Donner et partager une multitude de points de vue sur la démocratie, la façon dont internet peut aider à la construire, et le futur de la Tunisie, ainsi que refléter les débats qui traversent le web Tunisien, c’est l’une des missions que s’est fixé Fhimt.com.
Derrière le site, actuellement en version alpha, se trouve une l’Association Tunisienne pour les Libertés Numériques (ATLN), une organisation ‘non-profit’ imaginée durant la révolution Tunisienne par une bande de copains.
Réunis via Facebook et Twitter, de part et d’autre de la Méditerranée, certains organisaient ou particiapaient à la lutte sur place, défilant au son du ‘dégage’, un slogan qui depuis a gagné de nombreux pays, d’autres luttaient derrière leur clavier, à Paris, aux cotés des Anonymous et des hackers comme Telecomix, apportant un soutien logistique et technologique.
“Fhimt com”, en Tunisien, signifie ‘Je vous ai compris’, une phrase que Jacques Séguéla a imaginée pour ponctuer le discours final de Ben Ali, récité le 13 janvier 2011, la veille de sa chute, et qu’il a plagié sur le discours que le général De Gaulle a prononcé le 4 juin 1958 à Alger. Brand hacking, nous y reviendrons.
Le site s’offre ainsi l’un des meilleurs ‘brand manager’ du XXe siècle pour lancer un site résolument tourné vers le XXIe, celui de la réinvention de la démocratie.
Fhimt.com est, pour ce qui est de ses fondamentaux technologiques, profondément ancré dans le logiciel Libre, et ces racines là sontTunisienne. La communauté du Libre locale, longtemps restée dans une forme de semi clandestinité tant elle se confondait avec le milieu des cyber activistes et des hackers tunisiens, a tissé des liens étroits avec l’internationale du Logiciel Libre, notamment à travers ReadWriteWeb France.
A peine sortie de l’ombre, cette communauté réalisait un premier coup d’éclat au dernier StartupWeekend, où Chemseddine Ben Jemâa et son équipe lançaient le projet OpenTunisia, qui vise à développer et à packager des solutions Libres destinées à mettre en place une gouvernance ouverte et transparente (Open Government). Un projet adoubé par Richard Stallman lui même, et soutenu un peu partout sur la planète par la communauté toute entière. Ce projet, tout comme Fhimt.com, fait parti de ceux que porte l’ATLN, et ils sont nombreux.
OpenTunisia a comme objectif de développer des solutions open source destinées à faciliter l’interaction citoyens-élus, et à les rendre riches et constructives. Il développera également des outils destinés à prendre le pouls de l’opinion Tunisienne qui s’exprime sur les réseaux sociaux afin de faire porter leur voix.
A l’image de Mediapart, le site sera lui également associé avec un Wikileaks-like, lui aussi issu de la communauté du logiciel Libre de Tunisie, et lui aussi imaginé dans les jours qui ont suivi la fin du régime de Ben Ali. Un petit nouveau destiné à donner au peuple Tunisien une certaine autonomie dans ce monde de transparence qui s’annonce.
L’équipe derrière le projet rassemble une dizaine de personnes, essentiellement des Tunisiens, la plupart vivant en Tunisie. Elle a dors et déjà noué de nombreux partenariats, notamment avec des écoles à Tunis, ainsi qu’avec plusieurs institutions.
(full disclosure : je suis cofondateur de l’ATLN)
Voici un outil que nous aurions aimé ne jamais avoir à rendre public. Missing.net est un projet porté par la La Fondation Casques Rouges, en partenariat avec Bearstech, European Consulting Services et également Google qui héberge le projet sur sa plateforme Google App Engine. Missing est un facilitateur des recherches de disparus, victimes de catastrophe naturelles. Un outil web collaboratif permettant d’assurer le suivi des recherches de personnes. Le site a aujourd’hui ouvert ses portes au public. Google et Bearstech ont également travaillé à l’import des données du Google Person Finder que nous avions découvert lors de la catastrophe en Haiti. Missing, c’est aussi une expérimentation composées de 3 briques technologiques distinctes mais complémentaire pour moderniser la recherche de disparus et le support aux proches et aux familles qui y trouveront un outil où ils seront susceptibles de concentrer des informations sur leurs proches le plus rapidement possible. Autre fait notable à propos de Missing, il s’agit d’un projet sélectionné dans le cadre de l’appel à projet « Web innovant », lancé par le Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.
Le Japon, récemment frappé par un tsunami recherche encore ses victimes. Missing.net propose donc une interface aux proches de ces victimes et ambitionne à terme de leur apporter un support informationnel en temps réel qui leur permettra, au plus vite, d’avoir des nouvelles des personnes recherchées.
Vous pouvez donc dés aujourd’hui participer aux recherches sur Missing.net.
Billet initialement publié sur Reflets.info
A l’occasion de l’avant-première du documentaire « Pirat@ge » au MK2 Bibliothèque à Paris, le Jeudi 24 Mars à 20h, nous sommes heureux de vous faire gagner des invitations. Les neuf premiers commentaires (avec nom et prénom) seront inscrits sur la guest list de ReadWriteWeb.
Pour une fois que France Télévision fait du bon travail (j’ai vu le documentaire en avant-avant première), c’est une occasion à ne pas manquer :-)
Des explications contradictoires et sommaires, et une absence totale de communication : dans des emails adressés aux éditions Françaises et Espagnoles de ReadWriteWeb, la maison mère annonce en quelques lignes sa volonté de mettre fin à son expérience Européenne.
“Pas de modèle économique”. Une explication étonnante dans la mesure où elle suivait une proposition détaillée faite par l’édition Française de mettre le turbo sur les traductions et les contenus en embauchant une équipe en Tunisie, et de monétiser les contenus par de la publicité, en visant le cap du million de visiteurs uniques, indispensable pour commencer à financer ainsi un site d’information. Une explication d’autant plus surprenante que l’édition Espagnole, elle, monétise ses contenus, et que plusieurs annonceurs se sont récemment signalés à l’édition américaine avec des propositions généreuses destinées à devenir annonceurs auprès d’un public européen.
Même réponse négative faite à la demande d’une licence pour lancer ReadWriteWeb en langue arabe, justifiée d’une façon tout aussi maladroite : le blog techno se concentrerait en se moment sur sa marque, quitte à la suicider en France et en Afrique francophone où elle s’est établie comme une référence au fil des années.
La participation active de l’édition Française et de plusieurs de ses auteurs à la révolution Tunisienne n’est pas forcément étrangère a cette soudaine décision. Les informations sur le coté obscur de l’univers de la high tech recueillies à l’occasion sont, il faut le reconnaître, quelque peu incompatibles à une monétisation par de la publicité, tant bon nombre de grands annonceurs sont concernés, aussi bien Français qu’Américains.
Pas de garanties apportées pour autant à la préservation des contenus accumulés depuis trois ans sur l’édition francophone de ReadWriteWeb, au contraire. Le système fonctionne sur une technologie WordPress hébergé par nos soins, est totalement distinct de son grand frère américain, qui utilise MovableType. Malgré des demandes répétés ces trois dernières années, il ne m’a jamais été autorisé de passer les contenus de RWW France en Creative Commons, et juridiquement, ils leur appartiennent. Le DG américain, dans un mail parvenu cette nuit, nous affirme ne pas avoir la volonté de maintenir le blog. Le 22 avril, selon les termes du contrat de licence qui me lie à ReadWriteWeb US, ce blog sera mis hors ligne.
Pas de craintes pour autant à avoir sur une véritable censure, au pire, cela nous vaudra les honneurs d’un mirroring de masse qui placera les archives de l’édition Française aux cotés de celles de Wikileaks. Datalove.
L’édition Espagnole, qui ne fait pas, elle, dans le militantisme, a eu la possibilité d’opérer un rebranding qui lui permettra de continuer avec ses archives sous une autre marque, mais pour ce qui est de l’édition Française, le ton est plus sévère : le site, son nom de domaine, son compte Twitter ainsi que sa page Facebook doivent être remis à la maison mère dans le délais réglementaires prévus par le contrat de licence. Dans quelques semaines, ReadWriteWeb en Français ne sera plus.
Qu’il s’agisse d’une tentative de censure opérée par un gros annonceur de la version US, ou par une approche de mystérieux investisseurs souhaitant rentrer au capital de la maison mère sous certaines conditions, ou bien encore que nous ayons à faire en réalité à la décision business la plus stupide du moment dans le monde des média 2.0, les conséquences seront les mêmes.
Vous retrouverez les différents rédacteurs qui se sont illustrés depuis trois ans chez nous dans différents blogs – certains publient dors et déjà chez Techcrunch – et je tiens à l’occasion à les remercier de leurs efforts et de la confiance qu’ils m’ont accordé durant toutes ces années.
Quant à moi, je m’apprête à rejoindre d’autres aventures, de l’autre coté de la Méditerranée, où il ne sera plus désormais question de combattre mais de construire. A 40 ans, il est temps de passer à autre chose. A l’instar de MAM, remerciée brutalement elle aussi, j’écrirais probablement ‘un livre ou deux’, et j’irai publier chez mes petits camarades ce que vous auriez pu lire ici, une stratégie dite ‘du coucou’, inventée par Enikao. Ce n’est pas un mal, finalement, tant les sujets et les informations amassées ces derniers temps vont bien au delà du seul secteur high tech.
Les temps qui viennent en France sont terrifiants pour internet et les libertés numériques. Du point de vue des lois qui s’y appliquent, nous ne sommes plus, sur l’internet Français, dans une démocratie. Les dérives à venir qui vont s’y dérouler, en terme d’infowar notamment, rabbatrons le caquet de tous ceux qui se sont foutus de la gueule de la iRiposte de Benjamin Lancard.
Avec quelques gus dans un garage, nous avons réussi a sensibiliser pas mal de monde à ce problème, mais force est de reconnaître que nous avons, au mieux, mis des bâtons dans les roues d’un char d’assaut qui écrase toutes les velléités de liberté sur internet, et veut le civiliser comme il a colonisé hier ceux qu’il qualifiait de sauvages.
Un autre monde est possible, mais en France, ça va prendre du temps. Une fois de plus, le pays va prendre un retard considérable en matière de numérique, au point que sa place dans le monde de demain est désormais totalement compromise, mais ça, même sans comprendre quoi que ce soit à la neutralité du net ou aux enjeux sociétaux d’Hadopi et de Loppsi, vous avez du vous en apercevoir.
Fabrice Epelboin (Facebook, Twitter)
ex directeur de publication de ReadWriteWeb France
ce billet est en Creative Commons CC-by
Cory Doctorow relève la parution d’un rapport intitulé Media Piracy in Emerging Economies dont la thèse, certes provocatrice mais finalement assez logique, est la suivante :
Les prix culturels élevés (mesurés par rapport au salaire moyen dans les pays pauvres) sont responsables du piratage — c’est-à-dire que si vous analysez les attitudes sociales en matière de copie, les différences de contrôle, et ainsi de suite, le meilleur moyen de savoir si un pays connaîtra des violations répétées du droit d’auteur est de savoir si les produits culturels dans ce pays sont trop chers en relation avec le pouvoir d’achat des gens.
Le rapport, disponible ici et dont le prix varie (de 0 à 2.000 dollars) en fonction de l’utilisation et du pays de téléchargement, développe notamment les éléments suivants :
- Les prix sont trop élevés. Des prix élevés pour les biens culturels, de bas revenus et des technologies numériques bon marché sont les ingrédients principaux du piratage culturel généralisé. Relativement aux revenus locaux au Brésil, en Russie ou en Afrique du Sud, le prix au détail d’un CD, DVD ou d’un exemplaire de MS Office est cinq à dix fois plus élevé qu’aux États-Unis ou en Europe. En toute logique, les marchés culturels légaux sont réduits et sous-développés.
- La concurrence est une bonne chose. Le meilleur moyen de faire baisser les prix pour les biens culturels légaux est la présence d’entreprises locales fortes en concurrence pour les publics et consommateurs locaux. Dans le monde en développement, où des entreprises de film, de musique et de logiciels globales dominent le marché, de telles conditions sont largement absentes.
- L’éducation anti-piratage a échoué. Les auteurs ne trouvent aucun stigmate particulier de piratage dans aucun des pays examinés. En revanche, le piratage fait partie des pratiques culturelles quotidiennes d’une partie de la population importante et en augmentation.
- Changer la loi est facile. Changer les pratiques est difficile. Les lobbies industriels ont très bien réussi à faire changer les lois pour criminaliser ces pratiques, mais très mal réussi à les faire appliquer par les États. Il n’y a, d’après les auteurs, aucun moyen réaliste de réconcilier l’application massive de la loi et les droits de la défense, particulièrement dans les pays dont les systèmes juridiques sont fortement surchargés.
Ce qui fait peur, à la lecture de ces paragraphes, c’est que la plupart de ces points de réflexion semblent pouvoir être appliqués à la France. Est-ce à dire que nous sommes en train de devenir, en matière culturelle, un pays sous-développé ?
A 00h00 lundi, heure de New York, le groupe Anonymous a fait fuiter une première série de documents – des archives d’emails – censés prouver l’implication active de Bank Of America dans une fraude de grande ampleur. Le site sur lequel ces informations ont été mis à disposition du public est difficilement accessible mais des opérations de mirroring ont rapidement eu lieu afin de parer à toute tentative de censure.
Les conversations que l’on découvre à travers les emails rendus public font apparaître des tentatives de dissimulation d’une vaste fraude à l’assurance crédit, et laissent penser que la catastrophe des subprimes était parfaitement anticipée bien avant qu’elle n’éclate, avec pour seule préoccupation, du coté de la banque et de l’assureur qui s’occupait des assurances liés aux emprunts, de dissimuler ce qui pourrait par la suite les incriminer.
La fuite viendrait de l’intérieur, comme pour les cables diplomatiques américains, qui aurait fourni à Anonymous une série d’emails echangés entre les membres de la direction de Bank Of America, prouvant, selon lui, l’implication de l’assureur Balboa, racheté depuis par BOA, dans une fraude de grande ampleur sur les assurances liées aux crédits.
L’employé responsable de la fuite, dans ses échange avec Anonymous, souhaite encourager ses collègues à faire de même : “une fois que les autres employés auront réalisé que c’est faisable, vous n’aurez pas seulement une hache pour décapiter une tête, mais 1000 haches pour vous débarrasser de toutes les têtes”.
Le fait de passer par les Anonymous plutôt que de publier ces données sur un site comme Wikileaks est une évolution intéressante de la synergie Wikileaks / Anonymous et les armes choisies par ces derniers pour lutter contre ceux qui combattent la liberté d’expression et justifient la censure de l’internet. Plus mature qu’un DDoS, la stratégie ‘à la Wikileaks’ des Anonymous semble ancrer le concept Wikileaks dans une pratique hacktiviste et ne plus le limiter aux seuls sites de publication qui fleurissent ça et là en ce moment.
Il sera très difficile, pour ne pas dire impossible, de stopper Anonymous sur ce genre d’opérations, tout comme il s’est avéré vain de stopper les pratiques d’une génération habituée à télécharger ses mp3 gratuitement. La boite de Pandore de la surveillance et de la censure est désormais grande ouverte.
