très souvent des documents repris d’ouvrages qui sont protégés par le copyright, et contrairement à ce qu’il se passe en Allemagne, l’usage de document copyrighté à des fin pédagogiques n’est pas autorisé (c’était pourtant inscrit dans la loi DADVSI).

Le futur s’annonce tout aussi numérique

A venir sous peu (nous y reviendrons), la visio conférence sera disponible pour tous, à partir de son poste personnel, sur le lieu de travail ou au domicile. Cela fonctionne déjà pour le personnel de l’université et sera accessible aux élèves d’ici un mois. L’ambition est de mettre en place un véritable tutorat à distance, l'université Pierre et Marie Curie est la première université au monde à généraliser cet outil, réalisé sur la base du projet EVO, issu du Caltech et du CERN. Basé sur le réseau de supercalculateur utilisé par le LHC (Large Hadron Collider) dont nous vous parlions l’année dernière. Des outils Web 2.0 sont également à l'étude, mais ils ne seront pas mis en service avant 2010 ou 2011.]]>
http://fr.readwriteweb.com/2009/09/01/usages/universit-pierre-marie-curie-une-rentre-trs-numrique/feed/ 11
Le guide des bonnes manières sur Facebook http://fr.readwriteweb.com/2009/08/17/usages/guide-des-bonnes-manires-sur-facebook/ http://fr.readwriteweb.com/2009/08/17/usages/guide-des-bonnes-manires-sur-facebook/#comments Mon, 17 Aug 2009 08:41:39 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=4823 Il y aurait de quoi écrire de nombreux articles, mais cette vidéo résume très bien - et de façon bien plus drôle qu'un article - les bonnes pratiques concernant l'usage de Facebook dans un couple... (trouvée via @semioblog)]]> http://fr.readwriteweb.com/2009/08/17/usages/guide-des-bonnes-manires-sur-facebook/feed/ 2 Twitter dans les amphis http://fr.readwriteweb.com/2009/07/28/usages/twitter-dans-les-amphis/ http://fr.readwriteweb.com/2009/07/28/usages/twitter-dans-les-amphis/#comments Tue, 28 Jul 2009 06:36:17 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=4447 Les profs essayent depuis toujours de combattre l’apathie des étudiants qui se retrouvent en nombre dans des amphis bondés, et l’expérience réalisée par Monica Rankin, une prof d’Histoire de l’Université du Texas à Dallas est particulièrement intéressante. Monica Rankin, à l’aide d’un hashtag qui change chaque semaine, organise les commentaires, les question et les feedbacks de ses étudiants, qui utilisent Twitter durant ses cours. Certains utilisent leurs ordinateurs portables, d’autres des smartphones ou simplement des SMS, d’autres encore de simples morceaux de papier qu’ils passent à ceux qui ont un ordinateur. Les Tweets de la classe sont projetés avec un vidéoprojecteur, à la façon de certaines émissions de télévision qui ajoutent, incrusté à l’écran les SMS des téléspectateurs pour établir une interactivité avec le public. Mais ici, le public est dans la salle, et les Tweets sont utilisés comme référence par la suite pour faire des comptes rendus, des travaux pratiques ou autres devoirs. Les résultats sont pour l’instant, de l’aveu même de Monica Rankin, variables, mais il est clair selon elle que les étudiants sont plus impliqués et participent plus aux cours qu’à l’accoutumé. C’est toujours étonnant de voir un professeur admettre que “cela va être bordélique, mais ce n’est pas mauvais pour autant”. Bienvenue dans le web social, c’est bien comme cela qu’il convient de l’aborder. Rankin a écrit quelques pages intéressantes sur l’expérimentation qu’elle mène, elle y rapporte que “la plupart des professeurs sont d’accord pour dire qu’un auditorium plein d’élèves n’offre pas beaucoup d’options en matière de pédagogie, c’est soit un cours magistral, soit un cour magistral. La plupart des profs admettent également que le cours magistral n’est pas la façon la plus efficace d’enseigner. Je cherchais une façon d’y ajouter quelque chose de plus centré sur l’élève en terme de pédagogie”. L’expérience de Rankin n’est pas unique, une autre, qui a lieu à la University Park de Pennsylvanie a fait l’objet d’un article dans le Chronicle of Higher Education. Une autre encore est en cours à la Marquette University, et Jane Heart, une consultante en science de l'éducation, tient à jour une liste de plus de 1000 expériences pédagogiques utilisant Twitter. Plus près de nous, en Angleterre, un document issu de l’Education Nationale en mars dernier incitait à l’utilisation d’outils comme Twitter et Wikipedia dans les salles de classe. L’internet est bel et bien en train de changer en profondeur la pédagogie, il n’y a aucune raison pour que l’on n’assiste pas, là comme ailleurs, à une explosion des performances et de l’efficacité dans l’art d’enseigner (disclaimer : mon père est responsable de l’elearning à l’université Paris VI-VII). Twitter est particulièrement disruptif, ceux qui n’aiment pas (ou plus) le changement l’on bien noté. Le voir comme le dernier truc à la mode est l’assurance de passer à coté de quelque chose d’important, et répétons le, ce n’est pas quelque chose que l’on peu comprendre en quelques heures. La courbe d’apprentissage est très longue, même s’il ne faut qu’une ou deux minutes pour en saisir le fonctionnement.]]> http://fr.readwriteweb.com/2009/07/28/usages/twitter-dans-les-amphis/feed/ 25 Facebook au travail : utile ou pas ? http://fr.readwriteweb.com/2009/07/23/a-la-une/facebook-au-travail-utile-ou-pas/ http://fr.readwriteweb.com/2009/07/23/a-la-une/facebook-au-travail-utile-ou-pas/#comments Thu, 23 Jul 2009 05:03:43 +0000 Sarah Perez http://fr.readwriteweb.com/?p=4519 Difficile de se faire une opinion, ou tout du moins de s’y tenir, tant les avis divergent sur le sujet. Certains pensent que Facebook n’est plus ce qu’il a longtemps été, une perte de temps en terme de productivité, tout juste bon à envoyer des pokes ou faire des jeux stupides entre amis, mais que le plus grand réseau social de la planète est devenu un composant de la communication entre collègues de travail et au sein des équipes. Il n’y a pas longtemps, nous faisions état d’une étude qui rapportait que les réseaux sociaux étaient de mieux en mieux acceptés au sein de l’entreprise, cette étude montrait que près de la moitié des professionnels dans le secteur des technologies voyaient Facebook comme quelque chose d’utile dans un cadre professionnel. Mais selon Nucleus Research, qui a publié un rapport la semaine dernière sur le sujet, Facebook causerait aux entreprises 1,5% de leur productivité. Diantre. Voilà de quoi inquiéter bien des patrons qui réalisent que, lors d’une traversée inopinée d’un open space, Facebook est devenu un élément du quotidien de leurs employés.

Facebook, un perte de productivité ?

Selon l’étude de Nucleus Research, les employeurs perdent 1,5% du temps de travail de leurs employés à cause du temps passé à utiliser Facebook. Pour calculer un tel chiffre, Nucleus a interrogé un échantillon sélectionné au hasard de 237 travailleurs du tertiaire. Les résultats révèlent que près des trois quart de ceux qui utilisent Facebook le font durant leurs horaires de travail, et qu’ils restent sur le site pour une durée moyenne de quelques minutes par jour. Bien que certains affirment que Facebook soit en train de devenir un outil professionnel, très peu des personnes interrogées lors de cette étude ont prétendu qu’elles utilisaient Facebook à ces fins, au contraire, 87% des personnes interrogées ont affirmé que le temps passé sur Facebook au travail n’avait aucun but professionnel. Bien sûr, on pourrait objecter que l’échantillon est assez petit, et qu’en tirer des conclusions est difficile, même si cela n’a pas arrêté Nucleus. Ils concluent même leur étude en suggérant aux entreprises de mettre en place un règlement intérieur concernant Facebook, dans la mesure où “bloquer Facebook pourrait donner lieu à un gain de productivité de 1,5%”. (et améliorer le climat social ?).

Pas si sûr...