L’analyse de ces documents risque de prendre beaucoup de temps, et il ne faut pas s’attendre à des conséquence concrètes avant un moment. On peut s’attendre, par contre, à une multiplication de ce genre d’opération. Vous pensiez que votre admin réseau était un employé sous payé et inoffensif ?
Think again.
La musique et la vidéo ont occupé une part très importante des pratiques artistiques dont le mode de fonctionnement a été bouleversé par l’arrivée des réseaux sociaux ces dernières années : est-ce l’arbre qui cache la forêt ? En effet, la musique et la vidéo, en occupant ainsi le devant de la scène de l’innovation et des discours médiatiques, ont sans doute occulté d’autres arts et d’autres métiers, comme la mode, la peinture, le dessin ou la photographie, qui ont vu aussi, à d’autres échelles et selon d’autres modalités, leurs pratiques être affectées par l’émergence des médias sociaux.
Le succès de réseaux sociaux dédiés aux métiers des spectacles vivants (comme book.fr, modelmayehem.com) ou aux arts graphiques (deviantart.com) mais aussi l’émergence de nouvelles formes de monétisation de la haute-couture (comme carnetdemode.com) nous rappelle qu’il existe aussi un marché de niche dans les métiers de l’art, et que l’une des vertus de la pratique artistique est d’être, à l’image des réseaux, en permanente transformation et reconfiguration.
Quelles sont les formes artistiques émergentes engendrées par les réseaux sociaux ? En quoi les réseaux sociaux ont-ils affecté certaines pratiques artistiques et certains métiers ? Quelles sont les nouvelles opportunités d’exposition et de monétisation des œuvres et des créations ?
Pour répondre à ces questions, nous avons invité :
Animation des débats par Bertrand Horel, cofondateur du Social Media Club France et chercheur à l’université Paris IV (Celsa).
La conférence sera suivie d’un cocktail.
>>> RDV le mardi 22 mars à 19h00 à La Cantine (lacantine.org)
>>> Inscription sur Moxity (10 euros, gratuit pour les membres cotisants du SMC France) : cliquez ici
- Exemples de détournements « arty » populaire de Facebook :
http://fr.techcrunch.com/2010/12/13/vague-alexandre-oudin/
- Réécriture collaborative d’une œuvre de Bill Plymton :
http://www.youtube.com/watch?v=buTKllSFI1k
- Exemples de réseaux sociaux pour les artistes :
http://www.skwat.com/; http://www.drawin.fr/; http://www.artspace.fr/
- Exemples de solutions populaires de mise en relation entre professionnels:
www.book.fr, www.modelmahyem.com
Dans l’ancien monde, Olivier Auber est la fois artiste et ingénieur. Dans dans le nouveau, il préfère dire simplement « bricoleur » comme tout le monde.
Il est engagé dans de nombreux projets qui, disons, ont tous à voir avec la position relative de l’humain et de la technologie (bio).
Un appel est lancé sur KissKissBankBank, afin de produire une version libre du Générateur Poïétique pour l’internet mobile et des expérimentations dans la ville.
Le Générateur Poïétique est une sorte de « cybermandala temps réel », un jeu collectif synchrone. Son principe est très ancien, il est né avec le Minitel en 1886 1986, a été développé en version totalement acentrée sur une partie expérimentale de l’internet en 1995, puis il a été adapté au web en 1997. La version pour l’internet mobile qu’il s’agit de réaliser pourrait bien lui donner une toute nouvelle dimension…
Le Générateur Poïétique n’a rien perdu de son actualité, ô combien! Il s’agit en effet d’une sorte de modèle des « réseaux sociaux », qui on envahi la planète depuis quelques années et dont commence à comprendre l’importance… Contrairement à Twitter, Facebook, etc. qui centralisent jalousement les données des utilisateurs, notamment ce qu’on appelle le « graphe social », tout dans le GP est accessible, libre et ouvert, non seulement les données qu’il produit, mais aussi son logiciel. De plus, comme les expériences de 1995 l’ont montré, il peut fonctionner de manière totalement acentrée sur l’Internet (aucune serveur).
Pourquoi est-ce important que cette nouvelle version existe ?
Pour au moins trois raisons :
1 – Le Générateur Poïétique propose une expérience extrêmement intéressante, parfois même émouvante : chacun est confronté à tous les autres rassemblés dans une grande image fluctuante, imprévisible, qui s’auto organise étrangement et raconte des histoires… Avec la nouvelle version qu’il s’agit de développer, ce sont peut-être plusieurs milliers de personnes qu’il nous sera donné de contempler dans une même image, visible sur n’importe quel écran connecté, ou projetée en géant dans l’espace public.
2 – En tant que modèle praticable par tous, le Générateur Poïétique permet simplement de « mettre en perspective » le fonctionnement des réseaux sociaux commerciaux, leur dynamique et leur logique propres. C’est en cela un outil de « digital litteracy » comme on dit, c’est à dire d’(auto) éducation au numérique.
3 – Le Générateur Poïétique ne sera jamais directement un concurrent de Twitter ou de Facebook, ce n’est pas l’objet. Le GP est développé sous licence Art Libre (prédécesseur de la licence Creative Commons by-sa). Aussi, toutes ses briques, conceptuelles, logiques, esthétiques et logicielles peuvent être utilisées librement par qui veut dans le respect de cette licence.
Qui sait ? Ainsi le Générateur Poïétique pourra-t-il contribuer indirectement aux efforts que l’on constate partout pour mettre au point des réseaux aussi libres et acentrés que possible?
Enfin, précisons que depuis sa naissance, le Générateur Poïétique s’est toujours développé grâce à la passion, l’expertise et la bonne volonté de nombreuses personnes, indépendamment de toute entreprise, institution ou groupe d’intérêt. C’est véritablement une œuvre libre.
Pour apporter votre soutien au projet, ne serait-ce que symboliquement, c’est ICI Merci !
Pour proposer des mise en oeuvre dans la ville, contacter Olivier Auber : olivier.auber AT km2.net
La soirée de Reporters Sans Frontières destinée à lutter contre la cyber censure a mis l’ONG qui lutte pour la liberté d’expression, et avec elle une bonne partie de la profession, dans une position très claire. La France, grâce à Hadopi et Loppsi, fait une entrée remarquée dans la liste rouge des pays sous surveillance, la Tunisie, elle, tire sa révérence de façon magistrale. Elle disparaît de la liste des pays ennemis de l’Internet, et Nawaat, le site symbole de la résistance au régime de Ben Ali, repart avec le prix décerné chaque année par RSF à l’occasion.
Cette theorie qui se discute à la terrasse des cafés à Tunis, veut que l’avenir qui se dessine voit s’installer des ‘démocraties éclairées’ au nord et des ‘démocraties 2.0’ dans le sud. Si RSF est un thermomètre, alors il nous en a signalé hier un signe avant coureur fort.
A l’heure où la France ou l’Italie se font peur à l’idée que quelques milliers de Tunisiens ou de Libyens ne débarquent sur leurs côtes, la Tunisie, elle, accueille bras ouverts près de cent milles réfugiés à sa frontière Est. Toutes proportions gardées, c’est comme si un demi million de Belges, brusquement frappés par une guerre civile, se massaient à nos frontières, et que la France entière remplissait sa voiture de vivres et de couvertures pour se précipiter à la frontière et venir en aide.
Ce dernier épisode en date illustre l’apparition d’une conscience aigue de la solidarité comme mission citoyenne et d’une prise de conscience, portée par l’élan de la révolution, que chacun peut (et doit) contribuer à faire changer les choses.
Il illustre également l’inversion des pôles, au point de voir les Tunisiens s’accaparer une slogan politico-publicitaire aujourd’hui piétiné par ses créateurs : ‘Ensemble tout devient possible’, y compris faire face avec dignité à une catastrophe humanitaire majeure.
La carte projetée durant la cérémonie de remise de prix qui a récompensé l’équipe de Nawaat faisait apparaitre le pays de Voltaire en rouge, isolé au sein d’un continent Européen encore vierge de tout abus significatif vis à vis de la liberté sur internet. La tension est palpable dans la salle où a lieu la remise des prix et où se presse le gratin du journalisme Français, venu saluer le triomphe de Nawaat, un site ayant pris une part centrale lors de la première révolution du XXIe siècle, et huer Bernard Kouchner venu faire un discours.
Il semble que la profession réalise enfin qu’il se passe quelque chose de grâve, et que c’est sur internet que cela se joue. Pas sur l’internet média, ni l’internet outil, mais dans la civilisation de l’internet, celle qui a fait de l’internet son OS, et qui s’oppose violemment à l’internet civilisé que cherche à imposer le gouvernement Français.
Avec une population âgée, la France peut jouer la montre face aux changements systémiques en cours, et s’offrir un répis à travers la surveillance, la désinformation et la censure. La Tunisie, dont la population est bien plus jeune et tout aussi éduquée, a elle basculé dans le monde d’après.
Après les intrusions révélées en septembre dernier dans nos colonnes, et l’attaque de Bercy de soi disant espions Chinois qui a fait les grands titres de la presse il y a peu, c’est désormais au tour du Quai d’Orsay de se faire piller.
Selon Zataz, un site spécialisé dans la sécurité informatique, le ministère des Affaires (étrangères) s’est fait dérober des documents sensibles, traitant de la sécurisation informatique des ministères Français. Ces derniers auraient été publiés sur un site américain dans la nuit de mercredi à jeudi, quelques jours après la révélation des attaques de Bercy.
Les documents mis a disposition sous forme d’une archives Zip semble concerner la sécurisation informatique des ministères, et contiennent des données liées au « cadrage du projet de mise en oeuvre d’une politique de sécurité du système d’information ». C’est toute la sécurité des ministères qui pourrait être compromise par la révélation de ces documents. Non, en fait, c’est pas un drame, mais c’est tout de même humiliant (toujours remonter à la source, c’est à dire pas à Zataz, mais L’Informaticien, mea culpa)
C’est un quelque sorte un énorme doigt d’honneur adressé à l’ANSII par les pirates, tant il est désormais totalement idiot de retenir l’hypothèse d’un espionnage du gouvernement Chinois.
La piste, évoquée par la plupart des spécialistes du sujet, est désormais clairement celle d’une opération d’hacktivistes. Cette attaque porte à sept le nombre de ministères Français ainsi visités.
Hasard du calendrier, le premier Wikileaks national, Frenchleaks, lancé par Mediapart, vient d’ouvrir ses portes. Autant dire que la fin du quinquennat va être très agitée.
Reste à voir comment la presse va pouvoir expliquer que les Chinois d’hier sont soit dotés d’un sens de l’humour inhabituel pour des espions censés rester discrets, soit qu’ils sont allés un peu vite en besogne en reprenant sans les vérifier les fausses informations de l’Elysée (pas tout à fait fausse pour être honnête, juste destinées a induire en erreur).
Interview réalisé il y a deux semaines par Communication Sans Frontière, à la veille d’un départ pour un premier voyage d’étude à Tunis.
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Communication Sans Frontières :
Vous êtes l’un des grands spécialistes du Net et vous avez plusieurs cordes à votre arc. Comment pourriez vous nous expliquer le sens de toutes vos activités et ce qui vous motive?
Fabrice Epelboin :
Je travaille essentiellement à anticiper les évolutions à long terme de l’internet, notamment son impact sur le social, la culture et la politique. La dimension économique m’intéresse, mais ce n’est plus là que les grands bouleversements ont lieu désormais. La Tunisie puis l’Egypte ont montré au monde que le réseau était un puissant outil de changement social, les démocraties, elles aussi, sont appelées à évoluer en profondeur dans les décennies à venir, et, avec elles, la culture et une certaine forme d’économie qui les portent.
Comme les écrits publiés dans la publication que je dirige ont systématiquement anticipé avec pas mal d’avance l’essentiel des bouleversements en cours, je commence à être pris au sérieux, notamment par les politiques, en particulier à l’étranger.
Ma motivation est très liée à la promotion de certaines valeurs ou de certains concepts liés à internet, indispensables si l’on souhaite profiter de cette technologie en tant que société, et pas seulement en tant qu’économie. La seule approche économique met nos systèmes politiques en danger. Des concepts comme le logiciel Libre, la neutralité du net ou les licences Creative Commons, une alternative au Copyright, sont essentiels à mes yeux. A l’opposé, je me bat contre l’idée de censurer le web (ou le filtrer, c’est rigoureusement la même chose), ou de laisser les Etats y pratiquer une surveillance de masse. En France, ça s’est traduit par de nombreux combats contre Hadopi et Loppsi, à l’étranger contre ACTA, ou bien encore contre la police internet de Ben Ali.
CSF :
Vous êtes très actif sur la toile et vous avez pris partie récemment pour défendre les cyberdissidents lors de la révolution en Tunisie. Etes vous un cyberdissident, ou comment vous définiriez vous?
FE :
S’affirmer cyberdissident en France est très exagéré. Je ne crains pas de me voir embarqué par la police en sortant de chez moi le matin, ou de terminer dans un cachot à écouter mes proches se faire torturer. Ce qui a été le cas de mes petits camarades Tunisiens. Ici, à Paris, c’est assez confortable d’être cyber dissident, ça donne droit à rencontrer tout le gratin politique et permet de leur expliquer son point de vue. On aurait pu croire que tout cela a été fait en pure perte, au vu de l’inexorable avancée de la France vers une répression sévère et une surveillance étroite de l’internet, mais nous avons tout de même accumulé, avec le clan des anti Hadopi, une expérience unique au monde que même les américains saluent.
Comme celle-ci est par nature très bien documentée – les blogs servent à cela – nous avons très vite eu un lectorat Tunisien, et plus largement francophone et issu de zones où la démocratie n’a pas cours (ReadWriteWeb est régulièrement censuré en Iran, en Chine et ailleurs, il a été censuré en Tunisie ce qui a donné naissance à des protestations, forçant le pouvoir à passer à une censure partielle et nous amenant à publier régulièrement des billets à l’intention des Tunisiens sans jamais évoquer la Tunisie dans leurs contenus, dans le seul but de passer la censure – une tradition initiée par Voltaire en France). Le hasard a voulu que nous publions début 2010 un papier sur la Tunisie, qui a non seulement permis aux lecteurs Tunisiens de RWW de se signaler en tant que tel, mais a déclenché les foudres de la police tunisienne (et le début de la censure).
A partir de là, nous avons entamé une collaboration étroite avec de nombreux Tunisiens, simples opposants au régime, blogueurs ou véritables cyberdissidents. Le rapprochement avec la cyberdissidence tunisienne était totalement naturel, nous partagions les mêmes valeurs, et nous avions beaucoup à apprendre les uns des autres. Le partage des connaissances faisant parti des valeurs communes, tout s’est fait de façon évidente.
Après avoir mis à nu une stratégie mise en place par la police internet de Ben Ali consistant à se faire passer pour des Islamistes et d’évincer de Facebook les opposants au régime, nous avons beaucoup gagné en popularité en Tunisie, et nous avons par ailleurs aidé des cyberdissidants blogueurs à atteindre un audience internationale en les publiant dans nos colonnes.
Avec une telle visibilité, le but était non seulement d’appuyer leur combat, mais également d’attirer l’attention du gouvernement Français sur le problème (nous sommes dans les revues de presse de plusieurs ministères, nous avons beaucoup de lecteurs à l’Assemblée Nationale, notamment dans les rangs des assistants parlementaires, mais également chez certains députés), que nous avons à l’époque signalé au Ministre de la défense Hervé Morin ainsi qu’aux services de la Secrétaire d’Etat aux nouvelles technologies, Nathalie Kosciusko-Morizet.
Quand la révolution a commencé, nous avons évidement cherché à nous rendre utile. Cela a consisté, en dehors de l’écriture de nombreux articles, à contacter la presse pour les sensibiliser au problème tunisien et leur donner accès à des informations exclusives ou à des sources (en vain), à faire énormément de mises en relation entre des besoins en matière de technologies sur le terrain et des ressources disponibles en France et aux Etats-Unis où ReadWriteWeb bénéficie d’un gigantesque réseau d’influence, et à mobiliser sur le terrain, en France et à l’étranger, la communauté internet.
A partir du moment où l’un des nôtres, Slim Amamou, a été arrêté, nous sommes passés en mode war room, assurant une veille 24h/24 entre la France et les USA et avons lancé, auprès de tous nos contacts, des appels à l’aide répétés. C’est là que nous sommes passés à un mode très offensif en terme d’infowar, la lettre ouverte à Frédéric Mitterrand étant la partie visible de l’iceberg. Il faut dire que la tête de Mitterrand est mise à prix depuis longtemps chez les anti Hadopi, et que la chute de Ben Ali le condamne irrémédiablement. Une aubaine pour les cyberdissidents français qui vont s’en donner à cour joie dans les mois à venir.
CSF :
Vous avez écrit une lettre ouverte au Ministre Frédéric Mitterrand pour sa tolérance à géométrie variable notamment avec le régime de Ben Ali. A t-il donné une suite à votre proposition de le voir dénoncer les entraves à la liberté en Tunisie ?
FE :
Oui, le gouvernement a répondu à mes demandes d’éclaircissements quelques jours plus tard, par la voix de Michèle Aliot Marie. Je dois avouer que j’ai été très choqué par la réponse. Si mes souvenirs sont bons, on avait à l’époque dépassé le cap des 100 morts, mais je ne suis plus très sûr, et j’ai arrêté de compter après Kasserine.
Ca a été pour moi la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. ReadWriteWeb «France» est mort ce jour là pour s’orienter vers la francophonie, en attendant que la structure suive et s’exile. La position du gouvernement français est très claire, et peu de gens réalisent ce que cela signifie en terme de surveillance et de contrôle de l’internet, et ce que cela dessine comme intentions derrière Hadopi et Loppsi. Les approches de Ben Ali et du gouvernement français sont cependant étrangement similaires : civiliser internet, faire en sorte qu’il ne soit pas en mesure de remettre en question le pouvoir. C’est raté pour la Tunisie. Le ratage en France fera dégringoler ce pays dans le rang des nations et lui ôtera pour un bon bout de temps son air hautain pour tout ce qui est de la défense des droits de l’homme. Les conséquences économiques devraient également êtres significatives. Rater le train de l’Histoire à ce point se paiera très cher.
La France vient de perdre son terrain d’expérimentation de ses intentions civilisatrices vis à vis des réseaux, tout comme elle a perdu ses colonies hier. De toute façon, on est passé à une phase d’infowar sur ce genre de gouvernance très offensive, Wikileaks et les Anonymous n’étant que des hors d’ouvres. La démocratie française, telle qu’elle existe aujourd’hui, n’a pas la moindre chance de survivre, il lui faudra évoluer vers plus de transparence et plus de dialogue avec ses citoyens, ou vers un régime beaucoup plus autoritaire et bien plus répressif encore vie à vis d’internet. Ce choix est dans les mains du peuple français, les cyberdissidents dans mon genre ne peuvent pas vraiment faire plus que ce qu’il s’acharnent à faire depuis des années : informer le public sur les dangers d’Hadopi, dénoncer la manipulation et la désinformation effectuée par le gouvernement et les organes de presse qu’il contrôle. Nous ne pouvons guère aller plus loin en restant dans le cadre de la légalité, et ce cadre légaliste est un consensus assez clair dans le clan des anti Hadopi.
A moins qu’un Wikileaks vienne à la rescousse, il est peu vraisemblable que le gouvernement cesse d’imposer ses lois et stoppe sa volonté de contrôle Orwellien des réseaux. Le peuple français, lui, semble parfaitement inconscient et continue à voir un monde manichéen, avec les méchantes dictatures d’un coté et les gentilles démocraties de l’autre. Les complicités mise à jour récemment ne semblent pas leur faire réaliser que la dictature est en train de s’installer chez nous, insidieusement, se limitant à internet. Au final, après toutes ces années de lutte, je ne suis pas vraiment convaincu que la France mérite de vivre en démocratie, les privilèges acquis, ça se défend ou ça se perd. La liberté a un prix et les Français semblent assez radins à ce sujet, il préfèrent la tranquillité d’esprit et la sécurité, et comme le disait si justement Benjamin Franklin, «ceux qui sont prêts à abandonner une liberté essentielle pour obtenir temporairement un peu de sécurité ne méritent ni la liberté ni la sécurité». Le fils de l’ancien déporté Jorge Semprun, James, a également eu récemment une très belle façon de résumer cela : «ceux qui veulent la liberté pour rien manifestent qu’ils ne la méritent pas». C’est la formule qui caractérise le mieux le peuple Français aujourd’hui.
La suite de cette longue interview sur le site de CSF >>
Humanitaire, c’est un bon terme pour qualifier l’action de Telecomix en Tunisie, en Egypte, en Libye et ailleurs. C’est probablement l’une des raison qui a poussé Reporter Sans Frontière à inviter deux agents de Telecomix, Chrisk et Fo0, à Genève, le 12 mars prochain, à l’occasion de la journée mondiale contre la cyber censure, afin qu’ils expliquent en détail à un parterre d’ONGs la façon dont Telecomix a porté assistance aux révolutions en cours en Afrique du nord et ailleurs.
Bienvenue au club de l’humanitaire, en quelque sorte.
L’année dernière, nous avions eu l’honneur de tisser des ponts entre le bureau internet de RSF Paris et Xerobank, une organisation issue de Hacktivismo, acteur historique du hacking militant. Cela a permit la mise en place de l’abri anti censure aujourd’hui en service au siège de RSF. Cette année, c’est à l’initiative de Stephane Koch que se tient ce premier workshop, et comptez sur notre capacité de lobbying pour que ce ne soit pas le dernier /-)
Nous l’avions déjà évoqué ici, Telecomix se trouve derrière des opérations comme le rétablissement d’une connectivité internet pour l’Egypte (avec la FDN) quand Mubarak avait décrété un blackout, l’exfiltration de vidéos de Tunisie quand Ben Ali a bloqué leur transfert sur Facebook, le mirroring massif de Wikileaks quand le gouvernement américain a tenté de le censurer, ou bien encore de la mise à disposition de technologies de cryptage, d’anonymisation ou de contournement de la censure destinées aux cyberdissidents. La liste, bien plus longue encore, ressemble à un inventaire à la Prévert d’un hacking éthique et militant, qu’on peut désormais qualifier d’humanitaire.
L’aspect humanitaire est certain, bien plus interventionniste que ne l’aurait jamais imaginé Kouchner 1.0, mais néanmoins évident.
Telecomix animera à Genève un workshop, à destination des ONG, dont le but est de leur transmettre les connaissance essentielles et de les sensibiliser à la gestion de nouveaux risques liés à l’utilisation des NTIC (anonymat des communications, sécurité de l’information, protection des sources), mais également d’expliquer la façon dont Telecomix a utilisé les réseaux sociaux lors des révolutions.
A travers ce workshop qui durera une journée, la matinée étant consacré à une approche théorique, Telecomix tentera de répondre a une série de question essentielles :
Des connaissances essentielles pour tout travailleur du secteur humanitaire, mais pas que.
Et en bonus track, un reportage de la Télévision Suisse Romande sur Telecomix avec Chrisk en guest star.
Quand on voit plus de 400 articles sur une info bidonnée et qu’une information de nature à changer le monde ne fait pas un entrefilet dans la presse, en général, on insiste. Voici donc, rédigé par Mohamed ElGohary et traduit par Claire Ulrich de Global Voices, le récit des événements qui ont menés à l’assaut par la population Egyptienne de différents lieux d’archivage de la police secrète, ainsi que de leur mise en ligne à disposition du public par les assaillants. Une date clé dans les événements qui secouent actuellement le monde, passée parfaitement inaperçu en France… Reste à savoir pourquoi.
Ce billet fait partie du dossier de Global Voices sur les événement en Egypte en 2011 [dossier central en anglais]
[Liens en anglais ou en arabe] Peu de temps après la démission de l’ancien premier ministre égyptien Ahmed Safik, le 4 mars, des citoyens égyptiens ont pris d’assaut les sièges de la détestée Sécurité d’état (Amn El-Dawla en arabe) de plusieurs villes telles que Alexandrie, Ismailia et d’autres. Le 5 mars, les manifestants ont investi le siège principal de l’appareil de sécurité d’état à Nasr City, au Caire. Il avait été remarqué que beaucoup d’employés de la sécurité d’état étaient en train de détruire et de bruler de nombreux documents et dossiers pour effacer les preuves des abus et des atteintes aux droits humains perpétrés en Egypte au cours des dernières décennies.

Une salle des archives dans le siège principal de la sécurité d’état à Nasr City, au Caire : les dossiers sur les citoyens et les activistes. Photo de Hossam ElHamalawy publiée sous licence CC license.
Les habitants du Caire ont organisé un événement sur Facebook entre le 4 et 5 mars pour assiéger tous les bâtiments de la Sécurité d’état au Caire, car leurs requêtes auprès du Haut conseil militaire demandant de dissoudre l’appareil de sécurité de l’état n’avait reçu aucune réponse.
Les blogueurs égyptiens ont couvert eux-même le déroulement des événements, comme Sarah, qui a publié des photos et des informations depuis les lieux via Twitter :
@sarrahsworld: Papiers brulés à #amndawla !!!! http://yfrog.com/gz7fjarj

Les cendres des dossiers brulés par la sécurité d’état au siège de Nasr City
@sarrahsworld: Des documents sur les étudiants salafistes http://yfrog.com/gzvlyqqj

Documents à moitié brûlés sur des étudiants attirés par le salafisme
@sarrahsworld: #amndawla essaie de sauver du feu http://yfrog.com/hsr7vdsj

Les manifestants passent par-dessus le mur d’enceinte du siège de la sécurité d’état pour tenter de sauver des dossiers avant qu’ils ne soient brulés
Lilian Wagdy mentionne que :
@lilianwagdy: الجيش يبدأ السيطرة على مقر أمن الدولة في ستة اكتوبر #AmnDawla #Jan25
L’armée a commencé à prendre le contrôle du QG de la Sécurité d’état de la ville du 6 octobre.
Mosa’ab ElShamy :
@mosaaberizing: certains des dossiers à moitié brulés #amndawla #october http://twitpic.com/46cy3d

Ce qui reste de certains dossiers#amndawla #october
Amr Magdy avertit :
@ganobi: نشطاء يحاولون قطع الطريق على عربات محملة بأوراق تخرج من أمن الدولة في 6 أكتوبر #Jan25 #Egypt #StateSecurity #AmnDawla
Des activistes essaient d’arrêter les camions remplis de dossiers qui sortent de la sécurité d’état de la ville du 6 octobre.
Pendant ce temps, la blogueuse The barefooted Countess avait publié la liste des adresses de tous les sièges de la sécurité d’état du pays :
تحرك أكثر تنسيقا لمحاصرة مباني امن الدولة ومنع اتلاف المستندات فيها.
Pour avoir les informations, afin d’assiéger tous les bâtiments de la sécurité d’état et les empêcher de détruire les documents qui s’y trouvent.
Voici une vidéo d’un colonel de la sécurité pris en otage par des citoyens à Ismailia :
Dans la vidéo ci-dessous, des agents de la Sécurité d’état lancent des cocktails Molotov sur les manifestants et l’armée.
Certains ont décidé de lancer une initiative similaire à Wikileaks et ont publié les documents trouvés dans les locaux de la Sécurité d’état sur Internet, comme ceux trouvés dans le QG de Damanhour, situé dans le gouvernorat de ElBeheira.
Hossam ElHamalawy, un photographe et activiste égyptien connu, a documenté la prise du siège principal de la sécurité à Nasr City sur son compte de photos sur Flickr, tandis que le blog Kashfun (Révéler) l’a fait en vidéo.
Enfin, le blogueur Tarek Amr fait cette réflexion sur ce qui se passe :
أما الذي لم يكن يمكنني حتى الحلم به أبد، هو أن أرى أحدهم على تويتر يقول أنه في طريقه إلى أمن الدولة، ثم يتمادى في سريالية الموقف بأن يتبعها بإبتسامة. و كانت مداهمة المتظاهرين في الأسكندرية لمبنى أمن الدولة هناك قرابة الفجر و تفتيشة و ربما إعتقال من بداخله، و كانها صورة معكوسة في المرآة لما كان يتم قبل الثورة، هي بمثابة البداية لتلك الأحداث السريالية الجميلة.
Ce à quoi je n’avais jamais pensé, et je n’en avais même jamais rêvé, c’est de voir quelqu’un sur Twitter dire qu’il est en chemin pour le siège de la Sécurité d’état, et pas seulement ça, mais avec le sourire en plus ! Prendre l’assaut le QG de la sécurité d’état à Alexandrie à l’aube, le fouiller, et même détenir des officiers a été l’exact opposé de ce qui se passait avant la révolution. Et ça, c’est le début du début surréaliste de ce qui va se passer.
Ce billet fait partie de notre dossier sur les événement en Egypte en 2011
Bercy subit une attaque informatique et c’est le buzz. Plus de 400 articles dans Google News, contenant 3 versions des faits, égrenés au fil des heures par les services de l’Etat. Les informations révélées au compte goutte et contredites aussitôt en ce qui concerne une attaque de l’Elysée, la presse s’affole, mettant en scène ministres effarés, députés opportunistes, mais surtout, un nouvel entrant dans le jeu médiatique : Patrick Pailloux, le patron de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), la cyberpolice Française fraîchement crée.
Intox ? Info ?
Commençons par l’ami Manach, qui explique cela de façon limpide.
Cette coincidence heureuse de dates qu’évoque Manach est également soulevée par Olivier Tesquier dans Owni.
Les propos tenus (toujours sur Owni) par un professionnel reconnu et respecté de la sécurité informatique évoquent un “altermondialisme numérique”, en ligne avec l’analyse que nous en faisions hier, contredisent totalement ceux du patron de la cyberpolice Française qui affirme, méprisant, que cela n’a pas été fait par “3 pc dans un garage”.
Un groupe que l’on pourrait qualifier d’alter-numériques a tout de même réussi à rétablir des connexions internet avec l’Egypte suite au blackout imposé par Moubarak, à créer des passerelles pour exfiltrer des vidéos de Tunisie, d’Egypte ou de Libye, ou a développé des solutions pour échapper à toute surveillance sur le web… Certes, le groupe en question ne ferait jamais d’intrusions informatiques de ce genre, ce serait aller à l’encontre de leurs principes fondateurs, mais ils démontrent tout de même que la vision des 3 gus dans un garage est un tantinet… dépassée.