Nucleus Research voit les choses par le petit bout de la lorgnette, alors, comme souvent lorsque l’on a à faire à des recherches sorties de nulle part et dont les bases scientifiques sont discutables, on se tourne vers de vrai chercheurs, chez R/W, et c’est à l’Université de Melbourne, chez le professeur Brent Coker que nous avons trouvé de quoi pondérer l’avis de Nucleus. Il a lui aussi interrogé un petit échantillon de travailleurs du tertiaire (300, à peine 40% de plus que Nucleus), mais il est arrivé à une conclusion différente. Il a trouvé que les personnes qui prennent de petites pauses entre leurs tâches augmentaient leur productivité de 9% par rapport à leurs collègues qui ne le faisaient pas. “Cela leur permet de remettre en marche leur concentration”, dit Coker. Cela signifie que les société qui bloquent Facebook ou MySpace ne font, en pratique, que diminuer leur productivité. Par ailleurs, les employés, qu’ils disposent de Facebook ou pas, on toujours trouvé des moyens de faire des pauses au bureau. Avant les réseaux sociaux, même avant les ordinateurs. Souvenez-vous, les machines à café ont longtemps été des lieux dédiés à de telles pauses, et le restent encore dans beaucoup d’entreprises. Faut-il supprimer le café également ? Interdire les employés qui fument des cigarette pendant les heures de travail ? Facebook, à coté de ces autres types de pauses, semble bien inoffensif pour la productivité des employés, qui plus est, si ceux-ci développent une activité professionnelle dessus, il n’est pas interdit de penser qu’il finira même par être utile.

(traduit d'un article de Sarah Perez, photo CC de Laughing Squid)

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http://fr.readwriteweb.com/2009/07/23/a-la-une/facebook-au-travail-utile-ou-pas/feed/ 23
[Màj] Les netbooks ont-ils de l’avenir ? http://fr.readwriteweb.com/2009/07/07/analyse/les-netbooks-ontils-de-lavenir/ http://fr.readwriteweb.com/2009/07/07/analyse/les-netbooks-ontils-de-lavenir/#comments Tue, 07 Jul 2009 13:30:46 +0000 Damien Douani http://fr.readwriteweb.com/?p=4305 Un netbook, vous voyez à quoi ça ressemble ? Les avis divergent, certains leur promettant un avenir pareil à celui des barebones (en gros, c’est une mode qui va passer), et d’autres au contraire leur imaginant un avenir radieux (avec des ventes explosant à 8 millions d’unités en 2009 et 50 millions en 2012 d’après Gartner). La vérité se trouve plutôt dans l'émergence d'un nouveau segment de marché, qui ne va cesser de se renouveler avec de nouvelles machines répondant à trois impératifs : mobilité, connectivité et simplicité.

Pourquoi ça va continuer de cartonner ?

Les industriels vont investir en force ce segment car c’est le seul relais de croissance d’un marché des PC en baisse inexorable : -12% en volume cette année en prévision, et une baisse en valeur due à la basse des prix, ayant pour conséquence une baisse des marges. En cause : la virtualisation des serveurs (qui fait que les entreprises investissent moins), la réduction du pouvoir d’achat, le report sur des machines plus spécialisées (consoles)… Bref, va y avoir des morts. Or le segment des netbooks sont en passe de prendre 10% de parts de marché. Dans un premier temps injustement dénigrés, tels une Logan de l’informatique, ils deviennent aujourd’hui le must des ventes dans un secteur en mal de croissance. Pourquoi un tel engouement pour ces micro-ordinateurs portables ? Le prix plancher (autour de 400 euros), l’usage nomade démocratisé (wifi, clé USB 3G…), la puissance tout ce qu’il y a de convenable, l’autonomie (entre 2h30 et 5h), l’encombrement (plus petit qu’une feuille A4) et le poids (entre 0,9 et 1,2kg). Et je vous le fais en blanc, noir ou rose pour le même prix. L’outil nomade par excellence, polyvalent, pratique, pour taper un texte, retoucher une photo ou regarder un film. De plus, le faible prix d’entrée en fait un outil idéal pour un premier équipement, voire un deuxième ou troisième ordinateur pour ceux déjà équipés. Clientèle privilégiée : le grand public à 70%, qui va rechercher encore plus la simplicité et le design, d’où l’apparition d’écrans tactiles qui vont certainement se démocratiser à partir de 2010.

L’échec (provisoire ?) de Linux

Côté praticité, on pourrait regretter que Linux n’est pas réussi à s’imposer alors qu’il y avait une carte à jouer face à Windows. Les fabriquants tels Asus ont bien essayés de développer une version spécifique pour leurs machines, mais en vain : les utilisateurs veulent du Windows. Ou plutôt, Microsoft a su faire face en maintenant son XP en vie, et les fabricants se sont mis à proposer Windows afin de ne pas entacher leurs machines d’une image d’ordinateurs destinés aux geeks. Car c’est là que le bas blesse : utiliser Windows sur ces machines n’a pas de sens. La solution serait un Linux avec un « vrai»  caractère (en termes d’interface, de design, d’ergonomie) tirant pleinement partie de ces petites machines comme l’allumage instantané, ou bien l’atténuation de la frontière entre les informations stockées dans l’ordinateur et celles disponibles en ligne. Quelques versions commencent à sortir du lot, mais tant qu’il ne sera pas facile d’installer des applications sans faire appel à une ligne de commande et une instruction <sudo>, cela sera peine perdue. En ce sens, Jolicloud et Moblin semblent aller dans cette direction, apportant une interface très différente des interfaces Windows et simplifiant les usages en proposant des "packages" de logiciels. [EDIT] Sans compter l'arrivée du Google Chrome OS, dont on n'a rien vu pour le moment si ce n'est qu'il sera connecté et permettra d'intégrer au mieux les Google Apps. Afin de mieux se rendre compte de ce qu'est l'adoption de Linux par un pur béotien, je vous conseille la lecture de ce "journal d'un novice", désormais disponible en PDF, qui narre au quotidien la découverte d'Ubuntu par un utilisateur lambda. Quant à l’installation de versions spécifiques de Mac OS pour faire de ces machines des MacBook nano « hackintosh» , elle reste marginale mais se fait de plus en plus : on voit apparaître une sorte de « complicité»  entre les fabricants (notamment MSI) et les hackers afin de rendre de plus en plus facile l’installation via du hardware compatible. Apple semble laisser faire pour le moment, certainement partagé entre la curiosité de voir si cela prend, s’il y a un potentiel pour son OS en dehors de ses machines, et l’envie de protéger son originalité.

Un positionnement délicat

Les netbooks et les bas de gamme des notebooks se rapprochant en termes de prix (pour des fonctionnalités bien différentes en revanche), une cannibalisation serait possible en 2010. D’où la nécessité d’étendre au maximum le champ de ces petites machines, en les liant notamment à des abonnements 3G, ou bien en le vendant dans des canaux autres que les magasins spécialisés. Sans oublier Apple, qui risque à nouveau de révolutionner le segment en proposant une machine proche de l’iPhone dans sa simplicité, tactile, et d’un format de type tablette (10 pouces). Autre axe : l'hybridation de segments par l'apparition de Smartbooks (comme le Tabbee par exemple), les Netbooks transformables en TouchTablet (Always Innovative), voire... les SmartDevices comme le eeeKeyboard d'Asus, sorte de clavier intégrant un Netbook grand comme un iPhone !

Une démocratisation de l’informatique

C’est le véritable apport de ces netbooks : rendre l’informatique accessible, par le prix, la simplicité et la robustesse. Pour preuve cette publicité d’Asus, très « petite maison dans la prairie»  (personnellement, je déteste, cela me fait penser à des pubs asiatiques réalisés pour le marché américain, tous les poncifs y sont), mais qui souligne plus les usages possibles que la technologie employée : il n’est fait aucune mention de la taille de la RAM ou du disque dur, et encore moins de logo Intel inside à la fin. ]]>
http://fr.readwriteweb.com/2009/07/07/analyse/les-netbooks-ontils-de-lavenir/feed/ 21
Hacking & Institutions http://fr.readwriteweb.com/2009/06/26/divers/hacking-institutions-une-interview-de-philippe-langlois-du-tmplab/ http://fr.readwriteweb.com/2009/06/26/divers/hacking-institutions-une-interview-de-philippe-langlois-du-tmplab/#comments Fri, 26 Jun 2009 18:10:17 +0000 Audrey Bartis http://fr.readwriteweb.com/?p=4167 Le deuxième Hacker Space Festival s'est ouvert aujourd'hui à Vitry sur Seine, au /tmp/lab, l'un des hacker spaces les plus actifs et importants de France. J'ai pu rencontrer et interviewer Philippe Langlois, un des membres fondateurs du /tmp/lab dans le cadre de l'ouverture de cet évènement qui va rassembler, pour cinq jours, plus de 200 hackers, geeks et artistes de toute l'Europe et même d'un peu plus loin. Ayant croisé différents membres du lab dans des institutions parisiennes ces dernières semaines, il a semblé important de faire cette interview pour lui permettre de positionner ses activités et celles du /tmp/lab dans un cadre d'une visibilité de plus en plus importante. Pourriez vous vous présenter et nous parler de vos activités au sein du /tmp/lab ? Je suis un des co-fondateurs du /tmp/lab. je m’occupe de différents projets, notamment de l’organisation du Hacker Space Festival. Je participe à différents projets au sein du lab, comme le projet Rep-Rap (une machine qui fabrique des objets physiques comme une imprimante en 3D),ou d’autres projets orientés sur la recherche en sécurité (wifi et applications hostiles), et j’ai aussi des activités artistiques. En fait, je dirais que je suis un chercheur en informatique appliquée à l’art, à la technologie et à la société, pour la société civile. Vous ne vous définissez pas comme « hacker » ? Non, je ne crois pas. Il y a des gens qui m’appellent hacker, mais on ne se définit pas comme hacker. Comme on ne se définit pas artiste, normalement… On peut, on s’en fout, mais le plus juste c’est de regarder factuellement ce que l’on fait.  « Hacker » c’est une notion tellement vaste qu’il existe aujourd’hui des guerres pour définir ce que c’est. Comme on ne peut jamais vraiment savoir sur quelle base la personne à laquelle on parle va comprendre ce terme, autant rester le plus factuel possible sur ce que l’on fait. Pour être précis, je dirais que dans mes activités, j’ai un côté recherche, j’ai un côté entrepreneuriat avec des sociétés qui se développent économiquement, et j’ai un côté plus artistique, avec des essais et des propositions de positions très concrètes liées à la surveillance, à l’exclusion, au droit, à l’autorité… On aurait tendance à associer les hacker spaces à des lieux non-officiels, ou à des « non-institutions », pourquoi le /tmp/lab est-il récemment apparu dans différentes institutions officielles – voire étatiques - comme l’Institut National d’Histoire de l’Art ou le Palais de Tokyo ? Il y a plusieurs courants de fonds. Il y a un premier courant de fond que j’appellerai « hype »,  mais qui n’est pas dit dans un sens péjoratif, au sens où c’est un focus de l’actualité sur un phénomène qui se développe et se justifie lui-même par le biais des institutions qui le supporte. Il y a une métaphore du pont qui s’applique dans ce cas, car on vit de très belles rencontres avec certaines personnes de ces institutions : il y a une rencontre entre deux îlots qui de points de vue organisationnel ou culturel n’ont pas grand chose à voir l’un avec l’autre. Ensuite, dans notre rapport aux institutions, il y a une connexion qui s’établit par le biais des questionnements qu’elles se posent. Nous répondons à ces questions de façon non-alignées aux codes communs. On pourrait employer ici la métaphore de l’avocat qui pour défendre une société face à une autre doit apporter des solutions créatives et des alternatives inédites. Plus cette société engagera d’avocats différents, avec des cerveaux différents, plus elle aura de moyens de gagner, même si les deux sociétés adversaires sont soumises aux mêmes lois… Auprès des institutions, nous avons ce rôle d’apporter une vision différente sur un problème donné. Enfin, il y a aussi cette idée de « réintégration » du hacker, et cela pose naturellement question sur notre position dans nos relations avec ces institutionnels… En effet, n’est-ce que ce n’est pas une contradiction, cette rencontre entre le hacking et les institutions ? Oui c’est un paradoxe. Ce paradoxe est lié à une volonté et au contexte historique. Dans ce contexte historique, il faut comprendre combien la situation des hackers a beaucoup changé depuis l’émergence des hackers spaces (puisqu’il y en a environ 150 qui se sont créés l’année dernière) et l’histoire particulière des hackers spaces et des clubs de hackers en France. Un premier club de hackers a été monté par la DST dans les années 1990, il s’appelait le Chaos Computer Club de France, n’avait aucun lien avec le Choas Computer Club allemand, et était en réalité une émanation des services secrets français pour récupérer des informations et faire travailler des gens sur leurs projets un peu douteux. Du coup, nous sommes de fait obligés d’aller vers le public pour corriger cette image de « faux hacker » créée par la DST, et pour renforcer la connaissance réelle sur le hacking, en contrebalançant la connaissance médiatique qui avait été diffusée à l’époque. Nous cherchons aussi à tisser de nouveaux liens avec les autres hackers spaces à l’étranger pour montrer ce que l’on fait et échanger. Il y a aussi une question de valeurs : dans le /tmp/lab, nous sommes dans une dynamique de liberté, nous fonctionnant en cellules, en cherchant à ne pas faire trop grossir l’ensemble. Nous cherchons plutôt à faire en sorte que cela se scinde, comme une cellule qui fait sa mytose pour créer de nouvelles entités. L’idée c’est de voir apparaître d’autres hackers spaces, avec d’autres modèles :  ici nous sommes dans une logique très anarchique d’auto-gestion avec des développements dans tous les sens, mais il faudrait qu’il y ait d’autres hackers spaces qui se rapprochent des hackers spaces américains qui sont dans une logique de co-working et d’entreprenariat, il en faudrait encore d’autres plus orientés sur la politique, encore plus anarchistes, plus impliqués… Nous portons un message au /tmp/lab : « nous faisons ça, faites autre chose, faites ce que vous voulez, développez vos propres projets… » Notre relation avec les institutions est forte de toutes ces composantes, et c’est ce qui est intéressant. En présentant des choses dans ces lieux-là, on peut émuler la création d’autres hackers spaces, on peut diffuser une nouvelle image, et on peut aussi initier de nouveaux projets avec des acteurs institutionnels qui ont des relations qui peuvent être intéressantes pour nous. On entre alors dans une logique d’opportunisme sans pour autant tomber dans le piège de l’entrisme qui nous assimilerait à leurs institutions. L’idée, c’est de ne pas faire complètement partie de leur monde, tout en rentrant dans une logique d’échange mutuel : ils ont quelque chose à nous proposer, nous avons des choses à leur proposer. Donc, c’est une logique de « win-win », si on peut utiliser ici des termes de marketing, mais n’y a-t-il pas de fait un risque de contamination ? J’espère bien ! Ils nous apportent beaucoup de choses en matière d’approche, nous leur apportons beaucoup de choses en matière de valeurs. Mais il n’y a pas que cela… Si on vous accuse, malgré tout, d’accepter une certaine forme de récupération de vos valeurs par ces institutions, que répondez vous ? Attention, il est important de préciser que ce sont des groupes spécifiques du /tmp/lab qui sont intervenu dans ces institutions. C’est un groupe particulier qui est allé au Palais de Tokyo, à l’INHA j’ai été invité comme membre du /tmp/lab mais aussi en tant qu’artiste, donc j’y ai présenté un mix de mes différentes activités… C’est ça qui est intéressant : on a différentes formes d’actions, une vraie hétérogénéité de pensée, puisque c’est une hétérogénéité de personnes. Ce n’est pas comme un parti politique qui cherche à avoir une pensée partagée et défendue par tout le monde. Nous n’avons pas la volonté de défendre les mêmes choses, ou de la même façon… Donc, au sein de votre environnement d'hacker space il existe des personnes plus ou moins radicales, plus ou moins extrémistes dans leur vision, au point de ne pas participer à ces interventions au sein de ces institutions ? C’est donc une action et une position individuelles ? Ce n’est pas individuel. Il y a un groupe de personnes qui se reconnaît dans ce projet-là, qui le fait, qui saisi à la fois des opportunités et des expositions à des risques d’attaque, qui assume ce risque en faisant en sorte que la somme des aspects négatifs, comme la récupération, les amalgames politiques ou médiatiques, les maladresses liées aux méconnaissances des institutions dans lesquelles on débarque, ne soient