De toutes évidences, des ‘organisations’ de cyber-activistes sont en mesure de réaliser des tâches incroyablement complexes.
D’ailleurs, cet élément de language, popularisé par Christine Albanel, et piqué au monde des startups, était destiné à minimiser l’adversaire. Il a été imaginé par des gens pour qui internet ne pouvait s’aborder que par sa dimension économique, les startups, pas par sa dimension sociale, comme les hackers, les netocrates, ou les Anonymous.
Eat your own dogfood ? Pas une bonne idée quand on produit de la propagande. Par ailleurs, il serait temps de réaliser que les hackers ne fonctionnent pas du tout sur le modèle des startups. (leur mode d’approche du travail en commun est riche d’enseignements, et, au vu des performances, il mérite que l’on s’y attarde).
Les Anonymous sont l’arbre qui masque la forêt. Il existe une multitude de groupes de hackers, pour la plupart très discrets. Certains font ça pour de l’argent, d’autres pour le sport, certains sont à cheval sur les deux, beaucoup sont activistes, et les valeurs qui rassemblent la plupart d’entre eux sont celles que piétine l’Etat Français. Hadopi, Loppsi, cybersurveillance, et sous peu censure, la France a tout fait pour s’attirer les foudres des activistes de la planète entière.
L’élite hacker, longtemps dubitative face aux Anonymous, leur reprochant le coté aggresif et/ou illégal du DDoS, est bien obligée de reconnaître qu’ils ont leur place dans les changements en cours. Beaucoup sont tentés d’apporter aide et assistance.
La version officielle pointe discrètement du doigt une puissance étrangère, la Chine, connue pour être remplie de hackers, qui n’hésitent pas à attaquer Google. Peu crédible, selon Eric Filiol, l’un des plus grands experts Français du sujet.
Autre élément troublant : pourquoi la presse ne s’est-elle pas enflammée de la sorte que nous révélions, début septembre 2010, que de tels raids informatiques destinés à voler des données sensibles avaient eu lieu au ministère des finances, au secrétariat d’Etat à la prospective et au numérique, au ministère de l’agriculture, ou bien encore à Matignon. Des informations aujourd’hui niés par l’ANSSI, mais à l’époque, les services de l’Etat s’était contentés d’accuser reception auprès des hackers ayant dévoilé les trous de sécurité, et de corriger les failles critiques. (nde: c’est une pratique courante chez les hackers de prévenir de façon confidentielle d’une faille de sécurité, avant de le faire de façon publique si la faille n’est pas corrigée au bout d’un certain temps)
Les Chinois ont bon dos, et comme souvent quand il s’agit d’internet, la presse passe totalement à coté du sujet. Pourquoi tout ce barouf pour quelque chose qui existe depuis belle lurette ? Qu’y avait-il de si différent en septembre pour qu’une cyber-attaque de plus grande envergure encore, ne provoque pas le moindre entrefilet dans la presse ?
La réponse est très simple : en septembre dernier, la plupart des Français n’avaient jamais entendu parler de Wikileaks, des cables diplomatiques, des révolutions Facebook, ou des Anonymous. Bien sûr, si vous lisez ReadWriteWeb régulièrement, vous connaissiez tout cela depuis belle lurette, mais madame Michu, elle, a découvert tout cela il y a très peu de temps.
Pour les Etats, la nature du risque a changé. Les méchants Chinois ont toujours été là, et pour ce genre de cyber-attaques, la France n’a rien à apprendre de la Chine, Wikileaks nous l’a appris. Ce qui a changé, c’est qu’un risque supplémentaire est apparu, un risque qui a déjà fait tomber plusieurs chefs d’Etats : la population.
Vite, votons des crédits pour la cyberpolice. Renforçons la censure. Les Chinois sont à nos portes. Ayez peur.

Le festival de tous les excès, de toutes les fêtes, aux centaines de panels… j’ai un peu tout entendu pour essayer de définir ce qu’était le festival SXSW qui en l’espace de quelques jours voit plus de 14 000 participants se réunir à Austin. Le festival se divise en trois parties: Music, Film, et Interactive. A chacun son univers, quand vous ne décidez pas de profiter des trois dimensions à l’aide du fameux “Platinium or Gold badge”.
Celui qui concentre toute l’attention de la Silicon Valley et autres acteurs de la révolution digitale est bien entendu “SXSW Interactive”. Comment vous dire, on a un peu l’impression de partir au Festival de Cannes de la tech: il y a les légendes plus ou moins urbaines qui entourent l’événement. Oui Foursquare et Twitter ont connu la gloire pour la première fois là-bas, c’est ici que tout a commencé pour eux (après neuf mois de dur labeur en réalité pour Twitter).
A cela s’ajoute l’ambiance “dingue”, “électrique”… Il faudrait avoir des clones pour pouvoir assister à tout ce qui déroule pendant le festival… les guides officiels et non-officiels vous donnent le tournis… sans compter le nombre de fêtes des grands noms ou de startups qui jouent leur place au soleil de l’innovation. On en oublierai presque que des panels nombreux avec des intervenants de qualité sont aussi présents pour couvrir les domaines les plus variés de l’univers numérique. Des personnes telles que Clay Shirky, Guy Kawasaki, les équipes de Twitter bien sûr… toutes ces personnes qui pensent et imaginent le monde de demain aujourd’hui sont donc présents.
Le Festival de Cannes du geek vous-dis-je.
San Francisco se vide donc considérablement pendant ces quelques jours, laissant ceux pour qui SXSW est “une énorme fête” se mélanger avec ceux qui y vont le coeur serré pour reproduire “l’histoire”. C’est cette tension nuancée d’envie de se retrouver pour imaginer, fêter ce monde de l’interactivité auquel chacun participe à son échelle qui je crois éveille le plus ma curiosité. J’imagine que des produits ou projets se créent entre deux conversations, deux couloirs ou deux soirées, que la stimulation y est permanente et les rencontres passionnantes, que ce grand écart entre cette machinerie mise en route et les enjeux individuels doit être assez génial à voir. Si en plus, on peut y participer…
C’est pour cela que je suis ravie d’avoir l’opportunité grâce au Social Média Club qui sera encore présent au festival cette année d’essayer de vous faire vivre le plus possible ce festival de l’intérieur. Chaque jour du vendredi 11 mars au lundi 14 mars, je serai sur Ustream à 20 heures, heure de Paris, pour un récapitulatif quotidien en français des dernières nouvelles, de mes impressions et échanges avec les invités (internationaux) pendant le livestream pour vous transmettre ce qui fait la particularité de ce rendez-vous annuel, qui est devenu un “must” pour tous les acteurs du monde numérique, en espérant peut-être vous donner envie de vous y rendre l’année prochaine.
Si l’innovation et l’un de ses festivals les plus surprenants vous intéressent, retrouvez donc le festival et moi-même tous les jours ici.
Axelle Tessandier
@axelletess
Pour me poser des questions pendant le direct: @axelletess et “#SMCH6”
Le “Bastille Day” Egyptien, tel que l’a qualifié SandMonkey, célèbre bloggeur Egyptien, est sans nul doute à ce jour l’opération d’hactivisme la plus spectaculaire jamais menée. Une utilisation conjointe et synergique de méthodes d’action ‘old school’ combinées à l’utilisation d’une multitude d’outils internet, reprenant à la fois les concepts de l’opération LeakSpin des Anonymous, de l’esprit Wikileaks et d’une ‘Egyptian touch’ unique : synchronisation d’actions via les outils sociaux, combinaison IRL/online, et opération de mobilisation de grande ampleur.
Mais la France, ex patrie des droits de l’Homme, dont on se demande si elle aura une place, demain dans le concert des nations, pourrait bien se relever des abysses dans lesquelles l’ont entraînée ses dirigeants, à travers une opération similaire d’Open Data radical : la mise à disposition du public d’une quantité pharaonique de données gouvernementales.
L’opération a débutée, en pratique, il y a déjà un certain temps. Nous annoncions dans nos colonnes, le 11 septembre dernier, quelques semaines avant le CableGate de Wikileaks et quelques mois avant le début de la révolution Tunisienne, qu’une quarantaine de site gouvernementaux dont ceux de six ministères avaient fait l’objet d’intrusions informatiques plus ou moins sévères, certains ministères s’étant fait dérober une large part de leur ‘patrimoine informationnel’.
Parmi les ministères ainsi dépouillés, celui de l’intérieur, de l’Agriculture, du premier ministre, et de l’Economie Numérique. Désormais, avec Bercy, il semblerait que la collection soit presque complète.
Avant toute choses, il convient de rappeler quelques éléments de mise en contexte.
Ces attaques ne sont pas le fait d’une organisation ou d’un grand plan. Le propre de ce à quoi font face les dictatures et les ploutocraties du monde entier est justement de n’être pas organisé au sens traditionnel du terme, je vous renvoi à ce billet pour mieux comprendre cet aspect fondamental des choses.
Ces attaques – ou tout du moins leur révélation faite au grand public par le biais de sites comme RWW – font suite à la révélation, début septembre, via une fuite de documents issus de Bruxelles et publiés par Marc Rees de PCinpact – figure historique de la lutte anti Hadopi – d’un plan datant de 2007, fomenté entre l’Elysée et les majors du disque, et destiné à filtrer, surveiller et censurer l’internet Français, façon Ben Ali. Ammar404 en VF.
Ensuite, il est indispensable de comprendre le type de données informatiques qui représente le saint Graal du vilain pirate qui attaque ainsi de pauvres ministères sans défense.
L’Agriculture, c’est le nerf de l’Europe, et le poids (pour ne pas dire l’influence) de la France dans les affaires Européennes pourrait être anéanti en cas de révélations embarrassantes. Or durant la courte période où la France a assuré la présidence de l’Europe, on a vu les lobbies du disque s’y renforcer. La France s’est toujours opposée à l’Europe en matière de respect des libertés liées à internet, tous ceux qui ont suivit l’affaire Hadopi savent à quel point la bataille qui s’est joué autour d’Hadopi a vu l’Europe se révéler comme le dernier rempart des libertés numérique, et cette bataille n’est pas finie. Mettre fin à l’influence de la France sur les institutions Européennes apparaît désormais comme une mission salvatrice.
Le ministère de l’intérieur, c’est l’Elysée. Ces deux organisations sont tellement fusionelles qu’attaquer l’un ou l’autre revient au même. Les archives dérobées pourraient contenir la préparation de la campagne de Nicolas Sarkozy, à l’époque où ce dernier occupait la place Beauvau, en compagnie de celui qui était à l’époque son chef de campagne et le patron du plus gros cabinet de lobbying Français, Frédéric Lefebvre. Mettre à jour ces documents permettrait de révéler ce que tout le monde sait déjà : la France est dirigée par les lobbies. Avec un peu de chance, on pourrait même apprendre combien ça leur coute d’écrire eux même une loi.
Si vous avez cinq minutes, cette vidéo – non censurée pour le moment – est assez parlante. Cliquer ici pour voir la vidéo.
Le secrétariat d’Etat au numérique, c’est juste pour le LULZ. Peu de chance de trouver quoi que ce soit d’utile dans ses archives, mais sait-on jamais.
Le premier ministre, c’est pour le principe, il est évident qu’il doit y avoir dans les tonnes de documents qui pourraient contenir des choses instructives.
Plus récemment, Bercy, c’est carrément le saint Graal. C’est là, selon de multiples sources, que s’est rédigé une large partie du rapport gouvernemental sur la net neutralité, un copier coller grossier d’arguments issus des lobbies. Bercy, cela ne fait aucun doute aux yeux des anti Hadopi, est le véritable lieu de la gouvernance du numérique en France, ou tout du moins du bras armé numérique du gouvernement Français : Orange. Or Orange est désormais sous le feu nourri des hactivistes Français et Tunisiens. Ce Elf 2.0 de la Françafrique Sarkozienne, et avec lui son cortège d’intégrateurs, de prestataires obscurs de solutions de sécurité, de surveillance, de fichage des individus, de censure et de fichage, est le summum de l’internet civilisé, grand rêve du gouvernement actuel, dont la Tunisie était encore il y a peu un showroom pour les dictateurs d’Afrique de l’Ouest, dans lesquelles Orange est très présent, et un laboratoire de R&D géant, afin d’affiner la mission civilisatrice des gouvernants sur leur propres peuples par le biais d’internet.
Les hacktivistes pourraient bien, en faisant tomber Orange, faire tomber la politique numérique de la France, à l’international comme sur le territoire Français, et mettre fin aussi bien à un vaste programme de surveillance de la population Française qu’à la fourniture d’armes numérique à des dictatures Africaines. Une mission salvatrice, qui pourrait bien redorer le blason de la France à l’Etranger et lui faire renouer avec une tradition oublié de promotion des droits de l’Hommes.
Vendredi dernier, des milliers de manifestants ont fait irruption au quartier général de la police secrete (markaz amn eddawla) Alexandrie, au Caire, ainsi que dans six autres villes, paralysant le fonctionnement du service et saisissant une vaste quantité d’archives.
L’opération, organisée sur Facebook, a ensuite fait appel à une multitude de services web 2.0 d’auto publication. Cliquer ici pour voir la vidéo.
Wikileaks, dont rien de permet de dire qu’il est à l’origine de l’affaire, apporte son soutien. Il a annoncé que le dossier de Khaled Said a été trouvé, ainsi que des documents révélant l’outsourcing de la torture par la CIA et la Suède en Egypte, et des fichiers numériques circulent déjà. Un compte Flickr – une propriété de Yahoo! – a déjà publié une série de scans.

Twitter est enthousiaste, et parfois s’interroge, comme pour cette cassette VHS, censé contenir les ébats sexuels d’une princesse de la famille royale Koweitienne avec un homme d’affaires égyptien, dans un hôtel en Alexandrie, le 05/10/2002…

Plus sérieusement, c’est la mise à jour d’un pan majeur de la géopolitique du monde qui se retrouve mise en ligne à la vue de tous. Encore un secret qui disparait, avec un mode opératoire très Egyptien. Connus pour être extrêmement créatifs dans leurs opérations d’activismes qui combinent IRL (‘in real life’) et online, le “Bastille Day” Egyptien rapelle les ‘freeze’ synchronisées de la première commémoration de l’assassinat de Khaled Said.
La mise en ligne sur Flickr de scans des documents relève du bras de fer politique. Yahoo! censurera-t-il le compte ? Résistera-t-il à la pression du gouvernement américain qui va voir son image sérieusement se ternir dans les semaines à venir ? D’autres scans apparaissent sur Prosperous, et gageons que sous peu, c’est tout le web 2.0 qui en sera envahit. Tout se passe comme si chacun repartait avec son lot de documents à scanner et à mettre en ligne, avec comme seul mot d’ordre un tag : #amndawla
La plus grande opération de crowdsourcing de la planète sera-t-elle une révolution 2.0 ?

Bien sûr, que Flickr censure ou pas ne changera rien, mais la mise en ligne de ces documents en licence Creative Commons, autorisant le remix, la réutilisation, et l’usage commercial (spécial dédicace à Jean-Marc Ayrault), est sans nul doute une étape politique majeure pour l’Open Data, un poil radical, ceci dit.
Robert Gates, le secrétaire d’Etat à la Défense Américain a été dépêché sur place en urgence, nul doute que la réaction des USA fera ou affaiblira la position des USA dans le monde de demain.