pas plus grande que celle des aspects positifs que nous apportent ces rencontres. Je pense notamment à la communication avec le public, la communication avec de nouvelles personnes, de nouvelles idées, de mise en relation avec des personnes et des lieux que l’on n’aurait pas rencontré autrement. Il n’y a pas de raison que les connexions entre « aliens » qui se font au /tmp/lab ne puissent pas se faire avec des gens qui ne sont pas dans la logique "squatt", artiste, non-structurée, car il y a aussi des gens très intéressants dans des environnements très structurés… Nous sommes bien d’accord sur ce dernier point, mais nous parlons tout de même de structures qui sont tout de même très figées… C’est à nous de les faire bouger. Personne d’autre ne le fera. Les personnes qui sont super dynamiques dans ces institutions ont et auront tout de même besoin de gens comme nous pour les faire bouger. Donc nous sommes obligés de le faire dans ce sens, avec eux, car en faisant bouger leurs institutions avec eux, nous leurs donnons les armes pour le faire. Toute institution a normalement tendance à se structurer, et c’est ce qui l’étouffe. Nous sommes là pour faire avancer les choses, sans faire partie de la structure… Votre stratégie est celle de la fourmi qui part en éclaireur, ou celle du parasite qui va utiliser une structure existante ? Comment représenteriez-vous la présence d’hacker spaces comme le /tmp/lab dans ces institutions ? On essaye de fournir quelque chose d’intéressant et de nouveau, en explorant des domaines que l’on ne peut pas explorer tous seuls. C’est ce que l’on a fait notamment au Palais de Tokyo… Vous pouvez décrire ce que vous avez fait au Palais de Tokyo ? On a repris des modèles du lab, on les a placé au Palais de Tokyo, et on a essayé de voir quelles étaient les ouvertures dans les domaines artistiques, qui sont déjà très présents dans nos projets, mais aussi dans tous les autres domaines qui intéressaient les personnes présentes. Comme étaient présentes des personnes complètement différentes, on a eu des discussions sur des sujets très différents, comme la législation, la sécurité informatique, la dimension artistique, le romantisme du hacking face à des pensées plus structurées, … c’était intéressant. En fait, pour parler de notre action dans les institutions, on pourrait utiliser la métaphore de l’amibe, car notre but est d’apporter un nouveau point de vue sur la technologie, une façon de penser décomplexée, une manière de démystifier ce qui constitue le terreau commercial de grosses entreprises (tout ce qui oblige à acheter des produits sans comprendre comment ils fonctionnent, et sans savoir comment fabriquer des alternatives, ndlr)… Notre but est bien de diffuser cette façon de penser. Donc vous utilisez les institutions comme des amplificateurs pour diffuser vos idées au plus de monde possible, de façon moins frontale… D’un point de vue théorique, ce que l’on dit est relativement simple : on propose un fonctionnement cellulaire, avec de petites unités intégrées et autoporteuses, une ouverture totale, la diffusion maximum de toutes les informations au sein de la structure, la liberté complète d’entreprendre au sein de la structure sans avoir sans aucune obligation de rentrer dans une logique commerciale, la responsabilité de son propre budget… on va toujours essayer de faire 120% du travail nécessaire, c’est à dire de ne pas faire uniquement le travail que l’on veux faire pour soi, mais toujours en faire un peu plus pour que ce soit accessible par d’autres personnes, avoir une démarche d’utilisation des modèles alternatifs. Tout cela se sont des idées simples et on peut facilement faire un modèle théorique de ce système, et cela s’adapte plutôt bien à la discussion avec des institutions. Il s’agit donc de disséminer des idées, des propositions sociales, des modèles… Exactement. Par exemple, il y a des personnes dans le lab qui travaillent sur le live coding, c’est à dire qu’ils montrent à la fois une forme et le code qui la génère sur le même écran. Ils montrent qu’il n’y a pas de rupture entre le processus et le résultat. C’est une chose qui se communique très bien dans plein de territoires, cette idée que même si on est hyper spécialisé, on est capable de faire autre chose en parallèle. Un autre exemple, les licences eGPL qui permettent à un développeur open-source de restreindre l’usage de son travail à des organisations ou des projets qui partagent les mêmes valeurs que lui. Toutes ces propositions sont assez simples, très concrètes, compréhensibles, chacune va dans sa direction, mais toutes ces idées créent un faisceau qui va dans le même sens, sans pour autant chercher à avoir une logique unificatrice. Ce sont plutôt des graines pour faire pousser de nouvelles idées, c’est une dynamique… Oui, mais c’est une dynamique informe, libre. Il n’y a personne qui va dire dans quelle direction il faut aller.  Il y a des cas différents, comme le Hacker Space Festival, car même si on est libre de l’organiser ou non, si on veut l’organiser, il faut tout de même s’y mettre. Ce n’est pas quelque que l’on peut faire en dilettante. Il y a tout de même l’investissement de gens très doués, très talentueux et intéressants, et on est obligé de prendre la mesure de ce que l’on mobilise. Du coup on est obliger de se tenir à ce que l’on fait. Aujourd’hui commence le Hacker Space Festival. Je viens d’assister à un moment de l’organisation, j’ai pu visiter le lieu, et j’ai pu constater qu’il y a un certain nombre de règles qui régissent cet événement (inscriptions sur le site, participation aux tâches…) et j’en ai déduit que j’assistais à l’élaboration d’une institution, c’est à dire quelque chose qui s’institue, qui se pose dans un lieu, dans un temps donné, qui pose des règles. Sans parler de paradoxe, peut-on parler d’une maturation du concept de hacker space vers une institution, même si cette institution libre, ou la proposition d’une nouvelle institution ? Car on a tout de même la sensation de quelque chose qui s’organise, qui se rationalise, qui crée sa propre logique de fonctionnement… Nous n’avons pas créé cela dans le but de durer, c’est pour cela que ça s’appelle le /tmp/lab, c’est quelque chose de temporaire. Notamment pour éviter l’écueil de la chose qui s’installe et qui est indélogeable, et éviter un autre écueil qui est lié, c’est-à-dire le fait que les potes de la structure ont toutes les chances de l’occuper. C’est la pire des choses pour la création, car cela veut dire que c’est plus important d’avoir des potes que d’avoir un boulot qui tient la route, et ce n’est pas notre but. Notre but, c’est d’être dans une logique réellement dynamique, de s’intéresser aux choses qui nous plaisent,  ou d’observer des choses réellement passionnantes en train d’émerger. Présenté comme vous venez de le faire, on pourrait se dire que c’est bien en train de s’institutionnaliser, mais si je pose la question différemment, je dirais que c’est plus se positionner que s’institutionnaliser. Il s’agit alors d’explorer les endroits où nous sommes. Mais si on est  en train d’explorer et de se situer, et de créer des relations entre des personnes créatives, cela fait-il de nous des situationnistes pour autant ? Non, ce n’est pas parce qu’on impose des règles ou que l’on va faire des choses dans des institutions que l’on devient pour autant une institution. Mais plutôt que de comprendre systématiquement ce terme d’institution comme étant péjoratif ou négatif, pourquoi ne pas le comprendre comme étant une étape indispensable pour faire certaines choses ? Notamment des choses très rationnelles, comme rassembler au HSF des gens qui viennent des quatre coins du monde… Non, on a rien fait pour ça. On a juste proposé quelque chose, et plein de gens sont venus de l’étranger l’année dernière alors qu’ils ne s’attendaient à rien de particulier. Ça c’est intéressant. Ce qui va devenir de moins en moins intéressant, ce sera de voir des gens venir par automatisme, car cela va minimiser la prise de risque, et ce serait une erreur. Il faut que la prise de risque soit toujours là, parce qu’elle est dans tout ce que l’on fait. On ne cherche pas à se crédibiliser, et c’est pour cela que je suis contre cette dénomination d’institution car le but d’une institution est d’être fiable, de rester crédible. Nous n’avons aucun objectif de fiabilité, en revanche, nous nous sommes fixé un monstrueux objectif de moyens c’est à dire de faire en sorte de faire quelque chose d’intéressant avec ce que tout le monde apporte. Ici, il y a le minimum possible de structure, il y a le maximum d’énergie pour faire en sorte que ça fonctionne, parce que s’il n’y a pas de structure, il faut dépenser beaucoup d’énergie, et cela a un coût. C’est une prise de risque totale de la part des musiciens, des plasticiens, de toutes les personnes qui viennent apporter quelque chose au HSF… Ce serait vraiment dommage que ça devienne une institution, car cela montrerait que l’institution serait bien ce « blob » qui vient tout englober, tout rattraper… C’est peut-être un processus naturel de consolidation de quelque chose qui existe déjà, ce n’est peut-être pas obligatoirement une transformation radicale, mais quelque chose qui vient naturellement… Une institutionnalisation c’est quelque chose de progressif. On voit souvent une institutionnalisation quand une association « loi 1901 » se transforme en société d’économie mixte ou en fondation, mais il y a tout un tas de petites étapes qui font que cela a évolué dans ce sens-là. Alors, qu’allez vous faire pour éviter ce phénomène d’institutionnalisation ? On va faire ce que l’on s’est promis de faire au début : rester une structure temporaire, essayer d’inciter les gens à créer leur propre hacker space, à créer leur propre vision. Ce qui peut relier tous les gens dont on parle, que ce soit dans les hacker spaces ou les institutions, c’est cette logique du faire. Il y a toujours cette logique de passage à l’acte, comme chez cette personne qui vous a invité à l’INHA qui a dépensé beaucoup d’énergie pour inviter toutes ces personnes des quatre coins de l’Europe… Oui, ils se sont vraiment démenés pour une journée qui était très intéressante. Ce qui m’embête plus, ce sont les grosses institutions qui ne se bougent pas. En fait, vous dîtes qu’il vaut mieux prendre des risques et créer des ambiguïtés que de ne rien faire du tout… On ne verra jamais de vie sans ambiguïté. On est en train de vivre un complet paradoxe, car pour qu’il y ait un espace de liberté, il faut un paradoxe. Il faut plusieurs pôles pour être libre, car finalement, on ne sera jamais à un paradoxe près. Si on veut tenter quelque chose ici, on ne se pose pas de question, on le fait… Dans les institutions, notamment en France, il y a une règle profondément ancrée, c’est celle de la légitimité, qui fige beaucoup de choses… Là on retombe dans cette même logique de crédibilité, car c’est la même chose que la légitimité. Ce qui est étrange, c’est qu’on peut te briser pour absence de légitimité, mais qu’on peut aussi te flatter pour ta crédibilité, mais dans les deux cas c’est une forme de récupération, ou une manière de t’immobiliser. Donc, en regardant cela en se marrant, on leur fait juste comprendre gentiment que ce n’est pas notre orientation… Lors de votre conférence à l’INHA je vous ai tout de même entendu avoir une critique ironique et très acerbe sur l’art contemporain… Oui, notre critique est généralement plutôt ludique, mais il faut un peu de sport aussi ! Il y a un artiste qui n’a rien à voir avec 99% du domaine artistique et qui pour moi se détache du lot parce qu’il est justement dans le fun et le sport, c’est Thierry Théolier, parce qu’il va dire clairement à ce milieu quand il produit de la merde. On n’a pas de temps à perdre, il faut dire les choses clairement… Pour terminer, qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour le HSF ? A moi rien, je suis déjà très content. Il y aura des gens de partout, il y a des italiens qui viennent parler de Disaster Recovery, ou comment l’Open Source peut aider dans la réponse aux catastrophes naturelles,  des plasticiens suédois et allemands, Erik Minkinnen, ... il va y avoir plein de choses très intéressantes… J’espère juste qu’il n’y aura pas trop de monde pour que je puisse en profiter un peu ! Le Hacker Space Festival se tient du 26 au 30 juin 2009 au /tmp/lab & 6Bis 6Bis rue Leon Geffroy 94400 Vitry sur Seine station de RER Les Ardoines (ligne C) les inscriptions (recommandées!) se font sur le site http://www.hackerspace.net/]]> http://fr.readwriteweb.com/2009/06/26/divers/hacking-institutions-une-interview-de-philippe-langlois-du-tmplab/feed/ 3 Hadopi : pour JF Copé, « Internet n’est pas un droit fondamental » http://fr.readwriteweb.com/2009/05/25/usages/hadopi-pour-jf-cope-internet-nest-pas-un-droit-fondamental/ http://fr.readwriteweb.com/2009/05/25/usages/hadopi-pour-jf-cope-internet-nest-pas-un-droit-fondamental/#comments Mon, 25 May 2009 07:22:45 +0000 Damien Douani http://fr.readwriteweb.com/?p=3778 Démonstration à nouveau flagrante du décalage qu'il peut y avoir entre nos gourvernants et députés, et la réalité des usages. Prenons Jean-François Copé, absent lors du rejet de la loi Hadopi à l'Assemblée, qui s'occupe du groupe UMP dans cette même Assemblée. Lors d'une interview ce dimanche à Europe 1, il va habilement utiliser la loi Hadopi comme fer de lance contre le PS... Mais surtout va révéler sa position sur le statut d'Internet, qui doit certainement être partagée par nombre de nos gouvernants. Explication de texte.
Dans cet extrait, vu ici et , tout commence par une banale attaque envers l'opposition qui, après s'être cachée derrière les rideaux de l'Assemblée lors du rejet de la loi Hadopi, passerai des coups de fils à leurs copains européens pour saborder la loi Hadopi. Attaque en règle classiquement apprise à l'ENA. En revanche, c'est lorsqu'il s'agit de s'avancer sur la position européenne même que M.Copé révèle le fond de sa pensée. Exaspéré que l'on puisse remettre en cause cette loi Hadopi qui fera tant de bien à l'industrie de la création française (n'oublions pas qu'Hadopi aura pour mission première de cibler les récidivistes potentiels afin d'afficher rapidement des chiffres conséquents de baisse de "délinquance numérique"), il s'emporte sur la composition hétéroclite des députés européen votant contre Hadopi, tout en balayant d'un revers de main la question de l'Internet comme droit fondamental. Parler d' "Europe des combines" parait exagéré. Cela s'appelle tout simplement la démocratie. Avoir des parlementaires de tous bords s'exprimant sur un texte et décidant de voter contre, même si le camp d'en face fait de même, cela s'appelle l'indépendance d'esprit et le jugement. La question de fond est celle-ci : les politiques ont-ils bien compris l'enjeu du débat? Est-il sérieux de balayer du revers de la main une réflexion portée par des représentants des peuples européens comme s'ils ne savaient pas de quoi ils parlaient ? La question de l'internet comme droit fondamental est sous-tendue par le fait que seule une autorité judiciaire (ce que n'est pas l'Hadopi) pourrait en couper la fourniture. Vient immédiatement derrière la notion, fondatrice, de la neutralité des réseaux (Net Neutrality). De fait,  déclarer Internet "droit fondamental" ferait de la Toile un réseau accessible par tous partout, géré selon des règles claires et équitables. Pareillement à ce qui a été fait en son temps pour l'électricité, le téléphone ou l'eau. C'est un classique de l'industrie des réseaux. Les FAI, dont certains sont pourtant amis du pouvoir français, vont aussi dans ce sens : dans cet article le PDG de SFR, Franck Esser souligne que : " la dernière chose que les gens veulent, c'est de se passer de leur connexion Internet ou de leur ligne fixe ". Du côté d'Iliad, Thomas Reynaud, déclare : " le triple play devient un service de base. Les gens ont besoin d'eau, d'électricité et d'Internet haut débit. C'est une réalité, nous n'avons pas vu de détérioration du taux de résiliation ". Voilà la réalité des faits en termes d'usages, économiques et politiques. Au-delà des mots, prenons le le temps de comprendre les enjeux de société et essayons de ne pas passer à côté de ce qui fera notre quotidien au coeur du XXIe siècle. C'est mal parti.]]>
http://fr.readwriteweb.com/2009/05/25/usages/hadopi-pour-jf-cope-internet-nest-pas-un-droit-fondamental/feed/ 14
Kutiman invente le remix vidéo mashup musical… http://fr.readwriteweb.com/2009/03/28/usages/kutiman-invente-le-remix-video-mashup-musical/ http://fr.readwriteweb.com/2009/03/28/usages/kutiman-invente-le-remix-video-mashup-musical/#comments Sat, 28 Mar 2009 10:13:03 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=3331 Photo courtesy of Kutiman (event if we didn't ask anything ;) ...à moins qu'un terme moins barbare apparaisse rapidement, ce qui serait souhaitable. L'artiste Israélien Ophir Kutiel alias Kutiman est finalement un musicien/DJ comme bien d'autres. Il sample des sons pour créer de nouveaux morceaux, une pratique très largement répandue dans l'univers de la musique et qui est l'un des courants les plus vivants de la Culture Remix. Là où il innove, c'est que contrairement à ses collègues DJ, les sons qu'il sample ne proviennent pas d'une impressionnante collection de vinyls mais de YouTube, qui regorge de vidéos de musiciens amateurs montrant au monde leur talent, et que Kutiman aborde comme une bibliothèque de samples géante. On peut facilement imaginer que les amateurs y voient, contrairement aux majors, un hommage rendu et un moyen de promotion plutôt qu'une violation de leur droits d'auteurs au prétexte d'un emprunt de quelques secondes, il suffit pour cela de se rendre sur la page de Songdreamer sur YouTube et d'y lire le remerciement qu'elle y affiche. Ce dernier point est essentiel. Si la culture auto produite par les amateurs commence à être disponible en quantité suffisante pour générer de la culture par effet remix, alors on peut voir dans Kutiman l'apparition d'une culture autonome, libre des griffes du copyright et des majors, et dès lors promise à un avenir fulgurant. Une Culture Libre. Le résultat, rassemblé sur le site Thru-You est convaincant et tombe à point pour illustrer cette culture du remix qui décidément, qu'elle soit légale ou pas, est une des dynamique majeure de la culture du XXIe siècle (et encore, c'est oublier que cette dynamique a toujours existé dans la création culturelle jusqu'à ce que l'extension du copyright, au XXe siècle, ne la bloque totalement). Kutiman a accordé une longue interview à Wired que je vous recommande chaudement. Spéciale dédicace à Ouriel que ce genre de musique et cet usage des technologies ne peut laisser indifférent ;) et à Mathemagie qui avait mis au point avec son équipe, dans une précédente aventure, un algorithme de remix vidéo musical basé sur les contenus de YouTube (une aventure qui a tourné court, pour cause de, vous l'avez deviné, copyright)