History is being made.
Cliquer ici pour voir la vidéo.
vidéo tournée par @moftasa
Le marché avait réagit violemment à l’annonce de la collaboration de Nokia avec le régime Irakien, qui portait sur la surveillance de la population et qui avait permit de cibler la répression durant la révolution verte. Or dans la journée de vendredi qui a suivit la révélation par Owni d’une affaire de corruption susceptible de violer la convention de Mérida censée lutter contre la corruption, et d’amener Orange à répondre de ses actes devant la commission Européenne, le cours de bourse n’a pas varié d’un poil, et on a enregistré des volumes d’échanges qui ne sortent pas de l’ordinaire.
Tout se passe comme si le marché considérait Orange comme étant au dessus des lois. Il faut dire qu’il y a de quoi, et on peut comprendre le marché. En pratique, Orange écrit les lois et les appliquent avant même qu’elle ne soient votées. Pas très démocratique pour une entreprise détenue en partie et contrôlée en totalité par l’Etat.
Dirigé par Stéphane Richard, grand ami de la Net Neutralité, ancien chef de cabinet de la ministre des finances, Christine Lagarde, qui a remplacé une Michèle Alliot Marie encore ministre il y peu dans un déplacement officiel à Tunis. Orange a à la tête de la direction de sa branche entertainment l’ancienne ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, alias Madame Hadopi (le Ammar404 Français).
Orange, même s’il n’en possède que 27%, est un peu le prolongement du gouvernement Français dans le numérique.
Orange, c’est un peu Elf en 2.0. Surtout dans son rapport à l’Afrique.
L’apathie des marchés est d’autant plus étonnante que l’enquête d’Owni est menée par deux journalistes enquêteurs de talent, Olivier Tesquet, ‘pure player’ du journalisme, l’un des spécialistes “Wikileaks” maison, et Guillaume Dasquié, un ancien de Libé, spécialiste des affaires de corruption, en particulier dans cette zone du monde, et/ou quand cela touche à de grandes multinationales.
Ces deux gus dans leur garage (en l’occurence une soucoupe), croient fermement que le journalisme est un contre pouvoir (et pas un pouvoir tout court) et s’en donnent les moyens. Un duo qui rassemble tout ce que le journalisme sait faire et peut potentiellement faire, avec les outils d’hier et d’aujourd’hui, lancé aux trousses d’une entreprise qui est la bête noire des anti hadopi, et qui a juré la mort de la Neutralité du Net.
Autant dire que tout ce que l’internet a de militant trouvera dans tout cela une raison ou une autre de se mobiliser. Il suffit d’une étincelle pour mettre le feu au poudres d’un conflit ouvert entre une entreprise et ses clients : et si les suicides n’étaient plus seulement un problème RH chez Orange ? Imaginez que le CRM s’y mette !?
FUD, les marchés n’aiment pas cela. Ca les rends nerveux.
Le même jour où émergait les premières révélations sur la corruption d’une dictature Africaine par Orange (et la France), Didier Lombard, sentant visiblement un autre scandale arriver, renonçait à un poste de conseiller payé un demi millions d’euro par an. Une pré-retraite dorée ?
Peu de chance pourtant que le départ de Didier Lombard, l’ex président d’Orange, grand ami de la neutralité du net lui aussi, suffise à calmer la crise qui vient d’éclater, et qui ne devrait pas tarder à devenir une affaire d’Etat, une de plus.
Les rapports entre Orange et l’Etat Français sont tellement fusionnels que s’il était avéré que l’entreprise ait versé de l’argent au clan de Ben Ali, cela devrait avoir l’effet d’une bombe atomique. Une enquête que le parlement Européen devrait logiquement diligenter (violation d’une convention Européenne sur la corruption oblige), devrait, outre certifier que les documents révélés par Owni sont authentiques (ce qu’Orange ne nie pas), répondre à la question suivante : qu’a reçu Orange, ou l’Etat Français, ou les dirigeants de l’un ou de l’autre, en échange de cette commission ?
One more thing. Pendant ce temps, Facebook est évalué à 75 milliards de dollars sur le marché gris… Les grands changements auxquels nous assistons dans le monde ne passent donc pas clairement inaperçu aux yeux de tous les marchés. Les transferts de valeur entre les anciens maîtres des forges de l’information et les nouveaux sont en cours.
Bon week end, les marchés sont fermés. LULZ.
Je ne regarde presque plus la télévision, mais en début de semaine, quand le programme de Complément d’Enquête annonçait un spécial Transparence et Wikileaks, j’ai fait un effort.
Le programme m’a donné l’impression d’une opération d’intox ratée, bien moins efficace que l’époque ou Envoyé Spécial tentait de persuader les parents que leur chères têtes blondes trouvaient de l’extasy sur Facebook facilement. Un discours aujourd’hui repris par Kadhafi, qui tente, lui, de persuader son peuple qu’on sert des acides aux enfants au petit déjeuner.
La télévision. Quel média fantastique. Dire qu’il fut une époque ou ça marchait. De nos jours, tout le monde sait qu’on utilise Facebook pour des motifs bien plus sérieux, comme se libérer d’une propagande d’Etat, ou organiser la lutte contre un tyran.
Là, Complément d’Enquête a fait dans le Fail. Assange est un parano soupçonné de viol qui se déguise en femme, les Anonymous sont des black hats, voleur de cartes de crédit et activistes demeurés. Dangereux qui plus est : ils sont en possession de la documentation interne du plus grand marchand d’arme Français (un clin d’oeil à certains qui se reconnaîtrons dans un reportage qui a 97,8% de chances d’être bidonné). FUD FUD, FAP FAP. Dieu merci, une loi sous peu interdira de publier de tels documents (le hasard parlementaire et médiatique fait bien les choses). Tremblez en paix, Français, les lois sécuritaires de l’internet vont vous mettre à l’abri de ces criminels.
Les invités étaient remarquables. Du blogueur Tunisien, expliquant calmement au sujet d’Assange qu’un brin de parano ne nuit pas à la survie en environnement hostile, laissant le journaliste Français, confortablement installé dans un fauteuil depuis trop longtemps, esquisser une grimace gênée, ou un Henri Guaino hypernerveux, bafouillant ses arguments et lâchant des éléments de langage comme du name dropping, qui tente d’expliquer maladroitement en quoi Michèle Aliot Marie aurait été victime d’une atteinte à sa vie privée du fait de cette transparence… qui dérange…
C’était médiocre par rapport aux chefs d’oeuvres de la propagande Sarkozyste, comme le célèbre reportage sur Facebook en 2008, qui avait valu à France 2 une levée de bouclier des powers bloggeurs Français, traités avec le plus grand mépris par France Télévision. C’était il y a plus de deux ans. Depuis, la plupart d’entre eux ont renoncé à infléchir la “ligne éditoriale” de la télévision d’Etat.
Mais cette fois ci, ce ne sont pas les powers blogueurs qui demandent à la propagande d’Etat de baisser d’un ton, ce sont les Anonymous. Et de la même façon qu’un adulte se fait éclater par un ado dans un jeu vidéo, il n’est pas interdit de penser que les Anonymous réussissent là ou l’alliance de tous les “influents” de la bloggosphère a échoué : mettre un terme à la propagande produite quotidiennement par certains média.
Problème : il s’agit tout de même d’un média, et on ne DDoS pas un média. Le communiqué des Anonymous ne fait d’ailleurs pas de menaces, il invite les millions de Français qui sont derrière la fracture numérique à se renseigner par eux même, soulignant que, curieusement, France 2 n’a nullement fait mention des messages de paix et de justice répétés des Anonymous, et de leurs engagements aux cotés des peuples Tunsiens, Egyptiens, Lybiens, etc, etc, etc.
La plupart des journalistes ont jusqu’ici traité avec mépris les Anonymous, même s’il y a des exceptions notables, et il semblerait qu’en poussant le bouchon de la propagande un peu plus loin encore, la machine médiatique Française ait franchi une ligne jaune.
Heureusement le gouvernement français nous sous-estime.
Heureusement tous les journalistes ne sont pas à la botte des gouvernants.
Heureusement la nouvelle génération possède dans ses mains des outils qui lui permettent de ne pas être dépendante de l’information d’état.
Anonymous est né d’internet,
Internet est incontrôlable,
Anonymous est incontrôlable,
Nous sommes dans l’ère de l’information,
Nous sommes une génération que vous ne pouvez aisément manipuler et cela vous dérange,
Nous sommes Anonymous,
Nous sommes Légion,
Nous n’oublions pas,
Nous ne pardonnons pas,
Redoutez-nous.
(extrait du communiqué d’Anonymous au sujet de l’émission de France 2)
A lire également : Les Anonymous, première forme d’intelligence collective ?
MISE A JOUR DIMANCHE 0:30
Les Anonymous diffusent ce clip sous forme de droit de réponse
Cliquer ici pour voir la vidéo.
En France, l’une des grandes préoccupations qui agitent ceux qui sont au chevet du monde de l’innovation internet est la place des femmes.
Le féminisme s’inscrit dans une longue tradition Française, et la France a fourni au mouvement de nombreuse grandes figures. La France a participé à bien des combats féministes, mais force est de constater qu’en 2011, il reste encore beaucoup à faire.
La sur-représentation des femmes dans des instances situées au coeur de l’écosystème de l’innovation Française comme Silicon Sentier et tout ce qui tourne autour (La Cantine, Le Camping, etc) est une tentative louable (et indispensable) de compenser ce manque que tout le monde a eu l’occasion de constater, la floraison de groupes se réclamant ouvertement féminins tels que Girls in Tech, Girls in Web et consort en est un autre symptome.
Les femmes ont du mal à trouver leur place dans l’écosystème de l’innovation en France, la problématique est complexe, et le problème est encore loin d’être résolu. Or même en se plaçant au dessus (ou à coté) du débat sur le féminisme, force est de constater que construire ce qui sera l’architecture sociale et économique de demain sans femmes est un écueil.
Il y a deux ans déjà nous soulevions la question de l’impasse d’un web sémantique dont l’architecture logique avait été imaginée par un monde quasiment exclusivement masculin mais force est de constater que pour l’instant, en dehors des considérations d’intellectuels des technologies ou de feministes travaillant dans les technologies, nous n’avons pas avancé de façon significative.
Une moquerie courante en Afrique du nord consiste à qualifier les Tunisiens de “femmes” afin de les positionner dans une hiérarchie imaginaire des différents peuples de la rive sud de la Méditerannée. A l’origine, c’était censé être dévalorisant pour le peuple Tunisien. A la lumière de la révolution globale initiée par la nation Tunsienne, cela prend une tout autre perspective.
Le coté dévalorisant initialement sous entendu dans cette remarque a bien évidement disparu – avec Ben Ali – mais il n’en reste pas moins que la moitié des Tunisiens sont des femmes, et que dans les technologies, la place des femmes dans la société Tunsienne se ressent fortement.
Lors du Startup Weekend qui a eu lieu à Tunis la semaine dernière, cela sautait littéralement aux yeux. La moitié des projets étaient portés par des femmes, et ce malgré une parité encore défaillante – les études d’ingénieur, là bas comme ici, attirant une majorité d’homme, et la manifestation attirant un large public d’ingénieur (elle a pris place d’ailleurs à l’école Esprit, l’une des écoles d’ingénieurs les plus réputée d’Afrique du Nord).
Girls in Tech/Web en Tunisie n’aurait à priori pas beaucoup de sens. En Tunisie, ils ont clairement dépassé ce problème. Il est évident que cela se traduira assez rapidement dans les formes d’innovations technico-sociales qui émergeront de ce pays, et que cela en fera l’une des caractéristique majeure de son innovation.
Sur ce point (comme sur d’autre), la France à des leçons à prendre et des voyages d’étude à mettre en place, pour comprendre pourquoi et comment (hint : Bourgiba), et surtout pour appréhender les conséquences d’une rôle plus important des femmes dans un écosystème d’innovation technologique qui, partout ailleurs, est dominé de façon souvent écrasante par les hommes.

Ce billet a été rédigé par Thibaut Le Pellec, product manager des APIs Viadeo, et créateur de Meilleurcoiffeur.com. Dans le cadre de son travail, Thibaut passe énormément de temps à cogiter sur les APIs Facebook. Il a trouvé l’intégration de Facebook Connect à Quora tellement bien ficelée qu’il en a écrit un article et me l’a suggéré à la publication. De mon côté, l’expérience d’inscription à Quora m’avait fortement déplu, justement car j’avais trouvé que le processus de mis en place était trop automatisé. Face à cette opposition parfaite des opinions sur un même sujet, je me suis dit qu’il ne restait plus qu’à partager ce billet sur ReadWriteWeb pour récolter les avis d’autres experts du Web.
Après avoir étudié en profondeur le processus d’inscription de Quora, j’en suis arrivé à me poser la question suivante : est-ce que Quora va réussir là ou Twitter a échoué ? A savoir, proposer aux utilisateurs non avertis une interface personnalisée dès son premier contact avec le site.
Ce n’est un secret pour personne, Twitter, en France, a bien du mal à percer au niveau du grand public. Et pour cause, nombre de mes amis « non geeks » ont essayé Twitter après en avoir entendu parler à la télé, et on bien vite abandonné le site : « Je ne sais pas quoi faire dessus », « Comment je fais pour retrouver mes amis » ou encore « Je ne sais pas qui suivre (follower pour les plus geeks) » sont monnaie courante dans mon réseau. Et en effet, nombre d’utilisateurs quittent Twitter dès les premiers pas sur la plateforme, faute d’avoir réussi à trouver du contenu pertinent sur le site, alors que celui-ci en abonde… Comment faire pour résoudre ce problème ? Quora semble avoir trouvé la solution en s’appuyant sur le réseau social Facebook. Et après avoir testé le processus d’inscription en long, en large et en travers, j’en viens à me dire que si la perfection n’existe pas, on en est tout de même assez proche avec Quora.
Avant d’attaquer le sujet de l’intégration effectuée par Quora de l’API Facebook, il est nécessaire de comprendre les grands concepts du graph API de Facebook. La structure du graph API Facebook est composée de 2 éléments simples :
A tout cela, Facebook ajoute un système de permissions autorisant ou non l’accès aux données. Il existe à l’heure actuelle une multitude de permissions que vous pouvez consulter sur cette page (http://developers.facebook.com/docs/authentication/permissions).
Quel rapport avec Quora me direz-vous ? Pour bien comprendre l’utilisation que Quora effectue de la graph API, il est nécessaire de se pencher sur les autorisations demandées par Quora lors de l’inscription via Facebook ainsi que sur le traitement des données qui en est effectué par la suite.
Quora demande 3 permissions à ses utilisateurs s’inscrivant via le processus Facebook :
Si vous avez testé le processus d’inscription via Facebook, vous avez probablement été choqué comme moi par la pertinence des contenus qui sont poussées sur le tableau de bord de Quora dès la fin de l’inscription. Comment Quora arrive à me pousser sur le tableau de bord des topics comme « Web Development », « Facebook Platform » ou encore « San Francisco », qui correspondent parfaitement à ma personne ? De nombreux sites me proposent de suivre les contenus de mes amis Facebook inscrits sur le site, mais c’est bien la première fois que les contenus de mon « topics feed » sont en totale adéquation avec ma personne, sans que j’ai à aller moi-même à la pêche aux infos…
Et bien Quora a tout simplement poussé au maximum l’intégration de l’API Facebook. Comme je vous le disais, Quora va récupérer toutes les informations relatives à mes intérêts sur Facebook. Et en regardant de plus près mon profil Facebook, il se trouve que j’ai déclaré comme ville actuelle habiter à San Francisco, et que je suis fan des pages « Développement web » et « Facebook Platform » sur Facebook. Pas la peine de vous faire un dessin, je pense que vous avez saisi le concept. Quora matche les intérêts de ses membres avec ses contenus propres afin de pousser sur son tableau de bord des contenus plus que pertinents et répondants parfaitement aux attentes de ses membres. L’utilisateur n’a plus besoin d’aller chercher les contenus pertinents sur le site, ceux-ci lui sont apportés directement sur un plateau d’argent. Il ne reste plus qu’à faire son choix…
En ce qui me concerne, il s’agit de l’une des plus belles intégrations de l’API Facebook que j’ai eu l’occasion de voir. En proposant un tel processus d’inscription, Quora permet à l’utilisateur de ne pas focaliser son attention sur le fonctionnement du site, mais plutôt sur son contenu. Pas de période de prise en main de l’outil, l’utilisateur est directement enclin à utiliser le site et à contribuer pour enrichir la base de données. Selon moi, cet exemple d’intégration de l’API Facebook est un cas d’école. A l’heure ou l’intégration du Facebook connect se limite pour la plupart des sites à simplifier les formulaires d’inscription, Quora jette un pavé dans la mare et nous donne une bien belle leçon d’utilisation du graph API Facebook !
Reste à savoir si cette expérience utilisateur va s’inscrire dans l’histoire comme un standard, mais je ne me prononcerais pas sur le sujet… :D

Pierre Bellanger fut tour à tour un pionnier des radios Libres avec Skyrock au début des années 80 puis à nouveau pionnier des média sociaux avec les Skyblogs, l’un des plus importants média sociaux en langue française après Facebook, qui, au même titre que Facebook, a joué un rôle clé dans la révolution Tunisienne. Discret jusqu’ici sur le rôle joué par Skyrock dans les événements récents en Tunisie (tout en nous fournissant de précieuses informations), il nous livre aujourd’hui son analyse du rôle joué par le couple formé par sa radio, qui fut l’une des premières a expérimenter la libre antenne où les auditeurs participent aux contenus, couplée à l’une des plus importantes plateformes sociales francophones, dont l’activité a littéralement explosé à l’occasion de la révolution Tunisienne.
Le rôle clef de la France dans la révolution tunisienne n’a pas été vu. Il a été masqué par polémiques sur notre diplomatie et par la seule invocation des réseaux sociaux américains.
Chaque jour, pourtant, la nouvelle génération française démontre par Internet aux jeunesses francophones de par le monde que la liberté, le succès, la reconnaissance appartiennent à tous, quelles que soient ses origines, quels que soient les obstacles, et qu’il n’y a pas de fatalité. En direct à la radio – transmise par Internet ou échangée par cassettes – par millions de témoignages sur les blogs, l’expression libre sur la sexualité, les joies, les rires, les soucis, les sentiments, les injustices, le bonheur se font entendre partout. Certains, ici, n’y ont vu que trivialité et vulgarité ; là-bas, c’est en texte et en son, le goût de la liberté.
Les nouvelles générations des deux rives de la Méditerranée ont fusionné voici déjà quelques années pour ne former qu’un seul et même réseau culturel et électronique d’expériences et de sons partagés. La ressemblance générationnelle, identitaire, a propagé, par-dessus les frontières, une expérience démocratique unique. Ce vibrant réseau de jeunes anonymes partageant leurs existences est resté sous le radar. Il a fallu les évènements récents de Tunisie pour en révéler la magnitude.
Cet écosystème souterrain de blogs, de profils, de micro-messages, de musique, de radios, de séries télés, de vidéos, de photos transitant par Internet et téléphones mobiles bruit à l’unisson. Française, algérienne, marocaine ou tunisienne, la nouvelle génération kiffe les mêmes sons de rap et rnb, regarde les mêmes séries, les mêmes matches, écoute sur le web, la libre antenne de Difool et se retrouve sur des dizaines de millions de blogs publiés en français.
Et que disent-ils ? Pas de discours, pas de politique, pas de théorie, mais une immense envie de liberté, de reconnaissance, de s’en sortir, d’avoir son mot à dire sur sa propre vie et de ne laisser personne décider à sa place.
Méprisée souvent en France, discriminée, humiliée, la culture de la nouvelle génération et sa libre expression radio et Internet ont été au Sud, un moteur à suivre, un objectif : être libre. Même si des deux côtés, sans illusion, on partageait des frustrations semblables, des destins bloqués et le chômage.
La connexité du réseau a fondé une nouvelle génération consciente d’elle-même et informée en temps réel. La mixité des origines et des expériences échangées a instauré l’uniculture ouverte et mondialisée de la nouvelle génération francophone. C’est celle-là qui s’est embrasée l’occasion venue en Tunisie ; pour s’étendre ensuite, puisque soudain l’impensable devenait possible. Et chaque fois les écosystèmes électroniques se mettent en mouvement.
Sans nul doute, la nouvelle génération française a contribué à faire tomber le premier domino de ce printemps arabe. Et voici, en retour, que nous revient cette formidable entrée dans la politique d’une jeunesse qu’on disait désintéressée de la chose publique et qui a fait tomber en quelques semaines deux dictateurs.
Qu’en ferons-nous ? Laisserons-nous encore, ici, en France, la nouvelle génération sur le côté, déclassée et ignorée ? N’y a-t-il pas là un vide politique majeur ? Vide comme la place Tahir. Qui, un jour, fut noire de monde.
Pierre Bellanger
Fondateur et Président de Skyrock
(Cet article est sous licence CC-by-nc, illustration CC-by de jeepnovak2)

Je viens de recevoir ce mail de la part de Plyce, le Foursquare français, qui manifestement se repositionne à défaut de pouvoir rivaliser avec son concurrent américain en le prenant de vitesse.
Tandis qu’aux USA Foursquare est très utilisé pour la Social Shopping (bons plans géolocalisés donnés par la communauté, les magasins et les marques) mais encore en France, Plyce leur grille la politesse et fait un demi-tour sur l’autoroute en spécialisant son service justement sur le Social Shopping.
Outre avoir un angle d’attaque plus précis, il devance ainsi en Europe Foursquare, et surtout se dote enfin d’un modèle économique B2B2C viable (parce que les badges c’est sympa mais ça fait pas manger) : les marques et les commerçant vont payer pour délivrer bons plans et coupons autour de où vous êtes (dommage, PagesJaunes a été pris de court sur ce coup).
Je résume :
- je me mets dans un sillon
- je coupe l’herbe sous le pied de mon dangereux concurrent, quite à être un champion local lucratif et non mondial
- j’abandonne le principe social de mes amis : c’est là que je suis circonspect. En se débarrassant de cette fonction,cela veut dire que Plyce devient « juste » un annuaire de bons plans localisés délivrés par des professionnels, que vous pouvez éventuellement diffuser via facebook et twitter. Or, en gardant un réseau d’amis localisés en complément, il y a aurait eu des choses intéressantes à faire comme des principes de viralité intra-communauté du type « 5% de réduction en plus aux 10 premiers Plyceurs qui se présenteront au magasin ».
Cela sent fortement un « back to basics », autrement dit une refondation du service sur un « coeur » plus lucratif et commercial et l’abandon de l’essence initiale du service qui était une sorte de Facebook localisé. Volonté de l’équipe ou/et des investisseurs (KimaVentures de Xavier Niel et Jérémie Berrebi) ?
Si émerger et rentabiliser la société est à ce prix, c’est un bon choix.
Le mail reçu ce soir dimanche à 19h :
CHANGEMENTS AU SEIN DU SERVICE DANS LA SEMAINE À VENIR!
Cher utilisateur,
Vous faites partie des membres inscrits sur Plyce.
Nous souhaitons vous informer qu’à partir du 3 mars, Plyce va axer son service sur les bons plans de proximité et sur l’univers du shopping géolocalisé.
Cela implique des changements important par rapport à l’utilisation actuelle de Plyce
- La fonctionnalité de localisation ne va plus servir à informer son réseau d’amis du lieu où l’on se trouve mais à s’informer des bons plans à proximité.
- Vous pourrez partager, si vous le souhaitez, vos bons plans avec vos amis via Facebook ou Twitter.
- Votre réseau d’amis au sein de l’application n’a plus vocation à continuer. Il va donc être supprimé.
En vous géolocalisant, vous pourrez avoir accès aux informations concernant toutes les promotions relatives à un produit ou à une enseigne se trouvant à proximité et même bénéficier parfois de remises spécifiques aux utilisateurs de Plyce.
En plus de l’information de proximité, vous pourrez bénéficier de récompenses en vous localisant dans un point de vente, de coupons de réduction ou de points de fidélité.
A partir du 3 mars, en vous connectant ou en téléchargeant Plyce vous aurez accès à un tout nouveau service, dont voici à gauche quelques captures d’écran en exclusivité.
D’ici là, nous vous invitons si vous le souhaitez à vous connecter à votre profil et à sauvegarder vos données de check-in que vous souhaitez, avant que celles-ci ne soient définitivement supprimées.
Bien entendu, vous pouvez nous poser toutes les questions que vous souhaitez à l’adresse suivante : contact@plyce.com.
Nous vous remercions de votre fidélité.
L’équipe Plyce
Article initialement publié ici.
Suivez l’auteur sur twitter : @damiendouani
Sur le marché des rencontres en ligne, tous les sites vous proposent de vous mettre en relation avec des gens que l’on ne connait pas: soit on fait son choix parmi une vaste sélection de profils, soit des amis nous recommandent à leurs amis (social dating), et il y a souvent au centre de tous ces réseaux un système de matching pour augmenter les chances de faire de bonnes rencontres. Ce que ces sites négligent totalement, c’est la mise en relation de deux personnes qui se connaissent déjà.
Il semblerait même que la tâche soit plus ardue dans ca cas de figure, car un refus d’intimité réciproque risque fortement d’altérer la relation entre deux personnes qui se connaissaient déjà. Faire le premier pas quand il s’agit d’une personne de notre entourage, c’est pas si facile tout le temps. Si ce cas de figure vous parle, que vous connaissez justement quelqu’un que vous aimeriez bien fréquenté dans un cadre plus personnel/intime, j’ai un secret pour vous aujourd”hui: Secretementvotre. Secretementvotre est le premier jeu de séduction en ligne qui vous permet de faire savoir aux personnes qui vous intéressent… qu’elles vous intéressent. Le tout sans aucun risque de casse en cas de rateau. Voici son fonctionnement: Cliquer ici pour voir la vidéo.
Cependant, vos échanges se déroulent toujours dans un cadre très professionnel, et jamais il ne vous est donné l’occasion d’aborder des sujets plus personnels. D’ailleurs, vous n’êtes même pas sûr que vos sentiments pour cette jeune fille soit réciproques. Du coup, vous vous dîtes qu’à moins d’un miracle il ne pourra jamais rien se passer.
C’est dans ce contexte d’incertitude amoureuse que Secretementvotre entre en scène. Si vous désirez vraiment entrer en contact avec cette jeune fille, Secretementvotre propose un dispositif original pour rompre la glace en douceur: A partir du site, une fois inscrit, vous pourrez envoyer anonymement un message alertant la jeune fille qu’une personne s’intéresse à elle et aimerait bien la rencontrer. L’envoi peut se faire via email, lettre postale (payant), et depuis peu via Twitter. La lettre contient un message expliquant la situation, suivi de deux mots-clés que vous aurez préalablement associé à votre demande anonyme, comme par exemple « séminaire » et « Maroc ». Ces mots-clés ont pour objectif de frapper l’esprit de la personne qui reçoit la lettre, et lui faire comprendre qu’il ne s’agit pas d’une offre commerciale déguisée. La jeune fille, intriguée par cette déclaration anonyme, provenant de toute évidence d’une personne de son entourage, a l’option de se rendre sur le site de Secretementvotre pour découvrir plus d’indices que vous aurez laissé au préalable.
Une messagerie anonyme lui permet au bout d’un certain temps de vous envoyer des messages, et vous d’y répondre, toujours sous le couvert de l’anonymat. Si la jeune fille souhaite aller plus loin, alors il lui suffit de procéder à la même démarche que vous avez suivi pour rentrer en contact, cad vous envoyer une demande de rencontre anonyme, et la réciprocité des demandes entraîne ainsi la levée de l’anonymat.
Pour garantir une bonne ambiance sur le site, Secretementvotre a pris plusieurs initiatives de sécurité: encryptage des données de contact, limitation du nombre de messages pouvant être envoyé par personne et par jour, et blocage des messages pouvant contenir des insultes. En d’autres termes, tenue correcte exigée! L’élément clé de Secretementvotre, et qui le différencie à d’autres sites de rencontres, c’est que les rencontres concernent des personnes qui, techniquement, se fréquentent déjà, ce qui est un facteur clé de la mise en confiance.
D’ailleurs, si les interactions avec une personne sont limitées pour éviter tout débordement, il vous est cependant possible d’envoyer des invitations à toutes les personnes de votre entourage qui vous intéressent. Secretementvotre a designé une interface utilisateur qui vous permett de suivre l’évolution de toutes vos demandes de rencontres dans un feed à la Facebook. Celui-ci affiche les personnes qui se sont rendues sur Secretementvotre suite à votre invitation, si elles l’ont qualifié d’un smiley, si ces personnes ont consulté les indices que vous avez laissé sur le site, et tout message échangé entre vous et d’autres personnes.
Bref, l’expérience ne tient pas juste à l’envoi d’un email anonyme en one shot, mais elle peut s’étendre à un vrai jeu de masques en groupe. Toutes les configurations sont à prévoir: Vous aimez une personne, vous lui envoyer une demande de rencontre via Secretementvotre, vous échangez quelque messages anonymement, puis une fois que la personne pense savoir qui vous êtes et souhaite lever l’anonymat, vous n’avez plus de nouvelles de sa part. Ceci s’explique par le fait que pour lever l’anonymat, cette personne à envoyer une demande de rencontre à la personne avec laquelle elle pensait converser, ce qui veut dire pas vous. Résultat: Vous vous êtes pris un rateau, mais en tout anonymat (bogoss), mais par contre à cause de vous, la personne que vous aimiez a fait le premier pas sans le savoir vers ce crétin de Gérard sur lequel elle flashe depuis toujours (fail).
Une autre utilisation, très pernicieuse celle-ci, mais qui démontre bien tout le potentiel de Secretementvotre: Utiliser le service pour piéger votre compagnon de vie. Par exemple, on envoie une demande de rencontre à sa copine en se faisant passer pour un autre mec, et si la copine commence à flirter avec son interlocuteur anonyme, vous lui sautez dessus preuve à l’appui.
Plus d’infos sur Secretementvotre.