(via TechDirt)

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http://fr.readwriteweb.com/2009/03/28/usages/kutiman-invente-le-remix-video-mashup-musical/feed/ 16
Apture, ajouter une nouvelle dimension aux contenus web http://fr.readwriteweb.com/2009/03/27/prospective/apture-ajouter-une-nouvelle-dimension-aux-contenus-web/ http://fr.readwriteweb.com/2009/03/27/prospective/apture-ajouter-une-nouvelle-dimension-aux-contenus-web/#comments Fri, 27 Mar 2009 11:59:51 +0000 Romain Péchard http://fr.readwriteweb.com/?p=3312 aptureFournir un maximum d'informations relatives à une thématique, sans ensevelir le lecteur sous une montagne de texte et surtout sans l'envoyer sur un site tiers, qui signifierait potentiellement le perdre. C'est ce dont les sites web, et surtout les media, ont peur. Faire naviguer les utilisateurs entre de nombreux contenus sans jamais quitter la page Internet où ils sont est devenu un des challenges majeurs. Ou plutôt trouver un moyen de rendre captif l'utilisateur alors qu'il est dans un environnement ouvert. C'est ce que Apture tente de faire, et le résultat est très intéressant. Un principe simple et efficace Le principe de Apture est simple : utiliser une boite de dialogue accroché à un mot pour lui associer des contenus pertinents. Prenons un exemple, celui qui est disponible ici sur le Washington Post et parlant du sénateur Joe Bieden. Son nom est cliquable et lorsque l'on passe la souris dessus une boite de dialogue s'ouvre pour afficher son profil avec de nombreuses informations. En cliquant sur les liens présents dans cette boite de dialogue, l'utilisateur est redirigé vers d'autres pages d'informations. Un mini site intégré dans une boite de dialogue finalement. apture_example L'utilisateur peut donc avoir un complément d'information sans avoir à aller sur un autre site. Et Apture propose aux éditeurs de sites web de nombreuses fonctions d'intégration, permettant d'ajouter dans cette boite de dialogue des vidéos, des informations venant de Wikipedia, et d'autres sites majeurs. Pour se faire, il suffit de faire son choix manuellement. Une couche d'information supplémentaire rapidement accessible vibrant_intellitxtTrès simple d'intégration pour les sites, le produit Apture est aussi très bien réussi visuellement, et n'est pas intrusif comme peut l'être le service Intellitext de Vibrant Media car capable de fournir bien plus que des publicités contextuelles, mais bien du contenu à valeur ajoutée. Si demain Apture est capable d'intégrer automatiquement les contenus pertinents provenant de Google, de Wikipedia, et d'autres sites de référence, cette entreprise sera parmi les plus prometteuse. En effet Apture sera la seule solution capable d'embarquer des contenus à valeur ajoutée dans le corps de la page, et ainsi en profiter pour pousser des publicités contextuelles pertinentes au sein de la page. Une véritable alternative possible aux outils de publicité contextuelle actuels, et surtout un concurrent potentiel à Google Adsense. Les 4 millions de dollars levés par cette entreprise récemment ne seront pas de trop pour cette ambition.]]> http://fr.readwriteweb.com/2009/03/27/prospective/apture-ajouter-une-nouvelle-dimension-aux-contenus-web/feed/ 2 Utiliser Twitter en entreprise : valeur ajoutée et intégration http://fr.readwriteweb.com/2009/03/26/a-la-une/utiliser-twitter-en-entreprise-valeur-ajoutee-et-integration/ http://fr.readwriteweb.com/2009/03/26/a-la-une/utiliser-twitter-en-entreprise-valeur-ajoutee-et-integration/#comments Thu, 26 Mar 2009 17:49:22 +0000 Romain Péchard http://fr.readwriteweb.com/?p=3268 twitter_presentationGartner, cabinet d'étude vient de sortir une nouvelle étude sur l'utilisation de Twitter en entreprise titrée "4 manières dont les entreprises utilisent Twitter". Thème central de toute une réflexion plus vaste sur l'intégration du web dans les relations entreprises - consommateurs, le service de micro-blogging (voir aussi la définition plus complète en anglais) à l'oiseau bleu est le premier à poser problème, contrairement aux sites web et aux réseaux sociaux. Car contrairement aux réseaux sociaux classiques où les entreprises sont tentées aujourd'hui de pousser des publicités classiques pour générer de la visibilité, Twitter n'offre en rien cette possibilité et les obligent à revoir leur mode de "communication" pour toucher les millions d'utilisateurs qu'héberge ce service. Une opportunité qui nécessite une modification profonde L'étude de Gartner revient sur les différentes utilisations de Twitter en entreprise sous formes de 4 opportunités :
  • Utilisation directe : l'entreprise utilise Twitter comme canal de marketing et de relations publiques.
  • Utilisation indirecte : les employés de l'entreprise utilisent Twitter pour améliorer leur réputation personnelle, valorisant du même coup celle de leur entreprise.
  • Utilisation interne : les employés utilisent Twitter comme plateforme de diffusion d'information par rapport à leurs projets et les idées qu'ils souhaitent partager.
  • Veille : Les flux de conversations sur Twitter fournissent une source d'information très riche sur ce que pensent de vous les consommateurs, mais aussi ce qu'ils pensent de vos concurrents.
Mais pour pouvoir profiter de ces opportunités, il est nécessaire d'avoir une personne capable d'utiliser efficacement cet outil, et qu'il "entre dans une case" de la vie de l'entreprise. Pas évident d'impliquer un cadre dirigeant d'une grande entreprise dans cette action, comme dans celle d'écrire sur un blog ou de participer dans un forum. Ni d'avoir un subordonné à cette tâche, qui n'a pas toujours les moyens de répondre rapidement aux consommateurs à cause des systèmes de validation des textes par les services juridiques, par exemple. Une refonte profonde de la manière de communiquer Twitter et ses plus de 5 millions d'utilisateurs, tout comme les blogs et les forums, disposent de règles informelles qu'il est bon de suivre pour éviter de se voir mis à l'index. Ce qui nécessite une formation, mais aussi et surtout une capacité de réponse rapide lorsque l'entreprise, et son représentant, est interpellé, à la manière d'un porte parole. Avec la dimension Internet. Mais la mutation la plus profonde que présente Twitter, et ce qui fait que les entreprises se trouvent perdues est qu'il n'est pas possible de faire autrement que de s'engager personnellement dans ce service pour profiter du potentiel d'attention qui est accessible. Pas de publicité sur ce service, ce qui en fait sa grande force, et qui génère aussi un attrait supplémentaire : les entreprises présentes sur ce service communiquent différemment. Plus humain, plus simple, et aussi sur le terrain des utilisateurs qui ont une longueur d'avance sur les entreprises en ce qui concerne Internet et ses services, et surtout avec plus d'échanges. C'est le futur qui se dresse devant les marques qui vont vouloir s'intégrer sur le web. Car les autres services vont arriver à ce modèle, plus intéressant et attirant pour les utilisateurs. Facebook est le second sur la liste.]]>