Rares sont les politiciens en France qui comprennent quoi que ce soit à internet, et nombreux sont ceux qui pensent – parfois sincèrement – pouvoir expédier le problème en l’espace d’une rencontre. C’est un rôle qui m’est souvent attribué : celui de l’expert internet qui saura, l’espace d’un diner ou d’un petit déjeuner, transformer ce que la politique compte de plus ancré dans un XXe siècle qui s’éloigne, en politique 2.0 branché et au fait de la nouvelle ère internet qui s’annonce comme désormais inévitable.
Récemment, c’est à l’occasion d’une rencontre avec Génération France, un cercle de réflexion formé autour de Jean François Coppé, que j’ai pu goûter aux joies de ce que l’on entend par ‘débat’ dans le clan de ceux qui après avoir été de fervents supporters de Hadopi (et qui approuvent toujours les lois anti démocratiques de surveillance et de censure telles que Loppsi).
La semaine dernière, lors d’une intervention chronométrée de deux minutes trente face à un auditoire dont la moyenne d’âge frisait il y a peu encore l’âge de la retraite, je tentais de résumer le gouffre qui séparait le XXe siècle moribond et le XXIe siècle plein d’inconnues. Un échec absolu, souligné avec malice (ou ignorance) par Jean François Coppé himself, qui, prenant la parole après moi, concluait que du coté de l’UMP aussi, on avait désormais compris internet.
Un telle affirmation, faite à la suite d’une rapide démonstration de la fin d’un monde qui les avait mené jusque là, a de quoi décourager plus d’un activiste des libertés numériques. Ni Coppé, ni Jean-Pierre Raffarin, ni le parterre de stars de l’UMP présentes lors de l’évènement (a l’exception notable d’une Laure de la Raudière visiblement génée par le discours ambiant sur internet, à qui il a été consacré en tout en pour tout 5 minutes de temps de cerveau disponible), n’ont compris quoi que ce soit à ce que j’ai pu dire sur la nouvelle circulation de l’information, la transparence ou le monde d’après Wikileaks.
Au final, un petite opération de com’ interne de l’UMP version Coppé, destinée à donner l’illusion à ses troupes que le problème internet était sous contrôle. Une illusion qui causera la perte de la plupart d’entre eux.
A défaut de faire comprendre un phénomène d’une complexité inouïe à des individus qui on décidé de ne pas y consacrer l’attention nécessaire, le plus simple est peut être de leur faire saisir le gouffre qui les sépare de la civilisation de l’internet qu’ils combattent de toutes leur forces et qu’ils cherchent désespérément à civiliser, comme on colonisait hier des contrées lointaines dont les territoires regorgeaient d’or et de richesses. Rien n’illustre mieux ce fossé que les principes du Datalove, récemment mis en ligne par Telecomix, un acteur essentiel – pour ce qui est de l’internet – des révolutions en cours dans le bassin Méditerranéen.
Quand on voit le respect que les politiciens en place ont pour les Droits de l’Homme, s’imaginer qu’ils appliquent cela aux données est ridicule, mais cela a au moins de mérite de mesurer la distance qui sépare deux clans désormais engagés dans une lutte à mort (par obsolescence du camp adverse, il suffit d’être patient).
Love data
Aimez les données
Data is essential
Les données sont vitales
The data must flow
Les données doivent circuler
Data must be used
Les données doivent être utilisées
Data is neither good nor bad
Les données ne sont ni bonnes ni mauvaises
There is no illegal data
Il n’y a pas de données illégales
Data is free
Les données sont Libres
Data can not be owned
Les données ne peuvent pas être possédées
No man, machine or system shall interrupt the flow of data
Aucun homme ni aucune machine ne devrait interrompre le flux des données
Locking data is a crime against datanity
Enfermer les données est un crime contre la ‘Datanity’ (contraction de Data et Humanity)
Love data
Aimez les données
Sur le papier, cela ressemblait à une semaine particulièrement excitante. Les conférences, c’est formidable, cela dure dix heures d’affilée, on a un badge avec son petit nom, on court comme un forcené de salle en salle pour faire comme tout le monde, ou avoir l’air d’être là non pas uniquement pour le “networking” dans les couloirs, mais aussi pour les sessions. On s’assoit, on écoute pendant dix minutes, on lutte pour continuer par la suite.
Un peu l’enfer, parfois, honnêtement. Alors évidemment, le concept de « la semaine Social Media », on accroche d’un coup d’un seul. Un cadre informel, qui s’étale dans le temps, pour parler d’un phénomène qui nous passionne pas mal tout de même, quoi de plus séduisant?
Le problème, c’est l’intitulé même de ce que cette semaine devait être. Durant cinq jours, les mots que j’ai le plus entendu sont “conversation” et “real time”. Et pour cela, on se retrouvait dans ce qui ressemblait plus à un monologue se déroulant sur plusieurs jours. Paradoxale comme impression…
Pourquoi un monologue? Parce que j’ai eu le sentiment d’écouter toujours le même côté de la table. Celui où s’installent ceux qu’on écoute le plus, ceux qui savent, ceux qui ont 20.000 followers sur Twitter et un score sur Klout décent.
Je ne dis pas qu’écouter Tim O’Reilly et Brian Solis nous parler de “Collective Intelligence” pour démarrer la semaine n’était pas passionnant. Je dis que, tout à coup, au bout de quelques heures, puis de quelques jours, on finit par se dire qu’il y a une certaine ironie à parler de la révolution que représentent les plateformes dites de “médias sociaux”, tout en parlant assez peu de ceux à qui cela a offert une nouvelle fenêtre d’expression.
En fait, si, on en parle, mais ils ne sont jamais là, ils sont quasiment désincarnés. Un peu comme le mot lui-même: “Social Media”. Pour beaucoup d’entre nous, cela est en fait devenu synonyme de Facebook et Twitter, avouons-le. Comme un label, un monopole que plus personne ne remettrait en cause. Mais la quantité d’information est devenue si gigantesque, qu’on finit par se demander comment Internet peut continuer à être un réel vecteur de connexion, quand le sentiment que tout le monde parle en même temps se fait plus présent.
Alors évidemment, il est plus facile d’écouter ceux qui avaient les éléments clés pour se faire une place de choix. C’est ce que nous étions tous entrain de faire. Ecouter “des experts” n’est jamais inintéressant, mais il me semble que les utilisateurs, vous, moi sommes totalement intégrés à cette conversation, nous sommes plus qu’engagés. Internet a changé la vie de beaucoup d’entre nous. Merci de conceptualiser cela autour de “l’interest graph”. Mais comme je le dis souvent, les “buzzwords” ne représentent des réalités tangibles que pour ceux qui les créent. Pour l’internaute? En ce qui me concerne, je me pose beaucoup moins de questions: je veux un espace qui me permet d’échanger, d’être entendu, d’apprendre. Les utilisateurs sont ceux qui dessinent le web, mais la quantité d’information a rendu les “influencers” essentiel pour relayer ou y accéder, ceux-là même à qui l’on fait “confiance”.
J’avoue sur Twitter, je vais avoir tendance à suivre ceux qui ont l’air d’avoir la légitimité de m’informer. Oui, par légitimité, j’entends votre ratio followers/following. En l’écrivant, j’ai un peu honte et je me rends compte que cela peut être aberrant. S’interroger donc sur la notion de “Social Media” en soi aurait été logique et aujourd’hui nécessaire. En quelques années, tout a, encore, changé.
Ne pas commencer cette semaine par un retour sur la définition même du mot m’apparaissait étrange car considérer les choses comme un acquis, dans la vie, donc sur le web, me semble toujours dangereux, surtout que cela est devenu une obligation. Je ne sais pas pour vous, mais la plupart du temps, j’ai l’impression que mes dernières photos sur Facebook ont plus de chance d’être explorées que le dernier article qui me passionne. D’autant plus si je poste cela un lundi tôt avant que le flot du “mur d’actualités récentes” ne démarre. Et là, j’avoue, je fais comme tout le monde, je capitule, je finis par partager en me disant, un peu comme une bouteille à la mer “pourvu qu’ils le lisent, c’est tellement dément’’. Je ne parlerai pas de Twitter: le problème est le même, en pire, car tout va plus vite et le lien personnel entre moi et mes “followers” encore moins évident qu’avec mes “amis”. Qui n’a pas connu la solitude et la frustration du lien formidable qui n’obtient que trois cliques… (Oui, cela sent le vécu, jouons cartes sur clavier).
Alors peut-on encore dire que tout cela est social? Une question pour beaucoup, beaucoup, de réponses….
J’aime l’idée qu’un media serait social par définition. Internet n’aurait rien inventé comme le dit Derek Powazek: “All media is social because human beings are social. The only difference is that it happens much, much, much faster now. We’ve sped up the refresh rate in our mediated conversations so much that the previous version looks like it’s not moving at all.”
Mais la vitesse à laquelle la conversation se déroule est loin d’être un détail quand elle se complète par une augmentation du nombre de ceux qui s’y joignent. Comment continuer à vraiment échanger et engager? Je ne veux ni plus ni moins qu’être capable de faire ce que je fais instinctivement avec les autres. C’est pour cela que si le web se transforme en une conversation avec ceux qui tiennent les rênes d’un côté, et des gens qui sont assis à écouter avec le droit de poser des questions, quand on le leur donne (ce à quoi cette Social Media Week ressemblait parfois), le net ne sera absolument plus ce qu’il devait être. Internet est un espace ouvert à tous, où les experts peuvent être les passionnés, où être “au bon endroit, au bon moment avec les bonnes personnes” peut simplement vouloir dire être là où vous le souhaitez dans un monde de connectivité totale. Les “influencers” ou “filtres” seront toujours nécessaires. Je souhaite juste que cela ne soit pas toujours les mêmes, et que la légitimité ne se fasse pas en terme de popularité mais de connaissance. L’utilisateur aurait eu sa place pendant cette Social Media Week.
Les débats ou événements qui m’ont le plus concerné sont ceux qui leur offraient une large place, qui au-delà du concept même de “conversation” me décrivait concrètement comment elle se déroulait ou comment la rendre encore plus fluide.
Dans un contexte “B2B”, la présentation du nouvel “e2” par l’équipe de Echo, qui se déroulait pendant la Social Media Week, révélait que les medias devait intégrer de plus en plus qu’internet ne pouvait être la reproduction de leur version papier ou une télévision bis pour les chaînes. L’interactivité devait devenir le coeur même de leur service sur le web. Non pas comme une obligation, mais comme une évolution améliorant leur façon de délivrer l’information à un public de plus en plus proche. Comme l’a affirmé le fondateur d’Echo sur scène, Khris Loux: ”In the way that print gave way to TV, static pages will give way…“. Echo présentait donc “e2,” leur nouvelle technologie qui permet aux éditeurs de transformer leurs pages en ce que le web semble préférer: “a real time conversation”. La démonstration de Sports Illustrated et de leur opération durant la Coupe du Monde 2010 pour répertorier, intégrer, créer la conversation sur leur propre site au cours de cet événement était éloquente et passionnante. Vous vous rendez compte que les médias qui réussiront le virage que provoque Internet seront ceux qui non seulement auront adopté les nouveaux comportements que cela implique mais surtout les technologies qui les représentent.
Dans un contexte plus “B2C”, c’est de loin la présentation de YouTube qui m’a le plus intéressé durant cette semaine. Pourquoi? Parce qu’elle ne parlait que de ce qui me passionne, de ceux qui ont trouvé sur le web une caisse de résonance pour des projets qui n’auraient jamais pu voir le jour sans trouver un soutien “viral” se propageant à la vitesse du web. Le débat de YouTube s’intitulait “YouTube, as the New Campfire”. L’image me plaît beaucoup. Voilà pour moi une comparaison qui parle vraiment de “conversation realtime”, en cercle, pour en terminer complètement avec ceux du bon côté et les autres. Alors évidemment, il est plus facile de faire une présentation faites de vidéos amusantes ou qui sont devenues des classiques du web, ou en racontant les histoires fascinantes telles que celle de Lauren Luke dont la vie a changé en transformant celles de millions de femmes: ou comment cette femme dite “ordinaire” est devenu le guide beauté du web en utilisant ses vidéos sur YouTube. Une caisse de résonance dont ont su aussi profiter des projets dingues comme le Symphony Orchestra.
Plus simple donc d’être à l’écoute pendant une heure. Mais c’est aussi parce que pour la première fois, les experts, ceux dont j’entendais parler, étaient ceux qui dessinaient 95% d’Internet. Ceux qui ne sont pas dans les cercles de la Silicon Valley. Ne vous y trompez pas, je suis fascinée en permanence par la capacité de cet endroit à penser le monde sans jamais se replier sur un microcosme. Mais cela n’empêche pas les discussions entre soi. Cette semaine correspondait plus à cela car une vraie célébration de ce qu’est le “social media” pour moi: une exploration des autres sans limites d’espace, qui me permet d’en apprendre autant sur eux que sur moi tout en accumulant de nouvelles connaissances. Je suis ce que j’aime, et non l’inverse.
Axelle Tessandier
@axelletess

En 1998, à peine sorti d’HEC, Frédéric créait JobSésame, racheté par Monster dont il pris en charge le développement Européen jusqu’en 2005, date à laquelle il fonda Webcastory, une plateforme de SocialTV qui a lancé avec succès plusieurs webTVs dont les contenus sont conçus par les communauté qui les animent. La dernière née, HRchannel, revient sur l’expertise qui a fait le premier succès de ce sérial entrepreneur : l’impact des nouvelles technologies sur la fonction RH des entreprises, mais cette fois-ci, il va bien plus loin que le recrutement en ligne des années 90. [full disclosure: Webcastory est un partenaire de ReadWriteWeb]
Ne nous voilons pas la face : en dépit de discours lénifiants et politiquement corrects qui soulignent si ardemment le contraire, il est incontestable que les RH ont encore beaucoup de mal à peser dans les décisions de l’entreprise – tout au plus doivent-elles les appliquer en prise direct avec l’exécutif et sa vision stratégique long terme. La littérature mondiale abonde en propos insinuant la frustration et le malaise dans ces fonctions qui voudraient être, et mériteraient d’être plus entendues.
Non pas qu’il faille se complaire dans la vision navrante d’un tableau tout en noir : les nuances de gris d’une société à l’autre sont d’une rare complexité et il faut se garder de tomber dans l’écueil d’une généralisation racoleuse.
Mais si les RH avaient un rôle décisionnel incontestablement puissant, et solidement ancré, cela se saurait. Il n’existerait pas autant de conférences, de séminaires, de keynotes plus ou moins bien documentés ces derniers temps pour nous faire régulièrement entendre la complainte de DRH en quête d’une légitimité, jusqu’ici proche de l’illusoire, en passe de devenir tangible grâce à l’émergence des outils qu’on l’on regroupe par abus langagier sous le vocable de « 2.0″.
Comme si le 2.0 cristallisait tous les espoirs de reconnaissance d’une profession qui identifie là un argument massue pour être enfin entendue.
Parce que malgré les freins en présence, les résistances exprimées en interne avec plus ou moins de bonne foi, il se produit en ce moment ce qu’il est de bon ton dans les salons B2B mondains d’appeler un « changement de paradigme »…
Oui, le 2.0 joue là un rôle moteur. Les usages, pas les outils. Attention, ceci est un autre débat mais il a un impact sur la légitimité du postulat. Car il ne s’agit pas d’un coup de baguette magique provoqué par quelques plateformes géniales : ce sont ces plateformes d’un nouvel âge qui se sont mises au service d’un besoin qui s’est parfois exprimé dans la douleur, pas l’inverse : elles n’ont rien provoqué, ce ne sont que des porte-voix – et c’est pourtant déjà beaucoup.