http://fr.readwriteweb.com/2009/03/26/a-la-une/utiliser-twitter-en-entreprise-valeur-ajoutee-et-integration/feed/ 9
Leyio ou le peer to peer ‘in real life’ http://fr.readwriteweb.com/2009/03/25/prospective/leyio-ou-le-peer-to-peer-in-real-life/ http://fr.readwriteweb.com/2009/03/25/prospective/leyio-ou-le-peer-to-peer-in-real-life/#comments Wed, 25 Mar 2009 15:38:26 +0000 Fabrice Epelboin http://fr.readwriteweb.com/?p=3218 Leyio est le dernier bébé de - cocorico - une société Français (Bordelaise) jusqu’ici spécialisé dans le B2B et le hardware. Pas super glamour, et pas de quoi susciter l'intérêt d’un blog comme ReadWriteWeb, à priori. Oui, mais là, c’est différent. Leyio est un produit grand public (et ce n’est pas tous les jours qu’une société Française se lance dans le hardware grand public) - re cocorico - et son produit tombe à point nommer pour illustrer une tendance en matière d’usages qui est destinée à exploser dans les mois et années à venir. Leyio c’est quoi ? Techniquement, un gros flash rom (16Go), auquel on a ajouté une petite interface pour consulter son contenu et le gérer (un micro OS embarqué, simple mais plutôt sympathique), un lecteur d’empreinte digitale qui sert aussi d’outil de navigation (on fait d’une pierre deux coup, on garantit la sécurisation des données et on ajoute une fonctionnalité), d’une connectivité USB complète (in/out vers un ordinateur ou une clé USB), et surtout d’un système de transmission sans fil qui fait passer le Wifi pour un truc de vieillards. Jugez plutôt : 10Mo/s. Les connexions sont multiples, et dans les deux sens : de Leyio à Leyio en sans fil, de Leyio à clé USB, de Leyio à ordinateur (avec ou sans cable, une clé USB de 2Go intégrée jouant le rôle d'intermédiaire si besoin). Bien pensé, car cela atténue le "cluster effect" qui oblige a avoir une base installée suffisante pour profiter des fonctionnalités de l'engin. Le joujou est également doté d’un détecteur de mouvement (exploité pour déclencher le transfert, là, on est vraiment dans le gadget, mais cela contribue au coté sympa de l’objet), et cerise sur le gâteau, une interface web sur le site de Leyio qui promet moultes fonctionnalités (synchro avec des disques virtuel, gestion de profils embarqués à bord du Leyio en provenance de réseaux sociaux comme facebook, MSN ou Twitter, et probablement plein d’autres choses à venir). Tout droit sorti de l’imagination fertile de ce que l’on imagine être un brainstorm de geeks ingénieurs à la pointe du hardware domestique, l’objet est qui plus est particulièrement bien designé, dans un style ‘bio-design’ réussi, avec une plastique ‘caoutchouc’ fort agréable et des façades aussi brillantes que colorés. Le tout est plus petit qu’une boite de cigarette, à peine la taille des mini souris destinées aux portables. Tout cela serait un must have de geek s’il restait une ombre au tableau, son prix, à 179€, le joujou est coûteux, mais Leyio compte bien à terme faire descendre ce prix pour rendre son joujou plus accessible. Ca sert à quoi ? La rencontre avec le représentant de Leyio fut - selon les terme de l’agence de RP qui nous a mis en relation - musclée... Et pour cause. Un blog qui s'intéresse à la technologie, aux usages, et en ce moment, à Hadopi, ne pouvait que s'interroger sur les usages de Leyio dans un territoire lourdement frappé d’anti p2p (France, Italie, Espagne et Angleterre pour les débuts de sa commercialisation dans moins d’un mois). On peut les comprendre, Leyio ne souhaite pas prendre position là dessus, et leur présentation s’échine à faire passer un joli petit gadget disponible en rose shinny (certes il existe aussi en noir brillant, mais bon), très kawaï, pour un must have de ‘cadre nomade’ qui distribuerait ses powerpoints à la cantonade en fin de réunion. Mouis... Comment expliquer ce design qui serait dès lors complètement à coté de la plaque ? Comment justifier la vidéo du site officiel qui montre deux adolescents échangeant des fichiers ? Aucune trace de cadre dynamique sur le site Leyio... Curieux. Une once d’explication nous sera fournie par la stratégie de distribution de Leyio : la FNAC et Darty. Quand on voit le sort réservé à l’eBook de Sony par la FNAC, on peut sérieusement douter de la pertinence de cette stratégie de distribution, mais passons, on peut comprendre qu’une société établie depuis plus de dix ans joue la prudence. Il faut juste espérer que, coincé entre les clés USB et les disques durs, le Leyio ne devienne pas le bouc-émissaire de la culture de l'échange, les majors pouvant trouver paradoxal que la FNAC diffuse ce type de produit non loin de leurs chers CD, tout en distribuant de la musique en ligne sans DRM. Mais ne leur donnons pas mauvaises idées... Sérieusement, à quoi cela va servir ? A défaut d’avoir des réponses claires de Leyio, nous en somme réduits à imaginer les usages possibles de Leyio. Ca tombe bien, c’est un peu nos métiers, à Damien Douani et moi même, qui avons assisté à la démo produit. Le cadre dynamique, tout d’abord. Seul en mesure, avec les élèves de Janson de Sailly à pouvoir se payer le coûteux joujou, l’avantage par rapport à une clé USB à 10 euros est pour le moins... mince. Difficile de justifier un tel surcoût pour les options de sécurité et de contrôle sur ce que l’on partage. Objectivement, on n’y croit pas un instant. Le jeune. Là, c’est autre chose. Si l’on fait abstraction du prix, l’objet à tout pour séduire la génération Y et la génération digitale. Design soigné, grosse capacité de stockage (une vingtaine de DivX, des milliers d’heures de mp3), et la capacité de se balader avec un petit capital numérique dans la poche, prêt à tout échange à la moindre occasion. Vous l’avez deviné, c’est ce type d’usage qui - à notre sens - fait de Leyio une killer app, ou plutôt un killer hard. Voici ce que nous anticipons en matière d’usages dans un univers ou le partage de fichiers sera devenu répréhensible et deviendra clandestin. Ces hypothèses, au passage, ont été validés par non seulement des usages déjà en pratique que nous avons pu observer, mais également par les analyses et observation de spécialistes des usages en matière d'échanges de fichiers 'culturels' tels que Patrick Waelbroeck, professeur à l’ENST, l’une des plus prestigieuses écoles d’ingénieurs Françaises, et qui a pour rats de laboratoire un panel d’étudiants particulièrement technophiles. Kevin devient dealer Kevin - appelons le Kevin, j’aime beaucoup ce prénom - est un gamin comme les autres. Jusqu’ici - et comme tout le monde - Kevin téléchargeait en p2p ses films et sa musique préférée. Mais Kevin a quelque chose de plus que les autres. Alors qu’être Geek était une tare pour ses parents (le père de Kevin, informaticien, a eu une adolescence difficile où l'acnée et une passion précoce pour l'informatique lui ont valu une sexualité tardive), Kevin fait parti de la première génération où