Les usages ainsi pointés sont déjà considérés comme une donnée élémentaire pour définir l’activité et les attentes des jeunes générations chez qui tout indique qu’ils soient plus naturels, et de ce fait moteurs dans le changement ; mais qui contrairement à une idée reçue qui a la peau dure, ces usages explosent peut-être plus encore fortement chez les cadres seniors qui trouvent là une zone de liberté et surtout de reconnaissance dont ils désespéraient jusqu’ici – ce qui expliquent qu’ils s’en soient emparés avec peut-être plus encore d’espoir (ou d’énergie du désespoir) et de volontarisme que les jeunes de la fameuse génération Y qui tient ces outils pour acquis.
Il s’agit donc, à l’occasion de quelques plateaux TV (en mode talkshow, sur un ton amical et entre pairs, mais qui ne craindront pas la polémique et refuseront toute langue de bois), et d’une rencontre informelle dans le contexte d’une journée que nous avons baptisée « lounge TV », parce qu’un espace lounge annexe permettra aux visiteurs d’échanger sur des thèmes plus sensibles dans le contexte informel d’un open space, il s’agit donc disais-je de confronter nos visions.
Ces visions feront-elles de nous de simples passionnés pêchant peut-être par idéalisme, ou au contraire vont-elles nous positionner parmi les réalistes, ceux qui ont compris avant les autres ?
Le goût des ressources humaines nous prédispose-t-il à une vision du monde si sincèrement humaniste qu’elle en perd toute prise avec le cynisme ambiant ? Ou au contraire les RH sont-ils acculés à être autant sinon plus fatalistes que ne le sont leurs élistes dirigeantes, forcément tournées, l’inquiétude en plus, vers des problématiques de survie dans un environnement mondialisé qui les contraint à faire fi de considérations humanistes aujourd’hui plus sensibles que jamais sur des thèmes aussi variés que la gestion des risques pshysociologiques, la responsabilité sociale, l’égalité des chances, la diversité, l’exigence de transparence et j’en passe tant d’autres encore ?
Il y sera question donc, ce jour-là, de poser les jalons en termes de questionnements utiles sur l’avenir des RH qui disposent aujourd’hui d’une arme puissante : le 2.0 – qui n’est pas juste un package bien outillé en gadjets interactifs, mais une déferlante et, à ce titre, une fatalité qu’il faut prendre en compte pour ne pas perdre la confiance des collaborateurs dont les attentes ne sont pas forcément plus fortes qu’elles ne l’ont été naguère : elles sont juste incomparablement plus audibles et impossible à ignorer.
Rien de grand ne s’est jamais négocié en ce bas monde sans chantage : le 2.0 est plus puissant qu’un chantage, c’est aussi un prétexte que les plus éclairés des managers sauront actionner au sein des gourvernances pour faire entendre raison aux plus rétifs.
« Si vous ne prêtez pas attention à cette exigence de transparence, votre capital confiance va s’écrouler ». « Vous y perdrez beaucoup si vous ne commencez pas à embrasser de suite les conversations qui sont portées par vos collaborateurs, tant en interne qu’en externe le plus souvent sous couvert d’anonymat ». VOilà ce qu’on pourraient aisément les entendre s’écrier.
De tels propos sont impossibles à ignorer. Parce qu’ils ont un impact inconstable sur la réputation de ces entreprises sur le public, parce qu’ils ont un impact sur la création de valeur. Les dirigeants commencent alors à le saisir sous l’impulsion de crises grandissantes, et parce qu’ils sentent balancer au-dessus de leurs têtes une épée de Damoclès dont il ne parviennent pas encore pleinement à saisir les implications et la réalité : plus ou moins confusément, plus ou moins habilement, ils ont donc décidé d’écouter ces visions RH d’un âge nouveau.
A nous maintenant de contribuer. Saurons-nous porter là un message salutaire ?
A n’en point douter : si tant est qu’il existe un lieu où puissent être corrigés, même tout doucement, et même imperceptiblement, les excès du capitalisme et ses dommages collatéraux humains, c’est bien sous l’égide d’un soft power 2.0. Si tant est que nous devions modestement contribuer à changer le monde des entreprises, et peut-être le monde tout court, ce sera dans l’effervescence intellectuelle et sociale que les médias sociaux rendent plus perceptibles que jamais et dont ils étendent et amplifient l’influence.
La question est de savoir si nous saurons être collectivement à la hauteur : structurer nos propres conversations et notre écosystème professionnel, pour donner plus de poids à nos arguments.
Je vous propose une première journée de rencontres en compagnie des professionnels de l’écosystème RH, le 17 mars prochain, dans le but assumé de structurer un discours et un appel communs.
(image d’illustration CC de xdjio)
Le week end prochain aura lieu à l’école d’ingénieur ESPRIT de Tunis le premier Startup Weekend de Tunisie. Le principe est le même que pour les autres startups week end à travers le monde : créer, en un week end, une dizaine de startups.
100 participants vont, à partir d’une idée, se réunir en équipe pour créer de toutes pièces en 54 heures une startup qui sera ensuite soumise à l’appréciation d’un jury composé d’experts, d’investisseurs et de partenaires potentiels. Les meilleurs projets seront mis en avant et récompensés.
La compétition – car c’est bien de cela qu’il s’agit – est ouverte à tous et réunit étudiants, développeurs, designers graphiques, spécialistes des interfaces utilisateurs, pros du marketing, juristes, entrepreneurs ou simples passionnés.
Dès vendredi soir, les candidats pourront présenter leur projets et former des équipes autour des idées ayants rassemblé suffisamment de bonne volontés.
Après un week end que l’on devine intensif, tous sortiront de l’aventure avec non seulement l’expérience d’une aventure assez unique, mais également l’appartenance à un gigantesque réseau international fédéré par les StartupWeekend. Un réseau animé aux quatre coins du monde et qui compte une multitude de ressources indispensables à tout porteur de projet.
C’est grâce à de telles initiatives, ainsi qu’à d’autres formes innovantes de soutien à l’innovation ‘grassroot’ comme LaCantine ou LeCamping, qu’en France, où le pouvoir est ouvertement en guerre contre internet et les startups, on assiste aujourd’hui à un véritable renouveau de l’économie numérique.
L’objectif de ce startup Weekend très particulier est vaste. Outre un coup de pouce à l’économie numérique locale, il est symbolique d’une réelle volonté de la part de la communauté IT internationale d’afficher un soutien sans faille à la Tunisie démocratique (cette communauté ayant toujours du mal à se définir à l’intérieur de frontières, un notion assez exogène à internet).
C’est aussi pour ReadWriteWeb, qui participera à l’événement (en observateur et en coach, hein, on ne va rien coder), de mettre pied en Tunisie dans le but avoué d’y installer une base permanente et de prendre part au renouveau de l’économie numérique locale.
Les compétences IT en Tunisie sont nombreuses, c’est le moins que l’on puisse dire, et une écrasante partie de la population est pleinenement consciente de l’apport qu’auront les technologies internet pour le renouvellement du pays, que ce soit sur le plan social, démocratique ou économique. A ce titre, la Tunisie a beaucoup à montrer aux autres pays comme la France où internet est l’objet de crispations générationnelles qui enferment un peu plus chaque jour l’ex pays des droits de l’homme dans un conflit intérieur stérile et dévastateur, tant pour son unité que son économie.
A Tunis, rien de tout cela. La moyenne d’âge de la population règle une large partie du problème et les récents événements ont convaincu les anciens (du moins ceux qui ne l’étaient pas déjà) que l’internet est porteur d’espoir pour l’avenir.
Pour suivre les évènements, abonnez vous au compte Twitter SWTunis et rendez vous sur la page Facebook de l’évènement ainsi que sur le site web dédié.
Bonus track : les incontournables clips de promo (les Tunisiens étants connus pour un usage intensif de la vidéo, qu’il s’agisse de protester ou de faire la promotion de quelque chose, le StartupWeekend ne pouvait faire exception)
(il y en a aussi une ici, il serait temps de passer à YouTube afin de permettre d’utiliser les widgets vidéo, maintenant que YouTube n’est plus censuré, au passage)
Ce startup Weekend est sponsorisé par l’école Esprit, Microsoft Tunisie, Dialogos, PFLS Consulting et PFLS, Bull, Tuninvest, l’API, Monadize, et Tunisiana.
Cliquer ici pour voir la vidéo.
Il existe une zone d’ombre sur les technologies de reconnaissance faciale : vous pouvez, au choix, être totalement enthousiastes sur les possibilités offertes par la reconnaissance faciale combinée aux smartphones et aux réseaux sociaux, ou trouver cela totalement flippant et redouter le monde que ces technologies laissent entrevoir.
Le futur est déjà là ceci dit, et il convient d’en saluer les nouveaux maitres, qui aujourd’hui prennent la forme d’une société de la Silicon Valley nommée Viewdle au sujet de laquelle nous avions déjà écrit en octobre dernier. Voilà comment ils comptent faire de la vidéo ci dessus une réalité.
En octobre dernier, Viewdle a levé 10 millions de dollars et nous disait que sa principale fonction consisterait à aider au tagging de photos sur les smartphones avant même que celle-ci ne soient mis en ligne sur des sites comme Facebook, afin qu’elle ne se «perdent pas dans le cloud». Mais aujourd’hui, PSFK Salon affirme que la société était présente sur le Mobile World Congress et y faisait la démonstration d’une intégration bien plus poussée de sa technologie, où la reconnaissance faciale était utilisée pour faire le lien entre une photo et les réseaux sociaux.
«Viewdle se positionne entre l’appareil photo et l’utilisateur et analyse le flux d’information issu de l’appareil, identifiant les visages et proposant ainsi des liens vers Facebook ou d’autres sites sociaux comme Youtube, Linkedin, et d’autres. L’utilisateur peut ainsi identifier les visages et relayer l’information vers ces plateformes. Au fur et à mesure qu’il applique des identités sur des visages, le logiciel apprend à mieux le faire, et peut même partager cet apprentissage avec d’autres utilisateurs. Une vue en temps réel permet également une vision en réalité augmentée à travers une surcouche graphique qui révèle des informations sur les personnes qui vous entourent.
Selon le site de Viewdle une multitude d’implémentation de cette technologie sont en cours : ViewdleFaces, ViewdlePlaces, ViewdleGames… Pour l’instant, ceci dit, seul Viewdle Uploader, une application de bureau, est disponible. La version mobile, promise dans peu de temps, se distingue cependant de toutes les applications du même type d’une façon assez radicale : la reconnaissance est faite localement, sur le smartphone, plutôt qu’à travers une service distant dans la cloud.
Au delà de l’éternel débat sur les coup répétés envers la vie privée assénés par les technologies liés aux réseau sociaux, la popularisation de ces technologies de reconnaissance faciale aura peut être le mérite de porter à l’attention du grand public l’existence de ces technologies. Les plus paranoïaques (qui sont, selon l’adage, ceux qui ont une chance de survivre) ne manqueront pas de se demander si le monde de la vidéosurveillance ne se saisira pas sous peu des mêmes technologies (si ce n’est déjà fait) pour profiter d’un vide juridique absolue (ou plus exactement de l’absence quasi absolue de la moindre régulation réellement effective).
Avec de telles technologies, la vidéosurveillance des populations prend une dimension nouvelle et permet d’envisager une surveillance bien plus précise encore des populations, qu’il s’agisse de pister un individu précis, dont une caméra de surveillance identifiera immédiatement le visage pour remonter une alerte en temps réel au surveillant, ou de faire de la surveillance de masse en demandant à un ensemble de caméras de surveillance la liste complète des participants à une manifestation, par exemple. Technologiquement, c’est faisable, juridiquement, autant dire que personne n’empêchera le pouvoir en place de se lancer dans de tels dérives.
Loppsi en a rêvé… ou l’a peut être tout simplement anticipé… Exalead, récemment racheté par Dassault, un proche du pouvoir en place, dispose de telles technologies, et ne semble pas pour l’instant la destiner à un usage grand public, contrairement à Viewdle.
Nul doute que comme pour beaucoup d’autres technologies, les dictatures ou les oligarchies se pencheront avec attention sur ce type de technologies (vendues par Viewdle ou par un autre), tant l’obtention d’une liste précise de manifestants leur permettra de se maintenir au pouvoir un peu plus de temps encore. Quant à la France… Wait and see.
Wael Ghonim le responsable de Google qui a joué un rôle clé dans la récente révolution Egyptienne a utilisé un produit maison, Google Moderator, pour aider à tracer la route du futur de l’Egypte.
Intitulée «Egypte 2.0, de quoi avons nous besoin ? A quoi rêvons-nous ?» la page rassemble 35.000 utilisateurs à ce jour. Ensemble, ils ont inventorié plus de 45.300 idées.
Les contributeurs y parlent d’une multitude de choses. Les erreurs du passé, leurs espoirs pour le futur, la meilleure façon de lutter contre la corruption, ou bien encore les besoins immédiats pour ce qui est de la reconstruction.
Les idées les plus populaires arrivent en tête de la page.
Ahmed Zidan, l’éditeur de Mideast Youth Arabic et auteur chez ReadWriteWeb (oui, nous avons aussi des Egyptiens parmi nos auteurs, ne me dites pas que cela vous surprend), a fait une synthèse des idées qui rencontrent le plus de succès chez les participants Egyptiens.
«Beaucoup des idées qui rassemblent le plus de suffrage concernent l’éducation, l’enseignement des plus jeunes étant considéré par beaucoup comme l’investissement le plus important à faire dans l’avenir du pays. Certains appellent à la création d’un comité dont le but serait de développer le système éducatif, et demandent une augmentation significative des investissements de l’Etat dans le système éducatif.
D’autre discutent du système électoral : certains pensent qu’il doit être informatisé et pensent que les papiers d’identité devraient servir de carte électorale (il existe des cartes électorales distinctes aujourd’hui).
D’autres encore pensent que le système de santé publique devrait être entièrement repensé, ajoutant que ‘les hôpitaux public devraient être plus propre et se soucier de leur patients ainsi que des procédures de stérilisation».
Voilà en substance ce qui ressort d’une première lecture de cette initiative citoyenne auto-organisée (grassroot), utilisant des outils sociaux pour déterminer les aspirations des foules.
Wael Ghonim est celui qui a créé la page Facebook appelant à la manifestation qui a mis le feu aux poudres, «We are all Khaled Said». Il a été emprisonné pendant douze jours durant les manifestations ce qui lui a donné un statut d’icone. Une fois relâché, c’est la foule des manifestants qui s’est identifié à lui, en faisant un symbole de la révolution Egyptienne. Après Slim Amamou en Tunisie, c’est une fois de plus un geek qui est devenu, en Egypte cette fois-ci, le symbole d’une jeunesse qui s’empare des média sociaux pour changer le monde.
Pour une mise en contexte du phénomène ‘Khaled Said’, nous vous suggérons la lecture de ce billet, écrit il y a un peu moins d’un an par l’une de nos auteurs, ByLasko (un Tunisien) : Nous sommes tous Khaled Said.
(image CC-by de Khalid Albaih)