les Geeks seront supérieurs aux autres, plus puissants, plus socialement désirables, plus sexy, plus beaux (je m’égare). Kevin est un geek, donc, et dans notre futur post Hadopien, il sait comment contourner les contrôles. Aucune chances pour lui d’être détecté (VPN, proxy, darknet, les moyens ne manquent pas à Kevin, qui ira peut être jusqu’à pirater la Wifi de Mme Michu, sa voisine). Kevin a donc toujours accès à la culture sous sa forme numérique, alors que pour ses camarades de classe (Kevin à 15 ans, au fait), c’est plus difficile. Le rêve des majors, revenir à une économie de la rareté, va faire la fortune de Kevin (si ce n’est financière, du moins sociale). Dans sa classe, tout le monde le sait. Même certains profs n’hésitent pas à lui demander de télécharger pour leur compte un film mal distribué en DVD, quand ce n’est pas tout simplement le dernier blockbuster, tant les salaires dans l’éducation nationale imposent une certaine disette culturelle. Kevin se retrouve donc dans une situation inédite. Là où tout le monde se débrouillait de son coté pour le téléchargement, échangeant la plupart du temps que de bonnes recettes ou les adresses où aller commettre l’acte odieux, le voilà confronté à un groupe social avec un appétit pour la culture inchangé (tout comme son portefeuille, d’ailleurs, d'où le problème pour les majors, et l'opportunité pour Kevin le dealer de Culture). Kevin est l’homme providentiel. Kevin a des fichiers à profusion, il a accès à tout, il peut tout. Désormais, si vous voulez continuer à consommer de la musique et des films à gogo, il vous faudra non seulement connaître un Kevin, mais il vous faudra mériter ses bonnes grâces. Coincer Kevin dans les toilettes et user de violence pour obtenir sa dose de culture s'avérera vite trop risqué, Jules de la 4e B s’y est risqué et il a non seulement chopé un virus mais a été victime d'une humuliante campagne de spam. Non, désormais, Kevin est le roi du monde. Enfin, du collège. C’est déjà ça. Pour Kevin, le Leyio est l’arme absolu. Ses sujets, humbles et reconnaissants, peuvent venir à lui présenter leurs respects et recevoir en échange, via la connexion USB du Leyio, les fichiers tant convoités. Mais Kevin n’est pas seul. Dans le collège Kevin Mitnick de L’Hay les Rose, plusieurs Kevins se font concurrence... Oui, mais voilà, Kevin et les autres mafieux du collèges sont nés dans une culture du partage, et plutôt que de se faire la guerre, il y a fort à parier qu’ils collaborent intelligemment. Et là aussi, le Leyio propose un usage gagnant. En transférant un DivX en une minute chrono de Leyio a Leyio, le catalogue de la mafia locale est distribué de façon efficace et à terme, le lycée - déjà massivement équipé en clé USB - finira par investir dans un Leyio dont le prix aura fortement baissé d’ici là. Ajoutez que Kevina, la cousine de Kevin, geek elle aussi, est elle même dealeuse de culture au collège Emile Zataz de Cergy Pointoise, et vous avez un réseau peer to peer... en réel. La comparaison avec un réseau de trafic de drogue s'arrête là et le terme dealer n’est qu’un emprunt momentané à Frédéric Lefebvre et Luc Besson. Les échanges payants on peu de chances d'apparaître dans ce type d’environnement - question de culture - le seul véritable risque dans l’apparition (ou plutôt la généralisation) de ce type de pratiques est plutôt du coté des détenteurs de droits. Là où auparavant Melle Michu (la fille de Mme) se débrouillait comme elle pouvait pour télécharger sa culture, la voilà qui a désormais à faire à Kevin, qui lui fait des recommandations et des suggestions (en pratique, il drague) que seul le vidéo club de sa mère arrivait à égaler (oui, mais voilà, il a fermé en 2002). Difficile de concurrencer un tel mode de distribution, surtout pour une industrie qui n’arrive même pas à concurrencer la distribution en p2p qui pourtant ne brille pas par son ergonomie et sa capacité de recommandation. Pour être tout à fait honnête, à coté de Kevin, apparaîtrons sans doute des mafieux du même ordre moins geeks mais plus cinéphiles, et amateurs de musique, qui sauront compenser leur catalogue sans doute plus limité par de la qualité, ce qui, du point de vu des ayants droits, est probablement pire encore. Leyio dans tout ca ? Leyio est le premier gadget hardware parfaitement adapté à ce scénario qui, encore une fois, est déjà en pratique avec des outils hardware plus frustres (disques durs, mini pc et portables ou iPod trafiqués) dans de nombreuses écoles, en particulier là où l’on trouve de grosses concentration de technophiles. Si Leyio arrive à surfer sur cette vague (et à abaisser ses coûts), il a un avenir aussi rose que sa version girly devant lui... A condition qu’il passe un autre obstacle, celui qui fera passer le Leyio, quel que soit son prix, d’un gadgets pour happy few à un produit de masse. Et là, on a une autre problématique marketing intéressante. L’effet cluster L’effet cluster, c’est un peu comme un network effet géolocalisé. Si vous êtes seul à posséder un Leyio dans votre entourage, vous ne pouvez interagir qu’à l’aide de sa connectique USB, c’est bien, mais il est difficile de justifier un tel prix pour ce qui n’est qu’une super clé usb avec un micro OS embarqué. A 179€, l’alternative du miniPC est tentante. L’objet prend tout son sens s’il est massivement répandu dans un endroit précis. Le lycée est un excellent endroit où tout professionnel du marketing pour les jeunes se doit de générer des clusters effet, et Leyio ne fera pas exception. Rassurez vous, un cluster effect peut se créer de toutes pièces afin de lancer un phénomène de mode, ce n’est pas insurmontable, mais c’est un problème que Leyio, dans un second temps de commercialisation, devra affronter. Nul doute que la FNAC et Darty ne lui seront d’aucune utilité pour cela. L’avis de la rédaction Indépendamment du problème du prix, qui nous semble très élevé, mais pour une boite française de 80 personnes, on peut comprendre qu’il soit indispensable de commencer en petite série à ces prix, le Leyio nous semble parfaitement adapté aux usages émergeants qui devraient se généraliser sous peu au sein des jeunes générations. A 79€ (ou 99€, enfin, un prix psychologiquement déclencheur d’achat), et avec un réseau de distribution entièrement online (Think Dell), ce gadget à un potentiel incroyable. L'interface web de gestion du Leyio est également un lieu d'innovation potentiellement interessante et pourquoi pas virales. Reste à voir si une boite qui a une culture de hardware saura tirer parti de cela. Idéalement, s’il devenait également compatible WiFi, ce serait le début de quelque chose de grand, d’autant plus grand que l’OS qui fait tourner la bête dispose d’un SDK qui pourrait alors permettre d’imaginer une multitude d’usages à l’appareil. Quoi qu’il en soit, pour une première version d’un produit qui ne manquera pas d’évoluer dans les années à venir, c’est très réussi.
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